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Eglise - Page 901

  • Quand Giovannino Guareschi adressait une dernière lettre à Don Camillo

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    Du site "Paix Liturgique" :

    LA DERNIÈRE LETTRE DE GIOVANNINO GUARESCHI A DON CAMILLO

    Le 21 juillet 2018, l'église Saint-Michel-Archange de Roncole Verdi, village de la commune de Busseto, en Émilie-Romagne (Italie), a accueilli une messe de Requiem à l'occasion du cinquantième anniversaire du rappel à Dieu de Giovannino Guareschi, le créateur de don Camillo. À la demande des enfants de l'écrivain – car don Camillo, avant d'être la série de films à succès que nous connaissons, est une œuvre littéraire profondément catholique – cette messe a été célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain, en présence du maire de Busseto, lieu de sépulture de Guareschi, et de celui de Roccabianca, son lieu de naissance. Don Marino Neri, secrétaire de l'Amicizia sacerdotale Summorum Pontificum (voir notre lettre 584 notamment), a prononcé pour l'occasion un sermon vigoureux rappelant que, si la fin proche de l'homme est sa sanctification, sa fin ultime est la gloire de Dieu à laquelle l'auteur de don Camillo a contribué excellemment.

    Cet événement nous a permis de prendre connaissance d'un petit chef-d'œuvre que nous vous proposons bien volontiers en cette période de lectures estivales : la lettre adressée par Giovannino Guareschi à « son » don Camillo au lendemain du concile Vatican II et publiée le 19 mai 1966 par le journal Il Borghese. Nous omettons la dernière partie de cette lettre dans laquelle Guareschi regrette avec son ironie mordante que le cardinal Josef Mindszenty n'ait pas été élu Pape à la suite de Jean XXIII car « l'Église du Silence aurait alors acquis une voix puissante ».

    Cher don Camillo, 

    Je sais que vous avez des problèmes avec votre nouvel évêque. Il m'a été rapporté que vous avez dû détruire le maître-autel de l'église paroissiale pour le remplacer par la fameuse « table à repasser », modèle Lercaro (1), reléguant votre bien-aimé Crucifix dans un coin près de la porte d'entrée, de façon à ce que l'Assemblée lui tourne le dos...

    De même, j'ai su que le dimanche, une fois célébrée la « Messe du Peuple », vous alliez en célébrer une autre dans la vieille chapelle, intacte, de votre ami Perletti : une messe clandestine, en latin, pour les catholiques.Du coup, les gros bonnets de la Démocratie chrétienne vous ont dénoncé et vous voici fiché en curie parmi les « prêtres subversifs » après avoir reçu un dur avertissement de l'évêque.

    Mon Père, vous n'avez décidément rien compris. Il est juste que le Christ ne soit plus sur l'autel : le Christ en Croix est l'image de l'extrémisme. Notre Seigneur était un factieux, un fasciste, et son exhortation « Ou avec Dieu ou contre Dieu » n'est qu'un plagiat du célèbre slogan mussolinien « Ou avec nous ou contre nous ».
    Ne se comportait-il pas comme un fasciste en chassant à coups de matraque les marchands du Temple ???
    C'est le sectarisme, l'intransigeance et l'extrémisme du Christ qui l'ont amené à la Croix alors que, s'il avait choisi la voix du compromis démocratique, il aurait très bien pu s'entendre avec ses adversaires.

    Don Camillo, vous ne vous rendez pas compte que nous sommes en 1966 : les aéronefs parcourent le cosmos à la découverte de l'Univers et la religion chrétienne n'est plus adaptée à la situation. Le Christ a voulu naître sur la Terre ce qui, tant que l'ignorance et la superstition faisaient de la Terre le centre voire l'essence de l'Univers, pouvait encore passer mais qui aujourd'hui, à l'heure des explorations spatiales et de la découverte de nouveaux mondes, le rapporte à un phénomène provincial. Un phénomène qui, comme l'a solennellement établi le Concile, va redimensionner.

    Pour vous, Mon Père, les beatniks et leurs cheveux longs ne sont que des pouilleux à envoyer se faire tondre le crâne, et leurs compagnes avec ces jupes courtes qui leur couvrent à peine l'aine des filles de petite vertu à soumettre d'urgence au dépistage de la syphilis. En revanche, à Rome, l'Autorité Ecclésiastique Supérieure a créé une messe spéciale pour ces pouilleux et ces demoiselles de petite vertu – une messe Beat, jouée et hurlée par trois groupes de chevelus.

    Vous êtes resté bloqué dans l'autre siècle, Mon Père. Aujourd'hui, l'Église s'adapte à son époque, se mécanise. À Ferrare, sur la « table à repasser » de l'église San Carlo, il y a un distributeur d'hosties : au moment de l'Offertoire, le fidèle qui souhaite communier dépose son offrande sur un plateau, presse un bouton et, au son d'un joyeux carillon, l'hostie tombe dans le calice !

    Et, croyez-moi, il n'est pas impossible que dans les laboratoires du Vatican ne soit déjà à l'étude une machine plus complète dotée d'une petite pince qui, une fois la pièce introduite et le bouton pressé, porte directement aux lèvres du communiant l'hostie consacrée électroniquement.

    Don Camillo, l'an dernier vous m'avez fait des reproches parce que dans une de mes pièces j'ai raconté que don Giacomo, jeune prêtre des temps modernes, confessait ses fidèles par téléphone et leur envoyait des pulvérisateurs d'eau bénite au lieu de se déplacer pour bénir leurs foyers. Vous m'avez dit qu'on ne plaisantait pas avec ces choses-là...

    Pourtant, sur initiative de l'Autorité Ecclésiastique Supérieure, voici qu'on y est presque. Le jour n'est pas si loin où après s'être confessé par téléphone, le fidèle recevra par courrier recommandé l'hostie consacrée à domicile accompagnée d'une petite pince fournie par le « service mécanique » de la paroisse pour pouvoir la consommer sans la toucher avec ses doigts impurs (2). Je n'exclus pas que, pour arrondir les maigres revenus de la paroisse, le curé ne fasse imprimer sur l'hostie quelque message publicitaire...

    Don Camillo, je sais que Peppone, aujourd'hui, se fiche ouvertement de vous. Je sais qu'il vous a intimé de retirer du prieuré le portrait provocateur de Pie XII, « le pape fasciste et ennemi du Peuple », menaçant de vous dénoncer à l'évêque. Mais Peppone a raison : les rôles se sont inversés et bientôt la Section du Parti vous ordonnera de déplacer l'horaire des fonctions sacrées pour ne pas menacer la « Festa dell'Unità » (3) organisée sur le parvis de l'église.Don Camillo, si vous ne vous mettez pas à la page et n'arrêtez pas d'appeler « Sans-Dieu » les communistes et de les décrire comme des ennemis de la religion et de la liberté, la Fédération locale du Parti vous suspendra a divinis. Moi qui vous suis attentivement et vous suis attaché depuis vingt ans, je ne voudrais pas vous voir finir d'une si triste façon.

    Je sais bien que de nombreux paroissiens, et pas seulement les plus âgés, sont avec vous mais je sais aussi que vous préféreriez partir en silence, en cachette, pour éviter tout incident ou toute polémique qui pourrait tourmenter votre troupeau.

    En réalité, vous avez une sainte terreur de voir les catholiques se diviser. Malheureusement, cette division existe déjà.

    -------

    (1) Du nom du très rouge cardinal de Bologne, Giacomo Lercaro, l'un des plus virulents promoteurs de l'aggiornamento conciliaire en Italie. Choisi par Paul VI, Mgr Lercaro présida de 1964 à 1968 la Commission pour l’Application de la Réforme liturgique, dont le secrétaire n'était autre que Mgr Bugnini...

    (2) Là, Guareschi n'osait pas imaginer que les fidèles pourraient un jour être encouragés à se saisir par eux-mêmes de la sainte Hostie !

    (3) L'Unità est l'équivalent italien de L'Humanité. Chaque section du PCI (Parti communiste italien) avait l'habitude d'organiser une ou plusieurs fêtes annuelles placées sous le patronage du quotidien du Parti.

  • RWANDA : plus de 8.000 églises et temples chrétiens fermés au cours des sept derniers mois suite à une directive gouvernementale

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    De l'Agence Fides :

    AFRIQUE/RWANDA - Fermeture de plus de 8.000 églises et temples chrétiens au cours des sept derniers mois suite à une directive gouvernementale

    Kigali (Agence Fides) – Suite à une directive gouvernementale, au cours de ces sept derniers mois, 8.000 églises ont été fermées. La décision de réduire le nombre des lieux de culte, tant chrétiens que musulmans, dans le pays prévoir la fermeture des églises ne disposant pas des caractéristiques d’hygiène et de sécurité suffisantes pour continuer à exercer leurs activités. C’est ce qu’indique l’agence progouvernementale Kigali Today Press. L’accusation qui est faite par les chrétiens rwandais – catholiques et protestants – qui représentent 90% de la population, est que le gouvernement utilise la nouvelle loi pour justifier la fermeture d’églises et de mosquées.

    « Fermer des églises, exiger des diplômes de théologie aux dirigeants d'églises, est- ce vraiment une solution adéquate au problème de la religion en Afrique ? » intervient le Père Donald Zagore, théologien de la Société des Missions africaines, qui explique que cela peut en être une solution, mais il faudra faire attention aux impacts qu’une telle décision pourrait avoir sur la nature fondamentale de la dynamique religieuse. « La religion a un mode de fonctionnement différent d'un parti politique ou d'une association quelconque. Vouloir mettre de l'ordre dans un désordre en est une chose, mais tuer consciemment ou inconsciemment  le caractère prophétique de la religion qui échappe à toute logique et impératif  académique, au nom d'une certaine mécanisation de la sphère religieuse, en vue de sa bonne gestion, en est une autre.

    Il faut le dire haut et fort, on peut être bon théologien sans jamais être un homme ou une femme de foi. La formation académique et intellectuelle est certes nécessaire, mais en religion, elle n’est pas un préalable. L'unique préalable reste la foi. Dieu appelle à son service, pas des hommes et des femmes nécessairement intelligents ou diplômés, mais avant tout des hommes et des femmes convaincus de leur foi et prêts à vivre et a témoigner de cette fois jusqu’au péril de leurs vies. Aussi, ils convient de se demander sérieusement si quand ils auront fini leurs multiples diplômes en théologie comme le souhaite le gouvernement Rwandais, arrêteront-ils de faire de la religion leur business? La question essentielle est de savoir pourquoi le commerce de la religion est-il si en vogue et rentable en Afrique? Même si les arnaqueurs religieux restent un danger qu'il faut combattre, le vrai problème est ceux qui se font arnaqués. Pourquoi  nos populations se font-elles abusées et arnaquées religieusement? ».

    La liberté religieuse est intégrée en tant que droit dans la Constitution rwandaise de 2003 en sont article 37 mais, selon ce qu’indique le World Monitor Watch, toute référence à la religion chrétienne a été éliminée du préambule de la Constitution ; au cours des commémorations du génocide, aucun prêtre ou pasteur ne peut intervenir – à moins que l’événement ne soit organisé par une église – et dans les bureaux de l’administration, il n’est pas permis d’organiser des rencontres de prière.

    Pour être clairs, commente le Père Zagore, « deux points majeurs peuvent être soulignés. Dans un premier temps, il faut reconnaître que nos populations se réfugient en masse derrière ces pasteurs « bon marché » parce qu’en quête d’espérance. Espérance dont ils sont privés à cause de leurs politiciens et de leur soif inétenchable du pouvoir qui fait que le peuple croupit toujours dans la misère ».

    « En outre – poursuit le prêtre – il existe la conception africaine de Dieu et de la religion qui n’est pas trop saine et qui mérite d’être purifiée. Dans la dynamique d’un spiritualisme parfois trop émotionnel, Dieu se retrouve dans le rôle exclusif de faiseur de miracles et de solutions. Ce qui fait que Dieu n’est pas loin d’être assimilé à un charlatan. Tant que l'homme Africain ne prendra pas conscience que tout ne peut tomber du ciel, et que Dieu n'est pas magicien ou un marabout, tant que l'homme Africain ne sortira pas de sa logique émotionnelle et sentimentaliste de la religion en vue de faire à bon escient usage de sa raison pour un discernement approprié et équilibré, tant que l'homme africain ne  prendra pas conscience que malgré sa toute-puissance Dieu ne peut changer la vie des hommes tant que ceux-ci n'y apportent pas leur contribution, ils continueront à vivre et à se nourrir d'idéologies et ainsi à se faire continuellement arnaquer. La naissance d'une conscience religieuse africaine de la masse, rationnellement et herméneutiquement structurée est la clé de salut » conclut le Père Zagore.

    Selon des sources gouvernementales, les autorités ont décidé de fermer les lieux de culte à la suite de la construction de trop d’églises et de temples chrétiens par habitant, sans cependant calculer la forte fragmentation des villages au Rwanda qui sont peuplés par un petit nombre de personnes. Très souvent, ces villages se trouvent à des kilomètres les uns des autres et, à cause de l’absence d’infrastructures reliant les centres habités, chacun d’entre eux construit sa propre église pour éviter que ses habitants doivent parcourir 20 Km voire plus à pieds pour participer à une liturgie.

    Dernièrement, une église a même été fermée au cours d’un mariage, dénonce le site chrétien World Monitor Watch, les participants ayant été invités à abandonner la cérémonie en cours. Une communauté chrétienne s’est par ailleurs vue interdire de célébrer des liturgies sous le préau d’une école, choisi du fait du manque d’église dans les environs, dans la mesure où ce dernier disposait d’une porte d’entrée en bois et non en métal. (DZ/AP) (Agence Fides 01/08/2018)

  • Ce que le cardinal Sarah pense d'Humane Vitae

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    D'Antoine Pasquier sur le site de Famille Chrétienne :

    Humanae vitae : ce qu’en pense le cardinal Sarah

    À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’encyclique Humanæ Vitæ, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, a donné une conférence le 4 août à l’abbaye sainte Anne de Kergonan intitulée « Humanæ Vitæ, voie de sainteté ». Extraits choisis.

    « Paul VI n'a pas pu se taire »

    « Il y a exactement 50 ans le Pape Paul VI a signé sa dernière et plus importante Lettre Encyclique, Humanæ Vitæ . C’était le 25 juillet 1968. Si l’on replace cet enseignement du Bienheureux Paul VI dans son contexte historique, on mesure quel courage, quelle grande foi en Dieu et quelle docilité à l’Esprit-Saint, il a fallu au Pape pour oser un tel acte. Alors que de nombreux théologiens, et parfois même des évêques le poussaient à mettre l’Église à la remorque du monde et des médias, le Pape a rappelé avec force que l’Église ne peut enseigner autre chose que ce qu'elle a reçu du Christ : la vérité révélée, qui est la seule voie de bonheur et de sainteté pour les hommes.

    Ainsi, malgré la tempête qu’a suscité Humanæ Vitæ, nous pouvons voir de nos yeux combien puissamment l’Esprit Saint a assisté et soutenu l’Office Pétrinien : au milieu d’un monde rendu esclave et dominé par les perversions de la révolution sexuelle, abandonné et isolé par beaucoup de cardinaux, évêques et théologiens, Pierre s’est tenu seul et Pierre est resté fort. Non seulement Paul VI a réaffirmé la doctrine historique et apostolique, mais il s’est surtout montré immensément prophétique. Cinquante ans après sa publication, cet enseignement magistériel manifeste non seulement sa vérité immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté (…).

    Paul VI n'a pas pu se taire, la grâce du successeur de Pierre lui a donné le courage de parler avec clarté et fermeté. Il n’a pas pu en faire autrement car il en va de la Révélation, du message du Christ. Il n’a pas pu se taire car ce qui est en jeu dans l'encyclique Humanæ Vitæ, c'est, ni plus ni moins, la sainteté des couples chrétiens. »

    Humanæ Vitæ n’est pas une question d’interdit

    « Le refus d’Humanæ Vitæ, la méfiance vis à vis de cet enseignement vient souvent d’une erreur de perspective. On entend souvent dire : "la règle de l’Église est dure", ou "L’Église manque de miséricorde" ou encore "la règle est impossible à observer dans les faits".

    Comme si, Paul VI, en condamnant la contraception, avait arbitrairement décidé du permis et de l’interdit. Il y a là une erreur fondamentale ! Paul VI n’a pas, "un beau jour", décidé d'interdire la contraception, par pur caprice ou volonté d’imposer une opinion personnelle. C’est vraiment, après quatre longues années d’étude, de réflexion, de consultation, de lecture de documents scientifiques de qualité sur la question, après avoir longuement prié et s’être totalement livré à l’Esprit Saint, et mu par le sentiment aigu de sa grave responsabilité de père et de pasteur devant Dieu, devant l’Eglise et devant l’humanité, absolument fidèle à sa foi catholique et docile au magistère pérenne de l’Eglise, que Paul VI a pris la décision d’expliquer les circonstances et les raisons qui l’ont motivé à rappeler l’enseignement ferme de l’Eglise.

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  • L’Europe doit apprendre à cultiver ses racines chrétiennes, autrement elle continuera à craindre le radicalisme

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    De Vatican News :

    L’archevêque de Sarajevo invite l’Europe à redécouvrir ses racines chrétiennes

    Pour le cardinal Vinko Puljic, afin de lutter contre le radicalisme islamique, les chrétiens européens doivent d’abord redécouvrir leur propre identité.

    «L’Europe doit redécouvrir ses propres racines, sa propre identité chrétienne. Seulement comme ça, elle ne devra pas craindre le radicalisme islamique.» Le cardinal Puljic s’est exprimé en ces termes en soutien à une campagne lancée par l’antenne italienne de l’AED, l’Aide à l’Église en Détresse, sur le thème «Il n’y a pas d’Europe sans le Christ», en soutien des étudiants du séminaire Redemptoris Mater de Vinnitsa, en Ukraine, et de l’agrandissement du centre pour les jeunes saint Jean-Paul II de Sarajevo.

    Près de 10 000 catholiques émigrent chaque année de la Bosnie et Herzégovine

    Le cardinal Puljic a expliqué à l’AED la situation difficile de ce pays balkanique, d’où émigrant chaque année près de 10 000 catholiques. «C’est depuis la fin de la guerre que notre petite communauté continue à diminuer d’année en année, à cause de l’absence d’égalité que soit au niveau politique ou au niveau juridique. Certains ne trouvent pas de travail, d’autres en revanche ont un emploi mais ne réussissent plus à vivre dans un pays dans lequel ils ne jouissent pas des mêmes droits que les autres citoyens».

    La discrimination des catholiques

    Les catholiques sont en effet discriminés dans chacune des entités instituées par les accords de Dayton en 1995 : au sein de la Fédération croato-musulmane, parce qu’ils ne sont pas musulmans, et dans la République serbe de Bosnie-Herzégovine, parce qu’ils sont majoritairement d’origine croate. Le cardinal dénonce les responsabilités de la communauté internationale, «qui ne nous a pas offert à nous, les catholiques, la même aide qu’aux autres groupes».

    L’engagement de l’Église locale pour la promotion de la tolérance

    L’Église locale cherche à favoriser un climat de tolérance à travers différentes initiatives, spécialement adressées aux jeunes dans le Centre Saint Jean-Paul II, qui accueille aussi des jeunes d’autres religions. «Mais ne nous pouvons pas tout faire seuls, car nous sommes une petite réalité», remarque l’archevêque de Sarajevo, qui s’inquiète aussi de la diffusion de l’islamisme radical.

    La menace de l’islamisme en Bosnie-Herzégovine

    «Il y a beaucoup d’investissements de la part des pays arabes qui construisent des mosquées et même des villages entiers pour y faire vivre ceux qui viennent ici depuis leurs nations. Avec les musulmans slaves nous avons de bons rapports, mais avec les islamistes radicalisés provenant du monde arabe, il est difficile de dialoguer. Surtout parce que, spécialement au niveau politique, ils ignorent notre présence.»

    Ce pays est une porte d’entrée vers l’Europe pour l’islam radical. «Malheureusement, l’Europe ne connaît pas bien l’islam et ne comprend pas ce que cela signifie de vivre côte-à-côte avec le radicalisme islamique». Pour contrer ce phénomène, le cardinal estime qu’il faut partir de la redécouverte des racines chrétiennes. «Aujourd’hui, l’attention n’est portée qu’au matérialisme et non pas à la dimension spirituelle de l’homme. L’Europe doit apprendre à cultiver ses racines chrétiennes, autrement elle continuera à craindre le radicalisme.»

  • Vingt-cinq ans après sa publication : lire ou relire Veritatis Splendor, une encyclique très actuelle

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    Du frère Clément-Marie sur Blog Domini, Blog officiel de la Famille Missionnaire de Notre-Dame :

    Il y a 25 ans, Veritatis Splendor…

    Il y a 25 ans, Veritatis Splendor : une encyclique à redécouvrir

    Le 6 août 1993, Jean-Paul II publiait l’encyclique Veritatis Splendor, adressée d’abord aux évêques, portant sur l’enseignement moral de l’Église. Ce texte prophétique, auquel avait collaboré de près le Cardinal Joseph Ratzinger, est aujourd’hui à redécouvrir…

    C’est en la fête de la Transfiguration, vingt-cinq ans après l’encyclique Humanae Vitae, du pape Paul VI, que Jean-Paul II a signé l’encyclique Veritatis Splendor. Adressée d’abord aux évêques, elle porte « sur quelques questions fondamentales de l’enseignement moral de l’Église ». Débutant par une admirable méditation de l’évangile du jeune homme riche, Jean-Paul II approfondit la réponse de Jésus à la question morale : « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Si le pape Jean-Paul II a estimé nécessaire cette encyclique, c’est, ainsi qu’il l’écrit lui-même, en raison de « la discordance entre la réponse traditionnelle de l’Église et certaines positions théologiques, répandues même dans des séminaires et des facultés de théologie, sur des questions de première importance pour l’Eglise et pour la vie de foi des chrétiens… »[1]

    La théologie morale d’aujourd’hui en question…

    Par ce texte, le pape a voulu s’opposer, au nom même de l’évangile, à une certaine théologie morale déployée ces dernières décennies, et qui n’a eu de cesse de nier le péché ou, pour le moins, son existence concrète – cette tendance s’est manifestée dans les réactions de membres de l’Église contre l’encyclique Humanae Vitae, et demeure aujourd’hui très prégnante.

    Pour beaucoup, en effet, on ne peut jamais – ou presque – déclarer qu’un acte concret est un péché, parce que nous ne pouvons pas juger les intentions de son auteur, ou encore parce qu’il peut exister bien des circonstances atténuantes qui diminuent ou suppriment la responsabilité de l’auteur de l’acte. Le cardinal Joseph Ratzinger le remarquait : « De nos jours, la discussion morale consiste, pour une grande part, à libérer les hommes de la faute, en la faisant dépendre de conditions qui ne sont jamais réunies. Le mot caustique de Pascal nous vient à l’esprit : « Ecce patres, qui tollunt peccata mundi ! » (« Voici les pères qui enlèvent les péchés du monde ! »). D’après ces « moralistes », il n’y a tout simplement plus aucune faute. »[2]

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  • Ecologie et pacifisme : la doctrine des nouveaux péchés capitaux

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    Lu sur le site « diakonos.be :

    « Le pape modifie le catéchisme pour interdire la peine de mort:

    La formulation actuelle du CEC 2267 précisait en effet que : "L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains."

    Le Pape François vient de demander une révision de cette formulation sur la peine de mort, de manière à affirmer que «quelle que puisse être la gravité de la faute commise, la peine de mort est inadmissible, car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne».

    L′Eglise s′engage ainsi ″de façon déterminée″ à abolir la peine de mort ″partout dans le monde″. Même après avoir commis des crimes très graves″, explique le rescrit, ″la personne ne perd pas sa dignité″.

    Source: press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2018/08/02/0556/01210.html#letterafra ...

    Par ailleurs, dans la nova bussola quotidiana, Stefano Fontana note que "deux  requêtes récentes du Cardinal Coccopalmerio, Préfet émérite du Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs, méritent de ne pas être négligées parce qu'elles expriment bien le nouveau climat qu'on respire dans l'Église sur la question environnementale, ou écologique.

    Le cardinal a souhaité deux choses: tout d'abord que dans le Code de Droit Canonique, le comportement anti-écologique soit rendu explicite et condamné et qu'en revanche une attitude de respect mais aussi de prévention pour protéger l'environnement soit établie comme une nouvelle obligation légale. La seconde est que puisse être établi un service de notation environnemental des entreprises qui tienne compte de la Doctrine sociale de l'Église.

    Puisse Dieu ne pas vouloir que ces requêtes trouvent un quelconque accueil. Il serait ridicule de punir un curé en vertu du droit canon parce qu'il n'a pas collaboré à la conversion des énergies non renouvelables en énergies renouvelables en continuant à conduire une voiture diesel, ou parce que le presbytère n'a pas encore été équipé de panneaux solaires.

    En plus d'être ridicules, les deux requêtes pourraient facilement être accusées de servir des intérêts partisans: ceux des entreprises impliquées dans le commerce des énergies renouvelables, et ceux des sociétés de "notation écologique catholique".

    Des deux propositions du cardinal, la plus intéressante du point de vue de la Doctrine sociale de l'Église est la seconde. Pour évaluer une entreprise du point de vue du néo-environnementalisme catholique, il faut des critères et le cardinal ne doute pas que ces critères doivent être ceux de la Doctrine sociale de l'Église. Mais sommes-nous sûrs que les critères de la Doctrine sociale de l'Église - du moins tels que nous les avons connus jusqu'à présent - approuveraient l'évaluation du néo-environnementalisme catholique ?

    Depuis que les "bilans sociaux" sont en vogue et que l'on parle beaucoup de "responsabilité sociale des entreprises", on assiste à une forte augmentation de l'attention portée par les entreprises à la protection de l'environnement, dont les éléments sont montrés en tête de leurs bilans sociaux comme preuve de la responsabilité sociale de l'entreprise. En revanche, jamais les bilans sociaux des entreprises n'accordent une place aux aides à la famille, aux investissements pour une culture de la vie, aux initiatives pour encourager la maternité des femmes salariées de l'entreprise elle-même, ou à des formes de collaboration avec ceux qui, dans la région, travaillent en première ligne sut ces frontières. Ceci pour une simple raison: l'environnementalisme est à la mode, la défense de la vie humaine dès le moment de la conception ne l'est pas. Par conséquent, la responsabilité sociale des entreprises est fortement conditionnée par ce que le climat culturel et social environnant considère comme digne de cette responsabilité: utiliser du papier recyclé oui, faire une contribution au centre local d'aide à la vie, non…." (traduction de notre consoeur du site « Benoît et moi » ) Lire la suite ici

    Commentaire lu sur le « Salon beige » :

    « En 2004, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, écrivait dans un memorandum destiné aux évêques américains :

    "Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie".

    La question de la peine de mort n'est pas un principe non négociable mais une question prudentielle laissée à l'appréciation du laïcat. Faut-il en conclure que la nouvelle rédaction du catéchisme de l'Eglise catholique empiète sur l'action légitime du temporel ?

    Dans l'entourage du pape François, beaucoup aimeraient aussi changer d'autres paragraphes du catéchisme de l'Eglise catholique et il est quand même étonnant de les voir continuer à agir, malgré des scandales, en toute impunité. En 1986 (déjà !), le cardinal Ratzinger prévenait qu'un nombre toujours croissant de gens, même à l'intérieur de l'Eglise, exercent une très forte pression sur elle pour l'amener à légitimer les actes homosexuels. Vers une prochaine modification du catéchisme ? Ce qui était juste hier peut-il devenir mauvais aujourd'hui ? »

    En matière de vérités à croire, le vieil Héraclite (VIe siècle avant notre ère) disait "Panta rhei" et, plus près de nous, Pascal: "Vérité en deça des Pyrénées, erreur au delà", mais la Lettre aux Hébreux (attribuée  à saint Paul): "Christus heri, hodie et in sacula". Entre le relatif et l'absolu, où passe la frontière ?

    JPSC

  • Notre foi tient-elle la route ?

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    Du site "didoc.be" :

    Une apologie de l’apologétique

    Écrit par Jacques Leirens le .

    Quels sont les fondements de notre foi ? Nous vous proposons un entretien avec Manuel Cabello, auteur du livre Les raisons de la foi, à l’épreuve de la modernité. Cette interview est parue initialement dans la revue Emmaus en janvier 2018.

    Au cours du XXe siècle, l’apologétique a vu son importance diminuer peu à peu. Quelles que soient les causes de cette évolution, force est de constater que l’apologétique a cessé d’être considérée comme une réponse aux « attaques des adversaires », protestants ou rationalistes. Car, pour reprendre la boutade du jésuite René Latourelle, on trouve aujourd’hui plus d’opposants à la foi parmi les croyants que les non-croyants (cf. Nouvelle image de la Fondamentale, in : R. Latourelle, et G. O’Collins, éd., Problèmes et perspectives de théologie fondamentale, Desclée-Bellarmin, Paris-Tournai-Montréal, 1982, p. 71-72).

    Mais peut-être avons-nous aussi troqué une apologétique trop optimiste ou naïve pour un pessimisme excessif (cf. Charles Morerod, Quelques athées contemporains à la lumière de S. Thomas d’Aquin, in Nova et Vetera, 82,2 [2007], p. 151-202), motivé par une méfiance à l’égard de la raison. La situation est telle aujourd’hui que les athées estiment avoir le droit d’occuper entièrement le terrain de la raison. N’avons-nous pas trop vite abandonné la tâche de tenter d’apporter une réponse rationnelle au scepticisme ? D’un côté, nous avons l’obligation de prendre les objections des athées et des « cherchants » au sérieux, pour manifester notre respect envers tout interlocuteur. De l’autre, nous ne pouvons pas laisser les croyants dans un vide rationnel, qui entraînerait également la disparition rapide de la foi.

    Ces considérations expliquent ma curiosité en tombant dernièrement sur un nouvel ouvrage consacré à l’apologétique : Les raisons de la foi, à l’épreuve de la modernité (Éditions Le Laurier, octobre 2014, traduction néerlandaise parue chez De Boog-Betsaïda en 2017). L’auteur, Mgr Manuel Cabello, prêtre et vicaire de l’Opus Dei en Belgique, est docteur en théologie (Université de Navarre).

    La lecture m’a conforté dans la conviction que le christianisme et les croyants d’aujourd’hui ont tout intérêt à s’intéresser de nouveau sérieusement à l’apologétique. Qui plus est, la clarté du style, la rigueur de l’argumentation et la sérénité du ton m’ont donné envie, non de mettre l’auteur sur la sellette (étant d’ailleurs moi-même largement gagné à sa cause), mais d’engager avec lui une discussion en lui posant une série de questions qui me semblent très actuelles.

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  • Brésil : le pape François au secours de l’ancien président de gauche Lula da Silva.

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    Lu sur le site d’Ouest-France :

    « En visite au Vatican, jeudi, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Lula a récupéré un ouvrage dans lequel le souverain pontife à écrit un message destiné au président brésilien actuellement incarcéré pour corruption. Lula a pris connaissance de la missive depuis sa cellule au Brésil.

    Le pape François a adressé un court message manuscrit à Luiz Inacio Lula da Silva dans un recueil d’interviews de l’ex-président brésilien, en prison depuis avril pour corruption, a indiqué le service de communication de l’ex-dirigeant brésilien.

    « À Luiz Inacio Lula da Silva, avec ma bénédiction et en lui demandant de prier pour moi, François », écrit le souverain pontife sur la page de garde du livre « La vérité va gagner », publié en mars.

    Cet ouvrage lui a été apporté par l’ancien ministre des Affaires étrangères de Lula, Celso Amorim, à l’occasion d’une audience qui s’est déroulée jeudi au Vatican. Dans sa prison, Lula a reçu une photo imprimée du message.

    Celso Amorim était accompagné de l’ex-ministre argentin Alberto Fernández et de l’ex-sénateur chilien Carlos Ominami. L’audience a duré un peu plus d’une heure, a affirmé l’ex-ministre brésilien dans une vidéo publiée sur le compte officiel Facebook de Lula.

    Une rencontre « historique »

    « Le sujet principal a été la situation du président Lula, qu’il suit avec intérêt et qui le préoccupe », a affirmé M. Amorim, qualifiant d'« historique » cette rencontre avec le pape.

    Lula avait adressé une lettre ouverte au pape, en septembre 2016, après la destitution de la présidente Dilma Rousseff afin de dénoncer la situation politique et institutionnelle du pays.

    L’ex-président, âgé de 72 ans, purge actuellement une peine de 12 ans et un mois de prison à Curitiba, dans le sud du Brésil, pour corruption passive et blanchiment d’argent.

    Le leader du parti des Travailleurs (PT, gauche), qui a gouverné le Brésil de 2003 à 2010, se dit innocent et victime d’un complot pour l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre, pour laquelle il est crédité, selon les sondages, de 30 % des voix. »

    Ref. Brésil. L’ancien président Lula reçoit un message du pape dans sa prison

    JPSC

  • Plus de chrétiens en Afrique qu’en Amérique latine

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    L’Afrique est désormais plus chrétienne que l’Amérique latine. Lu sur le site « riposte catholique" :

    Pour la première fois, le nombre de chrétiens africains dépasse celui des chrétiens latino-américains. Selon une étude du Centre pour l’étude du christianisme mondial (Center for the Study of Global Christianity) du Gordon-Conwell Theological Seminary de Boston (Massachusetts), le nombre de chrétiens s’établirait, aujourd’hui, à 631 millions en Afrique contre 601 millions en Amérique latine. En Afrique, on a enregistré une augmentation d’environ 50 millions de chrétiens sur une année, soit du fait des naissances dans des familles chrétiennes, soit du fait de conversions – notamment depuis l’islam.

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    Ref. Plus de chrétiens en Afrique qu’en Amérique latine

    JPSC

     

  • La chute d’un archevêque australien

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    Lu sur le site « riposte catholique: encore un cas d’abus sexuel clérical sanctionné dans l’ancien monde

    Le pape François a accepté hier la renonciation de Mgr Philip Edward Wilson, archevêque d’Adélaïde (Australie). Le 3 juillet dernier, un tribunal d’Adélaïde avait condamné le prélat pour avoir dissimulé des abus sexuels d’un prêtre de son diocèse, des crimes, perpétrés dans les années 70, qui lui avaient été signalés par une victime mais dont il avait nié la réalité. Compte tenu de son mauvais état de santé, l’archevêque, condamné à six mois de prison, ne sera pas incarcéré mais purgera sa peine en assignation à résidence. Le Saint-Père avait déjà nommé, le 3 juin dernier, Mgr Gregory O’Kelly, évêque de Port Pirie (Australie), administrateur apostolique de l’archidiocèse d’Adélaïde, Sede plena. Il le demeurera en attendant la nomination d’un nouveau titulaire au siège désormais Sede vacante.

    Ref. La chute d’un archevêque australien

    JPSC

  • Quand le cardinal Suenens menait la fronde contre l'encyclique Humanae Vitae

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    La révolte contre Humanae Vitae continue de nous hanter aujourd’hui

    Par : Roberto de Mattei, vaticaniste
    Corrispondenza Romana

    SOURCE : Life Site News (via Abbatah)

     

     

    Note de la rédaction: Nous publions ci-dessous le texte intégral en anglais d’une conférence récente de l’historien italien et président de la Fondation Lepanto, le professeur Roberto de Mattei, sur les racines des tentatives actuelles de renverser Humanae Vitae. La conférence a été prononcée le lundi 21 mai à Rome, lors du premier rassemblement officiel de l’Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille (JAHLF).

    ROME, le 25 mai 2018 ( LifeSiteNews ) –

    La Révolution de 1968 n’était pas une révolution politique. C’était une révolution culturelle. Roger Kimball a consacré un livre intéressant à ce sujet : La Longue Marche. Comment la Révolution Culturelle des années 1960 a changé l’Amérique.[1] « Une révolution culturelle » observe Kimball, « quelles que soient les ambitions politiques de ses architectes, résulte d’abord dans une métamorphose des valeurs et de la conduite de la vie ». [2]. Mais 1968 devrait être rappelé pour une autre raison. Le 25 juillet de cette année, l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI fut promulguée, ce qui, d’une certaine manière, constitue l’antithèse de l’esprit révolutionnaire de 1968. 

    L’essence de la révolution étudiante a été trouvée dans le slogan : « Il est interdit d’interdire ». Ce slogan exprime le rejet de toute autorité et de toute loi, au nom d’une libération des instincts, des besoins et des désirs. Interdit d’interdire signifie : tout est permis. La liberté sexuelle et les drogues étaient les deux ingrédients pour affirmer cette nouvelle philosophie de vie.

    Humanae Vitae, en réitérant la condamnation de l’avortement et de la contraception, a rappelé que tout n’est pas permis, qu’il existe des lois morales absolues et immuables et qu’une autorité suprême existe, l’Église, qui a le droit et le devoir de proposer ce qui est bon et d’interdire ce qui est mal, c’est-à-dire ce qui est contraire à la Loi Divine et Naturelle.

    Mais les racines du déni de la loi naturelle remontent plus loin dans le temps. Et je souhaite rappeler un autre événement dont l’anniversaire n’est pas remarqué mais qui est à l’origine des anniversaires que nous avons mentionnés. C’est un événement qui a eu lieu au sein de l’Église, au cours du Concile Vatican II. Il s’est produit à Rome, dans l’Assemblée Conciliaire, le 29 octobre 1964. Je le rappelle pour que nous puissions mieux comprendre l’existence de la connexion entre deux révolutions parallèles : la Révolution Culturelle de 1968 et la Révolution Ecclésiastique qui a explosé la même année, sous la forme d’une opposition à Humanae Vitae.

    À ce stade, nous devons nous rappeler ce qui était et est toujours la Doctrine de l’Église sur le Mariage.

    Le Mariage, selon le Magistère de l’Église, est une institution unique et indissoluble, destinée par Dieu à la propagation du genre humain.

    Selon la Doctrine de l’Église, il y a trois fins au mariage : et qui ne sont pas au même niveau, mais ordonnées.

    La première fin est la procréation, qui ne signifie pas seulement amener des enfants dans le monde, mais les former intellectuellement, moralement et surtout spirituellement, pour les guider vers leur destinée éternelle, qui est le Ciel.

    La seconde fin est l’entraide des époux, qui n’est pas seulement une aide matérielle et qui n’est pas seulement une compréhension sexuelle ou romantique, mais qui implique avant tout une aide et une compréhension spirituelles.

    La troisième fin est le remède à la concupiscence, qui est une conséquence du péché originel, mais qui ne doit pas être confondue avec le péché. Luther a soutenu que la concupiscence, en soi, est un péché et qu’il est insurmontable. Mais le Concile de Trentedistingue le péché originel, qui blesse tous les hommes, et la concupiscence qui subsiste dans l’homme après le Baptême, et n’est pas un péché en soi, mais seulement un penchant au péché ; pas irrésistiblement, parce que l’homme peut surmonter ce penchant par la bonne volonté et la Grâce Divine.

    Que la fin propre du mariage soit la propagation de la race humaine est attestée par le passage de la Genèse (1:28) : « Croissez et multipliez-vous » .

    La vision de l’Église sur la question de la régulation des naissances a toujours été restrictive, car la Sainte Écriture dit : «Croissez et multipliez-vous ». Don Pietro Leone observe à juste titre que « multiplier, au sens commun du terme, signifie multiplier un facteur par plus grand que un de sorte qu’il exclut le maintien du statu quo, ce qui serait fait en ayant seulement deux enfants ». [3]

    En pratique, cela signifie qu’une famille devrait normalement avoir au moins trois enfants.

    Le professeur Ettore Gotti Tedeschi a démontré dans de nombreux écrits que l’une des causes de la crise économique actuelle est l’effondrement démographique, et l’effondrement démographique provient précisément du fait que le nombre moyen de naissances est inférieur à un taux de deux pour un qui est le seul taux qui permettrait la croissance de la population. [4] Avec une moyenne de deux enfants ou moins par couple, la population va diminuer et aller vers l’extinction. [5] Gotti Tedeschi dit que la croissance économique correspond à la croissance démographique, mais j’ajouterais qu’il en va de même pour la croissance spirituelle parce que le fait d’avoir de grandes familles signifient un esprit de sacrifice, et l’esprit de sacrifice est un facteur de développement spirituel et moral parce qu’il implique l’existence de principes et de valeurs pour lesquels on vit et, si nécessaire, on meurt.

    Une des dernières allocutions de Pie XII fut un discours aux familles nombreuses, prononcé le 20 janvier 1958 :

    Seule la lumière divine et éternelle du christianisme illumine et vivifie la famille de telle sorte que, soit à l’origine, soit dans le développement, la famille nombreuse est souvent prise comme synonyme de famille Chrétienne. Le respect des lois divines lui a donné l’exubérance de la vie ; la foi en Dieu fournit aux parents la force nécessaire pour affronter les sacrifices et les renoncements qu’exige l’éducation des enfants ; l’esprit Chrétien de l’amour veille sur l’ordre et sur la tranquillité, en même temps qu’il prodigue pour ainsi dire en les dégageant de la nature les intimes joies familiales, communes aux parents, aux enfants, entre frères.

    Extérieurement aussi, une famille nombreuse bien ordonnée est comme un sanctuaire visible : le sacrement du baptême n’est pas pour elle un événement exceptionnel, mais renouvelle plusieurs fois la joie et la grâce du Seigneur. La série des joyeux pèlerinages aux fonts baptismaux n’est pas encore terminée que commence, resplendissante d’une égale candeur, celle des confirmations et des premières communions. A peine le plus petit des enfants a-t-il déposé son petit vêtement blanc parmi les plus chers souvenirs de sa vie qu’apparaît déjà le premier voile nuptial, qui réunit au pied de l’autel parents, enfants et nouveaux parents. Comme des printemps renouvelés, d’autres mariages, d’autres baptêmes, d’autres premières communions se succéderont, perpétuant pour ainsi dire dans la maison les visites de Dieu et de sa grâce.

    Cette Doctrine a été exprimée dans le schéma [ Schéma = guide de discussion préparé par des experts sur des thèmes spécifiques en vue d’en débattre lors du Concile ] sur le mariage et la famille approuvé par Jean XXIII [6] en juillet 1962, à la veille de l’ouverture du Concile Vatican II. Ce schéma sera plus tard rejeté par les Pères du Concile. Mais une nouvelle philosophie de vie avait fait des progrès dans les cercles Catholiques sous l’afflux de nouveaux courants intellectuels séculaires, comme l’École de Francfort, dans laquelle le Marxisme et la Psychanalyse se fusionnaient. Cette nouvelle philosophie de vie Catholique tendait à écarter l’idée d’une loi naturelle absolue et objective et à la contrecarrer avec la valeur de la personne humaine, en attribuant une valeur normative à la conscience individuelle. La conscience a perdu son point de référence, qui était la Loi Naturelle et Divine, et elle-même est devenue la norme établie de l’action humaine.

    En 1960, en Amérique, la fameuse pilule du Docteur Gregory Pincus (1903-1967) a été commercialisée. Pincus a travaillé sur la fertilisation [ in vitro ] depuis les années 1930 et avait été remercié de l’Université Harvard pour son manque de scrupules dans la recherche ( ils l’avaient surnommé le Docteur Frankenstein ), mais ses projets ont commencé à se réaliser dans les années 50 grâce au soutien décisif de la militante féministe Margaret Sanger. [7] La naissance et la commercialisation du premier contraceptif oral, Enovid, la célèbre pilule du Dr. Pincus, ont marqué un tournant historique. Dans son livre La naissance de la pilule : comment quatre croisés ont réinventé le sexe et lancé une révolution ] , Jonathan Eig attribue la naissance et la propagation de la pilule à quatre « croisés » : la star féministe Margaret Sanger, le scientifique iconoclaste Gregory Goodwin Pincus (1903-1967), le docteur Catholique John Rock (1890-1984), « et le fournisseur de l’argent derrière tout cela » , Katharine McCormick (1875-1967).

    La science a rendu possible la contraception artificielle et, dans ces mêmes années, un groupe de théologiens Progressistes a vu dans cette innovation scientifique l’occasion de changer la morale Catholique sur le mariage. La nouvelle morale Progressiste avait comme un de ses centres l’Université de Louvain, dont le protecteur était le Cardinal Primat de Belgique, Leo Joseph Suenens.

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  • McCarrick, Farrell et cie

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    De Sandro Magister en traduction sur diakonos.be :

    McCarrick et ses protégés. La carrière miraculeuse du cardinal Farrell

    La nouvelle circule depuis plusieurs jours déjà : le Pape François a déclaré dans un communiqué laconique que Theodore McCarrick, 88 ans, archevêque émérite de Washington, n’est désormais plus cardinal, qu’il a été assigné à résidence et doit mener une vie de prière et de pénitente et qu’il est dans les fait suspendu « a divinis ».  Tout cela dans l’attente du verdict du « procès canonique prévu ».

    Il faut remonter à 1927 pour trouver un cas similaire de destitution du collège des cardinaux, avec le cas du jésuite Louis Billot qui avait été privé de la pourpre cardinalice pour son appartenance au mouvement politique « Action Française » condamné l’année précédente par le Saint-Siège. Mais pour McCarrick, les raisons sont d’un toute autre ordre et elles incontestablement plus graves sur le plan moral.  Il suffit de se rendre compte de la durée de son activité sexuelle désordonnée avec des mineurs, des prêtres et des séminaristes, pratiquée pendant des décennies sans que cela n’interfère le moins du monde – malgré que la situation soit bien connue d’un grand nombre de personne à plusieurs niveaux de l’Église – avec sa brillante carrière ecclésiastique.

    Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur l’affaire McCarrick ces derniers jours. Mais assez peu sur le fait que cette affaire ne concerne pas son seul protagoniste mais également les ecclésiastiques de son entourage qui ont, eux aussi, bénéficié grâce à lui de carrières à la limite du miraculeux.

    L’un d’entre eux en particulier, soulève de sérieuses questions. Il s’agit de Kevin K. Farrell, 71 ans, créé cardinal en 2016 par le pape François et nommé préfet du nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie.

    Né en Irlande, Mgr Farrell est entré chez les Légionnaires du Christ vers le milieu des années soixante, quand cette organisation était encore modeste et que son maléfique fondateur, Marcial Maciel, était encore nimbé d’une aura de respectabilité universelle. Ayant quitté la Légion une quinzaine d’années plus tard, Mgr Farrell a par la suite gardé un silence complet sur les méfaits sexuels de Maciel – qui avaient alors éclaté au grand jour – et a toujours feint de n’avoir jamais eu de contact digne de ce nom avec lui.  Il ressort cependant de témoignages fiables qu’il exerçait des responsabilités dans la Légion et qu’il jouissait d’une proximité non épisodique avec Maciel qui rend invraisemblable qu’il ne se soit pas rendu compte des comportements malsains de son supérieur.

     

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