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Sur les hauteurs de Kinshasa, dans un écrin de verdure et de paix, une statue du défunt roi des Belges Léopold II surplombe le fleuve Congo, loin de la la vague de destruction des symboles coloniaux en Occident, qui laisse les Congolais de marbre. Le monument à la mémoire du monarque belge, qui a fait du Congo sa propriété personnelle entre 1885 et 1908 – date de son transfert à la Belgique -, trône à côté de celui de son successeur, Albert Ier, et du fondateur de Léopoldville (actuelle Kinshasa), l’explorateur britannique Henry Morton Stanley. Lu sur le site de « La Libre Afrique » :
« Les figures de ce trio de l’histoire coloniale se trouvent à l’abri de l’agitation urbaine derrière les hautes grilles du parc présidentiel du Mont-Ngaliema, belvédère naturel avec vue panoramique sur le fleuve entre « Kin » et Brazzaville, capitale de l’actuel Congo.
Ouvert au public, sous bonne garde des militaires, le parc abrite aussi un Musée national ethnographique et les stèles à l’abandon d’un cimetière des « pionniers bâtisseurs du Congo belge ».
Le musée est fermé pour cause de coronavirus. Ses quelques agents présents ce mercredi ont à peine entendu parler des manifestations contre les effigies de Léopold II en Belgique.
Une statue a ainsi été retirée à Anvers mardi et une autre été déboulonnée par des activistes dans la nuit de jeudi à vendredi square du Souverain, dans la commune bruxelloise d’Audhergem. D’autres statues ou bustes de l’ex-souverain ont été vandalisées dans plusieurs villes belges.
Il y a vingt ans, Paul Vaute, journaliste à la Libre, rencontrait Jean Raspail (La Libre Belgique du 16 février 2000) (cliquer sur les extraits du journal pour les agrandir) :
En conformité avec les « normes sanitaires » imposées, près de 80 fidèles, de tous âges et de tous milieux, ont pu se réunir, en l'église du Saint-Sacrement au Bd d'Avroy, autour de l’évêque de Liège pour assister à cette grande fête d’origine liégeoise. La messe était chantée selon la forme extraordinaire du rite romain.
Voici le texte de l’homélie prononcée par Monseigneur Delville :
« Chers Frères et Sœurs,
La Fête-Dieu de cette année est placée sous le signe des retrouvailles. C’est la première fête que nous pouvons célébrer en étant corporellement présents, même si notre nombre est limité. C’est pourquoi cette messe est aussi retransmise par les médias pour tous ceux qui n’ont pas pu être matériellement présents. Nous avons découvert durant la période de confinement combien la participation directe à la liturgie nous manquait et combien nous désirions la communion au corps du Christ. Le sens même du sacrement, comme signe sacré de la grâce de Dieu, nous apparaissait d’autant plus que nous en étions privés. Or voici que nous pouvons nous retrouver lors de la seule fête liturgique qui soit consacrée à un sacrement, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, la Fête-Dieu.
Si sainte Julienne de Cornillon a reçu l’inspiration de faire célébrer cette fête, c’est qu’elle avait compris combien le sacrement actualise en nous la vie du Christ. En effet la vie du Christ ne se résumé pas à son aspect historique ; elle se prolonge en chacun de nous par un signe qui nourrit chacune de nos vies. Nous fêtons donc aujourd’hui autant le signe – l’hostie consacrée – que la réalité personnelle qu’elle représente, le Christ lui-même.
Or ce fut la volonté de Jésus lui-même que de prolonger sa vie terrestre par un signe perpétuel. C’est le geste qu’il a fait à la dernière cène, comme nous le raconte saint Paul dans sa 1e lettre aux Corinthiens (1 Cor 11,23-26) : « Le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, prit du pain et rendant grâces, le rompit et dit : prenez et mangez, ceci est mon corps, qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ». Donc Jésus, face à la souffrance et à la mort, partage le pain et le vin, en tant que son corps et son sang. Face à la fragilité de sa vie, à l’échec apparent de sa mission, face à la pauvreté des disciples qui vont se sentir abandonnés, Jésus ne baisse pas les bras, il ne tombe pas dans la déprime, encore moins dans la fuite. Il partage cette nourriture essentielle d’un repas, que sont le pain et le vin, en disant qu’ils sont son corps et son sang. Ils représentent une vie fragile, une vie qui va être enlevée. Mais ils représentent en même temps un partage de cette vie et une démultiplication de ses effets : « faites ceci en mémoire de moi ». Le corps et le sang du Christ, donnés en communion, nous associent aujourd’hui à sa vie, à sa mort et à sa résurrection. Notre pauvreté est dépassée, nous sommes rassasiés ; nous recevons une vie nouvelle, par notre communion à la pauvreté du Christ.
Certes, on pourrait se moquer de l’eucharistie et dire : « Mais ce n’est qu’un bout de pain, que voulez-vous que cela fasse ? Pourquoi le vénérez-vous tellement ? » Et pourtant nous déployons toute une liturgie et toute une vénération, comme ce soir, pour ce bout de pain. Pourquoi ? Parce que c’est la pauvreté partagée par le Christ, et ce partage nous révèle sa divinité. Dieu est dans ce partage de la pauvreté et nous communique sa divinité. Et c’est pourquoi, en abrégé, nous appelons « Fête-Dieu » la fête d’aujourd’hui. Nous la célébrons ici dans cette église du Saint-Sacrement d’une manière particulièrement solennelle, dans la forme extraordinaire du rite romain, parce qu’elle nous permet de garder la richesse de la liturgie ancienne, dans la beauté de ses gestes, ses mots et de ses chants, qui évoquent le mystère d’amour de Dieu qui se donne à nous.
Cette communion au Christ par la liturgie nous invite à l’action concrète, puisque le Christ nous dit : « faites ceci en mémoire de moi ». Comme lui-même s’est livré à nous et s’est donné à nous, il nous invite à nous donner aux autres. Nous rejoignons l’intuition de sainte Julienne de Cornillon qui, au 13e siècle, était d’abord au service des malades comme directrice d’un hôpital, la léproserie de Cornillon, avant d’être aussi la promotrice de la fête du Saint-Sacrement, fête destinée à favoriser l’union du chrétien au Christ par la communion eucharistique. Et nous portons fortement dans notre prière tous ceux qui se sont donnés pour leurs frères et sœurs durant cette crise du coronavirus. Je pense au personnel soignant, aux personnels des maisons de retraite, à tous ceux qui ont accompagné une personne en difficulté. Cette période difficile nous a aussi stimulés à trouver des gestes nouveaux pour nous soutenir les uns les autres. Elle a fait apparaître l’importance de l’affection et de la solidarité, surtout quand celles-ci faisaient défaut.
Frères et Sœurs, cette pauvreté partagée est un secret de vie. Jésus nous dit (Jn 6,56-59) : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » « Celui qui mange ce pain vivra éternellement ». Dans la communion au Christ nous trouvons la vraie vie, et dans la communion à celui qui souffre, nous trouvons la vraie joie. Plusieurs personnes me l’ont dit durant cette période : les services d’entraide ont accueilli de nouveaux bénévoles; leur venue était particulièrement appréciée, car il y avait parfois plus de service à assurer, plus de repas à distribuer; et ces bénévoles y ont trouvé une vraie joie. Ainsi la communion au Christ débouche dans une communion en Église.
Alors recevons avec foi le corps du Christ qui nous est donné en communion et soyons des témoins de la vraie vie dans notre monde !
Le meurtre de l'Afro-Américain George Floyd à Minneapolis (Minnesota) le 25 mai 2020 a suscité dans le monde une vague d'indignation légitime. En marge de celle-ci, on a aussi entendu des extrémistes attribuer aux « Blancs » (Européens) tous les péchés de la Terre et en particulier le crime de l'esclavage. Gardons-nous de ce raccourci indigne...
Un siècle et demi ans après son abolition dans les colonies françaises, l’esclavage revient au cœur des enjeux mémoriels. Le phénomène est corrélé à l'émergence en France d'une importance diaspora d'Afrique subsaharienne et à la montée de revendications « racialistes ».
Tout a commencé en 2001 avec la loi Taubira qui a fait de la traite européenne un crime contre l’humanité. Le 10 mai, anniversaire de cette loi, est devenu une Journée des « Mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions ». L'initiative est louable à condition qu'elle ne triche pas avec l'Histoire et une réalité universelle ô combien complexe et nuancée (note).
Une réalité quasi-universelle
L’esclavage était une institution très répandue sous l’Antiquité à de rares exceptions près (Ancien Empire égyptien, Crète, Étrurie) comme le rappelle la série Les routes de l'esclavage diffusée sur Arte le 1er mai 2018. Il était avant tout la conséquence des guerres, les captifs ayant vocation à servir leurs maîtres.
Au Moyen Âge, dans les régions de peuplement slave, les Balkans et l'Europe orientale, l'absence d'États forts facilita les razzias d'esclaves par les voisins : Européens, Arabes et Mongols. C'est à ce moment-là que, dans nos langues, le mot esclave, dérivé de Slave, se substitua au mot latin servus.
En Afrique subsaharienne, du fait de l’abondance des terres et de la rareté des hommes, c’était le nombre d’esclaves et de femmes (polygamie) qui déterminait le rang social de chacun, au contraire de l’Europe ou de l’Extrême-Orient, où la richesse se mesurait à la possession de terres. « Pour autant que la notion de la propriété de la terre n'existait pas, les hommes et les femmes constituaient la seule source de richesse. Leur capture et leur commerce, par la guerre ou autrement, animaient les conflits entre les royaumes », rappelle ainsi l'historien Marc Ferro (note).
Quand les Arabes musulmans entrèrent en relation avec les chefs africains au VIIIe siècle, ceux-ci trouvèrent surtout à leur vendre des esclaves et de l’or en échange des biens manufacturés venus d'Orient. L'Afrique subsaharienne devint ainsi la première source d'esclaves pour les Orientaux et, peu à peu, dans le monde musulman, l’esclave se confondit avec le noir, les mêmes termes désignant souvent en arabe l’un et l’autre.
Le racisme à l'égard des Africains noirs est ainsi né avant l'An Mil dans l'empire arabe, avec même une justification religieuse donnée par des théologiens musulmans, la « malédiction de Cham ». Maudits, les esclaves noirs l'étaient par la castration préalable qui en tuait la grande majorité avant que les survivants ne servent comme eunuques dans les plantations de basse Mésopotamie ou les harems de Bagdad et du Caire !
Ainsi peut-on lire sous la plume de l'historien Ibn Khaldoun (1332-1406) : « Il est vrai que la plupart des noirs s'habituent facilement à la servitude ; mais cette disposition résulte, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, d'une infériorité d'organisation qui les rapproche des animaux brutes. D'autres hommes ont pu consentir à entrer dans un état de servitude, mais cela a été avec l'espoir d'atteindre aux honneurs, aux richesses et à la puissance » (Les Prolégomènes, IV).
À la même époque, dans la chrétienté occidentale, l'esclavage tomba en désuétude et il en vint à être réprouvé jusqu'à inspirer au roi de France Louis X, en 1315, un célèbre édit selon lequel « le sol de France affranchit l'esclave qui le touche ».
Le Partenariat de Ouagadougou (PO) « lancé en 2011 », est un partenariat « entre les gouvernements, la société civile et les bailleurs pour accélérer la disponibilité et l’utilisation des services de Planification Familiale au Bénin (PF), au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Togo ». A son actif : 3,8 millions de femmes supplémentaires « utilisatrices de méthodes modernes de contraception » depuis 2011.
Pour les années à venir, « le Partenariat a lancé l’initiative ″PO Après 2020″ » avec pour objectif « une Afrique de l’Ouest francophone où un accès facile à la planification familiale de qualité sauve et améliore la vie des femmes et des jeunes et sert de catalyseur pour un développement durable pour tous ». « L’objectif proposé est de doubler le nombre d’utilisatrices de contraception moderne pour atteindre 13 millions d’ici 2030 », bien que « ’les taux de progression [aie]nt ralenti depuis que le PO a atteint des segments ″plus faciles″ d’utilisatrices ».
De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur Diakonos.be :
Le synode d’Allemagne a au moins trois antécédents. Qui ont tous fini par un schisme
Le « Synodale Weg » en cours en Allemagne se révèle chaque jour un peu plus comme un risque sérieux pour le « chemin » de l’Église catholique non seulement allemande mais universelle.
Il suffit, pour s’en rendre compte, de parcourir les documents publiés jusqu’ici :
Sur Settimo Cielo, le professeur Pietro De Marco a critiqué de fond en comble, à plusieurs reprises, les fondements théologiques et ecclésiologiques de ces assises :
Mais une analyse au niveau historique est particulièrement très éclairante elle aussi. Et c’est ce que nous propose ici Roberto Pertici, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bergame et spécialiste des rapports entre État et Église.
L’agenda et les objectifs du synode qui est en train de se dérouler en Allemagne a en fait un nombre de points communs impressionnant avec les velléités réformatrices de trois courants du catholicisme allemand du XIXe siècle, qui ont tous les trois débouchés sur un schisme.
À une différence près cependant, que souligne le professeur Pertici. Alors que ces trois courant n’ont reçu qu’un soutien limité auprès de rares et isolés représentants de l’épiscopat allemand, c’est aujourd’hui la quasi-totalité des évêques d’Allemagne qui ont apporté leur soutien aux téméraires réformes synodales.
Ce processus s’accompagne en outre de la volonté de détacher l’Église catholique de sa « romanité », à travers un processus de « déconfessionnalisation » déjà largement entamé par les protestants, comme Pertici lui-même le montrait dans une intervention sur Settimo Cielo il y a deux ans :
Par un concours de circonstances, ce dernier dimanche de Pentecôte, 30 théologiens catholiques et protestants allemands – par la voix de leur porte-parole Johanna Rahner – ont signé un appel pour que soit levé aussi bien l’excommunication catholique envers Luther que la qualification luthérienne du Pape comme « Antéchrist ».
L’Église allemande entre « repli national » et primat romain
de Roberto Pertici
Les interventions de Sandro Magister et de Pietro De Marco sur le « Synodale Weg » qui est en cours en Allemagne et sur la possible dérive schismatique de l’Église allemande sont très intéressantes pour ceux qui cherchent à comprendre le rapport entre l’Église catholique et la société contemporaine.