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Témoignages - Page 335

  • Girolamo Miani de Emiliani : un saint qui n'a pas attendu le concile de Trente

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    caimotto0360.jpgSource : missel.free

    Ce saint italien que nous nommons Jérôme Emilien est appelé par ses compatriotes Girolamo Miani de Emiliani. Il fut, avant le concile de Trente, le vaillant organisateur d'une congrégation de clercs réguliers dont la première maison fut ouverte à Somasque, près de Bergame.

    Saint Jérôme Emilien, né d’une noble famille vénitienne, en 1481, embrassa d’abord la carrière des armes qui lui procura une jeunesse aventureuse, batailleuse et jouisseuse, jusqu’à ce que, défendant Castelnuovo (près de Trévise) contre les Impériaux, il fut pris et enchaîné. Rentré en lui-même, il se convertit et attribua sa délivrance à la Vierge qu’il vint remercier au sanctuaire de Trévise où il promit de se vouer à son service. Après avoir été podestat de Castelnuovo, il rentra à Venise pour éduquer ses neveux et se préparer au sacerdoce. Il fut ordonné prêtre (1518) et se donna tout entier aux œuvres charitables.

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  • LLN, 9 février : témoignage d'Anne-Dauphine Julliand "Donner de la Vie aux jours"

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    "Donner de la Vie aux jours..."

    Un témoignage d'Anne Dauphine Julliand le Jeudi 9 février 2012 à Louvain la Neuve

    Mère de deux enfants atteints de maladie orpheline...

    “Ma Thaïs, tu as entendu tout ce qu’a dit le docteur. Tu ne pourra plus marcher, plus parler, plus voir, plus bouger. C’est très triste, c’est vrai. Et nous avons beaucoup de chagrin. Mais ma chérie, ça ne nous empêchera jamais de t’aimer. Et de tout faire pour que tu aies une vie heureuse. Je te le promets mon bébé : tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles ou comme Gaspard, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d’amour.”

    Témoignage le 9 février 2012 à Louvain la Neuve Auditoire Mont 11 à 20h00

    Réservation souhaitée

    C'est une initiative des étudiants du kot à projet "L'Auberge des Bruyères"

  • Inde/Karnataka : un institut universitaire jésuite attaqué par des radicaux hindous

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    Bangalore (Agence Fides) – Journée de terreur pour les Jésuites et pour les étudiants de l’Institut universitaire Saint Joseph d’Anekal, dans les environs de Bangalore (Etat du Karnataka). L’agression perpétrée par plus de 100 membres de groupes radicaux hindous, hostiles aux chrétiens et en particulier à leurs instituts d’instruction, pouvait avoir des conséquences beaucoup plus sérieuses. Hier, 30 janvier, une foule d’extrémistes et des éléments violents des groupes radicaux hindous « Vishwa Hindu Parishad », « Bajrang Dal », « Rashtra Sakthi Sene » et « Karnataka Rakshana Vedike » a fait irruption sur le campus universitaire, interrompant les cours. Le prétexte de cette action – explique à Fides l’ONG « Catholic Secular Forum » - a été l’absence d’exposition du drapeau national à l’occasion de la Fête de la République, ayant eu lieu hier en Inde.

    Le Doyen de l’Institut, le Père Melwin Mendonca, SJ, raconte à Fides avoir vécu des heures de grande peur, surtout du fait de la connivence entre les institutions civiles, les forces de sécurité et les extrémistes. Dans la foule des violents se trouvaient en effet également un certain nombre de Conseillers municipaux de la ville. Lorsque les Jésuites ont appelé la police, raconte le Doyen, « l’inspecteur et les agents se sont contentés d’être spectateurs des violences, permettant même que l’agitation sur le campus dure encore pendant deux heures ».

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  • Liège : quand Catholiques et Franc-Maçons se rencontrent…

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    Nul n’est une île, a fortiori dans une société plurielle.  Mais écouter le discours d’autrui ne signifie pas nécessairement y adhérer. C’est ce que démontre le lunch-débat organisé pour une centaine de participants le 25 janvier  à l’Université de Liège, le 25 janvier dernier, sur le thème «Questions et compatibilité entre Christianisme et Franc-Maçonnerie ». L’initiative de cette rencontre revient à l’Union des étudiants catholiques (cercle Ethique sociale) avec le concours du Forum « Calpurnia ».

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  • Un entretien avec le Cardinal Julien Ries

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    Notre ami L.W., du Forum Laïc Catholique Romain, a rencontré Monseigneur Julien Ries, notre nouveau cardinal. Il nous fait l'immense plaisir de nous communiquer l'interview que le prélat lui a accordé et nous autorise à le reproduire ici. Nous lui exprimons notre plus vive gratitude ainsi qu'à tous nos amis du Forum Laïc Catholique Romain.

    Entretien avec Monsieur le Cardinal Ries, Villers-Saint-Amand, le 16 janvier 2012

    Parcours

    Avant de commencer l’interview, nous voulions vous féliciter, au nom de tous les membres du Forum laïc catholique romain, pour votre accession au cardinalat.

    Monsieur le cardinal, vous êtes né en 1920 à Fouches, près d’Arlon. Pourriez-vous nous dire quelques mots de la vie dans ce petit village de la province de Luxembourg à l’époque de votre enfance ? Avez-vous certains souvenirs de messes célébrées à l’Eglise Saint Hubert de Fouches ?

    À l’époque, c’était un village vraiment sympathique ; ça le reste encore mais évidemment, aujourd’hui, il est devenu beaucoup plus grand ; et dans ce village, on s’entendait vraiment très bien. Nous avions un excellent curé. Je lui servais la messe tous les matins, pendant toute l’année et à l’âge de douze ans, je lui ai dit : « je veux devenir prêtre ». Alors, il s’est occupé de moi ; il m’a appris le latin ; il m’a appris le grec ; nous avons fait un tour de la grammaire française ; et c’est comme cela qu’il m’a préparé à entrer au Séminaire de Bastogne. J’ai pu entrer ainsi directement en cinquième latine ; l’année où j’avais beaucoup travaillé avec lui a compté pour mon diplôme normal d’humanité. C’était possible à l’époque : on pouvait faire une année en dehors d’un institut, d’une école ou d’un séminaire.

    Dans ce village, il y avait une excellente pratique religieuse ; même en semaine, il y avait beaucoup de monde bien que la messe était célébrée tôt, à sept heures du matin et cela même en hiver. Nous avions un très bon personnel enseignant aussi. Il y avait une particularité, dans ce petit coin de la Lorraine belge : à l’époque on parlait trois langues : le luxembourgeois, le français et l’allemand. Si bien qu’à l’âge de 12 ans, je connaissais ces trois langues. Et cela a été très précieux. C’était une vie vraiment très agréable…

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  • Mario Monti : la foi ne peut être réduite à une niche intime personnelle

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     Le nouveau président du gouvernement italien Mario Monti s’est rendu en  visite officielle chez Benoît XVI samedi 14 janvier. Répondant, le 18 janvier, aux questions de Radio Vatican et de   L’Osservatore Romano  , le président Monti s’est livré à une analyse précise des relations possibles entre Église et État, ainsi qu’à une évaluation éthique de la crise. Ses propos vont au-delà d’une simple évaluation de la situation italienne 

     « La relation entre les États et l’Église peut être considérée comme un pont, une ouverture qui abat les murs des égoïsmes nationaux, en affirmant le sens d’une appartenance qui signifie respect, responsabilité et solidarité », a-t-il tout d’abord déclaré (…) La crise est pour lui « de plus en plus une crise sociale ». Chacun doit s’interroger, selon Mario Monti, sur la manière de « mettre un terme au temps de la pauvreté, caractérisé par les exclusions, la perte d’espérance, la dénatalité, la désagrégation de la communauté, de la famille, des réalités associatives, tout en s’interrogeant sérieusement sur ce qu’est la véritable richesse » (…)

    À la question « Que signifie être crédible ? », Mario Monti répond : « Avant tout prendre en compte le bien commun face aux intérêts particuliers ». « Le sens de l’État, poursuit-il, se mesure à la volonté et au souci de cohérence de chacun pour traduire la conscience démocratique en règle de vie, exigeante pour soi-même et solidaire de tous » (…)

     S’appuyant sur l’expression utilisée par Benoît XVI peu après son élection (« Ne pas fuir, par peur, devant les loups »), le président du Conseil italien pense que « dans la tempête, nous devons cultiver, avec sagesse et patience, l’espérance ». Face à la crise, « les citoyens et les institutions ne doivent pas s’enfuir comme devant les loups, mais rester solidement unis ».

    Évoquant le rôle possible de la foi dans l’action publique, il confie : « La foi ne peut être réduite à une niche intime et personnelle. Au contraire, tout en respectant la nécessaire autonomie du politique, la foi ne peut pas être, comme le dit Joseph Ratzinger, “un simple corollaire théorique à une certaine vision du monde” ».

    Pour ce qui concerne la formation, l’intégration, la responsabilité civile et morale, la contribution de l’Église est, aux yeux de Mario Monti, « vraiment précieuse ». Il voit enfin dans « les mains du pape, des mains fortes, qui soutiennent les poids portés par beaucoup ».

     L’article complet dans « La Croix », sous la signature de Frédéric Mounier : Selon Mario Monti, « la foi ne peut être réduite à une niche intime et personnelle  Pourrait-on imaginer un tel propos dans la bouche d’un ministre du gouvernement belge ?

  • Pakistan : une blogueuse musulmane prend la défense de chrétiens malmenés

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    Source : Agence Fides

    Une intellectuelle et blogueuse musulmane s'est activée afin de défendre les enfants chrétiens maltraités dans le cadre d'un épisode qui a récemment secoué la communauté chrétienne de Karachi, la capitale du Sindh. Ces jours derniers, un groupe de quatre musulmans a attaqué une église chrétienne pentecôtiste dans la New Colony Mianwali de Manghopir (quartier de Karachi), a giflé les enfants, saccagé l'église, endommagé les objets du culte et piétiné les Bibles, rendant inutilisables les systèmes d'amplification. Selon les agresseurs, provenant d'une mosquée des environs, « les chants des enfants chrétiens troublaient leur prière ».

    « La communauté chrétienne locale n'a pas voulu porter plainte - explique à Fides un chrétien, représentant local de l'APMA (All Pakistan Minorities Alliance) - par crainte de rétorsions. L'attaque a épouvanté la communauté au point que toutes les nouvelles églises de la zone sont demeurées fermées pendant quelques jours. Ce sont surtout les enfants qui sont terrorisés ».

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  • Une grande poétesse "étonnamment libre"

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    Almanache-MNoel.pngLa récente édition de "l'Almanach pour une jeune fille triste" a remis - et ce n'est que justice - Marie Noël à l'honneur.

    Philippe Kersantin lui consacre un billet dans l'Homme Nouveau tandis que Diane Gautret, dans "Famille Chrétienne" recense cette parution qu'elle salue ainsi :

    "Magnifique victoire contre le désespoir que cet Almanach pour une jeune fille triste, livre inédit qui respecte l’esprit de Marie Noël. Il constitue le versant ­lumineux des Notes intimes de la poétesse catholique."

    Lire cette recension : http://www.famillechretienne.fr/

     

  • Soutenus par Pie XII, les évêques français contre les rafles

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    Anita S. Bourdin, sur Zenit.org, rend compte d'un dossier paru dans "Histoire du Christianisme Magazine"

    France : « Les évêques contre les rafles »

    Soutenus par Pie XII

    « Les évêques contre les rafles » titre en couverture « Histoire du Christianisme Magazine » qui précise : « Soutenus par Pie XII » dans son édition de janvier-février 2012 (n. 58) : un dossier réalisé avec le concours d’une historienne agrégée, Sylvie Bernay, qui rassemble l’essentiel de sa thèse de doctorat, encore inédite et qui devrait paraître en avril prochain aux éditions du CNRS sous le titre : « L’Eglise en France face à la Shoah ».

    « Comment les évêques français, soutenus par le pape Pie XII, ont-ils tenté de freiner la machine génocidaire ? » demande l’auteur en se fondant sur des fonds d’archives jusqu’ici inexplorés.

    HCM expose, dans ce dossier de 28 pages, richement illustrées, les « réseaux chrétiens de sauvetage » des juifs pendant l’occupation nazie, montre comment les libertés se sont décidées face aux persécutions, comment Pie XII a manifesté son soutien , elle indique certains « diocèses refuges » et propose ainsi une nouvelle vision de la réaction catholique face à la Shoah.

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  • "Deux petits pas, de la souffrance à l'espérance", Anne-Dauphine Julliand à BXL le 10 février

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    Bruxelles_10_f_vrier_72dpi.jpg

    Anne-Dauphine est l’auteur de

    Deux petits pas sur le sable mouillé paru en mars 2011.
    Thaïs, la fille de Loïc et Anne-Dauphine, a deux ans quand on découvre qu’elle est atteinte de leucodystrophie, une maladie rare. Il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Alors ses parent lui font une promesse : « Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière ».
    Venez découvrir un témoignage, une véritable leçon de vie, un hymne à l’amour...

  • Et Pie XII lui dit : "Sois fier d'être juif!"

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    Après un appel lancé sur facebook, plusieurs ami(e)s se sont proposés pour contribuer à enrichir ce blog. C'est ainsi qu'une amie - que nous remercions - a accepté de traduire cet article d'Andrea Tornielli paru sur le site du Vatican Insider, intitulé : "Et Pie XII lui dit, "sois fier d'être juif".

    "Le chercheur William Doino publie un nouveau témoignage sur le Pape Pacelli : il donne un nom et un visage au personnage du récit anonyme publié pendant la guerre sur le « Palestinian Post ».

    Le témoignage a été ressorti il y a quelques années après un examen minutieux des documents du « Palestinian Post » devenu « Jérusalem Post ». Un juif qui avait fui l’Allemagne, avait pu approcher le Pape Pie XII lors d’une audience pontificale au Vatican pendant la guerre.  A l’époque les audiences pontificales étaient ouvertes à tout le monde et les couloirs de la salle des audiences étaient remplis de participants qui souhaitaient approcher le Pape et lui adresser la parole.

    Le 28 avril 1944, sur le « Palestinian Post », on pouvait lire un article intitulé « Audience papale en temps de guerre ».  Un jeune Juif racontait que trois ans plus tôt, il avait pu rencontrer le Pape grâce à l’aide d’un prêtre Allemand.

    En 1941, après avoir pu fuir l’Allemagne, et malgré la présence de militaires allemands à l’audience, il avait pu parler quelques minutes avec le Pape Pie XII, et lui raconter les conditions dans lesquelles vivaient quelques cinq-cents réfugiés juifs prisonniers sur l’île de Rhodes, aux mains de l’armée italienne qui devait les livrer aux Allemands.

    Le Pape lui répondit :  « Tu as bien fait, mon ami juif, de venir me parler de ce qui se passe dans les îles. J’ai entendu parler de cette situation.  Peux-tu écrire un rapport et le confier à mon Secrétaire d’Etat qui s’occupe particulièrement du problème des réfugiés?  Maintenant je te dis, mon jeune ami, tu es Juif, je sais ce que cela représente par les temps qui courent. J’espère que tu pourras toujours être fier d’être Juif. » Haussant le ton afin que ceux qui étaient proches puissent l’entendre clairement, le pape dit : « Mon fils, si tu vaux plus que les autres, seul Dieu le sait, mais, crois-moi, devant Dieu tu vaux autant que tous les autres êtres humains qui peuplent la terre. Et maintenant, mon ami juif, va en paix avec la protection de Dieu Tout-Puissant et n’oublie jamais : sois fier d’être Juif ! »

    L’érudit Américain William Doino, auteur de plusieurs essais et livres à propos de Pie XII a pu donner un nom et un visage à l’auteur de ce témoignage (http://moynihanreport.itvworking.com/author/billdoin); il s’agit du Juif d’origine allemande HEINZ WISLA.  Il avait 21ans à l’époque des faits. Dans ses écrits des années 1941-1942, Wisla affirme que c’est grâce à l’intervention du Pape que la Croix Rouge intervint pour sauver les Juifs internés sur l’île en les évacuant vers l’Italie.
    Voilà un énième témoignage qui prouve l’attitude et l’implication du Pape que certains tiennent à tort comme antisémite.

  • L'abbaye de Lagrasse, l'apostolat de la beauté

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    MEDIA_090ea065-e413-4f50-988d-c43f113adedb.jpgLe mensuel « La Nef » publie dans son n°223 de janvier 2012 une interview du TRP Emmanuel-Marie de Saint-Jean, Père-Abbé de l’abbaye de Lagrasse (dans le massif des Corbières, non loin de Carcassonne) par Florence Eibl

    Extraits :

    « La Nef – Depuis votre installation à l’abbaye de Lagrasse en 2004, vous avez entrepris des travaux de restauration considérables (…) Pourquoi restaurer une abbaye ancienne, plutôt que de faire construire un nouveau monastère ? Quel sens donnez-vous à cette restauration ?

    La résurrection d’un patrimoine spirituel est une œuvre qui nous inscrit dans une histoire plus grande que nous-mêmes. Nous entrons dans une lignée, nous sommes des héritiers. L’abbaye de Lagrasse a été l’une des premières abbayes de France consacrées à la Vierge Marie. Pour notre communauté toute consacrée à Notre Dame, en un sens, c’était servir Marie que de restaurer son domaine. Cela demande de l’humilité, parce qu’il faut entrer dans une démarche respectueuse des siècles passés. Un bâtiment médiéval, un bâtiment du XVIIIe siècle ne se plient pas aux lois de notre vouloir. Ils imposent une adaptation qui n’est pas toujours facile – lorsqu’il s’agit de mettre aux normes, par exemple, la future cuisine ! Lorsque nous avons projeté l’achat de l’abbaye, nous avons hésité, à cause de l’aspect colossal des travaux à venir. Mais finalement, nous avons été séduits par le défi que représentait cette aventure. Restaurer une abbaye, c’est aussi montrer que le passé peut s’épanouir dans l’avenir, que la tradition est une semence d’espérance pour le futur. Je crois que c’est cela aussi qui séduit nos bienfaiteurs, sans lesquels nous ne pourrions relever ce défi. Ils y voient une manière d’exprimer le mystère de l’espérance.

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