De lalibre.be (Vincent Braun)
Des "bombes migratoires" envoyées par Daech pour déstabiliser l’Europe
Les groupes armés islamistes sont-ils impliqués dans le trafic des migrants qui tentent de rejoindre l’Europe ? Si une organisation jihadiste comme l’Etat islamique (EI ou Daech) constitue l’un des facteurs déclenchant des déplacements de populations, la gestion de ces flux migratoires est en général loin d’être sa préoccupation principale. Pourtant, Daech serait en train de franchir le pas en Libye, tirant parti du chaos et de l’anarchie ambiants.
Il y a deux mois, des écoutes téléphoniques de la police italienne qui avaient fuité dans la presse avaient révélé que Daech envisageait d’utiliser les migrants comme "armes psychologiques" contre l’Europe, en particulier contre l’Italie qui demandait une intervention militaire en Libye. L’organisation jihadiste évoquait l’envoi de milliers d’embarcations, quelque 500 000 migrants au total, vers les côtes européennes. Des "bombes migratoires" pour tenter de déstabiliser l’Europe.
Inonder l’Europe de migrants
L’intensification du trafic des bateaux de migrants en Méditerranée tend à accréditer cette thèse, mais celle-ci est observable depuis un peu plus longtemps. Pour le chercheur Mathieu Guidère, la branche libyenne de Daech "est très active dans ce domaine". Elle tenterait ni plus ni moins de récupérer cette activité de passeurs. "Un bureau des migrants a été créé à cet effet dans tous les ports que cette branche contrôle", indique ce spécialiste des mouvements jihadistes. L’idée serait d’inonder les villes d’Europe méridionale, et surtout d’Italie, dont les côtes se trouvent à moins de 400 kilomètres de la Libye.
Les immigrés clandestins en provenance de Libye sont de plus en plus nombreux. Une réalité qui ne manque pas de faire écho au roman de Jean Raspail, "Le camp des saints" (1973), dans lequel l'auteur décrit les conséquences d'une immigration massive (et soudaine) sur la civilisation occidentale. Sur le site « Atlantico », Frédéric Encel (professeur de relations internationales à l’ESG Management School et maître de conférences à Sciences-Po Paris) interroge Maxime Tandonnet (historien, et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, auteur de "