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Eglise - Page 1081

  • Une crise de la foi et pas seulement une crise de la pratique...

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    Lu sur le site de France Catholique :

    Crise de foi, et non crise de pratique

    par le père Mark A. Pilon

    Les statistiques suivantes sont (ou devraient être) inquiétantes pour l’Église dans tout le pays car elles ne concernent pas exclusivement le Diocèse de Pittsburgh (Pennsylvanie) :

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    Le nombre de catholiques pratiquants dans le Diocèse de Pittsburgh a connu un rapide déclin au cours des dernières décennies, de 914.000 en 1980 à 632.000 en 2015, selon les chiffres tenus au diocèse.

    Depuis l’an 2000, le nombre de pratiquants à la Messe hebdomadaire a chuté de 40% — près de 100.000 pratiquants de moins ; les inscriptions en écoles primaires et collèges catholiques son tombées de moitié, et le nombre de prêtres en activité a dégringolé de 338 à 225. En 2025, si la tendance continue, le diocèse ne comptera plus que 112 prêtres en activité.

    Selon toutes les évaluations honnêtes, ces chiffres posent de très graves problèmes, et l’évêque de Pittsburgh a exprimé sa profonde inquiétude dans un grand journal laïc régional. Toute la Conférence U.S. des Évêques devrait être sérieusement concernée car on peut trouver le même genre de statistiques, à très peu d’exceptions près, dans la plupart des diocèses et archidiocèses du pays.

    Mais les solutions proposées par le brave évêque pour renverser ce déclin ne sont guère encourageantes, elles me rappellent les futiles plans quinquennaux de l’Union Soviétique qui persistaient à rabâcher les mêmes remèdes inefficaces : « La priorité N° 1 doit être : "il faut améliorer notre pratique du culte." — Mgr. David Zubik à The Tribune Review. — Puis nous devons faire de notre mieux afin non seulement d’avoir davantage d’ordinations, mais aussi d’ouvrir en grand les portes à des animateurs laïcs au sein de l’Église. » Selon ce journal, "meilleure pratique du culte" signifie "meilleures homélies, meilleure musique et meilleur accueil des églises aux étrangers". L’ êvêque ajoute d’autres remèdes éventuels tels que : "développer les ressources en animateurs hautement qualifiés, laïcs et diacres, . . . séduire les jeunes par de nouvelles formes de ministère tout en renforçant la relation pastorale avec les anciens."

    N’est-ce pas une redite : plus d’animateurs laïcs et de diacres permanents mieux formés, meilleurs programmes pour la jeunesse, meilleure action pastorale auprès des anciens ? Avec mon cynisme personnel, je pense que cette dernière suggestion serait une façon de résoudre les problèmes financiers en partie dûs aux paroisses et chancelleries aux trop nombreux salariés — causes de soucis de trésorerie.

    Mais celà mis à part, on nous répète sans cesse que les causes de la baisse du nombre de Catholiques pratiquants dans ce domaine fructueux sont principalement structurelles et dépendantes des programmes. De meilleurs programmes, une meilleure pratique du culte, un meilleur accueil, voilà,ce qu’il faut pour renverser le raz de marée que nul n’aurait prédit à la suite de Vatican II. Il serait peut-être temps d’envisager d’autres éventualités. Le véritable problème sous-jacent est simple : il s’agit d’une gigantesque chute de la foi. À cela nombre de raisons. Mais les Catholiques laissent tomber parce qu’ils ont perdu la foi, ou ne l’ont jamais vraiment eue, en l’Église ou en la véritable nature de ses sacrements. Ce n’est pas la faute des médiocres homélies. Il y en a eu de bien pauvres au temps jadis, alors que les églises étaient bondées. Ce n’est pas à cause de la musique qui n’est pas "dans le coup". En 1940, 1950, on n’avait pas de musique sauf à la Grand’Messe solennelle du dimanche et des fêtes. Cependant, les églises étaient remplies. Le problème : une effarante perte de la foi.

    Voici une trentaine d’années, une enquête digne de foi a révélé que seulement 30% des Catholiques croyaient encore à la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Pourquoi donc les évêques n’ont-ils pas réuni d’urgence un groupe de réflexion sur cette perte de foi, comme ils ont fait en 2002 à propos des abus sexuels ? Si les gens ne croient pas à la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie, ni à l’Eucharistie offerte en véritable sacrifice présenté à Dieu pour les pécheurs, une meilleure musique les attirera-t-elle à la Messe le dimanche matin ?

    La perte de foi est à l’image de la perte du sens du péché et de sa gravité. Toutes deux sont sûrement liées au rejet de l’enseignement moral de l’Église, car la foi est certainement un tout. Alors, l’obligation dominicale n’a aucun sens et ne forcera pas les gens à venir à l’église s’ils ne sont pas conscients de la gravité du péché commis en manquant la Messe. En fait, si vous pensez que c’est un grave péché, ce péché est-il donc si grave si vous croyez que la Messe est essentiellement constituée de musique, de lectures, et d’un brin de souvenirs ? Pas du tout une vérité, l’authentique sacrifice, la présence réelle du Christ. Même les partisans de la Forme Extraordinaire, qui pensent aussi que le rétablissement de la liturgie rétablira la foi, devraient comprendre que ce n’est pas si simple. Bien des choses sont intervenues dans cette crise et méritent notre attention : cathéchèse apauvrie de longue date, mauvais exemples, scandales, et, certes, liturgie médiocre. Mais aussi le silence de l’Évangile en public. Puisque les gens ne vont plus à l’église, il faut leur prêcher l’Évangile là où ils sont. Si l’église n’est qu’un autre élément du domaine public, et si l’Évangile n’est pas ouvertement proclamé comme solution aux problèmes de société, alors, nous sommes partis pour un long et durable hiver ecclésial. Mgr. Zubik a cité en fait le problème de foi lorsqu’il déclara : « en même temps j’ai découvert qu’ils [les paroissiens] étaient fort intéressés par l’importance que nous attachons à notre action pour ranimer la foi de tous. » En vérité, Monseigneur, il faut tout d’abord avoir la foi pour la ranimer. La priorité Numéro Un se trouve dans cette question primaire : « quelle est la cause de cette gigantesque perte de foi, et comment agissons-nous pour ranimer cette foi perdue ? »

    24 août 2016.

    A Crisis of Faith, not of Worship

  • Europe : d'après le pape, une nouvelle œuvre d’évangélisation est clairement nécessaire

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    D'IHS.News.net :

    Ré-évangéliser l’Europe par des moyens innovants

    À l’occasion du symposium inter-chrétien qui s’est ouvert le 28 août à Thessalonique en Grèce, le Pape François et le patriarche Bartholomée Ier ont chacun envoyé un message aux participants. Le Saint-Père et le patriarche de Constantinople soulignent tous deux la nécessité de renforcer l’unité des chrétiens dans une Europe tourmentée.

  • Pakistan : Incursion violente dans un quartier chrétien de Faisalabad

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    De l'Agence Fides :

    ASIE/PAKISTAN - Incursion violente dans un quartier chrétien de Faisalabad

    Faisalabad (Agence Fides) – Le quartier chrétien de Khushal Town à Faisalabad a fait l’objet d’une attaque ces jours derniers de la part d’une foule de musulmans qui ont causé plusieurs blessés parmi les chrétiens, dont des femmes, quatre jeunes et une personne âgée. Les chrétiens se sont barricadés dans leurs maisons par crainte. Trois jours après les faits, les chrétiens locaux ont déposé plainte devant les autorités de police et de la Commune.

    Ainsi que l’a appris Fides, le motif de cet assaut a été une controverse née après un banal accident de la route intervenu le 19 août entre un chrétien et un motard musulman. De là le litige et le désir de vengeance s’étant concrétisé, après quelques jours, par la tentative de punition collective à l’encontre du quartier chrétien, suivant un schéma se répétant souvent au Pakistan et qui par le passé a causé de graves dommages aux personnes et aux biens. La police locale a promis de protéger le quartier et pour l’heure aucune autre conséquences négatives ne sont à signaler à Faisalabad. (PA) (Agence Fides 27/08/2016)

    Lire aussi :

    2016-08-18
    Conversions forcées à l’islam de chrétiennes et d’hindoues et absence de justice envers les minorités

    2016-08-04
    Fuite d’une jeune chrétienne convertie de force à l’islam des mains de ses ravisseurs

  • Un jeune homme tente d'assassiner un prêtre en pleine messe à Sumatra

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    Lu sur le site des Missions Etrangères de Paris (Eglises d'Asie) :

    Sumatra : tentative d’assassinat d’un prêtre catholique en pleine messe

    Dimanche 28 août, le P. Albert Pandiangan, un prêtre capucin âgé de 60 ans, a été la cible d’une attaque terroriste alors qu’il célébrait la messe en son église Saint-Joseph de Medan, ville située sur la côte nord-est de l’île de Sumatra. Une attaque probablement inspirée de l’attentat commis le 26 juillet dernier à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, en France, attentat au cours duquel le P. Jacques Hamel avait trouvé la mort, égorgé par deux terroristes se réclamant de l’organisation Etat islamique.

    Dimanche, le P. Pandiangan prononçait son sermon lorsqu’un jeune homme s’est précipité sur lui. Après avoir vainement tenté de faire exploser la bombe artisanale qui était dans son sac, Ivan Armadi Hasugian, jeune musulman de 17 ans, s’est jeté sur le prêtre catholique en brandissant une hache et un couteau. Des paroissiens ont toutefois pu intervenir et le stopper dans son élan. Le prêtre s’en est sorti avec une simple blessure au bras gauche et le garçon a été arrêté par la police.

    L’enquête suit son cours pour connaître les motivations d’Ivan Armadi Hasugian. Le garçon a déclaré à la police qu’une récompense de 10 millions de roupies (132 000 euros) lui avait été promise par deux hommes rencontrés quelques jours avant l’attaque, pour faire exploser la bombe dans l’église. Des paroissiens assurent effectivement avoir vu deux hommes fuir l’église Saint-Joseph, après l’échec manifeste de l’attentat. La police de Medan les recherche toujours.

    Un bout de papier portant le symbole de l’Etat islamique (Daech) et l’inscription en arabe « La ilaha illa Allah » (‘nulle divinité sinon Allah’) a été retrouvé dans le sac d’Ivan Armadi Hasugian après son arrestation. Selon Mardiaz Kusin Dwihananto, chef de police de Medan, les actes de violence de ce jeune musulman auraient été inspirés par l’assassinat du P. Hamel en l’église Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, le 26 juillet dernier. Cette fois-ci cependant, l’attentat n’a pas été revendiqué par l’Etat islamique. D’après la police, citée par Reuters, l’assaillant était bien « obsédé » par Daech sans pour autant être entré en contact avec les réseaux djihadistes.

    Muliawan Margadana, président du Mouvement des intellectuels catholiques en Indonésie, y voit toutefois un message de la part de l’organisation islamiste. Celui d’être en mesure de semer la terreur dans les lieux les plus paisibles, comme dans une église paroissiale près de Rouen ou à proximité de Medan. Margadana a appelé le gouvernement à prendre des mesures pour protéger les croyants et leurs lieux de culte.

    Pays très majoritairement musulman (85 % des 240 millions d’habitants) où vivent d’importantes minorités religieuses (dont 10 % de chrétiens), l’Indonésie a connu ces dernières années des épisodes terroristes importants. Un traitement policier de ces violences a éloigné cette menace, sans toutefois jamais la faire complètement disparaître. Les 29 et 30 juillet derniers, une dizaine de temples bouddhistes ont été attaqués à Tanjung Balai, au sud de Medan, sans faire de victimes mais provoquant des dégâts matériels importants. Par ailleurs, la Commission nationale des droits de l’homme, une instance indépendante à Djakarta, dénonce la montée du radicalisme au sein de la population musulmane, tendance qui s’est traduit ces trois dernières années par une hausse des atteintes à la liberté religieuse pour les minorités.

    Publié début août par l’Institut des Hautes études islamiques, institut fondé par l’ancien président de la République Abdurrahman Wahid, un rapport estime que 8,1 % des adultes musulmans du pays, soit un groupe de 12 millions de personnes, sont soit radicalisés soit susceptibles de le devenir. L’Institut appelle notamment le gouvernement central à exercer un contrôle plus fort sur les autorités locales, communales, régulièrement impliquées dans les actes d’intolérance religieuse, et à continuer la lutte contre le radicalisme et ainsi que contre les groupes tels l’Etat islamique, qui ne cachent pas leur volonté de s’implanter en Indonésie. Des campagnes de prévention anti-extrémisme ont été mises en place par les autorités.

    Mgr Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Djakarta et président de la Conférence des évêques catholiques d’Indonésie, a qualifié d’« inhumaine » l’attaque visant le P. Albert Pandiangan. « La terreur et la violence ne règleront rien. Elles ne sont qu’une source de souffrance », a-t-il précisé. L’archevêque de Medan, Mgr Anicetus Bongsu Sinaga, a quant à lui déclaré que l’affaire allait être traitée sans préjugés, et a appelé les catholiques des différents diocèses de la région à l’ordre et à la paix.

  • « Ceux qui aiment l’Eglise aiment aussi les deux formes du rite romain »

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    benoit-xvi-messe-dos-assemble.jpgSous le titre « L'unique rite romain: comparaison des deux formes » le P. Simon Noël, moine de l'abbaye de Chevetogne, explique pourquoi sur son blog :

    « Afin qu'ils soient un

    Ceux qui aiment le Christ aiment aussi l'Église. Ceux qui aiment l'Église aiment aussi sa liturgie. Ceux qui aiment la liturgie, s'ils sont catholiques de rite latin, aiment aussi les deux formes de l'unique rite romain: l'ordinaire et l'extraordinaire. La liturgie, sous quelque forme dûment approuvée que ce soit, est l'expression de l'âme de l'Église, elle est le cœur de l'Église, en tant qu'elle est l'épouse du Christ, qui adore son Seigneur.

    Dans le rite romain, deux missels sont approuvés: le missel de 1962, appelé aussi missel tridentin ou de saint Pie V, et le missel de 1969, appelé aussi missel de Paul VI.

    Pédagogie de l'Eglise 

    L'Eglise, en tant que mère, a voulu tenir compte de la sensibilité de ses enfants. C'est pourquoi, elle a promulgué un nouvel ordo missae, avec peut-être une certaine précipitation, pour réaliser le vœu de Vatican II de restaurer le rite romain, de lui conférer une certaine clarté et pureté, tout en y incorporant certaines richesses de la Tradition ancienne de l'Eglise. En même temps, constatant que certains se sentaient spirituellement plus en harmonie avec la messe tridentine, elle a reconnu leur droit à continuer à célébrer l'eucharistie dans la forme du missel de 1962.

    Aujourd'hui, l'immense majorité des prêtres célèbrent la forme ordinaire de la messe de manière exclusive. Selon l'Eglise, ils devraient cependant connaître aussi la forme extraordinaire et ne pas la mépriser. Je pense qu'un prêtre ferait bien en effet de célébrer parfois dans cette forme extraordinaire. J'en vois deux raisons majeures. D'abord, pour mieux saisir le sens profond des réformes de Vatican II, il faut connaître de l'intérieur ce qui se faisait auparavant et mieux saisir ainsi le sens des changements. La célébration fervente de la forme extraordinaire aura même des conséquences heureuses sur la célébration de la forme ordinaire, en aidant par exemple à retrouver le sens du sacré. Ensuite, la disparition complète du missel tridentin amènerait une coupure avec toute la culture des siècles passés, marqués par la liturgie tridentine et provoquerait ainsi une tragique perte de la mémoire.

    Je voudrais maintenant comparer brièvement les deux missels et souligner la richesse de chacun d'eux. 

    Richesses du missel de Paul VI 

    Il y a d'abord le nouveau lectionnaire. Il nous offre sur deux ans en semaine, et sur trois ans, les dimanches, un parcours vaste et judicieusement choisi de l'ensemble de la Sainte Ecriture. Ce lectionnaire est ainsi une mine pour la lectio divina, la méditation et la prière personnelle.

    Ensuite, les nombreuses et nouvelles préfaces. Elles mettent en valeur toute la richesse du mystère célébré.

    Richesses du missel tridentin

    Selon moi, il y a l'offertoire, qui souligne le caractère sacrificiel de la messe et nous aide ainsi à entrer plus consciemment  et mieux préparés dans la prière eucharistique.

    Les nombreux gestes, comme les signes de croix, accomplis par le prêtre pendant le canon, donnent à la prière une expressivité sacrée incomparable. La participation par le corps me semble en effet mieux mise en valeur dans cette forme du rite romain. 

    Conclusion

    L'essentiel en tout cela est l'amour. Amour immense de l'Eglise, amour fervent de l'eucharistie. Puisse dans cet amour l'Eglise retrouver la paix liturgique. »

    Ref. L'unique rite romain: comparaison des deux formes

    JPSC

  • Messes anciennes et nouvelles : le témoignage d'un prêtre belge

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    De diakonos.be :

    Un prêtre belge témoigne: j’étais traditionaliste

    Présentation

    Par l’Abbé Pierre N., prêtre belge

    Prêtre diocésain depuis presque quinze ans, curé de plusieurs paroisses, j’ai toujours été intéressé par les questions liturgiques.  Très tôt, j’ai découvert ce que l’on appelle de façon abusive “la Tradition” et la “Messe traditionnelle”.  J’ai fréquenté les “fraternités sacerdotales” Saint-Pierre et Saint-Pie X…  A l’heure de l’entrée au séminaire, j’ai décidé de devenir prêtre diocésain.  Après une formation complète et dispensée par des professeurs consciencieux, j’ai été ordonné au début des années 2000.

    J’ai appris à célébrer la “forme extraordinaire” du rite romain.  Nommé vicaire de sept paroisses, j’ai évidemment célébré tous les jours la Messe de Paul VI.  Néanmoins, je profitais de diverses occasions pour célébrer la “messe tridentine”.  Mon cœur tendait vers cette liturgie que je souhaitais faire connaître à mon entourage.  Avec le recul, je me rends compte que mes motivations étaient négatives. Je comparais sans cesse “l’ancien” et “le nouveau” rite en approfondissant le premier et en nourrissant une multitude de préjugés sur le second.

    "Des pains pitas à la place des hosties"

    Les nombreux exemples d’abus liturgiques me poussaient dans ce sens. Dans ce domaine, j’ai plus ou moins tout vu et tout entendu : pains “pitta” à la place des hosties, absence d’ornements, diktats grotesques d’équipes liturgiques, célébrations plus proches du carnaval que du renouvellement du Sacrifice de la Croix… Le tout au nom de la créativité pastorale.  En fait, je regardais la Messe de Paul VI uniquement sous l’angle des abus.  Je dois avouer que je l’ai rarement vu célébrée correctement et jamais dans sa forme normative.   Avec le recul, je me dis que si tel avait été le cas, je n’aurais sans doute pas eu autant de préjugés.

    La découverte du monde “tradi”.

    Désirant la célébration de la messe dite “traditionnelle”, j’ai fréquenté différentes fraternités : Saint-Pie X et Saint-Pierre. J’y connais beaucoup de fidèles et de prêtres.  Je ne juge donc pas les sentiments de foi et de piété qui les animent.  J’ai connu de saints prêtres et d’autres beaucoup moins…  Comme partout.  J’ai beaucoup lu, j’ai beaucoup questionné.  J’ai rencontré, hélas, beaucoup d’orgueil.  Que de prêtres et de fidèles de ces groupuscules ont la certitude d’être les dépositaires de la bonne manière de faire au milieu d’une Eglise “gangréné” par le “modernisme” et le « progressisme”.

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  • Rien ne permet d’affirmer qu’un accord est en passe d’être conclu entre la Chine Populaire et le Saint-Siège

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    Lu sur le site des Missions étrangères de Paris (Eglises d'Asie) :

    A quand un accord entre le Saint-Siège et la Chine populaire ?

    A en juger par le volume des publications parues ces dernières semaines sur Internet et dans la presse au sujet des relations sino-vaticanes, il semblerait que Pékin et Rome se rapprochent en vue de conclure un accord concernant sinon la normalisation de leurs relations du moins le mode de nomination des évêques en Chine. Toutefois, en l’absence de communiqué officiel de l’une ou l’autre partie en présence, rien ne permet d’affirmer qu’un accord est en passe d’être conclu.

    Ce 24 août, le journal catholique italien L’Avvenire a publié une longue interview du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, dans laquelle le prélat aborde, parmi d’autres sujets, les relations du Vatican avec la Chine. Le cardinal y confirme ce qui, ces derniers temps, était devenu quasi-officiel, à savoir le fait que Rome et Pékin négocient. Mais le secrétaire d’Etat utilise toutefois le mot « contacts » pour qualifier le dialogue qui s’est établi entre les deux parties et précise que ceux-ci se poursuivent « dans un esprit de bonne volonté des deux côtés ». Le cardinal prend également soin de rassurer ses éventuels lecteurs du gouvernement chinois sur le fait que les catholiques chinois sont« entièrement chinois » et que le Saint-Siège est attentif au fait qu’ils puissent « vivre positivement leur appartenance à l’Eglise et, dans le même temps, être de bons citoyens et contribuer à renforcer l’harmonie de l’ensemble de la société chinoise ». Quant à un éventuel accord, nulle déclaration, sinon que « le chemin de la connaissance et de la confiance mutuelles prend du temps, nécessite de la patience et appelle à une hauteur de vue des deux côtés ».

    Une longue dépêche de l’agence Reuters

    La séquence médiatique de cet été avait débuté par une longue dépêche de l’agence Reuters publiée ce 14 juillet. Intitulée « Special Report – After decades of mistrust, Pope pushes for breakthrough with China », l’enquête présentait un travail fouillé et bien informé de ce qui constitue très certainement le cœur des pourparlers en cours entre Pékin et Rome, à savoir le mode de nomination des évêques de l’Eglise catholique en Chine. Le gouvernement chinois voit dans la nomination des évêques par le pape une ingérence dans ses affaires intérieures sous prétexte de religion, tandis que l’Eglise défend l’unité du corps épiscopal, laquelle est notamment scellée par le fait que les évêques, successeurs des apôtres, sont nommés par le pape, successeur de saint Pierre. La dépêche de Reuters se penchait, entre autres, sur le cas des huit évêques de la partie « officielle » de l’Eglise illégitimes aux yeux des fidèles car consacrés sans l’accord de Rome, en évoquant une possible légitimation de ces évêques par le pape François à la faveur de l’année de la Miséricorde. Les journalistes donnaient aussi à voir la complexité des négociations, non seulement entre les deux parties mais aussi sein de l’Eglise et de la Curie romaine.

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  • Les chrétiens nigérians inquiets pour leur sécurité

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    De Radio Vatican :

    Les chrétiens du Nigeria s'inquiètent pour leur sécurité

    (RV) Au Nigeria, huit chrétiens ont été brûlés vifs à Talatu Mafara, dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du pays. Un étudiant chrétien accusé de blasphème s’est réfugié dans la maison d’une famille chrétienne pour échapper à une horde de musulmans en colère. Ces derniers ont mis le feu à l’habitation, ne laissant aucune possibilité à la famille de s’en sortir, La scène d’horreur a été filmée, provoquant une vive réprobation dans le pays.

    La section jeunesse de l’Association chrétienne du Nigeria a condamné ce crime. Selon l’association, la primauté du droit ne peut pas être respectée dans un pays où règne une dualité entre la Constitution fédérale du Nigeria et la charia islamique en vigueur dans 11 États musulmans du nord. Cette confusion ouvre la voie à la persécution et au meurtre des chrétiens au Nigeria.

    Les séniors de l’association se sont publiquement inquiétés cette semaine du basculement progressif du pays vers un État islamique. Ils s’en sont pris à un projet de loi en instance devant l'Assemblée nationale, sur la réglementation des ONG. Projet qui vise à les faire taire, et en particulier l'Association chrétienne du Nigeria. Ils sont également préoccupés par le fait que le président Buhari, un ancien général musulman, ait choisi de nommer essentiellement des musulmans au sein du comité de sécurité et de renseignement, en charge de la sécurité et de l’ordre public.

    (CV-MD)

  • Quand Monsieur le Curé fait sa crise

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    De Marc Eynaud de Faÿ sur aleteia.org :

    41suxmutwcl-_sx338_bo1204203200_.jpgLe curé, un homme comme les autres ?

    Avec "Monsieur le curé fait sa crise", Jean Mercier nous propose une lecture aussi distrayante qu'intéressante.

    Panique à la sacristie

    Et c’est à la suite de cet évènement que le père Bucquoy, plantant là paroissiens, paroissiennes, grenouilles de bénitiers, araignées de sacristie, veaux, vaches, cochons, décide un bon matin de se faire la malle. Panique à la sacristie et dans l’évêché, délectation totale des médias. L’affaire prend une tournure à la fois internationale et paradoxalement intime pour les protagonistes, curé fugueur en tête.

    On rit beaucoup et on réfléchit énormément, tel est le pari réussi de l’auteur.

    Un miroir déformant

    Parce qu’on a beau se dire tout au long de la lecture, que les personnages sont gentiment caricaturés : entre Guillemette la bourgeoise parfaite, Brigitte, la fleuriste en quête de reconnaissance, Enguerrand, le militant internaute défenseur de sainte Gudule, Evelyne la sociologue, Monique la responsable liturgique aux goûts musicaux postconciliaires seventies, Mgr Vignon, l’évêque à la fois lucide, compréhensif et distant, Ildefonse et sa formation anti-gender… On s’aperçoit au fil des pages qu’ils incarnent finalement une part de nous-mêmes passée davantage à la loupe qu’au miroir déformant.

    Un livre léger, sympathique à lire et qui fait du bien, parce qu’il nous rappelle avec humour et gravité ce qu’est, au fond, un curé : un homme. Un homme pour les autres, mais autant limité que les autres dans sa chair et dans son esprit.

    Le lecteur suit donc avec plaisir les pérégrinations du père Benjamin, se demandant jusqu’où ce curé en quête de Dieu et de lui-même est capable d’aller. On va sans doute vous « spoiler » un peu : il ira jusqu’au bout de sa fuite, jusqu’à se retrouver. Gageons qu’après une telle lecture, on regardera avec plus de bienveillance son curé. On pensera peut-être à le remercier davantage et certainement à prier pour lui.

  • L'Eglise luthérienne de Suède et l'ONU unis contre la famille et la vie

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    Du site "Benoît-et-moi" :

    ONU ET ÉGLISE LUTHÉRIENNE ALLIÉS CONTRE LA VIE

    ...pour se faire une idée de la situation qui attend le Pape dans le pays qui héberge "la deuxième plus importante dénomination luthérienne au monde", voici le résumé, paru sur la Bussola, d'un article paru sur le site anglophone pro-vie C-Fam.

    ÉGLISE LUTHÉRIENNE ET ONU ENSEMBLE CONTRE LA FAMILLE ET LA VIE

    Ermes Dovico (20/08/2016) www.lanuovabq.it; traduction sur le site "Benoît-et-moi"

    Une alliance singulière pour faire pression sur les chefs religieux et les convaincre qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre la foi et les nouveaux "droits de l'homme" propagés aujourd'hui, la contraception, l'avortement, l'éducation sexuelle dès l'enfance et la reconnaissance juridique des unions homosexuelles.

    Comme le rapporte Rebecca Oas, de C-Fam, une ONG engagée dans la défense de la vie à naître et de la famille naturelle, les alliés en question sont le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), dont le contrôle des naissances est l'un des objectifs (caché derrière l'expression plus large et plus vague "droits sexuels et de santé reproductive"), et l'Eglise de Suède, qui, avec ses sept millions de membres - selon les chiffres annoncés sur son site Web - est la deuxième plus importante dénomination luthérienne au monde (ndt: article de C-fam ICI).

    Lire la suite sur le site "Benoît-et-moi"

  • Quand un franciscain d'Alep apporte son témoignage sur le nettoyage religieux en Syrie

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    Le témoignage très émouvant d'un franciscain d'Alep, au meeting de Rimini (23/8/2016) 

    SYRIE: OUVRONS LES YEUX SUR LE NETTOYAGE RELIGIEUX

    Firas Lutfi 23/08/2016 www.lanuovabq.it traduit sur le site Benoît-et-moi :

    Le Père Firas Lutfi, 41 ans, originaire de Hama en Syrie, frère mineur conventuel, est le vicaire de la paroisse Saint-François et le Supérieur du Collège de Terre Sainte à Alep. Invité ces jours-ci du Meeting de Rimini, il est intervenu samedi au rosaire public organisé à Rimini par le Comité Nazarat pour les chrétiens persécutés , en mémoire du Père Jacques Hamel.

    (...) Le texte qui suit est constitué de passages de son témoignage a bracio de samedi dernier, sur ce qui se passe à Alep et plus généralement dans la guerre en Syrie, et la persécution des chrétiens en Syrie et dans le nord de l'Irak.

    Dans cette guerre, le nombre de morts est approximativement de 380 mille, pour moitié des enfants et des femmes. C'est le drame le plus immense du XXIe siècle. Par rapport au début, aujourd'hui les choses sont très claires: il y a un scénario de lutte internationale, de grands intérêts politiques et économiques qui se jouent sur ce terrain. Ceux qui en paient les plus lourdes conséquences, ce sont des femmes et des enfants, des innocents.

    Depuis que la dernière route d'accès a été interrompue, Alep est devenue une grande prison. Avant le conflit, la ville avait 3 millions et demi d'habitants. Nous assistons aujourd'hui à un nettoyage ethnique et religieux peut-être jamais vu dans l'histoire de l'humanité. Les chrétiens étaient 150 mille, aujourd'hui, ils sont moins de 30 mille. Et ceux qui sont restés sont vraiment le 'petit troupeau' et ce sont les plus pauvres. Notre présence en tant que Franciscains est de nous tenir à leurs côtés concrètement.

    [...] Les djihadistes quand ils attaquent, attaquent avec des dizaines de milliers de soldats, ils font vraiment peur. En Irak, quand l'Etat islamique est entré dans la grande vallée de Ninive, et a fait table rase de 150 mille chrétiens qui y vivaient depuis deux mille ans, ils ont marqué les portes des chrétiens avec la lettre nun (Nassarah, chrétiens, ndlr), pour dire: le chrétien qui veut rester - mais personne n'est resté - doit payer le prix de sa présence, il doit être toléré, parce que, selon la loi islamique, dans un état où elle est appliquée sine glossa, un chrétien ne jouit pas des mêmes droits .

    [...] Au père Jacques Hamel, on a coupé la gorge au nom d'Allah. Un autre martyr - et j'ai eu l'honneur de recueillir sa dépouille -, le père Murad, a été abattu. Le Père Frans Van der Lugt également, un autre jésuite hollandais qui était resté à Homs dans la vieille ville, à côté des musulmans et des chrétiens, a été liquidé avec deux balles dans la tête, la veille du jour où ils sont arrivés à un accord entre le gouvernement et les «rebelles» (i.e. les djihadistes!). Ce ne sont pas les seuls martyrs qui ont donné leur sang pour le Christ, pour la cause de l'Evangile, mais ce sont des centaines de milliers d'innocents qui meurent.

    Voilà, ce courage, le martyre du sang, n'est peut-être pas demandé à chacun d'entre nous. Cependant, le mot martyr, qui vient du grec, désigne effectivemnt à la fois le martyre de la vie - vivre héroïquement la foi, l'espérance, la charité - et la disponibilité à offrir sa vie pour le Seigneur.

    Eh bien, le terrorisme, le fanatisme, le fondamentalisme ne sont pas seulement vécus au Moyen-Orient, voilà une raison de plus pour vous encourager à persévérer dans la prière afin que ce fondamentalisme, ce fanatisme ne touche jamais cette terre belle et bénie d'Italie. Que ce sang versé pour le Christ soit vraiment la fin de toute la haine, la semence d'une chrétienté plus authentique, selon l'Evangile.

    Après le martyre du Père Hamel, il y a eu le dimanche suivant la visite des [musulmans dans les] églises. Ces gestes sont bienvenus. Mais malheureusement, une dénonciation claire des grandes écoles de l'Islam, sur l'Isis et ses œuvres, n'a jamais eu lieu, il y a donc tout un chemin à faire. Nous encourageons à parvenir à ce courage de dire: plus jamais de violence au nom de la religion, au nom d'Allah.

    Allah dans l'Islam est le Dieu de miséricorde, le Dieu de la paix, et donc une lecture fondamentaliste du Coran porte un discours vraiment tragique, sanglant, exclusiviste. Donc, aidons nos frères musulmans à comprendre aussi le vrai visage de ce Dieu, qui est un Dieu vraiment miséricordieux, il n'est pas égoïste, c'est un Dieu qui est 'charité', c'est-à-dire relation, un amour qui se donne et ne pense pas seulement à lui-même.

    Il est clair que pour nous, cet amour infini a été manifesté à travers la personne de Jésus-Christ. Mais n'ayons pas peur de le dire! Tant de fois, au nom du pacifisme ou d'une peur de l'autre, nous nous refermons en nous-mêmes. Au lieu de cela, le geste du diocèse auquel appartient le Père Jacques, qui avait offert le terrain pour construire la mosquée, a malheureusement a été payé avec le martyre.

    C'est un discours vraiment brûlant, aujourd'hui, mais une façon de ne pas avoir peur est aussi de revenir aux racines de notre foi. En Orient, nous n'avons pas peur de dire la vérité, et même de donner notre sang suivant l'exemple du Père Jacques, du Père Mourad, du Père Van der Lugt. Si le Seigneur le veut, nous n'avons pas peur de le faire, parce que dans ces terres il y a les racines du christianisme: l'Évangile, la vie apostolique, la vie de Jésus, de la Vierge Marie, la vie missionnaire de saint Paul, de Barnabé et de Luc qui a écrit le troisième évangile sont là, à Antioche, Jérusalem, en Syrie. Eh bien, si on coupe les racines de ce grand arbre du christianisme, le reste de l'arbre dessèche et finalement il meurt. Voilà pourquoi il est important de nous unir tous aux souffrances, à la douleur de nos frères chrétiens, de nos sœurs qui souffrent la persécution, la faim, la soif.

    Au nom de toute la communauté du petit troupeau resté à Alep, je voudrais sincèrement et avec toute la chaleur de mon cœur vous dire merci pour votre présence, pour ce que vous faites pour nous.
    Paix et bien.

  • Luther : une vision machiavélique de la foi

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    De diakonos.be, cette traduction d'un article paru sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Luther, un Machiavel de la foi

    A l’occasion du cinq-centième anniversaire de la révolution de Martin Luther, l’affrontement entre cardinaux allemands bat son plein: d’un côté les cardinaux Kasper et Marx qui se déclarent ouvertement admirateurs de Luther et de l’autre les cardinaux Müller, Brandmüller et Cordes qui restent quant à eux dans la ligne de pensée catholique et qui considèrent plutôt Luther comme celui qui a déformé l’Evangile et scindé l’Eglise en divisant la chrétienté et l’Europe.

    Il ne s’agit cependant pas que d’un débat théologique de haut niveau; il y a également des implications concernant le droit naturel et la façon de concevoir ce qu’est le mariage chrétien. Depuis l’abdication de Benoît XVI, Kasper et Marx cherchent à limiter la condamnation de l’adultère et à légitimer plus ou moins ouvertement les remariages avec une ouverture progressive aux mariages gays.  Qu’est-ce que Luther a à voir avec tout cela ?

    Peut-être bien plus qu’on ne pourrait le croire.  Du point de vue de la doctrine, tout d’abord, parce qu’il nie le caractère sacramentel du mariage et qu’il le soumet aux juridictions civiles, c’est-à-dire au pouvoir des souverains et des Etats.  Cette conception désacralise le mariage et le prive de sa dimension surnaturelle.

    Sur le plan des faits, la première chose qu’il faut rappeler c’est le mariage de Luther avec une ex-religieuse cistercienne, Catherine de Bore, avec qui il fera 6 enfants.  Tous deux s’installèrent dans l’ex-couvent augustinien de Wittenberg, un cadeau du prince électeur de Saxe qui s’était approprié, grâce à Luther, tous les biens catholiques situés sur ses terres.  Luther et Catherine devinrent ainsi un modèle, tant et si bien qu’en suivant leur exemple, les réformés iront « à plusieurs reprises, souvent en bandes organisées, arracher les religieuses à leurs cloîtres et les prendre pour épouses ».  Après un rapt de religieuses qui se déroula la nuit du samedi saint de l’année 1523, Luther qualifia d’ailleurs l’organisateur de cette opération « de voleur heureux » et le félicita pour avoir « libéré ces pauvres âmes de leur prison » (cf. Jacques Maritain,  « Trois réformateurs : Luther, Descartes, Rousseau. », Paris, Plon, 1925).  A cette époque, de nombreuses religieuses allemandes furent contraintes à abandonner leurs monastères, souvent contre leur gré, et à retourner dans leurs maisons ou à se marier.

    Il y a un autre événement qu’il faut également rappeler: Luther, pour ne pas perdre l’appui du landgrave Philippe Ier de Hesse, « l’un des piliers politiques du luthérianisme » lui avait permis d’épouser en seconde noces la jeune Marguerite von der Saale, âgée de dix-sept ans.  Or Philippe était déjà marié à Christine de Saxe avec laquelle il avait déjà eu sept enfants.  Nous sommes en 1539 et Luther préfère éviter tout scandale public, il ne veut pas publiquement justifier une bigamie mais il doit répondre à la demande de Philippe, un libertin endurci infecté par la syphilis, qui lui est « nécessaire pour préserver la puissance militaire de la réforme ».

    Il décide donc d’employer la ruse: espérant que personne ne l’apprendrait, il envoie un message secret à Philippe pour lui dire qu’un mariage supplémentaire peut très bien être dicté par un « impératif de conscience ».  Autrement dit, qu’il n’y a aucun problème à être bigame pour autant que cela ne se sache pas.  Luther et Mélanton écrivent ceci: « Si donc votre Altesse est définitivement décidée à prendre une seconde épouse, notre avis est qu’il est préférable que cela doive rester secret ».  Après les noces, Philippe fit parvenir à Luther qui se livrait depuis déjà longtemps à de plantureux repas bien arrosés « un tonneau de vin qui arriva à Wittenberg au moment où le secret de la bigamie était éventé par la faute de la sœur du landgrave ».

    Sentant arriver les ennuis, Luther, auquel Tommaso Campanella attribue le titre de « Machiavel de la foi », conseille alors à Philippe de déclarer publiquement que Marguerite n’était pas son épouse légitime « en remplaçant l’acte de mariage par un autre acte notarié qui établirait que Marguerite n’était que sa concubine ».  Philippe refuse et demande au contraire à Luther de confirmer publiquement que c’est bien lui qui lui avait concédé la dispense.  Mais Luther, qui n’hésitera pourtant pas en d’autres occasions à utiliser de fausses traductions de passages bibliques pour avoir gain de cause, répond que son conseil était secret « et qu’il devient nul du simple fait qu’il a été rendu public » (Federico A. Rossi di Marignano, Martin Lutero e Caterina von Bora, Ancora, Milano, 2013, p. 343-347; Angela Pellicciari, Martin Lutero, Cantagalli, Siena, 2013, p. 109-113).

    Quelques années auparavant, en 1531, dans l’une de ses nombreuses lettres visant à s’attirer les faveurs des puissants, Luther écrivait au roi Henri VIII d’Angleterre que oui, le mariage était bien indissoluble mais que cependant… avec la permission de la reine il pouvait prendre une seconde épouse, comme dans l’Ancien Testament.  Comme nous le savons, Henri demandera une dispense non pas à Luther mais à Rome.  Le Pape la lui ayant refusée, il prit la balle au bond et en profita pour déclarer le schisme entre l’Angleterre et Rome.  Finalement, de répudiation en répudiation, il atteindra le nombre appréciable de 6 épouses (dont il fit assassiner l’une ou l’autre sans le moindre scrupule).

    Si l’effet évident de la révolution de Luther sur le mariage lui a servi de prétexte pour jeter le froc aux orties ainsi que pour permettre aux princes de répudier leurs épouses légitimes et de vivre en polygamie, c’est surtout sur le plan de la doctrine que tout allait progressivement changer.  Il faut toujours tenir compte d’un élément important: Luther considérait en permanence la noblesse germanique comme étant son interlocuteur privilégié parce qu’il en avait besoin pour triompher dans son combat contre Rome.  Et la noblesse germanique, comme celle des autres pays, s’opposait à Rome non seulement sur des questions de politique et de pouvoir mais également sur la doctrine du mariage: souvent les nobles n’acceptaient pas l’indissolubilité ni les obligations du mariage dictées par Rome (notamment l’interdiction des mariages arrangés et des mariages entre consanguins).

    De plus, pour des raisons propres à leur condition sociale ou pour des questions d’héritage, les nobles réclamaient davantage que les autres le droits des parents de donner ou de refuser leur consentement au mariage de leurs enfants alors que l’Eglise romaine ne reconnaît cette prérogative qu’aux époux eux-mêmes, en tant qu’uniques ministres de leur mariage.  Luther et les réformés répondront donc aux « exigences » de la noblesses et iront même plus loin.  Ils commencèrent tout d’abord à remettre en question l’indissolubilité absolue.

    Luther reconnaît ainsi au moins 4 causes pour le divorce: l’adultère, l’impuissance survenue pendant le mariage (tandis que l’impuissance antérieure au mariage est un motif de nullité, comme pour l’Eglise), la « désertion malicieuse » et l’obstination tenace d’un époux à se refuser au devoir conjugal (à ce propos, il écrivit d’ailleurs que « si la femme néglige son devoir, l’autorité civile doit l’y contraindre ou bien la mettre à mort »).

    Il était inévitable que les ouvertures de Luther en génèrent bien d’autres, comme celle des anabaptistes qui sont favorables à la polygamie ou comme celles de son disciple M. Butzer qui soutiendra que le Christ n’aurait jamais aboli le divorce et qu’il reviendrait donc à l’autorité politique de légiférer sans limites ni conditions en matière de divorce.  En outre, Luther et les réformés insisteront à plusieurs reprises divers sur la nécessité du consentement des parents en reprochant à l’Eglise d’en diminuer l’importance et se battront pour lever l’interdiction du mariage consanguin (Jean Gaudemet. Le mariage en Occident; les mœurs et le droit. Paris : Ed. du Cerf, 1987).

    L’Eglise catholique, de son côté, examinera les positions de Luther pendant le Concile de Trente et réaffirmera une fois pour toutes le caractère sacramentel du mariage et son indissolubilité, refusant la licéité du divorce luthérien et confirmant, malgré les pressions de la noblesse française, que le consentement des parents, s’il était souhaitable, n’était en rien contraignant tout en condamnant l’affirmation luthérienne selon laquelle il serait impossible de vivre chastement.  Les positions issues du Concile de Trente seront réaffirmée par l’Eglise et par tous les papes pendant 500 ans sans le moindre changement.

    Un article de Francesco Agnoli publié sur La Nuova Bussola Quotidiana le 18 août 2016.