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Justice - Page 54

  • Quand un docteur en géographie et enseignant congolais réhabilite Léopold II

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    Lu dans le Courrier australien, ce commentaire de Marie-France Cros sur « Le plus grand chef d’État de l’histoire du Congo » : le livre qui réhabilite Léopold II :

    Léopold II 5c4df5a5d8ad5878f03ac3b9.jpg« C’est sous ce titre provocateur que Jean-Pierre Nzeza Kabu Zex-Kongo, docteur en géographie et enseignant, publie un ouvrage qui ne manquera pas d’attirer l’attention à l’heure où le « Musée royal de l’Afrique centrale » de Tervuren est rebaptisé « Africa Museum » en dépit de sa pauvreté en matière africaine hors Congo et offre aux visiteurs une présentation de l’Afrique centrale « déléopoldisée » avec autant de finesse que n’en mit Khrouchtchev à déstaliniser l’URSS.

    L’auteur s’efforce de répondre à deux questions : qu’a laissé Léopold II en héritage aux Congolais ? Le temps n’est-il pas venu de réhabiliter ce souverain ?

    Le Dr Nzeza souligne qu’on a surtout donné la parole, ces dernières années, à des « réquisitoires » contre Léopold II, « passant sous silence ses […] réalisations », sans comparer le tout aux autres « conquêtes et exploitations coloniales ».

    Des réquisitoires basés sur une documentation « d’origine essentiellement britannique » et donc « tendancieuse » en raison des rivalités coloniales entre Londres et le Palais royal de Bruxelles.

    Si le Dr Nzeza juge Léopold II « indéfendable sur le martyre des autochtones  » , il a mené à bien de « grandes réalisations dont les Congolais profitent largement aujourd’hui ou pourraient encore davantage tirer profit avec une bonne gouvernance ».

    Et de détailler la longue bataille du roi pour doter la Belgique d’une colonie. On retiendra notamment sa prise de contact avec l’explorateur britannique Stanley, qui n’arrive pas à intéresser Londres à l’Afrique centrale ; la Grande-Bretagne s’en mordra les doigts plus tard et mettra en cause l’État indépendant du Congo (EIC) afin de mettre les mains sur le Katanga et ses richesses minières, rappelle l’auteur.

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  • Plus rien n'empêcherait Asia Bibi de quitter le Pakistan avec sa famille

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Asia Bibi: « Plus rien ne l’empêche de quitter le Pakistan avec sa famille »

    Rejet de l’appel contre la mère de famille chrétienne

    « Après cette décision de la Cour Suprême, plus rien n’empêche désormais Asia Bibi de quitter le Pakistan avec sa famille. Plusieurs pays comme la France ou le Canada ont proposer de l’accueillir », souligne Vatican News en français, ce mardi 29 janvier 2019.

    Le mari et une fille d’Asia Bibi étaient venu rencontrer le pape François, avec leur avocat.

    « La Cour Suprême du Pakistan a en effet rejeté l’appel à un nouveau procès visant la mère de famille chrétienne, acquittée le 31 octobre dernier. Asia Bibi pourrait désormais quitter son pays où elle est menacée de mort par les islamistes », explique la même source.

    Vatican News précise: « La décision est logique : le magistrat qui présidait l’audience n’était autre qu’Asif Saeed Khosa, le président de la cour qui avait rédigé l’arrêt d’acquittement d’Asia Bibi fin octobre. »

    Libérée le 8 novembre 2018 de la prison de Multan, dans le centre du pays, Asia Bibi a été placée en lieu sûr, sa famille craignant des représailles, rappelle la même source.

    L’Oeuvre d’Orient aussi « se réjouit de la confirmation de l’innocence de la chrétienne Asia Bibi par la Cour suprême pakistanaise. Elle espère que Madame Asia Bibi pourra rapidement rejoindre sa famille ».

    Le communiqué ajoute deux choses. D’une part, « il conviendrait aussi de s’interroger sur l’indemnisation qui lui sera versée suite aux dix années de prison illégitimes ».

    D’autre part, « L’Œuvre d’Orient souhaite voir disparaître toute condamnation pour blasphème et toute discrimination visant les communautés religieuses minoritaires ».

    Pour Marc Fromager, directeur de l’AED-France, « il y a lieu de se réjouir de cette victoire de la liberté religieuse, mais Asia Bibi demeure en danger sur le territoire pakistanais, activement recherchée par des islamistes qui veulent à tout prix la tuer. 187 autres chrétiens demeurent emprisonnés au Pakistan à cause de leur foi, ne les oublions pas, et que les autorités pakistanaises poursuivent leurs efforts en faveur des droits civils. »

    Lire aussi :  Paul Bhatti à Vatican News : "Un tournant pour le Pakistan" 

    et aussi :  Les dessous de la libération d'Asia Bibi

  • Quand le pape François donne des leçons d’économie politique : une analyse contredite par les chiffres?

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    Pape-François.jpgDu vaticaniste Sandro Magister sur son blog « settimo cielo » traduit par notre confrère « diakonos.be » :

    "Pendant que le Pape François était en tournée à Panama pour les JMJ, le Gotha de la finance mondiale se réunissait à Davos en Suisse, la « Montagne enchantée » du roman de Thomas Mann, fresque grandiose de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle.

    Un contraste visible. Parce que le Pape est par antonomase le pape des pauvres et de la révolte des exclus contre les puissants.

    Il est vrai qu’en pratique les hommes les plus riche du monde et les pontes de la finance se battent pour être reçus par lui au Vatican et lui offrir leur obole. Et François les accueille à bras ouverts et les couvre d’éloges : des magnats de Google et d’Appel à la présidente du FMI Christine Lagarde (photo), « une femme intelligente qui soutient que l’argent doit être au service de l’humanité ».

    Mais cela n’affecte pas le discours dominant qui place invariablement ce pape dans le camp des pauvres et des exclus. Avec une prédilection toute particulière pour ceux qu’il appelle les « mouvements populaires » anticapitalistes et no global, en particulier ceux qui sont sud-américains, qu’il a convoqués et rencontrés à plusieurs reprises et auxquels il aime adresser des discours interminables d’une trentaine de pages chacun, véritables manifestes politiques de son pontificat.

    Pourtant depuis quelque temps, plutôt qu’à ces « mouvements populaires », François s’adresse davantage aux jeunes auxquels il a consacré un synode en octobre dernier. Mais son message reste toujours le même.  Les jeunes sont les « exclus de la société », ils sont victimes d’une paupérisation progressive du monde dans lequel « les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres » alors que de plus en plus de richesses se concentrent dans les mains de quelques-uns et que la pauvreté s’étend inexorablement à des franges de plus en plus larges de la société.

    Les médias du Vatican se font tout naturellement l’écho de ce discours, surtout depuis que « L’Osservatore Romano » a lui aussi a été rappelé à l’ordre, c’est-à-dire prié de « faire corps » en toute circonstance avec le Pape.

    Andrea Monda, le nouveau directeur du quotidien du Saint-Siège, a rapidement apporté la preuve de son adhésion à la vision économique et politique de François à travers une interview accordée un célèbre théologien protestant américain, Harvey Cox, qui se trouve en totale harmonie avec cette vision, sous un gros titre s’étalant sur toute une page : « La religion populaire, unique espérance contre la domination du Dieu marché ».

    Cette interview, publiée à la veille du voyage de François au Panama, est intéressante par ses réponses mais encore bien plus par ses questions, visant toutes à défendre – entre les éclairs apocalyptiques de « la Guerre des étoiles » – la thèse selon laquelle « le Marché [toujours en majuscules, ndlr] est un véritable empire contre lequel les hommes, et même les peuples, doivent se rebeller et résister ».

    *

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  • RDC : l’Eglise catholique s’est abstenue d’assister à la prestation de serment de Félix Tshisekedi

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    Felix Tshisekedi intronisé par Kabila di-investi-Kinshasa-Il-officiellement-nouveau-president-RD-Congo_0_729_486.jpgComme le laissait prévoir l’archevêque de Kinshasa, la conférence épiscopale du Congo n’était pas représentée hier à l’intronisation de Félix Tshisekedi comme président successeur de Kabila par la grâce des manipulations électorales de ce dernier :  

    Ci dessous, reportage en République démocratique du Congo, au sein de l'Église catholique, qui a observé de près l'élection présidentielle et scrutera les premiers jours du nouveau président Félix Tshisekedi. La conférence des évêques se réserve la possibilité de ne pas assister à l'investiture du nouveau chef de l'État. "Une invitation n'est pas une convocation. Ce serait comme nous renier nous-mêmes", explique Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa. Les évêques craignent que Félix Tshisekedi n'ait que peu de marge de manœuvre. "Je crains fortement que le même système va continuer avec le nouveau président", poursuit Fridolin Ambongo. "L'unique message : qu'il n'oublie pas d'où il vient. Il vient du peuple, le peuple souffre", ajoute le prélat. Des déclarations qui sonnent comme une mise en garde.

    Un signal à ne pas négliger, celui d'une Eglise influente qui attend la suite du "deal présidentiel" au prochain tournant. La moitié des congolais sont catholiques (contre 25 à 35 % de protestants de diverses obédiences, le reste se partageant entre animistes  et musulmans). 

    JPSC

  • Le Conseil de l'Europe a adopté la Résolution sur « La charia, la Déclaration du Caire et la Convention européenne des droits de l’homme »

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    De Gregor Puppinck sur le site de Valeurs Actuelles :

    Le Conseil de l’Europe “s’inquiète grandement” de l’application de la charia en Europe

    Grégor Puppinck est docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, membre du Panel d’experts de l’OSCE sur la liberté de religion. Il vient de publier “ Les droits de l’homme dénaturé ” (Le Cerf) dans lequel il analyse de façon critique la transformation des droits de l’homme depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948.

    Malgré bien des obstacles et des reports, la Résolution sur « La charia, la Déclaration du Caire et la Convention européenne des droits de l’homme » a finalement été adoptée, le 22 janvier dernier à Strasbourg, par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe[1].

    Cette résolution – bien que non contraignante - est d’une importance politique majeure : elle témoigne d’une prise de conscience que la loi islamique constitue un ordre juridico-religieux concurrent au droit issu de la modernité occidentale, tant en Europe qu’au plan universel. Car il y a bien concurrence aujourd’hui, et même rivalité, entre la charia et la rationalité juridique occidentale fondée sur la liberté et l’égalité. L’un et l’autre système prétendent être le seul qui convienne à l’homme, universellement. En Europe, cette concurrence s’exerce surtout en matière de droit de la famille ; au plan universel, elle s’exerce quant à la compréhension même du droit et des droits de l’homme. Cette résolution révèle aussi la faiblesse de l’Europe face à ce phénomène politico-religieux.

    La charia s’applique déjà en Europe…

    Tout d’abord, l’Assemblée du Conseil de l’Europe « s’inquiète grandement » du « fait que la charia, y compris des dispositions clairement contraires à la Convention, s’applique officiellement ou officieusement dans plusieurs États membres du Conseil de l’Europe, sur l’ensemble ou une partie de leur territoire ». Il s’agit principalement de la Grèce, de la Tchétchénie, et du Royaume-Uni.

    Elle déplore que les autorités grecques n’aient pas encore aboli l’application de la charia en Thrace où elle continue de régir officiellement les relations au sein de la communauté musulmane depuis son rattachement à la Grèce après la Première Guerre mondiale. L’Assemblée « dénonce en particulier le fait que les femmes sont clairement désavantagées dans les procédures de divorce et de succession, deux domaines clés de compétence des muftis ». Plus encore, ces procédures n’offrent pas de garantie satisfaisante. Ainsi, la présence d’un avocat n’est pas requise, les décisions sont définitives et ne peuvent faire l’objet d’aucun recours. Quant aux tribunaux grecs censés superviser ces juridictions, le Rapport parlementaire rédigé à l’appui de la résolution déplore que ceux-ci « se bornent à une apparence de contrôle juridictionnel et ratifient 99 % des décisions qui leur sont soumises ».

    L’Assemblée du Conseil de l’Europe se déclare « également préoccupée par les activités ‘judiciaires’ des ‘conseils de la charia’ au Royaume-Uni ».

    L’Assemblée se déclare « également préoccupée par les activités ‘judiciaires’ des ‘conseils de la charia’ au Royaume-Uni ». Ces instances, privées et officieuses, donnent des conseils et prononcent des jugements en matière principalement de divorce (y compris sur la garde des enfants et les aspects financiers), mais aussi de succession et de droit commercial. Leur fonctionnement est encore plus opaque qu’en Grèce. Rattachées pour la plupart à des mosquées, leur nombre pourrait s’élever à quatre-vingt-cinq, rien qu’en Angleterre et au Pays de Galles. Bien que dépourvus de compétence officielle, ces « tribunaux » parallèles se considèrent eux-mêmes comme des autorités légitimes au sein de « leur » communauté. De fait, eux seuls sont en mesure de prononcer un divorce islamique à la demande de l’épouse ; or, de nombreux couples musulmans se sont mariés uniquement religieusement, privant l’épouse – parfois très jeune lors du mariage – des garanties offertes par la procédure civile de divorce. Celle-ci est alors comme enfermée dans le mariage, la communauté et la loi islamiques, car elle est souvent ignorante de ses droits civils et voies de recours devant les tribunaux britanniques. Ceci est d’autant plus préoccupant que ces conseils de la charia ne sont pas assez respectueux des droits des femmes et que certains, selon le Rapport, « cautionnent les sévices infligés aux épouses, considèrent le viol conjugal comme négligeable et autorisent les mariages forcés ». En Grèce, d’autres conseils de ce type ont « autorisé plusieurs mariages musulmans conclus par procuration, sans le consentement exprès des femmes », parfois mineures.

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  • On croyait Asia Bibi tirée d'affaire mais tout peut encore être remis en question

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    Du site de l'hebdomadaire "La Vie" :

    L’affaire Asia Bibi retourne (encore) devant la Cour suprême du Pakistan

    La plus haute juridiction du Pakistan doit décider le 29 janvier si elle accepte de rouvrir le dossier Asia Bibi ou si elle estime que l’acquittement qu’elle a prononcé concernant ce cas de blasphème est définitif.

    Les soutiens d’Asia Bibi croyaient la chrétienne tirée d’affaire après son acquittement par la Cour suprême du Pakistan, le 31 octobre dernier. Pourtant, une nouvelle page judiciaire s’ouvre le 29 janvier. Sera-t-elle vite refermée ? C’est toute la question. Les juges doivent en effet étudier la requête en révision du procès déposée par Qari Muhammad Salaam, l’imam qui a porté plainte pour blasphème contre Asia Bibi en 2009. C’est à lui qu’étaient allées se plaindre les deux femmes qui travaillaient avec la mère de famille catholique, l’accusant d’avoir insulté le prophète Mahomet. Ce recours est prévu par l’article 188 de la Constitution pakistanaise.

    Selon le quotidien pakistanais Dawn, les avocats du plaignant accusent la Cour suprême de ne pas avoir respecté les standards de la jurisprudence et de la loi islamique concernant le blasphème. Après la libération d’Asia Bibi, ils avaient exigé, en outre, qu’elle soit placée sur la liste des personnes interdites de sortie du territoire tant que le jugement ne serait pas révisé.

    Le 29 janvier, la plus haute juridiction du Pakistan devrait donc dire si elle accepte d’étudier ce recours. « Normalement, la Cour décide le même jour si l’appel est recevable ou pas », a déclaré à l'AFP Ghulam Mustafa Chaudhry, l’avocat qui a lancé le recours contre son acquittement. Si c’est le cas, le procès d’Asia Bibi pourrait encore durer des années. (La suite est en accès payant sur le site de la Vie)

  • L'Etat belge va devoir justifier sa loi sur l'euthanasie devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme

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    L’EUTHANASIE EN BELGIQUE SOUS LA LOUPE DE LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME

    Gènéthique vous informe (genethique.org)

    La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) vient de recevoir la requête d’un plaignant suite à l’euthanasie de sa mère en Belgique. Une première qui pourrait contraindre l’Etat belge à justifier sa loi. Carine Brochier de l’Institut Européen de Bioéthique revient pour Gènéthique sur les enjeux de cette affaire.

    Gènéthique : La CEDH vient d’accepter de se prononcer sur un cas d’euthanasie en Belgique. Que représente cette décision ?

    Carine Brochier : 95% des dossiers qui sont présentés à la CEDH ne dépassent pas le seuil de la recevabilité. La décision de se pencher sur la requête Mortier vs Belgique a donc un caractère assez exceptionnel. Dans ce dossier, la CEDH va examiner si l’euthanasie de Godelieve de Troyer, la maman du requérant, Tom Mortier, bafoue un droit humain fondamental. Dans ce cadre, la Cour a interpellé le gouvernement belge, qui a jusqu’au mois d’avril pour présenter une défense. Le requérant, Tom Mortier, sera à son tour entendu, et ce n’est qu’après cet échange d’arguments que la Cour statuera.

    C’est la première fois qu’en matière d’euthanasie, les juges de la CEDH acceptent de s’interroger pour savoir si un droit humain a été piétiné. La requête déposée s’appuie sur l’article 2 de la CEDH. Cet article, assez explicite, s’intitule d’ailleurs « droit à la vie ». C’est le premier droit substantiel proclamé dans la Convention et l'un des droits essentiels car considéré comme « le droit humain le plus fondamental de tous » ou comme le « droit suprême de l'être humain », mais surtout comme « la condition d'exercice de tous les autres ». Si toute personne a droit à la vie, ce droit doit être protégé par des lois, ce qui implique pour l’Etat d’interdire toute atteinte à la vie de ses citoyens et, en corolaire, lui intime l’obligation de protéger la vie des personnes les plus vulnérables. C’est sur cette base que l’avocat de Tom Mortier, Robert Clarke de ADF International, a fondé sa requête.

    G : Quels sont les faits présentés à la Cour ?

    CB : La mère de Tom Mortier était en condition de souffrance psychique avérée. Depuis 20 ans, elle était suivie pour une dépression grave. Elle avait fait appel à plusieurs médecins, avant de trouver un praticien qui a accédé à sa demande d’euthanasie. Certains praticiens, en effet, sont plus enclins que d’autres à avaliser les demandes d’euthanasie. Au nom de la liberté et du droit des patients, la loi belge n’interdit pas ce qu’on appelle couramment le « shopping » médical. Si votre médecin traitant estime que vous n’entrez pas dans le cadre légal permettant l’euthanasie, vous pourrez toujours chercher ailleurs, et éventuellement trouver un médecin plus « accommodant », qui, même s’il ne vous a pas suivi dans la durée, provoquera votre mort dans ce qu’il jugera le respect du cadre légal.

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  • Rideau sur la farce des élections 2019 en RDC

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    Nonobstant les efforts méritoires de son épiscopat, le Congo a raté une belle occasion de sortir des ornières où il est embourbé depuis son accession immature à l’indépendance. De Christophe Rigaud, journaliste, directeur du site Afrikarabia consacré à l'actualité en République démocratique du Congo (RDC) et en Afrique centrale (extraits) :

    Félix D6EE87E2-09D9-4B49-A140-C0FD894036B8_cx15_cy10_cw66_w1023_r1_s.jpg« Malgré la contestation et les soupçons de fraude qui pèsent sur l’élection présidentielle congolaise, la Cour constitutionnelle a officiellement proclamé dimanche Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). Sans surprise, la Cour a rejeté tous les recours déposés par Martin Fayulu, qui revendique toujours sa victoire. Des recours que le juge Noël Kilomba estime « irrecevables » ou « infondés », mais surtout « sans preuves ». Pourtant, les résultats fournis par les observateurs de la Conférence épiscopale (CENCO) et par les fuites de données de la Commission électorales elle-même, confirment la fraude et l’inversion des résultats – voir notre article. Selon ces données, Martin Fayulu serait bien arrivé en tête de la présidentielle (environ 60%), loin devant le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, et Félix Tshisekedi […].

    « Le verdict de la Cour constitutionnelle vient renforcer l’idée d’une décision pilotée par le pouvoir encore en place à Kinshasa, qui a négocié les élections avec l’opposant Félix Tshisekedi et qui cherchait par tous les moyens à imposer son plan de partage du pouvoir. Car très étrangement, si Félix Tshisekedi est censé avoir remporté la présidentielle, son parti (UDPS) et celui de l’UNC, son allié, n’ont recueilli la majorité ni à l’Assemblée nationale, ni dans les assemblées provinciales… ni au Sénat ! Des résultats qui mettent la RDC devant une situation inédite de cohabitation, qui arrange les affaires de la coalition pro-Kabila qui, certes laisse la présidence entre les mains d’un opposant, mais garde les pleins pouvoir sur l’ensemble de la machine institutionnelle et étatique […].

    Après le rejet de son recours par la Cour constitutionnelle, Martin Fayulu s’est déclaré « seul président légitime » et a demandé à la communauté internationale de ne pas reconnaître Félix Tshisekedi comme président de la République démocratique du Congo. Ironie du sort, en 2011, c’est Etienne Tshisekedi, le père de Félix, qui tenait ce même discours lors de la réélection contestée de Joseph Kabila. Aujourd’hui, c’est son fils, Félix qui est au coeur de la contestation, avec en ligne de mire une Cour constitutionnelle, accusée par Martin Fayulu d’avoir validé un « putsch électoral » et d’être « au service d’un seul individu, Joseph Kabila ».

    « Il faut dire que la Cour constitutionnelle est, en effet, fortement politisée. Sur neuf membres, six ont été nommés par la majorité pro-Kabila (présidence et parlement confondus), et quatre sont affiliés au Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme présidentielle. Deux juges ont été remplacés cet été, juste avant les élections, et sont considérés comme des proches du chef de l’Etat.

     « La décision de la Cour constitutionnelle a pris de vitesse l’Union africaine (UA), qui demandait, avec l’Union européenne et les occidentaux, à la Commission électorale (CENI) de procéder à un recomptage des voix. Dans une posture qu’on lui connaissait peu, l’Union africaine s’était positionnée très fermement, en exigeant la suspension de l’annonce des résultats définitifs en raison de sérieux doutes sur la crédibilité des chiffres avancés par la CENI. Mais Kinshasa a décidé de forcer le passage, et de prendre de court les pays africains en déclarant Félix Tshisekedi « seul président légitime » du pays.

    La Cour constitutionnelle coupe également l’herbe sous le pied à la délégation de l’UA qui devait débarquer à Kinshasa ce lundi pour tenter de régler le contentieux électoral. Avec le verdict « irrévocable » de la Cour ce dimanche, il ne restait plus grand chose à négocier avec le nouveau et l’ancien président congolais, ce qui a poussé l’UA a annuler sa visite. Les pro-Kabila ont d’ailleurs fait remarquer qu’ils n’avaient pas leçons de démocratie à recevoir de présidents comme Paul Kagame ou Denis Sassou Nguesso, censés réclamer la « vérité des urnes ». En faisant reculer l’Union africaine, le nouveau tandem Kabila et Tshisekedi vient de remporter sa première victoire diplomatique.

    Le leader de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, a appelé les Congolais à organiser «des manifestations pacifiques sur toute l’étendue du territoire » pour protester contre la décision de la Cour constitutionnelle. Reste à savoir si les Congolais répondront à cet appel »…

    Ref. RDC : Tshisekedi passe en force

    Réponse : ayant obtenu une satisfaction apparente sur le principe de l’alternance et de l’accession à la présidence d’un ancien opposant au fils du Mzee Laurent Kabila, la population congolaise ne se mobilisera pas davantage : elle était  plus motivée par la désignation d’un nouveau mokondji que par le combat pour une dame de Mpoto appelée Démocratie. Pour le reste, lobi est un autre jour.   

    JPSC

  • Le cardinal Philippe Barbarin : Famille Chrétienne dresse le portrait d'un homme de foi dans la tourmente

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    De Samuel Privot sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Cardinal Barbarin : portrait d'un homme de foi dans la tourmente

    La tempête médiatique qui gronde sur l’archevêque de Lyon est-elle proportionnelle aux erreurs de gouvernance commises et reconnues ? Portrait d’un homme de foi dans la tourmente.

    Le cardinal Philippe Barbarin

    Né en 1950, il est ordonné en 1977 pour le diocèse de Créteil. Nommé évêque de Moulins en 1998, il devient primat des Gaules en 2002. Il manifeste contre le mariage pour tous et soutient les chrétiens d’Orient en visitant Mossoul en 2017.

    « Je ne peux pas me défiler », a martelé le cardinal face aux juges en assumant sa charge de primat des Gaules. À la barre, il n’a pas cherché à esquiver les questions qui pleuvaient sur lui comme des flèches. Il est resté debout au sens propre comme au figuré. Entre deux audiences, il passe pour certains pour un nouveau saint Sébastien, criblé par les perches des micros et les flashs crépitants des photographes.

    Mais comment résister à un tel assaut médiatique ? Il endure une pression énorme qui le fait descendre, depuis le printemps 2015, bien en dessous des limites normales où un homme peut garder la tête froide. Interrogé sur Radio Notre-Dame, en novembre dernier, il expliquait : « Le Bon Dieu me garde en paix. Plein de gens prient pour moi... Je fais l’objet d’attaques considérables venant de toutes parts et qui ne peuvent être raisonnées. C’est possible que je m’effondre demain matin en faisant un burn-out ou une dépression... »

    Cela dit, Philippe Barbarin n’est pas Calimero. Rien à voir avec ce gentil poussin de bande dessinée qui passe son temps à répéter que c’est « vraiment trop injuste ». Il souffre, mais en silence. « Je le sens profondément révolté par les agissements des prêtres pédophiles », confie François Morinière, ancien patron du quotidien L’Équipe. Ce proche était présent pour le soutenir pendant les heures difficiles du procès. « Il est face au mystère du mal. »

    Face à ses propres limites aussi. Le 18 novembre 2016, le cardinal a fait son mea culpa dans la primatiale Saint-Jean : « Je demande pardon devant Dieu et devant tout notre diocèse de n’avoir pas pris les devants pour enquêter comme il aurait fallu dès qu’un premier témoignage m’était parvenu, pardon de ne pas avoir sanctionné immédiatement un prêtre pour ses actes anciens, très graves et clairement indignes de son ministère, pardon de mes erreurs de gouvernance qui ont occasionné un tel scandale. » Jamais le cardinal n’a prétendu avoir agi à la perfection. Ni ses avocats, comme Me Jean-Félix Luciani : « Imaginez, une seconde, être à sa place. Il a reconnu des erreurs de gouvernance, mais cela valait-il vraiment d’être accusé de la sorte ?! »

    Lire la suite sur le site de Famille Chrétienne

  • Elections en RDC : Les évêques congolais expliquent au Conseil de Sécurité de l’Onu les balokuta du régime Kabila

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    Ambongo 2017-01-01t064403z_1213149357_rc1ebb7721b0_rtrmadp_3_congo-politics_0.jpgLa Conférence épiscopale congolaise (CENCO) a expliqué au Conseil de sécurité des Nations unies comment elle avait organisé son observation des élections présidentielle et législatives du 30 décembre, observation menée dans le cadre de « l’engagement socio-politique de l’Eglise ». Lu sur le site web de la « Libre Afrique » :

    La Cenco a formé 41.026 observateurs et obtenu l’accréditation de 40.850 d’entre eux, a expliqué Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani et président de la Conférence épiscopale. Les 176 observateurs qui n’ont pas obtenu l’accréditationont servi « à l’observation des incidents en dehors des centres de vote ». Les 959 observateurs prévus pour les circonscriptions de Beni, Beni-ville, Butembo-ville et Yumbi n’ont pas été déployés puisque ces circonscriptions ont été privées de vote pour diverses raisons.

    Ce sont donc 39.824 observateurs formés par la Cenco qui ont été déployés, à hauteur de 1 à 2 par bureau de vote et au moins 1 dans chacun des 21.784 centres de vote du pays, « soit une couverture globale de 100% des bureaux de vote prévus par la Ceni » (Commission électorale nationale indépendante).

    600 téléphones satellitaires

    On sait que les autorités congolaises ont coupé la transmission des SMS après le vote. Au moment de la coupure, « la Cenco avait déjà reçu au moins 43% des données ». Une partie de ses observateurs détenaient 600 téléphones satellitaires Thuraya pour les zones non couvertes par la téléphonie mobile et utilisés également « pendant la coupure des SMS ».

    Les observateurs de la Cenco ont travaillé « en synergie » avec ceux de l’Eglise du Christ au Congo (protestants) et de la Symocel (Synergie des missions d’observation électorales citoyennes).

    La mission d’observation de la Cenco disposait d’un Centre de collecte et de traitement des données, dotée d’un call center où travaillaient 408 agents.

    71,5% des suffrages collectés

    Toutes ces dispositions ont permis à la mission d’observation de la Cenco de collecter 13.110.999 suffrages exprimés, sur un total de 18.329.318, soit 71,5% des suffrages.

    Deux systèmes de comptage ont donné les mêmes tendances, qui ont permis à la Cenco de conclure que « les résultats de l’élection présidentielle, tels que publiés par la Ceni, ne correspondant pas aux données collectées » par sa mission d’observation. La conférence épiscopale a donc prié le Conseil de sécurité de demander « à la Ceni de publier le plus vite possible les procès verbaux des centres (de vote) pour donner aux candidats la possibilité de comparer leurs données à celles de la Ceni » en vue « d’enlever les doutes ».

    Ref. Comment l’Eglise a obtenu ses résultats électoraux?

    Cause toujours : il eût été plus avisé de faire pression sur le conseil de sécurité avant les élections en exigeant que, dans le climat menaçant qui prévalait, celles-ci se déroulent en présence d’une mission internationale de contrôle plutôt que de vouloir confier maintenant à la Ceni un exercice supplémentaire de tripatouillage post-électoral.

    A part quelques gesticulations, a posteriori il n’y a rien à attendre des enceintes internationales: d’autant plus que le leurre Tshisekedi semble fonctionner dans l’opinion congolaise elle-même (du moins pour l’instant) …  

    JPSC

  • Supercherie électorale congolaise : le chat a bien piégé la souris.

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    Excellent résumé de l'impasse actuelle par Hubert Leclerq sur le site de « La Libre Afrique » :

    farine e0c2b829fcfd7eb128f82f967eb8b357.jpg« Deux semaines après le passage par les urnes, cinq jours après l’annonce du verdict provisoire de la présidentielle et deux jours après celle du résultat des législatives, le processus congolais mis sur pied par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne convainc plus grand monde

    Le président zambien, Chagwa Lungu, qui préside actuellement l’organe chargé de la politique, de la défense et de la sécurité de la SADC (communauté des Etats de l’Afrique australe) n’a pas chômé ces derniers jours. C’est que toute la sous-région est suspendue aux évolutions du processus électoral en République démocratique du Congo. Et ce processus est loin de faire l’unanimité. Il fait craindre la résurgence d’une période d’instabilité et de violence dans ce pays de plus de 80 millions d’âmes.

    Dans la nuit de mercredi à jeudi, sur le coup de 3 heures du matin, la Ceni a annoncé les résultats provisoires de l’élection présidentielle. Des résultats qui ont donné la victoire à l’opposant Félx Tshisekedi, d’une tête devant l’autre opposant, Martin Fayulu. Le dauphin de Joseph Kabila devant se contenter d’une troisième place, loin des deux autres.

    Un résultat immédiatement rejeté par Martin Fayulu qui annonce, ses chiffres de compilation à la main, avoir décroché plus de 60% des suffrages. L’Église catholique, à travers la commission épiscopale nationale congolaise (Cenco), a répété son incompréhension face à ces chiffres officiels. Pour la Cenco, ce résultat ne correspond pas du tout aux chiffres qu’elle a obtenus en compilant les procès-verbaux des bureaux de vote.

    Le malaise est évident. Aucun pays africain, jusqu’ici, n’a d’ailleurs félicité publiquement les gagnants, quoi que disent leurs QG. Tous les voisins ont félicité les Congolais pour leur détermination à faire entendre leur voix mais personne n’a félicité le lauréat. Tous se sont contentés de prendre acte.

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  • Fin de la comédie des élections en RDC ? Kabila choisit Félix Tshisekedi.

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    Lu dans la "Libre Belgique" de ce jour:

    Kab-Tsh-696x450.jpgLes résultats provisoires de l'élection proclamant Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle "ne correspondent pas" aux données collectées par les observateurs de l'Église catholique en République démocratique du Congo, a déclaré jeudi la conférence épiscopale. "Nous constatons que les résultats de l'élection présidentielle tels que publiés par la Céni (la commission électorale indépendante) ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d'observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement", a déclaré l'abbé Donatien Nshole, porte-parole de l'épiscopat congolais lors d'une conférence de presse.

    "Nous prenons acte de la publication des résultats provisoires de l'élection présidentielle qui, pour la première fois dans l'histoire de notre pays ouvre la voie à l'alternance au sommet de l'Etat", a néanmoins estimé la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    La Cenco qui affirme avoir déployé 40.000 observateurs au scrutin du 30 décembre n'a pas donné le nom du candidat qu'elle estime vainqueur.

    Les résultats doivent être contestés "pacifiquement", selon l'Union africaine

    Toute contestation des résultats de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), remportée par l'opposant Félix Tshisekedi selon la commission électorale, ne peut se faire que "pacifiquement", a plaidé jeudi le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Rappelant la nécessité de "consolider la démocratie et préserver la paix" en RDC, M. Faki a estimé dans un communiqué qu'il "est important que toute contestation des résultats proclamés, notamment celle portant sur leur non conformité avec la vérité des urnes, se fasse pacifiquement, par le recours aux procédures prévues par les textes en vigueur et le dialogue politique entre toutes les parties prenantes".

    2 policiers et 2 civils tués dans l'ouest

    Deux policiers et deux civils ont été tués jeudi dans la répression de la contestation des résultats donnant Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle en République démocratique du Congo dans un fief de son rival Martin Fayulu, a-t-on appris de source policière.

    "Dans l'opération de rétablissement de l'ordre public de ce jeudi à Kikwit, deux policiers et deux civils ont été tués. Nous avons enregistré aussi dix blessés", a déclaré à l'AFP le général Dieudonné Mutepeke, chef de la police de cette ville de l'ouest de la RDC.

    Rédaction (avec Belga et AFP)

    Ref. Elections en RDC: les évêques contestent les résultats, 2 policiers et 2 civils tués dans l'ouest

    Après Poutine, Medvedev : une alternance « démocratique » ?

    Il n’y a rien à modifier dans l’analyse que nous avions faite ici le dimanche 30 décembre 2018, jour des élections congolaises Ce sera, disions-nous, l’éternel retour du cycle : un potopoto propice à une palabre ajoutant à la confusion en attendant que le plus fort rafle la mise. Le plus fort: celui qui détient la réalité du pouvoir, lequel ne s’est jamais trouvé au fond des urnes après le 30 juin 1960. Les seuls scrutins réellement libres qui se soient déroulés au Congo sont, jusqu’ici, ceux que l’administration coloniale belge y a organisés dans la perspective de l’octroi de l’indépendance à ce pays, voici près de soixante ans...     

    JPSC