Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ethique - Page 188

  • Déconfinement : Ce prêtre a tout prévu pour accueillir ses paroissiens dans quelques jours

    IMPRIMER

    De Bérangère Dommaigné sur le site web « aleteia » :

    « L’Abbé Timothée Pattyn, curé de paroisse dans le Beaujolais (Rhône), est fin prêt pour accueillir à nouveau ses paroissiens. Et pour ceux qui doutent encore de la faisabilité des gestes barrière dans une église, il propose une démonstration en images ! Cinquante silhouettes en carton, chacun assise à deux mètres de distance, et voila une messe prête à être célébrée en toute sécurité, pour enfin retrouver l’Eucharistie. Reste un précieux souhait : que ces silhouettes cartonnées redeviennent humaines !

    « C’est long pour tout le monde », l’abbé Timothée Pattyn, le curé de Villiers-Morgon, petit village du Beaujolais, situé à 25 kms au nord de Villefranche-sur-Saône, déplore de ne plus pouvoir célébrer de messe publique et a décidé de le faire savoir. Mais pour répondre peut-être plus à l’ignorance et la prudence légitime de certains, « qui imaginent les messes comme des rassemblements « type JMJ » », il a décidé de montrer visuellement comment il est tout à fait possible de respecter les gestes barrières dans son église, qui pourrait accueillir jusqu’à 600 personnes en temps normal.

    Pour cela, région du Beaujolais oblige, des paroissiens viticulteurs lui ont déposé des morceaux de cartons, utiles pour stocker les palettes de vin. Le curé les a ensuite dispersé chez des paroissiens avec un patron, et tout le monde s’est mis à faire du découpage afin d’obtenir cinquante silhouettes. Il ne restait plus qu’à les installer sur les bancs, pour faire la démonstration, avec une vidéo, assistée du drone du curé.

    mass-france-covid-beaujolais.png

    Paroisse la Trinité en Beaujolais. La preuve en image: cinquante paroissiens peuvent suivre la messe en respectant parfaitement les gestes barrières.

    « Chacune des silhouettes est espacée de deux mètres, tout est ouvert, pas de poignées ou de porte à toucher » explique le curé qui ajoute « en plus grâce à la démarche liturgique, les fidèles entrent par l’allée centrale et ressortent par les allées latérales, notre liturgie est donc tout à fait adaptée à la circulation espacée ! »

    Un doodle par messe

    Le prêtre envisage par ailleurs de lancer tout simplement un « doodle » permettant aux paroissiens de s’inscrire à un office. Une fois le nombre de 50 obtenu, le « doodle » sera fermé, il restera à l’équipe d’accueil, masquée et équipée de gel hydroalcoolique, d’accueillir les inscrits et de leur montrer leur place. Et comme ils ne seront que 50 par messe, l’abbé Timothée se dit tout à fait prêt à célébrer plusieurs messes à la suite pour permettre à ses 350 paroissiens habituels de retrouver chacun à leur tour, la sainte Eucharistie.

    En somme, toutes ces mesures semblent d’une simplicité évangélique à mettre en place ! Reste juste l’autorisation des autorités, et là le curé (comme les paroissiens), commence à gronder un peu. « On en a marre, on se sent privé de l’essentiel alors qu’il n’y a eu que très peu de cas de coronavirus chez nous, que tout le monde se connait et qu’on pourrait très facilement se retrouver en toute sécurité ». Comme le conclut le prêtre dans sa vidéo, s’il prie pour les gouvernants, il prie aussi pour que ces silhouettes en carton redeviennent enfin réelles, remplacées par des fidèles. »

     

    Ref. Ce prêtre a tout prévu pour accueillir ses paroissiens dans quelques jours

    JPSC

  • L'eugénisme au temps de la procréation médicalisée

    IMPRIMER

    Du site de l'institut Européen de Bioéthique :

    L'eugénisme au temps de la procréation médicalisée

    07/05/2020

    Auteurs : E. Gatel, C. du Bus

    A bien des égards, la notion d'eugénisme appartient au passé. Le terme est aujourd'hui revêtu d'une charge historique lourde et même repoussante ; il évoque immanquablement les exactions passées du régime nazi. Pourtant, depuis quelques décennies, le terme « eugénisme » est progressivement réapparu dans le vocabulaire courant, à la faveur des débats portant sur le statut du corps humain, ou sur le sens de l'acte médical et technique. La notion d'eugénisme intéresse directement les limites existantes entre le faisable et le souhaitable, entre le scientifique et le médical, et interroge notre rapport au corps humain. Elle appelle donc indiscutablement une réflexion du ressort de la bioéthique.

    A l'heure où la vocation de la médecine est remise en question, voire parfois détournée, il paraît nécessaire de penser l'eugénisme, tant du point de vue de son sens, que de son histoire ou sa portée, afin de démêler le vrai du faux et de porter un regard averti sur l'actualité. C'est pourquoi l'Institut Européen de Bioéthique s'est penché sur la question. S'il n'est plus présent sous la forme étatique et coercitive qu'il a pu prendre par le passé, l'eugénisme s'instaure aujourd'hui sans se nommer en tant que mentalité, et semble ainsi accepté, voire encouragé.

    Ce dossier rappelle l'historique de la pensée eugéniste et ses applications dans le passé, et souligne l'actualité de cette notion, qui, bien qu'apparemment condamnée par nos lois, s'installe discrètement dans nos sociétés sous couvert de certaines techniques médicales.

    Voir le DOSSIER COMPLET.

  • Léopold II souverain absolu du Congo ? En théorie seulement...

    IMPRIMER

    De Paul Vaute sur le blog "Le Passé belge"

    (C'est la deuxième partie de cette étude; première partie : Civilisation, exploitation, exactions…: le Congo léopoldien (1))

    Civilisation, exploitation, exactions…: le Congo léopoldien (2)

    La protection des indigènes était inscrite dans la législation de l’Etat indépendant. Mais l’autorité centrale, incapable de contrôler l’ensemble du territoire, n’a pas pu empêcher les abus et les violences d’Européens comme d’Africains. L’unification du pays et l’amorce de son développement n’en sont pas moins l’héritage de cette époque (1885-1908)

    Leopold II des Belges
    Léopold II souverain absolu du Congo ? En théorie seulement. Sur le terrain, les relais ont largement fait défaut. (Source: Rue des Archives / PVDE, https://www.bridgemanimages.us/en-US/search?filter_text=Leopold%20II&filter_group=all&filter_region=BEL&sort=most_popular)

    Le 14 septembre 1908, Albert Lantonnois van Rode, vice-gouverneur général de l’Etat indépendant du Congo (EIC), adresse à Bruxelles une liste des agents contre lesquels une instruction judiciaire a été ouverte. Cela donne, commente-t-il en substance, l’impression que les abus sont devenus bien ordinaires. Les dévoyés sont particulièrement nombreux au Kasaï (Zana Etambala, pp. 114-117) [1].

    Dans un ouvrage publié en 1898, le docteur Raymond Rihoux relate les propos d’un chef de poste de l’Etat à Nkutu (district du Lac Léopold-II), lequel s’est vanté, au retour d’une expédition décidée à la suite d’une révolte, d’avoir avec ses meilleurs tireurs tué deux ou trois hommes dans chaque village de la région. Sans faire de blessés: l’ordre a été donné de « viser le cœur »  (Zana Etambala, p. 166).

    Lire la suite sur le blog "Le Passé belge"

  • Frères de la Charité : l'éclairage du frère Stockman

    IMPRIMER

    Après 3 ans de discussions, le Vatican a annoncé qu'à partir du 30 mars 2020, "les hôpitaux psychiatriques gérés par l’Association 'Provincialat des Frères de la Charité asbl' en Belgique ne peuvent plus être considérés comme des entités catholiques". Depuis 2017, cette Association autorise en effet l’euthanasie psychiatrique dans ses établissements, contre l’avis même de la Congrégation des Frères de la Charité. Le frère René Stockman, supérieur des Frères de la Charité décrypte pour KTO cette rupture.

  • La mort de Madame Jérôme Lejeune

    IMPRIMER

    D'Adélaïde Pouchol sur le site de l'Homme Nouveau :

    Birthe Lejeune, une grande dame pour la vie

    Birthe Lejeune, une grande dame pour la vie

    C’est une très grande dame qui s’est éteinte ce mercredi 6 mai, grande comme son amour pour les plus petits d’entre nous. Birthe Lejeune a poursuivi avec espérance et détermination l’œuvre de son mari, le Professeur Lejeune, auprès des personnes atteintes de déficience intellectuelle et plus particulièrement celles atteintes de Trisomie 21. 

    Arrivée du Danemark en 1950, Birthe Lejeune a trouvé en France la foi catholique, un mari hors du commun et un pays qui avait besoin de leur ardeur à défendre la vie. Née Bringsted, Birthe épouse Jérôme Lejeune en 1952, avec lui elle aura cinq enfants.  Celui qui serait le découvreur de la Trisomie 21 et un opposant des premiers jours à la légalisation de l’avortement lui écrivait, alors qu’ils étaient jeunes fiancés : « Notre amour sera le seul bagage et notre religion sera la provision inépuisable qui nous permettra de vivre. » 

    Le travail biographique[1] d’Aude Dugast pour le procès en béatification de Jérôme Lejeune a montré à quel point l’immense savant qu’il était n’aurait pu aller si loin sans son épouse. Les témoignages et les lettres patiemment rassemblés par l’auteur laissent entrevoir un peu de l’amour profond qui unissait Birthe et Jérôme, lui qui, de colloques en conférences, ne laissait pas passer un seul jour hors de son foyer sans écrire à sa femme. Elle a gardé précieusement quelques 2000 lettres qui racontent quarante années de vie. Il travaillait, infatigable, partageant avec elle ses trouvailles, ses difficultés, ses doutes parfois. Elle écoutait, encourageait, apaisait et se préparait ainsi sans le savoir à prendre la relève.

    Quand, à 17 ou 18 ans, j’ai poussé la première fois les portes de la Fondation, le nom de Jérôme Lejeune sonnait à mes oreilles comme celui d’un héros. Je connaissais mal sa vie mais je savais tout ce qu’il avait fait pour les personnes porteuses de Trisomie 21, je savais aussi son combat contre l’avortement. J’aurais voulu qu’il y ait des rues, des places ou des écoles au nom de Jérôme Lejeune et, franchement, je comprenais mal que mes amis ne partagent pas tous mon enthousiasme à la seule évocation de son nom. Je me rappelle avec émotion combien j’étais impressionnée, tout juste bonne à bredouiller un « bonjour Madame » mal assuré quand j’ai pu saluer rapidement Birthe Lejeune, entre deux portes de la Fondation.  Bien sûr, ce n’est pas que Madame Lejeune fut particulièrement terrifiante, mais enfin ! elle était proche de Jean-Paul II, elle avait partagé sa vie avec un homme qui avait une foi profonde et une intelligence rare et je pressentais qu’on n’est pas une femme comme les autres quand on est celle de Jérôme Lejeune.

    Lire la suite

  • « La crise est un chemin de Damas qui nous ramène au réel »

    IMPRIMER

    JEAN-MARIE LE MÉNÉ : « LA CRISE EST UN CHEMIN DE DAMAS QUI NOUS RAMÈNE AU RÉEL »

    07 mai 2020

    « La crise est un chemin de Damas qui nous ramène au réel ». Dans une société à l’ « eugénisme désinhibé » où « l’homme ordinaire est menacé d’obsolescence et la défense des plus démunis est mission impossible », Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune, explique que la pandémie est l’occasion de se redécouvrir fragile. « Alors qu’hier il fallait à tout prix que meure une personne handicapée qui n’était ni sous respirateur, ni dans le coma, ni en fin de vie, aujourd’hui tout le monde doit être sauvé, même ceux qui sont dans une situation moins favorable que celle de Vincent Lambert il y a un an ». Même les débats « byzantins » autour de la confusion des sexes semblent écartés.

    Pour autant, Jean-Marie Le Méné s’insurge contre l’extension du délai accordé pour l’IVG médicamenteuse, l’avortement étant, face à tant d’autres urgences médicales et sanitaires, « le seul geste sanctuarisé » qui n’est « ni un droit, ni un soin, ni un acte médical ».

    Qu’en sera-t-il de demain ? Pour le Président de la Fondation Lejeune, il est à craindre que rien ne change : « Quand le droit l’emporte sur la vie, il permet de tricher sur tout ». Pour lui, quand les lois entérinent la transgression dans un monde où « l’embryon humain vaut moins cher qu’une souris », l’« épine idéologique fichée dans le réel compromet l’avenir ».

    Pourtant, « une société ne peut survivre aux mensonges qui la détruisent » et plus que de chercher désormais à « réinventer la France », il invite à l’aimer comme « une réalité de chair et de sang ».

    Sources: Valeurs actuelles (07/05/2020)

  • Frères de la charité : un (étrange) communiqué des évêques belges

    IMPRIMER

    Un curieux communiqué qui évite soigneusement d'aborder la question de fond qui n'est autre que celle de la pratique de l'euthanasie au sein des établissements et qui en appelle au dialogue alors que celui-ci dure déjà depuis trois ans...

    Communiqué de presse concernant les Frères de la Charité

    Le Nonce Apostolique a remis au Président de la Conférence épiscopale de Belgique une copie de la lettre écrite le 30 mars 2020 par le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au Supérieur général des Frères de la Charité.  Le Préfet conclut que les discussions au sujet de l’euthanasie avec les institutions de soins des Frères de la Charité en Belgique, n’ont pas pu aboutir à un accord.

    Les Évêques ressentent la situation actuelle de la Congrégation des Frères de la Charité, dans laquelle interviennent différentes sortes d’arguments et où diverses lignes de responsabilité se rencontrent, comme douloureuse et extrêmement complexe. Ils appellent à la poursuite d’un dialogue soutenu entre tous les acteurs concernés. Sur base de leur responsabilité pastorale, les Évêques continueront à s’investir en faveur de l’unité et de la communion au sein de la communauté ecclésiale. Ils gardent leur confiance et continueront à collaborer avec toutes les institutions de soins du milieu chrétien.

    Les Évêques expriment leur très profonde estime aux Frères de la Charité en Belgique et à tous leurs collaborateurs, pour leur engagement en faveur des personnes handicapées mentales, malades ou blessées. En ces temps difficiles de coronavirus, ils apprécient particulièrement leur engagement sans faille dans l’aide et la proximité à ces personnes.

    La Conférence des Évêques de Belgique

    SIPI – Bruxelles, jeudi 7 mai 2020

    Rappel des faits par Nicolas Senèze, sur le site du journal la Croix :

    En Belgique, les œuvres des Frères de la Charité ne seront plus « catholiques »

    Les faits 

    L’organisation qui gère les œuvres des Frères de la Charité ayant réitéré son refus de revenir sur son acceptation de l’euthanasie, le Vatican lui a retiré son qualificatif de « catholique ».

    06/05/2020

    Dans un courrier daté du 30 mars, le cardinal Luis Ladaria, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a informé l’organisation des Frères de la Charité, qui gère notamment les 15 hôpitaux psychiatriques fondés par la congrégation religieuse du même nom, qu’elle ne peut plus se prévaloir du qualificatif de « catholique ».

    Lire la suite

  • Les Foyers de Charité dans la tourmente

    IMPRIMER

    La série continue : après le Père Marie-Dominique Philippe et Jean Vanier, c'est à présent le tour du Père Finet...

    Du site de l'Eglise catholique en France :

    Les Foyers de Charité révèlent les agissements du Père Georges Finet

    A ces femmes, le Conseil permanent adresse avant tout ses pensées : il les remercie d’avoir trouvé en elles la liberté intérieure nécessaire pour parler ; il leur exprime sa grande tristesse qu’une fois de plus un prêtre estimé de beaucoup ait pu abuser de la confiance placée en lui ; il veut leur dire, à elles et à celles qui n’auraient pas pu parler encore – en pensant à celles qui sont décédées – , sa détermination à agir pour éradiquer dans l’Église ce qui a rendu possible que de tels actes soient perpétrés et ne puissent être dénoncés.

    Le Conseil permanent pense ensuite aux membres des Foyers de Charité et aux amis des Foyers : il est douloureux de découvrir que l’œuvre dans laquelle on s’est engagé ou à laquelle on a donné sa confiance a été portée par un homme qui ne méritait pas l’estime dans laquelle on le tenait

    Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France veut saluer le courage du Père Modérateur et du Conseil international des Foyers de Charité qui, outre ce travail de vérité sur ces agissements du Père Georges Finet, ont voulu que ce même rapport « évalue les mesures prises par les Foyers de Charité contre les abus sexuels et de conscience et apporte toutes préconisations utiles ». Il est essentiel, en effet, que le travail de vérité et de mémoire s’accompagne d’un examen des fonctionnements et des outils de vigilance mis en place afin qu’ils soient améliorés, si c’est nécessaire.

    Le cœur des Foyers de Charité est la vie fraternelle de tous leurs membres, dans la diversité des états de vie. Cet aspect décisif doit pouvoir être mis en lumière davantage dans l’avenir. C’est pourquoi toute forme d’abus doit être tirée dans la lumière et analysée. Les évêques du Conseil permanent encouragent les membres des Foyers et les amis des Foyers à mener à bien ce travail de révision et de renouveau, en s’appuyant sur l’exemple et l’intercession de Marthe Robin.

    Aujourd’hui même, les Foyers de Charité communiquent sur cette enquête et poursuivent le douloureux travail de révélation et de renouvellement. Le Conseil permanent leur apporte son entier soutien et les remercie de participer à l’œuvre purificatrice engagée par toute l’Eglise.

    Le Conseil permanent de la CEF

  • Pandémie au Pakistan : devenir musulman pour avoir de quoi manger

    IMPRIMER

    Une dépêche de l'Agence Fides :

    PAKISTAN - Aides alimentaires en échange de la conversion à l'islam, une violence à l'encontre des pauvres en ce temps de pandémie

    5 mai 2020 
     

    Lahore (Agence Fides) - « Il s'agit d'une pratique scandaleuse et alarmante, qui doit être bloquée dès son apparition... Certaines personnes exploitent en effet le verrouillage causé par le Covid-19 et le désespoir venu à se créer chez de nombreux indigents pour induire une conversion à l'islam, en se livrant à un chantage : devenir musulman pour avoir de quoi manger. C'est ce que dénonce dans le cadre d'un entretien avec l'Agence Fides le Pr. Anjum James Paul, catholique pakistanais, Président de la Pakistan Minorities Teachers’ Association. « Nous demandons à tous les religieux musulmans – poursuit le Pr. Paul, qui enseigne dans un établissement d'enseignement secondaire public de Lahore – d'éviter cette forme honteuse de violence et de prosélytisme demandant la conversion religieuse en échange de nourriture, laquelle peut fonctionner avec les marginalisés et les plus pauvres des pauvres. Nous apprécions tous ceux qui servent l'humanité sans fins secondes de ce genre. En ce moment de souffrance commune, il est du devoir de tous d'aimer, de respecter et de servir l'humanité sans discrimination ou autres motifs. Nous rappelons qu'à ce jour, de nombreux pays non islamiques aident le Pakistan ».

    Au Pakistan, une vidéo montrant un religieux islamique exprimant sa joie suite à la conversion à l'islam d'un certain nombre de non musulmans qui avaient demandé des aides alimentaires à cause de l'impact économique de l'urgence liée au corona virus est devenue virale. Le religieux exhorte ouvertement tous les musulmans engagés dans la distribution d'aides alimentaires à demander aux bénéficiaires d'embrasser l'islam, ajoutant que « nous ne devions pas aider les non musulmans ». L'appel a suscité le mépris et la colère au sein des communautés des minorités religieuses, en particulier parmi les chrétiens et les hindous.

    En outre, Maître Sulema Jahangir, avocat pakistanais, dans un récent article publié dans les colonnes du quotidien Dawn, évoque la pratique bien connue des « conversions forcées » de jeunes hindoues et chrétiennes à l'islam au travers de mariages forcés avec des musulmans, affirmant : « La vulnérabilité des jeunes femmes appartenant aux minorités religieuses est encore renforcée par l'explosion de la pandémie de Covid-19. Il existe des cas récents de refus d'accès à la nourriture et aux aides d'urgence perpétrés au détriment de personnes des communautés hindoue et chrétienne. Le Covid-19 pourrait fournir un prétexte pour recourir à la conversion religieuse de jeunes femmes en tant que moyen de sauver leurs vies ou leurs familles en temps de crise. Une fois convertie, une femme ne peut revenir sur ses pas, dans la mesure où l'apostasie implique la condamnation à mort ».

    La Commission pour les droits des minorités et l'ONG Centre de Justice sociale ont recueilli les données relatives à 156 cas avérés de conversions forcées intervenues entre 2013 et 2019 concernant en grande partie des jeunes filles de moins de 12 ans. C'est pourquoi l'avocat précitée exhorte le Pakistan à « protéger les femmes et les jeunes non musulmanes de l'exploitation de la part de groupes puissants et d'éléments criminels ». « Lorsque les fondamentalistes musulmans célèbrent la conversion et le mariage comme une victoire de la foi musulmane sur les autres communautés, est promue une culture de l'intolérance et du fanatisme et le Pakistan devient alors un enfer brûlant » conclut-elle. (PA) (Agence Fides 05/05/2020)

  • Le Congo de Léopold II : des dérapages incontestables

    IMPRIMER

    De Paul Vaute sur le blog "Le passé belge" :

    Civilisation, exploitation, exactions…: le Congo léopoldien (1)

    Pour le Roi comme pour ses contemporains, il n’y avait pas de contradiction entre l’élévation des peuples coloniaux et l’enrichissement de la métropole. Mais sur le terrain, on ne peut nier que l’entreprise a dérapé, même si les accusations récurrentes furent au départ étroitement liées aux ambitions britanniques en Afrique centrale (1885-1908)

    PASBEL20200506a
    Cette superposition de la carte du Congo (frontières en pointillé) sur celle de l’Europe donne une idée de l’immensité du territoire. (Source: n. 2, p. 69)

    L’abondante bibliographie de notre histoire coloniale s’est enrichie de trois ouvrages centrés sur la période léopoldienne – la plus controversée, comme on le sait. Signe des temps: deux sont dus à des chercheurs natifs du Congo, dont un y vit. Leurs regards n’en divergent pas moins, exactement comme l’ont fait ou le font toujours ceux des acteurs, des témoins et des experts belges. Le livre de Mathieu Zana Etambala, docteur en histoire (Katholieke Universiteit Leuven), a été entrepris dans le prolongement d’un projet de recherches du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren [1]. On y trouve brassées amplement les sources relatives aux débuts de la colonisation dans quatre régions tenues pour avoir été durement éprouvées: le royaume Kuba (qui résista longtemps à toute pénétration étrangère blanche ou noire), le Domaine de la  couronne au lac Léopold-II (aujourd’hui Maï Ndombé), la province de l’Equateur et l’Ituri (ou Aruwimi). D’une tout autre tonalité, l’essai de Jean-Pierre Nzeza Kabu Zex-Kongo, chercheur et enseignant, docteur en géographie et pratique du développement, est un véritable plaidoyer pour l’œuvre africaine de notre deuxième souverain, sans pour autant faire l’impasse sur les zones d’ombres [2]. Venu un peu avant les deux précédents, Pierre-Luc Plasman a adapté sa thèse de doctorat, défendue à l’Université catholique de Louvain, en une étude où prévaut la volonté d’équilibrer les points de vue [3].

    L’ampleur de ces travaux et du sujet lui-même justifie qu’exceptionnellement, deux articles consécutifs leur seront consacrés. Les trois approches, avec leurs spécificités, sont de celles qui redonnent la priorité à la quête du vrai, trop souvent altéré dans l’opinion commune par la masse des écrits passionnels.

    Lire la suite sur "Le passé belge"

  • Sexe, femmes et pouvoir : les trois défis que l’Eglise d'Allemagne lance à l’Église universelle

    IMPRIMER

    De Sandro Magister en traduction française sur Diakonos.be :

    Sexe, femmes et pouvoir.  Les trois défis que l’Allemagne lance à l’Église

    La pandémie du coronavirus a éclipsé dans les médias le « chemin synodal » de l’Église d’Allemagne.  Mais il se poursuit bel et bien.  Et ce n’est pas seulement l’avenir de l’Église allemande qui est en jeu mais bien celui de l’Église catholique universelle.

    > François et le schisme d’Allemagne. Chronique d’un cauchemar

    La première session de ce synode s’est déroulée à Francfort, du 30 janvier au 1er février.  Et la messe d’ouverture, présidée par le cardinal de Munich, Reinhard Marx, en a dressé le portrait, avec des évêques, des prêtres et des laïcs, des hommes et des femmes mélangés dans la nef, disposés par ordre alphabétique, exactement à l’instar de l’assemblée synodale où chacun des 230 délégués dispose de la même voix et où les évêques sont minoritaires.

    La session d’ouverture a confirmé ce que l’on savait déjà.  Même dans les rangs des évêques, les opposants se comptent sur les doigts d’une main.  Les seuls à s’opposer au glissement redouté vers un modèle d’Église protestante sont le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne et les évêques Rudolf Voderholzer de Ratisbonne, Stefan Oster de Passau, Gregor Maria Hank d’Eichstätt et Wolfgang Ipolt de Görlitz.

    Tous les autres, autrement dit l’écrasante majorité de l’assemblée synodale sont en revanche enclins à des changements substantiels de la doctrine et de la pratique catholique dans les quatre domaines qui feront l’objet des débats : le pouvoir dans l’Église, le sacerdoce, les femmes et la morale sexuelle.

    Il est vrai que les résolutions adoptées seront traitées différemment : application immédiate si elles ont une incidence locale ; soumises à l’approbation du Pape si elles relèvent d’un intérêt plus général ; renvoyées à un concile œcuménique si elles sont applicables à toute l’Église et qu’elles portent sur des questions d’intérêt général.

    Mais dans tous les cas, si par exemple le synode allemand approuvait le fait de conférer les ordres sacrés aux femmes, cette revendication ainsi que d’autres resteront vives même sans l’accord du Pape, telles un défi permanent lancé à l’Église universelle par une portion influente de celle-ci.

    Le synode se réunira à nouveau en septembre, quand les quatre forums de 35 membres chargés des quatre thèmes de l’ordre du jour remettront leurs recommandations à l’assemblée.

    Entretemps, nous avons déjà les documents préparatoires, rédigés pendant l’automne et l’hiver dernier dans quatre pré-forums.  Les textes complets – 90 pages en tout – sont disponibles en allemand sur le site officiel synodalerweg.de et en italien dans la revue « Il Regno » du 1er mars 2020.

    Nous vous proposons une anthologie de trois de ces quatre documents, sur les principaux points de rupture.

    Lire la suite

  • Covid-19 : Recourir au suivi numérique des personnes ?

    IMPRIMER

    « L'UTILISATION DES OUTILS NUMÉRIQUES NE PEUT PAS SE SUBSTITUER À UNE POLITIQUE DE SANTÉ PUBLIQUE AMBITIEUSE »

    05 mai 2020

    Dans un avis, publié au Journal officiel du 3 mai dernier, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) recommande au gouvernement « de ne pas recourir aux mesures de suivi numérique des personnes ». En effet, elle estime que « l'intérêt et l'efficacité d'un tel suivi pour endiguer la propagation du virus sont trop incertains en comparaison de la menace disproportionnée qu'ils font peser sur les droits et libertés fondamentaux ». Pour la commission, « l'opportunité et la légitimité de l'utilisation de l'intelligence artificielle et des données personnelles à des fins plus larges de surveillance de la population et des contenus » interroge et comporte « un risque d'atteinte transversale aux droits et libertés fondamentaux ».

    Les modalités de fonctionnement de l’application inquiètent. Si le règlement européen de protection des données impose non seulement le consentement des personnes mais qu’il se fasse de « manière libre et éclairé », la CNCDH émet des doutes quant à la capacité pour les citoyens « de saisir parfaitement tant les ressorts technologiques que les implications d'une telle application », craignant aussi des « pressions sociales à titre individuel, familial et professionnel » liées au contexte de pandémie.

    Elle évoque le relatif anonymat, avec les risques de ré-identification et de détournements des données, allant jusqu’à considérer que « les personnes destinataires d'une notification ‘puissent dans certains cas, par un jeu de déduction, deviner l'identité de la personne contaminée à l'origine de la notification’ ». Par ailleurs, compte tenu de la durée de circulation du virus, il regrette que l’application puisse durablement être maintenue « bien au-delà de la fin de l'état d'urgence sanitaire ou réactivée lors d’autres crises », étant susceptible, entre autres, donner prises au « piratage ». La souveraineté numérique est aussi interrogée.

    Enfin, la Commission rappelle que « l'utilisation des outils numériques ne peut pas se substituer à une politique de santé publique ambitieuse ».

    De son côté, le Conseil de l’ordre des médecins demande « des garanties sur le ‘rôle premier’ des praticiens dans ce dispositif, afin d’assurer le respect du secret médical ». Il souhaite que « le texte explicite (…) la nature des données que les médecins seront amenés à transmettre sera strictement limitée aux seules fins de lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19, durant la période limitée que prévoit la loi ».

    Le Conseil de l’Europe, quant à lui, rappelle notamment que les applications devront « uniquement » être utilisées sur la base du volontariat et que « là où ces solutions sont choisies, des garanties juridiques et techniques rigoureuses devront être prévues pour atténuer les risques d'atteintes aux données à caractère personnel et à la vie privée ».

    L’application StopCovid ne sera pas prête le 11 mai, date du déconfinement. Son lancement a été reporté lors du conseil des ministres du samedi 2 mai.

    Pour aller plus loin :