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Débats - Page 610

  • Pétitionner pour demander au roi de ne pas signer la loi sur l'euthanasie des mineurs ?

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    Des proches nous sollicitent pour que nous relayions sur ce blog une pétition demandant au Roi de ne pas signer la loi concernant l'euthanasie des mineurs. Mais une amie pense différemment et dénonce ce qu'elle considère comme une "mauvaise bonne idée" :

    Nous mettons notre souverain dans une position intenable.  Il est trop facile de faire porter à un seul homme le poids de la responsabilité du coup d'arrêt à cette loi.

    La société civile belge ne peut s'en prendre qu'à elle-même si, par lâcheté, par paresse ou par "à quoi bonisme", elle s'est laissé glisser vers une culture de mort.

    La Belgique est une démocratie qui vient (hélas!) de se prononcer en faveur de cette loi au travers de ses institutions ; chacun des représentants, élus par le peuple, a théoriquement voté en âme et conscience (le roi étant la seule personne en Belgique qui ne peut pas constitutionnellement agir dans sa fonction selon sa propre conscience.)

    N'étant pas constitutionaliste, je ne connais pas toutes les subtilités de la constitution belge, mais je crois également savoir que les circonstances de la mise en impossibilité de régner du Roi Baudouin lors du vote sur l'avortement ne sont certainement pas les mêmes que maintenant; aussi, nous ne pouvons pas extrapoler si aisément la situation. A la veille d'élections importantes en Belgique, ne donnons pas à certains politiciens mal intentionnés l'occasion d'instrumentaliser cette situation.

    En outre, à part résoudre éventuellement son cas de conscience personnel, ne pas voter n'arrêtera pas la promulgation de la loi (cfr le Roi Baudouin) mais risque de mettre à mal l'ensemble de l'équilibre de la Belgique, avec des montées fort probables de nationalismes ou extrémismes exacerbés, qui pourraient être à l'origine de discrimination, de conflits et de violence incontrôlée.

    Selon les règles de fonctionnement de notre démocratie, les décisions prises par les chambres sont censées représenter la volonté du peuple.  Notre souverain n'a pas choisi de prendre cette responsabilité mais consacre pourtant toute sa vie au service de son peuple; or par ce plaidoyer diffusé, on lui demande de devenir un martyr pour l'exemple.

    Ratifier une loi ne signifie pas marquer son accord avec celle-ci.  Ce n'est pas le rôle du souverain d'être d'accord ou pas d'accord.  Sa signature signifie uniquement que la loi a été examinée et est rédigée correctement.  Cela ne juge pas de son contenu qui, lui, est de la responsabilité des élus du peuple.  

    C'est là, auprès de ceux-ci, qu'est le travail à faire.  De même que nous pouvons maintenant veiller au bon contrôle de cette loi en remettant en question le mode de fonctionnement de la commssion de contrôle de l'euthanasie ou d'importantes confusion d'intérêts ont lieu.

    Je suis désolée pour cette douche froide car je sais que toute cette diffusion part d'une très bonne intention, du sentiment de pouvoir "encore faire quelque chose".  Je parle en connaissance de cause puisque c'est jusqu'à ce jeudi soir que nous nous sommes battus pied à pied et de diverses manières pour que cette loi ne parvienne jamais sur le bureau de notre souverain.

    Je regrette l'immobilisme de nombreux Belges qui étaient pourtant contre cette loi, en conscience, et ne l'ont pas fait vigoureusement savoir.

  • Bolivie : l'avortement reste un crime

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    Lu sur Le Monde.fr :

    La Bolivie rejette la dépénalisation de l'avortement

    La Cour constitutionnelle de la Bolivie a rejeté la dépénalisation de l'avortement réclamée par des groupes féministes. « L'avortement est un crime » et « cette décision de la Cour constitutionnelle est une reconnaissance du droit à la vie », a déclaré le juge Gualberto Cusi, jeudi 13 février.

    Confirmant ainsi le rejet de la dépénalisation, soutenu notamment par l'Eglise catholique, le magistrat a indiqué que cette décision « respectait l'intérêt de la société » et qu'elle était fondée « sur le raisonnement selon lequel la vie doit être respectée dès la conception ».

    Lire la suite sur Le Monde.fr

  • Belgique : une première mondiale

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    images (16).jpgHier, jeudi 13 février 2014, les députés fédéraux belges ont fait plus fort que leurs homologues néerlandais : la Belgique étend la loi sur l’euthanasie aux mineurs, sans limite d’âge. 

    Et les partisans de la culture de mort qui, selon les sondages, rallient 73% d’opinions favorables dans la population n’en resteront sans doute pas là: les résistances, dans les milieux politiques, professionnels et religieux directement concernés, ont été timides, souvent tardives et inefficaces, à l’image des rassemblements de fidèles, plus symboliques que massifs, organisés in extremis par l’Eglise catholique dans deux diocèses (sur huit).

    Votée dans les deux chambres du parlement par une majorité différente de celle qui compose le gouvernement fédéral, la proposition de loi n’attend plus que la signature du Roi qui la sanctionne (acte législatif) et la promulgue (acte exécutif). Il est improbable qu’un des partis de la coalition  au pouvoir émette un veto pour faire chuter le gouvernement sur cette question, apparemment peu rentable sur le plan politique.

    Comme a dit un jour le président du Conseil européen, Hermann Van Rompuy, à propos de la prohibition de l’avortement : « pour changer la loi, il faut d’abord changer les mœurs ». Peut-être (elles sont aussi en relation dialectique) et, de toute façon, on en est loin : pour s’en convaincre, il suffit de mesurer le chemin parcouru par la Belgique dans la spirale qui l’emporte depuis vingt ans. Et ce n'est sans doute pas fini. Le journal français « La Croix » fait justement observer ce matin, sous la signature de Raphaëlle d'Yvoire (Bruxelles):

     « D’AUTRES EXTENSIONS À PRÉVOIR :

    En février 2013, à l’aube des débats sur l’extension aux mineurs, les sénateurs socialistes avaient en réalité déposé 13 propositions de loi pour affiner le dispositif. Objectif ? Proposer l’obligation pour un médecin qui refuserait de pratiquer une euthanasie de l’indiquer « dans les sept jours » et d’adresser alors son patient à un confrère, faciliter la procédure de « demande anticipée », et la rendre valable sans limitation de durée, améliorer "la formation" et "l’information" des médecins et du personnel soignant, notamment par la création d’un centre d’expertise par province. Enfin, étudier la possibilité de prendre en compte le cas des personnes atteintes d’Alzheimer ou d’autres maladies mentales dégénératives. Pour l’heure, seule l’ouverture aux mineurs a trouvé consensus, mais l’euthanasie comme « option en fin de vie » fait inexorablement son chemin dans l’opinion publique belge ». Réf. La Belgique étend l’euthanasie aux mineurs, sans limite d’âge.

    Le « meilleur des mondes » de la nouvelle religion séculière roule sur un boulevard dans le plat pays. Irréversible ?

    JPSC

    Lire également : Trop jeune pour conduire, assez vieux pour décider de sa mort

  • L'argument du libre choix, un faux argument

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    Un ami nous fait part de ses réflexions :

    Dans les débats éthiques comme celui de l’euthanasie des mineurs, une question/objection revient souvent :  personne ne vous oblige de demander l’euthanasie, alors pourquoi vous ne respectez pas le choix de ceux qui ne pensent pas comme vous ?

    Difficile de répondre à une question pareille tant qu’on reste sur le plan des idées :  il ne faut pas s’attendre à ce que ceux qui sont pour la liberté de choix acceptent nos valeurs de respect et de dignité de la vie humaine. 

    Par contre, lorsqu’on regarde la réalité, les choses se présentent autrement.  L’argument du libre choix était déjà utilisé lors du débat sur l’avortement.  Or, la réalité est qu’un grand nombre de femmes se font avorter sous pression, parfois même de la part des médecins qui les culpabilisent avec l’idée d’un enfant qui sera handicapé, et donc une charge pour la société. 

    Dans le cas de l’euthanasie des adultes, la pression directe est sans doute moins fréquente ; mais il y a aussi moyen de faire sentir à quelqu’un que sa présence n’est plus souhaitée à travers des regards, des gestes, des paroles désobligeantes…  Le comble est qu’en notre pays où on prône le libre choix, on manque tellement de personnel soignant que les patients hospitalisés doivent parfois attendre des heures pour qu’on s’occupe de besoins élémentaires.  Récemment, à trois heures de l’après-midi, une infirmière me confiait qu’elle n’avait pas encore terminé les toilettes du matin… et qu’en est-il des demandes urgentes et imprévues que les patients peuvent manifester à tout moment ?

    Ce n’est évidemment pas le personnel soignant qui doit être rendu responsable de telles situations.  Mais pourquoi est-ce que les pouvoirs publics ne consacrent pas davantage de moyens financiers aux soins des malades, alors qu’on dépense annuellement des dizaines de millions d’euros pour la fécondation in vitro ? 

    Revenons à l’euthanasie des mineurs.  S’il y a trente-six façons de faire pression sur un adulte malade pour qu’il se fasse euthanasier, ce n’est certes pas plus compliqué pour un enfant.  Dans les débats, on nous répond souvent par les garde-fous que la loi prévoit.  C’était déjà le cas pour l’avortement et pour l’euthanasie des adultes.  La réalité est que dans la plupart des cas, la loi n’est tout simplement pas respectée.  C’est peut-être une des raisons pour lesquelles en Wallonie, le nombre d’euthanasies déclarées est tellement bas par rapport à la Flandre.  Pourquoi d’ailleurs un médecin passerait-il  tant de temps avec des paperasses alors qu’il est déjà surchargé ?  Et plus de vingt ans après la dépénalisation partielle de l’avortement, quel médecin connaît encore toutes les conditions qui doivent être réunies pour qu’en Belgique, l’avortement soit réellement dépénalisé ?

    On pourrait citer de nombreux autres exemples, analyses et cas concrets pour arriver toujours à la même conclusion :  la réalité montre bien que l’argument du libre choix est un faux argument. 

    Pour finir, une anecdote.  En 1996, j’assistais à une conférence de Roger Lallemand sur l’euthanasie.  Il disait dans son exposé qu’une personne en grande souffrance n’était pas totalement libre.  A la question de savoir comment on peut alors parler de libre choix dans le cas de l’euthanasie, le spécialiste en bioéthique du PS n’avait pas de réponse…

    La culture de la mort est comme un salami :  personne n’a envie de l’avaler en entier.  Mais quand on le coupe en tranches pour le glisser dans un sandwich, la majorité de nos concitoyens le mangent sans s’en rendre compte.

  • Thérèse Snoy (Ecolo) ne votera pas la loi sur l'euthanasie des mineurs

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    Voici le texte de son intervention :

    Intervention en plénière sur la loi sur l’euthanasie pour les mineurs

    12 février 2014

    Après avoir lu livres et opinions diverses sur l'euthanasie, parcouru les auditions au sénat, les débats, la presse internationale, le dernier rapport de la Commission de contrôle…, mes réflexions m'ont amenée à contester le bien fondé de la proposition sur l’élargissement aux mineurs qui nous est soumise aujourd'hui.  

    Selon ma conscience je voterai contre cette proposition de loi.

    Je ne suis pas opposée par principe à l’euthanasie et je respecte l’esprit et la lettre de la loi de 2002. Mais, pour moi, l’euthanasie ne peut être acceptée que dans les conditions strictes établies par cette loi, et pour des personnes ayant fait un choix conscient et souverain.

    Je veux en tout cas absolument ne pas être prisonnière du procès d'intention qui circule parfois de part et d'autre du champ des opinions, à savoir d'un côté, " ils veulent faire mourir des enfants" et de l'autre côté : " ils veulent laisser des enfants souffrir". Ces accusations sont fausses et malveillantes. En ce qui me concerne, je ne veux ni l'un ni l'autre, mais bien que la loi mette des balises éthiques strictes et adéquatement formulées autour de l’accompagnement de la fin de vie et que les patients comme les soignants soient respectés au mieux.

    Mes arguments :

    1. L’application de la loi de 2002

    La loi de 2002 est mise en application de plus en plus largement. On est en 2012 à 2 % des décès, ce qui n’est pas rien ! 

    Les témoignages montrent bien qu’il y a des difficultés d’application, que l’information et la formation des médecins est encore incomplète, que les patients confondent aussi les notions qui entourent la fin de vie. Certains médecins font de la résistance aux dépens des patients.

    D’autre part, certains observateurs estiment qu’il y a un risque d’affaiblissement des exigences dans l’application de la loi, une sorte « d’estompement de la norme ». Cela pose question et demanderait une évaluation plus fine et réalisée par des observateurs indépendants.

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  • Une fois le tabou de la mort vaincu, l’euthanasie légale devient une maladie naturellement contagieuse

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    De Jean-Pierre Denis, sur La Vie, cet éditorial :

    Euthanasie : la boîte de Pandore

    La Belgique devait autoriser, ce jeudi 13 février, l’euthanasie des mineurs gravement malades. Au Sénat d’abord, à la Chambre des représentants ensuite, une majorité s’est progressivement dégagée en faveur de la réforme, dépassant l’habituel clivage entre Flamands et Wallons, comme entre gauche et droite. Les politiques ne nagent pas à contre-courant de la société. Les prières, les jeûnes et les admonestations de l’épiscopat catholique, les mouvements de protestation pacifique comme celui des « dossards jaunes », tout cela pèse de bien peu de poids. La société belge est l’une des plus ­sécularisées d’Europe.

    Que dit la loi ? Soyons précis ! « Le patient mineur doté de la capacité de discernement » qui « se trouve dans une situation médicale sans issue entraînant le décès à brève échéance » pourra être euthanasié s’il « fait état d’une souffrance physique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection pathologique ou accidentelle grave et incurable ». En théorie, cela ne concernerait donc que des enfants ou des adolescents pour lesquels les soins palliatifs ne seraient plus suffisants. En outre, on exigera l’autorisation des parents et l’avis d’un « psychologue ou pédopsychiatre » chargé de vérifier la « capacité de discernement » du mineur.

    Il s’agit donc d’une disposition très restrictive, d’apparence raisonnée et raisonnable. Un progrès ? La souffrance des enfants nous est plus odieuse encore que celle des adultes. On comprend qu’il puisse sembler charitable de l’abréger, en particulier dans ces situations extrêmes et exceptionnelles où rien d’autre ne peut être entrepris, pas même des soins palliatifs. Devant de tels drames, tout jugement de valeur paraît malvenu, voire choquant. Comment parler à la place des enfants, de leurs parents, des équipes soignantes qui les entourent ? Qui peut penser qu’ils demanderont la mort avec légèreté ?

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  • François Hollande, la France et les Catholiques

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    Ref:

    LES MARDIS DES BERNARDINS
    François Hollande, la France et les catholiques

    Diffusé le 28/01/2014 / Durée 52 mn

    Pour la première fois depuis son élection, François Hollande s'est rendu au Vatican le 24 janvier. Le président de la République et sa délégation ont été reçus au Palais apostolique par le Pape François. Cette brève visite a été décidée récemment. Quelle est la portée d'une telle rencontre ? Après avoir réduit le dialogue au strict minimum sur les questions de société et laisser un développer un certain laïcisme au niveau de l'Etat, s'agit-il d'une évolution dans la ligne du président Hollande vis-à-vis des religions, et en particulier de l'Eglise catholique en France ? Retour sur cet évènement à l'approche des échéances électorales et après un début de quinquennat tendu. Avec la participation de : Jean-Pierre Mignard, avocat, membre du Conseil national du Parti Socialiste et co-directeur de la rédaction de Témoignage Chrétien ; Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien Démocrate et député des Yvelines ; Razzy Hammadi, Député PS de Seine-Saint-Denis ; Samuel Pruvot, journaliste et auteur de François Hollande, Dieu et la République (Salvator). Table-ronde animée par Hadrien Lecoeur.

    JPSC

  • Euthanasie des mineurs : une loi dictée par des impératifs idéologiques

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    Francis Van de Woestyne, dans son éditorial d'aujourd'hui sur la Libre, pointe la seule urgence à laquelle répond la loi sur l'euthanasie des mineurs : l'urgence idéologique :

    Les députés examinent ce mercredi un projet de loi visant à étendre aux mineurs la loi de 2002 dépénalisant l’euthanasie. Ce texte, une majorité d’entre eux vont le voter malgré la vive opposition d’une partie du monde médical. D’où cette question : où sont l’urgence et la nécessité d’une telle loi ?

    1. Il n’est pas question, ici, de tomber dans les excès de ceux qui prétendent que l’on va "tuer des enfants innocents". La loi concerne les enfants atteints de souffrances physiques inapaisables, dont le décès est attendu à bref délai. Mais il nous semble qu’avant de voter une loi, la première question à se poser est de savoir si le dispositif qu’elle prévoit répond à une demande, un besoin, une nécessité. Or la réponse à cette question est négative.

    2. Les Pays-Bas ont un dispositif légal depuis 12 ans : il n’a touché que cinq enfants. En Belgique, cette loi va être votée pour répondre à un non-problème. Car actuellement, dans les services d’oncologie, des médecins font déjà face à des situations de grande détresse chez des enfants atteints de tumeurs malignes incurables. Et la majorité des médecins concernés n’ont, disent-ils, jamais été confrontés à la demande d’un enfant ou d’un adolescent réclamant d’en finir. Ces cas-là se gèrent dans la douceur, grâce à des soins palliatifs adaptés. Dès lors, les médecins se disent humiliés par une loi "brutale".

    3. Le danger est que cette loi, votée en fin de législature, ne soit finalement qu’un trophée, conçu non pas pour soulager la détresse des enfants ou des familles mais pour des raisons strictement politiques. La seule urgence à laquelle elle répond n’est pas médicale ou psychologique mais idéologique.

    Voir aussi : http://www.lalibre.be/debats/opinions/il-n-y-a-pas-d-age-a-la-souffrance-52fb30a23570516ba0b96f07

  • Faire son choix entre la Russie et la Belgique ?

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    Telle est la curieuse proposition que fait Christian Vanneste sur Boulevard Voltaire qui nous livre en même temps le regard qu'il porte sur notre pays :

    Belgique versus Russie : faites votre choix !

    L’avenir des nations européennes se situe dans le choix entre ces deux directions opposées.   

    Pour fuir l’enfer fiscal français, Depardieu avait hésité entre Belgique et Russie. Deux événements à la taille de ces pays prennent une signification symbolique pour l’avenir de l’Europe. Le premier est une anecdote. L’acteur belge Poelvoorde nous a dit combien les manifestations françaises contre le mariage unisexe faisaient rigoler les Belges. À Sotchi, le président Poutine a ouvert des Jeux olympiques d’hiver à la dimension de sa vision de la Russie. L’avenir des nations européennes se situe dans le choix entre ces deux directions opposées.

    Les Belges sont un peuple sympathique, doué pour l’humour et le dessin. La saillie rigolarde de Poelvoorde m’a fait relire Baudelaire : « La Belgique se croit toute pleine d’appas ; [...] Voyageur, ne la réveillez pas ! » Cette citation, la moins virulente, éclaire la réalité de ce pays au cœur de l’Europe politique. C’est un espace, non une nation. La Belgique est un État en sursis qui préfigure ce que pourrait être l’Europe fédérale. Le fédéralisme y est déjà appliqué. Le pouvoir central y est tellement dénué d’importance qu’après les élections de 2010, la crise politique a duré 535 jours avant qu’un gouvernement issu des élections soit installé. La social-démocratie a trouvé un terrain d’entente avec les libéraux dans le domaine de la « libération » des mœurs : avortement, mariage et adoption unisexes, PMA, GPA, euthanasie (y compris des mineurs), cannabis à petites doses toléré, prostitution, salles de shoot…

    Le premier effet néfaste pour l’Europe est que l’absence de frontière rend difficile, à un État souverain, d’empêcher ses nationaux d’échapper à ses lois en allant faire ailleurs ce qui est interdit à domicile. Cette facilité devient un argument pour abroger les lois d’interdiction partout. Le maillon le plus faible attire inexorablement l’Europe vers le bas.

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  • 160 pédiatres demandent le report du vote de la loi sur l'euthanasie des mineurs

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    Sur RTL-TVI :

    "Il n'y a pas de demande de la part de la population ou du monde médical."

    Des pédiatres belges sont préoccupés par la décision "précipitée" concernant l'extension de la législation sur l'euthanasie. Dans une lettre ouverte signée par 160 pédiatres et remise au président de la Chambre, André Flahaut, ils demandent aux responsables politiques de ne pas voter pour ce projet de loi dans le cadre de cette législature, ont-ils indiqué mardi lors d'une conférence de presse. Les pédiatres, qui sont associés à des hôpitaux et des centres de soin dans tout le pays, estiment qu'une réflexion plus poussée est nécessaire concernant l'extension de l'euthanasie aux enfants.

    "Il n'y a pas de demande de la part de la population ou du monde médical d'étendre la possibilité de l'euthanasie aux mineurs", explique le professeur Stefaan Van Gool de l'UZ Leuven. "Il n'y a pas de besoin urgent de faire passer cette loi aussi vite. On a parlé tellement de la scission de BHV, un problème beaucoup plus simple que l'euthanasie des enfants."

    En outre, les médecins s'interrogent sur la capacité de jugement des jeunes et l'influence de l'entourage sur la question. "Un jeune peut penser en adulte après ses 18 ans. On le voit aussi dans d'autres domaines, comme dans l'octroi d'une assurance voiture. Même dans les dossiers judiciaires, l'impulsivité d'un mineur est utilisée pour adoucir la peine. Mais pour l'euthanasie, cette impulsivité ne serait pas un problème", ajoute Stefaan Van Gool.

    Les initiateurs de la lettre expliquent qu'ils sont prêts, avec leur expérience pratique, à travailler sur une réflexion autour de ce thème sensible.

  • Images et mirages

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    143284.jpgLe site du « Figaro » fait paraître (10.10.2014)  cette "tribune" signée par le prêtre sociologue Nicolas de Brémond d’Ars :

    « L'élection inattendue (par le grand public) du pape François a pris à contrepied les fidèles. En tant que prêtre, je voudrais faire part de ma perception, de ce que j'ai entendu et lu, des discussions que j'ai commencé d'avoir sur ce sujet. Je ne prétends donc représenter que moi-même, même si je crois pouvoir, en raison de mes compétences de sociologue, aller un peu plus loin que le micro-trottoir.

    «Il est formidable»: expression couramment entendue, aussi bien à la sortie d'une messe que dans les diverses réunions ci et là. L'effet d'image est fort, le pape impressionne les gens. C'est, bien sûr, sa façon de ramener le rituel papal pontifiant à une modestie de bon aloi qui séduit. «Il est formidable» parce qu'il «ne se la joue pas»«il est simple, pas comme l'autre» (Benoît XVI), on sent qu'il est proche des gens. Cette qualité de proximité donne une image plus décomplexée de la fonction. François et son bon sourire ne renvoient-ils pas à l'image du grand-père bienveillant? Peut-être…

    On aime François aussi parce qu'il parle simplement. Son langage n'emprunte pas au style diplomatique, ni théologique. Ses phrases à l'emporte-pièce secouent les habits pompeux d'un langage ecclésiastique devenu proche de la langue de bois. «Il dit des choses de bon sens, quoi,… et puis on voit qu'il aime les gens». Cet amour ressenti passe dans les expressions ciselées que les journaux rapportent avec gourmandise. Comme si les fidèles éprouvaient le besoin de «parler vrai», sans faux-nez, en ne se cachant pas derrière son petit doigt. On le comprend. Une image de véracité… celle d'un homme qui «n'a pas peur d'appeler un chat un chat».

    On ne s'étonnera pas, de ce fait, que tel prêtre à qui je faisais dès l'élection remarquer l'inflexion notable du discours papal sur la liturgie me réponde: «oui, mais ça c'était quand il n'était pas encore pape». Comme si le peu d'intérêt de François pour les ors vaticanesques et les encens liturgiques lui valait un reproche voilé: celui de saper les fondements d'un ethos sacerdotal. Il est vrai que, selon ce que dénoncent beaucoup de catholiques dans les synodes, sur les blogs ou dans les discussions, les vingt dernières années ont connu un rétablissement d'une sorte de hiératisme liturgique. Si bien des fidèles ont estimé qu'on retrouvait «enfin de vraies messes», d'autres, au contraire, se sont inquiétés d'une solennisation qui semblait, à ce qu'ils en disaient, retirer la dimension humaine de la liturgie.

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  • Pétitionner contre l'agression de l'Eglise catholique par l'ONU

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    Une pétition a été mise en ligne et a déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures :

    Sans titre.png

    Pour en découvrir la teneur et y ajouter votre signature : http://citizengo.org/fr/3956-agression-lonu-vis-vis-leglise-catholique?tc=gm&tcid=1688455