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Persécutions antichrétiennes - Page 2

  • La sainteté des carmélites de Compiègne guillotinées en 1794 est reconnue

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    Les martyrs de Compiègne de la Révolution française canonisés après avoir « marché ensemble »

    De Xavier Sartre sur Vatican News :

    Les carmélites de Compiègne, guillotinées en 1794, sont saintes

    Les carmélites déchaussées de Compiègne, guillotinées en 1794 en pleine Terreur pendant la Révolution française, sont saintes. Le Pape François a signé ce mercredi matin le décret reconnaissant leur canonisation équipollente. Deux autres religieux seront béatifiés après la reconnaissance de leur martyre pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Elles sont devenues le symbole de la haine antireligieuse qui a sévi en France pendant la Révolution et des excès de la Terreur. Les carmélites déchaussées de Compiègne sont maintenant saintes. Le Pape a décidé d’étendre à l’Église universelle le culte de la bienheureuse Thérèse de Saint-Augustin et de ses quinze compagnes de l’ordre des Carmélites déchaussées de Compiègne, martyres, tuées en haine de la foi le 17 juillet 1794 à Paris. Elles sont désormais inscrites au martyrologe romain. En d’autres termes, il s’agit d’une canonisation équipollente, c’est-à-dire qu’aucun miracle n’a été nécessaire pour qu’elles deviennent saintes. Ce fut déjà le cas pour leur béatification en 1906 par le Pape saint Pie X.

    À Rome ce mercredi, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort qui avait présenté au Pape en 2021 la demande d'une poursuite de leur processus de canonisation au nom des évêques des France, se réjouit de la canonisation équipollente de ces figures importantes de l'histoire de France, magnifiées par Georges Bernanos ou Francis Poulenc.

    La réaction de Mgr Éric de Moulins Beaufort, président de la Conférence des évêques de France :
    «Les carmélites de Compiègne sont de belles figures de la liberté chrétienne à vivre jusqu'au bout dans différentes circonstances historiques, a-t-il confié à Radio Vatican-Vatican News. Pour ma part, j'espère que cette canonisation contribuera un peu à un apaisement de notre mémoire française qui doit assumer des violences qui ont été dans notre histoire et qui font parties de celle-ci, mais à travers lesquelles des témoignages de foi, d'espérance et de charité ont été données, qui font aussi parties de la beauté de l'histoire française».

    Victimes de la Terreur

    Contraintes de quitter leur monastère le 14 septembre 1792, en pleine vague anticléricale, elles trouvent refuge dans des localités différentes et doivent revêtir des habits civils, le port des habits religieux étant interdits par les nouvelles autorités. Peu après, mère Thérèse de Saint-Augustin propose aux sœurs de sa communauté d’offrir leur vie pour le salut de la France. Le 27 novembre de la même année, elles récitent un «acte de don de soi» écrit par la prieure, plus tard complété par une intention pour que les exécutions au moyen de la guillotine et pour la libération des personnes incarcérées.

    Avec l’entrée en vigueur de la Terreur, les carmélites sont dans le viseur des révolutionnaires. Leurs logements sont perquisitionnés le 21 juin 1794, elles sont arrêtées le lendemain, accusées de poursuivre leur vie consacrée et de sympathie pour la monarchie. Le 12 juillet elles sont transférées à la prison de la Conciergerie. Le 16, elles célèbrent la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, élevant des hymnes de joie et profitent de ces quelques jours d’incarcération pour reprendre leur vie communautaire. Elles sont jugées le 17 et exécutées le même jour sur le site de l’actuelle place de la Nation.

    Sur le trajet les menant à l’échafaud, et alors qu’elles montent les unes après les autres les marches vers la guillotine, elles chantent des psaumes, entonnent le Veni creator renouvelant leurs vœux à la prière avant d’être décapitées. Leur dignité et leur dévotion lors de leur exécution imposa le silence à la foule impressionnée.

    Deux nouveaux bienheureux

    Au cours de son entretien avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère des Causes des saints, le Pape a autorisé la promulgation de plusieurs autres décrets. Le martyre du serviteur de Dieu Eduard Profittlich, jésuite, administrateur apostolique d’Estonie, mort en 1942 dans une prison soviétique a ainsi été reconnu. Autre martyr tué pendant la Seconde Guerre mondiale, le serviteur de Dieu Elia Comini, prêtre de Saint-François-de-Sales, tué en haine de la foi par les nazis en 1944 en Italie. La date de leur béatification sera communiquée plus tard. Par ailleurs, les vertus héroïques des serviteurs de Dieu Áron Márton, évêque d’Alba Iulia en Roumanie, mort en 1980, Giuseppe Maria Leone, prêtre italien mort en 1902, et Pierre Goursat, fidèle laïc français, fondateur de la communauté de l’Emmanuel, mort en 1991, ont été reconnues. Ils deviennent ainsi vénérables.

  • 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde : le rapport 2026 qui accuse l’indifférence internationale

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    De Tribune Chrétienne :

    [ Document] « 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde »: le rapport 2026 qui accuse l’indifférence internationale

    « Nous devons nous tenir à leurs côtés », rappellent les auteurs du rapport , qui soulignent que des croyants sont encore battus, emprisonnés ou tués uniquement parce qu'ils sont chrétiens. ( intégralité du rapport)

    Publié le 7 juillet 2026 par l’organisation américaine International Christian Concern (ICC), le Global Persecution Index 2026 dresse un état des lieux particulièrement documenté de la persécution antichrétienne dans plus de vingt pays. Chiffres, témoignages et analyses convergent vers un même constat : alors que la liberté religieuse recule sur tous les continents, les violences contre les chrétiens continuent de s’intensifier dans une indifférence qui interroge la communauté internationale. Le Global Persecution Index 2026 d’International Christian Concern (ICC) constitue l’un des rapports les plus complets consacrés à la persécution des chrétiens dans le monde. Sur plus de 120 pages, cette étude passe en revue la situation de 21 pays répartis en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et même en Occident.

    S’appuyant sur des données de terrain, des témoignages, des statistiques et des enquêtes menées tout au long de l’année écoulée, elle met en lumière une réalité trop souvent ignorée : les chrétiens demeurent aujourd’hui la communauté religieuse la plus persécutée au monde.

    Le premier chiffre avancé par l’ICC donne la mesure du drame : près de 380 millions de chrétiens sont victimes, chaque année, de persécutions ou de discriminations graves en raison de leur foi. Beaucoup sont arrêtés, torturés, emprisonnés, expulsés de leurs villages ou assassinés. Dans plusieurs pays, partager l’Évangile est passible de prison, tandis que dans d’autres, participer à une simple réunion de prière clandestine peut coûter la liberté ou la vie.

    « Nous devons nous tenir à leurs côtés », rappellent les auteurs, qui soulignent que des croyants sont encore battus, emprisonnés ou tués uniquement parce qu’ils sont chrétiens.

    Le rapport montre que la persécution ne relève plus seulement de groupes terroristes isolés. Elle résulte désormais de la combinaison de plusieurs phénomènes : nationalisme religieux, autoritarisme, terrorisme islamiste, contrôle des organisations religieuses par les États, répression au-delà des frontières et surveillance technologique. Les auteurs dénoncent notamment l’utilisation de technologies développées en Occident pour renforcer les systèmes de contrôle mis en place par certains régimes contre les communautés chrétiennes. L’Afrique apparaît comme l’épicentre mondial de cette persécution. Selon le rapport, le continent concentre désormais près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde. Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), les Allied Democratic Forces (ADF) et Al-Shabaab poursuivent une stratégie visant explicitement les communautés chrétiennes. Églises incendiées, villages détruits, prêtres enlevés et populations déplacées rythment désormais le quotidien de nombreuses régions du Nigeria, du Sahel, de la Somalie ou de la République démocratique du Congo.

    La République démocratique du Congo illustre cette violence extrême. Entre le 1er juillet 2024 et le 1er juillet 2025, l’ICC a recensé près de 400 chrétiens tués, 94 enlèvements, 23 édifices religieux endommagés, 72 habitations attaquées et 346 personnes contraintes de quitter leur foyer. Le rapport rappelle également le massacre de 70 chrétiens décapités à Kasanga ainsi que celui de près de 50 fidèles assassinés lors d’une veillée de prière à Komanda, deux attaques attribuées aux ADF affiliés à l’État islamique. Les auteurs parlent d’une véritable campagne de terreur religieuse.

    Lire aussi : https://tribunechretienne.com/euthanasie-les-pauvres-demanderont-a-partir-monseigneur-etienne-guillet-lance-un-appel-solennel-aux-parlementaires/

    En Érythrée, la persécution est moins spectaculaire mais tout aussi implacable. Le régime du président Isaias Afwerki continue d’emprisonner des croyants sans procès. L’ICC cite notamment le cas du Dr K, détenu depuis plus de vingt ans sans inculpation ni jugement. Pour la seule période couverte par le rapport, l’organisation recense plus de 100 arrestations de chrétiens, 15 attaques contre des habitations et au moins 12 déplacements forcés.Le rapport pointe également l’Asie. En Inde, les lois dites « anti-conversion » servent régulièrement à poursuivre des chrétiens accusés d’évangélisation. En Chine, le Parti communiste contrôle les nominations des responsables religieux, les prédications, les rassemblements en ligne et jusqu’à l’architecture des lieux de culte. Au Nicaragua, le régime de Daniel Ortega poursuit son offensive contre l’Église catholique, tandis qu’en Iran les autorités continuent d’incarcérer des chrétiens convertis.

    L’étude consacre enfin un chapitre entier à l’Occident. Sans établir de parallèle avec les persécutions sanglantes subies ailleurs, elle observe une érosion progressive de la liberté religieuse. Elle évoque notamment les restrictions imposées à certaines manifestations publiques de la foi au Canada, les arrestations de personnes priant silencieusement près de centres pratiquant l’avortement au Royaume-Uni ou encore les 2 211 actes antichrétiens recensés en Europe en 2024, parmi lesquels 94 incendies d’églises, soit deux fois plus que l’année précédente.

    Pour International Christian Concern, ces statistiques ne représentent qu’une partie de la réalité, tant de nombreuses persécutions demeurent impossibles à documenter dans des pays fermés ou en guerre. Derrière ces chiffres se cachent des familles brisées, des prêtres emprisonnés, des enfants devenus orphelins et des communautés contraintes de vivre leur foi dans la clandestinité. Le Global Persecution Index 2026 rappelle avec force que la liberté religieuse continue de reculer dans une grande partie du monde, tandis que des millions de chrétiens paient encore leur fidélité au Christ au prix de leur liberté et, trop souvent, de leur vie.

  • Boucs émissaires : la répression généralisée des chrétiens en Iran

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    De Lorenza Formicola sur la NBQ :

    Boucs émissaires : la répression généralisée des chrétiens en Iran

    Espionnés mais accusés d'espionnage, les fidèles du Christ sont constamment pris pour cible par la République islamique. Un dossier lève le voile sur la machine de persécution du régime, qui refuse de pardonner même après la détention.

    10/07/2026

    Le  nouveau rapport annuel  2026, « Boucs émissaires : Violations des droits des chrétiens en Iran », publié par Article18 en collaboration avec Portes Ouvertes, Christian Solidarity Worldwide et Middle East Concern, met en lumière la persécution subie par les chrétiens dans le pays. Ce sujet, rarement abordé en raison de sa nature troublante, révèle une répression généralisée à l'encontre des chrétiens d'Iran, orchestrée par un pouvoir obsédé par l'éradication de ce qu'il perçoit comme une menace occidentale pour l'ordre théocratique islamique. Au fil des ans, la République islamique a manipulé et durci sa législation pour réprimer ceux qui ne croient pas en Allah. Dès 2021, le Parlement iranien a alourdi les peines pour les délits d'opinion, en modifiant les articles 499 et 500 du code pénal. Cette réforme vise toute personne accusée de propagande ou d'atteinte à la sécurité de l'État. De fait, cette législation assimile juridiquement les non-musulmans aux terroristes.

    En 2025, selon le rapport, 254 chrétiens iraniens ont été arrêtés – un chiffre presque deux fois supérieur à celui de 2024 – et condamnés à un total de plus de 280 ans de prison. Dans la grande majorité des cas, près de 90 %, les accusations ont été portées en vertu de l' article 500 modifié  du Code pénal, qui criminalise la « propagande contraire à la religion sacrée de l'islam ». 

    Le rapport souligne la répression, citant des incidents tels que celui de juin 2025, où deux convertis ont été condamnés à 10 ans de prison (plus deux ans et des amendes) pour « propagande sioniste déviante  » et « trafic » de Bibles, considérées comme des livres interdits. Le même mois, deux Arméniens et trois convertis à l'islam ont été inculpés et condamnés par la suite à un total de plus de cinquante ans de prison. Étant donné que le mandat institutionnel du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est la défense idéologique de la République islamique, cette escalade démontre que le régime perçoit de plus en plus la foi chrétienne comme une menace existentielle. Les églises de maison, très répandues en Iran, sont officiellement considérées comme des cellules ennemies et les descentes qu'elles font sont caractérisées par une brutalité extrême.

    L'épisode du 6 février 2026 en est la preuve. Ce soir-là, au moins vingt officiers des Gardiens de la révolution en civil ont fait irruption dans un rassemblement privé d'environ quatre-vingts fidèles à Gatab, dans la province de Mazandaran. Ils ont confisqué des Bibles et des instruments de musique et procédé à des arrestations sommaires. Au cours de l'assaut, les militaires ont pris pour cible toute personne portant un crucifix, le lui arrachant du cou et blessant les personnes présentes.
    Le 3 juillet, Article18 a rapporté qu'une cour d'appel avait confirmé la condamnation. Cinq chrétiens iraniens ont été condamnés à un total de plus de 55 ans de prison. Leur crime ? Prier, baptiser, communier et célébrer Noël ou Pâques.

    Il y a quelques jours, les forces de sécurité ont occupé l'église évangélique historique  Saint-Pierre  de Téhéran, l'un des rares lieux de culte encore debout en Iran – un joyau architectural datant de 1876, également connue sous le nom d'église Qavam. L'expulsion de cette communauté, composée de chrétiens arméniens et assyriens légalement reconnus – dont le nombre a drastiquement diminué depuis l'avènement de la République islamique en 1979 – a été déclenchée par un décret d'un  tribunal révolutionnaire datant de 1998 , resté gelé pendant près de trente ans. Ce décret stipulait que l'ensemble du périmètre d'environ quatre hectares – abritant deux écoles et des dizaines de maisons – devait être confisqué et remis à EIKO (Exécution de l'Ordre de l'Imam Khomeini), un géant économique et un conglomérat financier iranien placé sous le contrôle direct du Guide suprême. L'EIKO a déjà signé les actes d'expropriation d'églises à Tabriz, Mashhad, Gorgan et Karaj.
    Aux mauvais traitements infligés aux détenus et à la violation systématique de l'article 500 s'ajoute désormais l'espionnage des  chrétiens , surveillés même au-delà des frontières nationales.

    Ce scénario perdure depuis près d'un demi-siècle. Depuis 47 ans, la population iranienne est prise en otage par une dictature islamique qui  réprime violemment  toute forme de dissidence.
    Dans ce climat de terreur, la conversion au christianisme demeure un crime grave. Les convertis subissent les plus fortes pressions : leurs communautés d'origine sont prises pour cibles, les croyants sont interrogés et contraints de dénoncer leurs proches sous peine de lourdes peines pour « atteinte à la sûreté nationale ». Ces méthodes sont employées comme dans tout régime communiste.
    Récemment, le Parlement a également adopté en urgence une nouvelle loi, vague et imprécise, sur l'espionnage qui étend le champ d'application de la peine de mort, offrant ainsi au gouvernement une arme redoutable pour éliminer les dissidents.

    Suite au conflit irano-israélien, la propagande d'État a commencé à diaboliser publiquement les convertis, les qualifiant d'espions et de collaborateurs. Comme l'observait le chercheur John Mac Ghlionn en avril dernier : « L'apostasie , l'abandon de l'islam, est un crime passible de la peine de mort. Les églises sont interdites, les convertis sont traqués et les Bibles sont considérées comme de la contrebande. »
    Bien que l'Iran ait reculé d'une place dans le classement de l'Instance de surveillance mondiale, la persécution à l'intérieur de ses frontières s'est  intensifiée .Les tensions militaires avec Israël ont poussé le régime à qualifier les convertis de cinquième colonne de « l'Occident ». Dès la levée du cessez-le-feu, les forces de sécurité ont arrêté au moins 54 chrétiens dans 21 villes différentes, les accusant formellement d'espionnage. L'Iran confirme ainsi sa position parmi les autocraties les plus féroces de la planète.

    Pour ceux qui survivent à ce système, l'avenir est un désert. Les conditions de détention sont  épouvantables  et les personnes libérées restent prises au piège d'un système invisible de harcèlement constant, de licenciements forcés, d'exclusion du système scolaire et universitaire, et risquent sans cesse de voir leur dossier rouvert sur la base de nouvelles accusations fabriquées de toutes pièces. Nombre d'entre elles sont contraintes de suivre des cours de rééducation islamique obligatoires pour se reconvertir à l'islam. À cela s'ajoutent les sanctions imposées par le pouvoir judiciaire : exil intérieur, flagellation, amendes, interdictions de voyager et privation de tous les droits.
    Dans les cas les plus sévères, les juges imposent des travaux d'intérêt général dégradants, comme creuser des tombes ou laver les corps avant les funérailles, en alternance avec des menaces psychologiques visant à contraindre les croyants à quitter le pays. C'est à cause de cette pression intolérable que, chaque année, des milliers de convertis au christianisme choisissent l'exil, fuyant l'Iran pour sauver leur vie et préserver leur foi.

  • Comment le monde interprète mal la violence au Nigeria

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    Comment le monde interprète mal la violence au Nigeria

    ORFA, 30 juin 2026 – Sept attaques par jour… et pourtant, les milices les plus meurtrières échappent à l’attention internationale, révèle une étude portant sur six années de données

    Les groupes terroristes déchirent le Nigeria, tandis que le monde extérieur interprète mal la situation, selon les data scientists à l’origine d’une étude historique.

    79 323 personnes ont été tuées au Nigeria entre 2020 et 2025, soit une moyenne de sept attaques par jour. Plus de 42 000 d’entre elles étaient des civils innocents.

    Les chercheurs de l’ORFA (Observatoire pour la liberté religieuse en Afrique) ont passé des années à recouper les schémas d’attaques — et les données recueillies remettent en cause des hypothèses de longue date.

    Boko Haram et la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP) — les groupes terroristes les plus souvent tenus pour responsables des violences — ont perpétré à eux deux 12 % des meurtres de civils : 8 % pour Boko Haram et 4 % pour l’ISWAP.

    D’autres acteurs ont fait un nombre de victimes bien plus élevé. Les milices classées dans la catégorie des « groupes terroristes peuls » ont tué 44 % de l’ensemble des civils — soit quatre fois plus que Boko Haram et l’ISWAP réunis.

    L’étude de l’ORFA recense jusqu’à 60 éléments de données pour chaque incident violent, en fonction des circonstances de l’événement.

    L’ORFA prend soin de faire la distinction entre les groupes terroristes armés peuls et le peuple peul dans son ensemble, dont la grande majorité n’est pas impliquée dans des actes de violence. « Les données rendent cela très difficile à ignorer », déclare Frans Vierhout, analyste de recherche senior à l’Observatoire pour la liberté religieuse en Afrique. « Nous examinons comment ces meurtres sont commis : qui sont leurs cibles, où ils opèrent, les fluctuations saisonnières du nombre de meurtres… et les preuves pointent clairement dans une seule direction. »

    « La violence liée aux milices peules est la principale cause du nombre de morts au Nigeria. L’attention que porte l’Occident à Boko Haram est, au mieux, trompeuse. Le Nigeria est en train de voir naître un réseau terroriste que le monde extérieur n’a pas encore reconnu. »

    Principales conclusions : le rapport complet est accessible ici

    79 323 personnes ont été tuées dans des actes de violence liés au terrorisme au cours de la période étudiée — soit une moyenne de 36 personnes par jour
     
    42 033 victimes étaient des civils ; les forces de sécurité et les groupes terroristes sont responsables de 37 290 décès
     
    Boko Haram n’est pas le groupe le plus meurtrier. Les groupes terroristes peuls ont tué 44 % des civils (18 577) ; Boko Haram et l’ISWAP ont tué à eux deux 12 % (4 941)
     
    Deux fois plus de chrétiens que de musulmans ont été tués : 28 551 chrétiens contre 13 224 musulmans. Lorsque l’on examine les pertes chrétiennes par rapport à la population des États concernés, on constate que les chrétiens ont été tués à un rythme 4,4 fois supérieur à celui des musulmans dans les États touchés – ce qui représente une perte proportionnelle énorme pour les populations locales

    75 % des civils tués lors d’attaques contre des communautés : raids contre des villages agricoles accompagnés d’enlèvements, de viols et de destructions de biens
     
    Enlèvements : 34 773 civils ont été enlevés. Les « groupes terroristes peuls » et les « groupes terroristes non identifiés » ont respectivement perpétré 43 % et 49 % des enlèvements
     
    « La captivité selon la confession » : les recherches de terrain menées par l’ORFA indiquent que les otages chrétiens et musulmans sont traités différemment. Les captifs musulmans font l’objet de rançons moins élevées et subissent moins de violences ; les chrétiens, quant à eux, doivent payer des rançons plus élevées et courent un risque plus important d’être exécutés.
     
    Les otages chrétiennes sont victimes de violences sexuelles extrêmes, de conversions forcées et de mariages forcés.
    Les auteurs de l’étude sur six ans de l’ORFA exhortent les gouvernements et les organismes internationaux à se pencher attentivement sur les données publiées aujourd’hui.

    L’étude détaillée, comprenant tous les chiffres, est accessible à l’adresse suivante : www.orfa.africa

  • Les martyrs chrétiens et nous

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    De  sur The Catholic Thing :

    Les martyrs chrétiens et nous

    30 juin 2025

    Aujourd'hui, nous célébrons la fête des Premiers Martyrs de Rome, ce groupe de premiers chrétiens, pour la plupart méconnu, persécutés et morts en 64 apr. J.-C. sous l'empereur Néron. Certains furent enveloppés dans des peaux de bêtes et déchiquetés par des chiens lors de spectacles publics, d'autres enduits de goudron et brûlés vifs comme des torches humaines. Ce fut le début d'une violence antichrétienne qui, malheureusement, a refait surface périodiquement au cours des 2 000 dernières années et qui perdure encore aujourd'hui.

    L’historien romain Tacite a déploré la mort des premiers martyrs – mais pas à cause de l’inhumanité et de l’injustice :

    Pour faire taire la rumeur [qu'il avait incendié Rome], [Néron] accusa faussement de culpabilité et punit par les tortures les plus atroces les personnes communément appelées chrétiens, qui étaient [généralement] haïes pour leurs énormités. Christus, le fondateur de ce nom, fut mis à mort comme criminel par Ponce Pilate, procurateur de Judée, sous le règne de Tibère. Mais la superstition pernicieuse [ prava superstitio ], un temps réprimée, éclata de nouveau, non seulement en Judée, d'où le mal était né, mais aussi dans la ville de Rome, où tout ce qui est horrible et honteux afflue de toutes parts, comme vers un réceptacle commun… une immense multitude fut condamnée, non pas tant pour avoir incendié la ville, que pour « haine du genre humain ».

    Et vous pensiez que c'est seulement depuis l'essor du « wokisme » que l'Église a été vilipendée pour « prêcher la haine » ? Ou que le christianisme a été accusé d'être une superstition dépravée ?

    Le martyre présente pourtant un paradoxe inattendu. Les premiers ennemis de la foi à Jérusalem pensaient sans doute que crucifier Jésus mettrait fin à sa vie et à tout ce qu'il entreprenait. Il s'avéra que sa mort – et sa résurrection – contribuèrent encore davantage à la diffusion de l'Évangile. Tacite remarquait que les persécutions et les martyrs suscitaient la sympathie du peuple, ce qui fit progresser la foi.

    Tertullien, théologien nord-africain du IIIe siècle, a fait cette remarque célèbre : le sang des martyrs était la semence de l'Église. Ce n'est pas le cas pour ceux qui subissent des persécutions, ni pour les rares d'entre nous qui prêtent attention à ces choses. Mais c'est vrai.

    Le Nigeria enregistre actuellement le plus grand nombre de victimes chrétiennes (5 000 par an) martyrisées par des musulmans. Il y a un peu plus d'une semaine , des musulmans ont forcé 200 chrétiens à entrer dans un bâtiment, qui a été incendié. La plupart ont péri dans les flammes, les autres ont été pris dans une embuscade alors qu'ils prenaient la fuite.

    Pourtant, l’Église du Nigeria est celle qui connaît la croissance la plus rapide de toute l’Afrique.

    Malheureusement, jeudi dernier, un événement similaire s'est produit dans deux villages chrétiens de Cisjordanie, en Israël. Des extrémistes juifs, souvent qualifiés à tort de simples « colons », ont attaqué Taybeh et Kafir Malik, incendiant des maisons et causant la mort de trois chrétiens arabes.

    Les Martyrs des Catacombes  de Jules Eugène Lenepveu, 1856 [Louvre, Paris]

    Ce n'est pas la seule fois que les chrétiens d'Israël se sont retrouvés attaqués. Une partie des Juifs ultra-orthodoxes israéliens a fait preuve de préjugés persistants à leur égard, crachant sur le clergé et intimidant les personnes – généralement chrétiennes – qui travaillent ou voyagent le samedi, jour du sabbat juif. Des tombes et des lieux saints chrétiens ont été profanés. En 2012, les portes d'un monastère trappiste ont été incendiées et les murs ont été tagués avec l'insulte « Jésus était un singe ».

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  • Syrie : les chrétiens victimes de harcèlement et d'intimidations

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    De Peter Fuchs sur le Tagespost :

    Au cœur du christianisme syrien

    Le régime syrien accuse les chrétiens de Sednaya d’avoir tué des combattants djihadistes pendant la guerre et de les avoir enterrés dans des fosses communes. Il utilise ce prétexte pour les harceler et les intimider.

    27 juin 2026

    Moins de trois mois se sont écoulés depuis que des groupes armés ont attaqué la ville chrétienne de Suqailabiyya en Syrie. Dans la nuit du 27 au 28 mars, ils ont pillé des commerces et des maisons, harcelé des femmes et menacé des civils de violences. Les forces de sécurité ne sont pas intervenues, mais ont pris part à ces émeutes s’apparentant à un pogrom. Des observateurs ont soupçonné qu’il s’agissait d’une action de représailles. Pendant la guerre en Syrie, les chrétiens s’étaient défendus avec succès contre les djihadistes d’Idlib. Leur chef de file, Ahmed al-Sharaa, est « président par intérim » depuis décembre 2024. L’Union syriaque européenne (ESU) a expressément qualifié ces groupes armés d’alliés d’al-Sharaa.

    Après l’attentat-suicide islamiste perpétré contre l’église grecque-orthodoxe Mar-Elias le 22 juin 2025, il s’agissait là d’un deuxième signe avant-coureur pour la communauté chrétienne, décimée ou chassée à l’étranger par des années de guerre. Les chrétiens souffrent également de discrimination, d’intimidation et d’exclusion. L’exemple le plus connu est l’incarcération du maire chrétien Suleiman Khalil, qui a résisté aux djihadistes pendant la guerre et qui, après le changement de pouvoir, a été emmené sans inculpation dans une prison militaire. Selon des interlocuteurs locaux, les chrétiens se voient désormais refuser des postes dans l’administration de la « nouvelle Syrie ».

    De la diversité religieuse à la République islamique

    Damas s’engage sur la voie de l’homogénéisation : loin du pluralisme et de la diversité religieuse, vers une République islamique. Le massacre des alaouites en mars 2025, les attaques contre les druzes durant l’été 2025 et l’incursion dans les territoires contrôlés par les Kurdes au début de l’année 2026 en témoignent.

    À Sednaya, un nouveau chapitre de la répression s'annonce. Cette petite ville chrétienne est située à 30 kilomètres au nord de Damas. Le Djebel Cherubim, avec ses églises, ses monastères et une statue monumentale du Christ, domine la ville de toute sa hauteur. Ces derniers jours, le régime syrien a bouclé Sednaya à l'aide de barrages routiers. Les voitures et les bus ont été soumis à des contrôles rigoureux. Ces tracasseries ont parfois duré quatre heures. Les contrôles s’accompagnaient d’insultes à l’encontre de la foi chrétienne. 

    Le 13 juin, quatre chrétiens – George Mansour, Rabee Moussa, Boutros al-Sheikh et Shihab Yacoub – ont été arrêtés sans motif apparent et emmenés à Damas dans un centre de la Sûreté d’État. Ils y sont toujours interrogés. Les observateurs estiment que ces quatre hommes sont soumis à de graves tortures. « Christian Solidarity International » (CSI) dispose d’informations selon lesquelles les forces de sécurité djihadistes recherchent actuellement plus de 90 habitants de Sednaya, à partir d’une liste de noms précise, en vue de les arrêter.

    Articles diffamatoires contre les chrétiens de Sednaya

    Ces événements font suite à la publication de plusieurs articles diffamatoires contre les chrétiens de Sednaya sur les réseaux sociaux. Deux personnes y sont présentées comme jouant un rôle clé : un blogueur, qui a relayé ces propos haineux sur les réseaux sociaux, ainsi qu’un ancien commandant du Front al-Nosra, autrefois responsable de la région du Qalamoun. Le blogueur a affirmé que les chrétiens de Sednaya auraient, en 2014, lors des combats autour du Djebel Cherubim, tué des combattants de l’État islamique et du Front al-Nosra avant de les enterrer dans des fosses communes. Le ministère de l’Intérieur s’est servi de ces rumeurs pour justifier ses propres mesures.

    Alors que les postes de contrôle autour de Sednaya ont entre-temps été supprimés, la route menant au sommet du mont Cherubim et au monastère de Deir Cherubim reste fermée. Les forces de sécurité d’al-Sharaa ont informé les riverains que des restes de munitions y avaient été découverts et qu’ils devaient être détruits de manière contrôlée. La population nourrit toutefois de sérieux doutes quant à cette version des faits. Certains soupçonnent que cette justification pourrait servir à dissimuler la destruction de sites paléochrétiens et du monastère situé au sommet de cette montagne chargée de symbolisme. 

    Avec son monastère grec orthodoxe, dont l'origine remonte à l'empereur byzantin Justinien (527-565) et qui abrite une icône miraculeuse de la Vierge Marie, ainsi que le mont des Chérubins, visible de loin, Sednaya est considérée comme le cœur du christianisme syrien. Contrairement au village chrétien voisin de Maaloula, Sednaya n’a jamais été prise par des terroristes djihadistes pendant la guerre de Syrie. Une milice chrétienne a défendu la ville avec succès.

    Agressions et actes de vengeance perpétrés par des groupes djihadistes

    Depuis la chute du régime d’Assad, la population de Sednaya est exposée aux agressions et aux actes de vengeance de groupes djihadistes. Ainsi, en février, un groupe de jeunes musulmans a retiré le drapeau syrien de la place principale de la ville et l’a remplacé par la bannière d’Al-Qaïda, tout en scandant « Allahu Akbar ». Les forces de sécurité du régime présentes sur place ont déclaré aux chrétiens de la ville que le drapeau des djihadistes ne devait pas être retiré. Un groupe de jeunes chrétiens a alors déclaré le 23 février : « Les cloches de Sednaya continueront de sonner pour la paix et l’amour et ne se laisseront pas intimider par des voix étrangères à l’esprit de ce pays. Nous restons ici, enracinés comme ses oliviers, nous préservons notre histoire et nous envisageons un avenir marqué par le respect mutuel et l’égalité sous le toit de notre patrie. »

    L’auteur est prêtre catholique et directeur général de CSI Allemagne.

  • 26 juin : les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, martyres de la Révolution.

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    Du blog du Mesnil Marie :

    2019-55. Le 26 juin, nous fêtons les Bienheureuses Filles de la Charité d’Arras, martyres de la révolution.

    Arras : le beffroi et la petite place

           A la veille de la révolution, la « maison de Charité » d’Arras est une ruche active : sept sœurs de Saint Vincent de Paul y assurent les soins aux malades, la visite des familles pauvres et éduquent les jeunes enfants. Leurs services sont très appréciés de la population.
    Comme dans tout le Royaume, à Arras, la révolution va rapidement révéler son véritable visage et les lois anticatholiques vont poser des cas de conscience aux religieuses. Le 9 avril 1792, la supérieure générale des Filles de la Charité, avait adressé aux sœurs un courrier dans lequel on pouvait lire, entre autres : « Je vous prie de ne pas abandonner le service des pauvres, si vous n’y êtes forcées… Pour pouvoir continuer le service des pauvres, prêtez-vous à tout ce que honnêtement on pourra exiger de vous dans les circonstances présentes, pourvu qu’il n’y ait rien contre la religion, l’Eglise et la conscience. »

       Après l’emprisonnement de la Famille Royale, lorsque la situation devient de plus en plus difficile, la supérieure de la petite communauté d’Arras laisse à ses sœurs le choix de rentrer dans leurs familles, si elles le souhaitent ; une seule d’entre elles le fait. Mais lorsque la Terreur va s’installer de manière plus violente dans la capitale de l’Artois, la supérieure va alors ordonner aux deux plus jeunes de la communauté de partir pour l’exil.
    A la fin de l’année 1793, quatre sœurs se trouvent donc à Arras et continuent leurs activités.
    Ce sont :

    Sœur Marie-Madeleine Fontaine, originaire d’Etrépagny (Vexin normand), entrée dans la Compagnie en 1748 à l’âge de 25 ans. Supérieure de la communauté, sa sagesse et sa compétence sont largement appréciées.
    Sœur Marie-Françoise Lanel, née en 1745 à Eu (Normandie), entré dans la Compagnie des Filles de la Charité à l’âge de 19 ans.
    -  Sœur Thérèse Fantou, née à Miniac-Morvan (Bretagne) en 1747, devenue Fille de la Charité à 24 ans.
    Sœur Jeanne Gérard, née à Cumières (Lorraine) en 1752, et entrée dans la Compagnie des Filles de la Charité en 1776.

    Portrait de Joseph Lebon, François Bonneville, 1796, Paris, BnF.

    Joseph Lebon, prêtre oratorien apostat

       Le prêtre apostat, Joseph Lebon, envoyé à Arras par le comité de salut public fait régner dans la ville un climat de violence et de peur. La maison de Charité devient « maison de l’Humanité » ; un directeur pointilleux y est installé, surveillant l’activité des sœurs ; les vexations s’intensifient ; les faux témoignages se multiplient. Les héroïques filles de Saint Vincent de Paul sont plusieurs fois sommées de prêter le serment dit de « liberté-égalité », mais elles le repoussent énergiquement comme contraire à leurs consciences.
    Le pape Benoît XV a loué leur attitude en ces termes : 

        »Elles refusèrent de prêter un serment pour des lois iniques, parce qu’elles voulurent garder immaculée leur foi, parce qu’elles n’écoutèrent que la voix de la conscience, qui les avertissait de ne pas s’écarter non seulement des commandements, mais des conseils du Chef suprême de l’Eglise. »

       Le 14 février 1794, les sœurs sont arrêtées et conduites à l’abbatiale Saint-Vaast, transformée en prison, puis à celle de la Providence. Près des prisonnières, désemparées devant l’incertitude de leur avenir, elles apportent écoute et compassion. Sept semaines après leur incarcération, le 4 avril, les sœurs subissent un premier interrogatoire devant deux membres du comité de surveillance, les citoyens Pater et Boizard, décidés à ne pas traîner. Le principal chef d’accusation sera qu’on a découvert dans leur maison des exemplaires de publications contre-révolutionnaires (sans doute mises là par le directeur qu’on leur avait imposé).

    Lire la suite

  • Des terroristes ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze dans le nord du Nigeria

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    De Christian Daily International :

    Des terroristes ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze dans le nord du Nigeria


    Des éleveurs peuls présumés ont tué neuf chrétiens et en ont blessé onze autres lors d'une attaque nocturne survenue le 16 juin dans l'État de Kaduna, au Nigeria, ont déclaré des habitants de la région.

    Les assaillants ont attaqué le village d'Angwa Magaji, dans le quartier de Kamaru, dans le comté de Kauru, dans la partie sud de l'État, a déclaré Barnabas Chawai.

    Le révérend Mark Bisan, prêtre de l'église catholique Sainte-Monique de la région, a déclaré que les victimes étaient des membres de sa paroisse et a décrit les assaillants comme des « bandits armés peuls présumés ».

    « Les bergers ont envahi la communauté à 22 heures, tuant neuf chrétiens et en blessant onze autres », a-t-il déclaré.

    D'après l'Instruction publique mondiale 2026 de Portes Ouvertes, le Nigéria a enregistré le plus grand nombre de chrétiens tués dans le monde entre le 1er octobre 2024 et le 30 septembre 2025. Sur les 4 849 chrétiens tués en raison de leur foi durant cette période, 3 490 (soit 72 %) étaient Nigérians, contre 3 100 l'année précédente. Le Nigéria figure au 7e rang de cette liste des 50 pays où il est le plus difficile d'être chrétien.

    Les Peuls, qui se comptent par millions au Nigeria et au Sahel, sont majoritairement musulmans et comprennent des centaines de clans de lignées très diverses qui ne partagent pas de points de vue extrémistes, mais certains Peuls adhèrent à une idéologie islamiste radicale, comme l'a noté le Groupe parlementaire multipartite du Royaume-Uni pour la liberté ou la croyance internationale (APPG) dans un  rapport de 2020 .

    « Ils adoptent une stratégie comparable à celle de Boko Haram et de l’ISWAP et manifestent une intention claire de cibler les chrétiens et les symboles forts de l’identité chrétienne », indique le rapport du Groupe parlementaire multipartite.

    Des responsables chrétiens du Nigeria ont déclaré croire que les attaques de bergers contre les communautés chrétiennes de la région centrale du pays sont motivées par leur désir de s'emparer par la force des terres chrétiennes et d'imposer l'islam, la désertification rendant difficile l'entretien de leurs troupeaux.

    Dans la zone centre-nord du pays, où les chrétiens sont plus nombreux que dans le nord-est et le nord-ouest, des milices extrémistes peules islamistes attaquent des communautés agricoles, faisant des centaines de victimes, principalement des chrétiens, selon le rapport. Des groupes djihadistes tels que Boko Haram et le groupe dissident État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), entre autres, sont également actifs dans les États du nord du pays, où le contrôle du gouvernement fédéral est limité et où les chrétiens et leurs communautés continuent d'être la cible de raids, de violences sexuelles et d'assassinats lors de barrages routiers, toujours selon le rapport. Les enlèvements contre rançon ont considérablement augmenté ces dernières années.

    Les violences se sont étendues aux États du sud, et un nouveau groupe terroriste djihadiste, Lakurawa, a émergé dans le nord-ouest, doté d'armements sophistiqués et prônant un programme islamiste radical, comme l'a indiqué WWL. Lakurawa est affilié à Jama'a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), une insurrection expansionniste d'Al-Qaïda originaire du Mali.

    Articles connexes

  • « Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    « Providentiel » : L’évêque Hansen à propos du nouveau sanctuaire d’Oslo dédié aux chrétiens persécutés

    Hansen a reçu une proposition pour établir le sanctuaire en 2025, quelques mois après avoir été consacré évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican.

    L'évêque Fredrik Hansen bénit l'icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège, le 20 juin 2026. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo.

    À première vue, ces deux événements, distants de milliers de kilomètres, pourraient sembler sans lien. Le père Youhanna Al-Amin a été assassiné le 19 juin, apparemment en représailles à sa dénonciation du vol de médicaments destinés à la population locale. Hansen a inauguré le sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, le 20 juin à l'église Saint-Jean, dans le quartier de Bredtvet à Oslo.

    Pourtant, au sein de la communion de l'Église, tout est lié. Le but de ce nouveau sanctuaire est d'offrir aux catholiques un lieu où prier ensemble pour les prêtres et les laïcs confrontés à des dangers semblables à ceux qu'a connus le père Youhanna.

    Hansen a reçu une proposition pour la création du sanctuaire en août 2025, sept mois après sa consécration comme évêque d'Oslo, à la suite d'une carrière diplomatique au Vatican. L'idée venait du père Benedict Kiely, prêtre anglais de l'Ordinariat personnel Notre-Dame de Walsingham, qui dirige Nasarean.org , une organisation caritative soutenant les chrétiens persécutés.

    Dans le cadre de sa mission, Kiely invite les évêques du monde entier à installer des sanctuaires abritant une icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés. Cette icône d' Éléuse porte une inscription en araméen, la langue parlée par Jésus, dans son coin supérieur gauche : « Marie, Mère des chrétiens persécutés ». Parmi les lieux où se trouvent ces sanctuaires, citons New York, Londres et Stockholm , ainsi qu'Astana au Kazakhstan et Qaraqosh en Irak.

    Ces sanctuaires attirent l'attention sur les quelque 338 millions de chrétiens persécutés dans le monde et encouragent la prière à leur sujet .

    La Norvège peut sembler un lieu surprenant pour un sanctuaire catholique dédié aux chrétiens persécutés. Pourtant, la communauté catholique norvégienne, en pleine expansion, rassemble des personnes originaires de plus de 180 pays , dont certaines ont vécu personnellement la persécution dans leur pays d'origine.

    Dans une interview par courriel à la veille de l'inauguration, l'évêque Hansen a évoqué sa propre prise de conscience de l'ampleur de la persécution antichrétienne, les raisons qui l'ont poussé à créer ce nouveau sanctuaire et ses espoirs pour son avenir.


    Pour une expérience optimale, ouvrez la carte dans une nouvelle fenêtre .


    Quand avez-vous pris conscience pour la première fois de l'ampleur de la persécution des chrétiens dans le monde ?

    Il y a dix ans, j'étais en poste comme diplomate pontifical à Vienne, en Autriche, au sein de la mission du Saint-Siège auprès de plusieurs organisations internationales. Dans l'une de ces organisations, le volet relatif aux droits de l'homme comprenait le travail sur l'intolérance et la discrimination à l'encontre des chrétiens dans l'hémisphère nord.

    Aux Nations Unies et ailleurs, les atrocités horribles commises par Daech, y compris contre des chrétiens, étaient de plus en plus mises en lumière. Il était facile de conclure que la colère et la haine dirigées contre les disciples de Jésus-Christ étaient une réalité mondiale.

    Pourquoi avez-vous accepté l'invitation à fonder un sanctuaire dédié à Marie, Mère des chrétiens persécutés, dans le diocèse d'Oslo ,

    Je crois qu'il est nécessaire de porter une attention beaucoup plus grande à la situation difficile des chrétiens persécutés et à notre obligation commune de prier pour eux et de les soutenir.

    Je considère comme providentiel que, juste au moment où je commençais mon ministère épiscopal et que je me penchais sur les priorités de notre diocèse, l'offre de l'icône et l'idée d'un sanctuaire m'aient été présentées.

    Icône de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l'église Saint-Jean d'Oslo, en Norvège. Crédit : Marta Wade/Diocèse d'Oslo.

    Pourquoi avoir choisi l' église Saint-Jean de Bredtvet, à Oslo, comme emplacement du nouveau sanctuaire ?

    Pour deux raisons : premièrement, il s’agit de la plus grande église catholique de la ville d’Oslo et elle assurera donc l’importance du sanctuaire.

    Deuxièmement, un nombre important de fidèles de la paroisse sont originaires de pays où le souvenir de l'intolérance ou de la persécution est fort, comme la Pologne, la Lituanie et le Vietnam, ou de pays où les chrétiens subissent aujourd'hui des violences et des persécutions, notamment le Nigéria, le Myanmar et l'Inde.

    Pourquoi pensez-vous que, outre le soutien matériel et le plaidoyer, la prière pour les chrétiens persécutés est importante ?

    Notre Seigneur a dit : « Demandez, et l’on vous donnera » ( Matthieu 7,7 ). Présenter à Dieu nos frères et sœurs souffrants et implorer son aide est donc une expression de notre foi et un acte concret de solidarité. Cela nous rappelle aussi la nécessité d’en faire davantage, notamment par un soutien matériel et un plaidoyer public.

    L’évêque Hansen inaugure le sanctuaire de Marie, Mère des chrétiens persécutés, à l’église Saint-Jean. Crédit : Marta Wade/Diocèse d’Oslo.

    Avez-vous déjà rencontré des chrétiens persécutés ? Si oui, qu’est-ce qui vous a marqué chez eux ?

    Lors de mes visites dans nos paroisses, j'ai rencontré de nombreuses personnes touchées par la persécution, que ce soit personnellement, par l'intermédiaire de leurs familles ou de leurs communautés. Mes prêtres font part d'expériences similaires.

    Ce qui me frappe, c'est la joie et l'espoir qu'ils semblent tous partager. Malgré l'horreur qu'ils ont vue ou qui les a touchés de si près, ces deux caractéristiques chrétiennes si fondamentales – la joie et l'espérance – sont prédominantes. Quel témoignage ils nous donnent !

    Quel rôle espérez-vous que le sanctuaire jouera au sein du diocèse d'Oslo ?

    J'espère que ce sanctuaire renforcera l'action collective de notre Église locale en faveur des chrétiens qui souffrent pour leur foi.

    À l'occasion de son inauguration ce week-end, nous avons organisé des conférences et des présentations, ainsi que des réunions de planification – notamment avec nos partenaires – afin de définir les actions futures. Tout cela sera soutenu par les prières au sanctuaire – pour les années à venir.

  • L'AED invite pour la 'Semaine Rouge' : priez pour les chrétiens persécutés (15-22 novembre 2026)

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    Aide à l'Église en Détresse Belgique/Luxembourg

                      Basilique Sacré-Coeur de Montmartre, Paris

    « Si un seul membre souffre,
    tous les membres partagent sa souffrance ;
    si un membre est à l’honneur,
    tous partagent sa joie. »

    (1 Kor. 12,26) 

    Cher prêtre, diacre, agent pastoral,
    Chers amis de l'Aide à l'Église en Détresse,

    Chaque année en novembre, à travers une campagne internationale intitulée « Semaine Rouge », Aide à l'Église en Détresse attire l'attention sur les millions de chrétiens dans le monde qui sont persécutés, opprimés ou menacés en raison de leur foi. Des centaines d'églises, cathédrales, monastères, monuments et bâtiments publics du monde entier sont illuminés d'une lumière rouge sang, couleur symbole du martyre.

    Cette année, la Semaine Rouge se déroulera du dimanche 15 au dimanche 22 novembre 2026.

    L'année dernière, beaucoup d'églises en Belgique ont participé à cette campagne mondiale, et aussi le Parlement européen. Nous espérons que davantage d'églises de tous les diocèses se joindront à nous cette année, afin de susciter davantage de sensibilisation, de solidarité et de prière.

    Vous aussi, vous pouvez soutenir cette campagne de deux manières :

    1. Illuminez votre église en rouge pendant la Semaine Rouge

    Sur notre site web www.redweek.be, vous trouverez des informations sur la manière d'illuminer votre église en rouge. Sur la même page, vous pouvez nous demander (gratuitement) des filtres rouges spéciaux, une affiche et des feuillets et des cartes de prière pour les chrétiens persécutés.

    2. Organisez une soirée de projection et/ou une veillée de prière pendant la Semaine Rouge

    Il est possible de projeter sur grand écran un documentaire avec des témoignages de chrétiens persécutés au Nigeria, en Irak, au Pakistan et au Sri Lanka. Le film dure 30 minutes et est disponible sur demande via notre site web.

    Sur notre site web, vous trouverez plusieurs livrets de veillées de prière des années précédentes pour vous inspirer pour votre veillée de prière.

    Vous y trouverez également des informations générales sur les chrétiens persécutés, comme le Rapport sur la liberté religieuse dans le monde ou le Rapport « Persécutés et oubliés ».

    Si vous participez, veuillez vous inscrire via le formulaire sur notre site web. Nous pourrons ensuite faire connaître en octobre votre église et/ou votre temps de prière sur une carte numérique de la Belgique et du Luxembourg.

    Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter.

    Découvrez la campagne de la 'Semaine Rouge' et participez

  • Vingt nouveaux bienheureux dans l’Église, martyrs de la foi en 1936 en Espagne

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    D'Edoardo Giribaldi sur Vatican News :

    Vingt nouveaux bienheureux dans l’Église, martyrs de la foi en 1936 en Espagne

    Le Pape a autorisé la promulgation des décrets du dicastère pour les Causes des Saints relatifs au martyre de 20 prêtres des îles espagnoles d'Ibiza et de Formentera. De plus, grâce à la reconnaissance de leurs vertus héroïques, le prêtre Júlio Emílio Alberto De Lombaerde, et les religieuses Mère Clara Andreu y Malferit, Sœur Maria Petra Giordano, Mère Maria Teresa Tallon et Sœur Maria Agnese Tribbioli deviennent vénérables.

    Lors de l'audience accordée jeudi 18 juin au préfet et cardinal Marcello Semeraro, le Pape Léon XIV a autorisé le dicastère des Causes des Saints à promulguer les décrets relatifs à la reconnaissance du martyre de Juan Torres Torres et de 19 de ses compagnons, prêtres diocésains des îles d’Ibiza et de Formentera, tués en haine de la foi en Espagne pendant la guerre civile des années 1930. Ils seront béatifiés. De plus, ont été déclarés vénérables en raison de la reconnaissance de leurs vertus héroïques, Mère Clara Andreu y Malferit, religieuse ayant vécu sur l’île de Majorque au tournant des XVIe et XVIIe siècles; Júlio Emílio Alberto De Lombaerde, prêtre et fondateur de plusieurs congrégations; Sœur Maria Petra Giordano, religieuse dominicaine au monastère de Santa Maria del Sasso à Bibbiena en Toscane; Mère Maria Teresa Tallon, fondatrice de la Congrégation des Visiteuses paroissiales de Marie Immaculée; et Mère Maria Agnese Tribbioli, fondatrice de la Congrégation des Pieuses Ouvrières de Saint-Joseph.

    Juan Torres Torres et 19 compagnons tués pour leur foi

    Au moment de leur martyre, survenu entre août et septembre 1936, ces prêtres représentaient environ la moitié du clergé local, qui traversait alors une période très difficile en raison des restrictions croissantes imposées à la liberté de culte à Ibiza. Ces circonstances avaient poussé le diocèse à suspendre les processions pour des raisons de sécurité. Malgré cette attitude prudente, les tensions sociales débouchèrent sur des actes d’hostilité ouverte, tels que la profanation de la paroisse de San Carlos en 1934 et les incendies criminels qui s’ensuivirent. La persécution visait à éradiquer totalement l’identité catholique des îles, allant jusqu’à supprimer le préfixe «San» (Saint en français) des noms des villages. Juan Torres Torres, chef de file de la cause et le plus jeune du groupe, était un jeune homme humble et généreux. La mémoire de son martyre et de celui de ses 19 compagnons est restée vivante toutes ces années au sein de l’Église locale.

    Mère Clara et l’expérience mystique

    C’est sur une autre île espagnole, Majorque, que vécut et mourut Mère Clara Andreu y Malferit. Née le 4 décembre 1596, elle fut conduite à l’âge de sept ans au monastère de Saint-Barthélemy à Inca, dans l’arrière-pays de l’île. Barbara Onofria, tel était son prénom, revêtit l’habit religieux à l’âge de douze ans et prononça ses vœux le 17 février 1613, peu après avoir fêté ses seize ans. Elle se consacra à l’accueil des hôtes et à l’infirmerie du monastère, développant une vie spirituelle profonde et vivant des expériences mystiques extraordinaires qui l’accompagneront tout au long de sa vie.

    À cet égard, l’évêque de Majorque chargea un religieux carmélite de mener une enquête qui donna lieu à plusieurs mesures. La religieuse prit au sérieux les consignes reçues et s’y conforma. Le 16 juin 1628, elle fit savoir à son confesseur que sa maladie serait rapide et demanda à se confesser, comme si c’était la dernière fois. Une semaine plus tard, elle entra en agonie et reçut l’extrême-onction. Elle vécut de manière exemplaire la vertu d’obéissance, notamment lorsqu’elle fut soumise à des enquêtes en raison de ses expériences mystiques: elle accepta tout avec une profonde humilité, se soumettant aux décisions de l’autorité ecclésiastique. Sa réputation de sainteté fait encore aujourd’hui du monastère de Saint-Barthélemy un lieu de pèlerinage.

    Sœur Maria Petra et la formation des novices

    Originaire de Naples et ayant grandi dans une famille profondément dévouée à Notre-Dame de Pompéi et aux écrits de saint Bartolo Longo, Sœur Maria Petra Giordano est née dans la ville parthénopéenne le 4 juillet 1912. Après le déménagement de sa famille à Rome, en raison des divergences de son père avec le régime politique, la religieuse a fréquenté l’église de Santa Maria sopra Minerva, où elle comprit sa vocation à la vie religieuse et demanda à entrer au monastère dominicain de Santa Maria del Sasso, près de Bibbiena, en Toscane. Là, après avoir obtenu une dérogation du Saint-Siège en raison de son jeune âge, elle fut nommée maîtresse des novices, puis devint également prieure de la communauté. Sa mort ayant eu lieu le 21 juin 2006, la cause peut s’appuyer sur de nombreux témoignages de visu. La religieuse a vécu toute sa vie en s’inspirant de l’Évangile.

    Mère Marie-Thérèse et le réconfort apporté aux migrants et aux malades

    Le pape Léon XIV déclare vénérable la fondatrice religieuse américaine Mary Teresa Tallon

    Mère Marie-Thérèse Tallon, fondatrice de la Congrégation des Visiteuses paroissiales de Marie Immaculée, était originaire du hameau de Hanover, près d’Utica, dans l’État de New York. Née le 6 mai 1867, fille d’immigrés irlandais, elle confia très jeune à sa mère son désir d'appartenir entièrement à Dieu. Malgré certaines réticences de la part de sa propre famille, elle fut accueillie au sein de la Congrégation des Sœurs de la Sainte-Croix et de Notre-Dame, dans l’État de l’Indiana. À San Francisco, où elle avait été affectée, une épidémie de diphtérie éclata, et la religieuse fut contaminée en s’occupant des malades. Même pendant son hospitalisation, elle continua à rendre visite aux autres patients et à les réconforter. Une fois guérie, elle reprit l’enseignement à la paroisse Saint-Paul à Manhattan. C’est précisément là que, en 1908, mûrit en elle l’appel à fonder une nouvelle communauté religieuse de femmes «contemplatives dans la rue»: les Visiteuses paroissiales de Marie Immaculée. En 1951, à l’âge de 84 ans, elle accepta avec obéissance de quitter la direction de la congrégation. Le 10 février 1954,une grave chute lui causa des infirmités qui l’emportèrent le 10 mars suivant. Toute l’existence de cette religieuse fut centrée sur Dieu et sur la mission d’instruire les enfants et les adultes les plus délaissés.

    La mission de Júlio Emílio Alberto De Lombaerde

    Originaire du village de Beveren-Leie, en Belgique, Júlio Emílio Alberto De Lombaerde était un prêtre ordonné de la Congrégation des Missionnaires de la Sainte Famille. Il est né le 7 janvier 1878. Il est le fondateur de la Congrégation des Filles du Cœur Immaculé de Marie, de la Congrégation des Missionnaires de Notre-Dame du Saint-Sacrement et de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Sacrement. Vers l’âge de dix-sept ans, en écoutant l’homélie d’un évêque africain, il mûrit le désir de devenir missionnaire, qu’il concrétisa en entrant comme postulant dans la Société des Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique. Il partit alors pour Maison-Carrée, près d’Alger, puis revint en Belgique en 1910, où ses supérieurs lui confièrent la mission de fonder et de diriger l’École apostolique de Wakken. En septembre 1912, il s’embarqua pour le Brésil, où il s’installa pour se consacrer au ministère pastoral, à l’enseignement et à la catéchèse dans les régions les plus reculées de l’Amazonie. Le 19 août 1941, il reçut la nationalité brésilienne et, lors de la cérémonie, en présence des autorités civiles, il évoqua l’amour qu’il portait à ce pays. Le 24 décembre 1944, alors qu’il se rendait à Vargem Grande, il fut victime d’un grave accident de la route qui lui coûta la vie.

    Mère Maria Agnese et la charité en pleine guerre

    Enfin, l’histoire de Mère Maria Agnese Tribbioli, née à Florence le 20 avril 1879 sans être reconnue par son père biologique. En raison des difficultés économiques de sa famille, elle fut envoyée au Patrocinio di San Giuseppe, où sa vocation mûrit jusqu’à ce qu’elle prononce ses vœux religieux. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale et d’autres difficultés ont convaincu la religieuse de quitter l’œuvre et de fonder la Congrégation des Pieuses Ouvrières de Saint-Joseph, qui a été accueillie dans le diocèse d’Imola. De nombreuses initiatives caritatives ont été menées au cours de la Seconde Guerre mondiale, parmi lesquelles l’accueil d’un groupe de Juifs et l’affrontement qui s’ensuivit avec les soldats allemands. C’est pour cet engagement qu’elle sera reconnue, après sa mort, comme «Juste parmi les Nations». En 1958, elle commença à souffrir de problèmes cardiaques, qui l’emportèrent six ans plus tard, le 27 février 1965, à l’âge de 85 ans. La religieuse a vécu sa foi en la traduisant en de nombreuses œuvres de charité, s’inspirant notamment du style pauvre et simple de saint François d’Assise.

  • Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

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    De sur The European Conservative :

    Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

    Face à l'accélération des mutations démographiques et à la montée de l'hostilité anti-chrétienne, tant de la part de l'islam radical que de la gauche laïque, la foi qui est l'âme de l'Europe fait face à un avenir incertain et sombre.
    (...) La forte augmentation des crimes de haine antichrétiens, scrupuleusement recensée par l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination à l’égard des chrétiens en Europe (OIDAC Europe), est restée largement sous silence. Rien qu’en mai, OIDAC Europe a signalé 37 crimes de haine visant « les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux, les espaces religieux, les institutions chrétiennes et les personnes chrétiennes », notamment :
    • 13 attaques liées à des incendies criminels (le chiffre le plus élevé en 2026 à ce jour)
    • 10 cas de vandalisme
    • 3 cas de « profanation » délibérée
    • 3 cas de violence physique
    • 3 vols d'objets religieux
    • 3 cas de « vandalisme et de violence »
    • 1 cas d'incitation
    • 1 cas de perturbation du culte

    Certains de ces incidents sont profondément inquiétants. Une religieuse polonaise a été agressée physiquement et verbalement à un arrêt de bus ; la croix qu’elle portait autour du cou lui a été arrachée. Les vitres de l’église du Saint-Esprit à Hanau, en Allemagne, ont été brisées par des tirs de billes d’acier alors que des centaines de fidèles se trouvaient à l’intérieur. Deux étudiants catholiques autrichiens ont été agressés et grièvement blessés à Innsbruck par des individus se réclamant de l’extrême gauche. 

    OIDAC Europe a également constaté qu'un café chrétien de Leipzig avait dû fermer ses portes après que ses gérants eurent signalé 26 agressions en deux ans et demi, incluant des actes de vandalisme répétés, des graffitis, des dégâts à l'acide butyrique et d'autres formes de harcèlement. Ces agressions ont été perpétrées par des individus liés à l'extrême gauche. En Grèce, le clocher d'une église historique a été endommagé par un assaillant armé d'un fusil de chasse. Plusieurs églises en Pologne ont également été vandalisées, certaines arborant des symboles sataniques (une autre tendance inquiétante).

    L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre d'incidents haineux antichrétiens en mai, avec 10 cas ; l'Italie et la France en ont comptabilisé 8 ; la Pologne, 3 ; l'Irlande, l'Autriche, le Portugal, l'Espagne, la Grèce, le Royaume-Uni et la Bosnie-Herzégovine, un cas chacun. « Les chiffres présentés dans ce rapport ne reflètent que les cas documentés et connus d'OIDAC Europe et ne peuvent donc pas rendre compte de l'ampleur réelle de l'hostilité antichrétienne en Europe », précise le rapport . « Néanmoins, les incidents recensés en mai 2026 témoignent d'une tendance persistante d'attaques visant les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux et les organisations chrétiennes dans de nombreux pays européens. » Cinq autres actes de vandalisme et d'incendie criminel contre des églises ont été signalés depuis la publication du rapport.

    Les chrétiens d'Europe sont de plus en plus pris en étau entre les islamistes venus d'ailleurs et les extrémistes de gauche locaux. En Finlande, Päivi Räsänen a été poursuivie pendant sept ans pour avoir cité et défendu publiquement la Bible par des militants LGBT antichrétiens et leurs alliés judiciaires. Le 6 juin, en France, une prière catholique a été perturbée par deux individus criant « Allahu Akbar ! » et « Allez vous faire foutre, les chrétiens ! ». Gauche et islamistes haïssent le christianisme pour des raisons totalement différentes, mais pour des raisons qui semblent autant spirituelles que pratiques, ils font souvent cause commune. Le mouvement « Queers for Palestine », par exemple, est très actif en Europe.

    Ces attaques ne constituent pas encore une persécution à grande échelle, mais elles pourraient en être le présage. Les émeutes de Belfast et d'ailleurs ont soulevé une question essentielle : à quoi ressemblera l'Europe si les populations autochtones deviennent minoritaires sur leurs propres terres ? Une autre question mérite d'être posée : quel sera le sort des chrétiens d'Europe, de plus en plus méprisés ? De nombreux pays – la République tchèque, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France – ont déjà perdu leur majorité chrétienne. D'autres suivront bientôt. Nous ne pouvons l'affirmer avec certitude, mais une chose est sûre : le christianisme est l'âme de l'Europe, et un continent sans âme est un lieu sombre.

     
    Jonathan Van Maren est un rédacteur pour europeanconservative.com basé au Canada. Il a écrit pour First Things , National Review , The American Conservative , et son dernier livre est Prairie Lion : The Life & Times of Ted Byfield .