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Actualité - Page 914

  • Rome : quand les restaurateurs mettent en évidence la beauté originelle de la Scala Santa

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    De Carol Glatz sur présence-info.ca :

    1700 mètres carrés de fresques

    À Rome, les restaurateurs révèlent la beauté d'origine de la Scala Santa

    Francesca Cencia note les détails de la restauration d'une fresque de Jésus crucifié le 10 juillet 2018 à la Scala Santa, à Rome.

    Francesca Cencia note les détails de la restauration d'une fresque de Jésus crucifié le 10 juillet 2018 à la Scala Santa, à Rome.   (CNS Photo/Paul Haring)

    De grandes feuilles de contreplaqué bloquent l'accès du public à l'escalier de la Scala Santa, à Rome. Une femme touche une grande photographie en couleur de l'escalier, fait un signe de croix, en priant la tête baissée, puis passe son chemin.

    Pendant des siècles, les fidèles ont gravi à genoux les 28 marches en priant.

    Mais cette dévotion populaire patiente depuis un an. La grande affiche représentant l'escalier est tout ce que le public peut voir tandis qu’une équipe de restaurateurs du Vatican termine la phase finale de vingt ans d’efforts pour réparer le sanctuaire du Saint Escalier et nettoyer ses 1700 mètres carrés de fresques.

    Selon la tradition, l’escalier est celui que Jésus a monté lorsque Ponce Pilate l'a amené devant la foule et l'a remis pour être crucifié. La mère de Constantin, sainte Hélène, aurait apporté l’escalier à Rome depuis Jérusalem en l’an 326.

    En 1589, le sanctuaire fut construit et décoré par le pape Sixte V. Il recouvre notamment l'escalier et abrite quelques-unes des plus anciennes reliques des premiers martyrs chrétiens de Rome, ainsi qu'une image byzantine du Christ.

    Sixte V voulait que le sanctuaire conserve les reliques importantes, mais qu’il puisse aussi exprimer l'essentiel de la foi à travers une abondance d'images vives et colorées décrivant les événements clés de l'Ancien et du Nouveau Testament, explique Mary Angela Schroth, la conservatrice d’une galerie d'art de Rome qui a été impliquée dans le projet de restauration.

    «Puisque les fidèles ne savaient souvent ni lire ni écrire, les histoires prenaient vie à travers des images», dit-elle. Ainsi, «chaque centimètre carré» du sanctuaire – ses deux chapelles, ses cinq escaliers, ses plafonds voûtés et ses larges murs hauts – étaient couverts de fresques et d'art décoratif.

    «Cela devait étonner et attirer le public», souligne-t-elle.

    Restauration colossale

    Mais au cours des siècles, ces illustrations flamboyantes ont progressivement disparu sous la saleté, la crasse et des dégâts d'eau. Des techniques de restauration primitives ou agressives ont parfois décoloré les œuvres originales. Ajoutez à cela un mauvais éclairage et l'espace ténébreux ne faisait plus ce pour quoi il avait été conçu: être une expérience physique et spirituelle totalement immersive avec des repères visuels accompagnant les fidèles dans leur démarche vers le Sancta Sanctorum, a déclaré Paolo Violini, le meilleur expert des Musées du Vatican en matière de restauration de fresques.

    Avec l'aide initiale de la Fondation Getty en 2000, puis grâce à la générosité des Patrons of the Arts des Musées du Vatican, les chapelles Saint-Laurent et Saint-Sylvestre, ainsi que les quatre cages d'escalier – deux ensembles de chaque côté de la cage d'escalier centrale des escaliers sacrés – ont été entièrement restaurés.

    La restauration de l'escalier central devant être achevée d'ici la fin de l'année et l'atrium avant fin 2019, il aura fallu près de deux décennies à onze restaurateurs pour redonner vie à ce que quarante artistes ont créé en moins de deux ans au XVIe siècle. Mais le soin apporté à la restauration a porté ses fruits, permettant aux visiteurs d'aujourd'hui de voir, après 400 ans, la beauté décorative originale que les peintres du pape Sixte avaient conçue, a dit Violini.

    Les gens regardaient à peine les surfaces sombres avant la restauration, dit Schroth, mais maintenant avec «ces couleurs glorieuses» et un éclairage approprié, les visiteurs font plus que simplement regarder, «ils observent et étudient ces histoires» et se souviennent de leur signification.

    Redécouvrir la narration visuelle

    Le recteur du sanctuaire, le père passioniste Francesco Guerra, a déclaré que l'art chrétien dans les espaces sacrés n'est pas seulement un artifice, mais un moyen aussi puissant que les mots, créé pour expliquer et partager la foi et inciter les fidèles à entrer dans une relation plus profonde et plus étroite avec Dieu.

    Le sanctuaire, qui est confié aux soins et à la protection des pères passionnistes, est comme un catéchisme visuel qui existe dans tant d'églises et de sanctuaires, mais qui a besoin d'être «réévalué» et ré-accentué aujourd'hui, croit-il.

    Paul Encinias, directeur de Eternal City Tours, basé à Rome, confirme que lorsqu'il emmène des groupes à la Scala Santa, ils se concentrent sur leurs prières individuelles et leurs intentions, alors qu'ils gravissent chaque marche à genoux.

    «Les pèlerins catholiques du XXIe siècle sont très éloignés des narrations artistiques», a-t-il dit, et ils ne sont «pas habitués à ces indices visuels» qui les entourent, alors le but et la signification de ces œuvres devraient probablement être expliqués.

    Néanmoins, certains des visiteurs que M. Incinias amène prier à la Scala Santa ont souvent une expérience «émotionnelle forte» lorsqu'ils prient et réfléchissent sur les problèmes ou les épreuves de la vie.

    «Nous avons généralement peur de souffrir», et la plupart des homélies ne s'y attardent pas, dit-il. Mais parce que l’expérience encourage les gens à se connecter à la Passion du Christ, «ça touche quelque chose de profond» et les gens réalisent que «Christ est toujours avec nous, même dans nos souffrances».

    Même si les escaliers sont fermés, le sanctuaire a offert un escalier latéral pour la même pratique dévotionnelle de les gravir à genoux. En moyenne, environ 3000 personnes visitent le sanctuaire chaque jour.

    Le père Guerra a dit que le pape François a souligné l'importance des dévotions traditionnelles et populaires et des pèlerinages dans les sanctuaires et les lieux sacrés. Les gens sont constitués d’«esprit et d'intellect, mais aussi de chair, d’émotions et de sentiments», dit-il.

    Dans la Bible, quand Jésus accomplit un miracle, «il touche la personne, il met ses doigts dans les oreilles de l'homme sourd» et prend la main d'une fille morte pour la ramener à la vie, a dit le prêtre.

    Ce contact physique, qui est une partie inséparable de notre humanité, est une caractéristique clé de la Scala Santa, rappelle-t-il. En grimpant l'escalier à genoux et en réfléchissant à la passion du Christ, «les gens se sentent unis à Jésus, ils se sentent compris par Jésus, ils se sentent aimés par Dieu».

    Carol Glatz

  • Libres propos au sujet des murs et des ponts

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    De Joël Hautebert sur le site de l'Homme Nouveau :

    Libres propos sur les murs et les ponts

    La muraille de Chine et autres tracés de frontières attirent chaque année d’innombrables visiteurs. Au-delà de la prouesse architecturale et de leur beauté, ces vestiges transmettent une stratégie. Pour protéger leurs cités, pays ou empires, des envahisseurs, nos ancêtres édifiaient des murs. Notre époque, ayant opté pour les ponts du mondialisme, construit désormais des murs de verre ou de béton.

    Les grandes civilisations ont-elles pu prospérer sans le soutien de remparts protecteurs ? Parmi les grands témoignages de la présence de l’homme sur cette terre légués par l’Histoire, les enceintes défensives occupent une place de premier choix, demeurant aujourd’hui encore des lieux de visite particulièrement appréciés. La muraille de Chine est classée parmi les sept merveilles du monde. Il paraît même qu’il s’agit de l’unique construction humaine visible depuis l’espace. Le voyageur qui traverse l’Angleterre pour se rendre en Écosse croise immanquablement sur sa route le fameux mur édifié par les légions romaines sur ordre de l’empereur Hadrien. Ces mêmes Romains construisirent un autre mur aux frontières de l’est, à l’initiative de Trajan cette fois-ci, dont il reste également de beaux vestiges. C’est ainsi que se maintint la pax romana à l’intérieur des limes de l’Empire. D’autres murailles célèbres sont encore visibles aujourd’hui, comme celles de Constantinople, élevées et progressivement améliorées à partir de la création de la ville. Elles permirent à la cité de faire face aux invasions venues de l’est jusqu’en 1453, date de la prise de la ville par les Turcs, qui scella la disparition de l’Empire byzantin.

    Les autorités qui ordonnèrent l’édification de ces murs poursuivaient un objectif similaire : assurer ainsi la paix à l’intérieur de la cité en la protégeant contre de potentiels envahisseurs. On peut le dire sans honte, les murs sont effectivement un symbole, celui de la volonté de poursuivre l’Histoire commune de la cité et d’assurer sa prospérité. Ces murs démontrent un grand réalisme politique de la part des gouvernants. Les murs extérieurs rendaient inutiles les murs intérieurs. Si l’analogie entre le biologique et le politique a ses limites, elle n’est pas nécessairement dénuée de fondement. Existe-t-il un corps sain sans moyen immunitaire de défense ? Une cité peut-elle durer sans la protection de solides défenses naturelles ou bâties par l’homme, soutenues par des troupes aguerries ? Dans une société ordonnée, on jette des ponts sur les cours d’eau quand la solidité des frontières le permet. Quand l’ennemi franchit ces dernières, les autorités civiles et militaires font sauter les ponts pour limiter la progression de l’envahisseur. Pas de murs, pas de ponts.

    Il existe aussi, il faut le préciser, des murs construits à des fins contraires. Le mur de Berlin et les barbelés du monde communiste eurent (et parfois ont toujours) une surprenante originalité qui restera sans doute dans les annales de l’Histoire. Il ne s’agit pas prioritairement de dissuader les éventuels agresseurs de pénétrer dans l’enceinte, mais d’empêcher les habitants d’en sortir. Dans son roman Une journée d’Ivan Denissovitch, Soljénitsyne raconte avec beaucoup de finesse que les prisonniers du Goulag chargés de bâtir la cité du socialisme commencent par ériger les barbelés qui doivent l’entourer, avant d’entamer toute autre construction ! Ce type de configuration atypique demeure exceptionnel. Les choses ont bien changé de nos jours. La doxa médiatico-idéologique actuelle martèle à l’envi que les murs symbolisent le mal. Prétendre en construire un dévoilerait des intentions malsaines que l’on n’ose prononcer : le repli, la peur de l’autre, la haine, tout le contraire de la société ouverte à tout vent, de la diversité universelle et du vivre ensemble commercial mondial fondé sur la constante mobilité. Construire des murs suppose effectivement l’hypothèse de l’existence d’ennemis. Or, notre monde occidental, paraît-il, n’a pas d’ennemis extérieurs. Tout va bien. Ces ennemis sont à l’intérieur, les populistes de Hongrie de Pologne, d’Italie et d’ailleurs, c’est-à-dire ceux qui, comme chacun sait, ont construit des barrières dans leurs têtes à force de stigmatiser l’«autre». À ces gens malsains, s’ajoutent tout de même les pauvres malades que sont les radicalisés et les déséquilibrés.

    Mais est-il exact que l’on ne construit pas de murs en France aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr. Ou plutôt, tout indique le contraire. Ainsi, un mur de verre vient d’être mis en place autour de la Tour Eiffel pour limiter les risques d’attentat. De même, plan vigipirate oblige, les services de sécurité recommandent l’érection d’enceintes fermées autour de certains bâtiments. Par exemple, les directeurs d’école doivent veiller à clôturer totalement leurs établissements, à augmenter la hauteur des murs, à poser des barrières et à doter les bâtiments de fenêtres plus solides. À quand des fenêtres blindées dans les écoles ? Il y a aussi les gros blocs de bétons, autant de petits murs, mis en place devant les lieux publics les plus fréquentés, à l’entrée des rues piétonnes, des quartiers commerciaux, tous les lieux de prédilection de l’homo festivus et du touriste occidental, sans oublier les grands axes de circulation sur lesquels il faut veiller. Peut-être qu’un jour il conviendra de mettre de tels murs devant les ponts, à défaut de recréer des ponts-levis. Quoi qu’en dise le discours officiel, aujourd’hui nous construisons des murs, plein de murs, et partout.

    Comme nous n’avons plus le souci de protéger la cité, parce que nous avons perdu le sens du commun, l’obligation qui pèse sur l’État d’assurer la conservation des citoyens consommateurs bardés de droits rend inéluctable la multiplication des murs dans nos villes. À force de ne plus reconnaître d’ennemis et d’ouvrir nos portes à tout le monde, la communauté progressivement dissoute subit les feux de plus en plus réguliers d’une guerre civile en devenir. Les attentats islamiques se multiplient en Europe et ne font plus la une des journaux.

    À force de prétendre jeter des ponts vers les plus lointains, nous voici obliger de supporter l’édification de murs au plus près des citoyens. Tout un symbole de l’échec cuisant d’une politique menée depuis cinquante ans. Il est encore temps de dresser des murs solides à l’extérieur et de jeter des ponts à l’intérieur pour restaurer ce qui unit au sein de la cité. Sans quoi, il faudra peut-être revenir au temps des châteaux forts.

  • En exclusivité sur belgicatho, un entretien passionnant avec le Professeur René Lebrun

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    Ce jeudi 19 juillet 2018, le professeur René Lebrun, docteur Honoris Causa de l’université de Limoges, docteur en Philologie et Histoire orientales, licencié-agrégé en philologie classique et entre autres, professeur émérite à l’université catholique de Louvain-La-Neuve et à l’Institut catholique de Paris, nous a accordé un entretien pour Belgicatho. 

    Professeur, pourriez-vous brièvement nous retracer votre parcours académique et aborder les questions qui vous ont intéressé au long de cette vie professionnelle ? 

    Le début de ma carrière en tant que chercheur et enseignant à l’université, c’est en 1980 à Genève ; j’ai enseigné à Genève l’histoire de l’Anatolie et la langue hittite. L’année suivante en 81, j’ai été engagé à la KUL et j’y ai presté le hittite pendant dix ans, en néerlandais. En 86, je vais être engagé à Paris, en parallèle de la KUL, à l’Institut catholique de Paris, où je vais enseigner l’akkadien, le hittite et l’histoire de l’Anatolie et cela jusqu’en 2005. Au début des années 90, j’ai renoncé à Leuven et j’ai été engagé ici à l’UCL où j’ai été responsable des cours d’akkadien, ou de babylonien si vous voulez (c’est équivalent), de hittite, d’histoire de l’Anatolie et je suis devenu le président de l’Institut orientaliste. Maintenant, je reste actif : on est quelques professeurs émérites à avoir bénéficié tout récemment, il y a deux mois, d’un titre « émérite actif » ce qui me permet de conserver mon bureau et de garder les mêmes budgets pour les recherches ; on a droit à une secrétaire etc. Les voyages scientifiques à l’étranger sont payés par l’université. À côté de cela, je dirige plusieurs publications et collections dont la collection Homo religiosus fondée par le cardinal Ries. Quand il a fondé cette collection et le centre d’histoire des religions, j’ai immédiatement été son bras droit. Et c’est comme cela que je lui ai succédé tout naturellement car c’était son souhait. Cette collection est publiée chez Brepols.

    Aujourd’hui, quelles sont les grandes questions qui sont encore discutées dans l’histoire de l’Anatolie ?

    Ce qui reste passionnant c’est bien sûr le hittite avec ces textes en hittite, à peu près 76 000 textes, dont une grande partie n’est toujours pas publiée ! J’ai lancé, il y a quelques mois, une recherche ici, en vue d’une publication par l’Institut orientaliste ou dans la collection Homo religiosus concernant une édition scientifique des rituels hittites. Il y a plus de mille textes, donc on peut s’amuser ! Il y a aussi les nombreuses inscriptions en caractères glyphiques puisque les Hittites utilisaient deux systèmes d’écriture : une cunéiforme, surtout pour les tablettes d’argile, et d’autre part, pour tout ce qui était monuments ou les sceaux, c’était en écriture glyphique – avant on disait hiéroglyphique, par comparaison avec l’Égypte, même s’il n’y a aucun lien entre les deux - 

    Quand j’ai commencé mes études d’orientalisme, c’était encore une écriture très mystérieuse.

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  • Une première en Europe : le nombre de morts a dépassé celui des naissances en 2017 dans l'UE

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    De Jeanne Smits sur Réinformation-TV :

    Première en Europe : le nombre de morts dépasse celui des naissances dans l’UE en 2017

    Les statistiques d’Eurostat sont formelles : l’UE est officiellement entrée dans son hiver démographique en 2017, première année où le nombre des morts a dépassé celui des naissances dans l’Union européenne. Et c’est une différence notable, puisque que seuls 5,1 million de naissances sont venues compenser les 5,3 millions de morts, une tendance qui a vocation à se maintenir et qui est quelque peu atténuée par l’allongement de l’espérance de vie qui « retarde » les décès.

    La population totale de l’Europe atteignait, fin 2017, 512,6 millions d’âmes, en hausse de 1,1 million par rapport à l’année précédente. Un solde positif entièrement imputable à l’immigration en provenance de pays tiers qui a donc représenté environ 1,3 millions d’entrées nettes pour la seule année 2017.

    Dans l’UE, plus de morts que de naissances en 2017

    L’Allemagne reste le pays le plus peuplé avec 82,9 millions d’habitants, mais également un taux de fécondité qui reste bas, à 1,59 enfant par femme – il en faut 2,1 dans les pays développés pour remplacer la génération précédente. Si ce taux est en hausse importante depuis quelques années, c’est uniquement à cause de l’immigration. Les Allemandes autochtones ont un certes un peu plus d’enfants (la hausse avait été de 3 % entre 2015 et 2016), le nombre d’enfants nés en Allemagne de mères étrangères est en hausse spectaculaire : + 25 % entre 2015 et 2016.

    L’Irlande, elle, affiche le taux de natalité le plus élevé et le taux de mortalité le plus bas au sein de l’UE, ce qui lui vaut d’afficher la plus forte croissance naturelle de population en Europe, soit 1,1 %, et la croissance « naturelle » – celle de la population autochtone – reste au rendez-vous si l’on ne tient pas compte des naissances immigrées. Le contraire est vrai – le nombre de décès dépasse les naissances – en Finlande, en Espagne, en Estonie, en Allemagne, au Portugal, en Roumanie, en Lettonie, en Hongrie, en Lituanie, en Grèce, en Italie, en Croatie et en Bulgarie. La France est en haut du tableau, avec un taux de fécondité de 1,92 enfant par femme, sans distinction entre les autochtones et celle d’origine étrangère ; elle est dépassée par l’Irlande, Chypre et Luxembourg qui avec leur petites populations ne pèsent pas lourd dans la balance européenne.

    L’Europe entre dans son hiver démographique, pour la première fois l’accroissement naturel de sa population est négatif

    En Europe, 19 Etats membres ont enregistré en 2017 un accroissement net de la population, immigration comprise. C’est Malte qui a connu la hausse la plus importante de sa population, soit 3,3 %. Immigration, toujours.

    Tous ces chiffres témoignent de la réalité du « grand remplacement ». Ce que Bernard Antony qualifie depuis des décennies de « génocide français » est aussi un « génocide européen ».

    Allons-nous le voir en action en Irlande, où l’avortement sera probablement légalisé d’ici à la fin de l’année, à travers la chute des naissances ?

     
  • Une pièce de Jean-Paul II au festival d'Avignon

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    De KTO :

    Au coeur du festival d'Avignon, une troupe lyonnaise est venue jouer La boutique de l'orfèvre, une pièce de théâtre écrite par Jean-Paul II. Une méditation sur l'amour et le mariage pour toucher le coeur des festivaliers, qu'ils soient catholiques ou non.

  • KTO : En Irak, la renaissance chrétienne après Daesch

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    Après l´invasion de Daesh et la fuite des chrétiens de la plaine de Ninive, les familles reviennent peu à peu s´installer. Aujourd´hui, la ville de Qaraqosh commence à renaître après avoir été vidée de ses habitants et presque entièrement détruite. Signe également de cette nouvelle vitalité, 350 enfants feront leur première communion pour la première fois depuis le retour des familles. Un reportage en partenariat avec l´OEuvre d´Orient et avec le concours de Pèlerin. Retrouvez également le reportage de Pèlerin dans son numéro du 19 juillet 2018.

    JPSC

  • La mort d'un journaliste exemplaire

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    De Christophe Geffroy sur le site de la revue "La Nef" :

    Jean Mercier nous a tiré son chapeau

    Jean Mercier est mort à Paris le 19 juillet. Il avait 54 ans et était journaliste à La Vie dont il était rédacteur en chef adjoint en charge du service religion. Il a été l’honneur de sa profession. Homme ouvert, intelligent et doux, il était d’une grande curiosité et analysait les choses et les événements sans parti pris ni grille idéologique, ce qui n’est pas si fréquent dans ce métier. Venu du protestantisme au catholicisme, il portait Benoît XVI en très haute estime et avait appris à connaître des parties de l’Eglise souvent ignorées – que l’on pourrait nommer par simplification « traditionalistes » – avec lesquels il avait noué des liens amicaux. Il voyait bien qu’il y avait dans ces mouvances, malgré assurément certaines réserves qu’il pouvait avoir, un dynamisme exceptionnel qu’il fallait prendre en compte pour le service de l’Eglise. Il avait publié en 2014 un essai remarquable, Célibat des prêtres. La discipline doit-elle changer ? (Desclée de Brouwer) où il répondait négativement à cette question avec force arguments. Il publia aussi un roman exquis, Monsieur le curé fait sa crise (Editions Quasar, 2016), qui fut un best-seller à juste titre, tant il offrait là un portrait saisissant, sur un mode humoristique et jamais méchant, d’un prêtre d’aujourd’hui, débordé et confronté aux mille difficultés d’une paroisse ordinaire.

    Pourtant, il y a un peu plus de trois ans, il avait annoncé à ses amis qu’il était atteint d’un cancer de l’œsophage déjà avancé. Il nous envoyait régulièrement des mails nous tenant informés de son long calvaire. Un véritable chemin de croix qui l’a conduit au Golgotha où il a rejoint le Père dans la paix éternelle. Ses messages étaient un modèles du genre : sa lutte acharnée pour la vie durant ces trois années de souffrance, sans jamais se plaindre; son espérance durant les périodes d’accalmie et son grand abandon durant les rechutes, sans jamais cesser le combat néanmoins. Finalement, il nous informait par un dernier mail, le 2 juillet dernier : « Je suis désormais en soins palliatifs à Jeanne-Garnier à Paris. […] Un lieu idéal pour terminer ses jours. Je suis donc sur ma dernière ligne droite. Je suis en paix, tout simplement. Je vous remercie pour votre générosité et je vous embrasse. »

    Il faut dire les choses telles qu’elles sont : Jean a souffert et est mort saintement en grand chrétien. Nous savons qu’il est maintenant auprès du Père et la tristesse est pour ceux qui restent et qui seront privés de sa générosité et de sa gentillesse. Nous pensons tout particulièrement à son épouse, Chantal, et à son fils à qui nous adressons nos sincères condoléances.

    Ses obsèques seront célébrées dans la collégiale de Vernon (Eure) le lundi 23 juillet à 15 heures.

    Christophe Geffroy

    Lire aussi : https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=850200

  • Le jeu risqué des déclarations pontificales

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    De Jeanne Smits sur réinformation.tv :

    « Qui suis-je pour juger ? » Le style du pape François a facilité le vote pour l’avortement en Irlande

    On s’est beaucoup demandé pourquoi et comment l’Irlande si catholique a pu approuver la modification de sa constitution afin de rendre possible la légalisation de l’avortement. La première réponse, la plus facile, est que l’Irlande est de moins en moins catholique puisque la pratique religieuse se contracte au fil des générations, et ce même si près de 80 % de la population se dit catholique. La seconde, c’est que les évêques ont préféré faire profil bas, jugeant l’Eglise trop victime d’une mauvaise presse liée à divers scandales, réels ou supposés, pour pouvoir peser sur le débat. Mais il y a une troisième raison, mise en avant par une ex-religieuse dans un des quotidiens « mainstream » de l’Ile d’Emeraude : le style du pape François a eu une influence sur le vote, le « oui » à 66 % pour l’avortement n’est pas sans lien avec son refus de porter des jugements sur des comportements gravement peccamineux que le monde entier a retenu à travers ses célèbres paroles, « Qui suis-je pour juger ».

    Il va de soi que l’avis du Dr Catherine McCann, ancienne Sœur de la charité, aujourd’hui psychothérapeute et conservatrice du Shekina Sculpture Garden (tout un programme) à Glenamure dans le comté de Wicklow, ne saurait être impartial. Elle tire certainement la couverture à elle, à travers cette « annexion » du pape qui par ailleurs, a eu des paroles fortes et répétées pour condamner l’avortement.

    Le vote pour l’avortement en Irlande, manifestation d’une foi « adulte »

    Reste que la confusion doctrinale qui préside à ce pontificat est précisément ce qui permet à une personnalité comme cette religieuse défroquée de tenir un discours dont les gros médias s’empressent de se servir, sous couleur d’une fausse « miséricorde » qui, loin de s’adresser aux pécheurs, est détournée pour affirmer la possibilité du péché comme un moindre mal.

    C’est en cela que la tribune de Catherine McCann est extrêmement révélatrice. Elle décrit précisément le résultat de la confusion régnante. Elle-même avoue avoir beaucoup réfléchi avant de voter « oui » à la suppression du Huitième amendement par laquelle la constitution irlandaise affirmait l’égal respect de la vie de la mère de l’enfant à naître. Elle affirme avoir beaucoup discuté, mais aussi prié ; elle a même assisté à une session mise en place par l’institut Loyola de Trinity College à Dublin sous le titre : « Vivre avec humanité ».

    Pourquoi cet écrasant vote favorable à l’avortement ? L’ex-religieuse – qui proteste de son adhésion personnelle au caractère sacré de la vie, partagée selon elle par la « majorité » des Irlandais – y voit deux raisons.

    « Qui suis-je pour juger ? » : le pape François sème la confusion et récolte la tempête

    « Premièrement, un noyau de plus en plus important de catholiques, des femmes surtout, prennent leur foi au sérieux et se sont éduqués selon les lignes de Vatican II. Ces dernières années, ils ont été influencés par le pape François, spécialement en ce qui concerne le respect et l’absence de jugement dans son approche des situations concrètes vécues par les individus », constate cette partisane d’une foi « adulte ».

    La deuxième raison est selon elle la « compassion ». « Il y avait un réel désir de rendre accessibles des soins sanitaires appropriés pour les femmes qui se trouvent dans des situations difficiles », explique Catherine McCann. Et de citer feu le cardinal Lehmann qui a pu parler d’« une décision prise en conscience par la femme à laquelle aucune puissance au monde – même l’Eglise – ne saurait se substituer et qui doit donc être acceptée » (mars 2018).

    Et voilà l’ex-sœur McCann emplie « de positivité et d’espoir », elle pour qui la foi chrétienne est au centre de sa vie, comme elle le dit. « Mais depuis Vatican II, une grande partie des riches enseignements de ce concile reste à mettre en œuvre à Rome comme en Irlande », avec sa « synodalité » inédite, et la place faite aux laïcs. Elle-même explique avoir fait ses études à Rome pendant trois ans, précisément à l’époque de Vatican II : « une expérience profondément libératrice ».

    Le pape François a facilité le vote pour l’avortement en Irlande, selon une ex-religieuse

    En somme, cela l’a laissée persuadée qu’il faut en finir avec une Eglise trop hiérarchique, en même temps qu’il faut prendre conscience d’une hiérarchisation des vérités.

    C’est bien ce que l’on constate aujourd’hui avec les pouvoirs croissants laissés aux conférences épiscopales locales et même aux évêques pour réinterpréter l’application de la doctrine – pensez à la communion pour les conjoints protestants d’époux catholiques en Allemagne – même si sur le plan personnel, le style de gouvernement du pape François est plutôt dictatorial. Le relativisme s’est installé précisément dans le domaine doctrinal, le plus souvent de manière sournoise.

    Et c’est ainsi que Catherine McCann peut achever sa tribune dans The Irish Times en disant sa confiance, en tant que catholique, de voir que les avortements qui seront pratiqués en Irlande à l’avenir seront « sûrs, légaux et rares ».

    N’est-ce pas de cette manière que de bons chrétiens en France en arrivent aujourd’hui à « regretter » la loi Veil et ses soi-disant restrictions ?

    Jeanne Smits

  • Quand Daech s'élance à la conquête de l'Afrique

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    De Paul De Maeyer sur aleteia.org :

    Daech à la conquête de l’Afrique

    Après l’Irak et la Syrie, la présence jihadiste au Sahel est une menace qui ne doit pas être prise à la légère

    Penser qu’après la défaite en Irak et en Syrie, l’« idéologie brutale » de l’Etat islamique (EI) est morte serait une erreur. Daech, selon son acronyme en arabe, est en effet partie s’enraciner en Afrique, avertit l’hebdomadaire britannique The Economist dans un article publié le 12 juillet dernier. Depuis la chute du « califat », en 2017 – c’est-à-dire trois ans après sa proclamation, en juin 2014, par Abou Bakr Al-Baghdadi à la mosquée Al-Nouri de Mossoul –  a commencé une phase de décentralisation ou de morcellement qui a vu de nombreux combattants fuir ou aller s’installer sur le continent africain. En particulier vers la zone du Sahel, l’immense bande de terre aride marquant la transition entre le désert du Sahara et la savane.

    Le nombre de personnes tués par des combattants de Daech en Afrique dépasse désormais celui de leurs compagnons de guerre en Irak affirme The Economist. L’année dernière, on a dénombré 10.000 victimes de leurs exactions, pour la plupart des civils. Le nombre de combattant est également impressionnant. Au Nigeria, on estime à 3.500 le nombre de djihadistes de l’ISWAP (État Islamique en Afrique de l’Ouest), une faction dissidente de Boko Haram. Ce nombre est probablement plus élevé que celui des combattants de l’EI encore présents en Irak et en Syrie relève l’hebdomadaire.

    Bien que la menace de Daech contre les intérêts occidentaux dans la bande du Sahel soit réduite, ajoute The Economist, ses tentacules s’étendent jusqu’en Occident. En témoignent les attentats du 22 mai 2017 à Manchester et du 19 décembre 2016 à Berlin, qui ont fait respectivement 23 et 12 morts. Dans les deux cas, les terroristes avaient des liens avec la Libye, où Daech est présente au sud de la ville de Syrte.

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  • Le déclin de la natalité s'accentue en France

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    CHUTE DE LA FÉCONDITÉ FRANÇAISE : LA POLITIQUE FAMILIALE EN CAUSE

    une synthèse de presse bioéthique de genethique.org  

    L’indice de fécondité est tombé à 1,88 en France. La France n'encourage plus à avoir des enfants. Au contraire la natalité allemande progresse, remontée à 1,59 en 2015.

    La natalité française continue à chuter. Pour la troisième année consécutive, le nombre de naissance est en baisse par rapport à l’année précédente. 767 000 naissances en 2017, outre-mer compris, loin des 900 000 presque atteints en 1971 par la seule métropole. Le « solde naturel »[1] en 2017 a atteint son plus bas niveau depuis 1945, et l’ « indice conjoncturel de fécondité » [2] est passé de 2,03 en 2010 à 1,95 en 2015 pour s’établir à 1,88 en 2017…

    Le Conseil d’orientation des retraites, dont les prévisions sont calculées en fonction d’une fécondité de 1,95 parle d’une « menace majeure pour notre système de répartition ». Qui va payer les pensions de retraite d’un pays vieillissant ?

    La crise de 2008 a clairement mis un frein à la natalité européenne. Mais ce frein a largement été amorti en France par une politique familiale forte. La baisse de natalité de ces dernières peut être considérée comme une conséquence à retardement de la crise de 2008. Une autre hypothèse se fonde sur le fait que les Françaises ont leur premier enfant de plus en plus tard, après trente ans, ce qui a un impact direct sur le nombre d’enfants qu’elles auront.

    Les coupes drastiques effectuées par François Hollande dans les budgets famille, modulation des allocations familiales, réduction de la prime naissance, suppression du quotient familial, auront été décisifs. « C'est simple, explique un couple de quadra parents de trois enfants, les aides que nous percevions ont baissé de 50 %, tandis que notre impôt sur le revenu a augmenté du même pourcentage. Si nous avions su ce qui nous attendait financièrement, il n'est pas certain que nous aurions donné naissance à Théo, notre petit dernier ». L’Unaf[3] a analysé que la perte financière pour les familles est de 3,5 milliards d’Euros. Si on ajoute les manques de moyens flagrants dédiés à la garde des enfants pour celles qui choisissent de continuer à travailler après la naissance de leurs enfants, la chute vertigineuse des chiffres s’explique. Alors que, toujours d’après l’Unaf, « depuis des années, le nombre d'enfants désirés reste stable et se situe autour de 2,4 par femme ».

    La plupart des pays d’Europe ont une natalité en berne, mais c’est la France qui opère la chute la plus vertigineuse. Entre 2010 et 2015, la natalité française a baissé de 3,4 %, contre 2,5 % en moyenne sur l’ensemble de l’Europe. « Il existe en Europe plusieurs visions de ce qu'est une politique familiale juste, explique le démographe Laurent Toulemon, de l’Ined[4]En France, on considère que le pouvoir d'achat d'un foyer ne doit pas diminuer lorsqu'arrive un enfant et c'est la raison d'être du quotient familial. Au Royaume-Uni, on aide exclusivement les familles pauvres. En Europe du Nord, on s'occupe de tout le monde, en mettant à la disposition de chacun des 'biens publics', comme des places en crèche et des congés parentaux d'un montant équivalant à 76 % du salaire. »

    Certains pays d’Europe osent même un timide réveil. C’est le cas de l’Allemagne, mauvais élève historique en matière de natalité, qui commence à voir les fruits d’une politique familiale puissante depuis les années 2000, institution d'un salaire parental, création de 500 000 places en crèche, augmentation des allocations familiales… L’Allemagne est ainsi passée d’un taux de fécondité de 1,25 en 1995 à 1,59 en 2015. Cette progression a largement bénéficié du solde migratoire croissant : 80 000 personnes en 2004, 550 000 personnes en 2014 et 1,1 million en 2015.

    [1] Total des naissances moins les décès

    [2] Nombre de naissances annuelles rapportées au nombre de femmes en âge de procréer

    [3] Union nationale des associations familiales

    [4] L'Institut national des études démographiques.

    Sources: L’Express, Michel Feltin-Palas (17 et 19/07/2018)

  • Un évêque dans le colimateur de la nouvelle bienpensance

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    D'Odon de Cacqueray sur le site de l'Homme Nouveau :

    Mgr Cattenoz ferme sur l'enseignement de l'Église

    Mgr Cattenoz ferme sur l'enseignement de l'Église

    Dimanche 15 juillet, comme tous les dimanches, France Culture diffusait sur ses ondes, une messe, de 10 h à 11 h. À l’occasion du Festival d’Avignon, c’est une messe célébrée par Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon, qui a été choisie. Il semble que son homélie n’ait pas été du goût de tout le monde, puisque trois jours après, sur le site de Marianne, était disponible un article intitulé : France Culture : quand le service public diffuse une messe catholique intégriste sur les LGBT et contre Simone Veil

    « Pendant une heure, la station publique a laissé la parole à Mgr Jean-Pierre Cattenoz, l’archevêque […] celui-ci a développé un discours intégriste, hostile au mariage pour tous mais également à l’avortement, et ce, de façon très virulente ». Qu’a donc bien pu dire Mgr Cattenoz pour susciter une telle hire  ? Nous sommes allés sur le site du diocèse où les homélies de l’archevêque sont disponibles.

    Partant de l’évangile du jour, le prélat rappelle les deux impératifs, donnés par le Christ, qui doivent nous guider : « convertissez-vous et croyez à l’évangile », avant d’aborder le sujet du festival qu’il qualifie de « lieux merveilleux où l’humanité s’interroge librement à travers le théâtre, sur ce qu’elle vit et ce qu’elle est » et il ajoute que ce même festival est aussi un excellent lieu pour « répondre à l’appel de Jésus d’évangéliser ».

    Le thème choisi par les organisateurs de l’édition 2018 « le genre » était loin d’être neutre, Olivier Py, directeur du festival avait même ajouté " la transidentité et la transsexualité ". C’est de ce thème que s’est servi Mgr Cattenoz pour appeler à la conversion. Lors de son homélie (qui n'a duré que huit minutes, nous sommes loin de l’heure de propagande annoncée par Marianne), l’archevêque a martelé son refus de réduire les personnes à des sigles (L.G.B.T.Q…), afin de mieux accepter tous les hommes dans leur humanité, masculine ou féminine, différente et complémentaire.

    Le miracle de la vie comme fruit de l’union d’un homme et d’une femme, l'imposture du « mariage homosexuel », la dérive d’une société « aux comportements incohérents », l'utilisation désordonnée des richesses la planète, le scandale de l’avortement, de l’euthanasie, de la PMA, de la GPA… L’archevêque d’Avignon a dénoncé les conséquences logiques d’un slogan devenu seule référence de nos contemporains : « il est interdit d’interdire, on a bien le droit, on a tous les droits, mon plaisir est mon droit. »

    Dans un monde ou une partie de ceux qui se déclarent catholiques ne connaît plus l’enseignement de l’Église, c’est une mise au point qui a été faite le 15 juillet dans la cathédrale Notre-Dame des Doms. Citant tour à tour le pape Jean-Paul II, mère Thérésa et le pape François, Mgr Cattenoz n’a fait que rappeler que ce qui se déroule tous les jours en France dans les centres d’avortement n’est rien de moins qu’un eugénisme en gants blancs.

    Les journalistes de Marianne se sont focalisés sur cet aspect. Ils ont choisi de taxer d’intégrisme celui qui a tenu un discours intègre. Ils ont pensé que l’homélie était prononcée contre « les LGBT et Simone Veil ».

    Mais la dernière partie était la plus importante. Plutôt que de s’arrêter à la dénonciation des dérives de notre siècle et jeter dans la géhenne tous ceux qui vivent une vie désordonnée, Mgr Cattenoz préfère rappeler le projet de Dieu pour nous tous : « devenir dans le Christ ses enfants bien-aimés, partager sa propre vie divine au souffle de l’Amour de l’Esprit Saint, et cela dès maintenant et pour toujours ». Pour que ce projet se réalise, il nous invite à la suite du Christ à témoigner de ce projet divin. Et pour celui qui ne recevrait pas ce témoignage, celui qui ne comprend pas ses paroles et celles du Christ, Mgr Cattenoz rappelle : « tu restes mon frère et nous pourrons vivre ensemble une véritable fraternité, car c’est l’Amour seul qui compte. »

  • Euthanasie en Belgique : bilan de la Commission de contrôle pour 2016-2017

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    Du site d'Alliance Vita :

    Euthanasie en Belgique : bilan de la Commission de contrôle pour 2016-2017

    Catégorie(s): Fil d'actusSuicide et euthanasie

    Le 17 juillet dernier, la Commission fédérale chargée de contrôler les euthanasies en Belgique a remis son rapport biannuel au Parlement, mettant en lumière une nouvelle forte augmentation des cas déclarés par les médecins.

    Selon la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE), 2.028 euthanasies ont été enregistrées en 2016 et 2.309 en 2017, ce qui représente une hausse de près de 14 % sur cette dernière année connue. Depuis le vote de la loi en 2002, le nombre d’euthanasies augmente systématiquement chaque année, comme en témoigne le graphique publié dans le rapport officiel :

    Sont concernés autant d’hommes que de femmes, en général très âgés, mais environ 1/3 ayant moins de 70 ans. 78% des actes se passent en Flandre, contre 22% en Wallonie, cette forte disparité géographique étant vraisemblablement liée à des raisons culturelles.

    45% des euthanasies sont pratiquées au domicile de la personne, 39% à l’hôpital et le reste dans des maisons de soins ou de retraite. Les cancers sont à l’origine de 64% des demandes, le reste étant lié à « une combinaison de plusieurs affections (polypathologies) », selon les termes du rapport, et dans 15% de ces divers cas, la personne n’est pas en fin de vie. Les demandes d’euthanasie sur la base de troubles mentaux et du comportement, pour lesquelles le discernement et l’autonomie de décision font souvent débat, représentent une quarantaine de cas par an.

    Trois euthanasies de mineurs ont été enregistrées en 2016-2017, deux en Flandre et une en Wallonie. Les enfants étaient âgés de 9, 11 et 17 ans. Ces trois patients « souffraient à chaque fois d’affections incurables et particulièrement graves allant entraîner leur décès à brève échéance« , souligne la CFCEE dans son rapport. Ce sont les trois premiers cas depuis la loi de février 2014, la Belgique étant le seul pays au monde autorisant les euthanasies de mineurs sans aucune limite d’âge.

    La hausse continuelle des cas d’euthanasie en Belgique inquiète certains parlementaires ou certains médecins, mais elle satisfait les partisans de cette pratique : pour Jacqueline Herremans, présidente de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD belge) et membre de la CFCEE, « l’euthanasie est clairement entrée dans les mœurs. Parmi les hypothèses expliquant cette augmentation, l’effet générationnel est évident : la loi, votée en 2002, est désormais mieux connue par les générations les plus concernées. Aujourd’hui, l’information est mieux diffusée. »

    Aucune dérive n’est signalée officiellement. Le document de présentation du rapport se conclut par ces mots : « La Commission a estimé que toutes les déclarations reçues répondaient aux conditions essentielles de la loi et aucune n’a été transmise au procureur du Roi. La Commission estime qu’au cours des deux années écoulées, l’application de la loi n’a pas donné lieu à des difficultés majeures ou à des abus qui nécessiteraient des initiatives législatives. »

    Dans la réalité, des controverses importantes ont surgi ces derniers mois sur la légitimité de certaines euthanasies, un membre de la Commission fédérale de contrôle ayant même démissionné pour exprimer son désaccord sur un cas très litigieux.

    Pour une vue d’ensemble des statistiques, de la législation et des dérives, voir notre dossier « Euthanasie en Belgique : bilan de 15 ans de pratique »