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Débats - Page 421

  • Le libéralisme : une erreur anthropologique

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    Du Figaro Vox (LeFigaro.fr) (Eugénie Bastié) :

    John Milbank : « Le libéralisme est une erreur anthropologique »

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Dans « La politique de la vertu », le théologien et philosophe britannique John Milbank, théoricien du « blue socialism » propose une alternative au libéralisme dans le retour d'une éthique des vertus et une économie sociale de marché fondée sur la coopération.

    John Milbank est un théologien chrétien anglican, professeur de religion, politique et éthique à l'université de Nottingham. Il a publié La politique de la vertu avec Adrian Pabst (Desclée de Brouwer, 537p, 24€).

    FIGAROVOX.- Dans votre livre «La politique de la vertu», vous critiquez abondement le «libéralisme» qui est selon vous dans une «métacrise». Qu'entendez-vous par là?

    John MILBANK.- Le libéralisme peut vouloir dire beaucoup de choses. C'est avant tout une erreur anthropologique: l'intuition d'Hobbes et de Locke de construire une théorie politique en partant des individus isolés, détachés de tous liens. L'individu est décrit comme une créature inquiète et désirante faisant preuve de volonté, et non plus comme un être constitué par ses liens aux autres ayant des finalités. Ce libéralisme pense de façon abstraite l'individu en dehors de tout contexte culturel, social ou historique. Il s'agit de déterminer ce qu'un système politique doit nécessairement être, en le déduisant d'un hypothétique état de nature, sans traits culturels. Alors que le libéralisme est souvent associé à l'optimisme, il fait preuve en réalité d'un pessimisme anthropologique radical, même s'il est censé être socialement amélioré par le miracle de la main invisible. Une autre forme d'anthropologie libérale est celle de Rousseau, qui pense lui aussi l'individu isolé de tout comme originellement bon. L'association a tendance à corrompre l'individu, en introduisant la rivalité, l'avidité. Cela implique un différent type d'ingénierie sociale pour produire une société qui minimise la rivalité. Ce sont deux formes de pessimisme: pessimisme au niveau de l'individu jugé intrinsèquement égoïste, ou pessimisme au niveau d'un processus culturel jugé intrinsèquement corrupteur. Dans les deux cas, cela repose sur une dualité instaurée entre nature et culture.

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  • Affaire Alfie Evans : dénouement d'une controverse ?

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    L'affaire a trouvé son dénouement la nuit dernière (le 28 à 2H30) avec la mort du petit garçon.

    Les droits de l’enfant entre pouvoirs publics et parentaux :

    JPSC

  • Belgique : des marchandages surréalistes autour de l'avortement et du statut de l'embryon

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    Lu sur Le Soir de ce jour (27/4), p. 8 :

    Un deal entre IVG et embryon ? 

    La controverse sur la dépénalisation de l’avortement agite la majorité fédérale. On résume : plusieurs propositions de lois, émanant des rangs socialistes, verts et libéraux flamands (certaines sont au frigo depuis plus d’un an) reviennent à l’avant-plan dans le débat public, et seront bientôt à l’agenda de la commission Justice de la Chambre, dans une semaine en principe. Problème pour les suédois ? Oui. L’on présume que les libéraux du nord comme les francophones, sont favorables à la réforme au moins dans sa forme minimale : sortir l’IVG (l’interruption volontaire de grossesse) du Code pénal. 

    Les députés libéraux-réformateurs se sont retrouvés pour discuter de tout cela mercredi avant la séance plénière au parlement fédéral, en présence de Charles Michel. Pour constater que la plupart d’entre eux sont favorables au fond au retrait de l’IVG du Code pénal, pour s’inquiéter du blocage dans la majorité fédérale, et pour évoquer ensemble – ce fut un échange de vues, pas davantage à ce stade – les pistes éventuelles afin de tenter d’atterrir sans dommage dans cette affaire. Dont celle-ci : concéder au CD&V des avancées à propos du « statut de l’embryon », en échange d’un assouplissement des chrétiens-démocrates sur la dépénalisation de l’IVG. À savoir : le CD&V plaide en faveur d’une reconnaissance symbolique des bébés nés sans vie avant six mois de grossesse, on touche là au statut de l’embryon, il faudra abaisser le seuil à partir duquel celui-ci est reconnu comme enfant. Notons que cette réforme dans le domaine éthique est prévue explicitement dans l’accord de gouvernement, ce qui n’est pas le cas pour la dépénalisation de l’avortement. Des avancées dans ce dossier pourraient-elles rouvrir le jeu sur l’IVG ? Les milieux laïques sont sur pied de guerre, considérant que cela... restreindrait le droit à l’avortement. Et il faut préciser que les bleus ont refusé jusqu’à présent d’envisager toute modification législative ayant trait à l’embryon.

  • Alfie Evans : les choses s'apaiseraient-elles ?

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    Du site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Tom demande le silence, un accord se profile avec l'Alder Hey Hospital

    Un accord existe entre Thomas et Kate Evans et l'Alder Hey Hospital, bien que, pour le moment, il ne soit pas possible de savoir quelle pourrait être la solution. C'est ce qui ressort d'une déclaration de Thomas Evans, le père d'Alfie, qui demande le silence pour permettre l'établissement d'une relation constructive avec l'Alder Hey Hospital.

    La déclaration écrite publiée le 26 dans la soirée par Tom et Kate demande à tout le monde de "revenir à une vie normale" pour permettre aux parents d'Alfie et aux médecins hospitaliers d'établir une relation constructive. Une hypothèse est que l'hôpital accepte maintenant d'offrir une aide complète à Alfie (alimentation, hydratation, oxygène, antibiotiques) en le gardant pour un certain temps à l'hôpital, puis en s'accordant sur sa sortie de l'hôpital. Cela serait conforme aux souhaits du Juge Hayden exprimés lors de la dernière audience du 24 avril. Compte tenu des précédents et des attitudes de l'Alder Hey, si telles sont les bases de l'accord, c'est très risqué pour les Evans et nécessitera une vigilance continue.

    Voici le texte intégral de la déclaration:

    DÉCLARATION DE KATE JAMES ET TOM EVANS

    Je voudrais faire une déclaration en mon nom et en celui de Kate.

    Nos vies ont été bouleversées par le très grand intérêt dont Alfie et sa situation ont été l'objet. Notre petite famille et l'Alder Hey Hospital sont devenus le centre d'attention de nombreuses personnes partout dans le monde et cela signifie que nous ne pouvions pas vivre comme nous l'aurions souhaité.

    Nous sommes très reconnaissants et apprécions tout le soutien que nous avons reçu de partout dans le monde, y compris de nos supporters italiens et polonais, qui ont consacré leur temps et leur soutien à notre incroyable combat. Maintenant, nous vous demandons de retourner à votre vie quotidienne et de nous permettre, à moi, à Kate et à l'Alder Hey d'établir une relation, de construire un pont et de le franchir.

    Nous voudrions également remercier le personnel de l'Alder Hey Hospital, à tous les niveaux, pour leur dignité et leur professionnalisme manifestés dans cette période incroyablement difficile pour eux aussi. Avec eux, nous reconnaissons la grande tension que les événements récents ont causée pour nous tous, et maintenant nous voulons un retour à la vie privée pour tous ceux qui sont impliqués.

    Dans l'intérêt d'Alfie, nous allons travailler avec les médecins qui le suivent pour un programme qui garantisse à notre petit la dignité et le confort dont il a besoin.

    A partir de ce moment, aucune autre déclaration ne sera publiée ni aucune interview accordée. Nous espérons que vous voudrez respecter cela.

    Merci

  • Maurras or not Maurras ?

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    Sur le site du bi-mensuel « L’Homme Nouveau », Philippe Maxence revient sur une controverse académique qui aura agité le monde politico-médiatique français ces derniers mois et a finalement remis devant les yeux du public la personnalité de Charles Maurras. De Philippe Maxence sur le site du bi-mensuel « L’Homme Nouveau » :

    Maurras.jpg« Né le 20 avril 1868, mort en novembre 1952, le maître de l’Action française avait été inscrit au registre des commémorations nationales. Il était évident que la République française, combattue par Maurras toute sa vie, n’allait pas encenser l’auteur de L’Enquête sur la monarchie ou de Mes idées politiques. Il était peu probable également que le ministre Blanquer ait voulu inscrire au programme des écoles les poèmes maurrassiens ou sa remise en cause du romantisme et de ses conséquences. Encore moins imaginable que sa théorie des « quatre États confédérés » et son « antisémitisme d’État » deviennent, par l’onction d’une célébration, la ligne de conduite de la présidence macronienne.

    Le prisme de l’idéologie rendant aveugle, les réseaux sociaux se sont emparés du sujet, poussant le ministre de la Culture à retirer Maurras de la liste des commémorations nationales et entraînant une série de conséquences alors difficilement prévisibles. Le grand vainqueur de cette agitation est bien évidemment Maurras lui-même dont on n’a peut-être jamais autant parlé depuis quelques années.

    Désormais, on peut également le lire. Maurras est à nouveau disponible en librairie. Pas encore en livre de poche comme son grand concurrent Karl Marx, mais à travers un volume de la célèbre collection « Bouquins », édité par les éditions Robert Laffont. 

    Selon les exigences de cette collection, le volume est constitué de textes choisis (œuvres complètes ou extraits importants) ainsi que d’introductions historiques qui permettent, non seulement de resituer les œuvres dans leur contexte, mais aussi d’en souligner la portée. Sous la direction éditoriale de Christophe Parry, qui a eu le courage de mener un tel projet, la réalisation du volume Maurras a été confiée et réalisé par Martin Motte, directeur d’études à l’École pratique des hautes études-PSL. Intitulé, L’Avenir de l’intelligence et autres textes, le livre bénéficie d’une belle et instructive préface de Jean-Christophe Buisson, directeur-adjoint du Figaro Magazine et présentateur de l’émission « Historiquement show » sur la chaîne Histoire.

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  • Alfie Evans victime de l'acharnement thanatologique des médecins et des juges

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    De Sandro Magister traduit sur le site diakonos.be :

    Les Pâques d’Alfie et le tombeau vide

    Le petit Alfie aurait dû mourir en l’espace de quelques minutes, une fois son respirateur débranché. Avec les médicaments « de confort » de circonstance.  « Soigneusement installé sur les genoux de Mr Evans et de Ms James, s’ils le désirent ».  Et « après que la mort aura été confirmée, la famille pourra le laver, l’habiller et passer du temps avec lui ».

    Voilà ce qui était spécifié dans le « protocole » pour la mort d’Alfie, tel que notifié à ses parents Tom et Kate par l’Alder Hey Children’s Hospital de Liverpool.

    Mais ce n’est pas comme ça que les choses se sont passées. Parce que même sans le petit tuyau d’oxygène, débranché à 22h17 le lundi 23 avril, Alfie a continué à respirer.  Seul.  Pendant des heures et des heures.  A tel point que le jour suivant, les médecins de l’hôpital – manifestement contredits par les faits – ont dû lui redonner de l’oxygène, de l’eau et de la nourriture.  « Un miracle de la prière », a déclaré Francesco Cavina, l’évêque qui avait accompagné le père d’Alfie le 18 avril, pour « un petit guerrier qui veut vivre ».

    Ce lundi de la quatrième semaine de Pâques, nombreux sont ceux qui s’étaient mobilisés pour arrêter ceux qui voulaient faire mourir Alfie. A Rome, l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù, appartenant au Saint-Siège, était prêt à l’accueillir et à le soigner.  La Secrétairerie d’Etat du Vatican était à l’œuvre depuis plusieurs jours sur ordre direct du Pape.  Le gouvernement de Rome avait donné la nationalité italienne à l’enfant et avait activé sa propre ambassade et consulats au Royaume-Uni.  La présidente du Bambino Gesù, Mariella Enoc, s’était rendue en personne à Liverpool tandis qu’un avion spécial était prêt à décoller de Rome avec à son bord une équipe médicale.  Le Pape François s’était de nouveau exprimé en faveur d’Alfie, dans un tweet : « Je renouvelle mon appel afin que la souffrance de ses parents soit entendue et que leur souhait d’accéder à de nouvelles possibilités de traitement soit exaucé. »

    Le jour suivant, mardi 24 avril, étant donné comment la stupéfiante vitalité d’Alfie contredisait de façon flagrante ceux qui voulaient le voir mort, les pressions pour la défense de l’enfant se sont faites intensifiées. Au point que le juge anglais chargé le dossier depuis le début et qui avait donné l’ordre de le mettre à mort la veille s’est vu contraint de convoquer une nouvelle fois les parties à l’audience, à Manchester, l’après-midi.

    Anthony Hayden, le juge, était titulaire jusqu’à il y a deux jours de la Family Division de la haute cour britannique, en plus d’être un activiste LGBT et l’auteur du livre « Children and Same Sex Families ». Sa thèse a toujours été qu’il fallait donner la mort à Alfie parce qu’elle correspondait à « his best interest », son meilleur intérêt.  Et c’était également la thèse de Alder Hey Children’s Hospital de Liverpool  où l’enfant était soigné.  Contre l’avis des parents qui s’y opposent.

    Des parents très jeunes, elle est anglicane et lui est catholique, issus de familles ouvrières, déjà plusieurs fois humiliés par les médecins de l’hôpital, ignorés par les grands journaux britanniques, et aujourd’hui traités de « naïfs » et de « fanatiques » par des juges méprisants au cours de l’audience convoquée par le juge Hayden.

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  • Faut-il dépénaliser totalement l'avortement ?

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Faut-il dépénaliser totalement l'avortement ?

    Le politique parle beaucoup de l'avortement en Belgique. Non pas des aides insuffisantes pour prévenir l'avortement losque la femme est enceinte, non pas des conséquences sociétalesque constitue cet enjeu de santé publique.

    La question qui fait débat est celle de ladépénalisation totale l'IVG pour que la femme "ne se sente plus culpabilisée".

    Quels sont les chiffres ? Y a-t-il vraiment des études fiables quant aux effets psychologiquesd'une IVG sur les femmes ?

    Les documents repris ci-dessous aideront  le lecteur à mieux cerner la problématique au-delà de toute revendication idéologique et politique.

    Tableau comparatif de l’évolution des IVG en Europe : en 8 ans en Belgique, 22% d’augmentation d’IVG. La Belgique se place ainsi en deuxième place après l’Espagne.

    Flash Expert :

    Sortir l’avortement du Code Pénal ?

    Il n’y a aucun « droit à l’avortement » issu du droit international et européen

    L'avortement tardif au-delà de 12 semaines

    Fiche didactique l’avortement provoqué en Belgique

    Dossiers : Conséquences psychologiques de l’avortement

    Meta-étude Etudes scientifiques: syndrome post-avortement

    Derniers chiffres de la Commission Avortement 

  • Initiative citoyenne européenne "One of Us" ("Un de nous") : la Cour de Justice de l'Union Européenne a rendu son jugement

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    INITIATIVE CITOYENNE EUROPÉENNE "UN DE NOUS" : LA COUR DE JUSTICE DE L'UNION EUROPÉENNE REND SON JUGEMENT

    Avec plus 1,7 millions de signatures, l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) Un de Nous a rassemblé le plus grands nombre de signatures de l’histoire de l’Europe. Cependant, en 2014, la Commission Européenne refuse de transmettre la proposition législative issue de l’ICE au Parlement européen. Un de nous saisi la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), qui a rendu son jugement le 23 avril 2018. Grégor Puppinck, docteur en droit et Directeur du Centre Européen pour le Droit et la Justice (ECLJ-Strasbourg), analyse la décision pour Gènéthique.

    Sur l’aspect institutionnel du recours, le Tribunal a donné raison à Un de nous en décidant que l’acte par lequel la Commission a décidé de ne pas donner suite à l’Initiative citoyenne produit des effets juridiques et qu’il est donc attaquable devant le Tribunal de l’Union européenne (§77). Le Tribunal adopte la position d’Un de nous lorsqu’il reconnaît que : « le défaut de soumission du refus de la Commission […] à un contrôle juridictionnel compromettrait la réalisation de cet objectif [« encourager la participation des citoyens à la vie démocratique et de rendre l’Union plus accessible »], dans la mesure où le risque d’arbitraire de la part de la Commission dissuaderait tout recours au mécanisme de l’ICE, eu égard, également, aux procédures et conditions exigeantes auxquelles ce mécanisme est soumis. » Ainsi, le Tribunal donne raison à Un de nous sur un élément important de son recours et sauve le mécanisme d’Initiative citoyenne européenne à l’arbitraire le plus complet de la Commission en décidant qu’il peut faire l’objet d’un contrôle juridictionnel. Le quasi-monopole d’initiative législative de la Commission s’en trouve d’autant réduit.

    Néanmoins, le Tribunal a aussitôt limité la portée de son contrôle en jugeant, d’une part, que « la Commission dispose d’un large pouvoir d’appréciation aux fins de décider d’entreprendre ou pas une action à la suite d’une ICE » (§§145 et 169) et d’autre part, que la décision de la Commission : « doit faire l’objet d’un contrôle restreint de la part du Tribunal, visant à vérifier, outre la suffisance de sa motivation, l’existence, notamment, d’erreurs manifestes d’appréciation viciant ladite décision » (§ 170). Dès lors, le Tribunal n’a pas examiné de façon approfondie les griefs relatifs aux questions éthiques soulevés par Un de nous. Il ne leur a consacré qu’une dizaine de paragraphes sur les 185 que compte le jugement pour conclure, au terme de ce survol, que l’argumentation de la Commission n’était pas « entachée d’erreur manifeste » (§182).

    Ainsi, ce jugement constitue une victoire sur le plan institutionnel, et une défaite sur le plan éthique pour Un de Nous Il est surtout une victoire pour la Cour de Justice qui a étendu son pouvoir de contrôle sur la Commission en matière d’initiative législative. Les partisans d’une démocratisation de l’Union européenne s’en réjouiront car le mécanisme d’Initiative citoyenne s’en trouve quelque peu renforcé.

    Finalement, l’Initiative Un de Nous n’est certes pas parvenue à renverser le choix de la Commission européenne de sacrifier le respect de la vie humaine prénatale à l’intérêt de la technoscience et au contrôle démographique des pays pauvres. Mais cette Initiative a néanmoins permis :

    • de porter, avec une puissance inégalée, le témoignage de l’humanité de chaque vie individuelle, dès avant la naissance ;
    • de rassembler, au sein de la Fédération Un de Nous, un grand nombre de personnes et d’organisations porteuses de ce témoignage à travers l’Europe ;
    • de placer l'Union européenne face à ses contradictions en matière de démocratie et de rendre un peu moins arbitraire le pouvoir de la Commission européenne.
  • Avortement : le cdH empétré dans ses contradictions

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    La consistance de cette formation centriste est de plus en plus problématique. Cela se confirme sur la question de l'avortement qu'elle serait prête à faire sortir du code pénal tout en s'accrochant au délai de douze semaines après lequel il resterait punissable... On chercherait en vain une logique dans ces prises de positions chèvre-choutistes qui ne satisferont personne et qui ne tiennent aucun compte du respect de la vie humaine. On voit de moins en moins pourquoi l'ancien électorat du PSC se considèrerait représenté par cette formation politique dont le déclin s'avère de plus en plus irréversible.

    Voici ce qu'on peut lire dans la Libre de ce jour (24 avril) :

    Le CDH accorde ses violons sur la dépénalisation de l’IVG : voici la position du parti

    Les centristes veulent le maintien de sanctions pénales en cas d’avortement après 12 semaines.

    Un débat serein, nous dit-on unanimement. Le bureau politique du CDH a abordé lundi matin la problématique de la dépénalisation de l’avortement. Avec, à l’arrivée, une position de consensus sur les grands principes. Ce que les humanistes devraient proposer (la position reste à affiner), c’est une sortie de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal, mais en conservant des sanctions pénales en cas d’IVG après 12 semaines de grossesse.

    La question était réapparue mercredi lorsque la ministre wallonne de la Santé, Alda Greoli (CDH), déclara "qu’il faut sortir l’avortement du Code pénal" et ajoutait : "C’est la position du CDH." Cette sortie a été comprise comme une prise de position inédite du parti en faveur de la dépénalisation totale de l’avortement. Mais le lendemain, elle dut rétropédaler en annonçant que "le débat et la réflexion se poursuivent au CDH"

    Pas de sanction avant 12 semaines

    En fait, la position adoptée lundi par le bureau politique est assez proche de ce qu’annonçait Mme Greoli. Cette dernière précisait en effet que "des sanctions […] demeurent nécessaires" afin que l’avortement ne soit pas "banalisé". Et c’est bien cela que va défendre le CDH.

    Aujourd’hui, l’article 350 du Code pénal prévoit une amende et une peine de prison en cas d’avortement. Sauf pour "la femme enceinte, que son état place en situation de détresse", et qui respecte certaines conditions. Parmi celles-ci : une IVG pratiquée avant les 12 semaines de grossesse et un délai de réflexion obligatoire de six jours.

    Par ailleurs, l’interruption médicale de grossesse (IMG) est permise, elle, à n’importe quel moment de la grossesse.

    Les centristes devraient donc proposer prochainement une sortie de l’IVG du Code pénal. Pour le symbole, ils signifieraient par là que la femme qui pratique une IVG ne commet plus un délit. Mais ils veulent en même temps le maintien de balises fortes. Et, selon eux, cela passe par des sanctions pénales en cas de violation des règles, parmi lesquelles le respect du plafond des douze semaines de grossesse que certains partis politiques voudraient repousser, voire carrément supprimer.

    Concrètement, pour le CDH, après 12 semaines, rien ne changerait: l’IVG reste interdite. En revanche, avant 12 semaines, il n’y aurait plus de sanctions pénales même si les règles prévues par la loi (femme "en situation de détresse" ou délai de réflexion) ne sont pas respectées. Les détails de la position du CDH devraient être connus dans les prochains jours.

  • Le sort du petit Alfie Evans, le pape et l'Eglise : un survol chronologique très éclairant

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    alfie2-large.jpgLe petit Alfie Evans a finalement été débranché lundi soir et, depuis lors, il continue à respirer faiblement et l'on prie pour qu'un miracle survienne... Pourtant, l'Italie, quelques heures auparavant, lui avait octroyé la nationalité italienne dans l'espoir de faciliter son transfert à l'hôpital du Bambino Gesu à Rome. Mais rien n'a pu faire changer la détermination des tribunaux britanniques qui ont ordonné que l'enfant soit débranché : tous les recours effectués par son papa, les interventions du pape François, les manifestations autour de l'hôpital, les démarches diplomatiques de l'ambassadeur d'Italie, tout cela s'est donc avéré inutile. Le détail de la situation actuelle est exposé ICI.

    Sandro Magister (traduit sur diakonos.be) revient sur la chronologie des évènements :

    Les Pâques d’Alfie Evans. Une chronologie jour après jour

    Avant Pâques, c’est le temps du Carême. A commencer par ce dramatique 20 février, le jour où la haute cour de justice de Londres a ordonné que le petit Alfie Evans, 22 mois, affligé d’une maladie neurologique inconnue, incurable et hospitalisé à l’Alder Hey Children’s Hospital de Liverpool, soit mis à mort et débranché de son respirateur.

    Pour justifier son jugement, le juge Anthony Hayden cite un passage du message sur la fin de vie que le Pape François a envoyé le 7 novembre 2017 à Mgr Vincenzo Paglia, le président de l’Académie pontificale pour la vie.

    Depuis Rome, aucune protestation se s’élève contre cette instrumentalisation des déclarations du Pape. Il faut attendre le 8 mars pour qu’une voix forte se fasse entendre aux plus hauts échelons de l’Eglise, celle du cardinal Elio Sgreccia, âgé de 90 ans, bio-éthicien de renommée internationale et président de l’Académie pontificale pour la vie de 2005 à 2008.

    Mais le 9 mars, dans une interview au journal « Templi », Mgr Paglia donne raison au juge londonien sur toute la ligne.

    Les jours passent et la mobilisation pour défendre la vie d’Alfie s’amplifie, alimentée par ses parents, Tom Evans et Kate James, à peine plus de vingt ans, elle anglicane et lui catholique.

    Arrive Pâques et le 4 avril, le mercredi de la semaine « in albis », le pape François sort pour la première fois son silence avec un tweet : « J’espère sincèrement que tout le possible soit fait pour continuer à accompagner avec compassion le petit Alfie Evans… »

    Le 13 avril, le vendredi de la seconde semaine de Pâques, l’archidiocèse de Liverpool s’exprime également par la voix de son porte-parole. Mais avec un tout autre son de cloche.  Il se plaint que les parents d’Alfie et les autorités de l’hôpital « ne sont pas en mesure de se mettre d’accord sur un programme » pour interrompre la respiration de l’enfant.  Il prend acte avec désapprobation des manifestations de soutien à Alfie autour de l’hôpital.  Il fait part de l’engagement de l’évêque auxiliaire de Liverpool, Tom William « aux côtés des médecins » sans pour autant rencontrer les parents du petit « qui ne sont pas catholiques ».  Elle prend acte qu’on continue à « prier pour Alfie, sa famille et ceux qui les accompagnent dans ce voyage ».

    Le jour suivant, Tom Evans écrit à l’archevêque de Liverpool, Malcom Patrick McMahon, pour lui exprimer sa tristesse pour le communiqué, pour lui rappeler qu’aussi bien lui qu’Alfie sont baptisés dans l’Eglise catholique et pour lui demander de l’aide pour « faire sortir notre enfant de Grande-Bretagne afin qu’il soit soigné jusqu’à la fin naturelle de son existence terrestre ». L’hôpital pédiatrique dans lequel les parents voudraient transférer Alfie est celui du Bambino Gesù à Rome qui a fait état de sa disponibilité depuis l’été précédent et qui a dépêché ses médecins à Liverpool.

    Aucune réponse de l’archidiocèse. Même le chapelain de l’Alder Hey Children’s Hospital joue les abonnés absents face aux demandes des parents d’Alfie.

    Le 15 avril, troisième dimanche de Pâques, c’est le Pape François en personne qui s’exprime et cette fois à voix haute, pendant le Regina Caeli, en associant au cas d’Alfie le cas similaire d’un français de 42 ans :

    « Je confie à vos prières les personnes, comme Vincent Lambert en France, comme le petit Alfie Evans en Angleterre et dans d’autres pays qui vivent, parfois depuis longtemps, dans un état de grave infirmité, médicalement assistés pour leurs besoins primaires. Il s’agit de situations délicates, très douloureuses et complexes.  Nous prions pour que chaque patient soit toujours respecté dans sa dignité et traité de manière adaptée à son état, avec l’accord des membres de la famille, des médecins et des autres professionnels de la santé, avec le plus grand respect pour la vie. »

    Le même jour, même le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Paglia, publie un communiqué en ligne avec les déclarations du Pape, revenant ainsi sur ses précédentes déclarations.

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  • Bébés sur mesure : en route vers le monde des meilleurs

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    Entretien avec Blanche Streb (du site de France Catholique) :

    L’eugénisme en marche

    Pourquoi ce livre ?

    Ce livre explore ce qui se trame dans le secret des labos, où des bébés génétiquement modifiés sont déjà nés. Nous sommes en état d’urgence éthique, en France mais pas seulement. Le gouvernement laisse entendre que la PMA sans père pourrait être autorisée. Nous sommes sur le point de basculer vers un droit à l’enfant, ni plus ni moins. Et dans toutes les situations, même celles n’ayant aucun lien avec l’infertilité. Le droit à l’enfant est la première étape du bébé à la carte. Ce qu’on observe aux États-Unis, en Belgique, Espagne, Chypre, Ukraine, etc., où le marché de la procréation se déploie, doit nous alerter ! Avoir le droit de passer commande d’un enfant, est-ce vraiment ce que nous souhaitons pour notre pays ? Les débats autour de la PMA sans père mettent en lumière que les Français n’y sont pas favorables. La société «  n’est pas prête  ». L’intérêt supérieur de l’enfant reste, heureusement, bien présent dans les esprits.

    Un bébé «  sur mesure  » ?

    C’est un bébé que l’on conçoit, dans les deux sens du terme. D’abord comme un «  projet  » décrit avec certains paramètres puis concrètement de manière artificielle en éprouvette.

    Pourquoi « le monde des meilleurs » ?

    Le bébé sur mesure gagne son droit de vivre grâce à certains critères : soit il est exempt de maladies génétiques connues ou de simples prédispositions – dont rien n’établit avec certitude qu’elles se réaliseront – soit il correspond aux critères esthétiques choisis pour lui : taille, couleur des yeux, sexe… soit il est génétiquement boosté pour être «  meilleur  » que les autres… D’où ce sous-titre. Le monde des meilleurs est celui dans lequel la vie se soumet à la technique, où les êtres humains, en plus d’être triés pour obtenir le droit de naître, seraient améliorés, voire «  augmentés  ».

    Ce n’est pas bien de vouloir améliorer la qualité d’un être humain ?

    Les techniques font fi de tout principe de précaution, elles instrumentalisent l’embryon, en font un cobaye. La plupart des méthodes ne sont ni sûres ni efficaces. Tout cela n’empêchera pas les souffrances de la vie, ne rendra pas les humains meilleurs, ne garantira aucunement le bonheur des bébés sur mesure ou de leurs designers, n’ouvrira pas la perspective de construire une civilisation plus juste ou plus accueillante… Être né à l’issue d’un tri ou d’une manipulation génétique pourrait laisser planer chez les personnes concernées un symptôme de se sentir exister «  grâce au bon vouloir technologique  ». Un peu comme si elles étaient en permanence en période d’essai dans la vie. Suis-je assez bon, assez parfait ? Est-ce que je réponds aux critères qu’on a voulu poser sur moi ? Et pourquoi ne suis-je pas totalement, et en permanence, heureux si j’ai été conçu pour cela ? De quoi et à qui puis-je me plaindre ? Refuser l’anomalie, la fragilité, n’est-ce pas prendre le risque de tuer le bonheur dans l’œuf ?

    À quoi sert votre livre ?

    C’est une synthèse globale sur le sujet. Jusqu’où peut-on aller : gamètes artificiels, fabrication de bébé issus de deux personnes de même sexe, FIV à 3 parents. J’aborde aussi l’impact sur l’enfant, ses parents, les relations humaines, sur la société… enfin, je propose un sursaut éthique : redécouvrir la biodiversité humaine, refuser le code-barres génétique, repenser l’éthique du don, définir un progrès au service de l’homme…

    Je pense qu’il est temps de repenser la procréation artificielle et de poser des limites sur lesquelles nous pouvons tous nous accorder. L’homme doit toujours se demander si le progrès technique débouche véritablement sur un progrès humain.

    Les extraordinaires avancées de la science placent entre nos mains de nouveaux pouvoirs.

    Lire aussi, sur Figaro Vox : L'enfant n'est pas un objet que l'on peut programmer

  • Constance du Bus, personnalité du jour dans La Libre

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    En page 2 de La Libre d'aujourd'hui :

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