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Eglise - Page 494

  • Traditionis custodes : occasion providentielle ou victoire à la Pyrrhus ?

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    De l'abbé  sur le site de la revue Catholica :

    Le motu proprio Traditionis custodes et ses suites. Occasion providentielle ou victoire à la Pyrrhus ?

    2 mars 2022

    Le motu proprio Traditionis custodes (16 juillet 2021) a eu pour objet d’annuler celui de Benoît XVI, Summorum Pontificum, publié quatorze années auparavant. Le propos de ce dernier était d’arriver à une pacification des tensions entre partisans des liturgies postconciliaires et fidèles à la liturgie héritée des siècles passés, dite de saint Pie V mais assurément bien antérieure, posant pour cela que chacune de ces deux « formes » exprimaient la même conception de la liturgie. L’acte du 16 juillet dernier a été suivi de plusieurs autres, formant un ensemble répressif brutal, incompris, estimé abusif par beaucoup, dont divers évêques et cardinaux. À l’inverse, divers autres se sont bruyamment réjouis de la disparition de ce qu’ils considéraient comme une anomalie affectant non seulement la discipline liturgique, et surtout une contradiction inacceptable. Selon eux, la différence va au-delà des formes, elle traduit plutôt une rupture de fond : non une différence cérémonielle, mais une opposition radicale entre une théologie de la messe antérieure à 1969, révoquée, et une autre théologie, incompatible avec la précédente. Benoît XVI, dans un discours à la Curie romaine, le 22 décembre 2005, avait récusé ce qu’il appelait l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture, renvoyant dos-à-dos traditionalistes et novateurs, lui opposant la troisième voie qu’il qualifiait de réforme dans la continuité. La distinction avait une portée générale, et elle prétendait dépasser le débat de fond. Or c’est précisément cette troisième voie que Traditionis custodes a voulu abolir, comme l’ont clairement indiqué ceux qui ont milité pour obtenir cette abolition, entre autres le désormais fameux professeur Andrea Grillo.

    Par un étrange effet de douche écossaise, les récentes audiences accordées successivement par François, d’abord au supérieur du district de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, l’abbé Benoît Paul-Joseph, accompagné de l’abbé Vincent Ribeton, recteur du séminaire de Witgrazbad, le 4 février, puis le 8 février au supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie-X, l’abbé Davide Pagliarini. Ces deux rencontres significativement rapprochées et cordiales ont débouché quelques jours plus tard sur des dispositions pratiques bien plus libérales, sous la forme d’un décret daté du 11 février dernier[1], semblant illogiques en comparaison, non seulement des dispositions aggravantes les plus récentes, mais même de l’esprit et de la lettre du motu proprio de l’été précédent.

    Ceux qui avaient soutenu haut et fort Traditionis custodes ont alors ressenti la désagréable impression d’être pris à revers. Andrea Grillo y a vu une remise en cause pure et simple. Citons-en quelques formules : « Ceux qui croient profondément au tournant du Concile Vatican II et à la réforme liturgique qui en a découlé, ne peuvent en aucun cas admettre, structurellement et sine die, que l’on puisse célébrer avec le rite préconciliaire, sans participer à la responsabilité de construire des réserves indiennes d’anti-concile qui puissent se targuer de la protection papale. » « Le décret autorisant la Fraternité Saint-Pierre à faire usage de la “lex orandi” en vigueur avant la réforme – non seulement pour le missel, mais pour toute action liturgique – est un passage qui montre les limites intrinsèques de la solution apportée par TC, dont la valeur ne fait aucun doute, mais dont l’application peut dégénérer lorsqu’on permet à une fraternité entière de célébrer comme si le Concile Vatican II n’avait pas eu lieu[2]. »

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  • Catholicisme et modernité : un essai optimiste discutable

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    Weigel 61EH2UvIw8L.jpgL’Américain George Weigel, auteur d’une biographie de référence de Jean-Paul II, vient de publier en français un essai important défendant une thèse quelque peu iconoclaste : catholicisme et modernité (*) ne s’opposeraient pas. Thèse certes discutable, mais qui mérite assurément d’être présentée ici, car elle ouvre la porte à un nécessaire débat de fond dans l’Église sur cette question essentielle. Le site web du mensuel la Nef qui publie cette analyse de Anne-Sophie Retailleau promet d’y revenir plus en détail dans un prochain numéro de la revue….

    « L’ironie du catholicisme moderne. Tel est le titre donné par le théologien américain George Weigel à son nouvel essai paru en 2019 aux États-Unis et traduit depuis lors en français. Le choix de ce titre, pour le moins original, prend le contrepied d’une historiographie fondée sur la thèse d’une opposition entre catholicisme et modernité, cette dernière étant perçue comme une menace pour l’existence même du catholicisme. De nombreux essais alarmistes ont entériné l’idée que la relation entre l’Église catholique et les penseurs de la modernité ne pouvait être envisagée que comme une « lutte à mort ». En résulterait le déclin inéluctable du catholicisme, condamné à la fatalité d’une inévitable victoire de la modernité.

    Weigel©DR.jpgRetraçant avec brio 250 ans de l’histoire de l’Église, confrontée à l’émergence de la pensée moderne, George Weigel entend réfuter cette historiographie traditionnelle qu’il estime erronée. Ainsi, entreprend-il une analyse originale des rapports entre catholicisme et modernité, et déroule le fil de l’histoire de l’Église dans son rapport avec ce nouveau défi des temps contemporains. Cette relation est d’abord marquée par un rejet originel des nouveaux principes de la modernité issus de la Révolution française. Progressivement, l’enchaînement aboutit à une lente maturation entraînant l’Église, sous l’impulsion de papes visionnaires, au dialogue avec le monde moderne. Cette longue histoire de maturation constitue pour l’auteur « le drame du catholicisme et de la modernité », compris comme le déroulement d’une action scénique divisée en cinq actes. Chacun de ces moments marque les étapes d’un apprivoisement de la modernité par l’Église. Non dans le but de s’y soumettre, mais au contraire de proposer une nouvelle voie de recherche de la vérité qui répondrait aux aspirations les plus nobles auxquelles le monde moderne aspire.

    De cette longue maturation, George Weigel propose une analyse à la fois thématique et chronologique, pour dérouler ce « drame du catholicisme et de la modernité », entendu comme une nouvelle scène du théâtre de la grande histoire des hommes. À rebours de l’histoire opposant systématiquement catholicisme et modernité, le théologien américain y voit une lente évolution, certes marquée par des moments de crise, mais qui a permis de redécouvrir les vérités profondes d’un catholicisme délié de toute compromission avec le pouvoir politique et essentiellement porté vers l’élan évangélisateur, recentré sur le Christ et les Écritures.

    Le tournant Léon XIII

    Pour George Weigel, donc, la vision d’une Église s’opposant farouchement à la modernité et ainsi marginalisée par ce courant dominant est fausse. Au contraire, le pontificat de Léon XIII marque un changement de cap en amorçant un dialogue avec la modernité. Pour cela, il s’appuie sur des bases solides et éprouvées, telles que saint Thomas d’Aquin, en mettant l’accent sur l’aspect sacramentel, christologique et contemplatif. Avec le développement de la doctrine sociale de l’Église, George Weigel perçoit également dans le pontificat de Léon XIII le point de départ des évolutions de l’Église vers un dialogue avec la modernité.

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  • "A côté de la guerre matérielle, il y a en même temps une guerre spirituelle..."

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    De Mgr Gadecki, chef de l'épiscopat polonais (via kath.net/news) :

    "Il n'y aura pas de paix dans notre partie du monde tant que la Russie ne reviendra pas au Christ"

    1er mars 2022

    Chef de l'épiscopat polonais, Mgr Gądecki : "L'agression de la Russie contre l'Ukraine nous rend très conscients que dans le monde - parallèlement à la guerre matérielle - une guerre spirituelle est menée en même temps."

    Varsovie / « L'agression de la Russie contre l'Ukraine nous rend très conscients que dans le monde – en plus de la guerre matérielle – une bataille spirituelle est menée en même temps. Une lutte qui prend des formes concrètes et à laquelle participent des personnes concrètes. Et les armes spirituelles sont le principal outil de guerre disponible pour les croyants.

    kath.net documente le message du président de la Conférence épiscopale polonaise, Mgr Stanisław Gądecki, pour le mercredi des Cendres 2022 pendant la guerre en Ukraine dans son intégralité dans sa propre traduction -

    Chers compatriotes,
    chers frères et sœurs ukrainiens,
    chers téléspectateurs de la télévision polonaise,

    1. Demain - Mercredi des Cendres - nous commençons le Carême, temps de préparation spirituelle à la résurrection du Seigneur. Ce sera encore une fois très difficile. Ces dernières années, nous avons été confrontés à une pandémie qui a tué des dizaines de millions de personnes dans le monde. Eh bien, la semaine dernière, nous avons assisté à un autre drame : l'agression militaire russe massive contre un pays souverain, l'Ukraine. Non seulement des installations militaires sont attaquées, mais aussi des bâtiments résidentiels, des hôpitaux et des jardins d'enfants. Des soldats et des civils, dont des femmes et des enfants, sont tués. Le monde libre répond solidairement à cet acte de barbarie honteuse.

    2. L'histoire ancienne du péché humain se répète sous nos yeux, comme l'écrit l'auteur des Premiers Maccabées : " Quand ceux-ci virent l'armée qui marchait contre eux, ils dirent à Judas : " Comment pouvons-nous combattre avec si peu de monde ? contre une telle supériorité ? D'ailleurs, nous sommes épuisés ; parce que nous n'avons rien mangé aujourd'hui. Judas répondit : « Il se peut facilement que beaucoup tombent entre les mains de quelques-uns ; cela ne fait aucune différence pour le ciel qu'il apporte le salut par beaucoup ou par peu. Parce que la victoire au combat n'est pas due à la taille de l'armée, mais à la puissance qui vient du ciel. Ces gens-là, remplis d'un orgueil impie, vont contre nous pour nous détruire avec nos femmes et nos enfants et nous emporter comme butin. Mais nous nous battons pour nos vies et pour nos lois. Le ciel les écrasera sous nos yeux. Alors n'ayez pas peur d'eux ! » – Ne perdez pas espoir !

    3. Chaque nation a le droit moral de se défendre efficacement. Nous sommes émus par l'héroïsme et le sacrifice du peuple ukrainien. Chers sœurs et frères d'Ukraine, vous méritez tout le respect et la reconnaissance pour votre amour de Dieu et votre amour héroïque pour votre patrie. Au nom des pasteurs et fidèles de l'Église catholique en Pologne, je vous assure une fois de plus de notre bonne volonté, de notre amitié, de notre soutien spirituel et matériel.

    4. L'agression de la Russie contre l'Ukraine nous fait prendre pleinement conscience qu'à côté de la guerre matérielle, il y a en même temps une guerre spirituelle dans le monde. Une lutte qui prend des formes concrètes et à laquelle participent des personnes concrètes. Et les armes spirituelles sont le principal outil de guerre à la disposition des croyants. « Ces mauvais esprits ne sont chassés que par la prière et le jeûne », lit-on dans l'Évangile de Matthieu (Mt 17, 21 – n.d. : cf. Mc 9, 29). Pour cette raison, en réponse à l'appel du pape François, je demande instamment qu'en tant que croyants, nous offrions le jeûne et la prière de demain pour la paix en Ukraine.

    5. La souffrance de nos frères et sœurs a libéré beaucoup de bien en nous. Nous assistons à l'admirable hospitalité de nos compatriotes, émus par le malheur de leurs voisins. Chaque jour, des milliers de réfugiés - principalement des femmes et des enfants - viennent en Pologne pour fuir la guerre. Je tiens à remercier tous ceux qui se sont spontanément impliqués dans l'aide concrète aux réfugiés. Merci pour vos efforts diplomatiques et votre soutien international. Je remercie les agences étatiques et locales, les services en uniforme et médicaux, les institutions et les entreprises. Je remercie également les diocèses, les paroisses, les prêtres, les personnes consacrées et tous ceux qui ont ouvert leurs portes aux réfugiés. Je remercie particulièrement Caritas Pologne et les Caritas des diocèses ainsi que l'Ostkirchenhilfe, qui apportent déjà une aide concrète dans tout le pays. Je suis reconnaissant pour les collectes de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité qui ont été organisées. Merci pour chaque bon mot et chaque petit acte de gentillesse adressé à nos frères et sœurs qui souffrent. Entourons-les de prières, faisons preuve de bienveillance, aidons-les à trouver un emploi.

    6. Mais le besoin est bien plus grand. Par conséquent, demain dans les églises de Pologne - après chaque messe - nous continuerons à collecter des offrandes qui seront fournies par Caritas Pologne pour une assistance immédiate et à long terme aux réfugiés de guerre. Aussi, dans cette situation extrêmement difficile, accueillons les réfugiés dans nos maisons, paroisses et communautés religieuses. Nos sœurs et frères ukrainiens ont besoin de plus de gestes de solidarité humaine et de gentillesse.

    7. Incluons également la Russie dans nos prières. Il n'y aura pas de paix dans notre partie du monde tant que la Russie ne reviendra pas à Christ. Nous rêvons qu'il y aura un jour le pardon et la réconciliation entre tous les peuples d'Europe centrale et orientale afin que nous puissions vivre non seulement dans la paix mais aussi dans l'amitié. Les Russes qui protestent aujourd'hui contre cette guerre - et se mettent en danger auprès des autorités officielles - renforcent notre espoir d'une renaissance morale et spirituelle de toute la nation russe.

    Pour une expérience fructueuse du Carême cette année, je bénis de tout cœur tous les Polonais et les Ukrainiens au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

    Varsovie, 1er mars 2022

  • Des propositions de carême en ligne

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    De Venceslas Deblock sur le site du journal La Croix

    Des propositions pour un parcours de Carême en ligne

    Comme chaque année désormais, les propositions de parcours spirituels pour vivre le Carême, qui commence cette année mercredi 2 mars, se multiplient. Après s’être développés en ligne, ils sont désormais accessibles sur smartphones, via de nombreuses applications chrétiennes. La Croix propose une sélection non exhaustive.

    Pendant ce temps du Carême, les dominicains proposent de contempler le visage de Dieu. Leur « Carême dans la ville » s’inspire en effet de la parole de Philippe à Jésus dans l’Évangile de Jean : « Montre-nous le Père. »

    Le parcours en ligne, largement renouvelé chaque année, est constitué d’enseignements ou approfondissements par des frères, des sœurs et des laïcs. Il est par ailleurs proposé de participer à la prière des moniales de Beaufort. Des moments d’interactivité permettront aux retraitants de poser des questions et d’échanger en ligne sur leur vie de foi.

    Retraite avec les saints du Carmel

    Les carmes de la Province de Paris proposent également une retraite en ligne. Leur originalité est de la proposer en douze langues différentes, du roumain à l’indonésien. Cette année, les carmes proposent à leurs retraitants de vivre la miséricorde de Dieu avec les saints du Carmel : Thérèse d’Avila, Thérèse de Lisieux, Jean de la Croix… Par un mail hebdomadaire, des pistes de méditation et de mise en pratique seront proposées à leurs retraitants.

    Le parcours de Carême proposé cette année par Prions en Église sera disponible sur la nouvelle application, disponible le 1er mars. Bénéficiant de la souplesse de ce nouveau support, le parcours permettra au retraitant de marcher à son rythme, guidé par une méditation quotidienne de la Parole par le père Sébastien Antoni, invitant à découvrir le rêve profond de Dieu. Chaque vendredi, un espace ouvert sur la page Facebook de Prions en Église permettra échanges et réactions.

    Dans le même esprit, la communauté de l’Emmanuel propose quatre parcours guidés par quatre prêtres différents, sur des thèmes variés, selon des rythmes différents, disponibles en ligne ou sur application.

    « Se faire un cœur de pauvre » avec Lazare

    Les jésuites font, eux, cette année deux propositions différentes, en ligne ou sur application. Alors que le thème de la première appartient à la tradition spirituelle et biblique : « Que je voie ton visage », son déploiement joue sur la diversité des supports et d’expressions de prière : art, littérature, texte biblique…

    Par ailleurs, les participants peuvent choisir le rythme auquel ils désirent recevoir podcasts et méditations. L’originalité du deuxième parcours est de s’adresser aux familles, en leur offrant des ressources hebdomadaires adaptées, en compagnie des grandes figures de la famille ignatienne.

    Sur une thématique très biblique, mais avec la même diversité de regards, PRIXM, équipe de jeunes chrétiens autour des frères dominicains de l’école biblique de Jérusalem, propose un calendrier de Carême en 40 questions. Les réponses articulent apports bibliques, artistiques et culturels parfois surprenants, pour mener leurs lecteurs de la Création à la Résurrection en une « saga phénoménale ».

    En outre, l’association Lazare, qui propose des colocations solidaires entre jeunes actifs et des personnes sans domicile fixe, propose pour le Carême de « se faire un cœur de pauvre » et d’ainsi grandir en liberté.

    Cette proposition originale repose sur l’envoi quotidien d’un mail contenant une méditation de l’Évangile du jour, un témoignage d’un « coloc Lazare » et un défi à relever. De nombreuses autres propositions spirituelles diverses et variées existent pour vivre et approfondir ce temps du Carême en ligne.

  • Que penser du dialogue entre le Saint-Siège et El-Azhar ?

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    D'Annie Laurent (Petite Feuille Verte n°87) :

    Le Pape François et El-Azhar

    LE GRAND IMAM À ROME

    Le 23 mai 2016, le cheikh Ahmed El-Tayyeb, grand imam d’El-Azhar, s’est rendu à Rome pour sa première rencontre avec le pape François. Au programme de leur échange figuraient « l’engagement commun des autorités et des fidèles des grandes religions pour la paix dans le monde, le refus de la violence et du terrorisme, la situation des chrétiens dans le contexte des conflits et des tensions au Moyen-Orient, ainsi que leur protection » (L’Osservatore Romano, 23 mai 2016).

    A l’issue de l’entretien, El-Tayyeb a déclaré à la presse : « Aujourd’hui, nous effectuons cette visite pour poursuivre notre mission sacrée qui est la mission des religions : rendre l’être humain heureux où qu’il soit […]. Je crois que le moment est venu pour les représentants des religions monothéistes de participer de manière forte et concrète à donner à l’humanité une nouvelle orientation vers la miséricorde et la paix, afin d’éviter la grande crise dont nous souffrons à présent » (Proche-Orient chrétien, n° 66-2016, p. 388-389). Le Souverain Pontife semble avoir été impressionné par son visiteur. Quelques jours après, il confiait à un jésuite oriental au cours d’un entretien privé : « J’ai longuement discuté avec El-Tayyeb. Les musulmans veulent la paix ».

    Cette rencontre avait été longuement préparée par le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux (CPDI), alors dirigé par le cardinal Jean-Louis Tauran (+ 2018) dont la position peut se résumer ainsi : « Toutes les religions ne se valent pas, mais tous les chercheurs de Dieu ont la même dignité » (cité par Jean-Baptiste Noé, François le diplomate, Salvator, 2019, p. 99).

    LE PAPE EN ÉGYPTE

    Les 28 et 29 avril 2017, François a effectué un voyage officiel au Caire. Sa visite s’est déroulée dans un contexte tendu en raison de la multiplication d’attentats contre les coptes et de l’influence croissante des idéologies islamistes dans la société. Il a prononcé un discours à El-Azhar où se tenaitune Conférence internationale pour la paix organisée par cette institution, avec la participation de dignitaires musulmans et chrétiens. Les mots islam, islamisme et djihadisme ne figuraient pas dans son texte dont l’essentiel portait sur le rappel du passé biblique du pays du Nil et sur l’éducation des jeunes générations (J.-B. Noé, op. cit., p. 118-123). Le pape a aussi déclaré : « Nous sommes tenus de dénoncer les violations de la dignité humaine et des droits humains, de porter à la lumière les tentatives de justifier toute forme de haine au nom de la religion, et de les condamner comme falsification idolâtre de Dieu : son nom est Saint, il est Dieu de paix, Dieu salam » (Proche-Orient chrétien, n° 67-2017, p. 359-401).

    Le Pape et El Tayyeb

    Dans une tribune publiée quelques jours avant, Mgr Michel Chafik, recteur de la Mission copte catholique de Paris, avait présenté l’enjeu de cette visite pontificale. Évoquant la position « ambiguë » d’El-Tayyeb, il y écrivait : « S’il témoigne, dans ses propos, d’un islam éclairé, ses décisions contredisent trop souvent ses prises de position. Il parle de paix et de liberté religieuse mais sanctionne durement l’apostasie et diffère toujours la réforme religieuse en faveur de laquelle il s’est pourtant engagé. L’ambivalence de son discours explique qu’il soit contesté, tant à l’intérieur par les islamistes radicaux qu’à l’extérieur par les tenants d’un islam modéré » (Le Figaro, 24 avril 2017).

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  • Sainte-Sophie de Kiev serait menacée d'une attaque aérienne

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    « Sauver Sainte-Sophie », par l’archevêque Shevchuk

    « Prier pour le sanctuaire spirituel des peuples slaves »

    La cathédrale Sainte Sophie de Kiev - Ukraine

    Cette information que Sainte-Sophie serait menacée, par définition ne peut pas se vérifier, elle attire en tous cas l’attention sur un patrimoine de l’humanité et invite à prier pour sa conservation.

    Sainte-Sophie est un monument de la « Rus’ de Kiev », situé au sein de la réserve nationale Sophie de Kiev. Il s’agit aujourd’hui de l’un des monuments les plus connus d’Ukraine, ainsi que du premier site inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO dans ce pays. Il fait partie des édifices de l’époque pré-mongole de la Rus’.

    La « Rus’ de Kiev » est une principauté slave orientale qui a existé du milieu du IXe au milieu du XIIIe siècle, se désagrégeant en une multitude de principautés avant de disparaître formellement du fait de l’invasion mongole, qui commença en 1223 et entraîna la disparition de la principauté en 1240. La Rusʹ est la plus ancienne entité politique commune à l’histoire des trois États slaves orientaux modernes : Biélorussie, Russie et Ukraine. C’est pourquoi la destruction de Sainte-Sophie paraissait impensable jusqu’ici.

    Appel de l’archevêque majeur des Ukrainiens,

    Mgr Sviatoslav Shevchuk

    « Des informations sont parvenues selon lesquelles les troupes russes préparent une attaque aérienne contre le sanctuaire le plus important du peuple ukrainien depuis les temps de la Rus’ de Kiev : la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev.

    Sa Béatitude Sviatoslav, chef et père de l’Église gréco-catholique ukrainienne, invite tous les chrétiens à prier pour le sanctuaire spirituel des peuples slaves et exhorte l’agresseur à s’abstenir de cet horrible acte de vandalisme.

    « Que Sainte-Sophie – Sagesse divine – rappelle ceux qui ont décidé de commettre ce crime », – a déclaré Sa Béatitude Sviatoslav.

  • Mercredi des Cendres, 2 mars 2022 : ouverture du carême

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    Lu sur le site web "Pro Liturgia" (archive 2019) :

    in-exitu-israel-de-egypto.jpg"L’entrée en Carême doit être pour tous les fidèles et le clergé l’occasion de redécouvrir une dimension absolument fondamentale de la prière liturgique : sa dimension ascétique. 

    La liturgie, en effet, a pour finalité propre l’union à Dieu par la contemplation. Mais cette finalité nécessite un état d’esprit, une disposition de la personne bien spécifique et qui ne peut pas être obtenue d’emblée. En effet, du fait du péché originel, l’être humain a naturellement tendance à ce que l’on pourrait appeler en psychologie « l’hypertrophie du moi », ou bien, en termes plus spirituels, le péché d’orgueil. Ce péché se manifeste de la manière suivante : l’individu se croit au centre de tout ; tout entier tourné sur lui dans une auto-contemplation nombriliste, il se rend incapable de voir le réel qui l'entoure, les autres et, bien évidemment, le vrai Dieu.

    Cette tendance, consubstantielle à la nature humaine blessée par le péché, éclate sous nos yeux dès que nous assistons à la plupart des célébrations qui ont lieu dans nos paroisses. Le sentimentalisme qui s’y exprime est la manifestation la plus explicite de cette dictature du « moi je » qui contribue à effacer de nos célébrations le visage du Christ et à réduire les eucharisties dominicales en de simples caisses de résonances où s’entrechoquent la cécité des egos : « Moi je suis un célébrant ouvert aux autres », « moi je suis une animatrice impliquée dans la vie paroissiale », « moi je veux célébrer des messes qui plaisent », « moi je raconte ma vie », « moi je », « moi je », « moi je »... Désormais soumise à la dictature du « moi je » déclinée en cent variations sur le même thème, la liturgie ne peut être que rongée de l’intérieur par l’expression infinie des affects, des idées personnelles, de la sensiblerie mièvre des uns, du sentimentalisme des autres, de l’infinie variété des goûts personnels, des humeurs, des choix subjectifs... Dès lors, elle devient totalement incapable d’exprimer la Vérité divine objective, de refléter l’image du vrai Dieu : un Dieu qui n’est jamais réductible ni à nos choix et à nos goûts personnels et changeants, ni à la personnalité d’un célébrant qui se veut sympathique. 

    Or, s’il y a bien un moyen d’empêcher la liturgie d’être envahie par ce sentimentalisme dissolvant, c’est l'ascèse. Du dénuement de Job dans l’Ancien Testament aux austérités des Pères du désert, du monachisme médiéval aux grands mystiques de l’époque moderne, l’ascèse a toujours été l’outil incontournable au service de l’épanouissement de la vie intérieure. Or, la prière liturgique est tout entière fondée sur l’ascèse, indispensable pour purifier nos corps et nos pensées des œuvres mortes pour, par le biais de la contemplation, être rendus dignes de rendre un culte juste et bon - comme le chantent les préfaces - au Dieu vivant.

    On le voit d’ailleurs : les pratiques ascétiques comme le jeûne sont toujours intimement liées aux différents temps liturgiques, comme préparation aux fêtes liturgiques. Tout, dans le culte liturgique, est comme façonné par l’ascèse, comme purifié par le feu de la vie ascétique.

    Si l’Eglise, à travers le concile Vatican II, a en quelque sorte « canonisé » le chant grégorien, c’est justement parce que ce type de chant, par sa nature profondément ascétique, ne verse pas dans le divertissement, dans la satisfaction d’une vaine sensibilité, mais au contraire nécessite l’effacement du choriste et de l’assemblée pour laisser s’exprimer, dans une noble sobriété, l’ineffable mystère divin. Ainsi, la sobriété et la pureté des mélodies expriment-elles une beauté qui n’est pas pure ornementation, mais reste au service du texte chanté, le révélant ainsi pour ce qu’il est : une Parole vivante et sainte.

    S’il y a une ascèse chorale avec le grégorien, il y a aussi une ascèse architecturale avec la pureté des lignes romanes, et aussi une ascèse rituelle, par laquelle le célébrant, par toute son attitude faite de retenue, d’humilité, de recueillement, d’effacement, d’humble obéissance aux normes et aux rites hérités de la Tradition, se comporte non comme un révolutionnaire prétentieux qui prétend tout changer selon ses caprices, mais comme un « serviteur inutile » qui s’efface derrière la personne du Christ qu’il représente.

    Ce qui est vrai pour les célébrants est vrai aussi pour les fidèles. Trop de fois les nefs des églises offrent le triste spectacle de fidèles agités, distraits, incapables de silence et de concentration, tout entier remplis d’eux-mêmes et donc incapables de s’immerger dans la liturgie, par la prière intérieure, le recueillement du chant et la contemplation. 

    Bien évidemment, cette importance de l’ascèse s’exprime de différentes manières selon les diverses traditions liturgiques et selon les contextes : un laïc n’est pas un moine. Dans les liturgies orientales, la dimension ascétique s’exprime par la durée des offices, par la station debout, mais aussi par l’iconostase qui masque le sanctuaire aux yeux des fidèles - à la façon de nos anciens jubés -, leur faisant ainsi comprendre que l’essentiel est de voir et d’entendre non avec les yeux et les oreilles du corps mais avec ceux du cœur et de la foi.

    Dans la tradition romaine, cette ascèse s’exprime davantage par la « noble simplicité » des ornements et de la paramentique liturgique (à ne pas confondre avec le misérabilisme indigent que l’on voit trop souvent dans nos célébrations), et surtout par le silence, qui est le contexte par excellence permettant à Dieu de nous parler et à nous de l’entendre, comme le rappelait le cardinal Sarah dans son ouvrage « La force du silence ».

    Si l'Eglise veut sortir par le haut du bourbier dans lequel elle semble irrémédiablement engagée, elle devra nécessairement restaurer cette notion fondamentale de l’ascèse dans tous les aspects de la vie chrétienne ; notion qui ne consiste, en réalité, qu’à s’effacer soi-même pour laisser le vrai Dieu occuper la première place, spécialement dans ce culte « en esprit et en vérité » que nous lui devons.

    Samuel NYOM "

    J.S. Bach, BWV 622 O Mensch, bewein dein Sünde groß:

    Ref. Mercredi, 6 mars 2019

    Voir aussi: http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com/

    À noter: avec le Vendredi-Saint, le Mercredi des Cendres est -actuellement- la seule  occurrence où l’Eglise fait encore obligation aux fidèles de pratiquer le jeûne et l’abstinence.

    JPSC

  • Guerre et paix : le moment de se replonger dans l'étude de la Doctrine Sociale de l'Eglise

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    De cet excellent site consacré à l'évangélisation et à l'action politique (https://www.moralesociale.net/)

    Vouloir la paix

  • Vatican : 217 millions perdus dans l'achat d'un immeuble à Londres

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    Lu ici  (traduction automatique):

    Vatican : 217 millions d'euros perdus dans l'immeuble de Londres

    28 février 2022

    Un "trou" financier de 217 millions d'euros. C'est (pour l'instant) le résultat de l'achat de l'immeuble londonien, Sloane Avenue 60, acheté en 2014 (la première moitié, puis la totalité en 2018) par la Secrétairerie d'État, et qui est maintenant vendu à Bain Capital. La perte estimée jusqu'à récemment était de 100 millions de livres, désormais bien plus élevée. Le chiffre a émergé lors de l'audience au Vatican dans le procès qui voit s'accuser des financiers, des monseigneurs, des fonctionnaires et même le cardinal Angelo Becciu, qui a lancé en 2014 l'opération immobilière. Depuis un an, le pape a retiré la gestion des fonds de la Secrétairerie d'État, les concentrant (avec d'autres entités) dans l'Apsa et sous le contrôle du Secrétariat à l'économie, dirigé par la préfète Juna Guerrero Alves.

    Le palais de luxe a été acheté (en deux phases) pour 350 millions.

    La perte de 217 millions d'euros a été chiffrée par le promoteur de justice (le procureur du Vatican) Alessandro Diddi. La prestigieuse propriété de Sloane Avenue avait été achetée pour un coût indiqué de plus de 350 millions, et réalisée en deux phases, et qui impliquait les financiers Raffaele Mincione et Gianluigi Torzi. Le procès, qui a débuté en juillet, est toujours bloqué sur des questions de procédure : lors de la dernière séance, l'avocat de l'IOR, la partie lésée, est intervenu, soutenant les raisons de la "banque" de se constituer partie civile. L'IOR, a rappelé l'avocat, en citant un interrogatoire dans le cadre du procès, "ristournait" chaque année ses bénéfices au Pape, pendant plusieurs années ils s'élevaient à 50 millions, qui ensuite - selon l'avocat - les mettait à la disposition du Secrétariat d'Etat.

    Mardi 1er mars, l'ordonnance de Pignatone sur les demandes de nullité

    Le président du Tribunal de Pignatone, après plus de trois heures de discussion au cours desquelles il a également écouté l'ancien président de la Cour constitutionnelle Giovanni Maria Flick qui défend la partie lésée Apsa, a reporté l'audience à mardi, la séance au cours de laquelle il devrait rendre l'ordonnance avec laquelle il sera décidé sur les nombreuses demandes de nullité avancées par les défenses et donc, éventuellement, d'entrer dans la phase de mérite du processus. Les défenses de quelques défendeurs, dont Domenico Aiello qui assiste Nicola Squillace, ont réitéré les objections de nullité du procès et ont stigmatisé le modus operandi du bureau du Promoteur de Justice. Flick, défenseur de l'APSA, a au contraire souligné la légitimité de l'Administration du patrimoine du Saint-Siège, dirigée par Nunzio Galantino, à se constituer partie civile dans le procès. "L'investissement dans un bien immobilier est réalisé pour la première fois en 2014 - a déclaré Flick - mais le bien est blindé dans une structure financière empêchant l'Apsa de mener à bien ses prérogatives". La phase préliminaire - ajoute l'ancien ministre - "a duré sept mois et un jour. L'Autorité du Vatican était à la disposition des accusés. Les parties ont pu présenter leurs préoccupations, il est temps d'aller plus loin ".

  • L'archevêque Shevchuk d'Ukraine : "Nous sommes debout, nous prions"

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    De l'archevêque majeur de l'Église gréco-catholique d'Ukraine dans sa lettre quotidienne à la communauté dispersée dans le monde entier (source) :

    L'archevêque Shevchuk d'Ukraine : "Nous sommes debout, nous prions".

    "Aujourd'hui, c'est le cinquième jour d'une guerre sanglante, inhumaine et brutale. Ces jours-ci, nous avons vu l'héroïsme de nos soldats".

    L'archevêque principal de l'Église gréco-catholique d'Ukraine a prié Dieu pour que "le dialogue et la diplomatie permettent de gagner la guerre" et d'envoyer la paix dans le cœur des nations.

    Mgr Shevchuk a de nouveau donné des détails sur la situation dans le pays à la suite de l'invasion de l'armée russe et a remercié le pape François pour avoir, ce dimanche encore, "condamné fermement la guerre".

    Le patriarche ukrainien a prié Dieu pour que "le dialogue et la diplomatie permettent de gagner la guerre" et s'est écrié : "Que le Seigneur Dieu envoie la paix dans le cœur des nations ! Qu'il arrête la guerre ! Qu'il nous aide à voir une Ukraine pacifique".

    28.02.2022

    (AICA) - L'archevêque majeur de l'Église gréco-catholique d'Ukraine a prié Dieu pour que "le dialogue et la diplomatie gagnent la guerre" et envoient la paix au cœur des nations.

    Dans sa lettre quotidienne à la communauté ukrainienne dispersée dans le monde, l'archevêque majeur de l'Église gréco-catholique d'Ukraine, Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk, a de nouveau donné des détails sur la situation dans le pays à la suite de l'invasion de l'armée russe et a remercié le pape François pour avoir, ce dimanche encore, "condamné fermement la guerre".

    Le patriarche ukrainien a prié Dieu pour que "le dialogue et la diplomatie permettent de gagner la guerre" et s'est écrié : "Que le Seigneur Dieu envoie la paix dans le cœur des nations ! Qu'il arrête la guerre ! Qu'il nous aide à voir une Ukraine pacifique".

    Texte de la lettre quotidienne

    Chers frères et sœurs en Christ !

    Nous sommes le lundi 28 février et je vous envoie des paroles de bénédiction depuis notre première capitale, depuis la capitale de l'Ukraine, depuis notre Kiev ukrainienne. Aujourd'hui est le cinquième jour d'une guerre sanglante, inhumaine et brutale. Ces jours-ci, nous avons vu l'héroïsme de nos soldats. Nous avons vu le courage de notre peuple. Nous avons vu même des personnes âgées se coucher sous les chars pour les empêcher d'entrer dans leur village ou leur ville. Comment des gens sont sortis de chaque village pour fermer la voie aux chars qui avançaient sur l'Ukraine avec leurs poitrines.

    Mais nous avons aussi vu les atrocités et l'inhumanité de ceux qui nous tuent. Ceux qui mettent des enfants et des femmes dans les chars et s'en couvrent comme d'un bouclier humain pour apporter la mort et la destruction encore plus loin au cœur de l'Ukraine.

    Mais nous sommes debout. Nous sommes en prière. Pour notre armée. Pour notre patrie. Pour notre peuple ukrainien qui souffre depuis longtemps, où aujourd'hui, selon l'ONU, nous voyons près de quatre cent mille réfugiés, en moins de cinq jours. Mais nous sommes debout. Nous sommes en prière.

    Aujourd'hui est le premier jour du grand jeûne dans beaucoup de nos communautés, selon le calendrier grégorien. Je vous assure que ce Carême sera très spécial pour vous, car ensemble nous sommes sur le chemin de Pâques. Et Pâques viendra, car notre Pâques est notre Seigneur Jésus-Christ ressuscité.

    Je suis reconnaissant au Saint-Père qui, hier encore, est sorti du Palais apostolique et a fermement condamné la guerre en Ukraine. Il a fermement condamné ceux qui, en déclenchant une guerre contre d'autres nations, se battent contre leur propre peuple. Je suis reconnaissant au Saint-Père de nous soutenir, de prier pour nous et de vouloir faire tout ce qui est possible pour arrêter cette guerre.

    Je remercie tout particulièrement tous ceux qui ont exprimé leur désir d'aider l'Ukraine et qui organisent des aides diverses.

    Je voudrais demander aujourd'hui en particulier : faisons tout ce qui est possible pour arrêter cette agression, pour arrêter la guerre. Même si cela semble impossible, même si les diplomates, les juristes et les chefs d'État disent que c'est très difficile, prions pour que le Dieu de la paix nous donne la sagesse d'arrêter l'agression par le dialogue. Car nous savons que la diplomatie et le dialogue sont une alternative à la guerre. Et c'est toujours à la fin de la guerre que nous devons nous asseoir à la table des négociations. Que le dialogue et la diplomatie gagnent la guerre !

    Je veux soutenir l'initiative que nos volontaires ont lancée sous le nom de "Come back alive from Ukraine". Il s'agit d'une ligne d'assistance ukrainienne pour les proches des militaires russes qui sont entrés sur notre territoire en tant qu'ennemis. Si quelqu'un en Russie a perdu le contact avec ses fils, des hommes qui ont été envoyés pour tuer en Ukraine, appelez ce numéro. Nous voulons vous aider à retrouver les corps de vos fils morts, ou ceux qui sont peut-être encore en vie. Et à les ramener en Russie.

    Que le Seigneur Dieu envoie la paix dans le cœur des nations ! Qu'il arrête la guerre ! Qu'il nous aide à voir une Ukraine en paix.

  • Prière pour la paix en Ukraine en la cathédrale de Liège ce mercredi 2 mars

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    Diocèse de Liège - Diözese Lüttich - Église catholique de LiègeCommuniqué de presse: Prière pour la paix en Ukraine en la cathédrale de Liège ce mercredi 2 mars

    Prier au milieu des cris de guerre

    La situation en Ukraine est de plus en plus préoccupante et révoltante. En tant que chrétiens, notre seule arme consiste dans la prière et la communion avec la communauté de ce pays à Liège.

    Partout dans le diocèse, lors des messes dominicales du weekend passé, on a déjà prié pour les victimes de cette guerre scandaleuse et pour le peuple ukrainien. En plus, le pape François demande aux catholiques de faire du Mercredi des Cendres (2 mars), jour d’entrée dans le carême, un jour de prière et de jeûne.

    L’évêque de Liège et le chapitre cathédral voudraient s’associer à cette démarche en invitant tout le monde à un temps de prière ce mercredi à 19h30 à la cathédrale de Liège. Il sera animé avec la participation du Père Mikhailo Thevtsov, administrateur de la communauté gréco-catholique ukrainienne de rite byzantin*.

    Tout le monde est le bienvenu !

    Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

    Lambert Wers, doyen du chapitre cathédral

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    * Le père Mykhailo Shetsov est le prêtre de cette communauté. Il a été ordonné en 2017 à Lviv (Ukraine). Avant son ordination, il était déjà marié à Natalia. Ensemble, ils ont deux petits bambins: Mathieu, 5 ans, et Martin, 2 ans et demi. En septembre 2017, Mykhailo a déménagé de Paris à Liège avec sa famille pour exercer la fonction d'aumônier de la Communauté ukrainienne de Liège. Une fois en Belgique, il a reçu, selon la demande de Mgr Delville, évêque de Liège, et de son propre évêque Borys, la permission du Vatican pour célébrer les messes en rite latin et aider les paroisses locales en pastorale.

  • Des sermons à périr d'ennui...

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    De Camille Lecuit sur le site de Famille chrétienne via le Forum catholique :

    « Pourquoi les sermons sont-ils si ennuyeux ? » Les dessous de l'enquête choc sur la perception des homélies

    Ayant recueilli l’avis de 10 000 fidèles sur les homélies avec une enquête en ligne en mars 2021, Luc Desroche revient dans une vidéo sur l’analyse des résultats, mais aussi sur la manière dont elle a été reçue par les principaux intéressés : les prêtres, séminaristes et évêques français…

    « Suis-je le seul à m’ennuyer souvent pendant les sermons ? » Cette question turlupinait Luc Desroche, professeur d’éloquence et de théâtre et catholique convaincu, au fil des messes auxquelles il assistait. Son problème venait-il seulement d’une déformation professionnelle ou était-il vraiment partagé par d’autres catholiques ? Pour en avoir le cœur net il a lancé une enquête en ligne en mars 2021, à laquelle plus de 10 000 fidèles ont répondu. Les résultats ont confirmé l’intuition de ce trentenaire, co-fondateur avec Alban Hachard d’une entreprise dédiée à la formation à la prise de parole baptisée Eloquence à la française : il reste des progrès à faire pour les prédicateurs.

    Luc Desroche est revenu dans une vidéo Youtube le 26 janvier pour donner quelques clés d’analyse des résultats diffusés ces derniers mois, mais aussi pour donner des pistes et expliquer comment les prêtres eux-mêmes ont reçu l’enquête.

    Un « gros problème » de message et de longueur

    Certes 72% des participants affirment que l’homélie les « aide à approfondir leur foi ». Mais Luc Desroche invite à « considérer les non pratiquants », pour lesquels l’homélie peut s’avérer un enjeu important : hélas, 62% d’entre eux considèrent que « l’homélie ne leur sert jamais à approfondir leur foi » (même s’ils représentent une minorité des répondants, à peine 20%). Par ailleurs pour l’ensemble des participants, 41 % sont impatients de l’homélie, 29 % n’en attendent rien et 21 % ont peur de s’ennuyer. Enfin 79 % des répondants estiment que leur capacité de concentration est inférieure à 8 minutes. « Donc si les prêtres parlent plus de 8 minutes, ils perdent plus de 80 % de l’Assemblée ! » insiste Luc Desroche.

    « Il y a trois principales raisons pour lesquelles les gens décrochent », récapitule le professionnel de l’éloquence en reprenant l’enquête : « la langueur, le message n’est pas clair, c’est trop infantilisant, c’est une paraphrase de l’Evangile. » Autrement dit : « Il y a un gros problème sur le langage verbal, poursuit-il en le distinguant du langage vocal – « l’intonation, les silences, le rythme » - et du langage visuel – « le regard, la posture, les gestes ». « Il n’y a pas de structure, il y a des phrases parfois très longues, on s’y perd… Donc le principal axe d’amélioration c’est en amont une préparation beaucoup plus importante qui devrait être consacrée à l’homélie sur la structure, et surtout sur le message. »

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