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Ethique - Page 150

  • URGENT Rapport Matic/Europe : la victoire n'est pas loin, aidez-nous svp !

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    De la "Manif pour Tous" :

    URGENT Rapport Matic/Europe : la victoire n'est pas loin, aidez-nous svp !

    RDV devant le Sénat le 24 juin à 19h30 !

    URGENT : RAPPORT MATIC / EUROPE

    APRÈS UNE 1ÈRE VICTOIRE, ALLONS JUSQU'À LA VICTOIRE COMPLÈTE !

    Comme vous le savez, les députés du Parlement européen débattront le 23 et voteront le 24 juin sur le Rapport Matic qui concerne les « droits sexuels et reproductifs », sans doute l'un des pires de l'histoire européenne en matière sociétale.

    Grâce à tous ceux qui ont déjà écrit, une première victoire a été obtenue auprès des députés du PPE (droite et centre) qui ont fini par déposer une résolution alternative dont le contenu est acceptable.

    Pour que le Rapport Matic échoue, il faut que cette proposition alternative soit soutenue par une majorité des députés européens.

    Or le groupe ECR (souverainiste) a déposé une autre résolution alternative. Elle est encore mieux mais, hélas, elle ne pourra pas obtenir la majorité.

    Comme les députés peuvent voter en faveur de plusieurs résolutions, nous vous appelons instamment à écrire aux députés ECR en leur demandant de soutenir AUSSI la résolution PPE. Ils n'ont pas envie de le faire et cela s'entend, mais s'ils ne le font pas, la rapport Matic sera adopté, ce qui serait pire que tout, et de loin.

    Nous vous proposons ci-dessous un message tout prêt, en anglais (seule langue qu'ils parlent tous) pour être le plus efficace possible :

    « Dear Mr. .../Mrs ...

    Honourable Member of the European Parliament,

    I write you to congratulate you about the very good AMR written by ECR group.

    Nevertheless, you know as I that the only chance to defeat the Matic report is to have a majority of MEPs voting for the EPP alternative motion resolution.

    As you may vote in favor of two AMR, I ask you to vote also for the EPP alternative motion resolution. It is certainly our only chance to defeat the Matic report. It would be a huge mistake to deny this opportunity and to let consequently the Matic report be adopted. It would be a huge mistake to refuse this chance – and to let consequently the Matic resolution be adopted - because the EPP text is not perfect enough.

    I look forward for your support in this important vote.

    I thank you in advance,

    Signature »

    Et voici les mails des députés ECR (il faut absolument mettre en « cci » si vous écrivez à plusieurs en même temps) :

  • Comprendre et combattre le « racialisme »

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    De Ludovic Lavaucelle sur la Sélection du Jour :

    Pour comprendre et combattre le « racialisme »

    Christopher F. Rufo, journaliste américain à la pointe du combat contre l’idéologie racialiste (« Critical Race Theory » ou CRT), a publié une vidéo qui décrit les origines et le projet politique de la CRT, et propose une stratégie pour contrecarrer ses objectifs (voir vidéo de 17’58’’ en lien ci-dessous).

    Le « racialisme » est dérivé du marxisme (0’27’’). Dès les années 30, des philosophes comme Herbert Marcuse ou Theodor Adorno (dits de « l’école de Francfort ») ont développé la « théorie critique ». C’est une philosophie sociale, inspirée des principes énoncés par Karl Marx, selon laquelle l’homme ne peut s’extirper de sa condition que par une déconstruction des structures sociétales et culturelles.

    Dans les années 60, l’échec communiste était déjà patent et les héritiers de « l’école de Francfort » réprouvaient l’autoritarisme du régime soviétique (1’28’’). L’appel à la lutte des classes n’avait aucune chance de provoquer une révolution dans les démocraties occidentales en plein essor économique.

    Les adeptes de la « théorie critique » (1’58’’) ont cherché un nouvel angle pour justifier leur idéologie progressiste. Profitant des troubles sociaux dans le sillage de la lutte pour les droits civiques, ils ont abandonné la dialectique de la lutte des classes pour la lutte raciale. Sur ce terrain sont nés des mouvements radicaux comme les « Black Panthers ». Ils s’opposaient à l’État Providence inauguré aux Etats-Unis par le Président Lyndon Johnson (2’48’’) et le combat pacifique de Martin Luther King. Il s’agissait de renverser le pouvoir plutôt que de réformer le système. Mais cette radicalisation est restée confinée à l’extrême-gauche…

    Le « racialisme » est né dans les années 90 en puisant ses sources dans la théorie critique et le post-modernisme (3’40’’). Souvent désigné par ses promoteurs par des euphémismes comme la recherche de « l’équité », de la « justice sociale » ou encore « de la diversité et de l’inclusion », le racialisme a pénétré les campus universitaires.

    Les racialistes considèrent que le principe d’égalité face à la loi est un camouflage permettant de maintenir l’oppression du « suprémacisme blanc » et du « patriarcat » (4’37’’). Ils rejettent la liberté d’expression et la non-discrimination. Le principe d’équité divise la société entre groupes raciaux concurrents (5’07’’). Pour cela, la discrimination est souhaitable pour que toutes les communautés se retrouvent sur un pied d’égalité.

    On revient aux sources communistes en annulant le droit à la propriété (5’25’’), symbole de la suprématie blanche. Il faut saisir et redistribuer les biens sur une base raciale. Le capitalisme doit faire place au collectivisme.

    On préconise l’ouverture d’un ministère de l’antiracisme avec le pouvoir d’abolir les lois et de contrôler le travail des parlementaires (5’40’’).

    Après être resté confiné dans les milieux universitaires, le racialisme est maintenant omniprésent dans la fonction publique américaine (6’30’’). La théorie est devenue matière d’enseignement dans les écoles publiques, et constitue une base incontournable des formations dans les entreprises multinationales.

    Cette infiltration a été facilitée par le manque de réaction du public (8’58’’). Le « politiquement correct » a découragé toute discussion sur les sujets sensibles. La « cancel culture » a accru la pression grâce aux médias sociaux politisés et à la menace de perdre son travail.

    Les écoles sont devenues des organes de propagande et les départements de ressources humaines des officines de rééducation (9’30’’). On ne traite plus les opposants de « fascistes » mais de « racistes ». Mettre en doute les préceptes racialistes devient une preuve de culpabilité.

    Comme toute idéologie totalitaire, le « racialisme » propose une relecture de l’histoire (10’57’’). Par conséquent, toutes les institutions doivent être remises en question, voire renversées car construites sur 200 ans d’esclavage, de racisme et de violence.

    L’opposition intellectuelle s’est contentée jusqu’à récemment de mettre en évidence ses incohérences (11’50’’). Cela permet aux racialistes de rester sur le terrain abstrait qu’ils affectionnent. Il faut au contraire, explique Christopher Rufo, les confronter aux conséquences politiques de leurs idées (12’30’’).

    Le combat politique se livre à plusieurs niveaux (13’31’’). Des États (républicains) commencent à bannir, par décret, l’endoctrinement racialiste à l’école. Des procès vont aussi être ouverts contre l’appel à la haine raciale ou encore les atteintes à la liberté d’expression. Enfin, la mobilisation de terrain monte, des parents d’élèves et d’employés de toutes origines, contre les pratiques orwelliennes dans les écoles et grandes entreprises.

    Pour élever le débat (15’57’’), il faut promouvoir la recherche de l’excellence et non la diversité comme but en soi. Le courage de se rassembler est la clé de la victoire (17’20’’). On peut réduire au silence un dissident, mais c’est beaucoup plus difficile face à des groupes organisés.

    Pour aller plus loin : What Critical Race Theory has wrought

  • Une offensive d'experts de l'ONU pour discréditer le Saint-Siège

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    D'Andrea Gagliarducci sur le site de la Catholic News Agency :

    La déclaration des "experts" de l'ONU vise à discréditer le Saint-Siège

    20 juin 2021

    Un groupe d'"experts" de l'ONU devrait publier une déclaration visant à forcer le Saint-Siège et l'Église catholique à céder à l'avortement et à l'idéologie du genre, sous couvert d'exiger que le Vatican prenne toutes les mesures nécessaires pour prévenir les abus.

    Alors que la dernière session du Conseil des droits de l'homme doit commencer le 21 juin, des experts des Nations unies, dont plusieurs rapporteurs spéciaux, s'apprêtent à publier une déclaration exhortant le Saint-Siège à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les abus sexuels.

    Cette déclaration, qui dépasse les capacités des experts de l'ONU, présente les caractéristiques d'une tentative de saper la doctrine catholique en utilisant les scandales d'abus sexuels.

    En février 2014, un rapport du Comité de la Convention des Nations unies pour les droits de l'enfant a pataugé dans l'enseignement de l'Église sur la sexualité humaine et le droit canonique. En mai 2014, un rapport du Comité de la Convention de l'ONU contre la torture a tenté de considérer les abus sur les enfants comme de la torture pour pousser le Saint-Siège à introduire de nouvelles mesures.

    En décembre 2019, Maud de Boer-Buquicchio, alors rapporteur spécial de l'ONU sur la vente et l'exploitation sexuelle des enfants, a salué la décision du pape François selon laquelle le secret pontifical ne s'appliquerait plus dans les cas d'accusations et de procès impliquant des abus sur des mineurs ou des personnes vulnérables.

    Mais la juriste néerlandaise a également exhorté le Vatican à "faire respecter l'obligation de signalement pour tous les membres du clergé et du personnel qui ont connaissance de ces actes odieux."

    En fin de compte, la portée finale de ces déclarations est de forcer le Saint-Siège à modifier le droit canon pour l'adapter à un "protocole des droits de l'homme" qui soutient ou mentionne subtilement la "perspective de genre" et les "droits sexuels et reproductifs" (c'est-à-dire une poussée pour le "droit" à l'avortement).

    Dans la déclaration, que CNA a pu consulter avant sa publication, les experts font référence à une lettre adressée au Saint-Siège en avril 2021, dans laquelle ils exprimaient "leur plus grande préoccupation face aux nombreuses allégations, dans le monde entier, d'abus sexuels et de violences commises par des membres de l'Église catholique à l'encontre d'enfants, et face aux mesures adoptées par l'Église catholique pour protéger les abuseurs présumés, dissimuler les crimes, faire obstacle à la responsabilisation des abuseurs présumés et éluder les réparations dues aux victimes".

    Les experts se sont plaints que les concordats et les accords du Saint-Siège avec les États "limitent la capacité de l'autorité civile à interroger, à contraindre la production de documents ou à poursuivre les personnes associées à l'Église catholique."

    Ils demandent également aux autorités du Saint-Siège "de s'abstenir de toute pratique d'obstruction et de coopérer pleinement avec les autorités civiles, judiciaires et policières des pays concernés."

    La déclaration vise également deux principes catholiques. Le premier est le sceau de la confession, qui empêche les prêtres de rapporter le contenu des confessions aux autorités civiles.

    Le 1er juillet 2019, la Pénitencerie apostolique a publié une note réaffirmant que le sceau de la confession est inviolable. Cette note répondait aux attaques croissantes contre le sceau de la confession dans de nombreux pays, comme l'Australie et le Chili.

    Le deuxième principe est celui de la souveraineté du Saint-Siège. Les experts souhaitent notamment qu'il soit mis fin à la distinction entre le Saint-Siège et l'État de la Cité du Vatican, qui assure la protection de la liberté religieuse, afin que les États puissent avoir pleine juridiction sur l'Église catholique.

    La lettre fait suite à la déclaration de Maud de Boer-Buquicchio et sera signée par quatre autres rapporteurs spéciaux. Les rapporteurs spéciaux font partie du système des Nations unies. Ils travaillent sur une base volontaire et sont indépendants de tout gouvernement ou organisation.

    La lettre d'avril envoyée au Saint-Siège énumère plusieurs cas : un rapport 2018 de la conférence épiscopale allemande sur les abus ; une commission sur les abus mise en place par la conférence épiscopale française ; la question des pensionnats au Canada, que le pape a récemment abordée à la fin de son Angélus du 13 juin ; un rapport chilien sur les abus, qui fait état de 344 allégations ; 12 allégations d'abus révélées par l'archevêque de Bogotà, en Colombie, en 2019 ; le cas de l'Institut Provolo en Argentine ; et aussi des cas d'abus au sein des Légionnaires du Christ.

    La lettre fait également référence à la participation du Saint-Siège à la Convention de 1990 pour les droits de l'enfant et à la Convention contre la torture.

    La demande des experts va toutefois au-delà de leur capacité, de leurs connaissances ou de leur autorité. Les experts ne peuvent pas inciter un État à adopter des procédures ou à modifier sa législation. Ils ne peuvent pas non plus remettre en question la manière dont un État met en œuvre leurs propositions.

  • Un nouvel acte « intrinsèquement désordonné » : le rejet de son propre sexe

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    D'Arnaud Dumouch sur youtube :

    Un nouvel acte « intrinsèquement désordonné » : le rejet de son propre sexe (12 mn) 

    Un nouvel acte « intrinsèquement désordonné » : le rejet de son propre sexe (12 mn) https://youtu.be/KsVXgtGG-yc Depuis 10 ans, on voit apparaître dans la jeunesse occidentale une épidémie de « transgenre ».

    Une cause : la théorie du genre (qui est la nouvelle tentative de nier la nature humaine) influence les jeunes en construction et conduit les plus fragiles à se poser des questions qui ne leur seraient jamais venues à l’esprit. De plus, un climat d’intimidation et de « moralement correct », habituel de l’idéologie, augmente le phénomène dans les écoles publiques comme catholiques.

    Son influence chez nos adolescents : Ses effets de plus en plus fréquents : multiplication des cas d’hésitation, portée par l’idéologisation des médias, des politiques et des écoles.

    Comment résister en famille ? Le retour des pères et des repères. Il faut aimer et favoriser chez ses enfants ce que l’idéologie du genre appelle les « stéréotypes de genre » : La grâce féminine, l’attention aux personnes, le sens de l’honneur masculin, les vertus comme la franchise, le dévouement, la pureté. Tout ceci se fait sans dureté, avec la souplesse de la complémentarité qui laisse place aux exceptions.

    Comment déstabiliser cette nouvelle idéologie ? On combat une idée par la vérité. C’est assez facile : le risque est uniquement la mort sociale ! L’usage de l’humour est une excellente arme : fréquenter par humour les toilettes de l’autre sexe ; s’inscrire par provocation aux compétitions de l’autre sexe. Inventer des sketchs manifestant l’absurdité de cette nouvelle mode.

  • A qui profite le refus du péché public par les évêques américains ?

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    De Luisella Scrosati sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    A qui profite le refus du péché public par les évêques américains ?

    (traduction avec https://www.deepl.com/fr/translator)

    21-06-2021

    Le péché public du souverain n'est jamais une affaire " personnelle " et les pasteurs de l'Église ont le devoir de protéger le peuple des fidèles du scandale : nous ne savons pas ce que l'éventuelle position claire des évêques américains peut provoquer au niveau politique ; mais une chose est certaine : la réitération de l'enseignement de l'Église sur la nécessité de refuser l'Eucharistie " à ceux qui persistent obstinément dans un péché grave et manifeste ", provoquera une réflexion salutaire sur Qui est substantiellement présent dans ce sacrement.

    "Promouvoir l'enseignement de l'Église et protéger l'intégrité du Saint-Sacrement" ; dans ces déclarations de l'archevêque Salvatore J. Cordileone de San Francisco, qui s'exprimait jeudi dernier dans le cadre de l'émission The World Over sur EWTN, se trouve la raison profonde qui a conduit les évêques américains à demander, à une majorité écrasante (environ 75%), que le sujet de la cohérence eucharistique soit produit dans le cadre d'un document sur l'Eucharistie (voir ici). Il faudra certainement attendre le contenu réel du document annoncé, mais il est certain que le signal provenant des États-Unis est un appel fort et sain pour ces temps où l'Eucharistie est devenue un simple moyen pour des revendications de toutes sortes.

    Les 168 évêques qui ont voté pour ont intelligemment et courageusement résisté au piège tendu par les médias de vouloir utiliser la cohérence eucharistique comme une arme politique anti-Biden (voir ici) ; et ils ont bien gardé à l'esprit, comme l'a rappelé Cordileone lui-même, que se prononcer sur des problèmes moraux qui ont nécessairement aussi des implications politiques, ne signifie pas tout jeter dans la politique.

    Au cours du débat, les objections ne manquaient pas, qui étaient déjà dans l'air. L'évêque Robert McElroy de San Diego, qui a été appelé il y a seulement deux mois au Dicastère du Vatican pour la promotion du développement humain intégral, a prévenu que l'exclusion de la Communion de ceux qui soutiennent publiquement l'avortement et l'euthanasie porterait atteinte à l'intégrité de la doctrine sociale de l'Église et diminuerait l'importance d'autres questions telles que le racisme, la pauvreté ou les atteintes à l'environnement.

    D'autres intervenants ont souligné le risque de provoquer des divisions. Le cardinal Blase Cupich avait l'air d'un martien lorsqu'il a mis en avant la perplexité de nombreux prêtres "d'entendre que maintenant les évêques veulent parler de l'exclusion des personnes à un moment où le vrai défi qui se présente à eux est d'accueillir les personnes à nouveau dans la pratique régulière de la foi". Il est évident que quelques lignes de droit canonique et quelques points essentiels de la théologie sacramentelle et morale leur ont échappé.

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  • Pionnière des traitements "transgenres", la Suède se met à douter

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

    LA SUÈDE, PIONNIÈRE DES TRAITEMENTS « TRANSGENRES » DE MINEURS, EST SAISIE PAR LE DOUTE

    La vogue des « transgenres » va-t-elle cesser d’être promue par des gouvernements progressistes comme celui de la France ? Le « modèle suédois » qui est leur référence « sociétale » depuis des décennies, présente l’avantage de l’ancienneté…et du retour sur expérience. Or, s’agissant des traitements pratiqués sur des mineurs pour qu’ils changent de sexe, l’hôpital suédois le plus en pointe vient de revoir son protocole. Et ses explications ont valeur de mise en garde.

    Ce qu’on appelle aujourd’hui « dysphorie de genre » (le trouble psychique face à une inadéquation entre son sexe et ce que la personne perçoit de son identité) a toujours existé mais comme un phénomène exceptionnel et pathologique. Effet de mode poussé par des lobbies homosexuels, elle apparaît aujourd’hui dans les réseaux sociaux, les médias et la communication gouvernementale, comme une réalité certes minoritaire mais dont la reconnaissance, voire la promotion, s’impose à toute société « ouverte » et « plurielle » mais traquant les « transphobes » comme les « homophobes ». Plus question de traiter ce trouble comme une pathologie : au contraire, au nom de la satisfaction des désirs individuels et du droit à la « différence », la médecine, pharmacie et chirurgie, sont réquisitionnées pour aider des personnes, notamment des adolescents, à changer de sexe. Des médecins peu scrupuleux se frottent les mains et accueillent ces patients en les félicitant pour leur choix « courageux ». Résultat : une explosion des diagnostics de « dysphorie de genre » suivis de traitements hormonaux (+1500 % en Suède entre 2008 et 2018, majoritairement des filles voulant devenir des garçons -qu’en pensent les féministes ?). Les opérations chirurgicales connaissent la même escalade depuis dix ans en Suède (d’une douzaine à plus de deux mille par an).

    La Suède a été le premier pays au monde à inscrire, dès 1972, le changement de sexe à l’état-civil. Cette officialisation s’est accompagnée de propositions de soins, non pour mieux accepter son sexe de naissance, mais pour en changer. Dès 16 ans, un Suédois peut recevoir dans un établissement public un traitement « transgenre » (bloqueurs de puberté, injections de testostérone ou d’œstrogènes, opération de la poitrine, orthophonie pour rendre la voix plus aigüe ou plus grave, etc.). A partir de 18 ans, il ou elle peut subir des opérations des parties génitales, comme en France.

    En mars dernier, l’hôpital Karolinska de Stockholm, le plus en pointe dans les traitements « transgenres », a annoncé qu’il ne dispenserait plus de traitements hormonaux aux mineurs. De la part d’un établissement aussi prestigieux (il dépend de l’institut qui décerne le Nobel de médecine), l’annonce a fait l’effet d’une bombe. D’autant que les explications données par l’hôpital avaient de quoi en inquiéter plus d’un : invoquant le principe de précaution, son équipe médicale estime, études à l’appui, que l’efficacité de ces traitements hormonaux n’est pas prouvée alors qu’ils sont susceptibles de favoriser une kyrielle de pathologies : maladies cardiovasculaires, thromboses, cancers etc. Quant à la centaine de jeunes en traitement au moment de cette annonce, ils ont dû signer un document les avertissant de ces risques… Quant à la sécurité sociale suédoise, elle a mis en chantier un nouveau protocole de soins.

    Si le cas de la Suède est emblématique, il n’est pas isolé en Europe. La Finlande privilégie depuis un an la thérapie psychologique. Le Royaume Uni soumet l’autorisation de tels traitements à une décision de justice pour les 16-18 ans depuis qu’une jeune femme a gagné, à la fin de l’an dernier, le procès qu’elle avait intenté contre une clinique trop empressée d’accéder à son désir d’adolescente de devenir un homme.

    La leçon sera-t-elle méditée ? En tournant le dos au droit naturel, les sociétés libertaires lancées dans la course aux désirs individuels et à la chimère de « l’homme augmenté » préparent des désastres humains. Après avoir fait la fortune des cliniques, les victimes - « détransitionneurs », personnes qui regrettent leur changement de sexe, mais aussi enfants privés de père ou/et de mère par la PMA/GPA- rempliront les prétoires. Seule la menace judiciaire semble pouvoir mettre un frein à la folie, à l’hubris, qui s’est emparée de nos sociétés. 

    Face à la vague des transgenres, la Suède commence à douter

    Le Figaro 14-06-2021
    Face à la vague des transgenres, la Suède commence à douter
    Lire l'article sur : Le Figaro
  • Soljenitsyne plus actuel que jamais

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    De Didier Desrimais sur Causeur via artofuss.blog :

    Soljenitsyne et nous …

    L’actualité brûlante du discours d’Harvard

    En 1978, Soljenitsyne, dans son célèbre discours d’Harvard diagnostique les causes de la décadence de l’Occident : l’absence de spiritualité et le déclin du courage. Il dénonce les trahisons des élites. Pour lui, le communisme, comme le monde occidental, conspirent contre la vie intérieure. Quarante ans après, son discours reste d’une brûlante actualité et jamais l’Occident n’a semblé autant manquer de courage.


    En juin 1978, Alexandre Soljenitsyne, qui réside depuis deux ans aux États-Unis, est invité par l’université de Harvard à prononcer un discours (Le déclin du courage, éditions Les Belles Lettres). Alors que professeurs et étudiants attendent un éloge de l’Occident, le dissident va dire ses quatre vérités au “monde libre” : « Non, je ne peux pas recommander votre société comme idéal de transformation de la nôtre. » Pour Soljenitsyne, si le communisme a ôté toute “vie intérieure” à l’homme, l’Occident, d’une autre manière, ne fait pas autre chose. Cinquante ans plus tard, ce discours peut être lu comme un texte prophétique.

    Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui

    Mobilisés entièrement à vivre dans le confort de « la foire du commerce », préoccupés par cette seule recherche d’un bonheur factice « bien loin de favoriser [leur] libre développement spirituel », les Occidentaux sont devenus faibles. En même temps que s’effondrent la spiritualité, l’art, la recherche de la vérité et l’envie d’une vie commune héritière des siècles chrétiens, la “vie juridique” prend le pas sur tout et « crée une atmosphère de médiocrité morale qui asphyxie les meilleurs élans de l’homme. » Soljenitsyne voit s’élever les réclamations de groupes pour lesquels le bien commun est sans intérêt et seul compte le droit absolu de “moi” : « La défense des droits de l’individu est poussée jusqu’à un tel excès que la société elle-même se trouve désarmée devant certains de ses membres. » Les actuelles revendications diversitaires aboutissent à la prise de pouvoir par des minorités vindicatives. Le désir de chaque “moi” se transforme en droit-créance : la société tout entière doit se plier à ces exigences individuelles au risque de passer pour rétrograde et arriérée. L’absence de courage et l’aveuglement des élites occidentales qui ont accepté et parfois devancé et légalisé les exigences des minorités s’accompagnent d’une effrayante duplicité quand il s’agit de faire passer en catimini les lois les plus destructrices pour notre civilisation, comme cela s’est passé tout dernièrement pour la loi dite bioéthique en France.

    La perversion de la presse

    Soljenitsyne critique la presse (et les mass médias en général) : propagandiste, elle pervertit, selon lui, l’opinion publique. Surtout, et c’est une surprise pour cet homme venu de l’Est totalitaire, « si on prend la presse occidentale dans son ensemble, on y observe des sympathies dirigées en gros du même côté (celui où souffle le vent du siècle) […] et tout cela a pour résultat non pas la concurrence, mais une certaine unification. » Cinquante ans plus tard, aux États-Unis, les journaux démocrates mènent la chasse jusque dans leurs colonnes et licencient les journalistes qui ont eu l’outrecuidance de réfléchir et de refuser de s’agenouiller devant les nouvelles lubies diversitaires ou progressistes. En France, nous voyons une vigilante presse de gauche distribuer les bons et les mauvais points et réclamer que soient censurées certaines chaînes d’info, certains éditorialistes ou magazines qui ont l’inconvénient de penser autrement qu’elle. 

    Au mitan de son discours, Soljenitsyne terrasse son auditoire : « Le système occidental, dans son état actuel d’épuisement spirituel, ne présente aucun attrait. La simple énumération des particularités de votre existence à laquelle je viens de me livrer plonge dans le plus extrême chagrin. »

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  • La Cour Suprême des Etats-Unis conforte une association catholique qui refuse de confier des enfants aux familles homoparentales

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    De Charlotte Gambert sur le site du journal la Croix :

    18 juin 2021

    La justice américaine conforte une association catholique qui refuse de confier des enfants aux familles homoparentales

    L’agence Catholic Social Services (CSS) devra à nouveau être référencée par la mairie de Philadelphie, malgré son refus de placer des enfants au sein de familles d’accueil homoparentales. La Cour suprême a tranché jeudi 17 juin en sa faveur.

    Comment articuler liberté religieuse et principe de non-discrimination ? Cette question sensible a été tranchée jeudi 17 juin par la Cour suprême des États-Unis. Les juges ont estimé que la ville de Philadelphie ne pouvait pas rompre un contrat avec l’agence Catholic Social Services (CSS), au motif que celle-ci refuse de placer des enfants auprès de couples de même sexe.

    « Il est clair que la ville a fait pression sur CSS en lui donnant le choix de restreindre sa mission, ou d’approuver des relations incompatibles avec ses convictions », a estimé le juge en chef John Roberts qui a rendu l’avis de la Cour. Il ajoute que la CSS ne souhaite pas imposer ses idées à qui que ce soit, mais ne cherche « qu’un accommodement qui lui permettra de continuer à servir les enfants de Philadelphie d’une manière conforme à ses croyances religieuses ». Pour la Cour suprême, le refus de la ville de Philadelphie de conclure un contrat avec CSS viole le premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté religieuse.

    La décision sur cette question délicate était très attendue. Elle vient infirmer le jugement rendu par la troisième Cour d’appel des États-Unis, qui avait statué en faveur de Philadelphie, estimant que la ville appliquait de manière neutre sa politique de non-discrimination et que les services sociaux catholiques n’avaient pas le droit à une exemption.

    Les clivages demeurent

    L’affaire remonte à mars 2018. La ville de Philadelphie, apprenant que l’un de ses prestataires, en l’occurrence la CSS, refusait de placer des enfants auprès de couples de même sexe, avait alors décidé de ne plus lui en confier. L’agence avait alors porté plainte, au nom des principes de liberté religieuse et de liberté d’expression.

    Alors que le 4 novembre, la Cour suprême examinait le dossier, la juge Amy Coney Barrett, prenant position en faveur de l’agence, recevait le soutien de « dizaines d’églises, d’élus du Congrès et d’États de la Bible Belt, mais aussi du gouvernement républicain de Donald Trump, pour qui Philadelphie avait fait preuve d'« hostilité » envers la religion », rapportait alors Le Figaro le 3 novembre 2020.

    La grande ville du Nord-Est, quant à elle, recevait également de nombreux soutiens, dont celui de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU, qui mettait en garde contre les conséquences d’un jugement favorable à l’agence catholique. L’association estimait qu’une victoire de la CSS autoriserait des agences privées qui assurent des missions de service public - familles d’accueil, banque alimentaire, foyer pour sans-abri etc. - à refuser leurs services à la communauté LGBT.

    Une décision en demi-teinte

    Selon les défenseurs des droits LGBT, la victoire de leurs opposants n’est cependant pas complète. « La Cour n’a pas établi un droit général pour les organisations religieuses à violer les lois anti-discriminations », a souligné ACLU.

    « Les homosexuels ne peuvent pas être traités comme des parias », a ainsi rappelé la Cour suprême. Toutefois, le principe de non-discrimination « ne peut pas justifier de refuser une exception pour motif religieux à CSS », juge-t-elle, dans la mesure où le contrat conclu entre la ville et ses prestataires autorise les exceptions.

    Trois des neuf sages de la haute cour ont, quant à eux, ajouté, dans une opinion distincte, qu’un arrêt plus large était nécessaire pour renforcer les droits des groupes religieux, selon la Radio-Télévision belgede la communauté française(RTBF).

  • Avortement et communion, les évêques américains votent oui à un document destiné aux politiciens catholiques

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    De Salvatore Cernuzio sur Vatican News (it) :

    18 juin 2021

    Avortement et communion, les évêques américains votent oui à un document destiné aux politiciens catholiques

    Annoncé lors de la session plénière de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) le vote favorable de 168 évêques pour la rédaction d'un texte sur l'Eucharistie, avec une section sur l'importance d'être digne de la recevoir. Plusieurs évêques ont demandé d'établir des principes pour décider de donner ou non l'accès au sacrement à des croyants occupant des fonctions publiques qui soutiennent des lois en faveur de l'avortement et de l'euthanasie. 55 contre, 6 abstentions. Discours d'ouverture du Nonce Christophe Pierre : "L'objectif est l'unité".

    Cent soixante-huit évêques des États-Unis ont voté en faveur de la rédaction d'une "déclaration formelle sur la signification de l'Eucharistie dans la vie de l'Église". Ce document devrait inclure une section sur la "cohérence eucharistique" pour les politiciens catholiques, puis la "dignité" pour accéder à la communion en référence à tous ces croyants, comme le président Joe Biden, qui occupent une fonction publique mais soutiennent une législation favorable à l'avortement, à l'euthanasie, aux unions entre personnes de même sexe,.... La décision a été annoncée il y a quelques minutes au cours de l'Assemblée plénière - qui a débuté le 16 juin en mode en ligne en raison des restrictions liées à la pandémie - diffusée en direct sur le site Internet de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

    Approbation du document en novembre

    Cinquante-cinq voix contre, six abstentions. Une victoire, donc, d'environ 75% des voix. Le Comité épiscopal de doctrine, actuellement présidé par l'évêque Kevin Rhoades de Fort Wayne-South Bend (Indiana), va maintenant commencer à travailler sur le document en vue de l'assemblée générale des évêques américains en novembre, au cours de laquelle le texte doit être approuvé avec une majorité d'au moins 2/3. Le quorum est largement dépassé avec le vote d'aujourd'hui. Mgr Rhoades a précisé que les évêques qui ne font pas partie du comité auront la possibilité d'apporter leur contribution et que le projet final fera l'objet d'amendements avant d'être soumis au vote. En outre, a expliqué l'évêque, le document ne mentionnera pas le nom de Biden ou d'autres personnes et se contentera de fournir des lignes directrices plutôt que d'imposer une politique nationale obligatoire.

    Le projet "Réveil eucharistique".

    Immédiatement après l'annonce, l'évêque Andrew Cozzens de l'archidiocèse de St.Paul a pris la parole et a présenté le projet de "Réveil eucharistique". L'initiative, prévue pour un an, s'inspire d'une étude du Pew Research Center qui a montré la mauvaise compréhension du sacrement par de nombreux catholiques, ainsi que l'impact de la pandémie sur la pratique religieuse. "Nous avons besoin d'un renouvellement spirituel de la foi eucharistique dans nos cœurs en tant qu'évêques", a déclaré M. Cozzens. "Si nous voulons que notre peuple et nos prêtres savourent le don de l'Eucharistie, nous devons renouveler l'amour de ce don." 

    La confrontation entre les évêques

    Les deux jours précédents de la session plénière ont été marqués par une vive confrontation entre les prélats de l'USCCB, les discussions se prolongeant au-delà du temps prévu. Lors de l'examen préliminaire de l'ordre du jour, Mgr Mitchell Rozanski, archevêque de Saint-Louis, a proposé que le vote sur le point relatif à la communion soit précédé d'une discussion ouverte afin que chaque évêque puisse faire entendre sa voix. La motion a également reçu l'avis contraire de plusieurs évêques.

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  • Rapport Matić: La COMECE appelle les eurodéputés à prendre conscience de l’importance et de la complexité de la question et à voter avec responsabilité

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    Prise de position du secrétariat de la COMECE sur le RAPPORT SUR LA SITUATION DE LA SANTÉ ET DES DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS SEXUELLE ET REPRODUCTIVE DANS L'UE, DANS LE CADRE DE L'INITIATIVE SUR LA DE LA SANTÉ DES FEMMES [2020/2215(INI)].

    Commission des droits de la femme et de l'égalité des genres du Parlement européen
    Rapporteur : MPE Predrag Fred Matić

    La santé humaine est au cœur des préoccupations de l'Église catholique. Le droit à la santé est un
    droit humain fondamental et constitue une base essentielle pour une vie digne. La défense des droits de l'homme sur La défense des droits de l'homme est un élément central de la proclamation socio-éthique de l'Église. Elle considère les droits de l'homme comme la base d'une coexistence pacifique entre les peuples et est convaincuequ'ils correspondent profondément à la conception chrétienne et biblique de la dignité de l'être humain.

    Dans ce contexte, nous apprécions positivement le souci fondamental du rapport de protéger la santé et les droits des femmes. En même temps, nous sommes très préoccupés par un certain nombre de représentations et d'arguments avancés dans le projet de résolution en question.

    1. Nous constatons avec regret que le projet de résolution est caractérisé par une perspective unilatérale tout au long du texte, en particulier sur la question de la santé des femmes, qui ne tient pas pleinement compte des situations de vie des personnes concernées et des droits de l'homme correspondants. Le projet de résolution ne reflète pas la tragédie et la complexité des situations dans lesquelles se trouvent les mères qui envisagent d'avorter leurs enfants à naître. Un conflit de grossesse peut être envisagée sous l'angle d'une "relation entre trois personnes".

    Cependant, "le droit indépendant à la vie de l'enfant est trop facilement laissé de côté et l'on oublie que l'enfant à naître n'a pas le droit de vivre. On oublie aussi que l'enfant à naître n'est pas la propriété des parents, mais que, précisément,  il leur est confié en raison de son absence de défense " (1).

    Prendre soin de femmes qui sont en détresse ou en situation de conflit à cause de leur grossesse est  un élément central du ministère diaconal de l'Eglise et devrait également être un devoir de nos sociétés.

    Dans le projet de résolution, l'avortement est présenté comme un "service de santé essentiel" qui devrait être accessible à tous (2) . Selon nous, cette classification est éthiquement indéfendable. Une intervention médicale d'une telle ampleur ne peut et ne doit pas devenir une pratique normale ; sa qualification de service essentiel dégrade l'enfant à naître. En tant qu'Église, nous sommes convaincus que la vie humaine depuis le début, y compris la vie à naître, possède sa propre dignité et un droit indépendant à la protection. Dans l'optique de l'Église l'avortement n'est pas un moyen de planification familiale ou une partie des soins de santé ordinaires.

    Nous considérons l'enfant à naître comme une vie indépendante créée à l'image de Dieu et qui doit son existence à sa volonté. L'enfant à naître a un droit humain à la vie. Dans son arrêt Brüstle (3), la Cour de justice des Communautés européennes n'a pas pu exclure la possibilité que la vie humaine à naître soit dotée d'une dignité propre et a donc reconnu l'embryon comme porteur de cette dignité humaine.

    La Cour européenne des droits de l'homme a confirmé dans sa jurisprudence que c'est une obligation légitime pour les États contractants de la Convention de protéger la vie à naître (4). En invoquant cet objectif, les États peuvent restreindre les droits de la mère garantis dans la Convention, plus particulièrement le droit au respect de la vie privée en vertu de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, et en particulier, créer un cadre légal pour la réalisation d'avortements.

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  • Le plus grand défi bioéthique du XXIème siècle

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    L’édition du génome des embryons humains, le plus grand défi bioéthique du XXIème siècle ?

    14 Juin 2021

    « Nous ne maitrisons pas quelles peuvent être les conséquences à moyen et long terme de l’édition du génome humain » a rappelé Elena Postigo mardi dernier au cours d’une conférence sur « les nouveaux défis du XXIe siècle dans le domaine de la bioéthique ». Elena Postigo est professeur pour le Master en bioéthique de l’Université catholique de Valence (UCV) et directrice de l’Institut de bioéthique de l’Université Francisco de Vitoria de Madrid (UFV). « Un énorme champ de possibilités s’ouvre devant nous, y compris sur le plan thérapeutique, mais nous devons agir avec beaucoup de prudence » explique-t-elle. Refusant la diabolisation de la science et des technologies, « au service de l’humanité », elle rappelle la nécessité d’en faire « bon usage », « toujours au service des personnes et des générations futures ».

    L’approche personnaliste

    Pour apporter des réponses aux questionnements bioéthiques, actuels et futurs, Elena Postigo propose l’approche dite « personnaliste », dans les pas de l’Italien Elio Sgreccia : « le personnalisme place la personne au centre de la bioéthique, comprise comme un être ayant une valeur intrinsèque particulière, et non comme la manifestation de ses accidents, qu’il s’agisse de la couleur de sa peau, de sa taille, de son âge, de sa qualité de vie ou de son état de santé, entre autres ». Toute personne reste alors une personne, « quelles que soient les circonstances », même en cas d’impossibilité d’agir ou de réfléchir, même en cas d’état végétatif chronique[1]« Du point de vue de la bioéthique, cela implique que vous devez être respecté lorsque vous êtes dans cet état ».

    Le personnalisme ontologique, qui « s’articule autour du concept de personne et de dignité », s’oppose à l’utilitarisme et au principalisme, car il repose sur une définition de la personne « à partir d’un fondement métaphysique et non en termes fonctionnels » « nous ne sommes pas seulement devant un être qui pense, mais devant un être qui est, avant de penser, et digne en toute circonstance de son existence ». L’utilitarisme et le principalisme, au contraire, vont considérer que dans certaines circonstances, la vie humaine ne serait « pas digne », ce qui peut amener à justifier, par exemple, la recherche sur l’embryon humain,  la modification de son génome, ou encore l’euthanasie de certaines personnes.

    Du personnalisme, au contraire, découlent plusieurs principes éthiques, explique Elena Postigo : « le respect de la vie humaine en toutes circonstances, de la conception à la mort naturelle ; le respect de sa corporéité, en comprenant le corps comme quelque chose d’intégral ; le respect de sa liberté et de la responsabilité qui en découle ; et le principe de justice et de solidarité ».

    Bioéthique contemporaine : d’autres grands défis à relever

    En plus de l’édition du génome des embryons humains, la spécialiste mentionne trois grands défis contemporains pour la bioéthique : les nanotechnologies appliquées aux humains, l’utilisation de l’intelligence artificielle en médecine et la fin de vie humaine.

    La question des nanotechnologies est cruciale si celles-ci sont utilisées au niveau du cerveau, et appliquées à la « dimension neuronale et cognitive » de la personne. Il pourrait s’agir par exemple d’un implant limitant les effets d’une maladie neurodégénérative, ou bien de la nanopuce Neuralink d’Elon Musk qui espère améliorer les capacités cognitives, voire réparer certaines lésions cérébrales. « Toutes ces propositions soulèvent des doutes bioéthiques » alerte Elena Postigo.

    L’intelligence artificielle en médecine, quant à elle, peut avoir des applications « formidables », et apporter des améliorations « de diagnostic et de pronostic ». Mais la capacité thérapeutique ne s’améliorera pas forcément à la même vitesse. Ainsi, « de nombreuses maladies peuvent être diagnostiquées, mais pas guéries ». La fin de vie humaine, enfin, représente le dernier grand défi bioéthique du XXIème siècle, notamment sur les questions de l’euthanasie et la cryogénie, c’est-à-dire « le maintien d’un corps après la mort ».

    Selon l’approche personnaliste, « les critères éthiques fondamentaux qui devraient être appliqués face aux défis bioéthiques susmentionnés » sont « le respect de la vie, le fait de ne pas nuire, le respect de la justice et la responsabilité envers les générations futures » conclut Elena Postigo.

    [1] L’état végétatif chronique, ou EVC, est un terme qui a une connotation très négative. Il gagnerait à être remplacé par celui de “syndrome d’éveil non répondant ” proposé par le Pr Cohadon (Bordeaux) en 2010. Cependant le terme d’EVC, usité en France depuis presque 50 ans, reste couramment employé.

    Sources : Observatorio de Bioética (10/06/2021)