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Théologie - Page 27

  • Quand le cardinal Kurt Koch provoque la colère des progressistes catholiques allemands

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    De Maike Hickson sur LifeSiteNews :

    Le chef des évêques allemands en colère après que le cardinal a comparé la Voie synodale au protestantisme à l'époque du nazisme

    Le cardinal Kurt Koch a provoqué la colère des progressistes catholiques allemands après avoir établi une comparaison entre la Voie synodale allemande et certains groupes protestants à l'époque du national-socialisme, car tous deux tentaient d'adapter leur foi à l'esprit du temps.

    29 septembre 2022

    (LifeSiteNews) - Dans une interview accordée le 29 septembre à l'hebdomadaire catholique allemand Die Tagespost, le cardinal Kurt Koch a provoqué la colère des progressistes catholiques allemands après avoir établi une comparaison entre le chemin synodal allemand et certains groupes protestants à l'époque du national-socialisme, car tous deux tentaient d'adapter leur foi à l'esprit du temps.

    Le chef des évêques allemands, Georg Bätzing, s'est montré indigné, faisant une déclaration quelques heures après la publication de l'interview de Koch, menaçant de se plaindre au pape François si Koch ne présentait pas d'excuses.

    Koch s'est depuis excusé pour toute blessure qu'il aurait pu causer, mais ne s'est pas rétracté.

    La cause de cette irritation en Allemagne est une interview longue et réfléchie du cardinal Koch réalisée par le journaliste allemand Martin Lohmann, qui a réfléchi avec Koch sur le thème de la "dictature du relativisme", comme l'avait autrefois appelée le pape Benoît XVI lui-même. Le Suisse Koch est, depuis 2010, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. Il a été nommé cardinal par Benoît XVI en 2010.

    Dans cet entretien réflexif avec Lohmann, Koch a regretté que le chemin synodal allemand s'ouvre désormais à l'idée qu'il existe de nouvelles sources de révélation - c'est-à-dire l'esprit du temps, les nouvelles connaissances scientifiques sur la sexualité humaine, etc. - qui devraient inciter l'Église à modifier ses enseignements de longue date sur des questions telles que l'homosexualité.

    LifeSite avait fait état de la récente quatrième assemblée de la voie synodale allemande, qui s'est tenue du 8 au 10 septembre, et qui a demandé au pape de modifier l'enseignement de l'Église sur l'homosexualité et sur l'ordination des femmes. Les décisions de cette récente assemblée ont incité le cardinal Walter Brandmüller à parler d'"apostasie massive de la Sainte Écriture et de la Tradition".

    Dans le même ordre d'idées, Mgr Koch a montré dans cette nouvelle interview accordée à Die Tagespost une grande inquiétude. "Cela m'irrite", a-t-il déclaré, "qu'à côté des sources Révélation - Sainte Écriture et Tradition - de nouvelles sources soient encore acceptées ; et cela m'effraie que cela se produise - à nouveau - en Allemagne."

    Le cardinal de 72 ans a fait ici référence à l'époque du national-socialisme en Allemagne :

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  • La liturgie confrontée au jansénisme et au gallicanisme en France au XVIIIe s (Cours de Denis Crouan sur la liturgie, 19)

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    Suite du cours d'histoire de la liturgie

    Liturgie 19 : La liturgie confrontée au jansénisme et au gallicanisme en France au XVIIIe s (42 mn) 


    https://youtu.be/8xbjR_26Hug  

    Le docteur Denis Crouan raconte comment, au XVIII° s, l’unité de la liturgie prônée par le Concile de Trente est loin d’être faite en France. Le clergé est souvent mondain car choisi par le roi dans la haute noblesse. 

    Une réaction se produit appelée "jansénisme" qui allie un sens exacerbé de la majesté de Dieu et de l’indignité humaine. Suivant cette spiritualité rigoriste, on voit alors apparaître des rituels corrigés. Ils sont centrés sur la seule Ecriture et purgés des textes de la tradition. Résultat catastrophique pour la liturgie : les restes du chant grégorien disparaissent les uns après les autres, des missels locaux gallicans apparaissent. Pendant ce temps, les papes poursuivent l’œuvre de restauration amorcée à Trente.  

    Comme encore de nos jours, la crise liturgique est le fait de prêtres dont la formation théologique, largement insuffisante, s’ajoute à un sens considérablement diminué de leur vocation.  

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • "C'est la Parole de Dieu elle-même, confiée aux apôtres, qui est rejetée." (cardinal Pell)

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    Du cardinal George Pell sur First Things :

    DEBOUT AVEC LA PAROLE DE DIEU

    22 septembre 2022

    Il y a longtemps, pendant son séminaire, un jeune prêtre de mes amis a assisté à un cours d'introduction sur la Révélation et les Écritures. La conférencière a dit à la classe qu'il y a une distance considérable entre le message et les instructions réels de Dieu et les textes que nous avons dans l'Ancien et le Nouveau Testament. La conférencière ne disait pas, comme le supérieur général des Jésuites, que nous ne savons pas ce que le Christ a enseigné parce qu'ils n'avaient pas d'enregistreurs à l'époque, pas de téléphones pour capturer le moment. Mais elle allait dans cette direction.

    Mon ami a demandé innocemment si le Concile Vatican II avait dit quelque chose à ce sujet. La conférencière, confiante dans son expertise, a expliqué que oui. Quel était le titre du document ? La réponse fut rapide comme l'éclair : "Dei Verbum", la Parole de Dieu. Ce n'est que lorsqu'elle s'arrêta pour sourire et apprécier sa contribution que la conférencière réalisa qu'elle avait été court-circuitée. Les Écritures sont les paroles de Dieu pour nous, écrites sous différentes formes et styles et à différentes époques par des auteurs humains. Bien qu'elles n'aient pas été dictées par l'archange Gabriel, comme le prétendent les musulmans pour le Coran, elles restent pour nous la Parole de Dieu.

    Les deux grands thèmes qui ont traversé les quatre sessions du Concile Vatican II à Rome (1962-1965), dans une tension créative, étaient l'"aggiornamento", ou mise à jour des choses, et le "ressourcement", ou retour aux sources pour l'inspiration. Ces deux termes recouvrent bien sûr une multitude de sens. Nous lisons les signes des temps pour mettre l'Église au goût du jour. Mais, comme le demandait le théologien protestant suisse Karl Barth au Pape Paul VI : actualiser avec quoi ? À quelle époque et dans quels lieux se trouve la vérité ?

    Pour les catholiques, quelles sont les sources ? Contrairement aux protestants, les catholiques avaient fait explicitement appel, comme l'avait enseigné le Concile de Trente, à la fois à l'Écriture et à la Tradition. Dei Verbum, ou la Constitution dogmatique sur la Révélation divine, élaborée au cours des quatre sessions, a été l'une des meilleures contributions du Concile, résolvant de nombreuses tensions intellectuelles au sein de l'Église et au niveau œcuménique. Le Dieu de la Bible n'est pas une création humaine, ni un oppresseur, mais se révèle lui-même et son message de salut à travers Jésus-Christ, "le médiateur et la somme totale de la révélation".

    L'Écriture et la Tradition sont liées entre elles, proviennent de la même source divine et tendent vers le même but. La Tradition transmet la Parole de Dieu, qui a été confiée aux apôtres par le Christ Seigneur et l'Esprit Saint. " La Sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu " (Dei Verbum, 7-8). Ces perspectives ont été réaffirmées à la quasi-unanimité lors du Synode romain de la Parole de Dieu en 2008.

    En ces temps post-conciliaires, l'Église catholique, comme les autres Églises et dénominations en Occident, est confrontée à quelque chose de nouveau dans son histoire. Elle vit dans des pays où beaucoup, parfois une majorité, sont irréligieux, quand ils ne sont pas anti-religieux. Les anciens païens de l'époque romaine n'étaient pas irréligieux - la plupart étaient superstitieux, croyant en de nombreuses divinités. Tous ceux qui aiment le Christ et leurs communautés chrétiennes s'affligent de l'incroyance occidentale, mais sont souvent amèrement et fondamentalement divisés sur la meilleure façon de renverser cette situation.

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  • Un auteur injustement oublié : Hilaire Belloc

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    A écouter sur Radio Notre-Dame :

    L'émission "Le grand témoin" de Louis Daufresne du 22 septembre 2022 consacrée à Hilaire Belloc.

    Et, du site des Editions Artège :

    Les grandes hérésies

    L'Eglise dans la tourmente

    Benjamin Ferrando
    Hilaire Belloc

    Qu'est-ce qu'une hérésie ? Quelles ont été les grandes hérésies du passé ? Quel profit pouvons-nous encore tirer de leur étude ?
    Cet ouvrage nous offre sans doute la meilleure synthèse jamais publiée sur le sujet. La confusion et le manque de sens des proportions propres à l'esprit moderne ont rendu la question obscure voire inintelligible ; elle demeure pourtant essentielle pour qui voudrait non seulement comprendre les ressorts profonds de notre histoire, mais aussi identifier les sources de nos convulsions présentes.
    Servi par l'écriture claire et limpide, l'érudition colossale et le souffle prophétique de l'auteur, cet essai condense et met en scène les plus redoutables tentatives de subversion dont a fait l'objet l'Église catholique, depuis ses origines jusqu'à nos jours :
    • L'hérésie arienne et sa cristallisation au coeur de l'Empire romain.
    • L'islam, dont Belloc annonce l'inévitable résurgence.
    • L'hérésie albigeoise, forme médiévale de l'affection manichéenne.
    • La Réforme et l'implosion moderne de la Chrétienté.
    • L'entreprise de destruction contemporaine, manifeste à tous les plans de la vie sociale.

    Hilaire Belloc (1870-1953) est un géant oublié des lettres anglaises. Grand ami de G.K. Chesterton, cet historien, figure incontournable de la pensée catholique au XXe siècle, a laissé une oeuvre de plus de 150 ouvrages, aussi divers que substantiels.

    Cette première traduction française de The Great Heresies (1938 constitue un événement éditorial majeur. Nous la devons à Benjamin Ferrando dont le prologue particulièrement riche et savoureux nous présente un écrivain unique, un homme aussi lucide qu'attachant qui mit toute sa combativité au service de la Vérité.
     
  • Rome : le thomisme remis au goût du jour ?

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    De Loup Besmond de Senneville sur le site du journal La Croix :

    À Rome, un congrès « événement » sur la théologie de saint Thomas d’Aquin 

    Plus de 300 théologiens du monde entier ont ouvert lundi 19 septembre, à Rome, un congrès thomiste international.

    19/09/2022

    Cela n’était plus arrivé depuis presque vingt ans. 300 théologiens venus du monde entier ont assisté, lundi 19 septembre, à l’ouverture du Congrès thomiste international. Au cœur de leurs travaux, dans le grand amphithéâtre de l’Angelicum, à Rome : la réflexion sur les ressources de la tradition liée aux enseignements de saint Thomas d’Aquin dans le « contexte actuel ».

    Pendant six jours, théologiens et philosophes italiens, américains, français, espagnols ou polonais doivent se succéder à la tribune de ce qui constitue, pour bien des penseurs de ce courant théologique, un « événement ». Et pour cause : aucun colloque de ce genre ne s’était tenu depuis 2003. Et depuis trois ans – pandémie de Covid oblige –, il a sans cesse été repoussé.

    « La grâce n’abolit pas la nature »

    Le programme de ce colloque, organisé à la fois par l’Angelicum et l’Académie pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, reflète d’ailleurs la volonté des théologiens thomistes de vouloir réfléchir, au milieu d’autres thématiques plus classiques dans ce genre de colloque, aux enjeux actuels de la société, y compris avec les questions les plus contemporaines.

    C’est le cas du philosophe Gregory Reichberg, membre de l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo, qui proposera le 20 septembre une réflexion sur l’intelligence artificielle et la métaphysique thomiste, tandis que les participants pourront aussi entendre des contributions sur les neurosciences.

    « Le principal et essentiel (principe de base du thomisme) tient dans l’adage que la grâce n’abolit pas la nature, mais la parfait et la perfectionne », écrit le dominicain Guy Bedouelle dans l’article « Thomisme » du Monde du catholicisme (Éd. Bouquins, 1 536 p., 34 €). « Ainsi, poursuit-il, ce qui peut être cru par la foi ne peut contredire ce qui est connu par la raison. »

    Mais si les principes n’ont pas changé, ces dernières décennies la doctrine développée par saint Thomas d’Aquin (1224-1274), qui a inspiré depuis d’innombrables commentateurs et penseurs, a changé de statut dans l’Église catholique.

    « Option théologique que l’on choisit librement »

    Car le thomisme n’est plus, aujourd’hui, la doctrine officielle qu’elle était avant le concile Vatican II. Elle n’est pas non plus, admet le frère Serge-Thomas Bonino, doyen du département de philosophie de l’Angelicum, cet « outil de répression contre les modernistes » qu’elle était dans la première moitié du XXe siècle. « Nous sommes passés d’une époque durant laquelle tout le monde devait être thomiste à une option théologique que l’on choisit librement », poursuit-il. « Après le Concile, le thomisme a perdu son caractère quasi officiel dans l’Église catholique », retrace le père Bonino.

    Parmi les théologiens présents au colloque de Rome, beaucoup viennent des États-Unis, où le thomisme connaît un engouement important. « Par rapport à 2003, on observe un réel basculement vers les États-Unis, alors que les hispaniques étaient très présents », constate le père Bonino. « Aux États-Unis, tout un courant du thomisme est très marqué par la logique et la rigueur du raisonnement, qui oublie un peu la dimension historique du thomisme », explique le dominicain.

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  • Les dominicains d'Avrillé proposent des tracts d'apologétique

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    Tracts d’Apologétique

    Tract n°1 – Dieu      à télécharger ici

    Tract n°2 – Jésus-Christ prophétisé    à télécharger ici

    Tract n°3 – La Résurrection    à télécharger ici

    Tract n°4 – La Charité    à télécharger ici

    Tract n°5 – Témoins de Jéhovah    à télécharger ici

    Tract n°7 – Qui ?    à télécharger ici

    Tract n°8 – Laïcité – Islam    à télécharger ici

    Tract n°9 – Martin Luther – l’anti-saint    à télécharger ici

    consultez aussi le site : Oui, la vraie religion est facile à trouver

  • La messe : un symbole ?

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    De Riposte Catholique :

    Dans le dernier numéro du mensuel catholique Monde et vie, l’abbé de Tanoüarn livre une critique assez pertinente du texte du pape sur la liturgie, Desiderio desideravi, qui propose non plus ni moins une nouvelle définition de la messe :

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  • Le cardinal Müller et le "nouvel ordre mondial" : une interview détonante

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    De kath.net/news :

    Le "Nouvel ordre mondial" : une théorie du complot ou une vision politique ?

    13 septembre 2022

    Cardinal Gerhard Müller : "Le déclin de l'Eglise en Allemagne et en Europe n'est pas dû à la sécularisation, au combat de l'Eglise... mais au manque de foi, à l'amour refroidi des catholiques..." interview kath.net par Lothar C. Rilinger

    Vatican (kath.net) L'expression "Nouvel ordre mondial" est interprétée comme une métaphore de la théorie du complot. Pourtant, il ne fait que décrire un projet de société qui - comme tout autre - doit se confronter au discours intellectuel. La chute du communisme en 1989/90 marque la fin d'un processus historique que le sociologue américain Francis Fukuyama a qualifié de fin de l'histoire. Selon lui, le communisme avait fait son temps en tant qu'antithèse de la démocratie, de sorte qu'il fallait penser à une nouvelle base sociale. Une nouvelle compétition était ainsi ouverte : Il s'agit de l'avenir du développement social au-delà du marxisme. La lutte des classes de type marxiste devrait avoir fait son temps - ce que les marxistes ne sont toutefois pas prêts à accepter - mais dans la lutte pour la suprématie dans le discours sur la société et l'État, le modèle démocratique n'était plus non plus considéré comme un idéal. Le principe "un homme, une voix" est associé à l'époque des Lumières. C'est pourquoi il doit être transgressé afin de pouvoir attribuer l'attribut de "progrès" à l'évolution de la société. On se réfère ainsi à un principe selon lequel l'homme - détaché de Dieu, qui n'est plus supposé exister - peut faire tout ce qu'il peut. L'autolimitation est un obstacle au progrès.

    Comme Dieu est rejeté en tant qu'instance ultime de l'action humaine dans la croyance au progrès, le Nouvel Ordre Mondial doit construire une société qui ne connaît pas de limites et dans laquelle tout ce que les hommes sont capables de développer et de penser est autorisé ; rien ne doit entraver le progrès ou l'empêcher de se développer. La métaphysique, considérée comme prémoderne, est bannie du discours social et, avec elle, la croyance en une rédemption de l'homme dans l'éternité. Seul doit être valable ce qui peut être falsifié ou vérifié, de sorte que la rédemption de l'homme doit avoir lieu sur terre, dans la vie terrestre. Ce que Karl Marx a appelé le paradis sur terre doit être atteint d'une autre manière grâce au progrès qui caractérise le Nouvel ordre mondial. Comme cet ordre mondial nie le recours à Dieu et le déclare, comme Feuerbach, inexistant, il n'est pas étonnant que l'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Ludwig Müller, se sente interpellé et condamne le Nouvel ordre mondial. Nous nous sommes entretenus avec lui à ce sujet.

    Rilinger : Depuis quelques décennies, l'exigence selon laquelle l'ordre mondial existant doit être remplacé par un ordre qui ne connaît plus le recours à Dieu, mais seulement celui au progrès inconditionnel, hante à nouveau le discours politique. La revendication de cet ordre mondial, appelé "Nouvel ordre mondial", se fait presque en marge du discours politique, public. Que devons-nous comprendre par "Nouvel ordre mondial" ?

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Aussi bien selon la confession de foi juive que chrétienne, c'est Dieu lui-même qui, dans sa souveraine bonté, a créé le monde à partir du néant et l'a ordonné dans sa parole (logos, raison) et son esprit (force, sagesse) éternels. La raison humaine est finie et en principe - en raison du péché originel - susceptible d'être perturbée par des pulsions égoïstes, comme le désir désordonné de pouvoir, d'argent, de jouissance de soi/plaisir. L'homme est donc intellectuellement et moralement faillible.

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  • 'Soyez rationnel devenez catholique' : une recension de Mgr Léonard

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    De Mgr André Léonard, Évêque émérite de Malines-Bruxelles, sur le site de la Nef :

    Soyez rationnel devenez catholique

    Matthieu Lavagna fait preuve d’une logique précise et convaincante dans son remarquable ouvrage (1), solidement documenté et très pédagogique, consacré à toutes les questions touchant la vérité du théisme, du christianisme et du catholicisme. J’en recommande vivement la lecture. Avec bonheur, il tord le cou à tous les poncifs d’un athéisme primaire cherchant à décrédibiliser la foi.

    Dans cette brève recension, j’évoque rapidement quelques pistes complémentaires. L’auteur (l’A.) reprend la démarche permettant d’affirmer l’existence d’un Dieu créateur à partir de certaines propriétés du cosmos, comme, par exemple, le très fin réglage de nombreuses constantes de l’univers, réglage qui suppose une création par une Pensée intelligente. Mais il omet de s’interroger sur le fait que cet Univers, en vertu de son entropie croissante, est voué finalement à la mort par extinction totale. Étrange Créateur, vouant sa création au silence d’un trépas définitif !

    Trois états de la Création

    L’auteur aurait gagné à se pencher sur le texte de saint Paul (Rm 8, 18-27), qui voit dans l’Univers présent une création déchue, livrée à la vanité, soumise à la servitude de la corruption, mais avec l’espérance d’avoir part à la gloire de la Résurrection. Ce texte nous invite clairement à penser trois états de la Création : d’abord celui que nous connaissons, où toute vie va vers la mort et où les vivants ne peuvent survivre, quelque temps, qu’en tuant d’autres vivants, animaux ou plantes ; ensuite les Cieux nouveaux et la Terre nouvelle, où il n’y aura plus « ni mort, ni pleur, ni cri, ni peine, car l’ancien monde s’en est allé » (Ap 21, 4) et qui sont le séjour de Jésus ressuscité et de Marie dans la gloire de son Assomption. Car je présume que l’A. ne situe pas ce monde nouveau quelque part dans une galaxie du cosmos présent. En tout cas, cette promesse de la recréation eschatologique du Cosmos nous aide à supporter et à endurer, présentement, les souffrances du monde d’aujourd’hui, à la fois splendide, à certains égards, mais monstrueusement tragique, à beaucoup d’autres, où la mort a toujours le dernier mot.

    Mais si l’A. est disposé, comme il le semble, à reconnaître qu’aucun voyage intersidéral ne nous permettra de rejoindre les corps glorieux de Jésus et de Marie, pourquoi ne fait-il pas de même concernant la chute originelle ? Pense-t-il que des fouilles en Asie ou en Afrique nous permettront de retrouver trace du Jardin d’Éden ?

    Plutôt que d’attribuer aux premiers « hominisés », venant tout juste de recevoir le souffle de l’âme, une chute entraînant – Dieu sait comment – la sauvagerie du monde présent, pourquoi ne pas situer plutôt ce péché d’orgueil dans une autre dimension de l’Univers créé ?

    Qu’on ne nous demande pas de décrire la Création originelle dans son état d’intégrité ! Notre langage de créatures pensantes, mais déchues, en est incapable. Il ne peut qu’évoquer de manière imagée une réalité qui dépasse notre entendement. De même que nous ne pouvons décrire adéquatement ni la Résurrection de Jésus, ni l’assomption de Marie, ni la beauté du monde nouveau, semblablement nous ne sommes pas en mesure de dessiner les contours de la Création originelle. Nous savons seulement que c’est par un péché d’orgueil qu’elle a perdu son innocence primordiale. L’humanité originelle (Adam et Ève, si vous y tenez) a préféré un monde à mesure simplement humaine à un Univers reçu de Dieu. Quant à la manière dont s’est produite cette déchéance, elle est tout aussi indescriptible que le scénario inverse par lequel, à la fin des temps, le Créateur restaurera, en mieux, sa Création originelle en faisant passer l’Univers présent de sa déchéance actuelle à ces cieux nouveaux et cette terre nouvelle où habitera la justice ou la sainteté de Dieu (cf. 2 P 3, 8-13).

    Dans la dédicace de l’exemplaire de son livre, envoyé en vue de la présente recension, l’A. a l’amabilité de rappeler que j’avais moi-même travaillé de nombreuses questions d’apologétique. Il évoque ainsi mon ouvrage Les raisons de croire (Sarment/Jubilé, 2010) dans les trois derniers chapitres duquel j’ai largement développé les questions qui concernent les trois états de la Création : son état originel, son état déchu et son état glorieux.

    De toute manière, les perspectives eschatologiques de l’A. tout comme les miennes sont de nature à nous mettre en garde contre l’espèce de religion écologique qui est en train de se développer au sein de l’Église. Certes, nous devons traiter avec soin et respect la planète Terre, car nous n’en avons pas d’autre ici-bas, mais celle-ci n’est pas « la » Création, car elle fait seulement partie d’un état de la Création, son état déchu.

    Mgr André Léonard
    Évêque émérite de Malines-Bruxelles

    (1) Matthieu Lavagna, Soyez rationnel devenez catholique !, MDN Productions/Marie de Nazareth, 2022, 430 pages, 24 €.

    Signalons sur ces thèmes le livre du Père François Euvé, La science l´épreuve de Dieu ? Réponses au livre « Dieu, la science, les preuves », Salvator, 2022, 186 pages, 18 €.

  • Cardinal Müller : le pape ne peut pas changer l'ordre hiérarchique et sacramentel de l'Église en nommant des laïcs à la tête d'un diocèse ou d'un office curial

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    De Maike Hickson sur Life Site :

    Réflexions du Cdl Müller sur la réforme curiale du Vatican telles que préparées pour le récent consistoire

    Le pape ne peut pas changer l'ordre hiérarchique et sacramentel de l'Église en nommant des laïcs à la tête d'un diocèse ou d'un office curial, a souligné l'ancien chef de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    01/09/2022

    Le cardinal Gerhard Müller, ancien responsable de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), a aimablement fourni à LifeSite une copie de ses réflexions sur la réforme de la Curie telle qu'elle est mise en œuvre avec le document papal Praedicate Evangelium, signé par le pape François le 19 mars dernier. Le cardinal Müller avait l'intention de présenter sa déclaration (voir le texte intégral ci-dessous) au Consistoire des cardinaux qui s'est réuni à la fin du mois d'août à Rome, mais en raison du temps de parole limité qui lui a été accordé, il n'a pas été en mesure de la prononcer.

    Dans sa déclaration, le cardinal allemand, qui a été démis de ses fonctions par le pape François de manière brutale en juin 2017, indique clairement qu'il voit une tendance inquiétante qui se dessine actuellement dans l'Église. Il s'oppose à la fois à un papalisme fort qui sape l'autorité d'enseignement sacramentel de chaque évêque individuel, ainsi qu'à l'affaiblissement de la fonction et de l'autorité ordonnées par la délégation de postes de direction dans la Curie romaine et dans les diocèses à des laïcs.

    "Ce n'est pas un progrès dans l'ecclésiologie", écrivait-il, "mais une contradiction flagrante avec ses principes fondamentaux, si toute juridiction dans l'Église est déduite de la primauté juridictionnelle du Pape. Aussi le grand verbiage du ministère, de la synodalité et de la subsidiarité ne peut dissimuler la régression vers une conception théocratique de la papauté."

    Le prélat allemand insiste sur le fait que l'autorité du pape repose sur le fait que le Christ lui-même lui a donné l'autorité, et personne d'autre. "Pierre agit dans l'autorité du Christ en tant que son vicaire. Son autorité pour lier et délier n'est pas une participation à la toute-puissance de Dieu", a insisté Mgr Müller. Il poursuit en disant que "l'autorité apostolique du Pape et des évêques ne relève pas de leur propre droit mais seulement un pouvoir spirituel conféré pour servir le salut des âmes par la proclamation de l'Évangile, la médiation sacramentelle de la grâce et la direction pastorale du peuple de Dieu en pèlerinage vers le but de la vie éternelle."

    C'est-à-dire que l'autorité du Pape est liée et limitée par son devoir de conduire les âmes au salut de la manière dont le Christ lui-même l'a ordonné. Il n'est pas indépendant du mandat du Christ.

    Par conséquent, "une Église totalement fixée sur le pape était et est toujours la caricature de l'enseignement catholique sur l'institution, la perpétuité, la signification et la raison de la primauté sacrée du Pontife romain", a expliqué le cardinal.

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  • Le Concile de Trente et la liturgie (1542-1563)

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    Suite du cours d'histoire de la liturgie, 17 : Le Concile de Trente et la liturgie (1542-1563) (45 mn) 

    https://youtu.be/f_fEQl-Kicg  

    30 ans après la réforme de Luther, et de manière poussive, un concile est convoqué. Les questions touchant à la réforme liturgique ne sont abordées pleinement qu’au cours des dernières sessions, (1562-1563). Questions posées : Faut-il une totale uniformité liturgique ou la conservation des anciens missels ? Faut-il tout récrire ex Nihilo ou s’appuyer sur l’ancien ? Finalement, on demande au pape de finaliser ce travail (1568-1570). Il en sort ce qu’on appelle le Missel « romain » (saint Pie V). Il n’est en fait pas si romain que cela (Influence franco-germanique, sacramentaires romains gallicanisés, influence de la liturgie dominicaine). 

    Quelques réformes : sanctoral allégé ; nombreuses octaves supprimées ; Liturgie mise à l’abri des erreurs du Protestantisme ou de l’Anglicanisme ; Rubriques amplement développées (au risque de scléroser le rituel). 

    Quel accueil est réservé au nouveau missel tridentin qualifié de « romain » ?  

    Beaucoup d’évêques s’appuient sur la permission de la bulle « Quo primum » (1570) pour conserver les rituels âgés de plus de 200 ans. Puis au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, les papes réalourdissent la liturgie en ajoutant leurs dévotions privées. 

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022.