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Doctrine - Page 5

  • Le catholicisme de la Mitteleuropa : quel poids dans l’Eglise d’aujourd’hui ?

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    Lu dans la Lettre Mensuelle  « Res Novae » de mai 2022, sous la signature de Don Pio Pace :

    Péter_Erdő_in_2011.jpg« Le cardinal Péter Erdő, 70 ans le 25 juin, est archevêque d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie. Polyglotte, canoniste de formation, administrateur vigoureux, il est considéré comme une figure éminente, quoique discrète et presque timide, de la tendance « néo-conservatrice » au sein du Sacré Collège. C’est un bon représentant des dirigeants des Églises de l’Est de l’Europe opprimées sous la dictature soviétique.

    Avec fort peu de sympathie, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant‘Egidio, présente dans son livre La Chiesa bruscia [1],le thème de la nation lié au catholicisme, qu’elles cultivent volontiers, comme une résurgence d’un national-catholicisme suspect. Il estime que c’est à tort que les Églises de Pologne, de Hongrie, se réclament d’une « théologie de la nation », prônée par Jean-Paul II fort de son expérience polonaise de sortie du communisme, car ce pape était très ouvert sur les questions migratoires et le « bien commun mondial ».

    Quoi qu’il en soit, le chef de l’Église magyare s’est montré en phase avec la position d’opposition aux invasions migratoires du premier ministre Viktor Orbán, même s’il a pris le soin de rassurer le pape François sur sa fidélité. Celle-ci est clairement une fidélité dans la différence, comme on avait pu le voir lors de l’assemblée du Synode sur la Famille de 2015, où Péter Erdő avait défendu la position morale traditionnelle : la sortie du péché d’adultère conditionne l’accès à l’absolution sacramentelle et à l’Eucharistie.

    Il y a ainsi osmose entre les prises de position en faveur de la famille des épiscopats de Pologne, de Hongrie, et les politiques de refondation traditionnelle qu’appliquent les gouvernements de ces pays : morale familiale, enseignement du catéchisme à l’école. On est dans l’Europe du groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, Slovaquie, Tchéquie), avec aussi la Slovénie de Janez Janša, proche de Viktor Orbán (mais Janša vient de perdre les élections), très opposée à l’accueil des vagues de migration prêtes à se déverser sur elle.

    Une Europe différente dont l’Ukraine est proche. Un épisode intéressant, au sein des évènements très complexes d’interprétation de la guerre en Ukraine, a été la visite à Kiev, le 15 mars 2022, des premiers ministres de Pologne, de Slovénie, de République tchèque et de Hongrie (celui-ci, Orbán, s’étant fait remplacer par le vice-premier ministre de Pologne, Jaroslaw Kaczynski, chef du parti au pouvoir en Pologne). Cette visite, faite théoriquement au nom de l’Union européenne pour assurer les Ukrainiens de son soutien, pourrait bien avoir été un jalon posé pour ramener l’Ukraine d’après la guerre dans le groupe des démocraties illibérales de l’Est, face aux démocraties très libérales de l’Ouest.

    Or en Ukraine aussi, comme en Pologne ou en Hongrie, l’Église est, si l’on veut, « illibérale ». L’Église gréco-catholique regroupe la majeure partie des catholiques ukrainiens, et représente 8% de la population du pays. Cette Église conserve le souvenir très vif des nombreux martyrs qui l’ont illustrée sous le régime communiste[2]. Le grand témoin de cette époque terrible et glorieuse fut Josyf Slipyi, fait cardinal in pectore (en secret) par Pie XII, il resta à la tête de l’Église gréco-catholique ukrainienne durant quarante ans, dont dix-huit en camp et prison. Il finit ses jours à Rome, où il eut des rapports parfois tendus avec Paul VI dont il jugeait l’Ostpolitik trop accommodante pour le pouvoir communiste. En 1977, il manifesta son indépendance en consacrant, selon le droit de son Église, des évêques sans mandat pontifical, (au nombre desquels le futur cardinal Husar qui devint ensuite son deuxième successeur comme archevêque majeur, après le cardinal Lubachivsky,). Son troisième successeur est Sa Béatitude Sviatoslav Chevtchouk, archevêque majeur de Kiev et de Galicie, 52 ans, originaire de la Galicie jadis austro-hongroise, comme le fut Karol Wojtyla. Il dirige ainsi aujourd’hui la plus importante des Églises orientales unies à Rome, avec six millions de fidèles. À la tête de la plus grosse Église non latine, il est en quelque sorte le deuxième hiérarque de l’Église universelle après le pape (bien que loin derrière, bien entendu, par le nombre de ses fidèles). S’il n’est pas patriarche, c’est que Rome y répugne pour ne pas froisser les Églises orthodoxes, et s’il n’est pas cardinal c’est parce ses positions morales (et généralement ecclésiales) on ne peut plus traditionnelles sont notoirement distinctes de celles d’Amoris lætitia.

    Il faut ajouter que ces préoccupations morales, qui caractérisent le catholicisme des pays de l’Est, convergent sur certaines questions, par exemple la lutte contre la légalisation du « mariage » homosexuel, avec celles du patriarcat orthodoxe de Moscou. On se souvient de l’étonnante rencontre organisée à Cuba en février 2016 pour le pape François et le patriarche Cyrill, qui prête par ailleurs le flanc à bien des critiques, afin d’intensifier les relations entre Rome et Moscou. En effet, de nombreuses voix orthodoxes prônent un œcuménisme en quelque sorte civilisationnel, de résistance à l’ultra-libéralisme de la culture occidentale. Et la guerre d’aujourd’hui n’abolit pas une communauté de vue des chrétiens de l’Est contre les menaces que représente cet ultralibéralisme vis-à-vis des bases morales de la vie sociale et familiale, et contre la discrimination qu’il opère à l’encontre des chrétiens dans la société moderne.

    Dans ce contexte, le cardinal Péter Erdő, qui a été par ailleurs président du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) en 2006, est un prélat qui devrait compter après l’achèvement du présent pontificat.

    Don Pio Pace »

    [1] Laterza, 2021.

    [2] Voir : Persécutés pour la vérité. Les Gréco-catholiques ukrainiens derrière le rideau de fer, Université catholique d’Ukraine, Lviv, 2018.

    Ref. Le cardinal Erdö et le catholicisme de la Mitteleuropa

  • Un mauvais diagnostic - ou pire ? Les solutions du chemin synodal allemand à la crise des abus sont remises en question

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Un mauvais diagnostic - ou pire ? Les solutions du chemin synodal allemand à la crise des abus sont remises en question

    ANALYSE DES NOUVELLES : Les critiques de l'initiative ne contestent pas la nécessité d'une réforme, mais ils ne sont pas d'accord sur le fait que les solutions proposées répondent réellement à la crise, ce qui soulève des questions sur les motivations sous-jacentes.

    29 avril 2022

    Dans sa réponse à une "lettre ouverte fraternelle" adressée aux évêques catholiques d'Allemagne mettant en garde contre le "potentiel de schisme dans la vie de l'Église" de leur Voie synodale, l'évêque Georg Bätzing a écrit que ses détracteurs passaient à côté de l'essentiel.

    "Le Chemin synodal est notre tentative, en Allemagne, d'affronter les causes systémiques des abus et de leur dissimulation qui ont causé des souffrances indicibles à tant de personnes dans et par l'Église", a écrit Mgr Bätzing, président de la conférence épiscopale allemande, dans sa réponse du 16 avril à la lettre fraternelle, qui a maintenant été signée par près de 100 évêques de six continents. "Cette occasion et ce contexte sont particulièrement importants pour nous, mais malheureusement, ils ne sont pas du tout mentionnés dans votre lettre."

    L'évêque du Limbourg a déjà adopté cette approche pour détourner les critiques. Par exemple, après que le président de la conférence épiscopale polonaise et les évêques des pays nordiques aient publié des lettres de mise en garde similaires concernant la "Voie synodale", Mgr Bätzing a répondu en soulignant à nouveau que la "Voie synodale" est une réponse à la crise des abus sexuels du clergé en Allemagne, suggérant que ses critiques n'avaient pas suffisamment pris en compte cette dimension dans leurs analyses. 

    Mais c'est un geste rhétorique qui - ironiquement - semble mal caractériser les positions de ceux qui expriment des inquiétudes au sujet de la "voie synodale".

    La lettre des évêques internationaux du 11 avril, par exemple, fait explicitement référence au "besoin de réforme et de renouveau", qu'elle décrit comme "aussi vieux que l'Église elle-même", dont l'impulsion "est admirable et ne devrait jamais être crainte". En fait, dans une partie inédite d'une interview accordée au Register avant la publication de la lettre, l'évêque Thomas Paprocki de Springfield, Illinois, l'un des initiateurs de la lettre, a déclaré que "tout ce qui est contraire à l'Évangile doit être corrigé" et a spécifiquement cité le "terrible fléau des abus sexuels sur les enfants" comme quelque chose "qui a désespérément besoin d'être réformé".

    Ce que l'évêque Paprocki et ses collègues signataires, plusieurs théologiens catholiques et défenseurs de la réforme de l'Église, semblent remettre en question, ce n'est pas la nécessité d'une réforme significative de la vie de l'Église en Allemagne, mais plutôt les solutions proposées par le Chemin synodal, qui comprennent des appels à l'ordination des femmes à la prêtrise et des changements à l'enseignement de l'Église pour permettre l'activité sexuelle entre personnes de même sexe, et même son diagnostic des causes de la crise des abus.

    Un diagnostic erroné du problème

    L'ampleur des abus sexuels dans l'Église en Allemagne a été révélée dans un rapport de 2018 commandé par la conférence épiscopale allemande, qui a révélé qu'au moins 3 677 mineurs, principalement des garçons de moins de 13 ans, avaient été abusés sexuellement par le clergé catholique dans le pays entre 1946 et 2014. Le rapport a également révélé une dissimulation systématique des crimes et l'incapacité de punir et de retirer les prêtres abusifs du ministère.

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  • Liturgie 1 – « Le krach » : La grande crise liturgique liée à « la génération de la déconstruction » à partir de 1966, par Denis Crouan

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    Denis Crouan ajoute deux leçons introductives à son cours de liturgie. Voici la première.

    Liturgie 1 – « Le krach » : La grande crise liturgique liée à « la génération de la déconstruction » à partir de 1966, par Denis Crouan (60 mn) 

    https://youtu.be/RpRCm1afbB0   

    Dans cette leçon introductive, le Docteur Denis Crouan, afin de montrer l’importance du cours de liturgie, raconte son expérience de la grande crise qui, concomitante à Vatican II, a tout déconstruit dans les Eglises d’Occident : Théologie, discipline, liturgie. Cette crise a pu être confondue à tort avec le Concile Vatican II à cause de sa concomitance. Face à cela, le pape Paul VI a vécu un véritable martyre intérieur. 

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • Le schisme dans l'Église existe mais il ne peut plus être reconnu comme tel

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le schisme dans l'Église existe mais il ne peut plus être reconnu comme tel

    29-04-2022

    Avec les thèses du Synode allemand, on parle à nouveau de schisme dans l'Église, mais ces dernières années, le Magistère et la théologie ont brouillé la frontière entre ce qui est vrai et immuable et ce qui n'est pas acceptable. L'accord entre le Vatican et la Chine, la modification du catéchisme sur la peine de mort, l'abolition du "mal intrinsèque" dans Amoris Laetitia, sont trois étapes décisives qui sapent les vérités sur lesquelles l'Église est fondée.

    Depuis le début du chemin synodal allemand, le mot "schisme", tel un spectre ibsénien, plane sur l'Église. Les évêques polonais ont souligné le danger pour leurs frères allemands. Soixante-dix évêques de diverses régions du monde leur ont écrit une lettre ouverte, les mettant en garde. Plusieurs cardinaux, même des modérés comme Koch, ont signalé le précipice vers lequel nous nous dirigeons. Mais ni le cardinal Marx ni le président des évêques allemands, Mgr Bätzing, n'ont montré de signes d'acceptation des appels à la prudence. Le premier a déclaré que le catéchisme n'est pas gravé dans la pierre, tandis que le second a accusé les évêques concernés de vouloir cacher les abus que le synode allemand voudrait aborder et résoudre (à sa manière).

    Face à ce tableau de désintégration, on peut se demander si le schisme peut être évité ou non. La question principale, à cet égard, semble être la suivante : l'Église officielle d'aujourd'hui possède-t-elle encore les notions théologiques qui lui permettraient de faire face au nœud perturbateur, ou a-t-elle perdu les catégories capables de cadrer le problème et de montrer la solution ? Plus précisément : le danger du schisme est-il encore perçu par la théologie de l'Église officielle d'aujourd'hui comme un danger très grave ? Y a-t-il un accord sur ce qu'est un schisme ? Sur le pourquoi il faut l'éviter, sur qui doit intervenir quand le danger est aux portes et comment, y a-t-il aujourd'hui une vision commune ?

    Ce qui inquiète beaucoup, ce n'est pas tant le danger de schisme, mais la perception que le cadre théologique et ecclésial pour traiter le problème est effiloché et a maintenant des contours très imprécis. C'est un prélude à l'immobilité et au fait de laisser les événements se dérouler d'eux-mêmes.

    Lorsque le cardinal Marx affirme, à propos de la pratique homosexuelle, que le catéchisme n'est pas gravé dans la pierre et qu'il peut être critiqué et réécrit, il ne fait qu'exprimer en langage journalistique ce que les théologiens disent depuis des décennies. C'est-à-dire que le dépôt de la foi (et de la morale) est soumis à un processus historique, car la situation à partir de laquelle il est interprété devient partie intégrante de sa connaissance et de sa formulation. En utilisant ce critère, que nous pouvons largement définir comme "herméneutique", et selon lequel la transmission des contenus de la foi et de la morale ne dépasse jamais l'état d'une "interprétation", la catégorie théologique du schisme perd de sa consistance, au point de disparaître. Ce que nous considérons comme un schisme (et même une hérésie) aujourd'hui peut devenir une doctrine demain.

    Au niveau de l'Eglise universelle, trois faits très intéressants de ce point de vue se sont produits récemment. Le premier était l'accord entre le Vatican et la Chine communiste. L'accord est secret, mais on peut dire que dans ce cas, une église schismatique a été assumée dans l'église catholique et romaine. La frontière entre schisme et non-schisme est devenue plus imprécise après l'accord avec Pékin.

    La seconde était le changement de la lettre du catéchisme concernant la peine de mort. Ce changement a répandu l'idée que le catéchisme n'était pas écrit dans la pierre, comme le dit le cardinal de Munich. La principale justification de ce changement était la prise de conscience que la sensibilité du public sur ce point moral avait changé. La sensibilité publique, cependant, n'est qu'un fait qui ne dit rien sur le plan axiologique ou des valeurs. Or, sur cette base, comment nier que même dans l'Église allemande, une nouvelle sensibilité a pu mûrir sur les questions de l'homosexualité et du sacerdoce des femmes ?  Comment peut-on appeler tout cela un "schisme" alors qu'il s'agit du même phénomène approuvé ailleurs ?

    Le troisième exemple est l'abolition de la doctrine morale de l'Eglise sur "le mal intrinsèque" contenue en fait dans l'exhortation apostolique Amoris laetitia. Il est très difficile, après ce document, de s'en tenir à l'enseignement précédent sur l'existence d'actions intrinsèquement mauvaises que l'on ne devrait jamais faire. Mais cette notion ayant disparu, sera-t-il encore possible de confirmer l'enseignement traditionnel de l'Écriture et de l'Église sur la pratique homosexuelle ?

    Il semble que l'Église ait du mal à se raccrocher à certaines de ses vérités. De plus, si le Catéchisme n'est pas gravé dans la pierre, alors même la définition du "schisme" qu'il contient peut être révisée et ce qui était considéré comme un schisme hier peut ne plus l'être. Même ceux qui s'accrochent aux vérités du catéchisme comme si elles étaient écrites dans la pierre pourraient être accusés de schisme. Nier que le catéchisme n'est pas écrit dans la pierre pourrait être considéré comme une déclaration schismatique. Dans la perte des frontières, tous les paradoxes deviennent possibles. Ce qui précède peut également être étendu à l'hérésie et à l'apostasie, des concepts dont les limites sont aujourd'hui douteuses. Il suffit de penser à un fait : le " doute obstiné " peut être considéré comme une apostasie selon le n° 2089 du Catéchisme, et pourtant on enseigne aujourd'hui aux fidèles le doute systématique, en les invitant à ne pas se rigidifier dans leur doctrine.

  • Le dernier printemps catholique a fleuri avant le Concile, et on ne voit pas l’ombre du prochain. Une relecture historique

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, sur Settimo Cielo; traduction de Diakonos.be :

    Le dernier printemps catholique a fleuri avant le Concile, et on ne voit pas l’ombre du prochain. Une relecture historique

    Dans l’article précédent de Settimo Cielo, Roberto Pertici, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bergame, a retracé les derniers siècles d’histoire de l’Église catholique, du concile de Trente au début du dix-neuvième siècle, pour y dénicher les saisons de renaissance religieuse.

    Il en a déjà identifié et décrit deux. Et dans cette seconde et dernière partie de sa relecture historique, qui s’étend de la moitié du dix-neuvième siècle à nos jours, il va en aborder une troisième.

    Une quatrième renaissance était certainement espérée par Vatican II. Mais elle est restée incomplète pendant qu’une vague de déchristianisation apparemment inexorable déferlait dans le même temps.

    L’essai du professeur Pertici se conclut sans pouvoir dire ce qui se passera dans un futur proche. Même si on ne peut pas exclure non plus qu’une renaissance religieuse survienne à nouveau, pourquoi pas de manière inattendue, suscitée par des impulsions externes à l’autorité ecclésiastique, comme cela s’est déjà produit par le passé.

    Voici un autre sujet sur lequel les cardinaux pourraient réfléchir lors d’un futur conclave.

    Sur la photo ci-dessus, l’écrivain Giovanni Papini, l’un des grands convertis du « Renouveau catholique » de la première moitié du vingtième siècle.

    Bonne lecture !

    *

    Une « renaissance religieuse » est-elle possible ?

    II – De la moitié du dix-neuvième siècle à nos jours

    de Roberto Pertici

    4.

    La « renaissance religieuse » du début du dix-neuvième siècle s’est éteinte avec l’échec des révolutions de 1848-49 qui ont provoqué une désillusion historique qui allait avoir des effets majeurs sur la culture européenne des décennies à venir.

    La restauration qui allait suivre, la seconde depuis celle de 1814-1815, a été largement soutenue par les Églises : dans le monde catholique, le virage à droite de Pie IX avait généré une « peur » de la révolution et la nouvelle politique du Pape et de Giacomo Antonelli, son secrétaire d’État, achevèrent de consommer la rupture du binôme catholicisme-libertés que de nombreux catholique libéraux s’étaient acharnés à construire au cours des vingt années précédentes et, en Italie, à marquer la fin du catholicisme comme religion civile de la cause nationale. En France, la plus grande partie du monde catholique soutiendra pendant toute la décennie suivante le tournant autoritaire de Louis Napoléon Bonaparte et du second empire. Juan Donoso Cortés théorise la dictature comme une digue vers la vague révolutionnaire. Le processus qui allait mener au « Syllabus » de 1864 était enclenché.

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  • La vision sobre et douce du cardinal Sarah sur le mariage

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    Du Père Paul Scalia sur le National Catholic Register :

    La vision sobre et douce du cardinal Sarah sur le mariage

    Comme l'enseigne l'Église, et comme le réaffirme le cardinal, le foyer est le lieu où Notre Seigneur lui-même a commencé et où son Royaume grandit.

    Book cover of Cardinal Robert Sarah.
    Couverture du livre du cardinal Robert Sarah. (photo : Courtesy photo / Ignatius)

    23 avril 2022

    Couples, réveillez votre amour !

    Cardinal Robert Sarah ; 

    Ignatius Press, 2021

    Au cœur de la foi catholique se trouve l'union curieuse de la douceur et de la sévérité, de la tranquillité domestique et du combat spirituel. 

    Pensez aux apparitions de la Sainte Vierge Marie. Elle apparaît toujours comme une belle dame ou même, dans le cas de Guadalupe, comme une jeune fille. Elle parle poliment, voire tendrement aux voyants. Elle utilise des diminutifs pour Juan Diego, l'appelant "Juanito, Juan Dieguito". Elle demande à Bernadette de lui faire la "grâce" de venir la voir. En même temps, elle apparaît à Guadalupe pour renverser la religion démoniaque des Aztèques. 

    Certains des premiers mots qu'elle adresse à Bernadette sont vivifiants : "Pénitence, pénitence, pénitence." Elle avertit les enfants de Fatima d'une guerre imminente et leur montre même l'enfer. La Vierge est toujours la femme belle et douce... marchant sur la tête d'un serpent.

    Marie n'est qu'une image de son Fils, dont la vie est caractérisée par ce paradoxe de la paix et de la lutte. Sa naissance apporte l'annonce de la "paix sur la terre", ainsi que le massacre des innocents par Hérode. Il passe 30 ans dans la tranquillité de Nazareth et les trois années restantes dans la controverse, la persécution et finalement l'exécution. Sa proclamation du Royaume comporte des paroles de grande miséricorde et de compassion, ainsi que de sévères réprimandes et condamnations. 

    Ce paradoxe de notre foi caractérise l'ouvrage du cardinal Sarah, Couples, Awaken Your Love ! (Ignatius Press, 2021), un recueil de courtes réflexions tirées de sa retraite de 2019 pour les couples mariés à Lourdes. Le préfet émérite de la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements comprend bien à la fois la beauté du mariage et de la vie familiale, ainsi que son rôle central dans le combat spirituel pour le Royaume de Dieu. 

    Ceux qui connaissent les écrits du cardinal savent qu'il est un étudiant et un critique avisé du déclin de l'Occident. Il sait que le déclin du mariage et de la famille est au cœur de notre désarroi. Aujourd'hui, des sociologues honnêtes peuvent mettre en évidence toutes sortes d'avantages de ce que nous appelons à tort le "mariage traditionnel" (existe-t-il un autre type de mariage ?), tant pour les conjoints que pour les enfants. Et à mesure que les taux de mariage et de natalité diminuent, leur importance devient plus évidente. 

    Mais en tant qu'homme de foi profonde et de prière, le cardinal Sarah comprend que la bataille n'est pas d'abord ou en fin de compte une question de politique ou de politique, ou même de culture. La bataille porte sur la dignité et le but transcendants du mariage, une institution créée par Dieu et destinée à amener les gens à Dieu ; une institution que Dieu nous a confiée comme modèle de salut, du mariage entre le Christ et l'Église. En effet, le salut lui-même consiste à participer au mariage entre le Christ et l'Église et à être introduit dans la parenté avec Dieu.

    La famille, en outre, a reçu la dignité de la présence de Notre Seigneur lui-même : " Il descendit avec eux et vint à Nazareth, et il leur obéit " (Luc 2, 51). Cette seule ligne a conféré au mariage et à la famille une dignité surpassée. Certes, les mariages solides et les familles saines présentent de nombreux avantages terrestres. Mais le fait que le Fils éternel de Dieu soit venu au monde et ait passé la plus grande partie de sa vie terrestre "soumis" à Joseph et Marie en dit plus long que tout autre chose sur l'importance du mariage et de la famille.

    Pour le cardinal Sarah, les enjeux sont élevés. L'amour lui-même doit être sauvé. "Jésus est venu sauver l'amour humain", et les couples mariés sont appelés à participer avec lui à cette mission. Ils sont donc au centre du grand conflit entre le bien et le mal. "Oui, nous parlons bien d'une bataille... de vie et de mort... [L]e terrain est maintenant préparé pour la révolution finale, qui correspond aussi au 'combat final' mentionné par le Livre de l'Apocalypse." Des mots forts. Mais ils ne font que reprendre les avertissements de la lettre aux familles de 1994 de saint Jean-Paul II : 

    "[L]a famille est placée au centre de la grande lutte entre le bien et le mal, entre la vie et la mort, entre l'amour et tout ce qui s'oppose à l'amour. C'est à la famille qu'est confiée la tâche de s'efforcer, avant tout, de libérer les forces du bien...".
    C'est de la haute voltige. Alors, comment les couples doivent-ils réagir ? La solution du cardinal ne consiste pas à proposer des changements de politique ou à encourager un plus grand activisme sur la place publique. Ces choses ont leur place, c'est certain. Mais la place publique et la culture ne sont pas le cœur de la bataille. Ni le pape Jean-Paul II ni le cardinal Sarah n'ont voulu dire que les couples et les familles devaient monter aux barricades dans la guerre culturelle. Ils voulaient dire quelque chose de plus obscur et de plus puissant à la fois.

    Le cardinal Sarah nous oriente (comme l'Église l'a toujours fait) vers la sainteté, le silence et la prière. C'est là que les couples puisent leur force, tant pour vaincre les forces du mal que pour faire grandir le Royaume de Dieu. La grande et effrayante bataille est gagnée par le biais du mariage et de la vie de famille. Le foyer est le lieu où Notre Seigneur lui-même a commencé et où son Royaume grandit.

    C'est pourquoi le cardinal ajoute à ses réflexions une section sur les prières des couples. Pour le lecteur profane, cela pourrait sembler une pensée pieuse déplacée par rapport à la gravité des choses qui précèdent. Mais le cœur catholique sait que la bataille est toujours dans ces petites choses. 

    Ainsi, le cardinal Sarah établit un programme et des prières à dire quotidiennement par les couples. Il sait combien la situation est grave. Il sait aussi que le pouvoir du Royaume de Dieu réside dans l'église domestique. Les grandes batailles spirituelles se gagnent dans les petites batailles que les couples et les familles mènent pour être des lieux de prière, de pardon, de communion et d'amour.

    Nous sommes tous conscients que la famille est dans la ligne de mire du diable et au centre de tant de décadence culturelle. Nous sommes moins conscients que la famille n'est pas sans défense, que le fait de vivre la vérité du mariage et de la famille est en soi une chose puissante pour l'Église et le monde. Le cardinal Sarah met cela en évidence en présentant une évaluation sobre de notre époque et une belle exhortation à la simple vérité de l'amour conjugal qui triomphe.

  • Une politique sans orientation religieuse et morale conduit l'humanité vers l'abîme de l'autodestruction

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    De kath.net/news :

    "Le pape François a raison dans son avertissement à la Russie contre la guerre d'anéantissement contre l'Ukraine"

    23 avril 2022

    "En tant que chrétiens, nous sommes aujourd'hui à juste titre bouleversés par l'interprétation infâme de la guerre d'agression contre l'Ukraine comme une défense de l'orthodoxie russe contre la décadence occidentale." Par Gerhard Card. Müller

    Kath.net documente dans son intégralité la présentation écrite de la lectio magistralis du cardinal Gerhard Müller à l'occasion de la remise du Prix international Boniface VIII 'per una cultura della pace' qui lui a été décerné à Anagni (Italie) le 23.4.2022 et remercie l'auteur pour son aimable autorisation de publication (Seul le texte prononcé fait foi).

    Au-delà des contextes complexes de l'histoire contemporaine, l'attentat perpétré contre le pape Boniface VIII à Anagni le 7 septembre 1303 a une signification symbolique. Il s'agit en principe du rapport entre l'autorité spirituelle et le pouvoir temporel ou, comme nous le dirions aujourd'hui, du rapport entre la religion et la politique. Concrètement, nous avons affaire à la tension entre la conscience, dans laquelle nous sommes responsables devant Dieu, et le pouvoir politique, qui s'aligne sur les intérêts temporels. Selon le point de vue idéologique, la "gifle" que Sciarra Colonna aurait donnée au pape est regrettée comme le début de la fin de la position de pouvoir médiévale du pape ou applaudie comme l'ascension de l'État séculier, qui a déclaré son autonomie également sur la loi morale naturelle et même sur la liberté religieuse. Cette forme de souveraineté, qui déclare avec Niccolò Machiavel que la raison de l'État est l'instance ultime, est perçue aussi bien dans l'absolutisme vis-à-vis des sujets que dans les soi-disant démocraties populaires au bureaucratisme implacable vis-à-vis des citoyens.

    L'histoire occidentale depuis lors a toutefois gravement mis à mal la théorie de la souveraineté absolue de l'État. L'autorité supranationale de la papauté avait donné aux États chrétiens, issus de l'héritage de l'Empire romain, la conscience de leur unité dans la responsabilité devant Dieu. En revanche, le concept d'équilibre des puissances, de balance of power, n'a pas pu empêcher les catastrophes des guerres de succession dynastique au XVIIIe siècle, des guerres de révolution et de libération colonialistes au XIXe siècle et des deux guerres mondiales impérialistes au XXe siècle.

    Dans de nombreux pays, l'Église elle-même a été à la fois victime et promotrice de nationalismes effrénés et d'expansionnisme idéologique, en se laissant instrumentaliser pour la raison d'État. Il suffit de penser au gallicanisme, au fébronianisme ou à la propagande insensée qui voulait faire de la Première Guerre mondiale une lutte finale entre le catholicisme français et le protestantisme allemand. Et nous sommes aujourd'hui, en tant que chrétiens, à juste titre bouleversés par l'interprétation infâme de la guerre d'agression contre l'Ukraine comme défense de l'orthodoxie russe contre la décadence occidentale.

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  • L'Église est en pleine crise, mais elle peut se relever même dans ses heures les plus sombres. La leçon de l'histoire

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (traduction de Diakonos.be):

    L'Église est en pleine crise, mais elle peut se relever même dans ses heures les plus sombres. La leçon de l'histoire

    Pascal

    Dans la réflexion en vue d’un futur conclave – un raisonnement qui va crescendo parmi les cardinaux, comme Settimo Cielo est en train de le relayer – l’urgence de remettre au centre les questions capitales sur Dieu et sur l’homme se fait de plus en plus pressante, ces questions sur lesquelles l’Église tient ou tombe, pas pour seulement ralentir la décadence de l’Église actuelle, qui s’étale sous les yeux de tous, mais au contraire pour avoir confiance en une renaissance de vitalité chrétienne, même dans un monde largement indifférent et hostile.

    L’Église a déjà, par le passé, connu des périodes de décadence. La déchristianisation actuelle en fait partie. Mais rien ne dit que celle-ci doive être irréversible ni inéluctable, comme aucune des décadences précédentes ne l’a d’ailleurs été.

    Parce que dans l’histoire de l’Église, il y a eu aussi des saisons de renaissance religieuse. Qui n’ont d’ailleurs pas toujours été à l’initiative ni sous la conduite de la hiérarchie catholique. Au contraire, il n’est pas rare que celles-ci aient été animées de manière autonomie par des hommes cultivés, des intellectuels chrétiens cependant capables d’interpréter et d’inspirer même des mouvements de masse importants.

    Pour celui qui s’interroge sur l’Église d’aujourd’hui, il est donc plus instructif que jamais de retracer le déroulement de ces saisons. Et c’est ce que fait Roberto Pertici, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Bergame, dans cet essai qu’il a rédigé pour Settimo Cielo.

    Le professeur Pertici identifie au moins trois renaissances religieuses dans les cinq cents dernières années. La première est encouragée par le concile de Trente mais plonge ses racines dans le quinzième siècle et prend corps surtout dans le dix-septième siècle en France, le siècle de Pascal (portrait) et de « Port-Royal », pour ensuite décliner avec l’avènement des Lumières.

    La seconde fleurit après la Révolution française et Napoléon, dans le climat du romantisme et des nouvelles libertés. Elle est à la fois culturelle et politique, elle va de Chateaubriand à Rosmini, du « Génie du Christianisme » aux « Cinq plaies de la sainte Église ». Elle s’éteint après le raidissement anti-libéral de la hiérarchie ecclésiastique et l’émergence du positivisme scientifique.

    On retrouve la troisième à la croisée du dix-huitième et du vingtième siècle, il s’agit de celle du « Renouveau catholique », des grands convertis, de Bernanos à Eliot en passant par Chesterton, Papini avec son « Histoire du Christ ». Elle s’éteint à la moitié du siècle dernier avec le déclin du paradigme conservateur comme l’a analysé le professeur Pertici sur Settimo Cielo le 31 août 2020.

    Et la quatrième ? Le concile Vatican II a essayé de la lancer, celle fois sous l’impulsion des autorités de l’Église elles-mêmes. Mais sans y parvenir, par les raisons que Pertici a examinées dans un autre article de Settimo Cielo du 14 septembre 2020.

    L’Église d’aujourd’hui se trouve à ce croisement, entre une renaissance religieuse inachevée et l’avancée inexorable de la déchristianisation, face à un futur dans lequel tout peut encore arriver.

    Voici ci-dessous la première partie de l’essai de Pertici. La seconde partie et la conclusion suivront dans quelques jours.

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  • Cette question sur l'homme qu'un conclave ne pourrait esquiver

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (traduction de diakonos.be) :

    Cette question sur l'homme qu'un conclave ne peut esquiver. Parole de cardinal

    Monreale

    Ce n’est pas seulement Dieu qui disparait dans la société actuelle mais aussi l’idée d’un homme créé « à son image et à sa ressemblance ». Ces deux questions ne font qu’une, pour une Église appelée à rendre raison de l’espérance qui est en elle (1 P 3, 8-17). C’est bien sur cette question que l’Église tiendra ou chutera. Elles constituent sa priorité absolue, inévitable pour tout conclave qui voudra être à la hauteur de sa mission, dans le choix du futur successeur de Pierre.

    Le cardinal Ruini avait déjà répondu à la question de Dieu dans un précédent article de Settimo Cielo, dans son commentaire d’un récent essai d’un spécialiste en sciences statistiques, Roberto Volpi, intitulé « Dio nell’incerto ».

    > Répétitions de conclave. Ces demandes trop oubliées sur Dieu et sur l’homme

     

    C’est donc à la question sur l’homme que le cardinal Ruini va répondre dans cette seconde partie de sa réflexion. À partir des découvertes de la science sur l’origine et l’évolution de l’espèce humaine. Mais surtout en identifiant ce moment décisif où l’homme, enfin arrivé à se tenir en position debout, a pu pour la première fois voir le ciel de manière naturelle et continue, et de là percevoir « l’au-delà », s’ouvrir en prière au mystère et se distinguer ainsi radicalement de toutes les autres espèces animales. Exactement comme le soutient Joseph Ratzinger, pour lequel « ce qui distingue l’homme de l’animal, c’est sa capacité à penser Dieu et à prier ».

    Malgré cela, nous savons que la supériorité spirituelle transcendante de l’Homo sapiens est aujourd’hui largement niée. En renversant de la sorte l’idée de la naissance de la mort, de la génération et du libre arbitre. En anéantissant le mystère de Dieu qui se fait homme.

    La réflexion du cardinal Ruini se concentre justement sur la revendication de cette différence essentielle entre l’homme et toutes les autres créatures, une différence qui est non pas quantitative mais qualitative, affirmée dès les premières pages de la Genèse et qui n’est pas contredite par la science.

    *

    Mais avant de donner la parole au cardinal, il est important de signaler la « fraternelle lettre ouverte » adressée le 11 avril aux évêques d’Allemagne par plus de 70 cardinaux et évêques de plusieurs pays.

    Les signataires voient dans le « chemin synodal » en cours en Allemagne la désastreuse substitution à l’unique raison d’être de l’Église – le témoignage de la foi salvifique en Jésus « vrai Dieu et vrai homme » – d’un agenda entièrement dicté par l’esprit du monde : le clergé marié, les femmes prêtres, l’homosexualité érigée en vertu, la démocratie à la place de la hiérarchie.

    Selon les signataires de la lettre, un tel « chemin synodal » conduira inexorablement à une impasse. Avec le danger d’un schisme qui se profile.

    Par les premiers signataires de la lettre, on retrouve quatre cardinaux de trois continents : le Nigérian Francis Arinze, l’Américain Raymond Burke, le Sud-Africain Wilfred Napier et l’Australien George Pell.

    Parmi les évêques, 48 sont issus des États Unis (dont Salvatore Cordileone de San Francisco, Samuel Aquila de Denver et Charles Chaput, évêque émérite de Philadelphie), 14 de Tanzanie, 4 du Canada, 2 du Ghana, 1 du Cameroun, 1 des Îles Vierges et 1 d’Italie, l’évêque émérite de Reggio-Calabria-Guastalla Massimo Camisasca.

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  • Quand la sœur Nathalie Becquart se fourvoie

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    Tout simplement erroné : Une fonctionnaire du Vatican critiquée pour son discours à une organisation catholique pro-homosexualité

    La sœur missionnaire Xavière Nathalie Becquart, sous-secrétaire au secrétariat général du Synode des évêques, a fait une présentation PowerPoint en ligne à New Ways Ministry, qui promeut les droits des homosexuels et des transsexuels dans l'Église, le 3 avril.

    12 avril 2022

    CITÉ DU VATICAN - Une récente conférence donnée par un membre de haut niveau du Synode des évêques du Vatican à une organisation américaine dissidente a été critiquée comme étant "tout simplement fausse" et faisant partie d'un effort concerté pour influencer l'actuel Synode mondial sur la synodalité afin de légitimer l'agenda homosexuel dans l'Église.  

    Le 3 avril, Sœur Nathalie Becquart, missionnaire de la Xavière, sous-secrétaire au secrétariat général du Synode des évêques, responsable de la coordination de tous les synodes du Vatican, a donné une présentation PowerPoint en ligne à New Ways Ministry, qui promeut les droits des homosexuels et des transsexuels dans l'Église. Le sujet était "La synodalité - un chemin de réconciliation" - une discussion sur le synode actuel sur la synodalité qui se termine en octobre 2023. 

    La présentation, annoncée comme une conférence commémorative, était en l'honneur de feu le père salvatorien Robert Nugent, qui, avec la sœur de Loretto Jeannine Gramick, a fondé New Ways Ministry en 1977 pour aider les homosexuels dans l'Église. Sœur Jeannine a dirigé la prière d'ouverture avant la conférence. Le Père Nugent et Sœur Jeannine ont tous deux été sanctionnés par le Vatican dans les années 1990 en raison des failles de leur approche du ministère auprès des personnes homosexuelles. 

    En présentant la conférence de Sœur Nathalie, le directeur exécutif de New Ways Ministry, Francis DeBernardo, a déclaré qu'il était "particulièrement ravi" de l'accueillir et "ébloui" de cette présentation. Sœur Nathalie a déclaré que c'était une "grande joie" de s'adresser à l'organisation, mais elle n'a fait aucune mention de son histoire problématique avec l'Église.  

    Elle s'est plutôt concentrée sur la manière de vivre la synodalité "dans un esprit d'écoute et de dialogue" et a déclaré que le "principal protagoniste" du synode était l'"Esprit Saint". Une minute de silence a été observée afin que les participants puissent écouter ce que l'Esprit Saint leur disait avant qu'elle ne poursuive en expliquant que la synodalité consistait à reconnaître les blessures personnelles, la réalité des situations et qu'elle "commence par la réconciliation et le pardon."   

    La sœur missionnaire française a invité les participants, qui, selon New Ways Ministry, étaient au nombre de 1 000 et venaient de 37 pays, à partager en un mot ce que la synodalité signifie pour eux. Ils ont répondu par des mots tels que "accueil", "acceptation", "justice", "solidarité", "dialogue", "affirmation", "paix", "espoir", "communauté", "rencontre" et "ensemble".  

    Dans sa conférence, Sœur Nathalie a fréquemment fait allusion au fait que le Synode des jeunes ouvrait la voie à une plus grande acceptation des communautés pro-homosexuelles au sein de l'Église, et a parlé d'un "document remarquablement positif pour les LGBT" issu d'une réunion préalable au Synode des jeunes qu'elle avait elle-même aidé à coordonner.  

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  • La Résurrection est nôtre

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    Le chrétien fidèle à son incorporation au Christ par le baptême ressuscitera pour le rejoindre au lumineux bonheur du Ciel.

    La perception de notre mortalité, qui s’impose à chacun de nous au quotidien, et parfois bien lourdement, peut certes venir se dresser comme un écran bien sombre faisant obstacle à notre foi en cette vérité : ainsi s’en trouve-t-il malheureusement en trop grand nombre, de ces disciples rachetés par le Christ, qui vivent dans l’affliction, comme ceux qui n’ont pas d’espérance (cf. 1 Th 4, 12). Et quant à ceux qui professent au moins en théorie une vraie espérance, ils ne l’ont pas toujours bien chevillée au cœur, de sorte qu’elle ne produit plus chez eux les heureux fruits de souriante paix dont elle regorge en fait.

    Or, pour peu que l’on examine le fondement de ce point qui sert en quelque sorte de charpente à notre vie d’ici-bas, il se révèle on ne peut plus assuré. Osons cette image, dont nous pensons que l’argumentation proposée un peu plus bas montrera la pertinence : il ne s’agit pas d’un simple vernis laqué, mais de ce que les gens de métier appellent une coloration dans la masse, une couleur indissociable du matériau auquel elle donne éclat. Expliquons-nous.

    La corrélation qui rattache notre résurrection à celle du Christ apparaît immédiatement à l’esprit : « Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui » (1 Th 4, 14). Elle est l’assise de notre foi sur ce point. Mesure-t-on pour autant à quelle profondeur elle s’enracine dans la réalité spirituelle ?

    Nous ne reviendrons pas ici sur la solidité des raisons de croire à la résurrection corporelle du Christ : notre propos en ces lignes est seulement d’attirer l’attention sur un aspect de ce qui rend si sûre l’affirmation proclamée avec force par l’Apôtre en second lieu : « de même, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. »

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  • 74 évêques et cardinaux mettent en garde : le "Chemin synodal" allemand mène tout droit au schisme

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    De Jeanne Smits, sur son blog :

    Le “Chemin synodal” allemand mène au “schisme” : la mise en garde de 74 évêques et cardinaux

    Plus de soixante-dix prélats, parmi lesquels quatre cardinaux (Napier, Burke, Pell et Arinze) et quinze archevêques, viennent d’adresser une « lettre ouverte fraternelle » à leurs « frères évêques d’Allemagne » pour les mettre en garde contre le « Chemin synodal » actuellement parcouru. Ils pointent la « confusion » que suscite ce Chemin et y voient des possibilités de schisme.

    Au nom du Chemin synodal, une majorité de participants ont récemment voté pour la « bénédiction » des couples de même sexe et pour l’ordination des femmes, tandis que les enseignements moraux de l’Eglise étaient laissés de côté, y compris par la Conférence épiscopale allemande.

    Sans détailler tous les écarts enregistrés à ce jour, les cardinaux et évêques signataires accusent nettement le Chemin synodal allemand de tourner le dos à la doctrine de l’Eglise en éliminant ce qui aurait dû constituer le fondement de sa réflexion : « la Parole de Dieu, une rencontre fidèle avec le Christ, la véritable écoute du Saint-Esprit, la soumission de nos volontés à la volonté du Père ».

    Un Chemin en forme d’« impasse »…

    Les rédacteurs de la lettre proposent une adresse courrielle pour les évêques qui souhaiteraient se joindre aux premiers signataires : episcopimundi2022@gmail.com.

    Ci-dessous, ma traduction intégrale de la lettre des 74 évêques et cardinaux. – J.S.

    *

    À une époque où la communication mondiale est si rapide, les événements qui se produisent dans une nation ont inévitablement des répercussions sur la vie ecclésiale ailleurs. Ainsi, le processus du "chemin synodal", tel qu'il est actuellement mis en œuvre par les catholiques en Allemagne, a des implications pour l'Église dans le monde entier. Les Églises locales dont nous sommes les pasteurs et les nombreux catholiques fidèles dont nous sommes responsables sont également concernés.

    Dans ce contexte, les événements survenus en Allemagne nous imposent d'exprimer notre inquiétude croissante quant à la nature de l'ensemble du processus du " Chemin synodal " en Allemagne et au contenu de ses différents documents. Nos commentaires ici seront volontairement brefs. Ils méritent, et nous y encourageons fortement, d'être approfondis (comme l'a fait, par exemple, la lettre ouverte de l'archevêque Samuel Aquila aux évêques catholiques du monde) par les évêques individuels. Néanmoins, l'urgence de nos remarques communes est enracinée dans Romains 12, et en particulier dans la mise en garde de Paul : Ne vous conformez pas à ce monde. Leur gravité découle de la confusion que le Chemin synodal a déjà entraînée et continue d'entraîner, et du potentiel de schisme qui en résultera inévitablement dans la vie de l'Église.

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