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Foi - Page 290

  • Quand Pie X diagnostiquait le mal qui ronge l'Eglise...

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    Extrait de l’Encyclique Pascendi Dominici gregis du Pape Pie X

    1. A la mission qui Nous a été confiée d'en haut de paître le troupeau du Seigneur, Jésus-Christ a assigné comme premier devoir de garder avec un soin jaloux le dépôt traditionnel de la foi, à l'encontre des profanes nouveautés de langage comme des contradictions de la fausse science. Nul âge, sans doute, où une telle vigilance ne fût nécessaire au peuple chrétien: car il n'a jamais manqué, suscités par l'ennemi du genre humain, d'hommes au langage pervers, diseurs de nouveautés et séducteurs, sujets de l'erreur et entraînant à l'erreur. Mais, il faut bien le reconnaître, le nombre s'est accru étrangement, en ces derniers temps, des ennemis de la Croix de Jésus-Christ qui, avec un art tout nouveau et souverainement perfide, s'efforcent d'annuler les vitales énergies de l'Eglise, et même, s'ils le pouvaient, de renverser de fond en comble le règne de Jésus-Christ…

    2. Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que, les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l'Eglise, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Eglise, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l'Eglise; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'oeuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité.

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  • "Nous avons droit à l'Amour, à la Vérité et à la Justice" : le parler clair de l'archevêque de Cracovie

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    Du site de l'archevêché de Cracovie (trad. avec DeepL) :

    L'ARCHEVEQUE MAREK JĘDRASZEWSKI A LUDŹMIERZ : NOUS AVONS DROIT A L'AMOUR, A LA VERITE ET A LA JUSTICE

    - Nous avons le droit à l'amour, nous avons le droit à la vérité, dans un monde où les mensonges sont utilisés pour construire le succès politique ; nous avons le droit à la justice dans notre patrie, qui est chrétienne depuis le début de son histoire - a déclaré l'archevêque Marek Jędraszewski au cours de la messe dans le sanctuaire de Notre-Dame Reine de Podhale à Ludźmierz.

    Abp Marek Jędraszewski w Ludźmierzu: Mamy prawo do miłości, prawdy i sprawiedliwościL'archevêque Marek Jędraszewski à Ludźmierz : Nous avons droit à l'amour, à la vérité et à la justice.

    Les montagnards qui ont accueilli l'archevêque Marek Jędraszewski, les prêtres et les pèlerins à Ludźmierz ont rappelé qu'il y a 60 ans, la statue de la Vierge avait été couronnée par le cardinal Stefan Wyszyński et l'évêque Karol Wojtyła. - Aujourd'hui, alors que le monde entier est tellement dans le besoin, ils nous demandent au ciel avec la Vierge. Et nous avons besoin de l'aide du ciel contre les attaques du mal et des puissances obscures, qui complotent contre Dieu depuis les temps anciens, avec des méthodes de guerre toujours nouvelles - ont déclaré les représentants de la paroisse de Ludźmierz, demandant à Marie de les aider à distinguer le bien du mal.

    Au cours de son homélie, le métropolite de Cracovie a rappelé les événements survenus il y a 60 ans, lorsque l'image de Notre-Dame de Ludźmierz a été couronnée de couronnes papales par le cardinal Stefan Wyszyński. Il a également rappelé les paroles prophétiques du primat de l'époque : "Karol, la Mère de Dieu te transmet le pouvoir", commentaire qu'il avait fait après avoir attrapé le sceptre qui était tombé de la main de la reine de Podhale lors de l'élévation de la statue. L'évêque Karol Wojtyla est ensuite devenu métropolite de Cracovie, cardinal et successeur de saint Pierre.

    L'archevêque a rappelé le leitmotiv de l'homélie du cardinal Wyszyński il y a 60 ans, qui faisait alors référence à l'encyclique Pacem in terris de Jean XXIII. Le primat a déclaré : "Chaque être humain a les mêmes droits que les autres : "Chaque être humain a les mêmes droits. Et en particulier le droit à la vérité, le droit à la liberté, le droit à la justice et au respect, et le droit à l'amour". Le métropolite de Cracovie a fait remarquer que ces paroles ont dû représenter un sérieux défi pour les autorités communistes. Le système de l'époque reposait sur un mensonge à multiples facettes, qui incluait une fausse vision de l'homme - une vision purement matérialiste. Il prêche la dictature du prolétariat, la lutte des classes sans merci et la justice socialiste, qui se traduit par des expropriations massives. Une lutte est engagée contre l'Église, qui se prépare à célébrer le millénaire du baptême de la Pologne. Les paroles du primat de l'époque répondaient à la grande soif des cœurs humains.

    L'archevêque Marek Jędraszewski a attiré l'attention sur l'actualité de ces mots après 60 ans. - Nous avons besoin de vérité, de liberté, de justice et de respect, d'amour", a-t-il déclaré, ajoutant que la révolution néo-marxiste, qui se poursuit depuis 1968, veut s'emparer toujours plus fortement des cœurs et des esprits des Polonais. Dans ce contexte, il a souligné l'assaut contre la vérité, qui se manifeste par le subjectivisme et le relativisme. L'idéologie du genre, qui remet en question le fait d'être un homme ou une femme dès la conception, est une attaque contre la vérité sur l'homme. Il a qualifié d'atteinte à la liberté de religion les demandes visant à supprimer la religion des écoles ou à "voler les catholiques". Il a souligné que, ces derniers temps, il y a eu une "attaque contre la vérité sur le péché". Il a cité un rapport de l'ONU sur la persécution religieuse dans le monde, qui accuse notamment les chrétiens d'enseigner le péché et de créer ainsi des divisions entre les peuples. - Une autre manifestation du totalitarisme idéologique, difficile à imaginer il n'y a pas si longtemps - au nom de la liberté, lutter contre la vérité de l'Évangile", a déclaré le métropolite de Cracovie.

    Il a souligné que l'Église devait chercher la réponse à cette situation dans les paroles que Jésus a adressées aux disciples au Cénacle, lorsqu'il a déclaré qu'après son départ, c'est l'Esprit Saint qui "convaincra le monde de péché, de justice et de jugement". Il a également souligné la victoire de Marie, qui communique la vérité de l'amour de Dieu pour l'homme. Le métropolite de Cracovie a également rappelé la figure de saint Maximilien Kolbe qui, à Auschwitz, a encouragé ses compagnons de détention à ne pas se laisser vaincre par le mal, le péché et la haine. Il a confirmé ses paroles par son attitude : il a donné sa vie pour un codétenu en mourant pendant de nombreux jours dans une cellule de famine.

    - Nous avons le droit à l'amour, nous avons le droit à la vérité, dans un monde où les mensonges sont utilisés pour construire des succès politiques ; nous avons le droit à la justice dans une patrie qui est chrétienne depuis le tout début de son histoire", a déclaré l'archevêque Marek Jędraszewski. Enfin, il a rappelé la victoire polonaise lors de la bataille de Varsovie, lorsque toute la nation a invoqué l'intercession de la Mère de Dieu. Il a encouragé à prier pour que dans les "nouvelles étapes de l'histoire, les Polonais sachent exiger la vérité et vivre dans la vérité" ; qu'ils sachent "vivre dans la liberté et ne pas la fuir en remettant le sort de la souveraineté de notre patrie entre d'autres mains" ; qu'ils sachent "se regarder dans un esprit de respect, et non d'humiliation, d'invectives et de mensonges" ; qu'ils reprennent l'œuvre de construction d'une véritable civilisation de l'amour".

    À la fin de la liturgie, le gardien du sanctuaire, le père Maciej Ścibor, a présenté ses vœux à l'archevêque Marek Jędraszewski à l'occasion du 50e anniversaire de son ordination sacerdotale, ainsi qu'aux autres jubilaires d'or qui ont concélébré cette eucharistie.

  • En 1970, Ratzinger voyait clair; la babelisation de l’Église était alors identique à aujourd’hui, à une différence près

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction Diakonos.be) :

    En 1970, Ratzinger était clairvoyant. La babel de l’Église était alors identique à aujourd’hui, à une différence près

    Ce 4 juin 1970, à Munich en Bavière, devant un millier de personnes suspendues à ses lèvres, un certain Joseph Ratzinger, professeur de théologie à l’Université de Ratisbonne tenait une conférence intitulée « Pourquoi je suis encore dans l’Église ».

    Le texte de cette conférence a été publié en italien d’abord par les éditions Queriniana en 1971, puis chez Rizzoli en 2008, et enfin dans le volume VIII de l’ « Opera omnia » sorti des presses de la Librairie Éditrice du Vatican.

    Nous vous proposons ici la partie initiale de cette conférence, celle dans laquelle Ratzinger décrivait l’état de l’Église catholique des turbulentes années de l’après-concile et de l’après mai 1968.

    En la relisant aujourd’hui, à plus d’un demi-siècle d’écart, on est impressionné de constater à quel point la même « confusion babélique » de ces années-là se soit prolongée et étendue jusqu’à aujourd’hui, avec pour unique différence supplémentaire importante qu’elle a fini par atteindre la chaire pontificale, avec Jorge Mario Bergoglio.

    *

    Pourquoi je suis encore dans l’Église

    de Joseph Ratzinger

    Des raisons pour ne plus rester dans l’Église, il y en a beaucoup aujourd’hui, et elles vont dans tous les sens. Ceux qui se sentent poussés à tourner le dos à l’Église ne sont plus seulement ceux qui se sont éloignée de la foi de l’Église, ceux qui trouvent l’Église trop en retard, trop médiévale, trop hostile au monde et à la vie, mais également ceux qui ont aimé la figure historique de l’Église, sa liturgie, son indépendance des modes du moment, son reflet d’éternité. Ceux-là ont l’impression que l’Église est en train de trahir sa véritable nature, qu’elle capitule devant la mode et qu’elle est donc en train de perdre son âme : ils sont déçus comme un amoureux qui subit une trahison amoureuse et envisage sérieusement la rupture.

    Mais d’un autre côté, les raisons pour rester dans l’Église sont également très contradictoires. Ceux qui restent ne sont plus seulement ceux qui conservent envers et contre tout leur foi dans la mission de l’Église, ou ceux qui ne veulent pas renoncer à une vieille habitude à laquelle ils tiennent (même s’ils en font rarement usage). Ceux qui restent aujourd’hui dans l’Église avec le plus de vigueur sont justement ceux qui rejettent toute sa réalité historique et qui contestent avec passion le sens que ses ministres cherchent à lui donner ou à lui conserver. Malgré qu’ils veuillent en finir avec tout ce que l’Église est et a été, ils sont fermement déterminés à ne pas se laisser mettre à la porte, parce qu’ils espèrent pourvoir transformer l’Église en ce qu’elle devrait devenir selon eux.

    Et c’est ainsi que l’on se retrouve face à une véritable confusion babélique pour l’Église, car non seulement les raisons pour et contre elle se retrouvent emmêlées de la façon la plus étrange mais surtout parce qu’une entente semble quasi impossible. Et surtout, cela suscite la méfiance, parce que l’être-dans-l’Église a perdu son propre caractère sans équivoque et que personne n’ose plus avoir confiance en la sincérité de l’autre. L’affirmation pleine d’espérance que Romano Guardini a lancée en 1921 nous semble aujourd’hui inversée : « Un processus de grande envergure a commencé : l’Église s’éveille dans les consciences ». Aujourd’hui, au contraire, cette phrase devrait sonner comme ceci : « Un processus de grande envergure est en cours : l’Église s’éteint dans les âmes et se divise dans les communautés ». Dans un monde qui tend à l’unité, l’Église se déchire dans des ressentiments nationalistes, critiquant ce qui est différent et glorifiant les particularismes locaux. Entre les partisans de la mondanité et ceux de la réaction qui s’accrochent trop aux signes extérieurs et au passé, entre le mépris de la tradition et la confiance positiviste d’une foi prise à la lettre, il ne semble pas il y avoir de juste milieu. L’opinion publique assigne inexorablement une place à chacun. Elle a besoin d’étiquettes claires et ne s’encombre pas de nuances : celui qui n’est pas pour le progrès est contre lui ; il faut être soit conservateur soit progressiste.

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  • "Soeurs - La vie en face"; les bénédictines de Vanves sur ARTE

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    Pendant plusieurs mois, deux documentaristes ont posé leur caméra au prieuré Sainte-Bathilde de Vanves, où oeuvre une communauté de soeurs bénédictines.

    Entre prières et travail, le quotidien des religieuses se dévoile. "À quelle heure on chante les vêpres : 17 h 30 comme maintenant ou 18 heures comme avant ? Pour savoir ce que tu dois sonner pour l'année prochaine." Réunies autour de mère Marie-Madeleine, toutes ont leur petite idée. Soeur Marie-Laure, à qui s'adresse la question, opterait bien pour 17 heures, tandis que soeur Marie-Agnès émet des réserves. Mère Marie-Madeleine remet les pendules à l'heure : "La petite cloche à main à 17 h 10, pour nous, en interne, et la vraie cloche pour annoncer l'office. Nous sommes engagées publiquement à chanter l'office, rappelle-t-elle. C'est notre mission dans l'Église et dans le monde."

    À Vanves, à quelques encablures du périphérique parisien, le prieuré Sainte-Bathilde ressemble à un îlot paisible entouré de verdure. Pour les bénédictines qui y vivent en retrait selon la règle de saint Benoît, les jours sont emplis de mille tâches prestement accomplies et collégialement arbitrées. Au son des cloches, petites ou grandes, les religieuses se consacrent à la prière ainsi qu'au travail : confection de chapelets qu'elles vendent, travaux ménagers, préparation des repas pris en commun, mais aussi gestion de l'hôtellerie, car elles accueillent des hôtes extérieurs le temps d'une retraite dans leur monastère. Elles prennent aussi à l'occasion le volant pour aller visiter en délégation d'autres congrégations.

    Au service de...

    Elles ont beau vivre en lieu clos, le monde frappe à leur porte à travers le journal ou la radio, les rencontres et les échanges. Entre l'organisation d'un vide-greniers ouvert au public pour recueillir des fonds nécessaires à la restauration de l'orgue et le remontage de l'instrument dans l'église, Lorraine David et Lola Pidoux ont posé leur caméra plusieurs mois durant au sein du prieuré Sainte-Bathilde de Vanves. Saisissant le quotidien des soeurs qui font vivre les lieux, les deux réalisatrices observent leurs missions et leurs tâches, dévoilant avec un humour rafraîchissant et inattendu la manière dont les bénédictines mettent leur foi chrétienne au service de Dieu et de leurs contemporains.

    Documentaire de Lola Pidoux et Lorraine David (France, 2023, 55mn)

    Disponible jusqu'au 08/01/2024

  • Pourquoi le progressisme réussit-il si mal aux religions ?

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    Lu sur Atlantico (avec Michel Maffesoli et Bertrand Vergely)  :

    Ces Églises ou religions que l’ouverture à marche forcée à la modernité a… tuées

    RÉFORME

    Juste avant les Journées mondiales de la jeunesse, le pape a confirmé sa volonté d’inscrire l’Église dans une vision qui ne soit plus conservatrice, mais progressiste et au diapason des évolutions de la société moderne. Cette tentative de réforme est doublement dangereuse pour l’Eglise.

    Atlantico : Juste avant les Journées mondiales de la jeunesse, le pape a confirmé sa volonté de réformer l’Église, notamment, dans sa vision qui ne doit plus être conservatrice mais progressiste et au diapason des évolutions de la société moderne ainsi que de transformations voulues comme « irréversibles ». Cet engagement progressiste est-il un progrès ou une dérive pour l’Église ?

    Michel Maffesoli : Le pape François est un Jésuite, il a été formé dans cet ordre dont on sait que de tradition il considère que l’Église doit s’accorder au monde et non pas le monde à l’Eglise, ce qui était la conception traditionnelle de l’Eglise depuis les premiers siècles et qui l’a été tout au long des deux millénaires passés. 

    Il n’est donc pas étonnant que ce pape cherche à réformer l’Église pour l’adapter à la société, pour qu’elle épouse les valeurs qu’il pense fondamentales de cette société. 

    Ceci dit, cette conception n’est pas nouvelle dans l’Eglise. La querelle « du modernisme » a couru tout au long des 19e et 20e siècle. Cependant les réformes envisagées par le pape François et pour lesquelles il met en place une véritable stratégie de pouvoir, comme un politicien qui cherche à se faire réélire (ou faire élire un successeur du même bord que lui) vont plus loin qu’une acceptation du monde profane, comme cela a été le cas pour l’acceptation de la République, par Léon XIII, dans l’encyclique Rerum Novarum (1891) ; il cherche à faire évoluer l’Église pour que celle-ci se conforme aux valeurs modernes : démocratisation, banalisation du statut du clergé, indifférenciation des rôles masculin et féminin etc. 

    Cette tentative de réforme est doublement dangereuse pour l’Eglise : d’une part elle parachève le mouvement de sécularisation, de désacralisation qui conduit à la fin de la religion catholique et d’autre part, paradoxalement, cette tentative d’adapter l’Eglise au monde est tout simplement anachronique : de fait le monde actuel ne correspond pas du tout à ce qu’imagine qu’il serait un vieil homme perdu encore dans le climat révolutionnaire et marxiste de sa jeunesse. Les catholiques, dans leur grande majorité cherchent dans l’Eglise une institution qui justement soit une alternative à un modernisme laïciste, politiste et rationaliste. 

    Bertrand Vergely : Quand le pape François parle de réformer l’Église en permettant l’ordination des hommes mariés et le diaconat des femmes, il plaît à bon nombre de catholiques en Europe. Quand, dans son encyclique Fratelli Tutti ! Tous Frères ! il parle d’amour universel, de fraternité, d’ouverture à l’autre, de partage, d’action sociale et politique, il dit exactement ce que les medias occidentaux, globalement à gauche, ont envie d’entendreQuand, enfin, il appelle à ouvrir les frontières aux migrants, il dit exactement ce que la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon ainsi que toute une partie de la jeunesse adepte du No Borders, Plus de frontières, a envie d’entendre. Ainsi, dès qu’il parle modernisation, d’ouverture des frontières et d’amour universel, le pape réussit sa communication en étant reconnu comme bon pape parce que de gauche.

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  • Petit abécédaire de l'Eglise synodale

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    De l'abbé Benoît Espinasse sur La Porte Latine :

    Abécédaire de l’Église synodale

    1er août 2023

    Jargon | Confusion | Révolution

    Le pape François a convoqué un synode sur la synodalité dont la première session se tiendra à Rome au mois d’octobre prochain. Pour le préparer, le Vatican a publié très officiellement un Instrumentum Laboris[1] qui regroupe les questions sur lesquelles les évêques devront s’interroger. Le « cauchemar malsain »[2] continue.

    Ce petit abécédaire ne fait que citer le document officiel du Vatican auquel les indications de pages renvoient, sans aucune prétention d’exhaustivité. Sans doute des lecteurs soucieux d’un écrire ensemble dans un style synodal sauront-ils proposer des entrées supplémentaires en esprit de coresponsabilité …

    Charabia

    Ouvrir l’IL à n’importe quelle page. Pour exemple :

    « La communion à laquelle l’Église est appelée est une relation dynamique d’échange de dons, témoignant d’une unité transcendante dans la diversité » (p. 35).

    Colonialisme et Néocolonialisme

    « Comment aborder de manière franche, prophétique et constructive les relations entre la culture occidentale et les autres cultures, y compris au sein de l’Église, en évitant les formes de néocolonialisme ? » (p. 40).

    « Une clé de l’opposition prophétique aux colonialismes nouveaux et destructeurs est l’ouverture de lieux de service gratuit, inspirés par l’imitation du Christ, qui est venu non pas pour être servi mais pour servir (cf. Mc 10,45) » (p. 41).

    Constitution de l’Église

    « La synodalité se révèle être une dimension constitutive de l’Église depuis ses origines, même si elle est encore en voie de concrétisation » (p. 14).

    « Les dimensions synodales et hiérarchiques, toutes deux constitutives de l’Église » (p. 53).

    « Comment l’instance continentale peut-elle être intégrée au droit canonique ? » (p. 58).

    Décision

    Voir Processus décisionnel partagé

    Déficience mentale, premier obstacle à la synodalité

    « Quels sont les obstacles (mentaux, théologiques, pratiques, organisationnels, financiers, culturels) qui s’opposent à la transformation des organes participatifs actuellement prévus par le droit canonique en organes de discernement en commun effectifs ? » (p. 56).

    Divorcés-remariés

    Voir LGBTQ+, Polygamie

    Évêques (l’exercice de leur ministère)

    « Les évêques devraient-ils discerner ensemble ou séparément des autres membres du peuple de Dieu ? Les deux options (ensemble et séparément) ont-elles leur place dans une Église synodale ? » (p. 50).

    Évêques (leur nomination)

    « C’est pourquoi une formation spécifique à ces compétences[3] est nécessaire pour celles et ceux qui occupent des postes de responsabilité et d’autorité est soulignée[4], ainsi que la mise en œuvre de procédures de sélection plus participatives, en particulier en ce qui concerne les nominations d’évêques » (p. 51).

    « Comment réviser le profil de l’évêque et le processus de discernement pour identifier les candidats à l’épiscopat dans une perspective synodale ? » (p. 50).

    Femmes

    « Des réponses concrètes doivent être élaborées ensemble pour une plus grande reconnaissance de la dignité baptismale des femmes et pour la lutte contre toutes les formes de discrimination et d’exclusion dont elles sont victimes dans la communauté ecclésiale et dans la société » (p. 45).

    « Toutes les assemblées continentales appellent à aborder la question de la participation des femmes à la gouvernance, à la prise de décision, à la mission et aux ministères à tous les niveaux de l’Église, avec le soutien de structures appropriées afin que cela ne reste pas une simple aspiration générale » (p. 46).

    « La plupart des Assemblées continentales ainsi que les synthèses de nombreuses Conférences épiscopales demandent que la question de l’accès des femmes au diaconat soit réexaminée. Peut-on l’envisager et comment ? » (p. 46).

    Inclusion

    « Que devons-nous faire pour impliquer [les pauvres] de plus en plus dans notre cheminement ensemble, en laissant leur voix remettre en question notre façon de faire lorsqu’elle n’est pas assez inclusive ? » (p. 32).

    « Il s’agit d’un besoin profond d’imiter le Maître et le Seigneur également dans la capacité de vivre un paradoxe apparent : ‘proclamer avec audace son enseignement authentique tout en offrant un témoignage d’inclusion et d’acceptation radicales’ » (p. 33).

    LGBTQ+

    « Quelles mesures concrètes sont nécessaires pour atteindre les personnes qui se sentent exclues de l’Église en raison de leur affectivité et de leur sexualité (par exemple, les divorcés remariés, les personnes vivant dans des mariages polygames, les personnes LGBTQ+, etc) » (p. 33). Voir Divorcés-remariés, Polygamie

    Lieux théologiques

    « Les questions posées par l’IL expriment la richesse du processus dont elles sont issues : elles sont chargées des noms et des visages des participants et participantes, elles témoignent de l’expérience de foi du Peuple de Dieu et portent ainsi l’empreinte d’une signification transcendante » (p. 8).

    « De la première phase émerge la conscience de la nécessité de prendre l’Église locale comme point de référence privilégié, comme lieu théologique où les baptisés font concrètement l’expérience de marcher ensemble » (p. 8).

    Migrants

    « Les mouvements migratoires sont un signe de notre temps et les « migrants sont un ‘paradigme’ capable d’illuminer notre temps » » (p. 31).

    « L’accueil des migrants devient-il une occasion de cheminer avec des personnes d’une autre culture, surtout lorsque nous partageons la même foi ? » (p. 32).

    Ministères (nouveaux)

    « L’expérience de cheminer ensemble dans l’Église locale permet d’imaginer de nouveaux ministères au service d’une Église synodale ».

    « Grandir en tant qu’Église synodale implique un engagement à discerner ensemble quels ministères doivent être créés ou promus à la lumière des signes des temps, comme une réponse au service du monde » (p. 44).

    « Comment promouvoir le ministère d’animateur des processus de discernement en commun, en veillant à ce que ceux qui l’exercent reçoivent une formation et un accompagnement adéquats ? » (p. 54).

    Ministère ordonné

    « Il y a un appel clair à dépasser une vision qui réserve aux seuls ministres ordonnés (évêques, presbytres, diacres) toute fonction active dans l’Église, réduisant la participation des baptisés à une collaboration subordonnée » (p. 43).

    « Quels sont les chemins de formation à mettre en œuvre pour favoriser dans l’Église une compréhension de la ministérialité qui ne se réduise pas au ministère ordonné ? » (p. 44).

    « [Les Assemblées continentales] notent l’inquiétude généralisée face à un exercice du ministère ordonné qui n’est pas adapté aux défis de notre temps, loin de la vie et des besoins du peuple, souvent confiné à la seule sphère liturgico-sacramentelle » (p. 47). Voir séminaire, Ordination des hommes mariés.

    Œcuménisme

    « La synodalité et l’œcuménisme sont deux chemins à parcourir ensemble, avec un objectif commun : un meilleur témoignage chrétien. Celui-ci peut prendre la forme d’une vie commune dans un « œcuménisme de la vie » à différents niveaux, y compris les mariages interconfessionnels, mais aussi de l’acte suprême de donner sa vie en témoignage de la foi au Christ dans l’œcuménisme du martyre » (p. 37).

    « Comment la devise œcuménique du pape François « Marcher ensemble, travailler ensemble, prier ensemble[5] » peut-elle inspirer un engagement renouvelé en faveur de l’unité des chrétiens de manière synodale ? » (p. 38).

    Ordination des hommes mariés

    « Est-il possible, comme le proposent certains continents, d’ouvrir une réflexion sur la possibilité de revoir, au moins dans certains domaines, la discipline sur l’accès au presbytérat d’hommes mariés ? » (p. 48).

    Peuple de Dieu, premier sujet du gouvernement de l’Église synodale

    « Le processus synodal peut devenir « un dynamisme de communion qui inspire toutes les décisions ecclésiales », parce qu’il implique réellement tous les sujets – le Peuple de Dieu, le Collège des évêques, l’évêque de Rome – chacun selon sa fonction » (p. 57).

    Polygamie

    Voir LGBTQ+, Divorcés-remariés

    Primauté pontificale

    « Comment le processus synodal en cours peut-il contribuer à « trouver une forme d’exercice de la primauté qui, sans renoncer à l’essentiel de sa mission, soit ouverte à une situation nouvelle ? » (p. 38).

    « Le synode 2021–2024 démontre clairement que le processus synodal est le contexte le plus approprié pour l’exercice intégré de la primauté, de la collégialité et de la synodalité » (p. 59).

    Processus décisionnel partagé

    « Les Assemblées continentales ont exprimé un désir de processus décisionnels plus partagés, capables d’intégrer la contribution de l’ensemble du Peuple de Dieu (…). L’expression de ce désir accompagne celle d’une insatisfaction à l’égard des formes d’exercice de l’autorité dans lesquelles les décisions sont prises sans consultation » (p. 53).

    « Comment un acte non collégial pourrait-il discerner ce que l’Esprit dit à l’Église à travers la consultation du Peuple de Dieu qui « ne peut se tromper dans la foi » » (p. 59).

    Séminaires

    « Les candidats au ministère ordonné doivent être formés à un style synodal et à une mentalité synodale. La promotion d’une culture de la synodalité implique le renouvellement du cursus actuel des séminaires et de la formation des formateurs et des professeurs de théologie, afin d’orienter de façon plus claire et plus décisive la formation vers une vie de communion, de mission et de participation. La formation à une spiritualité synodale est au cœur du renouveau de l’Église » (p. 24).

    « Un renouvellement des programmes des séminaires est également nécessaire, afin qu’ils soient plus orientés vers la synodalité et plus en contact avec l’ensemble du Peuple de Dieu » (p. 47).

    « Quelles peuvent être les propositions de réforme des séminaires et des maisons de formation, afin qu’ils puissent être des lieux préparant les candidats au ministère ordonné à grandir dans un style d’exercice de l’autorité propre à une Église synodale ? Comment repenser la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis et ses documents d’application au niveau national ? Comment repenser en ce sens les cursus des facultés de théologie ? » (p. 52).

    Synode

    « Marcher ensemble, c’est-à-dire faire synode » (p. 7).

    Vatican II

    « La référence commune ne peut être que la vision de Vatican II » (p. 9).

    « Une réception sereine du Concile Vatican II émerge, avec la reconnaissance de la dignité baptismale comme fondement de la participation de chacun à la vie de l’Église. La dignité baptismale est aisément reliée au sacerdoce commun comme fondement des ministères baptismaux » (p. 43).

    Notes de bas de page

    1. Instrument de travail[]
    2. Le cardinal Pell, peu avant sa mort, avait qualifié le premier document de travail pour le synode publié par le Vatican, intitulé Élargis l’espace de ta tente, de « cauchemar malsain ».[]
    3. « une attitude de service et non de pouvoir ou de contrôle, la transparence, l’encouragement et le développement des personnes, la compétence et la capacité de vision, le discernement, l’inclusion, la collaboration et la délégation », p.51[]
    4. Note de La Porte Latine : la faute de syntaxe est dans le document original.[]
    5. On remarquera qu’il est désormais difficile de se voiler la face en distinguant entre prier ensemble d’une part et être ensemble pour prier d’autre part. Le masque est levé.[]
  • L'Église espagnole perd une célébration liturgique sur trois en moins d'une décennie

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    De Dani Domínguez sur lamarea.com :

    L'Église espagnole perd une célébration liturgique sur trois en moins d'une décennie.

    Le mariage est le rite qui subit la plus forte baisse : entre 2013 et 2021, 53,5 % de mariages en moins seront célébrés à l'église.

    14 août 2023

    En 2013, 254 222 baptêmes catholiques ont eu lieu en Espagne, la principale célébration liturgique de l'Église, suivie des premières communions, des confirmations et des mariages. Huit ans plus tard, les baptêmes n'ont pas atteint les 150 000 pour l'ensemble de l'année 2021, dernière année pour laquelle la Conférence épiscopale fournit des données. Une baisse de 41 % pour ce type de célébration d'initiation au christianisme, qui n'est cependant pas celle qui a subi la plus forte chute.

    La sécularisation de la société espagnole est également visible dans la baisse du nombre de communions, le deuxième rite catholique : alors qu'en 2013 on en comptait près de 250 000, en 2021 on en comptera à peine plus de 180 000, soit 26,75 % de moins. Les confirmations subissent une baisse moins importante : de 118 000 à 103 500, soit une perte de 12,2 %. À l'autre extrême, les mariages, qui en huit ans sont passés de 54 000 à un peu plus de 25 000, soit une baisse de 53,55 %.

    En moins d'une décennie, l'Église espagnole a perdu une célébration liturgique annuelle sur trois. La pandémie de COVID-19 a clairement influencé le déclin de ces rites, principalement en 2020, où les baptêmes, les communions, les confirmations et les mariages ont atteint un niveau historiquement bas en Espagne. En 2021, même si la différence est moindre, le dernier adieu a de nouveau dépassé le nombre de mariages : 27 045 onctions et 25 762 mariages.

    Cependant, le processus de sécularisation s'est poursuivi au fil du temps et, depuis 2013, les baptêmes, les premières communions et les mariages ont subi un déclin progressif année après année. Seules les confirmations ont connu une petite embellie en 2016 et 2017, mais à partir de là, elles ont également commencé à diminuer progressivement.

    La perte de foi se reflète également dans les ressources humaines de la Conférence épiscopale elle-même. En dix ans (2012-2021), le nombre de prêtres est passé de 19 347 à 16 126, soit une baisse de 16,6 %. Le nombre de moniales et de moines cloîtrés a également diminué (de 10 899 à 8 326), ainsi que celui des catéchistes (de 109 334 à 87 923).

    L'argent public augmente

    La sécularisation ne se traduit toutefois pas par une diminution du montant des fonds publics perçus par la religion catholique en Espagne. Par le biais de leur déclaration de revenus, les contribuables peuvent donner 0,7 % de leurs impôts à l'Église, la seule organisation disposant d'une case séparée. Depuis 2010, le nombre de déclarations de revenus est resté pratiquement inchangé : quelque 7,4 millions de personnes ont coché la case en faveur de l'Église. Malgré cela, le montant total de l'argent injecté dans ses caisses a augmenté de manière significative : de 250 millions d'euros en 2010 à 321 millions d'euros en 2021, soit environ 70 millions d'euros de plus.

    L'allocation fiscale n'est cependant pas le seul transfert d'argent public vers les comptes de l'Église. Au cours de la dernière décennie, le ministère de la Défense a dépensé près de 40 millions d'euros pour payer les salaires des prêtres militaires servant dans les forces armées. Actuellement, ce service d'assistance religieuse compte 84 membres dont les salaires ont augmenté ces dernières années. Ainsi, les dépenses pour leurs salaires s'élevaient à 2,7 millions d'euros en 2012 ; dix ans plus tard, en 2021, elles atteignent 3,3 millions d'euros, auxquels il faut ajouter les "frais de société".

    Une enquête de lamarea.com a montré en avril dernier que les communautés autonomes dépensent plus de 7,2 millions d'euros pour payer l'assistance religieuse dans les hôpitaux. Ce chiffre ne reflète toutefois pas la réalité, car ni la Catalogne, ni la Galice, ni les îles Canaries n'ont fourni leurs données.

  • Qui était le mentor du nouvel archevêque ?

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    D'Erik De Smet sur KerkNet :

    Le Père Emile, le mentor du nouvel archevêque [portrait]

    14 août 2023

    Lors de sa présentation en tant que nouvel archevêque, Luc Terlinden a explicitement désigné le curé Émile Vandenbussche (1930-2014) comme son mentor. Un portrait.

    Luc Terlinden (links) in 2010 in Lourdes met de toen zorgbehoevende Émile Vandenbussche. Op latere leeftijd was hij blind.  © Aartsbisdom Mechelen-BrusselLuc Terlinden (à gauche) à Lourdes en 2010 avec Émile Vandenbussche, alors en soins. Plus tard, il est devenu aveugle. Archidiocèse de Malines-Bruxelles

    Né le 27 juin 1930 à Anderlecht, Émile Vandenbussche fait partie des dernières grandes " années d'ordination " du séminaire archidiocésain, alors unitaire. La tradition voulait que les premiers du collège choisissent la prêtrise diocésaine. Le cardinal Van Roey l'a ordonné prêtre le 26 décembre 1955.

    Bruxellois typique, avec une double identité, il a travaillé dans l'aumônerie paroissiale bruxelloise tout au long de sa carrière sacerdotale.

    D'abord comme vicaire paroissial au Sacré-Cœur à Anderlecht (1955-1959), puis à Sainte-Alène à Saint-Gilles (1959-1964). En 1963, il est chargé de fonder une nouvelle paroisse dans les quartiers populaires de Saint-Gilles. À l'époque, il y avait beaucoup de pauvreté et le quartier était caractérisé par l'arrivée d'étrangers, un phénomène nouveau à l'époque", raconte Mgr Herman Cosijns, qui l'a bien connu.

    Il y a construit une église moderne en solidarité avec les travailleurs espagnols et portugais. Il était important pour lui de valoriser les personnes vivant dans ces conditions. La paroisse a été baptisée Jésus-Travaileur/Jesus Worker, un nom spécial.

    Prière et foi vécue

    Émile Vandenbussche était postconciliaire, mais ne pouvait être qualifié de progressiste. (...) C'était un homme de prière et de foi vécue, un véritable homme intérieur qui vivait de sa vie de prière.

    En 1981, Vandenbussche est nommé doyen de Schaerbeek-Nord et curé de Saint-Servais ; non pas le Schaerbeek bourgeois, mais les quartiers ouvriers multicolores, bientôt connus et reconnus pour les problèmes causés par la concentration de nouveaux arrivants. De 1976 à 1983, il est en même temps responsable de la formation pastorale au séminaire diocésain.

    "C'était vraiment Charles de Foucauld à lui tout seul", dit Cosijns, "à travers le parcours des fraternités sacerdotales de Charles de Foucauld, je vois le lien avec Luc Terlinden." Il existe un autre lien : le prédécesseur de Terlinden en tant que vicaire général de l'archevêché, Etienne Van Billoen, était un très bon ami de Vandenbussche.

    Après 2000, Vandenbussche est devenu aveugle et a séjourné dans une maison de repos à Laeken.
    Le fait de ne plus pouvoir lire, et plus tard de ne plus pouvoir présider l'eucharistie, a été une lourde épreuve pour le prêtre bruxellois. Dans ses prières quotidiennes, il demandait à Dieu de lui montrer les signes du Royaume à venir et savait regarder le monde avec foi et espérance. Émile Vandenbussche est décédé en 2014. L'évêque auxiliaire Jean Kockerols l'avait alors décrit comme "un prêtre au parcours et à l'engagement uniques".

    Mystère pascal et eucharistie

    Dans l'homélie qu'il a prononcée lors des funérailles de Vandenbussche, le Père Etienne Van Billoen a déclaré que "la vie intérieure de Miels était caractérisée par deux aspects : le mystère pascal et l'eucharistie".

    Sa foi dans le Seigneur mort et ressuscité était inébranlable. Il en a fait l'expérience dans sa chair. Lui qui aimait rappeler qu'il n'y a pas de Pâques sans Vendredi saint, a connu beaucoup de Vendredis saints.

    Emile était depuis longtemps imprégné intérieurement du vrai sens de la participation à l'Eucharistie. Il ne s'agissait pas d'accomplir un rituel ou de se soumettre à une tradition. Pour lui, l'Eucharistie était le lieu pour se donner entièrement à Dieu, pour se sacrifier à l'imitation du Christ, afin de pouvoir ensuite se donner entièrement aux autres. Si la foi d'Emile dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ était si forte, c'est parce que pendant près de 59 ans, il s'est donné dans la célébration de l'Eucharistie".

    Une clé pour comprendre aussi la spiritualité de Luc Terlinden ?

  • Maredsous, 16 septembre 2023 : messe pontificale à l’occasion de l’Installation du 51ème Grand Maître de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem

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    Messe pontificale

    Le samedi 16 septembre 2023 à 11h dans l’église abbatiale, une messe pontificale sera célébrée à l’occasion de l’Installation du 51ème Grand Maître de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem, Son Altesse Royale le Prince François d’Orléans, Comte de Dreux.

    Le messe sera Présidée par Son Eminence le Cardinal Antoine Kambanda, Archevêque de Kigali, et en Présence de Monseigneur Noël Treanor, Nonce Apostolique pour l’Europe. Et concélébrée par le Père Abbé, Dom Bernard Lorent.

    Plusieurs personnalités royales seront également présentes.

    La chorale des Petits Chanteurs de Belgique animera la  célébration.

    La messe est accessible à tous.

    Seul impératif, il faudra être installé dans l’église au plus tard pour 10h30, la messe commençant à 11h précise.

  • La révolution du pape François "jette le trouble dans l'Eglise"

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro via Il Sismografo :

    Ordination d’hommes mariés, diaconat féminin... La révolution voulue par le pape François jette le trouble dans l’Église

    13 août 2023

    Le pape entend modifier en profondeur la gouvernance de l’institution catholique. Une voie contestée par de nombreux laïcs et prêtres.-- En cette fête de l’Assomption de Marie, le 15 août, le monde catholique célèbre l’un de ses plus grands rendez-vous de l’année. Encore bercé par le succès rassurant des JMJ au Portugal, l’Église vit toutefois dans la confusion face aux orientations que le pape entend imposer dès la rentrée à l’institution. La douce consolation estivale de Lisbonne pourrait se transformer en un véritable choc automnal.

    Juste avant les Journées mondiales de la jeunesse, le pape a en effet confirmé, par des actes forts, sa volonté de réformer l’Église, à tout prix et en trois directions. En premier lieu sa gouvernance, que François veut plus démocratique et décentralisée. La vision théologique catholique ensuite qui ne doit plus être conservatrice mais progressiste, au diapason des évolutions de la société moderne. Et enfin sa succession, qu’il prépare en réduisant à une minorité congrue les cardinaux opposés à sa vision de l’Église parmi ceux qui éliront son successeur.

    Ainsi, le 20 juin, faisait-il publier un audacieux «document de travail» (instrumentum laboris), qui guidera le prochain synode réformateur sur la gouvernance de l’Église. Cette assemblée réunira au Vatican trois cents évêques et expert laïcs en deux sessions, programmées en octobre prochain et un an plus tard. Le 7 juillet, le Vatican dévoilait la liste décisive des participants à ce synode, choisis, en majorité, pour leur opinion en faveur de la réforme.

    Parmi eux, François a voulu par exemple nommer James Martin, un jésuite américain, leader de la défense de la cause LGBTQ+. Ce religieux est un symbole. Il est aussi extrêmement efficace et ne sera pas inerte lors de l’assemblée pour faire avancer le dossier de la bénédiction des couples homosexuels, l’une des réformes publiquement demandées par ce synode.

    Les décisions «irréversibles» du pape

    Parmi les autres réformes débattues, la gouvernance de l’Église, elle, ne serait plus aux seules mains des prêtres et évêques. Des laïcs de base seraient impliqués selon une méthode plus démocratique, moins hiérarchique. Rome ne serait plus d’ailleurs la centrale de pouvoir, lequel devrait se décliner au niveau local ou continental, selon les dossiers. Quant aux femmes, elles pourraient bénéficier de nouvelles responsabilités et, un jour, d’un statut diaconal, la requête est déposée. Le célibat sacerdotal, enfin, sera lui aussi discuté pour ouvrir, pourquoi pas, la prêtrise à des hommes mariés.

    Le 1er juillet, François a pris une autre décision capitale. Il a nommé son ami et fils spirituel, Mgr Victor Manuel Fernandez, 61 ans, au poste clé de préfet du dicastère de la Doctrine de la foi. À partir de la mi-septembre, cet Argentin, mentor théologique du pontificat de François, va donner le ton à l’échelle mondiale de l’Église catholique. Comme le fit, au même poste, un certain cardinal Ratzinger sous le pontificat de Jean-Paul II. Sauf que Fernandez apparaît comme l’anti-Ratzinger sur le plan théologique.

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  • Une exposition pour se convaincre de la vérité du Saint Suaire

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    D'ACI Stampa (Caterina Maniaci) :

    La Via Sindonis est une "provocation" pour l'homme d'aujourd'hui

    11 août 2023

    Au cœur de la lagune vénitienne, à Chioggia, dans l'église de San Domenico, gardienne de nombreux trésors d'art et de foi, tout est prêt pour accueillir le visiteur qui souhaite entreprendre un long et intense voyage à travers la foi et l'histoire, en commençant par les siècles du christianisme primitif, et même plus loin, à l'époque où le jeune fils d'un charpentier erre sur les terres de Palestine et prétend être le Fils de Dieu, venu annoncer le Royaume des Cieux, un royaume très différent de celui que les hommes ont imaginé... Que Jésus est condamné à une mort infâme, la mort sur une croix, après flagellation et autres tortures. C'est à partir de cette mort infâme, la mort sur la croix, suivie de la résurrection, que commence la grande aventure du christianisme.

    Il est difficile d'imaginer une telle souffrance, mais ici, à Chioggia, il est désormais possible de rencontrer l'Homme des Douleurs, enveloppé dans un drap qui, pour des millions de croyants au cours des siècles, est précisément le tissu dans lequel le corps du Christ a été enveloppé et dans lequel un témoignage atroce de blessures et de sang est resté imprimé de manière indélébile.

    Après le grand succès rencontré en Espagne, où elle a été visitée par plus de cent vingt mille personnes, dans la cathédrale de Salamanque, l'exposition internationale "L'homme mystérieux" est maintenant arrivée en Italie. Un voyage unique pour découvrir pour la première fois le visage et le corps hyperréaliste et tridimensionnel de l'Homme du Saint Suaire.

    L'exposition restera ouverte pendant longtemps, jusqu'au 7 janvier 2024. Développée par la société Artisplendore, elle est le résultat de quinze années de recherche de l'artiste et conservateur Alvaro Blanco, avec Radio Vatican, Vatican News et L'Osservatore Romano comme partenaires médiatiques.

    Un voyage condensé en six salles à travers l'art, l'histoire et la science, pour retracer les derniers moments de la vie du Christ et les événements particuliers liés au Suaire. La technologie de haut niveau fournie à l'exposition par ArtiSplendore permet l'expérience la plus immersive et la plus captivante possible. Pas moins de cinq cents représentations témoignent de l'évolution de l'iconographie du Christ au fil des siècles. Les objets décrits dans les récits évangéliques sont reproduits, les objets quotidiens comme les objets cruciaux, tels que les trente deniers de Judas. Et des lances, comme celles utilisées par les soldats romains qui ont piqué le Christ sur le chemin du Calvaire, vers la Croix. On y découvre également les vicissitudes et l'incroyable histoire du Suaire.

    C'est dans la dernière salle que se produit la rencontre à laquelle le visiteur s'est intérieurement préparé, dans laquelle l'art, l'histoire et la foi se rejoignent : voici la sculpture tridimensionnelle du corps enveloppé dans le Suaire, réalisée selon des critères scientifiques et médico-légaux précis et stricts, en latex et en silicone, et même avec des cheveux naturels. Voici donc l'"homme du mystère" : un corps nu d'environ 1,78 mètre, pesant 75 kilos, criblé de blessures correspondant aux tortures infligées, entre autres, avec le terrible flagelle romain, et à la crucifixion, le visage tuméfié et les cheveux trempés de sueur et de sang : pour les croyants, les signes certains de la passion et de la mort de Jésus.  Mais ce n'est pas le dernier mot.

    The Mystery Man - Mostra - Chioggia - Chiesa di San Domenico - Arte.it

    Et justement, pour prier intensément et méditer dans la lumière qui se réverbère sur le tissu sacré, le long d'un chemin qui mène de l'obscurité du tombeau à la lumière de la Résurrection, nous proposons la lecture des textes d'Emanuela Marinelli, grande érudite et experte en la matière. Une lecture précieuse même en ces temps d'obnubilation générale, en cet été qui semble de plus en plus associé à l'annulation des facultés intellectuelles et à la proximité miséricordieuse.

    Nous vous proposons à nouveau la lecture et la prière de "Piccola Via Sindonis. Un chemin de croix à la lumière du Saint Suaire", publié par Ares il y a quelques mois, écrit par Marinelli avec Don Domenico Repice.  "Le Linge Sacré est un moyen puissant et extraordinairement actuel de raconter l'histoire de Jésus avec la force éloquente des images, aujourd'hui très présentes dans l'univers de la communication. Cet Orma est donc un soutien précieux pour notre foi, un rappel puissant du mystère de l'Incarnation qui donne un sens à notre histoire", écrit le cardinal Enrico Feroci dans la préface.

    Rappelons également le volume publié il y a environ un an, toujours par Ares, intitulé "Via Sindonis", une exposition et une méditation plus vastes, qui vont toujours dans le sens de la Passi "ne et de la Résurrection.

    Nous savons, bien sûr, que le Suaire, conservé dans la cathédrale de Turin, a fait l'objet d'innombrables études scientifiques et historiques qui ont confirmé son authenticité, malgré de nombreuses tentatives pour l'infirmer.  La comparaison entre ce qui a été trouvé dans le drap, vénéré au cours des siècles, et ce qui est raconté dans les quatre Évangiles conduit à la conviction qu'il est important de faire connaître la précieuse relique comme un document de la Passion du Christ - une "provocation", comme on l'a appelée, même pour ceux qui ne croient pas - et introduit un nouveau chemin de croix, inspiré par le Suaire, en tenant compte de ce que nous vivons dans notre époque contemporaine difficile et complexe.

    Emanuela Marinelli, Domenico Repice, Little Via Sindonis, Ares Editions, pp. 344

    Emanuela Marinelli, Domenico Repice, Piccola Via Sindonis, Edizioni Ares, pp.160, euro 13

  • Où en sont les séminaires ? La situation aux Etats-Unis

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    De Daniel Payne sur Catholic News Agency :

    Certains séminaires américains enregistrent une hausse des inscriptions alors que le nombre de séminaristes reste stable à l'échelle nationale

    12 août 2023

    Le nombre de séminaristes aux États-Unis est en baisse depuis des décennies, car de moins en moins de jeunes hommes cherchent à devenir prêtres et le nombre de prêtres en activité aux États-Unis continue de diminuer. Toutefois, certains diocèses font état d'une augmentation notable des inscriptions, ce qui laisse présager un retournement de situation dans certaines régions.

    Les données annuelles du Center for Applied Research in the Apostolate de l'université de Georgetown, publiées en juin de cette année, montrent "la poursuite d'un déclin relativement lent à long terme" des vocations sacerdotales aux niveaux pré-théologie et théologie, passant de plus de 6 400 hommes en 1970 à 2 759 au cours de l'année universitaire la plus récente. 

    Des baisses similaires ont été observées dans les inscriptions de séminaristes au niveau du collège et du lycée au cours de la même période. Ces dernières années, la baisse du nombre de prêtres et de séminaristes a également été observée au niveau mondial.

    Pourtant, certains responsables de séminaires et de diocèses ont déclaré à CNA que le nombre de séminaristes en formation pour la prêtrise avait augmenté ces dernières années.

    Le père Joe Taphorn, recteur de l'école de théologie du séminaire Saint-Paul à Minneapolis, a déclaré que la classe actuelle de séminaristes de l'école est la plus importante depuis qu'il y travaille, soit près de cinq ans. 

    "Lors de la première rentrée, nous avions 77 séminaristes", a déclaré M. Taphorn à l'ANC. "Nous serons probablement un peu plus de 100 cet automne. Et c'est presque complet. Nous nous approchons de la capacité d'accueil.

    La croissance de l'école est continue. En 2021, le séminaire a connu sa plus forte augmentation d'inscriptions en une année depuis 1975, passant de 70 à 90 séminaristes. Au printemps de cette année, 16 séminaristes de l'école ont été ordonnés diacres transitoires.

    "Nous ne serons jamais le plus grand séminaire, ne serait-ce qu'en raison de nos installations", a-t-il déclaré. "Mais si nous assurons une bonne formation, si nous préparons bien nos hommes et si nous leur donnons une vision positive, cela attire les jeunes hommes. Nous continuons à susciter l'intérêt et à recevoir des visites de jeunes hommes désireux d'en savoir plus".

    Selon M. Taphorn, l'Église doit être proactive dans sa manière d'encourager les jeunes hommes à rechercher la prêtrise.

    "Nous avons besoin d'un état d'esprit qui ne soit pas celui de la retraite, mais celui de la progression", a-t-il déclaré. "Je pense que les jeunes recherchent quelque chose de plus que ce que le monde offre. Je pense qu'ils aspirent à la grandeur. En fin de compte, cela se trouve dans la sainteté et dans l'amour sacrificiel".

    Le déclin des vocations aux États-Unis pousse depuis des années les diocèses et les évêques à prendre des mesures parfois draconiennes pour remédier à la pénurie de prêtres. Une initiative majeure visant à fusionner les paroisses de l'archidiocèse de Saint-Louis est motivée en partie par la pénurie de prêtres qui se profile à l'horizon, étant donné que de plus en plus de prêtres partent à la retraite et qu'il n'y a pas assez d'ordinations pour les remplacer.

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