C'est ici : https://www.facebook.com/March4LifeBrussels/videos/1654654891318743/
Débats - Page 422
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A voir et partager : la belle prestation de Constance du Bus sur le plateau de BX1
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"One of us" : jugement attendu le 23 avril; l'initiative citoyenne en sortira-t-elle gagnante ?
- Si le Tribunal déclare inattaquable le refus de la Commission de donner suite à l’ICE, il confortera le monopole d’initiative de la Commission reconnaissant à celle-ci le pouvoir d’éconduire, sans aucun recours possible, des initiatives portées pourtant par des millions de personnes. Cet instrument de démocratie participative s’avèrerait alors purement factice : un leurre démocratique.
- A l’inverse, si les juges estiment attaquable l’acte de la Commission et acceptent par-là de se prononcer au fond, ils donneront alors une réelle effectivité au mécanisme de l’initiative citoyenne européenne. Ce serait là un profond bouleversement institutionnel pour l’Union : la Commission européenne perdrait son monopole d’initiative législative et se verrait obligée de le partager avec les citoyens européens, sous le contrôle de la Cour !
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Du Liban à la Syrie : comment décliner l’identité plurielle des pays du Moyen- Orient ?
Joseph Yacoub est Professeur honoraire de sciences politiques à l'Université catholique de Lyon, premier titulaire de la chaire UNESCO «Mémoire, cultures et interculturalité». Spécialiste des minorités dans le monde et des chrétiens d'Orient, il a publié Une diversité menacée. Les Chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme, (Salvator, janvier 2018). Pour "FigaroVox" l’'historien des minorités chrétiennes en Orient rappelle que la Syrie est un pays aux identités anciennes et multiples, dont seule une compréhension aigüe pourra permettre une transition politique durable :
« Dans son entretien télévisé le 15 avril, parlant de la Syrie, le chef de l'État a évoqué la nécessité d'une solution politique afin de permettre une transition à ce pays ravagé par le désordre et le chaos depuis 2011.
Il est vrai que plusieurs tentatives sous forme de rencontres ont eu lieu ces derniers temps, sous l'égide soit de la Russie (Astana, Sotchi), soit des Nations-Unies (Genève), pour préparer la future Constitution de la Syrie, dans le cadre de débats sur la transition, mais aucune n'a abouti, tant les divergences sont profondes et les rapports de force constamment mouvants. Remarquons que du côté des autorités comme de l'opposition, le discours nationaliste n'a pas fondamentalement changé, prisonnier qu'il est de schémas rétrogrades et d'idées anachroniques.
Vu son passé en Syrie, nous espérons que la France saura faire preuve, le moment venu, d'initiative diplomatique pour relancer le processus politique, afin d'éviter à ce pays les erreurs commises par le passé.
Mais c'est quoi la Syrie?
Ce pays suscite de nombreuses interrogations de type tant national que culturel et religieux.
Il est important de rappeler que c'est un des berceaux majeurs de la civilisation, du christianisme, de la culture araméo-syriaque et du monde arabo-musulman. Multiple par sa diversité, des couches de civilisation l'enveloppent de toutes parts. Complémentaire dans tous ses affluents, les peuples y cohabitent depuis des lustres et aucune religion ne l'a marqué à elle seule.
Mais dans leur volonté d'arabisation à outrance, les différents gouvernements syriens, toutes tendances confondues, se sont montrés, par choix idéologique et pour plaire à la majorité, incapables de définir la Syrie. Ils auraient constaté que ce pays est producteur d'une civilisation qui a absorbé dans son creuset ses différents conquérants, lesquels ont laissé des traces très visibles qui rappellent tantôt les Phéniciens et les Araméens, tantôt les Grecs, les Romains et les Byzantins, pour ne citer que ceux-là. D'ailleurs, le paysage, la géographie et la toponymie sont là pour en attester. Le pays n'est pas plus musulman que chrétien, ni plus arabe qu'araméen. C'est un tout.
Or le fait d'avoir mélangé confusément Syrien et Arabe, sans définition objective préalable, a brouillé le sentiment d'appartenance et a fini par séparer les communautés et engendré de la méfiance. Cette obsession de prioriser une partie de l'histoire, celle qui commence au VIIe siècle de notre ère, a généré chaque fois des communautés marginalisées qui se sont senties exclues. D'où leur révolte de temps à autre.
Déjà, le patriarche syriaque catholique, Mgr Ephrem II Rahmani (1848-1929), venu à Paris en 1919 au moment de la naissance de l'État syrien exposer les revendications de ses compatriotes, défendait l'identité syrienne qui diffère, disait-il, de celle de l'Arabie et rejetait par conséquent un gouvernement arabe chérifien sur la Syrie, arguant que «le Hedjaz n'a rien à voir avec la Syrie» (déclaration au quotidien Le Gaulois, le 16 août 1919).
Aussi est-il important de traiter les différentes composantes de la population comme des éléments intrinsèques du corps national, sans distinction. Cela implique d'aborder l'histoire d'une manière neutre et non parcellaire, sans passion et sans préjugés, loin des intérêts politiques et des idées préconçues, et en laissant les historiens travailler librement.
Comment donc agir?
Nous devons aborder l'histoire d'une manière neutre et non parcellaire, sans passion et sans préjugés, loin des intérêts politiques et des idées préconçues.
Sur le plan identitaire, quelle que soit la forme que prendra l'État syrien de demain, il convient de modifier la Constitution qui souffre d'un excès de nationalisme arabe, et d'y incorporer la civilisation syrienne dans son ensemble. A cela doit s'ajouter la reconnaissance de la langue araméo-syriaque qui doit être considérée comme langue nationale et officielle, aux côtés de la langue arabe.
Cela doit s'accompagner d'une révision des programmes de l'enseignement de l'histoire et des religions, en y insérant le christianisme oriental qui, faut-il le répéter, est le produit de cette terre.
Mais toutes ces réformes demandent un travail sur les mentalités, sur le poids des traditions et les représentations collectives, dont ce pays est privé, qui consiste à interroger l'imaginaire dominant afin de le libérer de ce qui l'entrave. Dès lors, on constatera que les perceptions s'opposent et les représentations mentales se heurtent, d‘où la nécessité de créer des centres de recherche appropriés.
Mais comment l'entreprendre sans renouveler le discours politique qui souffre d'un excès de centralisme, pour y introduire une large décentralisation et la notion d'autonomie. Cette question revêt d'autant plus d'importance qu'elle se trouve posée d'une manière brûlante avec les revendications des Kurdes au nord-est de la Syrie.
Tout cela requiert une vision à long terme et une quête d'authenticité, qui définirait, enfin, la personnalité de base de ce pays. »
Ref. Joseph Yacoub : «Quelle identité pour la Syrie de demain ?»
JPSC
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Constance du Bus présente la Marche pour la Vie sur cathobel
De cathobel.be :
AUDIO – En débat: La marche pour la vie
Emission diffusée le jeudi 29 mars 2018 à 11h sur RCF.
Constance du Bus est la porte-parole de la marche pour la vie qui se déroule ce dimanche 22 avril, à Bruxelles. Elle nous parle de son combat.
Présentation: Jean-Jacques-Durré & Hervé Gérard
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Le cdH et la dépénalisation de l’avortement : oui mais non
Le centre mou de la politique belge reste fidèle à son image brouillée et Alda Greoli, promise à un parachutage à Liège aux prochaines élections communales, soigne la sienne dans les milieux de la libre-pensée. Lu sur le site RTBF Info :
"Le débat et la réflexion se poursuivent au sein du cdH", a fait savoir jeudi la ministre Alda Greoli après ses propos sur la sortie de l'avortement du Code pénal.
La ministre issue du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) a créé la surprise mercredi soir en affirmant sur le plateau d'"A votre avis" (RTBF) que le cdH avait pris position en faveur de la sortie de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) du code pénal. Elle précisait qu'il s'agissait là d'une position officielle du parti.
Dans une réaction adressée à l'Agence Belga jeudi midi, elle a fait marche arrière en indiquant que la réflexion était en cours chez les centristes francophones.
A titre personnel, elle maintient toutefois sa position.
"Il est nécessaire à mes yeux de sortir l'avortement du code pénal parce qu'il faut mettre fin à la culpabilisation des familles et des femmes en particulier", a-t-elle déclaré, en apportant deux précisions.
Une "question fondamentale reste pleine et entière": celle de l'encadrement de l'IVG et des "normes nécessaires" qui doivent faire en sorte que l'avortement ne soit pas "banalisé". Ces normes se trouvent aujourd'hui dans la loi, "dont des sanctions qui demeurent nécessaires".
"Le plus important dans ce dossier est à la fois de reconnaître la liberté de la femme et le nécessaire accompagnement d'un acte qui est et reste toujours difficile. C'est donc bien par le renfort de la prévention et de l'éducation sexuelle et affective que cette question passe d'abord", a-t-elle ajouté.
Il est important de maintenir des balises pour éviter des dérives
Interrogée avant l'envoi de cette réaction, la cheffe de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, soulignait qu'elle n'était pas "au clair" sur la façon dont une dépénalisation complète pouvait "maintenir les balises" de l'interruption volontaire de grossesse.
"Je ne remets pas en cause l'IVG mais il est important de maintenir des balises pour éviter des dérives. La liberté des femmes, ce n'est pas d'abord l'IVG. C'est surtout d'éviter une grossesse non désirée. Travailler en amont, c'est au moins tout aussi important", expliquait-elle.
Actuellement, l'avortement n'est que partiellement dépénalisé en Belgique. Une loi de 1990, adoptée au terme d'une crise institutionnelle sans précédent, impose plusieurs conditions, la plus importante concernant la durée de la grossesse. L'acte doit avoir lieu avant la fin de la douzième semaine après la conception.
A l'instigation des milieux laïcs, le débat sur une dépénalisation complète a resurgi il y a peu. Les socialistes, les libéraux et les écologistes se sont prononcés en faveur de cette évolution. Des propositions de loi ont été déposées à la Chambre mais leur examen a été ajourné à la demande de la majorité. Traditionnellement, les partis issus de la démocratie-chrétienne, dont le CD&V et le cdH, ne soutiennent pas de telles initiatives. La sortie de Mme Greoli était donc inattendue.
Le débat sur l'avortement a connu un regain en 2015 à la suite d'une autre initiative législative. Plusieurs partis de la majorité ont déposé ou soutenu des propositions de loi concernant les enfants nés sans vie. Pour aider certains parents à surmonter leur deuil, ils souhaitent revoir une disposition du code civil qui établit à 180 jours à partir de la conception le seuil à dater duquel un enfant est enregistré.
Le CD&V préconise d'abaisser cette échéance à 140 jours et d'autoriser l'établissement d'un acte de naissance avant 140 jours sans que celui-ci n'emporte un effet juridique quelconque. Le cdH a proposé une formule plus libre, offrant la faculté aux parents de donner un prénom à leur enfant dans un registre ad hoc à la commune.
Malgré les dénégations des auteurs des propositions, le courant laïc y a vu une tentative de donner un statut juridique au foetus et de la sorte mettre en péril le droit à l'avortement. Le Centre d'action laïque a lancé une pétition. La présidente du Sénat, Christine Defraigne (MR), s'est dite favorable à la sortie de l'avortement du Code pénal, un colloque a été organisé dans l'assemblée, etc. "
Ref. Le cdH en faveur de la sortie de l'IVG du code pénal? Pas si clair qu'Alda Greoli ne l'a dit...
Suite au prochain « numéro »…
JPSC
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Paul VI applaudissait-il la réforme liturgique ?
De Sandro Magister traduit sur le site diakonos.be :
Paul VI et la réforme liturgique. Il l’a approuvée mais elle ne lui plaisait guère
« C’est le Pape qui le veut ». C’est ainsi que Mgr Annibale Bugnini (1912-1982), l’artisan de la réforme liturgique qui suivit le Concile Vatican II, réduisait systématiquement au silence les experts qui contestaient l’une ou l’autre de ses innovations les plus inconsidérées.
Le pape en question, c’était Paul VI qui avait en effet confié à Bugnini le rôle de secrétaire et de factotum du conseil pour la réforme de la liturgie présidé par le cardinal Giacomo Lercaro.
Bugnini jouissait d’une mauvaise réputation auprès de certains membres du conseil. « Scélérat et mielleux », « manipulateur », « dépourvu de culture comme d’honnêteté » : c’est ainsi que le grand théologien et liturgiste Louis Bouyer (1913-2004), que Paul VI estimait énormément, l’a décrit dans ses « Mémoires ».
En fin de compte, ce pape fut sur le point de créer Bouyer cardinal et punit Bugnini en l’exilant comme nonce à Téhéran après s’être rendu compte des dégâts qu’il avait causés et de la fausseté de ce « c’est le Pape qui le veut » derrière lequel cette canaille s’abritait.
Pourtant, au cours des décennies qui suivirent, les héritiers de Bugnini menèrent le jeu. Son secrétaire personnel Piero Marini fut l’organisateur des cérémonies pontificales de 1983 à 2007. Et des livres viennent de sortir qui mettent en évidence le rôle de Bugnini.
Mais revenons à Paul VI, comment a-t-il vécu l’affaire de la réforme liturgique ? Les défenseurs de la liturgie préconciliaire l’accusent d’être le responsable ultime de toutes les innovations.
En réalité, entre Paul VI et la réforme qui prenait forme peu à peu, il n’y avait rien de cette harmonie que les critiques lui reprochèrent.
Au contraire, Paul VI a souffert à de nombreuses reprises de ce qu’il voyait se dérouler et qui était aux antipodes de sa culture liturgique, de sa sensibilité et de l’esprit avec lequel il célébrait.
Un petit livre qui vient de sortir dernièrement apporte une nouvelle lumière précisément sur cette souffrance personnelle causée au Pape Jean-Baptiste Montini par une réforme liturgique avec laquelle il ne partageait pas grand-chose.
lire la suite sur diakonos.be -
Accès de non-catholiques à l'Eucharistie : le cardinal Marx convoqué à Rome
De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :
Le cardinal Marx à Rome pour discuter d’un document contesté sur l’eucharistie
Une partie des évêques allemands rejette un texte de la conférence épiscopale autorisant, dans certaines circonstances, l’accès de non-catholiques à l’eucharistie.
Le pape François a invité à Rome le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et président de l’épiscopat allemand, pour discuter de la décision des évêques allemands d’autoriser, dans certaines circonstances, l’accès de non-catholiques à l’eucharistie, a annoncé jeudi 19 avril la Conférence des évêques allemands (DBK).
Le cardinal Marx « salue le souhait du pape François, qui a proposé une discussion à Rome sur le sujet », a-t-elle ajouté dans un communiqué.
« Éclaircissements »
Le 22 février dernier, au terme de leur Assemblée plénière de printemps, les évêques allemands avaient annoncé la publication d’un texte facilitant, dans certains cas, la communion pour le conjoint de confession protestante.
Le texte avait été adopté à une large majorité des trois quarts après « d’intenses débats », avait reconnu le cardinal Marx.
Néanmoins, le 22 mars dernier, sept évêques, dont le cardinal Rainer Woelki, archevêque de Cologne, avait écrit à Mgr Luis Ladaria, et au cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens pour leur demander leur « aide » et « des éclaircissements » autour de ce texte dont ils estiment qu’il outrepasse les compétences d’une conférence épiscopale.
La question est en effet de savoir si ce texte est de nature pastorale, comme l’avait présenté le cardinal Marx, ou doctrinal, auquel cas il nécessiterait une adoption à l’unanimité et une approbation romaine.
Le 6 avril dernier, le pape avait d’ailleurs reçu Mgr Ladaria accompagné de Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, soit les deux dicastères compétents pour trancher ce type de litige.
Le cardinal Marx également membre du C9
Le vaticaniste Edward Pentin, de l’hebdomadaire conservateur américain National Catholic Register, affirmait sur son blog que la Congrégation pour la doctrine de la foi avait rejeté la proposition des évêques allemands « avec l’approbation du pape François » qui aurait toutefois demandé que la décision demeure secrète.
Une affirmation démentie jeudi par la Conférence des évêques allemands qui a toutefois confirmé que son président, le cardinal Marx, par ailleurs membre du « C9 », le conseil de cardinaux chargé de conseiller le pape sur la réforme de la Curie et le gouvernement de l’Église, se rendra à Rome pour discuter avec François du texte des évêques allemands.
Le C9 doit justement se réunir au Vatican à partir de lundi prochain 23 avril. Il devrait s’agir de sa dernière rencontre sous son format actuel, ses membres ayant été nommés il y a tout juste cinq ans par le pape François.
D'après i.media :
LE VATICAN AURAIT REFUSÉ LA PROPOSITION DES ÉVÊQUES ALLEMANDS D’OUVRIR LA COMMUNION AUX PROTESTANTS MARIÉS À UN CATHOLIQUE
Vatican - le 19/04/2018 | Par Agence I.Media
La Congrégation pour la doctrine de la foi aurait refusé la proposition des évêques allemands d’ouvrir l’accès à la communion pour des protestants mariés avec un catholique, a rapporté le site catholique autrichien kath.net le 18 avril 2018. Cette proposition avait suscité des oppositions au sein de l'épiscopat allemand.
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Sortir l'avortement du code pénal ? Une question pas si neutre...
SORTIR L’AVORTEMENT DU CODE PÉNAL BELGE ? UNE QUESTION PAS SI NEUTRE
Deux jour avant la « Marche pour la vie », certains reposent la question de l’avortement et du code civil : pour quelle raison ? Carine Brochier, de l’Institut Européen de Bioéthique (IEB), répond pour Gènéthique.
A la veille de la « Marche pour la Vie » qui aura lieu ce dimanche 22 avril à Bruxelles à 15 heures, le Centre d’action laïque présente les chiffres d’un sondage qui montrent qu’une grande majorité des Belges ignorent que l’avortement est toujours inscrit dans le code pénal. Cette enquête publiée dans les deux organes de presse principaux du Royaume est signée par de nombreuses personnalités : des gynécologues, des universitaires, des représentants du monde académique et intellectuel. Elle n’est pas le fait des femmes qui ne sont pas interrogées, ni d’associations de terrain confrontées à ces enjeux au quotidien.
Au-delà de l’effet d’annonce, l’inscription de l’avortement dans le code pénal rappelle que, même dépénalisé, depuis 1990 en Belgique, aucun médecin n’a jamais été condamné pour des faits d’avortement. Pourquoi l’avoir inscrit et le garder dans le code pénal ? C’est que l’acte en lui-même n’est pas un acte médical comme un autre puisque cette intervention chirurgicale conduit immanquablement à mettre fin à la vie d’une personne, si petite soit-elle. Cet acte d’avortement ne peut être banalisé. Le droit met en œuvre certains repères qu’il est bon de conserver, et sortir l’avortement du code pénal conduirait à son ultime banalisation pour en faire un droit : « L’intérêt fondamental protégé deviendrait, en définitive, exclusivement ‘l’autodétermination de la femme’, au moment-même où sa décision sera bien souvent prise dans un contexte de fragilité »[1]. Comme tel, il serait opposable au médecin qui ne pourrait plus le refuser et ne serait donc plus en mesure d’exercer son objection de conscience : « la femme n’aurait pas seulement la faculté de demander un avortement », mais celle « de l’exiger »[2].
En Belgique, 500 000 avortements auraient été pratiqués depuis 28 ans. Officiellement car, depuis 2011, la structure chargée de recueillir ces données est « en panne », les chiffres de l’IVG ne sont donc pas disponibles : politiquement, il n’y a pas de volonté de contrôler ou de maîtriser l’avortement.
Il serait pourtant urgent de s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour la prévention (cf. L’obligation des Etats de prévenir le recours à l’avortement) : que faire pour que l’avortement devienne impensable et pour qu’en termes de prévention, les femmes enceintes ne se laissent pas proposer l’avortement comme unique solution « raisonnable » ?
L’avortement est une question de santé publique. Il serait courageux de s’atteler à mettre en place une vraie réponse à ces questions.
[1] Institut Européen de Bioéthique, Sortir l’avortement du Code Pénal ?
[2] Institut Européen de Bioéthique, Sortir l’avortement du Code Pénal ?
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Les reniements de l'ex PSC atteignent un sommet : le cdH serait d'accord pour retirer l'avortement du code pénal
Avortement: le cdH d'accord pour sortir l'IVG du Code pénal (*)
"Il faut sortir l'avortement du Code pénal, et c'est la position du cdH", a affirmé mercredi soir la ministre wallonne de l'Action sociale Alda Greoli (cdH), lors d'un débat sur ce sujet sur le plateau d'"A votre Avis" (RTBF).
"C'est une position importante, et officielle", a-t-elle ajouté, tout en insistant sur la nécessité de maintenir un encadrement, un accompagnement social, un conseil, etc. L'an dernier, le CD&V, autre parti héritier de la démocratie chrétienne traditionnellement très frileuse sur ce dossier, avait obtenu l'ajournement de l'examen de propositions de loi visant à sortir l'interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal. Le cdH s'était alors abstenu. Favorable à la dépénalisation, la présidente du Sénat Christine Defraigne (MR) a estimé que, si des partis comme le CD&V ou la N-VA bloquaient encore sur cette question, "il est possible de trouver, le cas échéant, des majorités alternatives". Sept Belges sur dix ignorent que l'avortement reste un délit contre l'ordre des familles et la moralité publique inscrit dans le Code pénal, selon un sondage mené à la demande du Centre d'action laïque (CAL) publié mardi. L'interruption volontaire de grossesse n'a été que partiellement dépénalisée en 1990, c'est-à-dire que les sanctions prévues par la loi ne sont appliquées que si toute une série de conditions ne sont pas respectées. Trois quarts des sondés s'affirment en faveur d'une dépénalisation totale de l'avortement.
(*) En fait, ce n'est pas si clair (jeudi 19 à 13H00) : http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/sortir-l-avorterment-du-code-penal-alda-greoli-fait-marche-arriere-sur-la-position-officielle-du-parti-5ad84b98cd709bfa6b698b81
Cette prise de position a suscité cette réaction d'un jeune de 26 ans qu'un vent favorable a porté à notre connaissance :
" Madame Greoli,
(...) permettez-moi de vous écrire suite à vos déclarations hier soir sur la sortie de l'avortement du code pénal sur le plateau de la RTBF.
1. Votre argumentation au sujet de la question de sortir l’avortement du code pénal me dérange fortement. Votre position tient en ces mots: "Il me semble assez évident, et c'est la position du cdH, qu'il faut sortir l'avortement du Code pénal". Vous serez d'accord avec moi, ceci est plutôt une absence d'argumentation; si ce n'est l'acceptation des arguments du Centre d'Action Laïque (une communauté philosophique non confessionnelle subsidiée depuis la loi de 2002 sur le financement des cultes); qui se résument en 2 points:
- "Il y a urgence à dépénaliser l'avortement?". Permettez moi de vous demander quelle urgence il y a? Les chiffres du nombre d'avortements sont ils en baisse parce qu'il n'y a plus assez de praticiens?
- "Nous sommes au XXIe siècle": Ceci sonne comme l'argument ultime du CAL: nous devrions enlever l'acte d’avorter du code pénal sous prétexte que nous sommes en 2018. Pourriez-vous m’expliquer en quoi le fait que nous vivions au 21e siècle justifierait de nier qu’il s’agit d’un acte grave et de le réduire à la prise d’un cachet ou à une banale opération chirurgicale?
2. Nous attendons un autre discours de la part du cdH, une opinion vraiment humaniste. Sur ce sujet difficile, ne pensez-vous pas que l'on attende du cdHun autre discours que celui de la "citadelle de la bien-pensance" qui nous fait croire que l'urgence est de sortir l'avortement du code pénal? L'urgence n'est elle pas plutôt d’aider les femmes en difficulté? Pour 89% des femmes, cet acte laisse "des traces psychologiques difficiles à vivre"*. Là est le vrai constat, l'avortement n'est pas un acte banal. Les femmes le savent et le disent : 72% estiment que "la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’interruption de grossesse"*. Un comportement vraiment humaniste, respectueux de la dignité de ces femmes, est de se battre pour la reconnaissance de cette souffrance et de mettre en place tous les moyens pour l'éviter. Je souligne par ailleurs le combat honorable et courageux de Madame Catherine Fonck pour donner un statut juridique aux enfants morts nés.
Permettez-moi de vous poser une question: Les partisans invétérés de l’avortement scandent bien souvent le slogan "mon corps, mon choix", pensez-vous que la femme ait réellement le choix? Je parle de la jeune femme souvent en difficulté sociale et financière. Pourriez-vous me confirmer avec certitude qu’elle a réellement le choix de garder l’enfant ou non; que les plannings familiaux proposent tous une aide sociale et financière pour que la femme soit libre de garder son enfant? Dans quelle mesure l’Etat l’accompagnera dans ce choix ? Qu’en sera-t-il de son parcours universitaire et professionnel si rien n’est prévu pour l’aider? C’est ici que se situe l’urgence, et non dans le fait de sortir l’avortement du code pénal.
Ce que j'attends du cdH et avec moi de nombreux jeunes qui ne prennent pas la peine de vous écrire, c'est une voix différente. Une voix argumentée qui cherche à construire, à chercher la vérité et à œuvrer pour le bien commun. Votre faible argumentation sur un sujet aussi important qui blessent de nombreuses femmes et hommes œuvre à la décrédibilisation et la dilution du cdH; et participe je le pense au positionnement actuel de 6e parti de Bruxelles avec 5% des voix, et 5e parti de Wallonie avec 8% des voix dans le Baromètre du soir du 8 décembre dernier.
Derrière ce message rempli de déception, je vous félicite néanmoins pour votre engagement en politique, je vous en assure. Nous avons besoin de femmes et d’hommes qui se battent pour ce qui est bon, juste et vrai. En retour, il appartient aux citoyens de veiller à l'action de nos politiciens. "
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Merci Constance !
A Constance du Bus
Chère Constance,
Vous avez accepté de descendre sur un plateau de télévision ("A votre avis", 18 avril 2018) où, vous le saviez d’avance, tout avait été mis en place pour dégager et promouvoir un consensus pro-mort. Face à vous, toutes les composantes des forces qui œuvrent au sein de notre société pour y faire triompher le désir individuel au détriment du respect de la vie étaient réunies : depuis les représentants du Centre d’Action Laïque et du Planning familial aux vieilles professionnelles de la politique (les Lalieux, Defraigne et consorts) en passant par les « scientifiques » ralliés à la cause, le caricaturiste de service et le meneur de débat dont l’arbitrage partisan et manipulateur est habituel à la RTBF.
Et c’est ainsi que l’on nous a martelé que cette trouble notion de la viabilité du fœtus, au détriment de toute autre considération, était déterminante pour établir un saut qualitatif permettant à ce qui n’était pas encore un enfant de le devenir ensuite. Et c’est ainsi que la plupart des intervenants mobilisés pour la circonstance verraient d’un bon œil la prolongation de douze à dix-huit semaines du délai accordé aux femmes pour se faire avorter, au mépris de tout ce que l’on sait aujourd’hui de la merveille que constitue un petit d’homme en gestation depuis les premiers moments de sa vie intra-utérine.
Nous le savions : notre pays est ce lieu où toutes les dérives éthiques de notre temps finissent par s’inscrire dans la loi. Celui ou celle qui se démarque de ce légal devenu normatif pour témoigner d’une vérité ou d’un bien supérieurs est montré du doigt et désigné à la vindicte des tenants du consensus ambiant.
A vous qui avez eu le courage d’affronter seule cette meute déterminée, je voudrais exprimer notre reconnaissance et notre admiration. Vous avez rappelé l’essentiel : que la vie humaine, dès sa conception, est un continuum dont il est totalement arbitraire – et criminel - de vouloir justifier l’interruption à quelque moment que ce soit ; que les lois humaines se disqualifient dès lors qu’elles autorisent, au nom de la recherche ou de la procréation médicalement assistée, la destruction d’embryons ; que la viabilité est une notion relative que l’on ne saurait établir comme condition de reconnaissance d’un être humain ; que les délais variables institués dans différents pays attestent qu’il n’y a pas moyen d’établir un moment déterminant où la vie, tout à coup, deviendrait respectable ; que le moment de la conception est bel et bien le moment de l’apparition d’une nouvelle vie humaine…
Vous étiez Antigone ; tous, ils étaient Créon. Vous étiez la voix, jeune et incandescente, qui rendait témoignage à ce qui est bien et vrai.
Merci.
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Le pape a reçu le père du petit Alfie Evans en audience privée
De Matteo Matzuzzi sur le site du quotidien Il Foglio :
Le Pape a reçu en audience le père d'Alfie Evans
Vingt minutes d'entretien à Sainte Marthe durant lesquelles il a été question de l'intervention de François pour éviter que le petit soit débranché du ventilateur qui le maintient en vie.
Rome. Ce matin, avant l'audience générale sur la place Saint-Pierre, le Pape a rerçu en audience privée Thomas Evans, le père du petit Alfie, hospitalisé à l'Alder Hey Hospital de Liverpool. Accompagné par Benedetta Frigerio, journaliste à la Nuova Bussola Quotidiana qui a suivi jour après jour le fil des évènements qui a pris désormais les traits d'une bataille judiciaireentre la famille et l'hôpital britannique. Thomas Evans a retracé pour le Pontife les contours de l'affaire, lui demandant d'intervenir afin quele ventilateur qui maintient le bébé en vie ne soit pas débranché. L'entretien a duré vingt minutes, en présence d'un interprète.
Le père du petit Alfie Evans avec le Pape François à Sainte Marthe
Il y a deux jours, pour la xième fois, la Cour d'Appel de Londres avait rejeté la demande des parents de transférer Alfie à l'étranger, au Bambino Gesù de Rome ou (à défaut) à Münich. Trop risqué, avaient décrété les juges, réaffirmant que le meilleur parti pour le petit – qui souffre d'une maladie neurodégénérative dont la nature est mystérieuse pour les médecins eux-mêmes – consiste à mourir sans souffrances supplémentaires. La famille a une dernère possibilité : recourir à la Cour Suprême. L'espoir que cette instance les écoute est toutefois très mince.
Durant l'audience générale, le Papa est revenu sur les évènements : " J'attire à nouveau l’attention sur Vincent Lambert et sur le petit Alfie Evans. Je voudrais réaffirmer et confirmer fortement que le seul maître de la vie du début à la fin naturelle est Dieu, et que notre devoir est de faire tout notre possible pour protéger la vie. Pensons en silence et prions pour que la vie de toutes les personnes soit respectée, specialement celle de nos deux frères ". François était déjà intervenu à deux reprises sur ce cas. La première fois avec un tweet publié sur son compte officiel le 4 avril dernier: « J’espère sincèrement que tout le possible sera fait pour continuer à accompagner avec compassion le petit Alfie Evans, et que la profonde souffrance de ses parents pourra être écoutée. Je prie pour Alfie, pour sa famille, et pour tous ceux qui sont concernés. ». La seconde, dimanche dernier à la fin du Regina Coeli: “ Je confie à votre prière les personnes, comme Vincent Lambert, en France, le petit Alfie Evans, en Angleterre, et d'autres dans divers pays, qui vivent, parfois depuis longtemps, dans une situation de grave infirmité, assistées medicalemente pour leurs besoins élémentaires. Ce sont des situations délicates, très douloureuses et complexes. Prions pour que chaque malade soit toujours respecté dans sa dignité et soigné de façon adaptée à sa condition, avec le soutien concordant des proches de la famille, des médecins et des autres intervenants sanitaires, avec un grand respect pour la vie”.
Une prise de position nette, celle du Pape, qui contraste avec le silence de l'Eglise catholique anglaise et en particulier celle du diocèse de Liverpool qui dans les jours qui précèdent a publié une lettre déclarant qu'il n'est pas opportun d'intervenir considérant que la famille Evans “n'est pas catholique". Une prise de position qui outre le fait qu'elle constitue une fake news (le père, Thomas, est catholique) constitue l'opposé non seulement de l'esprit chrétien, mais aussi de celui dont Francesco a témoigné à plusieurs reprises.
LE PAPE A DEMANDÉ À LA DIRECTRICE DU BAMBINO GESÙ DE FAIRE “LE POSSIBLE ET L’IMPOSSIBLE” POUR QU’ALFIE EVANS REJOIGNE L’HÔPITAL PONTIFICAL
Vatican - le 19/04/2018 | Par Agence I.Media
Mariella Enoc, directrice de l’hôpital pontifical pédiatrique du Bambino Gesù, a accompli des démarches depuis plusieurs mois pour permettre au petit Alfie Evans d’intégrer l’hôpital romain, a rapporté Vatican News en italien le 19 avril 2018. Une initiative soutenue de très près par le Souverain pontife.
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Bombarder la Syrie; et après on fait quoi ?
Même si les frappes ont eu lieu, les réflexions de Marc Fromager publiées hier conservent toute leur pertinence. Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :
Syrie : “On va bombarder et après, on fait quoi ?”
Publié le 13 avril 2018
Alors que les États-Unis et la France se disent prêtes à bombarder la Syrie pour répondre à une attaque chimique qu’ils imputent au gouvernement de Bachar el Assad, Marc Fromager, dans un interview à Valeurs Actuelles, appelle plutôt la France à participer à la reconstruction du pays.
Valeurs Actuelles: Les déclarations se multiplient pour une intervention occidentale en Syrie. Vous vous y opposez, pour quelles raisons ?
Marc Fromager: A vrai dire, on a du mal à voir pour quelles raisons on devrait bombarder la Syrie. Officiellement, l’objectif est de ne pas laisser impunie l’utilisation d’armes chimiques et de fait, si cela était avéré, ce serait un crime auquel la communauté internationale devrait trouver une réponse adéquate. Simplement, les questions qui surgissent à ce stade sont extrêmement nombreuses. Tout d’abord, l’argument de l’utilisation d’armes chimiques ou de destruction massive a été tellement employé ces dernières années pour des situations qui se sont avérées fausses ou dont les preuves n’ont toujours pas été fournies qu’une certaine suspicion a fini par apparaître.
Ensuite, on ne voit pas très bien pourquoi l’Etat syrien aurait autorisé l’emploi d’armes chimiques alors que la bataille de la Ghouta orientale était en passe d’être gagnée. Pourquoi compromettre les derniers réglages de l’accord d’évacuation des rebelles avec une décision qui ne pouvait qu’exposer la Syrie à une condamnation internationale ? Enfin, il est tout de même difficile d’évacuer le fait que depuis sept ans, ceux qui insistent si lourdement pour bombarder la Syrie (Etats-Unis, Grande-Bretagne et la France) ont participé activement à ce conflit dont l’issue semble leur échapper. En bref, l’explication émotionnelle de la défense de la population civile en Syrie que les Occidentaux agitent constamment peine à nous convaincre. La population civile yéménite, pour ne citer que celle-là, aurait-elle moins de raisons d’être défendue ?