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Eglise - Page 812

  • Le bien commun, pierre angulaire de la doctrine sociale de l’Église

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    De Jean-Yves Naudet sur aleteia.org :

    Le bien commun, premier principe de la doctrine sociale de l’Église

    La foi donne aux catholiques une responsabilité politique. Le principe autour duquel s’articule leur pensée et leur action politiques est le bien commun. Celui-ci n’est pas un idéal, mais un ensemble de conditions qui permet la progression de l’épanouissement intégral des personnes et des groupes sociaux.

    Le bien commun est une notion complexe et ancienne. Ce principe est au cœur de la doctrine sociale de l’Église et d’une certaine façon, son premier principe. Dans le Compendium de la doctrine sociale de l’Église, la notion de « bien commun » apparaît plus de cent fois. C’est l’une des notions les plus citées. Le bien commun est présenté comme le premier principe de la doctrine sociale de l’Église — si l’on met à part, évidemment, la question de la dignité des personnes, qui est le fondement essentiel. Le principe du « bien commun », en tant que fin de tous et de chacun, apparaît avant même la destination universelle des biens, la subsidiarité ou les autres notions-clés.

    L’enseignement des encycliques sociales

    Dans la première encyclique sociale, Rerum novarum de Léon XIII (1891), le « bien commun » est cité cinq fois. Chez Pie XI, dans Quadragesimo anno (1931), vingt fois. Chez Jean XXIII (l’un de ceux qui le cite le plus), la notion de « bien commun » est citée trente fois dans Mater et Magistra (1961), et quarante-quatre fois dans Pacem in terris (1963). Un peu moins chez Paul VI : cinq fois dans Populorum progressio (1967), huit fois dans Octogesima adveniens (1971). Chez Jean Paul II, on voit à nouveau l’importance du bien commun : neuf fois dans son encyclique sur le travail, Laborem Exercens (1981), douze fois dans l’encyclique sur le développement, Sollicitudo rei socialis (1987), quatorze fois dans la grande encyclique qui fait une synthèse de toute la doctrine sociale, Centesimus annus (1991). Enfin, chez les deux derniers papes : chez Benoît XVI, dix-neuf fois dans Caritas in Veritate (2009) et chez le pape François, vingt-neuf fois dans Laudato si’ (2015) sur l’environnement. Ces données quantitatives suggèrent bien l’importance de la notion.

    L’orientation de la Création vers le bien

    Le bien commun a une dimension et une portée non seulement politique, mais philosophique, et même théologique. On peut faire remonter la notion de « bien commun » au Moyen Âge et à la théologie chrétienne, notamment chez saint Thomas d’Aquin. C’est l’idée que toute la création, et notamment les personnes humaines, sont orientées vers un bien : le bien suprême qui est Dieu, mais ce bien a aussi une dimension matérielle, sociale, politique. Les choses ont été précisées ou affinées dans la doctrine sociale de l’Église, à partir donc de Léon XIII. Si l’on veut chercher une définition simple du bien commun, dans la pensée sociale de l’Église, les deux définitions les plus claires se trouvent chez Jean XXIII et dans le concile Vatican II.

    Chez Jean XXIII, le bien commun est défini comme « l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement » (Mater et Magistra, n. 65). Il ajoute à cette idée que les corps intermédiaires doivent jouer un grand rôle et avoir une grande autonomie ; il y a donc un lien entre le bien commun et les « corps intermédiaires ». Dans la définition de Jean XXIII, on voit que le bien commun a pour but l’épanouissement des personnes. Cela permet de faire une distinction par rapport à d’autres notions, comme l’intérêt général, où c’est le bien collectif, au sens de l’intérêt de chacun, au sein d’un groupe qui est visé, en comptant que celui de chacune des personnes qui le composent est automatiquement assuré.

    La définition du concile Vatican II

    Le Concile Vatican II donne à nouveau une définition dans Gaudium et Spes, au paragraphe 26-1 : le bien commun est présenté comme « l’ensemble des conditions sociales » (on retrouve donc le même terme que chez Jean XXIII) « qui permettent tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée ». On voit ici une précision : l’épanouissement recherché n’est pas seulement celui des personnes, mais aussi celui des groupes, des communautés et des corps intermédiaires.

    Les corps intermédiaires sont, en quelque sorte, deux fois dans le bien commun : en tant qu’objet et en tant que condition. Ils font partie des conditions du bien commun, car il faut une vitalité des corps intermédiaires pour que chacun puisse atteindre sa perfection et, en même temps, ils sont au centre du bien commun, car l’épanouissement recherché est celui non seulement des personnes, mais des groupes.

  • Un petit esclave chrétien de 11 ans massacré au Pakistan

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org (15 juillet) :

    A la Une de L’Osservatore Romano, le petit Badal Masih, chrétien, battu à mort

    « L’enfant était pratiquement réduit en esclavage »

    « Un petit esclave chrétien massacré au Pakistan », titre L’Osservatore Romano en italien du 16 juillet 2019, à la Une (« Piccolo schiavo cristiano massacrato in Pakistan »).

    « Horreur au Pakistan, un enfant chrétien de 11 ans a été battu à mort par son employeur musulman pour une dette d’environ un euro », explique le quotidien du Vatican.

    Il précise: « L’assassinat a eu lieu à Faisalabad, dans l’État du Pendjab, parmi les zones de plus forte densité chrétienne du pays. L’enfant s’appelait Badal Masih et travaillait comme ramasseur de déchets dans la décharge appartenant à Ifran Kalu. « Travaillait » est un euphémisme, parce qu’en réalité l’enfant était pratiquement réduit en esclavage. »

    L’Osservatore Romano cite  Asianews: « Badal était payé quelques centimes par jour: environ 100 roupies, ce qui équivaut à 0,56 euro. L’enfant avait demandé à l’employeur un prêt de 180 roupies – soit un peu plus d’un euro – pour certaines dépenses nécessaires à la famille; l’homme lui a donné l’argent, mais il a ensuite voulu les récupérer immédiatement. »

    « À ce moment-là, Badal est rentré chez lui, a emprunté 150 roupies à sa mère et est retourné à la décharge pour rembourser la dette; puis il a dit à Kalu qu’il ne travaillerait plus pour lui. L ‘ »affront » de l’enfant a exaspéré l’homme, qui l’a frappé à la tête jusqu’à la mort. Le meurtrier est en fuite », raconte L’Osservatore Romano. Sans commentaire.

  • Custodi me

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    Graduel de ce dimanche :

    Ps. 16, 8 et 2

    Custódi me, Dómine, ut pupíllam óculi: sub umbra alárum tuárum prótege me. V/. De vultu tuo iudícium meum pródeat: óculi tui vídeant aequitátem.

    Défends-moi, Seigneur, comme la prunelle de l'oeil, protège-moi à l'ombre de Tes ailes. V/. Que mon jugement procède de Ta face ; que Tes yeux voient l'équité.

     

  • Accueillir dans son coeur la volonté de Dieu (15e dimanche)

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    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement :

    Ta volonté dans mon cœur

    Aujourd’hui il y a beaucoup de propositions de méditation de toutes sortes où l’homme apprend à se mettre au centre de son attention. Il y a là une joie de découvrir les richesses de son propre être, mais assez vite on butte aussi devant sa pauvreté et un vide qui fait peur. C’est normal, nous sommes si limités, et en plus nous sommes blessés et pécheurs (c’est-à-dire que nous faisons le mal en y mettant une part de volonté). La joie de se découvrir soi-même ne peut durer que lorsqu’elle devient action de grâce envers Dieu qui nous a créés à son image. Ces richesses que nous apercevons en nous sont le cadeau d’amour qu’il nous a fait et qu’il renouvelle jour après jour. La vraie vie spirituelle est une mise en œuvre de cette révélation de Dieu à son peuple : « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses commandements… Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. »

    Le début de la phrase nous arrache peut-être une moue. Nous n’aimons pas des commandements qui viennent de l’extérieur, un Dieu qui imposerait des choses à des hommes qui n’ont qu’à obéir. C’est en partie à cause de notre orgueil que nous réagissons comme cela — et cette partie d’orgueil doit être combattue pour accéder à la joie profonde. Mais c’est en partie aussi à cause de notre désir d’être rejoints au plus profond de nous-mêmes et de ne pas être guidés par un Dieu qui ne tiendrait pas compte de ce que nous sommes. C’est le moment d’écouter la suite de ce que Dieu dit : cette Parole est dans ta bouche et dans ton cœur. Ce que Dieu dit et qui semble s’imposer de l’extérieur, c’est ce qui est aussi au plus profond de nous, dans notre cœur, et que nous pouvons partager par notre bouche.

    Alors nous pouvons dire : « parle, Seigneur, ton serviteur, ta servante écoute ! » « Révèle-moi ce que tu as déjà déposé au fond de moi parce que tu m’aimes et que tu ne veux pas m’abandonner à l’arbitraire de mes pulsions ou de ce que les autres produisent en moi. » Quand elle est reçue avec un cœur humble et aimant, la loi de Dieu n’est plus contrainte menaçante, mais libération et consolation. Elle correspond à ce que nous sommes, même si certaines apparences tenaces nous font penser le contraire. Heureux l’homme qui accueille en son cœur les commandements du Seigneur ! C’est ainsi qu’il s’épanouira vraiment, c’est ainsi que le vide creusé en lui par le mal cessera de l’étourdir, c’est ainsi qu’il changera le monde en profondeur.

    Devant les commandements de Dieu — résumés ici par le scribe de l’évangile : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même » — il y a trois attitudes possible. La première ne se trouve pas dans le récit, c’est de rejeter ce que Dieu demande, pour n’en faire qu’à sa tête. La seconde, c’est une observation formelle. Observer la loi sans y mettre son cœur, se contenter de pouvoir cocher des cases dans une liste de règles1. La troisième manière de se situer devant les commandements, c’est d’accueillir dans son cœur la volonté de Dieu. C’est ainsi qu’elle porte du fruit et permet d’inventer de nouveaux chemins pour donner de l’amour, pour se donner soi-même.

    Vous avez reconnu facilement les protagonistes de cette parabole du bon samaritain. Lui seul a laissé son cœur disponible à la volonté de Dieu. Lui seul a su bouleverser ses plans de confort pour faire de la place à ce blessé qui faisait irruption dans sa vie. Seigneur, donne-nous d’accueillir ta volonté au plus profond de nous-mêmes, pour être enrichis de ta vie et de ton amour, pour créer le monde de demain.

    1Peut-être le prêtre et le lévite cherchaient-ils à observer la loi en pouvant s’assurer de rester pur avant un service au temple. Nous avons aussi nos manières d’endormir notre conscience.

    homélie du 15e dimanche C, 14 juillet 2019

  • L’actualité sur les ordinations sacerdotales en France

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    La France terre de mission pour les vocations !

    Rédigé par Antoine Bordier le 

    La France terre de mission pour les vocations !
    ©Antoine Bordier

    Souvenez-vous : le 1er juin 1981, le Pape Jean-Paul II, lors de sa venue au Bourget, nous posait cette question : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? ». Trente-huit ans plus tard, cette question résonne de nouveau lors des ordinations sacerdotales.

    Les chiffres clés 

    Ils viennent d’être communiqués par la Conférence des Évêques de France : cette année, il y a une ordination de plus qu’en 2018, soit 126. En 2000, il y avait 142 ordinations et en 2010, 96. Certes, rien à voir avec les ordinations des années quarante (plus de 1 000 prêtres) et 60 (plus de 600). Depuis les années soixante-dix le nombre de prêtres ordonnés est passé sous la barre des 200. L’année noire serait l’année 2010. Les experts diront qu’il faut regarder d’autres chiffres, comme celui du nombre de séminaristes en formation pour mieux apprécier la situation des vocations. En 2000, justement, ils étaient 976 séminaristes et 732 en 2010. Aujourd’hui, ils sont 850, en croissance. Dans l’hexagone, les évêques ne regardent pas ces chiffres à la loupe, tant la disparité entre les diocèses est grande. Certains diocèses vivent réellement un renouveau, comme celui de Versailles (qui vient d’ordonner neuf prêtres), alors que près d’une cinquantaine de diocèses n’auront pas d’ordination ou seulement une, cette année. La crise des vocations perdure.

    Des séminaires en mal de séminaristes 

    C’est le vrai sujet : comment pallier le manque de vocations de ces diocèses qui ont de moins en moins de séminaristes en formation ? Forte population oblige, l’Ile-de-France concentre à elle seule ¼ des séminaristes de l’hexagone. Le diocèse de Bordeaux, de son côté, faute d’un nombre de séminaristes suffisant, a dû fermer son séminaire, comme celui de Lille. Dans le sud, à Montauban, Mgr Ginoux a ordonné en début d’année un prêtre pour le Burundi. Un seul séminariste est en formation pour son diocèse : « nous faisons ce que nous pouvons », dit-il, exprimant ainsi son désarroi. Dans le diocèse d’Angers, Mgr Delmas est mieux loti : « depuis 3 ans, il y a, en moyenne, deux ordinations par an. Quant à nos séminaristes, ils ne sont plus que deux à la suite des ordinations de cette année, où j’ai ordonné un prêtre et deux diacres. »

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  • Erythrée : tous les hopitaux catholiques ont été fermés par le régime

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    Du site de France Catholique :

    Persécutions

    Érythrée : le pouvoir ferme le dernier hôpital catholique

    lundi 8 juillet 2019

    Dans le collimateur du gouvernement érythréen, tous les établissements de soins catholiques ont été contraints à l’expropriation. Dernier de la liste, l’hôpital de Zager, placé sous scellés le 5 juillet.

    Irruption des forces de l’ordre, éloignement forcé des religieuses, mise sous scellés. La scène qui s’est déroulée vendredi à Zager, à environ 30 kilomètres de la capitale Asmara, aurait pu se dérouler il y a plus d’un siècle, en France, lors de la querelle des inventaires de 1905. L’hôpital du village, qui assurait des soins généraux ainsi que des services d’obstétriques, se voit donc privé d’un personnel compétent, au prétexte de son appartenance confessionnelle. La matériel, confisqué, est resté sur place. Un processus semblable s’est déroulé la veille dans le sud du pays, rapporte l’agence Fides. En quelques semaines, pas moins de 22 hôpitaux, cliniques et dispensaires ont été contraints de remettre leurs clés aux autorités.

    Ces mesures répressives seraient la conséquence des prises de position de l’épiscopat local qui, à plusieurs reprises, a critiqué le régime dictatorial du président Issayas Afewerki, au pouvoir depuis l’indépendance survenue en 1993. Les évêques ont en effet réclamé la mise en place de réformes en profondeur dans ce pays dépourvu de Constitution et privé d’élections démocratiques. Le 28 avril, dans une lettre pastorale intitulée « Paix à vous qui étiez loin et paix à ceux qui étaient proches », ils avaient ainsi préconisé la mise en place d’un « processus de réconciliation nationale, qui garantisse la justice sociale » ainsi que des réformes économiques et sociales pour lutter contre la pauvreté endémique de l’Érythrée. Ce pays de 117.000 km² occupe actuellement la 185e place sur 192 au classement mondial des pays par PIB/habitant établi par le FMI.

    Considéré comme l’un des pays les plus fermés au monde, marqué par des années de guerre avec l’Éthiopie, l’Érythrée relève de l’autorité d’un parti unique, le Front Populaire pour la Justice et la Démocratie. « Le régime (…) a supprimé la plupart des libertés et la situation des droits de l’homme y est très préoccupante : interdiction des partis politiques ; absence d’indépendance de la justice et des prisonniers politiques toujours plus nombreux ; liberté de la presse et liberté syndicale inexistantes ; liberté de religion fortement encadrée ; arrestations et détentions arbitraires » souligne une synthèse du Quai d’Orsay. Le pays est aujourd’hui l’un des principaux foyers d’émigration en Afrique de l’Est.

    Voir aussi : https://afrique.lalibre.be/38875/le-cardinal-de-kesel-denonce-la-fermeture-dhopitaux-catholiques-en-erythree/

  • Réhabiliter la piété populaire

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    De Guillaume Bonnet sur le site de France Catholique :

    Piété populaire

    «  Le peuple a l’intelligence de la foi  »

    propos du P. Maximilien de La Martinière recueillis par Guillaume Bonnet

    mercredi 10 juillet 2019

    Le Père Maximilien de La Martinière

    Prêtre dans les Yvelines, le Père Maximilien de La Martinière a été envoyé en mission au Brésil pendant quatre ans. La piété populaire – Une chance pour l’évangélisation(éd. Médiaspaul) est le fruit de son expérience. Transformante !

    Vous n’avez pas toujours été sensible à la dévotion populaire…

    P. Maximilien de La Martinière : Comme tout jeune prêtre, je suis un pur produit de la formation que j’ai reçue. J’ai grandi dans le scoutisme, suivi ma scolarité à Saint-Jean de Béthune à Versailles… Formation classique, s’il en est ! Au séminaire, notre formation s’est focalisée – à juste titre – sur les sacrements. J’en suis sorti avec la conviction, en forçant un peu le trait, que le contact avec Dieu passe exclusivement par le sacrement. À l’époque, ce qui était extérieur aux sacrements ne me semblait pas digne d’intérêt. J’avais tendance à juger l’impact de la pastorale sur le nombre de gens présents à la messe. J’ai commencé à évoluer lorsque j’étais à Sartrouville… en observant les fidèles qui venaient nombreux aux chemins de croix pendant le temps du carême.

    Comment avez-vous «  basculé  » ?

    Le déclic a eu lieu au Brésil. J’associais jusqu’alors la piété populaire à de la superstition. Mettre une bougie à la Sainte Vierge était à mes yeux du même ordre que consulter son horoscope. Au Brésil, j’ai pris conscience que ces gestes peuvent aussi manifester une foi ardente. J’en veux pour preuve un épisode révélateur. À l’issue d’une neuvaine vécue avec les fidèles d’un quartier de Recife, une femme me demanda si je pouvais bénir sa nièce qui n’arrivait pas à avoir d’enfant. Bien sûr, j’accepte et lui demande où se trouve sa nièce. «  Sao Paulo  » me répondit-elle… autrement dit à 2 500 km. Décontenancé, je lui demande comment faire. Et mon interlocutrice, sans se laisser démonter, sort son téléphone portable en me demandant de bénir sa nièce via la messagerie numérique Whatsapp ! Ce que je n’ai pas hésité un instant à faire… tant la foi de cette femme m’a semblé évidente. Un petit Mateus est né depuis ! Comment ne pas penser au passage de la femme hémorroïsse raconté par les évangiles ? Cette femme touche le vêtement de Jésus pour être guérie, geste de piété populaire, s’il en est… et Jésus de la guérir sans même le savoir. «  Ta foi t’a guérie.  » Le Christ voit dans ce geste, un geste de foi et non de superstition.

    La piété populaire est-elle la piété des «  petits  » ?

    Il ne faut pas entendre le mot «  populaire  » dans le sens que nous lui donnons lorsque nous parlons de «  classe populaire  ». La piété populaire, c’est la piété du peuple chrétien, la piété de tous. Malheureusement, elle n’a pas toujours été comprise ainsi. Les «  sacramentaux  » (bénédictions, processions…) ont souvent été considérés comme des sous-produits des sacrements. Je crois qu’il faut sortir du débat opposant liturgie et piété populaire : là n’est pas l’essentiel. Aujourd’hui, avec la globalisation, les rites passent facilement d’une communauté à l’autre. Les neuvaines, revenues en France grâce aux Africains et aux Antillais, en sont une illustration frappante… même si elles ont pris, de nos jours, chez nous, une dimension plus individualiste : on récite une prière à saint Joseph pour obtenir un logement, ou à sainte Faustine pour tomber enceinte d’une fille…

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

  • UNESCO : le Saint-Siège défend la dimension cultuelle de Notre-Dame de Paris

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    De Vatican News :

    À l’Unesco, le Saint-Siège défend la dimension cultuelle de Notre-Dame de Paris

    Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco, s’est exprimé sur la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie le 15 avril dernier. Le diplomate italien participait à une session du Comité du patrimoine culturel et naturel mondial tenue à Bakou en Azerbaïdjan, le 4 juillet.

    «Que la cathédrale Notre-Dame puisse redevenir, grâce aux travaux de reconstruction et à la mobilisation de tous, ce bel écrin au cœur de la cité, signe de la foi de ceux qui l’ont édifié, église-mère de votre diocèse, patrimoine architectural et spirituel de Paris, de la France et de l’humanité». Les mots du Pape François au lendemain de l’incendie ont été rappelés par Mgr Francesco  Follo.

    Le représentant du Saint-Siège près de l’Unesco qui a affirmé sans détour, avec une évidence bien naturelle, que l’état actuel de la cathédrale, ses travaux de restauration et de reconstruction prévus mettaient en évidence le caractère central de sa dimension cultuelle.

    La manifestation d'une transcendance

    Ainsi il appuie les propos de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, quelques jours après l'incendie: «L’autre chose qui unit la cathédrale et la personne humaine, c’est l’onction qu’elles peuvent recevoir pour manifester une transcendance, une présence divine qui leur confère un caractère sacré”.[1]

    La restauration et la reconstruction de la cathédrale - mais aussi de tous les Biens d'Intérêt Religieux protégés par l'UNESCO - implique «de reconstituer l'origine d'une œuvre», retrouvant «le fait générateur qui en a créé la signifiance», a ajouté Mgr Follo, citant  le théologien italien, Romano Guardini (1885-1968), un des protagonistes du Mouvement liturgique (courant réformateur de l’Église apparu courant XIXème siècle).

    Le culte et les structures

    «Il est crucial de sauvegarder cette signifiance», a-t-il insisté, soulignant l’interdépendance et la connexion de la vie religieuse avec le culte et les structures qui la garde.

    «Les éléments qui seront reconstruits doivent répondre à la finalité pour laquelle le bâtiment fut érigé. En effet, la forme conserve et transmet sa Beauté seulement si elle adhère à sa finalité, de manière à conserver la lisibilité de son identité», a-t-il argumenté inspiré par la philosophie de Jacques Maritain, selon laquelle «le Beau est une fulguration d’intelligence sur une matière intelligemment disposée, une entité matérielle disposée de telle sorte que la «beauté immatérielle» soit intelligible par sa forme».

    Pour la communauté des chrétiens qui veulent revenir vivre à la cathédrale, il est nécessaire de redonner non seulement un bien culturel, mais aussi un lieu où il soit possible de faire une expérience de sa signifiance et de la même foi que celle de ceux qui l’ont édifié, a abondé en ce sens l’observateur permanent du Saint-Siège.

    La dimension religieuse, condition de la valorisation

    Dans ce contexte, le souhait du Saint-Siège est que la cathédrale Notre-Dame de Paris soit rendue aux croyants, aux non-croyants et aux générations futures, conformément au principe selon lequel «la sauvegarde du patrimoine culturel, y compris sa fondamentale dimension religieuse, est une condition incontournable de sa valorisation.»

    Trois mois après l’incendie, les travaux se poursuivent au sein de la cathédrale. À ce jour, «la fondation Notre-Dame» et «le fonds Notre-Dame» ont recueilli des dons évalués à 38 millions d'euros, soit 10% de la totalité des sommes données, a indiqué Mgr Aupetit le 8 juillet sur l’antenne de la radio RTL.

  • Quelle est la situation des chrétiens dans l'Egypte de 2019 ?

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    De Breizh-Info :

    La situation des chrétiens d’Egypte en 2019 [Vidéo]

    Entretien du 4 juillet 2019 avec le Père Henri Boulad de la société des Jésuites, ayant officié toute sa vie dans son pays l’Egypte en tant que directeur de séminaire et d’école, président de Caritas Egypte et Provincial des Jésuites au Proche-Orient. Auteur de nombreux essais et préfacier de L’Eglise face à l’islam entre naiveté et lucidité (éditions de Paris, 2018).

    Le Père Boulad s’exprime sur la gouvernance du maréchal Sissi en butte à l’inflexibilité doctrinale des oulémas et professeurs de l’université islamique d’al-Azhar. Sont abordés les discriminations contre les chrétiens et leur situation de minoritaires sur le temps long.

    Crédit photo : DR

  • Le plus impopulaire des messages du christianisme

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    De Tom Hoopes sur aleteia.org :

    Fatima : comment le 13 juillet 1917 a changé l’Église

    notre dame de fatima

    Le message, délivré par Notre Dame de Fatima le 13 juillet 1917 a suscité de nombreuses conversions mais a aussi conduit certains à rejeter la foi.

    C’est un 13 juillet que la plus complexe des sept apparitions de Marie à Fatima est survenue. Nous sommes en 1917. Le message qu’elle a délivré ce jour-là a inspiré à certains un parcours de conversion mais a provoqué chez d’autres une forte répulsion face à la foi. Certains ont pu y perdre la raison, d’autres s’y sont ralliés contre leur même raison. Ce jour-là, en effet, la Sainte Vierge fit un récit effrayant aux trois pastoureaux de Fatima, en les ouvrant à cette occasion à une vision de l’enfer, et en les mettant sévèrement en garde contre le risque d’une nouvelle guerre mondiale et d’une nouvelle ère des martyrs. Mais surtout, le message du 13 juillet 1917, la Vierge Marie a changé le regard de l’Église sur le monde contemporain.

    L’enfer replacé au centre de la conscience catholique

    La petite Lucie Dos Santos n’était âgée que de 10 ans lorsque Notre Dame de Fatima lui est apparue pour la première fois, revenant chaque mois à partir du 13 mai 1917. La petite bergère était accompagnée de ses cousins François et Jacinthe, respectivement âgés de 8 et 7 ans, que le pape François a canonisés en mai 2017. Mais en juillet, au lieu de ne les inciter qu’à la récitation du Rosaire et à leur montrer le Ciel  — comme elle l’avait fait lors des deux premières apparitions  — elle leur a révélé un terrible signe.

    « Nous avons vu comme une grande mer de feu, au sein de laquelle étaient plongés des démons et des êtres humains. (…) Les cris et les gémissements de douleur nous ont horrifiés et nous faisaient trembler de peur », raconta Lucie plus tard. Pour crédibiliser ce message de la Vierge, le terrain avait été préparé pendant un an, en particulier par les apparitions de l’ange et par la réaffirmation de la promesse du Salut. Néanmoins, la vision du 13 juillet a tellement secoué Jacinthe que sa personnalité en a été complètement changée.

    Le plus impopulaire des messages du christianisme

    Les messages de Jésus (Mc 1, 10), de Jean-Baptiste et de Pierre (Ac 2,38) sont identiques : »Repentez-vous ». Jésus a ainsi défini la mission de l’Église comme le prêche de la »pénitence pour le pardon des péchés » (Lc 24, 47). Du pape Pie XII au pape François, les pontifes qui se sont succédés ont répété que « le péché du siècle, c’est la perte du sens du péché ».

    Le refus de la pénitence, du repentir – la conviction que le péché n’existe pas vraiment – est au coeur des principaux désastres moraux de l’époque, de l’épidémie de pornographie à la hausse spectaculaire des violences urbaines. Ceux qui ne voient jamais le mal commettent des actes effrayants. La vision de l’enfer communiquée par Marie à Fatima offre un contrepoids indispensable à la pensée présomptueuse selon laquelle « on ira tous au Paradis » quoi qu’on aie fait. Il est vrai que Dieu veut pardonner à tous, mais une seule le chose peut le freiner : notre refus du repentir et donc de Sa miséricorde.

    La fin du romantisme guerrier

    « La guerre prendra fin » déclare la Vierge aux enfants lors d’apparition de juillet. « Mais si les hommes ne cessent pas d’offenser Dieu, une plus terrible encore surviendra ». Quelles qu’en soient les dimensions singulières, le caractère général de ce message n’échappent pas aux enfants : la guerre n’est pas pour Dieu l’occasion de récompenser des vainqueurs, mais de sanctionner le péché.

    Le paradigme de la « victoire » a longtemps existé dans l’histoire de la chrétienté. De Charlemagne à Jeanne d’Arc, de Notre Dame des Victoires aux Conquistadors. Chaque culture chrétienne vénère ses déclinaisons locales de Robin des Bois et du Roi Arthur, héros des vertus non-conventionnelle de la violence intelligente.

    Le martyre est glorieux dans l’Éternité, douloureux ici-bas

    Ce 13 juillet 1917, la Vierge a également a replacé à son juste niveau l’appréciation que font les chrétiens du martyre. A l’ère des « home cinema », nombreux sont ceux qui ont vu ou verront Silence, le dernier film de Martin Scorsese, qui suit la désillusion progressive d’un jésuite, parti chercher la gloire dans la martyre, et qui découvre à la place une horreur paralysant l’âme. Or cela fait un siècle que Marie avait enseigné cette leçon.

    Les enfants ont en effet eu la vision du Pape gravissant une montagne « à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, (priant) pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin » comme en témoignera Lucie plus tard.  »Parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats » précisera t-elle. La Vierge sait que le martyre est glorieux dans l’Éternité, mais qu’il est douloureux et tragique ici-bas.

    La signification de ce message dépasse de loin les seuls bergers qui en furent les récipiendaires. Ils nous apprennent, en effet, qu’il est d’une urgence absolue de consoler Jésus, de convertir les pécheurs et de se confier à Marie. Le 13 juillet est un épisode de leur histoire  — une histoire bien plus riche en consolation qu’en condamnation  — dont la signification touche chaque génération. L’actuelle en particulier.

  • Nos évêques : des pleutres ?

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    Tant que Gabriel Ringlet, dont les prises de position vont à l'encontre de l'orthodoxie et de l'éthique catholiques, n'aura pas été franchement désavoué par nos évêques et interdit de prise de parole dans les lieux (églises, cercles paroissiaux, ...) relevant de leur autorité, je ne pourrai m'empêcher de considérer ces évêques comme des pleutres (Y.W.) :

    Le théologien Gabriel Ringlet réagit à l’affaire Vincent Lambert : “je suis touché, et en colère”

    INTERVIEW sur le site de la Dernière Heure > MA. BE. Publié le 

    Gabriel Ringlet, l'ancien vice-recteur de l’Université catholique de Louvain" L’acharnement thérapeutique est insupportable !"

    1 Quel est votre ressenti suite au décès de Vincent Lambert ?

    " Je suis très touché et en colère quand je vois la façon dont il a été traité. Tout cet acharnement thérapeutique m’a paru insupportable et indigne d’un être humain. J’espère que la France pourra tirer les conclusions qui s’imposent pour l’avenir. "

    2 Êtes-vous favorable à l’euthanasie quelles que soient les circonstances ?

    " Dans certaines circonstances, la morphine ne suffit plus à soulager la personne. Deux options peuvent alors se dégager : la sédation palliative définitive et l’euthanasie. L’une est plus longue que l’autre. Mais pour moi, les deux questions sont à égalité sur le plan éthique. Il faut aider les personnes à s’en aller le plus doucement possible. L’acharnement thérapeutique est insupportable."

    3 Vous ne partagez donc pas l’avis de certains croyants qui estiment que la vie doit être préservée à tout prix ?

    " La vie possède de nombreuses dimensions : une dimension biologique mais aussi affective et relationnelle. La vie, c’est quelque chose de complet. Je ne comprends pas qu’on puisse avoir une vision aussi étroite de la vie que les parents de Vincent Lambert."

    NdB : Rappelons que Monsieur Lambert n'était pas en fin de vie : il ne souffrait d'aucune maladie nécessitant un traitement. Les conséquences de son accident, survenu en 2008, résidaient dans une incapacité à s'alimenter et à communiquer (Voir fiche : L'état végétatif). En France, on estime aujourd'hui à environ 1500 le nombre de personnes plongées dans un état similaire.

    Le commentaire de diakonos.be :

    GABRIEL RINGLET : JE SUIS EN COLÈRE !

    L'abbé Gabriel Ringlet, ancien vice-recteur de l’Université catholique de Louvain, très proche de la franc-maçonnerie belge, l'affirme avec force dans les colonnes de La Dernière Heure : on aurait du mettre à mort Vincent Lambert beaucoup plus tôt. Il ne comprend pas comment ses parents peuvent avoir "une vision aussi étriquée de la vie".

    Nos collègues de Belgicatho ne mâchent pas leur mots et ne comprennent pas pourquoi nos évêques ne désavouent pas ce personnage qui se dit encore prêtre tout en affirmant le contraire de ce que dit l'Eglise.

    Ses prises de position sont aussi en contradiction totale avec le Pape François lui-même qui a récemment dénoncé la "culture du déchet" et affirmé que l'euthanasie était un “acte homicide, qu’aucune fin ne peut justifier”: "Je voudrais réaffirmer et confirmer avec force que l’unique maître de la vie, du début jusqu’à sa fin naturelle, est Dieu ! Et notre devoir, notre devoir est de tout faire pour protéger la vie." a-t-il déclaré.

    Nos évêques craindraient-ils à ce point les foudres médiatiques de ses amis de la laïcité, toujours prêts à hurler au retour de l'obscurantisme et de la censure religieuse? Craignent-ils le retour de bâton de ses frères parlementaires qui n'attendent qu'un prétexte pour rouvrir le débat sur le financement des cultes et voter l'euthanasie d'un clergé belge déjà moribond ? Mystère.

  • "L'affaire Lambert" suscite de nombreuses déclarations et commentaires

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