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Doctrine - Page 4

  • "Sans nourrir les racines, toute tradition religieuse perd sa fécondité" (pape François)

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    Discours du pape à la Communauté du Collège Pontifical Roumain :

    19 mai 2022

    Chers frères et sœurs !

    Je suis heureux de vous accueillir à l'occasion du 85e anniversaire de la fondation du Collège Pio Roumain. Je vous salue tous, supérieurs de la Congrégation pour les Églises orientales, prêtres, étudiants et employés du Collège, et je remercie le recteur, le père Gabriel, pour les paroles qu'il m'a adressées en votre nom.

    Il y a deux ans, au cours de la Divine Liturgie que j'ai présidée à Blaj, dans le Champ de la Liberté, j'ai encouragé la résistance aux nouvelles idéologies qui cherchent à s'imposer et à détacher les peuples, parfois de manière insidieuse, de leurs traditions religieuses et culturelles. Au cours de cette célébration, j'ai proclamé Bienheureux sept évêques martyrs, les désignant comme des exemples pour tout le peuple roumain. Ici, à Rome, dans la ville qui conserve le témoignage de Pierre, de Paul et de nombreux autres martyrs, vous pouvez pleinement redécouvrir vos racines, par l'étude et la méditation. C'est une occasion précieuse de réfléchir à la manière dont ces racines se sont formées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que l'Église grecque catholique roumaine n'avait plus d'évêques actifs, car ils avaient été tués ou emprisonnés, l'évêque Ioan Ploscaru de Lugoj, qui a été emprisonné pendant quinze ans, a écrit dans son journal : "Les prêtres et les évêques de l'Église grecque catholique considéraient cette période comme la plus précieuse de leur existence. C'est une grâce de pouvoir offrir à Dieu ses souffrances et le témoignage de sa foi, même au prix de sa vie". Ceux qui donnent leur vie pour l'Évangile pensent de cette façon, ils embrassent la réponse de Dieu au mal du monde : ils se livrent, ils imitent l'amour doux et gratuit du Seigneur Jésus, qui s'offre pour ceux qui sont proches et lointains. C'est la source qui a permis aux racines de s'enfouir dans la terre, de devenir fortes et de porter du fruit. Et ce fruit, c'est vous.

    Chers amis, sans nourrir les racines, toute tradition religieuse perd sa fécondité. En effet, un processus dangereux se produit : au fil du temps, on se concentre de plus en plus sur soi-même, sur sa propre appartenance, en perdant le dynamisme des origines. Puis on se concentre sur les aspects institutionnels, externes, sur la défense de son propre groupe, de son histoire et de ses privilèges, perdant, peut-être sans s'en rendre compte, la saveur du don. Pour poursuivre la métaphore, c'est comme si l'on s'arrêtait pour regarder le tronc, les branches et les feuilles, en oubliant que tout est soutenu par les racines. Or, ce n'est que si les racines sont bien arrosées que l'arbre continue à prospérer, sinon il se replie sur lui-même et meurt. C'est ce qui arrive quand on devient complaisant et qu'on est atteint par le virus de la mondanité spirituelle, qui est le pire mal qui puisse arriver dans l'Église : la mondanité spirituelle. On s'étiole alors dans une vie médiocre, auto-référentielle, de carriérisme, d'escalade, de recherche de satisfactions personnelles et de plaisirs faciles. L'attitude consistant à essayer de grimper, d'avoir du pouvoir, de l'argent, de la célébrité, d'être à l'aise, d'aller de l'avant. C'est vouloir grandir sans racines. Il est vrai qu'il y en a d'autres qui vont vers les racines pour s'y cacher, parce qu'ils ont peur de la croissance. C'est vrai.

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  • Le cardinal Martini était un "prophète" selon le cardinal Czerny

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    De la Catholic News Agency :

    Le cardinal Martini était un "prophète", selon un cardinal du Vatican

    17 mai 2022

    Le cardinal du Vatican Michael Czerny a décrit lundi le défunt cardinal italien Carlo Maria Martini comme un "prophète".

    Czerny, le préfet du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, a déclaré que le théologien jésuite controversé avait anticipé les développements récents dans l'Église catholique.

    M. Martini, bibliste de renom, a été décrit par le New York Times comme l'un des "penseurs progressistes les plus influents" de l'Église catholique et comme un "successeur possible du pape Jean-Paul II", avec lequel il avait des vues opposées sur l'orientation de l'Église.

    M. Martini, qui a dirigé l'archidiocèse de Milan de 1979 à 2002, a déclaré dans une interview peu avant sa mort en 2012 que "l'Église a 200 ans de retard."

    S'exprimant à Milan le 16 mai, le cardinal Czerny a déclaré : "Beaucoup l'appréciaient déjà lorsqu'il était parmi vous, non sans malentendus, incertitudes et oppositions".

    "Maintenant, nous le comprenons tous mieux, en reconnaissant comment ses visions et les priorités de son gouvernement pastoral - je voudrais aussi dire son style d'écoute, de prière et de vie - ont anticipé des chemins qui impliquent finalement l'Église universelle."

    Les propos du cardinal Czerny ont été rapportés par Vatican News, le portail d'information en ligne du Saint-Siège, qui précise que le jésuite canadien s'est exprimé lors du lancement du sixième volume des œuvres complètes de Martini.

    Le livre s'intitule "Farsi prossimo" ("Approche-toi"), titre d'une lettre pastorale que Martini a écrite aux catholiques de Milan. Cette lettre a donné lieu à un congrès diocésain en 1986, que Czerny a relié au processus synodal global lancé par le pape François.

    Le pape François a fait référence à Martini à plusieurs reprises depuis son élection en 2013.

    Dans un discours prononcé en 2013 devant la Fondation Carlo Maria Martini, il a décrit le cardinal comme "un prophète de la paix" et "un père dans l'Église, non seulement pour son diocèse, mais pour d'innombrables personnes."

    Le pape a rappelé l'entretien final de Martini dans un discours à la Curie romaine en 2019.

    Il a déclaré : "Le cardinal Martini, dans sa dernière interview, quelques jours avant sa mort, a dit quelque chose qui devrait nous faire réfléchir : 'L'Église a 200 ans de retard. Pourquoi n'est-elle pas secouée ? Avons-nous peur ? La peur, au lieu du courage ? Pourtant, la foi est le fondement de l'Église. Foi, confiance, courage... Seul l'amour vainc la lassitude".

    Dans son discours à Milan, le cardinal Czerny a déclaré que Martini "a fait ce que le concile [Vatican II] lui a demandé, un événement qui, dans sa jeunesse, comme dans celle du pape François, a représenté un printemps évangélique."

    Pourtant : Non, Jorge Mario Bergoglio n'est pas Carlo Maria Martini

    Sur belgicatho, de nombreux articles ont abordé le rôle du cardinal Martini, notamment dans la "mafia de Saint-Gall").

  • Les "Engagés" ou les vicissitudes d'un parti qui a perdu sa boussole

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    D'Angélique Tasiaux sur cathobel :

    Du mouvement au sein des Engagés

    Le 14 mai, les Engagés se sont retrouvés en congrès national à Liège pour débattre d’ultimes amendements et approuver leur manifeste. Deux jours plus tard, l’annonce de la candidature à la présidence de Marc Antoine Mathijsen prouve que différentes options sont encore possibles.

    L’absence de piliers de l’ancien Centre démocrate humaniste (cdH) n’est pas passée inaperçue, avec notamment la défection remarquée dans l’assemblée des anciens présidents Joëlle Milquet et Benoît Lutgen, de la parlementaire wallonne Alda Greoli ou encore de la députée fédérale Catherine Fonck. Même si le congrès du mouvement s’est déroulé dans un climat serein, comme nous le confirme Isabelle Gaspard, une membre du mouvement, il n’en demeure pas moins qu’il reste « des questions sur lesquelles une parole chrétienne située est plus difficile. Le parti ne cite plus son appartenance chrétienne et, pour certains, cela pose question. Il y a des personnes chrétiennes qui sont engagées dans la société avec le sac à dos de leurs croyances, sans pour autant l’imposer. Il s’agit, pour elles, de chercher des références auprès du Christ, pour poser des choix sur cet héritage. Nous sommes loin d’une lecture littérale des textes, mais nous y puisons pour agir dans l’aujourd’hui. Ce n’est pas un hasard s’il y a tellement d’associations chrétiennes. » La société belge se dirige-t-elle vers une représentation à la française, dans laquelle il n’y a pas de parti catholique établi, mais des chrétiens qui revendiquent leur foi ? « Allons-nous vers un estompement de la référence ou à l’inverse des chrétiens décomplexés qui vont dire ce qu’ils sont ? », s’interroge Isabelle Gaspard.

    Des abstentions aussi

    Conseillère communale à Etterbeek, Louise-Marie Bataille a choisi, avec quelques autres, de s’abstenir au moment du vote du manifeste. « Je dois pouvoir m’engager au nom de valeurs que je puise dans le trésor spirituel de mes convictions religieuses. Le sens de la dignité humaine et de l’écologie selon Laudato si’ doit pouvoir s’exprimer dans l’espace public. » Au-delà de l’aspect spirituel, elle estime que sa déception personnelle n’est pas l’enjeu, mais que « cette réorientation n’est pas porteuse parce qu’on ne voit pas son cap ni le modèle de société proposé. Le manifeste manque de contenus et d’options claires. »

    Un président pour un nouveau souffle

    Le président en exercice, Maxime Prévot a choisi de remettre en jeu sa casquette de président. Une possibilité d’élection saisie par Marc Antoine Mathijsen qui vient de communiquer officiellement sa candidature, deux jours après la tenue du congrès. « Je crois toujours au message chrétien démocrate », assure-t-il, prenant en exemple les résultats en faveur de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) qui a remporté plus d’un tiers des votes, lors de l’élection du 15 mai en Rhénanie du Nord – Westphalie. Marc Antoine Mathijsen l’assure : « ce n’est pas un retour en arrière, mais une projection dans l’avenir. Je ne me présente pas contre Maxime Prévot, mais au-delà. » C’est donc en tant que « rassembleur, pour rebâtir l’unité », qu’il pose sa candidature, estimant que 85% du programme des Engagés doivent être retenus, dans le prolongement du processus de refondation initié par Il fera beau demain. Pour le candidat, « le processus n’est pas abouti. J’aimerais que les chrétiens se retrouvent dans les Engagés. Or ce n’est plus le cas », même si la suppression des émissions concédées a largement été refusée lors du congrès. Si le candidat affirme saluer « la rénovation et les idées », il refuse de « se couper de la continuité historique qu’est le personnalisme chrétien ». Et de se réjouir du projet présenté par Sammy Mahdi, lui-même candidat à la tête du CD&V, le parti flamand confronté, lui aussi, à des turpitudes existentielles.

  • "Le vrai thomisme est celui d'Amoris laetitia" (pape François)

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    DISCOURS DU SAINT PÈRE FRANCIS AUX PARTICIPANTS DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA THÉOLOGIE MORALE

    Salle Clémentine, vendredi, 13 mai 2022

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Je remercie le Père da Silva Gonçalves pour ses mots d'introduction ; je salue le Cardinal Farrell, Mgr Paglia et Mgr Bordeyne, ainsi que tous ceux qui ont collaboré à cette Conférence, et vous tous qui y avez participé. L'initiative s'inscrit dans le cadre de l'"Année de la famille Amoris laetitia", convoquée pour stimuler la compréhension de l'exhortation apostolique et aider à orienter les pratiques pastorales de l'Église, qui se veut toujours plus synodale et missionnaire.

    Amoris laetitia rassemble les fruits des deux assemblées synodales sur la famille : l'assemblée extraordinaire de 2014 et l'assemblée ordinaire de 2015. Des fruits qui ont mûri à l'écoute du Peuple de Dieu, composé en grande partie de familles, qui sont le premier lieu pour vivre la foi en Jésus-Christ et l'amour mutuel.

    Il est donc bon pour la théologie morale de puiser dans la riche spiritualité qui germe dans la famille. La famille est l'Église domestique (cf. Lumen gentium, 11 ; Amoris laetitia, 67) ; en elle, les époux et les enfants sont appelés à coopérer pour vivre le mystère du Christ, par la prière et l'amour mis en œuvre dans le concret de la vie quotidienne et des situations, dans une attention mutuelle capable d'accompagner afin que personne ne soit exclu et abandonné. "N'oublions pas que, par le sacrement du mariage, Jésus est présent sur ce bateau", le bateau de la famille. [1]

    La vie familiale, cependant, est aujourd'hui plus éprouvée que jamais. Tout d'abord, depuis quelque temps, "la famille traverse une profonde crise culturelle, comme toutes les communautés et tous les liens sociaux" ( Evangelii gaudium, 66). En outre, de nombreuses familles souffrent d'un manque de travail, d'un manque de logements dignes, ou d'une terre où elles peuvent vivre en paix, à une époque de changements importants et rapides. Ces difficultés se répercutent sur la vie familiale, générant des problèmes relationnels. Il y a beaucoup de "situations difficiles et de familles blessées" (Amoris laetitia, 79). Aujourd'hui, la possibilité même de fonder une famille est souvent ardue, et les jeunes ont tant de mal à se marier et à avoir des enfants. En effet, les changements d'époque que nous vivons poussent la théologie morale à relever les défis de notre temps et à parler un langage compréhensible pour les interlocuteurs - et pas seulement pour les "initiés" - et à aider ainsi à "surmonter les adversités et les contrastes" et à favoriser "une nouvelle créativité pour exprimer dans les défis d'aujourd'hui les valeurs qui nous constituent en tant que peuple dans la société et dans l'Église, le peuple de Dieu". [2] J'insiste : nouvelle créativité.

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  • "Nous avons perdu le sens des sacrements depuis longtemps" (cardinal Sarah)

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    Des propos recueillis par Véronique Jacquier sur le site de France Catholique :

    «  Sans les sacrements nous ne pouvons pas vivre !  »

    13 mai 2022

    Pour que Dieu rayonne pleinement dans nos vies, le cardinal Robert Sarah nous emmène à la redécouverte des sept sacrements dans son dernier ouvrage, Catéchisme de la vie spirituelle (Fayard). Entretien exclusif.

    Quelle est l’ambition de ce catéchisme atypique que vous publiez ?

    Cardinal Robert Sarah : J’ai voulu aider les chrétiens à vivre la richesse des sacrements : le baptême, la confirmation, l’Eucharistie, le mariage, le sacerdoce, la pénitence, et l’onction des malades. Nous avons souvent oublié cette richesse, parce que nous ne nous donnons pas beaucoup de peine pour mieux connaître et entrer en profondeur dans le mystère des sacrements.

    J’insiste particulièrement sur le sacrement de l’Eucharistie. La messe est parfois devenue un lieu de convivialité. Elle n’est plus toujours celui d’une rencontre vitale, personnelle, d’un cœur-à-cœur avec Jésus. Au IIIe siècle, lorsque l’empereur Dioclétien avait interdit la messe, les chrétiens d’Abitène – dans l’actuelle Tunisie – ont désobéi. Interrogés pour savoir pourquoi ils ont désobéi à l’ordre impérial, ils ont répondu : «  Nous ne pouvons pas vivre sans l’Eucharistie.  » L’affirmation de cette vérité leur a valu le martyre. L’Eucharistie est un besoin primordial, une nécessité vitale.

    Mais on peut songer aussi aux sacrements du baptême ou de la confirmation, souvent réduits à des fêtes familiales, or ce sont des actes essentiels qui engagent dans la vie d’enfant de Dieu !

    Il y a urgence selon vous ?

    Nous avons, hélas ! perdu le sens des sacrements depuis longtemps. Le mariage est fragilisé par les séparations qui se systématisent ! À la messe, on voit des prêtres transformer tel canon ou telle prière comme s’ils lui appartenaient, alors qu’ils relèvent de la tradition… Il faut réapprendre à protéger notre âme, et pas seulement notre corps. Sans les sacrements, l’Église n’existe plus ! Sans eux, nous ne pouvons pas vivre ! Ils nous fortifient sur un chemin intérieur, par lequel nous devons parvenir tous ensemble à ne faire plus qu’un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu.

    L’image du désert est très présente dans votre propos… C’est le terreau dans lequel peut s’enraciner la présence de Dieu dans nos vies ?

    Le désert est le lieu où Dieu se révèle. Il faut qu’il y ait des déserts dans notre cœur et dans notre vie. Car nous sommes envahis par le bruit et l’activisme. Au fond de chacun, subsiste un désir plus ou moins conscient d’échapper à ce tourbillon d’apparences, à cette vacuité qui nous assaillent.

    Si nous réussissons à créer des déserts intérieurs, faits de silence et d’adoration, nous serons remplis de présence divine. C’est dans la pauvreté et le dépouillement que nous apprenons à devenir attentifs à Dieu. Le désert est plein de Dieu. Son immensité et sa simplicité le révèlent, son silence le donne. Le désert est monothéiste. Il préserve de la multiplicité des idoles. Il faut donc se taire intérieurement et laisser l’Esprit Saint nous parler. Sans cela non plus, nous ne pouvons pas vivre.

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

  • En marche vers l'Apocalypse ? Le Club des Hommes en Noir vous éclaire !

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    Retrouvez Le Club des Hommes en Noir pour sa troisième saison. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc.

    Les abbés Barthe, Celier, le Père Thomas sj et Jeanne Smits sont les invités de Philippe Maxence dans le Club des Hommes en Noir. Les élections successives, les lois adoptées contre la famille, la vie et Dieu, le recul de la foi, le retour de la sorcellerie, les mauvaises nouvelles en pagaille semblent nous montrer que la fin des temps est proche ? Est-ce vrai et comment s'y préparer ? Publié sur le site web du bimensuel « L’Homme Nouveau » :

  • Pour le prochain conclave, que les cardinaux relisent la déclaration « Dominus Jesus »

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction française de diakonos.be)

    Adieu « fratelli tutti ». Avant le conclave, que les cardinaux relisent « Dominus Jesus »

    Depuis quelques mois, une nouvelle revue créée expressément pour eux circule parmi les cardinaux, dans le but avoué de les aider à « se connaître pour prendre les bonnes décisions dans les moments importants de la vie de l’Église ». Autrement dit : en prévision du futur conclave.

    La revue a le titre latin de « Cardinalis », est envoyée à tous les membres du Sacré Collège et peut être lue en quatre langues, y compris en ligne. Elle est éditée en France, à Versailles. La rédaction est assurée par « une équipe de vaticanistes de tous les pays et de diverses tendances ». Le premier numéro est sorti en novembre 2021 avec en couverture le cardinal irakien Louis Raphaël Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, et le second en avril de cette année avec en couverture le cardinal Camillo Ruini.

    L’interview d’ouverture de ce dernier numéro est en fait consacrée à ce cardinal érudit de 91 ans qui a joué un rôle tout à fait majeur au cours des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

    Settimo Cielo a récemment publié deux réflexions du cardinal Ruini sur Dieu et sur l’homme, c’est-à-dire sur les questions capitales pour la mission de l’Église dans le monde. Et de nouveau, dans cette interview pour « Cardinalis » – réalisée par la vaticaniste américaine Diane Montagna – il insiste sur ce qui sont les vérités « centrales et décisives » du christianisme, sur lesquelles l’Église gagne ou perd tout :

    « Le premier point, qui est aussi le plus important, est celui sur lequel Benoît XVI a beaucoup insisté : la foi et la confiance en Dieu, le primat de Dieu dans notre vie. Le second point, inséparable du premier, est la foi en Jésus Christ Fils de Dieu et notre unique sauveur. Le troisième est l’homme, créé à l’image de Dieu et devenu en Christ son fils adoptif, l’homme appelé à la vie éternelle, l’homme qui aujourd’hui déjà cherche à vivre en fil de Dieu ».

    En particulier, il ne faut pas occulter – souligne Ruini – la vérité de Jésus Christ unique sauveur de tous, affirmée par le Nouveau Testament et réaffirmée par la déclaration « Dominus Iesus » de 2000, un « document fondamental » contre le relativisme présent jusque dans l’Église.

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  • Un pape gay friendly ?

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    De Vatican News (Linda Bordoni) : 

    Le pape aux catholiques LGBT : Dieu est un Père qui ne renie aucun de ses enfants".

    Le pape François répond à trois questions qui lui ont été posées par le père jésuite James Martin, dont le ministère pastoral concerne la communauté LGBT.

    "Le style de Dieu est la proximité, la miséricorde et la tendresse", a déclaré le pape François en répondant à trois questions qui lui ont été posées par le père jésuite James Martin, dont le ministère pastoral concerne les catholiques LGBT.

    Le 5 mai, le père Martin avait écrit au pape en espagnol pour lui demander de répondre à certaines questions que lui posent le plus souvent les catholiques LGBT et leurs familles.

    Il a reçu une réponse manuscrite quelques jours plus tard, qui a été publiée sous la forme d'une courte interview sur le site web "Outreach" du père Martin.

    "En ce qui concerne vos questions, écrit le pape, une réponse très simple me vient à l'esprit."

    Outreach : Quelle est, selon vous, la chose la plus importante que les personnes LGBT doivent savoir sur Dieu ?

    Pape François : Dieu est Père et il ne renie aucun de ses enfants. Et "le style" de Dieu est "proximité, miséricorde et tendresse". C'est sur ce chemin que vous trouverez Dieu.

    La sensibilisation : Que voudriez-vous que les personnes LGBT sachent sur l'Eglise ?

    Pape François : Je voudrais qu'ils lisent le livre des Actes des Apôtres. Ils y trouveront l'image de l'Église vivante.

    Outreach : Que dites-vous à un catholique LGBT qui a été rejeté par l'Église ?

    Le Pape François : Je leur ferais reconnaître qu'il ne s'agit pas du "rejet de l'Eglise", mais plutôt de "personnes dans l'Eglise". L'Eglise est une mère et appelle ensemble tous ses enfants. Prenez par exemple la parabole de ceux qui sont invités au festin : "les justes, les pécheurs, les riches et les pauvres, etc." [Matthieu 22:1-15 ; Luc 14:15-24]. Une église "sélective", une église de "sang pur", n'est pas la Sainte Mère l'Église, mais plutôt une secte.

    Les paroles du pape en juillet 2021

    L'année dernière, en juillet, le Pape François avait envoyé au Père Martin une lettre à l'occasion du séminaire web "Outreach 2021" dans laquelle il disait que "Dieu est proche et aime chacun de ses enfants. Son cœur est ouvert à tous. Il est le Père."

    "En pensant à votre travail pastoral, écrit le pape, je vois que vous essayez continuellement d'imiter ce style de Dieu. Vous êtes un prêtre pour tous, comme Dieu est le Père de tous. Je prie pour vous afin que vous puissiez continuer dans cette voie, en étant proche, compatissant et plein de tendresse."

    "Je prie pour vos fidèles, vos "paroissiens", avait conclu le Pape, pour tous ceux que le Seigneur a placés à vos côtés afin que vous puissiez prendre soin d'eux, les protéger et les faire grandir dans l'amour de notre Seigneur Jésus-Christ".

  • Le site web du synode du Vatican célèbre l'homosexualité et l'adoption d'enfants par des couples de même sexe

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    D'Emily Mangiaracina sur LifeSiteNews :

    Le site web du synode du Vatican célèbre l'homosexualité et l'adoption d'enfants par des couples de même sexe

    Le site web du synode sur la synodalité a présenté l'un des trois récits d'adoption d'enfants par des couples homosexuels comme "une sexualité qui donne la vie".

    10 mai 2022

    (LifeSiteNews) - Dans un écart net et monumental de l'enseignement de l'Église catholique, le Vatican a célébré des "témoignages" d'adoption d'enfants par des couples homosexuels ainsi que l'homosexualité elle-même.

    Le site Web du Synode sur la synodalité, supervisé par le Secrétariat général du Synode des évêques, a souligné vendredi comme louables trois histoires d'adoption par des homosexuels qui ont été partagées par Noelle Therese Thompson, la responsable synodale de la paroisse Immaculée Conception à Hendersonville, en Caroline du Nord.

    La première, intitulée "Parker's pro-life story", raconte comment une femme qui était sur le point d'avorter a décidé de donner son enfant en adoption lorsqu'elle a vu qu'un de ses amis, qui était dans une relation homosexuelle, voulait un enfant. L'histoire attribue à la relation homosexuelle la responsabilité de sauver la vie de l'enfant, concluant : "Aujourd'hui, Parker est un garçon de huit ans avec deux parents aimants, Karl et Diego, dont la relation a sauvé cet enfant de l'avortement."

    Le second, intitulé "L'histoire d'une sexualité qui donne la vie", raconte comment un couple gay "marié" a adopté des adolescents locaux souffrant de handicaps mentaux. Il est intéressant de noter, compte tenu de l'impossibilité pour une sexualité gravement perturbée de "donner la vie", que la page du site Web elle-même précise à propos de ces histoires : "Les titres sont de notre cru."

    La dernière histoire raconte comment un homme qui enseigne dans une école catholique et son partenaire "marié" "décident d'accueillir, d'aimer et d'adopter de jeunes enfants à l'échelle internationale et, ce faisant, de les sortir de l'extrême pauvreté."

    La plus grande tristesse de l'enseignant est qu'il doit cacher sa sexualité afin de conserver son emploi dans une institution ecclésiastique et qu'il ne se sent pas le bienvenu dans l'Église catholique, précisément à cause de sa sexualité qu'il considère comme un don de Dieu, et ce malgré sa tentative d'aimer les pauvres et les démunis à travers sa décision pro-vie d'adopter", conclut l'histoire.

    La présentation des histoires d'adoption gay sous un jour positif par un porte-parole du Vatican est gravement scandaleuse, en partie parce qu'elle approuve l'un des "péchés mortels particuliers qui sont si mauvais qu'ils sont dits péchés qui crient vengeance au ciel", comme l'affirme le Catéchisme catholique - à savoir la sodomie (Gn 18:20-21, cf. CEC #867).

    En approuvant l'homoparentalité, le Secrétariat général du Synode des évêques, qui est "directement soumis au Pontife romain", ajoute un scandale à un autre, un scandale qui tolère la "violence" envers les enfants, selon le propre enseignement doctrinal du Vatican.

    La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) a déclaré, selon le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la CDF, que "permettre l'adoption d'enfants par des personnes vivant dans des unions [homosexuelles] reviendrait en fait à faire violence à ces enfants" en les plaçant "dans un environnement qui n'est pas propice à leur plein développement humain".

    Les chercheurs Robert Oscar Lopez et Brittany Klein, qui ont tous deux été élevés par des couples de même sexe, ont pesé sur ce qu'ils considèrent comme les effets néfastes de l'adoption par des homosexuels, qu'ils qualifient de "maltraitance systématique des enfants", note Church Militant. Ils ont publié en 2016 une étude basée sur le témoignage d'enfants adoptés par des couples de même sexe, intitulée "Les enfants de Jephthah : The Innocent Casualties of Same-Sex Parenting".

    Klein, qui a été élevée par des lesbiennes, a fustigé l'homoparentalité comme une privation d'enfant. "Il ne s'agit pas de ce qui se passe entre deux adultes. Il s'agit d'un pays entier qui devient complice en faisant des femmes du bétail reproducteur pour répondre aux caprices d'un groupe d'hommes, puis en refusant aux enfants créés comme des marchandises vendables le droit fondamental à une mère et à un père", a-t-elle écrit dans l'étude.

    "Un enfant mérite d'avoir une mère et un père. C'est un droit humain fondamental. La parentalité n'est pas un droit. ... Aucune homophobie au monde ne rivalise même avec cette déshumanisation des enfants acceptée par la société. "

    Church Militant a également noté que le Secrétariat général du Synode des évêques semblait soutenir l'homosexualité de plusieurs autres façons via son bulletin d'information, lancé en janvier 2022.

    Par exemple, un numéro du 6 mai de la lettre d'information présente la "Fondation pour l'émancipation des gays", fondée par le père Jan Veldt, et met en lumière l'une des "réactions" au synode par des "groupes de croyants - rassemblés par Veldt - qui ont exprimé l'espoir que "l'émancipation des gays dans l'Église peut peut-être être encouragée en en parlant autant que possible, dans les médias et surtout dans l'Église elle-même."

    Dans une déclaration publiée sur le site Web du Synode, la Fondation a écrit qu'elle considère les "réunions de consultation préparatoires" du Synode sur la synodalité "comme une bonne occasion d'ajuster davantage la position de l'Église catholique romaine en ce qui concerne l'homosexualité."

    La Fondation a en outre célébré le soutien du pape François aux unions civiles entre personnes de même sexe, notant que dans le documentaire Francesco, "le pape a déclaré qu'il croyait que les couples homosexuels devraient être autorisés à conclure un partenariat enregistré."

    Le soutien de François aux unions civiles homosexuelles, qui contredit l'enseignement de l'Église catholique interdisant explicitement de telles unions, a été peu après utilisé pour justifier l'homoparentalité.

    CBS Boston a rapporté qu'une femme dans un "mariage" homosexuel "considérait ce soutien comme un message à ses enfants : leur famille est la bienvenue, et la foi catholique est un cadeau qu'ils peuvent partager ensemble".

    Alors que le Secrétariat général du Synode des évêques a présenté de manière positive des relations homosexuelles gravement pécheresses comme "vivifiantes" et précieuses, le site Web comprend un avertissement notable : "La publication de toute contribution ne doit pas être comprise comme une approbation de son contenu ; et personne ne doit interpréter une telle publication comme un acte de reconnaissance officielle par le Secrétariat général du Synode des évêques du groupe ou de la communauté qui soumet la contribution."

  • Athanase : un champion de la foi catholique dans une époque d'égarement généralisé (2 mai)

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    images.jpgAthanase d'Alexandrie est le saint que l'on célèbre aujourd'hui. Il a vécu à un moment crucial où l'Eglise faillit sombrer en raison du succès des théories d'Arius, un prêtre égyptien qui mettait en cause la divinité du Christ. L'arianisme était très "tendance" et beaucoup d'évêques subissaient son influence. Il a fallu tout le génie et toute la combattivité d'Athanase pour redresser une situation compromise par le défaitisme et la lâcheté de très nombreux responsables ecclésiastiques...

    Benoît XVI a consacré une de ses catéchèses (20 juin 2007) à cette "colonne de l'Eglise", véritable "modèle d'orthodoxie" dont devraient s'inspirer les évêques d'aujourd'hui qui ont pour première mission de veiller à l'intégrité de "la foi reçue des apôtres".

    "Chers Frères et Sœurs,

    Poursuivant notre rétrospective des grands Maîtres de l’Église antique, nous allons aujourd’hui porter notre attention sur saint Athanase d’Alexandrie. Cet authentique et important acteur de la tradition chrétienne, très peu d’années après sa mort, commença à être salué comme « la colonne de l’Église » par le grand théologien et évêque de Constantinople qu’était Grégoire de Nazianze (Discours XXIV, 26), et il a toujours été regardé comme un modèle d’orthodoxie, tant en Orient qu’en Occident. Ce n’est donc pas par hasard que Jean-Laurent Bernini, dit Le Bernin, plaça sa statue parmi celles des quatre saints docteurs de l’Église d’Orient et d’Occident, Ambroise, Jean-Chrysostome et Augustin, qui entourent la Chaire de saint Pierre dans la merveilleuse abside de la basilique vaticane.

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  • Le catholicisme de la Mitteleuropa : quel poids dans l’Eglise d’aujourd’hui ?

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    Lu dans la Lettre Mensuelle  « Res Novae » de mai 2022, sous la signature de Don Pio Pace :

    Péter_Erdő_in_2011.jpg« Le cardinal Péter Erdő, 70 ans le 25 juin, est archevêque d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie. Polyglotte, canoniste de formation, administrateur vigoureux, il est considéré comme une figure éminente, quoique discrète et presque timide, de la tendance « néo-conservatrice » au sein du Sacré Collège. C’est un bon représentant des dirigeants des Églises de l’Est de l’Europe opprimées sous la dictature soviétique.

    Avec fort peu de sympathie, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant‘Egidio, présente dans son livre La Chiesa bruscia [1],le thème de la nation lié au catholicisme, qu’elles cultivent volontiers, comme une résurgence d’un national-catholicisme suspect. Il estime que c’est à tort que les Églises de Pologne, de Hongrie, se réclament d’une « théologie de la nation », prônée par Jean-Paul II fort de son expérience polonaise de sortie du communisme, car ce pape était très ouvert sur les questions migratoires et le « bien commun mondial ».

    Quoi qu’il en soit, le chef de l’Église magyare s’est montré en phase avec la position d’opposition aux invasions migratoires du premier ministre Viktor Orbán, même s’il a pris le soin de rassurer le pape François sur sa fidélité. Celle-ci est clairement une fidélité dans la différence, comme on avait pu le voir lors de l’assemblée du Synode sur la Famille de 2015, où Péter Erdő avait défendu la position morale traditionnelle : la sortie du péché d’adultère conditionne l’accès à l’absolution sacramentelle et à l’Eucharistie.

    Il y a ainsi osmose entre les prises de position en faveur de la famille des épiscopats de Pologne, de Hongrie, et les politiques de refondation traditionnelle qu’appliquent les gouvernements de ces pays : morale familiale, enseignement du catéchisme à l’école. On est dans l’Europe du groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, Slovaquie, Tchéquie), avec aussi la Slovénie de Janez Janša, proche de Viktor Orbán (mais Janša vient de perdre les élections), très opposée à l’accueil des vagues de migration prêtes à se déverser sur elle.

    Une Europe différente dont l’Ukraine est proche. Un épisode intéressant, au sein des évènements très complexes d’interprétation de la guerre en Ukraine, a été la visite à Kiev, le 15 mars 2022, des premiers ministres de Pologne, de Slovénie, de République tchèque et de Hongrie (celui-ci, Orbán, s’étant fait remplacer par le vice-premier ministre de Pologne, Jaroslaw Kaczynski, chef du parti au pouvoir en Pologne). Cette visite, faite théoriquement au nom de l’Union européenne pour assurer les Ukrainiens de son soutien, pourrait bien avoir été un jalon posé pour ramener l’Ukraine d’après la guerre dans le groupe des démocraties illibérales de l’Est, face aux démocraties très libérales de l’Ouest.

    Or en Ukraine aussi, comme en Pologne ou en Hongrie, l’Église est, si l’on veut, « illibérale ». L’Église gréco-catholique regroupe la majeure partie des catholiques ukrainiens, et représente 8% de la population du pays. Cette Église conserve le souvenir très vif des nombreux martyrs qui l’ont illustrée sous le régime communiste[2]. Le grand témoin de cette époque terrible et glorieuse fut Josyf Slipyi, fait cardinal in pectore (en secret) par Pie XII, il resta à la tête de l’Église gréco-catholique ukrainienne durant quarante ans, dont dix-huit en camp et prison. Il finit ses jours à Rome, où il eut des rapports parfois tendus avec Paul VI dont il jugeait l’Ostpolitik trop accommodante pour le pouvoir communiste. En 1977, il manifesta son indépendance en consacrant, selon le droit de son Église, des évêques sans mandat pontifical, (au nombre desquels le futur cardinal Husar qui devint ensuite son deuxième successeur comme archevêque majeur, après le cardinal Lubachivsky,). Son troisième successeur est Sa Béatitude Sviatoslav Chevtchouk, archevêque majeur de Kiev et de Galicie, 52 ans, originaire de la Galicie jadis austro-hongroise, comme le fut Karol Wojtyla. Il dirige ainsi aujourd’hui la plus importante des Églises orientales unies à Rome, avec six millions de fidèles. À la tête de la plus grosse Église non latine, il est en quelque sorte le deuxième hiérarque de l’Église universelle après le pape (bien que loin derrière, bien entendu, par le nombre de ses fidèles). S’il n’est pas patriarche, c’est que Rome y répugne pour ne pas froisser les Églises orthodoxes, et s’il n’est pas cardinal c’est parce ses positions morales (et généralement ecclésiales) on ne peut plus traditionnelles sont notoirement distinctes de celles d’Amoris lætitia.

    Il faut ajouter que ces préoccupations morales, qui caractérisent le catholicisme des pays de l’Est, convergent sur certaines questions, par exemple la lutte contre la légalisation du « mariage » homosexuel, avec celles du patriarcat orthodoxe de Moscou. On se souvient de l’étonnante rencontre organisée à Cuba en février 2016 pour le pape François et le patriarche Cyrill, qui prête par ailleurs le flanc à bien des critiques, afin d’intensifier les relations entre Rome et Moscou. En effet, de nombreuses voix orthodoxes prônent un œcuménisme en quelque sorte civilisationnel, de résistance à l’ultra-libéralisme de la culture occidentale. Et la guerre d’aujourd’hui n’abolit pas une communauté de vue des chrétiens de l’Est contre les menaces que représente cet ultralibéralisme vis-à-vis des bases morales de la vie sociale et familiale, et contre la discrimination qu’il opère à l’encontre des chrétiens dans la société moderne.

    Dans ce contexte, le cardinal Péter Erdő, qui a été par ailleurs président du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) en 2006, est un prélat qui devrait compter après l’achèvement du présent pontificat.

    Don Pio Pace »

    [1] Laterza, 2021.

    [2] Voir : Persécutés pour la vérité. Les Gréco-catholiques ukrainiens derrière le rideau de fer, Université catholique d’Ukraine, Lviv, 2018.

    Ref. Le cardinal Erdö et le catholicisme de la Mitteleuropa

  • Un mauvais diagnostic - ou pire ? Les solutions du chemin synodal allemand à la crise des abus sont remises en question

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Un mauvais diagnostic - ou pire ? Les solutions du chemin synodal allemand à la crise des abus sont remises en question

    ANALYSE DES NOUVELLES : Les critiques de l'initiative ne contestent pas la nécessité d'une réforme, mais ils ne sont pas d'accord sur le fait que les solutions proposées répondent réellement à la crise, ce qui soulève des questions sur les motivations sous-jacentes.

    29 avril 2022

    Dans sa réponse à une "lettre ouverte fraternelle" adressée aux évêques catholiques d'Allemagne mettant en garde contre le "potentiel de schisme dans la vie de l'Église" de leur Voie synodale, l'évêque Georg Bätzing a écrit que ses détracteurs passaient à côté de l'essentiel.

    "Le Chemin synodal est notre tentative, en Allemagne, d'affronter les causes systémiques des abus et de leur dissimulation qui ont causé des souffrances indicibles à tant de personnes dans et par l'Église", a écrit Mgr Bätzing, président de la conférence épiscopale allemande, dans sa réponse du 16 avril à la lettre fraternelle, qui a maintenant été signée par près de 100 évêques de six continents. "Cette occasion et ce contexte sont particulièrement importants pour nous, mais malheureusement, ils ne sont pas du tout mentionnés dans votre lettre."

    L'évêque du Limbourg a déjà adopté cette approche pour détourner les critiques. Par exemple, après que le président de la conférence épiscopale polonaise et les évêques des pays nordiques aient publié des lettres de mise en garde similaires concernant la "Voie synodale", Mgr Bätzing a répondu en soulignant à nouveau que la "Voie synodale" est une réponse à la crise des abus sexuels du clergé en Allemagne, suggérant que ses critiques n'avaient pas suffisamment pris en compte cette dimension dans leurs analyses. 

    Mais c'est un geste rhétorique qui - ironiquement - semble mal caractériser les positions de ceux qui expriment des inquiétudes au sujet de la "voie synodale".

    La lettre des évêques internationaux du 11 avril, par exemple, fait explicitement référence au "besoin de réforme et de renouveau", qu'elle décrit comme "aussi vieux que l'Église elle-même", dont l'impulsion "est admirable et ne devrait jamais être crainte". En fait, dans une partie inédite d'une interview accordée au Register avant la publication de la lettre, l'évêque Thomas Paprocki de Springfield, Illinois, l'un des initiateurs de la lettre, a déclaré que "tout ce qui est contraire à l'Évangile doit être corrigé" et a spécifiquement cité le "terrible fléau des abus sexuels sur les enfants" comme quelque chose "qui a désespérément besoin d'être réformé".

    Ce que l'évêque Paprocki et ses collègues signataires, plusieurs théologiens catholiques et défenseurs de la réforme de l'Église, semblent remettre en question, ce n'est pas la nécessité d'une réforme significative de la vie de l'Église en Allemagne, mais plutôt les solutions proposées par le Chemin synodal, qui comprennent des appels à l'ordination des femmes à la prêtrise et des changements à l'enseignement de l'Église pour permettre l'activité sexuelle entre personnes de même sexe, et même son diagnostic des causes de la crise des abus.

    Un diagnostic erroné du problème

    L'ampleur des abus sexuels dans l'Église en Allemagne a été révélée dans un rapport de 2018 commandé par la conférence épiscopale allemande, qui a révélé qu'au moins 3 677 mineurs, principalement des garçons de moins de 13 ans, avaient été abusés sexuellement par le clergé catholique dans le pays entre 1946 et 2014. Le rapport a également révélé une dissimulation systématique des crimes et l'incapacité de punir et de retirer les prêtres abusifs du ministère.

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