Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livres - Publications - Page 59

  • Le projet fou des antispécistes : l'extinction de l'homme

    IMPRIMER

    De gènéthique.org :

    L’extinction de l’homme : le projet fou des antispécistes – Paul Sugy

    6 Jan, 2022

    Bibliographie

    Confusion dangereuse

    Tout effort de compréhension du monde est en principe inséparable d’une exigence d’ordre dans le regard et la pensée. Depuis des siècles, des générations de religieux, de philosophes et de scientifiques se sont succédé dans cette quête, en prolongeant, en contredisant, ou en amodiant l’œuvre de leurs prédécesseurs ; avec une constante, cependant : jusqu’à nos jours en effet, l’homme a toujours été vu au sommet de l’univers visible, qu’il en soit dépositaire vis à vis de la divinité, ou qu’il soit  décrété comme la mesure de toutes choses, au sein d’un cosmos sans Dieu. Les civilisations, aussi variées soient-elles se sont toutes construites sur cette prémisse de prééminence de l’espèce humaine, notamment sur le monde animal, dont elle est censée se distinguer ; c’est en somme ce qui rend le monde et la société supportables, voire habitables.

    Mais voici que cette filiation philosophique multiple et mouvante, certes, mais empreinte de cohérence anthropocentriste est de nos jours remise en cause, par plusieurs courants de pensée, en particulier le projet antispéciste, dont il est question dans cet ouvrage.

    L’auteur se livre ici à une étude fouillée et rigoureuse de ce courant de pensée auquel il associe le mouvement végan ; c’est ainsi que nous découvrons des théoriciens qui non seulement prétendent nier toute spécificité de la nature humaine, mais qui s’érigent en défenseurs des droits des animaux qu’ils appellent les « non-humains » et pour lesquels ils revendiquent le statut de personnes, disposant de droits.

    Utilisant une technique logomachique tirée des vieilles recettes marxistes, ces révolutionnaires d’un nouveau genre présentent l’homme comme un exploiteur et un oppresseur qu’il est urgent de mettre au pas par un arsenal juridique contraignant : bien entendu, le véganisme vient à la rescousse et enrichit ce festival de l’absurde.

    Avec beaucoup de clarté et de brio, l’auteur fait de nous les témoins étonnés de ces entreprises de démolition philosophique, intellectuelle, morale, voire religieuse. Il en souligne les incohérences, les ridicules, mais aussi les réels dangers : non seulement, des personnes sans religion et sans repères philosophiques s’y laissent prendre, mais des groupes de pression se constituent, une « cause animaliste » émerge, ajoutant ainsi à la dangereuse confusion de notre remarquable époque.

    Date de parution : 13 mai 2021

    Editions : Tallandier

    Nombre de pages : 208

  • Suite du Motu Proprio « Traditionis Custodes » du pape François: les réponses de la Curie pontificale aux dubia exprimés signent-elles la mort du monde traditionnel ?

    IMPRIMER

    Retrouvez ici le Club des Hommes en Noir pour sa troisième saison. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc. Le Club reprend pour l'année 2022.

    Pour cette première émission les membres du Club se sont intéressés aux  « responsa ad dubia » données par la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements aux questions d'interprétation du motu proprio pontifical. Les échanges entre l'abbé Barthe, l'abbé Celier, l'abbé Guelfucci et Jean-Pierre Maugendre sont placés sous la direction de Philippe Maxence :

  • Les horreurs du communisme et la résilience de la foi en Albanie

    IMPRIMER

    Dom Simon Jubani - Du fond de l'enfer j'ai vu Jésus en croix

    De  Filip Mazurczak sur The Catholic World Report :

    Les horreurs du communisme et la résilience de la foi en Albanie

    Une critique de l'ouvrage de Dom Simon Jubani, à la fois déchirant, inspirant et parfois irritant, 'From the Depths of Hell I Saw Jesus on the Cross' : Un prêtre dans les prisons de l'Albanie communiste.

    12 janvier 2022

    Affiche albanaise en 1978 : "Marxisme-Léninisme : Drapeau victorieux" (Image : Robert Schediwy/Wikipedia)

    Bien que tous les régimes communistes aient persécuté la religion à des degrés divers, nulle part la campagne antireligieuse n'a employé des méthodes de cruauté aussi diaboliquement créatives, et nulle part elle n'a été aussi minutieuse qu'en Albanie. Isolée du reste du monde pendant la guerre froide, tout comme la Corée du Nord aujourd'hui, peu de personnes en dehors des Balkans occidentaux et de la diaspora albanaise connaissent l'histoire tragique récente du pays. Espérons que les mémoires choquantes de Dom Simon Jubani, un prêtre catholique qui a passé vingt-six ans dans la prison communiste albanaise, serviront de correctif, même si certains fragments donneront la chair de poule à la plupart des lecteurs.

    En tant qu'historien qui traite du XXe siècle européen, en particulier des crimes contre l'humanité perpétrés par le Troisième Reich ainsi que par l'URSS et ses satellites communistes, j'ai lu d'innombrables récits désagréables sur la cruauté humaine. Cependant, je peux identifier le texte le plus troublant que j'ai lu dans ma vie jusqu'à présent.

    Durant l'année universitaire 2009-2010, alors que j'étais en dernière année de collège, je lisais Catholic Martyrs of the Twentieth Century de Robert Royal. Le chapitre que je n'oublierai pas pour le reste de ma vie est celui consacré à l'Albanie communiste. Mon visage a pâli et j'ai eu la nausée en lisant les méthodes de torture employées contre les jésuites albanais, qui consistaient notamment à presser contre leurs aisselles des œufs brûlants sortis directement de l'eau bouillante (ce qui leur donnait des brûlures au troisième degré à un endroit très sensible) ou à leur ouvrir les muscles du mollet, à y verser du sel et à recoudre les plaies, ce qui provoquait une douleur au moins aussi intense que celle ressentie lors de la crucifixion.

    Toutes les violations du cinquième commandement (qui incluent non seulement le meurtre direct mais aussi le non-respect de la vie humaine) sont mauvaises, mais de telles tortures dépassaient de loin tout sadisme ou psychopathie imaginable. Les êtres humains ont toujours été cruels, mais une méchanceté aussi imaginative exige quelque chose de plus que l'iniquité ordinaire ; elle doit être d'origine démoniaque. Les méthodes employées par les communistes albanais me rappellent une déclaration favorite de feu Leszek Kołakowski, qui a fait remarquer qu'il pouvait comprendre comment quelqu'un pouvait croire en Dieu, mais qu'il était incompréhensible que quelqu'un puisse ignorer l'existence du diable (Kołakowski a attribué cette phrase à un philosophe français dont il ne se souvient pas du nom).

    Lire la suite

  • L’histoire des reliques sous la loupe

    IMPRIMER

    De Christel Juquois sur le site du journal La Croix :

    « Les reliques du Christ », de Nicolas Guyard : entre le réel et le merveilleux 

    À travers l’histoire des reliques, c’est celle de toute la chrétienté que raconte ce livre qui fourmille de détails et d’anecdotes

    12/01/2022« Les reliques du Christ », de Nicolas Guyard : entre le réel et le merveilleux

    Les reliques du Christ. Une histoire du sacré en Occident

    de Nicolas Guyard

    Cerf, 312 p., 24 €

    Évoquer les reliques appelle aujourd’hui le sourire indulgent ou l’ironie grinçante. Mais réveille aussi, parfois, la fascination pour ces objets merveilleux qui ont traversé bien des époques et bien des lieux. Maître de conférences à l’université de Montpellier, spécialiste du sacré, l’auteur interroge dans ce livre l’histoire des reliques. Pourquoi tant de rois, d’empereurs ou d’abbés ont-ils acquis autant de ces objets et à de tels prix ? Quelles relations y a-t-il entre les reliques et la construction religieuse, politique et culturelle des sociétés chrétiennes ?

    Terre Sainte

    La légende de « l’invention » (c’est-à-dire de la découverte) des reliques de la Passion au IVe siècle par la mère de l’empereur Constantin à Jérusalem, diffusée notamment par Ambroise de Milan, renforce et valorise le goût naissant pour les pèlerinages en Terre sainte. Elle assoit aussi le pouvoir de l’empereur : « Le couple Hélène-Constantin, mère-fils, (…) devient, sous la plume d’Ambroise, un écho de celui formé par la Vierge et son Fils. »

    De nombreux pèlerins rapportent alors en Occident des objets de Terre sainte. Quand Jérusalem est menacée par les conquêtes musulmanes, les plus précieux sont mis à l’abri à Constantinople, qui les offrira ou les revendra plus tard aux princes d’Occident. C’est ainsi que peu à peu, avec les reliques, « l’essentiel de la puissance sacrale de Jérusalem » se déplace vers Rome, Aix-la-Chapelle ou Paris, légitimant le pouvoir des empereurs et des rois.

    « Saint Sang »

    Les reliques se multiplient à profusion. Le XIIe siècle s’emballe pour le « Saint Sang » du Christ, invitant les fidèles à « associer la matérialité d’une relique et la spiritualité d’une dévotion centrée autour des mystères de l’Eucharistie ». L’acquisition à grands frais par Louis IX de la couronne d’épines témoigne aussi des évolutions de la dévotion chrétienne : « Si la relique de la Vraie Croix renvoyait depuis Constantin à l’image d’un Christ victorieux accompagnant l’empereur dans ses succès, la Couronne d’épines possède une connotation beaucoup plus doloriste, insistant sur les souffrances et la mort de Jésus. »

    → À LIRE. Pourquoi met-on des reliques dans les autels ?

    « Au début du XVIe siècle, l’Occident chrétien est saturé de sacré en général, et de reliques du Christ en particulier. » La Réforme protestante, qui promeut une religion « intériorisée et spiritualisée », n’y voit que superstition et idolâtrie. L’Église catholique n’a pas d’arguments théologiques à lui opposer. Mais, au XVIIe siècle, quelques jésuites prennent la défense des reliques. Ils cherchent à en retracer l’histoire et à prouver leur authenticité, qui devient « désormais autant affaire d’érudition que d’engagement d’une autorité ecclésiastique ».

    Polémiques érudites

    Cependant, « cette production massive d’histoires de reliques et de sanctuaires ouvre la porte à des polémiques érudites, autour notamment des méthodes de production de connaissances historiques et authentiques », mettant en cause l’authenticité qu’elle voulait prouver. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières verront dans les reliques « la preuve éclatante des ténèbres apportées par le monde ecclésiastique sur les esprits de leurs fidèles ».

    La Révolution française provoquera quelques destructions, mais aussi le déplacement et le sauvetage de nombreux objets sacrés. Même si le culte des reliques connaît un certain regain au XIXe siècle, le clergé s’en désintéresse peu à peu et les relègue au rang de la piété populaire. Quant au XXe siècle, c’est à la science que les ardents défenseurs des reliques s’adressent désormais pour les authentifier, pendant que certains objets quittent les églises pour rejoindre les musées. Tendant ainsi à effacer « la frontière entre cultuel et culturel ».

    Ce livre se lit comme une épopée. Fourmillant de détails et d’anecdotes sans prétendre à une impossible exhaustivité, richement sourcé, il dessine à travers l’histoire des reliques celle de toute la chrétienté. Interrogeant notre rapport au sacré, et les relations qu’entretiennent le matériel et le spirituel dans une religion de l’Incarnation, qui croit en un Dieu qui s’est vraiment fait homme.

  • Prêtres catholiques : quand le Soir fait la part belle à un "sociologue engagé"

    IMPRIMER

    Dans la livraison du Soir d'aujourd'hui, Fanny Declercq se fait l'écho (bien tardif) des théories de Josselin Tricou sur "la masculinité atypique des prêtres catholiques". En septembre dernier, Louis Daufresne, sur Aleteia, avait publié une note éclairante sur la parution du livre "Des soutanes et des hommes" de ce "sociologue engagé" :

    La figure du prêtre au bistouri de la sociologie engagée

    Moins elle est influente, plus elle intrigue : l’Église catholique deviendrait-elle de plus en plus un objet d’étude et de curiosité, une sorte de point dur polarisant à l’excès ? Un certain public la regarde sur le mode de la fascination/répulsion, sans doute car il s’agit d’un milieu clos, même s’il se dit ouvert sur le monde et attentif à ses souffrances. Que se passe-t-il derrière les murs du séminaire, du presbytère, du monastère ? Pour survivre dans un monde libéré de tout, les clercs se rendent forcément coupables d’hypocrisie. C’est ce que narrait Frédéric Martel. En 2019, le journaliste avait gratifié la planète médiatique d’une enquête fleuve « au cœur du Vatican » intitulée Sodoma. Si le style s’inspirait plus de Bussy-Rabutin que de Durkheim, Martel exhaussait la présence d’un « lobby gay ». Conclusion : la morale de l’Église doit changer car ses prélats, du moins une partie d’entre eux, la transgressent. 

    « Acteur engagé »

    Un nouveau livre réarme cette idée mais de manière très différente. Sous le titre à la Steinbeck Des soutanes et des hommes (PUF), Josselin Tricou n’exhume pas les souvenirs de frous-frous romains. Pendant deux ans, il a enquêté pour le compte de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, la CIASE, dont le rapport attendu mardi prochain 5 octobre s’annonce tonitruant. Il s’agit d’une très sérieuse thèse de doctorat en science politique-études de genre. Les PUF en font même 472 pages ! Et Le Monde se fait dithyrambique sur ce maître-assistant à l’université de Lausanne : « C’est à une formidable exploration que nous invite […] Josselin Tricou dans ce livre, résultat d’un travail de recherche d’une dizaine d’années sur “la subjectivation genrée et les politiques de la masculinité au sein du clergé catholique français depuis les années 1980”.» La formulation fleure la novlangue LGBT.

    Tricou a l’honnêteté de se présenter comme un « acteur engagé » et selon ses mots, son sujet « suscite à la fois de l’embarras à l’intérieur et des fantasmes à l’extérieur ». Comme si son doigt, habilement inséré dans le trou de la serrure, servait de clef de compréhension et que la porte s’ouvrait sur un abîme de non-dit. Pour le sociologue suisse, « l’Église a été façonnée pendant des siècles à la fois par une forte présence de prêtres homosexuels et par un discours très hétéronormatif ». Voilà un flagrant délit de contradiction jouissif. Comme Martel, il s’agit de pointer le hiatus entre le discours et les actes. Mais à la différence du journaliste, Tricou interroge la figure du prêtre ou plutôt déconstruit son intimité, les remparts qu’érige le clergé pour qu’elle s’épanouisse à l’abri des regards. Le sociologue fait passer au sacerdoce une visite médicale, le met sur le billard et dissèque sa maladie de foi avec le bistouri des nouvelles mœurs. 

    Les placards des sacristies

    Son diagnostic est le suivant : « En sacralisant le prêtre, l’Église en a fait un être à part, dégenré et désexualisé. » N’y voyons pas un propos polémique. Dans l’esprit du monde, la figure du prêtre est devenue si dérangeante et incompréhensible qu’on ne la conçoit plus que comme incongrue et malsaine. Les sciences humaines sont là pour dire cette névrose, l’impensé du masculin. 

    Il sous-entend aussi que sous la soutane se cache un homme qui en aime un autre et que la posture homophobe sert à protéger cette autre forme d’incompatibilité que l’Église et sa morale réprouvent.

    Le prêtre, ce non-être, est victime d’une « émasculation symbolique ».Tricou prend comme point de départ les années quatre-vingt. L’Église postconciliaire ne recrute plus dans les couches populaires mais, comme le note Libération, « dans la haute bourgeoisie très pratiquante ». La prêtrise devient « une voie pour ceux qui se sentent homosexuels mais ne peuvent assumer leur sexualité dans leur milieu social », ajoute Libé. Le chercheur rend même hommage à l’institution qu’« en certains lieux et en certains temps, elle [ait] pu être un espace protecteur dans un monde marqué par l’homophobie et qu’elle [ait] su mettre en place des dispositifs d’accompagnement et de souci de soi, comme dirait Michel Foucault, presque libérateurs »Au bout du compte, juge Tricou, l’Église, à son corps défendant et à rebours de sa doctrine, est devenue un sanctuaire gay, un lieu d’« émancipation paradoxale ». Les sacristies cacheraient des « placards » où l’homosexualité pourrait être assumée. Le pragmatisme triompherait ainsi de la morale. 

    Sous-entendu

    Selon le sociologue, le clergé le sait et se trouve mal à l’aise quand la Manif pour tous descend dans la rue contre le mariage de personnes de même sexe. Attachées à une image mythique du sacerdoce, les ouailles de cette militance attendent que les prêtres soient des chefs pétris de valeurs viriles. Elles mettent alors le système en surrégime en exerçant« une pression très forte sur les prêtres et religieux homosexuels », précise le chercheur. Celle-ci est d’autant plus efficace qu’elle émane de « ceux que ces prêtres sont tenus d’instruire et de guider ». Tricou pense que ce sont les scandales de pédocriminalité cléricale qui permettent de « relâcher cette pression conservatrice ». À quelque chose malheur est bon… 

    Des soutanes et des hommes est un titre qui en dit plus qu’il en a l’air : Le "et" sert à éloigner la soutane de l’homme, comme si les deux étaient incompatibles. Il sous-entend aussi que sous la soutane se cache un homme qui en aime un autre et que la posture homophobe sert à protéger cette autre forme d’incompatibilité que l’Église et sa morale réprouvent.

  • Une situation qui préfigure le règne de l'Antéchrist

    IMPRIMER

    J’ai découvert Juan Manuel de Prada il y a des années (...). Il vient de publier un essai dont AM Valli reproduit ici une recension en italien, sur la situation « apocalyptique » (attention à ne pas se méprendre sur le sens de ce terme) que nous vivons. Je n’essaierais pas de résumer, j’en suis bien incapable. Je me contente de savourer, en invitant le lecteur à en faire autant.

    Ces jours que nous vivons. Et le règne de l’Antéchrist

    « Il y a une profonde signification surnaturelle dans tout ce qui se passe ». Ce sont les mots de Juan Manuel De Prada, auteur de Enmienda a la totalidad [1], un livre dans lequel l’écrivain espagnol d’origine basque, confronté à l’homologation des forces et des institutions politiques à une idéologie technocratique, récupère la pensée traditionnelle, en partant de la dimension surnaturelle de l’existence humaine, et dénonce la haine de la vie qui prévaut.

    Juan Manuel De Prada, brillant écrivain d’origine basque, est l’un des principaux intellectuels du catholicisme espagnol. Il est connu pour son anticonformisme, qui ressort avec force dans son dernier livre : Enmienda a la totalidad, un titre qui fait allusion à la nécessité d’un « amendement total  » concernant les idéologies contemporaines, qui sont fallacieuses dans leurs prémisses et ruineuses dans leurs conclusions.

    Dans ce dernier essai, l’écrivain espagnol oppose la pensée traditionnelle à la pensée unique de l’idéologie. Alors que les idéologies, explique De Prada, prônent un « être humain en évolution continue » et indéfiniment modifiable selon les désirs du pouvoir, la pensée traditionnelle défend un « être humain stable qui reconnaît dans sa nature un datum, quelque chose de donné, d’inamovible », une « nature spécifiquement spirituelle, que les idéologies renient ou méconnaissent ».

    Lire la suite sur Benoît et moi

  • Etats-Unis : des jésuites pour couvrir les politiciens catholiques qui votent pour préserver et élargir l'accès à l'avortement

    IMPRIMER

    Du Père Raymond J. de Souza sur le National Catholic Register :

    Le livre d'un prêtre raconte la triste histoire de la complicité des Jésuites en matière d'avortement aux États-Unis

    COMMENTAIRE : Le défunt père jésuite Paul Mankowski savait à quel point certains de ses frères prêtres et ses supérieurs avaient trahi la Compagnie de Jésus.

    7 janvier 2022

    Vous avez besoin d'un ecclésiastique éminent pour couvrir les politiciens catholiques qui votent pour préserver et élargir l'accès à l'avortement ? Depuis plus de 50 ans, les Jésuites ont l'homme qu'il vous faut à portée de main. C'est un grave scandale dans l'un des ordres les plus vénérables de l'Église.

    Le père jésuite Pat Conroy, qui a été aumônier de la Chambre des représentants de mai 2011 à janvier 2021, a donné une interview publiée cette semaine dans le Washington Post, dans laquelle il défend les politiciens catholiques qui favorisent l'accès à l'avortement. Il est allé jusqu'à citer Saint Thomas d'Aquin sur la conscience pour défendre sa position, ce qui est à la fois embarrassant et indigne d'une formation jésuite correcte.

    Pour ceux qui ont la mémoire longue, l'idée d'un jésuite éminent de la Chambre des représentants défendant des lois permissives sur l'avortement n'est pas nouvelle. Le père Conroy est une version à petit budget du défunt père jésuite Robert Drinan, mais il reste un porte-drapeau de ce que ses frères ont coutume d'appeler "la tradition jésuite". 

    Il y a 15 ans cette semaine, le père Drinan était de nouveau sous les feux de la rampe. Rappelons les circonstances. Début 2007, Nancy Pelosi est devenue la première femme présidente de la Chambre des représentants, couronnement d'une carrière politique remarquable. Le fait qu'elle soit à nouveau présidente 15 ans plus tard est une preuve supplémentaire de la formidable force politique qu'elle demeure.

    Consciente de l'étape qu'elle avait franchie en 2007, Mme Pelosi a organisé un gala de quatre jours pour marquer son accession à la présidence. Tout a commencé par une messe "en reconnaissance de la présidente élue de la Chambre des représentants, Nancy D'Alesandro Pelosi", à son alma mater, la Trinity University de Washington, D.C. Le célébrant principal et homéliste était le père Drinan, alors âgé de 86 ans. Ce fut son dernier grand événement public. Il est décédé plus tard le même mois.

    C'est là que se trouve l'histoire scandaleuse de la complicité des jésuites dans l'avortement en Amérique, une histoire racontée de manière plus complète dans un nouveau livre important du défunt père jésuite Paul Mankowski, qui savait à quel point certains de ses frères jésuites et ses supérieurs avaient trahi la Compagnie de Jésus. 

    Le père Robert Drinan était prodigieusement talentueux, même selon les normes élevées pour lesquelles les jésuites des années 1960 étaient connus. Il est devenu doyen de la faculté de droit du Boston College à l'âge de 36 ans, et a mené cette faculté vers de nouveaux sommets pendant 14 ans. En 1970, il se présente au Congrès du Massachusetts et est élu cinq fois comme démocrate, de 1971 à 1981. 

    En mai 1980, le pape saint Jean-Paul II lui a ordonné de ne pas se présenter à la réélection de novembre de la même année, et le père Drinan a donc quitté le Congrès en janvier 1981. La décision de Jean-Paul II s'inscrivait dans le cadre d'une interdiction plus large faite aux clercs d'occuper des fonctions politiques. Lorsque la décision définitive est venue du pape, le père Drinan a obéi, disant que la défiance était "impensable". La défiance avait été son modus operandi pendant une décennie, en fait.

    Le père Drinan s'est présenté en 1970 sur une plateforme anti-guerre du Vietnam et a été le premier membre du Congrès à présenter des articles de mise en accusation contre le président Richard Nixon. Après l'arrêt Roe v. Wade en 1973, il a défendu la décision et a été un vote fiable en faveur de l'élargissement de la licence d'avortement, y compris le financement par les contribuables, pendant toute la durée de son mandat au Congrès.

    Lire la suite

  • L'auteur de Harry Potter est censurée, boycottée et menacée de mort

    IMPRIMER

    De Luca Volontè sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Rowling, victime d'un monde sans chevaliers

    23-12-2021

    Pour défendre la raison et la diversité sexuelle biologique, particulièrement précieuse pour son exclusivité, chez les femmes contre les revendications machistes transsexuelles, Rowling subit un siège sans précédent, victime d'un monde sans chevaliers.  

    Depuis plus d'un an, après avoir écrit un essai défendant la sexualité biologique et contre le nouveau machisme transsexuel, l'auteur de Harry Potter et du tout récent Cochon de Noël, J.K. Rowling, est censurée, boycottée et menacée de mort pour sa défense à coups de sabre de la féminité exclusive des femmes et sa polémique contre la mode et les coutumes et lois qui permettent aux mâles (femmes auto-déclarées) non seulement de s'habiller de façon féminine, mais aussi de prétendre être considérés comme tels.

    Le temps des chevaliers est-il terminé ? Un an et demi de harcèlement continu, de la censure (septembre 2020) de sa saga des sorciers de Poudlard dans les salons nationaux du livre pour enfants en Australie, aux agressions LGBTI contre le roman Troubled Blood de l'automne dernier, dans lequel elle avait décrit le tueur comme un type aux habitudes transgenres, aux décisions des journées de la Ligue américaine de Quiddich décidant de changer de nom, par respect pour l'idéologie transsexualiste et par mépris pour la défense de la féminité biologique par Rowling, aux insultes et menaces reçues par Rowling pour avoir tweeté son mécontentement à l'annonce que la police écossaise "enregistrera les viols commis par des criminels ayant des organes génitaux masculins comme étant commis par une femme si l'agresseur s'identifie comme une femme".

    Le 12 décembre, sur ces folles décisions politiquement correctes mais irrationnelles, la marraine de Harry Potter avait écrit : " La guerre, c'est la paix ". La liberté est de l'esclavage. L'ignorance est une force. Le pitoyable individu qui vous a violé est une femme". Pour défendre la raison et la diversité sexuelle biologique, particulièrement précieuse pour son exclusivité, chez les femmes contre les prétentions machistes transsexuelles, Rowling subit un siège sans précédent, victime d'un monde où il n'y a plus de chevaliers.  

    "J'ai reçu tellement de menaces de mort que je pourrais en tapisser ma maison, des menaces contre moi et ma famille", a-t-elle déclaré fin novembre, ajoutant : "Je ne sais pas où ils pensaient en venir." Il est certain que Rowling n'est pas du tout intimidée dans sa défense de la réalité et de la vérité.  Mais il est nécessaire de réfléchir une minute sur cette persécution et cette oppression des dissidents du genre et du transgenre. L'un des mots les plus courants du vocabulaire de la gauche mondialiste est la défense des "opprimés".

    La gauche radicale voit toutes les structures sociales et les relations interpersonnelles à travers le prisme de l'oppresseur contre l'opprimé (tout comme, au siècle dernier, les communistes regardaient le monde à travers les deux catégories du capitaliste et du prolétaire). Un monde bipolaire, noir et blanc, mais plus binaire du masculin et du féminin, car la réalité doit être bannie du monde. Les groupes préférés de la gauche, les minorités raciales et sexuelles, se retrouvent perpétuellement discriminés et victimisés par leurs oppresseurs majoritairement blancs et/ou hétérosexuels.

    Lire la suite

  • Ce mois-ci, dans La Nef :

    IMPRIMER

    Voici le sommaire de cette excellente publication (janvier 2022) (certains contenus sont accessibles en cliquant sur les liens) :

    AMDG
    Responsa de Rome : une sévérité insoutenable

    L'éditorial de janvier par Christophe Geffroy,
    Directeur de La Nef

    À quelques jours de Noël – beau cadeau ! n’y avait-il rien de plus urgent en ces temps de pandémie et de drame des abus sexuels sur mineurs ? –, la Congrégation pour le Culte divin a rendu public le 18 décembre dernier des Responsa ad dubia (réponses aux doutes) « sur certaines dispositions » de Traditionis custodes. Dans la lignée du motu proprio du pape et de sa lettre d’accompagnement aux évêques, le ton est brutal, sans aucun souci de ménager les personnes concernées.

    Pour soutenir La Nef, pour découvrir l'intégralité de nos publications, n'hésitez pas à découvrir nos offres d'abonnements : formule découverte, abonnement numérique et/ou papier !

    CE MOIS-CI DANS LA NEF :

    ENTRETIEN
    DOSSIER Jacques Maritain (1882-1973)
    • Maritain : « Sauver les vérités affolées », par Baudouin de Guillebon
    • Maritain et Maurras, par Florian Michel
    • Maritain, théologien de l’Église, par le Père François Daguet o.p.
    • « J’avais trouvé mon maître », entretien avec Michel Fourcade
    • Actualité politique de Maritain, par Christophe Geffroy
    VIE CHRÉTIENNE
    • Les mauvais anges et le mal naturel, par Denis Sureau
    • Question de foi : Ô mon beau dialogue…, par l’abbé Hervé Benoît
    CULTURE
    • La mutinerie des Cipayes, par Michel Toda
    • Notes de lecture
    • De verbe et de chair : Voici de l’eau, par Henri Quantin
    • Musique : Le Schubert de Berman, par Hervé Pennven
    • Noël : sélection de livres pour vos cadeaux, par Patrick Kervinec
    • Cinéma : The Chosenpar François Maximin
    • Sortir : Maurice Denis, par Constance de Vergennes
    • À un clic d’ici, par Léonard Petitpierre
    • Et pour les jeunes…, par Valérie d’Aubigny
    • Un livre, un auteur : entretien avec le Père Michaël Bretéché
    • Rencontre : Guillaume d’Alançon, par Marine Tertrais
    DÉBATS/Points de vue

    CONTRE CULTURE

  • Amoris Laetitia : accompagner, discerner, intégrer

    IMPRIMER

    De l'abbé Sréphane Seminckx, docteur en médecine et en théologie, sur didoc.be :

    Accompagner, discerner, intégrer

    .

    Dans le chapitre VIII de l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, le pape François propose d’accompagner, de discerner et d’intégrer la fragilité. Dans un autre contexte, les évêques de Belgique ont rappelé il y a quelques mois l’importance de cette ligne de conduite (communiqué du 17-3-21).

    De ces trois verbes — accompagner, discerner, intégrer —, le deuxième constitue comme la charnière de l’approche pastorale de l’Eglise : l’accompagnement favorise le discernement qui ouvre à son tour le chemin de conversion et de pleine intégration dans la vie de l’Eglise.

    « Discerner » est une notion classique. Saint Jean-Paul II emploie déjà ce terme dans Familiaris Consortio (n. 84) : « Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations. » Benoît XVI rappelle presque littéralement la même idée dans Sacramentum Caritatis (n. 29).

    Ce qu’est le discernement

    « Discerner » consiste à « faire la vérité » sur la situation d’une personne face à Dieu, vérité qu’en fait Dieu seul connaît pleinement : « car, quoique je ne me sente coupable de rien, je ne suis pas pour cela justifié : mon juge, c’est le Seigneur. » (1 Co 4, 4)

    Cependant, « l’Esprit de vérité (…) vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 13). Le Saint-Esprit nous connaît mieux que nous-mêmes et nous invite à nous connaître en Lui. Le « discernement » est notre effort pour répondre à la lumière et à la force accordées par l’Esprit de vérité. Le lieu par excellence du discernement est la prière.

    Le discernement porte d’abord sur les circonstances qui ont amené à s’éloigner de Dieu. Parlant de personnes divorcées et remariées, saint Jean-Paul II donne les exemples suivants : « Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canoniquement valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l'éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n'avait jamais été valide. » (Familiaris Consortio 84). Connaître ces circonstances permet au pécheur d’évaluer sa responsabilité et de tirer une expérience du mal commis, et au prêtre d’adapter son approche pastorale.

    Discerner, c’est aussi apprécier — typiquement dans le chef du confesseur — s’il y a dans l’âme du pécheur un désir de conversion. Ce point est décisif : si ce désir sincère existe — même sous la forme la plus élémentaire —, tout devient possible. Un chemin d’accompagnement et de retour à la pleine communion dans l’Eglise peut être entamé.

    En troisième lieu, discerner, c’est découvrir les causes de l’éloignement de Dieu, ce qui déterminera aussi le chemin de conversion. Amoris Laetitia a voulu rappeler explicitement le n. 302 du Catéchisme de l’Eglise Catholique : « l’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux. »

    Les accompagnateurs spirituels connaissent bien ces facteurs, qui jouent souvent un rôle déterminant dans la situation d’une âme. Actuellement, le premier et le plus important est l’ignorance de la plupart des fidèles : « Aujourd’hui une autre question se pose de manière très sérieuse. Il y a actuellement un nombre croissant de païens baptisés : je veux dire par là des gens qui sont devenus chrétiens parce qu’ils ont reçu le baptême, mais qui ne croient pas et qui n’ont jamais connu la foi. » (Joseph Ratzinger – Benoît XVI)

    Lire la suite

  • "René Girard, la vérité mimétique" : une émission à ne pas manquer sur KTO

    IMPRIMER

    Ce soir, sur KTO Télévision :

    René Girard, la vérité mimétique

    30/12/2021

    René Girard est considéré comme l’un des grands penseurs de la seconde moitié du XXème siècle. Ce documentaire est un voyage au coeur de son oeuvre, de sa réflexion et de sa vie. Il explore et révèle les multiples aspects de sa fascinante « théorie mimétique ». Proches et fins connaisseurs de Girard se succèdent pour mettre en lumière sa pensée. Celle-ci affirme que le désir et l’imitation alimentent depuis toujours la mécanique du comportement humain, menant à la rivalité et la violence mimétiques, puis à la désignation du bouc-émissaire. A travers les mythes, les sociétés anciennes, les religions, l’Histoire de l’humanité, et jusque dans notre actualité, René Girard apporte l’éclairage singulier de sa vérité universelle. Où souffle aussi l’Esprit car, pour lui, tous les chemins de l’Homme mènent au Christ.

    René Girard, la vérité mimétique - Une coproduction KTO/CRESCENDO MEDIA FILMS 2021 - Réalisée par Yves Bernanos

  • Quand Houellebecq égratigne Macron et compare Zemmour à Marchais

    IMPRIMER

    Le nouveau Houellebecq arrive... Lu sur valeursactuelles.com :

    Dans son nouveau roman, Houellebecq égratigne Macron et compare Zemmour à Marchais

    Le prix Goncourt 2010 revient le 7 janvier avec Anéantir. Un huitième ouvrage de très légère anticipation où le héros, un énarque, est au service du ministre de l’Economie et des Finances.

    Cet animateur de télévision, ce n’est pas Eric Zemmour, car même si une personnalité émerge dans son roman, l’ancien journaliste de CNews est décrit autrement. « Il est vrai que Zemmour, ça marche toujours, il suffit de prononcer son nom et la conversation se met à ronronner dans des voies balisées et gentiment prévisibles un peu comme Georges Marchais à son époque », écrit Michel Houellebecq. Il ajoute : « Chacun retrouve ses marqueurs sociaux, son positionnement naturel, et en tire des satisfactions calmes ».

    Moult sujets abordés

    Mais surtout, dans ce roman, si l’auteur ne veut pas nommer précisément le chef de l’Etat, ses références sont sans équivoque. Qualifié de « président réélu en 2022 », il ajoute qu’il avait « délaissé les fantasmes de start-up nation qui avaient fait sa première élection, mais n’avaient objectivement conduit qu’à produire quelques emplois précaires et sous-payés, à la limite de l’esclavagisme, au sein de multinationales incontrôlables ». Plus aucun doute, donc.

    Le Parisien décrypte aussi un passage avec une allusion claire aux discours enflammés d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle 2017, des discours, « bras largement ouverts dans un élan quasi christique ». D’autres personnalités sont en revanche citées précisément, comme Bernard Arnault, David Pujadas ou François Lenglet. Sans oublier Cyril Hanouna qui ne devrait guère apprécier la mention qui lui est destinée. Enfin, selon franceinfo, si Michel Houellebecq se concentre sur l’amour dans ce roman, il aborde des centaines de sujets : de la fin de vie aux légumes verts, en passant par les migrants, les huiles essentielles, les soins, l’euthanasie ou Pascal. Sans que cela ne parte dans tous les sens.