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Débats - Page 203

  • La névrose médiatique par temps de Covid

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    Lu sur le site web « aleteia » :

    « Le bombardement d’informations massives, constantes, répétées, crée un climat de dépendance névrotique qu’analyse le journaliste  Louis Daufresne. Au lieu de responsabiliser, ce bombardement aliène entre les mains des experts… qui ne s’y retrouvent plus eux-mêmes.

    overdose médiatique 61EUYuHrpPL.jpgMichel Lejoyeux dirige le service psychiatrique de l’hôpital Bichat. Voici quinze ans, il publia un petit essai remarqué, Overdose d’info, guérir des névroses médiatiques (Seuil, 2006). À relire par temps de Covid. Le médecin réfléchit aux dépendances à ce que nos grands-parents appelaient « les nouvelles ». Qui pouvait imaginer que l’information fonctionne comme l’alcool ou la cigarette ? Lejoyeux distingue trois symptômes et ceux-ci jouent à plein régime depuis l’épidémie de la Covid.

    La rhétorique de la peur : « moi » est la cible

    La personnalisation, d’abord : « Je suis la première victime de tout ce qui arrive. » L’actualité s’abat sur mes épaules comme la misère sur le monde. Sans pare-chocs intellectuel ou spirituel, les bolides du malheur percutent ma pauvre carcasse et à chaque gnon, c’est tout mon être qui s’en retrouve plus cabossé. De la rue, par la fenêtre des living-rooms, on voit les ombres du dieu TV se dilater sur les écrans géants. Tout le domicile s’ordonne à son adoration. Ces ombres montent jusqu’au plafond, enveloppent l’atmosphère, la terrorisent. L’être solitaire et urbain communie tous les jours à ce spectacle.

    Lire la suite sur Aleteia.org : la névrose médiatique par temps de Covid

    Lire aussi :Alerte sur les effets du Covid sur la santé mentale des jeunes

  • Quand le pape compare les camps de réfugiés aux camps d'extermination d'Hitler et de Staline

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    Lu sur Riposte catholique :

    Camps de réfugiés comparés aux camps nazis: la bourde du Pape François ?

  • L'optimisme prudent des pro-vie américains

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    D'Ermes Dovico sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    La Cour suprême maintient les espoirs des pro-vie

    4-12-2021

    Les neuf juges de la Cour suprême des États-Unis ont entendu les arguments des parties dans l'affaire Dobbs. À la lumière des questions des juges, la possibilité de renverser Roe ou, à tout le moins, d'approuver la loi du Mississippi interdisant l'avortement après 15 semaines reste ouverte. Dans ce dernier cas, le vote du juge Roberts pourrait être le vote décisif.

    L'arrêt Roe v. Wade sera-t-il annulé ou restera-t-il en vigueur ? Depuis quelques jours, cette question, qui divise les Américains depuis près d'un demi-siècle, est plus pressante que jamais, à l'intérieur et à l'extérieur des frontières des États-Unis. Mercredi 1er décembre, la Cour suprême a entendu les arguments des parties impliquées dans l'affaire Dobbs contre Jackson Women's Health Organization, qui oppose l'État du Mississippi aux organisations pratiquant l'avortement. L'administration Biden est du côté de ces derniers. L'objet du litige est le HB 1510, une loi qui interdit les avortements après 15 semaines de gestation, sauf en cas d'urgence médicale et d'anomalie grave du fœtus. La principale question qui se pose à la Cour est de savoir si toutes les interdictions d'avorter avant la viabilité, c'est-à-dire avant que la conception puisse survivre en dehors de l'utérus, sont inconstitutionnelles.

    L'affaire Dobbs est considérée par les experts comme la plus importante depuis l'arrêt Casey v Planned Parenthood de 1992, qui a confirmé le droit à l'avortement introduit par Roe en 1973, mais qui, en ce qui concerne la possibilité pour les États d'introduire des restrictions, a remplacé la norme des trois trimestres (aucune restriction à introduire au cours du premier trimestre, certaines au cours du deuxième, interdiction possible au cours du troisième sauf pour des raisons de "vie ou de santé" de la mère) par une évaluation de la probabilité de survie de l'enfant.

    Eh bien, après le débat général qui s'est déroulé le 1er décembre au matin, les parties ayant présenté leurs arguments dans le respect des délais impartis et répondu aux questions des neuf juges suprêmes, les commentateurs pro-vie conservent généralement, avec quelques distinctions, un optimisme prudent quant à la possibilité de renverser Roe ou du moins de le limiter, avec des effets en cascade sur l'ensemble du système d'avortement. Un scénario également considéré comme réaliste par l'autre camp, étant donné l'inquiétude exprimée par plusieurs médias libéraux après l'audience de la Cour suprême.

    Cet optimisme prudent repose sur les questions et le raisonnement des juges nommés par les Républicains (6), qui ont les moyens, s'ils le souhaitent, de réécrire l'histoire judiciaire américaine en faveur de la vie. Du côté des conservateurs, le vote du juge Clarence Thomas, qui, bien avant Dobbs, avait souligné que rien dans la Constitution américaine n'empêche un État fédéral d'interdire l'avortement, semble acquis. À ses côtés, l'avocat le plus fiable du banc était Samuel Alito, qui, dans son interrogatoire, a pressé Julie Rikelman, représentante légale de la Jackson Women's Health Organization et d'autres avorteurs, sur un point précis : l'incohérence et l'arbitraire de la loi dans l'établissement de la ligne avant et après laquelle il est légal ou non de prendre la vie d'un enfant à naître. Alito a également mis Elizabeth Prelogar, procureur général du gouvernement fédéral, en grande difficulté sur le principe du stare decisis (s'en tenir à ce qui a été décidé précédemment), lui faisant valoir qu'une décision "manifestement erronée" devrait être annulée à tout moment, sans autre considération. Le juge conservateur a rappelé le tristement célèbre arrêt Plessy contre Ferguson, un jugement de 1896 qui a confirmé la légitimité de la ségrégation raciale et qui, 58 ans plus tard seulement, a commencé à être démantelé (par l'affaire Brown et les suivantes).

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  • Peut-on questionner le rapport Sauvé ?

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    L'Homme Nouveau publie dans son numéro 1748 du 4 décembre huit pages exceptionnelles sur les décisions prises par les évêques de France lors de leur assemblée à Lourdes. Pour analyser ces décisions il était nécessaire de revenir sur le rapport de la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l'Eglise (CIASE) qui est à l'origine d'une grande partie des décisions sus-mentionnées. En parallèle de la sortie de ce numéro, huit membres de l'Académie catholique de France ont rédigé une note divulguée dans la presse et mettant en doute la méthodologie du rapport Sauvé. Face à ce travail de fonds Mgr Emmanuel de Moulin-Beaufort a annoncer démissionner de cette instance, sans répondre sur le bien-fondé de cette note. Est-ce à dire qu'il n'est plus possible de dialoguer dans et avec l'Eglise ? Philippe Maxence recevait pour parler de ce sujet : le Père Michel Viot, l'abbé Celier, l'abbé Guelfucci et Guillaume de Thieulloy.

  • La démission de Mgr Aupetit : pourquoi tant de précipitation ?

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    D'Aline Lizotte sur Smart Reading Press :

    LE VERDICT EST TOMBÉ : LE PAPE ACCEPTE DE DÉMETTRE L’ARCHEVÊQUE DE PARIS DE SA CHARGE ÉPISCOPALE

     
    Il n’a fallu que huit jours depuis la parution le 25 novembre de l’article accusatoire du Point, pour que l’on en arrive à l’acceptation par le pape, le 2 décembre, de la démission de l’archevêque de Paris ! Face à un tel séisme, le peuple chrétien, déjà sous le coup du rapport Sauvé, doit chercher à comprendre. Sans se laisser impressionner par le manteau de la honte dont on veut couvrir l’Église…C’est ce jeudi à midi que l’on a su la nouvelle, un semaine après que Mgr Michel Aupetit, ayant pris connaissance de l’article publié dans Le Point du 25 novembre, remettait sa charge épiscopale entre les mains du pape François. L’acte était parfait. Puisque c’est le pape qui nomme les évêques là où s’exercera leur pouvoir épiscopal de sanctifier, gouverner et enseigner cette partie du peuple de Dieu qu’est un diocèse, c’est à lui de juger et de démettre celui qui en est le titulaire. Il est le seul à déterminer la pertinence de son acte. Le peuple de Dieu n’a rien à dire !

    LE PEUPLE CHRÉTIEN DOIT CHERCHER À COMPRENDRE

    Rien à dire ne signifie pas ne rien comprendre. Pour le peuple chrétien de France, l’autorité morale de l’archevêque de Paris est plus forte que le périmètre de son autorité juridique. Si ce peuple n’a rien à dire, cela ne signifie pas qu’il ne doit rien comprendre. Du côté de Mgr Aupetit, il ne s’agit pas d’une décision émotionnelle. Préoccupé avant tout d’assurer, du mieux qu’il le pouvait, sa charge épiscopale que, de droit, il avait reçue du Christ lui-même par l’autorité du Pontife suprême, il a pris conseil auprès du cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et de Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique en France. Les deux prélats lui auraient conseillé de remettre sa charge, afin d’éviter une plus grande division dans le peuple chrétien.

    Si le peuple chrétien de France n’a rien à dire, cela ne signifie pas qu’il ne doit rien comprendre.
    Mgr Aupetit le dit très bien dans sa lettre qui commente la décision du pape. Cette lettre est un modèle d’humilité, de grandeur et de sens ecclésial. Faisant allusion à cette histoire de relation ambiguë avec une femme, il ajoute : ce n’est pas pour ce j’ai fait ou n’ai pas fait, avant de recevoir la charge du diocèse de Paris, que je remets ma charge au pape – si cela était, j’aurais démissionné bien avant – mais pour le bien du diocèse. Le pape François a donc pris rapidement sa décision, afin d’éviter une plus grande division chez les catholiques de France !Rien à dire, rien à comprendre exige-t-il de ne pas ouvrir la bouche ? Le peuple de France a-t-il quand même le droit de dire sa tristesse ou sa souffrance ? L’archevêque est condamné pour sa brutalité et son absence d’écoute, qui se seraient manifestées, entre autres, dans l’affaire du collège Saint-Jean-de-Passy et surtout dans l’affaire de la paroisse Saint-Merry. Mais était-ce la décision de l’archevêque d’envoyer les huissiers, en plein congé scolaire, au directeur de Saint-Jean-de-Passy, pour lui annoncer son congédiement comme directeur de l’établissement ? Cette décision, l’archevêque ne l’a connue que la veille au soir de son exécution. Est-ce une faute grave de la part de Mgr Aupetit de fermer le Centre pastoral de Saint-Merry, qui semblait avoir adopté le style de son premier curé, Daniel Duigou, célèbre pour ses fantaisies liturgiques et ses théories morales radicalement contraires à l’enseignement de l’Église ? Il prétendait aider les «pauvres», les divorcés remariés, les homosexuels, les adeptes du LGBT, non pour leur permettre de trouver une voie de vérité, mais pour les conforter dans leur comportement ! Mgr Aupetit a-t-il été insensible à la charité apostolique du cardinal Marty, fondateur de la paroisse et de son centre pastoral, en la confiant à l’œuvre de Sant’Egidio, dont on sait le charisme d’assistance aux pauvres ? A-t-il fait une faute, alors que les deux curés précédents avaient été contraints de démissionner, incapables de continuer à recevoir les insultes et les sarcasmes venus des directeurs de ce centre ?Mais il y a l’histoire de cette femme qui porte le scandale et qu’une certaine presse ressort, trop heureuse de donner un peu de sexe en pâture à ses lecteurs. Alors qu’il était vicaire général à Paris, Mgr Aupetit aurait fait une erreur de distribution de courrier à sa secrétaire, lui donnant une lettre à envoyer, sans se rendre compte que ce qu’il donnait était écrit pour la femme avec laquelle il aurait eu des relations «intimes et ambiguës». Cela passe comme du caramel sur une tartine. Quelle secrétaire avait donc Michel Aupetit, qui n’aurait pas fait connaître à son patron direct cette erreur ? Comment aurait-elle gardé cette lettre et l’aurait-elle remise à un membre plus élevé de sa hiérarchie ? Et le vicaire général ne s’en serait pas aperçu ? Si cette secrétaire a vraiment fait cela, elle a trahi son chef immédiat ! Et la chose n’aurait été connue qu’en 2020, alors que l’accident de distribution daterait de 2012 ? Il y a un certain nombre d’invraisemblances dans cette histoire !Mgr Aupetit a répondu discrètement. Sans nier l’existence d’une femme qui, à un moment donné, est intervenue dans sa vie, il semble nous laisser entendre que cette dernière a tenté de prendre trop d’importance. Ce qui est bien loin d’être rare. Il n’y a pas que les prêtres «célibataires» qui abusent des femmes consentantes. Il y a aussi – et ô combien ! – des femmes qui harcèlent les prêtres. S’il y avait eu relations sexuelles clandestines, le prêtre en aurait-il d’abord parlé à son chef hiérarchique et non à son confesseur ? Mgr Aupetit nie complètement toute relation d’intimité sexuelle. Pourquoi ne pas l’entendre et se délecter de cette petite histoire grasse qui salit l’archevêque et renforce le parti pris médiatique contre lui ?

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  • Chili : rejet d'une proposition de loi visant à dépénaliser l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Chili : les députés rejettent la dépénalisation de l’avortement

    2 Déc, 2021
     

    Mardi, les députés chiliens ont rejeté une proposition de loi qui visait à dépénaliser l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse[1]. Elle avait été déposée en 2018 par l’opposition de gauche (cf. Des députées chiliennes déposent un projet de loi en vue de légaliser l’avortement jusqu’à 14 semaines). Les mêmes députés l’avaient approuvée en septembre (cf. Chili : la Chambre basse du Parlement vote l’avortement jusqu’à 14 semaines), mais ils ont rejeté la version modifiée adoptée par la Commission[2]. Le texte est ainsi « gelé » et ne pourra revenir devant le Parlement avant un délai d’un an.

    Au Chili, l’avortement est légal depuis 2017 en cas de danger pour la vie de la mère, de non viabilité du fœtus ou encore en cas de viol (cf. Le Chili dépénalise l’avortement dans certains cas).

    Par ailleurs dans ce pays, une proposition de loi visant à « légaliser le mariage entre personnes de même sexe » doit être examinée lundi prochain par une commission mixte paritaire, avec des conséquences sur l’adoption et la filiation des enfants. Plusieurs points ont « suscité des désaccords », notamment « l’élimination de motifs de divorce en cas de changement de sexe » ou l’ouverture à la GPA. Si le Parlement vote ce texte, le président devra encore le ratifier.

    [1] 65 votes contre, 62 votes pour et une abstention

    [2] La Commission avait « adapté [le texte] à la loi existante sur l’identité de genre ».

    Sources : AFP (30/11/2021) ; France 24 (2/12/2021)

  • Etats-Unis : la politique d'avortement rendue au peuple ?

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Etats-Unis : « L’annulation de « Roe » rendra la politique d’avortement au peuple »

    2 Déc, 2021

    Les 1er et  2 décembre 2021, la Cour suprême examinait la plainte de Lynn Fitch, Procureur Général du Mississippi qui défend la loi de l’État sur l’avortement. Le Gestational Age Act interdit l’avortement après 15 semaines de grossesse (cf. Etats-Unis : L’avortement devant la Cour suprême). Lynn Fitch a porté plainte devant la Cour suprême des Etats-Unis, afin d’invalider son arrêt « Roe vs. Wade » qui autorise l’avortement aux Etats-Unis « tant que le foetus n’est pas “viable”, soit vers 22 à 24 semaines de grossesse ».

    Pour Scott Stewart, représentant de l’Etat, « mettre un terme à “Roe v. Wade” permettra, comme avant 1973, à chaque Etat de décider d’autoriser ou non les avortements et de rendre “la décision au peuple” ». Car lorsque la Cour suprême a rendu son arrêt Roe contre Wade, « elle a créé une série de règles spéciales qui ont confisqué la politique de l’avortement en la maintenant derrière les tribunaux, où des juges non élus décident le sort des lois du peuple », estime Lynn Fitch.

    Une Cour divisée

    Les positions des magistrats sont partagées. « Une interdiction après 15 semaines ne me semble pas un changement énorme par rapport à la viabilité, c’est la règle adoptée par une majorité de pays », estime John Roberts, le chef de la Cour.

    De son côté le juge Brett Kavanaugh estime que la Cour devrait « être scrupuleusement neutre », et donc « laisser cette décision aux élus ». « Si les gens pensent que tout est politique, comment la Cour pourrait-elle survivre ?”, estime quant à elle Sonia Sotomayor. Le président Biden a confirmé son soutien au maintien de l’arrêt.

    Des lois annulées en justice

    Depuis l’arrêt « Roe vs. Wade », les Etats ont tenté d’élaborer de nouvelles lois promouvant notamment « la défense du caractère sacré de la vie et la protection de la santé des femmes », affirme Lynn Fitch. Mais, elles ont été annulées par le pouvoir judiciaire. (Cf. Avortement au Texas : la Cour suprême laisse la loi en vigueur ; Texas : la loi interdisant les avortements après 6 semaines bloquée temporairement par un juge).

    Les évolutions du droit, des politiques publiques et de la société ont offert aux femmes la possibilité de concilier vie professionnelle et vie de famille, indique le procureur. De même, les lois « Safe Haven » existent désormais dans tous les Etats. Elles permettent aux femmes de confier leur nouveau-né à un établissement.

    Ouvrir un véritable débat

    L’arrêt « Roe vs. Wade » a créé de fortes oppositions entre les Américains, déplore Lynn Fitch. Il a plongé la « société dans un chaos », en obligeant « les Américains à décider entre être pro-vie ou pro-choix ».

    « Confiante dans le peuple américain », elle se dit « certaine que lorsque la Cour renversera Roe, un débat honnête sur une politique juste s’ensuivra » Un débat « difficile » qui pourra aboutir à des conclusions variables d’un État à l’autre« Mais c’est le rôle que la Constitution nous a donné, à nous, le peuple, et c’est le rôle que la Cour doit nous rendre maintenant. »

     

    Sources : The Washington Post, Lynn Fitch (28/11/2021) ; AFP (01/12/2021)

  • L'enquête de Famille Chrétienne sur la démission de l'archevêque de Paris

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    Lu sur le site de Famille Chrétienne :

    Démission de Mgr Aupetit : les raisons de la décision du pape François
    2/12/2021

    Six jours seulement. François n’a pas traîné pour statuer sur le sort de l’archevêque de Paris. Sans l’avoir préalablement rencontré - mais joint par téléphone selon nos informations -, le pape a accepté jeudi 2 décembre la démission de Mgr Michel Aupetit. Le couperet est tombé sans crier gare et a surpris tout le monde, même les observateurs les plus aguerris des arcanes du monde ecclésial. Dans l’entourage de l’archevêque, c’est la sidération. « On ne s’attendait pas à ça, confie un proche. En vérité, c’est un choc cosmique ! Nous recevons des centaines de messages de consternation à l’archevêché. Ces gens ne croient pas à cette soi-disant affaire de ‘petite copine’. Ils estiment que cette histoire est une chose impossible et que Rome s’est tout simplement trompé. Certains messages sont même empreints de colère. »

    Mais de rares voix osent établir un lien entre la rapidité de la décision romaine et la gravité des faits qui seraient reprochés à Mgr Aupetit. Depuis la publication par l’hebdomadaire Le Point d’un article à charge contre l’archevêque parisien, les langues se délient et les accusations mettant en cause « le comportement ambigu » de Mgr Aupetit – selon ses propres mots – avec une femme s’étayent. Selon les informations recueillies par Famille Chrétienne, les faits qui lui sont reprochés pourraient être bien plus graves qu’un simple mail adressé par erreur à sa secrétaire en 2012, et justifieraient à eux seuls la décision expéditive du Saint-Père.

    Une relation intime avérée selon une source proche

    Selon une source proche du dossier, la décision de Rome est en rapport direct avec la réalité des affaires de mœurs reprochées à Mgr Aupetit par Le Point. L’archevêque de Paris avait démenti avec force auprès de l’hebdomadaire toute relation sexuelle avec la destinataire de son mail, ...

    La suite est en accès payant sur le site de Famille Chrétienne

    Le Forum Catholique en publie de larges extraits

  • Le wokisme : une idée chrétienne devenue folle ?

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    De Jean-Pierre Denis sur le site de l'AntiEditorial.fr :

    Le wokisme, nouveau visage du militantisme

    Êtes-vous woke ? C’est un mot, un petit mot anglais. Ce mot, woke, certains n’en ont jamais entendu parler. Et pourtant, d’autres sont en train de s’écharper à ce sujet. L’AntiÉditorial s’est plongé dans ce concept, certains disent cette nouvelle idéologie.

    De quoi s’agit-il ?  

    Woke… rien à voir évidemment avec le wok asiatique utilisé en cuisine ou au Scrabble. Pour les uns, c’est la seule façon de voir le monde, le grand combat pour la justice, voire la cause des causes. Pour les autres, c’est la nouvelle lubie venue des États-Unis, la nouvelle idéologie, voire la nouvelle folie. Mais en vrai, c’est quoi le woke ?

    C’est d’abord le passé simple du verbe to wake up, « se réveiller ». Être woke, c’est ouvrir les yeux sur les injustices raciales et sexuelles et penser le monde à partir de cette grille de lecture. C’est considérer que ces oppressions réelles ou ces violences symboliques, que personne ne semblait voir, sont en fait aveuglantes. Et elles ne sont pas le fait des individus, mais le produit d’une culture. Il ne faut donc pas seulement lutter contre les discriminations. Il faut combattre le système pour abattre une structure sociale.

    En 1939, un chanteur de blues, Lead Belly emploie le mot pour la première fois dans un sens militant, engagé contre le racisme. En juin 1965, Martin Luther King l’utilise dans un discours à l’université Oberlin, dans l’Ohio. En 2008, il y a eu la chanson d’Erykah Badu, Master Teacher. Son refrain lancinant, I stay woke, est devenu viral. Puis le concept a fini par échapper à l’artiste.

    En quelques années, on a changé de dimension. Du mot, on est passé au phénomène de société. C’est à partir du moment où le terme a été repris par le mouvement américain Black Lives Matter qu’il s’est vraiment imposé dans les médias et sur les réseaux sociaux. En 2016, un documentaire sur le mouvement Black Lives Matter s’intitule, justement, Stay woke.

    Le triangle woke

    Et pourtant, le racisme n’est déjà plus que l’un des sujets du mouvement wokeL’historien Pap Ndiaye parle d’un « triangle militant qui mobilise une partie de la jeunesse mondiale ». À l’angle de l’antiracisme s’ajoute la lutte contre le réchauffement climatique. Selon Pap Ndiaye, « Greta Thunberg est une figure typiquement woke ». Et le troisième angle, c’est l’égalité femmes-hommes, la lutte contre les violences sexuelles et contre le sexisme, la défense des minorités sexuelles ou même de minorités dans ces minorités.

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  • Vers une nouvelle guerre scolaire ?

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    De Ralph SCHMEDER, responsable du Service de presse du diocèse de Liège :

    La menace d’une nouvelle guerre scolaire ?

    Chère lectrice, cher lecteur,

    D’habitude, le mois de décembre est un mois paisible. Le temps de l’Avent, dont les lumières éclairent l’obscurité de l’hiver naissant, conduit vers la fête de la Nativité, fête de la paix. Qu’en sera-t-il cette année puisque le cours de religion dans nos écoles est une fois de plus en danger ?

    Le 22 novembre laissera des traces d’une autre époque, avec un triste air déjà vu de guerre scolaire. Lors d’une déclaration conjointe, des parlementaires issus du Parti Socialiste, d’Ecolo et du Mouvement Réformateur, trois partis de la majorité de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ont présenté les conclusions du groupe de travail en charge d’un examen du cours d’Education à la Philosophie et à la Citoyenneté (EPC). Sans avoir consulté les représentants des cultes, ils recommandent l’augmentation de ce cours à deux heures par semaine dans l’officiel et la suppression de l’obligation du cours de religion. L’enseignement libre serait alors le seul réseau où le cours de religion serait encore clairement inscrit dans le programme.

    Dès l’annonce de ce projet, le porte-parole francophone de la conférence des évêques, Tommy Scholtes, a immédiatement réagi : « Cela me paraît une grave erreur de sortir les cours de religion ou de morale de la grille scolaire habituelle des élèves. Si la constitution en son article 24 demande qu’on organise un cours, ce n’est pas pour le sortir de la grille. C’est oublier que la religion et la morale font partie de manière constitutive de la vie sociale et culturelle des jeunes citoyens que sont les élèves. Transférer de manière facultative le cours en le rendant à option, c’est laisser place à toutes sortes d’initiatives qui seront organisées en dehors des écoles et donc du contrôle d’une inspection scolaire. »

    A l’heure où j’écris ces lignes, la première vague d’indignation dans le monde catholique est déjà passée, et on peut espérer que l’Eglise (comme d’ailleurs les autres religions) puisse encore faire entendre sa voix pour répondre à cette nouvelle attaque. Même si ce projet ne concerne que les écoles officielles, on peut penser qu’il ne s’arrêtera pas là. Tôt ou tard, on remettra aussi en question le cours de religion dans le réseau des écoles catholiques. Le mardi 23 novembre, j’ai assisté à une réunion « en distanciel » du conseil presbytéral, où l’assemblée (y compris notre évêque et son vicaire général) s’est prononcée à l’unanimité pour la nécessité de se défendre par rapport à ces tentatives de plus en plus ouvertes de faire disparaître l’enseignement de la religion chrétienne dans nos écoles.

    Un confrère curé témoignait : « Dans les écoles communales de mon Unité pastorale, déjà à l’heure actuelle, il n’y a plus eu de cours de religion depuis deux ans, et à la catéchèse de profession de foi, on sent déjà clairement la différence de niveau de culture religieuse entre les enfants qui fréquentent l’officiel et ceux qui sont dans une école catholique ».

    Comment réagir ? Les représentants des cultes n’ont plus les mêmes appuis politiques que par le passé. Faut-il lancer des pétitions, écrire des cartes blanches dans la presse ? La mobilisation des parents, qui devraient réclamer le droit à une formation aux valeurs chrétiennes, est une autre possibilité qui pourrait avoir un certain poids.

    Toute cette discussion est un bon exemple de cette « guerre froide » malheureuse qui divise notre société, entre ceux qui veulent réduire la pratique d’une religion à une affaire strictement privée et ceux, dont je suis, qui restent persuadés que les valeurs (morales et spirituelles) véhiculées par les religions sont des biens publics constitutives de notre société. Une « société laïque », est-ce une société dirigée par une certaine laïcité dont l’idéologie est le combat contre les religions établies, notamment le catholicisme et l’islam ? Est-il encore permis de rêver d’une société où il y a de la place pour toutes les convictions, où on peut s’enrichir mutuellement, dans le respect de ceux qui se réclament du Dieu de Jésus-Christ, d’Allah ou de Bouddha ?

    Mais que ces rumeurs de guerre idéologique ne nous empêchent pas de nous préparer intérieurement à la fête de l’Incarnation de Dieu dans notre monde. Déjà il y a 2000 ans, un petit nouveau-né, venu au monde dans une étable à Bethléem, a fait frémir les puissants de son temps. Et pourtant, il est venu pour annoncer la paix de Dieu et pour inaugurer ce qu’il appellera lui-même le « Royaume des cieux ».

  • France : toujours plus d'avortement...

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    De Gènéthique Magazine :

    Toujours plus d’avortement : un débat idéologique de plus à l’Assemblée

    1 Déc, 2021

    La deuxième lecture de la proposition de loi visant à « renforcer le droit à l’avortement » (PPL Gaillot) s’est achevée mardi 30 novembre, après 9 heures de débat, seulement. Elle a été votée par 79 voix contre 36.

    Au cours de cette 2ème journée de discussion, si la clause de conscience spécifique n’a finalement pas été supprimée (cf. La clause de conscience : seule rescapée de la « loi Gaillot »), le prétendu « droit à l’avortement » a été vivement défendu par la majorité face à la protection de la vie humaine soutenue par plusieurs députés.

    Le renforcement du « droit à l’avortement » acté : une victoire de l’idéologie féministe

    Aucun amendement n’a été adopté concernant l’article 1er, disposition phare du texte.

    L’allongement du délai à 14 semaines de grossesse a été voté, malgré l’opposition bien présente : le rejet de l’amendement proposant sa suppression a donné lieu à une égalité des voix.

    Le droit d’être informée et de choisir sa méthode d’IVG reflète l’idée que l’avortement est uniquement un « droit des femmes », laissant penser que le médecin n’est là que pour réaliser une prestation réclamée par sa patiente.

    L’extension de la compétence des sages-femmes en matière d’IVG a été renforcée à l’article 1bis par l’adoption de 4 amendements.

    Par 4 amendements de Cécile Muschotti (LREM), Annie Chapelier (LREM), et Marie-Noëlle Battistel (PS), les sages-femmes pourront désormais pratiquer une IVG chirurgicale jusqu’à 14 semaines dans un établissement de santé (amendements n° 432, 457, 438, 439).

    La suppression du délai de 48h suivant l’entretien psycho-social a été maintenue à l’article 1er Ter.

    Le seul délai restant de 48h après l’entretien psycho-social facultatif a été supprimé définitivement, malgré l’indignation de plusieurs députés : « Prendre le temps de réfléchir n’est pas un signe de faiblesse. La femme a le droit de douter, d’avoir cette liberté de choisir ! », s’exclame Nathalie Bassire (LR), quand Philippe Gosselin (LR) appelle à « cess[er] de mettre une pression sur les femmes ».

    La suppression de la clause de conscience a été amendée avec succès par 3 députés

    La clause de conscience spécifique est maintenue mais un répertoire des médecins et établissements pratiquant des avortements sera créé (cf. La clause de conscience : seule rescapée de la « loi Gaillot »).

    L’obligation de soigner a été étendue définitivement à la contraception d’urgence à l’article 2bis A

    Les articles 2bis et 2ter relatifs au délit d’entrave et l’« accès à l’IVG » n’ont pas été modifiés :

    Un rapport sur le délit d’entrave et l’accès à l’IVG est désormais prévu. Les efforts pour amender leur contenu sont restés lettre morte.

    Certains députés ont pourtant insisté sur le besoin de pluralité des sources, celui de faire également le bilan des actions de prévention, des conséquences physiques et psychologiques de l’avortement, un point de situation sur les aides pour les femmes qui veulent garder leur enfant, la réintroduction de ces informations dans les documents guides distribués aux femmes. En vain.

    Olivier Véran condescendant face à l’opposition

    Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, s’est montré condescendant envers les opposants au texte, utilisant un ton dédaigneux à leur égard. Malgré ses avis de « sagesse » et l’absence d’engagement exprès du gouvernement, il n’a pas manqué une occasion de caricaturer ses opposants et d’apporter un soutien marqué dans son argumentation à la proposition de loi. En témoigne ce qu’il dit : « Que les parlementaires permettent aux sages-femmes de pratiquer des IVG chirurgicales, c’est une bonne nouvelle ».

    Tout ce qui était expérimental devient pérenne sans plus attendre.

    Deux dispositions ont été pérennisées alors qu’elles avaient été adoptées à titre expérimental : d’une part l’IVG chirurgicale par les sages-femmes, permise dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021, à titre expérimental pour 3 ans. Avant même que l’expérimentation ne commence, comme l’a souligné Olivier Véran, les députés s’empressent de la pérenniser en allongeant son délai : les sages-femmes pourront désormais pratiquer l’IVG chirurgicale jusqu’à 14 semaines.

    D’autre part, l’IVG médicamenteuse avait été étendue jusqu’à 7 semaines à domicile pendant la crise sanitaire. De la même manière, les députés se sont empressés de pérenniser cette extension, alors même que la fin du confinement rend caducs les motifs invoqués pour la mise en place de cette mesure.

    Philippe Gosselin conclut : « C’est bien la peine que le Parlement vote quelque chose, l’exécutif n’en fait qu’à sa tête ». En réalité, on constate que toute mesure prise à titre expérimental a vocation à être pérennisée, et parfois avant même toute expérimentation effective. La loi Veil avait été adoptée à titre expérimental pour 5 ans (cf. De la loi “Veil” à la loi “Gaillot”)…

    Des députés engagés qui osent, face à une majorité aveuglée par l’idéologie

    Quand les termes qui reflètent la réalité sont bannis (cf. Débat à l’Assemblée : Avorter sans jamais parler de la réalité) et que le droit des femmes est défendu comme le seul droit fondamental, des députés courageux ont marqué un souci de revenir à la réalité des faits et à l’intérêt général. Ils ont ainsi recentré le débat : Julien Aubert (LR) a rappelé qu’il fallait débattre sur « les droits fondamentaux de la femme, mais aussi sur le fœtus ». « Un enfant à naître n’est pas un droit mais un enfant », a ajouté Marie-France Lorho (NI).

    Ils n’ont cessé de dénoncer l’idéologie criante de la majorité : « Vous avez une vision unique » a dénoncé Patrick Hetzel (LR). Philippe Gosselin a souligné qu’il ne fallait « pas considérer que le recours à l’IVG est systématiquement la réponse qui doit être donné à [la] détresse » des femmes. De son côté, Anne-Laure Blin (LR) a questionné les députés sur leur approche idéologique du débat : « Vous voulez faire tout pour que les femmes n’aient plus qu’un seul choix : celui d’avorter ? De quoi avez-vous peur ? Faites-vous aussi peu confiance aux femmes ? »

    La proposition de loi visant à « renforcer le droit à l’avortement » a donc été adoptée à l’Assemblée Nationale, sans réticence du gouvernement. Au contraire. Le seul espoir de ne pas aggraver l’atteinte à la vie des enfants in utero repose désormais entre les mains des sénateurs. Ils n’ont que trois mois pour inscrire le texte à l’ordre du jour du Sénat. A ce stade, aucun groupe ne semble être décidé. Mais les temps à venir seront très politiques…

  • En Avent : bienheureux les cœurs éveillés

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    Lu sur le site web de « France catholique » , de P. Paul D. Scalia, traduit par Bernadette Cosyn:

    « La somnolence peut être une chose dangereuse. Au travail, elle peut conduire à une terrible faute de frappe, un courriel mal inspiré ou une erreur de calcul. Elle peut aussi nous mettre physiquement en danger. D’où les bandes rugueuses sur le bord de l’autoroute et les avertissements sur les boîtes de médicaments : peut provoquer somnolence et vertiges ; ne pas conduire d’engins durant le traitement.

    Voilà pour la somnolence physique. Aujourd’hui notre Seigneur nous parle d’une autre forme de somnolence, plus dangereuse, celle du cœur : veillez à ce que vos cœurs ne s’endorment pas dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie quotidienne. Dans les Écritures, le cœur indique plus qu’un organe ou le siège des émotions. Il décrit la dimension la plus intime de la personne, où résident les pensées, les choix et – plus que tout – l’amour. Cette somnolence est donc une léthargie de l’intelligence, de la volonté et de la capacité d’aimer. Ses dangers ressemblent à ceux de la fatigue physique mais sont bien plus mortels. Elle apporte finalement le danger de devenir un zombie spirituel : déambulant et fonctionnant mais étant vraiment mort à l’intérieur.

    De sa nature même, l’amour requiert la vigilance. Nos cœurs ont besoin d’être vigilants et attentifs pour agir convenablement. Quand ils deviennent somnolents, nous perdons la discipline nécessaire pour aimer convenablement. Nous commençons à faire des erreurs et des choix médiocres. Comme la somnolence physique affecte nos yeux, ainsi la somnolence spirituelle affecte les yeux de notre esprit. Nous mésévaluons ce qui est authentiquement bon et digne de notre amour et ensuite comment aimer. Nos affections dégénèrent et se heurtent à de mauvaises choses. Si le cœur n’est pas revigoré et vigilant, il est aisément égaré.

    Cette sorte de somnolence a sa part dans la plupart du mal que nous commettons. Nous ne choisissons pas habituellement le mal parce que nous savons que c’est mal ou parce que nous voulons faire le mal. C’est plutôt que nous choisissons le mal et le péché parce que notre cœur est devenu somnolent. Il devient alors lentement mais sûrement incapable de discerner le vrai et le bien. Il devient indiscipliné dans ses choix et s’englue dans la voie de la facilité. Plutôt que pour le bien ardu, il opte pour ce qui est facile, populaire et confortable.

    Notre Seigneur indique deux causes à cette somnolence. D’abord « la débauche et l’ivresse ». Maintenant, ne pensez pas ne pas être concernés parce que vous ne faites pas la bringue et n’êtes jamais ivre. Cette phrase ne dénonce pas uniquement ces vices spécifiques mais l’indulgence envers le corps en général. Cela signifie donner à la nourriture, la boisson et autres plaisirs physiques plus d’importance qu’ils n’en méritent et par là leur permettre d’exercer une influence démesurée sur nos choix.

    Ces habitudes de la chair portent, lentement mais sûrement, le cœur à somnoler. Avez-vous jamais été plus vigilant après un repas copieux bien arrosé ? N’étiez-vous pas fatigué le matin suivant ? La personne qui a peu de contrôle de soi concernant la nourriture, la boisson et le sexe prend habituellement de plus en plus de décisions médiocres parce que ces attentions entraînent le cœur des plus hautes choses spirituelles vers les choses charnelles.

    Cela marche également très bien d’une autre façon. Peu importe à quel point nous nous comportons irrationnellement, nous restons des créatures rationnelles et avons besoin de justifier nos actions. Plus nous sommes attachés aux petits plaisirs de la chair et plus nous devons contraindre notre intelligence pour justifier nos actes. Nous la faisons descendre de sa place privilégiée pour justifier les désirs du corps.

    La seconde cause de cette somnolence est ce que notre Seigneur appelle « les soucis de la vie quotidienne ». Nous devenons spirituellement insensibles quand nous permettons aux nécessités du jour – la tyrannie de l’urgence – de prendre le pas sur nos pratiques spirituelles. Quand le rythme de vie que nous avons créé pousse Dieu hors de l’emploi du temps et nous invite à renoncer à notre prière, notre lecture spirituelle, notre confession et même notre messe parce que... eh bien, nous sommes trop occupés. Quelque chose doit céder.

    Bien qu’à l’opposé de la débauche et de l’ivrognerie, cette agitation produit le même résultat : l’insipidité en ce qui regarde l’âme. L’inquiétude est à la fois un symptôme et une cause d’une trop grande implication dans ce monde et d’une négligence envers le monde à venir.

    Donc nous aboutissons à une somnolence du cœur en alternant l’indulgence envers le corps et la fabrication d’une agitation. De vrai, les extrêmes de l’indulgence et de la préoccupation marchent très bien ensemble. Nous devenons inquiets en raison de notre agitation ; nous nous accordons les plaisirs de la chair pour nous requinquer ce qui ne fait que nous mener à plus d’anxiété. D’une façon ou d’une autre le cœur devient las, fatigué, somnolent et susceptible de faux amours. Et notre culture semble sinistrement douée pour produire ces deux extrêmes. Il n’y a peut-être jamais eu de culture aussi indulgente et anxieuse à la fois.

    La sévérité de cet évangile pourrait sembler inappropriée à cette époque de l’année. Déjà dans le course vers Noël, beaucoup de gens s’attendent à un message plus joyeux. Cependant, ce dont nous avons besoin vraiment maintenant, c’est précisément un avertissement contre la débauche, l’ivrognerie et les inquiétudes concernant la vie quotidienne. C’est à cette période de l’année que nous cédons à la nourriture, la boisson et devenons – quelle ironie – stressés par les jours de congé.

    L’Avent est le moment propice pour rejeter la somnolence de cœur. C’est un temps pénitentiel durant lequel nous nous détachons à la fois de l’assouvissement et de l’agitation. La façon de nous préparer à la naissance de notre Seigneur, c’est de nous priver d’excès de nourriture et de boisson et de maîtriser nos emplois du temps, afin que nous ne devenions pas somnolents par assouvissement ou anxiété. Le Christ est né de grand matin. La célébration de sa naissance n’est pas pour les cœurs somnolents. Seuls les éveillés peuvent saisir la joie de Noël. »

    Voir en ligne : The Catholic Thing

    Et, autrement décliné, voici peut-être votre prochain rendez-vous dominical, sur le même thème pénitentiel de l'Avent :

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