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Persécutions antichrétiennes

  • L'évêque de Butembo-Beni exprime sa solidarité avec les victimes après la mort de 43 personnes tuées par des rebelles en République démocratique du Congo

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    De Jude Atemanke pour EWTN News :

    L'évêque exprime sa solidarité avec les victimes après la mort de 43 personnes tuées par des rebelles en République démocratique du Congo

    L’évêque Melchisedec Sikuli Paluku, en République démocratique du Congo, a exprimé sa tristesse suite à une attaque meurtrière perpétrée par des rebelles qui aurait fait 43 morts dans la province d’Ituri, au nord-est du pays.

    L’évêque Melchisedec Sikuli Paluku du diocèse catholique de Butembo-Beni, en République démocratique du Congo, a exprimé sa tristesse suite à une attaque meurtrière perpétrée par des rebelles qui aurait fait 43 morts dans la province d’Ituri, au nord-est du pays, suscitant des inquiétudes quant à l’insécurité dans la région.

    L'attaque a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 avril dans le village de Bafwakao, sur le territoire de Mambasa.

    Les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé affilié à l'État islamique, auraient pris d'assaut le village vers 20 heures, incendiant près de 60 % des maisons.

    Des corps auraient été retrouvés le long de la route principale et dans des maisons incendiées, certains mutilés à la machette et d'autres abattus.

    Jeudi après-midi, les autorités locales ont fait état d'au moins 10 corps découverts, tandis que les organisations de la société civile recensaient 32 morts. L'armée congolaise a confirmé par la suite un total de 43 victimes.

    Dans son homélie du dimanche de Pâques, le 5 avril, Paluku a appelé à prier pour la paix et a exhorté les autorités à assurer la protection des vies et des biens dans un contexte d'insécurité persistante.

    L’évêque a exprimé sa solidarité avec toutes les personnes touchées par le conflit, tant dans la région qu’au-delà.

    « Je partage la douleur des frères et sœurs de paroisses comme celle de Masoy, des chrétiens du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, ainsi que des pays comme Israël qui ne peuvent célébrer Pâques dans des conditions convenables en raison du manque de paix et de sécurité », a-t-il déclaré lors de la messe de Pâques.

    « J’appelle donc les autorités à investir dans la recherche de la paix afin de garantir l’unité nationale ; elles doivent protéger les citoyens et leurs biens », a-t-il déclaré.

    « La passion du Christ n’était pas sa défaite ; il n’a pas été vaincu. Elle est la plus grande manifestation de son amour infini », a déclaré l’évêque, encourageant les croyants à se détourner des actions qui portent atteinte à la dignité humaine, soulignant que ressusciter avec le Christ ne signifie pas abandonner le monde, mais accomplir fidèlement ses responsabilités.

    « Chacun doit faire son devoir comme il se doit », a-t-il déclaré.

    Le défenseur des droits humains John Vuleveryo Musombolwa a confirmé des cas d'enlèvements survenus pendant l'attaque et a souligné les déplacements massifs de population. Les habitants ont fui paniqués vers des quartiers plus sûrs, notamment Afrique du Sud, Darsalam, Pays-Bas et Hewabora.

    Musombolwa a salué l'intervention des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) mais a exhorté les autorités à renforcer les mesures de sécurité dans la région.

    « L’ennemi est déjà au cœur de Mambasa. La ville principale risque d’être vidée de ses habitants si les autorités ne prennent pas la situation au sérieux », a-t-il averti.

    L'attaque de Bafwakao est sans précédent, car le village avait jusqu'alors été épargné par les incursions djihadistes.

    Cette situation survient dans un contexte de recrudescence des violences depuis début mars 2025 dans la chefferie de Bandaka, à laquelle appartient le village.

    L'ADF, originaire d'Ouganda, opère dans l'est de la République démocratique du Congo depuis les années 1990, continuant de terroriser les communautés locales malgré des opérations militaires conjointes avec l'armée ougandaise.

    L'efficacité de la riposte des FARDC a été remise en question. Si l'administrateur territorial a affirmé que l'armée était intervenue la nuit même, des représentants de la société civile ont dénoncé une intervention tardive, survenue le lendemain matin sans aucun échange de tirs. Cette contradiction a alimenté la méfiance entre les communautés locales et l'armée, ravivant des inquiétudes persistantes quant à la protection assurée par l'État dans les zones rurales.

    À la suite de l'attaque, des habitants en colère  auraient lynché  un combattant présumé des ADF dans le quartier d'Arua II, situé à deux kilomètres (1,24 miles) du centre de Mambasa. L'individu se serait caché dans une maison d'habitation après l'agression.

  • L'oppression des chrétiens en Algérie; un nouveau rapport de l'ECLJ

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    ECLJ

    Alors que l’Algérie s’apprête à accueillir pour la première fois un pape, le Centre européen pour le droit et la justice publie aujourd'hui un nouveau rapport qui jette une lumière crue sur la situation des chrétiens du pays. 

    Fermeture d’églises, poursuites judiciaires, discrimination institutionnelle: ces communautés font face à une véritable oppression d'un pouvoir qui souhaite leur disparition.

    Les chrétiens subissent de plein fouet une politique qui impose une identité nationale unique arabe et musulmane. La diversité religieuse n’a pas sa place dans l’Algérie de Tebboune.

    Il y a pourtant plus de 150 000 chrétiens en Algérie. Une grande majorité est protestante évangélique, avec une petite communauté catholique, composée essentiellement d’étrangers. 

    Ce nouveau rapport qui dénonce la politique d'oppression des chrétiens en Algérie s’appuie sur un travail d’enquête approfondi, fondé sur de nombreux entretiens menés avec des chrétiens algériens. 

    Nous en parlons dans notre nouvel entretien du mois avec les deux principaux auteurs du rapport, Thibault van den Bossche et Constance Avenel: 

    Entretien du mois: Chrétiens en Algérie
    Télécharger le rapport complet:
    "L’oppression des chrétiens en Algérie"

    En Algérie, l’islam n’est pas simplement une religion majoritaire: il constitue une composante centrale de l’identité nationale et de l’organisation politique. 

    Les minorités religieuses n'ont aucune reconnaissance légale.

    Une ordonnance de 2006 instaure un système d’autorisation qui rend dans les faits impossible l’exercice du culte non musulman. Il faut obtenir un agrément préalable d’une commission nationale et les autorités ont refusé toutes les demandes d’ouverture de nouveaux lieux de culte chrétiens.

    Pour compliquer encore la situation, un lieu de culte ne peut légalement exister que s’il est rattaché à une association religieuse agréée. Or la reconnaissance légale d’une telle association est rendue impossible dans les faits par une loi de 2012. 

    Privés de lieux de culte officiels, les fidèles évangéliques sont contraints de se réunir dans des maisons privées, en plein air, ou en ligne. 

    La simple pratique religieuse est devenue une activité clandestine.

    Signer et partager la pétition
    au soutien des chrétiens en Algérie

    Il y a aussi de nombreuses dispositions pénales qui permettent de poursuivre les fidèles en raison de leur pratique religieuse.

    L’ordonnance de 2006 introduit notamment un délit de prosélytisme. Il est pénalement sanctionné de tenter de «convertir un musulman» ou d’«ébranler sa foi». 

    Les sanctions peuvent atteindre cinq ans de prison et de lourdes amendes. 

    La définition de ce délit est suffisamment vague pour englober de nombreuses situations: distribution de livres religieux, organisation d’une réunion de prière, publication de messages chrétiens sur internet...

    Cette loi permet une véritable traque aux symboles chrétiens et aux témoignages de foi. Plusieurs dizaines de chrétiens, pasteurs ou simples fidèles, ont ainsi été poursuivis ces dernières années pour avoir parlé de leur foi, parfois pour avoir simplement liké un post sur les réseaux sociaux!

    Ce nouveau rapport de l'ECLJ appelle à des changements clairs:

    • le rétablissement de la liberté de conscience dans la Constitution,
    • la reconnaissance juridique des minorités religieuses et la réforme du Code de la famille, de manière à garantir l’égalité de traitement entre chrétiens et musulmans,
    • la réouverture de toutes les églises protestantes,
    • la reprise d’activité de Caritas,
    • l'abolition des dispositions pénales sur le prosélytisme et le blasphème.

    À la veille de cette visite historique du pontife romain, beaucoup espèrent que celle-ci contribuera à un véritable progrès pour la liberté de conscience et le pluralisme religieux en Algérie.

    Nous vous invitons à témoigner aujourd'hui de votre soutien aux chrétiens en Algérie en signant et partageant dès maintenant notre pétition:

    Signer et partager la pétition
    au soutien des chrétiens en Algérie

    L'ECLJ agit également auprès des Nations unies sur ces atteintes graves à la liberté religieuse. Nous avons tenu une conférence en marge de la 61e session du Conseil des droits de l'homme pour dénoncer cette répression généralisée contre la minorité chrétienne. Vous pouvez la retrouver ici, en inégalité: 

    Conference

  • Le pape Léon XIV se rendra en Algérie dans un contexte de persécution croissante des chrétiens

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    D'Uzay Bulut sur The European Conservative :

    Le pape Léon XIV se rendra en Algérie dans un contexte de persécution croissante des chrétiens.

     
    Au cours des trois dernières années, la pression de l'État sur les chrétiens en Algérie s'est intensifiée à des niveaux jamais vus depuis des décennies, a déclaré Portes Ouvertes.

    Le Vatican a annoncé que, dans le cadre de sa prochaine tournée africaine, le pape Léon XIV se rendra en Algérie du 13 au 15 avril. 

    Le prochain voyage du pape Léon XIV est un événement historique. Aucun pape en exercice ne s'est jamais rendu en Algérie, ancien bastion de la chrétienté antique dont la population actuelle de 48 millions d'habitants est composée à 99 % de musulmans.

    L'année 2026 marquera le 30e anniversaire de l'attaque perpétrée en 1996 contre un monastère algérien, au cours de laquelle sept moines furent enlevés et décapités par un groupe islamiste. Aujourd'hui, la liberté religieuse s'est considérablement détériorée en Algérie, touchant particulièrement les quelque 156 000 chrétiens du pays. L'Algérie figure actuellement au 20e rang des pays les plus répressifs pour les chrétiens selon l'organisation de défense des droits humains Portes Ouvertes.

    Les 47 églises de l'Église protestante d'Algérie (EPA) ont toutes été fermées par les autorités. Le gouvernement algérien continue de leur refuser toute reconnaissance légale, malgré les efforts répétés des responsables de l'EPA pour attester de leur conformité à toutes les exigences d'enregistrement. 

    L’Église catholique n’a pas été épargnée non plus : son service humanitaire Caritas, qui dessert toute la population algérienne, a été fermé en 2022.

    Dans ce contexte oppressif, la visite du pape revêt une grande importance. L'Algérie, jadis foyer de la chrétienté, fut la patrie du théologien et philosophe chrétien saint Augustin d'Hippone. Né dans l'actuel Souk Ahras, saint Augustin est considéré comme l'un des plus importants Pères de l'Église latine durant la période patristique. 

    Le pape Léon XIV considère saint Augustin comme son « père spirituel ». Lui-même est membre de l'ordre des Augustins et prêtre augustinien de longue date. Il est particulièrement significatif que le pape se rende là où les églises sont confrontées à de graves persécutions.

    L'Algérie était majoritairement chrétienne du IIe siècle jusqu'aux conquêtes arabo-musulmanes du VIIe siècle. Sous la domination romaine, elle constituait un important centre chrétien.

    L'Algérie, alors partie intégrante de l'Empire romain d'Orient (Byzantin), majoritairement chrétien, fut envahie et conquise par l'islam au VIIe siècle. Les chrétiens et les juifs du pays devinrent des « dhimmis », sujets de seconde zone d'un empire islamique, contraints de payer la jizya, un impôt élevé, pour survivre. Le christianisme déclina ensuite progressivement sous le coup d'une discrimination et d'une persécution systématiques, à mesure que l'islam s'imposait comme religion dominante. 

    La période coloniale française en Algérie, qui débuta vers 1830, fut marquée par une renaissance du christianisme. À son apogée durant cette période, la population chrétienne algérienne dépassa le million.

    Aujourd'hui, les personnes qui se convertissent au christianisme sont passibles de poursuites judiciaires. L'ouverture légale d'églises est devenue quasiment impossible suite à une ordonnance de 2006 relative aux religions non musulmanes et à la loi de 2012 sur les associations . L'ordonnance de 2006 n'autorise le culte chrétien que dans les églises enregistrées. Tout rassemblement de chrétiens en dehors des lieux de culte agréés est illégal. Cette ordonnance érige également le prosélytisme en délit, passible d'une peine d'un à trois ans d'emprisonnement. L'impression de documents chrétiens est également interdite.

    En Algérie, les chrétiens évitent souvent d'afficher des symboles religieux ou de partager ouvertement leur foi, y compris sur les réseaux sociaux, par crainte de poursuites judiciaires en vertu de lois strictes contre le prosélytisme et le blasphème. Les arrestations arbitraires se sont multipliées dans le pays. Ces trois dernières années, au moins 50 chrétiens ont été poursuivis ; certains ont écopé de peines de prison avec sursis et d'amendes, leurs appels étant toujours en cours. 

    L’organisation Portes Ouvertes rapporte que « ces trois dernières années, la pression de l’État sur les chrétiens protestants en Algérie s’est intensifiée à des niveaux jamais vus depuis des décennies ». 

    La Constitution algérienne exige que le président soit musulman. Les chrétiens, quelle que soit leur origine, sont exclus des hautes fonctions gouvernementales, ce qui restreint davantage leur participation à la vie publique. De même, le contrôle gouvernemental et les obstacles bureaucratiques empêchent les chrétiens de contribuer activement au développement de la société civile.

    Les étudiants chrétiens vivant dans des régions islamiques conservatrices, notamment les enfants de convertis, doivent dissimuler leur foi pour éviter la discrimination des enseignants et les restrictions d'accès à l'université. De même, les convertis risquent la discrimination lors de leurs recherches d'emploi et sont souvent contraints de cacher leurs convictions. Les chrétiens, en particulier les convertis et les immigrés d'Afrique subsaharienne, sont également victimes de discrimination dans leurs relations avec les autorités. Parallèlement, les autorités algériennes ciblent de plus en plus la présence en ligne de l'Église. On peut citer, par exemple, la fermeture, en décembre 2024, d'un groupe Facebook chrétien comptant plus de 50 000 abonnés. 

    Selon le rapport annuel 2026 de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale concernant l'Algérie,

    En 2025, la répression de la liberté religieuse par le gouvernement algérien a ciblé plus directement la communauté de l'Église protestante d'Algérie (EPA). Les responsables de l'EPA ont signalé des perquisitions répétées à leurs domiciles et lieux de culte, au cours desquelles les autorités ont confisqué des ouvrages religieux et les ont accusés de prosélytisme. Ces perquisitions ont donné lieu à plusieurs enquêtes, arrestations et poursuites judiciaires. En mai, les autorités auraient invoqué des « restrictions douanières » pour empêcher 14 membres de l'EPA de se rendre en Égypte afin d'assister à une conférence religieuse. 

    Bien que l'Algérie demeure un pays majoritairement musulman, elle abrite l'une des plus importantes communautés de convertis au christianisme du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. La plupart de ces convertis appartiennent à la communauté ethnique amazighe (berbère) autochtone de la région kabyle. Depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962, des tensions politiques persistent entre les Kabyles et le gouvernement central (arabe) sur des questions d'identité ethnique, de culture et de langue. Victimes de discrimination et de négligence de la part du gouvernement pendant de nombreuses années, les Amazighs ont trouvé un terrain propice au développement de la communauté chrétienne.  

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a récemment lancé une pétition en soutien aux chrétiens d'Algérie dans le cadre de la visite du pape prévue en avril : 

    Aujourd'hui, en Algérie, on ne peut plus être librement chrétien. La Constitution adoptée en 2020 a supprimé toute référence explicite à la liberté de conscience. Seule l'identité islamique compte, à l'exclusion de toutes les autres religions.

    La pétition appelle les autorités algériennes à « garantir concrètement la liberté de conscience à tous les citoyens, à autoriser la réouverture légale des lieux de culte fermés et du service Caritas, et à mettre fin à la persécution des chrétiens pour l’expression pacifique de leur foi ».

    Reste à savoir si les autorités algériennes entendront l'appel de la pétition et honoreront le pape ainsi que les chrétiens d'Algérie.

    Uzay Bulut est une journaliste d'origine turque, anciennement basée à Ankara. Ses travaux portent sur la Turquie, l'islam politique et l'histoire du Moyen-Orient, de l'Europe et de l'Asie.
  • Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

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    D'InfoVaticana :

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises
    Au moins sept personnes ont été tuées et un nombre inconnu ont été enlevées lors d'une attaque armée contre deux églises chrétiennes dans l'État de Kaduna, au centre du Nigeria, pendant les célébrations du dimanche de Pâques, selon La Gaceta de la Iberósfera , citant des sources locales.

    Attaques coordonnées contre des églises pendant Pâques

    L'attaque a eu lieu dans la communauté d'Ariko tôt dimanche matin, lorsque des hommes armés ont pris d'assaut l'église First ECWA et l'église catholique Saint-Augustin pendant les offices. Des témoins ont rapporté que les assaillants sont arrivés en grand nombre, ont encerclé les lieux et ont ouvert le feu sans discernement sur les fidèles.

    Outre les décès, plusieurs personnes ont été enlevées, mais le nombre exact n'a pas encore été confirmé. Mark Bawa, conseiller du district d'Awon, a expliqué que les chiffres étaient toujours en cours de vérification : « Certaines sources font état de sept morts, tandis que d'autres en annoncent huit », a-t-il déclaré aux médias locaux.

    Absence de réponse immédiate et problèmes de communication

    L'un des aspects les plus préoccupants de l'attaque a été la lenteur de la réaction des forces de sécurité. Selon les autorités locales, les infrastructures de télécommunications limitées dans la région ont entravé la coordination et la diffusion des alertes, retardant ainsi toute intervention efficace.

    Bawa a souligné que la connectivité limitée réduisait considérablement la capacité de réagir à une attaque qui durait longtemps.

    Violence persistante et dénonciation épiscopale

    Bien que la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN) n'ait pas abordé explicitement l'attaque d'Ariko, elle a publié une déclaration exprimant son inquiétude face à la montée de la violence armée dans le pays, en particulier l'augmentation des enlèvements et l'activité des groupes armés dans les régions vulnérables.

    Le président de la Conférence des évêques catholiques des Indes (CBCN), l'évêque Matthew Man-Oso Ndagoso, a pointé du doigt les causes structurelles de cette crise, telles que le népotisme, le tribalisme et la corruption. Dans son discours, il a dénoncé ce qu'il a qualifié de « mauvaise gestion » et a appelé à privilégier le bien commun pour endiguer l'insécurité croissante.

    Le Nigéria, théâtre récurrent d'attaques armées

    Le Nigeria, et plus particulièrement ses régions centrales et nord-ouest, subit depuis des années les agissements de groupes armés connus sous le nom de « bandits », responsables d'attaques systématiques contre la population civile, de vols et d'enlèvements massifs contre rançon.

  • La violence s'intensifie contre les chrétiens en République démocratique du Congo (RDC) du fait du groupe État islamique

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    De Madalaine Elhabbal sur EWTN News :

    Un comité sur la liberté religieuse met en garde contre les attaques visant les chrétiens en Afrique centrale

    La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a tiré la sonnette d'alarme concernant les groupes de l'État islamique en République démocratique du Congo après une escalade de la violence contre les chrétiens.

     
    La violence s'intensifie contre les chrétiens en République démocratique du Congo (RDC) de la part du groupe État islamique, une organisation militante, selon la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF).

    L'USCIRF a déclaré dans un rapport du 31 mars que les Forces démocratiques alliées (ADF), également connues sous le nom d'État islamique d'Irak et de Syrie-République démocratique du Congo (EI-RDC), « mènent une série d'attaques soutenues dans l'est de la RDC qui constituent une atteinte directe à la liberté religieuse, en particulier pour les communautés chrétiennes des provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ».

    « Le début de l’année 2026 n’a apporté aucun répit aux violences des ADF, le groupe continuant de mener des attaques contre des zones majoritairement chrétiennes », indique le rapport. « Dans une démonstration de sa cruauté, le groupe a exécuté environ 70 civils dans un village chrétien du Nord-Kivu en février, décapitant hommes, femmes, enfants et personnes âgées sans distinction. »

    Le rapport indique que les dernières attaques s'inscrivent dans une tendance continue à la violence, qu'il fait remonter à 2024, date à laquelle, selon lui, les combattants de l'ADF « auraient mené de multiples attaques contre des villages majoritairement chrétiens et des rassemblements religieux dans et autour de Beni, au Nord-Kivu, y compris des attaques contre des réunions de prière et le meurtre de pasteurs et de fidèles locaux ».

    Le rapport mentionnait également des attaques survenues en juillet de cette année-là, au cours desquelles des combattants des ADF auraient tué une quarantaine de chrétiens, en plus de nombreux enlèvements et déplacements forcés, « ce qui a incité certaines églises à suspendre leurs offices ou à fermer complètement ».

    Le rapport indique que la violence s'est intensifiée en 2025, avec des attaques contre des villages chrétiens du Nord-Kivu et de Kasanga en février, ainsi qu'une attaque majeure contre des fidèles assistant à une veillée de prière dans une église catholique de Komanda, dans la province d'Ituri, qui a fait des dizaines de morts parmi les hommes, les femmes et les enfants réunis pour prier. D'autres attaques ont eu lieu au cours de l'année, précise le rapport, notamment des attaques contre des villages chrétiens, des veillées funèbres et des infrastructures.

    La commission a pris note des efforts déployés par l'administration Trump pour répondre aux préoccupations sécuritaires en RDC par le biais des Accords de Washington pour la paix et la prospérité entre la RDC et le Rwanda, ainsi que des sanctions ciblées contre les auteurs d'infractions aux droits de l'homme et les groupes militants, mais a noté que « l'insécurité demeure élevée ».

    « Les ADF et d’autres acteurs non étatiques constituent une menace persistante pour les communautés religieuses de la région. Les massacres, les enlèvements et les attaques contre les lieux de culte continuent de semer la terreur, de provoquer des déplacements de population et de perturber la vie religieuse communautaire », indique la commission dans son rapport. « Ces défis soulignent l’urgence de mener des opérations de sécurité continues, de renforcer la responsabilisation et de mettre en place des mesures robustes de protection des civils en RDC afin de garantir à tous la possibilité de vivre, de pratiquer et de vénérer librement leur religion ou leurs convictions. »

    Les membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont condamné les violences dans la région, s'engageant à ne pas rester silencieux face à l'aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire dans une déclaration publiée à l'issue de leur assemblée plénière des 23-25 ​​mars.

    « Notre objectif est de contribuer, entre autres, à la promotion de la dignité inaliénable de la personne humaine et au bien-être du peuple congolais. C’est pourquoi, face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire de notre pays, nous ne resterons pas silencieux », ont déclaré les chefs religieux.

  • Terreur pascale en Syrie, entre violences et célébrations à huis clos

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Terreur pascale en Syrie, entre violences et célébrations à huis clos

    Ce sera littéralement une semaine de « Passion » pour les chrétiens syriens à la merci de l'extrémisme islamique. Au milieu des maisons criblées de bombes, des statues renversées et des magasins pillés, certaines églises ont décidé de suspendre les offices publics, tandis que les auteurs des attentats comptent sur la complicité des forces de l'ordre depuis le changement de régime de 2024.

    01/04/2026

    Au Moyen-Orient, Pâques sera une période difficile pour les chrétiens. Outre les restrictions imposées à Jérusalem pour « raisons de sécurité » – sauf revirement de situation –, la police israélienne a autorisé le Patriarcat latin à célébrer les rites pascaux au Saint-Sépulcre sans la présence des fidèles, qui suivront la cérémonie en direct.

    L’agression israélienne en cours au Sud-Liban et dans d’autres régions empêchera des communautés chrétiennes entières, déjà anéanties par Tsahal, de célébrer Pâques dans leurs lieux saints. Le ministre israélien de la Défense, Katz, a réaffirmé que le territoire libanais au sud du Litani deviendrait une vaste « zone tampon » contrôlée par Tsahal, et que le retour des plus de six cent mille personnes déplacées serait « strictement interdit » jusqu’à ce que « la sécurité des habitants du nord d’Israël » soit garantie. Conformément au plan de Katz, déjà mis en œuvre à Rafah et Beit Hanoun dans la bande de Gaza, les maisons des villages frontaliers – dont beaucoup, rappelons-le, sont habités depuis des temps immémoriaux par des chrétiens catholiques melkites et maronites – seront démolies.

    Quant à la Syrie voisine, utilisée ces derniers jours par Israël comme base arrière pour attaquer la vallée de la Bekaa au Liban par l'est, les communautés chrétiennes vivent une Semaine sainte marquée par la violence des extrémistes islamistes au pouvoir et de leurs alliés, comme cela a déjà été le cas pour les communautés alaouites, kurdes et druzes pendant le Ramadan. Des informations récentes font état d'attaques perpétrées par des milices gouvernementales ou progouvernementales contre des villages chrétiens à travers le pays. Le vendredi 27 mars au soir, les habitants orthodoxes grecs de Suqaylabiyah, ville de la province syrienne de Hama, ont subi une attaque de plusieurs heures menée par des émeutiers venus du village sunnite voisin de Qalaat al-Madiq, avec la complicité de la police locale.

    Des dizaines de maisons ont été criblées de balles, des commerces pillés et endommagés, des voitures incendiées, une statue de la Vierge Marie déboulonnée et un groupe de jeunes femmes a été victime de tentatives de viol. L'origine de ce qui ressemble à une descente punitive semble être une altercation entre un habitant de Qalaat al-Madiq et un vendeur d'alcool de Suqaylabiyah, dans un contexte de restrictions récentes sur la vente et la consommation d'alcool imposées par le régime islamiste de Damas (voir aussi ici et ici ).

    Après l'attaque, certaines églises ont décidé de suspendre les célébrations publiques du dimanche des Rameaux, en raison du climat de terreur qui s'est rapidement propagé parmi les chrétiens de la région, voire de tout le pays.

    Le samedi 28, le patriarche de l'Église grecque-catholique melkite, Joseph Absi, a annoncé que, « compte tenu de la situation actuelle », les célébrations de Pâques dans tout le patriarcat se dérouleraient à l'intérieur des édifices religieux, sans la dimension publique qui caractérise habituellement ces rites. Le dimanche des Rameaux, un marchand de Safita, village chrétien de la campagne de Tartous, a été attaqué, grièvement blessé et dépouillé d'une importante somme d'argent dans son bureau de change par des miliciens du gouvernement.

    L'implication des forces gouvernementales d'Ahmed al-Sharaa dans les violences, les vols et les enlèvements est constante depuis le changement de régime de décembre 2024. Le dimanche des Rameaux, des inconnus ont vandalisé une statue de la Vierge située dans le petit sanctuaire d'al-Basiya à Baniyas, un village alaouite et chrétien déjà durement touché par les hommes de Hayat Tahrir al-Sham lors du massacre des Alaouites en mars 2025. Selon certaines sources, une première statue de la Vierge avait été déboulonnée au même endroit le 19 février, et les habitants l'avaient remplacée par celle visée par ces derniers actes de vandalisme.

    Les perspectives pour la Semaine sainte sont sombres ; de toute évidence, les auteurs de violences contre les minorités religieuses en Syrie bénéficient d'une impunité qui leur permet d'opprimer et de submerger des communautés entières sans défense en toute impunité. La guerre qui fait rage dans les pays voisins ne fait que détourner l'attention de la crise humanitaire qui ravage la Syrie depuis plus d'un an, soit en silence, soit avec la complaisance de la communauté internationale.

  • Des dizaines de morts lors d'attentats le dimanche des Rameaux au Nigéria

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    Du site Persecution.org :

    Des dizaines de morts lors d'attentats le dimanche des Rameaux au Nigéria

    30 mars 2026

    30 mars 2026

    Des hommes armés ont tué au moins 30 personnes lors d'une attaque perpétrée le dimanche des Rameaux à Ungwan Rukuba, une communauté située dans la zone de gouvernement local de Jos Nord, dans l'État du Plateau, au Nigeria.

    L'incident s'est produit en soirée, lorsque des hommes armés auraient pénétré dans le quartier et ouvert le feu sur les habitants. Des témoins oculaires ont décrit l'attaque comme coordonnée ; plusieurs victimes ont été recensées et plusieurs maisons ont été touchées.

    Suite à l'incident, le gouvernement de l'État du Plateau a imposé un couvre-feu de 48 heures dans certaines parties du nord de Jos afin de contenir la situation. Malgré cette restriction, des habitants, notamment des jeunes, ont manifesté dans les rues pour protester contre les meurtres et bloquer des routes dans certains quartiers.

    Des informations distinctes provenant d'Angwa Rukuba Junction, d'Eto Baba et de résidences étudiantes voisines indiquent qu'au moins dix personnes ont été tuées par balles plus tôt dans la journée de dimanche. Un travailleur humanitaire, Alex Barbir, a déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que les victimes étaient des chrétiens attaqués le dimanche des Rameaux.

    Les témoignages des habitants divergent quant à l'identité des assaillants. Un témoin les a décrits comme des membres de Boko Haram, tandis qu'un autre a affirmé qu'il s'agissait de miliciens peuls armés arrivés à moto, ayant tiré sporadiquement avant de se replier vers les zones montagneuses avoisinantes. Au moment de la rédaction de cet article, les services de sécurité n'avaient publié aucune déclaration officielle confirmant l'identité des assaillants.

    Des sources locales ont conseillé aux étudiants vivant à proximité des zones touchées de rester chez eux, les tensions persistant.

    Attaque de Kaduna

    Dans un incident distinct survenu dans l'État de Kaduna, des hommes armés ont tué au moins 13 personnes lors d'une attaque menée tôt dimanche matin contre le village de Kahir, dans la zone de gouvernement local de Kagarko.

    Selon des sources locales, les victimes assistaient à un enterrement de vie de garçon lorsque des hommes armés ont ouvert le feu. Un habitant, Habila Markus, a indiqué que plusieurs membres de sa famille figuraient parmi les personnes tuées. D'autres ont été blessés et ont reçu des soins médicaux.

    Les autorités ont identifié les victimes dans les communautés de Kahir, Kadda et Kukyer ; les personnes tuées étaient âgées de 21 à 31 ans, selon les registres communautaires.

    Profil des attaques pendant la Semaine sainte

    Les données compilées à partir de rapports antérieurs indiquent que des attaques ont eu lieu dans l'État de Plateau pendant la période de Pâques ces dernières années.

    En 2025, un rapport de l'International Christian Concern (ICC) a documenté le meurtre d'au moins 54 chrétiens dans le village de Zikke, près de Jos, à la suite des célébrations du dimanche des Rameaux, ainsi que la destruction de plus de 100 foyers.

    En 2024, quatre personnes ont trouvé la mort à Njukkudel et Tangur, dans la zone de gouvernement local de Bokkos, le lundi de Pâques. Des incidents antérieurs, survenus en 2021 et 2022, comprenaient des attaques perpétrées durant le week-end pascal, qui avaient entraîné la destruction de maisons et le déplacement de populations.

    En 2020, neuf personnes, dont des enfants et une femme enceinte, auraient été tuées à Hura-Maiyanga, dans la zone de gouvernement local de Bassa, pendant la Semaine sainte.

    Les incidents de 2026 à Jos et Kagarko se sont produits pendant la même période du dimanche des Rameaux, s'ajoutant à une série d'attaques signalées dans l'État du Plateau et les zones environnantes pendant la période de Pâques ces dernières années.

    On peut lire aussi : Dimanche des Rameaux sanglant au Nigéria : des djihadistes massacrent plus de 40 chrétiens à Jos

  • OIDAC Europe : Rapport de février sur le vandalisme et les incidents violents dans les églises

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    Dans une avancée juridique majeure pour la liberté religieuse, un tribunal maltais a acquitté Matthew Grech, jugé depuis 2022 pour avoir témoigné de sa conversion au christianisme lors d'une émission télévisée. Lors de cette interview, Grech avait évoqué son abandon de l'homosexualité après sa conversion et avait été poursuivi en vertu de la loi maltaise interdisant les « pratiques de conversion ». Dans son jugement, le tribunal a souligné que le débat public sur des sujets sensibles ne saurait être automatiquement considéré comme une infraction pénale.

    Une autre affaire importante est en cours devant la Cour européenne des droits de l'homme , qui a formellement examiné 20 requêtes concernant des chrétiens interdits de séjour en Turquie uniquement pour avoir pratiqué leur foi.

    Ces dernières semaines ont été particulièrement chargées pour OIDAC Europe, avec des interventions lors de deux événements parallèles du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies consacrés à l'intolérance envers les chrétiens et à la protection des lieux de culte , ainsi que des contributions à une formation de l'OSCE et à une session avec la Conférence des évêques autrichiens . Vous trouverez ci-dessous un aperçu plus détaillé de nos activités récentes.

    Rapport de février sur le vandalisme et les incidents violents dans les églises

    Nous avons le plaisir de vous présenter notre rapport de février sur le vandalisme d'églises et les violences antichrétiennes en Europe. Au total, nous avons recensé 34 crimes de haine antichrétiens , dont 11 incendies criminels, dépassant ainsi le chiffre de janvier, qui avait déjà atteint un pic.

    Parmi les incidents les plus graves, on peut citer un incendie criminel présumé visant l'autel d'une église paroissiale du Loiret, en France, une série de trois incendies criminels d'églises à Eden, aux Pays-Bas, et l' incendie de croix funéraires dans une salle de prière d'un cimetière à Amtzell, en Allemagne.

    Parmi les autres cas, on peut citer des graffitis sataniques menaçant d'incendier une église à Poznań, en Pologne, et une violente attaque contre un événement chrétien pro-vie à Coblence, en Allemagne, qui a laissé deux participants hospitalisés.

    La tendance se poursuit en mars

    Malheureusement, les attaques contre des églises se sont poursuivies durant les premières semaines de mars, notamment des incendies criminels en Autricheen Pologneen Irlande et en Suisse, où une Bible a été brûlée sur un autel. En Allemagne, une croix a été arrachée de la façade d'une église méthodiste et jetée à la poubelle, tandis qu'en Italie, une bombe artisanale a explosé contre une église à Modesto et des coups de feu ont été tirés sur une église et un tableau religieux à Tuscania.

    Lisez le rapport de février 2026

    Merci de votre intérêt et de votre soutien constants !

    Anja Tang
    Directeur exécutif
    OIDAC Europe

  • L'immobilisme d'Ursula von der Leyen face à la purge silencieuse dont sont victimes les chrétiens étrangers en Turquie

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    De Thibault van den Bossche sur le site de l'ECLJ :

    Expulsion des chrétiens étrangers: l'immobilisme d'Ursula von der Leyen face à la purge silencieuse en Turquie

    17 Mars 2026

    Le Parlement européen, dans une résolution adoptée le 12 février 2026, condamne fermement les expulsions ciblées de chrétiens étrangers en Turquie, sous prétexte de sécurité nationale. Il s’agit d’une atteinte systémique à la liberté de religion, aux conséquences dramatiques pour les communautés protestantes locales. Pendant ce temps, les recours se multiplient devant la Cour européenne des droits de l’homme. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ne peut rester silencieuse.

    Tribune parue dans Le Journal du Dimanche.

    Un simple code administratif peut suffire à bouleverser la vie d’une famille entière: le N-82. La Turquie n’emprisonne plus les chrétiens étrangers. À leur retour d’un déplacement à l’étranger, ils apprennent à l’aéroport qu’ils ne peuvent plus entrer sur le territoire, au motif qu’ils constitueraient une «menace pour la sécurité nationale». Aucune accusation pénale. Aucun procès. Aucun élément de preuve communiqué. Pour certains, plus de trente ans de présence légale balayés du jour au lendemain.

    Une politique d’expulsions ciblées de chrétiens sous prétexte de sécurité nationale

    Entre 2019 et 2024, au moins 132 chrétiens étrangers ont été individuellement expulsés ou frappés d’interdictions d’entrée en Turquie, soit 303 en incluant les membres de leur famille. Certains ont participé à des réunions de familles protestantes, à des conférences chrétiennes ou à des activités que les autorités turques assimilent à du «missionnariat». Leur seul point commun est un engagement religieux chrétien visible, parfaitement légal en Turquie et pourtant utilisé pour justifier les expulsions.

    Ce système d’expulsions administratives marque un tournant. En 2016, le pasteur américain Andrew Brunson avait été arrêté puis détenu pendant près de deux ans. Les autorités turques l’accusaient d’implication dans la tentative de coup d’État. L’affaire avait provoqué une grave crise diplomatique avec les États-Unis. Depuis, les chrétiens étrangers sont toujours assimilés à des agents de l’étranger, mais la méthode a changé. Plus d’images de pasteurs derrière les barreaux. Les expulsions sont devenues discrètes, presque invisibles.

    Le Parlement européen condamne les expulsions ciblées de chrétiens en Turquie

    Les députés du Parlement européen ont porté le débat jusqu’à Strasbourg. Le 12 février, ils ont adopté une résolution dénonçant les «expulsions ciblées de journalistes et de chrétiens étrangers sous prétexte de sécurité nationale». Pour Bert-Jan Ruissen, il était urgent que la «violation grave de la liberté religieuse» dont sont victimes les communautés protestantes «délibérément marginalisées» soit enfin portée à l’attention de l’Union européenne, «alors même que la Commission renforce ses relations avec la Turquie».

    Tomislav Sokol appelle lui aussi à une réaction politique claire: «Les chrétiens sont la communauté religieuse la plus persécutée dans le monde. La crédibilité de l’Europe se mesure à sa capacité à défendre la liberté de religion de manière cohérente, partout et sans double standard.» L’eurodéputé a par ailleurs déjà adressé une question écrite à la Commission européenne, à laquelle celle-ci devra répondre officiellement dans les prochaines semaines.

    L’affaiblissement organisé des communautés protestantes locales devant la CEDH

    Face à un système judiciaire interne défaillant qui valide largement ces décisions, les chrétiens expulsés n’ont plus qu’un recours : la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Le contentieux prend de l’ampleur. L’affaire Wiest, dont le requérant est un protestant américain, pourrait dans les prochains mois devenir un arrêt de principe. Au moins une vingtaine de requêtes similaires suivront, notamment celles regroupées dans l’affaire Wilson, qui incluent des citoyens européens: deux Allemands, un Espagnol, un Néerlandais et un Suisse.

    Le cœur du problème touche à la liberté de religion. Les expulsions s’inscrivent dans une vision plus large d’une nation turque homogène, sunnite musulmane, méfiante envers les chrétiens. Les missionnaires étrangers sont ciblés parce qu’ils soutiennent des communautés protestantes locales, en partie composées de convertis issus de l’islam. Ces communautés se retrouvent fragilisées dans leur organisation, leur accompagnement spirituel et leur transmission.

    Liberté religieuse: l’Europe face à ses responsabilités

    Ce qui se joue aujourd’hui en Turquie n’est pas sans précédent. En 2010, le Maroc avait expulsé environ 150 chrétiens étrangers au nom de la lutte contre le prosélytisme. Là aussi, la voie administrative avait permis d’éviter un scandale immédiat. Mais la Turquie est candidate à l’adhésion à l’Union européenne et membre du Conseil de l’Europe. À ce titre, elle ne peut instrumentaliser indéfiniment la sécurité nationale pour restreindre une liberté fondamentale. Il appartient désormais aux juges de la CEDH, mais aussi à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et aux autres responsables politiques européens, de dénoncer clairement ces pratiques.

  • Saint Jean Sarkander, martyr de la confession

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    Peut inclure: Portrait d'un homme barbu, portant un chapeau noir et un manteau marron. Un halo doré entoure sa tête. Il tient une branche de feuilles vertes. Le fond est de couleur dorée chaude.

    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    Jean Sarkander, martyr de la confession

    Au début du XVIIe siècle, dans une Europe centrale secouée par les affrontements entre catholiques et protestants, le prêtre Jean Sarkander continue d’exercer son ministère, malgré un climat de violence et de suspicion. En Moravie, région travaillée par la révolte, il reste fidèle à l’Église, se retrouve accusé de collusion avec le camp catholique, et il est arrêté, dans un contexte où les enjeux politiques et religieux sont étroitement mêlés. Emprisonné, puis soumis à la torture pour le contraindre à révéler ce qu’un seigneur lui aurait confié en confession, il incarne jusqu’au bout la fidélité de l’Église au secret sacramentel, que nul pouvoir ne peut légitimement violer.


    Les raisons d'y croire

    • L’époque est gravement troublée par les sanglantes dissensions qui opposent les catholiques fidèles à l’empereur d’Autriche aux révoltés de Bohême et de Moravie, très largement gagnés au protestantisme et dont beaucoup continuent à vénérer le souvenir de Jan Hus, grand hérésiarque. Dans ces régions en ébullition permanente, choisir le parti de l’Église revient à s’exposer à des ennuis, des spoliations, des persécutions, voire pire. Les Sarkander le savent, mais ils gardent fièrement la foi de Rome et inscrivent leur fils au collège des jésuites d’Olomouc. Ils ont donc fait un choix, politique certes, mais avant tout religieux, en toute connaissance de cause.
    • En effet, comme le rappellera Jean-Paul II dans la bulle de canonisation de Jean Sarkander, en 1995, il y a de grands mérites à s’exposer ainsi, par fidélité à la foi catholique, à des difficultés et à des persécutions de la part du gouvernement.
    • Après des études de philosophie et de théologie à Prague et à Graz, et bien qu’il semble attiré par le sacerdoce, Jean rentre chez lui pour épouser celle que sa famille lui a choisie. Celle-ci meurt cependant avant leur mariage. Jean voit dans la perte de sa promise un signe providentiel et, renonçant à conclure une autre alliance et à envisager tout autre projet mondain, il décide de reprendre ses études de théologie afin de devenir prêtre. Il est ordonné en 1608. Là encore, c’est un choix courageux, celui du renoncement, alors qu’une vie aisée et confortable semblait l’attendre. Chez lui, l’appel de Dieu l’emporte sur toute autre considération.
    • Après avoir été vicaire dans plusieurs paroisses, l’abbé Sarkander est nommé curé d’Holesow, en Moravie, en 1616. Cette nomination dans une région en pleine agitation, où les protestants sont majoritaires, équivaut presque à signer son arrêt de mort. L’inconfort et les risques de sa mission pastorale ne l’arrêtent pourtant pas. En dépit des dangers encourus, le sens de son devoir et l’appel des âmes en détresse l’emportent sur toute prudence humaine.
    • L’abbé Sarkander ressent en effet vivement la nécessité d’arracher les âmes de ses paroissiens à l’influence de la Réforme et de ramener les brebis égarées à Rome par la douceur. Il se lie alors d’amitié avec un seigneur catholique polonais, le baron de Lobkowitcz, qui l’aide matériellement dans sa mission et dont il devient le confesseur. Ce faisant, il prend un risque, car son protecteur demeure fidèle à l’Empire et représente l’une des têtes d’une opposition politique que l’on cherche à anéantir.
    • Indifférent aux menaces et aux périls, Sarkander poursuit pourtant son œuvre missionnaire, n’hésitant pas à s’aventurer seul dans les zones aux mains des hussites et des frères bohémiens, groupes protestants connus pour leur haine des catholiques et leur violence. Il convertit ainsi, sans violence et sans intimidation, près de deux cents personnes, ce qui montre la pertinence de ses propos.
    • En 1618, la situation devient si tendue que le clergé catholique est contraint de quitter Holesow pour la Pologne. Au bout de six mois d’exil, profitant d’une contre-offensive impériale en Moravie, il décide de rentrer afin que son peuple ne soit pas plus longtemps privé des sacrements ; il se montre alors vraiment le « Bon Pasteur », imitation du Christ, qui donne sa vie pour ses brebis.
    • Peu après son retour, les troupes polonaises au service de l’empereur ravagent la région. Décidé à protéger les siens à tout prix, Jean prend le saint sacrement et marche au-devant d’elles. À la vue de ce prêtre brandissant l’ostensoir, les Polonais, persuadés que toute la population doit être catholique, épargnent Holesow, qui sera la seule ville dans ce cas. Loin de le remercier, les autorités protestantes tiennent son geste pour un crime et pour la preuve de sa collusion avec l’ennemi. Il est arrêté et emprisonné pour haute trahison.
    • L’abbé Sarkander demeure de longs mois emprisonné dans des conditions particulièrement pénibles. Il lui reste pourtant un moyen d’être libéré : révéler les secrets que Lobkowicz, à la tête de l’opposition, aurait pu lui confier sous le sceau de la confession. Malgré les menaces, le prêtre s’y refuse, affirmant que, quand bien même il saurait quelque chose, il ne pourrait en dire mot. Il faut une grande force d’âme et une grande constance pour s’en tenir à une telle attitude. Seul son respect des sacrements et de leur nature divine peut l’expliquer.
    • À la mi-février 1620, les autorités protestantes, décidées à le faire parler à tout prix, le font mettre à la torture. Malgré la cruauté de ce traitement, dont la férocité ne cesse de croître, il ne dit rien et succombe un mois plus tard à ses blessures, le 17 mars, dans l’église Notre-Dame, où il a été transporté agonisant. Pour lui, le secret de la confession l’a emporté sur toute autre considération : il meurt martyr pour l’avoir maintenu coûte que coûte.

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  • Quand les églises deviennent des cibles

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Une église n'est pas destinée à être brûlée

    Il n'est pas surprenant que les églises chrétiennes soient fréquemment la cible d'attaques dans les pays à majorité musulmane du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie. Ces attaques durent depuis des années, avec une forte recrudescence depuis le 11 septembre et l'émergence de groupes islamistes radicaux, comme je l'ai documenté dans mon livre « Les Martyrs du nouveau millénaire » . De plus, ces attaques sont souvent ciblées lors de grandes fêtes chrétiennes comme Noël et Pâques, ce qui ajoute à l'injustice.

    Ce qui surprend, en revanche, c'est le peu d'attention que les médias occidentaux accordent aux violences en cours. Au Nigéria, le massacre de chrétiens – des milliers de victimes en 2025 –, les attaques contre les églises et les écoles chrétiennes, ainsi que les enlèvements et les demandes de rançon, ne pouvaient plus être ignorés par les médias et les gouvernements. Pourtant, le sort des chrétiens dans une douzaine d'autres pays ne suscite jamais d'attention sérieuse. Cet échec s'explique manifestement par deux raisons : la réticence des journalistes – dont les rédactions sont majoritairement progressistes – à contribuer à l'« islamophobie », et une forme latente de sectarisme anti-chrétien.

    Le politologue américain Samuel Huntington affirmait que l'islam a des « frontières sanglantes », comme en témoignent non seulement l'histoire récente, mais aussi les interactions de longue date entre l'islam et les chrétiens, les hindous, etc. Les analystes modernes tentent souvent de nier la dimension religieuse de ces conflits ; à l'ère du matérialisme, les causes politiques et économiques sont considérées comme les véritables causes, les motivations religieuses étant au mieux secondaires. Mais croire cela, c'est ignorer des siècles d'histoire – et le Coran lui-même.

    Il est néanmoins surprenant que ces mêmes médias passent rapidement sous silence, ou plus généralement ignorent, les actes ouvertement antichrétiens, même en Occident.

    Il n'est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver des exemples frappants. Plus tôt ce mois-ci, lors des « célébrations » de la Journée internationale des femmes, des églises au Mexique – au Mexique catholique ! – ont été littéralement prises pour cibles par des féministes extrémistes (voir la vidéo ici ). Mais ce n'est pas un cas isolé. Partout en Amérique latine, y compris en Argentine sous le pontificat du pape François, des incidents similaires se sont produits, alimentés par la colère féministe et des idéologies radicales de toutes sortes. Au Venezuela, au Nicaragua et à Cuba, nous assistons même à la persistance de la répression marxiste contre l'Église – un héritage des cauchemars totalitaires du siècle dernier. Et ces régimes sont soutenus par le communisme d'État traditionnel en Chine, qui est tristement célèbre pour sa persécution des religions.

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  • José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons, martyrs victimes des "Rouges" espagnols (11 mars)

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    D'Evangile au Quotidien :

    José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons
    Martyrs de la Guerre Civile Espagnole (1936-1939)
    Béatification record du 11 mars 2001 par saint Jean-Paul II
    Mémoire commune : 11 mars
    Mémoire individuelle : ‘dies natalis’ de chacun

    Fruit du grand Jubilé de l'An 2000, cette béatification du 11 mars 2001 est la première du nouveau siècle et du nouveau millénaire. Jamais autant de serviteurs de Dieu n'ont été béatifiés à la fois. (Il faut remonter au Bx Pie IX - Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878, en 1867, pour avoir la béatification de 205 martyrs du Japon.) Chaque cause a été étudiée individuellement. Chacun de ces martyrs avait déjà mené une vie sainte digne de béatification avant que le martyr ne vienne couronner leur carrière. L'Église de Valence, suivie par celles de Barcelone et de Lérida, a commencé à instruire les procès de béatification depuis 50 ans déjà. Une masse de documents a été recueillie.
    Avant cette béatification, saint Jean Paul II avait déjà célébré 10 béatifications pour des martyrs de la guerre civile espagnole, soit, avec ceux de ce jour, 471 martyrs. A savoir: 4 évêques, 43 prêtres séculiers, 379 religieux, 45 laïcs.

    La seconde République instaurée en 1931 amène le "Frente popular" (Front populaire) au pouvoir. Composée de communistes, socialistes et anarchistes, elle est essentiellement anticléricale. Pourtant les évêques ont reconnu au début sa légitimité. Si les violences ne se déclenchent pas tout de suite, néanmoins ce gouvernement révolutionnaire entame d'emblée une persécution juridique : dissolution des ordres religieux et nationalisation de tous leurs biens, approbation du divorce, crucifix retirés des classes.

    Après les lois restrictives vient la persécution sanglante avec la "Révolution des Asturies" en 1934 et les martyrs de Turon.
    En l'été 1936, les "Rouges", comme on les appelle, (à juste titre car leur but est de faire de l'Espagne un état satellite de la Russie), déclenchent la plus grande persécution religieuse qu'ait jamais connu l'Espagne. Sur la liste noire des personnes à abattre figurent en premier lieu tous les prêtres. A cause de sa brièveté dans le temps et de son intensité, c'est un ouragan révolutionnaire comparable à celui de la Révolution française qui s'abat sur toutes les régions où domine leur influence : incendie de couvents, d'évêchés, d'églises, destruction du patrimoine artistique sacré, bref, de tout ce qui rappelle la religion catholique. Mais les révolutionnaires ne sont pas suivis par tout le peuple ; au contraire, il se produit un sursaut de la conscience nationale.

    Une partie de l'armée avec le général Francisco Franco se révolte et crée le "Mouvement national". C'est alors la guerre civile entre "Rouges" et "Nationaux" qui dure de 1936 à 1938. Les révolutionnaires ont vraiment l'intention d'éradiquer l'Église et ils procèdent à des exécutions massives, accompagnées d'une férocité inouïe.
    Sont victimes: 13 évêques, 4184 prêtres, 2365 religieux, 283 religieuses, des milliers et des milliers de laïcs. Ils sont vraiment martyrs car ils ont été tués "en haine de la foi", ce ne sont pas des "victimes de guerre", car ils sont pacifiques et ne prennent pas part aux événements, ni des "victimes politiques ", car ils n'ont pas pris partie. (Notons à ce propos que le parti qui soutenait Franco, la "Phalange", influente surtout au début, avait certaines accointances avec les Nazis.). Conscients de mourir pour leur foi, beaucoup criaient « Vive le Christ-Roi! », ce qui n'est pas sans rappeler la guerre des "Cristeros" au Mexique (1926-1929), et tous, avant de mourir, pardonnaient de tout cœur à leurs bourreaux.

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