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Belgique - Page 224

  • Pourquoi nos évêques cautionnent-ils un prêtre dont la position sur l'euthanasie est à l'opposé de celle de l'Eglise ?

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    C'était hier (11 novembre) sur les antennes de la RTBF : une émission était consacrée à l'euthanasie avec la participation de Gabriel Ringlet sur le plateau. On peut voir cette émission "podcastée" ici : http://www.rtbf.be/video/detail_speciale-euthanasie?id=2058654. Chacun pourra juger de l'objectivité de cette émission tant au niveau de la composition du plateau, du film proposé, ou encore de l'attitude de la journaliste menant le débat.

    Quant à nous, nous nous interrogeons quand nous voyons nos évêques muets (ou complaisants ?) devant la multiplication des prises de parole et de position dudit abbé Ringlet qui s'opposent clairement à l'enseignement de l'Eglise sur diverses questions mais en particulier sur celle de l'euthanasie. Ainsi encore, à Liège, le 8 octobre dernier, sur le thème de "l'accompagnement spirituel en fin de vie", le même apôtre a tenu son discours conciliant à l'égard de la pratique de l'euthanasie devant une salle comble en présence de l'évêque en exercice et de son prédécesseur sans que jamais ceux-ci n'interviennent pour le contredire ou pour rappeler la position de l'Eglise sur cette question. On s'attendrait tout au moins à ce qu'ils offrent la même tribune à un théologien ou à un moraliste orthodoxe comme peut l'être, par exemple, le Père Xavier Dijon, mais c'est en vain; au contraire, en guise de surenchère, c'est précisément le docteur Corinne Van Oost, une praticienne qui se targue d'être catholique et de pratiquer l'euthanasie, que l'on invite pour entretenir le public des "soins palliatifs au risque de l'euthanasie" (à Verviers, au centre Maximilien Kolbe, dans les jours qui viennent).

    Il faudra tout de même que l'on nous dise de quelle manière - et dans quel sens - nos autorités ecclésiastiques comptent former leurs ouailles au respect du cinquième commandement. Et si, oui ou non, le rôle de l'"épiscope" n'est pas de veiller à ce que la foi et la morale catholiques soient enseignées sans ambiguïtés dans son diocèse.

  • Mgr Léonard, un évêque gaullien

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    Le regard du prêtre Éric de Beukelaer.

    56432fcb3570ca6ff8cca661.jpg"J’ai entendu vos points de vue. Ils ne rencontrent pas les miens. La décision est prise à l’unanimité", plaisantait Charles de Gaulle. Mgr Léonard ne disait pas autre chose.

    Avec la nomination de Mgr De Kesel à Malines-Bruxelles, c’est un authentique gentleman qui devient la figure de proue de l’Eglise de Belgique. Patient, réservé et doux, il sera un pasteur qui "ne brisera point le roseau cassé et n’éteindra point la mèche qui brûle encore" (Esaïe 42, 3).

    Alors que le nouvel archevêque accède à la lumière, son prédécesseur rentre dans l’ombre.

    Par-delà les caricatures, la personnalité de Mgr Léonard reste pour beaucoup une énigme. Il fut, il y a trente ans, mon responsable de séminaire, ainsi qu’un brillant professeur de métaphysique à l’UCL. Pour le décrire, je le compare volontiers au général de Gaulle, personnage auquel il ne ressemble pas que physiquement, mais que - en excellent comédien - il imite à la perfection.

    Charles de Gaulle, en effet, est l’homme d’une intuition profonde, qui le guidera toute sa vie - soit une certaine idée de la France. André Léonard est pareillement l’homme d’une certaine idée de l’Eglise catholique - une Eglise centrée sur la rencontre spirituelle avec le Christ et servie par les sacrements, dont les prêtres sont les ministres habituels. Pour honorer sa perception de la France, de Gaulle tracera sa route, sans craindre de souvent marcher seul. De même, André Léonard, défendra sa vision de l’Eglise contre vents et marées. "Il ne nous entend pas !", tempêtaient ses contradicteurs et critiques. Si - il entendait - mais n’en poursuivait pas moins son intuition profonde. "J’ai entendu vos points de vue. Ils ne rencontrent pas les miens. La décision est prise à l’unanimité", plaisantait de Gaulle. Mgr Léonard ne dit pas autre chose, lorsqu’il déclare dans Pastoralia, le journal de l’archidiocèse : "Les grandes décisions d’un épiscopat sont par nature solitaires, au moins au début. L’audace est généralement le fait d’individus. Les groupes constitués ont plutôt une vocation complémentaire, celle de la prudence."

    Comme de Gaulle, Léonard fut un leader plus audacieux que prudent. Comme de Gaulle, ses formules n’étaient pas toujours apaisantes (souvenons-nous du gaullien : "la chienlit, non !", qui mit le feu à Mai 68). Comme de Gaulle, Mgr Léonard n’était pas vraiment à l’aise au milieu des rouages institutionnels. Ce n’est pas un hasard si la cinquième république compte un premier ministre - figure insolite au cœur d’un régime ultraprésidentiel. La raison en est simple : si le Général se voyait présider aux destinées de la France, il ne s’imaginait guère négocier les contingences budgétaires avec le Parlement. C’est au nom d’une même logique que, nommé archevêque, Mgr Léonard proposa que - contrairement aux us et coutumes en Belgique - la conférence épiscopale désigne un évêque différent (de préférence flamand) comme président de la conférence épiscopale. La chose ne se fit pas, car les autres évêques - et leur porte-parole que j’étais à l’époque - craignirent une Eglise bicéphale et potentiellement duale. Mais cette intention illustre bien que l’homme était lucide sur lui-même. Comme de Gaulle, il prenait avec assurance des décisions sur ce qu’il considérait essentiel. Comme le Général, il était, par ailleurs, fort à l’aise dans les relations proches (combien n’ont pas été séduits en le côtoyant, découvrant sa réelle simplicité et proximité bienveillante ?). Mais le management - il le savait - ce n’était pas son truc. Pour cela, il faisait confiance, acceptant de bon cœur dans son entourage des personnalités bien différentes de lui. Comme de Gaulle à Colombey, Mgr Léonard aujourd’hui se retire sans vouloir jouer "les belles-mères". Le bilan de son action pastorale, il le laisse à la Providence. "Les régimes passent, mais les peuples ne passent pas", souriait de Gaulle. "Les évêques passent, mais l’Eglise du Christ ne passe pas", renchérirait Mgr Léonard.

    Merci, Monseigneur, et que le vent de l’Esprit vous accompagne

    Ref. Mgr Léonard, un évêque gaullien

    JPSC

  • Koekelberg, 13 décembre : Ouverture de la Porte Sainte pour l'Année jubilaire de la Miséricorde

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  • Quand Alexandre De Croo s'offre un effet médiatique à bon marché au détriment de l'Eglise

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    Lu sur 7sur7.be :

    Le vice-premier ministre libéral Alexander De Croo (Open Vld) souhaite que l'Eglise catholique mette les monastères et abbayes vides à disposition de l'accueil des réfugiés. Cela permettrait d'aider le gouvernement à trouver des solutions de qualité pour l'accueil des nouveaux venus, a affirmé le ministre.

    "Quand l'Eglise entreprendra-t-elle une action pour ouvrir les monastères et abbayes (vides)? ", s'est interrogé le ministre sur Twitter.

    "L'Eglise fait preuve de mutisme sur ce sujet"
    "J'entends le pape François réclamer plus de compassion pour les réfugiés. Mais l'Eglise en Belgique est restée à ce jour silencieuse sur le sujet", a affirmé le ministre à Belga. "D'autre part, le nouvel archevêque a déclaré qu'il allait se pencher sur la manière dont l'Eglise va gérer son patrimoine."

    Le vice-premier ministre a mis la question dimanche soir sur la table du conseil des ministres restreint. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA) devrait prendre contact avec les instances ecclésiastiques. Alexander De Croo serait "surpris que le silence demeure à ce sujet."

    "Nous devons trouver des solutions d'urgence"
    Ces derniers mois, le gouvernement a été constamment à la recherche de nouveaux lieux pour accueillir les réfugiés qui arrivent en Belgique. "Nous avons ces derniers mois déployé tous les moyens pour trouver de bonnes solutions d'accueil. Depuis août, il s'agit de 3 à 4.000 places par mois. Parfois cela se passe bien, mais parfois nous devons trouver des solutions d'urgence comme dans des hangars de l'armée", a encore expliqué le ministre De Croo.

    Caritas International: "Le ministre veut-il un accueil ou juste des matelas sur le sol? "
    Caritas International n'est pas satisfaite par la sortie, sur Twitter, du vice-Premier ministre Alexander De Croo qui y plaide pour que monastères et abbayes restent ouverts aux réfugiés. Pour créer des places d'accueil, de nombreuses démarches administratives doivent être entreprises, explique Anne Dussart, directrice des opérations au sein de l'association. "Le ministre De Croo veut-il que nous organisions un accueil avec un accompagnement ou souhaite-t-il juste des matelas sur le sol? ", s'interroge-t-elle.

    Selon Anne Dussart, Alexander De Croo fait fi de tout le travail administratif qui doit être réalisé pour pouvoir recevoir des places d'accueil selon les règles. "Préparer un bâtiment pour l'accueil signifie davantage que prévoir un lit, une douche et du pain. Du personnel doit être désigné et une sécurité incendie doit être assurée. Et cela n'est possible qu'une fois que Fedasil a contrôlé le bâtiment et que le conseil des ministres a donné son autorisation", explique-t-elle.

    Deux bâtiments, une ancienne maison de repos à Scherpenheuvel et un ancien monastère à Saint-Josse-ten-Noode, sont presque en règle pour pouvoir accueillir près de 290 réfugiés. Caritas International, qui avait lancé un appel en août aux "propriétaires solidaires" avec l'appui des évêques de Belgique, s'appuie en outre sur une base de données d'environ 400 habitations qui sont proposées par des particuliers pour l'accueil de réfugiés ou de demandeurs d'asile reconnus.

    "L'Eglise ne fait pas étalage de l'aide qu'elle offre"
    De son côté, Tommy Scholtès, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique, souligne que les paroisses et les diocèses ne font pas étalage de l'aide qu'ils offrent. "Vous ne devez pas attendre des monastères qu'ils envoient un communiqué de presse s'ils accueillent des personnes. Ces gens ont vécu d'énormes souffrances et ont aussi droit à la discrétion", soutient-il.

    M. Scholtès ne dispose d'ailleurs pas de chiffres sur le nombre de réfugiés et de demandeurs d'asile accueillis par l'Eglise catholique en Belgique.

  • L’archidiocèse de Malines-Bruxelles rend hommage à Monseigneur Léonard et accueille son successeur

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    Voici quelques célébrations prévues à l'occasion du départ de Mgr A.-J. Léonard et de l'arrivée de son successeur, Mgr J. De Kesel, ainsi que de l'ouverture des Portes Saintes en ce début d'année jubilaire. 

    L' archidiocèse rendra grâces pour le ministère épiscopal de Mgr Léonard:

    - le dimanche 29 novembre à 16h en la cathédrale Saint-Rombaut à Malines,
    - le samedi 5 décembre à 17h en Saint-Michiel et Gudule à Bruxelles,
    - le dimanche 6 décembre à 10h en la basilique nationale de Koekelberg,
    - et le dimanche 6 décembre à 15h à Nivelles en la Collégiale Sainte-Gertrude. 

    Mgr De Kesel prendra possession de son siège épiscopal en la cathédrale métropolitaine de S. Rombaut à Malines, le samedi 12 décembre à 15h.

    La Porte Sainte de la basilique du S. Coeur à Koekelberg sera ouverte solennellement le dimanche 13 décembre à 10h lors d'une Eucharistie présidée par Mgr J. Kockerols, évêque auxiliaire pour Bruxelles. 

    Mgr De Kesel sera accueilli à Bruxelles le dimanche 13 décembre à 16h à la cathédrale des SS. Michel et Gudule lors d'une Eucharistie solennelle qu'il présidera et au cours de laquelle il ouvrira la Porte Sainte.

    Pour rappel :

     Accueillir un nouvel archevêque et primat, c'est aussi l'occasion d'en remercier et saluer un autre. 

    Des amis mettent en ligne ce livre d'or dans lequel vous pouvez exprimer vos remerciements à Monseigneur Léonard pour tout ce qu'il a fait pour nous, pour l'Église, pour la Belgique. N'hésitez pas à le signer et le partager !

    Il sera transmis à Monseigneur Léonard.

    Un clic et une petite dédicace ci-dessous

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  • Koztoujours...à Bruxelles

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    Peut-on encore être

    optimiste?

     

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    Conférence du blogueur KOZ Toujours, Erwan le Morhedec, lundi 16 novembre 20h à Bruxelles

     

    Suite à sa venue en Belgique et à la conférence qu'il donnera à l'IET (Institut d'Etudes Théologiques) le 16 novembre à 15h30, le blogueur Koz Toujours alias Erwan le Morhedec, nous fera l'honneur de donner une conférence débat à 20h, Avenue A.J. Slegers 96, 1200 Woluwe-Saint-Lambert, sur la question : "Peut-on encore être optimiste?".. KOZ est connu pour son blog qu'il anime sur des sujets politiques et chrétiens. Après six ans d’anonymat, il a révélé en 2011 son identité d’avocat et son nom, Erwan Le Morhedec. Son blog et sa Time Line Twitter @koztoujours au ton décapant ne laisse personne indifférent. N'hésitez pas à le découvrir à l'adresse  http://www.koztoujours.fr

    Informations pratiques:

    • Adresse du jour: Avenue A.J. Slegers 96, 1200 Woluwe-Saint-Lambert
    • Accessible en transport en commun (5min du métro Tomberg)
    • Parking aisé au métro Tomberg sur la place communale

    JPSC

  • La nomination de Mgr De Kesel est officielle

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    Actes pontificaux

    Cité du Vatican, 6 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

    Mgr.Jozef de Kesel, Archevêque de Malines - Bruxelles (superficie 3.635, population 2.825.000, catholiques 1.807.000, prêtres 1.794, diacres 88, religieux 3.249), en Belgique. Jusqu'ici Evêque de Bruges (Belgique), il succède à Mgr.André Léonard, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

    Mgr.Jozef de Kesel, Ordinaire militaire pour la Belgique.

     

    D'Angélique Tasiaux sur cathobel.be :

    Et le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles est…

    Le mystère qui entourait ces derniers temps la nomination du successeur de Mgr André-Joseph Léonard est levé, avec l’annonce officielle du nom de son successeur. Le nouvel de sera Mgr Jozef De Kesel (photo), actuel évêque de Bruges.  Membre actuel de la Conférence des Evêques, il connaît la réalité bruxelloise pour y avoir exercé durant près d’une décennie.

    Gantois d’origine, Mgr De Kesel n’est pas un nouveau venu dans le cénacle religieux du royaume. La voix douce, le verbe lent en français, le ton mesuré, Jozef De Kesel s’exprime avec simplicité lors des interviews.

    Issu d’une famille de neuf enfants, à la croisée de celle-ci, puisqu’il en est le cinquième, Mgr Jozef De Kezel est âgé de 68 ans. Licencié et docteur en théologie, il a travaillé comme enseignant, responsable entre autres de la pastorale scolaire dans son ancien collège, puis dans une école sociale et au grand séminaire, avant d’être chargé de cours à la K.U.L.. Un parcours académique et professoral qui témoigne de son intérêt pour l’institution ecclésiale. Ordonné prêtre le 26 août 1972, c’est sous le diminutif de Jef De Kesel qu’il publie sa thèse de doctorat intitulée « Le refus décidé de l’objectivation. Une interprétation du refus du Jésus historique chez Rudolf Bultmann », aux éditions de la Cura Pontificiae Universitatis Gregorianae, en 1981. « La crise actuelle du christianisme est une crise d’identité », y écrit-il alors, estimant que « la question de Jésus » y est étroitement liée. Or, en dissociant le Jésus historique de l’interprétation chrétienne, le théologien allemand Rudolf Bultmann a défendu« une affirmation étrange », qui sous-tendait l’ensemble de sa démarche théologique.

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  • Qui est Rudolf Bultmann (1884-1976) ?

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    La nomination annoncée de Mgr De Kesel comme archevêque de Malines-Bruxelles oriente naturellement notre curiosité vers l'oeuvre de Bultmann dont le nouvel archevêque est un spécialiste. De ce philosophe issu de la mouvance luthérienne, l’abbé Jean Carmignac -célèbre exégète qui eut son heure de gloire dans les années 1980- disait : 

    « Rudolf Bultmann est un allemand, professeur à l'Université de Marbourg. C'est plus un philosophe qu'un exégète ; ami du philosophe Heidegger, c'est sous l'influence de celui-ci, en partie au moins, que Bultmann a bâti un système qui relève plus de l'histoire des religions que de l'exégèse. Bultmann compare les récits des évangiles aux récits populaires qui peuvent exister dans les différentes religions et mythologies ; il constate que pour à peu près chacun des récits évangéliques on peut trouver des passages parallèles dans la mythologie grecque, le Bouddhisme, etc. En recourant à la notion de genre littéraire (qui est une notion juste mais à utiliser avec discernement), il fait des rapprochements entre tel fragment des Evangiles et tel texte bouddhiste, hellénique... Il en arrive ainsi à atomiser le texte biblique. Il suppose que les évangiles sont la mise bout à bout de quantités de petits récits très courts inventés par les premières communautés chrétiennes pour exprimer ce qu'elles croyaient au sujet du Christ ; par exemple elles prêtent au Christ tel miracle pour dire qu'elles le croient d'origine divine, tout puissant, capable de rendre la vie... Bref, selon Bultmann, on mythologisait en écrivant les détails de la vie de Jésus, sous l'influence de la culture hellénique. Aussi, pense-t-il, il faut maintenant « démythologiser » les Evangiles si l'on veut obtenir la réalité historique. L'Evangile, selon lui, nous permet d'atteindre la foi des communautés chrétiennes (Jésus ressuscité, Fils de Dieu, né d'une Vierge, etc.) mais non la réalité historique. Mais pour Bultmann ce n'est pas un obstacle à la foi. Disciple du philosophe Heidegger, il prône une foi tout à fait « pure » et la foi est d'autant plus pure qu'elle ne dépend pas d'une connaissance historique. II est plus beau, plus religieux, de croire sans motif, sans preuve. C'est ce qu'il appelle la foi pure. Tout son travail, dans sa pensée, est un travail de purification de la foi. 

    Quant à nous, nous disons : si Jésus n'a pas fait et dit réellement ce que nous rapportent fidèlement les Evangiles, comment pouvons-nous croire en Lui ? On rencontre ici la différence essentielle entre la foi protestante et la foi catholique. La foi des protestants est en réalité la confiance; la confiance que Dieu me sauvera et qu'il me sauve par Jésus-Christ. Cette notion de confiance peut, jusqu'à un certain point être détachée de la réalité historique. Pour les catholiques, la foi est d'abord adhésion de l'intelligence à des vérités révélées et cette adhésion n'est plus possible si les vérités révélées n'existent pas, si elles n'ont pas été révélées, si je ne puis les atteindre dans le contexte des faits historiques où elles ont été révélées. Le système de Bultmann est donc extrêmement dangereux. Malheureusement, il est vulgarisé en France et a influencé beaucoup de chrétiens. Les théories de Bultmann sont pour une part responsables de la crise que traverse l'Eglise actuellement. Ce qui a fait perdre la foi à certaines personnes c'est que Jésus n'est plus pour elles le Christ historique qui a vécu sur terre, qui était Fils de Dieu, vraiment homme comme nous, dont je connais les gestes et les paroles, mais un être idéalisé qu'on récupère sur le plan politico-social ou qu'on essaye d'envoyer dans les nuées... Or, ce qui frappe, c'est que toutes les théories de Bultmann ne reposent sur aucune preuve ; elles s'appuient sur l'argument de comparaison, de ressemblance entre tel récit chrétien et tel récit bouddhique, par exemple. Mais l'histoire des religions est si vaste qu'on peut toujours trouver des ressemblances entre récits provenant de religions différentes ; comparaison n'est pas raison. Il faudrait prouver qu'il y a influence directe de tel thème hellénique ou bouddhique sur le Nouveau Testament. Bultmann ne le fait pas […]. »

    Extrait d’une interview donnée, en son temps, à la «« Revue des Oeuvres et des Missions marianistes » : le système de Bultmann…

    JPSC

  • La désignation de Mgr De Kesel réjouit le landerneau médiatique

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    Christial Laporte, dès qu'il a connu la nouvelle par on ne sait quel canal indiscret, n'a pu s'empêcher de court-circuiter les relais officiels de l'Eglise pour annoncer la désignation de Mgr De Kesel à l'archevêché de Malines-Bruxelles. Pas moins de deux pleines pages de la Libre, et un éditorial ("Le choix du Pape et du cardinal"), lui suffisent à peine à donner libre cours à son exultation. Dans son éditorial intitulé "Ils ont aimé Danneels, ils adoreront De Kesel", Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir, dit elle aussi toute sa satisfaction de voir Mgr Léonard (qu'elle n'épargne pas) remplacé par un disciple du cardinal Danneels ainsi que son espoir de voir le nouvel archevêque oser "faire bouger les lignes belges de sa religion sur le divorce, l'homosexualité, la famille". Bref, la nomination du nouvel archevêque réjouit le landerneau médiatique belge, ce qui est tout de même assez inquiétant quand on sait de quel bois il se chauffe. Espérons que le nouvel archevêque qui a côtoyé les deux précédents, et dont chacun se plaît à reconnaître la finesse et l'intelligence, saura présider avec sagesse et discernement aux destinées de l'Eglise de Belgique sans succomber aux appels des sirènes médiatiques. Il est cependant difficile de ne pas s'interroger devant un certain esprit partisan qui règne à Rome, un esprit qui a conduit à y faire revenir le cardinal Danneels pour y participer au synode tout en n'y conviant pas l'archevêque en poste à Malines-Bruxelles, un esprit qui aujourd'hui nous vaut la nomination d'un proche du même cardinal à la tête de l'Eglise belge.

    https://www.rtbf.be/video/detail_de-kesel-devient-le-nouvel-archeveque-de-malines-bruxelles?id=2057503

  • Bruxelles : inauguration des nouveaux bâtiments de la BICS

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    BICS_1.jpgLe 21 octobre, la Brussels International Catholic School a fait bénir ses nouveaux locaux pour le secondaire par le cardinal Burke. Dans son discours d’inauguration, le cardinal a rappelé l’importance du rôle éducatif des parents :

    Les parents, parce qu’ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs. Le rôle éducatif des parents est d’une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut dicillement être supplée. C’est aux parents, en eet, de créer une atmosphère familiale, animée pour l’amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu’elle favorise l’éducation totale,personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaires à toute société. Mais c’est surtout dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus jeune âge les enfants doivent, conformément à la foi reçue au baptême, apprendre à découvrir Dieu et à l’honorer ainsi qu’à aimer le prochain ; …

    La Brussels International Catholic School est une école internationale bilingue (Français-Anglais) avec des classes maternelles, primaires et secondaires dont la direction et l’aumônerie est assurée par l’Institut du Christ Roi. L’Institut du Christ Roi a repris l’école dans les années 2000  (anciennement Institut Saint Pierre et Saint Paul fondé en 1974). L’école compte aujourd’hui près de 450 élèves.

    Contact

     Ref. Inauguration des nouveaux bâtiments de la BICS

    JPSC

  • Un poulain du cardinal Danneels pour succéder à Monseigneur Léonard

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    C’est l’information que « La Libre » tient d’une « source sûre » : l’évêque de Bruges, Mgr De Kesel  devient archevêque de Malines Bruxelles. Nous avons relayé cette information ici. Elle sera officialisée demain vendredi 6 novembre.

    Mais quel est le profil exact de cet intellectuel moins expansif que son confrère d’Anvers Johan Bonny ? Dans une archive du « Soir », on peut trouver ce qu’en disait  le « spécialiste » de l’actualité religieuse Christian Laporte lorsque Rome fit du chanoine gantois Jozef De Kesel un évêque auxiliaire du Cardinal Danneels à Bruxelles en 2002 :   

    « Jozef De Kesel, un théologien gantois, est devenu, contre toute attente, le nouvel évêque de Bruxelles. Le cardinal Danneels et Rome ont choisi un homme d'ouverture et d'écoute pour une Eglise plus dans les cordes qu'ailleurs.

    Divine surprise pour les catholiques bruxellois. Et davantage encore pour le principal intéressé... car il ne s'attendait vraiment pas à cette promotion un tantinet diabolique : c'est le chanoine gantois Jozef De Kesel qui monte sur le trône épiscopal bruxellois, succédant au duo Lanneau (F) - De Hovre (NL) en place depuis vingt ans.

    Une nomination qui lui fait même un peu peur, qui le met même mal à l'aise mais voilà, quand le grand « patron » de l'Église belge, entendez le cardinal Danneels, vous envoie en première ligne sur le difficile front bruxellois pratique en baisse abyssale, paroisses en difficulté avec la bénédiction de Rome, le théologien fidèle n'a plus guère le choix !

    Les De Kesel ? Une nouvelle « dynastie » épiscopale est née... Son oncle, Mgr Leo-Karel De Kesel fut évêque auxiliaire de Gand de 1961 à 1990.

    Jozef, cinquième d'une famille de neuf enfants, fut probablement inspiré par son exemple lorsqu'il décida d'embrasser le sacerdoce en 1965 en entrant au séminaire de Gand. Mais l'Église se rendit vite compte qu'elle comptait là un excellent élément pour étoffer ses troupes intellectuelles. Après des études d'histoire à Louvain, il fut donc envoyé à l'Université grégorienne à Rome.

    De Kesel Jr devint un pilier du fameux Collège belge dont les murs résonnaient encore des grands débats conciliaires. Mieux, il s'inscrivit dans la lignée des grands « anciens » en devenant un spécialiste de la théologie de Rudolf Bultmann (*) : un auteur très à la mode aujourd'hui, qui fut à la base d'une certaine démythologisation de Jésus, établissant des distinctions nettes entre le Jésus de l'histoire et celui de la foi.

    Une grosse tête, donc, Jozef De Kesel à en juger par sa carte de visite et, surtout, par sa riche production théologique.

    Mais l'homme fut aussi remarqué pour son entregent, sa grande capacité d'écoute. Et pour ses qualités de pédagogue.

    Résultat : nommé entretemps chanoine du chapitre de la cathédrale Saint-Bavon, il fut aussi pendant dix ans vicaire épiscopal responsable de la formation théologique et pastorale.

    Pas une mince affaire, car il fut chargé de piloter aussi bien les prêtres et les religieux que les diacres et les laïcs. Dans la ville d'Artevelde, le frêle chanoine on est loin des clercs imposants des Primitifs flamands était considéré comme une étoile montante que d'aucuns voyaient même succéder à Mgr Luysterman, l'évêque de Gand. Godfried Danneels en a décidé autrement.

    Parce que son passé plaide sans doute le mieux pour affronter la réalité bruxelloise où l'Eglise est plus qu'ailleurs encore sur la défensive.

    Jozef De Kesel n'est pas de cette race de messeigneurs tout confits de certitudes qui veulent reconquérir les âmes à grands coups médiatiques. On ne le verra pas non plus organiser une procession sur le canal dans la capitale. Au contraire, à ses yeux, l'Eglise doit être de plus en plus ouverte à la culture actuelle, largement sécularisée. Tout en poursuivant résolument dans la voie de Vatican II.

    Davantage que le maintien des droits acquis (et perdus) de l'institution, c'est la quête de la foi qui le guidera. Son ministère sera moins celui du pouvoir que celui du symbole. Dans une voie résolument oecuménique. Jusque dans le choix de sa devise : « Je suis avec vous les chrétiens ». Chrétiens ? Catholiques, oui mais aussi protestants, orthodoxes. Ouvert à l'autre...

    Quant à ses origines flamandes, il ne les reniera, forcément, pas mais il veut et peut devenir un vrai Bruxellois ». 

    Ref. l’acteur Jozef De Kesel

    (*) Monseigneur De Kesel  a consacré sa thèse  de doctorat en théologie  à cette question de l’historicité de Jésus dans l’œuvre de Rudolf Bultmann, célèbre théologien allemand de tradition luthérienne dont l’œuvre est dédiée à une réinterprétation de  l’Évangile pour rendre celui-ci  « plus recevable et compréhensible » à l’esprit de nos contemporains.

    JPSC