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Eglise - Page 811

  • Optimam partem elegit sibi Maria, quae non auferetur ab ea in aeternum

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    Optimam partem elegit sibi Maria,
    quae non auferetur ab ea in aeternum.
     
    Marie s'est choisi la meilleure part,
    qui ne lui sera pas enlevée, pour l'éternité.
  • Asie : la liberté religieuse toujours plus menacée

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    La liberté religieuse toujours menacée en Asie selon un nouveau rapport

    Publié le 19/07/2019

    Un rapport du Pew Research Center – un centre de recherche américain qui fournit des statistiques et des informations sociales sous forme de démographie, sondages d’opinion et analyses de contenus – vient de confirmer l’Asie comme le continent où l’on trouve le plus de restrictions et d’obstacles à la liberté religieuse. Le rapport révèle que « durant la décennie 2007-2017, les restrictions gouvernementales contre la religion – par des lois ou des actions destinées à limiter les pratiques et les croyances religieuses – ont considérablement augmenté dans le monde ». Les derniers chiffres montrent que 52 gouvernements – dont plusieurs géants comme la Chine ou l’Indonésie – imposent des restrictions religieuses « élevées » voire « très élevées », par rapport à 2007.

    Selon le dernier rapport du Pew Research Center, un centre américain d’analyses sociales, le nombre de pays dans le monde où la population a subi des formes aggravées d’hostilités sociales contre les religions est passé de 39 pays à 56 pays en dix ans (sur 198 pays étudiés). Dans certains pays, les favoritismes contre certains groupes religieux en particulier se sont particulièrement développés, notamment en Thaïlande, où une nouvelle Constitution est passée en 2017. Une clause de la nouvelle Constitution thaïlandaise élève le statut du bouddhisme theravada à travers l’éducation, la propagation de ses principes et la mise en place de mesures et de dispositifs contre la profanation du bouddhisme sous toutes ses formes. Depuis 2007, les gouvernements asiatiques se sont également davantage référés aux autorités religieuses et aux textes ou aux doctrines religieuses.

    Activités religieuses limitées

    Depuis 2015, l’islam est la religion la plus fréquemment citée au rang de religion d’État ; sur 43 pays ayant une religion officielle, 27 ont adopté l’islam (63 %). En Indonésie, les gouvernements locaux ont continué leurs tentatives de conversions forcées des musulmans ahmadis, en leur demandant par exemple de signer leur renonciation à leurs convictions avant un mariage ou avant de partir en pèlerinage à La Mecque. En Chine, seuls certains groupes religieux sont autorisés à s’enregistrer auprès du gouvernement et à pratiquer des célébrations religieuses. Pour cela, ils doivent appartenir à l’une des cinq « associations religieuses patriotiques » reconnues par l’État (associations officielles bouddhistes, taoïstes, musulmanes, catholiques et protestantes). « Toutefois, des rapports affirment que le gouvernement chinois a arrêté, torturé et abusé physiquement aussi bien des membres de groupes enregistrés et non enregistrés », souligne l’étude. Parmi les pays comptant le plus de limitations contre la religion, de nombreuses mesures ont été appliquées afin de limiter les activités religieuses. Aux Maldives, par exemple, il est interdit de promouvoir toute autre religion que l’islam – un crime qui peut conduire jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Au Laos, les groupes religieux doivent obtenir l’autorisation du gouvernement pour pouvoir se rassembler, organiser des rites religieux, construire des lieux de culte et fonder de nouvelles communautés.

    « C’est le devoir de l’État de protéger tous les citoyens »

    Enfin, l’étude conclut que « globalement, les restrictions gouvernementales contre la religion et les hostilités sociales contre la religion sont restées constantes en 2017 par rapport aux années précédentes. En 2017, il y a également eu peu de changements après deux années de reculs majeurs contre la liberté religieuse, causés par des gouvernements, des groupes privés ou des individus ». « En 2017, près d’un quart des 198 pays étudiés (26 %) a connu des restrictions gouvernementales ‘élevées’ ou ‘très élevées’, contre 28 % en 2016. Ce sont les niveaux les plus élevés depuis 2013, mais cela reste en dessous du pic de 2012 – 33 %. » En 2017, 83 pays (42 %) ont expérimenté des niveaux élevés ou très élevés de restrictions religieuses, dues au gouvernement ou à des actions privées. Ce chiffre s’est maintenu depuis 2016 après deux années d’augmentations, et reste légèrement inférieur à 2012 (43 %). Enfin, comme au cours des années précédentes, la majorité des pays étudiés en 2017 restent à des niveaux de restrictions religieuses considérés comme ‘bas’ ou ‘moyens’. Le 16 juillet, lors de la présentation d’un rapport sur la persécution des chrétiens dans le monde, Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, a dénoncé « la tendance grandissante, même dans les démocraties stables, à la criminalisation ou à la sanction des autorités religieuses sous prétexte qu’elles proclament leur foi ouvertement, en particulier dans les domaines du mariage et de la famille ». Au contraire, affirme-t-il, « c’est le devoir de l’État de protéger tous les citoyens, qu’ils revendiquent une conviction religieuse ou non ».

    (Avec Asianews)

  • Secret de la confession : quand on impose aux ministres du culte de choisir entre la prison et l’excommunication

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site Diakonos.be :

    Attaque mondiale contre le secret de la confession.  La prison ou l’excommunication

    La dernière attaque en date vient d’être déjouée il y a quelques jours à peine en Californie.  Le 13 juillet, le comité d’État pour la sécurité publique a dû faire retirer la proposition de loi SB 360 présentée par le sénateur Jerry Hill – et déjà approuvée par le sénat – visant à abolir le secret de la confession.

    En donnant cette information, « Vatican News » précise qu’il aura fallu « 140.000 lettres, 17.000 mails et des centaines de coups de téléphone » pour obtenir le retrait de cette « menace pour la conscience de chaque américain », comme l’avait définit Mgr Peter Gomez, l’archevêque de Los Angeles, qui a conduit la mobilisation.

    En 2000 déjà, dans le débat sur les « Rules of Procedure and Evidence », la Cour pénale internationale avait rejeté la demande du Canada et de la France pour que cesse d’être reconnu le droit des ministres religieux de s’abstenir de témoigner sur des questions dont ils ont eu connaissance à travers le secret de la confession.

    En 2016 à nouveau, la Cour suprême de l’État de Louisiane avait répété qu’« un prêtre, un rabbin ou un ministre dûment ordonné » ne pouvait être qualifié de « mandatory reporter », c’est-à-dire obligé de dénoncer « ce qu’il a appris au cours d’une confession ou d’une autre communication sacrée ».

    Mais entretemps, surfant sur la vague des scandales des abus sexuels, les attaques contre le secret de la confession sacramentelle sont en train de se multiplier.  Par exemple en 2011 en Irlande, avec à la barre le premier ministre de l’époque, Enda Kenny.  Ou encore en 2014 à Genève, sous l’impulsion du comité de l’ONU pour la Convention sur les droits de l’enfant.  Et à chaque fois c’est l’Église catholique qui se trouvait sur le banc des accusés.

    Jusqu’à ce jour du 7 juin 2018 où le secret de la confession a été battu en brèche en Australie, dans le territoire de la capitale, Canberra, par l’approbation, avec le soutien de tous les paris, d’une loi imposant aux prêtres catholiques – ainsi qu’aux ministres des autres cultes – de violer le sceau sacramentel s’ils viennent à connaissance de faits d’abus sexuels sur mineurs.  Cette loi est entrée en vigueur le 31 mars 2019.

    *

    Jusqu’ici, il ne s’agissait que de faits relativement connus.  Mais ce que très peu savent, c’est que le secret de la confession est sérieusement menacé là où on s’y attendrait le moins.

    L’Italie est l’un de ces cas passés sous silence, y compris de la part des autorités de l’Eglise.  Dans ce pays, le jugement n. 6912 du 14 janvier 2017 rendu par la Cour suprême de cassation a disposé que le prêtre appelé à témoigné dans un procès pénal pour abus sexuel encourt le délit de faux témoignage s’il refuse de divulguer ce qu’il a appris pendant la confession en-dehors des péchés commis par le pénitent, par exemple s’il lui a révélé avoir subi un abus, et pas de l’avoir commis.

    C’est précisément ce jugement italien qui a fait réagir Andrea Bettetini, professeur de droit canon à l’Université catholique de Milan et professeur invité dans de nombreuses universités d’Europe et d’Amérique, dans un article publié dans le dernier numéro de « Vita e Pensiero », la revue de son université, consacré aux attaques contre le secret de la confession.

    Le professeur Bettetini rapproche le jugement italien de la nouvelle loi qui vient d’entrer en vigueur en Australie pour montrer qu’elles sont bien plus proches qu’il n’y paraît puisqu’elles sont toutes les deux en faveur de l’obligation de dénonciation aux dépens de ce « droit juridique et moral fondamental » qu’est « la protection de la conscience de la personne qui ouvre son âme à un ministre du culte ».

    Dans la partie centrale de son article, le professeur Bettetini argumente la protection du sceau sacramentel de l’Église catholique, dans le droit catholique et dans le magistère, en montrant comment une telle protection s’étend à tout ce que le prêtre apprend en confession et pas seulement aux péchés du pénitent.

    Il ne cite pas la « Note de la Pénitencerie apostolique sur l’importance du for interne et sur l’inviolabilité du sceau sacramentel » promulguée le 29 juin dernier avec l’accord du pape François, étant donné que cette dernière est sortie alors que l’article était déjà sous presse.  Mais cette note est tombée bien à propos, vu les « préjugés négatifs » de nombre d’autorités civiles contre le fondement même et l’extension d’un tel secret.

    En outre, le professeur Bettetini montre comment, même dans le droit italien, le secret de la confession aurait été bien protégé sans ce jugement de 2019 de la Cours de cassation.

    Et voici les conclusions dramatiques qu’il tire dans la conclusion de son article.  Quand on impose aux ministres du culte de choisir entre la prison et l’excommunication.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    *

    Abus sexuels et secret de la confession

    d’Andrea Bettetini

    […]

    S’il fallait tirer les conclusions de tout ce dont nous avons débattu jusqu’ici, nous pouvons affirmer que les deux exemples [l’Italie et l’Australie] cités au début de notre article sont les paradigmes d’un néojuridictionnalisme aux conséquences incertaines qui est en train de s’insinuer dans de nombreuses structures politiques à cause d’une législation et d’une interprétation législative qui, à bas bruit mais avec des effets importants, est en train de modifier dans les faits la répartition des équilibres (et des compétences relatives) entre ordre temporel et ordre spirituel.  Et par ce dernier, j’entends non seulement la latitude d’autonomie de l’Église catholique mais également celle d’action des confessions religieuses différentes de la foi catholique et, plus généralement, celle de la religion.

    Dans le « Canberra Times », Christopher Prowser, l’archevêque de Canberra et de Goulburn, a vigoureusement critique la nouvelle loi australienne en mettant en évidence la raison ultime de son incohérence : « Sans ce sceau, qui sera encore disposé à se libérer de ses propres péchés, à chercher le sage conseil d’un prêtre et à recevoir le pardon miséricordieux de Dieu ? ».  Le droit de l’Église et dans l’Église sert justement à en préserver la nature en tant qu’instrument de salut pour chaque homme, dont la vie et l’expérience se déplace dans une dimension de droit et de justice, en s’engageant à donner visibilité et contenu à des normes qui répondent, dans les limites de la médiation linguistique humaine, à la vérité et à la justice.

    Or, il se fait que dans l’équilibrage entre deux valeurs capitales telles que la liberté de conscience et de religion d’un côté et l’exercice de l’action pénale pour punir un délit inhumain de l’autre, la tradition juridique occidentale a toujours privilégié la première, aussi bien parce qu’elle constitue le noyau le plus intime de la liberté et de la responsabilité de l’homme que parce qu’après le don de la vie, il s’agit de la réalité qui appartient de la façon la plus originelle et inaliénable à la personne humaine, et qu’il faut lui rendre justice.

    Et il ne s‘agit là de rien d’autre que du reflet de ce qui représente l’apport le plus précieux du monde occidental à l’ordonnancement juridique de la civilisation mondiale : le concept de personne et de sa dignité, de la protection de ses droits inaliénables, au premier titre desquels se trouve justement celui de liberté religieuse.  Agir autrement reviendrait à une régression de notre civilisation juridique, et donc humaine, et c’est d’ailleurs ce que craignait encore une fois l’archevêque de Canberra quand il affirmait, à la veille de de l’entrée en vigueur de la loi qui impose au confesseur de violer si nécessaire le secret sacramentel : « À présent, nous autres prêtres de l’ACT [Asutralian Capital Territory] nous nous trouvons devant un choix impossible.  Soit nous respectons le sceau de la confession et nous risquons une procédure pénale soit nous respectons la loi et nous encourons l’excommunication d’office ».

  • Quand des évêques chinois sont accueillis à Liège...

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    Les voici posant devant la Vierge du sanctuaire de Banneux.

    à Banneux (photo du site de La Meuse)

    Ce vendredi 19 juillet, des évêques chinois étaient en visite à Liège comme nous l'apprend ce communiqué :

    Cinq évêques chinois en visite officielle à Liège ce vendredi 19 juillet

    À l’invitation de la Fraternité d'Eglise Liège-Chine et de la Fondation Verbiest de la KULeuven, une délégation de cinq évêques catholiques chinois visite le diocèse de Liège ce vendredi 19 juillet.

    La délégation est présidée par Mgr John Fang Xingyao, évêque du diocèse de Lin yi (Shan dong), président de l’association des catholiques chinois, et par Mgr Joseph Shen Bin, évêque du diocèse de Hai men(Jiang su) et vice-président de la Conférence épiscopale de Chine, qui compte 98 évêques. La délégation est accompagnée par le P. Jeroom Heyndrickx, de la congrégation de Scheut, grand spécialiste de la Chine depuis plus de trente ans et artisan du dialogue entre l’Église de Chine et Rome.

    Cela nous interroge. Une opération de propagande ? En effet, ces évêques n'ont pu quitter leur pays et recevoir les autorisations pour effectuer leurs visites en Occident qu'en accord avec les autorités politiques de la Chine communiste. D'ailleurs, Mgr John Fang Xingyao est président de l'association patriotique des catholiques chinois. Le rôle de cette association qui prône une collaboration avec le régime est, pour le moins, discutable comme on pourra s'en rendre compte en lisant l'article suivant daté du mois de septembre dernier :

    L’Eglise de l’Association patriotique catholique de Chine refait allégeance au Parti communiste après l’accord avec Rome

    Eglise Association patriotique catholique Chine allégeance Parti communiste accord Rome
     
    Au-delà de l’optimisme et du pessimisme qui ont, des deux côtés de l’échiquier, accueilli l’annonce un accord provisoire entre le Vatican et Pékin en vue de la régularisation immédiate de tous les évêques excommuniés et du droit de regard du pouvoir en Chine sur la nomination des évêques catholiques, il est certainement bon de s’attacher avant tout aux faits. Parmi les plus récents concernant le sort de l’Eglise en Chine, celui-ci est sans aucun doute le plus significatif : l’Association patriotique catholique, connue également comme l’Eglise nationaliste, vient de réaffirmer sa loyauté à l’égard du parti communiste au pouvoir, quasiment dans le même mouvement que celui de l’accord Rome-Pekin. Une protestation d’allégeance lourde de menaces pour l’avenir

    Cela ne faisait que quelques heures que l’accord avait été rendu public à la suite de longues négociations entre le Saint-Siège et le régime communiste chinois – longues parce que l’on peut supposer que les accords provisoires sont le résultat de bien des années de contacts et de discussions. C’est donc dans la foulée de l’accord est en quelque sorte pour le ponctuer que l’Association patriotique catholique chinoise a publié un communiqué portant la signature de son porte-parole :

    « Il me plaît d’apprendre que la Chine et le Vatican ont signé un accord provisoire sur la nomination des évêques. L’Association patriotique catholique de Chine et la conférence des évêques catholiques de Chine lui apportent leur soutien sincère. »

    L’Association patriotique catholique de Chine se félicite de l’accord avec Rome

    Rappelons que la conférence des évêques catholiques de Chine désignée ici est celle qui est officiellement reconnue par le pouvoir. Mais le plus important est ce qui suit :

    « L’Eglise catholique chinoise aime profondément sa mère patrie. Nous adhérons à la magnifique tradition de patriotisme et d’amour pour la religion, nous adhérons au principe de l’Eglise indépendante et auto-gouvernante, nous maintiendrons le cap de la sinisation, nous adhérons à la voix de l’adaptation à la société socialiste et, sous la conduite du Parti communiste de Chine, nous travaillerons avec des gens de toutes nationalités dans le pays pour rendre compte de la grandeur de la nation chinoise. »

    On ne saurait être plus clair : cette association patriotique épouse sans réserve les orientations politiques du régime chinois, y compris la construction du socialisme, dans un contexte de religion autocéphale certes disposée à considérer le pape de Rome comme son chef visible, mais de très, très loin.

    Le communiqué poursuit :

    « L’Eglise catholique de Chine partage les mêmes croyances que les Eglises catholiques du monde. Nous sommes disposés à mener à bien des échanges amicaux avec d’autres Eglises catholiques sur la base de l’indépendance, du respect mutuel, de l’égalité et de l’amitié. »

    L’allégeance au Parti communiste suppose l’indépendance par rapport à Rome

    Autrement dit, l’accord s’est fait, du moins dans l’esprit des responsables chinois, dans l’idée que de nombreuses Eglises nationales se côtoient dans le monde, partageant sans doute les mêmes convictions spirituelles mais toutes égales et toutes indépendantes les unes par rapport aux autres.

    Avec tout cela, les catholiques officiels de Chine « espèrent sincèrement » selon leur porte-parole que « les relations entre la Chine et le Vatican continuent de s’améliorer ».

    Faut-il le rappeler ? Le communisme, athée et anticatholique par nature – et Dieu sait s’il continue de l’être en Chine – a été jugé « intrinsèquement pervers » par Pie XI. Serait-ce un enseignement révolu ? Le communisme chinois, qui se veut de plus en plus marxiste, de plus en plus proche de Mao, de plus en plus attaché au culte de la personnalité de Xi Jinping, œuvrant de plus en plus pour la « sinisation » accueillie sans critique par l’Eglise patriotique, accentue aujourd’hui sa pression persécutrice sur les minorités religieuses et en particulier à l’encontre de l’Eglise clandestine.

    L’accord de Rome avec le Parti communiste chinois passe sous silence persécution et génocide

    Faut-il le rappeler ? Par une toute récente loi, il est interdit aux mineurs de fréquenter les églises, fussent-elles officielles, et les parents contrevenants à cette règle risquent gros.

    Faut-il le rappeler ? Ce pouvoir communiste avec lequel Rome compose porte la responsabilité d’innombrables stérilisations et avortements forcés pour mettre en œuvre sa politique de contrôle de la population aussi contraignante que cruelle, et toujours d’actualité, même si des ajustements sont apportés au nombre d’enfants toléré.

    S’il s’agissait vraiment de protéger les catholiques en Chine, et plus encore leur foi, s’il fallait pour cela faire semblant de croire qu’un pouvoir communiste est tenu par sa propre parole, ces réalités sont suffisantes pour rendre la conclusion d’un accord provisoire incompréhensible, et même scandaleuse.

    Jeanne Smits

    L'excellent site Bitter Winter délivre des informations quotidiennes sur la situation des croyants en Chine communiste.

  • Synode sur l'Amazonie : le cardinal Müller dézingue le document préparatoire

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    De Jeanne Smits sur son blog :

    Synode sur l'Amazonie : le cardinal Müller dénonce l'“Instrumentum Laboris”

    Le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a publié une dénonciation vigoureuse de la teneur de l'Instrumentum laboris en vue du synode sur l'Amazonie qui se tiendra du 6 au 27 octobre prochains à Rome. Il en décrit le verbiage, les ambiguïtés, les aspects « autoréférentiels » qui relèvent du progressisme allemand, la flagornerie envers le pape François, les erreurs  d'attribution.

    Mais plus encore, après quelques protestations courtoises qu'on devine de pure forme, le cardinal Müller en signale les erreurs fondamentales, aberrantes, scandaleuses même – pour reprendre le ton de sa critique – et n'hésite pas à faire remarquer la dimension inquiétante d'un texte qui s'incline devant les rituels païens à travers « une cosmovision avec ses mythes et la magie rituelle de Mère “Nature”, ou ses sacrifices aux “dieux” et aux esprits. »


    Je vous propose ici ma traduction intégrale de ce texte paru en allemand. Je me suis principalement aidée de la traduction vers l'anglais de Maike Hickson pour LifeSiteNews.


    Trois remarques, avant de vous livrer le texte : d'abord, celui-ci émane d'un cardinal électeur, qui en toute logique – s'il n'avait été évincé de la Congrégation pour la Doctrine de la foi – devrait encore être à la tête de ce qui était autrefois le Saint-Office, gardien de la pureté du magistère. Deuxièmement : le cardinal a publié ce texte dans un journal allemand, Die Tagespost, sous forme de tribune, ce qui en dit long sur la situation actuelle de l'Eglise. La vérité se réfugie dans les médias… Et troisièmement, ce texte très critique d'un document assumé par le Vatican et qui doit servir de base aux discussions du synode en octobre s'adresse à tout un chacun.


    C'est donc à chacun que le cardinal veut confier ces vérités, donnant par le fait même mission aux laïcs de réfléchir, et de préserver le dépôt de la foi.


    *

    Sur le concept de la Révélation tel qu’on le trouve dans
    l'“Instrumentum Laboris” pour le Synode sur l'Amazonie

    Par le Cardinal Gerhard Müller 
     
    1. Sur la méthode de l'“Instrumentum Laboris” (IL)
     
    Personne ne penserait à remettre en question la bonne volonté de ceux qui sont impliqués dans la préparation et la mise en œuvre du synode pour l'Eglise en Amazonie, ni leur intention de tout faire pour promouvoir la foi catholique parmi les habitants de cette grande région et ses paysages fascinants.

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  • Les églises sont vides, les séminaires ferment, les âmes se perdent... mais l'Eglise a d'autres chats à fouetter

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    C'est ce qui ressort des propos - on ne peut plus mous et consensuels - tenus par notre cardinal primat. Heureusement que, lors de la Réforme, il s'est trouvé des papes, des évêques et des cardinaux d'une autre trempe...

    Cardinal Jozef De Kesel: « l’Eglise n’est pas là pour reconquérir » (source)

    Dans une interview accordée par l’hebdomadaire européen «  », le cardinal Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, revient sur le rôle de l’Eglise catholique dans une Europe sécularisée et pluraliste. Pour le cardinal, l’Eglise ne doit pas céder à la tentation d’une « reconquête », mais a une mission à remplir et des valeurs à défendre au sein des sociétés européennes. 

    A la question de savoir quel est le rôle de l’Eglise catholique dans l’Europe d’aujourd’hui, où la sécularisation et le pluralisme ont modifié la dynamique entre les citoyens et leurs relations avec l’une des institutions les plus anciennes du continent, le cardinal Jozef De Kesel répond qu’être catholique implique de participer à cette société sécularisée, où différentes convictions se côtoient. Il s’agit de « vivre ensemble en respectant les autres. L’Eglise n’est pas là pour ‘reconquérir le terrain perdu’. Ce n’est pas notre mission. Être catholique, c’est être fidèle à ses convictions, dans un environnement qui s’est transformé en une société pluraliste. Cela implique le respect de l’être humaine et de ses convictions« .

    Pour le cardinal, l’Eglise ne doit donc pas chercher à s’imposer. Elle a cependant pour mission de défendre ses convictions et certaines valeurs, dans une attitude de « solidarité avec tous ceux qui aspirent à une société plus juste et plus fraternelle« . « Si nous luttons pour le respect de la liberté religieuse« , ajoute-t-il, « c’est parce que nous acceptons la société sécularisée« . C’est peut-être là que réside le principal défi pour l’Eglise en Europe, mais il s’agit également d’une opportunité: accepter pleinement la société sécularisée, ce qui « nous aide à redécouvrir nos racines et notre mission« , et à rencontrer les autres. Cela implique une forme de conversion pour de nombreux évêques.

    Fondamentale ouverture

    Pour certains, l’Eglise catholique serait toujours à la recherche de pouvoir, comme par le passé. Pour le cardinal De Kesel, ce n’est pas vrai: « Ce que nous revendiquons, c’est le droit d’être ce que nous sommes. Cela s’applique à chacun, à toutes les religions et aux non croyants également« . Avant le concile Vatican II, l’Eglise catholique avait du mal à accepter la modernité. Mais le concile a amené un « changement fondamental concernant l’ouverture« . Il ne s’agit pas de condamner le passé, mais les circonstances historiques ont changé: « Il n’est pas bon de vivre dans la nostalgie et pour un passé qui n’est plus possible« .

    Au journaliste qui le qualifie de progressiste et libéral, le cardinal répond ceci: « Je n’aime pas les étiquettes. Certains disent que je suis progressiste, d’autres disent le contraire. Je ne me sens pas à l’aise quand on dit que je suis ‘progressiste’. Je préfère le terme ‘ouvert’« . Et de se pencher sur la notion de progrès: « Qu’est-ce que le progrès? Si on parle d’euthanasie, par exemple, est-ce un progrès ou non? Un progrès est un progrès seulement s’il est valable pour tout homme et pour toute l’humanité. Car on peut progresser économiquement et devenir et, en même temps, être spirituellement et humainement très pauvre« .

    Poursuivant sa réflexion, le cardinal désigne deux valeurs fondamentales, liées au respect de l’être humain: la liberté et la solidarité. Si la Révolution française a placé la liberté au premier plan, il ne peut y avoir de vraie liberté sans solidarité. Quant au communisme, c’est la fraternité sans liberté, ce qui équivaut à un totalitarisme. Ces valeurs sont donc indissociables: « Si la liberté se pose de manière absolue, cela ne sert pas le progrès. les deux vont toujours ensemble – liberté et fraternité. C’est un concept chrétien qui, aujourd’hui, ne lui appartient plus exclusivement, il est entré dans notre culture« .

    Le défi de la pauvreté

    Selon le cardinal Jozef De Kesel – qui se situe à cet égard, comme sur d’autres sujets, clairement dans la ligne du pape François -, le défi le plus important au niveau mondial est cependant la pauvreté. « C’est un problème global qui touche aussi le problème de l’immigration. cela ne peut être résolu qu’à travers la solidarité« . S’agissant de ces problématiques, les chrétiens doivent agir en tant que citoyens à part entière: « l’Eglise ne peut se retirer de la société. Avec tous les citoyens, nous travaillons à une société plus juste. Comme le dit le pape François, notre planète est notre ‘maison commune’, pour laquelle nous sommes conjointement responsables« .

    « Nous ne pouvons privatiser tout ce qui est religieux« , ajoute le cardinal. « Nous avons des convictions religieuses, nous sommes en même temps des citoyens. on ne peut séparer les deux. C’est vrai pour les catholiques comme pour d’autres religions et convictions« . Il s’agit d’un défi, car « il y a des tendances extrémistes dans la société. Aussi dans l’Eglise, ce qui nous renferme sur nous-même. mais la mission de l’Eglise est de travailler ensemble pour une société plus humaine et plus juste« .

    Un appel à la mémoire, à la spiritualité et à la solidarité

    Dans la dernière partie de l’interview accordée à « New Europe », le cardinal s’élève contre la privatisation extrême de la religion dans nos sociétés. « Je ne suis pas d’accord avec cela. Je soutiens de tout coeur une société pluraliste, mais ce pluralisme, je le vois comme un pluralisme actif. Bien sûr, les lois sont déterminées par le Parlement, mais la société civile est un espace de liberté dans lequel les religions ont un rôle à jouer« .

    S’il est pour un un gouvernement séculier, il n’en reste pas moins que l’Etat ne peut pas tout imposer. « Regardez, par exemple, en Italie, la déclaration de Mr Salvini (ministre italien de l’Intérieur, NDLR.), qui dit que le capitaine du Sea Watch, qui a permis à des migrants d’être secourus à Lampedusa, a commis un acte criminel. A-t-il le droit de dire cela? D’autres pensent que ce qu’il a fait n’est pas un acte criminel« . Par ailleurs, « l’Etat doit respecter la liberté de conscience et la liberté de religion« .

    Enfin, le cardinal invite les jeunes générations en Europe à trois choses. D’abord, ne pas oublier le passé, ne pas oublier ce qui s’est passé en Europe au moment de la deuxième Guerre mondiale. « A Anvers, la police a collaboré et arrêté les Juifs de la ville. A Bruxelles, ils ont refusé d’obéir à cet ordre. Il faut que les jeunes se souviennent de cela« .

    « Je dirais également aux jeunes de ne pas perdre leur âme. Il y a un besoin de spiritualité. Que dit la société aux jeunes quand ils demandent quoi faire de leurs vies. La société dit: ‘tout ce que vous voulez’. mais qu’est-ce qui donne sens à ma vie? Qu’est-ce qui peut combler ma vie? Qu’est-ce qui me rend heureux? Ces questions trouvent leur réponse dans la spiritualité« .

    Pour terminer, le cardinal De Kesel appelle les jeunes à la solidarité, qui répond à la question: que puis-je signifier pour l’autre?

    Christophe Herinckx, d’après « New Europe »

    Retrouvez l’intégralité de l’interview du cardinal De Kesel (en anglais) en cliquant ici.

  • Abus sexuels dans l’Eglise : le cléricalisme, voilà l’ennemi ?

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    La « Libre Belgique » du 9 juillet 2019 consacre une double page à un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Bayard : « L’Eglise catholique face aux abus sexuels sur mineurs » (Bayard 2019, 720 pages, env. 24,9 euros). L’auteur de ce livre, Marie-Jo Thiel, médecin et théologienne, est professeur d’éthique à l’Université de Strasbourg. En 2017, le pape François l’a aussi nommée membre de l’Académie pontificale  pour la Vie dont il a modifié la composition et confié la présidence à Mgr Vincenzo Paglia.

    Dans l’interview qu’elle accorde à « La Libre », la professeure souscrit à la thèse du pontife régnant pour qui les abus sexuels des clercs seraient principalement dus à une cause «structurelle»: le cléricalisme, instituant dans l’Eglise une mauvaise relation entre prêtres dominateurs et fidèles asservis. Selon l’académicienne pontificale, cette relation perverse serait due à la contre-réforme tridentine : « la formation psychosexuelle [des séminaristes] était très insuffisante ; était promue aussi une image singulière du prêtre dans la mouvance du concile de Trente, au XVIe siècle. Considéré comme un ‘autre Christ’, le clerc était mis à part,  ‘sacralisé’ dans une perfection supérieure à celle du laïc, ce qui pouvait engendrer un entre-soi problématique ». 

    On ne s’étonnera donc pas de la « surprise » exprimée par Mme Thiel à la lecture du texte publié en avril dernier par le pape émérite Benoît XVI expliquant que la source fondamentale des abus avait une origine moins lointaine : il s’agit du relativisme moral actuel de nos sociétés depuis les années 1960.

    Il est vrai que, dans sa «Lettre au peuple de Dieu» du 20 août 2018, le pape François attribue les abus sexuels ecclésiastiques au « cléricalisme », qualifiant ainsi, sans autre précision, un abus de pouvoir qu’il a raison de souligner. Mais, d’un point de vue sémantique, on peut regretter, avec l’abbé Christian Gouyaud (1), de voir assumée dans le discours pontifical une expression ambiguë, historiquement connotée dans un autre contexte et assénée à tout propos par les adversaires de l’Église: « Le cléricalisme, voilà l’ennemi! » : elle est parfaitement relayée, encore aujourd’hui, par les laïcards de tous poils dénonçant, à tort et à travers, l’ingérence de l’Église dans les questions sociétales.

    Enfin, émanant d’une théologienne membre d’une académie pontificale, la mise en cause de la sacralisation du prêtre surprend d’autant plus que l’argument est facile à retourner : « N’est-ce pas par défaut de sens du sacré de l’homme – et de l’enfant, en l’occurrence – qu’on le réduit à un objet de concupiscence et à un moyen d’assouvir sa pulsion ? Même si ces crimes ont été encore récemment commis, il faut dire que la plupart d’entre eux – connus – relèvent aussi d’une époque où le prêtre a justement été désacralisé.  On évoque aussi, comme remède, la promotion du laïcat, mais une telle promotion, justement fondée sur le sacerdoce baptismal, ne s’est-elle pas, hélas, bien souvent opérée pratiquement en termes de prise de pouvoir et de cléricalisation des laïcs ? Quant au comportement clérical, ne pourrait-on pas complètement s’en affranchir en acceptant de répondre simplement aux doutes soulevés courageusement à propos d’une inflexion possible de la doctrine ? » (2)

    JPSC

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    (1)(2) La faute au « cléricalisme » ? par l’Abbé Christian Gouyaud, membre de l’association sacerdotale « Totus tuus », article publié dans « La Nef », n° 309, décembre 2018.

    Ref. "Dans l’Église, les abus ne sont pas accidentels, mais structurels"

  • Le taux de survie des Juifs de France, supérieur à celui de la plupart des pays occupés, s’explique en partie par le rôle de l'Eglise

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    Du site de France Catholique :

    L’Eglise a-t-elle contribué à contenir les déportations de Juifs ?

    mardi 16 juillet 2019

    Le 23 août 1942, Mgr Jules Saliège fit lire dans toutes les paroisses de son diocèse une lettre dénonçant les persécutions antisémites (DR)

    « Cogito », la lettre de la recherche éditée par Sciences-Po vient de publier une interview de Jacques Semelin, directeur de recherche CNRS au Centre de recherches internationales (CERI). Selon ce spécialiste reconnu des violences de masse, le taux de survie des Juifs de France, supérieur à celui de la plupart des pays occupés, s’explique en partie par les « racines chrétiennes » du pays.

    Jacques Semelin est l’auteur de La survie des Juifs de France – 1940-1944 (CNRS Editions). Publié en octobre 2018, cet ouvrage dense, préfacé par Serge Klarsfeld, cherche à comprendre pourquoi près de 75% des Juifs ont échappé à la mort en France, quand cette proportion était parfois bien supérieure dans d’autres pays de l’Europe occupée : seulement 25% des Juifs ont survécu aux Pays-Bas, 45% en Belgique. Ne relativisant en aucune manière les souffrances subies, l’auteur identifie une série de facteurs explicatifs, parmi lesquels figure en bonne place l’influence de l’Eglise.

    Interviewé par Miriam Perié pour la revue Cogito (06/07), l’organe de la recherche à Sciences-Po, l’auteur dresse la synthèse de ses conclusions, fondées sur des études statistiques et le recueil ou la consultation de nombreux témoignages. Il existe tout d’abord des facteurs structurels, comme l’existence d’une zone non-occupée jusqu’en novembre 1942 qui – en dépit des mesures antisémites de Vichy – offrait un environnement moins menaçant que les zones occupées par les nazis. De manière conjoncturelle, les revers subis par l’Axe à partir de 1943 auraient également conduit Vichy à faire preuve de moins d’empressement pour appliquer certaines mesures de persécution comme la dénaturalisation des Juifs français.

    Prise de conscience

    Mais l’auteur estime aussi que la survie relative des Juifs de France sous l’occupation s’explique aussi par la répugnance d’une partie non-négligeable de la population à se faire complice des mesures de persécution, et a fortiori de déportation. Sentiment qui se serait cristallisé à partir de l’été 1942. « À l’été 1942, l’opinion est émue voire choquée que des policiers et des gendarmes français arrêtent des femmes et des enfants alors que les mesures légales de discrimination antisémite adoptées en 1940 n’avaient jusqu’alors suscité qu’une relative indifférence au sein de la population. C’est donc le basculement dans la persécution physique qui provoque des réactions de désapprobation ou d’entraide  », estime Jacques Semelin.

    En août 1942, la dénonciation publique des persécutions antisémites par le cardinal Jules Saliège, archevêque de Toulouse, joue un rôle majeur. C’est, dit l’historien, « la protestation probablement la plus diffusée par la Résistance ». Dans toute la France, on aurait alors assisté à une « solidarité des petits gestes ». Ce sursaut « puise dans les racines chrétiennes, l’héritage républicain et l’esprit patriotique de la France », souligne Jacques Semelin. Ce qui n’empêchera pas 25% des Juifs de France de disparaître dans la tourmente de l’Occupation. «  Il ne s’agit pas de soutenir que les trois quarts des juifs vivant en France ont été « sauvés » mais qu’ils ont pu survivre dans le pays. Ce n’est pas du tout la même chose », précise-t-il.

  • Le nouveau maître général des dominicains est un Philippin, premier asiatique élu à ce poste

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    Du site des Missions étrangères de Paris :

    Le frère Gerard Timoner, philippin, premier Asiatique élu à la tête de l’ordre dominicain

    Publié le 16/07/2019

    Les membres de l’ordre prêcheur, présents au Vietnam la semaine dernière pour leur chapitre général, ont élu, le 13 juillet, le frère Gerard Francisco Timoner III, op, comme nouveau maître de l’ordre dominicain. Le religieux philippin remplace le frère Bruno Cadoré, français. Il devient le 88e successeur de saint Dominique, et le premier asiatique à la tête des dominicains, fondés il y a plus de 800 ans en 1216. Il était déjà prieur provincial de l’ordre aux Philippines, et socius (assistant) du frère Bruno Cadoré. Le frère Timothy Radcliffe, ancien maître de l’ordre, salue l’élection d’un prédicateur joyeux et d’un théologien reconnu, qui reflète la croissance de l’Église en Asie.

    Le 13 juillet, le frère Gerard Francisco Timoner III (op), Philippin, a été élu comme nouveau maître de l’ordre dominicain durant le chapitre général de la congrégation, qui s’est tenu au Vietnam la semaine dernière. Il devient le 88e successeur de saint Dominique à la tête de l’ordre des frères prêcheurs, fondé il y a plus de 800 ans, et le premier Asiatique à ce poste. Le religieux de 51 ans était déjà prieur provincial des Philippines et socius (assistant) du maître de l’ordre dominicain, le frère Bruno Cadoré (français), pour la région Asie/Pacifique. En 2014, le pape François a nommé le frère Timoner au sein de la Commission théologique internationale, un organisme de la curie romaine de trente membres qui traite des questions théologiques majeures. Le frère Timoner est né le 26 janvier 1968 à Daet, dans la province des Camarines du Nord. Entré dans l’ordre dominicain à l’âge de 17 ans, il a obtenu sa licence de philosophie et sa licence de théologie au Centre dominicain d’études en 1991 et en 1994. Il a été est ordonné prêtre en 1995. Il a également achevé une licence en théologie sacrée en 2004 à l’université catholique de Nijmegen, aux Pays-Bas. Entre 2007 et 2012, il a été recteur du Séminaire central et a exercé de nombreuses responsabilités au sein de l’Université Santo Tomaso de Manille, la capitale, notamment comme vice-recteur. Dans un message après son élection, le frère Timoner a souligné l’importance de l’évangélisation, de la mission et de la prédication, le charisme principal de l’ordre. « La mission, ce n’est pas ce que nous faisons, c’est ce que nous sommes. Et si cela devient clair, tout le reste suivra. Nous sommes prêcheurs, c’est notre identité », a-t-il déclaré.

    L’élection du frère Timoner à la tête de la congrégation vient confirmer le rôle grandissant des religieux asiatiques dans l’Église catholique. Dans son livre La force de la vocation, le pape François confiait qu’il est « rare de voir des supérieurs généraux, hommes et femmes, qui viennent d’autres continents ». Le pape soulignait dans son livre que l’élection de supérieurs non européens à la tête de congrégations religieuses « est une bonne nouvelle qui nous réjouit ». « Avec les années, ce changement de la face de l’Église devient de plus en plus visible, fruit de son histoire et merveille de l’évangélisation », ajoutait-il. Le frère dominicain Timothy Radcliffe, britannique et ancien maître de l’ordre, a confié dans une interview accordée au journal catholique britannique The Tablet que l’élection du frère Timoner « reflète la croissance de l’Église en Asie ». « Nous l’avons élu parce que c’est un prédicateur joyeux et un théologien reconnu », a ajouté le frère Radcliffe. « C’est également significatif qu’il soit asiatique, bien que ce ne soit pas la raison pour laquelle nous l’avons élu. » L’ordre dominicain, fondé en France en 1216 par le prêtre espagnol Dominique Nuñez de Guzman (canonisé en 1234), compte près de 6 000 frères, 70 000 sœurs et 150 000 laïcs (membres du tiers ordre dominicain) à travers le monde. Parmi les dominicains qui ont marqué l’histoire (140 saints et 4 papes), on compte saint Thomas d’Aquin, l’un des philosophes et théologiens occidentaux les plus influents, et sainte Catherine de Sienne, mystique et réformatrice.

    (Avec Asianews)

  • Les deux chapitres clés de l’avant-projet de réforme de la Curie

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site "Diakonos.be" :

    Documents.  Les deux chapitres clés de l’avant-projet de réforme de la Curie

    Le 8 juillet dernier, le pape François a révélé d’autres éléments sur le nouveau visage que prendra de la Curie vaticane, une fois que sa nouvelle organisation sera définitivement entrée en vigueur.

    Il a nommé sept religieuses, toutes supérieures générales de leurs ordres respectifs, parmi les membres de la Congrégation pour les religieux, rompant ainsi avec la pratique qui ne consistait à ne pas nommer de femmes dans les Congrégations de la Curie, qui étaient jusqu’à présent uniquement composées d’évêques et de cardinaux, ou tout au plus à des supérieurs généraux masculins.

    A vrai, dire, le pape François avait déjà fait une entorse à cette règle en 2014 en nommant sœur Irma Luzia Premoli, la supérieure générale des missionnaires comboniennes, à la Congrégation « De Propaganda Fide ».  Mais ce qui était alors une exception est en train de devenir la règle et il faut s’attendre à une cascade d’autres nominations similaires de femmes.

    Les cardinaux de ce « C9 » qui assistent le Pape dans le gouvernement de l’Église universelle – en réalité aujourd’hui réduits au nombre de six – ont planché pendant des années sur cette réforme de la Curie avant d’aboutir ces derniers mois à la rédaction d’une avant-projet qui a été présenté à un certain nombre d’ecclésiastiques de différents niveaux.

    Réécrite sur base des consultations en cours, il se dit que la nouvelle constitution – qui a reçu le titre provisoire de « Praedicate Evangelium » – « arrivera en septembre ou au plus tard avant la fin de l’année dans les mains du Pape et que ce dernier prendra son temps pour l’approbation finale ».

    Mais si l’on s’en tient aux commentaires qui ont été publiés depuis que l’avant-projet a commencé à circuler, il faudrait qu’il soit réécrit de fond en comble afin de satisfaire les critiques qui l’ont descendue en flammes.  Aussi bien à droite qu’à gauche de l’échiquier ecclésiastique, pratiquement personne n’a apprécié la structure de la réforme.  Nous nous bornerons à signaler qu’après l’avoir lu l’avant-projet, le jésuite Thomas Reese, ex-directeur de la revue des jésuites de New York « America », une figure importante du catholicisme progressiste, l’a qualifié de « désastre ».

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  • Vivons-nous une époque apocalyptique ?

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    Du blog de la lettre d'information de Denis Sureau "Chrétiens dans la Cité" (15 juillet) :

    Vivons-nous des temps apocalyptiques?

    Écrivain et peintre catholique canadien de 71 ans, auteur de nombreux et bons romans (notamment Père Elijah, Une île au cœur du monde...), Michael D. O'Brien se pose la question dans un essai intitulé  L'Apocalypse(Salvator, 156 p., 17 €) :  vivons-nous des temps apocalyptiques? Il n'y répond pas en annonçant la fin imminente du monde (sans l'exclure pour autant), ni en disséquant le dernier livre de la Bible, mais en incitant son lecteur à la vigilance et au discernement. Son diagnostic de l'état présent est sans complaisance : "La Bête qui est maintenant tout autour de nous dévore les innocents à des nombreux niveaux de notre société."  Dans notre époque  sombre et antéchristique, dominée par un matérialisme totalitaire "mou" (quoique parfois aussi violent, comme le montre le regain des persécutions) et une apostasie croissante des anciennes nations chrétiennes, l’Église ne peut qu'être un signe de contradiction, une force de résistance. Et pourtant, déplore Michael D. O'Brien, les chrétiens sont souvent tièdes, et donc vulnérables aux tromperies de l'Adversaire. Il veut les secouer, en les aidant à voir le monde avec lucidité mais sans avoir peur, en cultivant foi, espérance et amour. Un essai tonique.

    Voir aussi : https://www.pierre-et-les-loups.net/l-apocalypse-avertissement-esperance-et-consolation-le-nouveau-livre-de-michael-o-brien-306.html