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Doctrine - Page 2

  • France : le secret de la confession dans le collimateur, premier résultat du Rapport Sauvé ?

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    Mgr de Moulins fd2919149900e78727c26519f459fb62de7827e2.jpg

    Lu sur le site web « Salon beige » :

    « Communiqué de Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France :

    Le Président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, a reçu du ministre de l’intérieur, M. Gérald Darmanin, ce jour à 13h15, un message par lequel M. le Ministre exprime le souhait de « convenir d’un entretien ».

    Mgr Éric de Moulins-Beaufort a fait savoir, par son secrétariat, à 14h45, qu’il acceptait cette invitation. Il rencontrera ainsi M. Gérald Darmanin le mardi 12 octobre à 14h.

    Mgr Éric de Moulins-Beaufort sera heureux d’échanger avec M. le Ministre de l’Intérieur sur le sens du sacrement de la confession pour les catholiques et sur les fondements théologiques, spirituels et canoniques du secret de la confession. Ce sera pour lui l’occasion de rappeler qu’aujourd’hui, le secret de la confession, imposé aux prêtres par le droit canonique, n’est pas contraire au droit pénal français, comme le souligne la circulaire de la chancellerie du 11 août 2004.

    La confession est aussi un moment durant lequel une personne victime, par exemple un enfant, peut évoquer ce qu’elle a subi, et être rassurée sur son innocence… parce que la certitude du secret lui permet de livrer ce qui lui est le plus difficile. Ce temps peut être alors, sur les encouragements du prêtre qui reçoit cette confession, une première étape dans la libération de la parole, en dehors du sacrement.

    Le secret de la confession a toujours été respecté par la République française. C’est l’honneur de la République française que de respecter ainsi la dignité de la conscience de chacun. »

    Ref. Secret de la confession : soutien à Mgr de Moulins-Beaufort convoqué par le ministre Darmanin

    JPSC

  • Un catéchisme pour adultes

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    L'abbé Guillaume de Tanoüarn se lance dans la rédaction d'un catéchisme pour adultes :

    De quoi parle le catéchisme ?

    J'entreprends de rédiger un  catéchisme pour adultes sur ce blog. Pourquoi une telle ambition ? Parce qu'il manque, sur le marché, un catéchisme qui soit vraiment pour adultes mais qui reste simple d'approche. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique est parfait quand on cherche une référence. Mais il est trop long pour servir de livre d'étude.  Le résumé qui en a été fait reste à mon avis trop intellectuel ; c'est encore un catéchisme très théologique et qui commence par la liturgie, ce qui ne me semble pas très simple. La foi n'est pas la théologie. La liturgie, comme je l'ai expliqué dans mon dernier livre, nous entraîne dans une véritable initiation de tout l'être au Mystère du Christ. Le catéchisme qui doit être clair, est avant tout le manuel qui explique à l'impétrant comment  participer au plan de salut de l'humanité, apporté par le Christ. La réponse est simple et en trois temps : le catéchisme enseigne ce qu'il faut croire, ce qu'il faut faire et les moyens à notre disposition pour croire et pour faire, que l'on nomme les sacrements.

    Prenons ces trois points l'un après l'autre : la foi d'abord, cette grande méconnue.

    C'est par la foi, non par la raison, que l'on participe au mystère du Christ. Qu'est-ce que la foi ? Ni une philosophie, ni une idéologie, ni même une théologie, nous venons de le dire. La foi dit saint Paul aux Hébreux est "la substance de ce que l'on espère". 

    Nous avons tous une espérance, ou alors on se flingue. Nous avons tous en nous l'idée que la vie est supérieure à la mort et qu'elle doit triompher. La question qui se pose est : où mettons-nous notre espérance ? En nous-même ? Dans notre courage physique ? Dans notre intelligence ? Dans notre volonté indéfectible de prendre la vie comme elle vient ? Tout cela peut nous induire à l'espérance, mais nous savons tous que face à ces forces dont nous sommes si fiers, la mort aura toujours le dernier mot. Faut-il se résigner à dire avec Heidegger que "l'homme est un être pour la mort " ? Notre vie serait une sorte de monstrueuse exception, une parenthèse vite refermée, un emballement sans lendemain de la logique biologique qui nous gouvernerait seule ? Ce pessimisme, s'imposant à la réalisation merveilleuse qu'est l'animal humain, est difficile à croire.

    Nous avons tous obscurément une autre espérance et nous en vivons : l'espérance que la science prolongera indéfiniment notre durée de vie... L'espérance qu'au dernier moment la vie l'emportera sur la mort d'une manière que Dieu connaît. La foi est universelle, comme l'espérance qu'elle nous représente. Ce qui fait de nous des chrétiens en devenir, c'est que nous pensons que seul le Christ peut nous sauver, c'est-à-dire faire triompher la vie en nous. Il est le seul dont on puisse dire ce qu'affirme l'évangéliste saint Jean dans le prologue de son Evangile : "En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes". "Il est le premier né d''une multitude de frères" dit saint Paul de son côté, le premier des ressuscités et donc celui en qui et par qui nous pourrons ressusciter à notre tour par la foi en lui.

    Notre foi dans le Christ ne vient pas d'une démonstration rationnelle. Elle est la foi dans un Mystère, la résurrection, et elle est elle-même un mystère; quelque chose de caché à nos yeux, quelque chose que nous ne pouvons pas atteindre par un mouvement réflexe du type : "Je crois que je crois". Je crois ! Rien à voir avec "Je crois que". Je suis prêt au nom de ma foi à rendre compte de mon espérance. Maladroitement peut-être mais avec conviction. Les lambeaux de vérité que j'ai atteint, je suis prêt à les défendre comme si ma vie en dépendait. Parce que ma vie en dépend.

    Ce qu'il faut croire? La foi est si précieuse dans son contenu qu'elle a immédiatement fait l'objet de résumés que l'on nomme aujourd'hui kerugmata, proclamations. Le plus ancien de ces kérygmes nous est livré par saint Paul à la fin de la première Epître aux Corinthiens, vingt ans après la passion et la résurrection du Christ. Nous utiliserons, nous, le Credo de Nicée-Constantinople (324-385) qui présente une sorte de résumé de la foi chrétienne et nous le commenterons mot à mot..

    Deuxième point : Ce qu'il faut faire, Dieu a donné dix commandements à Moïse, il ne revient pas sur sa loi. Il n'y a pas abrogation. Mais dans l'Evangile, le Christ donne deux commandements,  le second étant dit semblable au premier : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit". Et le second commandement : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même"(Matthieu22, 39). Comme dit saint Paul : "L'amour est l'accomplissement du précepte" (Romains 13, 10). Sans amour, on n'accomplit pas les commandements de Dieu.

    Troisième point : quels sont les moyens que Dieu met à notre disposition pour que nous rentrions dans son plan de salut. Ce sont les sept sacrements, à commencer par le baptême. 

    Nous reviendrons sur ces deux points mais nous commençons tout de suite le commentaire du Credo.

  • Pas de François sans Vatican II

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    Tout, dans l'Eglise, commencerait-il avec Vatican II ?

    De Cindy Wooden sur Catholic News Agency via le site Présence (Canada) :

    Le pape rappelle à quel point le concile Vatican II a façonné sa théologie

    Dans la préface d'un nouvel ouvrage, le pape François rappelle à quel point le concile Vatican II a façonné sa théologie.   

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    (CNS photo/Libreria Editrice Vaticana)

    Le pape François a déclaré que le concile Vatican II a tellement façonné sa vision théologique et pastorale qu'il n'a peut-être pas été aussi explicite qu'il aurait dû l'être pour souligner ces liens, notamment en ce qui concerne les contributions du concile à l'enseignement social catholique.

    « Dans l'histoire de l'Amérique latine dans laquelle j'ai été immergé, d'abord comme jeune étudiant jésuite puis dans l'exercice de mon ministère, nous avons respiré un climat ecclésial qui a absorbé avec enthousiasme et fait siennes les intuitions théologiques, ecclésiales et spirituelles du concile et les a inculturées et mises en œuvre », écrit-il dans la préface d'un nouveau livre.

    « Le concile est devenu l'horizon de notre croyance, de notre langage et de notre praxis, c'est-à-dire qu'il est rapidement devenu notre écosystème ecclésial et pastoral », a-t-il ajouté. « Tout simplement, le concile était entré dans notre façon d'être chrétiens et d'être Église, et tout au long de ma vie, mes intuitions, mes perceptions et ma spiritualité ont été simplement générées par les suggestions de la doctrine de Vatican II. »

    La préface du pape François à "Fraternité, signe des temps : l’enseignement social du pape François" a été publiée le 28 septembre par Vatican News. Le livre, qui sera publié en italien le 30 septembre par la maison d'édition du Vatican, est écrit par le cardinal Michael Czerny et le père Christian Barone, un théologien italien.

    La traduction anglaise, "Siblings All, Sign of the Times: The Social Teaching of Pope Francis", sera publiée par Orbis Books en 2022.

    Le livre présente une lecture théologique de l'encyclique du pape, "Fratelli Tutti, sur la fraternité et l'amitié sociale, mais aussi de son enseignement social dans son ensemble, en soulignant sa continuité avec l'enseignement social pontifical et, en particulier, la vision du concile Vatican II de l'Église catholique en dialogue avec le monde et au service de celui-ci.

    Le pape François a déclaré qu'aujourd'hui, plus de 50 ans après que le concile a conclu ses travaux, « il est nécessaire de rendre plus explicites les concepts clés du concile Vatican II, les fondements de ses arguments, son horizon théologique et pastoral, les arguments et la méthode qu'il a utilisés ».

    Le concile a affirmé la vision « d'une Église ouverte, en dialogue avec le monde », a-t-il dit. Et ce dialogue a mis en évidence le besoin « d'une Église qui se mette au service de l'humanité, en prenant soin de la création et en proclamant et réalisant une nouvelle fraternité universelle, dans laquelle les relations humaines sont guéries de l'égoïsme et de la violence et sont fondées sur l'amour mutuel, l'acceptation et la solidarité ».

    Du même souffle, le pape François a averti que le message chrétien ne peut jamais être réduit à un programme social, ni être séparé de la vie réelle au point de se concentrer uniquement sur le spirituel et l'au-delà.

    « Le cœur de l'Évangile est l'annonce du royaume de Dieu, qui est la personne de Jésus – Emmanuel et Dieu avec nous », a écrit le pape. « En lui, en effet, Dieu manifeste définitivement son projet d'amour pour l'humanité, en établissant sa seigneurie sur les créatures et en insérant dans l'histoire humaine le germe de la vie divine, qui la transforme de l'intérieur. »

    Le royaume de Dieu, a-t-il ajouté, « est une réalité vivante et dynamique qui nous invite à la conversion et demande à notre foi de sortir du caractère statique d'une religiosité individuelle ou réduite au légalisme, pour être au contraire une recherche inquiète et continue du Seigneur et de sa parole, qui nous appelle chaque jour à collaborer à l'œuvre de Dieu dans les différentes situations de la vie et de la société. »

    Alors que le royaume de Dieu ne sera pleinement établi qu'à la fin des temps, Jésus a déjà commencé à le construire et il continue à le faire, demandant à chaque chrétien de participer à l'effort, a déclaré le pape. « Chacun de nous peut contribuer à réaliser l'œuvre du royaume de Dieu dans le monde, en ouvrant des espaces de salut et de libération, en semant l'espérance, en défiant la logique mortifère de l'égoïsme par la fraternité évangélique, en s'engageant dans la tendresse et la solidarité en faveur de nos voisins, surtout les plus pauvres. »

  • Le cardinal Sarah, ni traditionaliste, ni progressiste, mais intransigeant

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    «Je ne suis ni traditionaliste, ni progressiste. J’enseigne ce que les missionnaires m’ont enseigné. Je veux être fidèle, c’est tout.» Le cardinal Robert Sarah n’aime pas les étiquettes. Mais il admet celle d’intransigeant «parce que Dieu est exigeant, parce que l’amour est exigeant».

    A lire sur cath.ch

  • Eglise romaine et Liturgie : pour une véritable réforme.

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    Lu dans l’ Éditorial du bimensuel « L’Homme nouveau rédigé par Philippe Maxence le 17 septembre 2021

    « Depuis la publication du motu proprio Traditionis custodes, l’inquiétude des catholiques vivant de la forme extraordinaire ne cesse de grandir. Est-elle fondée ? J’ai dit ici même que des informations convergentes laissaient entendre que les séminaires des instituts traditionnels seraient particulièrement visés. Leurs supérieurs ont de ce fait publié un communiqué commun (disponible sur notre site) faisant part de leur crainte et demandant un évêque comme médiateur. Comme le remarquait Jean-Marie Guénois dans Le Figaro (4 septembre 2021), ils n’ont, en effet, plus d’interlocuteur à Rome alors que certains membres de la Curie rêvent de prendre leur revanche sur une famille spirituelle riche en vocations et qui à leurs yeux incarne le pontificat de Benoît XVI.

    Le thermomètre de l’inquiétude grimpe

    À vrai dire, l’inquiétude commence à gagner également certaines communautés qui célèbrent la forme ordinaire en tentant de l’inscrire dans une herméneutique de la continuité. Craintes là aussi vaines ? L’avenir le dira concrètement, mais le passé récent parle. Il y a un an, la Congrégation pour le Clergé ordonnait la fermeture du séminaire diocésain de San Rafael en Argentine. Son crime ? Continuer à distribuer la communion de manière traditionnelle. On se souvient aussi de l’affaire des Franciscains de l’Immaculée, congrégation très florissante et dont les prêtres célébraient dans les deux formes. Elle a été anéantie. Faut-il rappeler aussi la triste affaire des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur, absolument pas traditionalistes, mais dont les usages ont été jugés trop conservateurs ? Cette congrégation, aussi, a été réduite à sa plus simple expression. En juillet dernier, au Costa Rica, la conférence épiscopale a non seulement interdit toute célébration de la forme extraordinaire mais aussi celle de la forme ordinaire en latin, tournée vers l’orient, ainsi que l’utilisation de vêtements liturgiques anciens. Un prêtre aurait été sanctionné dans ce sens. Forts de ces faits, des laïcs ont signé une Lettre aux catholiques du monde entier en demandant au Pape de revenir sur son motu proprio (texte sur notre site). Même demande de la part d’un prêtre, l’abbé Pellabeuf, au nom du respect e la constitution de Vatican II sur la liturgie? (ici).

    Prendre acte du réel

    Le constat est donc là : la paix liturgique installée par Benoît XVI semble brisée ; les discussions reprennent et les oppositions s’affirment. Au nom de quoi ? De la fidélité au concile dont nombre d’historiens affirment aujourd’hui qu’il a représenté dans les faits davantage l’étendard d’une remise en cause permanente qu’une règle certaine. Dans son dernier livre, L’Ivresse et le Vertige (1), l’historien Yvon Tranvouez, venu pourtant de l’extrême-gauche de Dieu et qui partage avec François une admiration pour Michel de Certeau, note ainsi que « Vatican II n’est plus qu’un mot de passe, un pavillon de complaisance ». Les mots sont forts. Ils traduisent au moins une certaine réalité trop souvent mise de côté par les clercs. Et pourtant, l’Église a besoin d’une véritable réforme pour faire face à un monde anti ou postchrétien pour que ses fidèles aillent au Ciel.

    Dans une telle situation, la première urgence, le premier pas d’une telle réforme serait de prendre acte de la réalité et de cesser de vivre comme si le monde ne reniait pas le christianisme. Voici des années que nous demandons une vraie réforme. Voici des années que nous l’attendons. Ecclesia semper reformanda : l’Église est toujours réformable. Encore faut-il la vouloir et la voulant, la réaliser.

    Difficile mais d’autant plus nécessaire

    Réforme encore, ou plutôt refondation, cette fois-ci. Le mot vient à l’esprit en observant le jeu des primaires en vue de l’élection présidentielle ainsi que les déclarations de candidature. Pas sûr que nous allions ainsi à l’essentiel. L’homme étant d’abord et par nature un être sociable et politique, il est urgent de dépasser les simples joutes électorales pour avancer vers une refondation d’une véritable polis. C’est le sens d’une tribune libre de notre ami Guilhem Golfin (2) dont nous faisons nôtre la conclusion : « il n’est d’autre voie que de procéder à une refondation politique afin de retrouver le sens de la communauté politique, du droit et de la justice, de la res publica authentique. L’avenir de la France passe par un tel changement, à fondement moral et spirituel. Y parvenir sera difficile, mais suppose pour commencer d’en percevoir la nécessité »…

    1. Yvon Tranvouez, L’Ivresse et le Vertige, DDB, 252 p., 20,30 €.
    2. Valeurs actuelles, 9 septembre 2021. Auteur notamment de Babylone ou l’effacement de César, Éditions de L’Homme Nouveau, 128 p., 12 €.

    Ref. Pour une véritable réforme !

    JPSC

  • Les valeurs qui devraient être présentes dans une bonne Constitution

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AMÉRIQUE/CHILI - Le Cardinal Aós au Te Deum: les valeurs qui devraient être présentes dans la nouvelle Constitution

    lundi, 20 septembre 2021

    Santiago (Agence Fides) - Le samedi 18 septembre, le " Te Deum " œcuménique d'action de grâce pour l'indépendance du Chili a été célébré dans la Cathédrale Métropolitaine, comme d'habitude en présence des plus hautes autorités du pays, conduites par le Président de la République, Sebastián Piñera.

    Dans son homélie, le Cardinal Celestino Aós, Archevêque de Santiago, a déclaré que lorsque quelque chose ne va pas dans notre relation avec la réalité, nous devons revenir aux fondements de notre propre culture : "L'importance de l'écologie est incontestable aujourd'hui. Nous devons écouter le langage de la nature et y répondre de manière cohérente". Il a rappelé qu'il existe également une écologie de l'homme, "qu'il doit respecter et qu'il ne peut pas manipuler à sa guise", car "l'homme ne se crée pas lui-même. Il est esprit et volonté, mais aussi nature, et sa volonté est juste quand il respecte la nature, l'écoute, et quand il s'accepte tel qu'il est, et admet qu'il ne s'est pas créé lui-même. C'est ainsi, et seulement ainsi, que se réalise la véritable liberté humaine.

    L'Archevêque a profité de l'occasion pour évoquer, au nom de l'Église, ce que devrait contenir la nouvelle Constitution, principalement sur les questions de valeur, et a remercié " les femmes et les hommes qui travaillent au sein de la Convention constituante, qui préparent et rédigent une nouvelle Constitution qui nous guidera et nous gouvernera " (voir Fides 03/07/2021).

    "Nous remercions tous ceux qui cherchent à respecter et à protéger des valeurs non négociables : le respect et la défense de la vie humaine de sa conception à sa fin naturelle, la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, la liberté des parents de choisir le modèle et l'institution d'éducation de leurs enfants, la promotion du bien commun sous toutes ses formes et la subsidiarité de l'État, qui respecte l'autonomie des organisations et coopère avec elles", a déclaré le Cardinal.

    Le Cardinal Celestino Aós a remercié le Seigneur pour tous ceux qui "avec bonne volonté, s'engagent et travaillent pour trouver des secours et des solutions au problème des peuples indigènes tant en Araucanie, qui subissent des violences, que des autres peuples". Il a également remercié ceux qui se soucient de l'accueil, de la protection, de la promotion et de l'intégration des immigrés, des femmes et de ceux qui les accompagnent, "et qui favorisent leur respect en tant que personnes et la promotion de leurs droits".

    Ce Te Deum a été le dernier du deuxième gouvernement du président Sebastián Piñera. Au début de la célébration, le Cardinal Aós a rappelé les victimes du coronavirus et a prié pour ceux qui sont morts à cause de cette pandémie. (CE) (Agence Fides 20/09/2021)

  • "On ira tous au Paradis" ?

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    De Sixtine Chartier sur le site de La Vie :

    « On ira tous au paradis »: mais qu'a vraiment voulu dire le pape François ?

    Lors de sa conférence de presse dans l’avion de retour de son voyage en Slovaquie le 15 septembre, le pape François a prononcé une petite phrase qui suscite d'anciennes réflexions théologiques : irons-nous tous au paradis ?

    17/09/2021

    C’est une tradition à laquelle le pape François déroge rarement : la petite phrase aussi sibylline que polémique prononcée sur un ton badin lors de la conférence de presse donnée dans l’avion de retour d’un voyage apostolique.

    Cette année, de retour de Slovaquie, le pape répondait à une question sur les unions civiles et le mariage entre personnes de même sexe. François se dit favorable aux unions civiles pour les couples homosexuels mais pas au mariage en tant que sacrement. Rien de très nouveau jusque là, puisqu’il avait déjà pris position sur le sujet.

    Au détour de ses explications sur le sujet, très claires, il glisse : « Nous sommes tous égaux. Il faut respecter tout le monde. Et le Seigneur est bon. Il sauvera tout le monde. Ça il ne faut pas le dire trop fort. (rire) Le Seigneur veut sauver tout le monde. »

    À quoi bon un enfer ?

    Voilà qui ouvre de complexes réflexions théologiques au sujet du salut et des fins dernières. Car énoncer que Dieu « sauvera tout le monde » est pour le moins problématique du point de vue de la doctrine catholique. Concrètement, cela met en jeu l’existence de l’enfer : si Dieu sauve tout le monde, c'est-à-dire qu’il les emmène tous au paradis, à quoi bon un enfer ? Or l’Eglise catholique professe toujours son existence. 

    « C’est une question ancienne qui a été tranchée lors du 5e concile de Constantinople au VIe siècle », explique le dominicain Marie Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond. Le débat se concentre autour de la figure d’Origène, père de l’Eglise dont une partie de l’enseignement a été rejeté par ce concile œcuménique du début de l’ère chrétienne. En particulier, sa conviction que « toute la création retrouvera la splendeur perdue lors de la chute d’Adam ». Un concept théologique qui répond au nom technique d’ « apocatastase », explique le dominicain. 

    « Il n’y a pas de miséricorde sans justice »

    Sauver tout le monde après la mort : quel est le problème ? « Si nous sommes tous sauvés quoique nous fassions sur terre, que sauvegarde-t-on de la liberté humaine ? détaille le frère Marie Augustin. Est-ce que Dieu est tellement tout puissant qu’il puisse contraindre l’Homme au salut ? Dieu peut il nous imposer d’être sauvés contre notre gré ? »

    Il s’agirait d’une « prédestination inversée » qui suscite encore d’autres questions, explique le dominicain : « Si nous sommes tous destinés au salut, à quoi bon travailler au bien de notre prochain sur terre ? » Nous pourrions répondre que faire le bien n’attend pas forcément de rétribution. Néanmoins, se pose une question de justice : « Notre Dieu est un Dieu de miséricorde, précise le frère Marie Augustin. Il veut donc le salut de tous. Mais il n’y a pas de miséricorde sans justice ; on le voit bien à l’échelle humaine dans les affaires d’abus sexuels. C’est la même chose pour Dieu, il ne peut pas laisser le mal impuni. »

    « Il faut maintenir l’enfer comme possibilité réelle, mais il faut espérer qu’il soit vide » 

    N’est-il pas terrible de concevoir un Dieu autorisant l’existence de l’enfer ? Sur ce point, le dominicain renvoie à un court ouvrage écrit par le théologien Hans Urs Von Balthazar, L’enfer. Une question paru en 1992. « Il dit en somme : il faut maintenir l’enfer comme possibilité réelle, mais il faut espérer qu’il soit vide. » 

    Il faut aussi rappeler que le débat sur l’enfer est, comme toutes les questions eschatologiques (c'est-à-dire touchant aux fins dernières), hautement spéculatif.  Pour ne pas s’enferrer dans des débats abscons, frère Marie Augustin propose un critère simple : « Est-ce que ce que nous disons sur la vie de l’homme dans la vie éternelle est compatible avec notre expérience présente de la vie ? » La vie éternelle étant le prolongement de la vie terrestre, l’une ne saurait contredire radicalement l’autre. Et Dieu ne saurait se contredire lui-même. 

    Une stratégie de petites phrases

    Revenons au pape François. L’épisode de l’avion est difficile à interpréter car ambigu : sa petite phrase est immédiatement corrigée par l’assertion que Dieu « veut » sauver tout le monde, ce qui annule sa première assertion et est parfaitement conforme à la doctrine catholique. 

    « Cet épisode participe de son attitude générale assez ouverte, décomplexée, sympathique, estime frère Marie Augustin. Il sait très bien que ce sujet suppose une élaboration beaucoup plus profonde, mais n’estime-t-il pas que ces constructions théologiques subtiles n’intéressent pas grand monde aujourd’hui ? » En homme de média, le pape François n’ignore certainement pas cette réalité.

    Quant au fait que son intervention se situe au sein d’une question sur le mariage homosexuel, ce n’est pas anodin. « On voit bien que depuis le début de son pontificat, sur les questions LGBT, il adopte une stratégie de petites phrases, indique le dominicain. Une façon de contourner l’impossibilité catholique de faire évoluer les textes du magistère. » Cela donne la mesure du propos du pape qui s’adresse au grand public : « Certes l’Eglise ne vous paraît pas très inclusive aujourd’hui, mais vous verrez, dans l’éternité, elle sera inclusive. Le salut est offert à tous sans distinction malgré ce que les apparences laissent croire dans la vie de l’Eglise aujourd’hui : l’accès au salut ne se fait pas en fonction de l’orientation sexuelle. » 

    Comme l’écrivait le grand mystique espagnol saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ». 

  • Saint Robert Bellarmin (17 septembre) : l'illustration claire et efficace de la doctrine catholique

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du Mercredi 23 février 2011 (source) :

    Saint Robert Bellarmin

    Chers frères et sœurs,

    Saint Robert Bellarmin, dont je désire vous parler aujourd’hui, nous ramène en esprit à l’époque de la douloureuse scission de la chrétienté occidentale, lorsqu’une grave crise politique et religieuse provoqua l’éloignement de nations entières du Siège apostolique.

    Né le 4 octobre 1542 à Montepulciano, près de Sienne, il est le neveu, du côté de sa mère, du Pape Marcel II. Il reçut une excellente formation humaniste avant d’entrer dans la compagnie de Jésus le 20 septembre 1560. Les études de philosophie et de théologie, qu’il accomplit au Collège romain, à Padoue et à Louvain, centrées sur saint Thomas et les Pères de l’Eglise, furent décisives pour son orientation théologique. Ordonné prêtre le 25 mars 1570, il fut pendant quelques années professeur de théologie à Louvain. Appelé par la suite à Rome comme professeur au Collège romain, il lui fut confiée la chaire d’«Apologétique »; au cours de la décennie où il occupa cette fonction (1576-1586), il prépara une série de leçons qui aboutirent ensuite aux « Controverses », œuvre devenue immédiatement célèbre en raison de la clarté et de la richesse de son contenu et de son ton essentiellement historique. Le Concile de Trente s’était conclu depuis peu et pour l’Eglise catholique, il était nécessaire de renforcer et de confirmer son identité notamment face à la Réforme protestante. L’action de Robert Bellarmin s’inscrit dans ce contexte. De 1588 à 1594, il fut d’abord père spirituel des étudiants jésuites du Collège romain, parmi lesquels il rencontra et dirigea saint Louis Gonzague, puis supérieur religieux. Le Pape Clément VIII le nomma théologien pontifical, consulteur du Saint-Office et recteur du Collège des pénitenciers de la Basilique Saint-Pierre. C’est à la période 1597-1598 que remonte son catéchisme, Doctrine chrétienne abrégée, qui fut son œuvre la plus populaire.

    Le 3 mars 1599, il fut créé cardinal par le Pape Clément VIII et, le 18 mars 1602, il fut nommé archevêque de Capoue. Il reçut l’ordination épiscopale le 21 avril de la même année. Au cours des trois années où il fut évêque diocésain, il se distingua par son zèle de prédicateur dans sa cathédrale, par la visite qu’il accomplissait chaque semaine dans les paroisses, par les trois synodes diocésains et le Concile provincial auquel il donna vie. Après avoir participé aux conclaves qui élurent les Papes Léon XI et Paul V, il fut rappelé à Rome, où il devint membre des Congrégations du Saint-Office, de l’Index, des rites, des évêques et de la propagation de la foi. Il reçut également des charges diplomatiques, auprès de la République de Venise et de l’Angleterre, pour défendre les droits du Siège apostolique. Dans ses dernières années, il rédigea divers livres de spiritualité, dans lesquels il résuma le fruit de ses exercices spirituels annuels. Le peuple chrétien tire aujourd’hui encore une profonde édification de leur lecture. Il mourut à Rome le 17 septembre 1621. Le Pape Pie XI le béatifia en 1923, le canonisa en 1930 et le proclama docteur de l’Eglise en 1931.

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  • Benoit XVI-Rémi Brague : même combat

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    Dans le cadre de conférences organisées à l’Université de Liège, l’Union des étudiants catholiques liégeois et le groupe de réflexion sur l’éthique sociale avaient invité, voici quelque temps déjà, le philosophe Rémi Brague, professeur ordinaire à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et à la Ludwig-Maximilian Universität de Munich. Membre de l’Institut, celui-ci a reçu le Prix de la Fondation Ratzinger-Benoît XVI. Elle rejoint la dénonciation, renouvelée aujourd’hui par le pape émérite (Un texte inédit de Benoît XVI sort en Italie ), de l’anthropologie mortifère que l’Occident postchrétien fait peser sur le monde.

    the-preaching-of-the-antichrist-luca-signorelli.jpgVoici, en synthèse, un rappel de cette conférence intitulée :  « Eclipse de Dieu, éclipse de l’homme ». Elle n’a pas pris une ride :

    Mort de Dieu, mort de l’homme

    Le titre est une métaphore empruntée à l’œuvre du philosophe juif Martin Buber (Vienne 1878-Jérusalem 1965) illustrant  le thème de la mort de Dieu que l’on rencontre aussi chez Max Weber (Le désenchantement du monde, 1917) et, bien sûr, Friedrich Nietzche (le Gai Savoir, 1882) : plus que de triomphe, c’est un cri d’inquiétude auquel répond celui de la mort de l’homme que l’on trouve chez Léon Bloy, Nicolas Berdiaev ou André Malraux. Il a été repris et rendu célèbre par Michel Foucauld (Les mots et les choses, 1966) ramenant cette idée à la critique d’une incohérence logique : si le prototype disparaît, alors la copie doit aussi s’effacer. La thèse de Rémi Brague est moins innocente : selon lui, la disparition de Dieu à l’horizon de l’humanité pourrait, de fait, entraîner celle de l’humanité elle-même, sinon physique en tout cas ontologique: la disparition de ce qui fait l’humanité de l’homme.

    Echec de l’athéisme ?

    Pour Rémi Brague, l’athéisme est un échec. Sa faveur croissante dans l’opinion publique n’est pas une objection pertinente. Pour un philosophe, la quantité de gens qui défendent une opinion déterminée n’est pas un argument en soi : ni pour, ni contre. Mais d’autres succès spectaculaires sont à mettre au crédit de l’athéisme :

    Au niveau théorique d’abord, la science moderne de la nature n’a plus besoin d’une religion « bouche-trou » lorsqu’on cherche une explication du monde. Mais, on peut ici se demander si une religion a vraiment jamais prétendu expliquer comment le monde fonctionne. Quoi qu’il en soit, le Dieu horloger de Voltaire a vécu. Cette victoire théorique se complète d’une victoire dans la pratique politique, laquelle montre que les sociétés d’aujourd’hui peuvent s’organiser sans avoir besoin d’un principe supra humain de légitimité. Reste que toutes les religions ne cherchent pas à réglementer la société : on oublie trop à cet égard que le christianisme n’édicte pas de règles de conduite fondamentalement distinctes de celles que la raison naturelle a ou pourrait trouver par ses propres forces.  De fait, le Décalogue qui est ce qu’il a retenu de la Torah des juifs n’est jamais que le « kit » de survie de l’humanité : un minimum.

    Quoi qu’il en soit, les deux « victoires » de l’athéisme sont énormes dans l’histoire de l’humanité. Mais elles appellent tout de même deux observations :

    D’une part, l’athéisme n’est pas nécessairement l’affirmation militante de convictions agressives. Ce peut être d’abord un principe de méthode : une mise entre parenthèses du divin. C’est pourquoi on a inventé des termes comme « agnosticisme », « sécularisme » ou « humanisme » (un parti politique belge d’origine chrétienne a même adopté ce qualificatif). D’autre part, cet agnosticisme lui-même ne concerne pas que les questions religieuses : le positivisme philosophique se contente de connaissances « positives » sur le monde, sans chercher les causes dernières des phénomènes qu’il appréhende.

    Est-il légitime que l’homme existe ?

    Malgré tout cela, l’athéisme contient un défaut mortel, même sous sa forme atténuée de l’ agnosticisme. Il y a, en effet, une question sur laquelle l’athéisme n’a rien à dire dès lors que la racine de l’homme serait l’homme lui-même : s’il n’existe aucune instance supérieure à l’homme, comment celui-ci pourrait-il affirmer sa propre valeur?  Si c’est l’homme lui-même qui se juge, comme dirait Chesterton, c’est le signe du fou, dont l’histoire politique nous montre maints exemples.

    Au tournant des XVIIIe-XIXe siècles, Fichte, radicalisant la philosophie de Kant, croit avoir trouvé la solution : le divin est donné dans la loi morale qui est présente en nous et dont nous aurions tous conscience. Donc, il n’y a pas besoin de foi en Dieu mais, en revanche, il y a quelqu’un en qui nous avons besoin de croire : c’est l’homme.

    Croire en l’homme, malgré ce théâtre de grand guignol que représente l’histoire ? Nous avons eu, au XXe siècle, deux régimes explicitement athées : l’un anti-chrétien parce qu’anti-juif, l’autre anti-juif parce qu’anti-chrétien. « J’ai honte d’être un être humain » disait alors la philosophe allemande d’origine juive Hanna Arendt. Et aujourd’hui la question de la légitimité de l’être humain se fait encore plus concrète parce que nous avons, à grande échelle, les possibilités techniques d’en finir avec l’humanité. Or, comme disait Leibniz, les possibles ont une tendance à exister.  

    Mais, à supposer même que l’athéisme ne tue personne, est-il capable de donner des raisons de vivre ? L’homme n’est peut-être pas le gentil du film hollywoodien, c’est peut-être le méchant ou, comme disait le philosophe angliciste allemand Hartmann, la « sale bête » universellement prédatrice, universellement envahissante ne se contentant pas de sa niche écologique mais faisant irruption partout : si l’homme disparaissait, alors tout de même la nature serait libre.

    Que faire avec ce genre d’argument ?  Une réponse serait de dire qu’il y a un instinct de survie et que l’homme peut bien continuer à exister sans s’occuper de sa propre légitimité. Mais alors, le seul animal qui se pose la question des raisons de ce qu’il fait renoncerait à la raison à propos d’un problème qui met en jeu son existence.

    Cette impasse rationnelle n’appelle qu’une issue raisonnable : c’est de trouver un point de référence extérieur qui puisse dire qu’il est bon qu’il existe des hommes, un levier d’Archimède qui soit en droit de dire, justement parce qu’il n’est pas homme, que celui-ci, malgré tout, doit être sauvegardé et, conclut Rémi Brague, pour nommer ce point de référence extérieur, si vous trouvez un meilleur terme que Dieu, vous me faites signe.

    Dans son célèbre « Drame de l’humanisme athée » publié à la fin de la seconde guerre mondiale, le Père Henri de Lubac estimait que si l’on peut construire une société sans Dieu, elle serait inhumaine. Moins optimiste, Rémi Brague ajoute qu’une telle société serait séculaire au sens propre du terme, c’est-à-dire que raisonnablement, elle ne pourrait donner que la vie d’un individu humain en sa longévité maximale.

    JPSC

  • Vatican II, cet étrange concile qu’il faut toujours interpréter

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    Du P. Serafino M. Lanzetta sur Res Novae :

    Vatican II et le Calvaire de l’Église

    15 septembre 2021

    Récemment, le débat sur l’interprétation correcte du Concile Vatican II a été ranimé. Il est vrai que chaque concile pose des problèmes d’explicitation et en suscite très souvent de nouveaux au lieu de résoudre les précédents. Le mystère comporte toujours une tension entre ce qui est dit et ce qui est indicible. Il suffit de rappeler que la consubstantialité du Fils avec le Père qui fut affirmée contre Arius par le concile de Nicée (325) ne fut nettement déclarée que soixante ans plus tard avec le concile de Constantinople (381), lorsque la divinité du Saint-Esprit a également été définie. À notre époque, environ soixante ans après le Concile Vatican II, nous n’avons pas vu de clarification de la doctrine de la foi, mais son obscurcissement grandissant. La Déclaration d’Abu Dhabi (4 février 2019) prétend établir avec une certitude absolue que Dieu veut la pluralité des religions de la même manière qu’Il veut la diversité de couleurs, de sexes, de races et de langues. Comme l’a dit le Pape François sur le vol de retour après la signature de ce document: « Du point de vue catholique, ce document n’a pas dépassé d’un millimètre le Concile Vatican II. » Il y a plutôt un lien « symbolique » avec « l’esprit du Concile » dont se fait l’écho le texte de la « Déclaration sur la fraternité humaine ». Et pourtant, c’est bien un lien, et ce n’est certainement pas le seul qui existe entre Vatican II et l’Église d’aujourd’hui. Ce qui montre qu’entre le concile de Nicée et Vatican II il y a une différence qui doit être prise en considération.

    Cet étrange concile, qu’il faut toujours interpréter

    L’herméneutique de la continuité et de la réforme nous a donné l’espoir de pouvoir lire le nouvel enseignement de Vatican II en continuité avec le magistère précédent, au nom du principe de base de tout concile, que s’il se déroule selon les exigences canoniques, il est assisté par le Saint-Esprit. Ainsi, si l’orthodoxie n’est pas immédiatement perceptible, on la recherche. En attendant, cependant, il y a déjà ici un problème qui n’est nullement secondaire. Avoir besoin d’herméneutique pour résoudre le problème de la continuité est déjà un problème en soi. In claris non fit interpretatio, dit un adage bien connu, qui fait que c’est parce que la continuité a besoin d’être démontrée par l’interprétation, qu’il faut une herméneutique. Dans l’état actuel des choses, la continuité [de Vatican II avec la Tradition] n’est pas évidente mais doit être démontrée ou plutôt interprétée. Dès qu’on a recours à une herméneutique, on entre dans un processus toujours croissant d’interprétation dans la continuité, un processus qui, une fois engagé, ne s’arrête pas. Tant qu’il y aura des interprétations, il y aura un processus d’interprétation sans fin, et il y aura donc la possibilité que toute interprétation puisse être confirmée ou niée parce qu’elle apparaît adéquate ou préjudiciable aux yeux de l’interprète suivant.

    L’herméneutique est un processus interminable; tel est celui de la modernité qui pose l’homme comme existant et l’enferme dans les limites de son existence présente, ici et maintenant. Cela se voit dans le Concile, qui essaie de dialoguer avec le monde moderne, qui à son tour implique lui-même un processus existentiel difficile à résoudre dans les cercles herméneutiques. Si nous nous appuyons sur l’herméneutique seule pour résoudre le problème de la continuité, nous courons le risque de nous enfermer dans un système qui suppose la continuité (ou, au contraire, la rupture) mais qui en fait ne réussit pas à la trouver. Et il ne semble pas que nous l’ayons trouvée du tout aujourd’hui, près de soixante ans après Vatican II.

    Il y a besoin non d’une herméneutique qui nous garantisse la continuité, mais d’un premier principe qui nous dise si l’herméneutique utilisée est valide ou non: ce principe est la Foi de l’Église. Il n’est pas étonnant qu’à une telle distance de Vatican II, nous discutions encore selon l’herméneutique de la continuité, sur la continuité d’un concile avec les précédents et avec la Foi de l’Église, alors que la Foi elle-même nous a quittés depuis déjà de nombreuses années et ne montre aucun signe de retour.

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  • Synode : à l'écoute, mais de qui ? Des mots "bulles de savon"

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    A l’écoute, mais de qui ? Les mots-bulles de savon du Synode

    téléchargement.png9 septembre 2021

    traduction de "Benoît et moi"

    Les deux documents fondamentaux de la prochaine phase synodale sur la synodalité ont été publiés. À partir des mots clés qui parsèment le vade-mecum (écoute, inclusion, participation, rêve, espoir, nouveauté, changement, stéréotypes, préjugés, dialogue, réconciliation, partage, périphéries, discernement, accessibilité, équité, coresponsabilité), on peut parler de mots bulles de savon, tellement ils sont vides de sens spécifique et peuvent être remplis de n’importe quel sens. L’inclusion et le dialogue concernent-ils aussi les hérésies ? Le partage est-il une valeur en soi, indépendamment du contenu partagé ? Les stéréotypes et les préjugés concernent-ils aussi des aspects de la doctrine ?

    Le Secrétariat général du Synode des évêques, dirigé par le cardinal maltais Mario Grech, a publié les deux documents fondamentaux de la prochaine phase synodale qui concernera l’Église universelle et les Églises locales dans les années à venir. Le premier est le document préparatoire (en français sur Zenit) intitulé « Pour une Église synodale : communion, participation et mission » et le second est le Vademecum, autrement dit un ensemble de lignes directrices et d’outils opérationnels à utiliser notamment dans les Églises locales. Comme nous le savons, le thème du synode sera la synodalité. La phase dite de consultation est sur le point de commencer. Elle sera ouverte à Rome les 9 et 10 octobre, puis le 17 octobre dans les Eglises locales. Pendant un an, les Églises locales poursuivront ce travail de consultation selon les indications du vade-mecum et, enfin, en octobre 2023, se tiendra à Rome la XVIe assemblée de tous les évêques du monde.

    Il s’agit évidemment d’un processus long, complexe et très lourd – on pense que le Comité central du Synode devra même rédiger deux Instrumenta Laboris – et il est facile de penser combien l’évangélisation gagnerait si toutes ces énergies lui étaient directement consacrées, les soustrayant aux réunions et aux documents. Malgré le fait que le Vademecum indique que l’instrument du Synode n’est pas de « produire des documents » et que l’Église synodale ne doit pas être « autoréférentielle ».

    Une première lecture des deux longs textes et, surtout, une interrogation sur l’étrangeté et la portée réelle d’un synode qui parle de lui-même – un synode, précisément, sur la synodalité – conduit immédiatement à penser qu’il faut se préparer à une période longue et risquée. L’inquiétude concernant le chemin qui s’annonce repose sur les deux interprétations que l’on peut en donner, toutes deux peu rassurantes. Le fait regrettable est qu’on n’en entrevoit pas de troisième. D’un côté, le chemin synodal est présenté comme fluide, voire liquide, ouvert au nouveau d’où qu’il vienne, prêt à partir à l’aventure. De l’autre, il pourrait au contraire être déjà prédéfini dans ses résultats, et le long parcours synodal pourrait n’être qu’une occasion de faire ressortir les aspects d’une nouvelle Église qui ont déjà été décidés. Une période synodale molle et plastique, aux contours indéfinis, qui pourrait produire des nouveautés perturbatrices (et lacérantes), ou aux contours rigides dans ses résultats. Toutefois, il ne faut pas penser que les deux possibilités sont nécessairement antithétiques.

    Des deux documents, le plus important s’avérera être le Vademecum car il nous dit comment nous devons penser et ce que nous devons faire, tandis que le Document préparatoire sera probablement négligé car il est essentiellement doctrinal.

    Voici maintenant une brève liste des mots clés qui parsèment le Vademecum : écoute, inclusion, participation, rêve, espoir, nouveauté, changement, stéréotypes (à abandonner), préjugés (à abandonner aussi), dialogue, réconciliation, partage, périphéries, discernement, accessibilité, équité, coresponsabilité. Je pense que l’on peut parler de mots « bulles de savon » dans la mesure où ils sont vides de sens spécifique et dans la mesure où, pour la même raison, ils peuvent être remplis de n’importe quel sens. L’inclusion et le dialogue concernent-ils aussi les hérésies ? Le partage est-il une valeur en soi, indépendamment du contenu partagé ? Les stéréotypes et les préjugés concernent-ils aussi des aspects de la doctrine ? Les rêves, la nouveauté et le changement sont-ils qualifiés comme tels, ou dépendent-ils de ce dont on rêve, de la nouveauté à laquelle on est confronté et du type de changement auquel on est confronté ?

    Les expressions les plus ambiguës des deux documents – il peut sembler étrange de le dire – sont les plus centrales : la synodalité est un « marcher ensemble » [mot magique du vocabulaire bergoglien depuis toujours, ndt], nous devons « nous mettre à l’écoute de l’Esprit ». Ces expressions devraient servir de guide à toutes les autres, mais elles s’avèrent au contraire confuses. La marche en tant que telle n’a pas de sens et le fait de la faire ensemble ne l’enrichit en rien. L’Esprit doit certainement être écouté et il parle certainement aujourd’hui aussi, mais nous ne pouvons pas penser qu’il dit des choses contraires à celles qui ont été dites au cours des deux mille ans précédents. Que l’Esprit souffle où il veut est également certain, mais cela ne signifie pas qu’il souffle partout et que pour mieux l’écouter il faille accepter tout ce que le monde produit.

    De ces considérations émerge le danger d’une dérive possible vers des changements privés de vérité. Mais, dira-t-on, il s’agit d’une phase consultative. Certes, mais une Église qui écoute avant de dire ce qu’elle pense est beaucoup plus dangereuse qu’une Église qui dit ce qu’elle pense puis écoute. Si nous regardons les expériences récentes, l’écoute a été un moyen d’amener les gens à dire des choses qui n’auraient pas pu être dites autrement. Et nous en revenons donc à la deuxième interprétation. On veut que la situation soit liquide, ouverte, disponible à la nouveauté, aux contours peu définis [poco perimetrata], parce qu’on veut que de cette phase synodale émergent des nouveautés pyrotechniques, pas seulement et pas tellement dans les documents finaux, qui en fin de compte resteront toujours des documents que personne ne lit, mais dans les input au nouveau que produira la pratique synodale, ou plutôt la « conversion synodale ». Des nouveautés qui sont déjà planifiées et incubées aujourd’hui.

  • Pas facile d'être un "catholique conservateur"

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    Un billet (déjà ancien) de Dominique de la Barre sur le blog "La Ligne claire" :

    De la difficulté d’être un catholique conservateur

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