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Europe

  • Le cardinal Sarah et la crise de la bioéthique

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    De la Sœur Renée Mirkes, OSF, sur The Catholic Thing :

    Le cardinal Sarah et la crise de la bioéthique

    4 septembre 2026

    Le discours prononcé cet été par le cardinal Robert Sarah devant le Parlement européen met en évidence un problème fondamental du discours bioéthique contemporain : le fossé grandissant entre le langage et la réalité. Des mots qui, autrefois, véhiculaient des significations stables – « soins de santé », « droits », « dignité » – sont de plus en plus utilisés avec une flexibilité idéologique.

    Sarah met en garde contre le fait que cette instabilité linguistique constitue une « crise du logos ou de la raison », une rupture dans la relation entre les mots et les réalités qu’ils désignent. Le langage cesse de correspondre à la réalité ; la raison perd ses repères, et le jugement moral devient vulnérable au sentiment, à l’idéologie ou à la coercition politique.

    La thèse de Sarah repose sur trois principes philosophiques profondément enracinés dans la tradition intellectuelle catholique.

    Premièrement, le langage doit correspondre à la réalité. Pour Sarah, le langage n’est pas un outil neutre, mais un instrument de vérité. Les mots sont censés révéler la réalité, et non la dissimuler. Dès lors que le discours médical recourt à des euphémismes ou à une terminologie ambiguë, il devient difficile d’identifier la nature morale des actes médicaux. Lorsque des termes tels que « soins de santé », « choix » ou « aide médicale à mourir » dissimulent la réalité sous-jacente d’une mise à mort directe ou d’un meurtre, la perte de clarté linguistique engendre une perte de clarté morale.

    Deuxièmement, la raison est le fondement du jugement éthique. La critique de Sarah présuppose une conception classique et chrétienne de la raison, en tant que faculté capable de discerner la vérité. À son tour, le jugement éthique dépend directement de la capacité de la raison à appréhender la nature de la personne humaine et les biens propres à son épanouissement. Plutôt que de constituer une réflexion rationnelle sur les biens humains, de nombreux débats bioéthiques d’aujourd’hui se transforment en simples affrontements de sentiments ou de pouvoir politique.

    Troisièmement, la dignité humaine est objective et intrinsèque. Sarah insiste sur le fait que la dignité humaine ne dépend ni de l’« autonomie », ni de l’utilité, ni d’un consensus politique. Elle découle de la nature de la personne humaine en tant qu’imago Dei, être créé à l’image de Dieu.

    Les conséquences du mépris de ces principes sont particulièrement graves en bioéthique, où, comme le soutient Sarah, les enjeux concernent la vie humaine, l’incarnation et la dignité.

    C’est pourquoi la lectio de Sarah évalue de manière cohérente quatre grandes questions bioéthiques : l’avortement, la fécondation in vitro, l’idéologie transgenre et le suicide assisté par un médecin. Dans chaque cas, il démontre comment la distorsion linguistique sert de condition préalable à la confusion morale et à l’erreur politique.

    Qualifier l’avortement de « santé », par exemple, est une manipulation linguistique qui masque l’élimination d’une vie. Sarah cite des documents politiques américains, européens et internationaux dans lesquels l’expression « santé sexuelle et reproductive » est couramment utilisée pour inclure l’avortement. Elle soutient que ce « renversement flagrant du logos » présente l’interruption délibérée d’une vie humaine comme une forme de soins de santé, subordonne la dignité humaine au choix de la mère et traite l’enfant à naître comme un objet dont l’existence dépend d’une approbation extérieure.

    Sarah insiste sur le fait que la déformation linguistique des notions de « santé », de « choix » et de « droits » normalise l’avortement en l’intégrant dans le langage de la médecine et de la Constitution.

    Mais si l’avortement est décrit comme un « soin de santé », l’enfant à naître devient une pathologie, la réalité morale du meurtre direct est occultée, et la raison est subordonnée à l’opportunisme politique. Dans ce cadre conceptuel, prévient Sarah, il devient difficile – voire impossible – de reconnaître la gravité de l’acte d’avortement.

    Sarah soutient également que l’expression « droits reproductifs » justifie la fécondation in vitro, la cryoconservation d’embryons, la réduction sélective et l’élimination d’embryons. Alors que le terme « droits » est utilisé pour présenter le bébé et sa production en laboratoire comme des droits acquis, il occulte subrepticement les implications morales liées à la création et à la destruction d’êtres humains à leur stade embryonnaire.

    Et lorsque la FIV est présentée comme un « droit », l’enfant devient un produit de la technique plutôt que le fruit d’un acte d’amour conjugal unificateur. La genèse d’un nouvel être humain est déplacée de l’amour interpersonnel unificateur des parents vers l’expertise technique des embryologistes et des endocrinologues.

    Avec de tels artifices verbaux, la raison est supplantée par le positivisme technologique, tandis que la logique de la reproduction en laboratoire remplace la logique du don.

    L’idéologie transgenre, selon l’analyse de Sarah, dissocie l’« identité » du corps. Par des manœuvres linguistiques trompeuses – ce que le cardinal considère comme fondamental dans l’idéologie transgenre –, des termes tels que « identité de genre », « attribué à la naissance » et « prise en charge affirmante » dissocient l’identité de genre du sexe biologique et occultent complètement la réalité de l’incarnation.

    Comme le souligne Sarah, une fois l’identité dissociée du corps, la raison perd sa capacité à discerner le sens de l’incarnation. Le corps n’est plus révélateur ; il devient arbitraire. Plutôt qu’un don qui révèle l’identité personnelle, le corps est traité comme une toile au service de l’expression de soi.

    Et, issue de ce genre d’artifice verbal, la réflexion éthique sur l’idéologie transgenre en général, et sur la « transition vers le sexe opposé » en particulier, repose entièrement sur des sentiments ou des pensées subjectifs plutôt que sur une réflexion rationnelle sur la nature humaine.

    Sarah démontre comment des subterfuges verbaux – des termes tels que « aide médicale à mourir », « mort dans la dignité » et « choix compassionnel » – masquent la réalité du fait de tuer intentionnellement un patient. Ce glissement linguistique présente le meurtre d’un être humain comme un acte de « soins ».

    Comme le souligne Sarah, si le fait de tuer directement peut être redéfini comme de la compassion, alors la compassion perd tout son sens. Si le suicide peut être redéfini comme un acte de santé, alors les soins de santé perdent tout leur sens.

    Dans toute cette « crise du logos », Sarah montre comment la raison est privée des outils conceptuels nécessaires pour distinguer la guérison du préjudice. La personne malade devient un fardeau à éliminer plutôt qu’un prochain dont il faut prendre soin. La dignité humaine devient subordonnée à la fonctionnalité, et toute la vocation médicale est déformée à mesure que le rôle du médecin passe de celui de guérisseur à celui de bourreau.

    La thèse de Sarah lie l’avenir de la bioéthique à celui du langage. Lorsque nous perdons la capacité de parler en toute sincérité de la personne humaine, nous perdons la capacité de défendre la personne humaine et la vie humaine, la bios.

    La crise du logos, ou de la raison, est, selon Sarah, la crise de toute notre civilisation.

    Seul le retour à la raison permettra de restaurer la dignité humaine. Et seul le rétablissement de la dignité humaine permettra de redonner espoir en notre avenir et en celui de la bioéthique.

  • Une Europe sans Dieu courra à sa perte

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    De Guido Horst sur le Tagespost :

    Une Europe sans Dieu courra à sa perte

    Un continent sans âme : ce que le pape Benoît XVI a déclaré à Ratisbonne au sujet du « 11 septembre » et que l’Occident n’a pas voulu entendre.

    3 septembre 2026

    Les premiers jours de septembre marquent l’anniversaire de deux événements qui ne pourraient être plus différents, mais qui témoignent de la même évolution, qui a marqué le premier quart de ce XXIe siècle qui n’est plus si jeune : Le 11 septembre, il y a 25 ans, les États-Unis ont subi l’attaque terroriste la plus grave de leur histoire. Des kamikazes du réseau Al-Qaïda ont précipité deux avions sur les tours jumelles de New York, en ont fait s’écraser un troisième sur le Pentagone, tandis qu’un quatrième s’est écrasé au sol en Pennsylvanie après une lutte avec les passagers.

    Et le 12 septembre, il y a 20 ans, dans le cadre de sa visite en Bavière, Benoît XVI a prononcé devant des universitaires, dans l’amphithéâtre de « son » ancienne université, un discours qui allait entrer dans les annales sous le nom de « Conférence de Ratisbonne ». La partie la plus controversée de son discours : une citation tirée d’un dialogue fictif entre l’empereur byzantin Manuel II Paléologue et un érudit persan de confession musulmane, qui abordait notamment le « djihad », la guerre sainte et la relation entre religion et violence, et dans laquelle le pape-professeur citait cette question de l’empereur qui, sortie de son contexte, allait ensuite semer le trouble dans le monde islamique : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu n’y trouveras que du mal et de l’inhumanité, comme le fait qu’il ait prescrit de propager par l’épée la foi qu’il prêchait. »

    Religion positive et religion détournée

    Les répercussions tant du « 11 septembre » que de la « conférence de Ratisbonne » ont été décrites à maintes reprises. S’ensuivirent la guerre en Afghanistan et celle contre l’Irak – et le Vatican lança une initiative de dialogue sans précédent avec le monde musulman. Les courants devenus militants au sein de l’islam sunnite (Al-Qaïda, le Hamas) et chiite (l’Iran, le Hezbollah) ont marqué, au tournant du siècle, le début d’une nouvelle ère qui continue aujourd’hui encore d’occuper la politique, les médias et les sociétés occidentales. Alors que le Turc musulman était autrefois très bien accueilli en tant que travailleur immigré, nombreux sont ceux qui voient aujourd’hui tout simplement un danger chez les migrants d’origine musulmane.

    Il n’est pas nécessaire d’apprécier l’ouvrage de Samuel Phillips Huntington publié en 1996 sur le futur « choc » ou « conflit des civilisations ». Mais le fait est que l’Occident se sent aujourd’hui menacé – notamment par un islam militant tel que celui des mollahs en Iran ou encore le wahhabisme et le salafisme. Or, comment l’Occident européen a-t-il réagi au défi islamiste que le pape Benoît XVI avait pris à bras-le-corps il y a exactement vingt ans, en le reliant à la relation entre religion et raison ainsi qu’à la juste compréhension de Dieu et de l’homme créé par Dieu ? En tout cas, pas en prenant conscience que le terrorisme à connotation religieuse touche également à la question de Dieu et qu’il faut – comme Benoît XVI – faire la distinction entre une religion égarée, qui provoque la haine et la violence, et une religion au service de l’homme. Une sorte de réaffirmation de soi aurait fait du bien aux Européens, sachant pertinemment que le « vieux » continent repose entièrement sur des fondements chrétiens qui ont créé les conditions indispensables à la vie de l’État libéral et laïc, sans que celui-ci puisse les garantir lui-même (Ernst-Wolfgang Böckenförde).

    Une communauté sans référence à Dieu

    Au lieu de cela, l’Union européenne est restée incapable de répondre à la question d’un Dieu bon et d’une religion bonne par une affirmation de sa propre identité : à savoir le christianisme. Lorsque la Convention européenne a élaboré en 2003 le projet de Constitution de l’Union européenne, elle n’est pas parvenue à ancrer une référence à Dieu dans le préambule, mais s’est contentée d’une vague allusion aux « traditions culturelles, religieuses et humanistes de l’Europe ». La Constitution européenne a ensuite échoué lors des référendums en France et aux Pays-Bas et n’a jamais acquis force de loi. Mais même le traité de Lisbonne, signé en 2007, ne mentionnait dans son préambule que « l’héritage culturel, religieux et humaniste de l’Europe », dont on puise l’inspiration, sans faire aucune référence au Dieu unique ni même au christianisme.

    Lorsque le pape Léon se rendra à Metz à l’issue de son voyage en France, notamment en mémoire de Robert Schuman, il rappellera sans doute, à l’instar de ses prédécesseurs, que pour les trois pères fondateurs de la Communauté européenne – Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer –, catholiques convaincus, l’Union était une œuvre de paix et non pas seulement une entreprise économique. Mais l’Europe postmoderne a systématiquement remplacé cet héritage chrétien par une conception laïque d’elle-même. Le monopole de la réflexion sur la « vocation chrétienne » de l’Europe est désormais dévolu aux papes.

    L'interdiction de penser de manière laïque

    Depuis le Concile Vatican II, ils ont présenté une riche doctrine sur une communauté humaine fondée sur les principes de subsidiarité, de solidarité et de bien-être, qui s'inspire de la tradition chrétienne tout en restant ouverte à toutes les personnes de bonne volonté – qu'elles croient ou non en Dieu, et quel que soit le Dieu auquel elles croient. Il suffit de penser aux encycliques « Redemptoris missio » et « Centesimus annus » de Jean-Paul II ou à la riche œuvre de Joseph Ratzinger sur l’identité et l’avenir de l’Europe. Tout cela n’est ni discuté ni pris au sérieux au niveau de l’Union – même si la situation est encore différente dans certains États membres. En ce qui concerne les racines chrétiennes, un immense processus de refoulement s’est opéré précisément au plus haut niveau des instances de la Communauté européenne, comme s’il n’y avait eu avant la Révolution française qu’un immense trou noir. La pensée dans l’esprit de Schuman, de Gasperi ou d’Adenauer n’a plus sa place.

    Au lieu de cela, on érige des murs et on a peur de l’étranger. Or, sans une âme européenne, l’homme européen ne survivra pas à la postmodernité. Les djihadistes se sentent « appelés » à intégrer l’Europe à la Oumma. Si les Européens ne savent plus à quoi ils sont appelés, ils seront trop faibles pour protéger durablement l’Europe vidée de son âme qui subsistera alors.

  • Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

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    Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

    Guides et Scouts d'Europe Belgique / Europascouts en Gidsen - België | Uccle

    Les Guides et Scouts d’Europe – Belgique (GSE-B), également connus sous le nom néerlandophone d’Europascouts en Gidsen – België (ESG-B), constituent une association de scoutisme catholique unitaire présente dans l’ensemble du pays. Affiliée à l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe – Fédération du Scoutisme Européen (UIGSE-FSE), elle se distingue des grandes fédérations belges reconnues par l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS/WOSM) et l’Association Mondiale des Guides et Éclaireuses (AMGE/WAGGGS) par son attachement strict à la méthode de Baden-Powell, sa dimension confessionnelle catholique et son orientation explicitement européenne.

    Origines et histoire

    Le mouvement international naît en 1956 à Cologne (Allemagne), dans le contexte de la reconstruction européenne d’après-guerre. Un groupe de chefs scouts allemands et français, catholiques, protestants et orthodoxes, fonde la Fédération du Scoutisme Européen (FSE, devenue UIGSE-FSE). Leur ambition est de pratiquer le scoutisme de Baden-Powell sur des bases chrétiennes, dans un cadre européen fraternel, en réponse aux divisions et idéologies qui avaient déchiré le continent.

    En Belgique, l’implantation suit rapidement. En 1959, la troupe 1re Louvain du Vlaams Verbond van Katholieke Scouts participe au premier camp fédéral (Eurocamp) à Wasserfal (Allemagne). L’année suivante, en 1960, Norbert De Bruyn fonde l’Association Belge des Guides et Scouts d’Europe. Un camp fédéral se tient d’ailleurs en Belgique en 1962 à Botassart. En 1994, sous l’impulsion de Jean-François Godbille, les structures belges fusionnent pour former l’association actuelle.

    L’UIGSE-FSE a reçu la reconnaissance pontificale (association privée internationale de fidèles de droit pontifical, confirmée en 2008) et dispose d’un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe. Elle regroupe aujourd’hui des associations dans une vingtaine de pays européens (et des structures en Amérique du Nord), avec environ 60 000 à 70 000 membres selon les sources.

    Effectifs et présence sur le territoire

    Les estimations récentes situent les effectifs belges entre environ 1 400 et 2 000 membres (jeunes et responsables confondus). Des sources plus précises mentionnent environ 1 391 jeunes et 320 responsables, ou « plus de 1 700 jeunes ». La majorité des groupes sont francophones ; on compte une minorité de groupes néerlandophones (environ 5 sur une vingtaine de groupes actifs).

    Les groupes sont répartis dans tout le pays : Anvers, Bruges, Gand, Nossegem (Halle-Vilvoorde) côté néerlandophone ; Bruxelles (plusieurs unités : Boitsfort, Woluwé, etc.), Arlon, Liège (Banneux), Mons, Namur, Fontaine-l’Évêque, et d’autres en Wallonie. Les unités masculines et féminines sont en principe séparées (sauf pour les plus jeunes, les Castors/Bevers). Une carte interactive et un catalogue des foulards sont disponibles sur le site officiel.

    Le siège se trouve à Uccle (Avenue Winston Churchill 35, « La Vigne »).

    Pédagogie et branches d’âge

    La pédagogie s’appuie fermement sur la méthode de Baden-Powell (santé, caractère, joie et sens du service – les « trois H ») enrichie par l’héritage du père Jacques Sevin, pionnier du scoutisme catholique. Elle vise le développement intégral de la personne, y compris dans sa dimension spirituelle chrétienne. Les activités privilégient le plein air, la responsabilité progressive (formation du jeune par le jeune), le service et la vie en petites unités homogènes d’âge.

    Les branches sont :

    • Castors / Bevers (6-8 ans) : découverte de la vie en communauté et efforts.
    • Louveteaux / Louvettes – Welpen / Welpinnen (8-12 ans) : inspirés du Livre de la Jungle et de saint François d’Assise.
    • Éclaireurs / Éclaireuses – Verkenners / Gidsen (12-17 ans) : vie en patrouille, responsabilités, aventure.
    • Routiers / Guides-Aînées – Voortrekkers / Voortreksters (à partir de 17 ans) : service, engagement et formation de leaders.

    L’uniforme est caractéristique : chemise bleu clair (ou beige pour les scouts/routiers), foulard de groupe, ceinturon avec la croix de l’UIGSE (croix de Malte à huit pointes et fleur de lys).

    Identité et place dans le paysage scout belge

    Les Guides et Scouts d’Europe se définissent comme un mouvement de scoutisme « authentique », catholique et européen. La promesse inclut le service de Dieu, de l’Église, du Roi, de la Patrie et de l’Europe. La loi scoute reprend les articles classiques, avec un accent sur la pureté, le service et la fraternité européenne.

    Ils ne font pas partie du Guidisme et Scoutisme en Belgique (GSB), la structure parapluie des fédérations reconnues par l’OMMS/WAGGGS (Les Scouts, Guides Catholiques de Belgique, Scouts en Gidsen Vlaanderen, FOS Open Scouting, Scouts et Guides Pluralistes). Ils constituent donc une alternative plus traditionnelle et explicitement confessionnelle au sein du paysage scout belge, très diversifié et majoritairement pluriel ou ouvert.

    Vie du mouvement

    Les unités organisent des réunions hebdomadaires, des camps d’été, des week-ends de formation (notamment les « routes-école » pour les aînés) et participent à des événements internationaux (Eurojam, Euromoot). Des pèlerinages (comme celui d’Avioth) et des activités de service font partie de la vie des Routiers. Le mouvement met l’accent sur la formation des chefs et le rayonnement dans les quatre coins du pays, en français et en néerlandais.

    Conclusion

    Présents en Belgique depuis plus de soixante ans, les Guides et Scouts d’Europe incarnent une forme de scoutisme qui allie fidélité à Baden-Powell, ancrage catholique et idéal européen. Bien que numériquement modestes par rapport aux grandes fédérations belges (qui totalisent plus de 150 000 membres), ils offrent une proposition pédagogique cohérente et structurée, reconnue par l’Église et présente dans les deux communautés linguistiques. Leur site officiel (scouts-europe.be) permet de localiser les groupes et de s’informer sur les activités.

    Sources principales : site officiel des Guides et Scouts d’Europe – Belgique, Scoutopedia, Wikipedia (pages UIGSE-FSE et scouting en Belgique), documents historiques de l’UIGSE-FSE.

  • Transition en Syrie: l’ECLJ organise une conférence à Bruxelles pour exiger des garanties constitutionnelles pour les chrétiens

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    Du site de l'ECLJ :

    Transition en Syrie: l’ECLJ organise une conférence à Bruxelles pour exiger des garanties constitutionnelles pour les chrétiens

    2 Septembre 2026

    Face à l’exclusion des communautés chrétiennes par les nouvelles autorités de Damas, l’ECLJ (European Centre for Law & Justice) coorganise une conférence de haut niveau au Parlement européen à Bruxelles le 8 septembre 2026. L’objectif: imposer la liberté religieuse et une gouvernance inclusive au cœur des négociations internationales sur la transition syrienne.

    Décideurs politiques européens, chefs religieux et représentants des communautés chrétiennes se réuniront au Parlement européen à Bruxelles le 8 septembre 2026 pour évoquer l’avenir des chrétiens en Syrie. Les chrétiens demandent des garanties concrètes en matière de liberté religieuse et une vraie représentation politique, alors que la Syrie connait une normalisation diplomatique rapide depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024 et la prise de pouvoir de l’ancien terroriste islamiste Ahmed al-Charaa.

    Accueilli par l’eurodéputé Bert-Jan Ruissen (ECR, Pays-Bas), coprésident de l’Intergroupe sur la liberté de religion, de conviction et de conscience, cet événement est coorganisé par le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l’Union syriaque européenne (ESU), Syriac Cross Belgium, la Fondation Sallux ECPP ainsi que Jubilee Campaign Netherlands, et coordonné par Ruth Daskalopoulou.

    La conférence s’ouvrira par les allocutions de deux personnalités majeures de la diplomatie internationale: S.Ex. Mairead McGuinness, Envoyée spéciale de l’Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction auprès de la Commission européenne, et l’honorable Nadine Maenza, coprésidente de la table ronde sur la liberté religieuse internationale (IRF) à Washington, D.C., et ancienne présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF).

    Nous aborderons ensuite deux piliers essentiels à la survie des communautés chrétiennes:

    Panel 1 : Liberté religieuse, modéré par Thibault van den Bossche, ECLJ:

    • Mgr Georges Assadourian, évêque arménien catholique de Damas,
    • Mgr Georges Masri, archevêque métropolitain grec-melkite d’Alep,
    • Père Vasilios Khamis, Église orthodoxe d’Antioche,
    • Johannes de Jong, Sallux.

    Panel 2 : Représentation politique, modéré par Metin Rhawi, ESU:

    • Sanharib Barsom, Parti de l’Union Syriaque,
    • Waddah Al Khoury, Conseil National Levantin,
    • Ninous Icho, Parti Démocratique Assyrien,
    • Sarah Aphram, Syriac Cross Belgium.

    La conférence intervient à un tournant historique. Le 24 août 2026, les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, sur laquelle le pays figurait depuis 1979. Ils ont également retiré Hayat Tahrir al-Cham (HTC) – l’ancien Front al-Nosra, groupe islamiste qu’a dirigé Ahmed al-Charaa – de leur liste des principaux groupements et individus « terroristes » (« Specially Designated Global Terrorist, SDGT »). En juillet 2026, le président français Emmanuel Macron puis le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’étaient succédé en Syrie.

    De plus, le 25 août 2026, Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, a annoncé la dissolution officielle de son alliance militaire afin d’intégrer des dizaines de milliers de combattants au sein de l’armée centrale à Damas.

    Cependant, cette transition suscite de graves inquiétudes concernant les droits de l’homme et le risque d’une « justice des vainqueurs ». Si l’ouverture des premiers procès post-Assad — incluant la condamnation à mort par contumace de Bachar al-Assad et la condamnation à perpétuité de l’ex-grand mufti Ahmed Hassoun — suscite de l’espoir, elle révèle également un vide juridique critique. Les experts de l’ONU mettent en garde contre l’absence d’un cadre moderne de justice transitionnelle et la persistance de profondes violences communautaires.

    Pour les chrétiens de Syrie, les menaces existentielles s’intensifient de manière critique. Reflet de cette détérioration rapide, la Syrie s’est hissée à la 6e place de l’Index mondial de persécution des chrétiens 2026 de l’organisation Portes Ouvertes. La communauté reste profondément traumatisée par l’attentat-suicide de juin 2025 contre l’église grecque-orthodoxe Mar Elias à Damas, qui a coûté la vie à 25 fidèles. Les persécutions généralisées et l’émigration forcée ont réduit la population chrétienne, qui est passée de près de 1,5 million de personnes en 2011 à un nombre estimé aujourd’hui entre 300 000 et 500 000.

    La normalisation diplomatique initiée par l’UE et les puissances occidentales progresse beaucoup plus vite que la stabilisation réelle sur le terrain. Le nouveau pouvoir législatif, largement contrôlé par Ahmed al-Charaa, exclut totalement les organisations kurdes et assyriennes. Les pouvoirs clés restent ainsi concentrés au sein d’une nouvelle élite dirigeante issue de l’«idlibisation», une dérive que l’ECLJ avait dénoncée dans sa contribution du 16 juillet 2026 aux Nations unies pour l’Examen périodique universel de la Syrie.

    Nous pressons les institutions de l’UE et les États membres de traduire leurs engagements en actions politiques. Ils doivent placer la liberté de religion ainsi qu’une représentation politique réelle des différentes communautés religieuses et ethniques au cœur de la transition syrienne, conditionnant leurs relations futures à deux critères immédiats:

    • Droits fondamentaux, égalité citoyenne et protection: Les chrétiens et les autres communautés religieuses autochtones doivent bénéficier d’une pleine liberté de culte, d’une égale protection devant la loi et du droit à la propriété. Il est impératif qu’ils puissent préserver leur patrimoine matériel, sécuriser leurs biens et reconstruire leurs structures locales en toute sécurité, à l’abri de toute discrimination, représailles islamistes ou pressions confessionnelles.
    • Participation politique significative et gouvernance inclusive: Ces communautés sous-représentées doivent disposer d’un rôle direct, démocratique et non compromis dans la refonte de l’avenir du pays. Cela implique une voix souveraine dans la rédaction de la future constitution permanente de la Syrie, le façonnement de ses nouvelles institutions politiques et la gestion de l’administration locale décentralisée, en fondant cette gouvernance sur le principe d’une citoyenneté égale plutôt que sur des quotas confessionnels.

    S’appuyant sur la résolution du Parlement européen du 10 juillet 2025, l’ECLJ souligne que la survie et le maintien des communautés chrétiennes historiques sur leurs terres d’origine seront le baromètre du pluralisme et de la démocratie dans la nouvelle Syrie.

    Informations pratiques:

    • Titre : « L’avenir des chrétiens en Syrie : liberté religieuse, représentation politique et avenir commun »
    • Date et heure : Mardi 8 septembre 2026 | 10h00 – 12h00
    • Lieu : Salle SPAAK 1A2, Parlement européen, Bruxelles
    • Inscription
  • Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

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    Du site de l'European Centre for Law & Justice (ECLJ) (Catalina Henriquez) :

    Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

    31 Août 2026

    L’enseignement à domicile fait aujourd’hui l’objet de réglementations très opposées en Europe. Certains pays s’efforcent de restreindre le droit premier des parents d’éduquer leurs enfants, tandis que d’autres ont adopté des mesures plus libérales. La société doit concilier les devoirs parentaux avec l’intérêt supérieur de l’enfant en matière d’éducation. L’État est garant du droit à l’éducation des enfants, mais pas le dépositaire des enfants.

    Le droit préférentiel des parents: définition et implications

    Le droit des parents de diriger l’éducation morale et religieuse de leurs enfants est un principe largement reconnu dans le droit international des droits de l’homme. Trois raisons principales sous-tendent ce principe.

    1. La famille est la cellule fondamentale de la société et doit, à ce titre, être préservée et protégée.
    2. Les parents sont les principaux responsables et exercent l’autorité sur l’enfant, assumant la responsabilité première de son éducation et de son développement.
    3. Le principe de subsidiarité, qui exige que l’État n’intervienne que lorsque les instances inférieures sont incapables de remplir leurs devoirs.

    Il ne s’agit pas d’une question d’opinion; ce principe est consacré dans le droit international des droits de l’homme, et la plupart des États occidentaux l’ont inscrit dans leur propre législation nationale. L’article 13, paragraphe 3, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, l’article 14, paragraphe 3, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 2 du Protocole n°1 à la Convention européenne des droits de l’homme le reconnaissent tous. Ce droit comporte deux dimensions: celle d’orienter l’éducation morale et religieuse de l’enfant, et celle de choisir librement le type et la forme d’enseignement dispensé, que ce soit dans un établissement privé ou public, ou à domicile, que l’enseignement soit assuré par les parents eux-mêmes ou par des tuteurs. Cette dernière option est ce que l’on appelle l’instruction en famille ou l’école à la maison.

    L’instruction en famille n’exige pas des parents qu’ils enseignent eux-mêmes toutes les matières. Elle signifie surtout qu’ils restent les principaux responsables de l’éducation de leur enfant, libres de l’adapter en fonction des besoins de celui-ci et de leurs propres convictions. Comme le souligne la Home School Legal Defense Association: «l’éducation primaire se déroule dans le cadre du foyer», même lorsque les familles font appel à des groupes d’enseignement à domicile, à des tuteurs ou à des cours en ligne pour la compléter[1].

    Un aperçu comparatif à travers l’Europe

    Dans plusieurs pays européens, l’enseignement à domicile survit à peine. Les restrictions sont suffisamment sévères pour rendre cette pratique inapplicable dans la réalité, ce qui revient à une interdiction de facto. L’Allemagne applique la scolarité obligatoire (Schulpflicht) de manière si stricte que l’enseignement à domicile pour des raisons religieuses, philosophiques ou pédagogiques n’est tout simplement pas autorisé. Les parents peuvent choisir entre les écoles publiques et les établissements privés ou confessionnels agréés, mais l’enseignement doit s’inscrire dans le cadre du système scolaire officiel. Les rares exceptions concernent les cas de nécessité médicale, et même dans ces cas-là, elles impliquent généralement un enseignement à distance agréé par l’État plutôt qu’un enseignement dispensé par les parents[2].

    La Hongrie a emprunté la même voie sous Viktor Orbán. Les parents pouvaient autrefois scolariser leurs enfants en dehors du système scolaire en les inscrivant en tant qu’«élèves privés». Mais un amendement législatif de 2019 a de fait mis fin à cette option, la remplaçant par une procédure d’autorisation ministérielle. Ce qui n’était autrefois qu’une simple déclaration est devenu une dérogation sous forme de «programme d’apprentissage individuel» accordée uniquement en cas de problèmes de santé graves, de besoins particuliers ou d’engagements sportifs ou artistiques de haut niveau[3].

    Le Portugal et l’Autriche montrent qu’un autre équilibre est possible. En vertu du décret-loi n° 70/2021 du Portugal, les parents qualifiés peuvent enseigner à leurs enfants à domicile, sous réserve d’une nouvelle demande chaque année, d’un contrôle par le ministère de l’Éducation et d’examens nationaux à la fin de chaque cycle scolaire[4]. Il s’agit d’un véritable droit, même s’il fait l’objet d’une surveillance étroite.

    L’Autriche est encore plus libérale. Il suffit aux parents d’informer chaque année les autorités que leur enfant suivra un enseignement à domicile. Aucune autorisation préalable n’est requise, et l’enseignement à domicile y est légal depuis des décennies. L’intervention de l’État se limite à vérifier, par le biais d’examens annuels, que l’apprentissage de l’enfant est équivalent à celui de ses camarades scolarisés dans le public. Il ne prescrit pas de programmes scolaires et n’effectue pas d’inspections à domicile[5]. En Autriche, l’État contrôle les résultats, tandis qu’en Allemagne et en Hongrie, il contrôle le processus.

    - ( NdB) En Belgique, les parents ont le droit de scolariser (ou plutôt d’instruire) leurs enfants à la maison.

    C’est même un droit constitutionnel (article 24 de la Constitution belge : liberté d’enseignement). L’obligation qui existe est une obligation d’instruction (de 5 à 18 ans), pas une obligation d’aller à l’école.

    Concrètement :

    • Vous pouvez enseigner vous-même à vos enfants à domicile.
    • Vous pouvez aussi les confier à un précepteur ou les inscrire dans une école privée non reconnue/subventionnée (cela est assimilé à de l’enseignement à domicile).
    • Il suffit de faire une déclaration annuelle auprès de la Communauté compétente (flamande, française ou germanophone) et de respecter les contrôles et examens prévus.

    Il n’y a donc pas besoin d’autorisation préalable stricte : c’est un droit que l’on exerce par déclaration, sous réserve de garantir un niveau d’instruction équivalent. - (fin de la note de belgicatho)

    Le vent tourne

    À l’inverse, d’autres pays ont progressé. Certains sont plus modestes que d’autres, mais chacun mérite d’être souligné. La Lituanie est un bon exemple: après avoir purement et simplement interdit l’enseignement à domicile en 2012, elle a fait marche arrière en 2020, après des années de plaidoyer de la part de l’Association lituanienne pour l’enseignement à domicile, rétablissant ainsi le droit des familles de scolariser leurs enfants à la maison pour tous les niveaux scolaires. Ce droit reste toutefois soumis à des conditions strictes: il est principalement réservé aux enfants qui ne peuvent pas fréquenter l’école pour des raisons médicales, et le programme scolaire national reste applicable[6]. Il s’agit d’un pas en avant, mais limité.

    La Pologne est allée plus loin. L’enseignement à domicile y est désormais pleinement légal et, depuis 2021, nettement plus accessible: les parents n’ont plus besoin de l’autorisation d’une école de leur propre province, mais peuvent s’adresser à n’importe quelle école du pays[7]. Ce qui était autrefois un processus local et discrétionnaire est devenu un véritable droit national. Même la Croatie, qui figurait historiquement parmi les États les plus restrictifs sur cette question, a connu un changement. Depuis 2022, l’«Association croate pour l’enseignement à domicile» milite en faveur d’un projet de loi visant à doter pour la première fois l’enseignement à domicile d’un véritable fondement juridique, inspiré du modèle slovène, dans le cadre duquel les élèves restent officiellement inscrits dans une école locale et passent des examens annuels pour valider leurs progrès, tout en étant scolarisés à domicile[8]. L’issue n’est pas encore certaine, mais le fait même que ce débat ait lieu marque un véritable changement dans un pays où l’enseignement à domicile a longtemps été considéré comme une anomalie plutôt que comme un droit.

    Cet élan n’est cependant pas une garantie et la France prouve que la libéralisation peut connaître un revirement brutal. La loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, «Confortant le respect des principes de la République», a remplacé un simple régime déclaratif par un système strictement encadré d’autorisation préalable. Des familles qui exerçaient ce droit depuis des années, sans incident, se sont soudainement retrouvées dans l’obligation d’obtenir l’autorisation de l’État pour continuer.

    Les conséquences ont été immédiates et radicales: au cours de l’année scolaire 2021–2022, 72 400 enfants et adolescents suivaient un enseignement à domicile en France. L’année dernière, en 2025–2026, seuls 28 810 enfants ont été autorisés à suivre un enseignement à domicile[9].

    Telle est la leçon que l’Europe ne peut se permettre d’ignorer. Un droit reconnu en principe, protégé par des instruments internationaux, et même en développement dans un pays, peut néanmoins être rapidement et légalement démantelé, dès lors qu’un gouvernement décide de traiter les droits parents comme un problème plutôt que de les soutenir.

    C’est pourquoi l’ECLJ s’engage à défendre les droits parentaux devant les juridictions nationales et internationales. Nous avons introduit des recours exigeant que les juridictions internationales appliquent les principes mêmes qu’elles sont censées défendre. Vous pouvez vous joindre à nous dès aujourd’hui: soutenez notre action ou contactez-nous si vos droits parentaux ont été bafoués.

    ______________________

    [1] Home School Legal Defense Association, https://hslda.org/

    [2] Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne. https://www.gesetze-im-internet.de/englisch_gg/englisch_gg.html#p0033

    [3] HSLA, Les familles pratiquant l’enseignement à domicile en Hongrie envisagent de créer une organisation nationale, 23 novembre 2021. https://hslda.org/post/homeschoolers-in-hungary-look-to-launch-national-organization#:~:text=fréquentation%20scolaire%20régulière%2C%20y%20compris%20les%20élèves,pour%20des%20activités%20telles%20que%20le%20sport

    [4] Enseignement individuel et enseignement à domicile https://www.dge.mec.pt/ensino-individual-e-ensino-domestico

    [5] Loi sur l'obligation scolaire (Schulpflichtgesetz), paragraphe §11 https://www.homeschoolers.at/gesetzliche-vorgaben/#: ~:text=Die%20allgemeine%20Schulpflicht%20kann%20%E2%80%93,ohne%20%C3%96ffentlichkeitsrecht%20erf%C3%BCllt%20werden%2C

    [6] HSLA, Le gouvernement lituanien met enfin en œuvre l'enseignement à domicile, 13 octobre 2021. https://hslda.org/post/lithuanian-government-finally-implements-home-education

    [7] Loi du 25 février 2021 modifiant la loi sur l'éducation et certaines autres lois https://isap.sejm.gov.pl/isap.nsf/DocDetails.xsp?id=WDU20210000619

    [8] Homeschooling Hrvatska https://homeschooling.hr/zakonski-prijedlog/#

    [9] Question écrite n° 13422 : Régime d'autorisation préalable de l'instruction en famille, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE13422

  • Garçons en difficulté : l’Europe face à une inversion des inégalités de genre

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    Garçons en difficulté : l’Europe face à une inversion des inégalités de genre

    Pendant des siècles, les sociétés européennes ont privilégié les fils. Aujourd’hui, une tendance inverse se dessine : de plus en plus de parents expriment une préférence pour une fille, tandis que les données montrent que les garçons et les jeunes hommes accumulent des retards dans plusieurs domaines clés. Entre « gender disappointment » et indicateurs scolaires, sanitaires et sociaux alarmants, l’Europe découvre un angle mort de l’égalité.

    Une préférence inversée pour les filles

    Le phénomène du gender disappointment – la déception ressentie lorsque le sexe de l’enfant ne correspond pas aux attentes – a longtemps été associé à la préférence pour les garçons dans les sociétés patriarcales. Dans les pays riches d’Europe et d’Occident, la tendance s’inverse. Des psychologues cliniciens en Australie, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France rapportent une hausse des cas de détresse parentale à l’annonce d’un fils. Les raisons avancées vont des stéréotypes (« les garçons sont plus turbulents, moins affectueux ») aux craintes contemporaines d’élever un « masculiniste » ou un jeune influencé par la manosphère.

    Des articles dans Elle, Le Point ou la Süddeutsche Zeitung documentent des témoignages de mères en larmes à l’échographie bleue. Dans les pays où la sélection de sexe était temporairement autorisée ou dans les statistiques d’adoption, la préférence pour les filles s’affirme. Cette évolution culturelle coïncide avec un constat plus large : les garçons peinent davantage dans plusieurs indicateurs de réussite et de bien-être.

    L’école, premier terrain de décrochage

    Les évaluations internationales sont sans ambiguïté. Selon PISA 2022, les filles surpassent les garçons en lecture dans tous les pays participants, avec un écart moyen de 24 points dans l’OCDE. Les garçons conservent un léger avantage en mathématiques dans la plupart des pays, mais cela ne compense pas les écarts globaux. Dans l’Union européenne, les jeunes hommes restent plus nombreux parmi les sortants précoces de l’éducation et de la formation (environ 10,6 % contre 7,5 % pour les jeunes femmes en 2025).

    À l’université, les jeunes femmes sont désormais majoritaires dans la quasi-totalité des pays européens. Des analyses britanniques évoquent des « missing men » : plusieurs centaines de milliers de jeunes hommes en moins dans l’enseignement supérieur sur une décennie. L’UNESCO, dans son rapport mondial de 2022 Leave no child behind, alerte sur le désengagement des garçons de l’éducation dans de nombreux pays, y compris en Europe. Redoublements plus fréquents, moindre motivation scolaire et normes de masculinité qui valorisent peu la réussite académique figurent parmi les facteurs identifiés.

    Santé mentale et solitude

    Les hommes se suicident trois à quatre fois plus que les femmes en Europe (parfois jusqu’à sept fois dans certains pays d’Europe de l’Est). Sur les quelque 47 000 suicides recensés chaque année sur le continent, une large majorité concerne des hommes. Les jeunes hommes sont particulièrement touchés par l’isolement et la solitude, des phénomènes que le Centre commun de recherche de la Commission européenne considère désormais comme un enjeu de santé publique.

    Si les jeunes femmes déclarent davantage d’anxiété et de dépression, les hommes externalisent davantage leur souffrance, avec des conséquences plus souvent mortelles (suicides, overdoses). La pandémie a aggravé ces tendances chez les 15-29 ans.

    Emploi et transition vers l’âge adulte

    Le taux de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) reste élevé dans plusieurs pays, notamment du Sud de l’Europe. Les jeunes hommes peu qualifiés sont surreprésentés dans les situations de décrochage prolongé. Les secteurs traditionnellement masculins (industrie, construction) ont reculé, tandis que les métiers en croissance (santé, éducation, services) sont plus féminisés. Cette mutation laisse une partie des hommes peu diplômés sans trajectoire claire.

    Dans certains pays comme le Royaume-Uni, les autorités parlent déjà d’une « génération perdue » de jeunes, avec une hausse des problèmes de santé mentale comme frein à l’insertion.

    Un écart politique qui se creuse

    Les données électorales confirment une polarisation de genre chez les jeunes. Lors des élections européennes de 2024, le soutien aux partis de droite radicale était nettement plus élevé chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes, avec un écart parfois deux fois plus important que dans les générations plus âgées. Ce fossé reflète, selon plusieurs analyses, un sentiment de perte de statut et d’avenir économique incertain.

    Ni guerre des sexes, ni fatalité

    Ces tendances ne signifient pas que les filles et les femmes n’ont plus de combats à mener. Les inégalités salariales, les violences sexistes et les obstacles à la carrière persistent. Elles indiquent en revanche que certaines politiques et certains discours, concentrés presque exclusivement sur les filles, ont laissé des angles morts pour les garçons, surtout ceux issus de milieux défavorisés.

    Des experts insistent : soutenir les garçons en difficulté ne se fait pas au détriment des filles. C’est même une condition de la cohésion sociale et de l’égalité réelle. Des pistes existent : adapter davantage l’école aux styles d’apprentissage des garçons, multiplier les modèles masculins positifs, investir dans la santé mentale des hommes et lutter contre les stéréotypes qui découragent les uns comme les autres.

    L’Europe a su corriger des injustices historiques envers les filles. Elle doit maintenant regarder en face celles qui touchent une partie de ses garçons. Ignorer ces données ne les fera pas disparaître.

  • La course effrénée du catholicisme allemand vers le précipice : le cas révélateur du diocèse de Spire

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    De George Weigel sur First Things :

    La descente aux enfers à Spire

    12 août 2026

    Spire est une charmante ville située sur la rive ouest du Rhin. Son splendide centre médiéval est dominé par une magnifique cathédrale du XIe siècle, lieu de repos des empereurs allemands pendant trois cents ans et l’un des plus beaux exemples d’architecture romane en Europe. (Pour les amateurs de la royauté britannique, le futur roi Édouard VII fit la connaissance de sa future épouse, Alexandra, dans la cathédrale de Spire (Dom zu Speyer) en 1861 ; c’est sa sœur, la princesse héritière Victoria de Prusse [« Vicky »], qui joua le rôle d’entremetteuse pour « Bertie ».) Spire fut érigée en diocèse à un moment donné au IVe siècle, un évêque catholique local étant mentionné pour la première fois dans des documents écrits en 346.

    Je vous demande un peu de patience pour quelques instants de statistiques fastidieuses, mais révélatrices.

    Selon la dernière édition de l’annuaire du Vatican, l’Annuario Pontificio, le diocèse de Spire compte 504 210 catholiques, ce qui, je suppose, signifie que 504 210 personnes résidant sur le territoire du diocèse se déclarent catholiques en cochant la case correspondant à la « Kirchensteuer » (impôt ecclésiastique) sur leur déclaration d’impôts allemande. Le diocèse compte 239 prêtres diocésains et vingt-six prêtres appartenant à des ordres religieux résidant sur son territoire ; il abrite également soixante-cinq diacres permanents, 304 membres d’ordres religieux masculins et 312 membres de communautés religieuses féminines. Aucune ordination sacerdotale n’a eu lieu dans le diocèse en 2024, et à cette date, Spire comptait quatre séminaristes. La fréquentation moyenne des messes dominicales représente 5,1 % des catholiques inscrits.

    En juin, le diocèse a annoncé une restructuration majeure, visant à réduire le nombre de ses soixante-dix paroisses de 87 %, pour n’en conserver que neuf. Ces nouvelles « paroisses », qui remplaceront les doyennés diocésains actuels, seront dirigées par un « conseil synodal » et un « comité exécutif à temps plein », les finances paroissiales étant gérées par un « conseil administratif ». Les neuf nouvelles paroisses comprendront des « équipes communautaires » en tant que « lieux de proximité pastorale et de foi vécue ». Tout cela avait été annoncé à l’automne dernier lorsqu’un processus synodal au sein du diocèse avait publié une proposition de réforme structurelle intitulée « Vous serez une bénédiction » — un titre curieux, étant donné que le vicaire général du diocèse avait admis qu’« une grande incertitude et parfois même une certaine résignation étaient palpables » au cours de ce processus consultatif.

    En effet. Mais quelle est la cause de cette incertitude ? Réfléchissons à ceci :
    Peu avant l’annonce de cette transformation radicale — certains diront même de cette déconstruction — d’un diocèse historique fondé un siècle avant le pontificat du pape saint Léon le Grand, Mgr Georg Bätzing, évêque de Limbourg, a soutenu avec détermination la bénédiction des couples de même sexe en tant que couples, déclarant publiquement que cela se ferait « dans un cadre responsable. « Cela sert les fidèles et, à mon sens, ne met pas en danger l’unité de l’Église. » L’ancien président de la Conférence épiscopale allemande a tenu ces propos juste après que le pape Léon, s’exprimant lors de son vol de retour de Guinée équatoriale, eut critiqué de telles pratiques et déclaré que l’Église « n’approuve pas les bénédictions formelles des couples de même sexe ». Parallèlement, la présidente du Comité central des catholiques allemands, Irme Stetter-Karp, a déclaré qu’elle espérait que « les cérémonies de bénédiction continueront d’être utilisées dans le plus grand nombre d’endroits possible pour bénir les couples de même sexe et les couples se trouvant dans des situations dites irrégulières ».

    La course effrénée du catholicisme allemand vers le précipice de l’oubli ecclésiastique comporte de nombreux aspects extrêmement exaspérants ; parmi les plus troublants, en raison de leur malhonnêteté, figure l’affirmation selon laquelle les abus sexuels commis par des membres du clergé obligeraient l’Église à repenser son éthique de l’amour humain et son engagement séculaire en faveur du célibat des prêtres. Il n’existe absolument aucune preuve empirique que les prédateurs sexuels du clergé aient été en quelque sorte transformés en monstres par le sixième commandement et par la conception qu’a l’Église catholique de la manière dont le respect de ce commandement contribue au bonheur et à l’épanouissement de l’être humain. Quant à l’idée selon laquelle le mariage serait une sorte de programme de prévention de la criminalité, de sorte qu’un clergé marié serait moins enclin aux agressions sexuelles, il s’agit à la fois d’une insulte flagrante au sacrement du mariage et d’une affirmation démentie par les graves problèmes d’abus sexuels au sein des confessions chrétiennes où le ministère est exercé par des personnes mariées.

    Comme je l’ai déjà souligné dans ces pages, la crise allemande trouve sa source dans l’apostasie : un rejet sans vergogne de ce que l’Église catholique croit et enseigne comme étant la vérité. Le diocèse de Spire n’est pas en train de mourir pour des « raisons financières et de personnel », contrairement à ce qu’affirment les responsables diocésains. Le catholicisme allemand nage dans l’argent grâce à l’impôt ecclésiastique, et 265 prêtres devraient largement suffire pour desservir soixante-dix paroisses. Ce râle d’agonie est dû à l’incapacité de prêcher, d’enseigner et de vivre, avec joie et compassion, l’Évangile dans son intégralité : « la foi qui a été transmise une fois pour toutes aux saints » (Jude 1, 3).

    C’est ce qui explique le taux de fréquentation de la messe dominicale de 5,1 %. Et c’est ce qui a provoqué la tragédie de la spirale mortelle de Spire.
    ________________________________________
    La chronique de George Weigel intitulée « The Catholic Difference » est diffusée par le Denver Catholic, la publication officielle de l’archidiocèse de Denver.

  • La France perdrait un édifice religieux chaque semaine

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    De Corrie Douglas-Young sur le Catholic Herald :

    La guerre contre la France catholique

    L'Église de France souffre de toutes parts. La faible fréquentation entraîne la fermeture d'églises dans tout le pays. Les attaques de plus en plus fréquentes contre ses bâtiments frappent les paroisses qui restent ouvertes. Là où elle connaît une croissance, notamment dans les formes traditionnelles du catholicisme, celle-ci témoigne d'un rejet catégorique de la nouvelle France, où l'Église semble de plus en plus indésirable.

    Ce mois-ci, trois églises ont été vandalisées dans l'archidiocèse de Tours. Ce n'était pas la première fois : en novembre 2024, quatre églises avaient été prises pour cible. La semaine dernière, cependant, la profanation du Saint-Sacrement a suscité une réaction qui a dépassé toute forme de résignation face aux atrocités que subissent régulièrement les églises du pays.

    Les bâtiments ont été pillés, des objets profanés et le tabernacle forcé avant la profanation. L’archidiocèse a déclaré que ces « événements douloureux et choquants » révèlent à quel point la société française est « imprégnée de violences, d’un manque de culture et d’un inquiétant manque de civilité ». Des messes de réparation ont été célébrées en réponse.

    Le maire de Chambray-lès-Tours, Michel Lamy, a déclaré que l'incident avait suscité une « profonde indignation » et l'a qualifié d'attaque contre « notre patrimoine ».

    Le patrimoine catholique de la France est bel et bien menacé. Un rapport publié en mai par le ministère de l'Intérieur français constate une augmentation des actes antichrétiens depuis plus de 15 ans. En 2025, on a dénombré 817 incidents anticatholiques, dont près de 90 % visaient des biens de l'Église.

    Ces attaques véhiculent un message implicite : l'Église est indésirable au sein d'une minorité non négligeable de la société française. Parfois, elles véhiculent également un message explicite. En décembre 2025, l'église Sainte-Marie-Madeleine, dans le diocèse de Marseille, a été vandalisée. On pouvait y lire, à travers un graffiti : « La seule église qui brille est celle qui brûle ».

    Ce même mois, une étude de l'Observatoire du patrimoine religieux a révélé que la France perd un édifice religieux chaque semaine, et que les deux tiers des incendies présentent des signes d'acte criminel.

    L’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination envers les chrétiens (OIDAC) a indiqué que le pays continue d’enregistrer le plus grand nombre d’incidents de ce type en Europe. Derrière ces actes de vandalisme se cachent divers motifs, notamment le laïcisme militant et l’islamisme.

    Ce phénomène ne se limite pas à la France. L’OIDAC a relevé, dans son rapport sur les crimes de haine antichrétiens en Europe : « De façon alarmante, 94 incendies criminels ont été recensés, soit près du double du total de l’année précédente. Un tiers de ces actes ont eu lieu en Allemagne, où la Conférence des évêques a récemment averti que “tous les tabous ont été brisés” concernant le vandalisme d’églises. »

    Le texte poursuivait : « Les pays les plus touchés en 2024 étaient la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. En novembre, un moine de 76 ans a été tué et plusieurs autres blessés lors d’une attaque contre un monastère espagnol. En janvier, un homme a été abattu lors d’une attaque liée à l’État islamique pendant la messe dominicale dans une église catholique d’Istanbul. En septembre, une église historique de Saint-Omer, en France, a été presque entièrement détruite par un incendie criminel. »

    Le rapport conclut à une « sous-déclaration importante » des agressions contre le clergé en Pologne et en Espagne. Près de la moitié des prêtres interrogés en Pologne ont déclaré avoir subi des agressions au cours de l'année écoulée, mais plus de 8 % n'ont pas porté plainte auprès de la police.

    Thibault van den Bossche, du Centre européen pour le droit et la justice, déclarait l'an dernier à Europe1 que les chrétiens « n'osent pas se plaindre. Ne pas porter plainte signifie qu'il n'y a pas de suite, les autorités ne peuvent pas intervenir et, par conséquent, ce phénomène, pourtant bien réel, dangereux et tragique, reste invisible ».

     « La difficulté réside dans le fait que les statistiques policières ne sont pas établies de manière homogène. Par exemple, en Allemagne, seuls les actes à motivation politique sont pris en compte, et non les actes à motivation religieuse. Cela fausse les statistiques produites par l'État », a-t-il déclaré.

    Il a souligné l'importance des attaques physiques islamistes ainsi que la contribution d'un « laïcisme exacerbé » qui vise non seulement la neutralité de l'État en matière de religion, mais aussi en matière d'espace public. Cette position laïque entre en conflit direct avec les racines chrétiennes de la France, un fait que van den Bossche a qualifié d'« indéniable ».

    « La traque des symboles chrétiens dans l’espace public contribue à alimenter le climat anti-chrétien », a-t-il déclaré.

    On a déjà remarqué l'existence de deux Frances. La distinction entre elles – l'ancienne France catholique et la nouvelle France laïque – n'a pas toujours été aussi nette qu'on pourrait le croire, mais elle est profondément ancrée dans la société, l'histoire et la conception même de la France. La laïcité française a été pionnière en la matière et dans sa rigueur. Elle est née du radicalisme de la Révolution française, qui visait à réduire l'influence de l'Église autant que possible. Elle subsiste aujourd'hui sous une forme atténuée et aseptisée.

    Une loi de 2004, présentée par le ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche afin de « réaffirmer le principe de laïcité » dans les écoles publiques, interdisait le « port de signes ou de vêtements permettant aux élèves de manifester ostensiblement une appartenance religieuse ». Elle n'autorisait que la possibilité de signes « discrets » d'appartenance religieuse.

    Le gouvernement français rappelle que si les fonctionnaires sont libres de pratiquer leur religion « à titre privé », ils sont tenus à une obligation de neutralité. Conformément à cette obligation, il leur est interdit d'afficher leurs convictions religieuses.

    Pourtant, l'ardeur avec laquelle la France revendique la laïcité est indissociable, comme le soulignait van den Bossche, de ses profondes racines catholiques. Ce sont ces racines qui engendrent la nécessité d'une neutralité religieuse absolue. Si la France perd tant d'églises, c'est en partie parce qu'elle en possède une telle profusion, un patrimoine architectural fruit de siècles de labeur et de dévotion.

    À mesure que les églises disparaissent, la France montre l'exemple à l'Europe, perdant peu à peu la mémoire culturelle de ce qui la définissait autrefois : la foi catholique. Face à ce processus, l'Église se retrouve dans la situation douloureuse de subir des abus tout en se demandant s'il est possible d'y mettre un terme.

  • Allemagne : l'augmentation des baptêmes d'adultes ne suffit pas à compenser la hausse des « sorties » de l'Église

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    De Michelle La Rosa sur le Pillar :

    L'Allemagne enregistre une hausse des baptêmes d'adultes malgré un déclin global du nombre de baptêmes.

    L'augmentation des baptêmes d'adultes ne suffit pas à compenser la hausse des « sorties » de l'Église.

    Le nombre de baptêmes d'adultes en Allemagne a augmenté de manière significative l'année dernière, tandis que le nombre total de baptêmes a diminué, a déclaré ce mois-ci la conférence des évêques allemands.

    D'après les statistiques publiées la semaine dernière par la Conférence des évêques allemands, 2 650 adultes et jeunes adultes ont été baptisés en Allemagne en 2025.

    Cela représente une augmentation de 28 % par rapport à l'année précédente.

    Bien que le nombre de baptêmes d'adultes ait été élevé, il n'a pas atteint les niveaux records de 2017, année où 3 376 adultes ont été baptisés en Allemagne.

    Au total, selon la conférence des évêques, il y a eu 109 002 baptêmes en 2025, contre 116 274 en 2024.

    La hausse des baptêmes d'adultes ne se limite pas à l'Allemagne.

    En France, 21 386 personnes ont été baptisées lors de la veillée pascale de cette année, contre 17 788 en 2025, qui avait déjà été une année record.

    En Belgique, les diocèses ont signalé une augmentation de près de 30 % du nombre de candidats au baptême cette année par rapport à l'année dernière.

    L'Autriche, le Canada et certaines régions des États-Unis ont également signalé une augmentation des baptêmes d'adultes ces dernières années.

    Malgré l’augmentation des baptêmes d’adultes, l’Église en Allemagne a connu un déclin significatif ces dernières années en raison d’un nombre élevé de « sorties » de l’Église.

    L'année dernière, plus de 300 000 personnes ont officiellement quitté l'Église en Allemagne – une procédure qui implique de prendre rendez-vous dans un bureau d'état civil ou un tribunal local, de fournir des documents officiels et de payer des frais de 33 à 66 dollars.

    Bien que le nombre de radiations officielles reste élevé, il est en baisse par rapport aux années précédentes.

    Selon les statistiques officielles, 307 117 personnes se sont officiellement désaffiliées de l'Église catholique en Allemagne en 2025, contre 321 659 en 2024, 402 694 en 2023 et 522 821 en 2022.

    Le nombre total de catholiques en Allemagne s'élève actuellement à environ 19,2 millions, soit une baisse de 549 636 par rapport à l'année précédente.

    Malgré la baisse du nombre de fidèles inscrits, les 27 diocèses allemands ont bénéficié d'une augmentation annuelle de leurs recettes fiscales ecclésiastiques en 2025, probablement en raison de la hausse des revenus imposables des catholiques inscrits restants, combinée au système d'imposition progressif du pays.

    La conférence des évêques allemands a déclaré que l'Église du pays avait reçu 6,751 milliards d'euros (environ 7,72 milliards de dollars) via le système de taxe ecclésiastique en 2025, contre 6,628 milliards (7,58 milliards de dollars) en 2024 et 6,515 milliards (7,45 milliards de dollars) en 2023.

    Parallèlement, le pourcentage de catholiques allemands assistant à la messe a augmenté ces quatre dernières années. En 2025, environ 6,8 % des catholiques en Allemagne assistaient à la messe, soit une hausse par rapport aux années précédentes, mais un niveau toujours inférieur à celui d'avant la pandémie, où environ 9 à 10 % des catholiques en Allemagne y assistaient.

    L'Allemagne connaît également une hausse des ordinations sacerdotales cette année, avec 30 nouveaux prêtres ordonnés, contre 25 l'an dernier. Le nombre d'ordinations reste toutefois nettement inférieur à celui d'il y a dix ans, où plus de 50 prêtres étaient régulièrement ordonnés chaque année.

    Ces dernières années, des tensions importantes sont apparues entre le Vatican et les dirigeants de l'Église en Allemagne.

    En 2019, les évêques allemands et le Comité central laïc des catholiques allemands ont lancé une initiative dite « synodale » visant à introduire des changements radicaux dans l’enseignement et la pratique catholiques à la suite d’un scandale bouleversant d’abus sexuels commis par des membres du clergé.

    Les organisateurs de l'initiative ont ignoré de nombreuses tentatives d'intervention du Vatican. Ce dernier a souligné que l'instance synodale n'a aucun pouvoir « pour contraindre les évêques et les fidèles à adopter de nouveaux modes de gouvernance et de nouvelles approches doctrinales et morales ».

    Le Vatican et les évêques allemands ont évité une confrontation majeure en lançant une série de pourparlers qui ont abouti, en 2024, à une concession de la part des évêques selon laquelle aucun organe synodal permanent ne serait établi sans l'approbation de Rome.

  • Le virus séculier qui a paralysé le christianisme européen pourrait également infecter l'Afrique

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    De sur le CWR :

    Un évêque nigérian : l'Afrique n'est pas à l'abri des causes du déclin de l'Église en Europe

    « La foi de notre peuple est forte », déclare l’évêque Mathew Hassan Kukah, « mais nos élites en sont victimes et basculent parfois vers le néo-paganisme. »

    Alors que les églises d'Europe occidentale continuent de fermer leurs portes, de réaménager leurs bâtiments ou de faire face à une apathie généralisée, le Nigeria connaît un réveil catholique qui va à contre-courant des tendances mondiales.

    Avec environ 35 millions de catholiques et un taux de fréquentation de la messe hebdomadaire impressionnant de 94 % (apparemment le plus élevé au monde), ce pays d'Afrique de l'Ouest est incontestablement devenu l'un des bastions les plus dynamiques du catholicisme mondial. Mais cette croissance fulgurante au Nigeria et en Afrique en général n'est pas sans revers.

    Dans cette interview approfondie accordée à Catholic World Report, l'évêque Mathew Hassan Kukah du diocèse de Sokoto au Nigeria se penche sur les racines de l'essor de la foi au Nigeria, l'attribuant aux sacrifices fondateurs des premiers missionnaires et à la stature morale exceptionnelle de la première génération de clergé indigène.

    Pourtant, même s'il se réjouit de cette croissance phénoménale, Kukah n'ignore pas que le virus séculier qui a paralysé le christianisme européen pourrait également infecter l'Afrique.

    Le prélat nigérian met en garde ses fidèles contre toute peur face aux innombrables défis auxquels l'Église est confrontée, depuis la menace insidieuse du matérialisme et les dangers spirituels liés à l'envoi de jeunes inexpérimentés en Occident, jusqu'à la réalité immédiate et sanglante des attaques terroristes et du meurtre de séminaristes.

    Expliquant pourquoi l'Église européenne a perdu son autorité morale en embrassant le pouvoir séculier, Kukah soutient que l'avenir de l'Église catholique au Nigéria, ainsi que de l'Afrique dans son ensemble, ne reposera pas uniquement sur la reproduction biologique, mais sur une foi profondément personnelle et convaincue, bâtie sur le sang des martyrs.

    Vous trouverez ci-dessous des extraits de cette conversation.

    CWR : Church Life Africa (CLA) indique que le Nigéria compte aujourd’hui environ 35 millions de catholiques et enregistre la plus forte fréquentation hebdomadaire de messes au monde, ce qui en fait l’un des centres les plus dynamiques du catholicisme mondial. À quoi attribuez-vous ce dynamisme remarquable et cet engagement profond envers la foi chez les Nigérians, surtout si on les compare à l’apathie observée dans de nombreux pays occidentaux ?

    Mgr Mathew Hassan Kukah : Bien que vos chiffres soient modestes, je ne les contesterai pas, car la croissance de l’Église catholique a été phénoménale au fil du temps. De nombreux facteurs expliquent cette croissance : la qualité du travail missionnaire, leurs sacrifices et les fondements solides qu’ils ont posés, les services d’éducation et de santé qu’ils nous ont offerts, la vie de vertu prônée par le catholicisme ; tous ces éléments ont exercé une grande attraction sur notre peuple.

    Une génération de membres du clergé autochtone particulièrement inspirants a également rehaussé les standards et donné un nouvel élan au catholicisme. Je parle de la première génération de notre clergé africain qui a dirigé l'Église, comme les cardinaux Ekandem, Arinze, Okogie et John Onaiyekan.

    Leur stature imposante exerçait une grande fascination et a inspiré toute une génération de jeunes hommes et femmes.

    CWR : En Afrique, la population catholique est passée de 2 millions en 1900 à 281 millions aujourd’hui. D’après votre expérience pastorale, quelle part de cette croissance attribuez-vous à la ferveur spirituelle inhérente à la culture africaine et quelle part aux efforts structurels de l’Église ?

    L'évêque Kukah : L'action humaine est bien sûr fonction de l'inspiration du Saint-Esprit, sans lequel nous ne pouvons pas appeler Jésus Seigneur.

    Les édifices tels que les cathédrales avaient un attrait particulier à l'époque, mais aujourd'hui, avec l'enracinement de l'Église et l'émergence d'une nouvelle génération de croyants, l'attention se porte de plus en plus sur son influence dans la vie publique. Ainsi, au-delà des chiffres et des bâtiments, nous ne devons jamais perdre de vue les images que Jésus lui-même a utilisées, telles que la lumière, le levain, la cité sur la montagne, etc.

    Ainsi, au-delà des chiffres, nous devons insister sur les fruits de cette foi, car c'est ce qui peut nous soutenir.

    CWR : Un chiffre alarmant du rapport de la CLA révèle que 85 à 90 % de la croissance du catholicisme en Afrique est due à la simple procréation, tandis que seulement 10 à 15 % résulte de la conversion des adultes et de l’évangélisation active. En tant que responsable, ce chiffre vous inquiète-t-il ? Pourquoi une foi qui repose principalement sur la reproduction biologique plutôt que sur l’évangélisation active serait-elle intrinsèquement fragile ?

    L'évêque Kukah : Eh bien, comme vous le savez, les statistiques ont leur importance, mais ce sont des outils utiles et malléables que tout le monde peut utiliser.

     La reproduction biologique est un facteur, certes, mais concrètement, en tant que prêtre, j'ai baptisé et, maintenant, en tant qu'évêque, confirmé des jeunes hommes et femmes dans des établissements d'enseignement supérieur, etc. Dans de nombreux diocèses, nous constatons un regain d'enthousiasme important chez les jeunes, sans parler des conversions d'autres confessions en dehors de l'Église.

    La fragilité est inhérente à toute institution laissée à l'abandon. C'est pourquoi, pape après pape, synode après synode, tous ont insisté sur la nécessité de renouveler la face de la terre, d'évangéliser. Les quatre derniers papes, par exemple, ont tous donné un caractère d'urgence particulier à l'appel à une nouvelle évangélisation et à une Église synodale.

     On constate une prise de conscience croissante de la nécessité de décléricaliser le rôle des laïcs et de s'ouvrir davantage à leur énergie. Les récentes nominations papales de Mme Maria Alvarado et de Sœur Alessandra Smerilli comme préfètes des dicastères pour la Communication et le Développement Humain Intégral en témoignent.

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  • Léon XIV, un défi au cœur même du christianisme

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, un défi au cœur même du christianisme

    10 août 2026

    La grande nouvelle de cette semaine a été la confirmation par le Vatican – attendue depuis longtemps – du voyage du pape Léon XIV en novembre en Argentine, en Uruguay et au Pérou ; mais avant d’entreprendre sa tournée dans ces trois pays d’Amérique du Sud, le pape se rendra en France.

    La visite à la « fille aînée de l’Église » est prévue du 25 au 28 septembre et revêtira une importance particulière.

    C’est un voyage au cœur d’une Europe sécularisée, où, entre autres, la loi sur la fin de vie a été adoptée quelques mois seulement avant l’arrivée du pape. C’est toutefois un voyage dans un pays de chrétienté ancienne, où la foi catholique connaît un renouveau remarquable et où personne ne comprend vraiment pourquoi.

    C’est un voyage qui en dira long sur la manière dont Léon XIV entend faire face à ce qui s’annonce comme une véritable attaque contre le cœur même du christianisme.

    La France, en effet, est également l’un des endroits en Europe où les attaques christophobes sont devenues si répandues qu’il existe même un observatoire dédié à les recenser une à une. La France représente la nouvelle périphérie existentielle de l’Europe, un pays qui se considère comme la « fille aînée » de l’Église mais qui a connu au fil des siècles une vague de sécularisation sans précédent, naturellement favorisée par le climat culturel créé par la Révolution française.

    La France est sans doute aussi le point de départ de la reconstruction d’une culture chrétienne – un objectif pour lequel Léon XIV prépare les fidèles depuis le début de son pontificat.

    Son premier voyage l’a conduit à Monaco, l’un des plus petits pays du monde, pour rendre hommage à une nation dotée d’une ancienne tradition chrétienne, mais surtout pour souligner que chaque nation compte dans un monde multilatéral. Léon XIV disait au monde entier que l’essentiel n’était pas d’écouter les nations puissantes, mais plutôt de tirer parti également des contributions des nations plus petites.

    Puis vint le voyage en Espagne, où 1,2 million de personnes sont venues voir – et entendre – le pape à Madrid, tandis qu’à Barcelone, ville sécularisée et anticléricale, une foule incroyable retenait son souffle devant l’extraordinaire et sincère bénédiction de la Tour de Jésus à la Sagrada Família.

    Aujourd’hui, en France, où le pape ne se rendra pas dans les institutions européennes, contrairement à ce que l’on pensait – cela arrivera, ce n’est qu’une question de temps –, il consacrera néanmoins une journée entière à l’Europe, en se rendant à Metz, la ville du vénérable Robert Schuman, l’un des grands architectes d’une Europe unie après la Seconde Guerre mondiale.

    On a beaucoup parlé de la sécularisation européenne, du crépuscule de la foi, voire de l’éclipse du divin, mais Léon XIV semble dire que c’est précisément à partir des pays de foi ancienne et de sécularisation récente que nous devons recommencer à construire une culture chrétienne capable d’influencer l’opinion publique.

    Alors que les préparatifs du voyage du pape en France battaient leur plein, le président français Emmanuel Macron a fait adopter une loi dépénalisant l’euthanasie. La décision du gouvernement, prise en deux étapes parlementaires qui ont semblé précipitées et idéologiques, a eu pour effet de rallier le monde catholique.

    Depuis des années, les évêques français sont unis dans la lutte contre la libéralisation des soins de fin de vie, publiant des déclarations enflammées sur le sujet et faisant preuve d’une incroyable unité d’intention ; mais lors de ce dernier round, perdu, ils ont bénéficié d’un large soutien de la part de la base (encore culturellement) catholique.

    Les paroles du pape sont très attendues en France, notamment à Lourdes, où il s’adressera aux malades susceptibles de subir des pressions pour mettre fin à leurs jours, mais aussi à Metz, où il appellera à une refondation de la culture européenne fondée sur la dignité de la personne.

    Mais si l'on pleure en France, on ne rit pas ailleurs en Europe.

    Il existe un tout petit pays européen, l’Andorre, gouverné par deux coprinces : l’un est le président de la République française, l’autre est l’évêque d’Urgell. Or, l’Andorre est évidemment catholique, et l’avortement y est interdit en toutes circonstances. Mais il existe actuellement au sein du parlement du pays une forte majorité libérale qui tente d’ouvrir la voie à la légalisation de l’euthanasie dans ce pays également.

    À tel point que le 29 juillet, Xavier Espot, chef du gouvernement andorran, a rencontré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, au Secrétariat d’État. Accompagné de Ladislau Birò, ministre des Relations institutionnelles, ils ont tenté de trouver une « solution compatible avec le cadre constitutionnel andorran » — comme l’indique la déclaration du Premier ministre Espot — afin d’introduire enfin l’avortement dans le pays.

    Le débat dure depuis deux ans, et il est frappant de constater à quel point une telle question est vivement ressentie dans un petit pays comme Andorre. La vérité, c’est qu’Andorre est un symbole : si même le dernier bastion du christianisme en Europe tombe, comment les autres résisteront-ils ?

    Monaco a rejeté une loi sur l'avortement en raison du veto définitif du prince Albert de Monaco. Mais comment un nouveau prince, confronté un jour à une situation similaire, pourra-t-il s'y opposer une fois qu'Andorre aura également légalisé l'avortement ?

    Andorre est donc aussi, d'une certaine manière, un laboratoire.

    Andorre serait le dernier pays catholique, outre Monaco, où l’avortement est un délit. Malte a ouvert la voie à l’avortement à la veille de la visite de Benoît XVI en 2010, tout comme le Portugal en 2007, un pays au christianisme ancestral qui doit toutefois faire face à des majorités libérales qui, en réalité, défendent un programme fondé sur les libertés individuelles, mais jamais sur le bien commun.

    Le Vieux Continent sera-t-il capable de résister ?

    Difficile à dire, compte tenu des nouveaux gouvernements qui semblent instaurer un virage individualiste même dans les pays européens, tandis que le Département d’État américain lance un appel à projets pour promouvoir les valeurs conservatrices en Europe.

    En somme, la question est devenue l’objet d’un conflit idéologique. La politique internationale ne s’intéresse pas réellement aux paroles du pape ou de l’Église. On assiste plutôt à une instrumentalisation des valeurs chrétiennes à des fins politiques, ce qui constitue l’un des grands risques pris par le pape.

    Ainsi, en France, Léon XIV est appelé à repousser l’attaque lancée au cœur même du christianisme. En effet, le grand thème reste l’absence de Dieu. Le cardinal Robert Sarah, dans une interview accordée à Il Foglio le 1er août, a souligné que les gens vivent désormais comme si Dieu n’existait pas.

    On peut légitimement s’attendre à ce que ce soit là le grand thème du voyage de Léon XIV au cœur de l’Europe.

    Il s’agit d’une question cruciale et délicate, difficile à gérer. Pourtant, c’est le seul thème que le pape puisse développer s’il veut surmonter la crise culturelle que traverse aujourd’hui le christianisme. La France est un point de départ ; Andorre peut servir d’étude de cas pour montrer comment les petites nations peuvent être à la merci de grands mouvements politiques transnationaux. Monaco, nous le savons, a été le lieu où le pape a affirmé que chacun, même le plus petit, peut et doit avoir voix au chapitre.

    Peut-être que le thème sous-jacent est que le monde catholique n’a pas véritablement créé de culture ni de mouvement culturel ces dernières années, sans parler d’un activisme déterminé.

    L’heure est venue de tout reconstruire.

    Les voyages du pape peuvent être encourageants à cet égard.

  • Un témoin de la présence de Dieu : Edith Stein (9 août)

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    edith-stein.jpgSainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

    Carmélite déc., vierge, martyre, co-patronne de l'Europe (12 octobre1891 – 9 août 1942)

    Source : http://www.vatican.va/

    « Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d’Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d’une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s’engagent, aujourd’hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités ; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, « jusqu’à ce qu’enfin il trouvât le repos dans le Seigneur » ». Ces paroles furent prononcées par le Pape Jean-Paul II à l’occasion de la béatification d’Edith Stein à Cologne, le 1er mai 1987.

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