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Europe - Page 2

  • Baptême et droit à l’effacement des données à caractère personnel - Comprendre un débat juridique européen

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    D'Alicja Słowik sur le site de l'ECLJ :

    Baptême et droit à l’effacement des données à caractère personnel - Comprendre un débat juridique européen - Article clef

    22 Septembre 2026

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    Sommaire

    I. Droit canonique et doctrine de l’Église : le baptême comme acte unique et indélébile

    II. Droit européen : pluralité des sources du « droit à l’oubli » et enjeux de la protection de la liberté religieuse

    A. Droit de l’Union européenne

    B. Système de la CEDH

    III. Droit comparé : protection bien établie des registres de baptêmes

    Allemagne

    Espagne

    France

    Irlande

    Italie

    Malte

    Pologne

    Slovénie

    IV. Approche des juridictions européennes : à la recherche d’un juste équilibre entre le droit à la protection des données personnelles et la liberté religieuse

    A. Jurisprudence de la CJUE

    B. Jurisprudence de la Cour EDH

    Conclusion

  • En Allemagne et en Suisse, on a marché pour la vie

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    Le samedi 19 septembre 2026, plusieurs grandes « Marches pour la vie » ont eu lieu simultanément en Allemagne et en Suisse :

    • Allemagne : Berlin et Cologne. À Berlin, le Marsch für das Leben, organisé par le Bundesverband Lebensrecht, a réuni plus de 2 000 participants selon la police. Cinq évêques ont participé au cortège, parmi lesquels Mgr Rudolf Voderholzer et Mgr Stefan Oster. Il y a également eu un moment particulièrement touchant lors de la prise de parole de Roberta Acquaah, jeune étudiante en médecine. Elle a présenté un Poetry Slam, « Ich will leben » (« Je veux vivre »), en se plaçant symboliquement du point de vue de l'enfant à naître.

    Hunderte Menschen beim «Marsch für das Leben» | Jesus.de

    • À Cologne, une manifestation similaire a également été organisée; c'était la quatrième Marsch für das Leben. Les organisateurs ont revendiqué environ 2 100 participants. Le cortège était marqué par une forte présence chrétienne visible : croix, images religieuses, statues et groupes familiaux. L'ambiance semble avoir été davantage celle d'une manifestation chrétienne populaire que celle d'un rassemblement institutionnel. Une tentative de perturbation au début du rassemblement a été rapidement contenue ; la suite s'est déroulée sans incident majeur. Le moment le plus significatif semble avoir été davantage lié aux témoignages et à la responsabilité du père. Markus Voss a parlé de la place souvent négligée des hommes lorsqu'une grossesse est inattendue : responsabilité, mais aussi difficulté de trouver leur place dans la décision concernant l'enfant.

    Marche pour la vie Cologne 2026

    • Suisse : Zurich. La 16ᵉ Marche pour la vie (Marsch fürs Läbe) s'est déroulée à Zurich-Oerlikon sous le slogan « Together for Life! », avec environ 2 200 participants selon les organisateurs. La manifestation mettait cette année particulièrement l'accent sur la responsabilité des hommes et des pères face à une grossesse inattendue. Il est intéressant de noter que la Conférence des évêques suisses avait publié, trois jours auparavant, un message sur cette Marche : elle précisait qu'elle ne serait pas officiellement représentée, tout en déclarant « se réjouir de tout soutien à la vie ». À Zurich, la manifestation a par ailleurs été perturbée par plusieurs dizaines de contre-manifestants ; la police municipale indique avoir dû intervenir, notamment avec des canons à eau, après des tentatives de blocage et des jets de bouteilles.

    Aktuell Schweiz - Märsche/Events - Marche pour la vie

    Ces trois rassemblements montrent une mobilisation pro-vie qui ne se réduit pas à la seule question de l'interdiction de l'avortement : à Berlin, elle s'inscrit dans une réflexion plus large sur la bioéthique et la dignité humaine ; à Cologne, elle conserve une expression chrétienne très populaire ; à Zurich, elle cherche explicitement à intégrer le rôle du père et la responsabilité masculine.

  • L’Église catholique et la période post-conciliaire en France : anatomie d’un effondrement

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    D'InfoVaticana :

    L’Église catholique et la période post-conciliaire en France : anatomie d’un effondrement

    20 septembre 2026

    À une semaine de l’arrivée de Léon XIV à Paris, la Salle de Presse du Saint-Siège a fait quelque chose d’inhabituel : mettre sur la table la série historique complète du catholicisme français. Les chiffres, présentés le 18 septembre lors de la conférence de presse de Matteo Bruni sur le voyage, comparent le pays qui a reçu Jean-Paul II en 1980 à celui qui accueille aujourd’hui le pape augustin. Quarante-quatre années séparent les deux visites. Ce qu’il y a entre les deux, dans la froide comptabilité vaticane, c’est la disparition de deux prêtres sur trois et de près de trois paroisses sur quatre.

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    2026_09_21_09_55_50_Greenshot.pngSource : Salle de Presse du Saint-Siège, bulletin B0728, 18 septembre 2026.

    La lecture du tableau n’admet que peu d’interprétations bienveillantes. En 1980, il y avait un prêtre pour 1 382 habitants ; en 2024, un pour 5 270. Les religieuses, colonne vertébrale de l’assistance et de l’enseignement catholiques pendant deux siècles, sont passées de 87 000 à 17 000 : quatre sur cinq ont disparu sans relève. Les mariages religieux, qui frôlaient les 220 000 en 1980, n’atteignent pas 41 000 aujourd’hui, la chute la plus prononcée de toute la série. Et la dernière ligne dresse le portrait d’une inversion historique : la France qui, en 1980, envoyait des missionnaires dans le monde reçoit aujourd’hui chaque année 1 550 prêtres de plus qu’elle n’en envoie.

    Les rares grandeurs qui progressent méritent une lecture prudente. Les diacres permanents se sont multipliés par vingt-neuf, mais le diaconat se nourrit majoritairement de retraités et supplée, sans le remplacer, au clergé qui manque. Les effectifs des collèges catholiques ont gagné 275 000 élèves, bien que cette demande réponde en grande partie à la recherche de discipline et de niveau académique, et non de catéchèse. Le rebond des baptêmes, confirmations et mariages entre 2020 et 2024 s’explique en partie par la reprise après les fermetures de la pandémie, qui ont fait de 2020 le point le plus bas de la série, même si les confirmations ont augmenté de 28 % et dépassent déjà le niveau de 2010, seul indicateur sacramentel à y parvenir. Les premières communions, en revanche, continuent de baisser même après la pandémie.

    Le chiffre de 74,9 % de baptisés — environ 49,7 millions de personnes sur 66 millions d’habitants — provient des registres sacramentels et mesure l’appartenance nominale. C’est, de loin, le chiffre le plus bienveillant de ceux qui circulent, et il convient de ne pas le confondre avec la pratique réelle.

    Ce que mesurent les sondages

    Le sondage le plus complet de ces dernières années est celui qu’Ifop a réalisé en 2025 pour La Croix et le groupe Bayard. Ses conclusions dessinent une pyramide inversée : 5,5 % des adultes français, soit environ trois millions de personnes, vont à la messe chaque dimanche ou au moins deux fois par mois ; 6,5 % se déclarent catholiques mais ne mettent les pieds à l’église qu’à Noël, Pâques ou « presque jamais ». Et selon le même sondage, à peine 46 % des Français se définissent aujourd’hui comme catholiques, vingt-neuf points en dessous du chiffre de baptisés que gère Rome.

    L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), dans sa grande enquête Trajectoires et Origines 2019-2020, corrobore le diagnostic : seuls 8 % de ceux qui se déclarent catholiques fréquentent régulièrement un lieu de culte, contre plus de 20 % chez les musulmans, bouddhistes et autres chrétiens, et 34 % chez les juifs. Le catholicisme est, de loin, la confession la moins pratiquée par ses propres fidèles.

    D’autres chiffres complètent le tableau clinique. La France comptait 65 000 prêtres en 1960 ; il en reste aujourd’hui environ 6 700 en activité, dont près d’un tiers sont étrangers. En 2025, 90 prêtres ont été ordonnés pour les 99 diocèses du pays, chiffre frôlant le minimum historique de 88 enregistré en 2023. Et l’indicateur le plus grave de tous, celui qui anticipe la France dans trente ans : à peine 13 % des enfants nés dans le pays reçoivent le baptême dans leurs premières années de vie, contre près de six sur dix à la fin du XXe siècle. La transmission familiale de la foi, qui a soutenu le catholicisme français pendant quinze siècles, s’est interrompue en une seule génération.

    Quand le fil s’est rompu

    La série vaticane commence en 1980, mais l’effondrement est antérieur. L’historien Guillaume Cuchet, dans son ouvrage de référence Comment notre monde a cessé d’être chrétien (Seuil, 2018), situe la rupture avec une précision quasi chirurgicale en 1965, l’année de clôture du Concile Vatican II. Jusque-là, la pratique dominicale, bien qu’érodée depuis le XIXe siècle, descendait en pente douce ; à partir de cette date, elle s’effondre à la verticale et, en à peine une décennie, perd plus de la moitié de ses effectifs. Cuchet, catholique pratiquant et universitaire rigoureux, n’attribue pas la chute au Concile en soi, mais au message que les fidèles en ont reçu : que l’assistance à la messe avait cessé d’être une obligation grave, que l’enfer était suspendu, que les frontières entre l’Église et le monde étaient devenues poreuses. Des millions de catholiques « de devoir » ont compris que le devoir avait été aboli et ont agi en conséquence.

    Le politologue Jérôme Fourquet, dans L’Archipel français (Seuil, 2019), documente le même phénomène sous un autre angle : le prénom. Jusqu’aux années soixante, l’immense majorité des enfants français recevaient des prénoms du sanctoral ; aujourd’hui, la proportion est marginale. La matrice catholique qui donnait forme à toute la société s’est dissoute et a laissé place à un archipel d’identités sans centre.

    Comparaison : le paradoxe des deux France

    Les mêmes jours où Rome publiait son bilan, d’autres chiffres pointaient dans la direction inverse, et la coexistence des deux est ce qui est vraiment révélateur.

    Lors de la Vigile pascale de 2026, 13 234 adultes ont été baptisés, soit 28 % de plus que l’année précédente et plus du triple des 4 124 de 2016. 42 % de ces catéchumènes ont entre 18 et 25 ans. En y ajoutant les adolescents, le total des nouveaux baptisés à Pâques a dépassé les 20 000 personnes.

    Le pèlerinage de Chartres, célébré intégralement selon le missel traditionnel, a réuni en mai près de 20 000 pèlerins ; les inscriptions ont atteint 14 000 en un seul jour, contre 6 000 l’année précédente, et les organisateurs ont dû fermer les inscriptions. Son président, Philippe Darantière, a constaté que beaucoup de ces jeunes sont entrés dans l’Église précisément par la messe tridentine.

    La Communauté Saint-Martin, avec son clergé en soutane, sa liturgie soignée et sa formation exigeante, a ordonné en juin douze prêtres et dix diacres. Une seule communauté apporte donc plus d’un dixième des ordinations sacerdotales de toute la France. Les abbayes qui se maintiennent — Solesmes, Boulaur, Le Barroux, Fontgombault — partagent un trait commun : latin, chant grégorien, observance intégrale. Celles qui ferment — La Grande Trappe, Chantelle, le Carmel de Compiègne, la Visitation de Nevers, toutes annoncées ces dernières semaines — appartiennent à la génération qui a misé sur l’adaptation.

    Le contraste avec le voisin allemand éclaire le même phénomène. La France compte 49,7 millions de baptisés face aux 19,8 millions de l’Allemagne, plus du double ; pourtant l’Église allemande, avec son système d’impôt ecclésiastique et son « chemin synodal », subit une hémorragie de sorties formelles que la France, sans registre civil d’appartenance, ne peut même pas mesurer. Deux modèles distincts d’accommodement au monde moderne ont conduit au même vide.

    Qu’est-ce qui a échoué ?

    Les données permettent de formuler une hypothèse que la sociologie académique entoure souvent de circonlocutions : ce qui s’est effondré en France n’est pas « l’Église » en abstracto, mais un modèle pastoral concret, dominant depuis le milieu des années soixante, et ce qui croît, ce sont précisément les réalités qui se sont situées en marge de ce modèle.

    La vieille maxime attribuée à Prosper d’Aquitaine, lex orandi, lex credendi, apparaît ici moins comme un principe théologique que comme une loi empirique. Une liturgie horizontalisée, réduite à l’assemblée qui se célèbre elle-même, dépourvue de silence, de sacralité et d’exigence, a produit exactement le type de croyant qu’on pouvait attendre : le catholique occasionnel des 6,5 %, qui se sent lié à une tradition familiale mais ne trouve dans la paroisse rien qu’il ne puisse trouver dans une association culturelle. À l’inverse, les communautés qui ont conservé ou retrouvé une liturgie verticale, avec le sacrifice au centre, attirent des jeunes qui n’ont rien hérité et qui cherchent précisément ce que la pastorale de l’adaptation a considéré comme dispensable.

    Le second pilier du modèle échoué est une théologie morale qui a renoncé à proposer. La génération conciliaire française, nourrie par le personnalisme et par une lecture optimiste de la modernité, a dissous le péché dans la « situation », le commandement dans l’« option fondamentale » et la conversion dans l’« accompagnement ». Cuchet le formule sans détour : quand l’Église a cessé de dire que manquer la messe était un péché grave, les fidèles ont cessé d’y aller. Le besoin moral de l’homme, sa faim d’une norme qui le transcende et l’exige, est resté sans réponse, et ce vide a été comblé par l’islam — dont la pratique régulière triple celle des catholiques, selon l’INSEE —, les spiritualités diffuses et, ces dernières années, le retour des jeunes vers les formes les plus exigeantes du catholicisme.

    Joseph Ratzinger, dans une célèbre allocution radiophonique de 1969, avait prévu une Église future plus petite, qui perdrait privilèges et bâtiments, mais qui renaîtrait à partir de communautés petites et ferventes. La France de 2026 semble confirmer le pronostic jusque dans les détails : les bâtiments se vendent, les paroisses se regroupent, et la vitalité se concentre dans des noyaux réduits, jeunes et doctrinalement fermes.

    Ce que verra Léon XIV

    Le pape trouvera à Paris un Stade de France aux 80 000 places épuisées et une place de la Concorde qui attend des centaines de milliers de personnes. Il verra une Église capable de mobiliser des foules et, en même temps, incapable de remplir ses temples un dimanche ordinaire. Il verra 13 000 convertis adultes et un pays où 87 % des nouveau-nés ne sont plus baptisés. La France qui l’accueille est, à la fois, la preuve de l’échec d’un modèle et le laboratoire de ce qui peut venir ensuite. De quelle leçon le Pontife tirera de ce paradoxe dépendra, dans une large mesure, le cap de l’Église européenne dans la prochaine décennie.

    Sources

    (Tableau et chiffres statistiques intégralement conservés ; texte traduit de l’espagnol vers le français.)

  • En Espagne et en France, les foules rassemblées par le pape Léon XIV remettent en question le discours laïque

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    En Espagne et en France, les foules rassemblées par le pape Léon XIV remettent en question le discours laïque.

    Le pape Léon XIV a attiré plus d'un million de personnes à Madrid cet été — et la France anticipe déjà un succès sans précédent pour son voyage de septembre.

    Le pape Léon XIV salue les catholiques dans la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie de Barcelone, en Espagne, le 9 juin 2026. Son prochain voyage le conduira en France.
    Le pape Léon XIV salue les catholiques dans la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie de Barcelone, en Espagne, le 9 juin 2026. Son prochain voyage le conduira en France. (Photo : Vatican Media)

    Des voyages européens du pape Léon XIV jusqu'à ce jour, un défi inattendu est apparu au récit qui, jusqu'à récemment, était largement tenu pour acquis à travers l'Europe : celui selon lequel la déchristianisation du continent est un fait établi. 

    Ce phénomène n'a jamais été aussi manifeste que lors de la visite du pape en Espagne, du 6 au 12 juin, qui a culminé avec une messe et une procession pour la Fête-Dieu dans des rues bordées de plus de 30 000 œillets, la Plaza de Cibeles de Madrid étant envahie par une foule immense. Les autorités espagnoles ont dénombré plus de 1,2 million de personnes – dont quelque 2 300 ministres de l'Eucharistie servant la messe – ce qui en faisait la plus grande affluence de toute la visite papale. Le nombre de jeunes catholiques participant à la visite papale était frappant, notamment lors de la veillée eucharistique du 6 juin, présidée par le pape sur la Plaza de Lima, dans la capitale. À bord de l'avion pour Madrid, le pape Léon XIV a plaisanté avec les journalistes, affirmant que malgré un concert de Bad Bunny prévu le même soir, « il y en aura aussi quelques-uns pour voir le pape ». Ces « quelques-uns » se sont avérés être plus d'un demi-million.  

    Cette présence des jeunes a pris de nombreuses formes durant le voyage, mais peu de mouvements l'ont incarnée aussi visiblement que Hakuna, un mouvement d'adoration eucharistique qui a débuté comme un simple groupe de jeunes paroissiaux à Madrid en 2013 et qui s'est depuis étendu à plus de 20 pays.  

    Lors de la veillée eucharistique de la Plaza de Lima, c'est le groupe Hakuna Group Music qui a animé la cérémonie devant la foule nombreuse rassemblée, interprétant sa chanson Tú, el único Rey en présence du Pape — une performance qui est devenue l'un des moments les plus partagés en ligne du voyage.  

    « La visite du pape en Espagne a suscité une immense joie », a déclaré Maca Torres, porte-parole du mouvement, au Register. « Ce fut une explosion de liesse dans tout le pays, c'était formidable. » 

    Un renouveau de la foi en plein essor 

    L'enthousiasme inattendu suscité par la visite de Leo, comme en témoigne l'immense nombre d'Espagnols désireux d'apercevoir le nouveau pape, a bouleversé un discours profondément ancré : celui selon lequel la déchristianisation de l'Europe est trop avancée pour que les nouvelles générations prennent l'Église au sérieux, ou du moins pas à une telle échelle.  

    Longtemps, le déclin de l'identité chrétienne en Espagne a semblé inéluctable, la proportion de catholiques parmi les 18-24 ans étant passée d'environ 90 % dans les années 1970 à à peine un tiers. Les chiffres de l'enquête CIS de décembre 2025 suggèrent toutefois que ce déclin s'est enrayé et, selon certaines analyses, s'est même légèrement inversé, notamment chez les jeunes hommes.  

    Ce regain d'intérêt, à l'instar de l'affluence record lors de la visite papale, révèle, selon Torres, un besoin plus profond et moins quantifiable que la simple taille de la foule. « Les gens ont soif de quelque chose de plus », a-t-elle déclaré. « La société, les plateformes de contenu, les réseaux sociaux, tout notre environnement tentent de nous le vendre – ils nous vendent des miettes, et on se rend compte que ça ne nous désaltère pas. »  

    Le mouvement Hakuna n'est qu'un exemple de ce renouveau de la foi en Espagne. Son Heure Sainte hebdomadaire, centrée sur l'adoration eucharistique, est au cœur du mouvement et explique en grande partie son succès international. « Si l'on exclut Dieu, on vit dans un monde qui ne s'arrête jamais, qui ne connaît jamais le silence », a déclaré Torres. « J'ai entendu un prêtre dire un jour que l'adoration est comme un bain de soleil : on ne s'en rend pas compte, mais quelque chose nous imprègne. » 

    Ce même besoin de radicalité, partagé par toute une génération, est à l'origine de la montée en puissance des jeunes qui consacrent leur vie entière à l'Église, un phénomène que Torres dit avoir observé dans son propre cercle d'amis : « Une renaissance de la foi va nécessairement conduire beaucoup de gens à vouloir donner leur vie entière. » 

    Phénomène contagieux ? 

    Ayant constaté ce renouveau de la foi parmi ses pairs, Sofia Alas, une Guatémaltèque membre de la communauté Hakuna, a déclaré que ce phénomène commence souvent par une influence sociale qui laisse ensuite place à quelque chose de plus intériorisé et de plus profond. 

    « On voit ses amis heureux et on se demande pourquoi », dit-elle. « Ils traversent peut-être la pire période de leur vie, mais ils sont heureux… Cette force vient d’autrui, et on le voit. Et puis on la désire aussi. » Cette même ouverture, dit-elle, s’étend désormais à l’expression publique de sa foi : « Il est évident que les jeunes ont de moins en moins peur de montrer leur foi au reste du monde. » 

    Torres a cité l'exemple de Siloé, un groupe de musique urbaine espagnol populaire sans connotation catholique, dont le chanteur, Fito Robles, a déclaré en interview que son rêve d'enfant était de chanter devant le pape et que son art musical était indissociable de sa foi. « En tant que croyant, cela m'inspire profondément », a déclaré Torres. « Quel courage de s'exprimer ainsi dans la culture sécularisée d'aujourd'hui ! » 

    Le renouveau de la foi en France 

    Torres et Alas se demandent tous deux si le renouveau de la foi qu'ils ont observé en Espagne se manifestera lors de la visite du pape en France du 25 au 38 septembre, notamment compte tenu de sa culture anticléricale.  

    De fait, le regain de ferveur religieuse qui semble animer la jeunesse espagnole fait écho à des observations similaires en provenance de la France voisine, où l'attente suscitée par la visite du pape Léon XIV a déjà entraîné la vente de billets à guichets fermés et des dons sans précédent. 

    Par exemple, Torres et Alas indiquent suivre de près la hausse inattendue des baptêmes d'adultes en France. 

    Les premiers chiffres en provenance de France témoignent d'un enthousiasme qui pourrait déjà rivaliser avec celui observé en Espagne en juin. Lors d'une conférence de presse le 8 septembre, les organisateurs ont annoncé que les inscriptions pour la messe en plein air du 26 septembre place de la Concorde à Paris atteignaient toujours 8 000 par jour, faisant ainsi grimper en flèche l'estimation initiale de 500 000 participants. Ils ont également indiqué envisager d'étendre la zone de l'événement au-delà de l'Arc de Triomphe afin d'accueillir la foule.  

    Les évêques français qualifient cette réaction d'inédite. « Cet enthousiasme témoigne d'une très grande soif spirituelle dans notre pays », a déclaré le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence épiscopale française, lors du point de presse. 

    Quels que soient les chiffres finaux, pour Torres et Alas, l'essentiel du prochain voyage du Pape réside dans son impact spirituel. Pour Alas, le Saint-Père joue un rôle déterminant dans la consolidation du renouveau spirituel cette année. « C'est merveilleux de voir comment Dieu agit parmi les jeunes », a-t-elle déclaré, « et comment ces jeunes, à leur tour, peuvent aider ceux qui sont plus éloignés à rencontrer Jésus. » 

  • L’exposition sur les enfants à naître qui fait peur à la gauche

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    Mostra sui nascituri al Parlamento europeo (foto Pro Vita e Famiglia)

    L’exposition sur les enfants à naître qui fait peur à la gauche

    Au Parlement européen, quatorze panneaux présentent le développement de l’enfant dans le sein maternel. La gauche s’insurge, allant jusqu’à demander leur retrait — une demande qui n’a pas été acceptée. Un épisode qui confirme les contradictions de l’idéologie, laquelle redoute la réalité.

    18 septembre 2026

    « L’aventure de la vie commence au moment de la conception, lorsque le spermatozoïde du père féconde l’ovule de la mère, donnant naissance au zygote, premier stade d’un être humain nouveau, unique et irremplaçable. » Ce sont des paroles que l’on pourrait lire dans n’importe quel manuel de biologie. Elles figurent dans une exposition de quatorze panneaux intitulée Just EUman – Comment naît un citoyen européen, qui décrit les différentes étapes du développement de la vie humaine prénatale, de la conception au neuvième mois.

    L’exposition, promue par le député européen Paolo Inselvini (Fratelli d’Italia – groupe des Conservateurs et Réformistes européens) et conçue par Pro Vita & Famiglia, a été présentée du 14 au 17 septembre à Strasbourg, dans les locaux du Parlement européen. Quatre jours seulement : telle était la durée de l’autorisation. Pourtant, certains — c’est-à-dire la gauche et ses alliés — ont tenté de la faire retirer avant son terme.

    « Un rejet des valeurs européennes », « une blessure infligée à la démocratie », « une offense faite à toutes les femmes », sans oublier l’inévitable « retour au Moyen Âge », etc. Dans les commentaires publiés ces derniers jours contre l’exposition, on retrouve tout l’arsenal des slogans forgés au cours des dernières décennies par la propagande favorable à l’avortement pour faire passer pour un « libre choix » ce qui, selon l’auteur, n’en est pas un : la mise à mort d’un être humain innocent.

    Ces réactions émanent de personnalités connues de la politique italienne, telles qu’Alessandra Moretti (Parti démocrate), Ilaria Salis (Alliance des Verts et de la Gauche), Carolina Morace et Valentina Palmisano (Mouvement 5 étoiles), mais aussi de députés européens étrangers, comme la Française Manon Aubry.

    C’est précisément Aubry, coprésidente du groupe de la Gauche, qui a formulé ce qui apparaît comme le commentaire le plus paradoxal, puisqu’il se retourne en quelque sorte contre son auteur : « L’avortement est un meurtre. Voilà, en substance, le message que le Parlement européen diffuse dans ses couloirs à travers une exposition hostile à la liberté de choix, qui affirme que l’embryon est une vie humaine dès la conception. »

    Et qu’est-il donc, sinon une vie humaine ? Un commentaire qui, aux yeux de l’auteur, confine au grotesque et qui illustrerait la manière dont l’idéologie peut s’accompagner d’une méconnaissance de la réalité biologique la plus élémentaire : la vie constitue un continuum, dont le commencement est clairement la conception.

    Cela ne lui a pas suffi. Manon Aubry avait également écrit à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, pour lui demander le retrait de l’exposition — laquelle, comme on l’a indiqué, s’est finalement tenue normalement jusqu’à la date prévue, c’est-à-dire jusqu’à hier.

    À sa lettre s’étaient associés l’autre coprésident du groupe de la Gauche, Martin Schirdewan, ainsi que les présidentes des groupes des Socialistes et Démocrates, Iratxe García Pérez, et des Verts, Terry Reintke. Ilaria Salis avait elle aussi demandé une intervention immédiate de Roberta Metsola, tandis que Carolina Morace était même allée jusqu’à réclamer l’ouverture d’« une enquête interne afin de vérifier que toutes les procédures avaient été respectées ».

    La contradiction est manifeste : nous avons ici des responsables politiques qui, d’un côté, parlent de démocratie et de liberté de choix et qui, de l’autre, voudraient censurer une exposition présentant des informations scientifiquement établies. L’objectif de l’exposition était d’informer afin que « ceux qui sont appelés à légiférer puissent d’abord regarder et constater par eux-mêmes ce que démontre la science ». Depuis quand cela serait-il interdit ?

    Le fond du problème, selon l’auteur, est que les militants favorables à l’avortement ne supporteraient pas une exposition comme celle de Strasbourg parce qu’elle constitue une représentation concrète de la réalité : chacun de nous est passé par chacune des étapes décrites sur ces quatorze panneaux et il ne saurait exister de « droit » ni de « valeur européenne » si l’on ne reconnaît pas au préalable le droit à la vie, à commencer par celui des enfants à naître.

    À celles et ceux qui, comme Moretti, reprochent à l’exposition de « piétiner le droit des femmes à disposer de leur propre corps », l’auteur répond que, lors d’un avortement volontaire, le corps auquel il est mis fin est celui d’une autre personne, laquelle existe en tant que telle dès la conception et serait donc porteuse de tous les droits qui en découlent (cf. Donum Vitae et Dignitas Personae).

    Cette vérité, poursuit-il, échapperait manifestement à certains représentants d’une institution, le Parlement européen, qui depuis quelque temps se « distingue » par des initiatives jugées radicales — notamment le vote par lequel a été adoptée une résolution demandant l’inscription du « droit à l’avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Et ce, alors même que cette matière ne relève pas des compétences de l’Union européenne elle-même : pour qu’une telle modification puisse éventuellement devenir effective, il faudrait notamment l’accord unanime de tous les États membres.

    Lors des obsèques civiles d’Emma Bonino, le secrétaire de +Europa, Riccardo Magi, avait fait l’éloge de la défunte, affirmant qu’elle « n’avait jamais eu peur de critiquer les institutions, jusqu’à désobéir aux lois qu’elle estimait injustes ».

    Parmi les lois que Bonino combattait au nom de ce qu’elle considérait comme des « injustices » figuraient celles qui interdisaient l’avortement. Selon l’auteur, son combat aurait ainsi contribué à normaliser ce qui, auparavant, était unanimement reconnu comme un mal.

    Et ce qui s’est produit avec l’exposition de Strasbourg confirmerait, toujours selon lui, que la normalisation de l’avortement est allée jusqu’à nier à l’autre partie la liberté d’expression la plus élémentaire et la mieux fondée : montrer que celui qui est tué est un être humain, le plus vulnérable de tous ; et montrer qu’une loi de cette nature — opposée à la loi morale naturelle — est précisément une loi injuste.

    Mais, conclut l’auteur, c’est une désobéissance que le pouvoir n’admet pas.

  • Europe : on marchera pour la vie durant ce week-end

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    Marches pour la vie dans les villes de l'UE ce week-end

    Ce week-end, des milliers de personnes participeront aux Marches pour la vie à travers l'Europe.

    Samedi 19 septembre, des marches auront lieu à Berlin et à Cologne , en Allemagne .

    Le dimanche 20 septembre, la Marche nationale pour la vie aura lieu à Bratislava, en Slovaquie . 

    Ces rassemblements envoient un message fort d'espoir pour la vie, réunissant les gens pour défendre la dignité et la protection de chaque vie humaine.

    (One of Us)

  • Le catholicisme, une « religion minoritaire » en France ?

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    Le catholicisme, une « religion minoritaire » en France ?

    À quelques jours de l’arrivée du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, un constat s’impose dans les analyses des spécialistes : le catholicisme n’est plus la religion dominante qu’il fut pendant des siècles. Plusieurs sociologues et historiens le décrivent désormais comme une religion devenue, ou en train de devenir, minoritaire, surtout chez les jeunes générations.

    Selon les données de l’enquête European Values Study (EVS) de 2018, souvent citées par les chercheurs, environ 45 à 48 % des Français âgés de 60 ans et plus se déclarent encore catholiques. Chez les 18-29 ans, ce chiffre s’effondre à 15 %. Dans cette tranche d’âge, les « sans appartenance religieuse » dominent (près de 39 %), suivis des athées (28 %), tandis que les musulmans se situent autour de 13 %. Globalement, seuls 30 à 32 % des Français se disent aujourd’hui catholiques, contre 70 % en 1981. La pratique dominicale, elle, stagne à un niveau très bas, de l’ordre de 1,5 à 2 % de la population.

    Yann Raison du Cleuziou, professeur de science politique à l’université de Bordeaux et spécialiste reconnu du catholicisme contemporain, parle de « transition minoritaire ». « Le catholicisme a longtemps été en déclin tout en restant majoritaire. Aujourd’hui, ce déclin le conduit à devenir minoritaire, mais seulement dans certains segments de la société », explique-t-il. Cette recomposition s’accompagne d’une intensification de la pratique et de l’identité chez ceux qui restent fidèles : un « entre-soi » plus marqué, des communautés plus structurées, parfois plus traditionalistes ou charismatiques.

    La sociologue Céline Béraud, dans son ouvrage Une religion parmi d’autres (PUF, 2025), souligne de son côté que le catholicisme se trouve « dans une situation d’entre-deux ». Il conserve une présence sociale « diffuse » – jours fériés, patrimoine architectural, couverture médiatique – mais perd progressivement les privilèges institutionnels qui étaient les siens lorsqu’il était majoritaire. « La pluralité religieuse tend à le déplacer du côté du lot commun », analyse-t-elle.

    Ce n’est pas pour autant une disparition. Plusieurs observateurs notent un paradoxe : en devenant minoritaire, le catholicisme gagne en visibilité. Il se distingue davantage de la norme séculière dominante. On assiste aussi à des signes de renouveau localisé : hausse des baptêmes d’adultes et d’adolescents ces dernières années, dynamisme de certaines communautés, y compris issues de l’immigration.

    La visite du pape Léon XIV, attendue par des centaines de milliers de personnes à Paris, Lourdes et Metz, intervient précisément dans ce contexte. Elle met en lumière à la fois l’effondrement quantitatif de l’affiliation catholique et les dynamiques de recomposition en cours. Pour beaucoup d’experts, l’enjeu n’est plus de reconquérir une majorité perdue, mais d’apprendre à vivre et à témoigner comme une minorité religieuse dans une société profondément sécularisée.

    Dans la « fille aînée de l’Église », le catholicisme n’est plus le cadre culturel quasi naturel qu’il fut. Il devient une option parmi d’autres – une religion minoritaire, certes, mais encore capable de mobiliser et de surprendre.

    (avec l'IA)

  • Les évêques prennent le patronage de la Marche pour la Vie (Slovaquie)

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    De kath.net/news :

    Les évêques catholiques prennent le patronage de la Marche pour la vie/Slovaquie

    17 septembre 2026

    L'an dernier, le diocèse de Bratislava avait déjà assumé le patronage ; celui-ci sera prolongé cette année.

    Bratislava (kath.net/pl) « Nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. » C’est ce qu’ont écrit les évêques catholiques de Slovaquie dans leur lettre pastorale concernant la Marche nationale pour la vie, qui aura lieu à Bratislava le 20 septembre 2026. L’année dernière, le diocèse de Bratislava avait également accepté le patronage de cette manifestation pro-vie.kath.net avait signalé).

    kath.net publie la lettre pastorale des évêques locaux de tous les diocèses slovaques concernant la prochaine « Marche nationale pour la vie 2026 », lue dans toutes les églises le dimanche 13 septembre 2026 :

    Chers frères et sœurs,

    Les conflits armés nous obligent à réfléchir de toute urgence à la valeur de la vie humaine. Nous sommes douloureusement conscients de l'absurdité des morts de soldats et de civils, victimes des ambitions de pouvoir de certains. Mères en pleurs, veuves, sœurs endeuillées et enfants orphelins sont les conséquences dévastatrices de guerres où, au final, tout le monde perd et où les plus faibles sont les plus durement touchés. « La colère et la fureur sont abominables ; le pécheur s'y attache », lit-on dans le livre de Sirach.

    Sainte Thérèse de Calcutta a illustré avec justesse les liens profonds entre l'agressivité manifeste et l'agressivité latente d'une personne lorsqu'elle a reçu le prix Nobel de la paix il y a près de cinquante ans. Devant une salle silencieuse remplie de personnalités influentes, elle n'a pas hésité à exprimer avec calme et fermeté de profondes vérités sur la vie : « À notre époque, l'avortement est le plus grand fléau de la paix, car c'est une guerre ouverte – un meurtre direct commis par la mère elle-même. Si une mère peut tuer son propre enfant, que peut-on attendre d'autre que ma capacité à vous tuer et la vôtre à me tuer ? Il n'y a aucune différence entre l'avortement et un meurtre mutuel… »

    En ce sens, l’Évangile selon Matthieu (Mt 18, 21-35) nous présente l’exemple troublant du serviteur impitoyable : un débiteur qui, malgré la bonté de son maître et le pardon de sa dette, se montre cruel envers ceux qui lui doivent quelque chose. Au fond, cet exemple renvoie la balle à tous ceux qui jouissent du don de la vie mais le refusent aux autres. « Nous sommes là, soulignait Mère Teresa dans ce discours, parce que nos parents nous ont désirés. Nous aussi, nous désirons nos enfants et nous les aimons. Mais qu’en est-il des millions de personnes tuées par l’avortement ? »

    L’évocation du chiffre de « millions » pourrait rappeler le fait largement rapporté que le nombre d’avortements en Slovaquie est en baisse. Bien sûr, chaque enfant sauvé est une nouvelle merveilleuse et unique. Mais les enfants ne sont pas de simples statistiques ; il n’en demeure pas moins que chaque enfant, en tant qu’être humain à part entière, mérite d’être protégé dès sa conception. Des mesures concrètes de soutien aux mères en situation de crise doivent poursuivre cet objectif – tout comme la législation – à savoir, protéger la vie de la conception à la mort naturelle. Dans l’esprit de l’appel de l’Évangile à « aller au large » (Luc 5, 4) – et conscients de notre propre péché –, nous sommes, bien entendu, également attentifs au contexte plus large. Derrière la décision tragique d’avorter se cachent souvent la peur et l’angoisse – mêlées à des sentiments d’impuissance, de solitude ou de pression de la part du partenaire. L’Église ne souhaite pas condamner les femmes dans une telle situation ; elle cherche plutôt à les accompagner et à les soutenir. Reconnaissant la beauté de la maternité et l'importance du courage et de la responsabilité qu'exige la paternité, nous soutenons toutes les personnes confrontées à un choix moral personnel et leur offrons un large éventail d'aides. Parallèlement, nous reconnaissons la nécessité de protéger la vie après la naissance, notamment celle des mères qui, parfois, ne bénéficient pas de conditions de travail dignes pour élever leurs enfants.

    C’est pourquoi, nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. Il est important d’y participer avec un profond sentiment de liberté intérieure, afin d’exprimer collectivement notre respect pour la vie humaine et son Créateur. Respect de la maternité – personnelle, paisible, compatissante et libre de tout intérêt commercial. Respect du mariage – qui ne requiert aucune précision telle que « entre un homme et une femme », puisque d’autres formes d’union ne sauraient constituer un mariage. Respect de la parentalité, y compris le droit garanti d’élever ses enfants conformément à la loi divine et naturelle. À de nombreuses reprises et dans divers passages de l’Évangile, Jésus souligne que l’amour du prochain ne s’improvise pas. Il ne doit pas être occasionnel ni fragmentaire. Lorsque le Seigneur nous appelle à pardonner « soixante-dix-sept fois » – et l’exige de chacun sans exception –, il affirme que l’amour est une attitude universelle : universelle dans le temps et l’espace, s’étendant à tous sans exception. C’est pourquoi, par amour pour les plus vulnérables, entreprenons ensemble ce voyage : comme pèlerins et compagnons, pour qui chaque personne est chère.

    Les évêques catholiques de Slovaquie vous accordent leur bénédiction. Bratislava, le 3 septembre 2026.

    Ah si les évêques belges pouvaient en prendre de la graine !

  • Les évêques de l'UE s'opposent au "débaptême" : la liberté de l'Église est en jeu.

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Les évêques de l'UE s'opposent au débaptême : la liberté de l'Église est en jeu.

    La Commission des épiscopats des pays européens a fermement et motivé son refus de modifier les registres de baptême, anticipant ainsi l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne sur la demande d'annulation d'un citoyen belge. Cette affaire soulève la question des rapports entre politique et religion et met en lumière l'illusion de la prétendue neutralité des États.

    15/09/2026

    Photo Vatican Media/LaPresse

    La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) rendra prochainement un arrêt sur une affaire relative à une demande de « débaptême ». Un citoyen belge souhaite que son nom soit radié des registres de baptême de l'Église car il ne souhaite plus appartenir à l'Église catholique. Le diocèse a saisi les autorités belges, et l'affaire a ensuite été portée devant la juridiction européenne. Actuellement, la législation nationale interdit cette pratique, imposant à l'Église l'obligation d'inscrire les nouvelles volontés exprimées dans le registre sans pour autant radier le nom.

    Une partie considère cette mesure insuffisante et inappropriée, car elle porte atteinte à la liberté de conscience et aux droits garantis par le Règlement général sur la protection des données (RGPD). C'est vraisemblablement sur la base de ce règlement que la Cour européenne se prononcera.
    La Commission épiscopale des États membres de l'Union européenne (COMECE) a eu raison de présenter, dans un document juridique, les arguments de l'Église catholique contre la modification des registres de baptême.

    La question est juridique, mais avant tout politique , puisqu'elle touche aux rapports entre politique et religion, entre Église et État, entre droit civil et droit canonique. D'où son importance, qui dépasse largement le cadre de cette affaire. Elle touche particulièrement la liberté religieuse, désormais reconnue non seulement par l'État libéral, mais aussi par l'Église. Mais la comprennent-ils de la même manière ? Un incident mineur peut déstabiliser un consensus que l'on croit, à tort, acquis et bouleverser la donne sur une question épineuse.

    Tous les États européens, y compris l'UE elle-même, se réclament aujourd'hui de la neutralité en matière religieuse, reconnaissant ainsi leur incompétence dans ce domaine. Cette neutralité s'exerce de deux manières : soit en excluant toutes les religions de la sphère publique, soit en leur permettant d'y affirmer leur identité. Chacun constate que, dans les deux cas, on parle de neutralité, mais il n'en est rien. L'État, dans les deux cas, réglemente la religion, intervient de manière autoritaire et extérieure, lui impose sa place, la contraint à agir ou à s'abstenir, et ne la reconnaît pas. Elle ne la reconnaît pas, soit parce qu'elle lui interdit d'exister dans l'espace public, soit parce qu'elle la considère comme une religion parmi d'autres, dépourvue d'identité et de dignité propre. Ces deux interprétations de la liberté religieuse ne rendent pas la religion véritablement libre, même si elles reconnaissent la liberté individuelle d'adhérer volontairement à l'une ou à l'autre.

    La liberté de religion n'est pas synonyme de liberté de religion.Dans les deux cas évoqués, l'État se considère supérieur à la religion ; sa neutralité équivaut, en pratique, à la souveraineté. L'Église catholique possède sa propre doctrine, dont un élément fondamental est que le baptême est un sacrement indélébile, une porte d'entrée vers d'autres sacrements et une incorporation non nominale mais essentielle au Corps du Christ. Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours ainsi, et la présence du nom du baptisé en témoigne. Or, l'État, au nom de sa neutralité souveraine, est totalement incompétent en la matière et peut donc, en invoquant souverainement l'une ou l'autre des lois qu'il a promulguées sous cette même souveraineté, en nier la validité.

    Certes, si l'État appliquait non pas ses lois positives, qui n'ont d'autre fondement que sa souveraineté établie et imposée, mais le « bien commun », la situation changerait, car alors les religions prendraient un visage, et celui de la religion catholique brillerait d'un tel éclat que l'État renoncerait à sa neutralité. Mais l'État libéral, s'il demeure tel quel, ne peut aller aussi loin. Il est donc raisonnable de supposer que la décision attendue en octobre autorisera la radiation des personnes baptisées des registres, et si ce n'est pas cette fois-ci, ce sera la prochaine, car tout porte à le croire.

    De plus, si l'Église catholique limite ses prérogatives à se fonder uniquement sur une liberté religieuse très semblable à celle de l'État libéral, sans affirmer sa propre identité et son authenticité dans l'espace public, elle ne peut prétendre à une reconnaissance différente. Si elle exige le respect de son baptême au même titre que celui du droit familial islamique, elle se verra finalement refuser le droit d'être reconnue pour sa spécificité et non selon les préjugés de l'État souverain.

    L'un de ces préjugés est celui de la liberté de conscience . Et de fait, en matière de « débaptême », l'un des critères d'évaluation politique, outre la protection des données personnelles, est la liberté de conscience. Libre alors d'être baptisé, libre aujourd'hui d'être « débaptisé ». L'État libéral moderne raisonne ainsi car, de même que sa souveraineté est vide, la liberté de conscience l'est également à ses yeux. Cet État ne peut même pas envisager qu'il existe dans la vie religieuse quelque chose d'objectif, de transcendant, d'ontologique, d'éternellement valable, d'indélébile, comme le caractère baptismal pour la religion catholique, et que ce quelque chose doive être défendu par la politique car il possède lui aussi une valeur publique. À ses yeux, ce serait une limitation de la liberté de conscience, qui, pour lui, n'est libre que si elle est vide et peut être remplie tantôt par ceci (le baptême), tantôt par son contraire (le débaptême).

  • Ce que révèle une enquête sur la persécution antichrétienne en France

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    De Federico Catani sur Correspondance Européenne :

    Ce que révèle une enquête sur la persécution antichrétienne en France

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    C’est la question à laquelle tente de répondre La persécution antichrétienne a commencé, ouvrage d’Atilio Faoro, chercheur et journaliste catholique installé en France, récemment publié par Avenir de la Culture (le livre peur être commandé sur https://avenirdelaculture.info/commandez/la-persecution-antichretienne-a-commence)

    Le titre est volontairement provocateur. Peut-on réellement parler de « persécution » dans un pays où les catholiques vont librement à la messe et où personne n’est emprisonné pour sa foi ?

    L’auteur reconnaît lui-même la difficulté. La France ne connaît évidemment pas la persécution sanglante que subissent les chrétiens dans certaines régions d’Afrique, d’Asie ou du Moyen-Orient. Mais la persécution commence-t-elle seulement lorsque le sang coule ?

    C’est ici que se situe la thèse centrale du livre : avant de frapper les corps, une persécution peut commencer par transformer les mentalités, marginaliser une religion, effacer ses symboles et rendre progressivement sa présence illégitime dans la vie publique.

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  • Réflexion sur l'Islam en Europe : la précieuse "Petite Feuille Verte"

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    PFV n°109 : L’ÉMERGENCE D’UN ISLAM EUROPÉEN : MYTHE OU RÉALITÉ ?

    PFV n°110 : ISLAM EN EUROPE : ENTRE INFLUENCES EXTÉRIEURES ET RÉALITÉS EUROPÉENNES

    PFV n°111 :LES RENONCEMENTS ATTENDUS DES MUSULMANS POUR UN ISLAM EUROPÉEN

    Nous verrons ainsi les perspectives ouvertes par le programme des nouveaux dirigeants bien que la résistance du Hezbollah à rendre ses armes pose problème, tant sur le plan interne qu’externe.

    PFV n°112 : L’IDÉOLOGIE AU SERVICE D’UN ISLAM EUROPÉEN

    Nous verrons ainsi comment la distinction entre islam et islamisme s’est construite au fil du temps et pourquoi plusieurs auteurs considèrent l’islamisme comme une expression politique et intégrale de l’islam.

  • Le pape dénonce les excès de l’individualisme

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    Le pape Léon XIV a mis en garde mercredi contre un « paradoxe » dans les sociétés occidentales où une importance croissante accordée à la liberté individuelle coexiste avec une peur de plus en plus répandue d'être jugé.

    S’adressant à des évêques de différents pays amis du Mouvement des Focolari, le pape a mis en garde contre les effets de l’individualisme en Occident, « où les réseaux autrefois stables de la famille, de l’amitié et de la communauté cèdent la place à une fragmentation accrue ». (source)

    (...) Je pense aussi à la situation ici en Occident, désormais excessivement marquée par les effets de l’individualisme, là où les réseaux familiaux, amicaux et communautaires autrefois stables laissent place à une plus grande fragmentation, et où la liberté est de plus en plus présentée comme une autonomie absolue – la capacité à poursuivre le bonheur sans aucune limites morales, naturelles voire humaines (cf. Lettres encyclique Magnifica humanitas, n. 118).

    Nous observons pourtant un paradoxe. Malgré l’importance accordée à la liberté individuelle, les gens se sentent aujourd’hui moins libres d’être eux-mêmes ou de suivre leurs idéaux les plus élevés, en raison de leur peur dissimulée d’être jugés ou ne pas rentrer dans le moule. De plus, cette peur de s’ouvrir aux autres, qui accentue le sentiment de division, nous prive en ultime analyse du bonheur pour lequel nous avons été créés, étant donné que nous sommes créés à l’image du Dieu un et trine, qui est lui-même une communion de personnes – Père, Fils et Saint-Esprit. En révélant le cœur du Père, le Christ nous montre la signification la plus profonde de notre existence, de nos relations et de la voie vers le bonheur. À travers le don de l’Esprit, nous sommes devenus des enfants de Dieu, partageant la vie divine, et de cette communion avec Dieu découle notre communion les uns avec les autres en tant que frères et sœurs dans le Christ. Telle est l’Église, un mystère de communion (cf. Dicastère pour la Doctrine de la foi, Communionis Notio, n. 3), le signe et le levain d’unité pour votre monde. 

    (...)