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Ethique - Page 149

  • Contre la culture LGBT, le combat hongrois

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    De Paul Vaute, historien et journaliste honoraire, ce commentaire écrit pour Belgicatho sur le tollé politico-médiatique suscité par la nouvelle loi hongroise prétendument homophobe.

    Strictement unilatérale, comme on pouvait s'y attendre, a été la manière dont les médias dominants ont traité, ces derniers jours, de la nouvelle passe d'armes entre la Hongrie et la majorité des Etats de l'Union européenne. Tapez les mots "homosexualité Hongrie" sur le moteur de recherche Google: vous verrez défiler, émanant des sites de journaux quotidiens, de chaînes de radio et de télévision ou d'information en ligne, en principe de toutes tendances, des articles qui disent tous en substance la même chose. Le diagnostic que j'ai récemment proposé aux lecteurs de Belgicatho sur le fonctionnement actuel de l'information [1] trouve ici une illustration des plus éloquentes…

       En vain, j'ai attendu que le journal dit de référence que je lis tous les jours m'informe du contenu exact de la loi qui vaut au gouvernement de Viktor Orbán d'être traité en paria. Je l'ai attendu tout aussi vainement des émissions matinales de La Première (RTBF radio) aux jours où la polémique faisait rage dans les bâtiments du Conseil européen, rue de la Loi à Bruxelles. En revanche, chacun aura pu voir fleurir un peu partout ces titres et commentaires accusateurs, où il était question d'une "loi homophobe" (La Libre Belgique, 25 juin; Libération, Paris, même jour…), d'une loi qui "s'attaque à la communauté LGBT" (Le Figaro, Paris, 24 juin; CNN, Atlanta, 15 juin…), d'une loi "mêlant homosexualité et pédophilie" (Courrier international, Paris, 16 juin; Flair, même jour; Mediapart, Paris, 24 juin…), et j'en passe… Les rares éclairages divergents sont à chercher dans les tribunes libres, derniers refuges des francs-tireurs: ainsi pour l'excellente mise au point de la philosophe française Chantal Delsol dans Le Figaro, reprise ici même samedi dernier [2].4

       Face au bashing, comme on dit en franglais, il est compréhensible que le gouvernement hongrois ait voulu faire connaître, sans filtres journalistiques, son point de vue sur l'avenir de l'Europe en achetant un espace publicitaire dans certains journaux. L'un d'eux a fait savoir qu'il avait refusé de faire paraître cette publicité politique "en raison des contre-vérités qu'elle contient". Les lecteurs dudit journal auront certainement à cœur de vérifier si, à l'avenir, sa rédaction opposera la même fin de non-recevoir à toute publicité ou à toute communication officielle contenant des "contre-vérités".

       La loi hongroise tant incriminée a été de fait votée, le 15 juin dernier, en même temps qu'un arsenal de mesures visant à combattre la pédocriminalité. Sont notamment prévus la création d'une base de données des personnes condamnées accessible au public ou encore leur bannissement de certaines professions. Dans la foulée, des élus du Fidesz, principal parti de la majorité, ont fait ajouter une disposition qui vise, quant à elle, le prosélytisme de genre. Peut-être inspirée d'une législation similaire appliquée en Russie depuis 2013, elle est libellée comme ceci: "La pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans".

       C'est ce texte, rien que ce texte, qui a été qualifié de "honte" par la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen. C'est lui que le président français Emmanuel Macron a jugé ne pas être "conforme à nos valeurs et à ce qu’est l’Europe". C'est à cause de lui que le premier ministre néerlandais Mark Rutte a affirmé que la Hongrie n'a "plus rien à faire dans l'Union européenne". C'est en lui que le premier ministre belge Alexander De Croo a cru reconnaître "des pensées du Moyen Age" (!). Ajoutons que la Belgique est aussi à l'origine de la première salve, tirée le 22 juin: une déclaration, cosignée par dix-sept Etats, demandant à la commission de porter l'affaire devant la Cour de justice européenne.

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  • Le soutien du pape au ministère LGBT controversé du père James Martin S.J.

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    D'Alejandro Bermudez sur le National Catholic Register :

    Une lettre du pape François exprime son soutien au ministère "LGBT" controversé du père James Martin

    Le ministère du père Martin est devenu de plus en plus controversé en raison de son éloignement progressif de la doctrine catholique.

    27 juin 2021

    CITE DU VATICAN - Dans une lettre personnelle envoyée au père jésuite James Martin le 21 juin, le pape François a exprimé son soutien à son ministère controversé et l'a encouragé à "continuer dans cette voie."

    La lettre, écrite à la main en espagnol, était une note de remerciement pour les photos que le père Martin avait envoyées au pape, et a d'abord été rapportée en italien par Vatican News avant d'être partagée par le père Martin sur son compte Twitter ; le père Martin a inclus une traduction non officielle de la lettre en anglais.  

    Selon le compte Twitter du père Martin, "les photos qu'il [le pape François] mentionne sont celles de la messe de confirmation de mon neveu le week-end dernier.  Il [le neveu du père Martin] portait également des chaussettes à l'effigie de François".

    Le pape a remercié le père Martin pour la lettre, et a déclaré que la photo des chaussettes "m'a fait rire."

    Cependant, le pape François a consacré la majeure partie de sa lettre au post-scriptum du père Martin. Sur son compte Twitter, l'auteur de "Building a Bridge" a expliqué que "le 'PS' (PD en espagnol) auquel le pape fait référence était un rappel concernant la conférence du ministère catholique LGBTQ", qui a eu lieu le samedi 26 juin.

    "Je veux vous remercier pour votre zèle pastoral et votre capacité à être proche des gens, avec la proximité que Jésus avait, et qui reflète la proximité de Dieu", a écrit le pape François dans sa lettre personnelle. " Le 'style' de Dieu comporte trois éléments : la proximité, la compassion et la tendresse. C'est ainsi qu'il se rapproche de chacun d'entre nous", a également déclaré le pape.

    Le pontife a ajouté : "En pensant à votre travail pastoral, je vois que vous cherchez continuellement à imiter ce style de Dieu. Vous êtes un prêtre pour tous, tout comme Dieu est un Père pour tous."  Au lieu du mot "tous", le pape François a utilisé l'inhabituel "todos y todas", des pronoms masculins et féminins qui sont répétitifs dans la langue espagnole, à moins qu'il n'ait voulu faire un point sur l'inclusion du genre. 

    Le père Martin a traduit l'expression par "hommes et femmes" dans sa version anglaise de la lettre, qui, selon lui, "a été préparée par plusieurs personnes, dont un ami argentin".

    Dans sa lettre, le pape François poursuit : "Je prie pour que vous continuiez de cette manière, en étant proches, compatissants et avec une grande tendresse".

    "Et je prie pour vos fidèles, votre 'troupeau' et tous ceux que le Seigneur place sous votre garde, afin que vous les protégiez, et les fassiez grandir dans l'Amour de Notre Seigneur Jésus-Christ", a-t-il écrit. 

    "Que le message chaleureux du Saint-Père encourage et inspire tous ceux qui, dans l'Église, s'occupent des catholiques LGBTQ et, en outre, rappelle aux personnes LGBTQ du monde entier la proximité, la compassion et la tendresse de Dieu", a déclaré le père Martin dans une publication sur Facebook dimanche.

    Le ministère du père Martin est devenu de plus en plus controversé en raison de son éloignement progressif de la doctrine catholique. 

    En 2017, après avoir publié Building a Bridge : Comment l'Église catholique et la communauté LGBT peuvent entrer dans une relation de respect, de compassion et de sensibilité, le père Martin a affirmé dans un article du Washington Post qu'"en écrivant le livre, je savais que ce serait un sujet quelque peu controversé, même si j'ai pris soin de rester bien dans les limites de l'enseignement de l'Église."

    "Mes réflexions, qui peuvent être résumées comme un appel au respect de part et d'autre, étaient fondées sur l'Évangile et sur l'appel du Catéchisme pour que l'Église traite les 'personnes homosexuelles' avec 'respect, compassion et sensibilité'", a-t-il écrit.

    Cependant, le 30 mai de cette année, commentant le mariage catholique du premier ministre britannique Boris Johnson, le père Martin a déploré que les couples de même sexe ne puissent pas avoir accès au sacrement du mariage. Concernant le mariage à l'église de Boris Johnson, deux fois divorcé, et de sa compagne, enceinte de leur enfant, le père Martin a souhaité "que la même miséricorde et la même compassion qui ont été offertes" à Boris Johnson et à sa compagne, "reconnaissant leurs vies complexes, puissent également être étendues aux couples de même sexe qui sont des catholiques de longue date."

    La conférence LGBTQ Outreach que le père Martin a mentionnée au pape François était organisée par New Ways Ministries, qui a été explicitement déclaré comme un ministère non catholique par les évêques américains. 

    La cofondatrice de New Ways Ministries, Sœur Jeannine Gramick, était l'oratrice principale de l'événement, qui a également présenté le documentaire Building a Bridge, qui décrit le Père Martin comme un héros pastoral révolutionnaire. Le documentaire a été présenté au Festival du film de Tribeca (9-20 juin). Le réalisateur oscarisé Martin Scorsese est cité comme producteur exécutif du documentaire.

  • «Il n'existe aucun traité international» qui prévoit un «droit humain à l'avortement»

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    De Michele Raviart sur Vatican News :

    26 juin 2021

    L'avortement en tant que droit humain, une dérive anthropologique pour la Comece

    Le Parlement européen approuve le rapport Matic sur la santé et les droits reproductifs et sexuels dans l'Union. Pour le secrétaire de la Comece, le père Barrios Prieto, il s'agit d'un vote inquiétant, et il est inacceptable que l'accès à l'avortement puisse prévaloir sur l'objection de conscience. Les enfants à naître ont le droit fondamental à la vie.

    «Comment se fait-il qu'une Europe qui a des racines chrétiennes, une Europe qui place la dignité de la personne au premier rang et dont le projet européen se caractérise précisément par la défense de la vie et de l'être humain, de l'homme et de la femme, considère l'avortement comme un droit ?» Par cette question, le père Manuel Barrios Prieto, secrétaire général de la Comece, qui réunit les évêques des pays membres de l'Union européenne, exprime sa préoccupation quant à l'approbation par le Parlement européen du «rapport Matic» -du nom de l'eurodéputé croate qui l'a proposé- sur «la santé et les droits reproductifs et sexuels dans l'Union, dans le contexte de la santé des femmes».

    Le rapport Matic

    Ce texte, non contraignant pour les États membres, assimile l'avortement à un droit fondamental et considère les lois restrictives de certains États membres dans ce domaine comme une violation des droits de l'Homme et une forme de violence de genre. La résolution, votée jeudi soir par le Parlement avec 378 voix pour, 255 contre et 42 abstentions, demande également de garantir un accès universel à un avortement sûr et légal dans tous les États membres, dans le cadre d'un effort général visant à renforcer les droits des femmes.

    «C'est une grosse erreur»

    «Nous avons essayé d'appeler les députés européens à la responsabilité sur ce vote et à comprendre l'importance de cette question», explique encore le père Barrios, «qui ne concerne pas seulement la santé sexuelle et reproductive»«Le droit à la santé, réitère-t-il, est un droit fondamental et nous voulons tous qu'il soit respecté et protégé, en particulier dans le cadre de cette pandémie, et dans le contexte de la défense de la dignité des femmes, ce droit est encore plus précieux. Il est donc évident que l'Église veut promouvoir le droit à la santé, mais le problème est d'inclure dans ce cadre également le droit à l'avortement, considéré presque dans le document comme un droit fondamental. Je pense que c'est une grosse erreur et le fait que des parlementaires aient voté en faveur de ce texte est inquiétant».

    Il n'y a pas de droit à l'avortement

    «Il n'existe aucun traité international» qui prévoit un «droit humain à l'avortement», soulignent en effet les évêques européens. Dans le texte de la résolution, père Barrios souligne «qu'il est dit que ce droit à la santé, qui inclut également le droit à l'avortement, doit être garanti, en particulier dans les régions rurales, dans les endroits où l'accès aux services médicaux n'est pas fort, même au-delà du droit à l'objection de conscience».

    La liberté de conscience doit toujours être respectée

    Dans la résolution du Parlement européen, en effet, les députés «regrettent que la pratique courante dans certains États membres permette au personnel médical et parfois à des institutions médicales entières de fournir des services de santé sur la base de la soi-disant objection de conscience», ce qui mettrait en danger «la vie et les droits des femmes.» «Ce n'est pas acceptable», souligne encore le père Barrios. «Pour nous, l'objection de conscience comprend non seulement le droit du travailleur de la santé individuel», explique-t-il, «mais aussi le droit d'une institution qui a sa propre mission, sa propre vocation et ne peut se lier à quelque chose qu'elle considère précisément comme contraire à ses principes fondamentaux. Le droit à l'objection de conscience découle précisément du droit fondamental à la liberté religieuse et à la liberté de pensée et doit toujours être respecté».

    Un changement de mentalité qui inquiète

    «Le vote sur le rapport Matic a été très contesté, la différence entre un oui et un non n'était pas si grande», poursuit le secrétaire général de la COMECE, «cependant, cette dérive est inquiétante»«Elle témoigne d'une crise anthropologique, elle remet en cause une manière de comprendre l'être humain. Ce vote du Parlement européen, même s'il s'agit d'un document non contraignant, est inquiétant, car il y a là un changement de mentalité pour voir des choses qui devraient tous nous inquiéter un peu».

    Le grand absent de cette résolution, soulignent les évêques, est l'enfant à naître, privé de son droit fondamental à vivre, comme tout être humain.

  • Les raisons de l'antagonisme entre les institutions européennes et la Hongrie (Chantal Delsol)

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    De Chantal Delsol sur le site du Figaro via artofuss.blog :

    Chantal Delsol: «Entre les institutions européennes et la Hongrie, les raisons d’un antagonisme»

    TRIBUNE – La philosophe examine la controverse suscitée, à l’échelle européenne, par l’adoption, à Budapest, d’un projet de loi qui interdit la «promotion» de l’homosexualité auprès des mineurs.

    25 juin 2021

    Chantal Delsol est membre de l’Institut.


    Une nouvelle affaire hongroise commence à l’occasion du match de football Allemagne-Hongrie. La municipalité allemande voulait illuminer le stade de Munich aux couleurs de l’arc-en-ciel de la communauté LGBT, afin de protester contre une loi annoncée la semaine dernière par le gouvernement de Viktor Orban. L’UEFA, organisatrice de l’Euro de football, a refusé, se disant «une instance politiquement et religieusement neutre». Cette neutralité a soulevé aussitôt un tollé aussi bien chez les dirigeants de nombreux pays européens que dans les médias: les lois sociétales récentes ne sont plus considérées comme des prises de position, face auxquelles on pourrait être neutre, mais comme des évidences substantielles, une sorte de droit naturel, face auquel un opposant devient indigne. Là-dessus, quinze États membres de l’Union européenne ont demandé à la Commission d’agir face à ce texte de loi qui interdit la «promotion» de l’homosexualité auprès des mineurs. La Hongrie s’est retrouvée une nouvelle fois sous les critiques et injures.

    Que dit le texte incriminé? Il prévoit que «la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans»Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s’est exclamée: «Le projet de loi hongrois est une honte. Ce projet de loi est clairement discriminatoire envers les personnes sur la base de leur orientation sexuelle et va à l’encontre de toutes les valeurs fondamentales de l’Union européenne.»C’est une législation «indigne de l’Europe», a fustigé le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes Jean Asselborn, «les gens ont le droit de vivre comme ils veulent, on n’est plus au Moyen Âge». Le ministre délégué allemand aux Affaires européennes, Michael Roth, a dénoncé des dispositions qui «violent clairement les valeurs de l’UE», et Emmanuel Macron a fait la même déclaration.

    Il est vrai qu’une ambiguïté existe sur la portée du projet de loi. Certains jugent que les «contenus» interdits pourraient inclure les publicités susceptibles d’être vues par des mineurs, ce qui est un autre sujet.

    Notre réflexion porte ici sur l’éducation dans la famille. Le ministre hongrois des Affaires étrangères a déclaré que «cette loi ne dit rien sur l’orientation sexuelle des adultes. Elle dit seulement que, tant que les enfants ont moins de 18 ans, leur éducation sexuelle relève exclusivement de leurs parents, c’est tout».Comment comprendre qu’une communauté de liberté (l’Europe institutionnelle), qui s’était étendue dans la joie après la chute du communisme, en soit venue à imposer si radicalement une seule vision éthique ?

    Que ce simple point suscite l’hystérie: cela montre à quel degré d’idéologie imposée en est arrivée l’Union européenne. Il faut rappeler en passant que le gouvernement Orban a été élu démocratiquement. Les défenseurs de la loi ont été obligés de préciser cette évidence que le vote du Parlement hongrois est «une compétence nationale qui ne devrait pas être remise en question», ce qui en principe va de soi, mais justement ne va plus de soi, en raison d’une vision libertaire dont l’Union voudrait assurer l’obligation, sous peine de sanctions (on en parle).

    Comment démêler cela? Comment comprendre qu’une communauté de liberté (l’Europe institutionnelle), qui s’était étendue dans la joie après la chute du communisme, en soit venue à imposer si radicalement une seule vision éthique? Laquelle apparaît à ses adeptes comme la chose la plus naturelle du monde, une sorte de loi naturelle en somme, qui serait récusée seulement par «les barbares» (à l’extérieur, comme les pays musulmans) et «les criminels» (à l’intérieur, comme les gouvernements illibéraux, les conservateurs et les résidus cathos).

    Il peut être utile à cet égard de faire la distinction entre la tolérance et la légitimation. Le cas que nous avons sous les yeux montre, comme bien d’autres, à quel point la tolérance est mal aimée: tolérer, c’est supporter, au sens étymologique, sans pour autant apprécier, sans être d’accord. Mot de Voltaire: je ne vous approuve pas, mais je ferai tout pour que vous puissiez vous exprimer. Or aujourd’hui ce mot est caduc: la tolérance de Voltaire apparaît comme une condescendance et, finalement, un mépris. On ne nous demande pas de tolérer tous les comportements: mais de les légitimer. On ne vous demande pas seulement de laisser faire, mais d’approuver et de complimenter. Ce qui est bien différent ; il faudrait affirmer que tous les comportements sont également bons, valables, justifiables. Dans une société libérale, la tolérance est de mise et, pour cette raison, les comportements les plus divers (à condition de ne pas s’attaquer à autrui) sont légalisés. Mais la légitimation est bien autre chose: il s’agit de cautionner, de «juger bon». Nous savons bien que, sur nombre de sujets, nous sommes tolérants parce que libéraux, quoique sans légitimer. Je puis tolérer les caricatures de Mahomet parce que je suis libérale, tout en jugeant personnellement que ce type de caricature est moralement illégitime, parce qu’on n’insulte pas le dieu des autres, de même qu’on n’insulte pas la mère des autres ni la patrie des autres, affaire de respect.

    Or la question de la distinction entre tolérance et légitimité touche justement l’éducation dans la famille, car c’est la famille qui transmet les jugements de légitimité et d’illégitimité, au regard des croyances. Et les croyances posent les limites et les justifient. Je puis tolérer la légalisation du changement de genre, parce que je suis libérale, mais sans accepter pour autant, et cela pour des raisons d’éthique personnelle, qu’on vienne le proposer en classe (donc dans mon dos) à mon enfant.Il est désastreux que les gens intelligents qui nous gouvernent se croient tenus de crier à la discrimination dès qu’un jugement se manifeste, et de traiter de criminels ceux qui jugent que des limites existent

    Autant il est nécessaire, si nous sommes des sociétés libérales, comme c’est le cas dans l’Union européenne, de tolérer tous les comportements et de respecter les personnes concernées, autant il est normal que chaque courant, mouvement social, famille, nourrisse sa propre idée de la légitimité de tel ou tel comportement. C’est pourquoi le gouvernement Orban juge inopportun qu’un seul courant de pensée s’impose dans les écoles. C’est aux familles de porter des jugements, et la plupart des Français ne pensent pas autrement, car ce n’est pas à une idéologie d’État d’éduquer les enfants. Considérer que tous les comportements sont également légitimes, c’est une manière de voir libertaire, respectable comme les autres parce que nous sommes dans une société libérale, mais que tous ne sont pas tenus de légitimer, et qui a fortiori n’a pas justification à s’imposer à tous, d’autant moins à s’imposer aux enfants dans les écoles.

    Le grand naufrage des élites libérales contemporaines est de récuser toute réflexion sur les limites. Il est désastreux que les gens intelligents qui nous gouvernent se croient tenus de crier à la discrimination dès qu’un jugement se manifeste, et de traiter de criminels ceux qui jugent que des limites existent. Une société n’est pas obligée de tout relativiser pour être libre.

    Plus grave encore: le grand naufrage de nos élites est dans le déni de la conscience personnelle, dont la grandeur est de pouvoir décider si elle légitime ou non ce qu’elle tolère et de pouvoir transmettre cela à ses enfants. Mais la conscience personnelle, et en dépit de toutes les déclarations grandiloquentes, nul ne pourra nous l’enlever.

  • La Hongrie : un caillou dans la chaussure LGBTQIA+ de l'Union Européenne

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :

    LA HONGRIE, CAILLOU DANS LA CHAUSSURE « LGBTQIA+ » DE L’UE

    L’Union Européenne a adopté des « valeurs » sociétales qui auraient fort surpris ses pères fondateurs. Parmi celles-ci, le nouveau concept de « genre » et ses nombreuses applications LGBTQIA+ (pour : Lesbienne, Gay, Bisexuel·le, Transgenre, Queer, Intersexe, Asexuel·le, le + incluant d’avance toutes les personnes qui ne se retrouveraient pas dans cette liste…). Ces « valeurs » libertaires créent un clivage de plus en plus marqué entre les pays européens de l’Ouest et du Nord qui leur sont acquis, et ceux d’Europe centrale et orientale qui refusent de tourner le dos au modèle familial légué par la tradition judéo-chrétienne. En tête des réfractaires, la Pologne et la Hongrie. En mars dernier, en réponse à la centaine de collectivités polonaises qui s’étaient décrétées « zones sans idéologie LGBT », le Parlement européen a voté une résolution déclarant l’UE « zone de liberté » pour les minorités sexuelles.

    Ce 24 juin, c’est la Hongrie qui a été mise sur la sellette au Conseil européen. En cause, une nouvelle loi hongroise interdisant de « promouvoir » le changement de genre et l’homosexualité auprès des mineurs. Une « honte », selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, selon laquelle cette loi « va à l’encontre de toutes les valeurs fondamentales de l’UE ». La présidente avait reçu l’appui de 15 états membres sur 27 qui ont adressé à la Commission une déclaration dans laquelle ils se disent « profondément inquiets » par des dispositions « discriminatoires à l’égard des personnes LGBTQI et violant le droit à la liberté d’expression sous prétexte de protéger les enfants ». Présent à Bruxelles et soumis, jeudi soir, à deux heures de réprimandes par une majorité de ses homologues européens menés par ceux du Benelux, le premier ministre hongrois Viktor Orban n’a pas fléchi : cette loi, a-t-il dit et répété, « ne porte pas sur les homosexuels » mais « concerne la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants ». Il a été aussitôt soutenu par ses homologues polonais et bulgare. La veille, mercredi 23 juin, à Munich, une tentative d’utiliser l’Euro de football à l’occasion du match Allemagne-Hongrie en éclairant le stade aux couleurs arc-en-ciel, avait échoué : l’UEFA a « calé » devant cette trop évidente exploitation politico-idéologique du sport.

    Votée par le parlement hongrois le 15 juin dernier, la loi en question stipule que « l’école ne doit pas viser à promouvoir le changement de genre ainsi que l’homosexualité ». Elle s’inscrit selon ses auteurs dans un « système de protection de l’enfance » garantissant le droit des mineurs « à leur identité selon leur sexe de naissance ». Est donc proscrit « tout ce qui encourage la déviation, la modification, ou l’homosexualité sur la base de l’identité de genre », la « responsabilité civile » des chefs d’établissement, des enseignants ou des éducateurs pouvant être engagée en cas d’infraction. Le gouvernement hongrois avait préparé le terrain en faisant adopter en décembre dernier un amendement à la Constitution pour préciser que « la mère est une femme, et le père est un homme ». Cet amendement précise que « la Hongrie protège l’institution du mariage », qui est la « base de la relation familiale » et de la relation « parent-enfant », ainsi que le droit des enfants à recevoir une éducation « conforme aux valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle et la culture chrétienne de la Hongrie ». Il s’agit, avait précisé la ministre de la justice, Judit Varga, de mettre la Hongrie à l’abri de « la menace constante » qui pèse sur « les lois naturelles » et « l’ordre de la création ». Là encore, on imagine la stupeur du trio démocrate-chrétien des « pères de l’Europe », Alcide De Gasperi, Robert Schuman et Konrad Adenauer, si on leur avait annoncé qu’un pays européen jugerait nécessaire de graver dans sa constitution de telles évidences… pour se border contre le vent soufflant des instances de l’UE et des autorités politiques de leurs propres pays.

    Il serait intéressant de sonder les parents d’élèves des pays européens pour vérifier s’ils partagent ou non, et dans quelle proportion, les condamnations de la Hongrie par les instances de l’UE au nom de la cause LGBT. Mais gageons qu’aucun institut de sondage ne se risquera à un tel exercice. Le sujet est tabou. Pourtant, que risque la Hongrie ? L’initiative d’une procédure d’infraction pour violation du droit de l’UE revient à la Commission européenne qui pourrait saisir la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE). Et après ? Les autorités hongroises pourraient-elles se laisser intimider par les foudres de la CJUE ? Elles n’auraient rien de comparable, heureusement, au déferlement des chars soviétiques contre Budapest en 1956 ! Quoi qu’il en soit, Viktor Orban a promis d’engager devant la CJUE un recours contre d’éventuelles sanctions. Au moins un an de procédure… Rien ne dit qu’elle aboutira avant avril 2022, date des élections générales en Hongrie.

     

    La Hongrie veut réprimer la « promotion » » de l’homosexualité

    La Croix 15-06-2021
  • L'avortement n'est pas une fatalité

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    De Grégor Puppinck (initialement publié sur le site de l’ECLJ : La prévention de l’avortement : garantir le droit de ne pas avorter) sur gènéthique.org :

    La prévention de l’avortement : garantir le droit de ne pas avorter

    24 juin 2021

    Chaque année, l’avortement met un terme à un cinquième des grossesses françaises et à un tiers des grossesses européennes, avec 4,5 millions d’avortements contre 8,5 millions de naissances dans l’Europe des 47 États membres du Conseil de l’Europe.

    Au regard de l’ampleur du phénomène, de ses causes et de ses conséquences, l’avortement n’est pas plus une liberté qu’une fatalité, mais un problème social de santé publique auquel la société peut et doit répondre par une politique de prévention.

    La société peut, par le biais de politiques publiques, prévenir et réduire le recours à l’avortement. Ainsi, aux États-Unis, la baisse de 17,4 % du nombre d’avortements pratiqués entre 1990 et 1999 résulte des changements législatifs opérés dans la majorité des États[1] fédérés. En Europe, certains gouvernements sont également parvenus à réduire le taux d’avortement[2] par des modifications législatives et des campagnes de sensibilisation[3]. En Hongrie, ce taux, qui s’établissait à 19,4 ‰ en 2010, est descendu à 17,5 ‰ en 2012[4]. La Pologne fournit un exemple encore plus radical de l’effet possible de la loi : alors que plus de 100.000 avortements y étaient pratiqués chaque année dans les années 1980[5], ils sont devenus aujourd’hui rarissimes. En France, à l’inverse, la valorisation publique de l’avortement comme « droit » s’est accompagnée d’une augmentation de sa pratique. Ainsi, le nombre d’IVG en 2013 a augmenté de 4,7 % par rapport à 2012, passant de 207 000 à 217 000[6], suite à la décision du gouvernement de rembourser l’IVG à 100 %[7].

    L’avortement n’est donc pas une fatalité : la majorité des avortements a une cause de nature économique et sociale et pourrait être évitée. 75 % des femmes qui ont avorté indiquent y avoir été poussées par des contraintes sociales ou économiques[8]. Ce constat met en cause l’efficacité de la prévention de l’avortement ainsi que le respect des droits sociaux des femmes et des familles. Dans divers instruments internationaux, les États se sont pourtant engagés formellement à prévenir l’avortement.

    Comme le soulignait le Professeur Israël Nisand[9]« Tout le monde peut s’accorder sur l’idée qu’il vaut mieux prévenir les IVG chez les jeunes plutôt que d’avoir à les réaliser, que ce soit du point de vue éthique, psychologique ou économique ». Un sondage IFOP réalisé en 2010[10] est particulièrement révélateur de l’ambivalence qui entoure la perception de l’avortement. Si 85 % des personnes interrogées se disaient favorables à l’avortement, 61 % estimaient qu’il y en avait trop en France et 83 % qu’il avait des conséquences psychologiques difficiles à vivre.

    Pour prévenir l’avortement, deux moyens étaient présentés comme souverains : l’éducation sexuelle et la contraception[11]. Pourtant, alors que, quarante ans après la légalisation de l’avortement, la contraception s’est généralisée et que l’éducation sexuelle fait partie des programmes scolaires dès l’école primaire, le nombre d’avortements ne baisse pas, en particulier chez les mineures.

    Il est donc urgent de réfléchir à une véritable prévention de l’avortement, pour réduire l’avortement chez les jeunes, pour que les femmes n’y soient plus contraintes par leur situation économique ou sociale. Cette politique de prévention doit être renouvelée jusque dans ses prémisses et être élargie : comme toute véritable prévention, elle doit être fondée sur un progrès de la responsabilité personnelle.

    Une politique publique de prévention peut s’appuyer sur des principes juridiques bien établis et contribuerait à leur mise en œuvre. Sur la base de ces principes, les États ont pris l’engagement conventionnel de mener une telle politique de prévention afin de « réduire le recours à l’avortement ». Ces principes sont la protection de la famille, de la maternité, et de la vie humaine. À cette obligation pesant sur les États correspond un droit corrélatif pour toute femme de ne pas être contrainte d’avorter (I).

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  • L’euthanasie des nouveau-nés pratiquée hors la loi belge

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    De l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique : l’euthanasie des nouveau-nés pratiquée hors la loi

    24/06/2021

    Une récente étude a mis au grand jour la pratique d'euthanasies délibérées sur des nouveau-nés pour qui le corps médical estimait qu'il n'y avait « aucun espoir d'un avenir supportable ». Ces pratiques concernaient 10% des nouveau-nés (0-1 an) décédés en Flandre, entre septembre 2016 et décembre 2017, soit 24 bébés.

    Cette pratique est illégale en Belgique et pourtant, aucune autorité ne semble s'en offusquer. La loi n'autorise l'euthanasie d'un mineur que s'il est capable de discernement et conscient au moment de sa demande d'euthanasie.

    Dans sa thèse ayant servi de base pour l'étude en question, Laure Dombrecht, chercheuse à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), fait mention d'une étude comparable effectuée en 1999-2000. La proportion d'euthanasies de nouveau-nés par injection de substances mortelles est passée de 7 à 10% depuis cette précédente enquête.

    L'étude distingue, parmi ce qu'elle nomme les « décisions médicales de fin de vie » qui ont concerné 61% de ces bébés, d'une part les décisions de ne pas commencer ou d'arrêter un « traitement de maintien de vie » (ex : ventilateur), et d'autre part le fait d'administrer certaines substances au bébé. A noter que le terme d'euthanasie n'apparaît nulle part dans l'article. Sur le plan des intentions du médecin, l'étude distingue trois situations :

    Le médecin n'a pas l'intention de provoquer la mort du bébé ni de la hâter, mais prend en considération, sans le viser, l'effet potentiel de hâter la mort (ex: décision de ne pas administrer d'antibiotiques, administration de morphine ou de sédatifs) L'effet potentiel d'une mort précipitée n'est pas l'objectif principal mais il est en partie visé par le médecin Le médecin a l'intention explicite de provoquer la mort (ex : injection d'un relaxant musculaire mortel)

    Alors que la valeur éthique de la décision médicale est tout autre selon qu'on se situe dans le premier ou deuxième point (mort non recherchée v. mort recherchée), l'étude n'opère pas de classification distincte des cas pour ces deux catégories d'intention, ni du point de vue de l'arrêt de traitement, ni du point de vue de l'administration de substances. Le critère de proportionnalité (dans l'arrêt du traitement ou dans le dosage des substances) n'est pas non plus évoqué alors qu'il s'avère décisif pour juger de l'intention du médecin.

    Les médecins ayant procédé à l'euthanasie des nouveau-nés par injection létale ont indiqué dans 91% des cas que la raison principale de leur agir était qu'il n'y avait aucun espoir de « futur supportable » pour l'enfant. Autrement dit, ces enfants avaient malgré tout une réelle chance de survie mais le corps médical – sans doute en accord avec leurs parents - a estimé que leur vie ne valait pas la peine d'être vécue jusqu'au bout.

    Pour quelle raison les praticiens se permettent-ils donc de déroger au cadre légal lorsqu'il s'agit d'enfants incapables de s'exprimer ?

    Les auteurs de l'étude se posent la question de la nécessité d'encadrer cette « pratique », à l'image du cadre para-légal établi aux Pays-Bas à travers le Protocole de Gröningen. Un tel « encadrement » signifierait en réalité une autorisation sous condition de l'infanticide pratiqué par un médecin.

  • Le rapport Matic adopté par le Parlement européen

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    De l'Institut Européen de Bioéthique :

    Sexualité et avortement : le rapport Matic adopté par le Parlement européen

    24/06/2021

    Réuni en séance plénière à Bruxelles ce jeudi 24 juin, le Parlement européen a adopté (378 voix "pour" ; 255 "contre" ; 42 abstentions) la résolution et le rapport « sur la situation concernant la santé et les droits génésiques et sexuels dans l'Union, dans le cadre de la santé des femmes ».

    Portée par l'eurodéputé croate Predrag Fred Matić, cette résolution controversée envisage notamment la question de l'avortement en des termes peu nuancés, revendiquant « un accès sûr et légal à l'avortement fondé sur la santé et les droits des femmes » en faisant l'impasse sur les autres dimensions de la grossesse et de la maternité, tant du point de vue du développement de l'enfant à naître que du soutien à la parentalité.

    Plus largement, à travers l'expression de « droits génésiques et sexuels », la résolution invite les États membres de l'Union européenne (UE) à garantir l'accès des citoyens, et en particulier des femmes, à : « une éducation sexuelle complète; des méthodes de contraception modernes; des soins lors de l'accouchement et des périodes prénatale et postnatale; des soins obstétriques; des soins aux nouveaux-nés; des services pratiquant des avortements sûrs et légaux; la prévention et le traitement de l'infection au VIH et d'autres IST; des services visant à détecter, à prévenir et à traiter les violences sexuelles et sexistes; le traitement des cancers de l'appareil reproducteur; des services d'aide à la procréation ».

    Quoique non contraignant, le contenu de la résolution s'avère pourtant contraire au droit européen, tant du point de vue des compétences attribuées à l'UE que du point de vue du respect des droits fondamentaux.

    S'agissant des compétences de l'UE, celles-ci ne couvrent pas l'enjeu de l'avortement, qui relève de la seule prérogative des États membres. De même, la compétence d'appui de l'UE en matière de santé ne permet pas au Parlement européen de se prononcer sur l'orientation des politiques nationales en matière de sexualité, de procréation ou, a fortiori, d'avortement. La résolution outrepasse donc le mandat de l'UE en l'espèce.

    La résolution soulève par ailleurs de graves questionnements du point de vue de sa compatibilité avec le cadre européen en matière de droits fondamentaux. C'est particulièrement le cas s'agissant du droit à l'objection de conscience, tel que reconnu par l'article 10.2 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE. La résolution considère en effet que l'objection de conscience, sur la base de laquelle « des professionnels de la santé s'abstiennent de procéder à des avortements en faisant valoir leurs convictions intimes (…) prive les femmes de leur droit à la santé et à des procédures médicales ». Une telle interprétation s'écarte sensiblement de la manière dont est interprété ce droit par le droit européen des droits de l'homme et poserait de véritables difficultés du point de vue du respect de la liberté de conscience des soignants concernés.

    Deux propositions alternatives, proposées respectivement par le groupe du Parti Populaire européen (PPE) et par le groupe des Conservateurs et Réformistes (ECR), ont chacune échoué à obtenir la majorité au sein du Parlement. La proposition du PPE englobait notamment des préconisations liées à la santé des femmes en matière de maternité et de procréation, visant à assurer un soutien adapté à la maternité, ou encore à prévenir l'infertilité. La proposition du groupe ECR rappelait quant à elle l'autonomie des États membres s'agissant de l'avortement ou de la santé et de l'éducation sexuelles. L'un et l'autre texte insistaient sur la légitime protection dont doit bénéficier l'objection de conscience des soignants en ces matières.

    Lire aussi : Conférence épiscopale polonaise : « La culture de la vie devient culture de la mort et de la discrimination »

  • Eucharistie et avortement, le retour des principes non négociables

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Eucharistie et avortement, le retour des principes non négociables

    22-06-2021

    La décision des évêques américains sur l'admission à la Communion a également des répercussions importantes pour la Doctrine Sociale, car elle remet sur le terrain la doctrine des principes non négociables que ce pontificat avait abandonnée et niée. 

    La décision des évêques américains concernant la non-admission à la communion eucharistique des partisans publics de l'avortement (voir ici et ici) a des conséquences positives également dans le domaine de la doctrine sociale de l'Église, et pas seulement dans le domaine de la doctrine et de la vie sacramentelle. En effet, la décision prise par la majorité des évêques américains de continuer à ne pas admettre à la communion les avorteurs déclarés et d'entamer le processus de rédaction d'un document magistériel sur le sujet remet sur le terrain la doctrine des principes non négociables. Cette doctrine a été complètement abandonnée et niée au cours de ce pontificat, en contraste frappant avec le précédent. Leurs partisans espéraient qu'il serait relancé à partir des problèmes de la présence des catholiques dans la société, au lieu de quoi il est maintenant relancé de manière imprévisible à partir d'une question sacramentelle.

    Lors de la discussion précédant le vote des évêques, de nombreuses interventions avaient évoqué la politique. Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica et fervent partisan de l'admission du président Biden (et de ceux qui lui ressemblent) à la communion, a déclaré qu'avec l'interdiction, il y a un risque d'utiliser l'Eucharistie à des fins politiques. Il s'agit - semble-t-il - d'étiqueter l'un ou l'autre homme politique au sens catholique du terme. Lors du débat au sein de la Conférence des évêques, l'évêque de San Diego a déclaré que l'on risquait ainsi de reléguer au second plan d'autres problèmes politiques, tels que la pauvreté et l'environnement, et de faire de la question de l'avortement la seule question politique réellement digne d'intérêt. Cet argument avait également été avancé par d'autres évêques progressistes.

    De telles déclarations indiquent que la décision sur l'admission à la Sainte Communion a eu et a encore des répercussions sur le plan politique. Si la pratique de la non-admission à la communion des avorteurs avait été arrêtée, il y aurait eu une séparation entre la vie politique publique et la vie sacramentelle ; et l'Eucharistie - c'est-à-dire le cœur de la vie de l'Église - aurait été indifférente à la place des catholiques dans la société. C'était, au fond, ce que le père Spadaro voulait. Deuxièmement, le thème de la vie aurait perdu sa prééminence comme premier et fondamental des principes non négociables, et toutes les questions de l'agenda politique auraient été mises sur le même plan : la vie humaine comme la biodiversité, la famille et la procréation comme la lutte contre la pauvreté, etc. De cette façon, l'ordre entre les différentes questions sociales aurait été perdu, et elles auraient fait l'objet d'une préférence politique subjective de la part de chaque individu. Aucun principe ne pouvait plus servir de lumière aux autres.

    Les évêques américains, avec leur décision de maintenir l'interdiction et d'assurer la "cohérence eucharistique", ont eu le grand mérite - indirect, mais néanmoins méritoire - de réaffirmer qu'il existe des actes publics objectivement et gravement injustes qui ne peuvent jamais être approuvés, non seulement par l'Église, mais par quiconque. Aucun discernement de conscience n'est valable à leur égard car ces actes sont objectifs et publics, et c'est sur cette objectivité et cette publicité que s'exerce le jugement moral et religieux. Ils ont donc réaffirmé qu'il existe toujours des actes intrinsèquement mauvais (intrinsece mala) non seulement sur le plan religieux mais aussi sur le plan de la moralité naturelle. Ils ont rétabli la continuité entre le droit naturel et la logique eucharistique, de sorte que la seconde - en empêchant l'accès des avorteurs au Sacrement - confirme à nouveau, tout en l'élevant, la première.
    En réaffirmant finalement la "non-négociabilité" de l'admission à l'Eucharistie de ceux qui promeuvent l'avortement, ils ont reconfirmé le même principe - la non-négociabilité - dans le domaine de la moralité publique et du droit naturel. S'il est possible de parler de non négociabilité dans la discipline de l'accès à l'Eucharistie, et si l'accès à l'Eucharistie n'est pas déconnecté des Commandements qui régissent également la morale publique parce que la loi nouvelle n'élimine pas la loi ancienne mais la confirme et la purifie, alors il doit redevenir possible de parler de principes non négociables dans la vie publique, sociale et politique.

    Les évêques américains ont implicitement enseigné que l'on ne peut accéder à l'Eucharistie si, dans sa vie politique, on contredit la loi naturelle contenue dans le Décalogue. On ne peut pas accéder au Christ Sauveur si on nie le Christ Créateur, car on introduirait une rupture dans le Christ lui-même. Le Législateur des Commandements et le Législateur des Béatitudes est le même Dieu. Le père Cornelius Fabro a écrit : "Une religiosité sans engagement moral sérieux est une moquerie de Dieu qui a maintenant été consommée par le protestantisme." Les évêques américains ont réaffirmé l'essence du sacrement eucharistique, qui est une "nouvelle création" qui ne peut pas contredire la vérité de la création, et avec cela ils ont confirmé la continuité entre la raison et la foi, entre la morale naturelle et la morale religieuse, en évitant la fracture entre les deux dimensions d'origine protestante. Ce qui est perdu en oubliant la doctrine des principes non négociables est maintenant plus clair.

    Lire aussi : Avortement : le cardinal Bergoglio défendait aussi la “cohérence eucharistique”

  • Les désordres sexuels des dictateurs

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    De Francesco Agnoli sur la Nuova Bussola Quotidiana (En) :

    Maniaques et pervers : les dictateurs sous les draps

    24-06-2021

    Mussolini était un coureur de jupons maniaque ; Togliatti était fourbe jusque dans ses trahisons et ses avortements ; Hitler était bisexuel, pervers et sadomasochiste ; Berija était un pornographe et Staline un pédophile pour "filles mineures dodues". La vie sexuelle des dictateurs du XXe siècle n'est pas un exemple de vertu. Une étude détaillée.

    Stalin, Hitler and Mussolini

    La vie privée des grands personnages historiques, notamment des dictateurs du XXe siècle, suscite un intérêt croissant. Chaque parcelle de leur vie est étudiée, qu'il s'agisse de leur pensée, de leurs choix politiques, etc. Depuis quelque temps, les enquêtes sur la vie privée et affective de Mussolini et d'Hitler en particulier connaissent également un succès considérable (Staline, en revanche, a eu moins de "chance").

    Mussolini, le "coureur de jupons

    L'Italie a été marquée pendant de nombreuses années par l'activité politique de Benito Mussolini, d'abord dirigeant socialiste, acclamé à gauche pour son anticléricalisme et son zèle révolutionnaire, puis fasciste.

    La vie amoureuse de Mussolini est assez bien connue : jeune homme, il est un théoricien de "l'amour libre", opposé au mariage et aux enfants (il traduit un pamphlet néo-malthusien intitulé Meno figli, meno schiavi, "Moins d'enfants, moins d'esclaves"), proche du féminisme de gauche. Avant de devenir Il Duce, il fréquente les bordels, gère même 3 ou 4 relations en même temps, sans se soucier des enfants qui en naissent : ils sont destinés à la maison de fous, comme dans le cas du fils qu'il a eu d'Ida Dalser, à l'abandon, voire à l'avortement, comme dans le cas d'un des deux enfants qu'il a eu de la très jeune Bianca Ceccato, sa secrétaire personnelle au Popolo d'Italia.

    Des historiens comme Mimmo Franzinelli, auteur de 'Il duce e le donne. Avventure e passioni extraconiugali di Mussolini', "Le Duce et les femmes. Aventures et passions extraconjugales de Mussolini" (Mondadori, Milan, 2013), et Antonio Spinosa, qui a écrit 'I figli del duce', "Les enfants du Duce" (Rizzoli, Milan, 1983), ont enquêté sur l'histoire de certaines des maîtresses du Duce, des socialistes juives Angelica Balabanoff et Margherita Sarfatti à Ida Dalser, Leda Rafanelli (experte en cartomancie et en Coran), Giulia Mattavelli. ... jusqu'à, par souci de concision, Claretta Petacci.

    Roberto Festorazzi le résume comme suit : "la consommation vorace de chair féminine était une constante dans sa vie", ainsi que l'utilisation de drogues, "comme stimulant sexuel" (Roberto Festorazzi, Margherita Sarfatti. La donna che inventò Mussolini, "Margherita Sarfatti, la femme qui a inventé Mussolini", Colla editore, Vicenza, 2010). Sa fréquentation juvénile des maisons closes a conduit Mussolini à considérer le sexe comme son "obsession" (il a même craint pendant longtemps d'avoir contracté la syphilis), à tel point que le médecin Pierluigi Baima Bollone n'a pas hésité à qualifier le Duce de "maniaque sexuel" (Pierluigi Baima Bollone, La psicologia di Mussolini, "La psychologie de Mussolini").

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  • Pourquoi il faut prendre très au sérieux le rapport du député croate Predrag MATIĆ

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    Du site de l'European Center for Law & Justice :

    Le rapport du député croate Predrag MATIĆ "sur la situation concernant la santé et les droits génésiques et sexuels dans l’Union, dans le cadre de la santé des femmes" devrait être mis aux voix le 23 juin 2021 au Parlement européen. C'est l’occasion pour Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, de vous présenter le contenu et les graves enjeux de ce rapport et de la proposition de résolution qui l'accompagne.

    Voir aussi : Débat au parlement européen : « droit à l’avortement » et objection de conscience

  • Offensive de parlementaires européens contre des organisations chrétiennes et de défense des droits de l'homme

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    De la Catholic News Agency :

    Des parlementaires européens financés par Soros et l'IPPF (International Planned Parenthood Federation) visent à mettre sur liste noire des groupes chrétiens réputés

    22 juin 2021

    Le Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs (EPF), un groupe de parlementaires européens engagés à imposer la reconnaissance de l'avortement comme un "droit de l'homme" dans le monde entier, prépare un coup politique majeur visant à discréditer des organisations chrétiennes et de défense des droits de l'homme réputées que le groupe décrit comme des "extrémistes religieux" prétendument engagés "à faire reculer les droits de l'homme en matière de sexualité et de reproduction".

    La semaine dernière, l'EPF a présenté un "rapport d'enquête" intitulé "Tip of the Iceberg : Religious Extremist Funders against Human Rights for Sexuality and Reproductive Health in Europe 2009 - 2018" ("La pointe de l'iceberg : Les bailleurs de fonds extrémistes religieux contre les droits de l'homme pour la sexualité et la santé reproductive en Europe 2009 - 2018"), dans le but d'influencer un vote qui dénoncerait ouvertement les organisations pro-vie au Parlement européen. Le vote du PE doit avoir lieu à Bruxelles, au siège de l'UE, le jeudi 24 juin.

    Le document, signé par Neil Datta, secrétaire de l'EPF, prétend être un exposé sur "54 acteurs du financement de la lutte contre le sida actifs en Europe ainsi que sur les principaux canaux par lesquels les extrémistes religieux génèrent des fonds et comment ils circulent."

    Selon le rapport, "l'image qui se dessine est celle d'une communauté transnationale d'extrémistes religieux et d'acteurs d'extrême droite et d'extrême gauche partageant les mêmes idées et prenant des décisions stratégiques de financement par-delà les frontières internationales."

    Le long document énumère d'innombrables organisations et individus qu'ils accusent d'être "anti-gender" avec peu ou pas de preuves. Dans le chapitre consacré à l'Église catholique, le document critique le Vatican, certains cardinaux européens comme Christoph Schönborn, la Commission des épiscopats de l'Union européenne (COMECE) et plusieurs autres organisations et individus, sans ordre particulier.

    Selon le document, "il existe plusieurs communautés religieuses catholiques qui poursuivent des objectifs antisexistes et qui ont également un poids financier ; "Ils mentionnent ensuite le mouvement laïc italien Communion et Libération, Luca Volontè de la Fondation Novae Terrae, les Chevaliers de Colomb basés aux États-Unis, le Fonds Chiaroscuro, les Légionnaires du Christ, "la famille Slim du Mexique", l'Opus Dei, la Fondation Lejeune, la Fundación Valores y Sociedad d'Espagne, le Movimento Per la Vita d'Italie et le prêtre rédemptoriste polonais Tadeusz Rydzyk ; CitizenGO, et enfin, révélation majeure, "plusieurs fonctionnaires du Vatican" qui "jouent un rôle direct dans les initiatives anti-gender". "

    D'autres organisations pro-droits de l'homme bien établies et réputées sont également dépeintes comme des institutions d'"alt-right" qui versent des millions d'euros dans un programme pro-vie et pro-famille.

    Ironiquement, l'EPF est soutenu par les organisations les plus riches de la planète. L'EPF a une liste presque infinie d'organisations qui pèsent des milliards de dollars, comme la Fondation Bill et Melinda Gates, l'IPPF, la Commission européenne, la Fondation Open Society de George Soros, la Fondation Wallace Global, la Fondation MacArthur, la Fondation Summit et la Fondation Hewlett (l'un des propriétaires de Hewlett-Packard).

    Selon une première analyse de "Tip of the Iceberg" par le Centre européen pour le droit et la justice, "le rapport est long et très détaillé. Parmi un méli-mélo de think tanks conservateurs américains et d'oligarques russes, il cible de solides groupes pro-vie et pro-famille, des politiciens pro-vie (Gudrun Kugler et Anna Záborská), des familles catholiques européennes, des think tanks (Hudson Institute, ECLJ et Alliance Defending Freedom - ADF) et, de manière générale, l'Église catholique".

    Le Centre souligne également que "le timing de ce rapport est significatif puisqu'il a été publié en vue du prochain vote du Parlement européen consacré aux droits sexuels et reproductifs."

    L'EPF a proposé un amendement stipulant que l'UE : "...est préoccupée par l'inclusion dans le registre de transparence de l'UE d'organisations telles que Ordo Iuris, ADF International, Alliance VITA, European Dignity Watch, la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (FAFCE), la Fédération européenne One of Us pour la vie et la dignité humaine, Profesionales por la Ética et World Youth Alliance Europe, qui sont ainsi autorisées à travailler ouvertement avec les institutions publiques pour le déclin des droits des femmes et des DSSR (Note : Santé et droits sexuels et reproductifs)".

    Si elle est adoptée, cette résolution constituerait la première liste noire massive d'organisations de défense des droits de l'homme et d'organisations chrétiennes dans l'Union européenne.