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Solidarité - Page 4

  • Le "secret" longtemps caché de l'Église catholique

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    D'Emmanuel Tourpe en contribution externe sur le site de La Libre :

    On a découvert le "secret" longtemps caché de l'Église catholique !

    Face à l'idolâtrie dont bénéficie le nouveau Pape, il est temps de laisser apparaître la vérité de l'Église : ce qu'elle accomplit dans la discrétion absolue.

    31 mai 2025

    Mon beau-père, avant sa conversion in articulo mortis, me faisait souvent sourire en chantant, en bon belge, des chants contre les "calotins". Il se serait sans doute déchaîné devant le débordement d'émotions qui a suivi l'élection de Léon XIV. Celui-ci n'a encore rien dit, ni rien fait, on l'adore déjà. Un média catholique loue son sens de l'humour, un autre se demande s'il va abandonner la papamobile blanche, un troisième fait la une de sa rencontre avec un joueur de tennis, ou s'ébaubit qu'il fasse du footing. On pousse des petits cris admiratifs devant sa montre à bas prix. On le trouve si beau, si intelligent. On lui invente des décisions qu'il n'a pas prises. L'élection d'un Pape, dans notre société de l'émotion reine et des ressentis souverains, est devenue la somme parfois risible de toutes les idéalisations et projections. Les progressistes le trouvent très à leur goût, les traditionalistes ont décidé qu'il était des leurs : chacun fantasme en l'adulant d'autant plus qu'il a moins parlé.

    J'ai autrefois traduit La mort du pape d'Antonio Mastino, et je dois bien dire qu'à la longue vue de l'histoire, les papes médiocres ont été plus nombreux que les saints. J'aurais même tendance à penser qu'il y aurait plus de foi à recevoir un successeur de Pierre pétri de défauts évidents, plus d'espérance à en attendre la réalisation de Dieu, que dans cette affectivité débordante qui va surtout dans le sens d'un culte de la personnalité tout à fait contraire au souhait de Léon XIV lui-même.

    Cette manière de se surconcentrer sur des personnes types est un problème chez les catholiques – mais aussi chez ceux qui ne le sont pas. À force de jouer à ce petit jeu de la personnalisation ou de la symbolisation à outrance, on en arrive à oblitérer, par quelques arbres majestueux, ou pourris, la vaste végétation de ceux qui sont l'Église au quotidien.

    Ainsi donc, l'œuvre incontestable de charité prodiguée par l'Église dans toute l'histoire et dans le monde entier serait à occulter à cause de figures sombres (l'abbé Pierre, le Père Maciel, Jean Vanier…) ou d'institutions perverses (Betharam, Magdalene Sisters) ? Ainsi donc le christianisme ce seraient ces mauvaises herbes au milieu des blés, et non la moisson elle-même ?

    Le risque papôlatre a effectivement son exact pendant dans la suspicion ordinaire, qui focalise systématiquement sur les failles de certaines figures minoritaires, et n'est plus capable de voir l'ensemble du catholicum.

    L'ensemble, c'est ce prêtre rencontré à Papeete, qui rassemble autour de la cathédrale une cour des miracles hallucinante : nue ou en haillons, transgenres et obèses, qu'il nourrit du matin au soir. L'ensemble, ce sont les milliers de sœurs de la Charité de toutes nations qui soignent, lavent, consolent, guérissent partout dans le monde. L'ensemble ce sont les jeunes chrétiens qui se battent contre la pauvreté dans les bidonvilles. C'est la communauté Sant'Egidio, les cafés Dorothy, la fondation Lazare. C'est Agnès, qui va humblement chaque jour fleurir l'autel et Gérard qui passe ses soirées à faire les comptes de la Fabrique. C'est Pierre qui est au service de sa communauté depuis dix ans et mange seul sa boîte de sardine le soir avant d'aller donner la communion aux malades.

    Ne pas oublier les magnifiques

    Tous ces gens admirables se taisent, n'osent pas clamer ce qu'ils font ; l'on finit alors par se focaliser sur quelques scandaleux et par oublier les magnifiques. Un secret toujours plus lourd voile l'intensité du bien qui est à l'œuvre partout, et devient imperceptible.

    Le voilà ce fameux "secret" de l'Église, tant recherché par des ésotéristes de tout poil. Il est bien dans l'action mutique et souterraine des baptisés innombrables qui, partout, se donnent sans réserve. C'est le service taiseux et obscur des pauvres, trésor des chrétiens. C'est l'amour discret, jour après jour, opérant dans l'ombre et ne cherchant pas la gloire. Cela suffit de ne voir dans l'Église que les pervers qui ont sali son image, ou d'assimiler les prêtres à des pédophiles en puissance. Cela suffit de personnaliser – que ce soit en adulant le Pape, ou en oubliant, volontairement sans doute, l'immense nappe de charité chrétienne dont on ne parle jamais.

    C'est l'heure de lever ce secret. À l'égout, les scandales ! Il est temps de faire voir le fleuve d'eau claire, immensément beau, de ce que l'Église accomplit dans la discrétion absolue.

    Toute personnalisation affective écartée – qu'elle vienne des catholiques ou des médias –, il est temps de laisser apparaître la vérité de cette Église. Et cette fois, en s'appuyant, sans tentation idéalisatrice, sur les mots forts du nouveau Pape, prononcés le 18 mai. Bien peu les ont reçus de plein fouet. Il en appelle "à une Église unie, signe d'unité et de communion, qui devienne ferment pour un monde réconcilié. Nous voulons être un petit levain d'unité, de communion, de fraternité". Un "petit levain" : voilà le secret de l'Église – caché derrière les frasques et les perversions qui ne sont pas sa réalité profonde.

  • Congo : quand l'islamisme se déchaîne et persécute les chrétiens dans l’est de la République

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    Du site de l'ECLJ :

    RDC: Chrétiens persécutés & ressources pillées
    Plus de 6 millions de morts et 7 millions de déplacés internes: c’est le terrible bilan de trente années de conflits au Congo, soit la guerre la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Aujourd’hui, parmi les dizaines de groupes terroristes et milices armées présents sur place, les Forces démocratiques alliées (ADF) ont rejoint l’État islamique et persécutent les chrétiens dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Face à ces massacres, l’ECLJ s’est associé à d’autres organisations chrétiennes pour alerter les institutions internationales sur cette persécution croissante. Il s’agit notamment de l’association Un Jour Nouveau, fondée par Camille et Esther Ntoto, qui œuvre pour le développement du Congo. La semaine dernière, nous les avons accompagnés à Bruxelles, au cœur des principales institutions européennes, afin qu’ils témoignent de la violence qui règne en RDC.

    Grâce à notre appui, ils ont pu rencontrer une quinzaine de députés influents du Parlement européen, ainsi que des représentants de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure (SEAE).

    Reunion Martin & Buxadé Reunion Lukas Mandl EU Commission EEAS

    Nous avons obtenu des photos et des vidéos d’associations congolaises sur place, montrant des exactions glaçantes. La vidéo que nous avions préparée pour les représentants de l’Union européenne a été, sans surprise mais à juste titre, censurée par YouTube, tant les assassinats et actes de torture sont cruels…

    Comme souvent dans ce type de conflit, les ressources naturelles sont au cœur des enjeux : les groupes armés cherchent à contrôler les richesses du pays. Les persécutions raciales et religieuses s’ajoutent facilement à ce terreau de convoitise. À cet égard, l’Union européenne a un rôle crucial à jouer: à qui achète-t-elle ses matières premières comme le lithium, le cobalt ou le coltan ? À des États souverains, capables de redistribuer à leur population les richesses qu’ils trouvent dans leur sol ? Ou à des groupes armés qui s’approprient par la violence les sites d’exploitation ?

    Camille et Esther Ntoto nous ont accordé un entretien dans lequel ils décrivent ce qui se passe au Congo, mettent en lumière ces enjeux géopolitiques du conflit et expliquent comment nous pouvons aider les chrétiens persécutés et œuvrer pour la paix:

    Notre action ne s’arrête pas à ces rencontres. Avec les informations que nous avons collectées, nous avons déjà déposé une contribution auprès de la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, en amont de sa visite en RDC du 19 au 30 mai 2025.

    Nous allons également soumettre une déclaration écrite au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, en amont de sa 59e session, pour l’alerter de la persécution ciblée des chrétiens en RDC. La situation des droits de l’homme en RDC fera prochainement l’objet d’une discussion officielle avec la mission d’enquête mandatée à cet effet, à laquelle l’ECLJ participera.

    Soutenez notre action en partageant cette vidéo et en signant notre pétition pour défendre les chrétiens persécutés, où qu’ils soient dans le monde:

    Pour la défense des Chrétiens persécutés
    Lire le texte complet de la pétition

    23,204

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  • Le martyre silencieux des chrétiens dans l’Est du Congo

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    Du site de l'ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) :

    Le martyre silencieux des chrétiens dans l’Est du Congo

    12 Mai 2025

    «Je fais partie d’un des pays les plus riches de la planète et pourtant le peuple de mon pays fait partie des plus pauvres du monde.»

    — Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018

    Cette phrase du docteur congolais Mukwege résume à elle seule la tragédie de la République Démocratique du Congo (RDC). Riche en ressources naturelles, ce vaste pays d’Afrique centrale est ravagé depuis des décennies par une violence endémique et une instabilité chronique, particulièrement dans sa région orientale.

    Une terre de richesses ensanglantée par les conflits

    La RDC, affaiblie et gangrenée par la corruption, se montre incapable de protéger sa population. Plus de 200 groupes armés opèrent aujourd’hui sur le territoire. Parmi eux, deux factions se démarquent par leur violence et leur influence : les ADF (Allied Democratic Forces), affiliés à l’État islamique, et le M23 (Mouvement du 23 mars), soutenu par le Rwanda.

    Les origines du conflit sont complexes et profondément enracinées. Héritées des guerres régionales des années 1990, elles mêlent luttes pour le contrôle des ressources, rivalités ethniques et tensions géopolitiques avec les pays voisins. Les conséquences du génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994 se ressentent encore aujourd’hui.

    Une crise humanitaire et religieuse majeure

    Les exactions commises par ces groupes armés ont causé depuis janvier 2025, la mort d’au moins 7.000 personnes, le déplacement de 700.000 personnes, et des violences sexuelles d’une ampleur dramatique (un enfant en est victime toutes les 30 minutes).

    Loin d’être uniquement politique ou ethnique, cette violence revêt aussi une dimension religieuse. Les chrétiens sont spécifiquement ciblés. En février 2025, les ADF ont décapité 70 chrétiens dans une église protestante de Kasenga (Nord-Kivu). Un massacre atroce dont l’ECLJ s’est saisi pour alerter les institutions internationales.

    Cette réalité a été reconnue officiellement par le Parlement européen dans une résolution adoptée le 3 avril 2025 (2025/2612(RSP)), qui demande la mise en place de sanctions ciblées pour défendre la liberté de religion et la sécurité. Comme le rappelle à juste titre le docteur Mukwege : « Le silence est l’arme des bourreaux. » L’Union européenne ne peut plus se contenter d’observer. L’heure est à l’action.

    L’action de l’ECLJ sur le terrain et dans les institutions internationales

    Face à cette urgence, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a pris des mesures concrètes. Nous avons invité Camille et Esther Ntoto, fondateurs de l’ONG congolaise Un Jour Nouveau, à venir témoigner en Europe. Basés à Goma, en plein cœur de la zone de conflit, ils œuvrent à briser le cycle de la violence, de la pauvreté et des inégalités par l’éducation, le développement économique et l’émancipation des femmes.

    Leur témoignage et les données collectées sur le terrain ont permis à l’ECLJ de rédiger une contribution officielle à destination de la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les personnes déplacées internes, en amont de sa mission en RDC prévue du 19 au 30 mai 2025.

    Notre rapport dresse un constat alarmant : près de 7,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la RDC, des persécutions religieuses documentées, dont des massacres de chrétiens par les ADF, et une explosion des violences sexuelles (en janvier et en février 2025, l’Unicef dit en avoir enregistré plus de 10 000 cas). Une impunité généralisée règne dans le pays. L’ECLJ a également formulé des recommandations concrètes pour renforcer l’aide humanitaire locale et faciliter les enquêtes internationales sur le terrain.

    Poursuivre le plaidoyer en Europe pour les chrétiens congolais

    Après une première mission de sensibilisation aux États-Unis, les époux Ntoto poursuivent leur mobilisation sur le continent européen. Du 14 au 16 mai 2025, l’ECLJ sera à Bruxelles pour rencontrer des responsables politiques, notamment des eurodéputés membres de l’intergroupe « Liberté de religion », ainsi que des membres de la sous-commission des droits de l’homme, mais aussi des officiels du Service européen pour l'action extérieure (le service diplomatique de l'UE).

    L’objectif est clair : faire entendre la voix des victimes congolaises et transformer la récente résolution du Parlement européen en actions concrètes et durables.

    Seigneur, prions pour le peuple congolais. Tu vois les larmes des mères, les cris des enfants, la détresse des familles déplacées. Viens consoler ceux qui pleurent, protéger ceux qui fuient, relever ceux qui tombent. Mets fin à la violence, aux massacres et aux viols. Désarme les bourreaux, fortifie les artisans de paix. Ouvre le cœur des dirigeants politiques. Et que ton Église se lève, ferme et douce, pour être signe d’espérance au cœur du chaos.

    Huet Manaëm

    Pour la défense des Chrétiens persécutés
    Lire le texte complet de la pétition

    22,765 SIGNATURES

  • La victoire de l'Azerbaïdjan sur l'Arménie n'émeut guère l'Occident

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    De Philippe Oswald sur La Sélection du Jour :

    La victoire de l'Azerbaïdjan sur l'Arménie n'émeut guère l'Occident

    Le 13 mars, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont annoncé un accord de paix après 40 ans de conflit. Il consacre la défaite de l'Arménie après les offensives azéries de 2020 et 2023 et le « nettoyage ethnique » qui a chassé 110 000 Arméniens du Haut-Karabakh. Le berceau de la plus ancienne nation chrétienne a été envahi par son voisin musulman tandis que les Occidentaux regardaient ailleurs.

    L'annonce d'un accord pour un traité de paix a été faite séparément, le 13 mars, par l'Azerbaïdjan d'abord, puis par l'Arménie. « Signe de tensions néanmoins, l'Arménie a reproché dans son communiqué à l'Azerbaïdjan d'avoir fait une annonce "unilatérale", alors qu'elle souhaitait qu'elle soit "commune" » relève France 24 (14/03/2025). On ne sait pas encore quand et où ce traité sera signé. Néanmoins, la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, l'estonienne Kaja Kallas, a salué « un pas décisif vers une paix et une sécurité durables dans la région ». Chose rare, une même satisfaction s'est exprimée à l'ONU, Washington et Moscou, sans oublier Paris où Emmanuel Macron a déclaré dans un message sur X : « Plus rien ne s'oppose désormais à la signature d'un traité de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, qui doit ouvrir la voie à une paix durable dans le Sud-Caucase. » (Le Monde, 14 mars).

    Ce soulagement et cet optimisme ne sont pas partagés par des amis et défenseurs de l'Arménie, tel le député européen François-Xavier Bellamy (voir son discours au Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, du 11/03/2025) ou l'éditorialiste d'Europe 1 (17/03/2025), Vincent Hervouët : « La première nation chrétienne de l'histoire a été rayée de la carte, les églises sont fermées, les villages ont changé de nom, les chefs de la province ont été jetés aux oubliettes », rappelait-il. Mais cette épuration ethnique et religieuse (« en trois jours, 110 000 habitants du Karabakh ont fui la montagne à laquelle ils s'accrochaient depuis 2 000 ans ») n'a pas pesé lourd au regard des intérêts du moment : « Les Arméniens [ont été] abandonnés par les Russes qui ont besoin de l'Azerbaïdjan pour contourner les sanctions, l'Europe s'est couchée, elle a besoin de gaz. » De fait, « en juillet 2022, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'affichait à Bakou [la capitale de l'Azerbaïdjan], tout sourire, aux côtés du président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, pour entériner une hausse graduelle des volumes de livraisons de gaz en Europe, d'ici 2027 » rappelait Le Figaro (22/09/2023). Elle avait alors décrit l'Azerbaïdjan comme un « partenaire clé dans nos efforts pour nous éloigner des combustibles fossiles russes »... Deux ans plus tard, l'irréparable étant accompli, la Commission de l'UE affichait des pleurs hypocrites : « La commission européenne veut bien pleurer avec l'Arménie mais continue de commercer avec l'Azerbaïdjan » constatait l'écrivain Sylvain Tesson dans un reportage saisissant publié l'an dernier par Le Figaro Magazine (29/03/2024, notre sélection aujourd'hui, en lien également ci-dessous).

    Ce « diktat imposé à l'Arménie » est « une honte pour l'Europe » dénonce, dans le JDD (19/03/2025), Thibault van den Bossche, chargé de plaidoyer au Centre européen pour le droit et la justice. « Le texte [du traité de paix], encore confidentiel, prévoit l'ouverture des frontières, la fin des revendications territoriales, notamment celles de l'Arménie sur le Haut-Karabakh, et la dissolution du Groupe de Minsk [assemblée composée de nations européennes et des États-Unis pour encourager la recherche d'une négociation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan]. Il impose aussi à Erevan [la capitale de l'Arménie, et donc, son gouvernement], de renoncer à toute présence militaire étrangère sur son sol. »

    Jusqu'où l'UE ira-t-elle dans les concessions à l'Azerbaïdjan ? Certes, le Parlement européen a voté le 13 mars 2025 une résolution condamnant « la détention illicite et le simulacre de procès d'otages arméniens, dont des représentants politiques de premier plan du Haut-Karabagh, par l'Azerbaïdjan » et demandant la suspension du partenariat stratégique dans le domaine de l'énergie, passé avec Bakou en juillet 2022. Mais l'épuration ethnique du Haut-Karabakh est achevée. Cette terre chrétienne a été vidée de ses habitants et les Azéris y multiplient les destructions d'églises et de monuments chrétiens. Quant au droit au retour des réfugiés — mais combien auraient la témérité de se jeter dans la gueule du loup ? — personne ne semble se soucier du fait qu'il avait été exigé par la Cour internationale de justice, le 17 novembre 2023.

    Les dirigeants arméniens ne sont pas, eux non plus, exempts de reproches. Nikol Pachinian, le Premier ministre arménien, est critiqué par une bonne partie de ses concitoyens et de la diaspora arménienne (trois fois plus nombreuse que les Arméniens restés au pays) pour avoir lâché trop de lest face aux exigences d'Aliev. Au nom du réalisme, il avait déclaré l'an dernier, sept mois après la perte du Haut-Karabakh, « que le pays devait cesser de croire aux illusions d'une “Arménie historique” et se concentrer sur l' “Arménie réelle”, dont le territoire serait amputé officiellement. Discours inaudible pour la presse en Arménie, qui accuse le chef de l'État d'agir dans les intérêts de l'Azerbaïdjan » rapportait alors Courrier International (12/04/2024). Le Premier ministre arménien a même fait du zèle, en acceptant d'abandonner la référence au génocide arménien dans l'espoir de débloquer les relations avec la Turquie d'Erdogan, puissant allié et fournisseur d'armes de l'Azerbaïdjan.

    Sylvain Tesson: «La commission européenne veut bien pleurer avec l'Arménie mais continue de commercer avec l'Azerbaïdjan»

    >>> Lire le reportage du Figaro Magazine

  • Journée mondiale de la trisomie 21 / 21 mars 2025 : campagne de sensibilisation pour “une trisomie bien soignée”

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    Du site de la Fondation Jérôme Lejeune :

    Journée mondiale de la trisomie 21

    21 mars 2025 : campagne de sensibilisation pour “une trisomie bien soignée”

    Là où le soin et la recherche progressent, le handicap recule ! C’est le message porté cette année par la Fondation Jérôme Lejeune dans le métro parisien : du 19 au 21 mars, des centaines d’affiches mettront en lumière l’impact positif d’une “trisomie bien soignée” sur le quotidien des personnes porteuses de trisomie 21. Une campagne d’affichage visuellement forte pour sensibiliser le grand public à cet enjeu. 

    Vingt ans après la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, de vrais progrès ont été réalisés en matière d’accessibilité et de compensation du handicap. Cependant, accéder aux soins primaires et spécialisés reste encore un combat en 2025 pour les personnes porteuses de trisomie 21, alors qu’être bien soigné est indispensable pour leur permettre de développer une plus grande autonomie. La Fondation Jérôme Lejeune appelle donc à accentuer les efforts pour soutenir le soin et la recherche sur la trisomie 21.

    À Paris, Genève et Bruxelles, la Fondation  défendra les droits des personnes porteuses de trisomie 21, particulièrement le droit à la santé.

    Grande campagne d'affichage dans le métro parisien

    L’objectif de la campagne est de sensibiliser à la trisomie 21 et aux différents impacts positifs pour un accès aux soins pour la personne porteuse de trisomie 21. Elle l’illustre par des exemples très concrets, pour montrer ce dont les personnes porteuses de trisomie 21 sont capables et pour mettre en évidence que de bons soins favorisent leur bonne intégration dans la société.

    La campagne est incarnée par Arnaud, porteur de trisomie 21 et célèbre acteur du film Un p’tit truc en plus. Il est accompagné d’Alice, Nathan, Gabriel, Léo et Louise* qui se sont prêtés au jeu d’un shooting photo.

    Elle est complétée par des témoignages très personnels de leurs parents sur l’importance des soins nécessaires pour leur bonne intégration dans la société.

    ************

    Nous remercions vivement les photographes Bulles d’éternité, Ange Provost et Maëlenn Evain de Coatpont qui ont si bien su mettre en lumière la joie de ces jeunes porteur de trisomie 21.

    *Pour préserver leur identité, les prénoms des participants de cette campagne ont été changé

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  • Les coupes budgétaires dans l’USAID pourraient-elles constituer une opportunité de contrer la colonisation idéologique liée à l’aide étrangère ?

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    Les coupes budgétaires dans l’USAID pourraient-elles constituer une opportunité de contrer la colonisation idéologique liée à l’aide étrangère ?

    Obianuju Ekeocha, fondateur et président de Culture of Life Africa, affirme que le modèle d'aide doit être révisé de toute urgence, sur la base des principes de la foi et de la famille.

    Obianuju Ekeocha, fondateur et président de Culture of Life Africa
    Obianuju Ekeocha, fondateur et président de Culture of Life Africa (photo : avec l'aimable autorisation d'Obianuju Ekeocha)

    LONDRES — La suppression par l'administration Trump du financement de l'USAID, une agence gouvernementale américaine créée dans les années 1960 pour administrer les programmes d'aide humanitaire, a provoqué une forte réaction de certaines institutions catholiques, en particulier celles qui dépendent fortement de son aide. 

    Le secrétaire d'État Marco Rubio a révélé plus tôt ce mois-ci que 83 % des programmes de l'USAID avaient été interrompus après un examen de six semaines. Les raisons invoquées comprenaient un décalage avec les intérêts américains, la nécessité de réduire les dépenses publiques , des preuves de gaspillage et de fraude , et la promotion par l'USAID d'un programme « woke » . 

    Les organisations caritatives catholiques dépendantes du financement fédéral se sont farouchement opposées à cette politique et devront en conséquence procéder à d'importantes réductions de dépenses et d'emplois (dans le cas de Catholic Relief Services, une réduction de 50 % de son budget ). La Conférence des évêques catholiques des États-Unis poursuit l'administration en justice pour avoir mis fin brutalement à un programme d'accueil de réfugiés financé par l'USAID, tandis que le Vatican a qualifié cette mesure d'« imprudente » et a déclaré qu'elle pourrait mettre en danger la vie de millions de personnes.

    Mais cette politique pourrait-elle offrir l’occasion d’examiner attentivement les problèmes liés à l’aide publique étrangère et aux pays en développement de se libérer d’une telle dépendance, souvent liée à des valeurs laïques qui ont conduit à une colonisation idéologique ? 

    C’est la possibilité évoquée par Obianuju Ekeocha , fondateur et président de Culture of Life Africa , une organisation qui défend la dignité et le caractère sacré de la vie en Afrique. 

    Dans cette interview du 19 mars accordée au Register, Ekeocha, originaire du Nigéria, explique comment l’aide étrangère occidentale a longtemps été conditionnée à l’acceptation de valeurs qui vont directement à l’encontre de l’enseignement et de la tradition de l’Église, affirmant que ce modèle doit être révisé de toute urgence. 

    Elle note que les coupes budgétaires dans l'USAID ont été « brutales et sans avertissement », mais souligne que l'agence promeut depuis longtemps des valeurs anticatholiques, ce qui impacte naturellement l'éthique des organisations caritatives catholiques qui reçoivent son financement. Selon elle, la racine du problème de la colonisation idéologique réside dans le rejet de l'Église et de l'Évangile, tandis que la solution réside dans un retour à la foi et la défense de la vérité objective « à chaque occasion ». 

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  • Les chrétiens d'Arménie et la conscience catholique

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    De Paul Polman sur The Catholic Herald :

    Le coût moral de notre énergie : les chrétiens d'Arménie et la conscience catholique

    17 mars 2025

    Lorsque Mère Teresa parlait de « la soif d'amour », elle nous rappelait que notre foi exige que nous reconnaissions le Christ dans la souffrance d'autrui. Aujourd'hui, ses paroles résonnent avec une douloureuse actualité alors que je songe au sort de Ruben Vardanyan, qui en est à son 23e jour de grève de la faim dans une cellule de prison azerbaïdjanaise. Après avoir enduré 550 jours de détention et de torture, cet homme de foi est confronté à un procès militaire secret pour avoir aidé les chrétiens arméniens du Haut-Karabakh.

    L'Église catholique enseigne depuis longtemps que la solidarité avec les opprimés n'est pas facultative, mais essentielle à notre foi. Cet enseignement prend une importance cruciale alors que la plus ancienne nation chrétienne du monde est confrontée à un effacement systématique, tandis que les puissances occidentales cherchent à conclure des accords énergétiques avec leurs persécuteurs.

    L'enseignement social catholique met l'accent sur l'option préférentielle pour les pauvres et les vulnérables. Pourtant, où cette préférence se manifeste-t-elle dans notre réponse au nettoyage ethnique de 120 000 chrétiens arméniens en Azerbaïdjan ? Leurs églises, dont certaines datent du IVe siècle, sont détruites, leurs communautés dispersées et leurs dirigeants emprisonnés.

    La semaine dernière, l'Azerbaïdjan a expulsé le Comité international de la Croix-Rouge, privant ainsi de leur présence les derniers témoins internationaux du traitement réservé aux prisonniers comme Ruben. Par notre silence, nous devenons complices de la violation des droits humains fondamentaux que notre foi nous appelle à défendre.

    Le principe de subsidiarité nous appelle à soutenir les communautés vulnérables dans leur lutte pour l'autodétermination. Les chrétiens arméniens, sur leur terre ancestrale, cherchaient simplement à préserver leur foi et leur culture, des droits consacrés par l'enseignement catholique sur la dignité humaine. Au lieu de cela, ils ont été abandonnés par les puissances occidentales en quête de sources d'énergie alternatives après le conflit ukrainien.

    Durant mes années à la tête d'Unilever, j'ai été guidé par le principe catholique selon lequel l'activité économique doit servir le bien commun plutôt que des intérêts particuliers. Dans l'Évangile selon Matthieu, Jésus nous enseigne : « Toutes les fois que vous les avez faites à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites » (Matthieu 25, 40). Nos partenariats énergétiques actuels avec des régimes autoritaires échouent lamentablement à ce test moral.

    Les chrétiens arméniens appartiennent à notre famille universelle de foi. Leurs Églises sont nos Églises ; leurs souffrances sont nos souffrances. En gardant le silence sur leur persécution tout en tirant profit du commerce avec leurs oppresseurs, nous trahissons cette vérité catholique fondamentale.

    L'indifférence envers les chrétiens persécutés est désormais institutionnalisée dans notre politique étrangère, où les préoccupations relatives aux droits de l'homme sont subordonnées à la sécurité énergétique. Le président azerbaïdjanais se moque ouvertement des valeurs occidentales, tout en recevant un accueil chaleureux à Bruxelles et à Londres.

    La conception catholique de la complicité morale enseigne que nous pouvons pécher par notre inaction. Par nos achats d'énergie et notre silence diplomatique, nous coopérons à la persécution des chrétiens arméniens par l'Azerbaïdjan.

    J'appelle mes frères catholiques à adopter trois actions ancrées dans notre foi : premièrement, pratiquer la solidarité par la prière et le jeûne pour les chrétiens arméniens et pour la libération de Ruben Vardanyan ; deuxièmement, contacter votre évêque et votre député afin de plaider en faveur de conséquences diplomatiques concrètes pour l'Azerbaïdjan ; troisièmement, soutenir les organisations catholiques d'aide humanitaire au service des familles arméniennes déplacées.

    La crise actuelle met à l'épreuve notre profession de foi, allant au-delà d'une rhétorique confortable, pour aller jusqu'au sacrifice significatif. Pour les chrétiens arméniens menacés d'extinction culturelle, notre réponse démontrera si notre foi apporte une lumière dans les ténèbres ou se contente de compenser l'injustice.

    La conversion de l'Arménie au christianisme, au IVe siècle, est antérieure à l'adhésion de nombreuses nations européennes à notre foi. Si nous laissons la plus ancienne nation chrétienne du monde se démembrer tout en poursuivant nos activités comme si de rien n'était, qu'est-ce que cela révèle de la profondeur de notre engagement catholique en faveur de la dignité humaine et de la liberté religieuse ?

    Allons-nous répondre à l’appel de nous tenir aux côtés de nos frères et sœurs arméniens en Christ, ou l’histoire retiendra-t-elle que nous avons choisi l’énergie bon marché plutôt qu’un discipulat coûteux ?

    Paul Polman est l'ancien directeur général d'Unilever (2009-2019) et l'un des principaux défenseurs des droits de l'homme qui a contribué à l'élaboration des Objectifs de développement durable des Nations Unies.

    (Photographie de Ruben Vardanyan avec l'aimable autorisation de sa famille)

  • Le pape François aux prises avec un système en voie d'effondrement

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    D'Andrea Gaggliarducci sur Monday Vatican :

    Le pape François aux prises avec un système en voie d'effondrement

    Selon une logique amorcée après la Seconde Guerre mondiale – vous vous souvenez du Plan Marshall ? – les États-Unis ont créé une agence qui pouvait distribuer l’aide au nom du peuple américain, ce qui était aussi une expression de soft power.

    Au fil du temps, comme c’est souvent le cas, le système est aussi devenu un moyen d’expression politique. Selon l’administration, l’USAID a soutenu des projets qui, à d’autres moments, n’auraient pas bénéficié de son soutien. Mais ce qui inquiète le plus Trump et sa bande de réformateurs, ce sont les dépenses que l’USAID a effectuées de son propre chef, sans beaucoup de discipline ni de contrôle.

    Une bonne partie de l’argent de l’USAID a été consacrée à des projets qui n’étaient peut-être pas réellement vitaux et à des activités qui avaient un but principalement – ​​voire uniquement – ​​sociopolitique .

    Il faut reconnaître que ce n’est pas toujours le cas. En fait, c’est rarement le cas. Parmi les bénéficiaires de l’aide américaine figurent de nombreuses ONG catholiques, dont le travail sur le terrain est incontestable , et parmi elles Caritas Internationalis, la Confédération de toutes les Caritas catholiques du monde, qui – ce n’est pas un hasard – a publié la semaine dernière une déclaration sévère, soulignant à quel point la décision de l’administration Trump met en danger la vie de millions de personnes .

    La déclaration de Caritas Internationalis est vraie dans les faits. Cependant, une réflexion plus large sur le pontificat du pape François s'impose.

    Au cours des siècles, l’Église catholique a toujours travaillé pour assurer son indépendance par rapport à toute aide de l’État . L’Église a créé sa souveraineté avec un État, un corps diplomatique et une organisation qui part des diaconies de la ville de Rome – aujourd’hui rappelées dans la structure des cardinaux diacres – et qui devient la Curie romaine, les fondations pontificales, l’autonomie financière de Propaganda Fide pour aider les missions de manière indépendante. Le Vatican a même un système économique autonome avec une quasi-banque (l’Institut pour les œuvres de religion) créée pour pouvoir transférer de l’argent en toute sécurité.

    Ce système a connu des hauts et des bas.

    Lorsque l'Italie envahit les États pontificaux, l'appareil d'État qui permettait une distribution équitable des richesses fut entièrement détruit. Le Denier de Saint-Pierre devint alors le moyen par lequel les catholiques du monde entier soutenaient l'Église , y compris dans sa structure organisationnelle, afin de ne pas mettre fin à l'œuvre de charité et d'unité qui l'avait toujours distinguée.

    Lorsque le Saint-Siège parvint à se réconcilier avec l'Italie en 1929 et récupéra son territoire, il utilisa l'argent de la compensation pour relancer le système économique. À cette époque, l'IOR fut créée, des fondations et des sociétés furent créées à l'étranger pour acheter et investir dans l'immobilier, et des actifs immobiliers furent réorganisés .

    Tout cela servait deux objectifs : permettre à ceux qui travaillaient au Vatican de vivre dignement, avec des loyers abordables et des supermarchés moins chers ; et permettre au Saint-Siège de faire des bénéfices , en soutenant la structure qui permettait tout cela et en distribuant une partie des bénéfices en aide aux pauvres.

    C'est dans ce sens qu'a été interprétée l'Internationalis in Caritas Internationalis, voulue par Benoît XVI. Face à une Caritas qui semblait de plus en plus se transformer en une organisation occidentale de collecte de fonds, au point de risquer d'accepter des organisations pro-avortement au sein de la Confédération, Benoît XVI a placé celle-ci sous la tutelle du Conseil pontifical  Cor Unum. Il a donné des directives précises sur la manière dont l'aide devait être gérée et a créé une nouvelle gouvernance, d'abord catholique, puis pratique.

    En bref, il y avait une nouvelle philosophie à suivre .

    Ceux qui étaient venus de l'ancienne direction et qui étaient restés à Caritas n'étaient pas d'accord et n'étaient pas contents. Le travail de transition fut long. Et puis, il arriva qu'au moment où les membres de la Confédération des pays du Tiers Monde résistèrent à la pression des membres du Premier Monde et désignèrent un secrétaire général, ce mécontentement explosa.

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  • Le pape dénonce l'indifférence à l'égard des souffrances des enfants et condamne fermement l'avortement

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    D'Elise Ann Allen sur le Catholic Herald :

    Le pape dénonce la « crise morale mondiale » provoquée par l'indifférence à l'égard des souffrances des enfants

    5 février 2025

    Le pape François a déploré que des millions d’enfants dans le monde subissent chaque jour la guerre, la pauvreté, les abus, l’exploitation, la dépression et le manque d’espoir pour l’avenir. Il a également critiqué ce qui apparaît trop souvent comme une indifférence mondiale face à une réalité aussi calamiteuse.

    Les commentaires du Saint-Père interviennent au début de la semaine du 3 février, alors que le Pape organisait un Sommet international sur les droits de l'enfant intitulé « Aimez-les et protégez-les ».

    Le pape a également annoncé son intention d’écrire un document, une lettre apostolique ou exhortation, consacré aux enfants. Avec ce document, a-t-il ajouté, il espère « donner une continuité à cet engagement [en faveur des enfants] et le promouvoir dans toute l’Église ».

    Tenu dans la salle Clémentine du Palais apostolique du Vatican, le sommet a été marqué par des discours liminaires du pape François et du secrétaire d'État du Vatican, le cardinal italien Pietro Parolin, ainsi que du secrétaire du Vatican pour les relations avec les États, l'archevêque britannique Paul Gallagher, entre autres.

    Elle a attiré des participants de haut niveau venus du monde entier, dont l'ancien vice-président américain et lauréat du prix Nobel de la paix Al Gore, la reine Rania Al Abdullah de Jordanie et de nombreux représentants des gouvernements d'Italie, de Gambie, d'Indonésie, d'Égypte et d'Afrique du Sud, ainsi que des représentants d'institutions telles que le Programme alimentaire mondial, la FIFA, Interpol et Mary's Meals.

    Le pape François s'adresse aux participants au Sommet international sur les droits de l'enfant dans la salle Clémentine du Palais apostolique du Vatican, État de la Cité du Vatican, le 3 février 2025. (Crédit : Vatican Media, via Crux.)

    Dans son discours d’ouverture, le pape a déploré que partout dans le monde, les droits des enfants « soient quotidiennement bafoués et ignorés ».

    Il a souligné que de nombreux enfants sont confrontés à la pauvreté, à la guerre, au manque d’accès aux soins de santé et à l’éducation, ainsi qu’à l’injustice et à l’exploitation, et que même dans les pays les plus riches, « les petits sont souvent vulnérables et souffrent de problèmes que nous ne pouvons pas sous-estimer ».

    Les enfants du monde entier doivent faire face à diverses difficultés, a déclaré le pape, et ceux des pays développés souffrent souvent d’anxiété et de dépression, et beaucoup sont « attirés par des formes d’agression ou d’automutilation ».

    « En outre, une culture de l’efficacité considère l’enfance elle-même, comme la vieillesse, comme une « périphérie » de l’existence », a déclaré le pape, notant que de nombreux jeunes ont du mal à trouver l’espoir en eux-mêmes et dans leur situation, qualifiant cela de « triste et troublant ».

    « Ce que nous voyons tragiquement presque tous les jours ces derniers temps, à savoir des enfants mourant sous les bombes, sacrifiés aux idoles du pouvoir, de l’idéologie et des intérêts nationalistes, est inacceptable », a-t-il déclaré, ajoutant que « rien ne vaut la vie d’un enfant ».

    Le pape François a souligné : « Tuer des enfants, c'est nier l'avenir », et a déploré que là où la guerre est absente, d'autres problèmes tels que la violence liée à la drogue et aux gangs sont répandus, ainsi qu'un « individualisme pathologique » destructeur.

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  • Comment les évêques américains réagissent aux décrets de Trump sur l'immigration

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    De Jonah McKeown sur CNA :

    Voici comment les évêques américains ont réagi aux décrets de Trump sur l'immigration

    30 janvier 2025

    Depuis la semaine dernière, les évêques catholiques de tout le pays ont répondu publiquement aux récents décrets du président Donald Trump sur l'immigration, nombre d'entre eux appelant à une approche plus globale et plus humaine de la politique d'immigration qui respecte la dignité des migrants et des réfugiés. 

    Les agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), nouvellement habilités à procéder à des arrestations dans des lieux tels que des églises et des écoles sans avoir besoin de demander l'approbation d'un supérieur, auraient déjà commencé à intensifier les arrestations dans certaines grandes villes après que Trump a promis « la plus grande opération d'expulsion de l'histoire américaine » se concentrant principalement sur « les criminels les plus dangereux ». 

    Les autres ordres du premier jour de Trump, faisant suite à de nombreuses promesses de campagne, comprenaient la déclaration d'un état d'urgence national à la frontière sud des États-Unis avec le Mexique, le rétablissement de la politique controversée de « rester au Mexique » à la frontière de son mandat précédent, et la désignation des cartels de la drogue comme « organisations terroristes étrangères ».

    Un autre décret signé par Trump a lancé un processus visant à mettre fin au droit de naissance pour les personnes nées sur le territoire américain, quel que soit le statut juridique de leurs parents, bien qu'un juge ait déjà bloqué ce décret dans le cadre d'un important défi juridique mené par une coalition d'États. 

    L’Église catholique enseigne que les pays, en particulier les plus riches, doivent essayer d’accueillir les migrants « dans la mesure où ils le peuvent », mais que les nations ont également le droit de réglementer la migration.

    Les plans d'immigration de Trump, dont beaucoup sont en voie de concrétiser, ont attiré les critiques des dirigeants catholiques au niveau national. Le président de la conférence des évêques américains, l'archevêque Timothy Broglio, a déclaré le 22 janvier que « certaines dispositions » des décrets d'immigration sont « profondément troublantes et auront des conséquences négatives, dont beaucoup porteront préjudice aux plus vulnérables d'entre nous ». 

    Le 23 janvier, l'évêque Mark Seitz d'El Paso, au Texas, président du comité épiscopal américain sur les migrations, a dénoncé « les généralisations hâtives visant à dénigrer un groupe, comme celle consistant à décrire tous les immigrants sans papiers comme des « criminels » ou des « envahisseurs » pour les priver de la protection de la loi ». Ce faisant, a-t-il écrit, « c'est un affront à Dieu, qui a créé chacun de nous à son image ».

    De nombreuses déclarations d’évêques ont été adressées directement aux immigrants, cherchant à leur offrir des mots d’encouragement et de soutien et à les assurer que l’Église les accueille avec plaisir.

    Les évêques catholiques du Michigan ont exprimé dans une récente déclaration leur inquiétude face aux « déportations massives et à la rhétorique néfaste qui rabaisse de manière générale nos frères et sœurs immigrés ». Ils ont promis « un soutien et un respect indéfectibles pour la dignité humaine de tous les migrants » et ont exhorté les élus à soutenir les politiques qui assurent la sécurité et l’unité des familles immigrées. 

    Les évêques du Michigan ont toutefois précisé que l’enseignement catholique sur l’immigration rejette l’idée de « frontières complètement ouvertes » en faveur d’une approche équilibrée qui donne la priorité à la sécurité des frontières et à un accueil empreint de compassion. Ils ont appelé à un « système d’immigration humain qui accueille les réfugiés et les immigrants en leur offrant un chemin équitable vers la citoyenneté ».

    Les évêques du Maryland ont publié une déclaration commune le 27 janvier pour exprimer leur solidarité avec les immigrants et renouveler leur engagement à défendre des politiques qui protègent les droits et défendent leur dignité. Citant le pape François, ils ont appelé à voir dans chaque migrant « non pas un problème à résoudre mais des frères et sœurs à accueillir, à respecter et à aimer ».

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  • Face à la Shoah : l’Église de France fut au rendez-vous

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    De France Catholique :

    Face à la Shoah : l’Église fut au rendez-vous

    Régulièrement accusés d’avoir entretenu un silence coupable à l’égard de la persécution des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, les catholiques de France ont souvent rasé les murs à l’évocation de ce sujet. Une vision qui évolue à la faveur de travaux historiques toujours plus précis.
    Plusieurs signaux récents en témoignent : le regard porté sur l’action de l’Église durant la Seconde Guerre mondiale est en train de changer. Il était temps. En particulier sur le comportement du clergé français face aux persécutions antijuives menées par les Allemands, avec le soutien objectif des autorités de Vichy dans de nombreux cas.

    Entre le récit d’une France unanimement résistante et celui d’une France bovinement « collabo », se cache l’histoire d’une Église en France, partagée entre le souci de préserver ses brebis en priorité et celui de venir en aide, à la manière du Bon Samaritain, à celles d’entre elles qui n’appartiennent pas au troupeau. En la matière, les priorités des pasteurs furent divergentes. Mais beaucoup d’entre elles révèlent que l’impératif de charité ne fut pas délaissé, comme en témoignent les paroles d’éminentes figures de la communauté juive.

    Le geste le plus significatif fut, à n’en pas douter, celui du Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, qui, le 16 juillet dernier, à l’occasion du 80e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv, a demandé que soit lue dans toutes les synagogues du pays la lettre de protestation rédigée en août 1942 par Mgr Jules Saliège. « Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier », écrivait l’archevêque de Toulouse dans ce courrier, qui fut alors lu dans toutes les paroisses de son diocèse, trois mois avant l’invasion de la zone sud par les Allemands. Quel symbole !

    « 18 juin spirituel »

    Emboîtant le pas du Grand Rabbin, les évêques ont préconisé à leur tour la lecture de ce texte – qualifié naguère de « 18 juin spirituel » par Maurice Schumann – à l’occasion de la messe de l’Assomption, pour commémorer le 80e anniversaire de sa rédaction. En ce jubilé symbolique – restera-t-il encore des survivants de la rafle lors de son 90e anniversaire ? – on soulignera aussi l’exposition du Mémorial de la Shoah, intitulée « À la grâce de Dieu – Les Églises et la Shoah » (cf. p. 13), l’exposition itinérante consacrée aux Justes organisée conjointement par la conférence des évêques de France et le comité Yad Vashem, ou encore le colloque sur la question qui s’est tenu au Collège des Bernardins, en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de la Shoah, le 7 septembre dernier.

    Un esprit sceptique pourrait craindre que ces initiatives n’aboutissent qu’à mettre en valeur quelques comportements exemplaires, dont le caractère lumineux ferait ressortir par contraste la passivité, sinon la complicité, de l’institution considérée dans son ensemble. Cette vision des choses, il faut le craindre, imprègne en partie le clergé français depuis la cérémonie de repentance organisée au Mémorial de Drancy en 1997. « Nous devons reconnaître que l’indifférence l’a largement emporté sur l’indignation et que devant la persécution des Juifs, en particulier devant les mesures antisémites multiformes édictées par les autorités de Vichy, le silence a été la règle et les paroles en faveur des victimes, l’exception », avait alors déclaré Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis, en présence de quinze de ses homologues. Cette vision, celle de quelques chrétiens courageux et intrépides extraits d’une masse indifférente, filtre encore à Rome quelques mois après la déclaration de Drancy, en mars 1998, dans un texte intitulé « Nous nous souvenons. Une réflexion sur la Shoah », rédigé par la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, signé par le cardinal Cassidy, et explicitement approuvé par Jean-Paul II. « Quoi qu’il en soit, […] à côté de ces hommes et femmes si courageux, la résistance spirituelle et l’action concrète d’autres chrétiens n’ont pas été celles auxquelles on aurait pu s’attendre de la part de disciples du Christ », y lisait-on, au cœur d’un texte fouillé et nuancé. « Nous regrettons profondément les erreurs et les fautes de ces fils et filles de l’Église », précisait encore le document. Que des chrétiens, clercs ou laïcs, n’aient pas toujours été à la hauteur, que certains se soient tenus au silence, que d’autres se soient désintéressés du sort des Juifs, que quelques-uns se soient même compromis avec les persécuteurs, nul n’en disconvient. Rien de surprenant à ce constat. Il faudrait néanmoins chiffrer un jour l’effectif de ceux dont on parle réellement… Mais, faire de ceux qui se sont élevés les exceptions confirmant une règle de lâcheté généralisée, est une tentation, souvent non dénuée d’arrière-pensées idéologiques, qui ne tient pas face au travail historique. Et les premiers à l’affirmer sont parfois ceux que l’holocauste a le plus cruellement meurtris.

    « L’enjuivement des curés »

    Le plus emblématique d’entre eux est Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles de déportés de France, dont le père, Arno, raflé par la Gestapo à Nice en 1943, fut assassiné à Auschwitz. Déjà, en 2001, il avait donné au sixième chapitre de son livre Vichy-Auschwitz un titre sans ambiguïté : « Le haut clergé français et l’opinion publique contraignent Vichy en septembre 1942 à mettre fin à son concours massif dans la chasse aux Juifs. »

    De même, lors du colloque des Bernardins du 7 septembre, il a rappelé, documents irréfutables à l’appui, combien l’intervention du cardinal Gerlier, archevêque de Lyon – celui-là même qui avait dit que « Pétain c’est la France et la France aujourd’hui, c’est Pétain » – avait contribué à ralentir la traque à laquelle collaboraient les autorités d’alors.

    Et de citer aussi cette phrase stupéfiante de l’époque, extraite du Journal de Paul Morand, alors membre du cabinet civil de Pierre Laval : « Les évêques font une démarche collective des plus énergiques en faveur des Juifs en zone libre. C’est inouï l’enjuivement des curés ! C’est à vous rendre anticlérical ! » La conclusion de l’intervention de Serge Klarsfeld, dépourvue de la moindre ambiguïté, évoque une « dette immense à l’égard de l’Église », dette qu’il aimerait que « notre pays reconnaisse, partage et mette en lumière, plutôt que de la laisser dans l’ombre par préjugé anticlérical ».

    Fierté chrétienne

    Que notre pays la reconnaisse serait à n’en pas douter plus que fondé. Mais il serait logique que les chrétiens eux-mêmes commencent à en tirer fierté. Fierté de ces évêques qui ont pris la parole, fierté de ces religieuses qui ont caché des familles juives, fierté de ces curés anonymes qui ont signé de faux certificats de baptême pour des enfants réfugiés, fierté de ces plumes clandestines qui, dans Les cahiers du Témoignage Chrétien, ont dénoncé très tôt l’antisémitisme hitlérien. Beaucoup d’entre eux sont honorés depuis longtemps comme « Justes parmi les nations » au Mémorial de Yad Vashem, à commencer par l’abbé Jean Fleury (1905-1982) qui fut le premier Français à être reconnu comme tel dès 1964, au regard de son action en faveur des Juifs internés au camp de la route de Limoges.

    Attention néanmoins à ne pas considérer l’inscription au Mémorial de Yad Vashem – aussi probante soit-elle – comme le tampon indispensable pour valider l’action des chrétiens durant la guerre. Nombreux furent ceux d’entre eux qui menèrent d’autres combats, plus que légitimes. Ou qui œuvrèrent en faveur du sauvetage des Juifs sans être encore reconnus : et l’on songe notamment à Mgr Bruno de Solages (1895-1983), dont chacun reconnaît le rôle incontournable dans ce combat, et qui ne possède toujours pas son arbre dans le jardin du sanctuaire israélien.

  • L'incroyable courage et la foi du père Marie-Benoît, religieux français et sauveteur de l'Holocauste 

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    De Heather Tomlinson sur le Catholic Herald :

    L'incroyable courage et la foi du père Marie-Benoît, frère français et sauveteur de l'Holocauste 

    27 janvier 2025

    De nombreux prêtres et religieux ordinaires et humbles ont travaillé dur pour sauver la vie de juifs en danger dans l'Europe occupée par les nazis, mais le courage, la compassion et l'audace de ce frère capucin brillent particulièrement au milieu de la terrible obscurité de l'Holocauste.

    Malgré les allégations ultérieures selon lesquelles l'Église catholique n'aurait pas fait assez contre le régime nazi, de nombreux fidèles catholiques ont risqué la torture et ont même donné leur vie pour sauver des vies dans les zones contrôlées par les nazis. Certains sont devenus célèbres, comme le « mouflon du Vatican » Monseigneur Hugh O'Flaherty, sujet d'un film réalisé sur ses exploits audacieux à Rome, et le champion cycliste Gino Bartali, qui a parcouru la campagne italienne à vélo en travaillant secrètement pour la résistance. 

    De nombreux hauts dignitaires religieux ont eux aussi pris des mesures. Ainsi, Mgr Jules-Géraud  Saliège , archevêque de Toulouse de 1928 à 1956, a  dénoncé les horreurs dont il a été témoin dans une lettre pastorale  publiée en 1942. (On pourrait citer aussi l'évêque de Liège, Mgr Kerkhofs, qui a sauvé de nombreux juifs pendant l'occupation nazie, reconnu "Righteous Among the Nations" le 6 juillet 1981. ndB)

    Cette lettre inspirera bien d’autres, dont le modeste moine capucin Pierre-Marie Benoît, dont l’histoire sera racontée par sa collaboratrice Fernande Leboucher dans ses mémoires de 1969 (L’incroyable mission du père Benoît, Fernande Leboucher, trad. JF Bernard, 1970, William Kimber & Co). Mme Leboucher dirigeait une entreprise de couture à la mode, mais la brutalité nazie s’est immiscée dans sa vie lorsque son mari juif, Ludvik, a été détenu dans un camp local. 

    On ne sait pas encore quel sera le sort des détenus, mais de terribles rumeurs courent sur des déportations dans des camps allemands infernaux. Désemparée, Mme Leboucher a entendu dire que le Père Benoît vient en aide aux juifs en danger et elle va le chercher dans son couvent de capucins à Marseille. Ensemble, ils réfléchissent aux mesures pratiques à prendre, mais il l’encourage surtout à prier. « Vous pouvez être sûre que, d’une manière ou d’une autre, Dieu répondra à vos prières, dit le moine à Mme Leboucher. Après tout, son fils était juif lui aussi, et lui aussi a été persécuté de son vivant. Il n’est pas difficile de croire que Dieu a un sentiment particulier pour la race juive. »

    Mme Leboucher était novice en matière de prière, « peut-être n’avais-je jamais vraiment eu besoin de Dieu auparavant », écrit-elle. Après avoir commencé à prier, elle a découvert en quelques jours où son mari était détenu et lui a rendu visite peu de temps après. 

    Il peut sembler que ses demandes n'aient pas été entendues, car le sort de son mari a fini par être celui des six millions d'autres. Pourtant, depuis son arrestation jusqu'à sa déportation à Auschwitz, ils ont travaillé ensemble pour sauver d'autres personnes du camp, avec l'aide du Père Marie-Benoît. 

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