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Eglise - Page 215

  • Le cardinal De Kesel, chantre de la culture séculière

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    De Kesel à Bologne se fait le chantre d'un monde qui « convertit » l'Église

    La modernité nous a enfin fait comprendre l'Évangile : la « culture séculière » est une tournure positive pour le cardinal belge, qui oublie qu'une société sécularisée n'est pas neutre par rapport à Dieu, mais qu'elle est sans Dieu. C'est aussi cela la mondanité.

    4_11_2024

    Le 30 octobre, l'inauguration de l'année académique de la Faculté de théologie d'Émilie-Romagne a eu lieu à Bologne, en présence du Chancelier, le cardinal Matteo Zuppi. La Prolusion a été lue par le cardinal Jozef de Kesel, archevêque émérite de Malines-Bruxelles. Sa Lectio avait pour titre : « Believers in a world that is no longer Christian » (Croyants dans un monde qui n'est plus chrétien), qui rappelle le titre d'un de ses livres récemment publié par la Libreria Editrice Vaticana, Christians in a world that is no longer Christian (Chrétiens dans un monde qui n'est plus chrétien). Il s'agit d'une intervention très claire qui présente les raisons du « changement d'époque » évoqué par François, un changement d'époque de l'Église ou, si l'on veut, une nouvelle Église. Le ton humblement feutré sur lequel elle a été prononcée n'a pas atténué, voire accentué la radicalité de la proposition du cardinal, que nous pourrions résumer ainsi : la sécularisation exige une Église présente sous forme d'absence, une Église utile précisément dans son inutilité, une Église qui rencontre l'autre uniquement pour le rencontrer, sans lui demander de changer quoi que ce soit.

    De Kesel affirme que la « religion culturelle » propre au christianisme a été remplacée par une culture séculière à l'ère moderne. Si, dans la version prémoderne, la religion imprégnait toute la culture, le pluralisme religieux et la tolérance propres à la modernité rendent cette situation providentiellement impossible dans les faits et injuste en droit, car elle ne respecte pas la liberté et la diversité. La culture laïque rejette la religion culturelle mais n'est pas sans religion, elle n'empêche pas d'être chrétien, elle est seulement pluraliste et respectueuse de la liberté.

    Ce changement d'époque ou « révolution copernicienne », selon de Kesel, est bon pour l'Eglise, qui n'est pas elle-même appelée à donner naissance à une religion culturelle. Pour lui, les religions culturelles, ou les cultures religieuses, sont dangereuses parce qu'elles n'admettent pas les minorités. Certes, la culture laïque se transforme parfois en laïcité et œuvre alors à la disparition des religions, mais la laïcité est une chose différente de la sécularisation. La transition de l'époque a fait prendre conscience à l'Église qu'elle n'est pas appelée à vivre dans « son » monde, dans un monde chrétien, mais dans le monde, comme peuple de Dieu parmi les nations. Vatican II ne parle plus d'Église et de monde, mais d'Église dans le monde. Le monde séculier n'est pas sans Dieu, il a été créé par Lui et aimé par Lui au point de donner son Fils unique. L'Église ne doit pas « conquérir » mais seulement être présente, elle tend la main à tous mais ne veut pas être tout, elle rencontre l'autre mais pas pour le faire changer d'avis mais seulement pour le rencontrer sans arrière-pensée, l'Église partage. Le salut est l'œuvre de Dieu et non de l'Église. Grâce à la modernité, l'Eglise a ouvert les yeux et compris l'Evangile. Une Église « cléricale », au-dessus du monde, qui n'écoute pas parce qu'elle sait déjà tout, n'a pas besoin de se convertir, c'est-à-dire de comprendre qu'elle est un « signe » qui, en tant que tel, n'a pas besoin de faire du chiffre.

    La principale caractéristique de cette Lectio magistralis d'un cardinal d'une Église qui ne veut plus dominer, cette élaboration culturelle pour dire que l'Église ne devrait pas avoir de culture, est d'exposer sans tentative de médiation l'une des deux visions théologiques rivales d'aujourd'hui. En ce moment, c'est peut-être celle qui domine : encore une bizarrerie pour une Église qui ne veut plus dominer. En prenant cette position, le cardinal a condamné les principes de l'autre vision : ce n'est pas rien pour une Église qui ne veut plus condamner. Dans l'Église de la rencontre, l'autre vision ne se rencontre pas.

    Le cardinal expose une conception déformée du christianisme et de la modernité. Dans la première, l'Église envahirait tous les aspects de la culture en imposant une culture religieuse totalitaire qu'il assimile imprudemment à l'islam. En réalité, dans la chrétienté, il y avait une distinction des pouvoirs et l'influence de la religion sur la politique et tous les aspects de la culture n'était pas étouffante mais purificatrice. La surnature n'enlève rien à la nature mais la perfectionne. La philosophie de saint Thomas n'a pas supprimé celle d'Aristote, mais l'a purifiée. Regarder toute réalité à la lumière de l'Évangile, ce n'est pas l'étouffer, c'est le contraire. On ne peut penser le contraire qu'en croyant que, dans le christianisme, la révélation et la vie de la grâce ont écrasé ce que la nature aurait pu faire par ses propres forces dans le domaine culturel. Mais pour adopter cette position, il faut aussi penser que la nature est capable de grâce par elle-même. Cette thèse est largement partagée par la théologie d'aujourd'hui et, nous le comprenons, également par De Kesel, mais elle est certainement contestable.

    Le concept de modernité exposé dans la Lectio n'est pas non plus convaincant. En effet, les principes philosophiques de la modernité qui empêchent structurellement de penser à Dieu ne sont pas saisis, à savoir la naissance dans la modernité d'une culture essentiellement irréligieuse et athée. C'est pourquoi la distinction entre sécularisation et laïcité proposée par le cardinal est fictive. Il n'y a pas de sécularisation qui ne dégage, sous une forme ou une autre, un laïcisme, c'est-à-dire un rejet de la surnature. La laïcité n'est pas une situation neutre par rapport à Dieu, un monde sans Dieu n'est pas un monde neutre, c'est un monde sans Dieu. Toute forme de naturalisme, à laquelle s'assimile aussi la vision cardinalice de la laïcité, est un refus de la surnature parce qu'elle identifie la nature et la grâce. Ce que, somme toute, le cardinal de Kesel fait également lorsqu'il affirme que l'Église est seulement présente dans le monde, donc absente et inutile en tant qu'Église. Il n'a parlé qu'une seule fois du salut du monde comme tâche de l'Église, pour le nier sous la forme indiquée par la tradition.

    La conception du « monde » utilisée par le cardinal belge souffre d'un défaut continuellement présent dans ce courant théologique, malgré l'autorité de ceux qui ont souligné son incohérence. Des trois significations bibliques du mot monde - comme la création que Dieu a vue comme bonne, comme la dimension de la responsabilité confiée à l'homme et comme le royaume du mal pour lequel Jésus refuse de prier - seule la première est utilisée. Un réductionnisme évidemment dangereux qu’il serait temps d’abandonner.

    Devant le rapport que nous commentons, on est saisi par la question de la part de protestantisme qu'il contient. Luther a séparé la nature et la grâce, et donc l'histoire et la métaphysique, dissociant l'existence terrestre de toute relation avec Dieu, il a lui aussi affirmé que ce n'est pas l'Église qui donne le salut mais Dieu seul, et il a abandonné la culture et la connaissance à elles-mêmes, qui n'ont plus besoin d'être « sauvées ».

  • Quelle est la messe de toujours ?

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    De KTO sur youtube :

    Cette semaine, La Foi Prise au mot propose de parler de liturgie en posant la question qui fâche : quelle est la messe de toujours ? Est-ce celle qu'on nomme la messe en latin, la messe tridentine, formalisée au 16e siècle ? Ou bien est-ce celle de Paul VI, formalisée dans les années 1960, mais qui inclus d'antiques prières ou des rites très anciens ? Plutôt que de lancer un nouveau dialogue de sourds, cette émission tente de prendre un peu de recul sur les débats qui depuis le concile Vatican II ont agité les esprits, particulièrement en France, en s'intéressant à l'histoire de la liturgie. Comment les différents rites sont-ils nés, et dans quels contextes ont-ils été pratiqués ? "Nous sommes aujourd'hui une civilisation du livre, mais un élément important à prendre en compte, c'est que durant tout le premier millénaire, l'écrit est rare y compris dans l'Église. C'est donc essentiellement la tradition orale qui permet de transmettre les enseignements. Pour autant, il ne faut pas croire que pendant le premier millénaire, on se contente de tout improviser ! La tradition orale ce n'est pas non plus la liberté de tout réinventer selon sa propre fantaisie. Il y a certes une certaine souplesse par rapport à l'écrit, mais il y a aussi une forte continuité dont témoigne les différentes sources." affirme Marcel Metzger, Professeur émérite à l'Université de Strasbourg et spécialiste de l'histoire de la liturgie. "Jusqu'à la fin de la période patristique, autour du VIIe siècle, il n'y a pas vraiment de rupture du point de vue liturgique. Les différences que l'on peut observer sont surtout liées à des adaptations visant à rendre le rite accessible à des populations nouvellement évangélisées issues de cultures différentes. En revanche, à partir de la période mérovingienne, d'authentiques ruptures vont commencer à apparaître à cause des guerres qui perturbent la continuité de la transmission, qui vont entraîner des contradictions avec les enseignements des apôtres. Encore aujourd'hui, nous sommes tributaires de la synthèse qu'ont tenté d'opérer les scolastiques, à partir de compilations de sacramentaires héritées de l'aire mérovingiennes, mais dont on avait perdu le sens véritable." raconte à son tour Laurence Pringuet, Docteure en théologie catholique.

  • Le Pape en silence pour les défunts et en prière devant les enfants non-nés

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    De Salvatore Cernuzio et Jean Charles Putzolu sur Vatican News :

    Le Pape en silence pour les défunts et en prière devant les enfants non-nés

    François a célébré la liturgie du 2 novembre pour la commémoration des défunts au cimetière Laurentino, de Rome. Avant la messe, il s'est arrêté en prière quelques instants au «Jardin des anges», un carré dédié aux sépultures d’enfants non nés, un espace entouré de jouets et de peluches. En lieu et place de l’homélie, le Saint-Père a préféré un temps de silence pour la médiation et la prière.

    Comme chaque jour, et plus particulièrement à l’occasion de la commémoration des défunts, les familles se rendent au cimetière pour une visite à leur proches disparus. L’activité normale rythme la vie du cimetière Laurentino, l’un des trois plus importants de la ville de Rome, situé dans le sud de la capitale. Une mère retrace au feutre le prénom de sa fille sur une pierre tombale, une autre femme change l’eau des fleurs, posées dans un vase au milieu des jouets et des peluches qui entourent la petite tombe. Nous sommes dans le «jardin des enfants», un espace du cimetière réservé aux enfants qui n’ont jamais vu le jour, décédés pendant la grossesse ou victimes d’avortement. François traverse les allées, s’arrête pour prier et dépose d’une gerbe de fleurs à l’entrée du carré. Sans prononcer le moindre mot, l’évêque de Rome réaffirme par son geste le soutien inconditionnel à la vie, dès sa conception jusqu’à la mort naturelle.

    Thomas, Matthias, Marie, Joseph, André, Ariana: les prénoms sont gravés dans la pierre ou sur une stèle en bois, parfois écrits à la main. Sur de nombreuses tombes le mot «foetus» est gravé qui précède le prénom de l’enfant.

    Le geste du Pape accompagne aussi son intention de prière pour le mois de novembre pour les papas et les mamans qui traversent la souffrance atroce de la perte d'un enfant. «Les paroles de réconfort sont parfois triviales ou sentimentales et inutiles. Même si elles sont prononcées avec les meilleures intentions du monde, elles peuvent finir par amplifier la blessure», dit François dans la vidéo publiée sur notre site ; d’où le choix du silence aussi bien dans les allées du jardin des enfants, qu’au cours de la messe, en préférant à l’homélie un temps de prière personnelle et de méditation.

    Un moment de méditation pendant la messe

    Au moment de l'homélie, le Pape reste silencieux, tête baissée. À la fin de la messe, il récite les prières de la liturgie du jour: «notre existence terrestre n'est qu'un souffle: apprends-nous à compter nos jours et donne-nous la sagesse du cœur qui reconnaît au moment de la mort non pas la fin, mais le passage à la plénitude de la vie». Au terme de la célébration, avant de donner sa bénédiction, il invite les fidèles à renouveler leur «foi dans le Christ qui est mort, a été enseveli et est ressuscité pour notre salut. Même les corps mortels se réveilleront au dernier jour et ceux qui se sont endormis dans le Seigneur seront associés à lui dans le triomphe sur la mort».

    Puis il adresse au Très haut une prière: «Sois béni, ô Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, dans ta grande miséricorde, nous as régénérés par la résurrection de Jésus d'entre les morts, pour une espérance vivante à un héritage qui ne se décompose pas et ne pourrit pas; écoute la prière que nous t'adressons pour tous nos proches qui ont quitté ce monde: ouvre les bras de ta miséricorde et accueille-les dans l'assemblée glorieuse de la sainte Jérusalem. Réconforte ceux qui sont dans la douleur de la séparation avec la certitude que les morts vivent en toi et que même les corps confiés à la terre participeront un jour à la victoire pascale de ton Fils». Et, le regard tourné vers la Mère de Dieu, placée par son Fils sur le chemin de l’Église, il conclut: «par son intercession soutiens notre foi, afin qu'aucun obstacle ne nous fasse dévier de la route qui mène à toi, qui es la joie sans fin».

    Le salut aux «Étincelles d'espérance»

    Dans l’assemblée priante, les «Étincelles d'espérance», un groupe de mamans qui ont toutes perdu un enfant en bas âge pour des raisons différentes, sont serrées les unes contre les autres, émues. Elles se sont rassemblées après le Jubilé de la Miséricorde grâce au curé de la paroisse du cimetière, qui «nous a donné l'espérance de la résurrection et de l'acceptation, la seule chose dont nous ayons besoin, ainsi que le partage du chagrin. Nous vivons notre peine ensemble». Il y a les orphelins, les veuves, mais pour les parents, expliquent ces femmes, «il n'y a pas de mot qui nous définisse». Elles se présentent en associant leur nom à celui de leur enfant: Francesca, l'organisatrice, mère de Giorgia, morte à 15 ans, Caterina mère de Marina, Maria Teresa mère de Daniele, Shanti de Marco, puis Roberta qui a perdu son petit Claudio, Roberta mère de Chiara, Nazarena mère de Chiara et Angela de Cinzia. Elles ont toutes remis au Pape une écharpe blanche: «C'est le signe de notre étreinte chaleureuse avec lui, une étreinte symbolique de la part aussi de nos enfants», ont-elles expliqué, remerciant le Successeur de Pierre pour son silence «respectueux» pendant la messe et pour sa présence au cimetière de Laurentino: «Un témoignage d'affection. Le meilleur moyen d'être proche de nos enfants».

  • Un évêque défend la prière de saint Michel après la messe

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    De

    Un évêque défend la prière de saint Michel après la messe : « Le diable n'a aucune influence »

    L’évêque Thomas Paprocki de Springfield, dans l’Illinois, a répondu cette semaine.

    L'évêque Thomas Paprocki de Springfield, dans l'Illinois, a répondu cette semaine à une lettre publiée dans le Wall Street Journal par un prêtre s'opposant à la prière de saint Michel à la fin de la messe, affirmant que le point de vue du prêtre est « tout simplement erroné ».

    Dans une lettre à l'éditeur publiée le 21 octobre, le père Gerald Bednar, prêtre à la retraite du diocèse de Cleveland, a écrit que le Vatican « a supprimé cette pratique en 1964 parce que la prière interfère avec l'intégrité de la messe ».

    Le père Bednar a avancé son point de vue selon lequel prier la prière de saint Michel après la messe « termine la liturgie par une dévotion privée, une pétition à un saint, alors que toutes les pétitions ont été conclues bien plus tôt dans la liturgie et adressées à Dieu le Père ».

    « La fin de la messe envoie les participants dans une mission positive, leur demandant d'étendre le royaume de Dieu par l'évangélisation », écrit le père Bednar.

    « Saint Michel est connu comme le capitaine des anges gardiens et nous devons, par tous les moyens, demander son aide. Mais les croyants doivent accepter la présence du Seigneur dans l'Eucharistie comme leur principale protection contre la méchanceté et les pièges du diable - et répondre à son appel pour accroître le royaume de Dieu, là où le diable n'a aucune influence », a conclu le prêtre.

    Dans une lettre de réponse publiée le 27 octobre, l'évêque Paprocki a contesté l'affirmation du père Bednar selon laquelle prier saint Michel après la messe « termine la liturgie par une dévotion privée ».

    « La liturgie se termine lorsque le célébrant dit : « Sortez, la messe est terminée », et que les fidèles répondent : « Grâces soient rendues à Dieu ». La prière est alors récitée après la messe, ce que le prêtre et les fidèles sont libres de faire. Il ne s'agit pas d'une dévotion privée lorsqu'elle est priée en public », a écrit Mgr Paprocki.

    « La fin de la messe envoie les participants vers une mission positive, et même si le pasteur Bednar a raison de dire que le diable n’a aucune influence dans le royaume de Dieu, nous n’en sommes pas encore là. Le faire ensemble ne fait pas de mal, et nous prions pour que cela nous aide à invoquer l’intercession de saint Michel pour nous défendre dans nos batailles spirituelles. »

    Saint Michel Archange est l'un des quatre principaux anges et est décrit dans la Bible comme un « grand prince » qui combat Satan pour défendre le peuple de Dieu.

    À la suite d’une vision de Satan « se déchaînant » sur la planète en 1884, le pape Léon XIII composa trois prières à saint Michel, dont la plus brève devait être récitée à la fin de chaque messe.

    Cette prière est la suivante :

    Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat. Soyez notre protection contre la méchanceté et les embûches du démon. Que Dieu le réprime, nous vous en prions humblement. Et vous, ô Prince de l'Armée Céleste, par la puissance divine, chassez dans les enfers Satan et tous les esprits mauvais qui rôdent dans le monde pour la ruine des âmes. Ainsi soit-il.

    La prière à saint Michel était une partie intégrante de la messe jusqu'à l'époque du Concile Vatican II, bien que le pape Jean-Paul II ait exhorté les catholiques en 1994 à faire de cette prière une partie intégrante de leur vie. La dévotion à saint Michel est encore largement promue aujourd'hui, notamment par le pape François.

  • Tu aimeras (31ème dimanche)

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    Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

    Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
    Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
    Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
    Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

    Sur Homélie.fr, du Père Joseph Marie Verlinde (archive 2012) :

    À première vue, la question du scribe peut paraître très académique. Il était en effet courant de mettre à l’épreuve un rabbi en lui demandant de synthétiser les préceptes de la Torah en un seul commandement d’où découleraient tous les autres. Il se pourrait cependant que le dialogue qui s’engage se déroule à un autre niveau ; l’évangéliste précise en effet qu’ » un scribe s’avança » : cet homme sort de la foule, et s’engage personnellement dans la rencontre qu’il sollicite avec Jésus. D’où la réponse bienveillante du Seigneur.

    A la question « quel est le premier de tous les commandements » c’est-à-dire quelle est la pierre angulaire, quel est l’esprit de tous les préceptes de la Torah ? Jésus répond : « Tu aimeras ».

    On pourrait s’étonner que l’amour puisse faire l’objet d’un précepte, mais ces deux mots – « tu aimeras » - résonnent plutôt comme une invitation et une promesse, que comme un ordre. Le Shema Israël (1ère lect.) que cite Jésus, commence d’ailleurs par une invitation pressante à l’écoute, confirmant ainsi qu’il s’agit d’ouvrir notre cœur pour accueillir la promesse du Seigneur : « Mets-toi en route sur le chemin de l’amour, comme je t’y invite, et tu verras : chemin faisant, je t’apprendrai à aimer ». Et quel est l’objet de cet amour ? Le Deutéronome répond : « le Seigneur notre Dieu, car il est l’unique Seigneur », c’est-à-dire le seul Saint, le seul digne de notre adoration.

    Mais Dieu ne reste-t-il pas voilé dans sa transcendance ? Comment les esprits incarnés que nous sommes pourraient-ils aimer l’invisible ? C’est bien pourquoi le Verbe s’est fait chair : il a pris visage pour nous, il nous a dévoilé son Nom pour que nous puissions le contempler de nos yeux, l’invoquer de nos lèvres ; et que de cet échange de regard et de paroles puisse naître l’amour. Un amour fort, radical et par le fait même exclusif : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force », autrement dit, de tout notre être, de toute notre personne. Dans la stricte logique du don – qui est celle de l’amour – cela signifie qu’à l’image de Jésus, nous sommes invités à livrer notre vie, instant après instant, entre les mains du Père, dans un élan d’abandon amoureux, pour ne plus vivre que du don qu’il nous fera de lui-même en retour. Tel est le cœur de la Loi ; telle devrait être la disposition de cœur de celui qui veut obéir à la Loi selon l’intention de Dieu. Tous les autres préceptes nous sont donnés uniquement afin de nous aider à concrétiser ce don de nous-mêmes au quotidien. Celui qui aime vraiment, ne cherche-t-il pas à accomplir le désir de l’autre, à agir conformément à ses attentes jusque dans le moindre détail ? Il appartient en effet à la nature de l’amour de chercher la communion des volontés dans l’obéissance réciproque. Nous sommes décidément loin d’une soumission formelle, légaliste, sans âme. Une telle obéissance n’aurait aucune valeur aux yeux de Dieu, car le poids de nos actions se mesure au poids d’amour que nous y mettons.

    Fidèle à la structure du Décalogue (Ex 20,1-17), Jésus présente sa réponse en deux parties. Nous remarquons en effet que les dix commandements se répartissent en cinq commandements ayant trait à notre relation à Dieu et cinq commandements qui orientent notre relation au prochain. Jésus poursuit donc par le second volet : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’amour est un absolu ; tout lui est relatif ; tout doit être vécu à sa lumière. Il ne porte pas seulement sur notre relation à Dieu, mais il doit devenir une disposition habituelle de notre cœur. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons, devrait procéder de cet amour et être finalisé en lui, illuminant au passage toutes nos relations humaines.

    Il est impossible de sectoriser notre vie et de séparer des moments où nous serions dans la logique du don et puis d’autres où nous consentirions à la logique de l’individualisme. Certes nous subissons quotidiennement ce tiraillement entre l’être charnel et l’être spirituel en nous. Mais cette contradiction douloureuse devrait nous conduire à un choix résolu en faveur de l’homme nouveau. Rien ne sert de tergiverser ; Saint Paul nous avertit : « les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez » (Ga 5,17). Ne pas choisir ou remettre à demain de le faire, revient à céder au vieil homme pour tenter d’échapper aux exigences de l’amour. Il est d’ailleurs impossible de séparer l’amour de Dieu de l’amour du prochain, car par la foi nous ne sommes plus qu’un avec le Christ total, Tête et Corps, c’est-à-dire avec chacun de nos frères que Jésus a récapitulé en lui. Voilà pourquoi Notre-Seigneur peut nous dire : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

    « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu » : et que manque-t-il encore à ce scribe décidément bien sympathique pour y avoir accès ? Il lui suffirait de reconnaître en Jésus « la porte » (Jn 10,9) de la Bergerie : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6). En clair : depuis que le péché a injecté dans nos cœurs le poison mortel de l’égoïsme, aucun d’entre nous ne peut accéder au Royaume, car nous sommes incapables de gravir le chemin de la charité qui seul y conduit. Nous avons tous fais la triste expérience que dans nos actions apparemment les plus gratuites, se glisse toujours une part de recherche de nous-mêmes. Toutes nos œuvres sont irrémédiablement marquées par les conséquences du péché et sont dès lors indignes de Dieu. Mais en Jésus-Christ, nous avons « le grand-prêtre qu’il nous fallait, saint, sans tache, sans aucune faute » (2nd lect.). C’est par lui, qui « est désormais plus haut que les cieux », que nous présentons nos vies en offrande au Père, nous unissant aux intentions du Cœur de Jésus, qui supplée à notre amour déficient et « intercède pour nous » (Rm 8,34). Comme le scribe, « avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde, et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours » (He 4,16).

    « “Tu aimeras” : nous te rendons grâce, Seigneur, de renouveler ton appel et ta promesse. Nous te le demandons humblement : daigne “verser sur nous une eau pure afin que nous soyons purifiés de toutes nos souillures et de toutes nos idoles”. Fidèle à ta promesse, “donne-nous un cœur nouveau et un esprit nouveau ; enlève notre cœur de pierre et donne-nous un cœur de chair ; mets en nous ton Esprit afin que nous suivions tes voies, que nous observions tes commandements et que nous y soyons fidèles (cf. Ez 36,25-27). »

  • Dialogue interreligieux : quels résultats ?

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    La vacuité du dialogue interreligieux

    Dans un ouvrage de 1913, Les religions laïques. Un romantisme religieux[1]Dom Jean-Martial Besse, bénédictin de Ligugé, expliquait que les tentatives de rapprochement des religions dialoguant entre elles sont inspirées par les idéologies modernes nées des Lumières, qui visent à les énucléer. Il y décrivait un ensemble divers de catholiques libéraux (qualifiés par lui « néo-chrétiens ») cultivant ce désir d’entente cordiale et évoluant vers un romantisme religieux inconsistant.

    Il évoquait ainsi la première tentative pour établir un dialogue de ce type, le Parlement des Religions du Monde, qui s’était tenu à Chicago en 1893. Le cardinal Gibbons, archevêque de Baltimore, y avait participé, ouvrant la réunion par la récitation du Pater. L’abbé Félix Klein, diffuseur en France des idées américanistes, et l’abbé Victor Charbonnel avaient voulu renouveler l’expérience à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, mais la tentative échoua, Léon XIII ayant fait savoir en 1895, dans une lettre à Mgr Satolli, délégué apostolique du Saint-Siège aux États-Unis, qu’il n’était pas favorable à ce que les prêtres catholiques prissent part à des initiatives communes de ce type.

    De tels échanges où les partenaires s’appuient sur ce qui, selon eux, les rassemble pour mener des actions communes pour la paix, continuèrent à se développer chez les protestants, mais il fallut attendre le concile Vatican II et la déclaration Nostra Ætate pour qu’ils aient vraiment droit de cité chez les catholiques. Jusque-là il y avait certes eu beaucoup d’échanges entre des catholiques et des membres de religions non-chrétiennes, mais dans la vue de préparer plus efficacement l’évangélisation, et jamais d’institution à institution.

    Le processus nouveau est d’ailleurs risqué pour chaque intervenant, mais il l’est évidemment d’abord pour la religion de Jésus-Christ, consciente de jouir de la plénitude religieuseLe risque le plus immédiat pour le catholicisme est la perte de sa force missionnaire. C’est d’ailleurs le point central de la critique que l’on peut faire au dialogue selon Nostra Ætate : le catholicisme est conduit à reconnaitre un statut positif, non pas à tel ou tel élément de præparatio evangelica, que contiennent les autres traditions religieuses, « rayons de vérité » (et qui appartiennent en réalité au Christ et à son Épouse) brillant au milieu d’une foule d’erreurs et de voies erronées, mais à ces traditions religieuses comme telles qui sont ainsi déclarées dignes de « respect sincère »[2].

    Nostra Ætate ne dit pas que ces traditions sont des voies parallèles ayant en soi une existence surnaturelle pouvant procurer le salut, mais évite de dire qu’elles sont des voies fausses (elles « diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même [l’Église] tient et propose »). Vatican II, comme en d’autres domaines, a cherché un entre-deux, si tant est que cela soit possible, entre orthodoxie et hétérodoxie, une hétérodoxie modérée en somme. De sorte que la Commission théologique internationale, appuyant le doigt sur l’ambiguïté, a pu s’interroger : « Quant à dire que les religions en tant que telles peuvent avoir une valeur dans l’ordre du salut, c’est là un point qui reste ouvert[3]. »

    Trois phases peuvent être distinguées à propos de ce dialogue voulu par le concile Vatican II, les deux premières étant finalement très proches, la troisième étant à venir, même si elle a déjà commencé :

    • la phase d’Assise, où le catholicisme convoque les autres religions au dialogue ;
    • la phase bergoglienne, où le catholicisme explique aux autres religions l’unité dans la diversité ;
    • la phase enfin où la confrontation religieuse est en train de retrouver sa violence, qu’elle n’a à vrai dire jamais perdue.

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  • Le diocèse catholique du Sichuan organise une « tournée rouge pour exprimer sa gratitude au Parti »

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    De sur Bitter Winter :

    Le diocèse catholique du Sichuan organise une « tournée rouge pour exprimer sa gratitude au Parti »

    La délégation catholique du Sichuan sur le site révolutionnaire de Jinggangshan dans le Jiangxi. Extrait de Weibo.
    La délégation catholique du Sichuan sur le site révolutionnaire de Jinggangshan dans le Jiangxi. Extrait de Weibo.

    Du 8 au 14 octobre, l’évêque Luo Xuegang du diocèse catholique de Yibin, dans la province du Sichuan , a conduit 39 prêtres, religieuses et dirigeants de l’Association patriotique catholique dans une « tournée rouge pour exprimer sa gratitude au Parti » dans le Jiangxi.

    La délégation a visité Nanchang et Jingdezhen, notamment le mémorial de l'insurrection de Nanchang, le mémorial des martyrs révolutionnaires de Jinggangshan, l'Hôtel de la monnaie de l'Armée rouge et le site de la conférence de Lushan. Il s'agit d'une « tournée rouge » typique effectuée régulièrement par des écoles et des entreprises.

    Selon un communiqué de presse du diocèse et sur les réseaux sociaux, « en écoutant les actes révolutionnaires sur place, en regardant des documentaires d'éducation patriotique et en déposant des couronnes pour les martyrs révolutionnaires, les prêtres et les fidèles ont encore renforcé leur identification avec la grande patrie, la nation chinoise, la culture chinoise, le Parti communiste chinois et le socialisme aux caractéristiques chinoises. » 

    Ce sont les « cinq identifications » dans le jargon du Parti communiste chinois, au cœur de la propagande et de l’endoctrinement sous Xi Jinping .

    Le diocèse a également noté que « tous les membres ont estimé que cette « tournée rouge de gratitude envers le Parti » était pleine d'esprit révolutionnaire et d'héritage culturel, et qu'ils en ont beaucoup bénéficié. Ils ont tous exprimé qu'ils hériteraient et perpétueraient dans leur travail futur la belle tradition du patriotisme et de l'amour de l'Église, qu'ils renforceraient constamment les « cinq identifications », qu'ils adhéreraient fermement à la direction de la sinisation du catholicisme dans notre pays, qu'ils écouteraient le Parti, lui éprouveraient de la gratitude, le suivraient et contribueraient activement au développement économique et social local avec un état d'esprit plus élevé ».

    L’endoctrinement marxiste des prêtres, des religieuses et des dirigeants laïcs catholiques chinois se poursuit à plein régime. 

  • "Laissez-moi être une laïque. Sans plus. Ni prêtresse, ni diaconesse, ni membre votant d’un synode…"

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    De didoc.be :

    Laissez-moi être une laïque en paix

    31 octobre 2024

    Je ne veux pas être autre chose qu’une laïque parce que c’est ce que Dieu m’a demandé. Et s’Il le dit, pourquoi quelqu’un viendrait-il exiger que je revendique une autre place ?

    Laissez-moi être une laïque. Sans plus. Ni prêtresse, ni diaconesse, ni membre votant d’un synode… Laïque. Comme les femmes au pied de la Croix, qui avaient les yeux fixés sur le Christ, et pas sur les clés du Royaume qui tintaient au moment où saint Pierre s’enfuyait.

    Laissez-moi être une laïque en paix. Non pas parce que je manque d’ambition, non pas parce que je pense que les hommes sont plus aptes à gouverner l’Église ou parce que je pense que nous, les femmes, devrions nous enfermer. Je ne veux pas être autre chose qu’une laïque parce que c’est ce que Dieu m’a demandé. Et s’Il le dit, pourquoi quelqu’un viendrait-il exiger que je revendique une autre place ?

    La malchance d’être une femme laïque

    À l’église, je vois beaucoup de gens montrer du doigt une tache noire sur la nappe blanche. Mais je suis toute surprise quand je réalise que ce sont eux qui ont les doigts sales. Ils créent le problème et accusent ensuite la nappe et le monde entier d’être à l’origine de la saleté.

    Une femme est-elle inférieure parce qu’elle ne peut pas être ordonnée prêtre ? Qui a dit cela ? Le Christ n’est-il pas apparu en premier aux femmes après sa résurrection ? Oui, les apôtres ont le pouvoir de chasser les démons et de pardonner les péchés (je ne serai pas celle qui dira que ce n’est pas cool) mais ce sont elles qui ont été les premiers témoins de la résurrection.

    Le problème, c’est qu’on veut toujours « quantifier » les vocations. Cela me rappelle les bagarres entre petits frères et petites sœurs parce que maman a donné au petit Paul une part de gâteau plus grande d’un millimètre. Maman ne te déteste pas, Pierrot, respire.

    Certains courants qui passent leurs journées à revendiquer des droits nous ont convaincus que la vie de l’Église peut aussi être mesurée. Ils veulent me convaincre que l’Église me trompe, qu’elle m’enferme dans mon rôle de laïque parce qu’elle ne veut pas ce qu’il y a de mieux pour moi. Tu as de la chance si tu peux monter d’un échelon et devenir une religieuse consacrée, mais être laïque… Quelle malchance !

    Juste une mesure

    Et comment puis-je t’expliquer que j’aime être laïque ? Que je ne pense vraiment pas qu’on m’ait enfermée, et que je crois que ma vocation ne m’est pas imposée par l’Église, que ma vocation est un don de Dieu. Essaie de le mesurer toi-même si tu veux, parce que je ne peux ni ne veux le faire.

    La seule mesure qu’un catholique devrait connaître est celle de la Croix. Peut-être n’ai-je pas besoin de chercher à savoir si, en tant que femme, je pourrais être ordonnée prêtre, mais de savoir plus profondément comment je peux servir au mieux le Christ, au sein de son Église, dans mon rôle de laïque. Peut-être n’ai-je pas besoin de me battre pour ce prétendu millimètre supplémentaire. Peut-être que ce que je dois faire, c’est reconnaître que l’Église est une Mère qui en sait plus que moi. Et je dis bien l’Église dans son ensemble, sans la réduire à un seul pape, à un collège de cardinaux ou à une époque.

    Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de tâches dans lesquelles il faut avancer, de rôles à mieux reconnaître ou d’enseignements à approfondir. Il serait absurde de penser que nous comprenons déjà toute la richesse de l’Église instituée par le Christ, qu’il n’y a pas de domaines à améliorer. Là n’est pas la question.

    Laissez-moi être une laïque en paix. Je ne veux pas de ce complexe d’infériorité qui me ferait penser que ma vocation a moins de valeur. Je ne veux pas de ce complexe de supériorité qui me ferait penser que j’en sais tellement plus que toute la sagesse du Magistère de l’Église. Laissez-moi être une laïque. Et si vous tenez absolument à mesurer les vocations, comparez-les uniquement et exclusivement à la Croix. Peut-être que sur le Calvaire, nous nous rendrons compte que notre problème n’est pas le manque de droits, mais le manque d’amour.

    Paloma López Campos est rédactrice de la revue Omnes. Source : https://www.omnesmag.com/firmas/dejadme-ser-laica-en-paz-firma/. Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.

  • Quand une ex-femen s'excuse auprès des catholiques

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    Du site de Famille Chrétienne :

    Marguerite Stern, ex-Femen : « Pourquoi je m’excuse auprès des catholiques »

    Marguerite Stern, ex-Femen : « Pourquoi je m’excuse auprès des catholiques »

    J’ai été activiste Femen de 2012 à 2015. Durant ces années, j’ai mené plusieurs actions contre l’Église catholique, notamment lors d’une campagne en faveur du mariage gay. C’était il y a onze ans. Aujourd’hui, mes convictions et ma sensibilité ont évolué. Je veux vous expliquer pourquoi, et je veux m’excuser auprès des catholiques.

    Cela fait bientôt cinq ans que j’exprime mon opposition face à l’idéologie transgenre. Au début, je militais contre des choses basiques, comme la présence d’hommes dans les sports des femmes. Et puis j’ai creusé le sujet et j’ai compris qu’au-delà du danger pour les femmes et les enfants, le transgenrisme représente une menace civilisationnelle. Le transgenrisme ne crée pas, il détruit. Il prône la destruction des corps, le non-respect du vivant, l’abolition des différences entre femmes et hommes, la destruction de notre innéité, et de la culture qui nous unit. Il relève de la pulsion de mort et de la haine de soi.

    Au lendemain de l'incendie de Notre-Dame, « je suis allée pleurer dans une église »

    En attaquant la religion catholique, je me demande si je n’étais pas moi aussi dans une logique de destruction et de haine de soi. Bien que non croyante, je suis baptisée, j’ai fait ma première communion, et surtout, j’ai grandi dans un pays dont l’histoire, l’architecture et les mœurs ont été façonnés par l'Église. Rejeter cela, entrer dans Notre-Dame de Paris en hurlant, était une façon d’abîmer une partie de la France, c’est-à-dire une partie de moi-même. À 22 ans, je ne m’en rendais pas compte. Pourtant, cette cathédrale, je l’aimais ; je me souviens qu’au lendemain de son incendie, je suis allée pleurer dans une église. Mais il arrive que l’on aime mal.

    Mon opposition au transgenrisme m’a rendue patriote. Quand la quasi-totalité de mon entourage m’a rejetée à cause de mes prises de position, j’ai réalisé que mon pays était mon seul ancrage profond, et qu’il est aujourd’hui en danger, dilué dans la mondialisation et défiguré par l’immigration de masse. Ça m’a rendue conservatrice. J’ai réalisé qu’il fallait absolument qu’on sauve ce qu’il nous reste, qu’on ne pouvait pas tout recréer en permanence et rejeter le passé sous prétexte qu’il est imparfait. La France est un pays catholique. Elle doit le rester, et pour cela, nous devons continuer à faire vivre ses rites.

    Il y a quelques semaines, un ami m’a emmenée à la messe pour Philippine : “Il faut célébrer ses morts”. Devant la beauté de la cathédrale, des chants, de la cérémonie, je me sentais appartenir à une grande civilisation. L’Abbé Grosjean a répété plusieurs fois que les non-croyants étaient parfaitement à leur place ici. Je me suis dit qu'on n'entendrait jamais ça dans une mosquée. Bien sûr, rien ne ramènera Philippine, et rien ne sera réparé. Mais c’était prendre soin du royaume des vivants, que d’accomplir ce dernier rite autour de celle qui venait de rejoindre celui des morts.

    Les rites nous rassemblent, ils apaisent, parfois réparent, et régulent nos émotions, ils nous ancrent dans le présent en nous rappelant ce qui nous a précédé. Le “vivre-ensemble” est une notion théorique, les rites sont une de leur application dans le réel. Bon nombre des nôtres reposent sur l’Église catholique, et même les incroyants devraient se battre pour les préserver. Et puis il y a autre chose : il y a ce qui nous dépasse. Les clochers qui nous surplombent et qui habillent nos paysages sonores. La grandeur des édifices. L’émerveillement en entrant dans une église. La beauté. Et la foi des croyants. Je suis désolée d’avoir piétiné cela.

    « Si le blasphème est légal, il n’est pas toujours moral »

    En creusant le sujet trans, j’ai compris que le transgenrisme était un projet transhumaniste, où l’être humain se comporte comme son propre créateur. Cela m'effraie, car que fait-on de l’inconnu, du mystère, de l’enchantement, de ce qui nous dépasse ? Cela m’effraie car je crois que l’être humain doit rester à sa place de créature et non de créateur. Sans croire en dieu, sur certains points, j’arrive finalement aux mêmes conclusions que les catholiques.

    Alors voilà, en accord avec la loi de 1905, j’estime toujours que le blasphème est un droit qui doit être protégé. Si l’État ne reconnaît aucune religion, alors il doit être possible de critiquer, voire de se moquer d’une institution religieuse au même titre que d’une institution politique. Mais si le blasphème est légal, il n’est pas toujours moral.

    C’est à la mode actuellement, de dénigrer les catholiques, et de les faire passer pour des idiots vieille-France, insuffisamment branchés pour mériter le statut d’être humain. Par le passé, j’ai utilisé ce climat pour agir de façon immorale, tout en participant à le renforcer. Je présente de sincères excuses pour cela.

  • Méditation sur la mort avec Mgr Michel Aupetit

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    Mgr Aupetit b71b7e9735d6a2ec-213b6.jpgLu sur le site web du mensuel « La Nef »

    « Nous fêtons le 2 novembre la commémoration des fidèles défunts et novembre est traditionnellement un temps réservé aux morts, aux visites aux cimetières, aux prières pour les âmes du purgatoire. Notre société matérialiste et hédoniste cherche cependant à évacuer toute référence à la mort. La pandémie de Covid-19 l’a néanmoins remise brutalement sur le devant de la scène, nous rappelant qu’elle faisait inévitablement partie de notre horizon. Dans ce contexte et en ce mois-ci, la méditation sur la mort de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, tombe particulièrement à pic (1). Évoquant la pandémie, il écrit : « La réponse que nous avons eue a été de nous protéger de la mort par tous les moyens. En réalité, nous nous sommes protégés de la vie. La vie est un risque, mais un risque magnifique. Le fameux principe de précaution désormais inscrit dans la Constitution revient, au fond, à refuser de vivre vraiment pour ne pas risquer de mourir. […] L’obsession permanente de la mort, même enfouie, empêche de vivre pleinement. »

    Le rituel de la mort

    La civilisation se caractérise notamment par le souci réservé aux morts. Mgr Aupetit montre que le rituel qui a entouré la mort, en Occident, a beaucoup évolué, mais qu’il demeurait axé sur le passage de la vie d’ici-bas à la vie éternelle. Au milieu du XXe siècle s’opère un changement radical avec le déplacement du lieu de la mort, du logement familial à l’hôpital : « L’agonie devient un acte technique entre les mains d’une équipe soignante qui guérit et lutte contre la mort. […] Nous sommes donc passés d’une agonie maîtrisée par le mourant lui-même à une agonie accompagnée par la famille à partir du XVIIIe siècle pour arriver à une maîtrise de la fin de vie par l’équipe hospitalière. Tous les problèmes de la fin de vie et de son accompagnement qui ont cours aujourd’hui viennent de ce déplacement. » À partir de là, le deuil est devenu indécent et la mort, désormais insupportable, devait disparaître, d’où la multiplication des incinérations qui ne laissent aucune trace, aucune possibilité de se recueillir auprès des défunts. La mort est ainsi l’un des nouveaux tabous de nos sociétés développées. D’où, aussi, le mensonge fréquent des médecins sur l’état réel d’un malade qui ne doit pas savoir qu’il est en fin de vie, volant ainsi au mourant et à sa famille « des moments précieux de pardon et de paix ».

    Et Mgr Aupetit de s’interroger : « C’est bien parce que dans notre société la mort ne fait plus partie de la vie que nous avons été totalement désarçonnés quand elle s’est manifestée de manière aussi brutale qu’inattendue. La mort doit-elle engendrer la terreur ou donner le goût de la vie ? » En Afrique, la mort d’un ancien n’est pas un moment triste, c’est dans l’ordre des choses, cela fait partie de la vie.

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  • En novembre, le Pape invite à prier pour les parents qui ont perdu un enfant

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    De Jean-Benoît Harel sur Vatican News :
     

    En novembre, le Pape invite à prier pour les parents qui ont perdu un enfant

    Pour le mois de novembre, le Pape François invite l’Église universelle à prier pour les parents qui ont perdu un fils ou une fille. Malgré leur immense douleur, le Saint-Père espère qu’ils «trouvent un soutien au sein de la communauté et obtiennent de l’Esprit consolateur la paix du cœur».

    «Que dire à des parents qui ont perdu un enfant?», interroge le Pape François au début de la vidéo présentant l’intention de prière pour le mois de novembre. «Il n’y a pas de mots», répond-t-il. Lorsque l'on perd un mari ou une femme, ou des parents, malgré l’immense douleur, «il y a toujours un mot pour exprimer ces situations», estime François. Mais pas lorsque l’on perd un enfant.

    Face à une douleur «incroyablement intense», puisque «survivre à son enfant n’est pas naturel», le Saint-Père estime que les «mots d’encouragement, parfois banals ou sentimentaux, ne servent à rien». Parfois pire, ils peuvent «aggraver la blessure» des parents, même s'ils sont prononcés avec les meilleures intentions du monde. Pour lui, la solution pour accompagner ces parents n’est pas dans la parole.

    “Pour offrir du réconfort à ces parents qui ont perdu un enfant, il faut les écouter, être à leurs côtés avec amour et prendre soin de cette douleur qu’ils portent avec responsabilité, en suivant la manière dont Jésus-Christ a réconforté ceux qui étaient affligés.”

    Un soutien au sein de la communauté

    François encourage les parents ayant perdu un enfant à partager leurs souffrances auprès «d'autres familles qui, après avoir subi une tragédie aussi terrible, renaissent à l’espérance». Il a ensuite confié à l’Église universelle le soin de prier pour que «tous les parents qui pleurent la mort d’un fils ou d’une fille trouvent un soutien au sein de la communauté et obtiennent de l’Esprit consolateur la paix du cœur».

    Pour le jour de commémoration des défunts, samedi 2 novembre, le Pape se rendra dans le cimetière du Laurentino en périphérie de Rome. Il y était déjà allé en 2018 et s’était recueilli dans le Jardin des anges, une partie du cimetière où sont enterrés les enfants. Le Saint-Père a d’ailleurs reçu en audience mercredi 30 octobre les membres du «Proyectas Esperanza». À cette occasion, il avait évoqué «le cri amer» des mères perdant leur enfant.

  • Le sommaire de La Nef, novembre 2024 (avec des articles en libre accès)

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    Sommaire du dernier numéro

    ÉDITORIAL
    Une étrange logique, par Christophe Geffroy

    ACTUALITÉ
    Point d’étape sur le synode, par Jean Bernard

    La guerre scolaire et le déni, par Anne Coffinier
    Généalogie du climato-alarmisme, par Pierre Mayrant
    Plongée au cœur du Hamas, par Annie Laurent

    CHRONIQUE
    Jeunes, certes, mais sages ?, par Élisabeth Geffroy

    ENTRETIEN
    Penser notre monde avec Hannah Arendt, entretien avec Bérénice Levet

    La raison est provie : entretien avec Matthieu Lavagna

    Plongée au cœur du Hamas, par Annie Laurent

    Le déni face à la guerre scolaire, par Anne Coffinier

    DOSSIER LA SPIRITUALITÉ CHRÉTIENNE

    Petite histoire de la spiritualité chrétienne, par Odile Robert
    Les grandes étapes de la vie mystique, par le Père Baptiste Sauvage, ocd
    Ce qu’est la prière chrétienne, par le chanoine Christian Gouyaud
    Ascèse et spiritualité, par le Père Louis-Marie de Jésus, ocd
    La nécessité de lire les classiques, par le Père Max Huot de Longchamp
    Les grands ouvrages mystiques, par Dom Thierry Barbeau, osb
    Spiritualité pour tous, par un moine du Barroux
    La spiritualité orthodoxe, par le Père Philippe Raguis, ocd

    VIE CHRÉTIENNE

    Question de foi Spiritualité, par l’abbé Hervé Benoît
    1000 Raisons de croire Les raisons de croire en Jésus (2/2), par Mgr André Léonard

    Thérèse et sa "petite voie"

    CULTURE

    Les élites romaines et le christianisme, par Bruno Massy de La Chesneraye
    Notes de lecture
    De verbe et de chair Un Claudel viril, par Henri Quantin
    Musique Cziffra, par Hervé Pennven
    Livre Magistère : rupture sur la liberté ?, par Dom Basile Valuet, osb
    Cinéma Le robot sauvage & Challenger, par François Maximin
    Sortir L’épopée de Saint-Sulpice, par Constance de Vergennes
    À un clic d’ici, par Léonard Petitpierre
    Et pour les jeunes…, par Isabelle Le Tourneau
    Rencontre Marianne Durano, par Marine Tertrais
    Brèves

    Graham Greene, une "sorte de catholique", par Henri Quantin

    Chronique cinéma du mois, par François Maximin

    Débats

    L’individu contre la société, par Raymond Debord

    À L’ÉCOLE DU PR JÉRÔME LEJEUNE

    La médecine hippocratique, par Aude Dugast

    © LA NEF n° 374 Novembre 2024