Frédéric Pons pose la question dans « Valeurs actuelles » :
« (…) La Tunisie s’apprête à élire, ce 23 octobre, une assemblée constituante, premier scrutin libre depuis la révolution de janvier. Tout indique que les islamistes “modérés” d’Ennahda (“Renaissance”) arriveront en tête.
En Libye, la prise de contrôle militaire de Tripoli par une katiba d’insurgés barbus aux ordres d’Abdelhakim Belhaj (photo), 45 ans, illustre cette pression islamiste sur le nouveau régime. Dans ce pays déstructuré, le pouvoir et les richesses sont à prendre. Ceux qui ont l’organisation et les armes peuvent en profiter. Ancien émir du Groupe islamique combattant libyen, passé par les maquis d’Afghanistan, où il fut blessé, Belhaj a les deux. Sa culture est connue : haine de la démocratie, pratique suprématiste de l’islam radical. On dit cet homme fin politique, méfiant à l’égard de la mouvance Al-Qaïda. Ce n’est pas le cas de ses troupes. En échange de quoi lâchera-t-il son nouveau pouvoir à Tripoli ?
Les anciens gouvernements n’étaient certes pas des modèles de moralité. Ceux qui les remplacent font-ils mieux que donner des gages aux phénomènes d’identité meurtrière agitant le monde islamique. Démocratie ? Sanglante en tout cas.
En 2009, le journaliste américain Christopher Cadwell, éditorialiste au Financial Times et au New York Times, avait publié un essai intitulé « Reflections on the revolution in Europe ». Sa traduction vient de paraître cette semaine aux éditions du Toucan à Paris, sous le titre « Une révolution sous nos yeux ». L’auteur, qui est un diplômé de Harvard, a enquêté sur l’immigration islamique en Europe. Ce continent peut-il rester le même si sa population change ? Bien évidemment non.
Dépêche de l'agence