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Débats - Page 199

  • Quel regard porter sur la révolution #MeToo ?

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    De Radio Notre-Dame :

    L'invité de Christian Makarian du 4 janvier : Sabine Prokhoris, philosophe

    "Nous allons vers une société qui ressemble à la 'promotion de la vertu prônée par les Talibans." C'est en ces termes que Sabine Prokhoris, invitée de Christian Makarian ce matin, décrit les conséquences de la révolution #MeToo.

    Émission du 4 janvier 2022 : SABINE PROKHORIS

  • Traditionis custodes ou la fin d'une tentative de conciliation

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    Du chanoine Laurent Jestin sur le site de la Revue Catholica :

    Fin d’une tentative de conciliation

    4 Jan 2022

    Traditionis custodes, la lettre apostolique en forme de motu proprio du pape François « sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 », a frappé par les restrictions pratiques drastiques qu’elle contient. La lettre aux évêques l’accompagnant énonce le terme visé : l’extinction de la messe célébrée selon l’usus antiquior, ce qui, plus que le ton abrupt que tous ont noté, fait de ces restrictions un changement de cap radical. Mais quel en est le fondement ? Nombre de récipiendaires, souvent pour s’en désoler ou s’en déclarer exempts, se focalisent sur l’accusation d’une collusion entre missel ancien et refus du concile Vatican II et du magistère postérieur. C’est se tromper sur l’importance de ce motif effectivement invoqué. Il est second et, pour le bien comprendre dans la logique du motu proprio, il convient de relever une première opposition, plus fondamentale, à la source du raisonnement de Traditionis custodes. Cela, qui n’apparaît qu’en filigrane dans la lettre d’accompagnement adressée aux évêques, se trouve développé par celui qu’à bon droit on considère comme l’un des inspirateurs du document papal et son interprète le plus autorisé, à savoir Andrea Grillo[1]. C’est ainsi un commentaire sur trois niveaux –  le motu proprio lui-même, la lettre qui l’accompagne, l’explicitation d’Andrea Grillo – que nous nous proposons d’entreprendre, avec pour centre l’article 1er du motu proprio, dans le parti pris assumé d’un accord substantiel entre les deux premiers et le troisième niveau.

    Lire la suite sur le site de la Revue Catholica

  • Le pape recourt-il trop souvent à des décisions autoritaires (motu proprio) ?

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    C'est l'avis du vaticaniste Aldo Maria Valli (en traduction française sur le site "Benoît et moi") :

    "Alors qu’on est sans nouvelles de la réforme de la Curie romaine (le document correspondant, la constitution apostolique Praedicate Evangelium, a désormais disparu des radars), la prolifération des lois émises par décision directe du pape, sous forme de motu proprio, sans l’implication de la curie, est remarquable. Une prolifération qui se heurte au discours constant de François sur la synodalité.

    Pour nous limiter à l’année 2021 qui vient de s’achever, voici la liste, à rebours, des lois émises par François sous la rubrique « motu proprio » [MP].

    • Lettre apostolique en forme de « Motu Proprio » par laquelle le Saint-Père institue la Commission pontificale pour la vérification et l’application du M. P. Mitis Iudex dans les Eglises d’Italie (17 novembre 2021)
    • Lettre apostolique en forme de « Motu Proprio » du Pape François Traditionis custodes sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 (16 juillet 2021)
    • Lettre apostolique en forme de « Motu proprio » du Pape François Antiquum ministerium instituant le ministère de catéchiste (10 mai 2021)
    • Lettre apostolique en forme de « Motu Proprio » du Souverain Pontife François modifiant la juridiction des organes judiciaires de l’État de la Cité du Vatican (30 avril 2021)
    • Lettre apostolique en forme de « Motu Proprio » du Souverain Pontife François concernant les dispositions sur la transparence dans la gestion des finances publiques (26 avril 2021)
    • Lettre apostolique en forme de « Motu Proprio » du Souverain Pontife François concernant la limitation des dépenses pour le personnel du Saint-Siège, du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican et d’autres entités connexes (23 mars 2021)
    • Lettre apostolique en forme de Motu Proprio du Souverain Pontife François concernant les changements en matière de justice (8 février 2021)
    • Lettre apostolique en forme de Motu Proprio, sur la modification du canon 230 § 1 du Code de droit canonique concernant l’accès des personnes de sexe féminin au ministère institué du Lectorat et de l’Acolytat (10 janvier 2021).

    Comme on le voit, un rythme remarquable. Mais huit motu proprio en un an, ce n’est pas un record. En 2016, en effet, François en a émis neuf, tout comme en 2019. En 2020, il y en a eu six, en 2017 quatre. En 2013 et 2015, trois, en 2014 et 2018, deux.

    Si l’on compare cette production avec celle de Benoît XVI, la différence est évidente. De 2005 à 2013, le pape Ratzinger n’a émis que treize motu proprio en tout, avec ce rythme : deux en 2005, aucun en 2006, deux en 2007, aucun en 2008, aucun en 2009, un en 2010, deux en 2011, trois en 2012, trois en 2013.

    Si nous revenons ensuite à Jean-Paul II, nous voyons que son maximum était de trois motu proprio par an (en 1988, 1994, 1999), mais normalement il se limitait à un ou deux par an, et pendant quatre ans (1990, 1991, 1995, 1996) il n’en a émis aucun.

    Geraldina Boni, consultante du Conseil pontifical pour les textes législatifs (un organe que Bergoglio a de facto privé de ses fonctions de révision et de contrôle) ne cache pas son inquiétude face au centralisme et à la surproduction juridique de François. Caractère organiques des lois et sécurité juridique sont des souvenirs lointains. Les règles sont souvent rédigées par des commissions créées par le pape, dans un désordre auto-alimenté car, face aux problèmes d’interprétation, arrivent des changements et des corrections qui produisent une confusion supplémentaire.

    Concernant la méthode avec laquelle François gouverne l’Église, des observateurs bien informés n’hésitent pas à parler d’absolutisme monarchique débridé et de Babel juridique. Un style sans comparaison avec les papes qui l’ont précédé.

    Mais le synode lui-même, que François exalte souvent et qui devrait représenter le triomphe de la collégialité, est compris par Bergoglio de manière singulière, comme nous l’avons vu dans les deux synodes sur la famille. De plus, le pape, malgré son exaltation (en paroles) de la synodalité, ne convoque plus les cardinaux à un consistoire et n’a donc plus de discussion ouverte avec eux.

    Le recours fréquent à l’approbation en forme spécifique de chaque nouvelle norme émise par un dicastère fait également partie du tableau. En fait, la formule exclut toute possibilité d’appel.

    Le professeur Paolo Cavana, professeur de droit canonique et ecclésiastique à l’Université libre Maria Santissima Assunta de Rome, en illustrant la situation, n’a pas hésité à parler d’une « dérive » qui « apparaît tout à fait inhabituelle dans l’Eglise catholique ». En effet,

    dans la production législative de ce pontificat, le droit tend à être perçu de manière prépondérante comme un facteur organisationnel et disciplinaire, c’est-à-dire comme une sanction, et toujours dans une fonction d’instrumentalisation par rapport à des choix de gouvernement bien déterminés, et non pas aussi comme un instrument fondamental de garantie des droits (et d’observation des devoirs) des fidèles.

    https://ilregno.it/attualita/2021/16/francesco-poco-canonico-paolo-cavana

    Des mots, il faut le noter, écrits non pas dans une publication hostile à François, mais dans Il Regno [une revue « catho-progressiste », ndt]. Et sous ce titre : François (peu) canonique."

  • L’esprit de la liturgie, de Benoît XVI à François : deux mondes vers la rupture ?

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    Retour sur un entretien de KTO avec Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, lors de la démission du pape Benoît en 2013 :

  • La réponse d'un médecin catholique aux FAQ sur les vaccins et traitements COVID-19

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    Du National Catholic Register (traduction : https://www.deepl.com/fr/translator)

    28 décembre 2021

    Le Dr. Gwyneth Spaeder est une pédiatre à Raleigh, NC. Elle a fréquenté l'Université de Dallas. Elle a obtenu son diplôme de médecine à la Johns Hopkins School of Medicine, où elle a également effectué sa résidence en pédiatrie. Elle a été auteur et rédactrice invitée pour le National Catholic Bioethics Quarterly.

    Réponse d'un médecin catholique aux FAQ sur les vaccins et traitements COVID-19

    Partie I : Un examen de l'histoire et des données sur les vaccins à ARNm

    "Il n'y a aucune raison physiopathologique ou historique de croire qu'un effet secondaire nouveau, jamais vu auparavant, de l'un ou l'autre des vaccins à ARNm COVID-19 se produira soudainement des mois ou des années après son administration" -- Dr Gwyneth Spaeder

    Le débat public sur les vaccins COVID, leur efficacité et leur moralité a été sérieusement déformé par la désinformation, souvent transmise sur Internet et dans les médias sociaux par des personnes bien intentionnées. 

    Je souhaite apporter des réponses à certaines questions fréquemment posées et présenter une critique constructive sur les affirmations et conclusions incomplètes ou incorrectes que j'entends fréquemment. J'écris en tant que médecin qui a passé les 20 derniers mois à travailler avec des patients COVID et leurs familles. J'écris en particulier en tant que pédiatre qui a vu des enfants perdre leurs parents et grands-parents, des mois d'éducation et parfois leur propre santé à cause de ce virus. 

    J'écris également en tant que mère qui a essayé d'équilibrer mon appel professionnel en tant qu'épouse et mère avec mon devoir envers mes patients ; de concilier ce que je sais être scientifiquement valide avec mon désir de ramener ma vie familiale à la normale, et de continuer à travailler avec mon mari pour élever nos enfants dans la foi catholique, en utilisant les défis de ce moment historique pour souligner que le catholicisme honore à la fois la foi et la raison.

    La Note 2020 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur la moralité de l'utilisation de certains vaccins anti-COVID-19 s'est-elle appuyée sur des données incomplètes ? 

    A ce jour, la déclaration catholique la plus autorisée sur les vaccins COVID est la Note 2020 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi concernant l'utilisation de certains vaccins COVID-19. On prétend parfois qu'au moment où la Note a été rédigée, les données étaient incomplètes tant sur la nature de la conception que sur les composants utilisés dans les vaccins à ARNm produits par Pfizer et Moderna. Il est compréhensible que de nombreuses personnes se soient interrogées sur l'utilisation de la technologie ARNm lorsque ces vaccins ont reçu l'autorisation d'utilisation en urgence de la Federal Drug Administration. 

    Ce n'est toutefois pas le manque de données, mais la méconnaissance de la science en cause par le grand public qui a suscité ces inquiétudes. Un bref rappel de la biologie s'impose ici, car une grande partie des préoccupations initiales que j'ai entendues de la part de parents de patients, ainsi que d'amis, était due à la crainte erronée que l'injection d'ARNm dans nos muscles puisse en quelque sorte modifier notre génome unique. Cela ne peut tout simplement pas se produire.

    L'ARN messager, ou ARNm, est une molécule qui indique à notre organisme comment fabriquer des protéines. Une fois la protéine fabriquée, l'ARNm est dégradé et éliminé du corps avec d'autres déchets. Ce processus ne se produit que dans un sens. Il n'y a jamais de risque de modification du génome de la personne vaccinée, car le processus de transcription et de traduction par lequel les protéines sont fabriquées ne fait qu'avancer : De l'ADN à l'ARN à la protéine. Il ne peut pas fonctionner en sens inverse. (L'exception à cette règle concerne les enzymes de transcriptase inverse, comme celles contenues dans le VIH, un rétro-virus, mais qui ne sont absolument pas présentes dans les vaccins à ARNm).

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  • "L'Église s'est conformée au monde et n'a pas su faire passer son message particulier"

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    De kath.net/news; une interview du théologien et psychothérapeute Reinhard Pichler :

    Quand l'idéologie supplante la vérité

    29 décembre 2021

    "Mais dans l'ensemble, en cette période de détresse, on constate que l'Église s'est conformée au monde et n'a pas su faire passer son message particulier" - Interview du théologien et psychothérapeute Reinhard Pichler dans "VISION 2000".

    Qu'est-ce qui caractérise notre époque ? Et : comment les chrétiens devraient-ils réagir aux défis spirituels de la pensée mondaine dominante ? C'est sur ces questions que porte l'entretien suivant.

    Nous parlons des signes des temps, c'est-à-dire des tendances de l'évolution spirituelle. Quelles sont celles que tu considères comme significatives aujourd'hui ? Et dans quelle mesure est-il important pour les chrétiens de s'y confronter ?

    Reinhard Pichler : Je vois trois grands courants de développement qui arrivent à leur terme. Je veux dire par là qu'il y a des développements dont on peut reconnaître qu'ils ne peuvent pas continuer ainsi. Le premier courant de développement spirituel est le suivant : les gens ne trouvent plus de sens - et nulle part : ni dans la relation, ni dans l'Eglise, ni dans l'argent, ni dans la profession, ni dans le développement de carrière, ni dans le sport...

    Comment faut-il comprendre cela ?

    Pichler : Tout cela arrive à un point final, parce que plus haut, plus vite, plus loin - d'une certaine manière, cela ne va plus. Un exemple : les choses folles qui se déroulent au Hangar 7, c'est-à-dire les sports extrêmes : par exemple le saut stratosphérique de Felix Baumgartner à 40 kilomètres d'altitude. Ou encore : l'escalade de cascades de glace est déjà folle, mais il existe des vidéos Youtube dans lesquelles on voit des vététistes descendre de telles cascades et survivre d'une manière ou d'une autre ! Ce sont tous des exemples d'activités fondamentalement perverses et dénuées de sens.

    Ce sont des exemples dans le domaine du sport. Mais tu as aussi mentionné le domaine professionnel...

    Pichler : Je connais des gens qui sont responsables d'une fortune tellement importante ou de tant de collaborateurs qu'ils ne peuvent plus appréhender cette responsabilité. Pire encore, elles ne saisissent plus le sens réel de leur activité. Un exemple : pour de nombreuses entreprises, il ne s'agit même plus de savoir si elles fournissent un service utile et offrent des emplois sûrs, mais uniquement de connaître le cours de leurs actions. Il en va de même dans le secteur immobilier, où l'on construit de plus en plus pour le fait de construire...

    Tu as aussi parlé des relations...

    Pichler : Même les personnes croyantes abordent aujourd'hui les relations soit avec de trop grandes attentes, soit avec une désillusion complète. Les médias y contribuent également, car c'est un autre domaine dans lequel nous en arrivons à épuiser le sens. Avec les reportages actuels, on est constamment confronté à la question : qu'est-ce qui est vrai et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Il est aisé de se perdre dans la multitude d'informations contradictoires. La confusion est parfois systématiquement encouragée.

    En résumé, nous perdons en grande partie la dimension de sens de notre vie quotidienne ?

    Pichler : Oui, et là, je dois aussi parler du domaine de l'Église. Ici aussi, le mystère essentiel de la souffrance, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, qui devrait être au premier plan des événements ecclésiaux, est perdu de vue. Tant d'éléments secondaires obstruent ce regard. L'Église met surtout en avant ses activités sociales, s'engage dans la protection du climat, de nombreux services religieux donnent l'impression que la foi est avant tout un événement et que l'église est un lieu de rencontre. C'est ainsi que le regard sur le mystère de la foi est occulté. Un autre exemple : quand un groupe veut lancer dans la paroisse la consécration de 33 jours à Jésus par Marie, le curé s'y oppose parce que cette action diviserait la paroisse si un acte de consécration public devait avoir lieu le 8 décembre dans l'église.

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  • Journée mondiale de la Paix : quelle consistance ?

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    De Stefano Fontana sur le site du Daily Compass :

    Journée mondiale de la paix : où est la substance ?

    31-12-2021

    Pauvreté, migrations, dégradation de l'environnement, climat : depuis quelque temps, les messages pour la Journée mondiale de la paix se concentrent sur des thèmes contingents, avec le risque sérieux d'enchevêtrer l'Eglise dans des visions politiques partisanes et en guerre les unes contre les autres.

    Le message pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2022 est consacré par François à trois sujets très importants en soi : le dialogue entre les générations, l'éducation/la formation et le travail.  Ces trois sujets sont "actualisés" par le Message dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et de la crise plus générale qu'elle génère. Les phrases/images habituelles reviennent dans le texte : le cri des pauvres et le cri de la terre, le changement climatique et la dégradation de l'environnement, tout est interconnecté, le contrat social, le soin de la maison commune, la suppression des barrières et la construction de ponts, un pacte qui promeut l'éducation à l'écologie intégrale, la durabilité, l'alliance entre les personnes et l'environnement.

    Comme nous le savons, les textes des messages de la Journée de la Paix ne sont pas écrits par les papes eux-mêmes. Ils étaient autrefois rédigés au sein du Conseil pontifical Justice et Paix, puis revus par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et la Secrétairerie d'État. Aujourd'hui, il semble que ce ne soit plus le cas, mais on ne sait pas non plus précisément quel est leur cours réel. Cela signifie qu'il est naturel que les phrases habituelles du pape, ses expressions les plus récurrentes, celles qui sont habituellement présentes dans les médias qui rapportent sa pensée, soient bien représentées, comme dans une revue de compilation, dans des documents de ce type, même si cela signifie qu'ils ne perdent pas leur caractère de slogans et le renforcent même.

    Dans le De Civitate Dei, saint Augustin dit que la paix est "tranquillitas ordinis", la tranquillité de l'ordre. Dans une autre de ses œuvres, il affirme que "sans charité, il ne peut y avoir de paix" et dans De laude pacis, il dit que "avoir la paix signifie aimer". La tranquillité de l'ordre signifie que la paix n'est pas le désordre, c'est-à-dire l'injustice ("il y a une justice parfaite là où il y a la paix"), mais la construction de la coexistence communautaire selon une règle naturelle, selon l'ordre de la création, qui concerne aussi les relations sociales. Lorsque la nature [entendue ici non pas comme l'environnement naturel mais comme l'ordre naturel des choses] n'est pas respectée, il y a désordre, violence et injustice et, par conséquent, la paix est empêchée : "sans justice, les royaumes ne sont que de grands voleurs". L'ordre naturel, cependant, ne peut être respecté sans un ajout surnaturel, c'est-à-dire sans la charité, c'est pourquoi saint Augustin dit que sans la charité (chrétienne), il ne peut y avoir de paix.

    Les contingences historiques peuvent être une incitation accidentelle à œuvrer pour la paix, mais elles ne peuvent en être le fondement. La dégradation de l'environnement, ou la course aux armements qui détourne les ressources du secteur éducatif, les multiples difficultés générées par la pandémie sont des occasions de s'engager pour la paix et il est juste de les mettre en évidence, mais les fondements ultimes sont d'ordre naturel (agir dans le respect de l'ordre conforme à la finalité des choses) et surnaturel (puiser dans la charité de la vie divine). En d'autres termes, ils concernent la raison et la foi, la nature et la grâce, la politique et la religion. Dans les messages pour la Journée mondiale de la paix, nous constatons depuis quelque temps un déplacement de l'attention de cette dimension, que nous pouvons appeler "haute" ou substantielle, vers l'autre dimension, que nous pouvons appeler "basse" ou accidentelle. Certes, nous ne pouvons pas détourner notre regard du "moment" que nous vivons, mais ce moment n'est pas obscurci, il est plutôt illuminé si on le considère à la lumière de l'éternel.

    En se concentrant presque exclusivement sur les contingences d'aujourd'hui, à l'exception peut-être de l'utilisation bien établie d'une citation biblique initiale, on court le grand danger de se laisser entraîner par des visions politiques partisanes qui s'affrontent et s'approprient des positions particulières. Les messages de la Journée mondiale de la paix entendent s'adresser à tous, et c'est pourquoi ils se répartissent sur le panorama des besoins actuels plutôt que sur les fondamentaux que j'ai évoqués plus haut. Mais ce faisant, ce qui est dit devient relatif et produit l'effet inverse : tout le monde ne s'y reconnaît pas, précisément parce qu'il est alourdi par des choix partisans. 

    L'interconnexion de la dégradation de l'environnement et du réchauffement climatique est un exemple de ces positions partisanes sur des questions contingentes. Parler de l'"interconnexion" comme d'un fait positif nous empêche de clarifier les ambiguïtés du phénomène ; d'applaudir les "nombreux jeunes qui luttent pour un monde plus juste et plus solidaire afin de sauvegarder la création, confiée à nos soins. Ils le font avec inquiétude et enthousiasme, et surtout avec un sens des responsabilités face au changement de cap urgent que nous imposent les difficultés nées de la crise éthique et socio-environnementale actuelle", implique également de se rendre disponible à l'indifférence des jeunes et à l'exploitation politique des mouvements de jeunesse.

    Saint Augustin a souligné l'aspect spécifiquement chrétien dans la considération du thème de la paix, qui ne doit jamais faire défaut. Au contraire, nous finissons par dire des choses grammaticalement correctes mais syntaxiquement peu claires. Et surtout, nous finissons par dire des choses qui sont plus formelles que liées au contenu. Par exemple, le dialogue : "Dialoguer, c'est s'écouter, se confronter, se mettre d'accord, marcher ensemble". Mais on ne peut s'empêcher de se demander : A quel sujet ? Sur quoi ? Pour quoi ? Vers quoi ?

  • "Ceux qui préparent le prochain conclave"

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    Le collège des cardinaux comptera dix cardinaux électeurs de moins en 2022 :

    Le Collège des Cardinaux perdra 10 cardinaux électeurs en 2022

    I.Media pour Aleteia - 28/12/21

    Au 31 décembre 2022, le Collège des Cardinaux comptera 110 électeurs et 105 non-électeurs.
    Actuellement composé de 120 cardinaux électeurs qui peuvent élire un futur pape lors d'un conclave, le Collège des cardinaux perdra 10 cardinaux électeurs pour cause d'âge en 2022. Au 31 décembre 2022, le Collège des cardinaux comptera 110 électeurs et 105 non-électeurs, sans compter les décès ou la nomination éventuelle de nouveaux cardinaux par le pape François.

    Les dix cardinaux qui atteindront l'âge canonique de 80 ans et perdront leur droit de vote en cas de conclave sont :

    7 janvier : le cardinal Ricardo Ezzati, archevêque émérite de Santiago (Chili).
    7 avril : le cardinal Gualtiero Bassetti, archevêque de Pérouse, président de la Conférence épiscopale italienne (Italie).
    13 avril : le cardinal Ricardo Blazquez Pérez, archevêque de Valladolid (Espagne).
    6 juin : Le cardinal Norberto Rivera Carrera, archevêque émérite de Mexico (Mexique).
    3 septembre : Le cardinal Gregorio Rosa Chávez, évêque auxiliaire de San Salvador (El Salvador).
    22 septembre : Le cardinal Rubén Salazar Gomez, archevêque émérite de Bogota (Colombie).
    1er octobre : Le cardinal Giuseppe Bertello, président émérite du gouvernorat de la Cité du Vatican (Italie).
    18 octobre : Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture (Italie).
    7 novembre : Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque émérite de Paris (France).
    29 décembre : Cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, Archevêque de Tegucigalpa (Honduras).

    Il est intéressant de noter que cette liste comprend deux cardinaux membres du Conseil des cardinaux (ou C7), l'organe chargé d'accompagner le pape François dans sa réforme de la Curie. Il s'agit des cardinaux Bertello et Maradiaga.

    Le Collège des Cardinaux étant sur le point de passer sous la barre des 120 électeurs - le nombre maximum en théorie mais le minimum en pratique depuis 20 ans - on peut s'attendre à ce que le Pape François crée de nouveaux cardinaux lors d'un consistoire au début de l'année prochaine.

    Sur FSSPX.news, on peut lire cette analyse sur les perspectives qui s'ouvrent pour le prochain conclave :

    Qui sont ceux qui préparent le prochain conclave ?

    28-29 DÉCEMBRE, 2021
    Entrée en conclave, le 12 mars 2013

    Au cours de l’entretien qu’il a eu avec ses confrères jésuites en Slovaquie, le 12 septembre 2021, le pape François avait dénoncé le comportement suspect de certains prélats, pendant et après son opération chirurgicale du 4 juillet. « Ils préparaient le conclave », avait-il déclaré.

    La révélation d’une sorte de conspiration visant à préparer sa succession a suscité l’étonnement de plusieurs commentateurs dont celui de Giovanni Butta, repris sur le site d’Aldo Maria Valli le 28 septembre. La surprise ne venait pas tant du contenu de cette révélation que de celui qui la faisait…

    On se souvient, en effet, que le cardinal Jorge Mario Bergoglio a lui-même bénéficié du soutien efficace et discret de prélats progressistes pour son élection.

    Sur ce point, on peut se reporter à la Confession d’un cardinal [Jean-Claude Lattès, 2007] où, de façon anonyme, le cardinal Achille Silvestrini (1923-2019) avoue que des réunions ont eu lieu en vue de préparer la succession de Benoît XVI, dès le début de son pontificat.

    Egalement, on peut consulter la biographie du cardinal Godfried Danneels (1933-2019), [Karim Schelkens Jurgen Mettepenningen Godfried Danneels, Polis éd., Anvers, 2015] où le prélat belge désigne sous le nom de « mafia de Saint-Gall » le groupe des prélats qui se rencontraient, à l’initiative du cardinal Silvestrini, dans cette ville suisse.

    Un mois après cette révélation du pape sur un hypothétique « complot », le journaliste Francesco Boezi reconnaît sans peine, dans un article d’Il Giornale du 17 octobre, que les factions à l’intérieur du Collège cardinalice s’organisent déjà « afin de n’être pas prises au dépourvu lorsque le sede vacante [la vacance du Siège apostolique] commencera ».

    Le journaliste italien décrit une assemblée d’électeurs actuellement divisée en trois grands courants : les cardinaux « bergogliens », « progressistes » et enclins à poursuivre la réforme de l’Eglise ; les « ratzingeriens », « conservateurs » et désireux de recentrer l’Eglise ; et le « grand centre » qui regroupe les hauts prélats oscillant entre les deux fronts.

    Francesco Boezi note que les « ratzingeriens » se comptent aujourd’hui « sur les doigts d’une main ». Ce qui lui fait dire que l’élection d’un nouveau pape de tendance conservatrice est « totalement improbable ».

    Dans l’hypothèse d’une large prééminence du clan progressiste, le journaliste affirme qu’il y aurait « beaucoup de noms pour la papauté », dont celui du cardinal philippin Antonio Tagle ou encore de l’Allemand Reinhard Marx.

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  • Sur les petits écrans : « Le Tour du monde en 80 jours » revisité

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    « Le Tour du monde en 80 jours » revisité : Phileas Fogg est un anti-héros, Passepartout est d'origine malienne, le détective Fix une femme journaliste

    Des chaînes francophones comme France 2 et la RTBF diffusent depuis la semaine dernière les premiers épisodes du « Tour du monde en 80 jours », une version « modernisée » du chef-d’œuvre de Jules Verne, portée par le Britannique David Tennant.

     

    Extraits de la version de 1956 avec David Niven dans le rôle de Phileas Fogg

    Coproduite pour l’Alliance européenne (un consortium de télévisions publiques notamment française, britannique, belge, italienne et allemande), ce feuilleton tourné en anglais met en scène David Tennant dans la peau du gentleman Phileas Fogg aux côtés de l’acteur d’origine malienne Ibrahim Koma dans le rôle de son fidèle serviteur Jean Passepartout. On a avait déjà plus tôt cette année, le très français Arsène Lupin incarné par Omar Sy, acteur d’origine sénégalaise exilé en Californie. Qui propose ces acteurs d’origine africaine dans le rôle de Français lors des « réinventions » des classiques de la littérature française ?

    Il s’agit donc d’une version « modernisée » du chef-d’œuvre de Jules Verne. C’est ainsi que le détective Fix du livre disparaît dans cette version. Il est remplacé par une journaliste intrépide et féministe, Abigail Fix. Passepartout, comme on l’a vu est un Français d’origine africaine. Quant à Fogg, c’est un antihéros. La princesse indienne sauvée in extremis d’un satî disparaît. Pas de mariage en vue entre elle et Fogg donc. L’idylle naît plutôt sous nos yeux entre Passepartout au torse nu et avantageusement brillant et Abaigail Fix de plus en plus émoustillée. Idylle que Fogg, grand distrait, ne voit pas naître. On comprend sa cécité : Ibrahim Koma n’a pas le visage avenant d’un jeune premier avec son nez busqué et épaté.

    Extraits de la version 2021

    Cette version « réinventée » a visiblement bénéficié des largesses des diffuseurs publics européens : les décors, costumes, animations et trucages respirent l’argent. Elle est plus animée que la version de 1956. La version avec David Niven, assez fidèle au roman de Jules, pêchait aussi par des scènes longues qui viraient au documentaire folklorique, sans doute intéressant à une époque où très peu de gens prenaient l’avion. Malgré ces défauts, le long métrage de 1956 était un véritable divertissement familial qui ne donnait pas dans la culpabilisation.

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  • Une "adresse au pape François" (Pro Liturgia)

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    De Pro Liturgia :

    Adresse au pape François :

    Saint Père,

    Par votre Motu proprio « Traditionis custodes », vous avez souhaité limiter l’usage de la célébration de la liturgie romaine dans la forme qu’elle avait avant le concile Vatican II. Nul ne saurait vous reprocher cette initiative ; nul ne saurait vous reprocher de veiller à ce que l’unité de l’Église latine puisse se réaliser et s’exprimer à travers l’unité de la liturgie romaine.

    Cependant, on comprend mal - très mal, même - que votre attention se focalise presqu’exclusivement sur la forme dite « extraordinaire » de la liturgie et que vous ne disiez rien au sujet des très nombreux prêtres, évêques en tête, qui depuis maintenant plus de cinquante ans s’emploient en toute liberté à distordre et à dénaturer le rite romain tel qu’il a été ordonnancé à la suite de Vatican II. Votre silence sur cette réalité vécue - pour ne pas dire « institutionnalisée - dans une majorité de paroisses fait que vous privez de nombreux fidèles d’une authentique célébration de la foi catholique ; que vous faites obstacle à la transmission de ce qu’exprime notre liturgie par une harmonieuse continuité de ses rites ; que, finalement, sans le vouloir expressément, vous encouragez ces mêmes fidèles à ne plus fréquenter les églises, à ne plus pratiquer.

    Saint Père, nous ne mettons en cause ni votre autorité ni votre gouvernance pastorale ; ce qui nous pose un réel problème, c’est l’angle sous lequel vous abordez la question liturgique : fermeté à l’encontre de ceux qui s’en tiennent à la forme de la liturgie en usage avant Vatican II et magnanimité à l’égard de ceux qui, messe après messe, outrepassent les enseignements conciliaires et enfreignent, au nom d’une « pastorale » dont on n’a jamais vu les fruits, les principes liturgiques précisés dans le Missel romain que vous considérez à juste titre comme normatif.

    Saint Père, dans la lettre explicative qui accompagne et explicite votre Motu proprio, vous reprenez à votre compte les mots de votre prédécesseur Benoît XVI : « Dans de nombreux endroits on ne célèbre pas de façon fidèle aux prescriptions du nouveau Missel [lequel est] même compris comme une autorisation ou jusqu’à une obligation à la créativité, qui conduit souvent à des déformations à la limite de ce qui est supportable. » Or voilà plus de cinquante ans que les fidèles qui ont compris et accepté Vatican II sont obligés de se conformer à contrecœur à des célébrations qui sont à la limite du supportable ou même carrément insupportables. N’est-il pas temps d’entendre ces fidèles ? N’est-il pas temps de rendre à ces fidèles la liturgie que l’Église entend leur donner aujourd’hui ?

    Saint Père, avec « Traditionis custodes », nous avons pu avoir l’impression, à tort ou à raison, que vous cherchiez à contourner le vrai problème auquel l’Église doit faire face, à savoir la désagrégation de la liturgie avec, pour corollaire, l’affaiblissement de la foi et de la morale ainsi que la chute des vocations et de la pratique dominicale. Nous attendons donc de vous une nouvelle exhortation, un nouveau Motu proprio qui, cette fois, mettrait l’accent sur la nécessité de connaître et de faire connaître, de respecter et de faire respecter la liturgie. Et de rappeler fermement le rôle primordial joué par nos évêques dans cette entreprise décisive pour l’avenir de notre Eglise : c’est leur crédibilité autant que notre fidélité à l’Église qui est désormais en jeu.

    Avec notre filial respect.

  • "Traditionis custodes" : François s'est-il vengé de Benoît XVI ?

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    Du site katholisch.de :

    L'auteur Martin Mosebach accuse le pape François de se venger de Benoît XVI

    Les nouvelles explications du décret "Traditionis custodes" sur la soi-disant messe ancienne suscitent des critiques de la part de l'auteur Martin Mosebach : le pape François se serait ainsi vengé de son prédécesseur Benoît XVI, selon ses reproches.

    25.12.2021

    L'écrivain Martin Mosebach reproche au pape François de vouloir se venger personnellement de son prédécesseur Benoît XVI en limitant l'ancienne messe en latin. Le septuagénaire a déclaré au journal "Welt am Sonntag" qu'il avait certes pensé qu'une telle mesure était possible, mais qu'il était parti du principe "qu'on attendrait la mort de Benoît XVI pour le faire, dans l'esprit de la politesse curiale". Ici, un élément de vengeance personnelle est manifestement entré en jeu".

    François n'aurait pas pardonné à Benoît, poursuit Mosebach, "le fait que ce dernier ait influencé l'issue du synode amazonien avec son livre sur le sacerdoce début 2020 et lui ait fait perdre l'abrogation du célibat obligatoire qui était en fait souhaitée". Cela aurait mis le pape très en colère : "Il a maintenant rendu la pareille en s'attaquant à l'ancienne messe, c'est-à-dire à la liturgie qui était une préoccupation majeure de Benoît et qu'il avait expressément réhabilitée".

    A la question de savoir pourquoi les catholiques conservateurs parlaient volontiers d'obéissance, mais "répétaient maintenant la révolte" parce que le pape repoussait l'ancienne messe, l'auteur a répondu que le pape était strictement lié à la tradition, à ce que l'Eglise avait toujours enseigné et fait. "Si le pape François met la main sur la tradition, il ne peut plus obliger les fidèles à obéir. Surtout, il s'attaque ainsi au fondement sur lequel repose la papauté. Le rite tridentin n'est pas tombé du ciel, il s'est développé historiquement".

    Nouvelle lettre sur "Traditionis custodes

    Le week-end dernier, le Vatican s'était exprimé dans une nouvelle lettre sur des ambiguïtés dans l'interprétation du décret du pape "Traditionis custodes" (Les gardiens de la tradition) de juillet. Le préfet de la Congrégation pour le culte divin, Arthur Roche, a confirmé que François avait établi par ce décret la "forme ordinaire" de la messe comme "unique mode d'expression" du rite romain de la messe. La forme extraordinaire de 1962, en latin et dos au peuple de l'Eglise, autorisée dans une plus large mesure par Benoît XVI en 2007, ne pourra donc plus être célébrée qu'exceptionnellement et dans des conditions particulières.

    Le décret est contesté dans les milieux conservateurs. Selon les mots de François, les directives doivent contrer les tendances à la division au sein de l'Église. Les défenseurs de la liturgie traditionnelle déplorent, outre le contenu du document, son ton sévère.

    L'auteur Martin Mosebach s'était déjà exprimé à plusieurs reprises en tant que partisan de l'ancienne messe et critique acerbe du pape François. En 2015, il lui avait par exemple reproché son désintérêt pour la théologie. Depuis plus de 20 ans, il demande en outre à l'Eglise catholique de revenir à la messe en latin. En 2002, il a publié une polémique contre la réforme de la liturgie après le Concile Vatican II (1962-1965). Le titre provocateur du livre : "Hérésie de l'informe. La liturgie romaine et son ennemi". (KNA)

  • Que répondre à des gens qui vous disent que Jésus avait des frères et des sœurs ?

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    De Kathy Schiffer sur le site du National Catholic Register :

    Comment réagir lorsque les gens disent que Jésus avait des frères et des sœurs

    Dès les premiers jours qui ont suivi la résurrection, l'Église a cru que Marie était une vierge perpétuelle et que Jésus n'avait pas de frères et sœurs biologiques.

    22 décembre 2021

    "N'est-ce pas là le charpentier, fils de Marie, frère de Jacques, de Joses, de Judas et de Simon, et ses sœurs ne sont-elles pas ici avec nous ?" -Marc 6:3

    Jésus avait-il des frères et des sœurs ? Certaines personnes pensent que l'Évangile de Marc semble le dire.

    Et pas seulement dans l'Évangile de Marc. Dans Luc 8:19-21, le sujet revient sur le tapis. Jésus est interpellé par une foule rassemblée pour l'entendre parler. La foule dit : " Ta mère et tes frères sont dehors, ils veulent te voir. " 

    Mais Jésus, au lieu d'inviter le reste de sa famille à entrer, les congédie, profitant de l'occasion pour enseigner la proximité qu'il ressent envers ceux qui gardent sa parole.

    "Qui sont ma mère et mes frères ?" demande-t-il. "Ma mère et mes frères sont ceux qui entendent la parole de Dieu et la mettent en pratique."

    * * * * * * *

    Parmi les spécialistes protestants des Écritures, certains considèrent que des versets comme celui-ci prouvent que Marie a eu, en fait, d'autres enfants avec Joseph après avoir donné naissance à Jésus. Le bibliste James Tabor en dresse la liste sur son blog : Jacques, Joses, Judas et Simon et, selon certains témoignages, Marie et Salomé.

    L'Église catholique rejette cependant ces affirmations, qui vont à l'encontre de l'enseignement dogmatique de l'Église sur la virginité perpétuelle de Marie.

    D'où vient donc l'idée des catholiques que Marie n'a jamais eu de rapports sexuels et n'a jamais eu d'autres enfants ? Et pourquoi Joseph aurait-il accepté cet accord, de toute façon ?

    Qui est votre frère ?

    Dans le langage courant, il n'est pas rare de désigner quelqu'un comme son "frère" alors qu'il n'y a pas de lien physique de sang. Nous, chrétiens, sommes tous "frères en Christ". Le terme "frère" peut désigner quelqu'un avec qui vous partagez un lien de sang - ou il peut désigner quelqu'un qui n'est pas biologiquement lié, mais avec qui vous partagez une amitié commune ou un lien ethnique.

    Il en va de même dans les Écritures. Le terme grec pour "frère", adelphos, peut se référer non seulement à des parents de sang, mais aussi à des cousins éloignés ou, plus largement, à d'autres personnes avec lesquelles on partage un lien spirituel.

    Considérons, par exemple, la Genèse 13:8 : "Alors Abram dit à Lot : 'Ne nous disputons pas entre toi et moi, ni entre tes bergers et les miens, car nous sommes frères'."

    Dans ce cas, le terme "frère" est utilisé pour décrire Abraham et Lot - qui ne sont pas des frères biologiques mais plutôt un oncle et un neveu.

    Et saint Paul, écrivant sa première lettre aux Corinthiens (15, 6), décrit les personnes qui ont vu Jésus après sa résurrection, y compris ses "frères" : "Ensuite, il [Jésus] est apparu en même temps à plus de cinq cents frères, dont beaucoup sont encore avec nous, mais dont quelques-uns se sont endormis."

    Paul n'essayait certainement pas de prétendre que Marie avait donné naissance à plus de 500 enfants !

    * * * * * * *

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