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Eglise - Page 439

  • Le Nicaragua condamne quatre prêtres, deux séminaristes et un laïc à dix ans de prison

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    Lu sur El Debate :

    Le Nicaragua condamne quatre prêtres, deux séminaristes et un laïc à dix ans de prison

    Le régime de Daniel Ortega a imposé cinq ans de prison pour le crime de complot en vue de porter atteinte à l'intégrité nationale, et cinq autres pour le crime de diffusion de fausses nouvelles.

    7/2/2023

    Quatre prêtres catholiques, deux séminaristes et un caméraman du diocèse de Matagalpa, dans le nord du Nicaragua, ont été condamnés à 10 ans de prison pour des crimes considérés comme "trahison contre la patrie", ainsi que la "déchéance perpétuelle de leurs droits de citoyens", a rapporté la Unidad de Defensa Jurídica. Les condamnés sont les prêtres Ramiro Tijerino, recteur de l'Université Juan Pablo II et responsable de la paroisse de San Juan Bautista ; José Luis Díaz et Sadiel Eugarrios, respectivement premier et deuxième vicaire de la cathédrale San Pedro de Matagalpa, et le diacre Raúl Vega González. Egalement les séminaristes Darvin Leiva Mendoza et Melkin Centeno, et le caméraman Sergio Cárdenas. Les prêtres et le laïc, détenus depuis le 19 août, ont été condamnés par la juge Nadia Camila Tardencilla, chef du tribunal pénal du deuxième district de Managua, lors d'une audience tenue à huis clos, a indiqué l'Unité de défense juridique, composée d'avocats qui défendent les religieux.

    Aucun droit fondamental

    La semaine dernière, le prêtre Óscar Danilo Benavidez Dávila, curé de la paroisse Espíritu Santo, dans la municipalité de Mulukuku, dans la région autonome des Caraïbes du Nord du Nicaragua, a également été condamné à 10 ans de prison pour des crimes considérés comme «trahison». Selon la décision, le juge Tardencilla a condamné le groupe de religieux à cinq ans de prison pour le crime de complot visant porter atteinte à l'intégrité nationale, et à cinq autres pour le crime de propagation de fausses nouvelles, à la fois au détriment de l'État du Nicaragua et de la société, en plus des "peines accessoires", a détaillé la Cellule de défense judiciaire. Les peines accessoires, selon ce groupe d'avocats, consistent en "800 jours d'amende, l'interdiction perpétuelle d'exercer des fonctions publiques au nom ou au service de l'État du Nicaragua, ainsi que l'exercice de fonctions d'élection populaire et l'interdiction perpétuelle de leurs droits des citoyens ».

    Aberration juridique

    Le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh) a qualifié l'affaire contre les religieux d'"aberration juridique", entre autres parce qu'ils "étaient disqualifiés à vie pour occuper des fonctions publiques et bannis des élections populaires". «Depuis Cenidh, nous condamnons ces actions perverses du régime qui violent les droits de l'homme. Nous exigeons une liberté immédiate pour eux et pour tous les gens P.p. (prisonniers politiques)", a exigé l'organisation. Le groupe de religieux et de laïcs, ainsi que l'évêque Rolando Álvarez, ont été arrêtés à l'aube du vendredi 19 août par des policiers dans le palais épiscopal du diocèse de Matagalpa, après avoir été enfermés pendant 15 jours, et depuis lors, ils ont été à la prison de police "El Chipote", officiellement connue sous le nom de Direction de l'assistance judiciaire, à l'exception de l'évêque qui est sous "protection domiciliaire". Álvarez, 56 ans et très critique du gouvernement de Daniel Ortega, sera jugé pour répondre des mêmes crimes que les prêtres le 28 mars. Le hiérarque, qui a été présenté sans ses vêtements religieux lors des audiences, est le premier évêque arrêté et inculpé depuis le retour au pouvoir d'Ortega au Nicaragua en 2007. Les relations entre les sandinistes et l'Église catholique nicaraguayenne ont été marquées par des frictions et de la méfiance au cours des 45 dernières années.

  • Quand le Vatican lance une enquête apostolique dans le diocèse de Mgr Rey

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro (via Il Sismografo) :

    Pourquoi le Vatican lance une enquête apostolique dans le diocèse de Toulon

    Annoncée conjointement mardi 7 février par la nonciature et le diocèse, une «visite apostolique» vise le diocèse de Fréjus-Toulon dont Mgr Dominique Rey est en charge.

    Sous observation romaine depuis plusieurs années, le diocèse de Fréjus-Toulon va entrer dans une nouvelle phase en ce mois de février 2023. Une «visite apostolique» a été décrétée par le Vatican et annoncée officiellement ce mardi 7 février pour en finir d'y voir clair sur la gestion ecclésiale controversée de ce diocèse français pourtant florissant et sous la conduite, depuis mai 2000, de Mgr Dominique Rey, 70 ans.

    Une «visite apostolique» n'est pas un simple audit. Elle est décidée par l'autorité romaine du dicastère des évêques «par mandat du pape François», précise la nonciature apostolique de Paris. Elle est diligentée par deux évêques expérimentés, désignés par le Saint-Siège, en l'occurrence, Mgr Joël Mercier, 78 ans, français, ancien secrétaire de la congrégation pour le clergé et par Mgr Antoine Hérouard, 66 ans, archevêque de Dijon.

    Ils vont auditionner qui ils le désirent dans le diocèse à partir du 13 février, pendant deux semaines, puis lors d'une dernière semaine avant d'en faire la synthèse et de rendre leurs conclusions visant à résoudre un «certain nombre de difficultés», précise le communiqué de la nonciature. Le statut de la «visite apostolique» ne limite pas leur rôle à la simple enquête. Habituellement, les évêques visiteurs disposent des pleins pouvoirs pour décider de la suite des événements à Toulon.

    Que reproche-t-on à Mgr Dominique Rey ? Il n'y a pas a priori d'affaire de mœurs qui dépasserait les proportions comparables à tous les autres diocèses. Il a dû, par exemple, signaler au procureur le curé de sa cathédrale visé par les accusations d'une femme. Le problème de fond est celui de la «gouvernance».

    Des méthodes questionnées

    Si les résultats sont là comme dans aucun autre diocèse catholique de France - une quarantaine de séminaristes, 250 prêtres actifs, un dynamisme d'évangélisation tous azimuts -, ce sont les méthodes de l'évêque qui sont questionnées autour de trois reproches majeurs.

    Tout d'abord le management de cet homme, membre de la communauté charismatique de l'Emmanuel, qui sait où il va et avance avec détermination. Ce qui n'est pas toujours du goût de l'Église de France et de certains prêtres. Ils se seraient sentis «froissés» ou «délaissés».

    Deuxième reproche, l'accueil de séminaristes, prêtres, laïcs, communautés, rejetés par d'autres évêques. Au total une cinquantaine d'œuvres, associations ou institutions. Par principe, Mgr Rey leur a toujours offert une seconde chance. Avec des réussites mais aussi des incompréhensions et des accidents de parcours, conduisant à accuser l'évêque d'un manque de «discernement» mais aussi un «manque de suivi» de ces cas particuliers.

    Troisième grief, moins explicite mais virulent car mal porté actuellement dans l'Église, l'attitude d'ouverture de Mgr Rey vis-à-vis de la sensibilité traditionaliste de l'Église. Il n'en est pas personnellement issu mais il a développé pour cette vision, la même bienveillance que pour des charismatiques. Il est persuadé que l'avenir de l'Église de France, passe par cette réconciliation que certains dénomment comme le courant «tradismatique».

    Plusieurs affaires concrètes et récentes ont nourri ces trois points. Le plus spectaculaire a été la décision romaine,le 29 mai 2022, de suspendre les ordinations de quatre prêtres et de six diacres pourtant prévues un mois plus tard. Du jamais vu dans l'Église. Pour l'heure les six attendent toujours. Une supplique signée par un tiers des prêtres du diocèse et par «12 000 fidèles» - selon une source diocésaine, pour ne pas laisser cette situation en suspens n'y a rien fait. Certaines sources estimaient que ce bras de fer romain visait à pousser alors Mgr Rey à la démission, en prenant les séminaristes en otage.

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  • Antioche : la situation est dramatique

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/TURQUIE - Antioche, un tremblement de terre détruit des mosquées et des églises. Une paroisse catholique accueille des personnes déplacées

    7 février 2023

    Antakya (Agence Fides) - " La situation à Antioche est dramatique. Des bâtiments entiers se sont effondrés, des mosquées et des églises ont été détruites. Il y a des morts, des personnes ensevelies sous les décombres, et dans de nombreux endroits, personne n'est encore arrivé pour tenter de les sauver. Il fait un froid glacial, il n'y a pas de lumière, pas d'eau, les fours à pain ont été détruits, les magasins sont fermés. Les rues, pleines de débris, sont impraticables même pour les véhicules de secours. Ils me disent qu'au moins la moitié de la ville est détruite ou a subi de graves dommages, surtout dans la partie la plus ancienne". Le témoignage dramatique recueilli par l'Agence Fides provient du Père Domenico Bertogli, 86 ans, frère capucin de Modène, qui, de la fin des années 1980 jusqu'en 2022, a été curé de la communauté catholique d'Antakya, l'ancienne Antioche sur l'Oronte, aujourd'hui située dans la province de Hatay, au sud-ouest de la Turquie. Antakya se trouve à moins de 200 kilomètres de Gaziantep, la zone urbaine la plus proche de l'épicentre du tremblement de terre qui a semé la mort entre la Syrie et la Turquie.

    Le père Domenico est maintenant à Istanbul, mais il est en contact quotidien avec le père Francis, qui lui a succédé comme curé de l'église catholique dédiée aux saints Pierre et Paul à Antakya. "Notre paroisse, explique le père Bertogli à l'Agence Fides, est restée debout. C'est un bâtiment bas qui a résisté à l'impact des secousses. Seule la maison de réception a subi des dommages importants. Mais la mosquée et le minaret qui étaient juste à côté de la paroisse se sont effondrés. Deux importantes mosquées de la ville ont également été détruites, ainsi que l'église orthodoxe (photo, ndlr) et l'église protestante". Aujourd'hui, la petite paroisse a ouvert ses portes pour accueillir les familles déplacées vivant à proximité : "Elles se sentent plus en sécurité, car la paroisse dispose d'un jardin qui offre une issue de secours immédiatement accessible, en cas de nouvelles secousses. Les experts répètent que l'essaim sismique n'est pas terminé. Et la peur qui plane empêche aussi d'aborder l'urgence avec lucidité. Il y a un besoin de nourriture, de tentes et de couvertures. Tout est nécessaire."

    C'est le Père Dominique lui-même qui, il y a de nombreuses années, a inauguré la paroisse des Saints Pierre et Paul, dans une ville imprégnée des souvenirs de la première prédication apostolique. Il l'avait établi en restaurant, pièce par pièce, deux vieilles maisons délabrées dans l'ancien quartier juif, où se concentraient vraisemblablement aussi les habitations des premiers chrétiens de la ville. Une fois le travail terminé, il a gravé l'inscription Türk Katolik Kilisesi, "Église catholique turque", sur la pierre au-dessus de la porte.

    A Antioche sur l'Oronte, après la mort et la résurrection du Christ, l'apôtre Pierre était arrivé et y était resté longtemps. C'est pourquoi la ville était Sedes Petri avant Rome. À Antioche, l'apôtre Paul s'est également disputé durement avec l'apôtre Pierre pour annuler toute prétention à imposer la circoncision et d'autres observances juives aux nouveaux baptisés issus du paganisme. À Antioche, selon les Actes des Apôtres, ceux qui suivaient et aimaient Jésus ont été appelés "chrétiens" pour la première fois. (GV) (Agence Fides 7/2/2023)

  • Bruxelles (Stockel), 12 février : "Etre prêt" (repères spirituels), une conférence de l'abbé Grosjean

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    L'abbé Grosjean, curé de la paroisse de Montigny-Voisin, fondateur du Padre blog et des universités d'été, responsable des questions d'éthique et de politique pour son diocèse de Versailles, viendra le dimanche 12 février 2023 à 20 h., nous parler de son 3e livre : "Être prêt, repères spirituels".

    Être prêt et pour cela vivre pleinement et sans attendre sa vie, c'est la thématique que l'Abbé Grosjean se propose d'explorer pour nous.

    L'Abbé Grosjean nous fournira 10 repères pour éclairer et accompagner cette aventure rude et magnifique qu'est notre vocation d'homme, de femme, de chrétien.  Dix méditations qui nous donneront lumière, force, consolation et confiance.

    Par ce livre spirituel concret, simple et incarné, l'Abbé Grosjean nous encourage ; il partage avec nous les fruits de son ministère, de ses rencontres, de son expérience.

    Il s'adresse à toutes les générations à partir de 15 ans et à tous les états de vie et nous enthousiasme par son franc-parler et son enthousiasme.  Oui, nous sommes faits pour la Joie, la Joie vraie !

    Nous vous attendons donc nombreux le dimanche 12 février 2023 à 20h à l'église Notre-Dame-de-Stockel.  La participation aux frais est libre. Les 3 livres de l'Abbé Grosjean vous seront proposés à la vente avant et après la conférence.

  • Une nouvelle Constitution apostolique pour repousser l'enseignement traditionnel et son rite hors de la vie de l'Église

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    Des informations publiées par le site Summorum-Pontificum.de à prendre avec précaution en attendant d'autres confirmations (traduction "de travail") :

    Plus que de simples rumeurs - des nouvelles du marais

    4 février 2023

    Notre source romaine s'est exprimée avec de nouvelles informations et des éclaircissements sur la Constitution apostolique attendue pour repousser l'enseignement traditionnel et son rite hors de la vie de l'Église.

    Selon cela, l'objet du document est l'interdiction expresse d'administrer les sacrements et les sacramentaux sous la forme traditionnelle, telle que réglementée dans le rituel romain traditionnel ou le pontifical. Baptême, mariage, confirmation - uniquement dans le nouveau rite, et en latin uniquement dans la mesure où ils sont célébrés en latin dans le cadre d'une célébration du Nouvel Ordo. Notre source n'a pas pu dire dans quelle mesure un permis spécial est requis pour ces derniers, comme c'est déjà le cas dans certains diocèses américains.

    Cette interdiction s'applique également expressément à l'ordination des diacres et des prêtres – à l'avenir, même dans les communautés fidèles à la tradition, elles ne pourront avoir lieu que selon la liturgie réformée. L'administration des sacramentaux traditionnellement appelés "consécrations mineures" - pour lesquelles il n'existe pas de nouveau rite - est interdite.

    La "liberté" des prêtres des communautés traditionnelles pour la célébration de la messe d'après le missel enregistré sans autorisation spéciale est limitée à l'utilisation dans les maisons "canoniquement établies" de ces communautés.

    Cette information actuelle, qui dépasse apparemment le statut de simples rumeurs, désigne également la Semaine Sainte comme date de publication du document - c'est-à-dire probablement l'anniversaire de la Constitution Missale Romanum de Paul VI. le 3 avril.

    Le "croyant normal" ne devrait plus entrer en contact avec ce qui est catholique depuis deux mille ans - et s'il le fait, alors avec la mauvaise conscience de faire quelque chose "d'interdit". Un abus spirituel au plus haut niveau; le Pape comme un meurtrier des âmes ?

    La deuxième cible de l'attaque est les communautés de tradition, qu'il s'agit d'attaquer au plus profond de leur être par l'interdiction ou la restriction la plus stricte de leur travail pastoral et en particulier par l'interdiction de la consécration dans le rite traditionnel. Ses membres doivent également être contraints de comprendre l'histoire de deux mille ans de l'Église du Christ comme un chapitre dépassé, voire fermé, et de prêter serment d'allégeance à l'Église du Zeitgeist (de l'air du temps), qui a été revivifiée par le "l'esprit de Vatican II" et nouvellement fondé par le Pistolero de la Pampa. Les effets concrets que cela aura sur les séminaires et la situation des jeunes talents des instituts devraient bientôt se faire sentir.

    Deux observations récentes confirment la tendance et justifient les pires craintes. D'une part, dans un récent discours, l'actuel occupant du Siège de Pierre a déclaré qu'il avait des réserves morales sur l'homosexualité. Cela lui a valu un "Dubium" réprimandant de la part de son frère James Martin. François y répondit immédiatement par une lettre manuscrite dans laquelle il s'excusa diligemment et suggéra une lecture de ses déclarations qui agréerait davantage au Père Martin.

    Le second est peut-être encore plus typique : avec des décrets détaillés au début du mois, François a fondé un "Centre d'éducation Laudato Si pour la conversion écologique" plus orienté vers la pratique et un "Centre d'étude Laudato Si pour la réorientation écologique" plus théorique. Les deux institutions ont été dotées de privilèges institutionnels et financiers étendus et ont été affectées à la résidence d'été de Castel-Gandolfo, utilisée par les papes précédents, comme locaux pour leurs activités sans aucun doute extrêmement bénéfiques. D'importants travaux de rénovation auraient déjà commencé dans ce Borgo Laudato-Si, qui s'appelle désormais ainsi.

  • L'assemblée continentale synodale de l'Europe va-t-elle adopter les objectifs de la "voie synodale" allemande ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Les dirigeants allemands plaident en faveur de la "voie synodale" lors de la réunion synodale de l'Europe

    Les évêques Georg Bätzing et Irme Stetter-Karp ont pris la parole lors de la première journée complète de l'assemblée synodale continentale de l'Europe à Prague.

    6 février 2023

    Les dirigeants catholiques allemands ont exhorté lundi les participants à l'assemblée continentale synodale de l'Europe à envisager d'adopter les objectifs de la "voie synodale" controversée du pays."

    L'évêque Georg Bätzing, président de la conférence épiscopale allemande, et Irme Stetter-Karp, présidente du Comité central laïc des catholiques allemands (ZdK), ont déclaré aux délégués réunis à Prague le 6 février que l'Église avait besoin de changements structurels en réponse aux abus systémiques.

    S'exprimant lors de la première journée complète de la réunion, ils ont insisté sur le fait que l'Église en Allemagne voulait poursuivre les réformes dans l'unité avec les catholiques des autres pays européens, plutôt que d'emprunter un "chemin spécial" (Sonderweg) qui, selon les critiques, pourrait mener au schisme.

    L'évêque Bätzing a déclaré : "Nous avons commencé un chemin synodal en 2019 parce qu'une enquête scientifique sur les abus dans notre Église nous a montré : il y a une grave culpabilité individuelle ; beaucoup trop de clercs ont abusé de leur pouvoir et les responsables, notamment les évêques, ont couvert les méfaits. Mais il y a aussi des causes systémiques de l'abus de pouvoir. Nous ne pouvons pas les nier. Nous sommes déterminés à en tirer les conséquences : spirituelles et structurelles."

    "Les situations dans lesquelles nous vivons en Europe sont différentes. Nous avons besoin de réponses convaincantes sur la façon dont nous pouvons redécouvrir et proclamer l'Évangile dans ces situations. Mais nous ne devons pas emprunter des chemins particuliers. Nous marchons ensemble sur le chemin que l'Esprit de Dieu conduit notre Église : dans de nombreux endroits, avec de nombreuses personnes, sous de nombreuses formes. C'est un kairos [moment opportun] de l'Église pour découvrir et façonner sa synodalité."

    Mgr Bätzing a ensuite exposé six priorités, en réponse à une question du Document pour l'étape continentale (DCS), le texte de travail pour l'étape actuelle du processus synodal mondial, qui demande "quelles intuitions résonnent le plus fortement avec les expériences vécues et les réalités" de l'Église locale.

    L'évêque allemand a déclaré : "Nous entendons que les femmes attendent plus de participation et d'implication - et que c'est une préoccupation de toute l'Église. Nous entendons que les fidèles veulent avoir leur mot à dire lorsque leurs affaires sont délibérées et décidées. Nous entendons que de nouvelles formes sont recherchées pour façonner la fonction sacerdotale."

    "Nous entendons que le renforcement de l'œcuménisme est une préoccupation sincère de toute l'Église catholique. Nous entendons que l'Église doit être ouverte aux personnes dont le style de vie n'est pas conforme aux normes du Catéchisme, y compris les personnes homosexuelles."

    Il a ajouté : "Nous entendons et comprenons ces préoccupations. Je les partage personnellement. Je considère que ma tâche en tant que président de la conférence épiscopale allemande est de les faire entrer dans le processus mondial destiné à renouveler l'Église."

    Dans son discours, Irme Stetter-Karp a noté qu'une "guerre meurtrière" fait rage en Europe.

    "Nous avons besoin ici à Prague d'un signe de solidarité avec les victimes des guerres, d'un signe d'espoir pour la paix. Nous n'en avons pas seulement besoin sous forme de déclarations. Nous en avons besoin dans la manière dont nous sommes l'Église", a-t-elle déclaré.

    "Nous avons besoin de moyens pour confesser sincèrement notre culpabilité et renforcer notre unité. Nous avons besoin de moyens pour parvenir à l'égalité des sexes. Nous avons besoin de moyens pour accueillir les gens. Notre objectif est de surmonter le cléricalisme et de renforcer notre responsabilité commune de proclamer l'Évangile. Nous n'avons pas besoin d'uniformité. Nous avons besoin d'unité dans la diversité. Cherchons ensemble les meilleures réponses."

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  • L'inclusivité ? - "Tous sont les bienvenus, mais aux conditions du Christ, pas aux leurs"

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    De kath.net/news :

    L'inclusivité ? - "Tous sont les bienvenus, mais aux conditions du Christ, pas aux leurs".

    7 février 2023

    L'évêque américain Barron fait part de ses inquiétudes concernant le prochain Synode mondial des évêques et les notions d'inclusivité et de culture de l'accueil - Barron : Jésus a vécu une culture de l'accueil radicale, mais cela a été "systématiquement accompagné de son appel à la conversion".

    Vatican (kath.net) Il se sent de plus en plus mal à l'aise avec deux mots qui jouent un rôle important dans le contexte du synode mondial du Vatican et d'un document du Vatican y afférent, à savoir "inclusivité et culture de l'accueil". C'est ce que reconnaît l'évêque Robert Barron de Winona-Rochester dans une contribution pour le projet évangélique "Word on Fire" qu'il a fondé.

    L'évêque Barron explique dans son article : "Nous entendons régulièrement que l'Eglise doit devenir un lieu plus inclusif et plus accueillant pour une multitude de groupes : pour les femmes, pour les personnes LGBT+, pour les divorcés remariés civilement, etc. Mais je n'ai pas encore trouvé de définition précise de ces deux termes. À quoi ressemblerait exactement une Église accueillante et inclusive ? S'adresserait-elle toujours à tous dans le sens d'une invitation ? Si oui, la réponse devrait évidemment être oui". Mais l'Église validerait-elle ainsi "les choix de comportement et de style de vie de chacun" ? Il espère qu'il est clair que la réponse est "non".

    Car Jésus-Christ a vécu une attitude d'accueil radical de manière extrêmement claire dans sa pratique de la "communion ouverte à la table", non seulement avec les justes, mais de manière "extrêmement contre-culturelle" "avec les pécheurs, les pharisiens, les collecteurs de taxes et les prostituées". Toutefois, "cette inclusivité du Seigneur a été accompagnée sans ambiguïté et de manière conséquente par son appel à la conversion. En effet, le premier mot qui sort de la bouche de Jésus dans son discours inaugural dans l'évangile de Marc n'est pas "Bienvenue !" mais "Repentez-vous !" À la femme surprise en flagrant délit d'adultère, il dit : "Va et ne pèche plus !". "Dans l'action pastorale de Jésus, il y a un équilibre remarquable entre acceptation et défi, entre atteindre tout le monde et appeler au changement. C'est pourquoi je ne qualifierais pas simplement son approche d''inclusive' ou d''accueillante', mais plutôt d'aimante.

    L'évêque Barron a rappelé que "mon propre mentor, le cardinal Francis George, s'est vu demander un jour pourquoi il n'aimait pas l'ambiance derrière la chanson 'All Are Welcome' [Tout le monde est le bienvenu]. Il a répondu qu'elle avait négligé le simple fait que, même si tout le monde est le bienvenu dans l'Eglise, c'est 'aux conditions du Christ, pas aux leurs'".

    Barron conclut par les considérations suivantes : "Une préoccupation générale que j'ai est très fortement liée à l'utilisation conséquente des termes 'culture de l'accueil' et 'inclusivité'. A savoir avec l'écrasement de la doctrine, de l'anthropologie et de l'argumentation théologique authentique par des sentiments ou, pour l'exprimer un peu différemment, la tendance à psychologiser les faits considérés. L'Église n'interdit pas les actes homosexuels parce qu'elle aurait une peur irrationnelle des homosexuels. Elle ne refuse pas non plus la communion dans les mariages irréguliers parce qu'elle s'amuserait à être un club exclusif. Elle n'interdit pas non plus l'ordination des femmes parce que des vieillards grincheux au pouvoir ne supportent tout simplement pas les femmes. Mais elle formule pour chacune de ces positions des arguments basés sur l'Écriture, la philosophie et la tradition théologique, et chacune a été ratifiée par l'enseignement faisant autorité des évêques en communion avec le pape. Remettre en question tous ces enseignements établis parce qu'ils ne correspondent pas aux canons de notre culture contemporaine entraînerait l'Église dans une véritable crise. Honnêtement, je ne crois effectivement pas que le pape François avait en tête ces secousses sur les fondements lorsqu'il a convoqué un synode sur la synodalité".

  • Le sens de la communion : un inédit de Benoît XVI

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction de Diakonos.be)

    La messe catholique comme personne ne l’avait jamais expliquée. Un inédit du Pape Benoît

    Des quinze textes rédigés par Benoît XVI après sa renonciation à la papauté et dont il a souhaité la publication après sa mort, dans le volume édité chez Mondadori « Che cos’è il cristianesimo. Quasi un testamento spirituale », quatre sont inédits et l’un d’entre eux se distingue de tous les autres.

    Il se compose de 17 pages et s’intitule « Il significato della communione ». Il a été achevé le 28 juin 2018, au moment même où un conflit faisait rage entre l’Église allemande et celle de Rome sur la question de donner ou pas la communion eucharistique aux époux protestants, dans le cas de mariages interconfessionnels, avec un Pape François confus, qui dit tantôt oui, tantôt non, et parfois même oui et non à la fois.

    Dans ce texte, Joseph Ratzinger remonte à la racine de la question. Si même les catholiques réduisent la messe à un repas fraternel, comme le font les protestants, alors tout est permis, et même que l’intercommunion – écrit-il – devienne le sceau politique de la réunification allemande après la chute du Mur de Berlin, comme cela advint effectivement « sous l’œil des caméras de télévision ».

    Mais la messe n’est pas un repas, même si elle est née au cours de la dernière Cène de Jésus. Pas plus qu’elle n’est issue des repas que Jésus a pris avec les pharisiens. Depuis les origines, elle est réservée à la communauté des croyants, soumise « à de rigoureuses conditions d’accès ». Son vrai nom est « Eucharistie » et en son centre, il y a la rencontre avec Jésus ressuscité. Davantage que bien des liturgistes – rappelle Benoît – ce sont ces jeunes qui adoraient en silence le Seigneur dans l’hostie consacrée, au cours des JMJ de Cologne, Sydney et Madrid qui en ont bien compris l’essence.

    Nous reproduisons ci-dessous la première partie de l’essai du Pape Benoît. Docte et fluide à la fois. Avec des éclairs de souvenirs personnels et des allusions rapides et suggestives à des questions telles que les fondements du célibat sacerdotal ou le sens du « pain quotidien » invoqué » dans le Notre Père.

    La publication a été autorisée par Piergiorgio Nicolazzini Literary Agency, PNLA – © 2023 Mondadori Libri S.p.A., Milan, et © 2023 Elio Guerriero pour la direction.

    *

    Le sens de la communion

    de Joseph Ratzinger / Benoît XVI

    Au cours des derniers siècles, la célébration de la Cène n’a pas vraiment occupé une place centrale dans la vie ecclésiale des Églises protestantes. Dans bon nombre de communautés, la Sainte Cène n’était célébrée qu’une fois par an, le Vendredi saint. […] Il est évident que, face à une pratique de ce genre, la question de l’intercommunion n’a aucune pertinence. Seul un conformisme sensible à la forme actuelle de vie en commun catholique est susceptible de rendre cette question humainement urgente.

    Dans l’Église antique, étonnamment, la célébration quotidienne de la Sainte Messe fut très tôt considérée comme étant évidente. Pour ce que j’en sais, il n’y eut aucune discussion autour de cette pratique, qui s’est imposée pacifiquement. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut comprendre la raison pour laquelle [dans le « Notre Père »] le mystérieux adjectif « epiousion » ait été presque naturellement traduit par « quotidianus ». Pour le chrétien, le « supersubstantiel » est le quotidiennement nécessaire. La célébration eucharistique quotidienne s’est révélée nécessaire surtout pour les presbytres et les évêques en tant que « prêtres » de la Nouvelle Alliance. En cela, l’état de vie célibataire a joué un rôle important. Le contact direct, « corporel » avec les mystères de Dieu déjà à l’époque de l’Ancien Testament jouait un rôle significatif dans l’exclusion de la pratique conjugale les jours où le prêtre préposé exerçait sa charge. Toutefois, étant donné que le prêtre chrétien traitait avec les saints mystères non plus seulement de manière temporaire, mais qu’il était responsable pour toujours du corps du Seigneur, du pain « quotidien », s’offrir complètement à lui devint une nécessité.

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  • Tremblement de terre en Turquie, Syrie, Liban : avec la population, les communautés chrétiennes impactées

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    En Belgique, les dons (déductibles fiscalement) peuvent être faits à l'oeuvre "Solidarité Orient".

    Et aussi, à Caritas ; https://don-gift.caritasinternational.be/turquie-syrie/~mon-don

  • Le prix Nobel de la Paix pour le cardinal Zen ?

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    De Franca Giansoldati sur Il Messaggero :

    4 février 2023

    Vatican, le cardinal Zen, héroïquement anti-chinois, est nommé pour le prix Nobel de la paix pour avoir défendu les droits de l'homme à Hong Kong.

    Le "Lion de Hong Kong", le cardinal Joseph Zen Ze-Kiung, a été proposé pour le prix Nobel de la paix pour avoir passé sa vie à défendre les droits de l'homme et la liberté religieuse en Chine et dans l'ancien protectorat britannique. Son nom figure sur une liste de six militants qui n'ont pas hésité à risquer leur propre existence pacifique pour défendre les principes démocratiques à Hong Kong, où le gouvernement de Pékin a récemment introduit des lois draconiennes pour étouffer toute forme de résistance et étendre son contrôle sur la vie des citoyens.

    Outre le cardinal Zen, qui a été assigné à résidence pour avoir soutenu financièrement des manifestants pendant la révolution des parapluies, les nominés comprennent également le magnat des médias pro-démocratie Jimmy Lai, l'organisateur de la veillée Tiananmen Chow Hang-tung, l'ancienne journaliste Gwyneth Ho et l'ancien législateur Lee Cheuk-yan. Ils ont été nommés par des politiciens américains républicains et démocrates afin de "rendre hommage à tous ceux qui, à Hong Kong, ont inspiré le monde par leur courage et leur détermination face à la répression".

    La déclaration publiée par les députés explique que les nominations sont représentatives des millions de Hongkongais qui se sont opposés pacifiquement à l'érosion constante des libertés démocratiques de la ville par les gouvernements de Hong Kong et de la RPC.

    Le cardinal Zen, malgré ses 91 ans, est toujours actif et combatif, et est considéré comme un point de référence pour les catholiques chinois qui refusent de s'intégrer aux nouvelles mesures d'assimilation religieuse introduites en Chine à la suite de l'accord signé avec le Vatican il y a quatre ans, qui prévoit des nominations concertées pour les nouveaux évêques et l'inscription obligatoire des fidèles à l'Association patriotique, l'Église contrôlée directement par le parti. Un accord sur lequel le cardinal Zen a toujours été en total désaccord avec Rome et le pape François, soulignant à plusieurs reprises que cette décision politique conduirait à de nouvelles mesures négatives contre l'Église clandestine.

    Le Vatican a toutefois toujours répondu à Zen qu'au contraire, la négociation permettrait de normaliser la situation au fil du temps et de jeter les bases de la fin du harcèlement. Malheureusement, ces dernières années, la situation des catholiques n'a pas évolué dans le sens souhaité, puisque dans de nombreuses régions, les persécutions se sont poursuivies ainsi que les injustices à l'égard de ceux qui refusent d'adhérer à l'Église contrôlée par le Parti communiste, qui, parmi ses programmes explicites, vise à la sinisation ouverte de toute forme d'association. 

    Le cardinal Joseph Zen a été arrêté (en résidence surveillée) l'année dernière et traduit en justice pour avoir géré le fonds humanitaire qui a servi à payer les frais de justice des manifestants de Hong Kong. Il a été arrêté sous un prétexte juridique, car il aurait omis d'enregistrer le fonds d'aide humanitaire qu'il présidait en tant que société, une infraction grave au titre de la nouvelle ordonnance sur les sociétés. Le cardinal de 91 ans a fait appel de sa condamnation. Depuis que Pékin a mis en œuvre la sévère loi sur la sécurité nationale (en juin 2020), des dizaines de militants et d'anciens législateurs ont été arrêtés, tandis que presque toutes les organisations de la société civile ont été contraintes de fermer leurs portes. 

    Début janvier, Zen a eu - après cinq ans de demandes infructueuses - une confrontation avec le pape François à Rome. Il avait alors entrepris un long voyage en Italie pour assister aux funérailles du pape Ratzinger, auquel il était particulièrement attaché. À la fin des funérailles, dans les salles de Santa Marta, le pape Bergoglio l'a finalement reçu, comme en témoigne une photographie. Zen a raconté qu'il avait parlé au pontife de son travail caritatif dans les prisons de Hong Kong. Publiquement, aucune mention n'a été faite de l'accord chinois.

  • Des gays à Ratzinger, d'autres surprises du Pape en vol

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Des gays à Ratzinger, d'autres surprises du Pape en vol

    6-2-2023

    Le voyage apostolique de François entre le Congo et le Soudan du Sud s'est achevé hier, devant des foules nombreuses, confirmant l'épanouissement du catholicisme en Afrique. Lors de la conférence de presse dans l'avion, Bergoglio revient sur le sujet de l'homosexualité, de la criminalisation et du droit civil. Il dément également Gänswein et ceux qui "instrumentalisent" la mort de Benoît XVI.

    J'aimerais que les médias accordent plus de place à l'Afrique dans son ensemble. Une exclamation que le pape avait faite sur un ton presque résigné au deuxième jour de son 40e voyage international. Un voyage qui n'a pas reçu l'attention qu'il espérait si un fidèle comme le père Antonio Spadaro a ressenti le besoin d'exprimer sur Twitter son mécontentement face à la faible couverture médiatique, écrivant que "le silence qui entoure le voyage du pape François en Afrique semble proportionnel à l'intérêt de taire les conflits qui ont lieu ici et au désintérêt pour le continent africain". Face à la levée de boucliers des initiés, le directeur de la Civiltà Cattolica a partiellement corrigé son tir dans un message ultérieur, mais a néanmoins réitéré sa conviction qu'il existe "un problème plus général d'information sur cette région du monde". Et cela a conduit une grande partie des médias à ignorer les six jours passés par François en République démocratique du Congo et au Sud-Soudan.

    Pourtant, les chiffres enregistrés sont impressionnants : des foules ont salué l'arrivée du pape à Kinshasa et à Juba, comme pour démontrer que l'avenir du catholicisme se trouve en Afrique. Un continent qui, toutefois, semble avoir été sous-estimé non seulement par les médias, mais aussi, par exemple, lors des derniers consistoires : dans celui d'août 2022, il n'y avait que deux nouveaux cardinaux africains (dont l'un a depuis disparu) contre huit Européens, cinq Asiatiques et cinq Américains. Lors de la précédente, en novembre 2020, seul un Africain a été créé cardinal malgré sept Européens, trois Américains et deux Asiatiques. Et ce malgré le fait que l'Afrique est aujourd'hui, à toutes fins utiles, un grand réservoir de vocations, comme le Pontife a dû le toucher de ses propres mains lors de ce dernier voyage. 

    Au clergé africain, lors de la rencontre dans la cathédrale de Kinshasa, François avait adressé un avertissement citant son prédécesseur récemment rentré dans la maison du Père : " Votre témoignage de vie pacifique, au-delà des frontières tribales et raciales, peut toucher les cœurs ", écrivait Benoît XVI dans l'exhortation apostolique Africae munus. 

    L'un des plus beaux témoignages de ces cinq jours est venu de Monseigneur Christian Carlassare, qui a été mis à genoux en 2021 pour l'empêcher de prendre possession du diocèse de Rumbek, probablement sur ordre d'un prêtre local qui aspirait à ce rôle. C'est du moins ce qu'ont déclaré les auteurs matériels de cette attaque. Ces derniers jours, Carlassare, en tant qu'évêque de Rumbek, a parcouru deux cents kilomètres à pied, à la tête d'une centaine de fidèles pour assister à la rencontre avec le Pape samedi matin à Juba. 

    François a fait ses adieux au Sud-Soudan lors d'une messe célébrée au mausolée de John Garang, dans la capitale, au cours de laquelle il a loué le rôle des chrétiens qui, "bien que fragiles et petits, même lorsque notre force semble faible face à l'ampleur des problèmes et à la fureur aveugle de la violence, nous pouvons offrir une contribution décisive pour changer l'histoire". L'histoire que le pape a invité à changer est celle d'un pays où le processus de paix, malgré la fin officielle de la guerre civile en février 2020, est encore trop lent, comme l'a dénoncé hier au mausolée l'archevêque de Juba, Monseigneur Stephen Ameyu Martin Mulla. Les incursions violentes de bandes de maraudeurs islamiques contre des villages chrétiens pèsent également sur la déstabilisation. 

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  • La conférence de presse du pape dans l'avion de retour du Soudan du Sud : "la mort de Benoît XVI a été instrumentalisée"

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    De Vatican News :

    François: «Le monde est en guerre, il s’autodétruit, arrêtons-nous!»

    Sur le vol de retour du Soudan du Sud, le Pape, l'archevêque de Canterbury et le modérateur de l'Église d'Écosse répondent aux questions des journalistes. François a parlé de Benoît XVI: «sa mort a été instrumentalisée à des fins partisanes et non par l'Église, il n’a pas été aigri par ce que j'ai fait». Sur les homosexuels: «les criminaliser est une injustice».

    «Le monde entier est en guerre, s’autodétruit, arrêtons-nous à temps!» Le Pape François, aux côtés de l'archevêque de Canterbury Justin Welby, et du modérateur de l’assemblée générale de l'Église d'Écosse Iain Greenshields, s'entretient avec des journalistes sur le vol de retour du Soudan du Sud. Dans de nombreux cas, ils répondent ensemble aux questions. C'est l'occasion pour François non seulement de rappeler «l'injustice» de la criminalisation des homosexuels, mais aussi de parler de la mort du Pape émérite Benoît XVI, dont le décès le 31 décembre a été accompagné de reconstitutions polémiques l'opposant à son successeur: «sa mort a été instrumentalisée» par des personnes «partisanes et non par l'Église». Le Pape a également expliqué que son prédécesseur, qu'il a consulté à plusieurs reprises au fil des ans, «n'a pas été aigri par ce que j'ai fait». En ouvrant la discussion, aux côtés de Justin Welby et de Iain Greenshields, François a répété qu’il venait d’effectuer «un voyage œcuménique» et c'est pourquoi «j'ai voulu qu'ils soient tous les deux présents à la conférence de presse». En particulier l'archevêque de Canterbury, qui est depuis des années sur ce chemin de la réconciliation au Soudan du Sud.

    Justin Welby

    En janvier 2014, mon épouse et moi-même avons visité le Soudan du Sud dans le cadre d'un voyage de la Communion anglicane, et en arrivant l'archevêque nous a demandé d'aller dans une ville appelée Bora. La guerre civile durait depuis 5 semaines à l'époque et était très féroce. Lorsque nous sommes arrivés à Bor, à l'aéroport, les premiers cadavres étaient à l’entrée. Il y avait 5 000 cadavres non enterrés à Bor à l'époque. Les Nations unies étaient là. Nous sommes allés à la cathédrale où tous les prêtres avaient été tués et les femmes violées et assassinées. C'était une situation horrible. Sur le chemin du retour, ma femme et moi avons ressenti un profond appel à voir ce que nous pouvions faire pour soutenir le peuple du Soudan du Sud. Depuis lors, à l’occasion de l'une des rencontres régulières que j'ai le privilège d'avoir avec le Pape François, nous avons beaucoup parlé du Soudan du Sud et développé l'idée d'une retraite au Vatican. Mon équipe à Lambeth et le Vatican ont travaillé ensemble, se sont rendus au Soudan du Sud en 2016, ont travaillé sur le terrain et ont travaillé avec les dirigeants pour essayer d'organiser cette visite. Ma femme a travaillé avec des femmes responsables communautaires et des épouses d'évêques. Nous avons rendu visite à des dirigeants en exil en Ouganda. En 2018, il est devenu évident qu'il y avait une possibilité de visite début 2019 et nous avons réussi à la faire. C'est un miracle que cela se soit produit.

    L'un des deux vice-présidents était assigné à résidence à Khartoum. Je me souviens que 36 heures plus tôt, sur le parking d'une école à Nottingham, j'avais parlé au secrétaire général des Nations unies pour qu'il lui délivre un visa, ce qu'il a fait brillamment, et il a réussi à partir juste avant que l'espace aérien ne soit fermé par un coup d'État. Le moment charnière de la rencontre de 2019 a été, bien sûr, le geste inoubliable du Pape qui s'est agenouillé et a embrassé les pieds des dirigeants pour plaider en faveur de la paix, et ils ont essayé de le freiner. C'était un moment extrêmement remarquable. Nous avons eu des discussions difficiles, mais en fin de compte, ils se sont engagé à renouveler l'accord de paix et je pense que le geste du Pape a été le moment clé, le tournant. Mais comme le dit un entraîneur, vous êtes bon jusqu'au prochain match. Et la Covid a reporté le match suivant. Je pense que le résultat a été une perte d'élan. Lors de la préparation de cette visite, nos équipes se sont remises au travail mais elles étaient moins confiantes qu'en 2019. Cependant j'ai terminé cette visite avec un profond sentiment d'encouragement, non pas tant parce qu'il y a eu une percée mais parce qu'on a eu le sentiment, comme l'a dit le Pape, d'un cœur qui parle au cœur. Ce n'est pas au niveau intellectuel qu'il y a eu des contacts dans les différentes réunions, le cœur a parlé au cœur. Il y a un élan au niveau intermédiaire et à la base, et ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'un changement d'avis sérieux de la part des dirigeants. Ils doivent accepter un processus qui mène à une transition pacifique. Nous l'avons dit publiquement, il doit y avoir un effort de lutte contre la corruption et la contrebande pour contrer l'énorme accumulation d'armes. Il faudra continuer à travailler ensemble, avec le Vatican et avec la troïka, pour que cette porte ouverte, qui n'est pas aussi ouverte que je le souhaiterais mais qui l'est, s'ouvre en grand et permette de progresser. Dans deux ans, il y aura des élections, nous avons besoin de progrès sérieux d'ici la fin de 2023.

    Iain Greenshields

    Mon expérience est très différente, c'était la première fois que je me rendais au Soudan du Sud, mais mon prédécesseur y était allé et l'avait trouvé vulnérable. La réconciliation était au cœur de la rencontre que nous avons eue en 2015. En tant qu'Église presbytérienne, nous avons aidé les réfugiés du Soudan du Sud. Lors de ce voyage, comme mentionné, la vérité a été dite avec le cœur. La situation est maintenant claire, les actions parlent plus fort que les mots. Le gouvernement nous a invités à entrer dans la pièce et nous nous sommes engagés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire la différence dans cette situation, à rencontrer nos partenaires, et maintenant nous demandons à ceux qui peuvent faire la différence d'entamer de toute urgence le processus.

    Première question, du père Jean-Baptiste Malenge (RTCE-Radio catolique Elikya ASBL)

    Saint-Père, vous avez longtemps désiré visiter la République démocratique du Congo. Maintenant tout le pays rayonne de la joie que vous venez d'y semer. Quelle importance accorderez-vous désormais à l'accord signé en 2016 entre le Saint-Siège et la RDC sur l'éducation et la santé?

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