Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Doctrine - Page 4

  • Saint Jean-Paul II (22 octobre)

    IMPRIMER

    D'"Evangile au Quotidien" :

    St Jean-Paul II

    Saint Jean-Paul II
    « Le Géant de Dieu »
    Pape (263e) de 1978 à 2005

     « Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »

    De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.

    « Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! 

    Ces paroles mémorables, prononcées le 22 octobre 1978 dans l’homélie du début du pontificat (>>> Vidéo Extraits du discours du Pape) restent, désormais, sculptées dans les cœurs de tous les chrétiens et des hommes de bonne volonté du monde entier.

    Ce que le Pape demandait à tous, lui même l’a fait en premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant, avec la force d’un géant qui venait de Dieu, une tendance qui pouvait sembler irréversible.

    Karol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.

    Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l'église paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Żak, fit sa Première Communion à neuf ans et reçut la Confirmation à dix-huit ans. Ses études secondaires près l'École Marcin Wadowita de Wadowice achevées, il s'inscrit en 1938 à l'Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre. L'Université ayant été fermée en 1939 par l'occupant nazi, le jeune Karol dut travailler sur un chantier de l'usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d'échapper à la déportation en Allemagne.arol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.

    À compter de 1942, ressentant l'appel au sacerdoce, il suivit les cours de formation du Séminaire clandestin de Cracovie. Il fut à la même époque l'un des promoteurs du Théâtre Rapsodique, lui aussi clandestin.

    Après la Seconde Guerre mondiale, il poursuivit ses études au Grand Séminaire de Cracovie à peine rouvert, et également à la Faculté de théologie de l'Université Jagellon, jusqu'à son ordination sacerdotale à Cracovie le 1er novembre 1946 des mains du cardinal Adam Stefan Sapieha. Il fut ensuite envoyé à Rome par le cardinal Sapieha et poursuivit ses études doctorales sous la direction du dominicain français, le P. Garrigou-Lagrange. Il soutint en 1948 sa thèse en théologie consacrée à la Foi dans l'œuvre de saint Jean-de-la-Croix (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). Durant ce séjour romain, il occupa son temps libre pour exercer son ministère pastoral auprès des émigrés polonais de France, de Belgique et des Pays-Bas.

    Il rentra en 1948 en Pologne pour être vicaire en diverses paroisses de Cracovie et aumônier des étudiants jusqu'en 1951 où il reprit ses études philosophiques et théologiques.

    En 1953, il soutint à l'Université catholique de Lublin une thèse intitulée « Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler ». Il accéda ensuite à l'enseignement professoral de la théologie morale et d'éthique sociale au Grand Séminaire de Cracovie et à la Faculté de théologie de Lublin.

    Le 4 juillet 1958, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) le nomma Évêque titulaire d'Ombi et auxiliaire de Cracovie et, le 28 septembre suivant, il reçut la consécration épiscopale des mains de l'Archevêque Eugeniusz Baziak, en la cathédrale du Wawel (Cracovie).

    Le 13 janvier 1964, il fut nommé Archevêque de Cracovie par  saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) qui, le 26 juin 1967, l'éleva au cardinalat, du titre de S. Cesareo in Palatio, une diaconie élevée au rang presbytéral pro illa vice (pour l’occasion). Après avoir participé au Concile Vatican II (1962-1965), où il offrit notamment une importante contribution à l'élaboration de la constitution Gaudium et Spes, le Cardinal Wojtyła prit part à toutes les assemblées du Synode des Évêques.

    Au cours du second Conclave de 1978, il fut élu Pape par les Cardinaux le 16 octobre et prit le nom de Jean-Paul II. Le 22 octobre, Jour du Seigneur, il entamait solennellement son ministère de 263e successeur de l'Apôtre Pierre. Son pontificat de près de 27 années allait être l'un des plus longs de l'histoire de l'Église.

    Jean-Paul II a exercé son ministère pétrinien avec un inlassable esprit missionnaire, prodiguant toutes ses énergies, poussé par la sollicitude pastorale envers toutes les Églises et par la charité ouverte à l'humanité tout entière. En vingt-six années de pontificat, le pape Jean-Paul II a accompli 104 voyages apostoliques hors d'Italie et 146 visites dans ce pays. Comme Évêque de Rome, il a visité 317 des 333 paroisses de son diocèse.

    Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, il a rencontré le Peuple de Dieu et les Responsables des nations : aux 1166 audiences générales du mercredi ont participé plus de 17 600 000 pèlerins, sans compter toutes les autres audiences spéciales et les cérémonies religieuses [plus de 8 millions de pèlerins seulement au cours du Grand Jubilé de l'An 2000] ; outre les millions de fidèles qu'il a rencontrés au cours de ses visites pastorales en Italie et dans le monde. Nombreuses sont les personnalités gouvernementales reçues en audience : il suffit de rappeler les 38 visites officielles et les 738 audiences ou rencontres de chefs d'État, ainsi que les 246 audiences et rencontres de premiers ministres.

    Son amour pour les jeunes l'a poussé à lancer en 1985 les Journées mondiales de la Jeunesse, et les dix-neuf JMJ de son pontificat ont rassemblé des millions de jeunes dans diverses parties du monde. D'autre part, son attention à la famille s'est exprimée par la tenue de Rencontres mondiales des Familles entreprises à son initiative en 1994.

    Il a promu avec succès le dialogue avec les juifs et avec les représentants des autres religions, les invitant parfois à des rencontres de prière pour la paix, en particulier à Assise.

    Sous sa direction l'Église s'est approchée du troisième millénaire et a célébré le grand Jubilé de l'An 2000, selon les orientations indiquées dans la Lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente. Celle-ci s'est ensuite ouverte à la nouvelle époque, en recevant ses indications dans la Lettre apostolique Novo Millennio Ineunte, dans laquelle il montrait aux fidèles le chemin de l'avenir.

    Avec l'Année de la Rédemption, l'Année mariale et l'Année de l'Eucharistie il a promu le renouveau spirituel de l'Église.

    Il a donné une impulsion extraordinaire aux canonisations et aux béatifications, pour montrer d'innombrables exemples de la sainteté d'aujourd'hui, qui soient un encouragement pour les hommes de notre temps. Jean-Paul II a procédé à 147 cérémonies de béatification (1338 bienheureux) et à 51 de canonisation (482 saints). Il a proclamé Docteur de l'Église sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

    Il a considérablement élargi le Collège des Cardinaux, en en créant 231 en neuf Consistoires, plus un in pectore, dont le nom n'a jamais été révélé. Il a également présidé six réunions plénières du Sacré Collège.

    Jean-Paul II a présidé quinze Synodes des Évêques : six Assemblées ordinaires (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 et 2001), une générale extraordinaire (1985), huit spéciales (1980, 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 [2] et 1999).

    Il a prononcé 20 351 discours pendant son seul pontificat dont 3438 hors d'Italie. Au nombre de ses documents majeurs, on compte quatorze encycliques, quinze exhortations apostoliques, onze constitutions apostoliques et quarante-cinq lettres apostoliques.

    À titre privé, en tant que Docteur, a également publié cinq livres : Entrer dans l'espérance (octobre 1994) ; Don et Mystère  en ce 50ème anniversaire de mon ordination sacerdotale (novembre 1996) ; Triptyque romain - Méditations poétiques (mars 2003) ; Levez-vous et allons ! (mai 2004) et Mémoire et Identité (février 2005).

    Les seuls écrits officiels représentent plus de 80 000 pages ; à cela il faut ajouter des publications à titre personnel et sans doute des milliers de lettres et documents privés divers.

    Il a promulgué le Catéchisme de l'Église catholique, à la lumière de la Tradition, interprétée avec autorité par le Concile Vatican II. Il a également réformé les Codes de droit canonique latin et oriental, a créé de nouvelles institutions et réorganisé la Curie romaine.

    Jean-Paul II est décédé au Vatican le 2 avril 2005 à 21 h 37, tandis qu'on entrait déjà dans le Jour du Seigneur, Octave de Pâques et Dimanche de la Divine Miséricorde.

    Les funérailles se sont déroulées le >>> 08/04/05 alors que, depuis son décès, plus de trois millions de fidèles étaient venus à Rome saluer sa dépouille, attendant jusqu'à 24 heures avant d'entrer dans la basilique Saint-Pierre.

    Le 28 avril, le nouveau pape Benoît XVI a accordé la dispense des cinq années après la mort pour l'ouverture de la Cause en béatification-canonisation de Jean-Paul II. La procédure canonique a été ouverte le 28 juin suivant par le card. Camillo Ruini, Vicaire général pour le diocèse de Rome.

    Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła) a été officiellement élevé aux honneurs des autels le dimanche 1er mai 2011au cours de la messe de béatification, sur la place Saint-Pierre de Rome, présidée par le pape Benoît XVI  (>>> Homélie).

    Le  27 avril 2014 sa Sainteté le pape Francesco a proclamé Saints ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean-Paul II. Un moment de joie et de prière pour les 800 000 et plus fidèles qui, du monde entier, ont conflué dans la place Saint-Pierre, mais aussi le début d'un voyage éternel dans la gloire de l'Église catholique.

    Pour un approfondissement :
    >>> Canonisation des bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II

  • L’Homme: un animal pire que les autres?

    IMPRIMER

    Vu sur KTO dans la série « la foi prise au mot » :

    « L’homme est-il un animal pire que les autres ? En effet, qui ose encore dire que les chiens ne ressentent pas la douleur ? Ou que les chats n’ont aucune intelligence ? Mais alors, quelle est la frontière entre l’homme et l’animal, et s’il n’y a pas de frontière, ne vaudrait-il pas mieux renoncer à la place centrale de l’humanité dans le monde, au vu de tous les dégâts que nous avons accomplis jusqu’à présent ? Évidemment, pour un chrétien, cette proposition choque, puisque la supériorité de l’homme sur toutes les autres espèces est affirmée dès la Genèse. Pourtant, bien souvent, l’homme se révèle être un animal pire que les autres... De quoi devenir antispéciste et considérer tous les êtres humains comme des nuisibles ? Pour en débattre, Régis Burnet reçoit le philosophe Jacques Ricot et le journaliste Paul Sugy. »

    JPSC

  • Le secret de la confession réaffirmé avec force et sans ambiguité par le Vatican

    IMPRIMER

    De Luisella Scosatti sur la Nuova Bussola Quotidiana, traduction de "Benoît et moi" :

    Secret de la confession, le Vatican frappe un grand coup

    19 octobre 2021

    La Conférence épiscopale française a fait volte-face par rapport aux premières réactions sur la violation du sceau sacramentel, mais le Pénitencier du Vatican, le cardinal Piacenza, s’est exprimé avec fermeté, répétant à Acistampa : « On ne touche pas au secret ».

    En France, la pression sur le sceau sacramentel est de plus en plus forte et l’Eglise française semble tout sauf unie et déterminée.

    Le 6 octobre dernier, le président de la Conférence épiscopale française, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, déclarait à France Info que « le secret de la confession nous lie, et en cela il est plus fort que les lois de la République ». Cette réponse n’a certainement pas été du goût de l’Elysée; le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a immédiatement invité le président de la CEF à une discussion. Mais la sortie [de Mgr de Moulins-Beaufort] n’a probablement pas non plus été bien accueillie par les évêques français, puisque le 12 octobre, la CEF a publié un communiqué officiel de « clarification » des propos de Mgr Moulins-Beaufort, précisant que, le même jour, l’archevêque de Reims s’était rendu auprès du ministre de l’Intérieur pour préciser « la formulation maladroite de sa réponse à France Info mercredi matin dernier [6 octobre] ».

    On ne voit pas ce qu’il y a de maladroit à affirmer le lien du sceau sacramentel et sa supériorité sur toute loi humaine. Au contraire, le communiqué de la CEF préfigure de manière très inquiétante une « révision » pas très claire :

    « L’objectif de l’État est d’organiser la vie sociale et de réguler l’ordre public. Pour nous, chrétiens, la foi fait appel à la conscience de chaque individu, elle appelle à une recherche incessante du bien, qui ne peut être atteint sans respecter les lois de son propre État. La dimension de la violence et des agressions sexuelles à l’encontre des mineurs mise en lumière par le rapport du CIASE oblige l’Église à revoir sa pratique à la lumière de cette réalité. Il faut donc travailler à concilier la nature de la confession et la nécessité de protéger les enfants ».

    https://eglise.catholique.fr

    La CEF fait manifestement peu de différence entre les lois justes et les lois injustes, entre les lois qui respectent la liberté de l’Église et celles qui cherchent à la supprimer, et la révision souhaitée de la pratique de l’Église est donc préoccupante.

    La position de Mgr Moulins-Beaufort semble donc être minoritaire au sein de la CEF. Cependant, le Pénitencier Majeur, le cardinal Mauro Piacenza, est intervenu pour soutenir sa position et a donné une interview intéressante et opportune à Acistampa. Après avoir réitéré la position de l’Église catholique dans ses principaux textes magistériels, le cardinal a rappelé que le sacrement de pénitence,

    « étant un acte de culte, ne peut et ne doit pas être confondu avec une séance psychologique ou une forme de counselling. En tant qu’acte sacramentel, ce sacrement doit être protégé au nom de la liberté de religion et toute interférence doit être considérée comme illégitime et nuisible aux droits de la conscience ».

    Le cardinal Piacenza précise également qu’il n’y a pas d’analogie « entre le sceau sacramentel et le secret professionnel auquel sont tenus, par exemple, les médecins, les pharmaciens, les avocats, etc. », parce que

    « le secret de la confession […] n’est pas une obligation imposée de l’extérieur, mais une exigence intrinsèque du sacrement, et en tant que tel, il ne peut être délié même par le pénitent lui-même (cf. can. 1550 §2, n.2 CIC; can. 1231 §2, n.2 CCEO) ».

    Et il revient sur cet aspect fondamental :

    « Il est indispensable d’insister sur l’impossibilité de comparer le sceau confessionnel et le secret professionnel, afin d’éviter que des législations séculières n’appliquent au secret confessionnel inviolable les dérogations au secret professionnel pour de justes motifs ».

    Tout en rappelant qu’ « il y a certainement un devoir de réparer une injustice perpétrée et de s’engager sincèrement à empêcher que l’abus ne se répète », le Pénitencier majeur met également un frein à la proposition qui se répand d’obliger le pénitent, comme condition sine qua non pour recevoir l’absolution sacramentelle, à s’auto-dénoncer:

    « ces graves devoirs liés au chemin de conversion n’impliquent pas l’auto-dénonciation. Cependant, le confesseur doit inviter le pénitent à réfléchir plus profondément et à évaluer les conséquences de ses actes, surtout lorsqu’une autre personne a été soupçonnée ou injustement condamnée ».

    L’intervention de Piacenza réitère ce que la Pénitencerie Apostolique avait clairement exprimé dans la Note de 2019 :

    « Le secret inviolable de la Confession provient directement de la loi divine révélée et s’enracine dans la nature même du sacrement, au point de n’admettre aucune exception dans la sphère ecclésiale, et encore moins dans la sphère civile ».

    Dans la Note figurait une précision sur l’essence du sceau sacramentel, à savoir que ce n’est pas l’Église qui l’établit, « en vertu de sa propre autorité ». L’Église, par contre, « déclare » – c’est-à-dire qu’elle reconnaît comme un fait irréfutable, qui découle précisément de la sainteté du sacrement institué par le Christ –

    « que tout prêtre qui entend les confessions est tenu, sous peine de sanctions très sévères, de garder le secret absolu sur les péchés que ses pénitents lui ont confessés » (CEC 1467).

    Aucune autorité sur terre, pas même le Pape, ne peut donc modifier la réalité sacramentelle dans cet aspect essentiel.

    Entre-temps, le Premier ministre français Jean Castex a rencontré le Pape hier. D’après ses déclarations, il est clair que François a lui aussi « blindé » le sceau sacramentel (« L’Église ne reviendra pas sur le dogme du secret de la confession », a déclaré Castex, en référence à la position de François), mais en laissant les portes ouvertes à une recherche non précisée de « voies et moyens de concilier ce dernier avec le droit pénal et le droit des victimes. Il en est pleinement conscient ».

  • Interview de Guillaume Cuchet : Les tradis, « Un des pôles de l’Église »

    IMPRIMER

    Guillaume Cuchet, universitaire, professeur d'histoire contemporaine et spécialiste d'histoire desGuillaume-Cuchet-684x400.jpg religions, a publié en 2018 une analyse qui a fait date sur la crise dans l’Église : Comment notre monde a cessé d’être chrétien (1). Il commente ici l’enquête du mensuel « La Nef » sur le monde traditionaliste et développe son analyse de cette mouvance :

    « La Nef – Notre enquête recense pour la France environ 51 000 catholiques pratiquant régulièrement la forme extraordinaire au sein des diocèses (et environ 35 000 pour la Fraternité Saint-Pie X) : que vous inspirent ces chiffres ?
    Guillaume Cuchet
     – Le premier constat est qu’il y a plus de « traditionalistes » que d’« intégristes », pour reprendre un vocabulaire usuel. Par conséquent, si le but de Rome, en autorisant l’ancien rite, était d’éviter de voir trop se développer le schisme lefebvriste, on peut dire qu’il est atteint. Ensuite qu’on a affaire, même en comptant les sympathisants, à une petite minorité. Le taux de pratique hebdomadaire en France aujourd’hui est de 2 %, soit environ 1,3 ou 1,4 million de personnes qui vont à la messe tous les dimanches, sans parler des occasionnels. Les « tradis » ne pèsent donc que 5 à 6 % du total. Cela reste un petit monde, même s’il est dynamique et organisé, et qu’il peut peser localement d’un poids non négligeable, comme dans le diocèse de Versailles. Est-il cependant en croissance ? Il faudrait des points de comparaison antérieurs pour le dire mais si croissance il y a, elle est modeste. Il faut se méfier dans ce domaine des impressions que produit dans le catholicisme la miniaturisation tendancielle de ses effectifs, notamment en matière de vocations.

    Dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien, vous expliquez que Vatican II n’a pas créé la crise mais a amplifié la vague : que pensez-vous des études réalisées par les traditionalistes qui font du concile le principal responsable de la crise ?
    Il y a une part de vérité dans cette thèse mais une part seulement, et à condition de s’entendre sur ce qui dans le concile a pu provoquer ce genre d’effets. J’ai proposé de parler de rupture de pente pour désigner ce qui s’est passé au milieu des années 1960 en matière de pratique religieuse. Il y avait une pente, légèrement déclive, tirée par de puissants facteurs socioculturels, même si l’après-guerre a connu un petit boom religieux et que les situations locales étaient très variées. On le voit bien à Paris par exemple où l’on dispose d’une belle série d’enquêtes pour 1954, 1962 et 1975. Les résultats de 1954 ont paru plutôt bons à l’époque ; or la situation n’avait pas bougé en 1962 ; l’enquête de 1975, en revanche, a révélé une chute de la pratique de 47 % ! Une rupture s’est donc produite, chez les jeunes en particulier dont il ne faut pas oublier qu’ils faisaient largement les taux dans les régions ou les quartiers déchristianisées du fait de la communion solennelle (80 % de la génération). Moyennant quoi, les facteurs religieux de cette rupture sont bien, pour une part, liés au concile et à tout ce qu’il a ébranlé dans le catholicisme français : la réforme liturgique, sans doute, mais davantage encore la sortie de la culture de la pratique obligatoire, la réforme de la communion solennelle, le silence sur les fins dernières, la redéfinition de l’excellence chrétienne alignée sur les critères de l’Action catholique chère à l’épiscopat français, etc. Bref, le concile a non pas provoqué la rupture en ce sens qu’elle n’aurait pas eu lieu sans lui (puisqu’elle a eu lieu aussi bien dans l’Angleterre anglicane, peu de temps auparavant), mais il l’a déclenchée, c’est-à-dire qu’il lui a fixé son calendrier tout en lui donnant une intensité particulière. Ce n’était pas prévu au départ mais l’histoire a parfois de ces ironies.

    Vatican II a « déclenché » la crise, mais a été cependant nécessaire, écrivez-vous : pouvez-vous expliquer ce paradoxe ?
    Nécessaire parce que je crois qu’on ne pouvait pas faire l’économie de la modernisation du catholicisme dont le concile a été le vecteur, même si on peut toujours spéculer sur ce qu’aurait pu donner la poursuite d’une politique de réformisme prudent à la manière de Pie XII. Une réforme de ce genre est nécessairement compliquée mais l’opération devient franchement périlleuse quand, comme ce fut le cas, elle coïncide avec une révolution culturelle majeure qui fait souffler dans ses voiles des vents puissants difficilement contrôlables.

    Qu’est-ce qui a fondamentalement créé la résistance des traditionalistes : Vatican II, la réforme liturgique de 1969 ou d’autres raisons ? Et comment expliquer son succès depuis maintenant un demi-siècle ?
    Les causes sont multiples et, pour une part, antérieures au concile (la question du latin, par exemple, à des racines qui remontent à la Réforme). Mais Vatican II, qu’est-ce à dire ? La réforme liturgique, le texte sur la liberté religieuse, parfois interprété comme une sorte de dépénalisation implicite du bricolage croyant ou d’allergie à l’égard des moyens « sociologiques » de transmission de la foi, le parti pris de l’ouverture large de Gaudium et spes (le plus français des textes du concile), l’optimisme candide qui pousse à croire qu’il suffit de se montrer aimable avec les modernes et se rapprocher des normes ambiantes pour convertir le monde, etc. ? À noter que la réforme liturgique ne date pas de 1969. C’est la date du nouvel Ordo de la messe mais la réforme elle-même a commencé dès 1964 (pendant le concile) et la messe de 1965 était déjà sensiblement différente de celle de 1962.
    Quant aux causes du succès du traditionalisme (assez relatif en réalité et plus sensible sur le plan des vocations que de la pratique), il faudrait voir quelle est la part en lui de la croissance « interne », liée à la vitalité démographique des familles et à leur capacité de transmission de la foi, et « externe », par ralliement d’éléments venus de la forme ordinaire ou de plus loin. Sans oublier bien sûr l’effondrement général des indices depuis les années 1960 : dans un tel contexte, celui qui parvient à seulement défendre ses positions voit mécaniquement sa part relative s’accroître.

    Dans notre société très sécularisée, il semble que la foi se transmette mieux dans le monde traditionnel qu’ailleurs : comment expliquez-vous ce phénomène ?
    C’est un constat que font tous les sociologues de la religion et qui ne concerne pas que le catholicisme. On en devine assez facilement les causes : le soin mis à transmettre la foi, une sociabilité sélective, l’intensité des convictions (seuls les convaincus sont vraiment convaincants et l’incertitude se transmet mal), l’insistance sur la pratique, etc. Un peu de « bunkérisation » ne nuit pas à la persévérance dans les conditions du monde actuel, même si elle a tout de même intérêt à être intelligente si elle ne veut pas produire des crises de sortie carabinées.

    On observe chez les jeunes catholiques français une porosité bien plus grande entre traditionalistes et catholiques conservateurs attachés à la forme ordinaire du rite romain que chez leurs aînés : comment analysez-vous ce phénomène et laisse-t-il présager à terme un effacement du monde traditionaliste absorbé dans la mouvance conservatrice catholique plus large… ou l’inverse ?
    Il y a de fait un phénomène de « traditionalisation » diffuse dans une partie du catholicisme, notamment dans ce monde des « observants » de la frange conservatrice (comme les appelle Yann Raison du Cleuziou) pour qui les « tradis » font un peu figure d’influenceurs. Mutatis mutandis, on pourrait faire le parallèle avec les liaisons, longtemps interdites, entre électeurs de l’ex-Front national et de la droite dite « républicaine » : dans l’Église, la digue a en partie sauté (pas complètement). Le fait qu’il existe dé­sormais en son sein une aile traditionaliste reconnue, l’éloignement temporel par rapport aux conflits nés du concile, la vitalité relative du milieu en matière de vocations religieuses et sacerdotales (la jeunesse va à la jeunesse), le développement de l’enseignement hors contrat, etc., favorisent ce métamorphisme spirituel de droite, visible à l’œil nu dans les assistances dominicales.

    Comment envisagez-vous l’avenir du catholicisme en France, et en particulier du monde traditionaliste ?
    L’avenir n’est pas la période favorite de l’historien… Les tendances ne sont pas bonnes mais le produit est excellent et l’avenir dure longtemps. Le monde traditionaliste est un des pôles de l’Église et il n’est pas sans mérite d’avoir su persister dans l’être dans des conditions si adverses. Mais vos chiffres le montrent bien : il ne détient pas la solution des problèmes généraux du catholicisme. La distance à franchir est trop grande pour la masse des Français ordinaires auquel cet univers est devenu très étranger et à qui l’Église est bien obligée de trouver le moyen de parler la langue qui lui rendra accessible le « Dieu inconnu ».

    Propos recueillis par Christophe Geffroy

    • Seuil, 2018, réédité en poche chez Points-Histoire, 2020, 320 pages, 8,90 €. Il a depuis publié Une histoire du sentiment religieux au XIXe siècle(Cerf, 2020) et vient de sortir Le catholicisme a-t-il encore un avenir en France ? (Seuil, 2021).

    Ref. Les tradis : « Un des pôles de l’Église »

    Il serait intéressant d'élargir la réflexion à l'ensemble d'un pôle qui ne se limite pas à la France

    JPSC

  • Le synode sur la synodalité décolle avec du plomb dans l'aile...

    IMPRIMER

    Du Père Raymond J. de Souza sur le National Catholic Register :

    Le synode sur la synodalité est lancé, mais de nombreuses questions restent en suspens

    COMMENTAIRE : La journée d'ouverture du 9 octobre a laissé entrevoir des problèmes dans les premiers moments du processus planétaire : participation, processus et controverses antérieures.

    (L) Pope Francis takes part in a moment of reflection for the opening of the synodal path for the 2023 Synod on Synodality at the Vatican’s New Synod Hall Oct. 9. (R) Pope Francis celebrates Mass at St. Peter’s Basilica opening the worldwide synodal path, Oct. 10, 2021.

    (à gauche) Le Pape François participe à un moment de réflexion pour l'ouverture du parcours synodal pour le Synode 2023 sur la Synodalité dans la Nouvelle Salle du Synode du Vatican le 9 octobre. (à droite) Le pape François célèbre la messe à la basilique Saint-Pierre pour l'ouverture du chemin synodal mondial, le 10 octobre 2021. (photo : Screenshot / Youtube/Vatican News)

    11 octobre 2021

    Le pape François a utilisé quatre fois trois points pour lancer la première phase du synode sur la synodalité, des réunions locales préparant les réunions régionales, nationales, continentales et hémisphériques qui mèneront au synode des évêques en octobre 2023.

    Samedi, dans un discours prononcé lors de la réunion de lancement du processus synodal prolongé, il a évoqué trois thèmes (communion, mission et participation), trois risques (formalisme, intellectualisme, complaisance) et trois opportunités (changement structurel, écoute, proximité).

    Dans son homélie de dimanche, il a ajouté une quatrième formulation en trois points - rencontrer, écouter et discerner - pour inaugurer ce que le biographe papal Austen Ivereigh décrit comme "la plus grande consultation populaire de l'histoire humaine et un moment décisif pour l'Église catholique mondiale".

    Cela pourrait bien être le cas. Ou pas. 

    La mère de toutes les réunions "n'a jusqu'à présent rien enregistré de plus qu'un blip sur le radar catholique", a écrit Ivereigh lui-même le mois dernier. "Jusqu'à présent, le désengagement a été presque total".

    Sur deux ans, il y a largement le temps de développer les 12 idées papales introductives des événements de lancement, en complément des 10 sujets thématiques que le Vatican a publiés le mois dernier. Le processus planétaire lancé à Rome est destiné à se déployer au niveau local d'ici avril prochain. Chaque diocèse devant produire un rapport de 10 pages sur les consultations, il devrait y avoir, si tout se passe comme prévu, des volumes massifs de plusieurs dizaines de milliers de pages générés pour les phases nationales, continentales et hémisphériques du processus planétaire. Tout cela sera mis en forme pour le synode de 2023, lorsque les évêques se réuniront enfin.

    Ivereigh a raison. Jamais auparavant personne n'avait pensé à mener une consultation planétaire nécessitant des centaines de milliers d'heures, de personnes et de réunions. Reste à savoir si cette idée fera école. Rien, ces derniers jours, ne semble indiquer que le "désengagement total" que déplore Ivereigh ait changé. Il est fort possible que l'ensemble du processus ne décolle pas et que Rome impose simplement ses priorités à une consultation infertile.

    Lire la suite

  • France : selon « Le Figaro », le Ministre Darmanin et Mgr de Moulins-Beaufort s'accordent sur le secret de la confession

    IMPRIMER

    Darmanin 82fd9e13c8b934ff20289bba0a7cf8f0bec9b847022e753d7e8ec561fcc63237.jpgMais quel accord exactement ? la CEF cherche à contenter deux maîtres à la fois… Un article de Jean-Marie Guénois publié par le « Figaro » :

    « Le président de la Conférence des évêques a rencontré le ministre de l'Intérieur pour clore la polémique.

    Entre l'Église et la République, l'incident est clos. Il était né des propos de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, sur France info le 5 octobre à propos du secret de la confession qui serait « plus fort que les lois de la République ». Cette phrase, qui a provoqué une polémique nationale, lui a valu d'être invité par le ministre de l'Intérieur et des Cultes, Gérald Darmanin, à s'expliquer, dans son bureau, place Beauvau, mardi 12 octobre. Et ce, à la demande expresse du président de la République.

    Dans un communiqué publié après cette rencontre, l'archevêque de Reims commence par «demander pardon» à tous ceux qui ont pu être choqués par ses paroles et par le fait que cette polémique «ait pris le pas» sur les propositions du rapport Sauvé. Devant le ministre, le prélat a d'ailleurs reconnu «la formulation maladroite» qu'il avait employée car si «la foi fait appel à la conscience de chacun» pour «chercher le bien sans relâche», cette démarche ne va pas «sans respecter les lois de son pays».

    À LIRE AUSSI Le secret de la confession est-il reconnu par les lois de la République ?

    Polémique et entretien sur lesquels est aussitôt revenu publiquement le ministre de l'Intérieur. Il participait dans la foulée de ce rendez-vous épiscopal à la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Saluant «le courage de l'Église de France» d'avoir commandé une telle étude, le ministre a précisé à propos de son échange avec Mgr Éric de Moulins-Beaufort : «Je me suis permis de le lui redire, comme je le dis à chacun des cultes, qu'il n'y a aucune loi qui soit supérieure aux lois de l'Assemblée nationale et du Sénat et qu'il n'y a aucune loi au-dessus de celles de la République.» Il a été très applaudi sur cette dernière partie de sa phrase.

    À LIRE AUSSI Abus sexuels: l’Église sous le choc de la vérité

    « Échange fructueux »

    Remerciant publiquement le prélat pour « l'échange fructueux et long » qu'ils ont eu, Gérald Darmanin, a aussi abordé à l'Assemblée nationale la question du « secret de la confession », qui existe « depuis deux cents ans dans notre droit, reconnu comme un secret professionnel, au même titre que les médecins ou les avocats ». Il y a cependant une exception pour « les crimes commis sur des enfants de moins de 15 ans» : «Tout religieux ou toute personne qui a connaissance d'abus sexuels doit porter à la justice de notre pays pour la protection des enfants.»

    Sur ce même secret de la confession, Mgr Éric de Moulins-Beaufort a promis au ministre de l'Intérieur que l'Église allait lancer un «travail nécessaire» pour «concilier la nature de la confession et la nécessité de protéger les enfants». Réunis en assemblée plénière à Lourdes du 3 au 8 novembre, les évêques vont également décider d'autres «mesures et réformes à poursuivre et à entreprendre» contre ces abus.

    Plus globalement, le président de la Conférence des évêques de France, a redit au ministre «la détermination de tous les évêques et, avec eux, de tous les catholiques, à faire de la protection des enfants une priorité absolue, en étroite collaboration avec les autorités françaises». Il a cité, comme exemples, les protocoles qui existent entre 17 diocèses - sur 100 - et les parquets pour «faciliter et accélérer» le traitement des signalements «pour tout fait dénoncé».

    À LIRE AUSSI Abus sexuels dans l’Église: tensions autour du secret de la confession

    Lundi prochain, Gérald Darmanin accompagnera Jean Castex à Rome. Le premier ministre sera reçu par le pape François dans le cadre du centenaire de la reprise des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. À côté des questions bilatérales, de l'écologie, des flux migratoires, il sera aussi question du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l'Église.

    Ce sujet est une préoccupation majeure du pape François. Lors d'un entretien privé avec Angela Merkel, le 7 octobre, venue lui dire au revoir après tous ses mandats politiques, le sujet des abus sexuels dans l'Église a été l'un des thèmes de conversation. La veille, lors de l'audience générale, le pape François avait exprimé à haute voix et par trois fois sa «honte» devant les chiffres révélés par le rapport Sauvé. La commission estime que 216.000 mineurs auraient été abusés par des religieux depuis 1950.

    VOIR AUSSI - Révélation des abus sexuels: que va faire l'Église de France ? »

    Ref. Darmanin et Mgr de Moulins-Beaufort s'accordent sur le secret de la confession 

    JPSC

  • Douter de Vatican II ?

    IMPRIMER

    De Jean-Pierre Maugendre sur le site "Renaissance catholique" :

    Un catholique peut-il « douter du concile » Vatican II ?

    « Douter du Concile, c’est douter des intentions de ces mêmes Pères qui ont exercé leur pouvoir collégial de manière solennelle cum Petro et sub Petro dans un concile œcuménique, et, en dernière analyse, douter de l’Esprit Saint lui-même qui guide l’Eglise ». Telle est la raison fondamentale donnée par le pape François dans le Motu proprio Traditionis custodes pour supprimer, à terme, la célébration de la messe selon la forme traditionnelle du rit romain. Les tenants de ces célébrations douteraient du Concile et remettraient ainsi en cause, l’assistance même du Saint-Esprit  à l’Eglise.

    Douter, selon le Larousse, c’est à la fois « être dans l’incertitude sur la réalité d’un fait » et « ne pas avoir confiance en ». Il semble difficile de remettre en cause l’existence même du Concile Vatican II. La question de la confiance est, elle, plus délicate et pourrait être formulée ainsi : Est-il permis de s’interroger pour savoir si c’est bien le Saint-Esprit qui a dirigé le Concile ? On notera, d’abord, avec surprise, que sous la plume pontificale les opposants au Concile mettraient en doute les « intentions » des Pères conciliaires. Or, force est de constater que les objections ou réserves vis-à-vis du Concile émises par Mgr Lefebvre, Mgr Schneider, Mgr Gherardini, Jean Madiran, Roberto de Mattei, etc. portent sur des textes et des faits, non sur des intentions dont nous savons que, même bonnes, elles peuvent paver l’enfer et restent le secret des consciences.

    Le déroulement du Concile

    Ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII, le concile se termine le 8 décembre 1965 par le fameux discours de clôture de Paul VI. Est-il bien raisonnable de penser que pendant ces trois années les 2 500 Pères conciliaires ont été, sans discontinuer, fidèles au souffle de l’Esprit-Saint ? Quelques faits, parmi d’autres, permettent d’en douter.

    Dès le 13 octobre, date de la première réunion des Pères, les choses ne se passent pas comme prévu. Alors que les participants devaient voter pour élire les membres des commissions de travail en s’inspirant des listes de ceux qui avaient participé à l’élaboration des schémas préparatoires le cardinal Liénart, Président de l’assemblée des cardinaux et archevêques de France, puis le cardinal Frings, Président de la conférence des évêques allemands interviennent pour que le vote n’ait pas lieu immédiatement mais plus tard afin, argumentent-ils, que les Pères puissent faire connaissance entre eux. Le vote aura lieu le 16 octobre, un intense lobbying permettant de promouvoir, dans les commissions, des évêques en grande partie différents de ceux qui avaient préparé les schémas initiaux. Le Concile s’ouvre par une véritable rébellion contre le mode de fonctionnement prévu et validé par le pape. Certains parleront de « la révolution d’octobre dans l’Eglise ». Cette journée du 13 octobre fut-elle vraiment animée par l’Esprit-Saint ?

    En octobre 1965, 450 Péres conciliaires adressent à la commission chargée de traiter de l’Eglise dans le monde une pétition demandant que soit abordée la question du communisme, ce qui ne semblait pas sans rapport avec le sujet. Mystérieusement cette pétition disparaît et la question ne sera pas abordée. On apprendra plus tard que des négociations secrètes avaient eu lieu en 1962 entre, d’une part, le cardinal Tisserant, représentant le Saint-Siège, et, d’autre part, Mgr Nicodème, représentant le patriarcat de Moscou, pour que la question du communisme ne soit pas abordée au Concile en échange de la présence d’observateurs orthodoxes. Ce silence jeta la stupéfaction parmi les évêques, en particulier ceux originaires d’Europe de l’Est ou d’Asie en proie aux persécutions communistes.

    Lire la suite

  • 11 octobre : fête de la Maternité divine de Marie

    IMPRIMER

    Theotokos: Mary the Mother of God - Believers Eastern Church

    11 octobre : fête de la Maternité divine de Marie (source)

    La fête de la Maternité de la Sainte Vierge était fêtée en certains lieux le deuxième dimanche d’octobre, une messe pro aliquibus locis se trouvait dans l’appendice du Missel Romain.

    En 431, un concile général convoqué à Ephèse proclama et définit le dogme de la Maternité divine de la très Sainte Vierge. Jusque-là, il n'avait jamais été contesté qu'il y avait deux natures en Notre-Seigneur : la nature divine et la nature humaine, mais qu'il n'y a qu'une seule personne. Notre-Dame étant la Mère de l'unique personne de Jésus-Christ, a le droit d'être appelée Mère de Dieu, au même titre que nos mères, qui, bien qu'elles n'aient point formé nos âmes, mais seulement nos corps, sont cependant appelées les mères de l'homme tout entier, corps et âme. Car, si l'homme n'est homme qu'en tant que son âme est unie à son corps, Jésus-Christ n'est réellement Jésus-Christ qu'autant que Sa Divinité est unie à Son Humanité.

    En 1931, à l'occasion du quinzième centenaire du grand concile d'Ephèse qui proclama le dogme de la maternité divine, Pie XI établit la fête pour l’Eglise universelle au 11 octobre.

    La Maternité divine de Marie L'élève au-dessus de toutes les créatures. L'Église honore en ce jour cet incomparable privilège accordé à Marie, dogme fondamental de notre sainte religion. Grande est la dignité de la mère ! Mais combien plus digne de vénération est celle de la Mère du Fils de Dieu qui a engendré dans le temps Celui qui est engendré du Père de toute éternité !

    "Il y a dans cette maternité, dit saint Thomas, une dignité en quelque sorte infinie, puisqu'Elle a pour Fils Celui que les anges adorent comme leur Dieu et leur Seigneur. Cette suréminente dignité est la raison d'être de Son Immaculée Conception, de Son élévation au-dessus des anges, de la toute-puissance de Son crédit auprès de Dieu."

    Cette élévation donne à Marie une autorité qui doit inspirer notre confiance envers Celle que l'Église appelle Mère de Dieu, Mère du Christ, Mère de la divine grâce, Mère très pure, Mère très chaste, Mère aimable, Mère admirable, Mère du Créateur, Mère du Sauveur.

    En nous faisant vénérer ainsi la très Sainte Vierge, l'Église veut susciter en nos âmes un amour filial pour Celle qui est devenue notre propre Mère par la grâce. Marie nous a tous enfantés au pied de la croix. Notre prérogative de frères adoptifs de Jésus-Christ doit éveiller en nos cœurs une confiance illimitée envers Marie qui nous a adoptés sur le Calvaire, lorsqu'avant de mourir, le Sauveur nous a présenté à la Co-rédemptrice, en la personne de saint Jean, comme les enfants qu'Il désirait La voir adopter, disant : "Mère, voilà Votre fils; fils, voilà votre Mère! Ces paroles sont comme le legs testamentaire du Christ.

    "Que peut-on concevoir au-dessus de Marie ? demande saint Ambroise, quelle grandeur surpasse celle qu'a choisie pour Mère Celui qui est la grandeur même?" "Il a plu à Dieu d'habiter en Vous, ô Marie, Lui dit saint Bernard, lorsque de la substance de Votre chair immaculée, comme du bois incorruptible du Liban, le Verbe S'est édifié une maison par une construction ineffable. C'est en Vous, ô Mère unique et bien-aimée qu'Il S'est reposé et qu'Il a versé sans mesure, tous Ses trésors..."

  • Assiste-t-on à un alignement des comportements dans l’Église sur la pensée woke ?

    IMPRIMER

    De l'abbé Jean-Marie Perrot sur Res Novae :

    Comportements ecclésiastiques et idéologies déconstructivistes

    Assiste-t-on peu à peu, bien qu’avec une récente accélération, à un alignement des comportements dans l’Église sur la plus radicale des idéologies déconstructivistes de notre temps, à savoir la pensée woke, la cancel culture ? Par ces termes, on désigne de manière commode des analyses intellectuelles et un militantisme qui entendent lutter contre des formes de racisme, d’homophobie, etc., déclarés structurels, c’est-à-dire contre le patriarcat occidental blanc sous toutes ses formes ; le combat pouvant et, à certains égards, devant passer par la disparition sociale des personnes qui le perpétuent et qui, par-là, empêchent l’avènement d’une société apaisée, ouverte et inclusive.

    L’exemplaire cas James Alison

    Un livre récemment traduit en français en porte clairement la marque. Son titre est un programme : La foi au-delà du ressentiment. Fragments catholiques et gays (éditions du Cerf, 2021). Son auteur ne l’est pas moins : James Alison, issu d’une famille anglicane, s’étant converti au catholicisme à l’âge de 18 ans, entra chez les dominicains et devint prêtre en 1988. A la fin de la décennie suivante, il fut suspendu de toute fonction sacerdotale (suspens a divinis) en raison d’une vie ouvertement homosexuelle. En 2017, le 2 juillet, il reçut un appel téléphonique personnel de François qui lui déclara : « Je veux que vous marchiez avec une profonde liberté intérieure, à la suite de l’Esprit de Jésus. Et je vous donne le pouvoir des clés. Est-ce que vous comprenez ? Je vous donne le pouvoir des clés. ».

    En ouverture de son ouvrage, James Alison pose, au nom de la vérité de la foi telle qu’il la présente, une affirmation radicale : « Je n’ai jamais associé le catholicisme à la grande annihilation de l’être dont le monde monothéiste a marqué le désir homosexuel, même s’il s’est plié à ces forces d’annihilation, y a succombé et les a institutionnalisées, même s’il n’a pas été assez courageux pour y résister comme il l’aurait dû. » (p.28) Le hiatus exprimé entre monothéisme et foi chrétienne pourrait intriguer. En fait, en disciple revendiqué de René Girard, James Alison pense la mort de Jésus comme la dénonciation par la victime des schémas sacrificiels qui s’efforcent de réguler les sociétés humaines, prises dans la spirale mortifère des désirs mimétiques. Il découle de celle-ci une violence indifférenciée, de tous contre tous, qui, quand elle s’est exacerbée, demande que la communauté soit réconciliée ; cela se fait autour d’un bouc émissaire, de sa mort, sanglante ou non d’ailleurs. A certains égards, selon René Girard, Jésus fut l’un d’eux. Toutefois, par la liberté qui fut la sienne, par le fait que le récit de sa mort est écrit, non par les bourreaux, mais par ses disciples, Jésus dénonce la fausseté du procédé victimaire et dès lors rend possible une vraie fraternité.

    Selon James Alison, l’évolution des sociétés a conduit l’Église, surtout depuis l’accès de Bergoglio au siège de Pierre, à poser un regard différent sur les personnes homosexuelles. Le pape François, notamment par son « qui suis-je pour juger ? », a dénoncé l’évidence de l’exclusion des LGBT+ ; plus encore, il porte notre regard vers la rigidité des juges et des persécuteurs pour désigner la responsabilité de la situation. Ceci permet de plus librement repenser le récit théologique et moral sur le désordre sexuel, de le déconstruire, en remontant à la création et à la chute originelle ; sans pour autant essayer d’argumenter et de convaincre, car il s’agit moins de réfuter des arguments faux que de dévoiler un système d’oppression : cette mise au jour, à nu, suffit à lui retirer sa légitimité, bientôt ses forces. Toutefois, il convient, selon James Alison toujours, de ne pas tomber dans le ressentiment et de renverser le processus victimaire contre tel ou tel tenant d’une morale conservatrice. Car ce qui est en question, ce n’est pas cette personne, mais, dans l’Église, « un système hypocrite de couverture et d’expulsion » (p.62).

    L’inclusion des exclus

    James Alison n’est pas, nous le croyons, un cas isolé. Sa pensée consonne avec des paroles et des attitudes plus institutionnelles. Évidemment, les choses ne sont pas dites aussi franchement. Pour autant, un profond renouvellement de la conception des frontières de l’Église est opéré actuellement, et il s’avère inquiétant en ce qu’il se dirige dans cette direction.

    Lire la suite

  • Ce que voit et expérimente aujourd'hui un catholique européen

    IMPRIMER

    De Denis Crouan sur Pro Liturgia (7 octobre) :

    Que voit et expérimente aujourd’hui un catholique européen ?

    Réponse : un exode massif hors des églises ; un esprit du temps anti-chrétien, « anti-divin »... Autant de bourrasques qui soufflent dans l’Église et balaient des feuilles fanées. En même temps, on observe le développement de ce qu’on pourrait appeler un « christianisme crypto-apostat ». Une réalité qui aurait été impensable... même sous les pires dictatures du 20e siècle.

    Chose nouvelle : désormais, ce ne sont plus seulement les chrétiens tièdes et peu intéressés à la foi de leur baptême qui quittent l’Église ; ce sont aussi ceux qui souhaitent protester contre des structures ecclésiales qui n’ont jamais produit quoi que ce soit et qui sont aujourd’hui en ruine, sans aucun avenir. Ces structures tournent à vide sans inviter ceux qui en font partie à se soucier de ce que devrait être l’Église de Jésus-Christ.

    Un bon nombre de fidèles sont actuellement déçus, perdus, ne reconnaissant plus l’Église qui leur était familière. Certains cherchent alors un havre spirituel dans les communautés davantage liées aux valeurs stables et sûres de la Tradition chrétienne ; pour autant, ils ne sont pas « traditionalistes » au sens où on l’entend actuellement.

    Cette apostasie de masse et cette perte de la foi n’ont-elles pas été évoquées par Jésus lui-même lorsqu’il parlait de signes annonçant son retour imminent ? Il est évident que les germes du modernisme anti-chrétien et fondamentalement matérialiste sont à nouveau à l’œuvre. Au XXe siècle, les deux guerres mondiales et la résistance aux idéologies de l’époque n’avaient fait que ralentir les avancées de ce modernisme. Mais le voici de retour. Dans l’Église, il s’est manifesté en 1968, lors de la publication de l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI. Un grand nombre de théologiens alors bien en vue refusèrent immédiatement ce document qui abordait les questions fondamentale de l’amour humain. À y regarder de plus près, les prises de positions de ces théologiens correspondaient à l’incompréhension croissante du célibat sacerdotal : au nom de l’amour humain et de l’hédonisme, il n’était pas rare, à cette époque, de voir des assemblées paroissiales applaudir lorsqu’à la fin d’une messe le célébrant annonçait qu’il allait se marier ou « vivre en couple » avec son « petit ami ». Les Pays-Bas furent à la pointe de ces manifestations ; la Belgique et la France rejoignirent rapidement le mouvement alors qualifié de « printemps de l’Église ».

    En même temps se produisit ce qui allait aboutir au chaos liturgique dénoncé par Jean-Paul II et par Benoît XVI et qui se manifestait à travers des célébrations où l’assemblée locale prenait la place de Dieu : dans un grand nombre d’église paroissiales et de séminaires diocésains, les livres liturgiques officiels devaient obligatoirement être remplacés par des publications douteuses, certains prêtres allant même jusqu’à imposer des célébrations eucharistiques dont les rites et les prières sortaient de leur propre imagination.

    Revenaient alors à l’esprit des fidèles les plus avisés les paroles de Jésus à propos de « l’abomination de la désolation installée dans le lieu saint » (Mt 24, 15).

    Aujourd’hui, les résultats de ces errances et les signes de la désolation se multiplient : certains pasteurs les découvrent à l’occasion du problème des prêtres pédophiles mis au devant de la scène. Au pire, ils se taisent ; au mieux ils se disent profondément choqués sans pour autant oser regarder du côté des origines de la crise actuelle.

    Celle-ci, déjà en germe au XIXe siècle, a profité de Vatican II pour se déchainer : sécularisation des structures ecclésiastiques, abandon des sacrement, départ de nombreux prêtres, séminaires où l’on s’attachait à former des prêtres capables de contester tout ce que l’Église entendait enseigner aux fidèles... En parallèle, des prêtres demeurés en place et qui, gagnés par l’esprit des Lumières anti-chrétien, s’affirmaient éducateurs, responsables de paroisses, travailleurs sociaux, animateurs de « messes karaoké »... Reprenons les thèmes des homélies et des chants introduits dans la liturgie au cours des années post-conciliaires. Sous un mince glaçage de bons sentiments chrétiens, il n’y est bien souvent question que d’environnement, de migration, de sauvegarde de la forêt tropicale, du changement climatiques, des conflits sociaux... Mais que viennent faire ces sujets au cours d’une messe ? Est-il nécessaire d’aller à l’église pour entendre une énième fois les sanglots de la bien-pensance médiatique ?

    Voilà pour l’actualité récente.

    Lire la suite

  • Saint Irénée bientôt promu Docteur de l'Eglise

    IMPRIMER

    D'Adélaïde Patrignani sur Vatican News :

    Le Pape déclarera prochainement saint Irénée de Lyon "docteur de l'unité"

    Le Groupe mixte de travail orthodoxe-catholique Saint-Irénée a été reçu en audience ce jeudi matin par le Pape François. Après avoir souligné l’importance de leur mission, le Successeur de Pierre a souhaité que le dialogue œcuménique soit aussi inclus dans le futur processus synodal, en particulier concernant le thème de la primauté. Il a aussi annoncé le doctorat prochain de saint Irénée, père de l'Église, 2e évêque de Lyon, mort martyr en 202.

    «Rechercher ensemble les moyens par lesquels les différentes traditions peuvent s'enrichir mutuellement sans perdre leur identité», telle est la mission que s’est fixée le groupe Saint-Irénée depuis sa fondation en 2004, à l'initiative de l'évêque de Magdebourg et de l'Institut Johann-Adam-Moehler de Paderborn. Le Pape François s’est dit aujourd’hui «reconnaissant» pour le travail théologique accompli par ce groupe au service de la communion entre catholiques et orthodoxes.

    Dans le sillage de saint Irénée, homme de paix

    «Il est bon de cultiver une unité enrichie par les différences, qui ne cède pas à la tentation d'une uniformité normalisatrice», a-t-il expliqué. Les théologiens membres du groupe - treize catholiques et treize orthodoxes, provenant d’Europe, du Moyen-Orient et des Amériques – cherchent à cet égard à comprendre comment les aspects contrastés présents dans leurs différentes traditions, «plutôt que d'alimenter des oppositions, peuvent devenir des occasions légitimes d'exprimer la foi apostolique commune».

    Le Saint-Père est aussi revenu sur le saint patron du groupe de travail, Irénée de Lyon, «un grand pont spirituel et théologique entre les chrétiens d'Orient et d'Occident», et dont le nom «porte l'empreinte du mot paix». Cette paix est celle de Jésus, «qui réconcilie, qui rétablit l'unité». «Chers amis, avec l'aide de Dieu, travaillez vous aussi à abattre les murs de séparation et à construire des ponts de communion», a encouragé le Souverain Pontife, après avoir annoncé de manière inattendue qu'il déclarerait «volontiers prochainement Docteur de l'Église avec le titre de doctor unitatis», docteur de l'unité de l'Église, saint Irénée de Lyon. Irénée fut le deuxième évêque de Lyon, entre 177 et 202. Il est l'un des Pères de l'Église et le premier occidental à réaliser une œuvre de théologien systématique. Défenseur de la gnose, il s'est illustré par sa dénonciation du gnosticisme. Il est mort martyr, victime d'un édit de Septime Sévère. 

    Pas de primauté sans synodalité

    Le groupe Saint-Irénée, qui se réunira ces jours-ci à l’institut d’études œcuméniques de l’université Angelicum, a récemment publié une étude intitulée “Servir la communion. Repenser la relation entre primauté et synodalité”. Comme l’a précisé le Pape, «la primauté et la synodalité dans l'Église ne sont pas deux principes concurrents à maintenir en équilibre, mais deux réalités qui se constituent et se soutiennent mutuellement au service de la communion». «De même que la primauté présuppose l'exercice de la synodalité, la synodalité inclut l'exercice de la primauté», a-t-il poursuivi. Par ailleurs, la synodalité dans l’Église catholique articule trois dimensions: «tous» (par l’exercice du sensum fidei de tous les fidèles), «certains» (par l’exercice du ministère des évêques, chacun avec son presbyterium), et «un» (ministère d'unité de l'évêque et du Pape).

    Étant donné cette imbrication, «une approche fructueuse de la primauté dans les dialogues théologiques et œcuméniques ne peut que s'appuyer sur une réflexion sur la synodalité: une autre voie ne convient pas». «Dans une Église synodale, même l'exercice de la primauté pétrinienne pourra recevoir une plus grande lumière», a estimé le Pape. À quelques jours du processus synodal qui sera inauguré dans tous les diocèses catholiques, François a donc souhaité que «cet aspect important» soit aussi approfondi avec d’autres chrétiens.

    La rencontre entre le Saint-Père et le groupe de travail Saint-Irénée s’est conclu par une prière du Notre Père, chacun dans sa propre langue.

  • France : le secret de la confession dans le collimateur, premier résultat du Rapport Sauvé ?

    IMPRIMER

    Mgr de Moulins fd2919149900e78727c26519f459fb62de7827e2.jpg

    Lu sur le site web « Salon beige » :

    « Communiqué de Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France :

    Le Président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, a reçu du ministre de l’intérieur, M. Gérald Darmanin, ce jour à 13h15, un message par lequel M. le Ministre exprime le souhait de « convenir d’un entretien ».

    Mgr Éric de Moulins-Beaufort a fait savoir, par son secrétariat, à 14h45, qu’il acceptait cette invitation. Il rencontrera ainsi M. Gérald Darmanin le mardi 12 octobre à 14h.

    Mgr Éric de Moulins-Beaufort sera heureux d’échanger avec M. le Ministre de l’Intérieur sur le sens du sacrement de la confession pour les catholiques et sur les fondements théologiques, spirituels et canoniques du secret de la confession. Ce sera pour lui l’occasion de rappeler qu’aujourd’hui, le secret de la confession, imposé aux prêtres par le droit canonique, n’est pas contraire au droit pénal français, comme le souligne la circulaire de la chancellerie du 11 août 2004.

    La confession est aussi un moment durant lequel une personne victime, par exemple un enfant, peut évoquer ce qu’elle a subi, et être rassurée sur son innocence… parce que la certitude du secret lui permet de livrer ce qui lui est le plus difficile. Ce temps peut être alors, sur les encouragements du prêtre qui reçoit cette confession, une première étape dans la libération de la parole, en dehors du sacrement.

    Le secret de la confession a toujours été respecté par la République française. C’est l’honneur de la République française que de respecter ainsi la dignité de la conscience de chacun. »

    Ref. Secret de la confession : soutien à Mgr de Moulins-Beaufort convoqué par le ministre Darmanin

    JPSC