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Débats - Page 186

  • Quand on abuse des abus

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    Un éditorial du National Catholic Register :

    L'abus de l'abus

    EDITORIAL : La dureté des attaques dirigées contre Benoît XVI à la suite de la publication du rapport n'est pas justifiée par les preuves réelles contenues dans le rapport, et semble étrangement tomber à point nommé compte tenu du récent chemin synodal allemand.

    19 février 2022

    Les abus sexuels du clergé sur des mineurs sont un crime épouvantable. C'est un scandale si grave qu'il a complètement sapé la confiance de nombreux fidèles dans leurs dirigeants catholiques. Il a aussi profondément blessé la capacité de l'Église à entreprendre sa mission évangélique fondamentale de salut des âmes.

    C'est pourquoi il est si inquiétant de voir cette question cyniquement réquisitionnée par certains catholiques progressistes. L'Eglise doit continuer à s'efforcer de trouver des solutions authentiques pour combattre les abus sexuels, soutenir les victimes d'abus, punir les abuseurs sexuels et tirer les leçons des erreurs passées. Au lieu de cela, ces catholiques l'exploitent comme un instrument pour faire avancer des agendas qui contredisent les enseignements établis de l'Eglise - comme dans le cas de la dissidence doctrinale qui est actuellement promue ouvertement par le très problématique "Chemin synodal" de l'Eglise allemande. 

    Tout aussi inquiétante est la volonté de ces catholiques d'utiliser le scandale des abus pour dénigrer certains dirigeants de l'Eglise, plus que d'autres qui sont perçus plus favorablement en raison de leur vision particulière du monde. 

    L'exemple le plus flagrant est la critique adressée au pape émérite Benoît XVI - par certains responsables de l'Église allemande et par de nombreux médias - au rapport du cabinet d'avocats allemand Westpfahl Spilker publié le mois dernier après avoir enquêté sur la gestion des cas d'abus sexuels par l'archidiocèse de Munich. Ce rapport conclut que Benoît XVI "peut être accusé de mauvaise conduite" pour sa gestion de quatre cas dans l'archidiocèse de Munich et Freising entre 1977 et 1982, alors qu'il y était archevêque. 

    Dans une récente interview de EWTN News défendant Benoît XVI, l'archevêque Georg Gänswein, secrétaire personnel de longue date de l'ancien pape, a fait référence à une expression révélatrice que certains catholiques allemands ont inventée pour décrire ce qui se passe lorsque la question des abus sexuels est détournée pour effectuer de vastes changements doctrinaux et pour dénigrer les dirigeants de l'Église dont les points de vue ne sont pas conformes à ces programmes progressistes : ils le décrivent avec précision comme "l'abus de l'abus".

    Comme l'archevêque Gänswein l'a également souligné, la dureté des attaques dirigées contre Benoît XVI à la suite de la publication du rapport n'est pas justifiée par les preuves réelles contenues dans le rapport, en termes de sa culpabilité limitée dans la mauvaise gestion des abus. 

    Corriger les faits n'est cependant pas d'une grande aide pour atténuer le préjudice causé par ces surestimations généralisées des conclusions du rapport. 

    L'exactitude des faits ne semble pas importer à ceux qui veulent "abuser de l'abus" pour faire avancer leur programme doctrinal, pas plus que l'exactitude n'a compté lorsque certains membres de l'Église allemande ont mené une campagne d'exagération similaire contre le cardinal Rainer Woelki de Cologne à la suite de l'enquête historique de cet archidiocèse sur le traitement des abus sexuels commis par des clercs. En revanche, des personnalités telles que le cardinal Reinhard Marx, l'actuel archevêque de Munich, ont été épargnées par des réactions aussi dures de la part des progressistes concernant l'étendue de leur propre implication documentée dans des cas d'abus cléricaux qui ont été mal gérés.

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  • La Voie romaine

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    Tous les chemins mènent-ils encore rapidement à Rome, comme les voies romaines de jadis ?  Lu dans le mensuel « La Nef » (février 2022) :

    Sévillia-Diane-2021©DR-620x330.jpg« Diane Sévillia est mère de prêtre et membre de l’équipe de La Voie romaine qu’elle nous présente.

    La Nef – Qu’est-ce que La Voie romaine, comment est née cette initiative, qui en est à l’origine et quel but poursuivez-vous ?

    Diane Sévillia – La Voie romaine est une association fondée par des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle et qui, jeunes parents ou célibataires, appartiennent à la génération qui a grandi dans l’esprit du motu proprio Ecclesia Dei de Jean-Paul II en 1988 puis du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI en 2007. Sans nier la légitimité et la validité de l’Ordo de 1970, qu’ils pratiquent selon leurs activités ou leurs déplacements, ils ont fait le choix préférentiel de la messe traditionnelle, comme l’Église leur en a donné le droit, parce qu’ils estiment que leur foi est mieux nourrie par cette liturgie. L’initiative de la Voie romaine revient à Benoît Sévillia, frère et ami de nombreux prêtres des instituts Ecclesia Dei. L’objectif de l’association est de faire connaître au Saint-Père, par des lettres qui seront portées à Rome, la stupeur et l’incompréhension des fidèles attachés à la liturgie ancienne face au motu proprio Traditionis custodes, et plus encore devant ses conditions d’application très strictes. Mises en œuvre littéralement, celles-ci aboutiraient à la suppression du rite tridentin et empêcheraient les prêtres voués à cette liturgie d’exercer leur ministère. Il y a là une injustice face à laquelle les laïcs sont en droit de manifester respectueusement leur peine, et un ébranlement très profond pour eux qui doit être entendu par l’Église car il les frappe au cœur de leur foi.

    Qui sollicitez-vous pour écrire au pape François ? Et pensez-vous que de tels témoignages puissent modifier le motu proprio Traditionis custodes ?

    Des mères de prêtres, inquiètes pour leurs fils, ont eu l’idée d’envoyer un message au pape. De là est né le projet de faire écrire les catholiques attachés de différentes manières à ce rite et de les porter à Rome, à pied, lors d’une longue marche-pèlerinage à travers la France et l’Italie. Le but poursuivi est d’attirer l’attention du clergé, des fidèles et surtout du pape, afin de lui montrer à quel point les catholiques restés fidèles au Saint-Siège et attachés au rite traditionnel ne sont pas des catholiques de seconde zone. Nous espérons obtenir une audience à Rome. Quel en sera le résultat ? Dieu en décidera. Nous espérons au moins que les dispositions touchant les prêtres célébrant le rite tridentin seront allégées. Nous allons prier et implorer la Vierge Marie et tous les saints lors de notre longue route.

    Comment expliquez-vous ce ton si sévère de Rome à l’égard de catholiques qui sont pourtant des brebis parmi d’autres dans l’Église ? Voyez-vous quand même une part de vérité dans les reproches du pape aux « traditionalistes » ?

    Je sais qu’il existera toujours des personnes plus ultras que d’autres, mais on ne fait pas une loi pour un cas particulier. Si je regarde autour de moi, parmi mes amis qui assistent habituellement à la messe traditionnelle, aucun ne refuse d’aller à la messe de Paul VI, aucun ne nie la légitimité de Vatican II, même si certains textes du concile peuvent donner matière à discussion, comme il en a toujours été dans l’Église, et aucun ne croit appartenir à la « vraie Église ». Les reproches exprimés dans le motu proprio Traditionis custodes me semblent donc hors de propos. Dans le diocèse où j’habite, celui de Versailles, les relations entre les communautés traditionnelles et le clergé diocésain sont totalement pacifiées. Quant aux questions qui se posent aux prêtres, je n’ai pas à en juger car je ne suis qu’une mère de famille. Tout ce que je sais est qu’ils n’ont commis aucune désobéissance par rapport aux règles qui leur ont été données par l’Église. Et qu’ils ont un dévouement sans limite pour leurs brebis.

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  • Le dernier jour pour approuver la proposition #ONEOFUS sur la plateforme "Conférence sur l'avenir de l'Europe"

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    #AbortionEurope : Tous ceux qui croient en la dignité de chaque être humain dès sa conception doivent se mobiliser. Vous êtes invité à approuver la proposition #ONEOFUS sur la plateforme "Conférence sur l'avenir de l'Europe" ⤵️
     https://futureu.europa.eu/processes/ValuesRights/f/12/proposals/152329

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    #AbortionEurope, today is the last day to support @oneofuseu on the platform Conference on The Future of Europe.
    Go to ↘️https://futureu.europa.eu/processes/ValuesRights/f/12/proposals/152329… and click on "Endorse"

  • Cardinalis : un magazine pour informer les cardinaux

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    Les cardinaux ne se connaissent pas et sont souvent mal informés par des médias pas ou peu au fait des subtilités ecclésiales.

    C’est pourquoi les princes de l’Eglise doivent être bien informés par un journal fidèle au Magister et qui leur permettra de se connaître mutuellement afin de prendre les bonnes décisions durant les moments importants de la vie de l’Eglise. En effet, « les Cardinaux assistent également le Pontife Romain (…) par les divers offices qu’ils remplissent en apportant leur concours au Pontife Romain surtout dans le soin quotidien de l’Église tout entière. » (Can. 349).

    C’est le rôle du magazine Cardinalis qui est traduit en anglais, italien, français et espagnol afin que chaque cardinal puisse le lire sans difficulté. Il est ensuite envoyé directement à l’adresse personnelle de tous les cardinaux.

    Le magazine Cardinalis est envoyé en quatre langues à tous les cardinaux du monde et rédigé par les meilleurs vaticanistes du moment. Le but : offrir une information véritable sur l’Eglise aux cardinaux pour qu’ils puissent prendre les bonnes décisions dans les moments importants de la vie de l’Eglise.

    Aujourd’hui l’Eglise est en crise. Les fidèles sont souvent perdus. Certains évêques, remettent parfois directement en cause le Magister de l’Eglise. L’abrogation récente du motu proprio de Benoît XVI Summorum Pontificum a suscité également de nombreuses incompréhensions chez une grande partie des fidèles. Cardinalis se propose de décrypter en profondeur cette actualité en réunissant les meilleurs vaticanistes de la planète afin d’offrir aux cardinaux une information claire et de qualité. En effet, ce sont les cardinaux qui sont les principaux conseillers du Pape durant son pontificat et qui élisent son successeur. Il est donc vital qu’ils puissent avoir accès à une information de qualité.

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  • La liturgie : un témoignage de communion d'après le pape...

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    D'Hélène Ginabat sur zenit.org :

    Et la liturgie, un témoignage de communion

    « En ce moment, où il y a partout tant de guerres », l’appel « des papes comme des hommes et des femmes de bonne volonté, n’est pas écouté », a dénoncé le pape François, ce matin encore, rappelant entre autres l’avertissement du pape Benoît XV à la veille de la première guerre mondiale. L’humanité « est championne pour faire la guerre », a-t-il déploré.

    Le pape François a reçu en audience les participants à l’assemblée plénière de la Congrégation pour les Eglises orientales, dirigée par le cardinal argentin Leonardo Sandri, ce vendredi matin 18 février 2022, dans la Salle Clémentine du Palais apostolique du Vatican.

    Après les « massacres des conflits au Moyen-Orient, en Syrie et en Irak », au « Tigré dans la région éthiopienne », sans oublier le « drame du Liban » qui perdure, « des vents menaçants soufflent encore sur les steppes de l’Europe orientale, allumant les mèches et le feu des armes et glaçant le cœur des pauvres et des innocents » qui, « eux, ne comptent pas », a alerté le pape.

    Le pape a invité les responsables des Eglises catholiques orientales à donner au monde « le témoignage de la communion » à travers la liturgie : « que chaque composante de l’unique et symphonique Eglise catholique reste toujours à l’écoute des autres traditions, de leurs parcours de recherche et de réforme, tout en maintenant, chacune sa propre originalité », a-t-il encouragé, tout « en évitant les particularismes liturgiques ».

    Voici notre traduction du discours que le pape a prononcé en italien (Texte entier).

    Discours du pape François

    Je remercie le cardinal Sandri pour ses paroles de salutations et de présentation ; et je remercie chacun d’entre vous d’être là, en particulier les personnes qui viennent de loin.

    Ce matin, vous avez prié devant la Confession de l’apôtre Pierre, renouvelant ensemble votre profession de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Nous avons accompli la même démarche avant la messe du début de mon pontificat, pour manifester, comme le disait le pape Benoît XV, que « dans l’Eglise de Jésus-Christ, qui n’est ni latine, ni grecque, ni slave, mais catholique, il n’existe aucune discrimination entre ses enfants et que tous, latins, grecs, slaves et d’autres nationalités, ont la même importance » (Encyclique Dei Providentis, 1er mai 1917). C’est vers lui, le fondateur de la Congrégation pour les Eglises orientales et de l’Institut pontifical oriental, que se tourne notre mémoire reconnaissante, cent ans après sa mort. Il a dénoncé l’incivilité de la guerre comme un « massacre inutile ». Son avertissement n’a pas été écouté par les chefs des nations engagées dans le premier conflit mondial. L’appel de saint Jean-Paul II n’a pas été écouté non plus pour empêcher le conflit en Irak.

    De même en ce moment, où il ya partout tant de guerres, cet appel des papes comme des hommes et des femmes de bonne volonté, n’est pas écouté. Il semble que le plus grand prix pour la paix doive être donné aux guerres : une contradiction ! Nous sommes attachés aux guerres, et c’est tragique. L’humanité, qui se vante de progresser dans la science, la pensée, dans beaucoup de belles choses, construit la paix à reculons. Elle est championne pour faire la guerre. Et cela nous fait honte à tous. Il faut que nous priions et demandions pardon pour cette attitude.

    Nous avons espéré qu’il ne serait pas nécessaire de redire ces paroles au troisième millénaire, et pourtant l’humanité semble encore tâtonner dans les ténèbres : nous avons assisté aux massacres des conflits au Moyen-Orient, en Syrie et en Irak ; à ceux du Tigré dans la région éthiopienne ; et des vents menaçants soufflent encore sur les steppes de l’Europe orientale, allumant les mèches et le feu des armes et glaçant le cœur des pauvres et des innocents ; eux, ils ne comptent pas. Et pendant ce temps, le drame du Liban perdure, laissant désormais de nombreuses personnes sans pain ; les jeunes et les adultes ont perdu espoir et quittent ces terres. Et pourtant, elles sont la mère-patrie des Eglises catholiques orientales : c’est là qu’elles se sont développées, conservant des traditions millénaires et beaucoup d’entre vous, parmi les membres du dicastère, en êtes les fils et les héritiers.

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  • Le cardinal Woelki empêché de reprendre ses fonctions à Cologne ?

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    De kath.net/news (Klaus Kelle):

    19 février 2022

    Les "catholiques réformateurs" et les médias locaux vont-ils faire tomber l'archevêque de Cologne ? 

    Le "Kölner Stadt-Anzeiger", qui est toujours en première ligne lorsqu'il s'agit de s'en prendre à l'archevêque dans la ville de la cathédrale, a annoncé aujourd'hui que le conseil consultatif le plus proche du cardinal Rainer Maria Woelki s'était prononcé à la quasi-unanimité contre son retour à la tête du plus grand archevêché d'Allemagne. Le conseil de l'archevêque comprend entre autres l'actuel administrateur de l'archevêché, Rolf Steinhäuser, les évêques auxiliaires Ansgar Puff et Dominikus Schwaderlapp et le vicaire général Markus Hofmann.

    Mgr Woelki est actuellement en congé sabbatique pour une durée de cinq mois, mais il compte reprendre ses fonctions le 2 mars. Des sources ecclésiastiques ont déclaré à propos de l'article du "Kölner Stadt-Anzeiger" qu'aucun vote sur le retour de Woelki n'avait eu lieu au sein du conseil de l'archevêché. Mais on en a parlé, et l'opinion était majoritairement sceptique. Ce qui, à proprement parler, est une différence considérable.

    Nous ne pouvons bien sûr que spéculer sur ce qui se cache réellement derrière ce sentiment. Il est bien possible qu'une majorité du Conseil n'ait rien contre la personne de l'archevêque de Cologne en soi, mais qu'elle doive simplement constater à quel point l'ambiance dans la ville et dans les instances ecclésiastiques est devenue mauvaise à l'égard de Woelki. Mais cela peut-il vraiment être une raison décisive pour renvoyer le cardinal fidèle à la Rome et à la foi ? Jusqu'à ce qu'un libéral prenne enfin place sur le siège épiscopal et veuille marier les couples homosexuels ? Cela serait certainement applaudi par le "Kölner Stadt-Anzeiger" et par les milieux roses à Cologne, où l'on sait que c'est le carnaval.

    Le directeur de la communication de Woelki, Christoph Hardt, l'a laissé entendre aujourd'hui en déclarant que "le conseil de l'archevêque a travaillé dans une atmosphère constructive sur des scénarios pour la période après le 2 mars". Des inquiétudes ont été exprimées quant à l'avenir de l'Eglise de Cologne. Des voix se sont également élevées pour exprimer leur scepticisme quant à la réussite d'un avenir avec le cardinal Woelki à sa tête. Et c'est là que nous entrons dans le vif du sujet. Si le cardinal ose effectivement simplement revenir et commencer son travail, alors - il n'y a aucun doute - les soi-disant "comités de laïcs", la presse monopolistique de gauche et hostile à l'Eglise dans la ville, l'Eglise de la base et tous ceux que l'on appelle ainsi, feront tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre à mal un Woelki en difficulté. Je veux dire que le feu de la critique contre Woelki dure depuis longtemps, alimenté par les mêmes "théologiens réformateurs" autoproclamés et toujours par les mêmes journaux et la chaîne publique WDR.

    Le cardinal Woelki a-t-il tout fait correctement ? Certainement pas, la querelle autour de l'expertise sur les abus sexuels, qui n'a ensuite pas été publiée, n'était pas un chef-d'œuvre stratégique si l'on veut prouver la transparence. Et sa façon de se présenter ? Beaucoup l'aiment, d'autres ne l'aiment pas. Et alors ? Et son numéro de relations publiques embarrassant avec un bateau de réfugiés en bois en guise d'autel lors de la sainte messe - il aurait vraiment pu se passer de cet accommodement avec l'esprit politique du moment. Mais il ne s'agit pas de cela - les mêmes personnes qui ont chassé son prédécesseur, le cardinal Joachim Meisner, parce qu'il était fermement attaché à la doctrine catholique et ne voulait pas bénir les couples homosexuels parce qu'il était convaincu de ne pas pouvoir le faire en raison de l'attitude de son Eglise, veulent aujourd'hui faire tomber Woelki définitivement.

    Mais le seul point décisif est négligé : l'archevêque de Cologne, le cardinal Rainer Maria Woelki, s'est-il rendu coupable d'erreurs dans l'élucidation de cas d'abus sexuels, a-t-il commis des fautes ? Pour le savoir, le pape François a spécialement envoyé de Rome deux visiteurs apostoliques sur les bords du Rhin afin de répondre à cette question. Il en est ressorti que Woelki n'avait pas commis de faute en la matière - pas dans ses relations publiques - même si - selon le pape - il avait commis de "grandes erreurs". Depuis, Woelki a pris un congé sabbatique de cinq mois, qu'il a passé entre autres aux Pays-Bas. Il prévoit de revenir le mercredi des Cendres et de célébrer une messe solennelle dans la cathédrale de Cologne.

    Malgré l'acquittement, l'exécution publique aura-t-elle lieu ? Ceux qui connaissent l'Eglise catholique allemande de l'intérieur se doutent de l'issue de cette affaire.

    Les doyens de la ville et des districts du diocèse ont entre-temps signé une "lettre d'avertissement" adressée au Vatican. Il y a quelques semaines, le conseil pastoral diocésain a organisé un vote secret sur Woelki. A cette occasion, 70 à 80 pour cent se seraient prononcés contre un retour de Woelki.

    Comment l'archevêque pourrait-t-il encore tenir ? Et si tout ne semble pas fixé, le "Kölner Stadt-Anzeiger" fera le reste.

  • Le cardinal Barbarin : "les fausses accusations contre moi sont une attaque contre l’Église"

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana (traduction de "Benoît et moi") :

    Barbarin : les fausses accusations contre moi sont une attaque contre l’Église

    « Même si j’ai été acquitté pour des faits qui se sont produits bien avant mon arrivée à Lyon, mon nom restera lié au scandale de pédophilie des prêtres ». « Ils m’ont peut-être fait payer le succès de la Manif pou Tous, mais un parlement n’a pas le droit de changer l’ordre naturel. » « J’ai réussi à me relever grâce aux prières de très nombreux amis ». « L’incendie de Notre-Dame a changé l’attitude des Français vis-à-vis de l’Église » .

    Le cardinal, ex-archevêque de Lyon, aujourd’hui aumônier des Petites Sœurs des Pauvres dans un petit diocèse, parle.

    En avril dernier, dans un silence général, la Cour de cassation française a rejeté le pourvoi formé par huit parties civiles contre l’arrêt de la Cour d’appel qui, en janvier 2020, avait acquitté le cardinal Philippe Barbarin de l’accusation de dissimulation des abus sexuels sur mineurs commis par l’ex-prêtre Bernard Preynat entre 1971 et 1991. L’ex-archevêque, qui n’est arrivé à Lyon qu’en 2002, est sorti la tête haute d’une affaire judiciaire qui l’a mis à rude épreuve et a déclenché une campagne médiatique sans précédent en France. Après avoir démissionné de la direction de l’archevêché, Barbarin travaille désormais comme simple aumônier dans une maison générale de religieuses à Saint-Pern. Il a raconté sa souffrance d’homme injustement accusé et sa proximité avec la souffrance des victimes de Preynat dans un livre, « En mon âme et conscience », publié il y a deux ans en France.

    Puis il est retourné dans le silence, engagé uniquement dans sa mission sacerdotale auprès des religieuses de Saint-Pern, avec des personnes âgées, des pauvres et des séminaristes. La semaine dernière, en Italie, nous avons de nouveau entendu parler de lui et de l’affaire Preynat après qu’un journal national [ndt: d’après mes recherches, il devrait s’agir du journal communiste Il Manifesto] ait publié la lettre que lui avait envoyée le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi de l’époque, l’actuel cardinal préfet Luis Ladaria Ferrer. La justice française a pourtant reconnu définitivement, en deux phrases, que Barbarin n’a en aucun cas tenté de couvrir les crimes du prêtre pédophile. Le cardinal a accepté de parler à La Nuova Bussola Quotidiana pour revenir sur son épreuve médiatico-judiciaire.

    Dans quelle mesure votre participation active à la saison de la Manif pour tous a-t-elle influencé le lynchage médiatique dont vous avez été victime ? Vous ont-ils fait payer ce succès?

    Beaucoup de choses ont été dites, mais qui peut le prouver ? Certains articles « de soutien » ont fait le lien. Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis l’ami de nombreuses personnes homosexuelles; beaucoup d’entre elles accepteraient de témoigner. Comme tous ses disciples, le Seigneur me demande d’aimer et de servir tous ceux qu’il met sur mon chemin, sans juger personne. Mais si le premier livre de la Bible nous dit que « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair », je ne vois pas pourquoi un Parlement a brusquement le droit de changer le sens du mot « mariage ». J’avais dit, comme d’autres, que si on touchait à ce bastion du mariage, toute la société serait bouleversée. Certains se sont moqués de cette déclaration qui était considérée comme « alarmiste » à l’époque. Moins de dix ans plus tard, nous constatons que les décisions de justice normalisent les situations de « multiparentalité » et que la maternité de substitution est à nos portes. Par ailleurs, je garde à l’esprit que nous sommes en démocratie et que, dans ce contexte, nous avons le droit d’exprimer notre accord ou notre désaccord sur un projet de loi, voire sur une loi en vigueur. Il arrive que les députés eux-mêmes souhaitent modifier une loi, même récente. C’est le cas actuellement, à l’Assemblée nationale, de la loi sur l’euthanasie, votée à l’unanimité par le Parlement français il y a tout juste quinze ans et que de nombreux députés veulent aujourd’hui modifier.

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  • Et pourquoi pas une Ukraine "neutre" ?

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    De Henrik Lindell sur le site de l'hebdomadaire La Vie :

    La neutralité de l'Ukraine, une piste évoquée pour sortir de la crise

    Pour tenter d'apaiser une situation militaire et diplomatique tendue entre la Russie et l'Occident, l'idée d'une « finlandisation » de l'Ukraine est évoquée. Mais que recouvre exactement ce terme, né pendant la guerre froide ? Et quelles seraient les implications de sa mise en œuvre ?

    18/02/2022

    Le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine et à l’Occident fait inévitablement penser, jusqu’aux mots employés, à l’ambiance du début de la guerre froide. Quelque 150 000 militaires russes massés aux frontières ukrainiennes font peser une menace terrible sur un pays indépendant.

    L'Ukraine souhaite se rapprocher de l’Occident qui, face au grand voisin de l’Est, se remobilise aussi militairement. On croirait presque au rétablissement des deux blocs du temps de la guerre froide. Le besoin d’un nouvel équilibre se fait sentir, car chacun sait que l’invasion de l’Ukraine par la Russie aurait des conséquences incalculables, une troisième guerre mondiale n’étant pas exclue.

    Des pistes de sortie de crise envisagées

    Dans ce contexte, quelle serait la solution ? Là encore, on convoque des concepts nés de la guerre froide. Alors que Moscou craint surtout l’intégration de l’Ukraine à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) – ce à quoi aspire Kiev –, le plus simple serait que l’Ukraine reste en dehors des alliances militaires et qu’elle soit « neutre ». Une telle attitude, propre aux États tampons situés entre deux camps, évoque ce qu’on appelle, en politique internationale, une « finlandisation » .

    Nombre de dirigeants et de spécialistes ont avancé cette idée. Emmanuel Macron lui-même aurait confirmé le 7 février, dans l’avion qui le conduisait à Moscou, que celle-ci faisait partie des « modèles qui sont sur la table », au grand dam de l’Ukraine. Il a par la suite démenti avoir envisagé une telle perspective, mais celle-ci fait son chemin et depuis longtemps.

    L’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine plaide pour cette solution, comme l’ont fait, avant lui, deux grands acteurs de la politique étrangère américaine durant la guerre froide : l’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger sous Richard Nixon et feu Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter. Les trois comptent, encore aujourd’hui, parmi les géopoliticiens les plus expérimentés et les plus respectés du monde.

    Un concept aux relents de guerre froide

    Mais qu’est-ce que la « finlandisation » exactement ? Le terme renvoie à la situation particulière, à partir des années d’après-guerre, de la Finlande, petit pays alors voisin de l’imposante Union soviétique, et à la politique de neutralité, pragmatique ou forcée, c’est selon. On peut étendre la signification de cette notion à l’influence qu’un pays puissant peut exercer sur les choix politiques d’un pays voisin moins puissant.

    On peut retenir aussi une connotation purement péjorative pour évoquer le choix discutable d’un État pusillanime qui se plie trop volontiers aux exigences de son puissant voisin. Ainsi les dirigeants du Parti chrétien-démocrate allemand, la CDU, qui se moquaient de l’Ostpolitik (la normalisation des relations avec l’Europe de l’Est) du social-démocrate Willy Brandt dans les années 1970, la qualifiant de « finlandisation » de l’Allemagne de l’Ouest. Sauf que ce pays n’a guère fait de concessions humiliantes au Pacte de Varsovie, qui liait militairement les pays d’Europe de l’Est à l’URSS. Mais c’est dans ce contexte que le mot fut forgé.

    Pour bien comprendre ce qu’impliquerait une finlandisation proprement dite de l’Ukraine, dont la situation face à la Russie pourrait vaguement évoquer celle de la Finlande il y a 70 ans, il vaut mieux s’en tenir à une définition stricte.

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  • La science peut-elle vraiment prouver l’existence de Dieu ?

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    galaxy-11188©Pixabay-620x330.jpg

    Formellement parlant, la science explique le « comment » et se trouve démunie devant le « pourquoi », objet de la philosophie. C’est qu’il ne s’agit pas du même ordre, il convient de les distinguer, trop souvent dans le passé, la science ayant été utilisée à tort comme une arme contre la religion.

    Lu dans le mensuel « La Nef » à propos de la parution de l’ouvrage  « Dieu, la science, les preuves » dont les auteurs, M.-Y. Bolloré et O. Bonnassies, ont vendu 135.000 exemplaires en trois mois (ils étaient la semaine dernière à Bruxelles où ils ont donné une conférence) :

    « Quand la plupart des scientifiques professionnels – fussent-ils croyants – entendent proclamer que « la science prouve l’existence de Dieu », ils lèvent les yeux au ciel, voire tapent du poing sur la table. On peut les comprendre, car si l’on prend le mot « science » en son sens strict, qui est aussi devenu le plus courant, il est faux que la science puisse faire une telle chose. Ce n’est pas une question de fait, mais une question de droit.

    Ce que l’on appelle « science » en effet depuis Galilée, n’a pas pour objet les premiers principes et les premières causes, à la façon de la métaphysique définie par Aristote (qui, certes, s’appelait « science » au Moyen-Âge), mais la réalité matérielle considérée sous son seul aspect quantifiable et mesurable. En d’autres termes, la science s’occupe du fonctionnement du monde physique, dont elle cherche à percer les lois, grâce à la méthode expérimentale et à l’outil mathématique. Elle ne s’occupe nullement de statuer sur son origine ultime – s’il en a une.

    Il est donc constitutivement impossible, par définition même de son objet et de ses méthodes, que la science prise en ce sens, c’est-à-dire la science physique mathématisée rencontre Dieu sous ses microscopes, dans ses tubes à essais ou sur le cadran de ses interféromètres. Même à titre d’entité invisible (la physique des particules n’en manque pas !), Dieu n’est pas une hypothèse scientifique : aucun système d’équations, dans un traité d’astrophysique, n’aura pour solution possible « Dieu ». Le Catéchisme de l’Église catholique affirme d’ailleurs (§ 31) que les preuves de l’existence de Dieu – car il en existe – « ne relèvent pas des preuves que cherchent les sciences naturelles ».

    Mais alors ? M.-Y. Bolloré et O. Bonnassies (B&B ci-après) se sont-ils égarés ? La science n’a-t-elle absolument rien à nous dire sur la question qui nous intéresse ? Non, pas du tout ! Ce serait mal comprendre. Il se trouve simplement qu’il existe un quiproquo sur le rôle de la science dans cette affaire. S’il est exclu que la science, en tant que telle, puisse s’intéresser à l’existence de Dieu, ni encore moins la prouver, on peut soutenir en revanche, avec B&B, que certaines données issues de la science (le Big-Bang, le réglage fin des constantes cosmologiques, l’information spécifique de l’ADN) peuvent être utilisées légitimement par la réflexion philosophique, pour construire des arguments tendant à démontrer l’existence de Dieu. C’est ce que font, sans le dire très explicitement, les auteurs du livre. D’où le potentiel malentendu.

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  • Un battement de coeur ? Mais non !

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Nous entendons tous un "battement de cœur" - le New York Times l'appelle autrement

    Un récent article du New York Times tente de forcer les résultats scientifiques et de manipuler le langage pour arriver à ses propres conclusions préférées.

    16 février 2022

    Quand un battement de cœur n'est-il pas un battement de cœur ? Apparemment, lorsqu'il est détectable dans un enfant à naître et qu'il représente une menace pour la légalité de la plupart des avortements.

    C'est ce qui ressort d'un récent article du New York Times, qui tente de saper le bien-fondé des lois sur les "battements de cœur", comme celle récemment adoptée au Texas, qui interdit la plupart des avortements après la détection d'un battement de cœur fœtal, généralement après six semaines de gestation. 

    Intitulé "Les opposants à l'avortement entendent un "battement de cœur". La plupart des experts entendent autre chose", l'article présentait un certain nombre d'affirmations qui révélaient davantage les manipulations linguistiques auxquelles les défenseurs de l'accès à l'avortement sont prêts à se livrer que tout ce qui est objectivement scientifique.

    L'affirmation centrale de l'article était que l'activité cardiaque détectée à six semaines de grossesse ne provient pas d'un "cœur", mais d'autre chose : "un tube primitif de cellules cardiaques qui émettent des pulsations et pompent le sang".

    "De nombreux futurs parents sont émus par [ces] sons lors d'une échographie", poursuit l'auteur Roni Caryn Rabin. "Mais ce que la loi définit comme le son d'un battement de cœur n'est pas considéré par les experts médicaux comme provenant d'un cœur développé, qui se forme plus tard dans la grossesse."

    Peu importe que le soi-disant "tube de cellules cardiaques" fasse ce pour quoi le cœur existe - pomper le sang - à n'importe quel stade du développement, et que les médecins puissent mesurer l'augmentation du "rythme cardiaque" (leur mot, pas le mien) entre la cinquième et la sixième semaine de gestation. Peu importe que, bien qu'il ne soit peut-être pas complètement développé à six semaines, l'organe distinctif en question soit exactement le même que celui que toute personne raisonnable identifie comme étant le cœur à n'importe quel stade ultérieur du développement - ce que l'auteur ne peut s'empêcher de noter lorsqu'elle laisse échapper que "le cœur est l'un des premiers organes à commencer à se développer" en raison de son importance dans le développement continu du fœtus dans son ensemble, pour ensuite reformuler ce cœur en développement comme étant le "tube de cellules qui deviendra un cœur".  

    (On se demande si le Times écrira ensuite un article sur la façon dont le cerveau humain n'est pas vraiment un cerveau avant l'âge de 25 ans, avant lequel les scientifiques ne le considèrent pas comme "pleinement développé").

    Et peu importe que le "tube cardiaque" n'atteigne le statut de cœur "pleinement formé" sur lequel insiste l'article qu'une semaine plus tard, faisant de l'argument du Times un simple argument sémantique sans principe. 

    Pourquoi ? Parce qu'un "cœur encore en développement mais déjà opérationnel" ne se prête pas au résultat recherché par le Times : miner la crédibilité des lois sur le battement de cœur fœtal. C'est ainsi que l'on avance le langage totalement trompeur et dénaturé du "tube primitif de cellules cardiaques".

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  • Un synode sur la prêtrise qui ne dit pas son nom ?

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    De la revue du presse de l'Homme Nouveau :

    Au quotidien n°343 : un synode non dit sur la prêtrise ?

    Ils veulent changer le sacerdoce, sa signification, sa portée. Après la France, avec le Rapport Sauvé qui met indirectement en cause le rôle traditionnel du prêtre, c’est autours de Rome de se pencher sur ce sujet à travers un symposium organisé par le cardinal Ouellet. La Croix (16 février 2022) en présente l’objectif. Un synode non déclaré sur le sacerdoce ?

    Un symposium international sur les « vocations presbytérales, laïques et consacrées », doit s’ouvrir ce jeudi 17 février à Rome. Trois jours de réflexions théologiques devant 500 personnes, dont plusieurs dizaines d’évêques. Pour la France, une douzaine a fait le déplacement.

    Depuis plusieurs jours, cette réunion de théologiens fait l’objet d’une attention croissante. D’abord en raison de ses protagonistes : inaugurée par le pape François, chaque demi-journée sera présidée par un préfet de la Curie romaine.

    S’y succéderont ainsi le secrétaire d’État Pietro Parolin, mais aussi le préfet de la Congrégation pour le culte divin Arthur Roche, ou encore l’évêque chargé de la Congrégation pour le clergé, Mgr Lazarus You Heung-sik. Une concentration relativement rare de hauts responsables de l’Église au sein d’un même événement.

    Ensuite, parce que cette conférence, voulue et organisée par le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation des évêques, se déroule dans un contexte particulier, alors que les responsables de l’Église catholique s’interrogent avec acuité, et dans le monde entier, sur la meilleure manière de porter leur message dans des sociétés de plus en plus sécularisées. Ainsi que sur la place des prêtres.

    (…)

    Faut-il voir dans ce colloque, qui s’ouvre ce jeudi 17, une manière de défendre une conception classique de la fonction du prêtre, contre la volonté de certains d’en redéfinir les contours ? « Il a d’abord été conçu pour recadrer les choses après le Synode sur l’Amazonie, pour défendre le célibat », témoigne l’un de ceux qui ont suivi de près la construction du programme. Les intervenants du colloque, financé notamment par les Chevaliers de Colomb et la revue française Communio, sont d’ailleurs pour la plupart très proches du thomisme, tenant d’une théologie classique.

    (…)

    « Notre propos n’est pas de répondre immédiatement aux questions les plus médiatiques, comme l’ordination des hommes mariés », souligne le père Vincent Siret, supérieur du séminaire français, à Rome, et membre du comité scientifique qui a préparé ce colloque. Il poursuit : « Il faut aujourd’hui réfléchir à frais nouveau sur la manière dont s’articulent le sacerdoce des prêtres et celui de tous les baptisés. » Un moyen, donc, de repenser les rapports entre prêtres et laïcs.

    « Le pape lui-même est conscient que nous sommes dans une période où il faut mettre les choses à plat en ce qui concerne la place du prêtre dans l’Église et dans la société, ses rapports avec les laïcs, avec le pouvoir », poursuit ce prêtre français, qui souligne que les rapports entre la société et les institutions, quelles qu’elles soient, ont aussi changé.

    Mais le pape François est aussi celui qui n’hésite pas, au fil de ses discours, à critiquer la rigidité et le cléricalisme de certains prêtres, voyant dans cette attitude le terrain propice à tous les abus. « Il critique une sorte d’autosuffisance, que je définirais comme une solitude à laquelle certains peuvent conférer une dimension sacrée, développe le père Siret. En fait, il insiste sur l’importance de la dimension de service. Pour lui, c’est là qu’est le sacré. »

    Lire également :

    Un symposium sur le sacerdoce dans un contexte de crise (source)

    À l’initiative du cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, le Vatican organise un vaste symposium sur le sacerdoce, du 17 au 19 février. Annoncé près d’un an à l’avance, ce colloque, qui sera introduit par le pape François, veut revenir aux fondamentaux du sacerdoce dans un contexte de crise pour l’identité du prêtre et de remise en cause du célibat sacerdotal. C’est la première fois depuis le début de la pandémie qu’un colloque aussi important est organisé au Vatican. « Le cardinal Ouellet a obtenu que cela ait lieu à l’intérieur du Vatican, dans la grande salle Paul VI. C’est un signe », souffle un prêtre qui estime que Rome voit d’un bon œil la tenue de ce symposium qui devrait rassembler quelque 500 participants – principalement des prêtres et des évêques.

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  • Le "catholicisme liquide" et la voie synodale allemande

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    De George Weigel* sur First Things :

    LE CATHOLICISME LIQUIDE ET LA VOIE SYNODALE ALLEMANDE

    16 février 2022

    Il y a vingt ans, pendant le Carême de 2002, j'ai commencé à utiliser le terme "Catholic Lite" (catholicisme allégé) pour décrire un projet qui détachait l'Église de ses fondements dans l'Écriture et la tradition : un catholicisme qui ne pouvait pas vous dire avec certitude ce qu'il croit ou ce qui fait une vie juste ; une Église aux frontières ouvertes, incapable ou non désireuse de définir les idées et les actions par lesquelles la pleine communion avec le Corps mystique du Christ est brisée. Le projet Lite catholique était typiquement promu comme une réponse pastorale aux défis culturels de la modernité tardive et de la postmodernité ; la modernité tardive et la postmodernité ont répondu, non pas avec un enthousiasme pour le dialogue, mais avec un bâillement à peine étouffé.  

    Je ne connais aucun cas où le projet Catholic Lite a conduit à un catholicisme dynamique, accomplissant le travail que le Pape Saint Jean XXIII et le Concile Vatican II ont confié à l'Église : la conversion et la sanctification du monde. Au contraire, le projet Catholic Lite a toujours conduit à une sclérose ecclésiastique. Le catholicisme qui est vivant et vital aujourd'hui est un catholicisme qui embrasse la symphonie de la vérité catholique comme la réponse à l'aspiration du monde à une véritable libération humaine et à une authentique communauté humaine : une Église de pécheurs qui s'efforce d'atteindre la perfection chrétienne. Le catholicisme qui se meurt, partout, c'est l'Église du catholic Lite.

    J'ai appris à mes dépens, cependant, que l'expression "Catholic Lite" ne se traduit pas vraiment bien dans d'autres langues. Pendant des années, j'ai imaginé que l'omniprésence mondiale des produits Coca-Cola rendrait intelligible la phrase non traduite "Catholic Lite" ; idem pour l'image suivante que j'ai commencé à utiliser, "Catholic Zero", comme dans "Catholic Lite mène inévitablement à Catholic Zero". Je vous épargnerai les détails sanglants, mais certaines traductions récentes de mon travail ont été si dégoûtantes que j'ai changé d'image et que je parle maintenant de "catholicisme liquide" : une Église au contenu allégé qui s'inspire de la culture environnante et qui s'imagine qu'elle s'occupe principalement de faire de bonnes œuvres, au sens où le monde l'entend.

    La mort susmentionnée du projet du Catholic Lite ou du Liquid Catholicism est maintenant pleinement exposée dans la "Voie synodale" allemande : un processus pluriannuel, dominé par les bureaucrates et les universitaires de l'Église, qui semble déterminé à réinventer l'Église catholique comme une forme de protestantisme libéral. Plus récemment, le Sentier synodal a décidé d'utiliser la crise des abus sexuels commis par des clercs de l'Église comme une justification pour une reddition totale à l'esprit du temps en matière d'idéologie du genre et d'éthique de l'amour humain. Il est important de comprendre, cependant, que l'échec prévisible du Sentier synodal sur ces questions "brûlantes" reflète une apostasie plus profonde qui s'exprime par deux notions évangéliques mortelles.

    La première apostasie soutient, tacitement mais sans équivoque, que la révélation divine dans l'Écriture et la tradition n'est pas contraignante dans le temps. Le Seigneur Jésus dit que le mariage est éternel ; la voie synodale peut changer cela. Saint Paul et toute la tradition biblique enseignent que l'activité homosexuelle viole le plan divin pour l'amour humain inscrit dans notre création mâle et femelle ; la Voie synodale peut changer cela, parce que nous, les postmodernes, savons mieux. Deux mille ans de tradition catholique, confirmée définitivement par le pape Jean-Paul II en 1994, enseignent que l'Église n'est pas autorisée à ordonner des femmes au diaconat, à la prêtrise ou à l'épiscopat, car cela fausserait la relation sponsale du Christ Grand Prêtre avec son Épouse, l'Église ; l'esprit du temps dit que c'est absurde et la Voie synodale allemande est en accord avec l'esprit du temps. Ainsi, voilà la première apostasie : l'histoire juge la révélation ; il n'y a pas de points de référence stables pour l'auto-compréhension catholique ; c'est nous qui sommes responsables, pas le Christ Seigneur. 

    La deuxième apostasie enseigne une fausse notion de la liberté comme "autonomie". Pourtant, la liberté authentique n'est pas "l'autonomie". L'"autonomie" est un enfant de trois ans qui tape volontairement sur un piano, ce qui n'est pas de la musique, mais du bruit (à l'exception de Mozart). La liberté authentique, c'est un musicien qui a maîtrisé les disciplines du jeu au piano (souvent par la corvée d'exercices ennuyeux), de la lecture et de l'exécution d'une partition musicale (une autre forme de règles), créant ainsi une belle musique. Comme l'Église catholique l'entend, la liberté authentique consiste à faire la bonne chose pour la bonne raison, par habitude morale (aussi appelée "vertu"). La liberté authentique n'est pas le "choix", ou tout autre mantra stupide de l'époque. La liberté en tant que volonté est un esclavage auto-induit. La liberté authentique est la libération par la vérité morale pour la bonté et la beauté.

    Le catholicisme liquide règne en maître dans les délibérations du chemin synodal allemand. Le résultat ne sera pas un renouveau évangélique mais un nouvel abandon de l'Evangile. 

    * George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, D.C., où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques.