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Europe - Page 2

  • À Bruxelles, le cardinal Parolin appelle l’Europe à retrouver l'audace chrétienne

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    D'Augustine Asta sur Vatican News :

    Le Cardinal Parolin dans la cathédrale de Bruxelles le 11 janvier. Le Cardinal Parolin dans la cathédrale de Bruxelles le 11 janvier.
    À Bruxelles, le cardinal Parolin appelle l’Europe à retrouver l'audace chrétienne
    À l’occasion des 800 ans de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège et légat pontifical, a présidé dimanche 11 janvier la messe en la fête du baptême du Seigneur. Devant les autorités religieuses et civiles, il a inscrit l’histoire de cet édifice dans une réflexion plus large sur la mission de l’Église et l’avenir spirituel de l’Europe, marquée selon lui par la fragilité, les fractures et la perte de repères.

    Dans une cathédrale chargée de huit siècles d’histoire, où ont pris place des centaines de fidèles, en premier lieu le couple royal de Belgique, le cardinal Parolin a d’emblée rappelé que la foi chrétienne ne se développe pas en dehors du temps, mais «au cœur de l’histoire, dans des lieux concrets et à travers des communautés réelles». Bien avant la construction gothique du XIIIᵉ siècle, une première chapelle dédiée à saint Michel, puis une église romane, avaient déjà marqué l’enracinement du christianisme sur la colline bruxelloise. Cette lente maturation illustre, selon le légat pontifical, la nature même de l’Église: «une réalité qui ne naît pas d’un geste isolé, mais d’une fidélité transmise de génération en génération, dans laquelle chacun reçoit, garde et transmet ce qui lui est confié». «Huit siècles d’histoire ont vu cette cathédrale accompagner la vie chrétienne de la ville et du pays», a-t-il souligné, évoquant une foi capable d’habiter les questions de son temps, non sans discernement ni conversion. 

    Saint Michel et sainte Gudule, figures d’une Église en équilibre

    Les premières fondations de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, saints patrons de la cathédrale belge, remontent en effet à 1226, lorsque Henri II, duc de Brabant, décida de construire une église à son emplacement actuel, situé au carrefour des routes menant vers la France et vers l'Allemagne. Les saints patrons de la cathédrale incarnent, aux yeux du cardinal, une vocation toujours actuelle. Saint Michel rappelle la «vigilance et le discernement», tandis que sainte Gudule témoigne de la «fidélité quotidienne». Ensemble, a-t-il poursuivi, ils dessinent le visage d’une Église appelée à conjuguer vérité et service, fermeté et douceur.

    Le Secrétaire d’État du Saint-Siège, a estimé que cette «histoire aussi longue ne referme pas les yeux sur le passé, mais les ouvre sur l'avenir», invitant à regarder au-delà des murs de la cathédrale, vers Bruxelles et sa dimension européenne.

    Bruxelles et l’Europe à l’épreuve des fractures

    Située au cœur des institutions européennes, Bruxelles symbolise pour le cardinal Parolin une ville née de la «rencontre et de la capacité à concilier les différences». Mais l’Europe ,a-t-il noté à l’inverse, traverse aujourd’hui, selon lui, «une période de fragilité profonde, faite de peurs et de fractures non seulement politiques et sociales, mais aussi intérieures et culturelles».

    Dans ce contexte, le christianisme  «n'offre pas de solutions techniques, mais propose des valeurs, des valeurs humaines essentielles» a-t-il rappelé. Le christianisme, a-t-il poursuivi, «rappelle que la dignité de la personne précède tout calcul, que la justice grandit en incluant et non en séparant, que la paix naît de la reconnaissance de l'autre et non de l'équilibre des peurs». Citant l’appel lancé par saint Jean-Paul II à Compostelle en 1982, le cardinal a aussi invité l’Europe à «ne pas avoir peur de s’ouvrir au Christ» pour sortir de l’incertitude et de la crainte.

    Une Église appelée à ne pas devenir insignifiante

    Évoquant les figures de Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi, artisans de la réconciliation européenne après la guerre, le cardinal Parolin a souligné l’importance de reconstruire non seulement des structures, mais aussi la confiance. Un défi qui concerne également l’Église aujourd’hui. Pour lui, le danger principal n’est pas d’être numériquement minoritaire, mais de devenir insignifiante. «Ce n’est pas la faiblesse numérique qui fragilise le témoignage chrétien, mais la perte de l’audace évangélique», a-t-il averti, rappelant que l’Église est appelée à rester sel, lumière et levain dans l’histoire.

    “L'Église ne se place pas au-dessus de l'histoire et ne se confond pas avec elle, mais elle la traverse comme une présence qui accompagne, discerne et sert. La tradition chrétienne l'a exprimé avec des images simples et fortes. Elle est une maison parce que Dieu y habite. Elle est un corps parce que le Christ continue à vivre et à agir. Elle est un peuple parce que personne ne croit tout seul. Comme le rappelait les Pères. L’Église est sainte par le don qu'elle reçoit et fragile par les limites de ceux qui la composent.”

    Le baptême du Christ, style de la présence chrétienne

    S’appuyant sur les lectures de la fête du baptême du Seigneur, le cardinal a médité sur le Christ qui choisit d’entrer dans les eaux du Jourdain pour partager la condition humaine. Un geste d’abaissement et de proximité qui révèle un style: celui d’une justice marquée par la douceur et d’une présence qui «passe en faisant le bien». Ce style, a-t-il rappelé, concerne directement les baptisés. «Ce n’est pas nous qui édifions l’Église: nous sommes les pierres que le Seigneur utilise», a-t-il insisté.

    “L’Église grandit lorsque les différences deviennent une richesse et que l'amour est le lien qui les maintiennent unies. Dans ce cheminement, notre regard se pose sur Marie que le Concile Vatican deux contemple dans le mystère du Christ et de l'Église. En elle, l'Église apprend que la fécondité ne naît pas de la force des structures, mais de la disponibilité à l'action de Dieu, non pas de la visibilité immédiate, mais de la fidélité patiente.”

    Une prière pour Bruxelles, la Belgique et l’Europe

    Pour finir, le cardinal Parolin a confié à l’intercession de Marie l’Église, la ville de Bruxelles, la Belgique, l’Europe et la communauté des nations. Il a exprimé le souhait que la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule demeure «une maison ouverte et un espace de communion», capable de former des consciences à la justice, à la responsabilité et à l’espérance.

  • « Dieu protège la Bulgarie » : les nouvelles pièces bulgares en euros adressent un message à Bruxelles

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    D'Hélène de Lauzun sur The European Conservative :

    « Dieu protège la Bulgarie » : les nouvelles pièces bulgares en euros adressent un message à Bruxelles

    En rejoignant la zone euro, la Bulgarie choisit de réaffirmer son identité chrétienne.

     
    La pièce bulgare de 2 euros à l'effigie de saint Païssius de Hilendar

    La pièce bulgare de 2 euros à l'effigie de saint Païssius de Hilendar Banque centrale européenne

    Le 1er janvier 2026, la Bulgarie a officiellement rejoint la zone euro, adoptant l'euro comme monnaie légale et abandonnant le lev. Ce changement majeur s'est accompagné d'un choix symbolique fort : sur la face nationale de certaines pièces en euros, le gouvernement bulgare a décidé de faire figurer des saints importants et des symboles religieux ou historiques, affirmant ainsi l'importance de son patrimoine chrétien et culturel.

    Contrairement aux pièces, les billets en euros ne permettent aucune expression nationale ou religieuse, car ils ont été conçus pour être identiques dans tous les pays de la zone euro, avec des motifs architecturaux stylisés et neutres afin d'éviter toute référence politique, religieuse ou nationale. Ce caractère abstrait et impersonnel a souvent été critiqué. La neutralité des billets contraste avec la personnalisation des pièces, qui permettent à chaque pays de la zone euro de mettre en valeur certains aspects de son identité propre.

    La pièce de 2 euros rend hommage à Païssi Hilendarski (Saint Païssius de Hilendar), moine orthodoxe du XVIIIe siècle. Auteur de l'ouvrage fondamental « Histoire slavo-bulgare » , texte qui joua un rôle essentiel dans le renouveau national bulgare sous la domination ottomane, Païssi exhortait ses compatriotes à se souvenir de leur foi, de leur langue et de leur identité nationale. L'avers de la pièce présente son portrait. La tranche est gravée de l'inscription « Dieu, protège la Bulgarie », une devise ancienne du royaume bulgare, qui confère à cette pièce une dimension religieuse et historique unique.

    La pièce bulgare d'un euro est dédiée à saint Jean de Rila. Ce saint, patron de la Bulgarie, est une figure centrale du christianisme bulgare. Né au Xᵉ siècle, Jean de Rila mena une vie d'ermite, profondément marquée par la prière et l'ascétisme, avant de fonder le monastère de Rila , qui devint au fil du temps le principal centre spirituel du pays. Sur la pièce, il est représenté de face, tenant une croix et un rouleau, symbolisant à la fois la foi et l'enseignement spirituel. L'inscription « БЪЛГАРИЯ » (Bulgarie) et le mot « ЕВРО » en caractères cyrilliques soulignent l'identité nationale et linguistique de la Bulgarie dans sa nouvelle monnaie commune.

    Pour les pièces de faible valeur (50, 20, 10, 5, 2 et 1 centime), le motif commun est le Cavalier de Madara. Ce bas-relief monumental, datant du VIIIe siècle et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, représente un cavalier transperçant un lion de sa lance. Bien que ce motif soit, à proprement parler, antérieur à la christianisation de la Bulgarie, il est devenu au fil des siècles un symbole de victoire, de protection et de continuité de l'État bulgare, imprégné de la dimension chrétienne, et s'inscrit dans la mémoire collective.

    Ainsi, par ses choix iconographiques, la Bulgarie a cherché à concilier son appartenance à l'Union européenne et à l'euro avec la préservation de ses racines chrétiennes et historiques. Avec l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro, la croix figurera pour la première fois sur les pièces en euros.

    Le message envoyé par Sofia est clair : la participation au projet collectif européen, souvent perçue comme une garantie de modernité, ne doit pas se faire au détriment des traditions nationales, notamment et surtout lorsqu’elles sont religieuses. L’histoire bulgare, marquée par des siècles de domination ottomane, cherche aujourd’hui à s’appuyer sur son passé chrétien de résistance aux envahisseurs. Espérons que ce message sera bien accueilli à Bruxelles.

  • C'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir

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    Le défi que Pierre Manent lance à l'Occident est complexe, affranchi de toute simple nostalgie.

    Dans son ouvrage « Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition », Manent affirme que c'est l'incroyant moderne qui est finalement dépourvu de joie, et la société incrédule moderne qui est sans espoir.

    Au milieu du XVIIe siècle, Blaise Pascal n'était pas le seul à s'inquiéter du fait que sa nation et son continent n'étaient plus suffisamment chrétiens. Aujourd'hui, l'idée d'une société chrétienne est bien plus éloignée de la réalité qu'à l'époque de Pascal, et pourtant, comme l'écrivait T.S. Eliot dans son introduction à l'édition de poche de 1958 des  Pensées de Pascal chez Dutton, le monde moderne compte encore un nombre non négligeable de personnes pour qui « le christianisme, et le christianisme catholique, expliquent le mieux le monde et surtout le monde moral intérieur ».

    L’œuvre de Pascal nous offre une sagesse précieuse pour réfléchir non seulement à la manière d’être des chrétiens authentiques à chaque génération, mais aussi à la façon de reconstruire aujourd’hui la société occidentale sur la base de la foi qui l’a longtemps définie. Pierre Manent, figure emblématique de la philosophie politique française, réinterprète Pascal pour notre temps, ravivant l’espoir d’un avenir fidèle à la foi.

    Dans son nouvel ouvrage publié aux Presses de l'Université de Notre Dame,  *Challenging Modern Atheism and Indifference: Pascal's Defense of the Christian Proposition*  ( traduit par Paul Seaton ), Manent commence par un constat sans détour de l'état spirituel actuel de son continent : « L'Europe n'aborde pas la question de Dieu, si ce n'est pour la tenir à distance. Elle ne fait que l'effleurer afin de ne pas en être affectée. » En Europe aujourd'hui, et sans doute aussi aux États-Unis, on ne sait guère par où commencer pour examiner ce qu'est le christianisme, ce qu'il devrait être, ou ce qu'il devrait apporter à l'individu. Plus important encore, rares sont ceux qui osent même s'interroger sur la possibilité d'être un  peuple chrétien . Comme le souligne Manent dans un ouvrage précédent, *  Beyond Radical Secularism* ( 2015 ), la société chrétienne est devenue presque du jour au lendemain « un monde aussi éloigné de nous que les Grecs et les Romains ».

    C'était une anomalie dans le système séculier ; aussi, lorsque des foules de jeunes adultes, chapelets à la main, ont encerclé la cathédrale Notre-Dame de Paris, menacée par les flammes, le 15 avril 2019, implorant qu'on l'épargne, ce jour-là, tandis que le père Jean-Marc Fournier se précipitait à l'intérieur pour sauver la relique de la couronne d'épines du Christ, c'était comme si les plus hautes valeurs d'une époque révolue avaient fait irruption dans le relativisme établi de l'ère post-chrétienne. Une église, et par extension l'  Église, semblait de nouveau primordiale aux yeux du monde. Ou peut-être un géant endormi s'était-il brièvement réveillé.

    Dans ces moments-là, l'indifférence envers le christianisme, ancrée dans ce qu'Eliot décrit comme le « point de vue incrédule » de Voltaire, paraît absurde. Nous comprenons que tout n'est pas perdu. Il reste encore un territoire religieux intact, et un travail de restauration passionnant nous attend, nous qui croyons. Comme l'écrit Daniel J. Mahoney dans sa préface minutieuse à  *Challenging Modern Atheism and Indifference* , « l'Europe ne peut échapper à l'influence du christianisme ».

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  • Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, aujourd'hui, ils s'installent à l'intérieur...

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    Du sur le CWR :

    Retrouver le fil d'or de la civilisation occidentale

    Alors que les barbares se tenaient habituellement à l'extérieur des portes, constituant une menace visible, aujourd'hui ils se tiennent fermement à l'intérieur.

    À quoi ressemblerait l'effondrement de la civilisation ?

    On pourrait immédiatement penser aux coupures d'électricité, aux perturbations des chaînes d'approvisionnement, à la violence urbaine et au dysfonctionnement de l'État. Certes, ces éléments peuvent témoigner du fonctionnement d'une société moderne, mais ils ne constituent pas l'essence même de la civilisation. Une personne civilisée ne se contente pas de vivre en ville (la « civitas » , qui donne son nom à la civilisation), mais se conforme à un idéal culturel. Un barbare vit au gré de ses besoins et désirs immédiats, tandis qu'une personne civilisée pense et agit selon des principes plus élevés de décence et de noblesse, reconnaissant des valeurs supérieures au sein de l'âme et de la société.

    Les grandes civilisations se sont fixé des objectifs qui transcendent les préoccupations quotidiennes, tels que le perfectionnement de l'esprit, la culture des arts et la promotion d'une vie vertueuse. Le barbare ne peut saisir l'essence ni la finalité de ces fins, les jugeant impraticables ou vaines, ce qui explique pourquoi il était souvent connu pour détruire les acquis de la civilisation. Ceux qui œuvraient à bâtir un héritage culturel en comprenaient généralement la fragilité et la nécessité constante de le transmettre et de le défendre.

    Alors que les barbares se tenaient autrefois aux portes, menaçants et invisibles, aujourd'hui, ils s'y installent. Nous sommes les barbares. Nous avons peu à peu sapé les acquis des deux mille cinq cents dernières années, les rejetant sans les transmettre à nos enfants. Notre façon de parler, de nous habiller, de penser, d'agir et, surtout peut-être, de nous divertir, témoigne d'un manque d'âme civilisée. Et cette corruption intérieure s'est déjà manifestée extérieurement : nous méprisons la vie humaine, corrompons les enfants par l'idéologie à l'école et laissons les foules semer le chaos.

    La civilisation occidentale a été menacée d'extinction à maintes reprises. Lors de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, envahi par une succession de tribus germaniques, l'œuvre de Boèce et de Cassiodore a assuré la survie du savoir classique grâce à leurs manuels et traductions, copiés par des générations de scribes monastiques. Lorsque ces populations barbares se convertirent enfin au catholicisme et commencèrent à rétablir l'ordre sous Charlemagne, une nouvelle vague d'invasions détruisit une grande partie de ce qui avait été accompli. Alfred le Grand, combattant la Grande Armée païenne, entreprit personnellement de traduire des ouvrages importants du latin en vieil anglais afin de préserver la culture de son royaume assiégé.

    À l'époque moderne, Dom Prosper Guéranger a rétabli la vie bénédictine en France après la fermeture des monastères par Napoléon, faisant de son monastère de Solesmes un symbole de la renaissance chrétienne en tant que centre de collecte de manuscrits qui a stimulé l'étude des Pères de l'Église et un renouveau du chant grégorien.

    « L’Occident a échoué », déclara Denethor, désespéré, dans Le Seigneur des Anneaux de Tolkien . Même si l’Occident a sombré dans la barbarie à bien des égards, nous ne sommes nullement condamnés à y demeurer. Il sera toutefois difficile de recouvrer l’héritage de notre civilisation si nous restons dans l’ignorance. Nous avons besoin d’une meilleure connaissance des actes, des œuvres et des idéaux de la civilisation occidentale pour former nos esprits et inspirer la renaissance d’une société civilisée. Pour ceux qui débutent, il est utile de se procurer un guide de voyage, conçu pour nous orienter et nous permettre de découvrir par nous-mêmes le riche héritage de l’Occident.

    Un nouvel ouvrage en deux volumes vise précisément cet objectif : *Le Fil d’or : Histoire de la tradition occidentale* , écrit par les éminents chercheurs Allen Guelzo et James Hankins (Golden Thread Academics est une collection d’Encounter Books). Ce travail colossal, qui retrace l’histoire de l’Occident de la Grèce antique au XXe siècle, compte plus de deux mille pages au total (de quoi me donner des crampes à la main pendant ma lecture !).

    L'ouvrage est magnifiquement réalisé, richement illustré d'œuvres d'art, de portraits, de frises chronologiques et de nombreuses cartes. Il comprend également de courts extraits de sources primaires et des « fils narratifs » qui offrent un contexte et une perspective supplémentaires sur les œuvres culturelles. J'apprécie son approche interdisciplinaire qui, bien qu'à dominante historique, accorde une attention particulière à la philosophie, à l'art, à la religion, au droit, à la littérature et aux sciences.

    Et, contrairement à beaucoup d'autres ouvrages, il ne survole pas la chrétienté médiévale ; au contraire, il consacre une large place à l'essor de la Rome chrétienne et au développement d'une culture spécifiquement chrétienne en Occident.

    Nous nous sommes peut-être égarés, mais nous n'avons pas encore échoué. Nous pouvons retrouver notre chemin, en renouant avec le fil d'or de notre tradition. L'image du fil d'or remonte à Thésée, qui s'en servit pour se repérer dans le labyrinthe lors de sa quête pour terrasser le Minotaure. Si cette bête mythique représentait une obscurité destructrice tapie sous la surface de la civilisation, elle a refait surface sous une nouvelle forme technologique. Notre propre création menace de nous submerger, et il est hors de question de s'enliser dans le doute existentiel.

    Pour relever ce défi, nous devons réfléchir davantage, et non moins, redécouvrir la beauté de l'amour sacrificiel et devenir des créateurs culturels plutôt que de sombrer dans la passivité.

    Il est temps de renouer avec le fil d'or de l'Occident afin de perpétuer cette grande et noble tradition, en puisant dans ses profondeurs pour surmonter notre superficialité et réparer sa partie brisée en la transmettant à la génération suivante.

  • Chantal Delsol : la Tragédie migratoire et la Chute des Empires

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    La Tragédie migratoire et la Chute des empires

    Augustin d’Hippone, saint Augustin pour les chrétiens, a vécu à l’époque angoissante où son monde était en train de se défaire (Ve siècle). Après une existence tumultueuse, il est mort dans sa ville assiégée par les Vandales. L’analogie s’impose entre son époque et la nôtre. Dans les deux cas, un empire très civilisé, puissant et orgueilleux se voit investi et finalement démantelé par des cultures plus frustes et moins avancées, qu’à son époque on appelait « barbares ». Dans les deux cas, l’empire en question est responsable de graves manquements, parce que la puissance court toujours à la démesure et à la violence. Dans les deux cas l’empire menacé manifeste une culpabilité, chrétienne alors, aujourd’hui postchrétienne, vis-à-vis des envahisseurs qu’un mystérieux complexe l’empêche de repousser efficacement. Dans les deux cas, la fin qui approche laisse penser à quelque apocalypse, et il en est de toutes sortes. Les temps sont noirs et incertains. L’esprit s’avance dans cette obscurité. Mais l’espérance est toujours neuve. Augustin, jeunesse chahuteuse, âme tourmentée, cœur casanier détestant les voyages, ne redoutait pour lui-même qu’une chose : se donner « une vie gonflée de vent ». C’est peut-être le sens de la vie qui manque le plus aux époques comme la nôtre. L’auteur de La Cité de Dieu est un penseur des commencements, un écrivain de la promesse. À nous, qui sommes des tard-venus, il peut en apprendre beaucoup. Chantal Delsol est philosophe et écrivain, professeur émérite des universités en philosophie politique. Elle a créé et dirigé l’Institut Hannah-Arendt fondé en 1993. Elle est membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

    source

  • "Il existe un « vide immense » dans le cœur de l'Europe, causé par des siècles de sécularisme"

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    De George Weigel sur le NCR :

    Laïcité, sécurité et « effacement civilisationnel »

    COMMENTAIRE : Tant qu'une masse critique d'Européens ne s'attaquera pas à son malaise culturel, le continent continuera de se débattre à la recherche d'un avenir viable.

    Il y a vingt ans, j'ai publié un petit livre, Le Cube et la Cathédrale : Europe, Amérique et politique sans Dieu. Il a connu un succès honorable, a été traduit en français, espagnol, polonais, italien, portugais et hongrois, et a figuré sur la liste des meilleures ventes de la revue Foreign Affairs .  

    J’y soutenais que l’Europe traversait une crise de « moralité civilisationnelle », manifeste par des bureaucraties gouvernementales sclérosées, un refus de contribuer comme il se doit à la défense de l’Occident, diverses formes de ce que nous appelons aujourd’hui le wokisme, et un effondrement des taux de natalité : un refus délibéré de créer l’avenir de l’humanité au sens le plus élémentaire, en créant des générations futures.  

    Je n'étais pas le seul à constater ces problèmes à l'époque.  

    Dans son exhortation apostolique de 2003, Ecclesia in Europa (L'Église en Europe), le pape Jean-Paul II a soulevé des préoccupations similaires, parmi lesquelles il a noté en Europe « … [Une] peur de l'avenir… [Un] vide intérieur qui s'empare de nombreuses personnes… Une fragmentation existentielle généralisée [dans laquelle] un sentiment de solitude est répandu… Un affaiblissement du concept même de famille… Un égoïsme qui replie les groupes et les individus sur eux-mêmes… Un manque croissant de considération pour l'éthique et une préoccupation obsessionnelle pour les intérêts et les privilèges personnels [conduisant à] la diminution du nombre de naissances. »  

    Ni les propos du Pape ni les miens n'étaient empreints de colère, et encore moins de mépris. Il était Européen ; je croyais alors, comme aujourd'hui, que l'Amérique est une Europe transplantée. Nous avons tous deux écrit par affection et par souci du bien-être des autres. 

    C’est peut-être là la différence cruciale entre ce que j’ai écrit dans Le Cube et la Cathédrale, ce que Jean-Paul II a écrit dans Ecclesia in Europa, et l’affirmation, dans la Stratégie de sécurité nationale (NSS) récemment publiée par les États-Unis, selon laquelle l’Europe est confrontée à la perspective d’une « effacement civilisationnel ».  

    Certes, la situation démographique en Europe s'est encore compliquée depuis que le pape et moi avons écrit, avec l'arrivée massive d'immigrants venus d'une autre sphère civilisationnelle – dont beaucoup méprisent l'Occident tout en cherchant refuge loin de leurs propres États en faillite – qui comblent le vide laissé par l'infertilité de masse dont l'Europe est elle-même victime. Aussi sévère que soit le discours, l'affirmation de la NSS selon laquelle « si les tendances actuelles se poursuivent, l'Europe sera méconnaissable d'ici 20 ans, voire moins, n'est pas totalement exagérée ».  

    Certaines régions d'Europe le sont, maintenant. 

    Ce que je reproche de fond à la NSS , plutôt que de simple question de ton, c'est son incapacité à creuser suffisamment profondément les racines du malaise européen du XXIe siècle, et son apparente insouciance face au néo-impérialisme brutal de la Russie de Vladimir Poutine. 

    Pour reprendre les mots de Leon Kass, il existe un « vide immense » dans le cœur de l'Europe, causé par des siècles de sécularisme — et, il faut bien l'admettre, par l'incapacité d'une grande partie du catholicisme européen à embrasser la Nouvelle Évangélisation et à entreprendre la reconversion (ou, dans de nombreux cas, la conversion) à la foi chrétienne du cœur historique du christianisme.  

    Le catholicisme édulcoré, qui imite l'esprit du temps laïc, sa culture décadente et sa politique woke, ne peut être la réponse à la crise morale civilisationnelle et à l'autodestruction démographique de l'Europe.  

    Tant qu'une masse critique d'Européens n'aura pas reconnu que le sécularisme progressiste ne peut constituer un fondement culturel solide ni pour les États autonomes ni pour l'Union européenne, l'Europe continuera de tâtonner à la recherche d'un avenir viable. Contribuer à la formation de cette masse critique est la mission première de l'Église en Europe aujourd'hui : non pas en s'engageant dans la politique partisane, mais en proclamant Jésus-Christ comme la réponse à la question existentielle de chaque être humain.  

    Il est grand temps, donc, que l'Europe cesse de se soumettre à la laïcité française et à ses effets néfastes sur les individus, la culture et la vie publique. En se libérant de cette habitude indigne, l'Europe pourra bâtir un avenir digne de son héritage civilisationnel.  

    Quant à la Russie, il est difficile de comprendre ce que le NSS entend par rétablissement de la « stabilité stratégique » avec un pays sous l'emprise du tsar Poutine. À l'aube du quatrième anniversaire de l'invasion barbare par la Russie d'un État européen souverain – une guerre de conquête menée en violation de toutes les normes internationales imaginables de comportement civilisé – comment une personne sérieuse peut-elle concevoir la possibilité d'une « stabilité stratégique » avec une Russie dirigée par un homme qui a clairement fait savoir qu'il ne s'intéresse pas à la « stabilité », mais précisément à son contraire : le renversement du verdict de l'histoire dans la Guerre froide et le rétablissement des empires intérieur et extérieur de Staline ?   

    Enfin, l'absence de toute mention de la défense et de la promotion des droits de l'homme parmi les préoccupations de la politique étrangère américaine rend la nouvelle Stratégie de sécurité nationale peu convaincante comme un appel à un regain de responsabilité morale et de détermination en Occident. Elle constitue également un échec quant à la capacité de notre pays à exercer un leadership moral sur la scène internationale.  

    Mais c'est ce qui a tendance à se produire lorsque la stratégie est confondue avec «l'opportunité commerciale». 

  • L'Europe doit redevenir chrétienne. Nous n'avons pas d'autre choix, mais c'est un choix réjouissant.

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    L'éditorial de l'European Conservative pour Noël :

    La chrétienté se relève : un chemin vers l'espoir

    Détail de l'Adoration des Mages (vers 1420), une tempera sur panneau de bois de 115 × 170–183 cm de Lorenzo Monaco (1370-vers 1425), située à la Galerie des Offices à Florence, en Italie.

    Lorenzo Monaco, domaine public, via Wikimedia Commons

    L'Europe doit redevenir chrétienne. Nous n'avons pas d'autre choix, mais c'est un choix réjouissant. Une étoile brille dans le ciel, il nous suffit de la suivre.

    Ce 25 décembre, seule une minorité d'Européens se rendra à l'église pour célébrer cette journée. Parmi les fêtes chrétiennes, Noël est la seule à rester vivante dans l'imaginaire occidental moderne. Il y a une raison à cela : les objets. 

    À Noël, les gens reçoivent des cadeaux. Une société fondée sur le matérialisme et la marchandisation, une société qui a transposé notre désir inné d'infini sur le fini, continuera de célébrer une fête chrétienne si elle peut être présentée comme une occasion d'acquérir davantage de biens.

    Heureusement, partout dans le monde, des gens connaissent encore le véritable sens de Noël. Ils se lèvent et vont à l'église, sachant qu'en chemin, ils risquent d'être lapidés, massacrés à la machette dans la rue, ou encore, arrivés à l'église, réduits en miettes par une bombe soigneusement placée. Je pense aux chrétiens d'Égypte, du Nigeria, du Pakistan et de nombreux autres pays à travers le monde. 

    L'organisation Portes Ouvertes, une organisation non confessionnelle qui soutient les chrétiens persécutés dans le monde entier, a recensé, l'an dernier, 7 679 églises et propriétés chrétiennes incendiées ou gravement endommagées, 4 744 personnes emprisonnées pour leur foi chrétienne et 4 476 chrétiens tués pour leur religion. Pourtant, la plupart d'entre nous, en Occident, ne prenons même pas la peine d'assister à la messe de Noël du quartier. 

    Hormis la Jordanie – un pays qui n'existe que depuis quatre-vingts ans –, il n'existe aucun exemple d'État islamique qui ne persécute pas les chrétiens. Ce constat est significatif, car une montée en puissance de l'islam en Europe pourrait signifier que le vieux continent se retrouve sous domination islamique dans un avenir proche. Les conséquences que cela pourrait avoir pour les chrétiens d'Europe méritent d'être examinées.

    L’hostilité envers les chrétiens, observable à travers le monde, explique peut-être la profonde sympathie que nourrissent nos dirigeants laïcs pour l’islam ; ils voient sans doute en l’islam un moyen essentiel d’exorciser l’Europe de son christianisme. Mais nos élites s’inquiètent. Elles craignent un retour du christianisme, malgré tous leurs efforts pour le saper et l’anéantir. Leur dernière tactique est intéressante : elles prétendent que la droite politique s’approprie cyniquement le christianisme à des fins de division. Les signes d’un réveil chrétien, disent-elles, ne sont rien d’autre qu’un fascisme voilé se faisant passer pour de la piété.

    Mais que se passerait-il si une part importante de la population en venait réellement à croire que sa civilisation ne pouvait survivre sans un retour à la foi chrétienne ?

    Ceux qui sont accusés de « politiser le christianisme » ne font en réalité que reconnaître que le christianisme est déjà intrinsèquement politique. Après tout, le christianisme appelle à faire des disciples parmi toutes les nations (Matthieu 28:19) ; il enseigne qu'il n'y a de pouvoir terrestre que celui qui vient d'en haut (Jean 19:11) ; que tout genou fléchit au nom de Jésus, au ciel, sur la terre et sous la terre (Philippiens 2:10) ; et le christianisme attend avec impatience la résurrection des morts, lorsque toutes les nations de la terre se rassembleront devant l'Agneau (Apocalypse 7:9). Quoi qu'en dise votre pasteur, le christianisme est déjà politique. 

    Nombreux sont ceux qui prennent conscience que des décennies d'athéisme, de laïcité, de progressisme et de matérialisme nous ont affaiblis et rendus efféminés. L'Europe redécouvrira-t-elle l'esprit de Charles Martel et de saint Boniface, que Martel soutint et protégea, ou bien elle s'effondrera-t-elle. Comme l'écrivait le grand historien anglais Christopher Dawson, vers le milieu du siècle dernier :

    Aucune civilisation, pas même celle de la Grèce antique, n'a jamais connu un processus de transformation aussi continu et profond que celui qu'a connu l'Europe occidentale au cours des 900 dernières années. … Le principe de ce changement a été spirituel, et le progrès de la civilisation occidentale est intimement lié à l'éthique dynamique du christianisme occidental.

    Chacun des cinquante mille clochers et tours d'églises à travers l'Europe témoigne que la Foi est l'âme de notre civilisation. Et si Dawson a raison dans ce qu'il écrit plus haut, alors soit le christianisme est politique – en ce sens qu'il anime et influence les sociétés qu'il imprègne –, soit il ne l'est plus, auquel cas il a tout intérêt à le redevenir, car l'alternative est la fin de notre civilisation.

    Il convient de méditer sur le rôle des Rois mages. Ces sages venus d'Orient, probablement des prêtres-astrologues zoroastriens originaires de Perse, sont devenus, dans l'imaginaire chrétien, le symbole des nations. 

    Les Rois mages sont venus représenter tous les peuples de la terre, qui doivent s'humilier et se prosterner devant le Seigneur, et finalement devenir ses disciples. Les nations occidentales ne font pas exception. Si elles ont abandonné le Seigneur dans quelque accès damné d'apostasie hystérique, elles doivent se repentir et revenir à Lui. Et si les athées et les progressistes désespèrent à l'idée d'une telle conversion des nations, nous devrions nous réjouir d'autant plus des premiers signes de celle-ci.

    L'Europe doit redevenir chrétienne. Nous n'avons pas d'autre choix, mais c'est un choix réjouissant. Une étoile brille dans le ciel, il nous suffit de la suivre. 

  • Haine anti-chrétienne en Europe : un rapport met en garde contre un phénomène croissant

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    D'Hélène de Lauzun sur The European Conservative :

    Haine anti-chrétienne en Europe : un rapport met en garde contre un phénomène croissant

    Les chrétiens sont devenus une minorité parmi d'autres, mais avec moins de droits que les autres.

    La Vierge Marie en tant que Mater Dolorosa (Mère des Douleurs) - Musée Unterlinden, CC BY 2.0 , via Wikimedia Commons

    La « christianophobie » – définie comme l’hostilité, la discrimination ou la violence dirigées contre les personnes et les symboles chrétiens en raison de leur appartenance à la religion chrétienne – est un phénomène de plus en plus visible et grave en Europe. Un rapport publié le 1er décembre par le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) met en lumière une réalité souvent sous-estimée : la montée des crimes de haine antichrétiens – physiques, juridiques et sociaux – affecte profondément la liberté religieuse et le quotidien des chrétiens sur le continent.

    L’ECLJ et l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe (OIDAC) ont compilé des données montrant qu’au moins 2 211 crimes antichrétiens ont été commis en 2024, dont 274 agressions physiques, dans un panel de 35 pays européens étudiés.

    Ces actes englobent un large éventail de violences : du vandalisme à la profanation d’églises, des incendies criminels aux menaces directes, voire aux agressions physiques graves. L’une des tragédies les plus marquantes fut l’assassinat, le 1er septembre à Lyon, d’un chrétien, Ashur Sarnaya , tué en raison de sa foi alors qu’il témoignait en direct sur les réseaux sociaux – un meurtre passé sous silence par les médias, à l’exception des plateformes conservatrices et chrétiennes.

    Ce niveau d'agression n'est pas un phénomène isolé, mais s'inscrit dans une tendance croissante de ces dernières années, reflétant une augmentation inquiétante des violences antichrétiennes en Europe.

    Le rapport de l'ECLJ établit une typologie des actes antichrétiens, révélant l'ampleur du phénomène. Le vandalisme est la forme d'hostilité la plus courante. Églises et symboles religieux dans l'espace public sont régulièrement pris pour cible : graffitis, croix renversées, statues endommagées ou brisées. Une part importante de ces actes consiste en des incendies criminels de lieux de culte, souvent sans revendication explicite. Les profanations sont en augmentation : de nombreux lieux sacrés sont délibérément profanés, portant atteinte à la dimension spirituelle des édifices religieux, sans susciter d'indignation publique. Croix, reliquaires et autres objets sacrés sont volés ou détruits, privant les communautés de leur patrimoine symbolique. Mais le problème le plus grave demeure la recrudescence des menaces et des violences interpersonnelles : fidèles, prêtres et responsables religieux sont victimes d'intimidations et d'agressions physiques, y compris de tentatives de meurtre.

    Cette diversité d’attaques montre que la christianophobie ne se limite pas à des incidents isolés : elle se manifeste par des attaques répétées contre les croyants, leurs lieux de culte et leurs pratiques, donnant l’impression du début d’une persécution systématique.

    Le rapport de l'ECLJ met en lumière plusieurs facteurs expliquant cette montée de l'hostilité envers les chrétiens. La sécularisation et le laïcisme militant ciblent explicitement la foi chrétienne. Dans certains pays, une culture laïque forte tend à rejeter toute expression publique de la foi chrétienne, considérant les symboles religieux comme des obstacles à une société « neutre ». L'extrémisme idéologique prospère sur cette sécularisation, devenue partie intégrante des sociétés européennes. Les groupes d'extrême gauche, souvent opposés aux valeurs traditionnelles associées au christianisme, contribuent à la stigmatisation et à la marginalisation des croyants. Mais les chrétiens sont aussi victimes de la radicalisation religieuse violente de certains musulmans , responsables d'agressions physiques graves et victimes de « guerre sainte » ou de djihad .

    Ces facteurs se conjuguent pour créer un climat dans lequel la haine envers les chrétiens peut se banaliser, être sous-estimée ou, trop souvent, rester sans réponse institutionnelle adéquate.

    L'un des points clés du rapport est la sous-estimation importante de l'ampleur réelle du phénomène. Nombre de victimes chrétiennes hésitent à signaler les actes antichrétiens par crainte d'être accusées de se victimiser ou d'« attiser les tensions ». De plus, les autorités publiques elles-mêmes ont tendance à sous-estimer ces actes, car certains ne relèvent pas des catégories officielles de « crimes de haine ». Par exemple, en Allemagne, seules les attaques reconnues comme « à motivation politique » sont officiellement enregistrées, excluant ainsi un grand nombre d'actes à motivation religieuse.

    Au-delà des violences physiques, le rapport met en lumière une marginalisation généralisée des chrétiens dans l'espace public. Ils subissent des restrictions à leur liberté religieuse. Dans certains contextes, la pratique religieuse est entravée par des interdictions implicites ou des sanctions administratives pour des comportements aussi simples que la prière silencieuse à proximité d'un établissement public. Sur le plan social ou professionnel, les chrétiens peuvent être sanctionnés ou marginalisés au travail ou dans leurs cercles sociaux en raison de leurs convictions, notamment lorsque celles-ci sont perçues comme conservatrices (sur des questions telles que la famille, l'avortement, etc.). Cette forme de discrimination, parfois plus subtile, joue un rôle tout aussi important que les violences explicites dans la création d'un climat d'intolérance et d'exclusion.

    Le rapport de l'ECLJ est particulièrement utile, mais il se heurte à une limite institutionnelle, notamment au niveau européen : l'absence d'un mécanisme spécifique pour reconnaître et combattre la christianophobie comme une forme distincte de haine religieuse. Contrairement à d'autres formes de haine religieuse, telles que l'antisémitisme ou l'islamophobie, il n'existe pas de coordinateur européen dédié à la lutte contre la haine antichrétienne. De ce fait, malgré l'ampleur avérée du phénomène, les réponses institutionnelles demeurent souvent fragmentées et insuffisantes. Les données montrent également que la christianophobie tend à être marginalisée dans les stratégies générales de lutte contre les discriminations, contribuant ainsi à une certaine invisibilité politique du problème.

    Pour lutter contre cette montée de la haine anti-chrétienne, le rapport de l'ECLJ formule plusieurs recommandations concrètes :

    • Améliorer les mécanismes de collecte et de signalement des actes antichrétiens afin d’obtenir des données plus fiables et plus complètes ;
    • Reconnaître officiellement la christianophobie comme une forme spécifique d’intolérance religieuse dans les politiques européennes et internationales ;
    • Renforcer la protection juridique des chrétiens aux niveaux national et européen, notamment en ce qui concerne la liberté de religion, d'expression et de réunion.

    Ces mesures visent à garantir aux chrétiens l'exercice de leurs droits fondamentaux sans discrimination ni violence. La déchristianisation les a relégués au rang de minorité parmi d'autres. Pire encore, cette minorité dispose désormais de moins de droits que les autres.

    Hélène de Lauzun est la correspondante parisienne du European Conservative . Elle a étudié à l'École normale supérieure de Paris, où elle a enseigné la littérature et la civilisation françaises à Harvard. Docteure en histoire de la Sorbonne, elle est l'auteure de * Histoire de l'Autriche*  (Perrin, 2021).
  • One of Us condamne le vote « My Voice, My Choice »

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    One of Us condamne le vote « My Voice, My Choice »
    Les traités européens ignorés, l'idéologie imposée

    La Fédération européenne One of Us exprime son profond regret à la suite du vote en séance plénière du Parlement européen qui a adopté aujourd'hui la résolution « My Voice, My Choice » (MVMC) appelant à un « tourisme de l'avortement » financé par l'UE et les citoyens européens. Avec 358 voix pour, 202 contre et 79 abstentions, ce vote représente une grave dérive idéologique et un mépris inquiétant pour les traités européens, qui avec 358 voix pour, 202 contre et 79 abstentions, ce vote représente un grave dépassement idéologique et un mépris troublant des traités de l'UE, qui établissent clairement que la politique en matière d'avortement relève exclusivement de la compétence des États membres.

    En soutenant cette résolution, le Parlement européen a choisi l'idéologie plutôt que le droit et le message politique plutôt que la responsabilité juridique.

    Malgré l'opposition et la présentation de contre-résolutions menées par les groupes PPE et ECR, qui cherchaient à réaffirmer la subsidiarité, le respect de la souveraineté nationale et les limites juridiques de l'UE, la résolution a néanmoins été adoptée.

    One of Us rappelle que l'avortement n'a aucune base juridique en tant que droit fondamental ou droit humain en vertu du droit européen ou international. Il n'est inscrit dans aucun traité contraignant relatif aux droits de l'homme et n'est pas reconnu dans les traités de l'UE ou dans la Charte des droits fondamentaux.

    Il ne peut donc être présenté comme une valeur de l'UE. Au contraire, les valeurs fondatrices de l'UE
    exigent le respect de la dignité humaine et la protection de la vie, qui doivent rester au cœur du projet européen.

    Utiliser les institutions européennes pour promouvoir des programmes idéologiques qui divisent sape la confiance dans le projet européen et ignore la voix de millions de citoyens européens qui ont à plusieurs reprises appelé l'Union à rester dans les limites de son mandat légal.

    Le professeur Tonio Borg, président de One of Us, a déclaré : « Le vote d'aujourd'hui est une occasion manquée pour le Parlement européen d'agir en tant que gardien des traités. Promouvoir des revendications idéologiques qui dépassent la compétence de l'UE affaiblit la démocratie, manque de respect aux États membres et, en fin de compte, érode la confiance des citoyens dans l'Union européenne ».

    La fédération européenne One of Us continuera sans relâche à promouvoir le droit à la vie, le pluralisme démocratique et le respect du droit de l'UE, et restera vigilante face à toute nouvelle tentative d'instrumentalisation des institutions européennes à des fins idéologiques.

    À propos de One of Us

    La Fédération européenne ONE OF US rassemble 50 ONG dans 18 pays européens.
    Chacune d'entre elles apporte une aide concrète aux femmes et aux hommes en matière de maternité et de paternité. ONE OF US protège la vie et la dignité humaines depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, dans le cadre des politiques de l'UE, conformément à la demande explicite de 1,89 million de citoyens dans le cadre de l'ICE la plus réussie de l'histoire de l'UE.

    Contact presse : 07 84 63 43 67

  • L'UE contre la vie et la famille : pas de financement pour la FAFCE mais oui à l'avortement

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L'UE contre la vie et la famille : pas de financement pour la FAFCE, oui à l'avortement

    Le parti Patriots a déposé des questions contestant les critères utilisés par la Commission européenne pour réduire le financement de la Fédération des associations familiales catholiques européennes. Par ailleurs, le Parlement a adopté hier une résolution visant à faire financer les avortements transfrontaliers par l'ensemble des contribuables.

    18/12/2025

    Suite à la décision de la Commission européenne de ne pas allouer de fonds à la Fédération des associations familiales catholiques européennes (FAFCE), les Patriots au Parlement se préparent à un affrontement avec la Commission elle-même. Parallèlement, hier, la majorité à Strasbourg a approuvé la résolution relative au financement des avortements transfrontaliers – dont La Bussola a parlé ici – qui sera à la charge de tous.

    Commençons par la FAFCE . Fin novembre, une nouvelle inquiétante a émergé : la Commission européenne avait justifié la suppression totale du soutien financier à la FAFCE (association regroupant 33 associations issues de 20 États membres de l’UE et fondée en 1997), dont l’objectif principal est la promotion de la famille traditionnelle. Cette suppression a été décidée malgré les dispositions explicites de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui, au point 33, paragraphe 1, garantit « la protection économique, juridique et sociale de la famille ». La justification avancée par les services bruxellois était empreinte de préjugés antichrétiens et d’une volonté manifeste de discriminer la famille traditionnelle fondée sur le mariage entre un homme et une femme. Cette décision a été prise, comme indiqué précédemment dans ces colonnes, car « le manque d’informations sur les disparités entre les sexes en matière de participation aux organisations de la société civile pourrait limiter la diffusion des analyses de genre et la compréhension de la manière dont les obstacles à la participation sont levés au sein des différents groupes démographiques… cette approche pourrait enfreindre les mesures de l’Union européenne en matière d’égalité ». La décision de Bruxelles a été qualifiée de « discrimination idéologique », comme l'a dénoncé Vincenzo Bassi, président italien de la FAFCE. La FAFCE avait soumis six propositions de projets à des programmes européens clés tels qu'Erasmus+ et Citoyens, Égalité, Droits et Valeurs (CERV), axées sur des domaines prioritaires pour la Commission : la prévention de l'accès des mineurs à la pornographie, la lutte contre l'isolement des jeunes et la garantie du bien-être numérique et de la protection de l'enfance. Toutes les propositions de la FAFCE ont été rejetées.

    La Fédération des associations familiales catholiques a averti ces derniers jours que, sans fonds européens ou dons correspondants d'un montant de 150 000 euros, elle ne pourra pas poursuivre ses projets en cours et devra licencier une partie de son personnel, réduisant ainsi sa présence dans les débats au niveau européen.

    Il est donc probable que la Commission décide d'apporter son plein soutien à la résolution non contraignante adoptée par le Parlement européen, issue de l'initiative « Ma voix, mon choix : pour un avortement sûr et accessible ». Cette initiative, parrainée par des personnalités telles que George Soros et l'industrie internationale de l'avortement (plus de 300 organisations y ont adhéré, recueillant 1,2 million de signatures), vise à élargir l'accès à l'avortement dans tous les pays de l'UE en prenant en charge les frais de déplacement des femmes contraintes de se rendre dans un autre pays pour avorter. Ce soutien à l'avortement implique donc également un financement important , comme l'ont dénoncé les évêques de la COMECE (Commission des conférences épiscopales des Communautés européennes) dans une déclaration tardive publiée le mardi 16 décembre , soit la veille du vote au Parlement européen. Les députés européens ont approuvé la proposition par 358 voix pour, 202 contre et 79 abstentions. Tous les députés européens italiens de centre-droit présents ont voté contre. Tous les eurodéputés libéraux, socialistes, du Mouvement Cinq Étoiles et de gauche ont voté en faveur de la liberté de voyager pour les femmes ayant recours à l'avortement. La Conférence épiscopale italienne (CEI), présidée par le cardinal Matteo Zuppi, devrait en prendre note. Cette résolution appelle la Commission à mettre en place un mécanisme financier facultatif et volontaire afin d'aider les pays à fournir des soins d'avortement aux femmes qui n'y ont pas accès dans leur pays et qui choisissent de se rendre dans un autre pays où l'avortement est légal.

    La vice-présidente du groupe Patriots , l'eurodéputée hongroise Kinga Gál, et l'eurodéputé de la Ligue du Nord, Paolo Borchia, ont déjà déposé des questions parlementaires contestant les critères d'évaluation de la Commission et interrogeant Bruxelles sur sa volonté de remédier au déclin démographique de l'Europe si elle marginalise les associations qui placent la famille au cœur de leur action sociale. Ce nouveau scandale – cette fois-ci centré sur le refus de financement à des groupes pro-famille, alors que le silence persiste sur le gaspillage de milliards de dollars de fonds publics alloués ces dernières années aux organisations LGBT, pro-avortement et environnementales – confirme une fois de plus que la Commission n'est plus la « gardienne des traités », mais une interprète de plus en plus idéologique, reniant le pluralisme inscrit à l'article 2 du traité sur l'Union européenne et le subordonnant à une vision unique. Exactement comme en Europe de l'Est sous l'Union soviétique.

  • Les évêques catholiques de l'Union Européenne expriment leur inquiétude concernant les votes du Parlement européen sur l'avortement

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    De kath.net/news :

    Des évêques catholiques expriment leur inquiétude concernant les votes du Parlement européen sur l'avortement.

    17 décembre 2025

    COMECE : « Le débat sur l’avortement n’a pas besoin de nouvelles divisions idéologiques, mais plutôt de mesures politiques prudentes qui protègent et soutiennent véritablement les femmes tout en préservant la vie humaine à naître. »

    Bruxelles/Strasbourg (kath.net/KAP/red) Le Parlement européen abordera la question de l'avortement à deux reprises cette semaine : mercredi, il votera sur une résolution visant à faciliter et à sécuriser l'accès à l'avortement en Europe, à l'initiative d'un groupe de citoyens pro-avortement. Parallèlement, l'avortement sera mentionné pour la première fois dans le cadre de la révision de la directive européenne relative aux droits des victimes. En amont du vote, les évêques catholiques de l'Union européenne ont exprimé de sérieuses réserves. La Commission épiscopale de l'UE (COMECE) a mis en garde contre la normalisation politique de l'avortement et a insisté sur le respect des limites éthiques et juridiques de la législation européenne.

    Dans sa déclaration, la COMECE se réfère à l'enseignement de l'Église catholique, selon lequel la vie humaine est digne d'être protégée dès sa conception. L'avortement ne saurait donc être considéré comme un acte médical ordinaire. Une intervention médicale d'une telle ampleur et aux conséquences éthiques si profondes ne devrait pas être intégrée aux soins de santé courants. Les évêques de la COMECE affirment : « Le débat sur l'avortement ne nécessite pas de nouvelles divisions idéologiques, mais plutôt des mesures politiques prudentes qui protègent et soutiennent véritablement les femmes tout en préservant la vie humaine à naître. »

    Par ailleurs, la COMECE appelle à la retenue institutionnelle. Conformément aux traités européens en vigueur, la réglementation juridique de l'avortement relève de la compétence des États membres. Une initiative européenne dans ce domaine sensible risque de créer de nouvelles tensions au sein de l'Union. Les décisions d'une importance éthique fondamentale ne devraient donc pas être prises de force au niveau supranational.

    Demande de financement pour l'avortement

    Le point de départ du débat actuel est l'initiative citoyenne européenne « Mon corps, mon choix », qui affirme avoir recueilli plus d'un million de signatures. Ce succès oblige le Parlement européen à se saisir de la question. L'initiative plaide pour un accès sûr et légal à l'avortement pour tous les citoyens de l'UE. Compte tenu des disparités importantes entre les réglementations nationales au sein de l'UE, la Commission européenne est invitée à mettre en place un mécanisme de financement volontaire. Ce mécanisme permettrait aux États membres participants de financer les avortements pour les femmes dans le cadre de leur législation nationale respective. Le droit à la vie de l'enfant est relégué au second plan, de même que le fait qu'un avortement ne peut être « sûr » que pour la mère, alors qu'il est destiné à être fatal pour l'enfant.

    Actuellement, 25 des 27 États membres de l'UE autorisent l'avortement sous certaines conditions, comme un accompagnement obligatoire ou le respect de délais précis. Ces délais varient considérablement. À Malte et en Pologne, en revanche, l'avortement n'est autorisé que dans des cas exceptionnels très limités, par exemple lorsque la vie de la mère est en danger. Ces différences illustrent la diversité des perceptions juridiques et sociétales de cette question en Europe.

    L'avortement est inclus pour la première fois dans la législation de l'UE.

    Parallèlement à cette résolution, une révision de la directive européenne 2012/29/UE relative aux droits des victimes fait également l'objet de critiques. Initialement destinée à soutenir les victimes de violences domestiques et sexuelles, cette directive mentionne explicitement l'avortement dans sa nouvelle version, parmi les services de soutien institutionnels. Plusieurs organisations, dont la Fondation NEOS, l'Assemblée pour la Vie et la Fédération européenne One of Us, y voient un précédent problématique.

    Les critiques soulignent qu'il s'agit de la première fois que le terme « avortement » est explicitement inscrit dans le droit de l'UE. Cette inscription revêt une importance non seulement juridique, mais aussi symbolique, car elle donne l'impression que l'avortement fait partie intégrante des soins de santé de base au sein de l'Union européenne. Parallèlement, certains craignent que cela n'accentue à long terme le flou des responsabilités entre l'UE et ses États membres.

    De plus, certains estiment qu'inclure la question de l'avortement dans une directive de lutte contre les violences faites aux femmes n'est pas indispensable. Si la nécessité d'une protection efficace des victimes de violence fait l'objet d'un large consensus, étendre le champ d'application à la politique de reproduction dépasse l'objectif initial. Les observateurs y voient une tentative d'introduire des éléments politiquement controversés dans le droit européen par le biais des instruments de protection existants.

    La prochaine étape du processus législatif est un vote en séance plénière du Parlement européen. Cependant, modifier des passages spécifiques s'avère complexe, car cela affecterait l'ensemble de la directive. Les critiques y voient un dilemme entre la préservation de garanties éprouvées et le rejet d'extensions de fond controversées.

    Un appel à l'objectivité

    Dans ce contexte, la COMECE appelle à un débat objectif et responsable. L’objectif doit être de soutenir les femmes confrontées à des situations de vie difficiles sans pour autant simplifier à l’excès les questions éthiques fondamentales ni minimiser les responsabilités nationales. Le débat autour de l’avortement demeure ainsi un enjeu sociétal et éthique majeur pour l’Union européenne.

  • Entretien avec le cardinal Müller sur l'Europe, l'islam, la FSSPX et le chemin synodal allemand

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    De Jan Bentz sur le Catholic Herald :

    Entretien avec le cardinal Müller sur l'Europe, l'islam, la FSSPX et le chemin synodal allemand

    13 décembre 2025

    À l'aube de l'Avent – ​​​​un temps non seulement dédié à la lumière des bougies et aux chants de Noël, mais aussi à un renouvellement spirituel –, l'Église tourne à nouveau son regard vers le mystère de la venue du Christ. Rares sont les voix qui s'expriment en ce moment avec autant de clarté et d'urgence spirituelle que celle du cardinal Gerhard Ludwig Müller. L'ancien préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi est depuis longtemps l'un des esprits théologiques les plus perspicaces de l'Église, n'hésitant pas à diagnostiquer les crises spirituelles profondes de notre époque et à appeler les catholiques à revenir aux fondements de la Révélation.

    Dans cette conversation riche et profonde, le cardinal Müller médite sur la véritable nature de l'Avent comme temps de purification et d'espérance, prodigue des conseils pour résister aux excès de la société de consommation et examine le paradoxe qui caractérise l'Europe, mêlant laïcité et renouveau religieux. Il s'exprime avec franchise sur Vatican II, les défis posés par la FSSPX et les turbulences du Chemin synodal allemand. Il en ressort une vision stimulante et lumineuse de la foi : une foi ancrée dans le Christ, enracinée dans la Tradition et inébranlable face aux épreuves actuelles de l'Église.

    Jan Bentz : À l'aube de l'Avent, l'Église présente ce temps non seulement comme un compte à rebours avant Noël, mais aussi comme une école de vigilance, de purification et d'espérance. Selon vous, quel est le travail spirituel que les catholiques d'aujourd'hui doivent accomplir le plus urgemment durant l'Avent ?

    Cardinal Gerhard L. Müller : Le cycle de l'année liturgique reflète l'histoire du salut de Dieu pour l'humanité. Dans la célébration de l'Eucharistie, l'œuvre salvifique de Dieu pour tous les hommes est rendue sacramentellement présente en Jésus-Christ. Dans les conférences, nous témoignons la voix des prophètes – surtout celle d'Isaïe – qui proclament la venue du Messie d'Israël, le Sauveur et Rédempteur du monde : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière… Car un enfant nous est né, un fils nous est donné ; et la souveraineté reposera sur son épaule » (Is 9, 1.5). C'est le Royaume de Dieu, que Jésus a publiquement proclamé et accompli comme Roi des Juifs sur la Croix, et qu'il a fait venir au monde, indestructible, par sa Résurrection d'entre les morts.

    En Jésus, toutes les promesses prophétiques se sont accomplies au-delà de toute mesure, car il est le Fils de Dieu qui, par Marie, a assumé notre humanité, nous a rachetés du péché et de la mort, et nous a élevé à la dignité d'enfants de Dieu. Nous ne sommes plus esclaves des forces élémentaires de ce monde, car telle est notre foi – ce même message que Paul a proclamé aux Églises de Galatie, et par là même aux chrétiens de tous les temps : « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin de racheter ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption » (Ga 4, 4-5).

    Quiconque réfléchit un tant soit peu au sens de la vie et prend au sérieux son existence et son identité sait que se préparer à Noël ne saurait se limiter à l’achat de cadeaux et à quelques moments de romantisme saisonnier. L’essentiel est d’ouvrir nos cœurs et d’accueillir la venue de Jésus dans nos esprits et dans nos vies. Car nous ne pouvons placer notre espérance – ni dans la vie ni dans la mort – dans les faux prophètes et les pseudo-messies, fruits d’une fabrication idéologique et politique, qui, au XXe siècle, ont plongé l’humanité dans une misère indicible par les guerres mondiales et les génocides. Notre espérance repose en Dieu seul, « qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 15, 57).

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