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BELGICATHO - Page 1235

  • Des infirmières belges quittent leurs unités de soins palliatifs devenues "maisons de l'euthanasie"

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    DES INFIRMIÈRES BELGES QUITTENT LES UNITÉS DE SOINS PALLIATIFS, « MAISONS DE L’EUTHANASIE »

     

    Des infirmières belges et des assistantes sociale spécialisées dans les soins aux personnes en fin de vie quitte les unités de soins palliatifs  parce qu’elles se transforment en « maisons en l’euthanasie ». Parmi les équipes hospitalières, un nombre croissant de personnes quittent ce secteur parce qu’elles ne veulent pas être réduites à préparer les patients et leurs familles aux injections létales. C’est ce qu’affirme le professeur Benoit Beuselinck, oncologiste consultant à l’hôpital de l’université catholique de Louvain qui ajoute que les infirmières considèrent que les demandes d’euthanasie sont « un fardeau impossible » « en complète contradiction avec leur désir initial d’administrer d’authentiques soins palliatifs aux personnes en phase terminale ».

    Dans un livre Euthanasia and Assisted Suicide : Lessons from Belgium, le professeur Benoit Beuselinck montre comment la légalisation de l’euthanasie a corrompu la médecine belge « en sapant les soins palliatifs et en mettant les patients en danger mortel ». Pour lui, l'euthanasie constitue une « menace réelle pour la pratique de la médecine » et il regrette que les droits des professionnels de la santé et des établissements de santé à l’objection de conscience soient insuffisamment protégés.

    Il remarque que les médecins hospitaliers évitent les demandes d'euthanasie en les renvoyant aux unités de soins palliatifs, « pensant que ces médecins sont habitués à traiter les questions de fin de vie ». (…) De ce fait, ce sont ces médecins des unités de soins palliatifs qui se voient obligés d’euthanasier les patients qui leur ont spécifiquement été envoyés à cette fin. Aussi, « certaines unités de soins palliatifs ont décidé de ne plus admettre de patients s'ils avaient une demande active d'euthanasie pour empêcher leurs unités de soins palliatifs de devenir le lieu d'exécution de toutes les demandes d'euthanasie de l'hôpital ».

    Le livre explique que le gouvernement, cynique, sabre les budgets des soins palliatifs au fur et à mesure que le nombre de personnes décédées par euthanasie en Belgique augmente.

    Si l’accès à l’euthanasie est limité par la loi aux adultes dont les souffrances sont intolérables et qui sont en capacité de donner leur consentement et aux mineurs émancipés, entre 2010 et 2015, les médecins pratiquant l’euthanasie sont passés de 954 à 2021. La loi est interprétée de façon tellement libérale que l’euthanasie est effectivement disponible à la demande et que les médecins pratiquent des injections létales sur des personnes malades, démentes et souffrants de troubles psychiques.

    Sources: Catholic Herald, Simon Caldwell (18/01/2018)

  • Au Canada, il devient obligatoire d’approuver l’avortement illimité pour obtenir des subventions

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    D'Olivier Bault sur le site "réinformation TV" :

    Les subventions publiques au Canada réservées aux organisations qui déclarent soutenir les « droits reproductifs », c’est-à-dire l’avortement

    Peu importe que l’on soit le Planning familial ou une organisation catholique ou protestante dans le Canada de Justin Trudeau : pour avoir droit aux subventions publiques il faut désormais déclarer adhérer à la culture de mort promue par le Premier ministre. Cela avait déjà été annoncé en décembre aux parlementaires pour la campagne des jobs d’été d’ONG financés par le gouvernement fédéral canadien, et cela a encore été confirmé par la ministre du Travail malgré les critiques des organisations pro-vie et des conservateurs au parlement. L’argumentaire avancé par le gouvernement libéral de Trudeau, c’est que l’Etat n’a pas à financer les organisations qui ne respectent pas les droits inscrits dans la charte canadienne des droits et libertés, parmi lesquels les « droits reproductifs ». Apparemment, se dire opposé à l’avortement serait déjà une atteinte aux « droits reproductifs des femmes ». Et attention : au Canada, l’avortement sur simple demande (IVG) est possible jusqu’à… la naissance de l’enfant.

    « Droit reproductifs » contre liberté d’expression

    S’exprimant lors d’une réunion de travail du gouvernement de Justin Trudeau qui s’est tenue dans l’Ontario jeudi et vendredi dernier, le ministre du Travail Patty Hajdu a défendu les nouveaux formulaires de demande de subventions publiques pour financer les jobs d’été, avec une case par laquelle l’organisation requérante confirme que son « mandat de base » respecte les « droits reproductifs ». Impossible d’envoyer le formulaire si l’on ne coche pas cette case, mais pour le ministre cela n’empêche pas les organisations chrétiennes de demander des subventions… « du moment que leur mandat de base est conforme avec ces droits et libertés durement acquis que les Canadiens veulent que nous défendions ».

    Pour Mme Hajdu, la nuance est dans l’expression « mandat de base » (core mandate) : pas de subventions pour les organisations fondées explicitement pour lutter contre le droit à l’avortement, mais aucun problème si un groupe religieux a des convictions pro-vie. Néanmoins, même dans ce dernier cas, un tel groupe doit signer l’attestation selon laquelle il respecte le droit de mettre fin à la vie d’un enfant en phase prénatale.

    Au Canada, il devient obligatoire d’approuver l’avortement illimité pour obtenir des subventions

    Même son de cloche chez le Premier ministre Justin Trudeau quand un étudiant lui a demandé s’il respectait la liberté d’expression : « Il y a des organisations qui s’abritent derrière la liberté d’expression, la liberté de conscience, ce qui bien sûr permet d’avoir toutes les croyances que l’on veut… Mais quand ces croyances mènent à des actions visant à restreindre le droit d’une femme d’avoir la maîtrise de son propre corps, c’est là, je pense, que nous devons fixer la limite en tant que pays ». En bref : oui à la liberté d’expression tant que vous acceptez que l’avortement est un droit des femmes et que vous ne demandez pas une meilleure protection du droit à la vie des enfants.

    « Il n’y a pas de droit à l’avortement dans la Charte », lui ont rappelé ses opposants, « mais il y a bien un droit à la liberté d’expression, de conscience et de religion ». Pour le dirigeant de l’opposition conservatrice, Andrew Scheer, « imposer les vues personnelles de Justin Trudeau à un large éventail de groupes n’est pas la voie à suivre » et de nombreuses organisations qui offrent un large éventail de services à la société ne pourront plus le faire et ne pourront plus permettre aux jeunes de faire une première expérience professionnelle.

    S’il est des gens qui s’imaginent encore que le libéralisme libertaire est synonyme de liberté, l’évolution rapide du Canada de Justin Trudeau montre une fois de plus qu’il n’en est rien, bien au contraire !

  • "La loi civile prime sur toute loi religieuse" : le débat sur la laïcité est relancé

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    De la revue de presse du service interdiocésain :

    Le Soir


    p. 1: Les libéraux relancent le débat sur la laïcité 

    C’est une petite phrase qui n’a l’air de rien, mais elle rouvre un débat volcanique dans le monde politique. Richard Miller, député fédéral réformateur, propose d’inscrire dans un préambule à la Constitution les mots suivants : « La loi civile prime sur toute loi religieuse. » Par là, et à la suite du chef de groupe VLD Patrick Dewael, il entend relancer le débat sur une laïcité à la belge. … Richard Miller s’explique. Avec cette formulation, il entend permettre à tous de comprendre « que nous évoluons dans un pays où la croyance religieuse ne dicte pas la loi, ceci avec tout le respect que j’ai pour les convictions et les engagements religieux » . Mais la proposition a-t-elle une chance d’aboutir ? Les socialistes sont favorables (les conclusions du Chantier des idées sont explicites) à l’introduction de la laïcité de l’Etat dans la Constitution. Les amarantes de Défi ont également par le passé donné leur aval. Les verts, eux, sont ouverts à la discussion mais craignent un feu de paille, qui ne réglera pas des problèmes plus profonds dans la société. Les centristes-humanistes, eux, se disent ouverts à une révision constitutionnelle sur ce thème. Evidemment, le CD&V est plus réticent, la N-VA faisant preuve de prudence. Les deux partis sont en effet proche du monde catholique au Nord.
     
    p. 1 : Laïcité : il va falloir souder et pas diviser 

    Edito de Béatrice Delvaux : « … sur le fond, on ne peut que saluer la volonté de Patrick Dewael et de Richard Miller de ressortir le dossier « laïcité » du frigo où il a été placé après les attentats de 2016. D’autres priorités plus directement sécuritaires s’étaient imposées mais, face aux polémiques sur le port de signes religieux dans les endroits publics et la montée des radicalismes, la nécessité de réaffirmer le principe de séparation entre les Eglises, les religions et l’Etat s’était imposée à tous les démocrates, inquiets de voir ces acquis des Lumières mis en cause par de nouveaux intégrismes et fanatismes. … Comment réaffirmer la laïcité de l’Etat et la primauté de la loi civile sur toute loi religieuse ? Le sujet, aujourd’hui sorti des radars politiques et médiatiques, a conservé la même urgence pour une société belge en demande de clarification et de réaffirmation des balises du vivre ensemble. Mais il est important qu’un large consensus politique couvre cette manière de réaffirmer un socle de valeurs communes. Il faut éviter que cette réaffirmation ne passe pour l’exercice d’une suprématie ou l’expression d’un rejet, mais soit vue comme une volonté d’inclusion démocratique. »
     
    p. 2: « Une clarification nécessaire mais partielle » 

    Vincent de Coorebyter (ULB) : « Personnellement, je trouve que la formulation qui avait été proposée en 2010 par le groupe de travail mis en place par le gouvernement fédéral était particulièrement fine. Il s’agissait d’un nouveau libellé pour l’article 21 de la Constitution : « Hormis les exceptions de conscience dont l’exercice est prévu par la loi, aucun prescrit convictionnel ne peut être invoqué pour se soustraire à une obligation légale. » Ce qui me paraît intéressant, c’est qu’on admet qu’il puisse y avoir des exceptions à l’application uniforme de la loi civile, mais ces exceptions sont elles-mêmes prévues par la loi civile – c’est ce qu’on appelle les « clauses de conscience » permettant, par exemple, à titre individuel, à un médecin de ne pas pratiquer une euthanasie ou un avortement. » … « Je suis effectivement surpris d’apprendre que le MR renoncerait à l’inscription dans la Constitution de ce principe d’impartialité – notion quand même extrêmement prudente : qui demanderait un État partial ? – pour se satisfaire simplement de cette nécessaire clarification autour des prescrits religieux et de leur contradiction éventuelle avec la loi civile. Avec cette proposition, on règle un type de question mais on n’éclaircit pas la philosophie générale des relations entre l’État et les convictions instituées et personnelles… »
     
    p. 2 : Trois concepts et trois étages 

    Laïcité : En groupe de travail, les parlementaires (de tous les partis) avaient débattu déjà du sujet. Patrick Dewael avait rédigé un rapport intermédiaire en juin 2016. On avait progressé. Mais l’affirmation du concept de « laïcité de l’Etat » ne faisait pas l’unanimité. A savoir, selon le Larousse : « Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l’Église et de l’État et qui exclut les Églises de l’exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement »… / Neutralité : Un étage plus bas, moins « militant », le concept de neutralité de l’Etat avait été accueilli plus favorablement, selon lequel l’Etat doit demeurer neutre par rapport aux religions pour assurer la liberté de religion et de conscience, également pour prévenir toute discrimination fondée sur la religion. / Impartialité : Plus consensuel, peut-être : le concept d’impartialité de l’Etat, un peu plus fourre-tout, moins crispant idéologiquement, avait semblé émerger à la fin. Sans accord, toutefois.

  • Pas assez de foi pour être athée...

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Non, je n'ai pas assez de foi pour être athée. En effet, je ne crois pas qu'à la base de ce qui existe, qu'à la base de cet univers immense qui sans cesse m'interpelle,  il n'y ait ni vie ni pensée, ni même la moindre conscience d'exister. Ce serait me demander d'admettre qu'un meuble puisse fabriquer un menuisier ou un moteur un mécanicien. Non, je n'ai pas assez de foi pour croire qu'une réalité qui ne saurait pas elle-même qu'elle existe, puisse un jour comme par miracle prendre conscience qu'elle existe tout en s'interrogeant sur son origine, sur son avenir et sur son sens, C'est pourtant ce qu'il me faudrait accepter si je souscrivais à l'athéisme. C'est pourtant ce qu'il me faudrait affirmer si je ne disais pas avec Pascal: "Alors même que l'univers entier m'écraserait, je serais encore plus grand que lui, car lui n'en saurait rien, tandis que moi, je le saurais" 

    Jean-Pierre Snyers (4190 Ferrières, Belgique)

  • COMECE (Bruxelles), 31 janvier : Promouvoir l’Héritage Chrétien de l'Europe

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    Conférence de la COMECE

    "Promouvoir l’Héritage Chrétien de l'Europe"

    dans la cadre de l’Année Européenne de l’héritage culturel

    COMECE, 31 Janvier 2018

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    Suite à la désignation par l’UE de 2018 comme Année Européenne de l’Héritage Culturel, la COMECE organise la conférence «Promouvoir l’héritage chrétien de l’Europe». L'événement aura lieu au Secrétariat de la COMECE, le mercredi 31 janvier 2018.

    L’Année européenne de l’héritage culture est une initiative très positive pour l’Europe qui pourrait représenter une belle opportunité pour l’Eglise de mettre en valeur son patrimoine et d’assurer une meilleure visibilité et une plus grande accessibilité du patrimoine religieux au public.

    Dans un contexte de division et de questionnement au sein de l’Union européenne, l’année du patrimoine culturel pourrait également renforcer le sentiment de communauté entre peuples et nations européennes.

    Parmi les intervenants, le Commissaire européen pour l’éducation, la culture, la jeunesse et le sport, M. Tibor Navracsics, mais aussi le Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Culture, S.E. Mgr Paul Tighe.

    Informations pratiques

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    Alessandro Di Maio
    Responsable Presse
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  • Les chrétiens de plus en plus persécutés sur le globe

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    De Marie Malzac sur le site du quotidien La Croix :

    De plus en plus de chrétiens persécutés dans le monde

    Selon l’ONG évangélique « Portes ouvertes », plus de 3 000 chrétiens ont été tués en 2017 pour des raisons liées à leur croyance, et 215 millions de chrétiens seraient gravement persécutés dans le monde.

    Sur les 2,48 milliards de chrétiens – toutes confessions confondues – dans le monde, environ 215 millions souffriraient de graves persécutions, soit un chrétien sur douze. C’est ce que révèle l’index mondial 2018 de l’ONG évangélique « Portes ouvertes », publié mercredi 10 janvier.

    Fondée en 1955 par le Néerlandais André Van Der Bijl, l’ONG Portes Ouvertes appartient à la mouvance évangélique et se positionne de façon vigoureuse, avec une rhétorique combative, en faveur de la liberté religieuse pour les chrétiens. Son index, volontairement militant, est de plus en plus repris par les médias non confessionnels et par les institutions.

    À LIRE : La galaxie des associations qui viennent en aide aux chrétiens d’Orient

    En tête de classement, on trouve la Corée du Nord, pour la 17e année consécutive, suivie par l’Afghanistan et la Somalie.

    Selon les résultats diffusés par l’organisation, qui dit s’appuyer sur un important réseau sur le terrain, dont les relais sont chargés de remplir un questionnaire précis, plus de 3 000 chrétiens ont été tués entre novembre 2016 et octobre 2017 pour des motivations liées à leur foi, soit 154 % de plus que l’année précédente.

    À LIRE : Le Nigeria, le pays où les chrétiens meurent le plus pour leur foi

    Toutefois, si l’on compare avec l’index de 2016, on enregistre une baisse de plus de 55 %. Cette variation s’explique par la baisse des activités de Boko Haram au Nigeria en 2016, explique « Portes ouvertes » en accompagnement de l’index. Cependant, les assassinats ont repris dans le pays, notamment du fait des Peuls, dits aussi bergers fulani, majoritairement musulmans.

    « Chiffres sous-estimés »

    C’est au Nigeria, en Centrafrique et en République démocratique du Congo que le nombre de chrétiens tués est le plus important. L’Afrique reste donc le continent le plus violent.

    « Ces chiffres sont toutefois sous-estimés, car nous n’avons pris en compte que les morts dont nous sommes certains », a tenu à préciser à la presse Michel Varton, directeur de « Portes ouvertes France ».

    Par ailleurs, dans le monde, 793 églises ont été ciblées, contre 1329 pour l’index 2017.

    Les régions où les chrétiens sont le plus persécutés, indique encore « Portes ouvertes », sont d’abord l’Asie, y compris le Moyen-Orient (53 %), l’Afrique (38 %), l’Amérique Latine (9 %). Le reste du monde – Europe, Amérique du Nord, Océanie – n’est concerné que pour 0,01 %.

    Cette persécution se décline en deux formes principales, selon l’ONG : la persécution « marteau » (violente) et la persécution « étau » (l’oppression et les restrictions dans le quotidien).

    Pour la 5e année consécutive, on constate une augmentation des points de persécution. Ainsi, l’index 2018 fait état d’une progression d’1,13 %.

    À LIRE : Les persécutions chrétiennes progressent dans le monde, selon une ONG

    Parmi les principaux mécanismes de persécution, on trouve notamment l’islamisme, mais aussi le nationalisme religieux, qui se durcit, en particulier en Asie du Sud-Est.

    L’Inde, où les extrémistes hindous agissent en toute impunité, fait ainsi partie des pays qui connaissent la plus forte hausse de persécution. En 2016, ce pays se trouvait à la 17e place de l’index, à la 15e en 2017. En 2018, il rejoint la 11e place.

    Le Népal fait son entrée dans l’index, directement à la 25e place. Là encore, les hindouistes radicaux n’hésitent pas à s’en prendre aux chrétiens.

    Au Pakistan, une situation qui se détériore d’année en année

    Le Pakistan, 5e de l’index, reste le premier selon le critère de la violence, sachant que l’index 2018 ne prend pas en compte l’attaque d’une église peu avant Noël dans ce pays.

    Ces violences comprennent les attaques régulières d’églises, les enlèvements, les mariages forcés, les viols mais aussi les émeutes à la suite des rumeurs de blasphème.

    Lors de la présentation à la presse de l’index à la presse, Michael Nazir-Ali, ancien évêque de Raiwind, au Pakistan, et actuel évêque de Rochester, en Angleterre, a témoigné de la situation dans son pays d’origine, depuis l’islamisation advenue à la fin des années 1970 et au début des années 1980, avec l’influence croissante des théocrates musulmans.

    Les pressions sont allées en augmentant au cours des dernières années, l’obligeant à quitter le Pakistan en 1986. Cette même année, la loi interdisant le blasphème fut promulguée dans le pays, renforçant encore les difficultés des minorités.

    À LIRE : Une minorité chrétienne au Pakistan discriminée et violentée

    « Cette loi a favorisé une atmosphère de haine, a-t-il indiqué devant les journalistes, renforcée par le contenu de certains manuels scolaires, par exemple. »

    Interrogé sur le sort d’Asia Bibi, cette mère de famille condamnée à mort et emprisonnée depuis plus de huit ans pour blasphème, l’évêque pakistanais a indiqué qu’elle « allait bien » mais que rien de nouveau ne se profilait à son sujet, le pays étant en attente des élections générales au printemps.

    À LIRE : Au Pakistan, le procès en appel d’Asia Bibi renvoyé

     

  • Banneux, Communauté des frères de Saint-Jean, 2-4 février : week-end des familles sur l'éducation des jeunes

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    Week-end des familles Banneux Notre-Dame

    du 02 février, 19H15, au 04 février 2018, 14H30 

    Thème : Dresser et éduquer : est-ce du pareil au même ?

    La vie familiale comme lieu d’éducation à la patience.

    « Il ne s’agit pas d’interdire aux jeunes de jouer mais de trouver la manière de créer en eux la capacité de retarder la satisfaction du désir » (Pape François, Amoris Laetitia, Chapitre 7 § 5).

    Intervenant : Fr. Cyrille-Marie

    Temps de ressourcement spirituel, ponctué par des enseignements et des partages, des moments de prières et de détente en famille. Les enfants sont pris en charge par tranche d’âge.

    Contact :

    Frère Gilles-Christ

    Communauté des frères de Saint Jean

    Prieuré Regina Pacis
    Rue de la sapinière, 50
    B - 4141 Banneux Notre Dame
    Tél : 0032 (0)43 60 01 20
    Email : hotellerie@stjean-banneux.com

  • Un SDF belge inhumé au Vatican

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    De Louise Almeras sur aleteia.org :

    Le « vagabond de Dieu », un SDF belge inhumé au Vatican

    Mgr Dirk Smet, recteur du Collège Papal Belge à Rome, a présidé le 11 janvier dernier les funérailles d’un sans-abri belge, César Willy De Vroe. L’occasion de livrer une remarquable catéchèse en hommage à cet homme courageux que Satan n’a jamais réussi à briser.

    César Willy De Vroe, décédé le 4 janvier dernier à 65 ans, repose désormais au « Campo Santo dei Teutonici cum dei Fiamminghi », le cimetière teutonique, un cimetière historique destiné aux pèlerins flamands, allemands et néerlandais situé à quelques dizaines de mètres de la basilique Saint-Pierre de Rome, juste derrière les colonnades du Bernin. Il est ainsi le deuxième sans-abri de ce pays à être enterré au Vatican, puisqu’il rejoint le Flamand Willy Herteleer, décédé en 2015 après avoir vécu dans la rue pendant 30 ans à Rome.

    Un honneur pour César Willy De Vroe qui s’est fait appelé pendant une vingtaine d’années le « vagabond de Dieu » après avoir perdu tout ce qu’il possédait : sa famille, sa propriété entière et sa santé. Il a vécu des années dans la rue dans des conditions très difficiles. C’est grâce à la prise en charge du prêtre italien Daniele Bisato, pasteur de la paroisse Sant’Agostino à Vintimille, qu’il reprend courage en 1999. Il était avec les missionnaires de la Charité à Rome depuis septembre dernier, rapporte le média flamand Kerknet.

    Comparé à Job

    Vivant dans le dénuement le plus total, il avait perdu contact avec ses quatre frères et soeurs, il était pourtant connu pour sa générosité. C’est à l’âge de 47 ans qu’il retrouve le chemin de l’Église. « César était une âme sensible qui s’est converti à la foi à un âge avancé, après que la vie l’ait éprouvé et durci de toutes les manières possibles », a déclaré lors de son homélie Mgr Dirk Smet, recteur du Collège papal belge à Rome.

    Le prélat l’a comparé à la figure biblique de Job, dont il était très proche dans ce qu’il vivait. « Dans les circonstances les plus difficiles, dans la pauvreté totale et sous les grandes épreuves, il a toujours réussi à conserver une certaine intelligence, son âme, sa dignité humaine » a ajouté Mgr Dirk Smet. Il a également souligné que « Satan n’avait jamais réussi à briser le vagabond de Dieu. Le mal n’a jamais saisi son esprit, sa capacité de penser, sa dignité humaine intérieure, son âme ou même sa foi. Il est resté confiant en Dieu ».

    « Il aurait pu être le quatrième roi mage »

    Le recteur a vu dans sa manière de résister aux épreuves de la vie le fait qu’il a toujours continué à se concentrer sur l’étoile qui conduisait à l’Enfant de Bethléem, comme les rois mages. « De telles étoiles donnent assez de lumière durant le voyage de nos vies pour ne pas perdre courage et continuer sur le droit chemin vers Bethléem ». Mgr Dirk Smet a achevé son homélie pour le sans-abri du Vatican par un hommage aux bons samaritains qui avaient pris soin de lui au cours de sa vie, comme un couple marié. « Même aujourd’hui, nous pouvons rencontrer Jésus, a-t-il rappelé. Dans l’Eucharistie, mais aussi dans nos frères et sœurs qui sont petits et pauvres. Aussi dans les vagabonds à deux pas d’ici, près du Vatican ».

    Ces funérailles du « vagabond de Dieu » ont été l’occasion d’une catéchèse sur le sens de la pauvreté et d’évoquer de manière incarnée la figure du Christ. Cela n’est pas sans rappeler la statue du « Jésus sans-abri » du sculpteur canadien Timothy Schmalz, exposée au mois de novembre dernier dans une église du Michigan. Cela avait « littéralement changé l’attitude de beaucoup de personnes envers les marginalisés », avait constaté le père Tom Murphy, le prêtre de la paroisse.

     
  • Propos d'une migrante du dimanche matin...

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    Réfexions d'une lectrice de belgicatho :

    "Les migrants du dimanche matin... En cette « Journée mondiale du migrant et du réfugié », nos évêques ont tenu à partager fraternellement la table, ou du moins un moment de vie, d’une famille subissant l’éloignement de sa patrie. Un geste à la fois simple et fort, renouvelant l’engagement des papes Benoît XV et St Jean-Paul II, les fondateur et promoteur de cette journée si nécessaire à notre époque. Aussi, j’aimerais profiter de cette occasion afin de les inviter à ma table lors de la prochaine journée de ce genre, car je suis moi aussi une migrante. Une migrante du dimanche matin. En effet, l’extrême pauvreté de ma paroisse géographique me pousse à en franchir les frontières, afin de migrer sous des cieux plus cléments qui sauront, eux, me fournir, ainsi qu’à ma famille, la nourriture spirituelle nécessaire à notre substistance. Nulle possibilité de confession ici, uniquement une absolution collective annuelle... La messe dominicale, devenue célébration eucharistique bi-mensuelle du samedi soir, réserve toujours la surprise de sa validité : ce sera selon l’inspiration du jour du célébrant... Oublions toute autre célébration : la procession annuelle à Notre-Dame n’est plus qu’un souvenir de mon enfance ; l’ostensoir rouille dans la sacristie faute de Salut depuis des lustres ; quant à la préparation au baptême, elle se résume à inscrire les noms des parrain/marraine sur une feuille afin de préparer le registre pour le jour J. Par ailleurs, un conflit atroce fait rage sur ma terre de résidence, entre d’une part le Magistère de l’Eglise, et d’autre part les opinions inverses, hérétiques mais érigées en dogmes par le clergé local ou les laïcs en responsabilité. Conflit dans lequel nous, pauvres fidèles qui ne demandons qu’à suivre l’enseignement de notre Mère la sainte Eglise, servons de chair à canon (à canon 208, s’entend). Il ne s’agit pas ici de préférences secondaires pour un decorum gothique plutôt qu’une architecture moderne, pas plus que de préférer le répertoire de la chorale de la ville voisine : il s’agit simplement de survivre. Rien de moins. Contraints et forcés, nous migrons donc chaque dimanche matin vers une terre d’accueil. Un véritable déracinement pour notre famille : très humainement, nous aimerions retrouver le dimanche sur les bancs de l’église nos familiers des autres jours de la semaine : saluer la boulangère du village d’un signe de tête ou échanger sur le parvis avec les parents que nous côtoyons à la sortie de l’école. Nous nous retrouvons donc parachutés dans un milieu d’accueil où tout nous est étranger : les personnes, les coutumes... Une terre d’asile, certes, où nous acostons de manière volontaire ; mais qui conserve néanmoins son côté dépaysant, voire effrayant, et où les petits gestes d’intégration sont souvent aussi difficiles à poser pour nous que délicats à recevoir pour les autochtones. Nous sommes donc reconnaissants à nos évêques d’insister sur l’accueil favorable à réserver aux migrants, étant entendu qu’ils y incluent ceux du dimanche matin. Cependant, persuadés que la coopération au développement local constitue la solution pérenne à notre problématique migratoire, nous espérons vivement voir venir le jour où notre paroisse géographique refleurira sous l’impulsion de missionnaires 2.0 et saura offrir nourriture et paix à ses paroissiens, qui se tiennent prêts à y collaborer."

  • Je crois...

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Je crois que le non-sens ne l'emportera pas sur le sens et que l'absurde ne l'emportera pas sur le mystère. Je crois que la mort ne  l'emportera pas sur l'amour, et que l'injustice n'aura pas le dernier mot face à la justice. Je crois en somme que la félicité céleste  réparatrice aura raison sur  le mal et sur les souffrances de cette terre. Je crois qu'à la source de ce qui a de l'être, existe un Etre qui sans Lui, ne peut rendre compte de ce qui a de l'être. Je crois en une Conscience d'exister qui seule peut permettre la conscience d'exister, en une Vie, et en une Intelligence sans laquelle ne s'explique  ce qui a de la vie, de l'intelligence et de la conscience d'être. En gros, pour reprendre Voltaire, je ne crois pas en un horloge qui puisse se passer d'un  horloger et tout en ne croyant pas de surcroît que le réel que nous percevons ne soit le réel en soi  je me dis que très loin d'avoir assez de foi pour être athée, je ne suis pas complètement idiot en croyant qu'à la source de tout ce qui existe, il y a autre chose que du néant abyssal ou un vide sidéral.  Dès lors, je préfère appeler Dieu l'Etre de qui nous avons de l'être et qui, sans lui l'univers visible ressemblerait à un moteur qui fabriquerait mécanicien ou à un un meuble qui donnerait naissance  à un artisan.

    Jean-Pierre Snyers (4190 Ferrières)

    Adresse blog: jpsnyers.blogspot.com

     
  • Benoît XV et son engagement pour la paix lors de la Grande Guerre

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau :

    Benoît XV et la Grande Guerre 
    un pape pour la paix !

    Benoît XV et la Grande Guerre <br> un pape pour la paix !

    En cette nouvelle année 2018, nous allons commémorer le centenaire de la dernière année de combat de la Première Guerre mondiale. Le 11 novembre 1918, à 11h00, l’armistice entrait officiellement en vigueur. Dans le calendrier liturgique, c’était la fête de saint Martin, cet officier romain devenu apôtre du Christ et qui allait devenir l’une des grandes figures de la sainteté française. 

    Dès avant le déclenchement du conflit, la papauté avait appelé à la paix, en espérant jusqu’au bout que le dialogue remplacerait la voix des armes. Le pape saint Pie X d’abord, puis après sa mort, le 20 août 1914, son successeur, Giacomo della Chiesa, qui prit le nom de Benoît XV, lors de son élection, le 3 septembre 1914. Depuis fin juillet-début août de la même année, l’Europe s’était embrasée pour quatre longues et meurtrières années de guerre. 

    La papauté pour la paix

    Avant de mourir le 28 septembre 2016, l’historien de l’Église Paul Christophe, prêtre du diocèse de Cambrais, avait achevé un livre consacré au pape Benoît XV et à son rôle pendant la Grande Guerre. Publié peu après aux éditions du Cerf, cet ouvrage d’un peu plus de 250 pages entend offrir une synthèse de la manière dont l’activité déployée par le Pape en faveur de la paix a été perçue en France et comment Benoît XV a maintenu le cap pendant toute la durée du conflit. 

    L’auteur, dont trois précédents ouvrages étaient consacrés à la Première Guerre mondiale, notamment à travers la publication de lettres de catholiques engagés dans le conflit, est aussi celui qui avait mené à bien, entre 1994 et 2003, la publication des neuf volumes contenant les carnets du cardinal Alfred Baudrillart, lesquels s’étalaient entre 1914 et 1942, année de la mort de celui qui fut recteur de l’Institut catholique de Paris et membre de l’Académie française. C’est principalement à partir de la matière de ces carnets Baudrillart et de lettres de catholiques envoyés au front que Paul Christophe aborde le rôle de Benoît XV en faveur de la paix et, surtout, comment son action fut perçue en France. 

    Une guerre de civilisation ?

    Alors que l’Allemagne a envahi la Belgique, violant la neutralité de ce pays, une pression se fait jour qui demande au pape de condamner l’agression et de prendre partie. Pour les Alliés, la guerre menée contre l’Allemagne est une guerre de civilisation. Selon eux, ils luttent contre la barbarie germanique. Cette thèse est largement reprise et défendue, non seulement par la presse (soumise à la censure, ce que ne rappelle pas l’auteur), mais aussi la très grande majorité des élites. Les personnalités catholiques, membres du clergé ou laïcs influents, ne sont pas en reste. De là va naître l’incompréhension de la position de Benoit XV, incompréhension qui va se muer au fil du temps en refus de sa politique. Celui-ci trouve certainement son point d’acmé quand le lundi 10 décembre 1917, en l’église de la Madeleine, à Paris, le Père Sertillange prononce un discours sur la « Paix française », en, présence notamment du cardinal Amette, archevêque de Paris. Or, que déclare, ce jour-là, le célèbre dominicain ?

    « Très Saint Père, nous ne pouvons pas, pour l’instant, retenir vos appels de paix ». 

    Non seulement le cardinal Amette est présent ; non seulement, il ne proteste pas, mais plus encore, il a laissé donné l’imprimatur à la publication du discours du prédicateur. C’est évidemment trop pour Rome. Et, naturellement, le cardinal Gasparri, secrétaire d’État, exige des sanctions. 

    L’action du Saint-Siège

    Quelle aura été la position du Saint-Siège pendant toute cette guerre ? On a parlé de neutralité ? Ce n’est pas exact ! Benoît XV a pris constamment parti pour la paix. Il s’est opposé à la guerre, a milité pour la concorde entre les nations et « a condamné, écrit Paul Christophe, toutes les violations du droit et toutes les atrocités commises par qui que ce soit, en se voulant impartial. » De fait, le Souverain Pontife n’a pas voulu que la papauté fût entraînée d’un côté ou de l’autre, voulant rester le Père commun. 

    Pendant le conflit, Benoît XV a été décrié, en France, comme le « pape boche » ou comme « Pilate XV » pour reprendre les termes de Léon Bloy. Il subissait un sort à peu près similaire de l’autre côté du Rhin, ce que Paul Christophe ne rappelle pas assez. C’est d’ailleurs un manque de son livre : on aimerait voir comment était traité le pape dans la presse allemande ou parmi les politiques comme on aimerait savoir comment le pape était perçu par les pays alliés.

    La différence est que l’Allemagne n’avait pas coupé toutes relations officielles avec le Saint-Siège. Le 20 avril 1917, Mgr Eugenio Pacelli a été nommé nonce apostolique en Bavière, Munich étant alors l’unique représentation du Saint-Siège dans l’Empire allemand. Malgré ce fait, le nonce peut agir ou tenter d’agir. Ainsi, il rencontre le chancelier allemand Bethmann-Hollweg, le 26 juin de la même année, puis le Kaiser Guillaume II en personne, le 29 juin. Le lendemain, il s’entretient également avec un allié de l’Allemagne, l’empereur d’Autriche-Hongrie Charles Ier. 

    Toute la différence avec la France réside là : pour faire avancer les idées de paix, le cardinal Gasparri est obligé, par exemple, de s’en remettre, en 1915, à l’entremise de Mgr Baudrillart pour sonder le gouvernement français… Il ne peut agir directement ! Sans oublier que la France compte alors comme allié l’Italie, avec laquelle le Saint-Siège n’a pas encore réglé la Question romaine de 1870 et qui refuse obstinément, y compris pour la Conférence de la paix en 1919, de voir la papauté jouait un rôle ou simplement d’être reconnu comme partenaire international. 

    Un pape réhabilité

    Depuis quelques années, la figure de Benoit XV, et singulièrement son action pendant la Première Guerre mondiale, est réétudiée et réhabilitée. Parmi les ouvrages sur la questions, citons surtout celui de Nathalie Renoton-Beine, La colombe et les tranchées : Benoît XV et les tentatives de paix durant la Grande Guerre (Cerf), et les biographies de Marc Launay et d’Yves Chiron. Le livre de Paul Christophe s’inscrit dans cette veine, mais à travers un essai historique dont la thèse est de montrer que Benoît XV a œuvré en faveur de la paix sans céder aux pressions des gouvernants, des élites et de la « presse nationaliste », tout en rencontrant un accueil favorable parmi une grande partie des combattants. 

    Ce dernier aspect est, malgré tout, l’un des points faibles de l’ouvrage. Bien sûr, l’auteur cite plusieurs lettres de poilus montrant leur dégout de la guerre, de la barbarie des combats et, parfois, leur accord avec le pape. Mais il aurait fallu pouvoir établir dans quelle mesure ce sentiment était partagé parmi l’ensemble des combattants, avec, il est vrai, cette difficulté que les propos jugés défaitistes devaient passer au crible de la censure. 

    Par ailleurs, Paul Christophe s’en prend à la « presse nationaliste », opposée à l’action de Benoît XV. Malheureusement, le terme est équivoque. Et il n’est clairement défini par l’auteur. S’agit-il de la presse politiquement nationaliste, à l’instar de L’Action française, ou une fièvre nationaliste dans la presse en temps de guerre ? L’auteur ne cite qu’une fois L’Action française et, pour le reste, des titres et de noms de personnalités qui n’appartenaient pas politiquement au camp nationaliste. Par exemple, il évoque Fernand Laudet, le même Laudet qui avant guerre avait subi les foudres du nationaliste Péguy à propos de Jeanne d’Arc. 

    Une religion séculière

    Il est vrai pourtant qu’il y a eu chez les catholiques français – et ailleurs ! – une fièvre nationaliste pendant cette guerre, laquelle dépassait largement les mouvements et les partis nationalistes. Il y a eu, comme le montre Paul Christophe, une assimilation de la religion au patriotisme, laquelle a entraîné une confusion. Mais sur ce point, il est beaucoup moins clair que Jean de Viguerie dans son essai Les deux patries où l’historien n’oppose pas foi et patriotisme, mais la vertu de patriotisme, ordonnée elle-même à un ordre plus grand, au patriotisme révolutionnaire, idéologique et expansionniste par nature. 

    Au fond, la thèse de Paul Christophe, à travers cette étude intéressante sur Benoît XV, est que les réflexes nationalistes en temps de guerre ont sacralisé la patrie, en l’élevant au rang de religion de substitution, assimilant même la religion à son dessein. De ce point de vue, Les deux patries de Jean de Viguerie reste plus percutant. 

    De même, un certain nombre d’éléments de compréhension historique manquent ici, comme par exemple le fait que les catholiques ont répondu positivement à l’Union sacrée en espérant y retirer un bénéfice en faveur de leur retour dans la vie sociale (cf. à ce sujet 1914, l’Église face à la guerre, hors série n°16 de L’Homme Nouveau). À la place, il y eut certes le retour des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, mais dans le cadre d’une religion séculière qu’avait très bien vue l’abbé Mugnier, cité par Paul Christophe : 

    « 13 novembre 1923. On a allumé, dimanche, une flamme perpétuelle devant la tombe du soldat inconnu. Voilà un culte nouveau établi. On nous a pris la lampe du sanctuaire, la voilà laïcisée. »

     Il y eut également une autre conséquence, qu’avait parfaitement perçu dès 1914, Mgr Baudrillart, cité aussi par Paul Christophe : 

    « À force de ménager tout le monde, le Saint-Siège finira, par laisser, à la fin de la guerre, le rôle d’arbitre moral au président des États-Unis. » La raison n’est peut-être pas celle invoquée par le recteur de l’Institut catholique de Paris. Mais le résultat est bien là. 

    Nous y sommes encore !

    Paul Christophe, Benoît XV et la Grande Guerre, Cerf, 258 pages, 22 €

  • Le pape François et l'accueil des migrants

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    Du site du journal La Croix :

    Le pape François est-il pour un accueil inconditionnel des migrants  ?

    Samuel Lieven et Nicolas Senèze (à Rome) , le 10/01/2018 à 15h45

    EXPLICATION Dimanche 14 janvier, le pape François célébre la messe avec des réfugiés pour la Journée mondiale des migrants. Le pape a placé la question des migrants au cœur de son pontificat, au risque de ne pas toujours être compris des catholiques eux-mêmes.

    A l’instar de ses prédécesseurs, le pape François défend un accueil large, mais non inconditionnel, des migrants, reconnaissant qu’« un gouvernement doit gérer ce problème avec la vertu propre au gouvernant, c’est-à-dire la prudence ». Face à « la pire catastrophe humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale », il demande donc non seulement d’« accueillir » les réfugiés mais aussi de les « protéger », de les « intégrer » et de « promouvoir » le développement.

    Mais de quels migrants parle-t-il ? Dans la tradition de l’Église, François en a une acception plus large que la communauté internationale, définissant le réfugié comme « l’étranger en quête de sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine » (1).

    À lire aussi L’Église catholique et les migrants

    D’autre part, s’il parle beaucoup des droits des réfugiés, le pape n’oublie pas non plus leurs devoirs. Celui qui arrive est tenu de s’adapter au pays d’accueil « en respectant avant tout ses lois ». Il rappelle, dans la lignée de Jean-Paul II, ce que doit être une intégration : ni une assimilation qui conduirait à « supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle » ni « un isolement réciproque, avec le risque de “ghettoïsations” » que cela comporte. Pour François, l’intégration consiste avant tout en un enrichissement mutuel de deux cultures.

    Samuel Lieven et Nicolas Senèze (à Rome)

    L'homélie intégrale du Pape pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié