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Ethique - Page 263

  • Benoît XVI : une réponse chrétienne à la question homosexuelle

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    En écho à l’article  « Rencontre mondiale des familles à Dublin : un plaidoyer poignant en faveur des LGBT »publié par Belgicatho, on peut relire utilement cet extrait de « Lumière du monde », un livre d’entretiens de Benoît XVI avec le journaliste et écrivain Peter Seewald publié aux éditions Bayard en 2010 : c’est concis, équilibré et précis (pp. 198-201) :

    "Peter Seewald :

    L’homosexualité pratiquée passe aujourd’hui en Occident pour une forme de vie largement reconnue. Les modernes estiment même que son acceptation est un critère du degré de progrès d’une société. Dans le catéchisme de l’Eglise catholique, dont vous avez assumé la responsabilité en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, on peut lire : » Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières […]. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie […].

    Mais dans le même catéchisme, on peut lire aussi : « S’appuyant sur la Sainte Ecriture qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ». N’y a-t-il  pas dans cette phrase une certaine contradiction avec le respect pour les homosexuels exprimé dans celle que j’ai d’abord citée ?

    Benoît XVI :  

    Non. Le premier point, c’est qu’il s’agit de personnes humaines avec leurs problèmes et leurs joies, qu’en tant qu’êtres humains ils méritent le respect, même s’ils portent cette tendance en eux, et qu’ils ne doivent pas être rejetés à cause de cela. Le respect de l’être humain est tout à fait fondamental et décisif.

    Mais, dans le même temps, la signification interne de la sexualité n’est pas la même. On pourrait dire, si l’on veut s’exprimer ainsi, que l’évolution a produit la sexualité pour permettre la reproduction de l’espèce. Cela vaut aussi du point de vue de la théologie. Le sens de la sexualité est de guider l’homme et la femme l’un vers l’autre et de donner ainsi à l’humanité une descendance, des enfants, un avenir. Toute autre représentation s’oppose au sens interne de la sexualité. C’est à cela que nous devons nous tenir, même si ça n’est pas dans l’air du temps.

    Il s’agit de la vérité intérieure de ce que signifie la sexualité dans la construction de l’être humain. Si quelqu’un a des tendances homosexuelles profondes –on ignore à ce jour si elles sont vraiment innées ou si elles apparaissent dans la petite enfance- , en tout cas, si ces tendances tiennent cette personne en leur pouvoir, c’est pour elle une grande épreuve, à l’instar des autres épreuves  auxquelles un être humain peut être confronté. Mais cela ne signifie pas que l’homosexualité soit juste pour autant. Elle reste quelque chose qui s’oppose à l’essence même de ce que Dieu a voulu à l’origine.

    Peter Seewald :

    Ce n’est pas un secret : il y a aussi des homosexuels parmi les prêtres et les moines. Tout récemment, à Rome, un scandale autour de passions homosexuelles entre des prêtres a provoqué un grand émoi.

    Benoît XVI :

    L’homosexualité n’est pas conciliable avec la vocation de prêtre. Car dans ce cas, le célibat, comme renoncement, n’a pas de sens non plus. On courrait un grand risque si le célibat devenait en quelque sorte un prétexte pour faire entrer dans la prêtrise des gens qui ne peuvent de toute façon  pas se marier, parce qu’au bout du compte leur situation à l’égard de l’homme et de la femme est d’une certaine manière transformée, perturbée,  et qu’en tout cas elle ne se situe pas dans ce courant de création dont nous avons parlé.

    Il y a quelques années, la Congrégation pour l’éducation catholique a publié un décret affirmant que les candidats homosexuels ne peuvent pas devenir prêtres parce que leur orientation sexuelle les éloigne du véritable rôle de père, du cœur même de la prêtrise. La sélection les candidats à la prêtrise doit donc être très attentive. Il faut y apporter la plus grande attention, pour éviter que s’instaure une confusion de ce type et qu’au bout du compte  le célibat  des prêtres soit pour ainsi dire assimilé à la tendance à l’homosexualité.

    Peter Seewald :

    Il ne fait pourtant aucun doute que dans les monastères, parmi les religieux, il existe une homosexualité qui n’est peut-être pas vécue et donc justement pas pratiquée.

    Benoît XVI :

    Cela aussi fait partie des difficultés de l’Eglise. Et les personnes concernées doivent au moins essayer de ne pas céder à cette tendance activement afin de rester fidèles à la mission inhérente à leur ministère". 

    … La plus grande difficulté étant que désormais tout le sens des mots relevant de la bioéthique - sexe, mariage, paternité, procréation, gestation ou autres- est perverti par une idéologie occidentale qui asservit la science elle-même à l’assouvissement de ses fantasmes déconnectés du réel.

    JPSC

  • Une vaste sapinière homophile dans l’Eglise ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso traduit par notre confrère du site diakonos.be :

    lobbygay-236x300.jpg« Homosexuels » et « évêques » : voilà les deux mots-clés du scandale qui secoue aujourd’hui l’Église. Mais malgré cela le Pape François n’a pas mentionné une seule fois un seul de ces deux mots dans sa « lettre au Peuple de Dieu » d’il y a quelques jours, à la veille de son voyage en Irlande pour la rencontre mondiale des familles.

    Jorge Mario Bergoglio a préférer s’en prendre au « cléricalisme ». C’est en effet l’une des causes qui ont contribué aux abus sexuels perpétrés par ceux qui se sentent investis d’un pouvoir supérieurs et qui s’en servent pour asservir la volonté de leur victimes, qu’il s’agisse d’enfants ou – bien plus souvent – de jeunes ou bien d’adolescents à peine majeurs.

    À la suite de scandales similaires, Benoît XVI était allé plus loin dans sa recherche des causes de cette maladie de l’Eglise dans sa lettre aux catholiques irlandais de 2010.

    Il avait identifié deux causes en particulier :

    – la « tendance déterminante, également de la part de prêtres et de religieux, à adopter des façons de penser et à considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Evangile »

    – et la « tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, une tendance à éviter les approches pénales à l’égard de situations canoniques irrégulières ».

    L’une comme l’autre de ces tendances sont visiblement aujourd’hui encore à l’origine de cette nouvelle vague de scandales. Même si l’on continue à les classer – comme par inertie – sous l’étiquette d’abus sexuels sur mineurs alors qu’il est surtout question de la présence répandue dans le clergé et parmi les évêques d’homosexuels qui violent non seulement l’engagement public à la chasteté qu’ils ont pris à leur ordination mais qui, de plus, auto-justifient leurs actions et se soutiennent entre eux, s’entraidant et se promouvant les uns les autres.

    Le cas de l’ex-cardinal Theodore McCarrick est emblématique à ce point de vue.  La violence sur mineurs ne représente qu’une toute petite partie de son activité sexuelle débridée avec des jeunes du même sexe qui étaient le plus souvent des séminaristes de son diocèse.

    Et ce n’est pas tout. McCarrick était l’un des cardinaux américains les plus en vue à promouvoir la « charte de Dallas » de 2002, c’est-à-dire les lignes directrices rédigées après la première vague d’abus sexuels sur mineurs de la part de prêtres qui avaient comme épicentre l’archidiocèse de Boston.  Mais cela n’a en rien modifié son attitude personnelle envers des jeunes du  même sexe, qui étaient d’ailleurs largement connue et dont les autorités vaticanes avaient été informée, sans que sa carrière n’en souffre le moins du monde.

    Comme il avait l’oreille du Pape François, McCarrick a donc continué jusqu’au bout à exercer son influence sur les nominations de ses protégés qui occupent aujourd’hui des fonctions prestigieuses aux États-Unis et au Vatican : des cardinaux Blaise Cupich et Joseph Tobin, respectivement archevêques de Chicago et de Newark, en passant par le cardinal Kevin Farrell, Préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie et aujourd’hui organisateur de la rencontre mondiale des familles à Dublin.

    Cupich, Tobin et Farrel constituent le fer de lance du renversement des positions que le Pape François a voulu imposer au sein de la hiérarchie des États-Unis. Et tous trois sont de fervents partisans du jésuite James Martin qui milite pour une révision de fond en comble de la doctrine de l’Église catholique sur l’homosexualité et qui a d’ailleurs été invité par Farrell pour prendre la parole à la rencontre de Dublin. (voir ICI)

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  • Le pape François réussira-t-il à redresser la barque de saint Pierre ce week-end en mer d’ Irlande ?

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    Face à une opinion catholique désorientée par les révélations sans fin de scandales sexuels dans le clergé (une première « lettre au peuple de Dieu » n’a pas calmé les esprits), on attend le pasteur suprême (et sa garde cardinalice rapprochée) sur deux points : la sortie, dès ce week-end, d’un document normatif et juridique (un de plus?) pour renforcer la lutte contre les prêtres « pédophiles » et leurs complices épiscopaux mais aussi un discours s’adressant aux autorités irlandaises après la libéralisation de l’avortement dans une atmosphère d’apostasie nationale, sans oublier un moment de populisme bergoglien au Croke Park Stadium de Dublin. Cela suffira-t-il ? De Jean-Marie Guénois dans le « Figaro » :

     « Le voyage du Pape en Irlande, samedi 25 et dimanche 26 août, sera-t-il dominé par le contexte de crise internationale liée aux prêtres pédophiles? La publication par François d'une grave «Lettre au peuple de Dieu» à ce sujet le 20 août, a survolté ce débat. Et la sortie, attendue dans la foulée de ce week-end irlandais, d'un document complémentaire du Vatican - normatif et juridique pour renforcer la lutte contre les prêtres pédophiles et contre certains évêques que le Pape accuse de «complicités» vis-à-vis de ces «atrocités» - renforcera cette thématique.

    D'autant que l'Irlande, 5 millions d'habitants et catholique à 76 %, a perdu la moitié de ses pratiquants en trente ans! À la suite, précisément, des affaires de prêtres pédophiles. Le scandale y a éclaté en même temps qu'aux États-Unis. Le Vatican a d'ailleurs confirmé que le Pape rencontrera des victimes de prêtres pédophiles lors de cette 24e visite hors d'Italie depuis son élection en 2013. Enfin, plusieurs archevêques américains de poids, Wuerl à Washington et O'Malley à Boston, ont décliné l'invitation irlandaise la semaine dernière, sur fond de crise pédophile rouverte aux États-Unis.

    L'objet de ce voyage, dont la décision, tardive, a été mûrement réfléchie par François n'est pourtant pas la pédophilie, mais la famille. La Rencontre mondiale des familles, neuvième édition du genre après son lancement par Jean-Paul II en 1994, en constitue le prétexte. Ce qui explique la brièveté de ce déplacement. Et le fait que François ne se rende pas en Irlande du Nord, sous contrôle britannique.

    Il vient donc essentiellement participer à ce congrès international - 103 pays représentés - qui a lieu tous les trois ans dans une grande ville du monde, la dernière édition s'étant déroulée à Philadelphie. Mais, là aussi, le contexte irlandais est très tendu pour ce pays catholique, s'il en est un en Europe, avec la Pologne et l'Italie. Après une longue résistance catholique, le mariage homosexuel et l'avortement y ont été finalement adoptés par référendum, respectivement en mai 2015 et mai 2018. L'Irlande a même été le premier pays du monde à adopter le mariage homosexuel également par référendum.

    Ouverture vers les divorcés remariés

    Pour les catholiques, observe, dans La Croix, l'archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, il ne s'agit plus de «rêver du passé» ou à «l'âge d'or révolu d'un catholicisme dominant dans le pays». Il faut plutôt réinventer «la manière d'être chrétien dans un environnement plus hétérogène». Ce prélat, qui fut longtemps le collaborateur du cardinal Etchegaray à Rome, compte sur le charisme de François pour faire passer le message: «Il apparaît aux Irlandais comme un pape moderne, capable de toucher leurs cœurs. En présentant l'enseignement catholique d'une manière qui n'impose pas, mais qui invite, il porte le souci de former les consciences et non de les formater.» Ce qui pourrait, espère-t-il, «toucher tous ceux qui ont gardé l'image d'une Église irlandaise très moralisante par le passé…»

    De fait, le programme de cette rencontre internationale des familles - 45.000 personnes inscrites pour des célébrations religieuses, des conférences et des ateliers - est totalement orienté sur l'exhortation apostolique «Amoris Laetitia». Ce document, publié après les deux synodes sur la famille (2014, 2015) et leur ouverture à l'accueil plus large des divorcés remariés, n'a pas toujours été bien accueilli par une bonne partie des catholiques. Le pape François vient encore de le défendre jeudi dans la presse anglaise, en affirmant qu'«Amoris Laetitia» est dans «la continuité» de l'enseignement de l'Église. Ce que contestent certains théologiens et cardinaux. La présence et l'intervention à Dublin de plusieurs cardinaux, importants et proches de François, attestent donc de sa volonté de faire admettre ce texte et de créer une mentalité catholique, moins «moralisante» sur ces sujets.

    » LIRE AUSSI - Pédophilie: la lente prise de conscience de l'Église 

    Ainsi de Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche), d'Oscar Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras, et membre du C9, le groupe restreint qui conseille le Pape, de Blase Cupich, récemment créé cardinal et nommé à Chicago (États-Unis). Ils seront en Irlande, tout comme le jésuite américain James Martin, directeur de la revue America, qui intervient sur «l'accueil et le respect dans les paroisses des LGBT et leurs familles». Soit la mise en exergue de l'homosexualité dans l'Église, validée par Rome. Ce qui a déjà créé une polémique.

    Le Pape rencontrera les participants de ce congrès lors d'une veillée samedi soir au Croke Park Stadium de Dublin où chantera le ténor Andrea Bocelli, et le dimanche après-midi lors d'une immense messe en plein air. Mais il va aussi s'adresser aux autorités du pays lors d'un discours très attendu, peu après son arrivée, dans le contexte de l'adoption récente de l'avortement. Il y a aura aussi, dimanche matin, au sanctuaire de Knock, un échange, plus intime et désiré par François, avec le cœur catholique de ce pays. Ce lieu d'apparition marial au nord-ouest du pays est le «Lourdes» irlandais. »

    Ref. En Irlande, le pape François très attendu sur la question de la pédophilie

    Un regard silencieux vers Marie immaculée est sans doute ce dont, les uns et les autres, nous avons le plus besoin.

    JPSC

  • Rencontre mondiale des familles à Dublin : un plaidoyer poignant en faveur des LGBT

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    De Vatican News :

    Le plaidoyer du jésuite James Martin pour l'accueil des LGBT

    Présent à Dublin pour la 9ème rencontre mondiale des familles, le père jésuite américain James Martin a livré un discours poignant pour encourager l’Église à accueillir les personnes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels). Synthèse.

    Rappel des fondamentaux de l’Évangile, rôle des paroisses auprès des personnes LGBT, attitude vis-à-vis des gens qui se sentent en marge… tels sont les points du discours du père jésuite américain James Martin lors de la 9ème rencontre mondiale des familles qui se tient jusqu’à dimanche dans la capitale irlandaise. Lors d’un discours fleuve, le jésuite de la communauté new-yorkaise a invité les paroisses à s'ouvrir aux personnes LGBT.

    Des personnes refoulées par les paroisses 

    Le père James Martin a d’abord énuméré de nombreuses situations dans lesquelles les LGBT s’étaient senties abandonnées, refoulées, rejetées par l’Église. Il parle notamment de cette mère qui se félicitait que son fils revienne sur les bancs de l’Église un dimanche de Pâques, «Mais après que le prêtre ait proclamé l'histoire de la résurrection du Christ, devinez sur quoi il a prêché? Les maux de l'homosexualité. Le fils s'est levé et est sorti de l'église. Et la mère s'est assise dans le banc et a pleuré.».

    Mais le bienveillant jésuite prend aussi soin de témoigner de scènes d’accueil et de grâce de la part des paroisses. Un étudiant lui aurait confié que la première personne à qui il a fait part de son homosexualité était un prêtre. La réaction de l’homme d’Église a été immédiate et salutaire, «Dieu t’aime, et l’Église t’accepte». Des paroles qui lui auraient sauvé la vie a déclaré le jeune homme.

    Une inégalité entre les territoires

    James Martin fustige l’inégalité géographique. Malheureusement, une grande partie de la vie spirituelle des LGBT catholiques et de leurs familles dépendent de l'endroit où ils vivent. Si une personne LGBT habite dans une grande ville avec des pasteurs à l’esprit ouvert, elle a alors de la chance. «Mais si vous vivez dans un lieu moins ouvert ou si votre pasteur est homophobe, que ce soit en silence ou ouvertement, vous n'avez pas de chance. Les catholiques, accueillis ou non accueillis dans leur paroisse, influencent fortement leur vision non seulement de l'Église, mais de leur foi et de Dieu.»

    «Les personnes LGBT et leurs familles sont des catholiques baptisés»

    C’est là le coeur de l’argumentation de James Martin. Les catholiques LGBT sont des catholiques comme les autres. Et comme chaque catholique, ils ont beaucoup à apporter aux paroisses. Parce qu’ils ont été tant marginalisés, beaucoup de personnes LGBT éprouvent une compassion naturelle pour ceux qui sont en marge, explique James Martin, «Leur compassion est un cadeau. Ils pardonnent souvent les pasteurs et les prêtres qui les ont traités comme de la terre. Leur pardon est un cadeau. Ils persévèrent en tant que catholiques face à des années de rejet. Leur persévérance est un cadeau.»

    Dieu aime les personnes LGBT et chacun devrait en faire autant poursuit James Martin, qui incite chacun à aimer les LGBT de la même manière que Jésus aimait les «personnes en marge: avec profusion». Et pour les aimer, il faut les écouter, eux et leur famille et apprendre à les connaître. Enfin, si le terme LGBT est évidemment redondant dans le discours du jésuite de New York, il rappelle qu’il ne faut pas définir les personnes par leur orientation sexuelle et qu’il faut voir au-delà. «Voyez-les dans leur intégralité. Et si vous parlez de chasteté avec les LGBT, faites en autant avec les hétéros».

  • "Au-delà des paroles et des lettres, nous voudrions enfin des actes forts"

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    Du "Boulevard Voltaire" :

    Abbé Christian Venard : « Au-delà des paroles et des lettres, nous voudrions enfin des actes forts »

    Sur votre blog 1 ou dans votre chronique mensuelle pour la télévision KTO 2, vous avez fait partie des quelques prêtres qui ont eu une voix forte pour dénoncer non seulement la pédophilie mais la mauvaise gestion de celle-ci dans l’Église. Que pensez-vous de la toute récente lettre 3 du pape François adressée à tous les fidèles ?

    À mon sens, il s’agit d’abord, au sens technique, d’une communication de crise. L’affaire épouvantable de l’Église catholique en Pennsylvanie (plus de trois cents prêtres incriminés aux États-Unis) exigeait une réponse forte. Le pape avait déjà écrit une lettre – pas assez commentée malheureusement – aux fidèles chiliens 4. Dans cette dernière lettre, le pape insiste sur le fait que les fautes de quelques-uns rejaillissent sur tous, et que les souffrances des victimes font souffrir aussi tout le corps de l’Église. Pour le pape, la réponse n’est pas que l’affaire des autorités mais de tout le peuple de Dieu : « L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui, nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. » Comme beaucoup de prêtres, je reste pourtant encore déçu. Au-delà des paroles et des lettres, nous voudrions enfin des actes forts, à la hauteur des enjeux, non seulement dans l’accompagnement des victimes, mais aussi dans la justice, c’est-à-dire des sanctions sévères pour les coupables et pour les supérieurs qui n’ont pas su, ou pas voulu, prendre leurs responsabilités.

    Pourtant, beaucoup a été fait. Ne craignez-vous pas de jeter l’opprobre sur tous les évêques avec de tels propos ?

    S’il y a, dès aujourd’hui, amalgame affreux et opprobre, ce ne sont pas les évêques qui en souffrent, mais les simples prêtres. C’est une triste réalité objective : dans l’opinion publique, désormais, tout prêtre est considéré comme un pédophile en puissance. C’est atroce. Ce sont les supérieurs qui sont responsables, par leur manque de clarté, de vigilance et de courage, de cette situation. Il est donc normal qu’ils en portent leur part de responsabilité. Une partie de la défiance actuelle dans l’Église vient que trop souvent ces supérieurs ne rendent pas de comptes, qu’ils semblent intouchables et irresponsables.

    Mais y aurait-il des solutions efficaces à mettre en œuvre ?

    Je ne suis qu’un simple prêtre – qui plus est aumônier militaire ! Mais cela dit, deux éléments me semblent de nature à être mis en œuvre rapidement. Tout d’abord, que le pape crée une instance indépendante chargée de juger les évêques et les supérieurs religieux, dotée de grands pouvoirs et capable d’entrer en relation aussi avec les autorités judiciaires civiles. La composition de cette instance doit être telle qu’aucune influence cléricale ne puisse s’y faire sentir pour camoufler, minimiser les faits. Cette instance, rendant compte directement au pape, devrait rendre ses conclusions publiques. Il existe déjà, aujourd’hui, des procédures spécifiques romaines pour juger les clercs auteurs d’actes pédophiles. Il s’agit, désormais, de juger ceux qui n’ont pas pris les bonnes décisions et ont ainsi mis en danger des innocents et, plus largement, la vie de l’institution. Cela doit se traduire dans les faits par des démissions et des peines canoniques. Par ailleurs, plus en amont, il y a sans doute à réformer en profondeur la procédure de choix (trop souvent de cooptation) des évêques. On ne peut continuer à choisir des évêques avec des procédures qui remontent souvent au XVIIIe siècle ! Les progrès des sciences humaines devraient évidemment intervenir, comme cela se fait dans beaucoup de milieux professionnels, en particulier au travers de tests psychologiques, très performants aujourd’hui.

    À ce propos, en France, un prêtre a lancé une pétition afin de demander au cardinal Barbarin de démissioner.

    Il ne m’appartient pas de juger le cardinal Barbarin. Le fait que ce prêtre – canoniste, c’est-à-dire spécialiste du droit de l’Église – lance cette pétition montre l’ampleur du désarroi chez beaucoup de prêtres face à ce qui apparaît comme mollesse ou l’inaction de nos prélats dans ce domaine. Pour ce que je sais de l’affaire Preynat/Barbarin, je peux comprendre que l’on estime incohérent de la part de l’évêque de Lyon de n’avoir pas, de lui-même, renoncé à sa charge après tant d’erreurs commises. Peut-être l’a-t-il proposé au pape ? Peut-être celui-ci l’a-t-il refusé. Cela pose quand même question.

    Une dernière question: pensez-vous que la crise sera durable et profonde ?

    Oui, je le crains.

    Profonde certainement, car c’est la confiance du peuple de Dieu envers ses pasteurs (les prêtres, les évêques) qui est remise en cause, sur des faits d’une ampleur et d’une gravité exceptionnelles. Toute forme de relativisation en la matière est d’ailleurs odieuse pour les victimes…

    Durable ? Cela pourrait l’être moins si des mesures énergiques, concrètes, si des sanctions publiques et réelles (déplacer un clerc de poste n’est pas une sanction aux yeux du public ; bien au contraire, cela s’apparente à de la protection de coupable !) sont prises. C’est tout l’enjeu actuel.

    Quand le Saint-Père nous invite, aujourd’hui, au jeûne et à la prière, c’est dans cet esprit : que par nos sacrifices nous nous rendions proches des victimes et implorions la miséricorde de Dieu ; qu’à nos prières, Dieu donne à son Église courage et force pour accomplir les réformes nécessaires, quel qu’en soit le prix. « La pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre, et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux […]. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. » Il en va de la crédibilité de notre témoignage. Il y a urgence.

    Notes:

    1. https://blogdupadrevenard.wordpress.com/2017/03/21/pedophilie-gestion-de-crise-et-hierarchie-catholique/ 
    2. https://blogdupadrevenard.wordpress.com/2017/03/31/pedophilie-de-quoi-parle-t-on/ 
    3. https://eglise.catholique.fr/vatican/messages-du-saint-pere/459286-lettre-pape-francois-peuple-de-dieu/ 
    4. https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Actes-du-pape/lettre-pape-Francois-catholiques-chiliens-2018-06-04-1200944296 
  • Les abus sexuels au sein du clergé catholique ont connu un pic entre 1960 et 1985

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    De Jeanne Smits sur RéinformationTV :

    Abus sexuels au sein du clergé catholique : un pic entre 1960 et 1985

    Alors que les affaires de « pédophilie » et d’abus sexuels sur mineurs de la part (d’une petite partie) du clergé catholique font de nouveau les gros titres, notamment aux Etats-Unis où les accusations visant le cardinal McCarrick provoquent un scandale majeur, un bloggueur catholique republie une charte détaillant le nombre de prêtres accusés et d’incidents répertoriés entre 1950 et le début des années 2000. Le graphique mérite d’être médité car il reflète une réalité qui a beaucoup évolué au fil des ans aux Etats-Unis : on est passé d’une cinquantaine de cas en 1950, impliquant moins de 60 prêtres, à un pic de près de 800 incidents en 1981, impliquant quelque 500 prêtres. La courbe a augmenté à partir de 1955, avec une accélération à partir de 1960, mais la chute a été brutale, beaucoup plus rapide, dès 1981, pour se stabiliser autour d’une cinquantaine d’incidents et de prêtres impliqués dès 1995. Depuis l’an 2000, elle reste en-deçà de cette barre, les incidents demeurant moins nombreux qu’avant la seconde moitié du XXe siècle.

    Le clergé catholique des années conciliaires, des années 1960 à 1980

    La mauvaise tendance s’est donc installée plusieurs années avant le concile Vatican II, s’accélérant dans les années qui ont suivi puisque les incidents ont été multipliés par deux entre 1960 et 1980. Il est clair que la libéralisation des mœurs, les avancées de l’homosexualisme et la modernité étaient à l’ordre du jour dès avant la concrétisation des changements introduits dans l’Eglise à la faveur du Concile et des années de révolution liturgique qui l’ont suivi : tout cela n’a pas surgi ex nihilo. Mais ce qui est encore plus visible, c’est ce que l’on pourrait appeler « l’effet Ratzinger » : dès l’instant où Jean-Paul II a chargé celui qui deviendrait 25 ans plus tard le pape Benoît XVI d’une opération de nettoyage depuis son poste de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, l’amélioration a été rapide et constante.

    Il faut rappeler, comme le faisait le rapport John Jay commandé par les évêques américains, dont le graphique est issu et qui répertorie les accusations et les incidents sérieux, que 80 % des dossiers concernaient des agressions homosexuelles sur des adolescents âgés d’au moins 12 ans : éphébophilie bien plus que pédophilie. Les agressions sur majeurs, dont les statistiques ne sont pas détaillées, sont également dans leur immense majorité homosexuelles (voire à 100 % dans les séminaires).

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  • Abus sexuels : l'évêque de Madison dénonce une sous-culture homosexuelle au sein de la hiérarchie de l’Église catholique

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    Lu sur le site "Riposte catholique" :

    Mgr Robert Morlino : « Plus de place, plus de refuge pour le péché ! »

    Après l’étalage sur la place publique des turpitudes – connues de tant de personnes… – de l’ancien cardinal Theodore McCarrick, puis la publication, le 16 août dernier, du rapport du grand jury de Pennsylvanie alléguant des abus sexuels sur un millier de mineurs commis par « 300 prêtres pendant une période de 70 ans » dans les six diocèses de Pennsylvanie, les fidèles catholiques aux États-Unis et dans le monde sont sous le choc. La gravité des faits – même si certains sont enflés voire sans consistance –, exige une réaction appropriée à tous les niveaux de l’institution ecclésiale. L’évêque Robert Morlino, ordinaire du diocèse de Madison (Wisconsin), est un prélat qui fait honneur à l’épiscopat et à l’Église universelle. Il a diffusé hier 18 août une lettre pastorale dont la taille ne devra pas rebuter les lecteurs de Riposte Catholique. Pour guérir une maladie, tout médecin commence par faire un diagnostic. Mgr Morlino le tire et peut donc suggérer – et même ordonner – des remèdes indispensables. Un document à lire (merci G. T. de l’avoir traduit)…

    *

    Chers frères et sœurs en Christ du diocèse de Madison, les dernières semaines ont apporté un grand nombre de scandales, une colère justifiée et une demande de réponse et d’action de la part de nombreux fidèles, aux États-Unis et à l’étranger, vis-à-vis de la hiérarchie de l’Église en ce qui concerne les péchés sexuels commis par des évêques, des prêtres et même des cardinaux. Une colère plus grande encore est à juste titre dirigée contre ceux qui ont été complices en empêchant la révélation de certains de ces péchés graves.

    Pour ma part – et je sais que je ne suis pas seul –, je suis fatigué de cela. Je suis fatigué de voir des gens qui sont blessés, gravement blessés ! Je suis fatigué de l’obscurcissement de la vérité. Je suis fatigué du péché. Et, en tant que personne qui a essayé – malgré mes nombreuses imperfections – de donner ma vie pour le Christ et son Église, je suis fatigué de la violation régulière des devoirs sacrés par ceux qui ont la responsabilité immense du Seigneur de prendre soin de son peuple.

    Les histoires mises en lumière et présentées avec des détails horribles à l’égard de certains prêtres, religieux, et même de nos jours, dans des lieux où l’autorité est encore plus élevée, sont révoltantes. Entendre même une seule de ces histoires est assez littéralement suffisant pour rendre quelqu’un malade. Mais mon propre dégoût de ces histoires est rapidement mis en perspective lorsque je me rappelle ce que de nombreuses personnes ont vécues pendant des années. Pour elles, ce ne sont pas des histoires, ce sont des réalités. Je me tourne vers elles et leur dis, à nouveau, que je suis désolé pour ce qu’elles ont souffert et ce qu’elles continuent de souffrir dans leur esprit et dans leur cœur.

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  • Abus sexuels : quand le pape François en appelle au peuple de Dieu

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    LETTRE DU PAPE FRANÇOIS AU PEUPLE DE DIEU

    « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor12,26). Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables.

    1.Si un membre souffre

    Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé, la douleur de nombre de ces victimes nous est parvenue au cours du temps et nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités et à redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture demort, les blessures ne connaissent jamais de « prescription ». La douleur de ces victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence. Mais leur cri a été plus fort que toutes les mesures qui ont entendu le réprimer ou bien qui, en même temps, prétendaient le faire cesser en prenant des décisions qui en augmentaient la gravité jusqu’à tomber dans la complicité. Un cri qui fut entendu par le Seigneur en nous montrant une fois encore de quel côté il veut se tenir. Le Cantique de Marie ne dit pas autre chose et comme un arrière-fond, continue à parcourir l’histoire parce que le Seigneur se souvient de la promesse faite à nos pères : « Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides » (Lc1, 51-53) ; et nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame.

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  • Abus sexuels cléricaux : le pape François en appelle au « Peuple de Dieu » :

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    Dans une lettre ouverte qu’il vient d’écrire « au Peuple de Dieu », le pape régnant écrit ceci (extrait) :

    « […] Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie2. Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Eglise – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui «annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple» 3. Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme.

    Il est toujours bon de rappeler que le Seigneur, «dans l’histoire du salut, a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine sans l’appartenance à un peuple. C’est pourquoi personne n’est sauvé seul, en tant qu’individu isolé, mais Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine: Dieu a voulu entrer dans une dynamique populaire, dans la dynamique d’un peuple» (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.6). Ainsi, le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d’un peuple et d’une histoire commune nous permettra de reconnaitre nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l’intérieur.

    Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Eglise ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation. La dimension pénitentielle du jeûne et de la prière nous aidera en tant que peuple de Dieu à nous mettre face au Seigneur et face à nos frères blessés, comme des pécheurs implorant le pardon et la grâce de la honte et de la conversion, et ainsi à élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Evangile. Car «chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui» (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.11).

    Il est essentiel que, comme Eglise, nous puissions reconnaitre et condamner avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger. Demandons pardon pour nos propres péchés et pour ceux des autres. La conscience du péché nous aide à reconnaitre les erreurs, les méfaits et les blessures générés dans le passé et nous donne de nous ouvrir et de nous engager davantage pour le présent sur le chemin d’une conversion renouvelée.

    En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience.

    De cette façon, nous pourrons rendre transparente la vocation à laquelle nous avons été appelés d’être «le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain» (Conc. OEcum. Vat.II, Lumen Gentium, n.1). […]"

    Ref. Abus sexuels : Lettre du pape François au Peuple de Dieu

    En somme, selon François, « le cléricalisme » élitiste voilà l’ennemi : si le «  peuple de Dieu » prenait ses responsabilités dans l’Eglise de tels scandales ne pourraient arriver, estime le pasteur suprême. L’autoritarisme clérical subsistant aujourd’hui serait-il plus en cause que le laxisme généralisé de la société libérale qui gangrène aussi l’Eglise ? Que chacun s’examine, en effet.

    JPSC

  • La panique chez les cardinaux américains

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    Panique chez les cardinaux américains

    A deux jours de la Rencontre des familles, c'est le sauve qui peut général. Et le cardinal Di Nardo, président de la Conférence épiscopale US écrit une lettre aux fidèles, et annonce la demande au Vatican d'une visite apostolique (19/8/2018)

    lire la suite sur le site Benoît-et-moi

    lire aussi : https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/Le-cardinal-OMalley-empeche-rendre-Dublin-2018-08-19-1200962662

    et encore : http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/19/01003-20180819ARTFIG00102-etats-unis-les-catholiques-toujours-sous-le-choc-des-revelations-d-abus-sexuels-en-pennsylvanie.php

  • Scandales sexuels aux Etats-Unis : entre déplorations et encouragements, une réaction vaticane à la hauteur de la situation ?

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    De Vatican News :

    Pennsylvanie: le Saint-Siège exprime sa douleur et sa honte

    Deux jours après la publication d’un rapport sur les abus sexuels sur mineurs dans six diocèses de Pennsylvanie, le Saint-Siège a condamné «sans équivoque» ces actes antérieurs à 1990, exprimant «sa douleur et sa honte».

    Le Pape François se tient résolument et fermement du côté des victimes. Dans un communiqué paru dans la soirée du 16 août, le Saint Siège a condamné les abus sexuels sur mineurs perpétrés dans six diocèses de Pennsylvanie aux États-Unis (Pittsburgh, Allentown, Erie, Greensburg, Harrisburg et Scranton); ces abus sur mineurs ont été révélés le 14 août par une enquête des services du procureur de cet État de Nouvelle-Angleterre.

    «La confiance est trahie»

    C’est avec gravité que le Pape François s’est penché sur ce rapport américain. Plus de 1 300 pages abordées avec «grand sérieux» par le Saint-Siège, qui y voit des abus «pénalement et moralement, répréhensibles». «Ce sont des actes qui ont trahi la confiance et ont volé aux victimes leur dignité et leur foi», martèle le communiqué du Vatican, en appelant fortement à la «responsabilité» des coupables. Par ailleurs, à propos de la «prescription» des faits, le Saint-Siège a tenu à saluer les efforts de réformes entrepris par l'Église catholique américaine depuis les années 2000: «Les conclusions du Grand Jury sont cohérentes avec les précédentes études, montrant que les réformes faites par l'Église catholique aux États-Unis ont réduit drastiquement l'incidence des abus commis par le clergé».

    L'urgence de la protection des mineurs

    Il n'empêche que, plus que jamais, le Saint-Père encourage à «de constantes réformes et à une vigilance à tous les niveaux de l'Église catholique». Une seule priorité: «la protection des mineurs et des adultes vulnérables». La législation civile doit par ailleurs «nécessairement» faire loi: «il y a obligation à dénoncer les cas d'abus sur mineurs», pointe le Saint Siège. Ainsi, les victimes doivent savoir que le Pape est de leur côté, poursuit le communiqué. Enfin, le Souverain pontife dit comprendre combien ces crimes «peuvent secouer la foi et l’esprit des fidèles américains», et bien au-delà.

    Une semaine après l’affaire McCarrick, du nom de cet influent archevêque émérite de Washington accusé d’abus sexuels, l’Église catholique américaine est une nouvelle fois dans la tourmente. Ces révélations des services du procureur de l’État de Pennsylvanie concernent plus de 300 prêtres ayant abusé d’ «au moins mille enfants» entre les années 1950 et 1990 - jusqu'en 2010 pour certains des faits les plus récents -  dans six diocèses.

  • Selon Jacques Testart, le transhumanisme est une idéologie infantile

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    D'Erwan Cario sur le site de Libération :

    Jacques Testart: «Le transhumanisme est une idéologie infantile»

    Avec ses promesses de toute-puissance, ce courant futuriste commence à séduire au-delà des technophiles enthousiastes. Pour le biologiste Jacques Testart, père scientifique du premier bébé-éprouvette, il s’agit d’une croyance dangereuse et il faut questionner d’urgence la notion même de progrès scientifique.

    En 2045, l’intelligence artificielle va brutalement dépasser l’intelligence humaine. Capables de s’auto-améliorer à l’infini, des programmes ultra-perfectionnés sauront résoudre tous les problèmes de l’humanité, à commencer par la mort. Alors, enfin, le post-humain, génétiquement amélioré et technologiquement augmenté, pourra se considérer accompli. C’est la promesse du transhumanisme, courant longtemps jugé comme gentiment illuminé mais dont le discours porte aujourd’hui de plus en plus. Dans son ouvrage Au péril de l’humain paru au Seuil, écrit avec la journaliste Agnès Rousseaux, le biologiste Jacques Testart, père scientifique du premier bébé-éprouvette, s’alarme des conséquences irréversibles sur le monde qu’une telle idéologie pourrait engendrer.

    Pourquoi le transhumanisme gagne-t-il en influence ?

    C’est une idéologie qui prospère sur les innovations extraordinaires de la technoscience, que ce soit autour de la génétique, du cerveau, de l’intelligence artificielle. Il y a des trucs assez fantastiques qui donnent une prise pour faire croire que tous les mythes anciens, qu’on traîne depuis le début des temps, l’immortalité, l’intelligence supérieure ou le héros imbattable, vont devenir réels. Ce ne sont rien d’autre que des rêves enfantins, une idéologie infantile.

    Parmi ces mythes, il y a celui de vaincre la mort. Ce n’est pas un peu compliqué, de se positionner contre ?

    On peut déjà se positionner rationnellement, en montrant que ce n’est pas possible. Et on peut aussi se positionner philosophiquement en montrant que ce n’est pas souhaitable. Qu’est-ce que ça veut dire, être immortel ? On doit s’emmerder tout le temps ! Je crois même qu’on doit rester au lit. C’est l’immobilité, c’est l’attente, c’est l’ennui, sûrement. Mais ça, d’autres l’ont dit mieux que moi. Pour ce qui est de la faisabilité, il y a plein d’éléments qui montrent que c’est impossible. On nous dit que c’est imminent, que les enfants qui vivront trois cents ans sont déjà nés. Ce qui voudrait dire que les technologies sont déjà là. Mais nos prédicateurs ont-ils déjà créé une souris immortelle ? Une mouche immortelle ?

    Et puis il faut bien se rendre compte que la durée de vie en bonne santé est en train de diminuer, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France. Et c’est à ce moment-là qu’on nous propose l’immortalité. C’est dire si ça ne tourne pas rond ! On a plein de nouvelles maladies, les perturbateurs endocriniens, de nouveaux virus, et toutes les maladies chroniques qui se développent. C’est donc quand notre civilisation connaît une régression directement due aux excès du capitalisme qu’on nous dit que grâce aux nouvelles technologies produites par ce même capitalisme, on va tout surmonter.

    C’est un discours typique d’une religion…

    C’est la vieille stratégie scientiste. Claude Allègre en était un éminent représentant. Le climat se dérègle ? Pas grave, on va inventer des machines qui vont corriger ça. On fait croire que le système qui a provoqué les problèmes est capable de les réparer. Ce n’est pas crédible. Effectivement, c’est un peu comme une religion. En France, ce n’est pas encore vraiment implanté, même si ça gagne de plus en plus les esprits. Il y a cinq ans, tout le monde rigolait à l’évocation du transhumanisme. Aujourd’hui, beaucoup commencent à y adhérer. Et il faut croire, parce qu’il n’y a aucune preuve de rien.

    On vous connaît pour être à l’origine du premier bébé-éprouvette, n’est-ce pas contradictoire de s’opposer à ces «progrès» ?

    Vous pensez bien que je suis habitué à cette question. La fécondation in vitro, c’est une intervention pour les gens qui ne peuvent pas faire d’enfants. Il s’agissait, en 1982, de restituer un état de normalité qui est la possibilité de fonder une famille. Ça ne dépassait pas ce cadre, on ne faisait pas de bébé sur-mesure. Quand je me suis aperçu, quatre ans plus tard, que cette technique pouvait permettre à terme de faire des bébés de «meilleure qualité», j’ai écrit l’Œuf transparent. J’expliquais qu’on allait pouvoir trier parmi les embryons pour choisir celui qui convient le mieux. Ça a finalement été inventé par des Anglais et ça s’appelle le diagnostic génétique préimplantatoire. Je me suis battu contre et je continue à me battre. Alors oui, on peut me dire qu’il fallait que les gens restent stériles parce que c’est la nature. Mais à ce titre, on n’aurait pas inventé la médecine, on n’aurait pas de médicaments, de vaccins… Ce n’est pas ma façon de voir. Moi, je veux que les gens puissent vivre une bonne vie, en bonne santé, et que ça vaille le coup, qu’ils puissent être créatifs.

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