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Foi - Page 290

  • A quand un catéchisme qui enseigne le contenu de la foi ?

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    Un catéchisme qui enseigne le contenu de la foi !

    Une vraie réforme de l’Église passera nécessairement par un effort considérable pour rétablir un enseignement du catéchisme catholique, non seulement aux enfants et aux nouveaux baptisés, ou encore aux « recommençants » qui renouent avec l’Église, mais aussi à l’ensemble des fidèles, dont l’ignorance des rudiments de la doctrine chrétienne est souvent abyssale.

    Dans des pays comme la France le catéchisme a longtemps concerné la presque totalité de la population même non pratiquante, 80% des enfants suivaient les cours : la conclusion des années de catéchisme était la cérémonie de communion solennelle (profession de foi) à l’âge de 11-12 ans que pratiquement toutes les familles se faisaient un devoir de fêter, quel que soit leur degré de catholicisme. Ainsi, le catéchisme était « l’œuvre par excellence » selon Mgr Dupanloup, une œuvre missionnaire en continu. Même si les enfants de parents non pratiquants cessaient eux-mêmes de pratiquer après cette cérémonie, ils avaient tous reçu une instruction qui rendait à chacun la religion familière.

    Le trou noir de l’après-Concile

    En France, la grande rupture dans la pratique dominicale en 1965, à en croire Guillaume Cuchet dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien que nous avons plusieurs fois sollicité[1], s’est manifestée par le fait, enregistré par le chanoine Boulard, qu’une bonne partie des jeunes de 15-24 ans, enfants de catholiques pratiquants, ont quant à eux cessé de pratiquer. Mais la rupture dans le nombre des enfants catéchisés a mis un peu plus de temps à être ressentie. Elle a tenu au fait que les parents non pratiquants ont cessé d’envoyer leurs enfants au catéchisme, en partie découragés par les prêtres eux-mêmes qui dénonçaient l’« hypocrisie » des communions solennelles immédiatement suivies de l’abandon de la pratique. Ensuite, au fur et à mesure que s’est resserré le nombre des pratiquants, pour arriver aujourd’hui à moins de 2% de la population, le nombre des catéchisés s’est réduit en conséquence et même encore plus vite, dans la mesure où la majorité de ceux qui continuent à pratiquer sont désormais des grands-parents.

    En 1982, 54% des enfants de 11 à 12 ans étaient encore inscrits au catéchisme. Aujourd’hui d’ailleurs, une bonne part des parents qui demandent encore une instruction catéchétique pour leurs enfants les en retirent généralement après la première communion (8-10 ans). Si en 1982, 60% des enfants catholiques de 8 à 11 ans étaient encore inscrits au catéchisme, en 2016-17, ils n’étaient que 16%. Tous les témoignages urbains et ruraux, concordent : jamais le nombre des catéchisés n’a été aussi bas. Qui plus est, la fréquentation des cours par les enfants inscrits est épisodique et s’accompagne souvent d’une assistance à la messe dominicale plus épisodique encore. Elle ne produit qu’un bagage de connaissances si faible que, dans bien des cas, les enfants « catéchisés » ne connaissent même pas les prières élémentaires.

    Mais en outre, la grande faillite catéchétique a été celle du contenu. Elle a commencé à l’époque de l’emblématique Catéchisme hollandais de 1966. L’encadrement du « renouveau », à la fin des années 70, a aggravé la crise par la rédaction de parcours (le plus fameux d’entre eux étant Pierres vivantes de 1981[2]). Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le résultat fut analogiquement semblable à celui du nouvel enseignement de l’histoire et des matières littéraires dans les lycées et collèges : l’instillation d’idées fausses peut-être, mais surtout du néant culturel. Or, il s’agissait ici du contenu du Credo...

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  • Sur AUVIO : Jean-Paul II raconté par son secrétaire privé dans "À droite sur la photo"

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    Pope

    Du site de la RTBF : une émission qui mérite d'être signalée d'autant plus que la chose est tout à fait inattendue sur ce site...

    Jean-Paul II raconté par son secrétaire privé dans "À droite sur la photo"

    Voilà 100 ans naissait Karol Wojtyla, un homme qui allait marquer l'histoire de son empreinte. Stanislas Dziwisz, qui fut son secrétaire privé du temps où il était pape, nous raconte son destin exceptionnel dans "À droite sur la photo".

    Karol Wojtyla connaît une jeunesse compliquée alors que son pays, la Pologne, est soumis à l'impitoyable occupation nazie. Il fait l'expérience du travail forcé et du séminaire clandestin. Puis il affronte le nouveau pouvoir communiste dont il devient un adversaire redouté. Mais Wojtyla serait resté un inconnu aux yeux du monde sans cette journée de 1978 où il devient le pape que l'on n'attendait pas. 

    "À droite sur la photo" est une collection de documentaires qui raconte la vie des grands personnages de notre histoire à partir des témoignages de celles et ceux qui furent leurs plus proches ; ces personnages, souvent anonymes, qu'a première vue on aperçoit à peine. Ceux sont eux, là... À droite sur la photo.

    Le cardinal Dziwisz a été le secrétaire particulier du pape Jean-Paul II. Depuis la Pologne, écrasée par l'occupation nazie puis par le régime communiste, il a suivit Karol Wojtila jusqu'à Rome où il est devenu l'un des hommes les plus puissants du Vatican. Il nous raconte l'intimité et les combats de Jean-Paul II : l'homme que l'histoire considère aujourd'hui comme celui qui vaincu le totalitarisme en Europe.

    "À droite sur la photo : le pape Jean-Paul II", disponible pendant 3 mois sur Auvio.

  • Le bienheureux Nicolas Sténon, patron de la droite liturgie (1638-1686) (Liturgie 36)

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    Liturgie 36 ‒ Le bienheureux Nicolas Sténon, patron de la droite liturgie (1638-1686) (25 mn) 

    Après la première partie du cours qui abordait l'histoire de la liturgie, nous abordons certains points de la théologie de la liturgie. 

    Le docteur Denis Crouan raconte la vie de cet évêque (Niels Stensen en allemand) béatifié par Jean-Paul II. Ce saint peu connu a montré que la liturgie est un acte de justice à l'égard de Dieu (la vertu de religion fait partie de la vertu de justice). Dans la persécution, il a travaillé à l'établissement des décrets du Concile de Trente à son époque. Il a fini par renoncer à sa charge d'évêque et a consacré la fin de sa vie à un ministère de simple prêtre.  

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022-2023 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Institut Docteur Angélique 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

  • François en Hongrie : éloges inattendus et quelques avertissements

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    De Nico Spuntoni sur le site web de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Viktor-Orban-pape-Francois-2-1.jpg

    " Le pape dépoussière les principes non négociables et désigne même Budapest comme modèle pour le reste de l'Europe sur la famille et la natalité, questions sur lesquelles le pays est isolé de l'UE, ainsi que sur le conflit en Ukraine. Mais il n'y avait pas que du miel, il y avait aussi du tonnerre sur les migrants et sur le rapport à la société sécularisée :

    Le pape utilise la carotte et le bâton le premier jour de son 41e voyage apostolique. En effet, dans la Hongrie d'Orban, rencontre avec les autorités , François dépoussière les principes non négociables et le fait en s'en prenant implicitement à l'Union européenne, coupable de vouloir transformer l'Europe en une "réalité fluide, sinon gazeuse", ce qu'il définit significativement comme un « supranationalisme abstrait, oublieux de la vie des peuples ».

    Ce sont des paroles importantes aussi parce qu'elles ont été prononcées devant les autorités hongroises qui sont presque en guerre ouverte avec Bruxelles. Et comment se déroule cette tentative de transformation ? À travers, dit le pape, "la voie néfaste des" colonisations idéologiques ", qui éliminent les différences, comme dans le cas de la soi-disant culture de genre, qui élimine précisément les différences ou place les concepts réducteurs de liberté avant la réalité de la vie, par exemple en vantant comme une conquête un « droit à l'avortement » insensé, qui est toujours une défaite tragique». Des propos qui vont plaire au gouvernement hongrois qui s'est retrouvé sur le banc des accusés de l'UE pour la loi de propagande anti-LGBT.

    François réserve des éloges imprévisibles, désignant même Budapest comme un modèle pour le reste de l'Europe sur certaines questions spécifiques , notamment la lutte contre l'hiver démographique. Cela a été vu avec des compliments pour les "politiques efficaces pour la natalité et la famille, soigneusement menées dans ce pays". Et puis, comme le prévoyaient les reconstitutions qui anticipaient ce voyage, la référence au conflit proche en Ukraine sur lequel Budapest danse seule par rapport au reste des pays de l'UE ne manquait pas.

    Rappelant les souffrances passées de la Hongrie sous la dictature communiste, François a reconnu la "mission de garder le trésor de la démocratie et le rêve de paix". Et sur cette question, le pape ne s'est pas retenu et a parlé explicitement : « Je me demande, même en pensant à l'Ukraine tourmentée, où sont les efforts créatifs pour la paix ? Où sont-ils ? », a-t-il fustigé, critiquant également « l'infantilisme de guerre ». Des tons qui démontrent l'harmonie sur le sujet avec les autorités hongroises. En effet, dans son discours de bienvenue, le président Katalin Novak lui a demandé « d'intercéder personnellement pour une paix juste dans les plus brefs délais ». Et à son tour, François, dans leur conversation, lui a demandé d'être "une ambassadrice de la paix". S'il y avait des doutes sur la faveur avec laquelle le Pape considère la position décalée de Budapest, cette première journée n'a pu que les dissiper.

    Mais ce n'était pas que du miel pour le gouvernement hongrois. En effet, François s'est fait entendre et a tonné contre le populisme et le nationalisme, rappelant Budapest à sa nature de "ville de ponts" et rappelant que "les valeurs chrétiennes ne peuvent pas être témoignées à travers la rigidité et les bouclages". L'intention est claire : un avertissement sur l'accueil des migrants sur lequel le gouvernement hongrois a toujours adopté la ligne dure. Un gouvernement qui ne cache pas ses appels au christianisme dans le débat public. Et le pape, qui n'aime pas non plus « la laïcité généralisée, qui se montre allergique à tout aspect sacré et s'immole ensuite sur les autels du profit », ne se tait pas sur l'invitation toutefois « à ne pas se prêter à une sorte de collatéralisme avec la logique du pouvoir ».

    Dans le cadre des relations entre l'Église et l'État  – question qui  était au centre d'une enquête auprès des fidèles des jésuites hongrois –, il souhaite « une saine laïcité » où « quiconque se professe chrétien , accompagné de témoins de la foi, est appelé principalement à témoigner et à cheminer avec tous». Plus tard, François sera encore plus dur dans sa rencontre avec les évêques et le clergé hongrois avec lesquels il dénonce la tentation d'une "attitude 'combattante'" face à une laïcité qui n'épargne pas non plus la Hongrie ".

    Ref. François en Hongrie : éloges inattendus et quelques avertissements

    Bref : la carotte et le bâton…

  • Quand le pape s'adresse au clergé hongrois : des propos très "bergogliens"...

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETE FRANCOIS en HONGRIE
    (28 - 30 avril 2023)

    RENCONTRE AVEC LES ÉVÊQUES, LES PRÊTRES, LES DIACRES, LES CONSACRÉS, LES SÉMINARISTES ET LES AGENTS PASTORAUX
    SÉMINARISTES ET AGENTS PASTORAUX

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Co-cathédrale Saint-Étienne (Budapest)
    Vendredi, 28 avril 2023

    (traduction automatique)

    Chers frères évêques
    chers prêtres et diacres, consacrés et séminaristes
    chers agents pastoraux, frères et sœurs,
    dicsértessék a Jézus Krisztus ! [laudetur Jesus Christus !].

    Je suis heureux de me retrouver ici après avoir partagé avec vous le 52e Congrès eucharistique international. Ce fut un moment de grande grâce et je suis sûr que ses fruits spirituels vous accompagnent. Je remercie l'archevêque Veres de m'avoir salué et d'avoir repris le souhait des catholiques de Hongrie avec les mots suivants : "Dans ce monde en mutation, nous voulons témoigner que le Christ est notre avenir. Le Christ. Pas 'l'avenir, c'est le Christ', non : 'le Christ est notre avenir'. Il ne s'agit pas de changer les choses. C'est l'une des exigences les plus importantes pour nous : interpréter les changements et les transformations de notre temps, en essayant de relever les défis pastoraux du mieux possible. Avec le Christ et dans le Christ. Rien en dehors du Seigneur, rien loin du Seigneur.

    Mais cela est possible en regardant le Christ comme notre avenir : Il est "l'Alpha et l'Oméga, Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant" (Ap 1,8), le commencement et la fin, le fondement et le but ultime de l'histoire humaine. En contemplant en ce temps pascal sa gloire, celle de Celui qui est "le Premier et le Dernier" (Ap 1,17), nous pouvons regarder les tempêtes qui frappent parfois notre monde, les changements rapides et continus de la société et la crise même de la foi en Occident avec un regard qui ne cède pas à la résignation et qui ne perd pas de vue la centralité de Pâques : le Christ ressuscité, centre de l'histoire, est l'avenir. Notre vie, même si elle est marquée par la fragilité, est fermement placée entre ses mains. Si nous l'oublions, nous aussi, pasteurs et laïcs, nous chercherons des moyens et des instruments humains pour nous défendre du monde, en nous enfermant dans nos oasis religieuses confortables et paisibles ; ou, au contraire, nous nous adapterons aux vents changeants de la mondanité et, alors, notre christianisme perdra de sa vigueur et nous cesserons d'être le sel de la terre. Revenir au Christ, qui est l'avenir, pour ne pas tomber dans les vents changeants de la mondanité, ce qui est le pire qui puisse arriver à l'Église : une Église mondaine.

    Voilà donc les deux interprétations - j'aimerais dire les deux tentations - dont nous devons toujours nous méfier en tant qu'Église : une lecture catastrophique de l'histoire présente, qui se nourrit du défaitisme de ceux qui répètent que tout est perdu, qu'il n'y a plus les valeurs du passé, que nous ne savons pas où nous allons aboutir. Il est beau que le révérend Sándor exprime sa gratitude à Dieu qui l'a "délivré du défaitisme" ! Et qu'a-t-il fait de sa vie, une grande cathédrale ? Non, une petite église de campagne, une église d'urgence. Mais il a réussi, il ne s'est pas laissé abattre. Merci, mon frère ! Et puis l'autre risque, celui de la lecture naïve de son temps, qui se fonde au contraire sur le confort du conformisme et nous fait croire que tout va bien après tout, que le monde a changé entre-temps et qu'il faut s'adapter - sans discernement ; c'est mauvais. Ici, contre le défaitisme catastrophique et le conformisme mondain, l'Évangile nous donne un regard nouveau, il nous donne la grâce du discernement pour entrer dans notre temps avec une attitude d'accueil, mais aussi avec un esprit de prophétie. Donc, avec une ouverture accueillante à la prophétie. Je n'aime pas utiliser l'adjectif " prophétique ", il est galvaudé. Nom : prophétie. Nous vivons une crise des noms et nous nous tournons si souvent vers les adjectifs. Non : prophétie. Esprit, attitude d'accueil, d'ouverture, avec la prophétie dans le cœur.

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  • "Que Dieu bénisse les Hongrois !"; le discours du pape à Budapest (28 avril)

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS en HONGRIE
    (28 - 30 avril 2023)

    RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Ancien monastère Carmélitain (Budapest)
    Vendredi 28 avril 2023

    Madame la Présidente de la République,

    Monsieur le Premier Ministre,
    Membres distingués du Gouvernement et du Corps diplomatique
    Autorités et Représentants illustres de la société civile,
    Mesdames et Messieurs !

    Je vous salue cordialement et je remercie Madame la Présidente pour son accueil et aussi pour ses aimables et profondes paroles. La politique naît de la ville, de la polis, d’une passion concrète pour la vie en commun, dans la garantie des droits et le respect des devoirs. Peu de villes nous aident à y réfléchir comme Budapest, qui n’est pas seulement une capitale majestueuse et vitale, mais un lieu central de l’histoire : témoin de tournants importants au cours des siècles, elle est appelée à être protagoniste du présent et de l’avenir ; ici, comme l’a écrit l’un de vos grands poètes, « Du Danube qui est futur, passé, présent, les doux flots ne cessent de s’embrasser » (A. József, Au bord Danube). Je voudrais donc vous faire part de quelques réflexions, en m'inspirant de Budapest en tant que ville d’histoire, ville de ponts et ville de saints.

    1. Ville d’histoire. Cette capitale a des origines anciennes, comme en témoignent les vestiges celtiques et romains. Sa splendeur nous ramène cependant à la modernité, lorsqu’elle était capitale de l’Empire austro-hongrois pendant cette période de paix connue sous le nom de belle époque, qui a duré à partir des années de sa fondation jusqu’à la Première Guerre mondiale. Née en temps de paix, elle a connu de douloureux conflits: non seulement les invasions d’autrefois mais, au siècle dernier, les violences et les oppressions causées par les dictatures nazie et communiste – comment oublier 1956 ? Et, pendant la Seconde Guerre mondiale, la déportation de dizaines et de dizaines de milliers d’habitants, avec le reste de la population d’origine juive enfermée dans le ghetto et soumis à de nombreux massacres. Dans ce contexte, il y a eu beaucoup de justes valeureux - je pense au Nonce Angelo Rotta, par exemple -, beaucoup de résilience et un grand engagement dans la reconstruction, de sorte que Budapest est aujourd’hui une des villes européennes ayant le plus grand pourcentage de population juive, centre d’un pays qui connaît la valeur de la liberté et qui, après avoir payé un lourd tribut aux dictatures, porte en elle la mission de garder le trésor de la démocratie et le rêve de la paix.

    À ce propos, je voudrais revenir sur la fondation de Budapest qui est célébrée cette année de manière solennelle. Elle a eu lieu, en efet, il y a 150 ans, en 1873, par l’union de trois villes : Buda et Óbuda à l’ouest du Danube avec Pest, située sur la rive opposée. La naissance de cette grande capitale au cœur du continent rappelle le chemin unitaire entrepris par l’Europe, dans laquelle la Hongrie trouve son berceau vital. Après la guerre, l’Europe a été, avec les Nations Unies, le grand espoir dans l’objectif commun que des liens plus étroits entre les nations empêcheraient de nouveaux conflits. Malheureusement, cela n'a pas été le cas. Cependant, dans le monde où nous vivons, la passion pour la politique communautaire et le multilatéralisme semble être un beau souvenir du passé : on semble assister au triste déclin du rêve choral de paix, tandis que les solistes de la guerre prennent la place. D’une manière générale, l’enthousiasme pour la construction d’une communauté des nations pacifique et stable semble s’être désintégré dans les esprits, tandis que l’on marque les zones, que l’on marque les différences, que les nationalismes recommencent à gronder et que l’on exacerbe les jugements et les tons à l’égard des autres. Au niveau international, il semble même que la politique ait pour effet d’enflammer les esprits plutôt que de résoudre les problèmes. Elle oublie la maturité acquise des horreurs de la guerre et régresse vers une sorte d’infantilisme belliqueux. Mais la paix ne viendra jamais de la poursuite d’intérêts stratégiques particuliers, mais plutôt de politiques capables de considérer l’ensemble, le développement de tous : attentives aux personnes, aux pauvres et à l’avenir, et pas seulement au pouvoir, aux gains et aux opportunités du moment.

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  • Catherine de Sienne, co-patronne de l'Europe (29/4)

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    CatherinedeSienne1.pngDe BENOÎT XVI, lors de l'audience générale du mercredi 24 novembre  2010 :  

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais aujourd’hui vous parler d’une femme qui a eu un rôle éminent dans l’histoire de l’Eglise. Il s’agit de sainte Catherine de Sienne. Le siècle auquel elle vécut — le XIVe — fut une époque tourmentée pour la vie de l’Eglise et de tout le tissu social en Italie et en Europe. Toutefois, même dans les moments de grandes difficultés, le Seigneur ne cesse de bénir son peuple, suscitant des saints et des saintes qui secouent les esprits et les cœurs provoquant la conversion et le renouveau. Catherine est l’une de celles-ci et, aujourd’hui encore, elle nous parle et nous incite à marcher avec courage vers la sainteté pour être toujours plus pleinement disciples du Seigneur.

    Née à Sienne, en 1347, au sein d’une famille très nombreuse, elle mourut dans sa ville natale en 1380. A l’âge de 16 ans, poussée par une vision de saint Dominique, elle entra dans le Tiers Ordre dominicain, dans la branche féminine dite des Mantellate. En demeurant dans sa famille, elle confirma le vœu de virginité qu’elle avait fait en privé alors qu’elle était encore adolescente, et se consacra à la prière, à la pénitence et aux œuvres de charité, surtout au bénéfice des malades.

    Lorsque la renommée de sa sainteté se diffusa, elle fut protagoniste d’une intense activité de conseil spirituel à l’égard de toutes les catégories de personnes: nobles et hommes politiques, artistes et personnes du peuple, personnes consacrées, ecclésiastiques, y compris le Pape Grégoire XI qui à cette époque, résidait à Avignon, et que Catherine exhorta de façon énergique et efficace à revenir à Rome. Elle voyagea beaucoup pour solliciter la réforme intérieure de l’Eglise et pour favoriser la paix entre les Etats: c’est pour cette raison également, que le vénérable Jean-Paul II voulut la déclarer co-patronne de l’Europe: pour que le Vieux continent n’oublie jamais les racines chrétiennes qui sont à la base de son chemin et continue de puiser à l’Evangile les valeurs fondamentales qui assurent la justice et la concorde.

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  • Un message fort du Saint Père aux participants du Congrès International WOOMB sur La "révolution Billings" 70 ans après

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    Billings Life: The Billings Ovulation Method

    Message du Saint Père aux participants du Congrès International WOOMB sur La "révolution Billings" 70 ans après : de la connaissance de la fertilité à la médecine personnalisée,

    28.04.2023

    Message du Saint Père

    Nous publions ci-dessous le message que le Saint-Père François a adressé aux participants du Congrès international WOOMB sur La "révolution Billings" 70 ans après : de la connaissance de la fertilité à la médecine personnalisée, qui se tiendra à Rome, à l'Université catholique du Sacré-Cœur, du 28 au 29 avril 2023 :

    Message du Saint-Père

    Chers frères et sœurs !

    J'ai le plaisir d'adresser mes salutations aux organisateurs et à tous les participants du Congrès international WOOMB sur La "Révolution Billings" 70 ans après : de la connaissance de la fertilité à la médecine personnalisée. Je salue chaleureusement cette initiative qui attire l'attention sur la beauté et la valeur de la sexualité humaine.

    Alors que, dans la seconde moitié du siècle dernier, la recherche pharmacologique pour le contrôle de la fertilité se développait et que la culture contraceptive se répandait, John et Evelyn Billings développaient une recherche scientifique attentive et diffusaient une méthode simple, à la disposition des femmes et des couples, pour la connaissance naturelle de la fertilité elle-même, offrant un outil précieux pour la gestion responsable des choix procréatifs. À l'époque, leur proposition semblait moins moderne et moins fiable que l'immédiateté et la sécurité revendiquées des instruments pharmacologiques. En réalité, elle offrait et offre encore des provocations et des pistes de réflexion actuelles et fondamentales, à reprendre et à approfondir : par exemple, l'éducation à la valeur de la corporéité, une vision intégrée et intégrale de la sexualité humaine, le soin de la fécondité de l'amour même lorsqu'il n'est pas fécond, la culture de l'accueil de la vie et le problème de l'effondrement démographique. À cet égard, ce que l'on a appelé la "révolution Billings" n'a pas épuisé sa portée initiale, mais continue d'être une ressource pour la compréhension de la sexualité humaine et pour la pleine appréciation de la dimension relationnelle et générative du couple.

    Une éducation sérieuse dans ce sens semble nécessaire aujourd'hui, dans un monde dominé par une vision relativiste et banale de la sexualité humaine. Il s'agit plutôt d'une perspective anthropologique et éthique, dans laquelle les questions doctrinales sont explorées sans simplifications excessives ni fermetures rigides. En particulier, il faut toujours garder à l'esprit le lien inséparable entre les significations unitive et procréative de l'acte conjugal (cf. St. Paul VI, Enc. Humanae vitae, 12). Le premier exprime le désir des époux d'être un, une seule vie ; l'autre exprime la volonté commune d'engendrer la vie, qui demeure même pendant les périodes de stérilité et de vieillesse. Lorsque ces deux significations sont consciemment affirmées, la générosité de l'amour naît et se renforce dans le cœur des époux, les disposant à accueillir une nouvelle vie. En l'absence de ces deux significations, l'expérience de la sexualité s'appauvrit, se réduit à des sensations qui deviennent rapidement autoréférentielles, et perd sa dimension humaine et sa responsabilité. La tragédie de la violence entre partenaires sexuels - je pense au fléau du féminicide - trouve ici l'une de ses causes principales.

    En effet, nous perdons de vue le lien entre la sexualité et la vocation fondamentale de chaque personne au don de soi, qui trouve une réalisation particulière dans l'amour conjugal et familial. Cette vérité, bien qu'inscrite dans le cœur de l'être humain, a besoin d'un parcours éducatif pour s'exprimer pleinement. Il s'agit d'une question urgente qui interpelle l'Église et tous ceux qui ont à cœur le bien de la personne et de la société, et qui attend des réponses concrètes, créatives et courageuses, comme le souligne Amoris laetitia, à propos de l'éducation sexuelle : "Le langage du corps requiert le patient apprentissage qui permet d'interpréter et d'éduquer ses désirs pour se donner en vérité. Quand on prétend tout donner d'un coup, il est possible de ne rien donner. C'est une chose de comprendre les fragilités de l'âge ou ses confusions, c'en est une autre d'encourager les adolescents à prolonger l'immaturité de leur façon d'aimer. Mais qui en parle aujourd'hui ? Qui est capable de prendre les jeunes au sérieux ? Qui les aide à se préparer sérieusement à un amour grand et généreux ?" (n° 284). Après la soi-disant révolution sexuelle qui a fait tomber les tabous, il faut une nouvelle révolution des mentalités : découvrir la beauté de la sexualité humaine en feuilletant le grand livre de la nature ; apprendre à respecter la valeur du corps et de l'engendrement de la vie, en vue d'expériences authentiques d'amour familial.

    Une autre dimension de la sexualité, non moins riche d'enjeux pour notre temps, est précisément sa relation avec la génération de la vie. En effet, la connaissance de la fertilité, si elle a une valeur éducative générale, a encore plus d'importance lorsque le couple décide de s'ouvrir à l'accueil d'enfants. La méthode Billings, comme d'autres, représente l'une des formes les plus appropriées pour réaliser de manière responsable le désir d'être parents. Aujourd'hui, la séparation idéologique et pratique de la relation sexuelle de son potentiel génératif a conduit à la recherche de formes alternatives d'avoir un enfant, qui ne passent plus par les relations conjugales, mais utilisent des processus artificiels. Cependant, s'il est bon d'aider et de soutenir un désir légitime de procréation grâce aux connaissances scientifiques les plus avancées et aux technologies qui soignent et améliorent la fertilité, il ne l'est pas de créer des embryons en éprouvette pour ensuite les supprimer, de faire le commerce de gamètes et de recourir à la pratique de l'utérus à louer. À l'origine de la crise démographique actuelle, il y a, avec divers facteurs sociaux et culturels, un déséquilibre dans la vision de la sexualité, et ce n'est pas un hasard si la méthode Billings est aussi une ressource pour traiter naturellement les problèmes d'infertilité et aider les époux à devenir parents en identifiant les périodes les plus fertiles. Dans ce domaine, une plus grande connaissance des processus de génération de la vie, en utilisant les acquisitions scientifiques modernes, pourrait aider de nombreux couples à faire des choix plus conscients et éthiquement plus respectueux de la personne et de sa valeur.

    Il s'agit d'une tâche que les universités catholiques et, en particulier, les facultés de médecine et de chirurgie doivent assumer avec un engagement renouvelé. C'est pourquoi, de même qu'il était fondamental pour M. et Mme Billings de travailler au sein de la Faculté de Médecine de l'Université de Melbourne, il est important que le Centre d'Étude et de Recherche pour la Régulation Naturelle de la Fertilité, qui opère depuis 1976 au sein de l'Université Catholique du Sacré-Cœur, fasse partie d'un des plus prestigieux centres académiques italiens et puisse bénéficier des connaissances scientifiques les plus avancées pour mener à bien sa mission de recherche et de formation.

    En outre, la perspective scientifique de ce congrès international montre à quel point il est fondamental de prêter attention aux particularités de chaque couple et de chaque personne, en particulier en ce qui concerne les femmes. L'horizon de la médecine personnalisée nous rappelle précisément que chaque personne est unique et irremplaçable et qu'avant d'être l'objet d'un traitement pour des dysfonctionnements et des maladies, elle doit être aidée à exprimer au mieux son potentiel, en vue de ce bien-être qui est avant tout le fruit d'une harmonie de vie.

    Enfin, la promotion de la connaissance de la fertilité et des méthodes naturelles a également une grande valeur pastorale, car elle aide les couples à être plus conscients de leur vocation conjugale et à témoigner des valeurs évangéliques de la sexualité humaine. La preuve de cette pertinence est également fournie par le grand nombre de participants à ce congrès, avec des personnes de nombreux pays et de tous les continents réunies à Rome (ou connectées par vidéo). Le retour positif qui ressort de leurs expériences, parfois mûries dans des contextes sociaux et culturels très difficiles, confirme l'importance de travailler assidûment et énergiquement dans ce domaine, également pour promouvoir la dignité de la femme et une culture fondée sur l'acceptation de la vie, valeurs qui sont également partagées avec d'autres religions.

    Il s'agit donc d'un aspect non secondaire de la pastorale familiale, comme l'ont enseigné mes prédécesseurs et comme je l'ai également rappelé dans Amoris laetitia : "En ce sens, l'encyclique Humanae vitae (cf. 10-14) et l'exhortation apostolique Familiaris consortio (cf. 14 ; 28-35) doivent être redécouvertes" (n. 222). Il faut encourager le recours aux méthodes fondées sur les rythmes naturels de la fécondité, en soulignant qu'elles "respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l'éducation à une authentique liberté" (Catéchisme de l'Église catholique, n. 2370).

    Chers amis, je vous souhaite un travail fructueux et je vous remercie pour ce que vous faites. Rendez ce précieux service à la communauté ecclésiale et à tous ceux qui veulent cultiver avec passion et générosité les valeurs humaines de la sexualité. Nous devons toujours être conscients que la bénédiction originelle de Dieu se reflète avec une splendeur particulière dans ce domaine de la vie (cf. Gn 1, 26-30) et que nous sommes également appelés à l'honorer dans ce domaine, comme l'exhorte saint Paul : "Glorifiez donc Dieu dans votre corps" (1 Co 6, 20). Je vous bénis de tout cœur et vous demande de prier pour moi.

    Rome, St Jean de Latran, 24 avril 2023

    François

  • Les "amis" romains du pape sont ses ennemis

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    Du Dr Joachim Heimerl sur kath.net/news :

    Les "amis" romains du pape sont ses ennemis

    28 avril 2023

    "Au fond, l'Allemagne est perdue pour l'Eglise catholique : les décisions de la 'voie synodale' sont désormais appliquées à la lettre... les voix d'avertissement, comme celle du cardinal Arborelius (Stockholm), ne sont pas entendues". Par Joachim Heimerl

    Quiconque suit l'actualité ecclésiale de ces dernières semaines remarque que le pape François prend de plus en plus ses distances avec les exigences de réforme que la dérive synodale allemande a engendrées : Il n'y aura pas de "diacres" ou de "prêtres", les "laïcs" pourront certes faire office de lecteurs ou - dans des cas exceptionnels - donner la Sainte Communion, mais ils ne pourront pas prêcher ni même baptiser.

    Ce qui devrait être particulièrement décevant pour les "synodaux" avides de pouvoir, c'est le fait qu'ils ne soient pas associés à la nomination des évêques et qu'ils ne puissent pas s'établir comme nouveaux souverains à la place du Christ dans un système de "conseil" ecclésiastique. - L'Eglise n'est pas un concert de désirs et encore moins un concert "teutonique" ; en fait, tout le monde le sait, sauf en Allemagne où l'on ne semble pas le savoir.

    Le fait que la ligne papale ne soit pas très bien accueillie au pays de Luther ne devrait surprendre personne, et encore moins le pape, comme on peut le supposer.

    Au fond, l'Allemagne est perdue pour l'Eglise catholique : les décisions de la "voie synodale" y sont désormais appliquées à la lettre ; même le pape n'y peut rien. D'autres voix d'avertissement, comme celle du cardinal Anders Arborelius (Stockholm), ne sont pas non plus entendues en Allemagne.

    En revanche, c'est justement à Rome que l'on espère trouver de l'aide : le prochain synode des évêques doit devenir le moteur romain des souhaits de réforme allemands.

    Mais le pape signale clairement que ce ne sera pas le cas : François s'efforce manifestement de freiner les forces centrifuges dans l'Eglise avant le synode afin d'éviter un éclatement définitif.

    Ce sont sans doute les Allemands qui comptent le moins, mais plutôt le fait que l'Eglise universelle dans son ensemble n'a pas compris que la "synodalité" n'est pas une force de démolition et qu'une "Eglise synodale" n'est justement pas une Eglise "parlementaire", c'est-à-dire une Eglise "protestante".

    En d'autres termes, le problème du pape n'est pas tant les Allemands que ceux qui annoncent déjà une "nouvelle foi" au Vatican, comme les cardinaux Grech et Hollerich, qui occupent justement les postes clés du synode mondial, ou encore le préfet du dicastère de la liturgie, le cardinal Roche.

    On sait que Roche poursuit la liturgie traditionnelle avec une haine baveuse, tout comme l'idéologie oblique avec laquelle il défend cette position. Selon Roche, la foi de l'Eglise aurait en effet "considérablement changé" après le Concile Vatican II et, pour cette raison, la "vieille" messe ne lui conviendrait plus. Quiconque s'intéresse de près aux textes conciliaires sait que c'est absurde, mais que cela n'impressionne pas Roche non plus.

    Ce n'est pas Roche lui-même qui importe dans tout cela, mais le fait qu'il fasse partie, avec Grech et Hollerich, des représentants d'un nouveau type, impensable il y a encore quelques années, mais qui a désormais pris le contrôle de la Curie.

    Il est sans aucun doute vrai que les ennemis de l'Eglise sont assis sur les sièges épiscopaux allemands. Mais il est également vrai qu'ils planifient également le renversement à Rome et qu'ils le propagent à grand renfort médiatique : Hollerich lui-même évoque sans cesse une "révolution" ecclésiale, qui se manifeste actuellement par le fait que les laïcs ont désormais le droit de vote au synode des évêques.

    En fait, rien ne s'oppose à cette participation des laïcs, et ce d'autant moins que le synode s'occupe, à la demande du pape, de la "participation synodale". Ce qui est toutefois fatal, c'est que des subversifs comme Hollerich instrumentalisent publiquement de telles décisions afin d'attiser de manière ciblée les "attentes de réforme" et d'augmenter la pression sur le pape. Le fait que "synodal" soit désormais synonyme d'"hérétique" dans le langage ecclésiastique est surtout de son fait ; en tant que "rapporteur général" du synode, il veille en premier lieu à ce que celui-ci tourne au désastre catholique.

    Celui qui a de tels "amis" n'a certainement pas besoin d'ennemis ; le pape ne fait pas exception à la règle. Alors qu'il s'agit pour lui, en plus de la "participation", de la "mission", il s'agit pour Hollerich et ses hommes d'imposer leurs positions hérétiques et de détruire l'Eglise ; leurs véritables alliés se trouvent en Allemagne et non, comme ils aiment le suggérer, sur le siège apostolique.

    Il est certain que cela préoccupe de plus en plus le pape ; François ne veut en aucun cas entrer dans l'histoire comme le pape d'un schisme. Il est actuellement douteux qu'il y parvienne, d'autant plus que le "document de travail" du synode mondial sera publié en mai. Il est clair que ce document portera la signature hostile à l'Eglise de Hollerich. Il est également clair que la pression sur François devrait alors encore augmenter, certainement aussi au nord des Alpes. - L'Eglise est confrontée à une épreuve de vérité que seul Dieu peut encore éviter.

    Joachim Heimerl (voir lien) est prêtre et professeur d'université.

  • Les moines et les moniales sont le cœur battant de l'annonce de l'Evangile

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    PAPE FRANÇOIS

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Place Saint-Pierre
    Mercredi 26 avril 2023

    Catéchèse - La passion pour l’évangélisation : le zèle apostolique du croyant - 12. Témoins : le monachisme et la force de l’intercession. Grégoire de Narek.

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Nous poursuivons les catéchèses sur les témoins du zèle apostolique. Nous avons commencé avec saint Paul et la dernière fois nous avons considéré les martyrs, qui proclament Jésus par leur vie, jusqu'à donner leur vie pour Lui et pour l'Évangile. Mais il y a un autre grand témoignage qui traverse l'histoire de la foi : celui des moniales et des moines, des sœurs et des frères qui renoncent à eux-mêmes, ils renoncent au monde pour imiter Jésus sur le chemin de la pauvreté, de la chasteté et de l'obéissance et pour intercéder en faveur de tous. Leurs vies parlent d'elles-mêmes, mais nous pouvons nous demander comment les personnes vivant dans des monastères peuvent-elles contribuer à l'annonce de l'Évangile ? Ne feraient-ils pas mieux de mettre leur énergie au service de la mission ? En sortant du monastère et en prêchant l'Évangile en dehors du monastère ? En réalité, les moines sont le cœur battant de l'annonce : leur prière est l'oxygène de tous les membres du Corps du Christ, leur prière est la force invisible qui soutient la mission. Ce n'est pas un hasard si la patronne des missions est une moniale, Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Écoutons comment elle a découvert sa vocation, elle écrivait ainsi : « J'ai compris que l'Église a un cœur, un cœur brûlant d'amour. J'ai compris que seul l'amour pousse les membres de l'Église à l'action et que, si cet amour s'éteignait, les apôtres n'annonceraient plus l'Évangile, les martyrs ne verseraient plus leur sang. J'ai compris et su que l'amour embrasse en lui toutes les vocations [...]. Alors, avec une joie immense et extase de l'âme, je me suis écriée : O Jésus, mon amour, j'ai enfin trouvé ma vocation. Ma vocation est l'amour. […] Dans le cœur de l'Église, ma mère, je serai l'amour" (Manuscrit autobiographique "B", 8 septembre 1896). Les contemplatifs, les moines, les moniales : des personnes qui prient, travaillent, prient en silence, pour toute l'Église. Et c’est l’amour : c’est l’amour qui s'exprime en priant pour l'Église, en travaillant pour l'Église, dans les monastères.

    Cet amour pour tous anime la vie des moines et se traduit dans leur prière d'intercession. À cet égard, je voudrais vous citer en exemple saint Grégoire de Narek, Docteur de l'Église. C’est un moine arménien, qui a vécu vers l'an mille, et qui nous a laissé un livre de prières dans lequel s'exprime la foi du peuple arménien, le premier à avoir embrassé le christianisme, un peuple qui, en restant fidèle à la croix du Christ, a tant souffert tout au long de l'histoire. Et Saint Grégoire passa presque toute sa vie au monastère de Narek. C'est là qu'il apprit à scruter les profondeurs de l'âme humaine et, en fusionnant ensemble la poésie et la prière, il marqua l'apogée de la littérature et de la spiritualité arméniennes. Ce qui frappe le plus chez lui, c'est la solidarité universelle dont il est l'interprète. Et parmi les moines et les moniales, il existe une solidarité universelle : tout ce qui se passe dans le monde trouve une place dans leur cœur et ils prient. Le cœur des moines et des moniales est un cœur qui capte, comme une antenne, ce qui se passe dans le monde et qui prie et intercède pour cela. Ils vivent ainsi en union avec le Seigneur et avec tout le monde. Et saint Grégoire de Narek écrit : « J'ai pris volontairement sur moi toutes les fautes, depuis celles du premier père jusqu'à celles du dernier de ses descendants ». (Livre des Lamentations, 72). Et comme Jésus l'a fait, les moines prennent sur eux les problèmes du monde, les difficultés, les maladies, tant de choses, et prient pour les autres. Et ce sont eux les grands évangélisateurs. Comment se fait-il que les monastères vivent fermés et évangélisent ? Parce que par la parole, l'exemple, l'intercession et le travail quotidien, les moines sont un pont d'intercession pour tous les hommes et pour les péchés.  Ils pleurent aussi avec des larmes, ils pleurent pour leurs propres péchés - nous sommes tous pécheurs - et ils pleurent aussi pour les péchés du monde, et ils prient et intercèdent avec leurs mains et leurs cœurs vers le ciel. Pensons un peu à cette "réserve" - si je puis dire - que nous avons dans l'Église : ils sont la vraie force, la vraie force qui fait avancer le peuple de Dieu, et c'est de là que vient l'habitude qu'ont les gens - le peuple de Dieu - quand ils rencontrent une personne consacrée, une personne consacrée, de dire : "Priez pour moi, priez pour moi", parce que vous savez qu'il y a une prière d'intercession. Cela nous fera du bien - dans la mesure du possible - de visiter un monastère, parce qu'on y prie et qu'on y travaille. Chacun a sa propre règle, mais les mains y sont toujours occupées : occupées par le travail, occupées par la prière. Que le Seigneur nous donne de nouveaux monastères, qu'il nous donne des moines et des moniales qui fassent avancer l'Église par leur intercession. Je vous remercie.

  • La troisième grande crise de l'histoire bimillénaire de l'Eglise porte sur le "nous"

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    De George Weigel sur First Things :

    LA CRISE CATHOLIQUE SUR LE "NOUS"

    26 avril 2023

    L'historien de Cambridge Richard Rex a proposé de manière provocante que le catholicisme soit aujourd'hui plongé dans la troisième grande crise de son histoire bimillénaire.

    La première crise a été le débat acharné qui a divisé l'Église sur la question "Qu'est-ce que Dieu ?". Cette question a reçu une réponse définitive lors du premier concile de Nicée (325) et du concile de Chalcédoine (451). Nicée I a affirmé que Jésus est vraiment Dieu, la deuxième personne de la Trinité ; Chalcédoine a affirmé que, par l'incarnation de la deuxième personne de la Trinité, la divinité et l'humanité sont unies dans l'unique personne de Jésus-Christ. C'est ainsi que Nicée I et Chalcédoine ont établi les fondements trinitaires et incarnés de l'orthodoxie chrétienne pour l'éternité.

    La seconde crise, qui a conduit à la fracture de la chrétienté occidentale lors des différentes réformes protestantes du XVIe siècle, tournait autour de la question : "Qu'est-ce que l'Église ?" Le Concile de Trente a donné la réponse orthodoxe à cette question, dans des réponses affinées au fil du temps par l'enseignement du Pape Pie XII sur l'Église en tant que "Corps mystique du Christ", par la Constitution dogmatique sur l'Église du Concile Vatican II et par le Synode extraordinaire des évêques de 1985, qui a synthétisé l'enseignement de Vatican II en décrivant l'Église comme une communion de disciples en mission.

    Et la troisième crise, celle que nous vivons actuellement ? Selon le professeur Rex, elle implique une question qui aurait été exprimée autrefois comme "Qu'est-ce que l'homme ?" Le fait que cette formulation soit aujourd'hui considérée comme problématique est un symptôme de la condition même qu'elle cherche à diagnostiquer. En d'autres termes, qu'est-ce que c'est que d'être humain ? C'est, selon Rex, ce qui est en cause dans "tout un alphabet de croyances et de pratiques : avortement, bisexualité, contraception, divorce, euthanasie, famille, genre, homosexualité, traitement de la stérilité...". Et ainsi de suite, à travers les champs de bataille déchiquetés d'une guerre culturelle qui, commencée à l'extérieur de l'Église, se déroule maintenant à l'intérieur de la maison de la foi.

    Tout d'abord, une crise "théologique", au sens littéral de la théologie : "parler de Dieu". Puis une crise ecclésiologique. Et maintenant une crise anthropologique. Les deux crises précédentes ont divisé l'Église. La troisième pourrait bien le faire également, comme le montrent l'apostasie allemande qui menace de fracturer l'unité de l'Église catholique et l'abandon par d'éminents évêques, théologiens et activistes de la conception de la personne humaine fondée sur la Bible.

    La question "Qui sommes-nous en tant qu'êtres humains ?" est posée de la manière la plus aiguë par l'idéologie du genre et l'insurrection transgenre. Cela a atteint le point d'absurdité où "une drag queen de l'île de Man" (comme l'a rapporté Mary Wakefield le mois dernier dans le Spectator) "a informé les élèves de 7e année qu'il y avait exactement 73 genres. Lorsqu'un enfant courageux a insisté pour dire qu'il n'y en avait que deux, la drag queen aurait répondu "Vous m'avez contrarié" et aurait renvoyé l'enfant".

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  • Symposium à Chypre : il y a de moins en moins de chrétiens au Moyen-Orient

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    De Nicola Scopelliti sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Symposium à Chypre : de moins en moins de chrétiens au Moyen-Orient

    26-04-2023

    Le christianisme ne doit pas disparaître des terres où il est enraciné : c'est l'avertissement du Card. Sako lors de la rencontre, dix ans après l'exhortation que Benoît XVI leur a consacrée, qui a réuni les patriarches, les évêques et les laïcs des Églises orientales.

    Ils sont venus de tous les diocèses du Moyen-Orient. Patriarches, évêques, responsables de communautés, religieux, membres d'associations et de mouvements. Ils se sont réunis à Chypre, l'un des quatre États appartenant au Patriarcat latin de Jérusalem. Il s'agit d'une terre où, outre les fidèles catholiques de rite latin, il existe plusieurs Églises orientales sui iuris et où la présence catholique se mêle à celle des chrétiens orthodoxes et des pratiquants d'autres religions.

    Enracinée dans l'espérance, c'était le thème principal de la rencontre dédiée au présent et à l'avenir des Églises catholiques au Moyen-Orient, organisée par ROACO (Riunione Opere Aiuto Chiese Orientali). Un rendez-vous qui intervient à l'occasion du 10e anniversaire de l'exhortation apostolique post-synodale de Benoît XVI Ecclesia in Medio Oriente, adressée aux patriarches, aux évêques et à tous les baptisés du Moyen-Orient, le 16 septembre 2012, à l'occasion de son voyage apostolique au Liban et publiée après le Synode de 2010.

    "Je souhaite que cette rencontre puisse servir avant tout un élan missionnaire auquel le pape François a donné une forte impulsion", a souligné le nonce apostolique à Chypre et en Jordanie, Mgr Pietro Dal Toso, ajoutant que les défis sont nombreux, aussi parce qu'au cours de ces dix années écoulées depuis la publication de l'exhortation, beaucoup de choses ont changé au Moyen-Orient. "Je pense, par exemple, à la guerre en Syrie, à Isis, à la situation actuelle en Irak, aux tensions entre Israël et la Cisjordanie. Ces dix années ont été des années importantes pour ces pays qui ont vu leur visage changer, à bien des égards, sur cette terre tourmentée".

    C'est le patriarche de Jérusalem des Latins, l'archevêque Pierbattista Pizzaballa, qui a prononcé le discours d'ouverture, plaçant les travaux de cette importante rencontre dans le contexte du dixième anniversaire de la publication d'Ecclesia in Medio Oriente. La rencontre, présidée par Mgr Claudio Gugerotti, préfet du Dicastère pour les Églises orientales, a mis en évidence, dès les premiers discours, le grand défi que l'Église devra affronter dans les années à venir : la diminution constante de la présence chrétienne, qui n'est pas seulement due au fait que de nombreux chrétiens préfèrent émigrer, mais aussi et surtout à la diminution des vocations religieuses, masculines et féminines, qui ne sont plus aussi nombreuses qu'auparavant. Tout cela pose un problème fondamental : l'existence des chrétiens sur cette terre qui a vu naître le christianisme.

    "Nous devons soutenir et convaincre les chrétiens de ne pas quitter leur terre, nous devons les aider à ne pas émigrer", a déclaré le patriarche de Bagdad des Chaldéens, le cardinal Louis Raphaël Sako, lors de la réunion. "Il serait vraiment grave que le Moyen-Orient se vide de ses chrétiens, les racines du christianisme disparaîtraient. La présence des Eglises orientales est menacée et les chrétiens ne voient plus d'avenir possible, surtout en Irak, en Syrie, au Liban et en Palestine, à cause des défis politiques, économiques, culturels et autres". Mais si Athènes pleure, Sparte ne rit pas : "en Occident, malheureusement, poursuit Sako, les valeurs religieuses et humaines disparaissent, il y a une sécularisation galopante, et la vie est vidée de tout caractère sacré. À l'Est, il y a le fondamentalisme, qui se transforme en terreur et en terrorisme, et nous sommes menacés, marginalisés, persécutés. Nos maisons et nos villages sont occupés et, enfin, il y a la question démographique".

    L'exhortation de Benoît XVI est très riche et pertinente. Mais ces dernières années, les choses ont radicalement changé. "Il suffit de penser, souligne le cardinal Sako, au document d'Abou Dhabi ou à la rencontre à Nadjaf, en Irak, entre le pape François et le grand ayatollah Sayyid Ali Al-Husayni Al-Sistani, chef de la communauté chiite, qui a prononcé à cette occasion des paroles d'amitié et de fraternité à l'égard des chrétiens. Ici, nous devons utiliser toutes ces choses pour vivre en tant que frères et citoyens, pour changer la mentalité de la société qui considère les musulmans comme supérieurs, tandis que les autres sont traités comme des citoyens de seconde zone. Les chrétiens étaient présents en Irak des siècles avant les musulmans, mais aujourd'hui nous sommes une minorité et nous dépendons des autres. Il suffit de penser au Liban où ils étaient majoritaires. Aujourd'hui, tout le monde pense à émigrer, alors que les chrétiens ont tant à offrir à leur pays".

    "Les chrétiens, au fur et à mesure que le temps passe, diminuent de plus en plus. Ils fuient. Ceux qui restent risquent de devenir des objets qui, tôt ou tard, seront placés dans un musée". Prononçant ces mots, le père Jiahd Yousseph, moine du monastère de Mar Mousa à Nebek, en Syrie, une communauté fondée par le père Paolo Dell'Oglio, dont on est sans nouvelles depuis 2013, date de son enlèvement en Syrie par des hommes d'Isis. "Les chrétiens ne sont pas des invités au Moyen-Orient", ajoute le nonce Dal Toso. "Ils ont toujours été là et ont assuré leur contribution considérable à la croissance économique et sociale de ces sociétés, ils méritent donc la pleine reconnaissance de leurs droits."

    "Aujourd'hui, on parle beaucoup des droits de l'homme. Nous aussi, chrétiens, nous voulons que nos droits soient reconnus, comme les musulmans, dit le cardinal Sako, qui, au contraire, ont élevé les barrières. Il n'est pas temps de séparer la religion de l'Etat, mais tout cela demande un soutien diplomatique et politique, même extérieur, envers les chrétiens, envers lesquels il y a maintenant une persécution, mais discrète, pas publique, qui se traduit par l'impossibilité pour un chrétien d'être ministre, ou qui le voit contraint de subir l'occupation de sa maison ou de sa terre, comme cela se passe en Palestine".

    Le patriarche Pizzaballa, pour sa part, a rappelé que nous ne pouvons pas concevoir notre présence au Moyen-Orient uniquement et simplement comme un droit, ce qui ferait fatalement de nous une partie fragile dans un conflit ou une guerre. "Être et rester sur le territoire de nos Églises, déchiré par toutes les formes de violence et de conflit, sera de plus en plus pour nous une vocation et un choix", a-t-il souligné. "Les nombreuses souffrances de ces dernières années, avec la crise économique qui en découle et que nous connaissons encore, peuvent être une grande opportunité pour nous, pour le clergé et pour nos fidèles : être une Église pauvre parmi les pauvres". Et il conclut : "Nous savons bien comment, au Moyen-Orient, la politique enveloppe la vie ordinaire dans tous ses aspects. L'option préférentielle pour les pauvres et les faibles ne fait pas de l'Église un parti politique. Prendre position, comme on nous le demande souvent, ne peut signifier entrer dans un affrontement, mais doit toujours se traduire par des paroles et des actes en faveur de ceux qui souffrent et se lamentent, et non par des invectives et des condamnations à l'encontre de qui que ce soit. L'Église, comme le Christ, condamne toujours le péché, jamais le pécheur. Pour les chrétiens, la seule position possible est celle de leur Maître, au service de la vie de tous".