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Débats - Page 360

  • Ne pas banaliser le drame de l'avortement

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    Du Père Charles Delhez (chronique) dans la Libre (30.08), p. 41 :

    Ne banalisez pas le drame de l’avortement ! 

    « Chers amis socialistes, vous revenez encore avec votre proposition de loi qui banalise l’avortement, rendu d’ailleurs médicalement de plus en plus facile. Je reviens donc encore avec mes protestations, à titre personnel ! “L’avortement restera toujours un drame” , avait clamé Simone Veil en présentant son projet de loi qu’elle voulait dissuasive. Je crains que votre élargissement de la tolérance ne l’oublie et ne fasse d’un échec, quels qu’en soient les motifs, un droit. La dépénalisation partielle, dans les faits, a hélas permis que l’avortement devienne aussi une sorte de plan B ou de contraception, une option à côté d’autres, et non plus un problème de conscience. Si la loi n’indique plus quand un interdit est franchi, s’il n’y a plus de feu clignotant aux carrefours dangereux, cet acte apparaîtra, pour les jeunes de demain, comme une option parmi d’autres. Enseignant pendant près de dix ans en Faculté de médecine à l’UNamur, j’ai pu me rendre compte à quel point l’évolution de la législation bioéthique a banalisé ces questions chez les jeunes. … Je parle ici de la question législative et non des personnes. Je suis en effet disciple de ce prédicateur galiléen qui refusa de jeter la pierre sur une femme adultère, mais tout en reconnaissant que son acte demeurait un faux pas. Ce Jésus fut cependant capable de colère quand on touchait à des choses selon lui sacrées. Oui, la vie est sacrée et l’avortement arrête un cœur qui battait depuis des semaines, un cœur qui n’était pas celui d’un souriceau mais d’un être qui avait déjà en lui toutes les potentialités humaines. »

  • Ceux qui ne voient que répression et déviances sexuelles dans l’Eglise passent à côté de leur sujet

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    Un entretien avec Bertrand Vergely paru sur Atlantico.fr :

    Qui sont vraiment les obsédés ? Pourquoi ceux qui ne voient que répression et déviances sexuelles dans l’Eglise passent à côté de leur sujet.

    Atlantico : Dans une récente édition d'un"Que sais-je?" (PUF) consacrée à l'Homophobie, les auteurs se posent à un moment la question de savoir  si l'Eglise aurait passé "sous silence les relations intenses - signe d'une homophilie latente - des figures bibliques, telles que Jésus et Jean, son disciple bien-aimé". Ce genre de déclarations - au-delà de l'aspect très insultant et bêtement provocateur qu'elles ont tendance à prendre - ne montrent-elles pas qu'il existe une réelle obsession des adversaires de l'Eglise et de la chrétienté pour la question de la sexualité chez les chrétiens ? Comment l'expliquer ? 

    Bertrand Vergely : La question de la sexualité et du christianisme est une question qui ne cesse de revenir sur la scène. Afin d’y voir clair, sérions les problèmes.

    S’agissant des relations entre le christianisme  et la sexualité, il importe de dire deux choses. En premier lieu, c’est vrai, en diabolisant la sexualité, le christianisme a raté celle-ci. Pire, il a fait peser sur elle une culpabilité qui a opprimé des générations d’hommes et de femmes.  La sexualité a été un péché qualifié le péché de chair.

    Toutefois, on l’oublie trop. Quand le christianisme envisage la relation entre l’homme et Dieu, à l’image du judaïsme, il l’envisage comme une noce et non comme une relation asexuée et dés-érotisée.  Témoin Le cantique des cantiques. Avant de parvenir à cette noce, l’homme est éveillé à la présence divine par un désir ardent, l’éros qu’il sent vivre en lui. Attiré par la plénitude, dans l’intime de lui-même, comme un amoureux l’est de l’être aimé, c’est ce désir ardent, cet éros, qui va le conduire aux plus hautes cimes de la contemplation. C’est dans ce contexte qu’il importe de lire aussi la relation du christianisme à la sexualité.

    Cette dernière est une énergie colossale, sa puissance étant capable, non seulement de procurer un plaisir paradisiaque, mais la vie et sa reproduction.  Quand cette énergie est rassemblée dans l’union d’un couple, elle donne l’extraordinaire relation de l’amour et, à travers elle, la relation inouïe du masculin et du féminin.  Quand cette énergie n’est pas rassemblée, explosive, elle fait des ravages en provoquant les plus grandes souffrances qui soient.

    On ne peut pas faire n’importe quoi avec la sexualité. Quand on rn fait, un simple produit de consommation totalement dépersonnalisé, non seulement on la gâche mais on se gâche. En 2017, 240 000 femmes ont été victimes ont été victimes  soit de tentatives de viol soit de viols, 155 000 enfants ont été violé, 4 millions de Français disent avoir été victimes d’inceste. Le christianisme a raté la sexualité. Mais la libération sexuelle ne l’a-t-elle pas également ratée ? Et ne l’a-t-elle pas raté dans des proportions bien plus fortes ? On  critique le christianisme qui n’a pas su penser la sexualité. Et on a raison. Mais, nous, savons nous la penser ? Savons nous initier les jeunes à l’amour ? N’y a-t-il pas, en cette matière, un vide accablant ?

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  • Avant le Synode sur l'Amazonie : ré-écouter Benoît XVI

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    Source

    PENDANT SON VOYAGE APOSTOLIQUE AU BRÉSIL, À L'OCCASION DE LA V CONFÉRENCE GÉNÉRALE DE L'ÉPISCOPAT LATINO-AMÉRICAIN ET DES CARAÏBES,

    LORS DE LA SESSION INAUGURALE DES TRAVAUX DE LA V CONFÉRENCE GÉNÉRALE DE L'ÉPISCOPAT
    LATINO-AMÉRICAIN ET DES CARAÏBES

    LE PAPE BENOÎT XVI adressa ce discours :

    Sanctuaire de Notre-Dame d'Aparecida
    Dimanche, 13 mai 2007

    Chers  frères dans l'épiscopat, 
    bien-aimés prêtres, religieux, religieuses et laïcs. 
    Chers observateurs d'autres confessions religieuses!

    C'est pour moi un motif de grande joie de me trouver aujourd'hui avec vous pour inaugurer la V Conférence générale de l'épiscopat latino-américain et des Caraïbes, qui est célébrée tout près du Sanctuaire de Notre-Dame d'Aparecida, Patronne du Brésil. Je souhaite que mes premières paroles soient une action de grâce et de louange à Dieu pour le grand don de la foi chrétienne aux peuples de ce continent.

    Je désire par ailleurs exprimer ma gratitude pour les aimables paroles de Monsieur le Cardinal Francisco Javier Errázuriz Ossa, Archevêque de Santiago du Chili et Président du CELAM, prononcées également au nom de l'ancien Président et des participants à cette Conférence générale.

    1. La foi chrétienne en Amérique latine

    La foi en Dieu a animé la vie et la culture de ces pays pendant plus de cinq siècles. De la rencontre de cette foi avec les ethnies originelles est née la riche culture chrétienne de ce continent exprimée dans l'art, dans la musique, dans la littérature et, surtout, dans les traditions religieuses et dans la manière d'être de ses peuples, unis par une même histoire et un même credo, en donnant ainsi le jour à une grande harmonie également dans la diversité des cultures et des langues. Actuellement, cette même foi doit affronter de sérieux défis, parce que sont en jeu le développement harmonieux de la société et l'identité catholique de ses peuples. A cet égard, la V Conférence générale se prépare à réfléchir sur cette situation pour aider les fidèles chrétiens à vivre leur foi avec joie et cohérence, à prendre conscience d'être disciples et missionnaires du Christ, envoyés par Lui dans le monde pour annoncer et témoigner de notre foi et de notre amour.

    Mais, qu'a signifié l'acceptation de la foi chrétienne pour les pays de l'Amérique latine et des Caraïbes? Pour eux, cela a signifié connaître et accueillir le Christ, le Dieu inconnu que leurs ancêtres, sans le savoir, cherchaient dans leurs riches traditions religieuses. Le Christ était le Sauveur auquel ils aspiraient silencieusement. Cela a également signifié qu'ils ont reçu, avec les eaux du Baptême, la vie divine qui a fait d'eux les fils de Dieu par adoption; qu'ils ont reçu, en outre, l'Esprit Saint qui est venu féconder leurs cultures, en les purifiant et en développant les nombreux germes et semences que le Verbe incarné avait déposés en elles, en les orientant ainsi vers les routes de l'Evangile. En effet, à aucun moment l'annonce de Jésus et de son Evangile ne comporta une aliénation des cultures précolombiennes, ni ne fut une imposition d'une culture étrangère. Les cultures authentiques ne sont pas fermées sur elles-mêmes ni pétrifiées à un moment déterminé de l'histoire, mais elles sont ouvertes, plus encore, elles cherchent la rencontre avec les autres cultures, elles espèrent atteindre l'universalité dans la rencontre et dans le dialogue avec les autres formes de vie et avec les éléments qui peuvent conduire à une nouvelle synthèse dans laquelle soit toujours respectée la diversité des expressions et de leur réalisation culturelle concrète.

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  • Migrations : éviter de tout confondre

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    De Pierre de Lauzun sur son blog :

    Christianisme et migration : la grande illusion (via Liberté Politique) :

    11 août 2019

    Christianisme et migration : la grande illusion

    Les migrations en cours sont un phénomène majeur et sans précédent qui mérite un examen réfléchi. On sait que l’Eglise a pris des positions parfois extrêmement offensives sur le sujet, et notamment le pape François. C’est même le point sur lequel il diverge le plus fortement par rapport au sentiment spontané de nombreux fidèles, au point de donner l’impression d’un véritable dialogue de sourds. 

    Notamment du côté officiel, même si le pape nuance à l’occasion. On y martèle un supposé devoir évangélique absolu et sans réplique d’accueillir et d’intégrer toutes les personnes qui se présentent, et on ne tient aucun compte des soucis et objections. On cherche même à les disqualifier en mettant leurs réactions exclusivement sous le compte de l’individualisme, de la peur et de l’égoïsme, comme vient encore le faire le pape dans son dernier message sur les migrants. Sans donc répondre aux soucis qui sont à la base, autrement plus substantiels.

    Au vu des données disponibles, il paraît pourtant que la position actuellement dominante dans l’Eglise ne repose pas sur une analyse compréhensive et objective de la réalité. Confondant le migrant économique avec le réfugié, elle privilégie un seul facteur : le besoin du migrant - une fois qu’il a migré ou est en train de le faire. On en déduit alors ce qui malgré les dénégations est un droit à l’immigration illimitée et à l’égalité de droit entre migrants et citoyens du pays d’accueil. Certes le pape François admet (dans ses commentaires oraux) une limite : la capacité économique du pays d’accueil. Mais il est clair que celle-ci est compatible avec des migrations de grande ampleur. Or le goulot d’étranglement, le risque majeur de la migration, n’est pas d’abord là, mais dans la disruption profonde des équilibres socio-politiques et culturels du pays d’accueil. Plus que ses prédécesseurs, le pape donne l’impression de sous-estimer ce facteur, comme il paraît sous-estimer les problèmes considérables posés par l’Islam, essentiels dans le cas de l’immigration en Europe. Comme il paraît négliger par ailleurs le très grave effet de saignée des pays d’origine que signifie la migration.

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  • Retour sur le rejet de l'appel du cardinal George Pell

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    De Pierre Hardon sur le site Smart Reading Press :

    REJET DE L’APPEL DU CARDINAL GEORGE PELL : PAROLE CONTRE PAROLE

    Le Cardinal George Pell

    L’appel du cardinal George Pell a été rejeté le 21 août 2019 par la cour d’appel de Victoria (Australie), et le prélat doit retourner purger sa peine de six années de prison. Cette décision soulève de nombreuses interrogations, ainsi que des doutes sur la procédure et sur la vraisemblance des faits reprochés au cardinal. Pierre Hardon analyse le verdict de la cour d’appel en soulignant les zones d’ombres qu’elle recouvre.

    Depuis le 6 juin 2019, le cardinal George Pell – et l’Église catholique avec lui – attendait la décision de la Cour d’appel de l’État de Victoria, en Australie. Trois juges, Anna Ferguson, Chris Maxwell et Mark Weinberg ont pris leur décision et l’ont rendue le 21 août 2019 : l’appel du jugement condamnant le cardinal Pell pour cinq chefs d’agressions sexuelles dans la cathédrale de Melbourne en 1996 après une messe est rejeté par deux voix contre une. «La foule massée à l’extérieur a salué le verdict avec des applaudissements qui ont été entendus jusque dans la salle d’audience1» : une ambiance hostile autour d’une affaire qui divise l’Australie.

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  • Pourquoi la refonte de l'Institut Jean-Paul II (mariage et famille) suscite des inquiétudes

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    D'Aline Lizotte sur Smart Reading Press :

    INQUIÉTUDES AU SUJET DE L’INSTITUT PONTIFICAL THÉOLOGIQUE JEAN-PAUL II POUR LES SCIENCES DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE

    Institut Jean-Paul II pour la famille

    Le 18 juillet dernier, le pape a approuvé de nouveaux statuts de l’Institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. Cette refonte complète fait polémique, en raison de l’éviction de deux figures majeures de l’Institut et de la suppression de leurs deux chaires. Règlement de compte personnel ou inflexion profonde de l’enseignement sur le mariage et la famille de cet Institut ? Aline Lizotte nous livre son analyse de cet événement symptomatique de divergences profonde entre les moralistes depuis soixante ans dans l’Église.

    Comme beaucoup d’autres, je me suis inquiétée du non-renouvellement du contrat de Mgr Livio Melina, de celui du Père José Noriega et de celui de quatre autres professeurs de l’Institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. Mgr Melina était le titulaire de la chaire de Morale fondamentale et le Père Noriega celui de la chaire de Théologie morale spécialisée.

    L’élimination des professeurs Melina et Noriega est une chose, la disparition de deux chaires de Morale en est une autre : la chaire de Morale fondamentale, dont la première source thomiste est la Prima secundæ, et la chaire de Morale spéciale, qui correspond à la Secunda secundæ, disparaissent. Il n’est pas difficile de voir que l’on supprime de l’enseignement universitaire – qui dispense les licences et les doctorats – toute référence à la Théologie morale de saint Thomas d’Aquin. Disparaît également toute référence à la Théologie du corps. Demeurerait en place une chaire Karol Wojtyla, c’est-à-dire une référence à la pensée philosophique de Jean-Paul II, et serait créée une nouvelle chaire intitulée Gaudium et spes , c’est-à-dire dédiée à l’enseignement de la Théologie morale dans la lumière et selon la méthodologie de Vatican II.

    UNE LUTTE MENÉE DEPUIS 1956, QUE L’ON EST EN TRAIN DE PERDRE OU DE GAGNER


    Ces changements reflètent ceux qui se sont produits dans l’Église depuis un très long temps.


    Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour voir et comprendre que ces changements constitutionnels et académiques indiquent un changement assez radical du nouvel Institut. Ces changements reflètent ceux qui se sont produits dans l’Église depuis un très long temps et qui sont apparus clairement avant 1968, année de parution de l’encyclique Humanæ Vitæ. La parution de cette encyclique a mis en évidence ces profondes divergences entre les moralistes concernant les fins du mariage, la structure morale de l’acte conjugal, la liberté des consciences.

    Lire la suite sur Smart Reading Press

     

    Lire également : http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/L-Institut-Jean-Paul-II-raye-de-la-carte-le-nouvel-institut-n-enseignera-plus-la-theologie-morale-fondamentale

  • Pour le supérieur général des jésuites, Satan est une réalité symbolique

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    De Gauthier Vaillant sur le site du journal La Croix :

    Le supérieur des jésuites décrit le diable comme un « symbole », les exorcistes sont indignés

    Explication 

    Le père Arturo Sosa, supérieur général des jésuites, a estimé dans la presse italienne que Satan était une « réalité symbolique ». L’Association internationale des exorcistes s’en est émue, rappelant que l’Église enseigne que le diable est une créature bien réelle.

    Qu’a dit le supérieur général des jésuites ?

    En marge du meeting de « Communion et libération » à Rimini, grand rendez-vous annuel des catholiques italiens, le père Arturo Sosa, supérieur général des jésuites, a accordé une interview à l’hebdomadaire catholique italien Tempi, publiée mercredi 21 août. Le religieux vénézuélien venait de prononcer une conférence intitulée « Apprendre à regarder le monde avec les yeux du pape François ». L’entretien porte sur divers sujets, les vocations, les migrants, le populisme ou encore le prochain synode des évêques sur l’Amazonie.

    La dernière question, beaucoup moins liée à l’actualité, détonne dans l’entretien : « Le diable existe-t-il ? » Une question à laquelle le jésuite répond notamment : « Les symboles font partie de la réalité et le diable existe en tant que réalité symbolique et non en tant que réalité personnelle. »

    Ce n’est pas la première fois – et c’est sans doute pour cela que la question lui a été de nouveau posée – que le père Sosa affirmait que le diable n’était qu’un symbole. En mai 2017, dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo, il avait ainsi déjà déclaré : « Nous avons créé des figures symboliques, comme le diable, pour exprimer le mal. »

    Qu’ont répondu les exorcistes ?

    Cette fois, dès le lendemain, jeudi 22 août, l’Association internationale des exorcistes a réagi vivement aux propos du père Sosa. Dans un communiqué (voir ICI ndB), cette association fondée dans les années 1990 et approuvée par le Vatican en 2014, qualifie de « graves et déroutantes » les déclarations du supérieur des jésuites, qui se situent « en dehors du magistère » de l’Église.

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  • "Toute maternité de substitution est de l’exploitation"

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    Lu sur ce blog féministe (Tradfem) :

    Toute maternité de substitution est de l’exploitation — le monde devrait se rallier à l’interdiction adoptée en Suède.

    Aucun pays n’autorise la vente d’êtres humains, alors pourquoi la maternité de substitution est-elle encore légale ? Même quand elle est « altruiste », la société en paie le prix.

    Il est évident depuis un certain temps que quelque chose ne va pas avec la maternité de substitution. Depuis les débuts de cette industrie commerciale à la fin des années 1970, elle est truffée de scandales et de cas d’exploitation et de violences. De l’infâme affaire « Baby M » — dans laquelle la mère a changé d’avis et a été contrainte, en pleurs, à se départir de son bébé — au milliardaire japonais qui a commandé 16 enfants dans différentes cliniques thaïlandaises, on assiste à une marchandisation totale de la vie humaine : cliquez, choisissez la race et la couleur des yeux, payez, puis faites-vous livrer votre enfant.

    Il y a aussi le cas récent de la mère porteuse étatsunienne qui est décédée ; ou encore les futurs parents qui ont refusé d’accepter un enfant handicapé et ont essayé de faire avorter la mère porteuse ; sans parler des usines à bébés omniprésentes en Asie.

    Cette semaine, la Suède a pris fermement position contre la maternité de substitution. L’enquête gouvernementale à ce sujet a publié ses conclusions, que le Parlement devrait approuver plus tard cette année. Il s’agit notamment d’interdire toute maternité de substitution, qu’elle soit commerciale ou altruiste, et de prendre des mesures pour empêcher les citoyens de fréquenter dans ce but des cliniques situées à l’étranger.

    Il s’agit d’une décision révolutionnaire, un véritable pas en avant pour le mouvement des femmes. Initialement divisées sur la question, lcelles-ci ont progressivement fait front commun et mieux ciblé cet enjeu. Au début du mois de février (2016), des militantes féministes et des droits de la personne du monde entier se sont réunies à Paris pour signer une Charte pour l’abolition universelle de la maternité de substitution, et le Parlement européen a également demandé à ses États de l’interdire.

    Les principales objections au rapport de l’enquête suédoise viennent d’hommes voulant devenir pères, qui affirment que si une femme veut devenir mère porteuse, il est certainement erroné de l’en empêcher. Par contre, il est révélateur de constater que très peu de femmes se désolent de cette occasion manquée. Il est clair qu’au bout du compte, c’est la demande masculine qui alimente cette industrie.

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  • Croisades, inquisition, guerres de religion colonisation, sexe, argent... : 15 historiens répondent au procès de l'Eglise

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    Du site "Place des Libraires" :

     
    L'Eglise en procès ; la réponse des historiens
     

    Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l'encontre de l'Orient musulman ? L'Inquisition a-t-elle brûlé des milliers d'hérétiques ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ? L'Église s'est-elle vraiment interrogée pour savoir si les femmes avaient une âme ? Les papes de la Renaissance ressemblaient-ils tous aux Borgia ? Pendant les guerres de Religion, les catholiques ont-ils fait preuve d'intolérance alors que les protestants incarnaient la liberté d'esprit ? Galilée a-t-il été condamné parce que les papes s'opposaient aux découvertes scientifiques ? L'Église du xixe siècle était-elle par principe hostile à la modernité ? Dans les années 1930, le Vatican s'est-il aveuglé par anticommunisme sur les dangers du fascisme et du nazisme ? Autant de questions explosives en forme de réquisitoire dans un procès couramment fait à l'Église catholique. Les réponses données ici par quinze historiens visent d'abord à remettre en contexte chaque question dans son époque, avec le souci d'éviter tout anachronisme. Sans jamais remplacer la légende noire par une légende dorée, cette fresque alerte et passionnante redonne sa place à une investigation historique sans préjugés ni oeillères.

  • Affaire Pell : la honte australienne

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    De George Weigel* sur First Things (traduction "de travail") :

    La honte australienne

    Dans les semaines et les mois à venir, il y aura beaucoup plus à dire sur le rejet de l'appel du cardinal George Pell contre sa condamnation pour «agression sexuelle historique», à la suite d'un vote à deux voix contre une des trois juges de la Cour suprême de Victoria. Pour le moment, cette décision étonnante, voire incompréhensible, laisse planer un doute sérieux sur la qualité de la justice en Australie - et sur la possibilité qu'un clerc catholique inculpé d'abus sexuel bénéficie d'un procès équitable ou d'un juste examen de la probité de son procès.

    Le matin du 21 août (heure de Melbourne), la juge en chef de la Cour suprême de Victoria, Anne Ferguson, a relu la décision en faisant référence à «l'ensemble des éléments de preuve». Cependant, il n'y a jamais eu de "preuve" que le cardinal Pell a fait ce qu'il est censé avoir fait. Il n'y avait que la parole du plaignant, et ses accusations n'étaient absolument pas corroborées; il a été démontré que, dans les mois qui ont suivi les procès du cardinal, cela ressemblait de manière alarmante à de fausses accusations portées contre un prêtre dans un article publié il y a des années dans Rolling Stone.

    La juge Ferguson a également évoqué les «souvenirs incertains» des «témoins de la possibilité» qui avaient témoigné en faveur du cardinal, affirmant que les violences sexuelles présumées commises n'auraient tout simplement pas eu lieu étant donné les circonstances d'une cathédrale pleine de monde, le bref délai d'exécution des actes reprochés et la tenue vestimentaire du cardinal. Mais que faut-il attendre par contre, de la mémoire potentiellement «incertaine» du plaignant? Pourquoi présume-t-on simplement, sur la base de son témoignage enregistré sur bande vidéo, que le plaignant a clairement en mémoire ce qu'il prétendait être arrivé - en particulier lorsque le scénario complet de la présumée agression est invraisemblable à l'extrême?

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  • Sur l’effacement du christianisme en Europe

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    De Causeur.fr :

    Pierre Manent observe l’effacement du christianisme en Europe

    Une perte progressive qui questionne


    Pierre Manent, professeur agrégé de philosophie et directeur d’études honoraire à l’EHESS, explique à notre ré(d)ac’ chef Elisabeth Lévy son point de vue sur l’Europe et plus précisément sur la perte progressive des racines chrétiennes, un marqueur pourtant essentiel de son identité…


    L’Europe se présente volontiers comme l’avant-garde de l’unification de l’humanité. Résultat, les racines chrétiennes de l’Europe sont « en voie de disparition ». Que s’est-il passé?

    Pierre Manent et Elisabeth Lévy s’interrogent et concluent que l’universalisme arrogant du vieux continent pourrait se retourner contre lui.

    Causeur vous propose de lire un court extrait de cet échange tiré de l’émission l’Esprit de l’escalier diffusé sur la web télé REACnROLL. Abonnez-vous sur le site de REACnROLL et retrouvez plus de 40 minutes d’échanges avec le philosophe Pierre Manent.

    Verbatim

    Pierre Manent. Il y a une ambivalence complète entre le mot « Europe » et ce qui se passe au nom de l’Europe. Ce que l’on fait « au nom de l’Europe ».

    Élisabeth Lévy. …entre le mot « Europe » et l’Union Européenne, la « construction européenne », donc.

    Retrouvez l’émission complète avec Pierre Manent sur REACnROLL

    Pierre Manent. Lorsque les institutions européennes essaient de négocier des tarifs communs pour le commerce international, on peut dire qu’elles tiennent compte du fait qu’il y a un ensemble européen. Mais dans l’ensemble, quant aux principes généraux: non! L’orgueil européen ou la conscience de soi européenne dépend pour ainsi dire du rejet de l’histoire européenne et de la civilisation européenne ! (…) On veut rien avoir affaire avec les racines chrétiennes et l’on tient absolument à être parfaitement accueillant avec l’islam. Dans les discussions sur la Turquie, qui sont maintenant devenues superflues puisque plus personne ne compte sur une adhésion…

    Elisabeth Lévy (le coupant). Oh, ils y reviendront peut-être, avec le reflux de l’AKP en Turquie…

     

    Pierre Manent. [Dans ces discussions passées, quoi qu’il en soit], il était très clair que non seulement le caractère massivement islamique (même avant Erdogan) n’était pas un obstacle mais était en quelque sorte un motif, une raison de faire venir la Turquie. Cela aurait été enfin la preuve définitive que l’Europe s’était détachée, s’était libérée de sa dépendance chrétienne. 

    Elisabeth Lévy. (soucieuse de nuancer un peu le propos)  Alors, ce n’est pas QUE de sa dépendance chrétienne, selon moi, et vous ne m’avez pas répondu là-dessus… Il me semble que malgré tout, l’ombre portée du nazisme et de l’impératif du « plus jamais ça »a fait que l’Europe est en quelque sorte née en essayant de renier ce qu’elle était. (…) Est-ce que la question des racines chrétiennes ne vient pas malgré tout APRES cette question du « plus jamais ça » et de l’ombre portée du nazisme? Que nous ayons peur de nous-mêmes, il y avait peut-être une raison…

    Pierre Manent. On a toujours des raisons d’avoir peur de l’Homme, en général. Mais votre argument du nazisme serait entièrement valide si l’on soutenait que le nazisme et Auschwitz résument, rassemblent et réunissent l’histoire européenne… Si l’on pense au fond que toute l’histoire européenne est d’une façon orientée, aimantée vers la solution finale.

    Elisabeth Lévy. C’est ce que semblait dire Jean-Claude Milner dans un livre resté célèbre, quoi que très contestable, Les Penchants criminels de l’Europe démocratique.

    Pierre Manent. Mais si l’on pense cela – je ne pense pas que ce soit raisonnable, mais posons-le deux minutes –  si l’on pense cela, quelles conséquences en tirer ? Dans ce cas, il n’y a plus de raison de faire quoi que ce soit au nom de l’Europe. Nous n’avons plus qu’à nous laisser bousculer, gouverner, dominer par tous ceux qui nous entourent puisque nous n’avons plus le droit d’agir de quelque façon que ce soit.

    Elisabeth Lévy. Vous avez raison, mais du coup la seule identité de l’Europe devient en quelque sorte l’accueil ! C’est un peu ce que nous disent des gens assez différents. Regardez, même Régis Debray. Bien qu’il soit quand même un homme de la frontière, il dit que l’identité de l’Europe, c’est d’absorber pour rayonner, en quelque sorte. C’est intégrer pour rayonner, c’est absorber de l’autre, de l’étranger et de la diversité pour rayonner.

    Pierre Manent. Je suis sûr que Régis Debray est très attentif à ces sujets-là. Mais pour absorber, encore faut-il [en] avoir la force. D’abord, il faut avoir la capacité et la légitimité de juger qui, quand, comment on reçoit et comment on absorbe… Et il faut aussi avoir la capacité d’absorber sur une durée raisonnable. Donc tout cela suppose que l’Europe soit constituée d’autre chose que d’un simple équipement « d’urgence ». Parce qu’avec la logique de cette position, nous oscillons entre le hall d’aéroport pour la classe aisée (l’hyper classe), et pour le reste, c’est le camp de réfugiés. Est-ce que l’Europe peut-être construite d’un côté comme un bâtiment d’aéroport luxueux entouré [d’un autre côté] de camps de réfugiés? On n’échappe[ra] pas à cette question de la chose commune européenne.

    Retrouvez plus de 40 minutes d’échanges avec Pierre Manent sur REACnROLL

  • Deux conférences de Stéphane Mercier enregistrées en Suisse sur l’euthanasie et sur les pièges rhétoriques des partisans de l'avortement

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    Nous avons le plaisir de vous transmettre deux vidéos de Stéphane Mercier.
    Vous pouvez les écouter partout où vous voulez, en vacances ou à la maison.
    Playlist Stéphane Mercier
    Il s’agit de deux conférences enregistrées en Suisse sur l’euthanasie et sur les pièges rhétoriques des avorteurs :

    1 – Mourir dans la vérité

    On parle beaucoup aujourd’hui de mourir “dans la dignité” afin de biaiser avec la réalité tragique de l’euthanasie. À tout prendre, euthanasie et suicide assisté ne sont pourtant ni de “bonnes” ni de “belles” morts. Aucun innocent n’est de trop sur notre terre. Cette conférence propose une réflexion philosophique et théologique sur ces graves questions de société.
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    2 – Onze règles pour gagner le débat
    Inspiré des “Eleven Rules” de Ben Shapiro et de son admirable talent de polémiste, cet exposé présente les modalités du débat sur les questions qui touchent la vie humaine menacée par l’avortement en particulier. Nous qui défendons la vie devons connaître les pièges rhétoriques de la culture de mort afin d’y répondre de manière appropriée.
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    Playlist Stéphane Mercier
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