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Défense de la Vie - Page 59

  • Déconfinement : entre prudence et impatience

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    Dans sa newsletter mensuelle (mai 2020)  l’abbé Ralph Schmeder, responsable du service de presse du diocèse de Liège écrit :

    « Chère lectrice, cher lecteur,

    Récemment, une paroissienne engagée publiait une lettre ouverte dans laquelle elle exprimait ses frustrations et son impatience : « Dans toutes les communications sur les secteurs impactés par les mesures de confinement, il y a un grand oublié : c’est la face spirituelle de l’homme. (…) Pourquoi ne communique-t-on jamais sur les mesures prises à l’égard des célébrations religieuses ? »

    Je dois vous avouer que moi aussi, j’ai été déçu, en suivant la conférence de presse du gouvernement le 24 avril dernier, de ne rien entendre au sujet des célébrations dans les églises, temples et mosquées de notre pays. On peut comprendre que les secteurs de l’économie, de l’enseignement et du monde médical et social aient la priorité dans la relance de la vie publique, mais de là à ne donner aucune perspective aux représentants des cultes, il y a un pas.

    Nos évêques ont réagi au début de la semaine en exprimant publiquement leur souhait de reprendre les activités paroissiales. On attend donc avec impatience une prise de position des décideurs politiques.

    En même temps, comme pour les autres domaines, nous savons très bien que l’après-confinement sera assez différent de l’avant. Les paroisses devront prendre des mesures pour protéger les pratiquants dont une bonne partie est composée des fameux « groupes à risque », notamment de personnes âgées. Les salutations et échanges de paix devront se faire à distance… Comment imaginer une chorale où chaque membre doit rester à plus d’un mètre et demi des autres chanteurs ? Comment célébrer les « grandes occasions » comme les premières communions, les professions de foi ou les confirmations, mais aussi certains mariages et baptêmes ou certaines funérailles, lorsque la distanciation physique sera obligatoire ? Comment chanter et communier avec un masque sur la bouche ? Les évêques ont déjà élaboré un « code de bonne conduite », mais il n’a pas de sens tant que le feu vert des autorités n’est pas donné.

    On peut aussi se demander quelle sera la réaction des catholiques habitués à la messe hebdomadaire, voire quotidienne pour certains. Vont-ils revenir en masse, soulagés de ne plus devoir se contenter d’une communion spirituelle devant un écran de télévision ou d’ordinateur, ou bien ont-ils « pris le pli » d’une pratique plus « électronique » ? L’envie de retrouver la communauté paroissiale sera-t-elle plus forte que la peur de la contamination ?

    Des questions auxquelles il est impossible de répondre maintenant. Pour certains, cette période qui approche de sa fin a été l’occasion d’une redécouverte spirituelle, et ils voudront l’approfondir par la fréquentation plus régulière d’une communauté, mais la tendance inverse est possible aussi : on nous a tellement sensibilisé ces dernières semaines à une « pratique intérieure » que certains ne ressentent peut-être plus le besoin de la partager avec d’autres.

    Reste à espérer que l’Eglise retrouve son dynamisme et sa visibilité. Finalement, le nombre assez impressionnant de manifestations qui ont dû être annulées ou reportées n’est-il pas le signe que nos paroisses, aumôneries, mouvements et associations sont des acteurs très actifs et présents dans la société ?

    Bon déconfinement à chacune et chacun,

    Ralph SCHMEDER, responsable du Service de Presse »

    Ref. Déconfinement : entre prudence et impatience

    JPSC

  • Emmanuel Hussenet : « Ce qui m'inquiète plus que le virus, c'est la peur que nous en avons »

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    emmanuel-hussenet_article.jpgDans les temps inédits où l’on se calfeutre pour éviter la propagation du coronavirus, Emmanuel Hussenet, auteur de Robinson des glaces, explorateur passionné des banquises et philosophe, donne son témoignage à Théophane Leroux pour les lecteurs  du magazine « Famille Chrétienne » :

    « Je suis confiné à la campagne, en Bourgogne. Sur le plan personnel, cela ne change pas forcément grand-chose et je ne souffre pas de la claustration. Sur le plan collectif, je ne peux pas être imperméable à ce que subissent beaucoup de personnes. J’ai beaucoup de peine pour ceux qui vivent un confinement dans un contexte de tension, dans un studio bruyant ou un quartier qui ne leur permet même pas de jouir des premiers soleils.

    J’ai une expérience du confinement volontaire : en expédition, lorsqu’on est seul dans son kayak au milieu des glaces, on accepte la solitude et on est totalement maître de soi. On a la liberté de pouvoir disposer de sa propre vie, quelles que soient les conditions même si elles sont austères, par exemple lorsqu’on reste enfermé sous la tente pendant trois ou quatre jours à cause d’une tempête. Si elle est acceptée, si elle découle d'un choix personnel, la contrainte physique n’est pas déterminante. Quand elle résulte d’un pouvoir en place qui touche ce qui est le plus fondamental, la liberté, quelque chose de l’ordre du sacré. La question que soulève cette situation est celle du sens de la vie: enfermer des gens au prétexte qu'il faut protéger des vies, même si cela est présenté comme nécessaire, a quelque chose de paradoxal, car on ne peut vivre que dans la liberté.

    « Il y a des morts que la société accepte, d'autres non »

    Quand on part en expédition, on sait qu’on prend des risques, qu’on accepte et mesure, on vit avec eux au point qu’à un moment, on ne les voit plus, ils font partie des paramètres qui nous conditionnent et nous inscrivent dans une trajectoire. On anticipe le danger, on est concentré sur les besoins vitaux. Et le principal besoin vital, ce n’est pas boire, manger ou dormir, mais c’est se déplacer. Si l’on est immobilisé sous sa tente, on meurt : tout l’enjeu d’une expédition, c’est de se déplacer. C’est donc la liberté, c’est le choix de sa route. Pour un prétexte sanitaire, on suspend notre route. Malheureusement, le Covid-19 fait beaucoup de victimes, mais moins que d'autres pathologies ou que des causes accidentelles auxquelles nous sommes habitués. Il y a des morts que la société accepte, d'autres non. Le virus fait peur parce que nous n'avons pas appris à vivre avec lui, ce qui est assez étonnant puisqu'à l'âge de la mondialisation, chacun sait que la pandémie est un risque majeur. Ce qui m'inquiète plus que le virus, c'est la peur que nous en avons, laquelle rend suspecte toute personne que nous croisons. Dans notre système hygiéniste, figé sur des représentations matérialistes, les relations humaines sont mises à mal. Le rapport à la vie strictement quantitatif qui nous est imposé exclut la question du sensible et celle de sens. C'est selon moi très préoccupant.

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  • RDC: Félix Tshisekedi nomme le cardinal Ambongo à la tête d’un Fonds national contre le Covid-19

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    EOLCOI5W4AAIT4w-1.jpgFélix Tshisekedi, président de la République Démocratique du Congo (RDC), a nommé le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, coordinateur du Conseil de gestion du Fonds national de solidarité de lutte contre le Covid-19 (FNSCC).

    Le FNSCC, créé le 6 avril 2020 par le chef de l’Etat congolais, est doté d’un budget de 350 millions de dollars US et vise à soutenir les personnes physiques ou morales, les travailleurs de la santé, les structures sanitaires, les entreprises et toute autre structure exerçant une activité économique. Il est notamment alimenté par l’Etat congolais et les entités territoriales décentralisées, les entreprises publiques ou privées, ainsi que les partenaires au développement du pays.

    Le second pays le plus touché d’Afrique centrale

    Le cardinal Ambongo, également vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), dirigera une équipe de quinze membres, parmi lesquels figurent d’autres responsables de confessions religieuses. Les autres membres de l’équipe sont des représentants de la société civile et du corps médical, selon la radio de l’ONU, Radio Okapi.

    La pandémie de coronavirus a éclaté en RDC le 10 mars 2020. En date du 29 avril, près de 500 cas ont été enregistrés dans le pays, avec 31 décès et 330 patients en traitement, a indiqué le Comité multisectoriel de la riposte à la pandémie du Covid -19. La RDC est le deuxième pays d’Afrique centrale le plus touché par le Covid-19, après le Cameroun (1.806 cas et 59 décès). Dans les huit pays de cette région (Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Démocratique du Congo, Tchad, et Sao Tome et Principe), la maladie a tué 104 personnes sur 3.182 malades.

    Ref.RDC: le cardinal Ambongo à la tête d’un Fonds national contre le Covid-19

    JPSC

     

  • De la mort à la mort , ou du Covid-19 à l’IVG-20

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    De la mort à la mort

    Ou du Covid-19 à l’IVG-20

    tribune d'un lecteur ami de belgicatho

    Les historiens qui demain se pencheront sur la Belgique de l’année 2020 appelleront peut-être celle-ci « l’année Coronavirus ». S’en trouvera-t-il un pour relever que, « dans l’immédiat-après-Covid-19 », le parlement fédéral se sera empressé d’élargir le droit à l’avortement de 14 à 20 semaines d’aménorrhée, de réduire le temps de réflexion de six à deux jours et finalement de supprimer de facto toute sanction pénale à l’encontre du médecin outrepassant le délai légal ? En bref, considérant notre époque à l’aune de ses critères moraux, peut-être jugera-t-il sévèrement un État dit civilisé autorisant l’avortement jusqu’au terme de la grossesse, malgré l’opposition manifeste de nombreux soignants et spécialistes de la question.

    Que l’on me permette pour l’heure quelques considérations générales relatives à cette perspective…

    Aujourd’hui, le sacro-saint « Droit à disposer de son corps » n’a même plus à être invoqué, tant il est devenu une idole que l’on encense par paresse intellectuelle et conformisme idéologique. Répété ad nauseam, cet argument constitue en réalité la garantie du droit à disposer du corps d’autrui, dernier avatar d’un consumérisme aujourd’hui poussé à son paroxysme : commandé à une mère-porteuse aussitôt que désiré, jeté aux ordures aussitôt que décrété indésirable, le petit d’homme se voit progressivement confondu avec un bien de consommation quelconque. Sommées d’acquiescer au « progrès », nos consciences anesthésiées s’accommodent donc d’un droit positif détaché de la morale, d’une réification totale de l’enfant à naître et d’un rétrécissement du champ de l’humanité que nous auraient envié les pires esclavagistes.

    Du reste, s’il eût été homme de notre temps, le philosophe Montesquieu (1689-1755), auteur d’un implacable réquisitoire contre l’esclavage, aurait pu employer son ironie mordante à dénoncer les ressorts de la déshumanisation de l’enfant à naître. En effet, maniant avec brio l’art du raisonnement par l’absurde, il faisait dire aux négriers du xviiie siècle : « Il est impossible que nous supposions que ces gens-là [les esclaves africains] soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. » Le transposant aujourd’hui à la question de l’humanité du fœtus, Montesquieu pourrait formuler son argument comme suit : « Il est impossible que nous supposions que les fœtus avortés soient des hommes, parce que si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que l’avortement n’est pas un bien et que le sens du progrès dont nous nous gargarisons n’est qu’un mensonge meurtrier. »

    Autrement dit, tandis qu’un refrain sans cesse seriné nous répète que la non-humanité du fœtus serait logiquement au fondement du droit à l’avortement, c’est au contraire la sacralisation du droit à l’avortement qui induit la déshumanisation de l’enfant à naître. Ainsi, pour justifier son élimination, nous décrétons aujourd’hui l’humanité d’un être en fonction de l’étape de son développement prénatal et du désir parental dont il est l’objet. Ne reposant sur aucun fait scientifique, cette assertion n’est donc qu’une simple opinion, propre à notre époque, tout comme l’était celle de l’inhumanité des Noirs au xviiie siècle. Celle-ci relevait de considérations économiques très prosaïques tandis que celle-là correspond simplement à l’idéologie individualiste contemporaine ; mais aucune des deux n’est philosophiquement moins contestable que l’autre. Par conséquent, en érigeant aujourd’hui la première en vérité générale, nous donnons raison, a posteriori, aux esclavagistes qui professaient la seconde et que ridiculisait Montesquieu.

    Les historiens du futur pourront aisément pointer les incohérences, pour ne pas dire le cynisme, d’un xxie siècle qui voue un culte religieux aux droits de l’homme mais applique en réalité les droits de l’individu consommateur, en déniant ce grand nom d’Hommes aux êtres les plus fragiles qui soient.

  • Quand l'hebdomadaire Dimanche se fourvoie

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    "Dimanche" de cette semaine (n°17 du 26 avril) publie une pleine page (4) consacrée à une interview de Jacques Brotchi.
     
    Jacques Brotchi, médecin et homme politique (sénateur MR), est connu pour son engagement en faveur de la libéralisation de l'euthanasie et son implication dans les textes de lois relatifs à cette pratique. Il est notamment l'auteur d'un livre intitulé "Dis, c'est quoi l'euthanasie?".
     
    Alors que la Belgique baigne dans une atmosphère ultralibérale qui l'a conduite à avoir des législations parmi les plus permissives du monde en matière d'éthique, notamment en ce qui concerne l'euthanasie et l'avortement, on peut se demander s'il est vraiment judicieux de la part d'un hebdomadaire catholique accrédité par l'autorité ecclésiastique d'offrir une tribune de cette dimension à un apôtre "du droit de mourir dans la dignité". Comme si l'opinion publique belge n'était déjà pas assez formatée par des médias largement acquis à ces pratiques en opposition radicale avec les positions éthiques de l'Eglise catholique...
     
    Les tenants de la libre-pensée et de l'action laïque doivent être éberlués de voir le rare petit organe de presse catholique qui subsiste encore offrir ses colonnes à un éminent promoteur du droit à l'euthanasie, pour s'y présenter tout à son avantage, sous le titre "Les convictions d'un grand médecin", "sommité mondiale" et "très grand médecin portant bien haut dans le monde la médecine de notre pays"... Quelle aubaine !
     
    Dans le climat actuel où les repères sont devenus tellement flous et incertains, on peut douter que le brave catholique abonné à Dimanche soit à même de faire la part des choses et puisse discerner, par exemple, qu'il est scandaleux de ne réserver la clause de conscience qu'aux médecins en la refusant aux institutions catholiques, notamment aux maisons de repos qui restent encore fidèles à l'injonction fondamentale : "Tu ne tueras point".
     
    Imprégnés par les arguments en faveur de l'euthanasie par les médias dominants, le brave paroissien n'a nul besoin de les retrouver encore dans une publication quasi-officielle de son Eglise, auréolés par le prestige d'une sommité scientifique et politique.
     
    L'ouverture et le dialogue ont leurs limites, surtout quand il s'agit d'enjeux aussi fondamentaux que le respect de la vie humaine. Et surtout lorsque l'ouverture et le dialogue ne trouvent pas de réciprocité de l'autre partie.

  • Coronavirus en RDC: le Prix Nobel Denis Mukwege pour un confinement des plus de 60 ans

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    Mukwege B9717155043Z.1_20181005143617_000+GREC5V1D9.3-0.jpgLe Prix Nobel de la paix congolais Denis Mukwege a plaidé samedi pour un confinement des personnes de plus de 60 ans et le port du masque afin de lutter contre la propagation du coronavirus qui a fait 25 morts en République démocratique du Congo (RDC). Interrogé sur l’éventuelle expérimentation d’un vaccin contre le Covid-19, le Dr Mukwege s’est par ailleurs montré prudent après la polémique suscitée par cette question sur le continent: « Si on demande mon avis, je dirai qu’il faut commencer par vacciner la Chine, l’Europe et l’Amérique » où le virus a déjà tué plusieurs milliers de personnes. Lu sur le site web de La Libre Afrique :

    « Le gynécologue a recommandé «un confinement partiel des personnes âgées de plus de 60 ans, souvent plus à risques. Ceci permettra de protéger les plus fragiles, qui sont les plus exposés aux complications mortelles », lors d’une conférence de presse à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu (est).

    Le confinement général est difficile selon lui: « la grande majorité de nos populations n’a pas des logements spacieux, salubres et surtout elles doivent sortir tous les jours pour trouver à manger ».

    Désigné par les autorités pour coordonner la riposte contre le coronavirus dans la province du Sud-Kivu, Mukwege recommande « le port obligatoire de masque pour tout le monde » afin de « rompre la chaine de transmission du Covid-19 ».

    « Notre chance réside dans la jeunesse de notre population, les moins de 60 ans représentent 96% de la population », s’est réjoui le Dr Mukwege.

    La RDC a déclaré 307 cas de Covid-19, avec 25 décès depuis l’annonce de l’épidémie le 10 mars, selon le dernier bilan officiel. La majorité des cas sont à Kinshasa (295), avec quelques-uns en province dont quatre dans le Sud-Kivu.

    A Kinshasa, la commune de la Gombe – siège des institutions, banques et grandes ambassades-, considérée comme épicentre de l’épidémie est confinée depuis le 6 avril. Les autorités devraient se prononcer en fin de journée sur la prolongation ou non de ce confinement qui court jusqu’au 20 avril. »

     Ref. RDC: le Prix Nobel Denis Mukwege pour un confinement des plus de 60 ans

     JPSC

  • Parce que la vie est ce que nous avons de meilleur...

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    Des considérations qu'on n'aura aucun mal à transposer dans le contexte belge :

    « LA VIE EST CE QUE NOUS AVONS DE MEILLEUR »

    16 avril 2020

    Dans une tribune pour le journal La Croix, Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC), revient sur les évolutions relatives à l’accès à l’avortement en France (cf. En France, l'IVG médicamenteuse à domicile possible jusqu'à 9 semaines La santé d’un pays se mesure-t-elle à son taux d’avortement ?). Après avoir « repoussé le délai de l’avortement médicamenteux en ville et à domicile de sept à neuf semaines d’aménorrhée », le ministre de la santé, Olivier Véran, « réfléchit à une autorisation pour recourir à l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse) pour ″détresse psychosociale″, telle que prévue dans la loi actuelle », « en cas de recours tardif après douze semaines de grossesse ». Des mesures « présentées comme provisoires » mais pour lesquelles on est en droit de se demander si elles ne seront pas « ensuite définitivement entérinées ». Pour  Pascale Morinière, cil s’agit d’une position « anachronique ». De son côté, l’essayiste Eric Zemmour dénonce : « On est encore une fois en 1984. La novlangue est telle dans tous les domaines qu’on la retrouve tout le temps ». L’avortement n’est pas « ″un soin″ comme s’obstine à le dire le ministre de la Santé, ainsi que les ″féministes et le Planning familial″ ».

    Pour la présidente des AFC, « notre pays vit une situation de détresse inconnue de cette génération et éprouve combien la vie est précieuse et fragile ». « Nous nous battons contre le coronavirus dans les hôpitaux, nous sommes prêts à restreindre nos libertés individuelles et nous mettons notre économie quasiment à l’arrêt, convaincus que la vie vaut infiniment plus que tout », rappelle-t-elle. Elle affirme : « Sans solidarité les uns avec les autres et sans attention aux plus fragiles non seulement nous aurons du mal à survivre mais, de plus, nous ne serons simplement plus humains ». « La vie est ce que nous avons de meilleur, sinon à quoi bon tous les efforts que nous consentons, l’héroïsme de nos soignants et la longue patience des Français confinés ? »

    Pour Pascale Morinière, le « droit des femmes à disposer de leur corps », les « droits sexuels et reproductifs des femmes » sont des « arguments du ″monde d’avant″ ». Des arguments « dépassés aujourd’hui par la radicalité de ce combat entre la vie et la mort que nous vivons ». Pourtant, « pour tout responsable politique, la faute capitale est de paraître remettre en cause le droit à l’avortement ».

    La présidente des AFC interroge : « Nos responsables politiques, en particulier le ministre de la santé, n’ont-ils pas mieux à faire dans les circonstances actuelles que d’ajouter encore à la détresse ? » « Peuvent-ils réfléchir à l’avortement comme à un problème de santé publique (…) pour tenter d’en faire baisser le nombre plutôt que de s’efforcer de le maintenir et de l’élargir lorsqu’une crise sanitaire survient ? » « Il serait bon que nos gouvernants se sentent investis de la responsabilité de chaque vie et non seulement de celles qui auraient une valeur économique », estime-t-elle.

    Pour aller plus loin :

    Sources: La Croix, Avortement, n’ajoutons pas à la détresse, Pascale Morinière (15/04/2020) – Valeurs actuelles (10/04/2020) – France catholique (17/04/2020)
  • Coronavirus : les instructions des Evêques de Belgique consécutives à la réunion du Conseil National de Sécurité (15 avril)

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    Voici le texte du communiqué de l’Episcopat:

    téléchargement.jpg"Les Évêques belges prennent note de la décision du Conseil National de Sécurité du 15 avril 2020 de prolonger jusqu'au 3 mai 2020, les mesures d’endiguement du coronavirus. Ils remercient le Gouvernement fédéral, les Gouvernements régionaux et les différentes équipes d'experts, pour la bonne gestion de la crise du coronavirus.

    La décision du 15 avril 2020 notifie que toutes les mesures prises par les autorités civiles et religieuses concernant les célébrations religieuses ou activités ecclésiales sont maintenues jusqu'au 3 mai 2020. Dès modification des mesures générales par un prochain Conseil National de Sécurité, le Conseil permanent de la Conférence des Évêques examinera avec les autorités civiles comment l'Église peut modifier ses mesures, en quels lieux et dans quelles conditions. Une nouvelle communication sur ce sujet suivra alors dès que possible.

    Les Évêques mesurent le poids des mesures d’endiguement de la propagation du coronavirus sur la vie ecclésiale dans tous ses aspects. Sacrements, célébrations de prière, catéchèse, initiatives diaconales, initiatives de formation, visites à domicile, réunions et rencontres ne peuvent avoir lieu jusqu'à nouvel ordre ou seulement sous forme minimale, dans le respect des règles de sécurité. Nous rappelons que l’Arrêté Ministériel du 3 avril 2020 a précisé certains articles de l’Arrêté du 23 mars 2020. Sont autorisés : les funérailles religieuses à l’église mais uniquement en présence de 15 personnes maximum (sauf en Wallonie), dans le respect d’une distance de 1,5 mètre entre elles ; les mariages religieux, mais uniquement en présence des époux, de leurs témoins et du ministre du culte. Les Évêques demandent instamment que tous les collaborateurs respectent scrupuleusement les règles imposées. En même temps, ils invitent tous les collaborateurs à entretenir le contact avec leur communauté via des canaux sans risque, en particulier avec les malades, les personnes fragilisées ou isolées. Par ailleurs, il reste indispensable et possible de soutenir les ‘personnes dans le besoin’.

     Du fait de la prolongation des mesures, un certain nombre d'activités pastorales prévues généralement au printemps ou en mai, ne pourront pas avoir lieu. Nous avions déjà décidé que les premières communions et les confirmations seraient reportées jusqu’à l’année scolaire suivante. Mais nous pensons aussi aux pèlerinages, aux célébrations mariales ou aux rencontres de jeunes et les activités pastorales normalement prévues pendant les vacances d'été, à l'étranger ou non (comme les pèlerinages à Lourdes), auxquels participent aussi nombre de personnes âgées, malades ou souffrant d’un handicap. Nous conseillons aux organisateurs d'annuler ces activités à temps.

    Enfin, les Évêques invitent les fidèles à envisager cette crise comme une opportunité et pas seulement comme un fléau. Chaque revers nous invite à réfléchir, nous lance de nouveaux défis et fait appel à notre créativité. Comme l'a dit le Pape François dans une interview : "Il nous faut comprendre que notre trésor réside dans les petites choses. Les petits gestes de tendresse, d'affection et de compassion risquent de se perdre dans l'anonymat de la vie quotidienne, alors qu'ils sont cruciaux et essentiels. Ces détails de la vie quotidienne donnent un sens à la vie. Ils tissent un lien et une communication entre nous. Et il a ajouté : Mettons à profit ces jours difficiles !

    Les Evêques de Belgique

    SIPI – Bruxelles, jeudi 16 avril 2020 "

     

    JPSC

  • Le confinement serait-il favorable à la préservation de la vie à naître ?

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    A QUIMPER, À CONDITIONS ÉGALES, DEUX FOIS MOINS D'AVORTEMENTS

    15 avril 2020

    En Bretagne à Quimper, la prise en charge de l’avortement au Centre hospitalier de Cornouaille est maintenue, mais le nombre des demandes quant à lui « a diminué de moitié depuis le début du confinement ». La baisse concerne aussi bien les IVG instrumentales que les IVG médicamenteuses, qui sont cependant plus pratiquées en réponse à la situation sanitaire : « moins de blocs opératoires disponibles et moins d’anesthésistes ». Les IVG médicamenteuses se pratiquent « en ce moment » au lieu de résidence des femmes (cf. En France, l'IVG médicamenteuse à domicile possible jusqu'à 9 semaines ).

    La tendance qui s’expliquerait soit par la crainte des femmes enceintes de se rendre à l’hôpital ou par « la séparation des couples qui n’ont pas pu se confiner ensemble ».

    Par ailleurs, il n'y a pas non plus « d'avortement hors délai depuis le début du confinement. La prise en charge est maintenue dans les 72 heures entre l'appel et la première écoute, et une semaine entre la demande et l'acte ».

    Seul l’accompagnement psychologique a été réduit, « réservé aux cas urgents ». Des conseillères, « qui intervenaient normalement dans les écoles, sont mobilisées auprès des femmes ayant recours à l'IVG ».

    Pour aller plus loin : Babyland sur France 2 : elles sont mineures, elles ont choisi d'être maman

    La santé d’un pays se mesure-t-elle à son taux d’avortement ?

    Sources: France bleu, Christophe Dewaele, Adeline Divoux (14/04/2020)

    Ce qui inquiète d'ailleurs une centaine d'ONG (dont Human Rights Watch, Amnesty...) qui interpellent les gouvernements pour qu'ils agissent afin de maintenir l'accès des femmes à l'avortement : https://lanuovabq.it/it/piu-di-100-ong-guidano-lassalto-alla-vita-innocente. Telles sont leurs priorités.

  • Comment la Hongrie parvient à enrayer son déclin démographique

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    9 avril 2020

    Politiques familiales — hausse des naissances de 9 % en Hongrie, nombre des mariages double

    Le déclin de la population de la Hongrie a ralenti de 47 % en janvier 2020, après 9,4 % de naissances supplémentaires et 17 % de décès en moins par rapport à la même période l’an dernier, a déclaré vendredi le Bureau central des statistiques (KSH).

    L’indice de fécondité hongrois de 1,6 enfant/femme est désormais le même que celui du Québec, sans aucune politique migratoire.

    Le nombre de mariages a presque doublé, avec 2863 couples mariés, par rapport à la même période l’an dernier, et le nombre le plus élevé de janvier depuis 1982.

    Au premier mois de l’année, 8 067 enfants sont nés, soit 694 de plus qu’à la même période l’an dernier, tandis que 11 553 personnes sont décédées, 2 356 de moins qu’en janvier 2019. Le communiqué expliquait qu’en janvier, 8 067 enfants étaient nés, ce qui représente de manière significative, 694 nouveau-nés de plus qu’au premier mois de 2019, la valeur la plus élevée de janvier depuis 2009. À titre de comparaison, il est né 6 850 enfants au Québec en janvier 2020. La population du Québec était estimée à 8 485 millions en juillet 2019 alors que celle de la Hongrie était de 9 773 millions au 1er janvier 2019.

    La valeur mensuelle estimée de l’indice synthétique de fécondité par femme était de 1,60 contre 1,44 pour la même période de l’année précédente.

    Le taux de déclin naturel de la population est tombé à 0,42 % contre 0,79 % en janvier 2019, a indiqué le KSH.

    Pour relancer la natalité, le Premier ministre hongrois avait décidé d’attribuer en 2019 une aide de 30 500 euros (44 500 $ canadiens) à chaque couple qui se mariait avant le 41e anniversaire de la femme.

    Se dirige-t-on vers un pic de natalité hongrois ? Selon l’agence de presse britannique Reuters à la fin 2019, le nouveau programme nataliste du gouvernement hongrois semblait avoir donné un nouvel élan au nombre de mariages dans le pays en 2019. Il était cependant alors trop tôt pour dire si les bébés suivront.

    Fin juillet 2019, pour éviter le déclin démographique qui mine son pays, le Premier ministre Viktor Orban avait annoncé un certain nombre d’avantages fiscaux pour favoriser les familles. Ainsi, depuis le milieu de l’été, un nouveau système offre aux couples qui se marient avant le 41e anniversaire de l’épouse des prêts subventionnés, pouvant atteindre 10 millions de forints, soit 30 500 euros. Un tiers de cette dette sera annulée si le couple a deux enfants et la totalité s’ils en ont trois. Selon le bureau central des statistiques (KSH), le nombre de personnes mariées avait ainsi déjà augmenté de 20 % au cours des neuf premiers mois de 2019. Le nombre de mariages enregistrés est le plus élevé depuis 1990. Pour le seul mois de septembre 2019, la Hongrie avait enregistré 29 % de mariage de plus que l’année précédente sur la même période.

    Cette mesure s’inscrit dans la droite ligne de la politique anti-immigration de Viktor Orban, qui souhaite ainsi s’afficher en champion du redressement démographique d’un pays menacé par le vieillissement, et éviter un « grand remplacement ».

    Pour stimuler sa population vieillissante, la Hongrie avait lancé en janvier 2020 un nouveau « programme national pour la reproduction » visant à « soutenir financièrement les couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfants », 150 000 dans le pays. Le gouvernement souhaitait stimuler le système de fécondation in vitro (FIV) et lutter contre l’infertilité.

    À partir de juillet 2020, un régime de gratuité pour les FIV sera mis en place : les 30 % des 3300 euros restant à la charge des familles en traitement de PMA seront remboursés par la sécurité sociale. Par ailleurs, l’État prit le contrôle et assura pendant 3 ans la gestion d’un certain nombre de cliniques privées qui s’occupent de fécondation in vitro. L’objectif étant de limiter rapidement les délais d’attente.

    Ces mesures s’inscrivent dans une politique plus large visant à stimuler la natalité. En juillet dernier, un certain nombre d’avantages fiscaux ont été annoncés pour favoriser les familles.

  • L'eugénisme libéral sur la sellette

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    CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME DE L'ONU : L'EUGÉNISME LIBÉRAL EN QUESTION

    08 avril 2020

    Le Rapporteur spécial sur les droits des personnes handicapées a présenté son rapport annuel lors de la dernière session du Conseil des droits de l’homme, interrompue prématurément le 13 mars en raison de l’éruption du coronavirus. Elle y prend courageusement position contre « l’eugénisme libéral ». Christophe Foltzenlogel, juriste à l’European Centre for Law and Justice, revient sur les avancées de ce rapport sans langue de bois.

    Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies basé à Genève compte quantité d’experts et de comités chargés de contrôler le respect des États de leurs obligations internationales au titre des traités qu’ils ont signés. Ils leur adressent ainsi fréquemment des observations, recommandations ou directives. Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dénoncer, nombre de ces rapporteurs et comités abusent de leur fonction pour imposer aux États de « nouveaux droits » qu’ils ne se sont jamais engagés à respecter. Tel n’est pas le cas de ce rapport, qui se concentre sur le respect des États de leurs obligations conventionnelles[1].

    Outre les propos habituels des Rapporteurs pour appeler les États à agir, à lutter contre les préjugés et à être plus inclusifs, le Rapporteur, Catalina Devandas-Aguilar, pose une réflexion de bon sens sur le handicap. Selon elle, on cherche toujours ou trop souvent à « réparer » ou prévenir le handicap. Des efforts immenses sont mis en œuvre pour tenter de guérir des handicaps, sans parvenir à un résultat approprié pour les personnes handicapées elles-mêmes, alors que des investissements plus concrets et plus simples pour faciliter la vie et atténuer certaines difficultés seraient beaucoup plus utiles et pertinents. « Du point de vue des défenseurs des droits des personnes handicapées, le handicap s’inscrit dans la continuité de l’expérience humaine. La question n’est pas tant de prévenir ou de soigner le handicap que de veiller à ce que toutes les personnes handicapées jouissent des mêmes droits et des mêmes possibilités que le reste de la population[2]. »

    Plus généralement, le rapport se concentre sur les discriminations subies par les personnes handicapées en utilisant le néologisme de « capacitisme ». Construit sur le mot « capacité », il appréhende la discrimination envers les personnes handicapées qui vaudraient moins car elles n’ont pas les mêmes capacités que les personnes non-handicapées. 

    Ce rapport contient surtout deux apports importants et positifs : la dénonciation de l’eugénisme libéral et de l’euthanasie des personnes handicapées. Ces réflexions font écho à des situations françaises et européennes sur lesquelles l’ECLJ est activement engagé.

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  • 12 000 enfants sauvés de l’avortement grâce au programme préventif de l’Église orthodoxe russe

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