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Culture - Page 130

  • Environnementalisme et mondialisme, les idéologies les plus dangereuses du moment (XIIe Rapport de l'Observatoire Van Thuân)

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    De Stefano Fontana sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    LE XII RAPPORT VAN THUAN

    Environnementalisme et mondialisme, les idéologies les plus dangereuses

    20-11-2020

    L'environnementalisme est une grande bulle idéologique, le mondialisme est une éthique de l'humanité avec peu de principes moraux génériques pour une religion universelle sans dogmes ni doctrines. L'Église catholique apporte également son soutien à ce projet inquiétant. Le douzième rapport de l'Observatoire du Cardinal Van Thuân est consacré à l'environnementalisme et au mondialisme, les deux idéologies les plus dangereuses du moment, qui visent à converger vers un seul niveau politique mondial.

    Selon le douzième rapport de l'Observatoire du Cardinal Van Thuân qui vient d'être publié par Cantagalli (Sienne, pp. 256, Euro 16), l'environnementalisme et le mondialisme sont les deux idéologies les plus dangereuses du moment, d'autant plus qu'elles convergent sur un seul niveau politique mondial. Jamais peut-être un rapport n'a été aussi opportun, en traitant d'une question d'actualité juste au moment où sa réalisation est à un stade avancé inquiétant. Tout le monde voit, mais tout le monde ne comprend pas : le rapport sert à documenter, informer et mobiliser la résistance.

    L'environnementalisme d'aujourd'hui est une grande bulle idéologique. Incubé pendant des décennies, il a maintenant atteint une phase d'omniprésence programmatique. L'idée de base est que l'environnement est malade et que la cause principale de la maladie est l'homme. Même la Covid, qui n'a rien à voir avec l'environnement, a été proposé comme un symptôme de la gravité du mal qui affecte la planète. Nous sommes proches de la catastrophe : le message ne vient pas seulement et pas tellement de Greta Thunberg, devant laquelle des parlements et des organismes internationaux entiers se sont prosternés, mais des agences des Nations unies, des centres de recherche alignés, des grandes fondations, des médias et des leaders d'opinion du monde entier. Nous serons confrontés à un réchauffement climatique dévastateur causé par nos émissions de dioxyde de carbone, nous serons submergés par les catastrophes climatiques et nous devrons nous familiariser avec les pandémies récurrentes. Les ressources non renouvelables s'épuisent, il est urgent de renforcer les ressources renouvelables et durables et de créer une économie verte basée sur la circularité, la durabilité, l'équilibre avec la nature et des relations humaines sobres.

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  • "Light For The World" ou quand les clarisses d'Arundel illuminent les temps sombres de la pandémie

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    Par Sian Moore sur Classic fm :

    'Light For The World' was released by The Poor Clares of Arundel, a convent based in Sussex

    'Light For The World' was released by The Poor Clares of Arundel, a convent based in Sussex. Picture: Chris O’Donovan

    Les nonnes prennent d'assaut le hit des classiques alors que le plain-chant ancien touche la corde sensible en période de pandémie

    26 octobre 2020

    "Light For The World" a été publié par The Poor Clares of Arundel, un couvent basé dans le Sussex

    Les Clarisses d'Arundel utilisent leurs belles voix pour apporter de la lumière en ces temps plus sombres...

    Il n'est pas surprenant que le son éthéré du plain-chant traditionnel des religieuses ait trouvé un écho auprès des auditeurs du monde entier en 2020, beaucoup d'entre nous ayant besoin d'un beau moment de musique en ces temps plutôt agités.

    Un album spirituel de The Poor Clares of Arundel, Light for the World, connaît un succès sans précédent, se plaçant en première position du Classical Artist Album Chart et du Classical Specialist Album Chart.

    Veni Creator Spiritus – 00:0002:08 All Who Labour – 02:13 - 05:54 You are Love (St Francis) - 06:0208:33 Let the Love That Dwells In Your Hearts (St Clare) - 08:41 - 10:40 Gaze, Consider, Contemplate (St Clare) - 10:4913:54 Earthly Kingdoms - 14:0216:08 Ave Maria - 16:1820:40 Pange Lingua - 20:4823:41 Ubi Caritas - 23:5124:40 In Paradisum - 25:5027:25 Love Him (St Clare) - 27:3130:02 Agnus Dei - 30:0932:32 May your Love (Psalm 32) – 32:39 - 34:54 Creator Alme Siderum - 35:0137:42 Attende Domine - 37:5141:09 Oh Lord Hear My Voice (Psalm 27) - 41:1443:46

    Mais sa réception de bienvenue est la plus grande surprise des sœurs du couvent du Sussex.

    La production contemporaine est leur première incursion dans l'enregistrement de musique, leur premier album comprenant des morceaux qui ont été une source constante de guérison et de réflexion pour elles, et maintenant pour beaucoup d'autres aussi.

    Les sœurs vivent dans une communauté rurale de 23 religieuses, qui vivent, travaillent, rient et prient selon la forme de vie établie par Sainte Claire d'Assise en 1253.

    Le chant joue un rôle important dans leur vie, ce qui leur apporte une "joie profonde". Et maintenant, leur musique méditative offre un moment de réconfort aux auditeurs du monde entier, au milieu des défis que le monde continue à affronter pendant la pandémie.

    L'album présente des écrits de Sainte-Claire et de Saint François, mis en musique par les compositeurs James Morgan et Juliette Pochin.

    Les pièces comprennent des hymnes latins et des textes médiévaux avec une "production unique du 21e siècle".

    La musique a touché une telle corde sensible chez certains auditeurs que Tom Lewis, co-directeur de la maison de disques Decca, a révélé que certains se sont effondrés en larmes en l'écoutant.

    "Nous avons entendu des gens arrêter leur voiture en larmes après avoir entendu la musique et le message de The Poor Clares", a-t-il déclaré.

    "Leur musique contient clairement un baume musical magique dont les gens ont besoin en ce moment."

    S'adressant à Classic FM, Soeur Gabriel Davison a révélé à quel point les Soeurs ont été bouleversées par l'accueil que leur album a reçu.

    "C'est une grande joie pour nous de savoir qu'en ces temps difficiles pour tant de personnes, notre musique aide les gens à faire face au stress et à l'anxiété de la vie quotidienne", a-t-elle déclaré.

    "L'enregistrement de notre album, dans la chapelle de notre monastère sur une période de plusieurs mois, a été une grande aventure dans laquelle nous nous sommes engagés de tout cœur.

    "Nous espérons que tous ceux qui nous écoutent pourront trouver un sentiment de calme, de paix et de sérénité qui réside au plus profond de chacun d'entre nous".

  • Des paroles de Karol Wojtyla pour un monde qui ne croit plus

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    D'Agnès Bastit-Kalinowska sur Aleteia.org :

    Les méditations inédites de Karol Wojtyla sur la quête de Dieu du monde contemporain

    17/11/20

    Avant d’être élu pape, le cardinal Wojtyla a rédigé une suite de méditations sur le discours à l’Aéropage de l’apôtre Paul, s’adressant aux Grecs adorateurs du « Dieu inconnu ». Récemment découvertes et traduites en français, ces méditations dévoilent les intuitions pauliniennes du pape de la Nouvelle Évangélisation, pour répondre à la quête de Dieu du monde contemporain.

    Décembre 1963. Karol Wojtyla, alors évêque de Cracovie, se rend à Athènes sur le chemin de Jérusalem. Sur place, il relit le discours de Paul à l’Aréopage, et ce texte le marque d’autant plus profondément que le pasteur polonais se trouve alors entre deux sessions du concile Vatican II auquel il participe : il perçoit une analogie de situations entre l’Église conciliaire tournée vers le monde contemporain, et la tentative de Paul à Athènes. À une date indéterminée, entre ce voyage et son élection au siège de Rome en 1978, il prépare une série de treize méditations, apparemment destinées à être prononcées devant un auditoire qui nous reste inconnu. Le thème de cette sorte de « retraite théologique » était donc le Discours sur l’Aréopage d’Athènes, inséré par Luc au cœur du récit de la prédication missionnaire de Paul (Ac 17, 22-31).

    Lire la suite sur aleteia.org

    © Artège

    Jean Paul II, Karol Wojtyla, Paroles pour un monde qui ne croit plus, Catéchèses inédites sur le discours à l’AréopageArtège, 2020, 162 pages, 17 euros.

  • "Dear Future Mom", la vidéo qui fait bouger les lignes ?

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    De gènéthique.org :

    Inès

    Dear Future Mom, la vidéo qui fait bouger les lignes ?

    Publié le : 16 novembre 2020

    Pour la journée de la trisomie 21, le 21 mars 2014, un collectif d’associations européennes, parmi lesquelles les amis d’Eléonore et la Fondation Jérôme Lejeune, a diffusé un clip vidéo Dear Future Mom. Résolument positif, il présente des personnes trisomiques s’adressant à une future maman qui attend un enfant porteur de cette anomalie chromosomique. En France, plusieurs chaines, Canal +, M6 et D8, acceptent de le diffuser à titre gracieux dans leurs écrans publicitaires. Cependant, saisi par seulement deux courriers, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) invite les responsables des chaines à l’autocensure, conseillant de retirer le clip de la diffusion. Les chaines incriminées obtempèreront. Pourtant, la vidéo fera l’objet de plus de 8,2 millions de vues à travers le monde.

    La Cour Européenne des droits de l’Homme est saisie

    En France, les différents recours successifs déposés par la Fondation Lejeune et Inès de Pracomtal, une jeune fille impliquée dans la vidéo, conduisent au Conseil d’Etat. Il tranche en faveur du CSA estimant que ce dernier n’a pas abusé de son « pouvoir de régulation » ni « porté une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression » (cf. « Dear future Mom » : un message légitime qui ne serait pas d’intérêt général). Le 9 mai 2017, des requêtes sont déposées pour contester cette décision auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui accepte d’examiner le fond de l’affaire le 21 septembre 2020, obligeant le gouvernement français à répondre aux questions ayant trait à la liberté d’expression (cf. « Dear future Mom » : la CEDH valide la requête).

    C’est une surprise, en effet, seules 5% des requêtes franchissent ce cap (cf. Censure eugéniste du CSA : nouvelle étape franchie à la CEDH). Que s’est-il passé ? Le vent serait-il en train de tourner ? C’est en tous cas la question qu’on pourrait légitimement se poser. En effet, depuis de nombreuses années des vidéos circulent mettant en scène des personnes porteuses de trisomie 21 : mannequins, acteurs, sports, insertion professionnelle, mais aussi frères et sœurs de ces personnes qui témoignent de leur tendresse, parents aimants, adoptants. Ces vidéos ont en commun de porter un regard très positif sur ces enfants, ces jeunes, ces adultes souriants et heureux, qui s’interrogent sur leur différence, la place qu’on leur laisse dans la société.

    Un regard sur la trisomie 21 qui change

    Lors des débats sur le projet de loi de bioéthique, des députés, des sénateurs, très concernés, avec beaucoup de sensibilité, ont refusé de cautionner le diagnostic préimplantatoire qui vise à sélectionner les embryons dans les parcours de PMA pour écarter ceux qui seraient porteurs d’anomalies, notamment des anomalies chromosomiques comme la trisomie 21 (DPI-A). Plus récemment, un téléfilm diffusé sur M6 Apprendre à t’aimer (cf. Trisomie 21 sur M6 : « Heureusement qu’on n’a rien décelé avant sa naissance »), a reçu un accueil très chaleureux de la part du public. En Mars dernier, Emmanuel Macron inaugurait sur les champs Elysées, le « café Joyeux » servi « avec le cœur » par des personnes en situation de handicap.

    Cependant, rien n’est encore joué. Lors de ces mêmes débats de bioéthique, Olivier Véran ne s’est pas attaché à défendre la trisomie 21, mais a demandé un délai pour expérimenter le DPI-A. Juste avant ce débat, les députés ont validé le principe du bébé médicament qui consiste à sélectionner un embryon in vitro exempt de la maladie d’un aîné, en vue de le soigner. Une pratique qui instrumentalise l’enfant à naître, abandonnée en 2014 (cf. La pratique du « bébé médicament » abandonnée en France en 2014) : la procédure est lourde pour les professionnels de santé et la loi imposait d’utiliser l’ensemble des embryons congelés, même si ces derniers ne sont pas compatibles, avant de permettre une nouvelle FIV. In fine, très peu de procédures ont abouti. Le bébé médicament reviendrait donc dans la pratique, mais la contrainte de la loi serait levée. Le ressort eugéniste est le même que pour le DPI-A.

    Au niveau international, l’avortement eugénique fait l’objet de condamnations

    Ces deux dernières années, d’un point de vue international, plusieurs instances de l’ONU, le Comité des droits des personnes handicapées en 2018 et le Rapporteur spécial sur les droits des personnes handicapées, ont considéré que « l’avortement eugénique viole les droits des personnes handicapées », explique l’ECLJ (cf. Censure eugéniste du CSA : nouvelle étape franchie à la CEDH). Espérons que la CEDH fasse preuve de sagesse et rende aux personnes porteuses de trisomie 21 leur droit de cité dans les médias.

  • "Philo à Bruxelles", 24 novembre : De la sensation aux passions avec Stéphane Mercier

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    De la sensation aux passions

    De la sensation aux passions

    Après avoir rétabli les droits du bon sens en mettant l’accent sur l’origine sensible de la connaissance humaine (conférence d’octobre 2020), il s’agit à présent de mieux comprendre l’organisation particulière  de notre sensibilité : les sens externes sont connus de tous ; moins connus, mais tout aussi indispensables, les sens dits « internes » nous permettent d’assimiler les données transmises par les sens externes.

    L’imagination, la mémoire, l’estimative (ou plus précisément, la cogitative) et le sens commun… ne correspondent pas exactement au sens habituel que ces mots véhiculent dans le langage courant.

    Après avoir précisé la signification de ces différents termes ainsi que le fonctionnement de la sensibilité interne, nous verrons comment l’homme réagit à ces impressions sensibles : c’est-à-dire  par des émotions ou plus exactement, selon la langue scolastique, des passions. Il faudra alors voir comment se structure la réponse « passionnelle » aux données issues de la sensibilité.

    Voici les sujets & les dates des prochaines conférences :

    • Mardi 24 novembre : De la sensation aux passions.
    • Mardi 15 décembre : Raison, immortalité et liberté.
    • Mardi 12 janvier : Volonté, intention et choix.
  • Sur KTO, dans la série « la foi prise au mot » : La musique à l’église.

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    Arvo Pärt B8B6BC9C-7915-46D0-AB06-A7AC7B58B90F.jpegDans un style simple et direct, des spécialistes, universitaires ou prêtres, dialoguent avec Régis Burnet, bibliste, en apportant des réponses aux questions que nous pouvons nous poser sur la foi, la liturgie, de grandes figures chrétiennes (ci-contre à gauche, le compositeur Arvo Pärt chez le pape  émérite Benoît XVI):

    JPSC

  • Cette "menace vient de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes" (Benoît XVI)

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    D'Antonio Socci sur Libero traduit sur le site "Benoît et moi" :

    Les mots dramatiques de Benoît XVI:

    « la menace vient de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes… avoir peur de cette puissance spirituelle de l’Antéchrist n’est que trop naturel ».

    15 novembre 2020

    En mai, une polémique a suivi l’anticipation de certaines déclarations faites par Benoît XVI à Peter Seewald et publiées dans sa biographie sur le point de sortir en Allemagne. Cet ouvrage est maintenant traduit en Italie sous le titre « Benedetto XVI, una vita« , on a donc la possibilité de mieux comprendre les paroles du pape.

    La question cruciale de Seewald à Ratzinger est la suivante: « Une phrase de votre première homélie en tant que pontife est restée particulièrement gravée dans la mémoire: ‘Priez pour moi, afin que je ne fuie pas, par peur, devant les loups‘. Avez-vous prévu ce qui vous attendait?« .
    Le pape répond qu’il n’y a pas d’allusion aux problèmes du Vatican (comme les Vatileaks), comme beaucoup l’ont pensé.

    « La véritable menace pour l’Église, et donc pour le service pétrinien -explique Benoît XVI -, ne vient pas de ce genre d’épisode : elle vient plutôt de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes, les contredire conduit à l’exclusion du consensus de base de la société. Il y a cent ans, n’importe qui aurait trouvé absurde de parler de mariage homosexuel. Aujourd’hui, ceux qui s’y opposent sont socialement excommuniés. Il en va de même pour l’avortement et la production d’êtres humains en laboratoire. La société moderne entend formuler un credo anti-chrétien: ceux qui s’y opposent sont punis par l’excommunication sociale. Avoir peur de cette puissance spirituelle de l’Antéchrist n’est que trop naturel et il est vraiment nécessaire que les prières de diocèses entiers et de l’Eglise mondiale viennent à la rescousse pour y résister ».

    Les médias ont simplifié tout cela de manière superficielle, déclenchant la polémique sur ces exemples. Mais ce n’est pas le centre du raisonnement de Benoît XVI, qui a un tout autre souffle. Il parle de la « menace » représentée « par la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes ».
    C’est cela qui est important. Qu’un homme de grande culture, de spiritualité profonde et d’autorité reconnue, parle de la « menace » d’une « dictature universelle » ne peut laisser indifférent.

    On peut objecter, mais ce thème a aussi émergé dans le débat public. Même les intellectuels laïcs se sont montrés préoccupés par l’imposition évidente d’une « pensée unique » et même « MicroMega » [ndt: revue de culture, politique, science et philosophie dirigée par Paolo Flores d’Arcais, avec qui le cardinal Ratzinger avait accepté de débattre en 2000, donnant naissance à un essai intitulé « Est-ce que Dieu existe? »]  a pointé l’index contre « la nouvelle saison d’excès que connaît l’idéologie du politiquement correct et qui a conduit à la redécouverte ‘progressive’ de la censure ».

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  • Coronavirus : une révolution sanitariste

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    Synthèse de presse publiée sur gènéthique.org :

    Covid-19 : une « révolution sanitariste » ?

    10 novembre 2020

    « Ils ont disparu de ma vie mais je n’arrive pas à réaliser qu’ils sont morts. C’est irréel. Parfois, j’ai l’impression que si je me retourne je les verrai derrière moi », raconte Corinne. Ses parents sont décédés de la Covid-19 il y a six mois, dans un Ehpad de l’Isère. Aujourd’hui, alors que l’Académie de médecine recommande « le maintien des visites en Ehpad, dans le respect des règles sanitaires, ainsi que la facilitation d’une présence familiale lorsque le pronostic médical prévoit une issue proche », elle « ressasse ces adieux qu’elle n’a pas pu leur faire ». « Hantée », littéralement. « On ne sait même pas comment ils sont morts (…) Parfois, cela m’empêche de dormir », confesse-t-elle.

    Un deuil impossible ?

    « De nombreuses familles qui ont perdu un proche durant cette période n’arrivent pas à faire leur deuil car ils ne comprennent pas comment on a pu les laisser mourir », explique Olivia Mokiejewski, présidente du Collectif 9471, qui regroupe plusieurs familles ayant décidé de porter plainte contre des Ehpad. « Leurs derniers instants auprès d’un être cher leur ont été volés. Certains ne savaient même pas que leur proche était malade et ont appris leur décès par les pompes funèbres, s’insurge-t-elle. Une partie d’entre eux sont pris en charge psychologiquement ».

    Pour la députée LREM Bénédicte Pételle qui a perdu son père du Covid-19 en mars, « il n’y a rien de pire qu’une nation où la mort est taboue. Malheureusement, c’est encore le cas en France, estime-t-elle. Nous avons parlé de la mort de manière déshumanisée, comptable, en égrenant les chiffres des décès. » Un avis partagé par le sociologue Tanguy Châtel : « Les pays occidentaux sont très mal préparés à intégrer cette question car ils ont mis beaucoup d’énergie à l’évacuer ».

    Une « révolution sanitariste »

    De son côté, le philosophe Robert Redeker, auteur notamment de L’Éclipse de la mort, dénonce une « révolution sanitariste ». « Le confinement et la kyrielle d’interdictions, mis en place pour répliquer à l’épidémie de Covid-19, ont les apparences du bon sens, de la générosité, de la bienveillance, de l’humanitaire. Ils tiennent le discours de l’évidence, de l’allant de soi et du naturel. » Cependant il n’en est rien. Auparavant, « les parents se saignant « aux quatre veines » travaillaient et vivaient orientés vers un avenir se déployant dans l’au-delà de leur existence propre ». Mais aujourd’hui, « pour préserver la survie des plus âgés, voilà que l’on décide d’arrêter la vie », dénonce le philosophe. « On réduit la vie de tous – en allant jusqu’à limiter la coexistence familiale – à cette vie simplement biologique ». Une vie biologique au nom de laquelle « on ordonne aux générations actives une série de sacrifices ; celui de la vitalité (l’économie, le sport, les spectacles, les rencontres entre amis, le lèche-vitrines, la flânerie dans les rues), celui de la prospérité, celui de l’humanité (les relations sociales qu’il faudrait réduire au minimum), celui de la famille, sans oublier ceux des voyages, de la créativité , des cafés et des restaurants, des libertés les plus élémentaires (jusqu’à imposer l’obligation grotesque de remplir une autorisation pour « prendre l’air une heure par jour ») ».

    Un avant et un après

    Et c’est une révolution. « Nous ne vivrons plus après comme nous vivions avant », affirme Robert Redeker. « Nos façons d’être avec les autres auront été profondément transformées, ne serait-ce que parce que l’on nous aura fait faire l’expérience déshumanisante de la peur du prochain, « la peur moléculaire » ». Et d’autre part, « tout se passe comme si une partie de notre société ne voulait plus du remplacement des générations ». Un « renversement anthropologique » pour le penseur.

    « La gestion de la crise du Covid-19 tient d’une expérimentation utopique, estime le philosophe, celle d’un régime politique n’autorisant, sous prétexte de danger de maladie, qu’un degré minimum de liberté. La révolution sanitariste pourrait transformer la société en laboratoire du parc humain futur ».

    Sources : Le Figaro, Robert Redeker (08/11/2020), Agnès Leclair (08/11/2020) – Hospimedia, Jérôme Robillard (06/11/2020)

  • Fabrice Hadjadj reçoit le prix du cardinal Lustiger attribué par l'Académie française

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    De Christophe Henning sur le site du journal La Croix :

    L’Académie française attribue le prix du cardinal Lustiger à Fabrice Hadjadj

    Le philosophe catholique Fabrice Hadjadj est distingué par les académiciens. L’écrivain engagé est aussi directeur de l’institut Philanthropos.

    12/11/2020

    L’Académie française a décerné, jeudi 12 novembre, le prix du cardinal Lustiger au philosophe Fabrice Hadjadj « pour l’ensemble de son œuvre ». Créé en 2012, par les Immortels du quai de Conti, ce prix doté de 3 000 € vient distinguer tous les deux ans une œuvre « répondant aux intérêts du cardinal Jean-Marie Lustiger et portant sur les enjeux spirituels des divers phénomènes culturels, sociaux et historiques ».

    S’étant déjà présenté comme « juif, de prénom arabe et de confession catholique », Fabrice Hadjadj porte, à l’instar du cardinal Lustiger, une philosophie sans frontière, explorant les racines juives d’un christianisme en mouvement perpétuel. Volontiers provocateur, la plume incisive, Hadjadj développe une approche éclectique de la foi chrétienne.

    Succès de librairie

    Né en 1971 dans une famille athée, il s’est converti au christianisme après être entré dans une église du quartier latin. Baptisé à l’abbaye de Solesmes, cet agrégé de philosophie attaque avec impertinence – au moins dans les titres – les sujets tels que le corps, le salut, la foi. Ainsi Réussir sa mort (2005), La Profondeur des sexes (2008) ou encore Dernières nouvelles de l’homme (et de la femme aussi) (2017) s’imposent comme des succès de librairie.

    Ce touche-à-tout prolixe s’essaie encore au théâtre avec Massacre des innocentsJeanne et les post-humains ou plus récemment La Confession de Don Juan. Il se fait à l’occasion auteur-compositeur-interprète et se lance dans la littérature pour la jeunesse avec L’Attrape-malheur (Ed Joie de lire, 2020). Longtemps enseignant de philosophie dans le sud de la France, ce père de famille nombreuse est aujourd’hui directeur de l’institut Philanthropos, à Fribourg (Suisse), qui propose une formation intellectuelle et spirituelle d’une année à de jeunes étudiants.

    Débat public

    Déjà distingué par plusieurs prix, notamment le grand prix catholique de littérature (2006) et le prix spiritualités aujourd’hui (2013), il participe au débat public, signe régulièrement des tribunes dans la presse et accompagne les travaux de la revue d’écologie intégrale Limite. Le prix du cardinal Lustiger vient encourager ce cinquantenaire déjà distingué « pour l’ensemble de son œuvre ». Un prix remis les années précédentes à des auteurs tels que Jean-Louis Chrétien, Pierre Manent ou Nicolas Diat.

    C’est traditionnellement à l’automne que l’Académie française attribue 62 prix dans diverses disciplines. À noter qu’un prix d’académie a été remis à Frédéric Boyer pour la nouvelle traduction des Georgiques de Virgile, sous le titre Le Souci de la terre (Gallimard, 2019), et aussi « pour l’ensemble de son œuvre de traducteur ». Frédéric Boyer, chroniqueur à La Croix L’Hebdo, a notamment traduit les Confessions de saint Augustin (sous le titre Les Aveux, POL, 2008) et dirigé la nouvelle traduction de la Bible dite Bible des écrivains chez Bayard (qui possède La Croix).

  • Ce n'est pas l'islam qu'il faut craindre

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    Lu sur Kathnet (Peter Winemöller):

    Pas de crainte de l'Islam

    9 novembre 2020

    Il n'avait pas peur d'un islam fort, il avait peur d'un christianisme faible, c'est pourquoi le regretté journaliste Peter Scholl-Latour ne se lassait jamais de le souligner

    Il ne s'agit pas de dénigrer. Depuis le 11 septembre 2000, le monde occidental est en conflit permanent avec les parties belligérantes du monde islamique, qui a maintenant aussi trouvé ses bases en Europe. Le conflit Est-Ouest des années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, avec son ordre mondial bilatéral armé d'armes nucléaires, avait tenu le monde entier en haleine. Tous les autres conflits étaient devenus des guerres par procuration pour les superpuissances. La disparition des systèmes communistes de la sphère soviétique russe a mis en lumière le caractère dramatique et réel de ces conflits. Le 9.11.1989 a fait coïncider l'Est avec le Mur de Berlin. L'Europe est libre depuis 31 ans. Mais la liberté a ses pièges et ses graves défauts.

    Si nous pensions encore que les dix premières années après la chute du bloc de l'Est et la libération des États opprimés du pacte de Varsovie étaient arrivées à un nouvel ordre de paix mondial, c'est au plus tard avec l'attaque des tours jumelles que s'est manifestée la voie empruntée par le monde. Même alors, un coup d'œil à l'Évangile aurait pu montrer qu'une telle paix dans le monde ne pouvait pas exister. Du conflit Est-Ouest, à l'aspect presque confortable, avec sa propagande chorégraphiée, ses débats sur l'armement et le désarmement au loin et à la télévision, nous sommes aujourd'hui passés dans un monde de conflits à notre porte.

    Il s'agit essentiellement de la lutte du Moyen-Orient dominé par l'Islam contre l'ancien (!) Occident chrétien décadent. Il serait inutile de discuter ici de toute l'ampleur politique de ce faisceau de conflits. Car cela aussi est un fait. Il y a certainement des forces dans le monde islamique qui sont plus proches de l'Occident que des islamistes en guerre. D'autres utilisent leur pouvoir économique pour financer et contrôler sournoisement des conflits armés.

    En dehors de la lutte politique, il y a surtout une lutte spirituelle.

    Il n'avait pas peur d'un islam fort, il avait peur d'un christianisme faible; ainsi ne se lassait pas de le souligner le regretté journaliste Peter Scholl-Latour. Le christianisme est faible. Il est si faible qu'il est à peine capable de trouver un langage approprié pour répondre à la terreur en France et en Autriche. Dans un effort pour être extrêmement politiquement correct, on évite tout ce qui pourrait faire comprendre aux gens que ce qui s'est passé là-bas a quelque chose à voir avec l'Islam.

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  • Trump-Biden : ce n’est plus le politique qui censure les médias mais les médias qui censurent le politique

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    De la revue de presse de l'Homme Nouveau :

    Dans sa chronique de samedi dernier dans le Figaro, Mathieu Bock-Côté analyse lui aussi le résultat des élections américaines (dont le résultat définitif n’est pas encore connu) et en tire une leçon beaucoup plus universelle, sur une transformation à laquelle nous assistons depuis plusieurs années et dont la dernière élection américaine a été un champ d’application à grande échelle.

    C’est la théorie des quatre pouvoirs qu’il faut revisiter. Les médias sont désormais le premier d’entre eux. Les Gafam, notamment, se sont permis un interventionnisme actif tout au long de la campagne pour en contrôler le récit au point même, ces derniers jours, de censurer à répétition les interventions de Trump. Quant aux grands réseaux de télévision, ils se permettent aussi de suspendre la diffusion de ses discours pour les corriger. On aurait tort d’y voir une simple entreprise de correction factuelle. Ce n’est plus le politique qui censure les médias mais les médias qui censurent le politique. Le pouvoir médiatique fixe la définition du réel et assimile ceux qui la contredisent aux propagateurs de fausses nouvelles, et cela, bien au-delà des déclarations trumpiennes. Le pouvoir qui se réclame de la souveraineté populaire n’est plus qu’un contre-pouvoir, cantonné dans la fonction tribunicienne, à la manière d’un dernier refuge populaire pour contenir ou renverser le déploiement du régime diversitaire prétendant avoir pour lui le sens de l’histoire. Même élu, un chef « populiste » demeure en opposition structurelle au système qui cherche à l’expulser de toutes les manières possibles. Dans la perspective populiste, il s’agit de restaurer le pouvoir politique.

    La campagne de Trump était mauvaise. Alors qu’en 2016, il avait su porter un discours critique à la fois de la mondialisation et de l’immigration massive, il aura mené ces derniers mois une campagne erratique, essentiellement consacrée à la dénonciation anticipée des fraudes supposées des démocrates. Il avait fini par incarner une colère sans projet. Son personnage dévorait sa politique. Sa psychologie trouble se révèle contradictoire avec les exigences démocratiques, comme on l’a vu ces derniers jours, lorsqu’il a semblé préférer la guerre civile à l’éventualité de sa défaite. Son attitude actuelle le condamne à la disgrâce. Cela ne devrait pas nous empêcher de comprendre les motivations de l’insurrection populiste. Reste à voir si elle parviendra à sortir de la posture tribunicienne et du style histrionique qui la condamne à l’échec.

    Lire également : la censure privatisée

  • Comment expliquer la déchristianisation de la société belge ?

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    De Frédéric Close, en "opinion" sur le site de la Libre :

    6 novembre 2020

    Pourquoi la Belgique se déchristianise-t-elle ?

    Dans un monde où la sécularisation et le matérialisme gagnent du terrain, la catholicité a perdu une grande part de sa crédibilité auprès des Belges. Comment expliquer ce recul de la spiritualité ? Au sortir de la Première Guerre mondiale, Paul Valéry constata que les civilisations étaient mortelles. C’était une évidence que le déclin de l’Occident ne cesse de confirmer en ce qui concerne la nôtre. Quelques décennies plus tard, on a prêté à André Malraux la prédiction que le XXIe siècle serait religieux. Ici, rien ne semble moins sûr, quand bien même, comme d’aucuns le soutiennent, la prophétie aurait annoncé un siècle, non pas "religieux", mais "spirituel" (ce qui l’élargissait aux philosophies athées).

    Voici bien des années que, dans nos régions, les croyants de toutes obédiences craignaient non tant de nouvelles "guerres de religion" que "la guerre aux religions", autrement dit la recherche d’une prédominance toujours plus invasive du matérialisme à tous les niveaux de la société. Ceci aurait entraîné une atteinte insidieuse à la liberté des cultes mais aussi une inquiétante progression des fondamentalismes. On observe, en réalité, que d’aucuns renoncent soit à la pratique religieuse soit même à leurs convictions, tandis que certains autres, au contraire, manifestent leur foi avec une radicalité parfois aveugle, intolérante et prosélyte. Entre ces deux tendances extrêmes, la majorité des croyants se font de plus en plus discrets, de crainte d’être reniés par les uns ou injustement assimilés aux autres…

    Et de la sorte, les monothéismes et leurs règles morales ont tous été victimes ces derniers temps d’une évolution irréversible des mentalités et des législations. Il s’agit notamment de la libération sexuelle et de ses conséquences en matières éthiques, mais il s’agit surtout de leurs répercussions sur la cellule familiale et, par là même, sur l’éducation des enfants et l’accompagnement des jeunes.

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