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Foi - Page 2

  • Décès du frère Enzo Bianchi, fils de la génération chrétienne soixante-huitarde

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Enzo Bianchi, fondateur de la Communauté de Bose, meurt à l'âge de 83 ans

    Décès du frère Enzo Bianchi, fils de la génération chrétienne soixante-huitarde

    Le fondateur de Bose prêchait une foi qui plaisait à l’intelligentsia en séparant l’Évangile et le magistère. Il avait placé ses espoirs dans le pontificat de François, qui lui a pourtant coûté l’exil, sans pour autant renoncer au « dialogue » avec le monde, en particulier celui des « radical-chic ».

    2/9/2026

    Enzo Bianchi, fondateur de la communauté monastique de Bose, est décédé hier à l’hôpital Molinette de Turin, à l’âge de 83 ans. C’était le 8 décembre 1965, lorsque, après avoir abandonné ses études à la faculté d’économie de l’université de Turin, le très jeune Enzo Bianchi décida d’aller vivre seul dans une ferme à Bose, hameau de la commune de Magnano, sur la crête de la Serra d’Ivrea ; à peine trois ans plus tard, à l’automne 1968, quelques frères et sœurs le rejoignirent dans ce qui, bien plus tard, le 29 juillet 2023, deviendrait un monastère sui iuris de droit diocésain.

    C’étaient les années de l’agitation catholique, d’un concile œcuménique dont les textes ne seraient lus que par quelques-uns, mais dont « l’esprit » était censé être compris par beaucoup. Le désir d’une réforme quelconque habitait le cœur de nombreux hommes, parmi lesquels figurait le jeune « moine » piémontais. C’étaient des années où grandissait la fièvre de la recherche de nouvelles formes de vie religieuse et monastique. Avant lui, don Divo Barsotti s’était retiré dans les collines florentines, à Settignano, au cœur de l’expérience de la Communauté des Fils de Dieu qui, contrairement à Bose, était née comme une expérience laïque de « moines dans le monde », avant de donner naissance à une forme de vie commune ; toujours avant lui, Giuseppe Dossetti, ayant abandonné le militantisme politique, avait fondé l’expérience monastique de la Petite Famille de l’Annonciation.

    Mais plus encore que ces précédents italiens, c’est au-delà des Alpes qu’il faut se tourner pour comprendre l’esprit de la nouvelle aventure d’Enzo Bianchi : d’abord aux côtés de l’Abbé Pierre, puis au sein de la Communauté de Taizé, fondée par le protestant Roger Schutz, où des frères de différentes confessions chrétiennes partageaient la vie monastique. Et en effet, parmi les premiers à rejoindre Bianchi à Bose, il y avait un pasteur protestant ; et il y avait aussi une femme. La communauté de Bose se caractérise ainsi, dès sa fondation, par une double hétérogénéité : catholiques et non-catholiques, hommes et femmes vivaient et priaient ensemble. Une particularité qui attira l’attention de l’évêque de Biella, Mgr Carlo Rossi, qui frappa la communauté d’un interdit, empêchant ainsi la célébration des sacrements. Moins d’un an plus tard, grâce à l’intervention du cardinal « éclairé » Michele Pellegrino, archevêque de Turin – celui-là même pour qui le célibat devait être revu… –, l’interdit fut levé. En septembre 1983 eut lieu l’importante création de la maison d’édition Qiqajon.

    Le cardinal Pellegrino a ouvert la voie à l’expansion de Bose, et surtout à l’omniprésence de son fondateur dans les colonnes des principaux journaux italiens, dans les émissions de télévision, dans les salles des centres, des paroisses et des diocèses. À Bose, les « personnalités influentes » de la politique, de la culture et de l’économie commençaient à se rendre, non seulement pour s’attabler au désormais célèbre restaurant cinq étoiles du monastère (Bianchi vouait un véritable culte à la cuisine), mais aussi pour donner des cours d’histoire, de philosophie et de politique. Bose était devenue la nouvelle Barbiana, le lieu de pèlerinage de l’intelligentsia qui ne cherche pas à se convertir à la foi catholique, mais qui cherche à convertir la foi catholique au monde. Et Bianchi était le « prophète » de cette étrange foi qui se voudrait une pure suite du Christ et de l’Évangile, mais qui conteste systématiquement l’Église et son Magistère.

    L’intolérance de « frère Enzo » envers le pontificat de Jean-Paul II était bien connue ; celui-ci était coupable, à ses yeux, d’avoir gelé l’élan du Concile ; son estime et son aversion pour Ratzinger-Benoît XVI étaient trop marquées pour être ignorées, celui-ci étant trop perspicace pour être ignoré, trop catholique pour être suivi. Puis vint le pontificat de François, avec Bianchi qui plissait les yeux en se demandant « est-ce un rêve ou suis-je éveillé ? », presque incrédule à l’idée qu’un homme partageant ses idées occupe désormais le trône pontifical, impatient de révolutionner l’Église en engageant des réformes, et qui, de surcroît, n’avait pas caché son admiration pour le prophète de Bose.

    Et pourtant, c’est précisément le pape des rêves qui porta le coup le plus douloureux de la vie du frère Enzo. Sa communauté, qui supportait de moins en moins les allers-retours incessants à Bose, l’exposition médiatique constante de son fondateur, son style de direction trop autoritaire et son ego trop envahissant, fit parvenir ses plaintes au Saint-Siège. Sur ordre de François, Bianchi dut d’abord démissionner, puis, en mai 2020, faire ses valises et quitter la communauté pour se réfugier à Turin. À l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, Bianchi confiait : « À l’époque, nous voulions changer le monde et l’Église ; maintenant que je suis vieux, mon grand combat consiste à empêcher que le monde et l’Église ne me changent. Les années ont passé, et nous nous rendons compte que nous n’avons rien réussi à changer. Je me sens vaincu, mais je referais tout.»

    Et en 2023, à Albiano d’Ivrea, à quelques kilomètres de Bose, le frère Enzo tente en effet de tout recommencer avec ceux qui l’avaient suivi depuis Bose, en fondant la Casa della Madia : une grande ferme rénovée, une bibliothèque de dix mille volumes et onze hectares de terrain, afin de créer un immense potager, d’accueillir des cours de cuisine – sa passion –, dispensés directement par frère Enzo, et de poursuivre la voie du « dialogue » avec le monde de la culture radical-chic, engagée à Bose depuis des décennies. Un programme chargé, qui prévoit dans les semaines à venir l’intervention de personnalités telles que Gad Lerner, Ferruccio De Bortoli, Franco Cardini et Massimo Cacciari ; les figures idéales pour poursuivre cette obsession de changer l’Église, sans courir le risque d’être changés par l’Église.

    Car au fond, pour frère Enzo, digne fils de la « génération chrétienne soixante-huitarde », il y a un abîme entre l’Évangile et l’Église, et sa prétendue mission était de ramener l’Église à l’Évangile. Une perspective qui révèle à quel point Enzo Bianchi était peu moine et tout aussi peu réformateur, car le vrai moine n’a d’autre but que de permettre à la grâce de le transformer lui-même, et le vrai réformateur sait que l’Évangile authentique est celui conservé et fidèlement transmis par l’Église, et non celui soumis à ses propres interprétations.

    Si la grande épreuve qu’Enzo Bianchi a traversée au cours des dernières années de sa vie ne semble pas l’avoir détourné de l’idée qu’il fallait changer l’Église (et le monde), elle semble toutefois l’avoir rendu plus sensible à la cause de ceux qui, au sein de l’Église, sont victimes de discrimination, d’injustice et d’isolement. Son tout récent soutien en faveur de la messe selon le rite ancien, en participant à la célébration eucharistique dans l’église de la Miséricorde à Turin le 19 juillet dernier, se voulait un signe sincère de proximité envers tous ces catholiques attachés à ce rite au sein de la communion de l’Église. C’est ainsi que nous voulons nous souvenir de toi, frère Enzo. Requiescat in pace.

  • Amsterdam, 5 septembre : importante journée de réparation au Cœur Immaculé de Marie

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    Un mois après les événements marquants de la WorldPride dans le parc le plus célèbre d'Amsterdam, le cardinal Burke conduira une procession du rosaire au même endroit. À ses côtés, pour cet acte de réparation, se tiendront le cardinal Eijk des Pays-Bas, Mgr Van den Hende de la Conférence des évêques néerlandais, l'évêque d'Amsterdam Mgr Hendricks, et Mgr Robert Mutsaerts.

    Une importante journée de réparation au Cœur Immaculé de Marie approche à grands pas.

    Ce samedi 5 septembre, Son Éminence le cardinal Raymond Leo Burke célébrera une messe pontificale solennelle selon le Vetus Ordo à l'église Notre-Dame (Onze Lieve Vrouwekerk), située sur le Keizersgracht à Amsterdam, en plein cœur de la ville.

    Après la messe, nous marcherons en procession avec la statue de Notre Dame de Fátima jusqu'au Vondelpark, où nous réciterons le chapelet et où Son Éminence proposera une réflexion sur les messages de Fátima.

    Un mois après que la WorldPride a animé le parc le plus célèbre d'Amsterdam, le cardinal Burke y amène Notre-Dame de Fatima.

    Il y a un mois à peine, la WorldPride s'ouvrait dans ce même parc – le plus célèbre du pays – en présence même de notre reine Máxima, pourtant réputée « catholique », venue encourager la communauté LGBTQ+. Je ne pouvais donc imaginer de meilleur endroit que ce parc pour rendre hommage au Cœur Immaculé de Marie !

    Outre S.E. le cardinal Burke, plusieurs autres évêques seront présents ce jour-là : notre cardinal S.E. Eijk, qui a célébré le 15 mars une messe pontificale solennelle selon le Vetus Ordo ; S.E. Mgr Van den Hende, président de la Conférence des évêques des Pays-Bas ; S.E. Mgr Hendriks, évêque du diocèse d'Amsterdam‑Haarlem ; et le célèbre Mgr Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois‑le‑Duc.

    Veuillez prier pour le succès de cette journée, importante non seulement pour notre petit pays, mais pour toute l'Europe, jadis si catholique.

    Un en Christ et en sa douce Mère Marie.

  • 2 septembre 1792 : les martyrs du couvent des Carmes à Paris

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    De Solveig Parent sur 1000 raisons de croire :

    Massacres de septembre 1792 à la Prison des Carmes (couvent) le 2 septembre.  Un épisode sanglant de la Révolution française

    Les martyrs du couvent des Carmes

    « J’appartiens à l’Église catholique, apostolique et romaine. » À ce titre, exécution immédiate. Le 2 septembre 1792, lors des massacres de septembre, plus d’une centaine de prêtres et de religieux réfractaires enfermés au couvent des Carmes, à Paris, sont massacrés pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Sommés un à un de se soumettre, tous persistent dans leur fidélité à l’Église du Christ. Ils sont tués à l’arme blanche dans le cloître et le jardin. Leur attitude impressionne jusqu’à certains témoins révolutionnaires. L’Église a reconnu comme martyres 191 victimes des massacres de septembre et les a béatifiées en 1926.

    Les raisons d'y croire

    Nous connaissons en détail l’histoire du martyre des Carmes et des massacres de septembre 1792 grâce aux témoignages de quelques rescapés – notamment l’abbé de Lapize de la Pannonie et l’abbé Saurin – qui ont pu survivre aux tueries, et dont les récits ont été soigneusement recueillis. À cela s’ajoutent des lettres, des journaux de l’époque et des procès-verbaux qui ont permis, parmi les nombreuses victimes, d’identifier 191 martyrs morts en haine de la foi, et de retracer leur parcours, leurs paroles et leurs gestes.

    Les massacres de septembre 1792 ne sont pas le résultat d’une rébellion politique, mais d’un témoignage de foi. C’est par fidélité à l’Église du Christ que les ecclésiastiques ont refusé de prêter le serment constitutionnel. Ils choisissent l’obéissance à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Ac 5,29-32 ). « Je ne puis, sans trahir mon Dieu, reconnaître une autorité qui veut me faire renier mon vœu et désobéir à l’Église », explique l’un d’eux, Salomon Leclercq.

    Pour les 191 personnes assassinées, il y a quelque chose – la foi chrétienne – et quelqu’un – Jésus – qui mérite qu’on donne sa vie. Si chacun d’eux a voulu tout donner pour le Christ, c’est qu’il y a en lui une vérité si profonde qu’elle dépasse tout le reste. En refusant le compromis, ils montrent que la vérité de l’Évangile ne dépend pas des régimes politiques ou des modes de pensée.

    Les martyrs des Carmes ont suivi le Christ jusque dans sa Passion : comme Jésus, ils ont été condamnés injustement et, devant la menace de mort, ils ont offert leur vie. Les témoignages décrivent une scène saisissante : à l’extérieur, une foule vociférante, et, à l’intérieur, la paix priante d’hommes prêts à mourir pour leur foi. Dans la chapelle, au pied du crucifix, ils chantent les psaumes. Cette attitude extraordinaire, marquée par la douceur, la prière et le pardon, renvoie à l’attitude du Christ en Croix.

    Le commissaire révolutionnaire Maillard, frappé par leur calme, confia : « Je m’y perds ; je n’y connais plus rien ; vos prêtres allaient à la mort avec la même joie que s’ils fussent allés à des noces ! » Le lien de ces hommes avec le Christ est existentiel, c’est lui qu’ils prennent pour modèle et cela leur donne une force, un courage et une joie surnaturels.

    On retrouve dans des lettres écrites par ces martyrs avant leur mort une espérance profonde dans la Résurrection. Cela renvoie directement à la parole du Christ : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » ( Lc 9,24 ).

    Parmi les martyrs qui seront béatifiés figure Salomon Leclercq. En 2007, un miracle lui est attribué : une fillette vénézuélienne, Maria Alejandra Hernandez, mordue par un serpent venimeux, guérit de façon inexpliquée après que des religieuses ont prié par l’intercession de Salomon. Ce miracle est reconnu officiellement en 2011 et Salomon Leclerc est canonisé par le pape François le 16 octobre 2016.

  • 2 septembre : les martyrs de septembre 1792

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    1906026849.jpg"Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtres séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

    Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution, et le jardin. " Je n’ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ai vu massacrés " écrira l’abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

    Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. 86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’Église de Paris."

    http://viechretienne.catholique.org/saints/3806-bienheureux-martyrs-de-septembre

  • Regard sur la création

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    Regard sur la création

    On le sait : la Terre existe depuis environ 4,5 milliards d’années. L’homme, quant à lui — Homo sapiens comme Néandertal — n’apparaît que depuis quelque 300 000 ans. Les dinosaures, eux, ont peuplé la planète pendant près de 170 millions d’années, jusqu’à ce qu’un astéroïde immense les fasse disparaître, il y a 66 millions d’années.

    Pour mieux saisir cette échelle vertigineuse, compressons ces 4,5 milliards d’années en une seule année civile. Le calcul des scientifiques est clair. De janvier à août, la Terre n’est encore qu’une planète rocheuse, stérile, parcourue de volcans actifs et d’océans bouillants, constamment bombardée de météorites. Le 21 septembre apparaît la vie, sous des formes microscopiques et unicellulaires — bactéries et micro-organismes invisibles à l’œil nu. Début décembre surgissent les premières cellules complexes, puis les premiers organismes multicellulaires : algues, éponges, vers rudimentaires. Du 25 au 30 décembre — cinq jours à peine — règne le temps des dinosaures. Quant à l’homme, du plus primitif jusqu’à nous, il n’entre en scène que le 31 décembre à 23 h 35. La naissance de Jésus-Christ, elle, se situe cinq secondes avant minuit.

    Face à ces données, qu’est-ce que l’homme ? Complètement insignifiant au regard de la durée de la Terre. Et pourtant, ne peut-on pas dire qu’à travers sa complexité et sa conscience, il dépasse de très loin tout ce qui a existé avant lui ? À travers l’être humain, la Terre entière sait enfin qu’elle existe. C’est cette conscience d’être qui faisait dire à Pascal : « Alors même que l’univers entier m’écraserait, je serais encore plus grand que lui, car lui n’en saurait rien, tandis que moi je le saurais. »

    Et Dieu dans tout cela ? Pour ma part, j’estime que s’il n’y a pas, au point de départ, un Être éternel qui est l’existence, la vie, la conscience et la pensée, on ne peut plus expliquer l’apparition de ce qui a de l’existence, de la pensée et de la conscience d’être. S’il est aisé de croire qu’un menuisier peut fabriquer un meuble, il paraît absurde d’admettre qu’un meuble puisse fabriquer un menuisier, ou qu’un moteur puisse inventer un mécanicien. Depuis le big bang, toute la création semble aller du plus simple au plus complexe. Entre une amibe et Einstein, la différence n’est-elle pas considérable ? Une ligne directrice paraît bien se dessiner.

    Pourtant, en ne regardant que l’univers et la Terre, il reste impossible de savoir si cette Intelligence infiniment supérieure possède ou non une moralité. Une chose est sûre : notre monde est ambivalent. En lui coexistent le pire et le meilleur. D’un côté, la beauté, l’harmonie, la bonté, la justice ; de l’autre, les cataclysmes naturels, la loi de l’extermination des faibles par les forts, les maladies, la mort, l’injustice. Dieu ou l’absence de Dieu semblent également possibles.

    Dès lors, à quelle conclusion arriver ? Sans faire appel à une révélation venant de cet Être suprême, la voie paraît sans issue. Pour les chrétiens, la réponse est claire : c’est à travers Jésus-Christ que nous pouvons savoir que l’Auteur de l’univers est profondément bon, et que toutes les souffrances humaines et animales seront un jour réparées, transfigurées dans une autre dimension — le Royaume céleste où nous attendent tant d’êtres chers.

    Finalement, entre le mystère et l’absurde, il faut choisir. Et il me semble que la balance penche nettement en faveur du mystère.

    J-PS

  • Un saint patron des femmes enceintes et des enfants qu'elles portent

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    Saint Raymond Nonnat, fêté le 31 août (source)

    Peut être une image de texte

    "Raymond, né à Portel, au diocèse d'Urgel, en Catalogne, en 1204, fut surnommé « Nonnat » (non natus) parce que sa mère mourut avant de lui donner le jour, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes et de l'enfant qu'elles portent. Sa mère était morte d'une grave maladie dont elle se vit attaquée au septième mois de sa grossesse ; les médecins assuraient que l'enfant était mort aussi, et que c'était même sa mort qui avait provoqué celle de sa mère ; le père, néanmoins, ne put jamais se résoudre à la voir conduire en terre sans avoir la connaissance de ce qu'elle portait dans ses entrailles ; un de ses parents, qui le vit dans cette perplexité, eut la hardiesse de tirer un poignard de son sein pour en fendre le côté gauche de la défunte, et l'on vit paraître aussitôt un bel enfant plein de vie, contre toute espérance humaine et au grand étonnement de tous ceux qui étaient présents. Son père était de la noble famille des Sarrois, depuis appelée Segers, alliée aux maisons de Foix et de Cardone. Enfant pieux et studieux, fort dévôt à Vierge Marie, il était bouleversé par la misère physique et morale...

    Entré dans l'Ordre des Mercédaires[1], récemment fondé par Pierre Nolasque[2] pour venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des musulmans, Raymond Nonnat fut chargé d'aller à Alger pour racheter ceux que les barbaresques avaient réduits à l'esclavage. Quand il n'eut plus d'argent, il se livra lui-même contre quelques captifs. D'abord traité durement, il obtint ensuite la permission de circuler pour encourager ses compagnons d'infortune et, comme il avait profité de cette relative liberté pour enseigner quelques musulmans qui se convertirent et qu'il baptisa, il aurait été condamné à être empalé si ceux qui lui servaient de caution n'étaient intervenu ; il fut fouetté dans les rues, puis on lui perça les lèvres avec un fer rouge pour y placer un cadenas dont le gouverneur avait la clef.

    Saint Pierre Nolasque finit par rassembler la rançon de Raymond qui, bien qu'il eût voulu rester pour soulager les esclaves chrétiens, obéit à l'ordre de rentrer en Espagne. Peu après, le pape Grégoire IX qui l'appela auprès de lui, le créa cardinal, au titre de Saint-Eustache, sans lui imposer de quitter l'habit de son Ordre. Raymond Nonnat mourut près de Barcelone, avant que d'avoir rejoint le Souverain Pontife. Dès que Raymond Nonnat fut entré dans la maison du comte de Cardone qui était à deux journées de Barcelone, il fut saisi d'une fièvre très-violente, accompagnée de convulsions et de tous les symptômes qui pouvaient être les marques d'une mort prochaine. Il voulut s'y disposer par les moyens ordinaires que l'Eglise présente à tous les fidèles. Mais les religieux de la Merci dépendaient du curé du lieu qui était absent ; il fallut l'attendre pour lui administrer les derniers Sacrements. Alors Raymond, qui craignait de mourir sans être muni du saint Viatique, éleva les yeux au ciel et pria Dieu de ne pas permettre qu'il fût privé de ce bien qu'il désirait avec tant d'ardeur, quoiqu'il s'en reconnût indigne ; et aussitôt il entra, par la porte de la salle où il était couché, en présence du comte, des religieux et de plusieurs autres personnes qui l'assistaient, une belle procession d'hommes inconnus, revêtus d'habits blancs, comme les religieux de la Merci, et tenant chacun un flambeau allumé à la main. Notre-Seigneur les suivait ayant un saint ciboire entre ses mains ; mais la lumière qu'il répandait était si grande, que tous ceux de l'assemblée en furent éblouis : de sorte que personne ne put voir ce qui se passa dans la suite d'une action si miraculeuse qui dura une bonne demi-heure ; après quoi la procession s'en retourna dans le même ordre qu'elle était venue, avec cette différence seulement, qu'en venant, les religieux n'avaient paru que depuis la porte de la chambre jusqu'autour du lit, et, au retour, ils prirent le chemin de la rivière qui arrose le pied du village, et la passèrent à pied sec, marchant sur les eaux comme sur la terre ferme, et disparurent ensuite. Le comte et tous les assistants, qui étaient sortis pour voir la fin de cette merveille, trouvèrent à leur retour le saint cardinal, les genoux en terre, les yeux baignés de larmes, le visage et les mains levés vers le ciel, et comme sortant d'un profond ravissement ; on lui demanda ce qui s'était passé ; mais il ne dit que ce mot de David : « Que le Dieu d'Israël est bon à ceux qui ont le cour droit et innocent[3] ! » Enfin, il avoua qu'il avait reçu le très-auguste Sacrement de nos autels. Ainsi, tous ses désirs étant accomplis, peu de temps après il rendit son esprit à son Créaleur, en prononçant ces paroles du Sauveur expirant sur la croix : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »

    Son visage, après sa mort, devint beau et éclatant comme celui de Moïse, quand il descendit de la montagne où il venait de parler avec Dieu ; et, bien que la chaleur de la saison fùt extrême, et qu'elle fût encore augmentée par le grand concours du peuple qui venait de tous côtés, pour honorer ses précieuses dépouilles, son corps néanmoins ne donna jamais aucune marque de corruption ; il répandait au contraire, par toute la salle, une odeur plus suave que le baume et que les parfums les plus précieux, et il se fit même beaucoup de guérisons surnaturelles, en faveur de ceux que la piété y avait amenés et qui avaient le bonheur de le toucher. Cependant il fallut penser au lieu où l'on mettrait en dépôt un si précieux trésor, et il s'éleva à ce sujet un nouveau ditférend entre le comte de Cardonne qui le voulait retenir, et les religieux de la Merci, qui le voulaient emmener dans leur couvent. Pour apaiser leur contestation, on convint que le saint corps serait mis dans une châsse et ensuite chargé sur une mule aveugle qui ne serait guidée que par son propre instinct, et que le lieu où elle s'arrêterait serait choisi pour cette sépulture. Cet accord fut fidèlement exécuté : car la mule, ayant marché quelque temps, alla s'arrêter enfin proche de l'ermitage de Saint-Nicolas où le serviteur de Dieu avait vu naître sa dévotion envers la sainte Vierge et où cette bonne Mère lui avait fait goûter ses faveurs. Jamais il ne fut possible de faire aller plus avant cette bête : elle fit trois fois le tour de l'ermitage, et ensuite elle tomba morte à la porte de la chapelle.


    [1] Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.

    [2] Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d'Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l'ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d'Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l'exemple de sa piété et de sa charité.

    [3] Psaume LXI 1.

    La suite ICI : http://missel.free.fr/Sanctoral/08/31.php

  • Miserere mihi Domine; introit du 22ème dimanche du temps ordinaire

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    Introitus

    Miserere mihi Domine,
    quoniam ad te clamavi tota die :
    quia tu Domine suavis ac mitis es,
    et copiosus in misericordia
    omnibus invocantibus te.
     
    Ayez pitié de moi, Seigneur,
    car j’ai lancé vers vous mon appel tout au long du jour :
    car vous, Seigneur, vous êtes doux et bon :
    et abondant en miséricorde
    pour tous ceux qui vous invoquent.
    Ps.  1

    Inclina, Domine, aurem tuam,
    et exaudi me :
    quoniam inops, et pauper sum ego.

    Inclinez l’oreille, Seigneur,
    et exaucez-moi :
    car livré à moi-même, je suis sans ressource et malheureux.

  • Avons-nous banni Dieu ? (22ème dimanche du temps ordinaire)

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    En lien avec l'évangile de ce dimanche, l'abbé Gérald Chaput propose cette réflexion sur le site du diocèse de ValleyField  (archive 2011)

    Année A: Dimanche de la 22e semaine ordinaire (litao22d.11) - Matthieu 16, 21-27

    "Qu'est-ce qui est prodigieusement stimulant dans ce texte qui parle de renoncement? Si nous recevons les textes de ce jour avec des yeux tout axés sur une vie facile, la bonne nouvelle de l'Évangile en est plutôt déroutante. Beaucoup ont l'impression qu'adhérer à Jésus, c'est s'inscrire dans un mouvement de vie austère : elle est dure, cette parole! Qui peut l'écouter ? (Jn 6, 60)  

    Pourtant Jésus propose à Pierre qui vient de le reconnaître comme Fils de Dieu, un avenir assuré, une vie réussie, s'il contribue avec son aide, à mettre le monde sens dessus dessous. À ceux qui le reconnaissent et le suivent sur son chemin, Jésus offre un défi époustouflant : remettre le monde à l'endroit. Nos  vies aussi.

    Dans les mots de Paul, Jésus propose à ceux qui veulent faire partie de son équipe, de le suivre, de ne pas prendre pour modèle le monde présent mais de transformer, de renouveler leur façon de pensée (Rm 12, 1). Aux yeux de Jésus, le modèle de société de son temps, de tout temps, tourne autour d'une loi écrite pour les autres. Il y avait détournement vers la facilité. Vers le bas. Vous dites mais ne faites pas.

    Le projet de Jésus à ceux qui le reconnaissent comme Fils de Dieu, le Messie de Dieu, ouvre sur l'instauration d'un monde à l'envers de la manière de vivre de son temps. Dans les mots d'aujourd'hui, il propose un grand projet d'humanisation de l'humain, de l'humanité. De réussir l'humain à la mode de Dieu.

    Mais ce chemin si emballant soit-il, exige que nous abandonnions notre vie propre pour devenir participants de la nature divine (2 Pi 1, 4) Pour nous confier son Évangile, Dieu nous a mis a l'épreuve et continue à le faire (1 Th 2,3). Cette épreuve passe par une manière neuve de vivre qui comporte des exigences, certains diront de renoncement, d'autres d'accomplissement.

    Quand Jésus nous invite à renoncer à nous-mêmes, il ne nous demande pas de renoncer à ce qui est bon en nous, à ce que nous sommes. Image de Dieu, nous, humains, sommes fondamentalement bons, très bons. Dieu vit que cela était bon (Gn).  Pour le suivre, il nous demande de renoncer à ce que nous sommes devenus. À ce que nous avons fait de nous-mêmes par un mauvais usage de notre liberté. Nous avons superposé à notre beauté originelle des comportements moins qu'humains. Déclarer tu es le fils de Dieu, c'est renoncer à vivre entre nous d'une manière non humaine. Pierre a trouvé ce chemin impossible. Il s'est fait traiter d'agir comme Satan. Ce n'est pas humain de nourrir vengeance et rancune, de ne voir que le mauvais dans l'autre, la paille, dit l'Évangile.

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  • Incontournable, la Croix (22e dimanche du temps ordinaire)

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    Du Frère Pavel Syssoev o.p. (Dominicains de Bordeaux)
    Qu’il prenne sa croix et me suive…
    Incontournable, la Croix. Pas d’autre voie pour suivre le Christ. « Tu es le Messie ». Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne. Et, pour la première fois, il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup… Jésus disait cela ouvertement. Ma royauté, je vous défends d’en parler pour instant, mais la Croix, la Croix – parlons-en. Pierre lui barre le passage. Que cela ne t’advienne pas, Seigneur ! Que cela ne nous advienne ! Un cœur généreux, magnanime. Son Maître ne doit pas souffrir. Nous ne devons pas souffrir, car Pierre entrevoit avec justesse que si le Christ établit son Règne par sa mort sur une croix, nous ne pourrons pas y accéder autrement. La réponse de Jésus, nette et tranchée : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».
    A quoi le Christ reconnait-il la marque de Satan ? Au goût de la possession et de la volonté propre. Tout selon mon désir, tout selon ma mesure. La royauté et la loi, l’ordre que j’impose aux éléments, au monde, à mon prochain - tout me sera soumis. Je m’appartiens ! Le monde m’appartient ! Il n’y a pas de place pour la Croix ici. Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.
    Le Christ, lui, ne cherche pas à être comme Dieu. Lui, étant de condition divine, se dépouille avec une générosité sans réserve jusqu’à déposer sa vie. Non pas volonté, mais la tienne ! Par amour du Père, par amour pour nous, il se perd, certes, mais c’est ainsi qu’il nous sauve.
    Celui qui m’aime, qu’il me suive ! Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Il y a quelque chose de vertigineux dans ce « si quelqu’un veut ». Si tu veux être avec moi. Si seulement tu veux marcher à ma suite. Si tu veux être là, où je suis, alors renonce à toi-même. Le prince de ce monde s’impose. Dieu se propose. La toute-puissance de Dieu suscite la liberté de l’homme, la tyrannie usurpatoire du démon le réduit en esclavage.
    Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… C’est à tous que le Christ s’adresse. Aux apôtres, aux disciples, à la foule, et à travers les âges à la multitude que nul ne peut dénombrer. Le salut, et donc la Croix, est pour tous ; non pas pour quelques élus, quelques génies mystiques, mais pour toute âme, car tout toute âme est rachetée par la Croix. Toute existence chrétienne est marquée par la Croix, nulle n’en est privée. Inutile de la chercher, elle s’impose par elle-même. Paradoxalement, la recherche des exploits extraordinaires peut devenir pour nous une fuite de notre croix bien réelle, bien proche, toute banale, et précisément pour cela insupportable. Qu’il prenne sa croix. La sienne propre, l’unique. L’enfant malade, le conjoint difficile à porter, la prière aride, la Cité qui sombre dans la barbarie… Tout proche, tout banal. Ce divin quotidien qui seul peut forger en nous la vie divine.
    Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Celui qui veut sauver sa vie la perdra. Que signifie ici sauver sa vie et donc la perdre ? Refuser tout renoncement, s’obstiner à imposer la volonté propre coute que coute à tout ce qui nous entoure. Dicter sa propre loi sans tenir compte de Dieu, du monde, du prochain – voilà le chemin le plus simple pour transformer sa vie et la vie de ses proches en enfer.
    Celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile la sauvera. Il ne suffit pas de perdre sa vie, pour la sauver. Faut-il encore la perdre pour le Christ, et non pas pour un Christ imaginaire, mais pour son Evangile. Il y a dans l’Evangile des choses qui ne sont pas à notre goût, tout comme la Croix répugne à Pierre. N’est-ce pas précisément cela, la conversion : conformer ses pensées à celles de Dieu et non pas réduire la pensée de Dieu à notre bon plaisir ? Une Croix bien lourde. Une Croix salutaire.
    Incontournable, la Croix. Elle semble obstruer la route vers le bonheur. Comment croire qu’elle est la voie de béatitude ?

    Parce que – notre cœur le sait bien - elle seule est digne de confiance. La Croix seule rend l’Evangile crédible. Pourquoi crois-tu cet homme ? Parce qu’il m’a aimé et s’est livré pour moi. Nul autre ne l’a fait. En lui seul je peux mettre toute ma confiance. Mais attention ! Une fois cette confiance accordée, elle bouleversera toute ma vie. Elle devra s’inscrire dans la multitude d’œuvres, d’actes concrets et simples où la volonté de Dieu passera avant la mienne propre. C’est cela, prendre sa croix jour après jour : sans cesse préférer l’amour de Dieu à ses convoitises. Serait-ce dur et pénible ? Il y a du tragique dans toute vie chrétienne, mais le cœur amoureux cherche à suivre celui qu’il aime, il n’est pas là pour marchander le prix. Comme le disait S. Augustin, celui qui aime comprendra ce que je dis. Suivons le Christ, et lui seul. Dans cette suite, la Croix nous séparera de tout ce qui n’est pas lui. Mais surtout elle nous unira à lui comme rien d’autre. 

    fr. Pavel Syssoev, op

  • Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire : le langage de la Croix

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27.

    En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. 
    Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » 
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » 
    Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. 
    Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. 
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? 
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

    LE LANGAGE DE LA CROIX Homélie pour le 22e dimanche du T.O. | fr. Dominique Joseph 

  • "Les chrétiens sont le poil à gratter du monde..."

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    Du site de l'archidiocèse de Paris :

    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à Saint-Germain l’Auxerrois (Paris 1er)

    Dimanche 30 août 2020

    22e dimanche ordinaire - Année A

    - Jr 20, 7-9 ; Ps 62,2-6.8-9 ; Rm 12,21-27 ; Mt 16,21-27

    Il est difficile d’être chrétien. On nous traite souvent de ringards, de gens dépassés, hors de leur temps parce que nous sommes en décalage avec le monde. De fait, si nous regardons l’histoire, nous avons toujours été en décalage avec le monde.

    Au-delà de la versatilité de l’opinion toujours fluctuante de la majorité, le christianisme s’appuie seulement sur l’évangile, se réfère en permanence au Christ. Le Christ n’est pas une opinion. Le Christ est une personne, une personne divine au-delà du temps et de l’espace. Voilà pourquoi les chrétiens ne peuvent pas être des moutons de Panurge. Ils sont des hommes et des femmes libres.

    Je dirais même que les chrétiens sont le poil à gratter du monde. Ce qu’on appelle en d’autres temps des prophètes, ce que nous sommes vraiment par notre baptême par lequel nous avons été institués prêtres, prophètes et rois.

    Est-ce que cela nous amuse d’être souvent à contre-courant ? Non, car nous ne sommes pas des provocateurs comme certains. A l’instar de Jérémie, nous souffrons de voir nos frères humains s’éloigner de l’évangile du Christ.

    Jérémie nous dit : « Tout le monde se moque de moi ». Mais il explique pourquoi il persiste dans son rôle prophète : « Tu m’as séduit Seigneur et j’ai été séduit. La Parole du Seigneur était comme un feu brûlant dans mon cœur » (Jr 20,7.9).

    C’est donc au nom de cet amour du Seigneur, au nom de notre amour du Christ que nous sommes en décalage.

    Sommes-nous encore chrétiens ? Pour cela il faut répondre à cette interrogation : dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es. Il y a un choix et c’est un choix d’amour. Comme le dit saint Augustin : « La grande affaire de la vie doit être de bien choisir ce que l’on doit aimer ».

    Aimer Jésus, c’est l’écouter nous dire comme à ses disciples dans cet évangile : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

    Aimer, c’est renoncer à soi-même par amour.

    Le temps est venu, je crois, de savoir si nous aimons vraiment Jésus jusqu’au bout, au point d’entrer dans la volonté de Dieu pour changer le monde en commençant par se changer soi-même.

    + Michel Aupetit, archevêque de Paris.

  • Quand Dieu vient dans un monde où le mal a pris ses aises (homélie pour le 22e dimanche du T.O.)

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    Si nous cherchons dans les Écritures de la littérature souriante, aujourd’hui n’est pas le bon jour. Mais ces lectures inquiétantes nous apportent finalement une grande lumière et une grande motivation. Dans le combat que Jérémie doit mener (Jr 20,7-9) ou celui que Jésus annonce (Mt 16, 21-27), nous découvrons ce qui se passe quand Dieu vient dans un monde où le mal a pris ses aises, et quand il embauche des hommes dans cette lutte — car par amour il ne veut pas nous laisser en simples spectateurs alors que nos cœurs, notre volonté sont impliqués.

    Pour comprendre l’enjeu, il nous faut d’abord nous poser la question de la nature du mal. Le mal n’est pas un phénomène abstrait, une saleté déposée sur le monde par on ne sait qui. Il est la production d’un cœur. Un cœur fait pour aimer et qui dit : je ne veux pas ! Ce que je veux c’est utiliser, exploiter, tirer à mon avantage, dominer, manipuler, mais je ne veux pas aimer, je ne veux pas servir, je ne veux pas me donner, je ne veux pas écouter. Cette attitude a été inaugurée par celui qu’on appelle diable ou satan, ange merveilleux qui se dresse contre Dieu et tout ce qui lui est cher. Ensuite, nous avons écouté ses insinuations, nous avons choisi nous aussi de prendre ce chemin. Tout cela est devenu l’esprit du monde, d’un monde de mort, c’est-à-dire d’un monde qui a tourné le dos à Celui qui est la source de la vie.

    Quand vient le Fils de Dieu, Celui qui est amour, qui ne veut que la volonté du Père, qui trouve sa gloire à servir l’humanité, à relever le faible, à honorer les petits, il ne peut qu’y avoir un clash avec le monde. Bien plus qu’un clash, un différent retentissant pour un moment… Il s’agit d’un affrontement terrible, la plus grande guerre qui aura jamais lieu dans l’humanité, et qui résume toutes les guerres : le combat de Gethsémani (Mt 26, 36-44), anticipé par tant d’épreuves intérieures du Fils de Dieu.

    Et c’est lui qu gagnera. La croix est le signe de sa victoire. C’est pourquoi elle nous est si chère. Le mal a été défait. Il n’aura pas le dernier mot. Celui qui met sa foi dans le Christ sait où il va : la vie éternelle.

    Nous aimerions tant que le chemin vers la lumière s’ouvre autrement, dans la facilité, dans un humanisme doux, rayonnant, solaire : croître vers la lumière en marchant de petits bonheurs en petits bonheurs. On entend cela souvent. C’est une grave illusion de faire croire que la vie peut se passer ainsi alors que l’humanité est prise dans un tel drame, en butte à la détestation du diable envers tout ce qui est authentiquement humain… une attitude qui engendre tant d’exploitation et de mépris, qui cause la mort intérieure ou extérieure de tant d’innocents !

    Le Christ nous offre de ne pas rester indifférents à tout cela. Si nous ne voulons pas passer à côté de notre vie, si nous voulons être présents à la grande réalité du monde, il n’y a qu’un chemin, celui qu’il donne : renoncer à nous-mêmes, prendre notre croix et suivre le Christ (Mt 16,24). Ce n’est pas triste. C’est grand, c’est fort. Il y a là la grande réponse à la question du sens de notre vie et du salut de l’humanité : « je donnerai ma vie à ta suite, toi notre Sauveur ! » Que chacun de nous, selon l’étape de sa vie, se demande : comment vais-je donner ma vie au Seigneur ? Comment vais-je faire de lui le centre de ma vie ? Ainsi vous serez heureux, votre cœur débordera d’amour, vous éprouverez une grande reconnaissance pour votre propre vie : vous serez vivants !