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Persécutions antichrétiennes

  • Transition en Syrie: l’ECLJ organise une conférence à Bruxelles pour exiger des garanties constitutionnelles pour les chrétiens

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    Du site de l'ECLJ :

    Transition en Syrie: l’ECLJ organise une conférence à Bruxelles pour exiger des garanties constitutionnelles pour les chrétiens

    2 Septembre 2026

    Face à l’exclusion des communautés chrétiennes par les nouvelles autorités de Damas, l’ECLJ (European Centre for Law & Justice) coorganise une conférence de haut niveau au Parlement européen à Bruxelles le 8 septembre 2026. L’objectif: imposer la liberté religieuse et une gouvernance inclusive au cœur des négociations internationales sur la transition syrienne.

    Décideurs politiques européens, chefs religieux et représentants des communautés chrétiennes se réuniront au Parlement européen à Bruxelles le 8 septembre 2026 pour évoquer l’avenir des chrétiens en Syrie. Les chrétiens demandent des garanties concrètes en matière de liberté religieuse et une vraie représentation politique, alors que la Syrie connait une normalisation diplomatique rapide depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024 et la prise de pouvoir de l’ancien terroriste islamiste Ahmed al-Charaa.

    Accueilli par l’eurodéputé Bert-Jan Ruissen (ECR, Pays-Bas), coprésident de l’Intergroupe sur la liberté de religion, de conviction et de conscience, cet événement est coorganisé par le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l’Union syriaque européenne (ESU), Syriac Cross Belgium, la Fondation Sallux ECPP ainsi que Jubilee Campaign Netherlands, et coordonné par Ruth Daskalopoulou.

    La conférence s’ouvrira par les allocutions de deux personnalités majeures de la diplomatie internationale: S.Ex. Mairead McGuinness, Envoyée spéciale de l’Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction auprès de la Commission européenne, et l’honorable Nadine Maenza, coprésidente de la table ronde sur la liberté religieuse internationale (IRF) à Washington, D.C., et ancienne présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF).

    Nous aborderons ensuite deux piliers essentiels à la survie des communautés chrétiennes:

    Panel 1 : Liberté religieuse, modéré par Thibault van den Bossche, ECLJ:

    • Mgr Georges Assadourian, évêque arménien catholique de Damas,
    • Mgr Georges Masri, archevêque métropolitain grec-melkite d’Alep,
    • Père Vasilios Khamis, Église orthodoxe d’Antioche,
    • Johannes de Jong, Sallux.

    Panel 2 : Représentation politique, modéré par Metin Rhawi, ESU:

    • Sanharib Barsom, Parti de l’Union Syriaque,
    • Waddah Al Khoury, Conseil National Levantin,
    • Ninous Icho, Parti Démocratique Assyrien,
    • Sarah Aphram, Syriac Cross Belgium.

    La conférence intervient à un tournant historique. Le 24 août 2026, les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, sur laquelle le pays figurait depuis 1979. Ils ont également retiré Hayat Tahrir al-Cham (HTC) – l’ancien Front al-Nosra, groupe islamiste qu’a dirigé Ahmed al-Charaa – de leur liste des principaux groupements et individus « terroristes » (« Specially Designated Global Terrorist, SDGT »). En juillet 2026, le président français Emmanuel Macron puis le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’étaient succédé en Syrie.

    De plus, le 25 août 2026, Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, a annoncé la dissolution officielle de son alliance militaire afin d’intégrer des dizaines de milliers de combattants au sein de l’armée centrale à Damas.

    Cependant, cette transition suscite de graves inquiétudes concernant les droits de l’homme et le risque d’une « justice des vainqueurs ». Si l’ouverture des premiers procès post-Assad — incluant la condamnation à mort par contumace de Bachar al-Assad et la condamnation à perpétuité de l’ex-grand mufti Ahmed Hassoun — suscite de l’espoir, elle révèle également un vide juridique critique. Les experts de l’ONU mettent en garde contre l’absence d’un cadre moderne de justice transitionnelle et la persistance de profondes violences communautaires.

    Pour les chrétiens de Syrie, les menaces existentielles s’intensifient de manière critique. Reflet de cette détérioration rapide, la Syrie s’est hissée à la 6e place de l’Index mondial de persécution des chrétiens 2026 de l’organisation Portes Ouvertes. La communauté reste profondément traumatisée par l’attentat-suicide de juin 2025 contre l’église grecque-orthodoxe Mar Elias à Damas, qui a coûté la vie à 25 fidèles. Les persécutions généralisées et l’émigration forcée ont réduit la population chrétienne, qui est passée de près de 1,5 million de personnes en 2011 à un nombre estimé aujourd’hui entre 300 000 et 500 000.

    La normalisation diplomatique initiée par l’UE et les puissances occidentales progresse beaucoup plus vite que la stabilisation réelle sur le terrain. Le nouveau pouvoir législatif, largement contrôlé par Ahmed al-Charaa, exclut totalement les organisations kurdes et assyriennes. Les pouvoirs clés restent ainsi concentrés au sein d’une nouvelle élite dirigeante issue de l’«idlibisation», une dérive que l’ECLJ avait dénoncée dans sa contribution du 16 juillet 2026 aux Nations unies pour l’Examen périodique universel de la Syrie.

    Nous pressons les institutions de l’UE et les États membres de traduire leurs engagements en actions politiques. Ils doivent placer la liberté de religion ainsi qu’une représentation politique réelle des différentes communautés religieuses et ethniques au cœur de la transition syrienne, conditionnant leurs relations futures à deux critères immédiats:

    • Droits fondamentaux, égalité citoyenne et protection: Les chrétiens et les autres communautés religieuses autochtones doivent bénéficier d’une pleine liberté de culte, d’une égale protection devant la loi et du droit à la propriété. Il est impératif qu’ils puissent préserver leur patrimoine matériel, sécuriser leurs biens et reconstruire leurs structures locales en toute sécurité, à l’abri de toute discrimination, représailles islamistes ou pressions confessionnelles.
    • Participation politique significative et gouvernance inclusive: Ces communautés sous-représentées doivent disposer d’un rôle direct, démocratique et non compromis dans la refonte de l’avenir du pays. Cela implique une voix souveraine dans la rédaction de la future constitution permanente de la Syrie, le façonnement de ses nouvelles institutions politiques et la gestion de l’administration locale décentralisée, en fondant cette gouvernance sur le principe d’une citoyenneté égale plutôt que sur des quotas confessionnels.

    S’appuyant sur la résolution du Parlement européen du 10 juillet 2025, l’ECLJ souligne que la survie et le maintien des communautés chrétiennes historiques sur leurs terres d’origine seront le baromètre du pluralisme et de la démocratie dans la nouvelle Syrie.

    Informations pratiques:

    • Titre : « L’avenir des chrétiens en Syrie : liberté religieuse, représentation politique et avenir commun »
    • Date et heure : Mardi 8 septembre 2026 | 10h00 – 12h00
    • Lieu : Salle SPAAK 1A2, Parlement européen, Bruxelles
    • Inscription
  • La passion de soixante-quinze bienheureux martyrisés à Paris en 1792

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBx André-Abel Alricy et 71 comp.

    martyrs († 1792)

    Fête : le 3 Septembre

    Martyrologe Romain : À Paris, en 1792, la passion de soixante-quinze bienheureux martyrs.

    Prêtres : André-Abel Alricy, de Crémieu, au diocèse de Grenoble, attaché à la prison Saint-Médard, à Paris - René-Marie Andrieux, de Rennes, ancien jésuite, supérieur de la Communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris - Pierre-Paul Balzac, de Paris, vicaire à Villejuif, retiré dans la communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet - Jean-François Benoît, dit Vourlat, de Lyon, ancien jésuite, aumônier des Dames de l’Adoration perpétuelle, à Paris - Jean-Charles-Marie Bernard du Cornillet, de Châteaubriant, au diocèse de Nantes, chanoine régulier de Saint-Victor à Paris et bibliothécaire de l’abbaye - Michel-André-Sylvestre Binard, de Laulne, au diocèse de Coutances, professeur au Collège de Navarre, à Paris - Nicolas Bize, de Versailles, directeur du séminiaire Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris - Claude Bochot, de Troyes, supérieur de la Maison Saint-Charles des Pères de la Doctrine chrétienne, à Paris - Jean-François Bonnel de Pradal, d’Ax-les-Thermes, au diocèse de Pamiers, chanoine régulier de Sainte-Geneviève, à Paris - Pierre Bonze, de Paris, curé de Massy - Pierre Briquet, de Vervins, au diocèse de Laon, professeur au Collège de Navarre, à Paris - Pierre Brisse, de Brombos, au diocèse de Beauvais, curé de Boran-sur-Oise, dans le même diocèse - Charles Carnus, de Salles-la-Source, au diocèse de Rodez, professeur au collège de Rodez - Jean-Charles Caron, d’Auchel, au diocèse de Boulogne, prêtre de la Mission, curé de Collégien, au diocèse de Meaux - Bertrand-Antoine de Caupène, de Jégan, au diocèse d’Auch, vicaire à Montmagny - Nicolas Colin, de Grenant, au diocèse de Langres, prêtre de la Mission, curé de Genevrières, au même diocèse - Jacques Dufour, de Troisgots, au diocèse de Coutances, vicaire à Maison-Alfort, au diocèse de Paris - Denis-Claude Duval, de Paris, vicaire à Saint-Étienne du Mont - Jean-Pierre Duval, de Paris, capucin (frère Côme), aumônier de l’hôpital de la Pitié, à Paris - Joseph Falcoz, de Saint-Sorlin d’Arves, au diocèse de Maurienne, chapelain de l’hôpital de la Pitié - Gilbert-Jean Fautrel, de Marcilly, au diocèse de Coutances, aumônier de la Maison des Enfants-trouvés, à Paris - Eustache Félix, de Troyes, procureur de la Maison des Pères de la Doctrine chrétienne à Paris et conseiller provincial - Pierre-Philibert Fougères, de Paris, curé de Saint-Laurent de Nevers, député à l’Assemblée nationale - Louis-Joseph François, de Busigny, au diocèse de Cambrai, prêtre de la Mission, supérieur du séminaire Saint-Firmin - Pierre-Jean Garrigues, de Sauveterre, au diocèse de Rodez, attaché au diocèse de Paris - Nicolas Gaudreau, de Paris, curé de Vert-le-Petit - Étienne-Michel Gillet, de Paris, directeur au séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet - Georges-Jérôme Giroust, de Bussy-Saint-Georges, au diocèse de Meaux, vicaire à Gennevilliers, au diocèse de Paris - Joseph-Marie Gros, de Lyon, curé de Saint-Nicolas du Chardonnet, député aux États généraux - Jean-Henri Gruyer, de Dole, au diocèse de Saint-Claude, prêtre de la Mission, vicaire à Saint-Louis de Versailles - Pierre-Marie Guérin du Rocher, de Sainte-Honorine-la-Guillaume, au diocèse de Séez, ancien jésuite, supérieur de la Maison des Nouveaux Convertis, à Paris - François-Robert Guérin du Rocher, frère cadet du précédent, né au Repas, au diocèse de Séez, ancien jésuite, aumônier de l’hospice des Capucins, à Paris - Yves-André Guillon de Kerenrun, de Lézardrieux, au diocèse de Tréguier, proviseur de la Maison de Navarre et vice-chancelier de l’Université de Paris - Julien-François Hédouin, de Coutances, chapelain de la Communauté de la Compassion, à Paris - Pierre-François Hénoque, de Tronchoy, au diocèse d’Amiens, professeur au Collège du Cardinal Lemoine, à Paris - Éloi Herque, dit du Roule, de Lyon, ancien jésuite, aummônier de l’hôpital de la Pitié, à Paris - Pierre-Louis Joret, de Rollot, au diocèse de Beauvais, résidant à Paris - Jean-Jacques de La Lande, de La Forêt-Auvray, au diocèse d’Évreux, curé de Saint-Martin d’Illiers-l’Évêque, au même diocèse, député aux États généraux - Gilles-Louis Lanchon, des Pieux, au diocèse de Coutances, directeur spirituel des religieuses de Port-Royal, à Paris - Louis-Jean Lanier, de Château-Gontier, au diocèse d’Angers, préfet du séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris - Jean-Joseph de Lavèze-Belay, de Gluiras, au diocèse de Viviers, confesseur des malades à l’Hôtel-Dieu de Paris - Michel Leber, de Paris, curé de La Madeleine - Jean-Baptiste Legrand, de Versailles, professeur au Collège de Lisieux, à Paris - Jean-Pierre Le Laisant, de Valognes, au diocèse de Coutances, vicaire à Dugny, au diocèse de Paris - Julien Le Laisant, frère aîné du précédent, de Valognes, vicaire à Videcosville, au diocèse de Coutances - Jean Lemaître, de Beaumais, au diocèse de Bayeux, ordonné prêtre le 17 juin précédent - Jean-Thomas Leroy, d’Épernay, au diocèse de Châlons, grand prieur de l’abbaye de chanoines réguliers de Saint-Jean des Vignes et curé-prieur de La Ferté-Gaucher, au diocèse de Soissons - Martin-François Loublier, d’O, près de Mortrée, au diocèse de Séez, curé de Condé-sur-Sarthe, au même diocèse - Claude-Louis Marmotant de Savigny, de Paris, curé de Compans-la-Ville, au diocèse de Meaux - Claude-Sylvain Mayneaud de Bizefranc, de Digoin, au diocèse d’Autun, prêtre de la Communauté de Saint-Étienne du Mont, à Paris - Henri-Jean Milet, de Paris, vicaire à Saint-Hippolyte - François-Joseph Monnier, de Paris, vicaire à Saint-Séverin - Marie-François Mouffle, de Paris, vicaire à Saint-Merry - Jean-Louis Oviefre, de Paris, directeur de la petite Communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet - Jean-Michel Phelippot, de Paris, chapelain du Collège de Navarre, à Paris - Claude Pons, du Puy-en-Velay, chanoine régulier de Sainte-Geneviève de Paris - Pierre-Claude Pottier, du Hâvre, au diocèse de Rouen, eudiste, supérieur du Séminaire Saint-Vivien de Rouen - Jacques-Léonor Rabé, de Sainte-Mère-Église, au diocèse de Coutances, chapelain de l’hospice des Enfants-Assistés, à Paris - Pierre-Robert Régnet, de Cherbourg, au diocèse de Coutances, résidant à Paris - Yves-Jean-Pierre Rey de Kervizic, de Plounez, au diocèse de Saint-Brieuc, vicaire à Saint-Jacques du Haut-Pas, à Paris - Nicolas-Charles Roussel, confesseur des Hermites à Grosbois, au diocèse de Paris - Pierre Saint-James, de Caen, au diocèse de Bayeux, recteur de l’Hôpital général, à Paris - Jacques-Louis Schmid, de Paris, curé de Saint-Jean l’Évangéliste, à Paris - Jean-Antoine Seconds, de Rodez, ancien jésuite, chapelain de l’Hôpital de la Pitié, à Paris - Pierre-Jacques de Turménies, de Gournay-en-Bray, au diocèse de Rouen, grand-maître du Collège de Navarre, à Paris - René-Joseph Urvoy, de Plouisy, au diocèse de Tréguier, maître de conférences au séminaire des Trente-Trois, à Paris - Nicolas-Marie Verron, de Quimperlé, au diocèse de Cornouaille, ancien jésuite, directeur des religieuses de Sainte-Aure, à Paris.
    Diacre : Pierre-Florent Leclercq ou Clerq, de Hautvillers, au diocèse d’Amiens, élève au séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris.

    Laïcs : Sébastien Desbrielles, de Bourges, maître d’hôtel à l’Hôpital de la Pitié, à Paris - Louis-François Rigot, d’Amiens, sous-sacristain à l’Hôpital de la Pitié, à Paris - Jean-Antoine de Villette, de Cateau-Cambrésis, au diocèse de Cambrai, ancien officier, retiré au séminaire Saint-Firmin.

    Martyrs de Paris et prêtres pour la plupart, le lendemain du massacre perpétré au couvent des Carmes, sous la Révolution française, ils furent à leur tour mis à mort sans jugement, quelques-uns à la prison de la Force, tous les autres au séminaire Saint-Firmin transformé en prison.

  • 2 septembre 1792 : les martyrs du couvent des Carmes à Paris

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    De Solveig Parent sur 1000 raisons de croire :

    Massacres de septembre 1792 à la Prison des Carmes (couvent) le 2 septembre.  Un épisode sanglant de la Révolution française

    Les martyrs du couvent des Carmes

    « J’appartiens à l’Église catholique, apostolique et romaine. » À ce titre, exécution immédiate. Le 2 septembre 1792, lors des massacres de septembre, plus d’une centaine de prêtres et de religieux réfractaires enfermés au couvent des Carmes, à Paris, sont massacrés pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Sommés un à un de se soumettre, tous persistent dans leur fidélité à l’Église du Christ. Ils sont tués à l’arme blanche dans le cloître et le jardin. Leur attitude impressionne jusqu’à certains témoins révolutionnaires. L’Église a reconnu comme martyres 191 victimes des massacres de septembre et les a béatifiées en 1926.

    Les raisons d'y croire

    Nous connaissons en détail l’histoire du martyre des Carmes et des massacres de septembre 1792 grâce aux témoignages de quelques rescapés – notamment l’abbé de Lapize de la Pannonie et l’abbé Saurin – qui ont pu survivre aux tueries, et dont les récits ont été soigneusement recueillis. À cela s’ajoutent des lettres, des journaux de l’époque et des procès-verbaux qui ont permis, parmi les nombreuses victimes, d’identifier 191 martyrs morts en haine de la foi, et de retracer leur parcours, leurs paroles et leurs gestes.

    Les massacres de septembre 1792 ne sont pas le résultat d’une rébellion politique, mais d’un témoignage de foi. C’est par fidélité à l’Église du Christ que les ecclésiastiques ont refusé de prêter le serment constitutionnel. Ils choisissent l’obéissance à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Ac 5,29-32 ). « Je ne puis, sans trahir mon Dieu, reconnaître une autorité qui veut me faire renier mon vœu et désobéir à l’Église », explique l’un d’eux, Salomon Leclercq.

    Pour les 191 personnes assassinées, il y a quelque chose – la foi chrétienne – et quelqu’un – Jésus – qui mérite qu’on donne sa vie. Si chacun d’eux a voulu tout donner pour le Christ, c’est qu’il y a en lui une vérité si profonde qu’elle dépasse tout le reste. En refusant le compromis, ils montrent que la vérité de l’Évangile ne dépend pas des régimes politiques ou des modes de pensée.

    Les martyrs des Carmes ont suivi le Christ jusque dans sa Passion : comme Jésus, ils ont été condamnés injustement et, devant la menace de mort, ils ont offert leur vie. Les témoignages décrivent une scène saisissante : à l’extérieur, une foule vociférante, et, à l’intérieur, la paix priante d’hommes prêts à mourir pour leur foi. Dans la chapelle, au pied du crucifix, ils chantent les psaumes. Cette attitude extraordinaire, marquée par la douceur, la prière et le pardon, renvoie à l’attitude du Christ en Croix.

    Le commissaire révolutionnaire Maillard, frappé par leur calme, confia : « Je m’y perds ; je n’y connais plus rien ; vos prêtres allaient à la mort avec la même joie que s’ils fussent allés à des noces ! » Le lien de ces hommes avec le Christ est existentiel, c’est lui qu’ils prennent pour modèle et cela leur donne une force, un courage et une joie surnaturels.

    On retrouve dans des lettres écrites par ces martyrs avant leur mort une espérance profonde dans la Résurrection. Cela renvoie directement à la parole du Christ : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » ( Lc 9,24 ).

    Parmi les martyrs qui seront béatifiés figure Salomon Leclercq. En 2007, un miracle lui est attribué : une fillette vénézuélienne, Maria Alejandra Hernandez, mordue par un serpent venimeux, guérit de façon inexpliquée après que des religieuses ont prié par l’intercession de Salomon. Ce miracle est reconnu officiellement en 2011 et Salomon Leclerc est canonisé par le pape François le 16 octobre 2016.

  • 2 septembre : les martyrs de septembre 1792

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    1906026849.jpg"Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtres séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

    Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution, et le jardin. " Je n’ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ai vu massacrés " écrira l’abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

    Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. 86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’Église de Paris."

    http://viechretienne.catholique.org/saints/3806-bienheureux-martyrs-de-septembre

  • Accord controversé Vatican-Chine : comment le Saint-Siège croit apaiser un régime communiste

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    De sur The European Conservative :

    Accord controversé Vatican-Chine : comment le Saint-Siège croit apaiser un régime communiste

    En maintenant l'accord avec le PCC, le Vatican soutient de fait sa distorsion des pratiques religieuses et se rend dangereusement complice de l'escalade des violations des droits de l'homme dans le pays.

    26 août 2026

    Lord David Alton de Liverpool, membre éminent de la Chambre des Lords au Royaume-Uni, a récemment condamné l'accord provisoire de 2018 entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine (RPC) comme un « pacte avec le diable », soulignant sa complicité dans des « violations flagrantes » de la liberté religieuse et la trahison qui en résulte de l'Église clandestine dans le pays.

    « Dans le cas du régime communiste chinois, c’est un pacte avec le diable – un régime qui a commis un génocide contre les musulmans ouïghours et persécute les bouddhistes tibétains, les pratiquants de Falun Gong et les chrétiens chinois », a déclaré Alton . 

    L'accord provisoire entre le Saint-Siège et le Parti communiste chinois (PCC), dont les détails restent confidentiels, concerne une possible intégration avec l'Association patriotique catholique chinoise (APCC), organisation reconnue par l'État. L'APCC a été fondée en 1957 sur ordre de Mao Zedong et est gérée par le Département du travail du Front uni du PCC , dans le but d'aligner le catholicisme sur l'idéologie communiste. Début 1958, Pékin avait illégalement nommé ses premiers évêques sans consulter le Saint-Siège. En juin de la même année, le pape Pie XII publia son encyclique Ad Apostolorum Principis, dans laquelle il dénonçait l'Église « parallèle » de Chine et refusait de reconnaître toute consécration épiscopale effectuée par l'APCC sans l'approbation préalable du Vatican. D'après les informations disponibles, il ressort également que cet accord renforce l'autorité suprême du PCC en matière de nomination des évêques et de création ou de dissolution de diocèses en Chine ; le pape ne fait qu'entériner les décisions du Parti.

    Les catholiques restés fidèles à Rome furent contraints à la clandestinité. Une figure marquante de cette époque fut le cardinal Ignatius Kung Pin-Mei, évêque catholique romain de Shanghai et administrateur apostolique de Suzhou et Nankin . Aujourd'hui encore, ces catholiques forment une Église clandestine, que le Vatican ne reconnaît plus en raison de l'accord provisoire. De nombreux prêtres, religieuses et laïcs continuent de subir l'emprisonnement, la torture et, dans certains cas, même l'exécution, pour avoir refusé de se conformer à l'Église institutionnelle du PCC. 

    Quelles que soient les intentions du Vatican en œuvrant à l'unification des catholiques au sein de l'Accord de paix du Congrès général (APCG), il était évident, au moment de la signature de l'accord, que la Chine, sous la direction du secrétaire général Xi Jinping, agissait de manière extrêmement répressive, notamment en matière de liberté religieuse. Les autorités chinoises répriment systématiquement les droits à la liberté d'expression, d'association, de réunion et de religion, et ciblent les opposants au gouvernement. Le renforcement du contrôle idéologique exercé par le PCC s'accompagne d'une assimilation forcée sévère des Tibétains et des Ouïghours, ainsi que de l'application d'un cadre sécuritaire national rigoureux à Hong Kong. L'impunité règne pour les crimes contre l'humanité commis au Xinjiang, où plusieurs centaines de milliers d'Ouïghours continuent d'être injustement détenus, selon un rapport de Human Rights Watch de 2026. En substance, Xi Jinping vise à siniser tous ses sujets, ce qui revient ni plus ni moins à une subjugation complète – ou plutôt à un endoctrinement – ​​des membres des groupes religieux susmentionnés afin de les aligner sur le programme politique du PCC et sa vision marxiste de la religion.

    Ce n'est pas la première fois que le Vatican cherche à conclure un accord avec un pays communiste. Cela s'est produit pendant la Guerre froide, notamment sous les pontificats de Jean XXIII (1958-1963) et de Paul VI (1963-1978). Dans le cadre de ce qu'on a appelé l'Ostpolitik, Rome a mené une diplomatie avec les régimes communistes tout en fermant les yeux sur les persécutions religieuses internes subies par les catholiques et les autres chrétiens. Parmi ses mesures d'apaisement, le Saint-Siège a consenti à cesser toute dénonciation publique de l'idéologie communiste athée et a laissé chaque gouvernement gérer ses affaires ecclésiastiques. 

    Parallèlement à la violation des accords par les communistes, l'Ostpolitik a permis l'infiltration du Vatican par des services de renseignement communistes, tels que le KGB soviétique, la Stasi est-allemande, la StB tchécoslovaque, la SB polonaise et l'ÁVH hongroise. Les voix dissidentes, comme celle du cardinal József Mindszenty, archevêque-prince d'Esztergom et primat-régent de Hongrie, ont été réprimées ; Mindszenty a été arrêté et torturé sous l'accusation d'« activité subversive ».  

    Le communisme est intrinsèquement mauvais. Outre la promotion d'une idéologie athée, les gouvernements communistes sont responsables de certains des événements les plus meurtriers de l'histoire moderne ; on estime qu'environ 100 millions de personnes ont perdu la vie sous leur autorité au cours du XXe siècle. De plus, l'héritage de cette idéologie se caractérise par la stagnation économique, la répression systématique des libertés fondamentales, des catastrophes environnementales et l'hypocrisie d'une élite dirigeante qui contredit ses propres principes d'une société sans classes. Par ailleurs, un « accord de paix » avec l'Église de Rome a peu de chances de modifier le cadre politique oppressif du PCC.

    Les initiatives entreprises par le gouvernement chinois pour « siniser » les religions vont bien au-delà du simple renforcement de la réglementation ; elles impliquent une reconfiguration des différentes confessions. Cela est particulièrement flagrant dans le catholicisme, qui possède une théologie structurée et systématique promouvant les valeurs occidentales, notamment les droits naturels inaliénables, et, plus inquiétant encore pour les autorités chinoises, contrairement aux autres religions, un chef suprême qui est également chef d’État : le pape. Nombre de fidèles chinois, refusant de se soumettre à la loi chinoise sur la protection de la vie privée (CCPA), continuent d’être détenus. 

    De plus, dans sa volonté de siniser la population chrétienne, le PCC a pris la mesure extrême de produire des éditions de la Bible pour les établissements d'enseignement publics qui modifient les récits des Évangiles, notamment l'épisode où Jésus pardonne à la femme adultère, tel que décrit dans l' Évangile de Jean. Dans cette version sinisée, Jésus la lapide en disant :  « Moi aussi, je suis pécheur. Mais si la loi ne pouvait être appliquée que par des hommes sans tache, la loi serait morte. » 

    Comme Lord Alton l'avait exprimé il y a peu, on aurait pu supposer que la libération des évêques et prêtres catholiques emprisonnés aurait dû être une condition préalable à l'approbation du Vatican quant à la prolongation de cet accord contestable. De plus, le Saint-Siège aurait dû exiger la levée de l'emprisonnement injuste de Jimmy Lai, militant pro-démocratie hongkongais, catholique loyal et profondément dévoué – condamné en février à vingt ans de prison. Le tribunal de Hong Kong a également infligé de lourdes peines à six anciens employés de son journal, désormais fermé, établissant ainsi une nouvelle norme en matière de restrictions à la liberté de la presse dans la ville.

    En maintenant son accord avec le PCC, le Vatican soutient de fait sa perversion des pratiques religieuses et se rend dangereusement complice de l'escalade des violations des droits humains en Chine. Les autorités romaines ont néanmoins la possibilité de se retirer de cet accord. À tout le moins, le Vatican devrait le rendre public, garantir la protection de la liberté religieuse et exhorter Pékin à abandonner les charges retenues contre Jimmy Lai et les autres détenus. Si la communauté catholique en Chine, face à l'Église clandestine, a pu continuer à défendre la justice et les droits humains malgré des décennies d'oppression, Rome peut sans aucun doute faire preuve de la force morale nécessaire pour la soutenir.

    Le père Mario Alexis Portella est prêtre de la cathédrale Santa Maria del Fiore et chancelier émérite de l'archidiocèse de Florence, en Italie. Docteur en droit canonique et en droit civil de l'Université pontificale du Latran à Rome, il est l'auteur de l'ouvrage *Islam : Religion de paix ? La violation des droits naturels et la dissimulation occidentale*  (Westbow Press, 2018).
  • Le bienheureux Findysz, premier martyr du communisme en Pologne

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    De Vatican News :

    Le bienheureux Findysz.Le bienheureux Findysz.  (©findysz.org)
    Le bienheureux Findysz, premier martyr du communisme en Pologne
    S’adressant aux Polonais rassemblés lors de l’audience générale, le Pape Léon XIV a évoqué le père Władysław Findysz, premier martyr béatifié de la persécution communiste en Pologne. Nous vous proposons de découvrir l’histoire de ce prêtre qui «nous rappelle qu’une civilisation de l’amour se construit en pardonnant et en surmontant le mal par le bien».

    Dorota Abdelmoula-Viet – Cité du Vatican

    L’histoire du bienheureux père Findysz révèle l’ampleur de l’hostilité des autorités communistes envers l’Église catholique. Accusé à tort d’avoir contraint des personnes à pratiquer leur religion, il a été condamné à deux ans et demi de prison. Pendant son incarcération, le père Findysz a subi des violences physiques et psychologiques, tandis que les autorités l’ont empêché de subir une opération prévue pour un cancer de l’œsophage. Libéré dans un état d’épuisement extrême, il est décédé quelques mois plus tard, considéré comme un homme de sainteté.

    Une vocation forgée par une enfance difficile

    Le père Findysz est né en 1907 à Krościenko Niżne, près de Krosno, dans le sud de la Pologne, alors sous domination autrichienne. Son enfance a été marquée par la pauvreté qui régnait dans la région et par une tragédie personnelle, puisqu’il a perdu sa mère alors qu’il n’avait pas encore cinq ans.

    Quelques années plus tard, après les ravages de la Première Guerre mondiale et 123 ans de partition, la Pologne a retrouvé sa place sur la carte de l’Europe en tant qu’État souverain. Le père Findysz a grandi dans l’ombre de l’expérience de la guerre, dont les conséquences ont également touché sa région natale. En 1927, après avoir terminé ses études secondaires, il décida de se consacrer à la prêtrise et entra au Grand Séminaire de Przemyśl. C’est là que commença un parcours au cours duquel il allait vivre héroïquement les paroles de saint Paul selon lesquelles rien «ne peut nous séparer de l’amour de Dieu».

    Un prêtre au milieu des blessures et des ruines de la guerre

    Après son ordination sacerdotale et son ministère dans plusieurs paroisses — notamment à Borysław et à Drohobych, sur le territoire de l’actuelle Ukraine, puisqu’une partie de l’ancien diocèse de Przemyśl se trouve aujourd’hui au-delà de la frontière orientale de la Pologne —, il fut affecté à Nowy Żmigród. Il n’aurait alors jamais pu imaginer que l’église paroissiale des Saints Pierre et Paul, où il exerçait la fonction de curé, deviendrait un jour un sanctuaire qui lui serait dédié.

    Ses paroissiens portaient en eux les blessures encore fraîches et profondes de la Seconde Guerre mondiale. Les autorités allemandes ont déplacé de force tous les habitants de la ville, y compris le père Findysz, et la ville de Nowy Żmigród a été presque entièrement détruite. De retour le 23 janvier 1945, le prêtre s’est consacré à la reconstruction de la vie paroissiale et à l’aide aux habitants touchés par la guerre. Il allait bientôt devoir faire face à une nouvelle menace: la répression exercée par les autorités communistes et leur campagne systématique d’athéisation.

     

    «Il était né pour devenir prêtre»

    «En ces temps très difficiles, alors que ce pays était sous occupation», se souvient l’un de ses amis, Mieczysław Brożyna, «il essayait de nous donner de l’espérance, en nous disant que tout cela passerait et qu’un jour viendrait où les gens verraient la vie différemment. Il savait faire preuve d’empathie envers les autres et les réconforter. Il aidait les pauvres et les malades.»

    Le père Findysz a risqué sa vie pour venir en aide à des personnes persécutées ou en danger de mort, quelle que soit leur nationalité ou leur religion, y compris des Juifs qu’il a aidés à s’enfuir en Hongrie. «Il voulait conduire toute la paroisse vers Dieu. Il se sentait responsable de chaque personne et de chaque famille. Il aidait lui-même les gens et demandait aux autres d’aider ceux qui en avaient besoin. Je pense qu’il était né pour devenir prêtre.»

    Un apôtre de l’unité entre les peuples

    Le père Findysz avait compris que les difficiles années d’après-guerre risquaient d’aggraver les divisions au sein d’une nation qui avait tant souffert de la guerre et de l’occupation. Outre l’aide concrète qu’il apportait à ses paroissiens, il devint un défenseur de l’unité nationale et un prédicateur d’une espérance inébranlable dans tous les aspects de la vie. Il agissait ainsi en opposition aux politiques de l’État communiste d’après-guerre, qui cherchait à écarter Dieu de la vie publique et soumettait l’Église catholique et ses prêtres à la répression.

    Il était très apprécié des jeunes et respecté par ses paroissiens. Il devint rapidement une épine dans le pied des autorités communistes. Dès 1946, il fut placé sous surveillance par l’Office de sécurité (une police politique secrète utilisée par le régime pour écraser l’opposition et contrôler la population). En 1952, les autorités scolaires l’ont suspendu de ses fonctions d’enseignant de catéchisme au collège local. Par la suite, les autorités lui ont refusé à deux reprises l’autorisation de séjourner dans la zone frontalière, l’empêchant ainsi d’exercer son ministère pastoral dans une partie de la paroisse. Pourtant, la période où il a subi les persécutions les plus sévères a coïncidé avec les travaux du Concile Vatican II.

    L’«Action de bonté du Concile»

    Lorsque le Pape Jean XXIII, pendant le Concile, a appelé les fidèles à apporter un soutien spirituel par la prière et les «œuvres de bonté», le cardinal Stefan Wyszyński a répondu en lançant en Pologne une initiative connue sous le nom d’«Acte de bonté du Concile». Celle-ci encourageait les familles et les communautés polonaises à accomplir des actes concrets de charité et de prière afin de soutenir les efforts du Concile visant à renouveler la vie morale de l’Église.

    «L’esprit de pardon, de réconciliation et d’harmonie, le pardon des torts subis, qu’ils soient réels ou imaginaires, une main fraternelle tendue en signe d’amitié, un sourire et un regard bienveillant envers chacun — voilà la forme d’aide la meilleure et la plus efficace pour l’unité des chrétiens», écrivaient alors les évêques. Les «Actes de bonté du Concile» devinrent un élément important du programme pastoral polonais lié au Concile et constituèrent un phénomène d’une ampleur rarement observée dans l’Église universelle.

    Le père Findysz s’est également joint à cette initiative, encourageant ses paroissiens à y prendre part. Après avoir subi une opération de la thyroïde et connu des problèmes de voix, il a écrit plus d’une centaine de lettres à ses paroissiens, en signe personnel et discret de sollicitude à leur égard. Dans ces lettres, il les encourageait, entre autres, à cultiver leur vie sacramentelle, à se libérer de leurs dépendances et à rechercher la réconciliation et la fin des conflits au sein des familles et entre voisins.

    À ceux qui vivaient dans des relations qui n’étaient pas des mariages sacramentaux, il rappelait la nécessité de se réconcilier avec Dieu et de régulariser leur situation au sein de l’Église, en leur proposant de les aider à contracter un mariage sacramentel. Certains destinataires se sont sentis offensés par ces appels et ont porté plainte auprès des autorités communistes. Ces plaintes ont ensuite servi de base pour accuser le père Findysz de contraindre des citoyens à se livrer à des pratiques et rites religieux, ce qui a conduit à l’ouverture d’une procédure à son encontre et à un procès-spectacle.

    Emprisonné pour sa foi

    En 1963, il fut arrêté et incarcéré à la prison du château de Rzeszów. Les humiliations et les violences physiques et psychologiques qu’il subit en prison témoignaient clairement de la haine que lui portaient les autorités. Il fut notamment accusé d’avoir violé la Constitution et la conscience des gens, ainsi que d’avoir contraint des personnes à professer la foi catholique. À l’issue d’un procès-spectacle, il fut condamné à deux ans et demi de prison.

    Il a purgé les deux premiers mois de sa peine à Rzeszów. Le 25 janvier 1964, il fut transféré à la prison centrale de la rue Montelupich à Cracovie. Bien qu’il ait été confirmé à l’époque qu’il souffrait d’un cancer et qu’il avait besoin d’un traitement d’urgence, les autorités pénitentiaires et judiciaires lui refusèrent des soins médicaux appropriés et l’empêchèrent de subir une opération prévue de longue date pour un cancer de l’œsophage, malgré les interventions des autorités diocésaines et de son avocat.

    En conséquence, sa santé s'est rapidement détériorée, aggravée par les violences physiques et psychologiques qu'il subissait. Le 29 février 1964, il a été libéré sous condition, dans un état d'épuisement extrême. Il est retourné à Nowy Żmigród et y est décédé le 21 août 1964, considéré comme un homme saint. Il a été béatifié à Varsovie le 19 juin 2005.

  • Les colons israéliens créent un climat de peur parmi les chrétiens de Cisjordanie

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    De Crux Now :

    Les colons israéliens créent un « climat de peur » parmi les chrétiens de Cisjordanie

    11 août 2026

    Le curé de la dernière paroisse entièrement chrétienne de Palestine a déclaré que les colons israéliens créent un « climat de peur » dans le but de chasser les habitants de leurs terres.

    Dans un entretien accordé à Vatican News, le père Bashar Fawadleh de Taybeh a expliqué l'immense pression que subissaient les populations locales de la part des colons, notamment l'intimidation, les saisies de propriétés et les efforts pour étendre les colonies.

    Le 5 août, des colons ont fait irruption dans la maison d'une des familles de la paroisse de Fawadleh, ce qui, selon lui, n'était « pas un incident isolé ».

    Dimanche, l'armée israélienne a fermé Taybeh aux non-résidents, une restriction qui, selon un porte-parole militaire, ne s'applique qu'aux Israéliens et a été mise en place en raison de « plusieurs attaques violentes perpétrées par des Israéliens dans la région ».

    « Malheureusement, ce à quoi nous assistons actuellement est profondément alarmant », a-t-il déclaré, soulignant que la maison en question « venait d’être préparée pour accueillir ses occupants ».

    « Pendant plusieurs jours », a-t-il déclaré, « deux colons ont pénétré par effraction sur la propriété à plusieurs reprises. Ils ont occupé les terres et ont amené un troupeau de moutons juste devant la maison. »

    « Les colons ont également coupé la clôture », a-t-il déclaré.

    « Il s’agit d’une stratégie de harcèlement délibérée visant à instaurer un climat de peur et à contraindre les familles palestiniennes à quitter leurs terres. Nous remercions Dieu que la famille soit saine et sauve », a-t-il ajouté.

    « Imaginez préparer une maison pour votre famille, pour ensuite découvrir que des étrangers s'y sont introduits illégalement et l'occupent à leur guise. C'est la réalité que nous vivons ici à Taybeh. En fait, au moment même où je vous parle, ces mêmes personnes sont revenues installer des tentes sur la propriété. C'est une situation incroyablement difficile à supporter », a-t-il également déclaré à Vatican News.

    « De nombreuses familles à l’ouest, à l’est et au sud de Taybeh souffrent des violences des colons. Comme à leur habitude, ils incendient des terrains vagues. Dernièrement, ils ont mis le feu à une colline au sud-est du village. Les colons israéliens viennent pour nuire et occuper les terres », a déclaré Fawadleh.

    « Ces derniers mois, la situation s’est considérablement détériorée. Presque quotidiennement, nous subissons des incursions, des attaques contre des propriétés privées, la destruction de terres agricoles, des fermetures de routes, des restrictions de déplacement et une pression incessante sur la population », a-t-il ajouté.

    Dans le Nouveau Testament, Taybeh est appelée Ephraïm, une ville où Jésus et ses disciples ont séjourné après la résurrection de Lazare.

    « C’est un symbole vital et fondamental pour tous, surtout à l’approche du Jubilé de 2033, qui marquera le bicentenaire de la venue de Jésus-Christ sur terre. Taybeh est en première ligne pour préserver le christianisme ici, en Terre sainte », a déclaré Fawadleh.

    « Jésus a choisi de se réfugier à Taybeh avant sa passion, sa mort et sa résurrection. Nous devons demeurer un témoignage vivant du christianisme et de sa présence constante en Terre sainte. Le monde doit se tenir aux côtés de Taybeh », a-t-il ajouté.

    Fawadleh a également appelé la communauté internationale à aider les Palestiniens qui souffrent dans ces conditions, et a également demandé des prières.

    « Nous nous sentons oubliés et complètement seuls. Des recours juridiques existent, mais ils sont malheureusement très limités et rarement efficaces. C’est pourquoi la présence et la pression internationales sont vitales en ce moment. Nous avons besoin d’une protection concrète pour les civils et d’une véritable volonté politique pour mettre fin à ces violences », a-t-il déclaré.

    « N’oubliez pas Taybeh. J’invite tous les diocèses catholiques du monde entier à s’exprimer sur la situation ici, à parler de ces frères et sœurs chrétiens qui vivent dans la terreur. Le berceau de la communauté chrétienne ne doit pas sombrer dans le silence », a-t-il ajouté.

  • Bientôt sur les autels, ce garçon qui mourut en criant « Vive le Christ Roi »

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    De Federico Catani sur la NBQ :

    Bientôt sur les autels, le garçon qui mourut en criant « Vive le Christ Roi »

    Quatre-vingt-dix ans se sont écoulés depuis le sacrifice chrétien d'Antonio Molle Lazo, un carliste de 21 ans tué par des miliciens rouges espagnols le 10 août 1936. Son procès en béatification est en cours.

    10/08/2026

    C'était le 10 août 1936, jour de la fête du martyr saint Laurent. Des miliciens rouges le capturèrent alors qu'il défendait un couvent à Peñaflor, près de Séville. Ils le rouèrent de coups et tentèrent à plusieurs reprises de le forcer à crier : « Mort à la religion ! » et « Vive la Russie ! » Mais il ne répondit que : « Vive le Christ Roi ! » et « Vive l'Espagne ! »

    Antonio Molle Lazo avait 21 ans et, au début de la guerre civile, s'était engagé volontairement dans les troupes carlistes pour défendre Dieu et sa patrie contre le communisme. Lorsque les Rouges lui annoncèrent qu'ils le tueraient et boiraient son sang, Antonio répondit : « Vous me tuerez, mais le Christ triomphera. » Comme il refusait de blasphémer et de renier sa foi, ils lui coupèrent les oreilles, lui crevèrent les yeux et lui tranchèrent une partie du nez. Un des bourreaux lui épingla même une oreille sur la poitrine comme trophée. Malgré ses souffrances atroces, le jeune homme ne céda pas et continua de proclamer : « Vive le Christ Roi ! »

    Le médecin du village et le chef de gare, tous deux catholiques, furent témoins de la scène à distance et furent stupéfaits par l'endurance physique du garçon. Au milieu de ces tourments, la force qui soutenait le martyr ne pouvait être simplement humaine. Elle avait quelque chose de surnaturel.

    Comprenant que sa fin était proche, Antonio étendit les bras au maximum, formant une croix, et disposa ses jambes à l'image du crucifix. On lui tira dessus dans cette position, et il s'écroula à terre, les bras étendus et la jambe droite croisée sur la gauche, criant une dernière fois de toutes ses forces : « Vive le Christ Roi ! »

    Pourtant, ce n'était pas fini. Le voyant agoniser au milieu de la rue, certains voulurent l'achever, mais d'autres, parmi les assassins, ordonnèrent de le laisser en paix, afin qu'il continue à souffrir. Et nombre de ses tortionnaires, animés d'une haine satanique, revinrent le frapper et le poignarder, jusqu'à ce qu'Antoine rende l'âme et remette son âme entre les mains de Dieu.

    Mais qui était donc cet Antonio Molle Lazo, qui, au début de la guerre civile espagnole, a subi un martyre si terrible, victime de la haine marxiste ?

    En réalité, il était apparemment un garçon tout à fait normal. Né le 2 avril 1915, un Vendredi saint, dans une famille modeste, il fréquenta un pensionnat tenu par les Frères des Écoles Chrétiennes, faisant toujours preuve d'une grande détermination et d'un dévouement sans faille, malgré des résultats scolaires moyens. À quinze ans, il commença un stage à la gare de Jerez de la Frontera, où il résidait. Il travailla ensuite dans des domaines viticoles, puis comme guichetier dans un théâtre. Il connut même quelques brèves périodes de chômage.

    Pourtant, Antonio se distinguait par une chose : sa foi catholique profonde, héritée de sa famille et cultivée par une vie exemplaire. Il était tertiaire carme, rattaché au couvent Notre-Dame du Mont-Carmel Incoronata, tenu par les Carmes de l'Ancienne Observance de Jerez. L'Osservatore Romano, dans un article du 14 janvier 1940, exprimant son espoir de voir la cause de canonisation ouverte, soulignait qu'Antonio Molle Lazo portait toujours le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, à laquelle il était dévoué. Il assistait assidûment aux sacrements, passait beaucoup de temps en adoration eucharistique, ne négligeait jamais la récitation du Saint Rosaire et menait une vie de pureté. Sa foi était inébranlable, ardente, sans affectation ni fanatisme. Il n'en eut jamais honte, au point d'en témoigner publiquement, même dans les milieux ouvriers hostiles, dominés par les socialistes.

    En 1931, avec la chute de la monarchie et l'instauration de la Seconde République, laïque et anti-catholique, Antonio prit immédiatement et ouvertement parti pour les droits de Dieu. Il rejoignit la Jeunesse traditionaliste, branche jeunesse de la Communion traditionaliste carliste. Son attachement au carlisme lui venait de sa famille, mais c'est avant tout sa défense de la foi, de l'Église et de l'Espagne catholique qui le convainquit de franchir le pas, persuadé que Jésus-Christ devait régner non seulement dans les cœurs et les familles, mais aussi dans la société, conformément aux enseignements de l'encyclique Quas Primas du pape Pie XI .

    En raison de son militantisme catholique, qui consistait principalement à distribuer des tracts et à coller des affiches, il fut emprisonné pendant un mois et demi en 1936, alors que la République était déjà plongée dans la violence du Front populaire. À un autre traditionaliste incarcéré avec lui, Antonio déclara un jour : « Je préfère endurer les pires tourments plutôt que de renier mon Dieu. » Il resta fidèle à cette résolution.

    Au début de la guerre civile, Antonio Molle Lazo s'engagea dans les Requétés, la branche combattante du mouvement carliste. Moins d'un mois après le début du conflit, ce 10 août, il y a quatre-vingt-dix ans, il couronna héroïquement sa vie du martyre, comme nous l'avons déjà vu. Nous parlons de martyre par haine de la foi car la fureur avec laquelle il fut torturé par les miliciens rouges ne laisse aucun doute à ce sujet. Ils voulaient le faire blasphémer, mais Antonio répondit en louant la royauté sociale du Christ.

    Immédiatement après sa mort, le peuple, touché par sa foi, le reconnut comme martyr et commença à prier pour obtenir sa grâce. Le corps torturé d'Antonio fut d'abord inhumé au cimetière de Jerez. Un an et demi plus tard, avant son transfert dans un autre lieu du même cimetière, le cercueil fut ouvert et des témoins confirmèrent que le corps était encore en excellent état et ne dégageait aucune mauvaise odeur. Finalement, toujours en raison des pèlerinages constants sur sa tombe, et avec l'autorisation spéciale de l'archevêque de Séville, le cardinal Pedro Segura, et du Vatican, il fut décidé d'inhumer sa dépouille dans la chapelle du Christ-Roi, au sein de la basilique Notre-Dame du Mont-Carmel couronnée, à Jerez.

    Le procès canonique d'Antonio est en cours afin de l'élever à la gloire des autels. L'espoir est que beaucoup, y compris en Italie, découvrent son histoire et sa figure, hâtant ainsi le jour où il pourra être vénéré comme bienheureux, puis comme saint. Antonio Molle Lazo fut un martyr du Christ Roi. Un martyr de la royauté sociale du Christ. Un jeune homme, un laïc, un simple croyant qui ne confina pas sa foi à la sphère privée, mais la défendit et la répandit même au sein de son propre entourage, dans un contexte hostile, violent et persécuteur. Un modèle de catholicisme que beaucoup considèrent aujourd'hui comme dépassé. Et, précisément pour cette raison, un modèle dont nous avons un besoin urgent.

  • Un témoin de la présence de Dieu : Edith Stein (9 août)

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    edith-stein.jpgSainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

    Carmélite déc., vierge, martyre, co-patronne de l'Europe (12 octobre1891 – 9 août 1942)

    Source : http://www.vatican.va/

    « Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d’Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d’une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s’engagent, aujourd’hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités ; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, « jusqu’à ce qu’enfin il trouvât le repos dans le Seigneur » ». Ces paroles furent prononcées par le Pape Jean-Paul II à l’occasion de la béatification d’Edith Stein à Cologne, le 1er mai 1987.

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  • Saint Sixte II, le martyre d'un pape et de ses compagnons (7 août)

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    Saint Sixte II, le martyre d'un pape et de ses compagnons

     

    Aujourd'hui, nous célébrons la mémoire liturgique de saint Sixte II et de ses compagnons, martyrisés en 258 lors des persécutions de Valérien pour avoir refusé d'abjurer le Christ et d'offrir des sacrifices aux dieux païens. Nous lisons également la lettre de saint Cyprien et l'histoire de saint Jean Bosco.

    07/08/2026
    Sixte II (tableau de Sandro Botticelli, extrait)

    Pape et martyr : une association fréquente aux premiers siècles du christianisme. Sixte II, saint pape et martyr, est par exemple l'un des saints célébrés aujourd'hui. Il retourna à la maison du Père après moins d'un an de pontificat, précisément le 6 août 258, jour où il subit le martyre sous l'empereur Valérien. Le même jour, selon le Liber Pontificalis , six des sept diacres de Sixte II furent martyrisés : Agapitus et Felicissimus, Januarius, Magnus, Vincent et Étienne. La mémoire liturgique de ces six diacres, inscrite au calendrier romain général, est liée à celle de Sixte II et est célébrée aujourd'hui, le 7 août, au lendemain de leur martyre (elle ne coïncide donc pas avec la fête de la Transfiguration du Seigneur). Le 10 août de cette même année, le dernier diacre de l'Église de Rome encore vivant, et de loin le plus célèbre des sept, saint Laurent, supérieur du même collège de diacres, reçut la palme du martyre.

    Si ces traits essentiels sont effectivement inclus dans le Martyrologe romain (qui, outre celui du Pape, ne cite que les noms d’Agapitus et de Félicissime, mais parle néanmoins de quatre autres « diacres » martyrisés le 6 août), il faut dire que les sources ne s’accordent pas sur certains éléments, notamment sur les circonstances du martyre (pour une analyse critique, on peut consulter l’article rédigé par Francesco Scorza Barcellona et que Treccani, dans son Encyclopédie des papes, consacre à Sixte II).

    La plus ancienne source conservée est une lettre de saint Cyprien de Carthage (210-258), adressée à Successus, évêque d'Abbir Germaniciana. Ce document revêt une importance capitale, car il fut rédigé quelques jours après le martyre de Sixte II et de ses compagnons. Saint Cyprien y rapporte le retour de Rome de plusieurs hommes qu'il avait envoyés dans la Ville éternelle « afin qu'ils puissent s'enquérir de la vérité et nous la rapporter ». À quelle vérité faisait-il référence ? Plus précisément, au nouvel édit de Valérien contre les chrétiens, le second en l'espace d'un an. Dans le premier, en août 257, l'empereur avait interdit les rassemblements chrétiens, exigeant des évêques et des prêtres qu'ils abjurent leur foi sous peine d'exil. Le second édit, en 258, durcissait les mesures jusqu'à exiger la peine de mort pour les chrétiens qui refusaient d'abjurer. Saint Cyprien lui-même allait bientôt être victime de cette nouvelle persécution contre la foi, le 14 septembre 258. Dans cette lettre, écrite peu avant son martyre, il rapportait : « Valérien a envoyé un rescrit au Sénat dans lequel il a décidé que les évêques, les prêtres et les diacres soient immédiatement punis ( incontinenti animadvertantur ) ; que les sénateurs, les hommes de haut rang et les chevaliers romains perdent leur dignité et soient également privés de leurs biens ; et si, une fois privés de leurs biens, ils persistent à se déclarer chrétiens, ils doivent également perdre la tête ; que les matrones soient privées de leurs biens et envoyées en exil. » Etc.

    Poursuivant sa lettre, l'évêque de Carthage rapportait le martyre du pape : « Sixte a été martyrisé au cimetière le huitième jour des Ides d'août [c'est-à-dire le 6 août, ndlr ], avec quatre diacres. » Il est possible qu'en plus de ces quatre diacres martyrisés avec le pape et mentionnés par saint Cyprien, deux autres diacres aient également subi le martyre le même jour. Comme mentionné précédemment, parmi les diverses lectures, hagiographies et interprétations de l'événement, figure l'hypothèse retenue dans le Martyrologe, qui relate le 7 août : « Mémoire de saint Sixte II, pape, et de ses compagnons. Martyrs. Le pape Sixte, alors qu'il célébrait la messe et expliquait la loi divine aux fidèles, fut arrêté par des soldats et décapité sur-le-champ, conformément à l'édit de l'empereur Valérien, le 6 août. Quatre diacres subirent également le martyre avec lui et furent inhumés avec le pontife à Rome, au cimetière Saint-Calixte, sur la voie Appienne. Ce même jour, ses diacres, saints Agapit et Félicissime, furent également martyrisés au cimetière de Prétexte, où ils furent également inhumés. »

    Parmi les hagiographies du pape dont on se souvient aujourd'hui, celle de saint Jean Bosco mérite une mention particulière : Le Pontificat de saint Sixte II et les Gloires de saint Laurent le Martyr , publiée en 1860 par le fondateur des Salésiens. Ce texte, qui fait partie de la série de biographies des papes écrites par Don Bosco, présente le futur Sixte II comme un Grec de naissance (comme le décrit le Liber Pontificalis ), fils de Gentils et philosophe (cette dernière qualification a été contestée car elle est liée à un ouvrage, les Sententiae Sexti , un temps attribué à Sixte II mais plus tard jugé apocryphe par le Decretum Gelasianum ). Sixte, en quête de vérité, se serait converti puis serait arrivé à Rome, où il aurait fait de « grands progrès en doctrine et en vertu », au point d'acquérir une grande renommée auprès de tout le clergé romain. Un jour, sur le chemin du retour d'un concile à Tolède auquel il avait été envoyé par le pape, il fit halte dans ce qui est aujourd'hui Saragosse. Là, l'évêque Valère lui parla des vertus d'un jeune ecclésiastique nommé Lorenzo. Sixte fut tellement impressionné qu'il voulut le rencontrer et l'emmener avec lui à Rome.

    Après le martyre du pape Étienne Ier , le clergé choisit comme successeur au trône de Pierre le saint que nous célébrons aujourd'hui, prenant ainsi le nom de Sixte II. Le nouveau pontife, poussé par Denys d'Alexandrie, dut faire face à l'hérésie de Sabellius et à la question du baptême administré par les hérétiques, qui, sous le pontificat précédent, avait engendré des tensions entre le Saint-Siège et certaines Églises africaines et asiatiques. Par ailleurs, la persécution qui avait causé la mort de son prédécesseur s'intensifia, suite au second édit de Valérien. Don Bosco, se référant à une version qui semble différente de celle figurant actuellement dans le Martyrologe, rapporte que saint Sixte II reçut l'ordre de se présenter, avec le clergé, devant l'empereur. Avant de se rendre auprès de Valérien, le pape souhaita s'adresser ainsi à ses prêtres et diacres : « Mes frères et compagnons, le temps de la persécution est de retour ; nous devons être mis à l'épreuve. Mais n'ayez pas peur, ne soyez pas terrifiés par les maux qui nous menacent. Souvenons-nous de l'exemple des saints martyrs qui nous ont précédés. Leur courage leur a permis d'endurer toutes sortes de tourments pour obtenir la palme du martyre et la vie éternelle. Notre Seigneur Jésus-Christ, avant tout, nous en a donné un exemple éclatant ; il a souffert la Passion la plus douloureuse pour nous donner le courage de souffrir. »

    Peu après, poursuit Don Bosco, des gardes arrivèrent et ligotèrent le pape et les diacres Agapitus et Félicissime, avant de les conduire devant l'empereur. Ce dernier tenta à plusieurs reprises, et avec insistance, de persuader Sixte II d'offrir un sacrifice aux divinités païennes, mais en vain. Même la prison ne put briser le pontife qui, de fait, avec ses compagnons de martyre, avertit les bourreaux (dont Valérien) de leur sort éternel. Finalement, Sixte fut conduit dans une catacombe près du temple de Mars et y fut décapité.

    D'après les écrits de Don Bosco , saint Laurent fut arrêté le 6 août, après avoir exécuté l'ordre que lui avait donné Sixte II de distribuer les biens de l'Église aux pauvres. Quatre jours plus tard, il connut le « triomphe le plus glorieux » et, par conséquent, le « martyre le plus douloureux » que le pontife, consolant Laurent qui souhaitait partager son sort, avait prophétisé.

  • Les 200 martyrs du monastère de Cardena

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    Du site "1000 raisons de croire" :

    La terre de Cardena de souvient du martyr des 200 moines

    L’Espagne des IX et Xe siècles est en pleine expansion mahométane. Les razzias des troupes musulmanes d’Abd al-Rahman III, au service du tout nouveau califat de Cordoue, font rage et détruisent tout sur leur passage. C’est dans ce contexte que le monastère Saint-Pierre de Cardena, proche de Burgos, immense et florissant avec ses quelque deux cents moines, est ciblé. Si les historiens ne s’accordent pas sur l’année du massacre, ils confirment tous que le martyre eut bien lieu, un 6 août, dans le courant du IXe ou début Xe siècle. L’atrocité des faits marque considérablement les esprits, autant que le courage du père abbé, Étienne, qui, par son exemple de foi, procure aux autres moines le courage de rester fidèles jusqu’au bout. Un miracle surprenant s’ensuit : chaque année, au jour anniversaire, le sol du cloître où sont morts les martyrs se recouvre mystérieusement de sang frais, qui disparaît le lendemain. La reconnaissance de ce miracle, ainsi que la canonisation des moines par le pape Clément VIII en 1603, s’accompagne de la diffusion de leur culte et de leurs reliques dans toute l’Espagne. Aujourd’hui, des moines trappistes font rayonner ce lieu et sont témoins du retour à la foi de nombreux fidèles par leur intercession.


    Les raisons d'y croire

    • Les faits sont suffisamment rares et d’une telle brutalité qu’ils ont marqué l’histoire chrétienne, ce qui exclut qu’ils soient le fruit de l’invention. Le nombre impressionnant de 200 moines (certaines sources parlent de 300) est connu grâce à un texte signé et paraphé par 204 moines à leur entrée au noviciat quelques années auparavant, à la Noël 921. Selon le Becerro (codex du monastère), il n’est en outre pas étonnant de constater autant de vocations dans le contexte de Reconquista de l’époque face à l’avancée de l’islam.
    • La première chronique chrétienne qui rapporte les faits vient du roi Alphonse X de Castille, en 1262. Il y est question de 300 moines massacrés : « Ils gisent tous ensevelis dans le cloître. » Deux pierres portant une épitaphe gravée en leur honneur y furent scellées.
    • Le miracle du sang est attesté à plusieurs reprises par les nombreux pèlerins qui viennent se recueillir au cloître du monastère, parmi lesquels le roi Henri IV de Castille. Dans un privilège royal (texte juridique), adressé en 1473 aux moines de San Pedro de Cardena, celui-ci confirme le miracle dans son préambule : « Par eux, chaque année, notre Seigneur fait un miracle, qu’au jour où ils furent égorgés, le sol du cloître où ils furent ensevelis apparaît de couleur de sang. » Ce prodige dure jusqu’à la fin du XVe siècle, jusqu’à l’expulsion des Arabes de la péninsule ibérique par les rois catholiques, ce qui augmente leur foi.
    • Le bref de canonisation émis par le pape Clément VIII en 1603 reconnaît la mort des 200 moines et le miracle du sang.
    • Plus tard, Francisco de Berganza, bénédictin et historien du XVIIIe, effectue un travail titanesque de recherches sur le monastère en écrivant Las antigüedades de España. Il insiste sur le caractère répété du signe : le cloître se couvre de ce liquide rouge le 6 août, jour de leur martyre, puis il sèche le lendemain, et ce chaque année.
    • On apprend par Berganza que le père abbé, prénommé Étienne, se sachant en danger, réunit ses moines pour une allocution émouvante, rapportée certainement par un survivant : « Réconfortés, les moines, par la doctrine et l’exemple du saint abbé, unanimes et conformes, attendirent les Maures pour recevoir la couronne du martyre. » C’est leur foi en Jésus-Christ, à la fois personnelle et commune, qui porte les moines à faire face à l’ennemi.
    • Du côté des Maures, on détient aussi un récit, publié en 1981, de Ibn Ḥayyan, grand historien musulman de Cordoue du Xe siècle, qui décrit les campagnes du calife Abd al-Rahman III, dont celle de 934 à Cardena. On prend la mesure del’horreur et de l’ampleur de l’attaque : les musulmans veulent piller des trésors qu’ils pensaient trouver là, mais le père abbé Étienne leur répond que le plus grand trésor est le cœur des moines. Cette réponse ne leur plaisant pas, « les moines furent criblés de flèches avec fureur et traversés par les alfanges, piétinés par les chevaux, le sang versé trempant le sol ».
    • Le Catéchisme de l’Église catholique explique que « le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi » (§ 2473). Suivre le Christ signifie le suivre également dans la douleur et accepter les persécutions par amour de l’Évangile (cf. Mt 24,9-14 Mc 13,9-13 Lc 21, 12-19 ) : « Vous serez détestés de tous à cause de mon nom » ( Mc 13, 13 Jn 15,21 ).
    • Il est également rapporté que le Cid, ce chevalier espagnol héros et figure de la Reconquista espagnole, venait se recueillir au monastère demander la force dans la prière à ces 200 saints.
    • Le père abbé de la communauté trappiste qui occupe aujourd’hui le monastère témoigne de l’impact du martyre sur l’ordre et sur ses moines, qui se sentent fortifiés et encouragés par leur exemple à offrir leur vie à Dieu sur le même lieu où l’ont fait les saints martyrs.

     

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  • La rébellion des Cristeros de 1926 constitue aujourd’hui un avertissement qui donne à réfléchir

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    Du Père Raymond J. de Souza sur le NCR :

    La rébellion des Cristeros de 1926 constitue aujourd’hui un avertissement qui donne à réfléchir

    COMMENTAIRE : Des horreurs sont possibles à notre époque, et dans des endroits qui ne sont pas si lointains.

    Le bienheureux Miguel Agustín Pro (1891–1927), photographié quelques instants avant son exécution par un peloton d'exécution, les bras tendus en forme de croix, est présenté à côté de l'image originale de la tilma de Notre-Dame de Guadalupe.
    Le bienheureux Miguel Agustín Pro (1891–1927), photographié quelques instants avant son exécution par un peloton d’exécution, les bras tendus en forme de croix, est représenté aux côtés de l’image originale de Notre-Dame de Guadalupe sur la tilma. (photo : Wikimedia Commons / Domaine public)

    4 août 2026

    Les catholiques du Canada et des États-Unis ont tendance à admirer la piété populaire du Mexique, dans l’attente du 500e anniversaire des apparitions de Guadalupe, qui aura lieu en 2031.

    Mais il y a 100 ans, le Mexique subissait une violente persécution anticatholique. L’administration des sacrements fut suspendue pendant trois ans, et les fidèles catholiques furent pourchassés et tués. 

    Le pape saint Jean-Paul II décida de célébrer la canonisation des martyrs mexicains lors du Grand Jubilé de l’an 2000 — une année où il se montra particulièrement sélectif quant au choix des saints à canoniser.

    La « Cristiada » ou « rébellion des Cristeros » fut l’une des nombreuses persécutions déplorables qui éclatèrent dans des pays à forte identité chrétienne après la Première Guerre mondiale — qui fut elle-même un échec cuisant de la civilisation chrétienne. Il est plausible que les grandes tendances sécularisantes du XXe siècle aient été en partie le résultat de la perte de crédibilité du christianisme pendant la Grande Guerre.

    Au lendemain de la Première Guerre mondiale, des persécutions antichrétiennes ont éclaté dans des contrées historiquement chrétiennes, notamment en Russie (communisme), en Italie (fascisme) et en Allemagne (nazisme). 

    On oublie souvent le Mexique. Jean-Paul II souhaitait que ce souvenir reste vivant au XXIe siècle.

    « Cristóbal Magallanes et ses vingt-quatre compagnons martyrs appartenaient [pour la plupart] au clergé séculier et trois d’entre eux étaient des laïcs profondément engagés à aider les prêtres », a déclaré Jean-Paul II lors de la canonisation en 2000. « Ils n’ont pas cessé d’exercer courageusement leur ministère lorsque la persécution religieuse s’est intensifiée sur la terre bien-aimée du Mexique, déchaînant la haine contre la religion catholique. Tous ont accepté librement et sereinement le martyre comme témoignage de leur foi, pardonnant explicitement à leurs persécuteurs. … Aujourd’hui, ils sont un exemple pour toute l’Église et pour la société mexicaine en particulier. »

    Que s’est-il passé au Mexique il y a exactement 100 ans ?

    La Révolution mexicaine (1910-1920) a mis fin à une dictature de longue date et a abouti à l’adoption d’une nouvelle Constitution en 1917. Cette Constitution prévoyait des restrictions explicites à la liberté religieuse, visant à réduire l’influence de l’Église catholique sur la société et la culture mexicaines. 

    Le droit de l’Église à enseigner la religion était restreint, ses biens étaient soumis à la disposition du gouvernement, aucun culte public n’était autorisé en dehors des lieux de culte (par exemple, les processions) et il était interdit aux prêtres de porter leur habit ecclésiastique en dehors des églises. (Cette dernière disposition était encore en vigueur lors de la visite de Jean-Paul II en 1979, mais le président mexicain avait symboliquement payé l’amende pour cette infraction.)

    Ces lois antireligieuses et anticatholiques ont causé une grande détresse aux catholiques mexicains et ont été vivement contestées par l’Église au Mexique. Mais les conflits et les crises ont été largement évités, car les dispositions constitutionnelles n’étaient tout simplement pas appliquées. 

    La situation changea avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président mexicain en 1924, Plutarco Calles. Farouchement anticlérical, il choisit d’appliquer de plus en plus rigoureusement les restrictions constitutionnelles en matière de religion, signant finalement en juin 1926 la « loi Calles », qui imposait une application stricte des mesures anticatholiques à compter du mois suivant. 

    Les évêques mexicains protestèrent avec véhémence, mais en vain. Ils consultèrent le pape Pie XI et, avec son soutien, annoncèrent que la loi Calles rendrait impossibles le culte religieux, les sacrements et l’enseignement ; par conséquent, tous les services religieux nécessitant la présence d’un prêtre — y compris la Sainte Messe et les sacrements — seraient suspendus au Mexique par décret à compter du 31 juillet 1926. 

    C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais la logique était similaire à celle d’une excommunication. Il arrive parfois qu’une offense soit si grave qu’un catholique puisse se voir interdire purement et simplement de recevoir les sacrements, la sévérité de la sanction visant à souligner à quel point le repentir et la conversion sont urgents. Par analogie, les évêques mexicains, avec le soutien du pape, ont excommunié la nation tout entière pour souligner la gravité de l’offense commise par le gouvernement à l’encontre de la liberté religieuse et des droits des catholiques.

    On compare parfois la suspension prononcée par les évêques mexicains à une « grève » ou à une manifestation, mais il vaut mieux la considérer comme une sanction à l’échelle nationale visant à inciter le gouvernement à changer de cap. On pensait également que le mécontentement populaire exercerait une pression irrésistible sur le gouvernement pour qu’il revienne sur sa décision. Qui aurait pu imaginer un Mexique sans messes, sans baptêmes, sans mariages ni funérailles ?

    Ce jugement tactique s’est avéré erroné. Le gouvernement de Calles s’est encore davantage engagé sur cette voie et a intensifié sa persécution.

    Dans certaines régions du Mexique, l’opposition au gouvernement a pris la forme d’une rébellion armée, ce qui a conduit les forces fédérales mexicaines à traquer les rebelles et leurs sympathisants, parmi lesquels elles comptaient, par définition, tous les prêtres. Les prêtres — ainsi que ceux qui leur venaient en aide — ont été martyrisés dans leurs églises ou pendus sur la place publique. 

    Le plus célèbre d’entre eux fut le père jésuite Miguel Pro, fusillé en 1927 et béatifié en 1988.

    Les rebelles catholiques étaient appelés les « Cristeros ». Leur histoire a été racontée de manière saisissante par le romancier Graham Greene dans *Le Pouvoir et la Gloire* et dans le film *For Greater Glory*.

    La Cristiada débuta quelques jours après la suspension des sacrements, le 3 août 1926. Ni la rébellion ni la suspension n’ont conduit à une résolution rapide. En effet, la Cristiada s’est poursuivie pendant trois ans, jusqu’en 1929, et n’a trouvé une issue qu’après le départ de Calles du pouvoir. Les sacrements ont été rétablis la même année.

    La rébellion des Cristeros semble si étrangère à notre époque : l’Église suspendant ses propres sacrements, une persécution féroce de l’Église dans un pays catholique, le Mexique devenu le théâtre d’une persécution anticatholique. Pourtant, tout cela s’est produit il y a un siècle. Le Mexique des années 1920 nous rappelle la fragilité d’une culture catholique, et à quelle vitesse la paix et l’ordre peuvent être perdus au profit de la révolution, de la violence et du martyre.

    Le sang des martyrs a préservé l'intégrité de la foi et a porté ses fruits avec le renouveau de la piété mexicaine, mais les événements survenus il y a un siècle constituent toujours un avertissement saisissant. Des horreurs sont possibles à notre époque, et dans des lieux qui ne sont pas très éloignés.