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Eglise - Page 859

  • Qu'est venue faire cette allusion à la Congrégation des Frères de Saint-Jean dans ce voyage pontifical aux Émirats arabes unis ?

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    D'Aline Lizotte sur le site Smart Reading Press:

    UNE ATTAQUE MALADROITE CONTRE LA COMMUNAUTÉ SAINT-JEAN

    Le pape à propos de la communauté Saint-Jean
    Lors de la conférence de presse tenue à son retour des Émirats arabes unis, le pape a reconnu pour la première fois le scandale des agressions sexuelles de religieuses par des clercs. L’hommage rendu à son prédécesseur, qui a eu «le courage de dissoudre une congrégation féminine» où «s’était installé cet esclavage des femmes, esclavage allant jusqu’à l’esclavage sexuel des femmes par des clercs et par le fondateur» visait la Communauté Saint-Jean, et l’on ne peut que s’interroger sur cette attaque maladroite et injuste au regard des faits.

    Les rencontres avec les journalistes dans l’avion qui ramène le pape à Rome après un voyage comportent toujours des surprises. Le pape parle librement, pas toujours avec prudence, mais il dit en termes simples ce qu’il pense. On est loin du protocole qui était imposé aux journalistes par Joachim Navaro Valls et par le Père Lombardi. Il n’a pas fallu beaucoup de temps à la nouvelle équipe de la communication, sous la direction de Paolo Ruffini, pour imposer son style. Les questions semblent fuser très librement, et le pape y répondrait spontanément. De plus en plus, semble-t-il.


    Que vient faire cette allusion à la Congrégation des Frères de Saint-Jean dans ce voyage pontifical aux Émirats arabes unis ?


    Mais le pape a son propre style ! Ainsi, dans le document qui terminait le Synode sur la jeunesse, il a soudainement parlé de synodalité ; après les JMJ de Panama, il a – de manière impromptue, peut-être ? – parlé du célibat sacerdotal optionnel et de la possibilité d’ordonner des hommes mariés pour les communautés de catholiques en état de précarité ; après son voyage aux Émirats arabes unis, il a parlé des agressions sexuelles dans les communautés religieuses féminines, «un dossier sur lequel nous travaillons depuis longtemps». Et soudain, il a fait allusion à une «congrégation française», dont on a obtenu le nom par le nouveau directeur de la Salle de presse, Alessandro Gisotti, qui l’a demandé au pape. Ce nom, qui va courir dans tous les journaux1 le lendemain et qui fera une nouvelle à la télévision, c’est la Congrégation des Frères de Saint-Jean ! On peut quand même se poser une question : que vient faire cette allusion à la Congrégation des Frères de Saint-Jean dans ce voyage pontifical aux Émirats arabes unis ?

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  • Le pluralisme religieux, volonté divine, vraiment ?

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    Un article de Luisella Scrosati publié dans la « nuova bussola quotidiana » (www.lanuovabq.it) et paru en traduction française sur le site « Benoit et moi » :

    François Francois-limam-dAl-Azhar-Ahmed-Tayeb-4-fevrier-2019-Abu-Dhabi_0_729_513.jpg« Tout en reconnaissant tous les signes positifs de la rencontre dans les Emirats Arabes Unis, nous ne pouvons pas autoriser l'affirmation d'erreurs sur les vérités de la foi. C'est pourquoi il n'est pas acceptable que le document sur la fraternité universelle signé par le pape François et l'imam d'Al-Azhar décrive le pluralisme religieux comme une sage volonté divine. Il n'y a pas une seule ligne dans les textes de Vatican II qui puisse justifier une telle position. Lumen gentium parle de personnes qui n'ont pas encore été atteintes par l'Evangile, pas de religions. Faut-il penser que le Fils de Dieu s'est fait chair et dans le même temps veut une religion, comme l'Islam, qui nie à la fois la Trinité et la vérité de l'Incarnation? Il ne peut y avoir de Dieu schizophrène.

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    Cette réflexion n'a pas pour intention d'occulter l'importance de la Déclaration commune sur la Fraternité universelle, dans le but d'une coexistence pacifique entre les peuples, signée par le Pape François et le grand Imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayebb, à l'occasion de la récente visite du Pontife aux Emirats Arabes Unis. Les déclarations sur la reconnaissance de la protection de la liberté, la protection des lieux de culte, l'engagement commun pour la défense de la vie et la condamnation du terrorisme religieux sont certainement des signaux importants.

    Cependant, aucune circonstance ne peut autoriser l'affirmation d'erreurs et la diffusion de la confusion au sujet des vérités de la foi. Nous nous référons ici au paragraphe présent dans la page 5 du document commun, qui énonce: «Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, des sexes, des races et des langues sont une sage volonté divine par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est à l'origine du droit à la liberté de croyance et à la liberté d'être différents».

    Lors de la conférence de presse habituelle du vol de retour, François est revenu sur l'argument, voulant répéter avec une certaine fermeté que «du point de vue catholique, le document ne s'est pas "rangé d'un millimètre" [probablement voulait-il dire "ne s'est pas distancié d'un millimètre", note de L.S.] de Vatican II, qui est ici cité plusieurs fois. Rien. Le document a été fait dans l'esprit de Vatican II». Le Pape confie ensuite avoir fait lire le document par des théologiens, en indiquant explicitement le théologien de la Maison pontificale, le père dominicain Wojciech Giertych, lequel l'aurait approuvé. François poursuit: «Si quelqu'un se sent mal, je le comprends: ce n'est pas une chose de tous les jours et ce n'est pas un pas en arrière; c'est un pas en avant. Mais un pas en avant qui vient d'il y a cinquante ans, du Concile qui doit se développer». Le Pape confesse avoir vu ensuite une phrase qui l'a laissé assez perplexe - il n'a pas dit de quelle phrase il s'agissait - sauf qu'il a réalisé plus tard que c'était une phrase du Concile.

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  • « Le Pape François n’a pas le même intérêt que Benoît XVI pour la liturgie traditionnelle »

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    Du site "Le Rouge et le Noir" :

    Abbé Claude Barthe : « Le Pape François n’a pas le même intérêt que Benoît XVI pour la liturgie traditionnelle »

    L’abbé Claude Barthe est aumônier du pèlerinage international Summorum Pontificum et vient de lancer une feuille de réflexion sur les questions d’actualité religieuse, Res Novae (resnovaeroma@free.fr). Spécialiste de la liturgie romaine traditionnelle et analyste reconnu de la crise actuelle de l’Église, son dernier ouvrage paru en décembre 2018 porte sur La messe de Vatican II. Dossier historique paru aux éditions Via Romana. Il a bien voulu répondre aux questions du Rouge & le Noir autour de la récente suppression de la Commission Ecclesia Dei.

    R&N : Pouvez-vous nous rappeler la finalité de la Commission Ecclesia Dei et la manière dont elle était organisée ?

    ABBÉ BARTHE : La finalité première de la Commission Ecclesia Dei permet de comprendre ce qui arrive aujourd’hui. Elle a été fondée en 1988, par le motu proprio de Jean-Paul II, Ecclesia Dei adflicta, à la suite des consécrations par Mgr Lefebvre de quatre évêques, sans mandat du pape. Son but était de « faciliter la pleine communion ecclésiale des prêtres, des séminaristes, des communautés religieuses ou des religieux individuels ayant eu jusqu’à présent des liens avec la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) fondée par Mgr Lefebvre. » Concrètement cela consistait à organiser un monde traditionnel « officiel » :

    • avec l’érection et la supervision de communautés qui, au moins à l’origine, regroupaient des prêtres qui avaient appartenu à la FSSPX et à des communautés amies (Fraternité Saint-Pierre, prieuré puis abbaye du Barroux, notamment) et qui ne voulaient pas « suivre » les sacres d’Écône ;
    • avec l’incitation faite aux évêques diocésains de permettre « généreusement » la célébration de la messe traditionnelle dans leur diocèse, lorsque des fidèles en faisaient la demande.

    Même si la Fraternité Saint-Pie-X n’était pas la seule préoccupation de la Commission, elle était, à la manière d’une toile de fond, la plus importante. Cela est devenu encore plus vrai, lorsque, à partir de 2000, à l’occasion d’un pèlerinage de cette Fraternité à Rome, le cardinal Castrillón, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, devenu aussi Président de la Commission, a établi des contacts avec elle en vue d’une réintégration canonique. Ils ont abouti, à titre d’étape, à la levée des excommunications des quatre évêques de la FSSPX, en 2009, par Benoît XVI.

    En revanche, le motu proprio Summorum Pontificum, de 2007, qui rendait théoriquement à la liturgie traditionnelle droit de Cité, suivi du « décret d’application », l’instruction Universæ Ecclesiæ du 30 avril 2011, a fortifié le rôle de gestion par la Commission de la liturgie traditionnelle, qualifiée de « forme extraordinaire ». On peut remarquer au passage que la Commission Ecclesia Dei, à l’époque du cardinal Castrillón, s’était arrogé la capacité d’ériger des communautés dont les membres n’étaient pas issus de la FSSPX, tel l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre.

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  • Chine : la mise au pas de l'Eglise catholique se confirme

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    De Jean-Marie Dumont sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Les catholiques chinois et la « sinisation » 

    La République populaire de Chine (RPC) célébrera en octobre les 70 ans de sa fondation par Mao Zedong. Tout porte à croire qu’à l’approche de cet anniversaire, les actions visant à « siniser » les secteurs de la société considérés comme influencés par l’étranger, notamment les groupes religieux, vont se poursuivre. C’est ce qui ressort d’une rencontre dont a rendu compte le 22 janvier l’agence Ucanews, basée à Hong Kong. Wang Zucan, n°2 du Département du travail du Front uni, agence du Parti communiste, s’est adressé à la Conférence des évêques de l’Église catholique en Chine et à l’Association patriotique des catholiques de Chine, deux organes non reconnus par le Vatican, même si les évêques qui les dirigent le sont. Évoquant l’importance de « hisser le drapeau rouge avec cinq étoiles dans les cours des églises », il leur a demandé « de progresser sur la voie de l’indépendance, de l’autonomie et de l’auto-administration de l’Église, et du fonctionnement démocratique de l’Église ». Des propos faisant étrangement écho à ceux de Benoît XVI déclarant en 2009 « les principes d’indépendance et d’autonomie, d’autogestion et d’administration démocratique de l’Église » « inconciliables avec la doctrine catholique ». À cette réunion se trouvait Mgr Joseph Ma Yinglin, l’un des sept évêques ordonnés sans mandat pontifical, dont le pape a levé le 22 septembre l’excommunication, mais qui préside toujours la Conférence épiscopale non reconnue. Dans cette rencontre, il a tenu un discours qui avait les apparences de l’allégeance, s’engageant à « progresser de plus en plus sur la voie de la sinisation pour obtenir un résultat satisfaisant pour le 70e anniversaire de la RPC ». Ce genre de rencontres et de propos illustre les incertitudes qui accompagnent le rapprochement actuel entre Rome et la Chine, les évêques dont l’excommunication a été levée ne manifestant pour l’heure publiquement aucune prise de distance notable avec le pouvoir chinois.

    Jean-Marie Dumont

    Lire également : Le Vatican s’oppose à l’intégration des catholiques clandestins à l’Église patriotique

  • Confession : le droit pénal prime sur le droit ecclésiastique

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    Lu dans Le Soir de ce jour, p. 8: 

    Confession : un rappel aux évêques

    Le ministre de la Justice Koen Geens rappellera lors de la « prochaine réunion avec les représentants des cultes et des convictions philosophiques » que le droit pénal prime sur le droit ecclésiastique qui considère que le secret de la confession, au contraire du secret professionnel, est absolu. Ce rappel à l’ordre de la Conférence épiscopale résulte de la publication d’un communiqué faisant suite à la condamnation, le 18 décembre 2018, par le tribunal correctionnel de Bruges d’un prêtre de Gistel, poursuivi pour « non-assistance à personne en danger ». … Dans leur communiqué, les évêques de Belgique réaffirmaient que « l’inviolabilité du secret de la confession s’applique également par rapport aux autorités civiles ou par rapport à la justice », conférant au confesseur, au-delà de l’écoute et de la pénitence, le soin du redressement du pécheur, en l’amenant à trouver l’accompagnement nécessaire à son état. … Citant le communiqué des évêques, Laurette Onkelinx opposait que « le droit canon ne fait pas partie de notre ordre juridique en droit positif » et demandait donc au ministre Koen Geens de « rappeler formellement aux autorités (ecclésiastiques) la prééminence du droit civil sur tout autre droit, notamment religieux ». Koen Geens a répondu à sa suggestion : « Le droit pénal est d’ordre public et s’impose erga omnes . Il s’applique donc aussi aux prêtres.”

  • Selon l'évêque de Spokane les politiciens pro-avortement ne devraient pas recevoir la Communion

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    Du site "Campagne Québec-Vie" :

    L’évêque de Spokane : les politiciens pro-avortement ne «devraient pas» recevoir la Communion dans mon diocèse

  • Deux livres pour évoquer la grande figure d'un cardinal héroïque

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    De Claire Lesegretain sur le site du journal la Croix :

    Un évêque vietnamien face au communisme

    Biographies. Deux livres consacrés à Mgr Van Thuan (1928-2002) rappellent la foi inébranlable de ce « martyr » du XXe siècle, dont le procès de béatification est en cours.

    Mgr Van Thuan (ici en 2001) passera treize années en captivité au Vietnam, de 1975 à 1988.

    Mgr Van Thuan (ici en 2001) passera treize années en captivité au Vietnam, de 1975 à 1988. /  Ciric

    • Monseigneur Thuan. Un évêque face au communisme, d’Anne Bernet, Tallandier, 544 p., 23,90 €
    • Van Thuan Libre derrière les barreaux, de Teresa Gutiérrez de Cabiedes, Nouvelle Cité, 332 p., 21 €

    Lorsque François-Xavier Nguyen Van Thuan vient au monde en 1928 à Hué, toutes les fées semblent se pencher sur son berceau. Sa mère Hiep appartient à la lignée aristocrate des Ngo Dinh, dont les ancêtres au XVIIe siècle furent parmi les premiers Vietnamiens à se convertir au catholicisme, et parmi les premiers à mourir martyrs au XVIIIe siècle. Son oncle Diem sera nommé ministre de l’intérieur de l’empereur Bao Dai en 1933.

    Brillant, doué pour les imitations et les langues, le jeune Thuan sait dès l’âge de 13 ans qu’il deviendra prêtre. Le voilà interne à An Ninh, petit séminaire élitiste désireux de former de futurs saints. Au grand séminaire de Phu Xuan, il se rêve en curé de campagne. Mais après son ordination en 1953, il est nommé vicaire dans l’une des plus grosses paroisses du diocèse de Hué, ce qui présage une carrière foudroyante dont le père Thuan ne veut pas mais à laquelle il lui sera difficile d’échapper.

    La superbe biographie qu’Anne Bernet consacre à cette grande figure de l’Église au Vietnam mêle intelligemment le parcours douloureux de ce « descendant des martyrs » avec l’histoire tout aussi douloureuse de son pays, soumis à de brusques revirements politiques puis à un régime dictatorial. Ainsi, l’oncle Diem devenu, en 1954, premier ministre d’un gouvernement soutenu par les États-Unis dans le Sud-Vietnam, qui se proclame l’année suivante président de la nouvelle République du Vietnam, sera assassiné à Saïgon en 1963.

    Innombrables interrogatoires

    Après un doctorat de droit canon à Rome en 1959, le père Thuan est rappelé au Vietnam où l’Église a besoin de nouveaux chefs. « Ne laissez pas une fausse modestie égarer votre jugement. Vous devez vous préparer à tenir ce rôle », lui explique l’évêque de Hué en le nommant au petit séminaire d’An Ninh.

    Nommé évêque de Nha Trang (sud-est) en 1967, il fait inscrire sur son anneau épiscopal le « Todo pasa » de Thérèse d’Avila : « Tout passe, Dieu seul suffit. »Dans ce diocèse de 130 000 catholiques, il met en œuvre Vatican II, visite chaque paroisse, couvent et établissement scolaire, encourage les séminaristes, développe les formations pour laïcs afin qu’ils puissent résister à l’ennemi communiste…

    Car, du fait des victoires du Vietnam du Nord (soutenu par l’URSS) sur le Vietnam du Sud (soutenu par les États-Unis), la réunification du pays sous le joug communiste s’annonce. Effectivement, lorsque Paul VI le nomme archevêque coad­ju­teur de Saïgon le 24 avril 1975, la ville vient de devenir Hô Chi Minh Ville. Là, dans le presbytère d’une paroisse excentrée, le « neveu des Ngo Dinh » est arrêté le 15 août 1975. Sans jugement, il est placé en résidence surveillée, et soumis à d’innombrables interrogatoires visant à lui faire avouer qu’il est « un espion du Vatican et un agent de l’impérialisme ».

    Abandonné entre les mains de Dieu

    Mgr Thuan résiste avec foi et bienveillance. Il est autorisé à célébrer seul sa messe quotidienne mais ne doit parler à personne. Il parvient pourtant à écrire et à faire passer des centaines de feuillets qui seront publiés sous le titre Sur le chemin de l’espérance (1976). Une audace qu’il paiera par de longs mois d’emprisonnement dans un cloaque nauséabond. « Cette détention était bonne pour lui et profitable au salut des âmes. Par conséquent, il lui fallait l’accepter et tenter de la faire tourner à son bénéfice et à celui de l’Église », écrit Anne Bernet avec finesse.

    Une finesse qui manque parfois à l’ouvrage de Teresa Gutiérrez de Cabiedes, qui commence au 15 août 1975 et décrit, avec force détails, les conditions sordides des détentions successives de l’évêque, totalement abandonné entre les mains de Dieu. Transporté en bateau en 1976 dans le Vietnam du Nord, il est emprisonné deux ans près de Hanoï, puis six ans dans une résidence des agents de la Sécurité publique où il lui est toujours interdit de parler à qui que ce soit. « Les communistes savaient que, même emprisonné, Mgr Thuan représentait toujours un danger, incarnant à la fois la figure politique d’un Walesa et celle, religieuse, d’un Wojtyla vietnamien », écrit Anne Bernet. Mais, à force de gentillesse et d’humour avec ses gardiens, il parvient à se faire traiter avec humanité.

    Après treize années de captivité, Mgr Van Thuan sera exilé à Rome, avant d’être fait vice-président puis président du Conseil pontifical Justice et Paix (1998-2002) et, enfin, créé cardinal un an avant sa mort, en 2002.

    Claire Lesegretain

  • François à Abu Dhabi : "cela rappelle un peu le voyage de Jean Paul II en Pologne, il y a 40 ans, quand on croyait le communisme inébranlable"

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    De Jean-Pierre Denis sur le site de l'hebdomadaire La Vie :

    Le printemps arabe du pape

    On entend d’ici le chœur des ricanants. Ils ne manqueront pas de nous seriner que le premier voyage d’un pape en Arabie n’a servi à rien. On les voit venir de loin, tous ceux qui nous martèleront que François le naïf a succombé au mirage oriental des pieuses incantations. On les connaît, tous ceux qui répéteront que le dialogue avec les musulmans est stérile, comme le montre la lente éradication des chrétiens d’Orient, depuis le génocide des Arméniens et des Syriaques jusqu’aux attentats les plus récents contre les Coptes. On les écoutera nous expliquer qu’à Abu Dhabi le pape a offert à un régime répressif et inégalitaire un agaçant succès d’image. On laissera circuler aussi le cortège de ceux qui ne supportent pas la-sainte-alliance-des-religions-obscurantistes-blablabla. Allez, passez, passez !

    “Comme des frères qui s’aiment“ : l’appel du pape et du grand imam d’Al-Azhar

    Pour ma part, je retiens deux ou trois choses essentielles. Que le voyage, longtemps impossible et même impensable, a eu lieu. Qu’il a occasionné peut-être le plus grand rassemblement des Émirats arabes unis, donnant aux communautés chrétiennes de ce pays une visibilité et une espérance extraordinaires. Cela rappelle un peu le voyage de Jean Paul II en Pologne, il y a 40 ans, quand on croyait le communisme inébranlable. Mais le voilà, le printemps arabe ! Le vent que ce voyage a fait souffler ne peut être arrêté par les champs de mines et les polices politiques. Il traversera une péninsule desséchée par l’argent fou, par la guerre sauvage, et par l’obscurantisme le plus extrême et le plus hypocrite. Certes, il ne renversera peut-être pas la tyrannie assassine des Séoud. Certes, il en faudra plus pour mettre fin aux souffrances des Yéménites. Et ce n’est pas demain que les travailleurs – souvent chrétiens et souvent esclaves – qui construisent les palais et les gratte-ciel de la région verront leur liberté et leur dignité reconnues. Mais ce voyage a fait sauter bien des tabous. La déclaration commune du pape et du grand imam d’al-Azhar est d’une audace claironnante, même si Ahmed al-Tayeb n’est guère qu’un rouage d’un système politico-religieux sous contrôle. Pluralisme spirituel, liberté de croyance, droits des femmes, condamnation du terrorisme et de toutes les formes d’intimidation… Tout y est.

    Cela rappelle un peu le voyage de Jean Paul II en Pologne, il y a 40 ans, quand on croyait le communisme inébranlable. 

    L’autre élément important, c’est la cohérence du message, servi par une grande liberté de ton. On réclame souvent, et à juste titre, la réciprocité des droits. Si les musulmans ont depuis 100 ans une grande mosquée à Paris, on attend que les chrétiens aient une église à Médine ou à La Mecque. Et l’on sait que, même aux Émirats, le contrôle reste draconien, sans parler de l’interdiction de toute conversion. Mais quand le pape explique que la liberté de religion ne se réduit pas à l’exercice du culte, son message a une portée qui va bien au-delà de ce pays et bien au-delà du monde arabe. S’il s’adresse à ces peuples étouffés, il concerne aussi les sociétés sécularisées, au sein desquelles on tente de plus en plus de confiner la foi dans la sphère privée.

    François n’ignore pas que, du Maroc à la péninsule Arabique en passant par l’Algérie, les migrants, ce sont les chrétiens. 

    La liberté de conscience et d’expression ne se divise pas. Elle demeure un droit universel. Là-bas comme chez nous. De même, quand le pape parle des droits des pauvres et des migrants, l’Europe souvent tousse. Sûrement, c’est parce qu’il est argentin et ne connaît pas nos problèmes ! Or François n’ignore pas que, du Maroc à la péninsule Arabique en passant par l’Algérie, les migrants, ce sont les chrétiens. Là encore, son message est très cohérent. François s’est exprimé, comme ses prédécesseurs, en héraut de l’universel et en conscience du monde. À l’heure où l’on ne plaide guère que pour les droits de son nombril, son invitation à « défendre les droits des autres » mériterait d’être méditée et entendue. Tel est le message d’Abu Dhabi.

    Lire aussi : « La visite du pape apporte le message du Christ dans un pays musulman »

  • Bruxelles, 15 février : Mgr Léonard présente son "Journal d'un évêque de campagne" à l'UOPC

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    Sans titre.png Et à Beauraing, le 16 février à 11H00 : https://www.sanctuairesdebeauraing.be/event/conference-de-mgr-leonard-sur-son-livre/

  • Bruxelles, 10 février : "Pour qui et pourquoi veux-tu donner ta vie ?"; une conférence exceptionnelle de l'abbé Pierre-Hervé Grosjean

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  • Vers la liberté des chrétiens dans les pays musulmans ?

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    François et les émirs 30424324-29057941.jpgLe pape François et le grand imam Al Tayeb ont apposé ensemble leur signature au bas d'une déclaration commune sur la fraternité universelle qui suscite quelques interrogations  politiquement -ou religieusement- "incorrectes" de Michel Janva sur le site web « salon beige » :

    Le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb ont signé hier à Abou Dhabi un Document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune. Sans caractère magistériel, ce document plaide pour un certain nombre de principes, parmi lesquels la liberté de religion, dont on sait que les chrétiens ont à souffrir dans les pays musulmans :

    « La liberté est un droit de toute personne : chacune jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. C’est pourquoi on condamne le fait de contraindre les gens à adhérer à une certaine religion ou à une certaine culture, comme aussi le fait d’imposer un style de civilisation que les autres n’acceptent pas. »

    Nous sommes en droit tout de même de nous demander en quoi le pluralisme de religion est une volonté divine… et surtout comment les musulmans qui adhèrent à ce texte vont le mettre en oeuvre dans leurs pays où la conversion de musulmans au Christ est prohibée et punie.

    Autre paragraphe, qui devrait abolir l’état de dhimmitude subie par de nombreux chrétiens en paix musulmans :

    « Le concept de citoyenneté se base sur l’égalité des droits et des devoirs à l’ombre de laquelle tous jouissent de la justice. C’est pourquoi il est nécessaire de s’engager à établir dans nos sociétés le concept de la pleine citoyenneté et à renoncer à l’usage discriminatoire du terme minorités, qui porte avec lui les germes du sentiment d’isolement et de l’infériorité ; il prépare le terrain aux hostilités et à la discorde et prive certains citoyens des conquêtes et des droits religieux et civils, en les discriminant. »

    Concernant les Emirats Arabes Unis, si les musulmans sont majoritaires dans le pays, la population des Émirats est composée à 85 % d’étrangers. Un million d’entre eux sont catholiques : des Européens, mais surtout des Asiatiques originaires des Philippines, d’Inde ou du Sri Lanka, ou encore des Libanais. Pour la première fois, ils ont pu assister à une messe publique. Ils ont certes le droit de pratiquer mais de manière discrète. Mardi matin, ils étaient 135 000 réunis dans le stade Zayed Sports Center, sans compter ceux massés à l’extérieur et qui n’ont pas pu entrer, faute de place, mais pour lesquels des écrans géants avaient été installés pour qu’ils puissent suivre la messe. Le gouvernement des Émirats arabes unis leur avait octroyés une journée de congé pour qu’ils puissent assister à cette messe.

    Ref. Vers la liberté des chrétiens dans les pays musulmans ?

    JPSC

  • De retour des émirats, le pape évoque le scandale des religieuses abusées par des prêtres

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    De Cécile Chambraud sur le site du journal Le Monde :

    Le pape reconnaît des agressions sexuelles de religieuses par des prêtres

    François, qui s’est exprimé sur le sujet dans l’avion qui le ramenait des Emirats arabes unis, mardi, a indiqué que plusieurs clercs avaient été suspendus ou renvoyés.

    Le 1er février, le mensuel féminin du journal officiel du Vatican l’Osservatore romanoDonne Chiesa Mondo, publiait un article qui racontait que des religieuses avaient été et sont aujourd’hui encore l’objet d’agressions sexuelles de la part de prêtres.

    Lors de la conférence de presse tenue dans l’avion qui le ramenait des Emirats arabes unis vers Rome, mardi 5 février, l’existence de ce type de scandale dans l’Eglise catholique a pour la première fois été reconnue par le pape.

    « C’est vrai, c’est un problème, a déclaré François. Il y a eu des prêtres et aussi des évêques qui ont fait cela plus fortement dans certaines cultures que dans d’autres. » Il a ajouté que le Vatican travaillait « depuis longtemps » sur cette question mais qu’il ne pouvait pas garantir que cela ne se produisait plus car « ce n’est pas une chose qui se finit comme cela ».

    Interrogé pour savoir si le phénomène était généralisé, le souverain pontife a répondu : « Il y en a partout, mais dans quelques congrégations, nouvelles, et dans quelques régions, plus que d’autres. Nous sommes au travail. »

    « Gestes contraires à la chasteté »

    Le chef de l’Eglise catholique a indiqué que les institutions vaticanes avaient « suspendu » ou « renvoyé » plusieurs clercs pour cette raison et « dissous quelques congrégations féminines qui ont été très liées à cette corruption »« Doit-on faire quelque chose de plus ? oui ! Avons-nous la volonté ? oui ! », a-t-il lancé.

    Le porte-parole du Vatican a précisé ultérieurement que le pape parlait, dans cet exemple précis, des Frères de Saint-Jean, congrégation fondée en France et dont les responsables avaient reconnu, en 2013, « les gestes contraires à la chasteté » de leur fondateur, le dominicain français Marie-Dominique Philippe, mort en 2006.

    François a insisté sur la volonté déployée en son temps par le pape Benoît XVI pour s’attaquer à cette plaie. Il a « eu le courage de dissoudre une congrégation féminine qui avait un certain niveau [dans ce problème] parce que s’était installé cet esclavage des femmes, esclavage jusqu’à l’esclavage sexuel, des femmes de la part des clercs et du fondateur », a-t-il affirmé.

     

    A propos du Père Marie-Dominique Philippe, voir : http://mdphilippe.over-blog.com/