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Foi - Page 2

  • La fête liturgique de Notre-Dame du Mont Carmel, sa genèse et ses curiosités

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    De Veronica Giacometti sur ACI Stampa :

    La fête liturgique de Notre-Dame du Mont Carmel, sa genèse et ses curiosités

    15 juillet 2024

    Beata Vergine del Carmelo |  | Facebook

    Nous commençons un "petit voyage" parmi les festivités liturgiques de cet été. Nous avons des vacances, des jours de détente ou de loisir, mais en même temps, les mois de juillet et d'août sont caractérisés par d'importantes fêtes liturgiques.

    Qu'est-ce qu'une fête liturgique ? Selon Cathopedia, le terme "fête" est utilisé dans la liturgie pour désigner les célébrations des mystères de la vie du Christ ou des saints qui ont une importance liturgique moyenne. Les fêtes ont la priorité sur les jours de commémoration, tandis que les solennités et les dimanches sont "dépassés" par les solennités et les dimanches ; mais les fêtes du Seigneur ont la priorité sur les dimanches.

    La "fête liturgique" de la Vierge du Mont Carmel tombe le 16 juillet.

    "Moi aussi, je porte le scapulaire du Mont Carmel sur mon cœur depuis si longtemps ! C'est pourquoi je demande à Notre-Dame du Mont Carmel d'aider tous les religieux et religieuses du Mont Carmel et les pieux fidèles qui la vénèrent filialement, à grandir dans son amour et à rayonner dans le monde la présence de cette Femme de silence et de prière, invoquée comme Mère de miséricorde. Mère de l'espérance et de la grâce". Ces paroles de saint Jean-Paul II témoignent de l'amour des papes et de l'Église pour la Vierge du Mont Carmel.

    La dévotion est très ancienne. Le Carmel est sans aucun doute la montagne où de nombreux prophètes ont adoré Dieu. Le principal d'entre eux fut le prophète Élie, qui eut un jour une vision de la Vierge, laquelle s'éleva comme un petit nuage de la terre vers la montagne, "apportant la pluie et sauvant Israël de la sécheresse". La fête du 16 juillet, quant à elle, commémore l'apparition mariale à saint Simon Stock en ce même jour de 1251. Elle lui a donné le scapulaire mentionné par Jean-Paul II, avec la promesse que celui qui le porterait serait libéré des douleurs du purgatoire.

    Le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel a été officiellement reconnu par le pape Sixte V en 1587 et a ensuite été approuvé par de nombreux pontifes au cours des siècles. Aujourd'hui, l'ordre des carmélites - hommes et femmes - a une présence importante sur les cinq continents.

    Il est impossible d'énumérer les lieux dédiés à Notre-Dame du Mont Carmel. Il y a tant de dévotion dans le monde. Retracer toutes les fêtes italiennes dédiées à Notre-Dame du Mont-Carmel serait une tâche très ardue. Du nord au sud, de nombreuses églises et fêtes lui sont dédiées. La Vierge prétend assurer à ses fidèles, dans la vie, la protection contre les dangers et, dans la mort, la délivrance des peines du purgatoire.

  • Notre-Dame du Mont Carmel (16 juillet) : Ave Maris Stella

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    Ave maris stella,
    Dei mater alma
    Atque semper virgo
    Felix caeli porta

    Sumens illud ave
    Gabrielis ore
    Funda nos in pace
    Mutans Evae nomen

    Solve vincla reis
    Profer lumen caecis
    Mala nostra pelle
    Bona cuncta posce

    Monstra te esse matrem
    Sumat per te preces
    Qui pro nobis natus
    Tulit esse tuus

    Virgo singularis
    Inter omnes mitis
    Nos culpis solutos
    Mites fac et castos

    Vitam praesta puram
    Iter para tutum
    Ut videntes Jesum
    Semper collaetemur

    Sit laus Deo Patri
    Summo Christo decus
    Spiritui sancto
    Tribus honor unus

    Amen

    Salut, étoile de la mer
    Mère nourricière de Dieu
    Et toujours vierge,
    Bienheureuse porte du ciel

    En recevant cet ave
    De la bouche de Gabriel
    Et en changeant le nom d’Ève
    Établis-nous dans la paix

    Enlève leurs liens aux coupables
    Donne la lumière aux aveugles
    Chasse nos maux
    Nourris-nous de tous les biens

    Montre-toi notre mère
    Qu’il accueille par toi nos prières
    Celui qui, né pour nous,
    Voulut être ton fils

    Vierge sans égale,
    Douce entre tous,
    Quand nous serons libérés de nos fautes
    Rends-nous doux et chastes

    Accorde-nous une vie innocente
    Rends sûr notre chemin
    Pour que, voyant Jésus,
    Nous nous réjouissions éternellement

    Louange à Dieu le Père,
    Gloire au Christ Roi
    Et à l’Esprit saint,
    À la Trinité entière un seul hommage

    Amen

  • Le sélectionneur espagnol avant la demi-finale : « Je prie tous les jours, mais pas parce que je suis à une Coupe du monde. »

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    De Nicolás de Cárdenas sur ACI Prensa :

    Le sélectionneur espagnol avant la demi-finale : « Je prie tous les jours, mais pas parce que je suis à une Coupe du monde. »

    Luis de la Fuente, sélectionneur de l'équipe nationale espagnole de football. |Crédit : FIFA.

    Luis de la Fuente, sélectionneur de l'équipe nationale espagnole de football. |Crédit : FIFA.

    14 juillet 2026

    Le sélectionneur de l'équipe nationale espagnole, Luis de la Fuente, a révélé mardi comment il prie Dieu et ce qu'il lui demande avant la demi-finale de la Coupe du monde. Il a fait ces déclarations lors de la conférence de presse précédant le match de l'Espagne au stade de Dallas.

    Lors d'une apparition publique, l'entraîneur espagnol a été interrogé sur ses fortes convictions religieuses et sur sa façon de prier Dieu, moins de 24 heures avant de disputer un match décisif pour une place en finale contre l'équipe nationale française.

    « Je prie tous les jours, mais pas parce que je participe à une Coupe du monde ou parce que j'essaie d'obtenir un résultat », a expliqué le directeur technique de l'équipe espagnole.

    « Je rends grâce chaque jour, chaque matin je me réveille en pleine forme. Je me regarde et je me dis : Encore une journée pour profiter de la vie. Je suis reconnaissante pour ces petites choses. Je prie parce que je prie tous les jours, non pas pour qu'Il m'aide davantage », a-t-elle expliqué.

    Luis de la Fuente considérait également que, dans un match d'une telle importance, « il serait injuste de lui demander de m'aider et de ne pas aider l'adversaire ».

    « Je demande d'autres choses : la santé avant tout, et le reste, qu'on me donne les moyens de continuer à me battre. C'est ce que je veux. Si je suis en bonne santé, je n'ai aucun problème à me battre. Je suis un guerrier et je me bats contre tout, mais seulement si je suis en bonne santé. Si je n'étais pas en bonne santé, alors là, il y aurait un problème », a-t-il ajouté.

    Luis de la Fuente est connu pour exprimer ouvertement sa foi catholique. À plusieurs reprises, il a expliqué que, bien qu'ayant reçu une éducation religieuse au sein de sa famille, c'est à l'âge adulte qu'il a embrassé cette foi librement et consciemment.

    De plus, il a clairement indiqué que s'il se signe avant les matchs, « ce n'est pas de la superstition », mais une expression naturelle de ses convictions, loin d'être une manie.

    L'entraîneur est un fervent dévot du Christ de l'Expiration, connu sous le nom d'El Cachorro à Séville, et de la Vierge de La Vega, sainte patronne de Haro, sa ville natale.

    Lire également : Le parcours de l'Espagne en Coupe du monde, porté par la confiance de son sélectionneur.

  • 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde : le rapport 2026 qui accuse l’indifférence internationale

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    De Tribune Chrétienne :

    [ Document] « 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde »: le rapport 2026 qui accuse l’indifférence internationale

    « Nous devons nous tenir à leurs côtés », rappellent les auteurs du rapport , qui soulignent que des croyants sont encore battus, emprisonnés ou tués uniquement parce qu'ils sont chrétiens. ( intégralité du rapport)

    Publié le 7 juillet 2026 par l’organisation américaine International Christian Concern (ICC), le Global Persecution Index 2026 dresse un état des lieux particulièrement documenté de la persécution antichrétienne dans plus de vingt pays. Chiffres, témoignages et analyses convergent vers un même constat : alors que la liberté religieuse recule sur tous les continents, les violences contre les chrétiens continuent de s’intensifier dans une indifférence qui interroge la communauté internationale. Le Global Persecution Index 2026 d’International Christian Concern (ICC) constitue l’un des rapports les plus complets consacrés à la persécution des chrétiens dans le monde. Sur plus de 120 pages, cette étude passe en revue la situation de 21 pays répartis en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et même en Occident.

    S’appuyant sur des données de terrain, des témoignages, des statistiques et des enquêtes menées tout au long de l’année écoulée, elle met en lumière une réalité trop souvent ignorée : les chrétiens demeurent aujourd’hui la communauté religieuse la plus persécutée au monde.

    Le premier chiffre avancé par l’ICC donne la mesure du drame : près de 380 millions de chrétiens sont victimes, chaque année, de persécutions ou de discriminations graves en raison de leur foi. Beaucoup sont arrêtés, torturés, emprisonnés, expulsés de leurs villages ou assassinés. Dans plusieurs pays, partager l’Évangile est passible de prison, tandis que dans d’autres, participer à une simple réunion de prière clandestine peut coûter la liberté ou la vie.

    « Nous devons nous tenir à leurs côtés », rappellent les auteurs, qui soulignent que des croyants sont encore battus, emprisonnés ou tués uniquement parce qu’ils sont chrétiens.

    Le rapport montre que la persécution ne relève plus seulement de groupes terroristes isolés. Elle résulte désormais de la combinaison de plusieurs phénomènes : nationalisme religieux, autoritarisme, terrorisme islamiste, contrôle des organisations religieuses par les États, répression au-delà des frontières et surveillance technologique. Les auteurs dénoncent notamment l’utilisation de technologies développées en Occident pour renforcer les systèmes de contrôle mis en place par certains régimes contre les communautés chrétiennes. L’Afrique apparaît comme l’épicentre mondial de cette persécution. Selon le rapport, le continent concentre désormais près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde. Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), les Allied Democratic Forces (ADF) et Al-Shabaab poursuivent une stratégie visant explicitement les communautés chrétiennes. Églises incendiées, villages détruits, prêtres enlevés et populations déplacées rythment désormais le quotidien de nombreuses régions du Nigeria, du Sahel, de la Somalie ou de la République démocratique du Congo.

    La République démocratique du Congo illustre cette violence extrême. Entre le 1er juillet 2024 et le 1er juillet 2025, l’ICC a recensé près de 400 chrétiens tués, 94 enlèvements, 23 édifices religieux endommagés, 72 habitations attaquées et 346 personnes contraintes de quitter leur foyer. Le rapport rappelle également le massacre de 70 chrétiens décapités à Kasanga ainsi que celui de près de 50 fidèles assassinés lors d’une veillée de prière à Komanda, deux attaques attribuées aux ADF affiliés à l’État islamique. Les auteurs parlent d’une véritable campagne de terreur religieuse.

    Lire aussi : https://tribunechretienne.com/euthanasie-les-pauvres-demanderont-a-partir-monseigneur-etienne-guillet-lance-un-appel-solennel-aux-parlementaires/

    En Érythrée, la persécution est moins spectaculaire mais tout aussi implacable. Le régime du président Isaias Afwerki continue d’emprisonner des croyants sans procès. L’ICC cite notamment le cas du Dr K, détenu depuis plus de vingt ans sans inculpation ni jugement. Pour la seule période couverte par le rapport, l’organisation recense plus de 100 arrestations de chrétiens, 15 attaques contre des habitations et au moins 12 déplacements forcés.Le rapport pointe également l’Asie. En Inde, les lois dites « anti-conversion » servent régulièrement à poursuivre des chrétiens accusés d’évangélisation. En Chine, le Parti communiste contrôle les nominations des responsables religieux, les prédications, les rassemblements en ligne et jusqu’à l’architecture des lieux de culte. Au Nicaragua, le régime de Daniel Ortega poursuit son offensive contre l’Église catholique, tandis qu’en Iran les autorités continuent d’incarcérer des chrétiens convertis.

    L’étude consacre enfin un chapitre entier à l’Occident. Sans établir de parallèle avec les persécutions sanglantes subies ailleurs, elle observe une érosion progressive de la liberté religieuse. Elle évoque notamment les restrictions imposées à certaines manifestations publiques de la foi au Canada, les arrestations de personnes priant silencieusement près de centres pratiquant l’avortement au Royaume-Uni ou encore les 2 211 actes antichrétiens recensés en Europe en 2024, parmi lesquels 94 incendies d’églises, soit deux fois plus que l’année précédente.

    Pour International Christian Concern, ces statistiques ne représentent qu’une partie de la réalité, tant de nombreuses persécutions demeurent impossibles à documenter dans des pays fermés ou en guerre. Derrière ces chiffres se cachent des familles brisées, des prêtres emprisonnés, des enfants devenus orphelins et des communautés contraintes de vivre leur foi dans la clandestinité. Le Global Persecution Index 2026 rappelle avec force que la liberté religieuse continue de reculer dans une grande partie du monde, tandis que des millions de chrétiens paient encore leur fidélité au Christ au prix de leur liberté et, trop souvent, de leur vie.

  • Benoît XVI pensait vivre la fin des temps

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    "Le célèbre entrepreneur américain, milliardaire du secteur technologique et fervent protestant Peter Thiel a présenté une thèse convaincante dans un essai publié cette semaine dans le magazine First Things : le pape émérite Benoît XVI était profondément convaincu que nous vivons les temps de la fin ; pourtant, par prudence académique et stratégique, il s’est longtemps abstenu de toute déclaration publique concernant l’Antéchrist." (kath.net)

    De Peter Thiel sur First Things :

    Le pape et l’Antéchrist
     
    15 juillet 2026

    J’ai récemment donné une conférence à Rome sur le thème de l’Antéchrist. Ce sujet m’intéresse pour plusieurs raisons, principalement parce que personne d’autre n’en parle — ce qui, pendant la majeure partie de l’histoire du christianisme, aurait semblé être un signe évident de son arrivée imminente (2 Pierre 3, 3-4). Je m’attendais à ce que l’Église ignore mes conférences. Je ne suis pas catholique, je ne m’exprimais pas en public, et le sujet me semblait se situer bien, bien en dehors de la « fenêtre d’Overton ».

    Mes attentes n’ont pas été comblées. La foule de paparazzi postée devant la salle de conférence (censée être secrète) laissait penser que mes interventions n’étaient peut-être pas aussi privées que je l’avais espéré. Après la première d’entre elles, mon équipe m’a informé que la presse italienne s’y intéressait de très près. Un prêtre qui n’avait pas assisté à la conférence s’est demandé publiquement si je ne devrais pas être brûlé sur le bûcher pour hérésie (même s’il s’agissait d’une « hérésie politique contre le consensus libéral »).

    Je ne dis pas cela pour me mettre en avant ou m’apitoyer sur mon sort, mais parce que cela m’a fait éprouver une plus grande sympathie pour le pape Benoît XVI. Permettez-moi de m’expliquer. Je ne suis pas venu à Rome pour essayer d’être plus catholique que le pape, mais j’espérais, même en tant que protestant, être plus catholique que le catholique moyen. Pour franchir cette barre, comme je l’ai expliqué dans mes conférences, il suffit d’écouter le pape Benoît XVI non seulement lorsqu’il s’exprimait ex cathedra, mais aussi lorsqu’il parlait sotto voce. On l’entendra murmurer, puis crier : « La fin du monde est proche. »

    Benoît XVI pensait vivre la fin des temps. Cette affirmation nous choque, car Benoît XVI a choisi de ne pas s’exprimer ouvertement sur ce sujet avant les dernières années de sa vie, alors qu’il avait déjà démissionné de la papauté, que ses alliés avaient été écartés des hautes fonctions du Vatican et que presque personne ne l’écoutait plus. Nous ne saurons jamais pourquoi il a attendu. Il craignait peut-être de compromettre son autorité, qui reposait sur son génie académique, et rien ne semble moins respectable sur le plan académique que de prêcher la fin du monde. Plus généreusement, Benoît XVI a peut-être cru que ses prédictions apocalyptiques deviendraient des prophéties auto-réalisatrices, déstabilisant son troupeau et l’éloignant de l’Église.

    Ironiquement, une discussion honnête sur notre époque apocalyptique aurait trouvé un écho particulièrement fort auprès des jeunes. Ils comprennent et redoutent les dangers existentiels du changement climatique, de l’intelligence artificielle, de l’effondrement démographique et des armes nucléaires. Benoît XVI aurait pu enseigner aux jeunes les particularités de l’apocalypse biblique, y compris la paix et la sécurité totalitaires qui la précèdent. Une telle discussion aurait révélé des raisons d’espérer, alors que nous cherchons le courage de « ne pas nous troubler » (Mt 24, 6). On ne peut imaginer personne de plus qualifié que Benoît XVI pour mener une telle conversation. Nous devons désormais nous en passer.

    Ce n’est pas à moi de dire à l’Église quelle heure il est. Benoît XVI l’a déjà fait, comme tente de le montrer cet essai que j’ai rédigé avec mon ami Sam Wolfe. Mon humble espoir est que d’autres puissent réussir là où Benoît XVI a échoué, en répondant à la question suivante : face à l’heure des ténèbres, comment retrouver la foi en l’avenir ?

    L’eschatologie fascinait le jeune Joseph Ratzinger. Parfois, l’autobiographie se déguise en biographie ; c’est une règle qu’il faut garder à l’esprit lorsqu’on lit l’ouvrage de Ratzinger publié en 1957, *La théologie de l’histoire chez saint Bonaventure* (sa thèse d’habilitation, qui lui a permis d’accéder à un poste de professeur dans le système universitaire allemand). Il y écrivait que « la théologie de l’histoire de Bonaventure témoigne d’une lutte pour parvenir à une compréhension adéquate de l’eschatologie. […] La théologie de l’histoire ne constitue pas un domaine isolé de la pensée de Bonaventure. Au contraire, elle est liée aux choix philosophiques et théologiques fondamentaux qui ont constitué le fondement de sa participation aux âpres controverses des années 1260 et 1270. » Ratzinger a mis au jour ces « controverses » car il estimait qu’« il ne serait pas difficile d’en tirer des applications pour le présent », même sept siècles plus tard. « C’est précisément en ce moment même », a-t-il ajouté, « que la théologie a toutes les raisons de rester en contact avec sa propre histoire ». Il a choisi de ne pas préciser ces applications ni ces raisons, car « la tâche de l’historien est de présenter ses conclusions et rien d’autre que ses conclusions…  Cette limite m’a parfois troublé. »

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  • Une méditation du XIIIe siècle sur le Coeur de Jésus

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    De saint Bonaventure, fêté aujourd'hui :

    saint bonaventure  3.jpg« Voyant que Jésus était déjà mort..., un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; il en sortit du sang et de l'eau » (Jn 19,33-34)

          Ils ont creusé non seulement ses mains et ses pieds (Ps 21,17), mais ont percé son côté et ont ouvert l'intérieur de son cœur très saint qui avait été déjà blessé par la lance de l'amour... Approchons-nous, et nous tressaillirons, nous nous réjouirons en toi, au souvenir de ton cœur. Oh qu'il est bon, qu'il est agréable d'habiter en ce cœur ! (cf Ps 132,2) Ton cœur, ô bon Jésus, est un vrai trésor, une perle précieuse, que nous avons trouvée en fouillant dans le champ de ton corps (Mt 13,44-45). Qui la rejetterait ? Bien plutôt, je donnerai tout ; en échange, je livrerai toutes mes pensées et tous mes désirs pour me la procurer, jetant toutes mes préoccupations dans le cœur du Seigneur Jésus, et sans nul doute ce cœur me nourrira.

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  • Un grand saint : Bonaventure

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    saint bonaventure  3.jpgOn trouvera ici : http://www.cosmovisions.com/Bonaventure.htm une biographie approfondie de Bonaventure, docteur de l'Eglise, confrère et ami de Thomas d'Aquin, supérieur général des franciscains.

    Extrait :

    "Dans son Commentaire sur lés quatre livres des Sentences et dans quelques autres de ses traités, Bonaventure expose et défend amplement les doctrines et les institutions du Moyen âge, et tout particulièrement les plus récentes : transsubstantiation, communion sous une seule espèce, et il fait l'apologie du célibat des prêtres et de la vie monastique, qu'il considérait comme le plus sûr moyen de grâce. Enthousiaste de la virginité, qu'il estimait une sorte de vertu théologale, il avait voué à Marie une grande dévotion(1), et il contribua puissamment à développer ce culte. Dans un chapitre général tenu à Pavie, il ordonna aux religieux de saint François d'exhorter le peuple à adresser à la sainte Vierge une prière, au son de la cloche du soir (Angelus). Les principaux de ses ouvrages mystiques sont l'Itinerarium mentis ad Deum et le traité De septem gradibus contenplationis. Il y décrit, d'après  Richard de Saint Victor. Le chemin qu'il faut suivre pour connaître Dieu dans la pureté de son essence et arriver au point suprême de l'intelligence, où, délivré de toute image et de toute notion, l'humain sort de lui-même pour ne plus voir que Dieu et le posséder dans l'extase d'une sainte contemplation."

    (1) Nous avons substitué "grande dévotion" à "dévotion exagérée" dans cet extrait.

  • Saint Bonaventure, le "docteur séraphique" (15 juillet)

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    CONTENT-1.jpgLe 3 mars 2010, Benoît XVI avait consacré une première catéchèse à saint Bonaventure; une semaine plus tard, il se penchait sur son oeuvre littéraire et sa doctrine. Le pape émérite est en effet un spécialiste de saint Bonaventure auquel il a consacré sa thèse (1957).

    Chers frères et sœurs,

    La semaine dernière, j'ai parlé de la vie et de la personnalité de saint Bonaventure de Bagnoregio. Ce matin, je voudrais poursuivre sa présentation, en m'arrêtant sur une partie de son œuvre littéraire et de sa doctrine.

    Comme je le disais déjà, saint Bonaventure a eu, entre autres mérites, celui d'interpréter de façon authentique et fidèle la figure de saint François d'Assise, qu'il a vénéré et étudié avec un grand amour. De façon particulière, à l'époque de saint Bonaventure, un courant de Frères mineurs, dits "spirituels", soutenait qu'avec saint François avait été inaugurée une phase entièrement nouvelle de l'histoire, et que serait apparu l'"Evangile éternel", dont parle l'Apocalypse, qui remplaçait le Nouveau Testament. Ce groupe affirmait que l'Eglise avait désormais épuisé son rôle historique, et était remplacée par une communauté charismatique d'hommes libres, guidés intérieurement par l'Esprit, c'est-à-dire les "Franciscains spirituels". A la base des idées de ce groupe, il y avait les écrits d'un abbé cistercien, Joachim de Flore, mort en 1202. Dans ses œuvres, il affirmait l'existence d'un rythme trinitaire de l'histoire. Il considérait l'Ancien Testament comme l'ère du Père, suivie par le temps du Fils et le temps de l'Eglise. Il fallait encore attendre la troisième ère, celle de l'Esprit Saint. Toute cette histoire devait être interprétée comme une histoire de progrès:  de la sévérité de l'Ancien Testament à la liberté relative du temps du Fils, dans l'Eglise, jusqu'à la pleine liberté des Fils de Dieu au cours du temps de l'Esprit Saint, qui devait être également, enfin, le temps de la paix entre les hommes, de la réconciliation des peuples et des religions. Joachim de Flore avait suscité l'espérance que le début du temps nouveau aurait dérivé d'un nouveau monachisme. Il est donc compréhensible qu'un groupe de franciscains pensait reconnaître chez saint François d'Assise l'initiateur du temps nouveau et dans son Ordre la communauté de la période nouvelle - la communauté du temps de l'Esprit Saint, qui laissait derrière elle l'Eglise hiérarchique, pour commencer la nouvelle Eglise de l'Esprit, qui n'était plus liée aux anciennes structures.

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  • Bonaventure, homme d'action et de contemplation

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    BENOÎT XVI, lors de l'audience générale du mercredi 3 mars 2010, a consacré cet enseignement à ce franciscain, docteur de l'Eglise :

    Chers frères et sœurs,

    Aujourd'hui, je voudrais parler de saint Bonaventure de Bagnoregio. Je vous avoue qu'en vous proposant ce thème, je ressens une certaine nostalgie, car je repense aux recherches que, jeune chercheur, j'ai conduites précisément sur cet auteur, qui m'est particulièrement cher. Sa connaissance a beaucoup influencé ma formation. C'est avec une grande joie que je me suis rendu en pèlerinage, il y a quelques mois, sur son lieu de naissance, Bagnoregio, petite ville italienne dans le Latium, qui conserve avec vénération sa mémoire.

    Né probablement aux alentours de 1217 et mort en 1274, il vécut au XIIIe siècle, à une époque où la foi chrétienne, profondément imprégnée dans la culture et dans la société de l'Europe, inspira des œuvres durables dans le domaine de la littérature, des arts visuels, de la philosophie et de la théologie. Parmi les grandes figures chrétiennes qui contribuèrent à la composition de cette harmonie entre foi et culture se distingue précisément Bonaventure, homme d'action et de contemplation, de profonde piété et de prudence dans le gouvernement.

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  • Le visage du prochain. Théologie de la relation dans l’épreuve de la fin de vie. (Marie-Laetitia Calmeyn)

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    De Marie-Laetitia Calmeyn sur le site de la Nouvelle Revue Théologique (article offert) :

    Le visage du prochain. Théologie de la relation dans l’épreuve de la fin de vie

    NRT 148-3 (2026), p. 385-395

    Dans le contexte des débats contemporains sur la fin de vie, cet article propose de recentrer la réflexion sur la dimension relationnelle du soin. À partir d’une interrogation fondamentale – qui est l’autre pour moi ? – il développe une théologie du prochain enracinée dans la tradition biblique et chrétienne. L’auteur met en lumière le primat du don et de la communion sur les logiques utilitaristes ou strictement décisionnelles, en s’appuyant notamment sur la notion de visage et sur le mystère pascal. L’expérience de la vulnérabilité, particulièrement dans la maladie et l’approche de la mort, révèle le prochain comme celui qui appelle à une transformation intérieure et à une relation de fraternité. Ainsi, le soin est compris non seulement comme une pratique, mais comme un lieu théologique où se déploient la présence, la charité et l’espérance.

    Les débats en France autour des lois sur la fin de vie ces dernières années ont replacé les soignants au cœur de questions humaines, éthiques et spirituelles d’une extrême intensité. Il est inévitable que resurgisse face à la souffrance, à la dépendance, à la demande de mourir ou au refus de l’acharnement thérapeutique, cette interrogation fondamentale : qu’est-ce que soigner ? S’agit-il de répondre à une demande, d’exercer une compétence technique, ou d’entrer dans une relation plus profonde avec celui ou celle qui souffre et qui approche de la mort ?

    En cherchant à encadrer les pratiques, les évolutions législatives risquent de déplacer le centre de gravité du soin : de la relation vers la décision individuelle, de la présence vers un « droit à », du service de la vie vers une maîtrise illusoire et mortifère, du respect des consciences et des institutions à un « totalitarisme sournois1 ». Elles suscitent, entre autres chez les soignants, un véritable désarroi.

    Dans ce contexte, il devient essentiel de revenir à une question plus originaire : qui est l’autre pour moi ? Comment me situer face au prochain dans la relation de soin ?

    Le patient est-il d’abord un sujet de droit, un bénéficiaire de prestations, un porteur de demandes ? Ou bien est-il aussi celui qui m’est confié, celui dont la vulnérabilité m’appelle, celui qui, d’une certaine manière, me révèle bien plus que moi-même ?

    La tradition biblique et chrétienne propose ici un éclairage décisif. Elle invite à penser la relation non pas seulement en termes d’actes ou de décisions, mais comme une vocation : vocation à la vie, à la rencontre, à la présence, à la communion. Elle ouvre ainsi à l’approche du care un chemin qui conduit de la relation de soin à une relation plus profonde encore : celle de la fraternité.

    C’est dans cette perspective que nous proposons de relire la figure de « l’autre » et du « prochain ». Car, au cœur même de la fragilité, au seuil de la mort, quelque chose de décisif se joue : la manière d’être en relation – et peut-être, plus profondément encore, la manière d’aimer.

    Lire la suite sur le site de la Nouvelle Revue Théologique

  • Le charisme de saint Camille : assister les malades avec la tendresse d'une mère

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    D'Antonio Tarallo sur la NBQ :

    Le charisme de saint Camille : assister les malades avec la tendresse d'une mère

    Saint Camille de Lellis « nous a demandé de prendre soin des malades avec la même affection et la même tendresse qu’une mère a pour son unique enfant malade ». À l’occasion de la mémoire liturgique du fondateur des Ministres des Malades, La Bussola s’entretient avec le camillien Ange Désiré Ouedraogo.

    14_07_2026

    Hôpital San Giovanni-Addolorata de Rome : les sirènes des ambulances accompagnent notre conversation avec le père Ange Désiré Ouedraogo, religieux camillien et aumônier de cet hôpital romain. En ce jour de la fête de saint Camille de Lellis (1550-1614), nous souhaitons réfléchir avec lui à ce que signifie, aujourd’hui, incarner l’esprit qui animait le saint fondateur des Ministres des Malades.

    Père Ange, que signifie être camillien aujourd'hui ?

    Répondre à cette question n'est pas simple, car elle ne remet pas tant en question nos actions (auxquelles nous avons déjà de nombreuses réponses) que notre être profond. Elle touche au cœur même de l'identité de ceux qui ont consacré leur vie entière au service des malades. Être camillien aujourd'hui, c'est avant tout préserver et actualiser un don reçu, le charisme que Dieu a confié à saint Camille de Lellis : le don d'être le Christ pour les malades et, en même temps, de reconnaître en eux le visage du Christ. C'est aussi incarner l'esprit et la mission que Dieu a voulu donner à l'Église par le témoignage de Camille, qui, pour vivre cet appel, a créé une véritable « nouvelle école de charité » : l'Ordre des Ministres des Malades, connu sous le nom de Camilliens. Enfin, il nous faut nous souvenir de notre quatrième vœu : servir les malades, même au péril de notre vie. Dans un monde blessé, être camillien aujourd'hui signifie être une présence prophétique et un signe tangible de la miséricorde et de la tendresse du Christ pour toute la souffrance humaine.

    Que signifie être au service des souffrants à l'hôpital ?

    Pour un camillien, l'hôpital n'est pas simplement un lieu de travail, mais la « vigne mystique du Seigneur », c'est-à-dire un espace sacré comparable à un lieu de culte. Dans ce contexte, être au service signifie avant tout être présent : être présent, se rapprocher et devenir un « prochain » pour autrui, comme nous l'enseigne la parabole du Bon Samaritain. Cela signifie être une présence historique (physique, concrète) et prophétique, devenir un signe tangible de la miséricorde du Christ pour ceux qui souffrent. Servir à l'hôpital se traduit par plusieurs attitudes fondamentales. Centralité et intégrité de la personne : cela signifie placer le patient au centre de sa globalité physique, sociale et psychologique, en le reconnaissant comme la personne même du Seigneur. Présence au pied de la croix : cela signifie se tenir spirituellement et physiquement au pied des innombrables croix que nous rencontrons à travers le monde, témoignant d'un Dieu qui n'est pas distant, mais qui souffre avec l'humanité. Servir avec amour maternel : préserver et mettre en pratique l’inspiration originelle de saint Camille, qui appelait à soigner les malades avec la même affection et la même tendresse qu’une mère pour son enfant unique malade. Accompagnement spirituel : offrir une présence qui apaise les souffrances de l’âme, notamment par la pastorale et l’aumônerie.

    Quelles sont les paroles les plus importantes de saint Camille de Lellis qui vous viennent à l'esprit dans votre service ?

    « Plus de cœur dans ces mains, frères, plus de cœur ! » – peut-être la phrase la plus connue : un appel pressant à prodiguer des soins dévoués, passionnés et profondément humains. C'est l'invitation à mettre de l'amour dans chaque geste. Puis, « Dieu est tout, le reste n'est rien » : cette expression me revient très souvent à l'esprit dans les services, surtout à la fin d'une conversation intense avec un malade, lorsque, après avoir partagé sa douleur, nous redécouvrons ensemble ce qui compte vraiment dans la vie. « Continue, toi qui es découragé, ce n'est pas ton œuvre, c'est la mienne » : ce sont les paroles encourageantes que Camille disait avoir entendues directement du crucifix dans un moment de crise profonde. Elles nous reviennent à l'esprit dans les moments de lassitude ou face aux difficultés institutionnelles et personnelles, pour nous rappeler que nous ne sommes que des instruments d'une œuvre plus grande.

    Comment parler d'espérance et de vie éternelle à celui qui, à cet instant précis, traverse le drame de la maladie ou du deuil ?

    Devant la souffrance, les mots doivent avant tout s'incarner, devenir présence. Saint Camille de Lellis nous a enseigné à communiquer l'espérance par une proximité attentive et discrète, nous conseillant d'employer peu de mots, mais empreints de compassion . Nous parlons d'espérance lorsque nous devenons nous-mêmes des « icônes de miséricorde » : à l'instar d'une icône sacrée, notre présence doit offrir un aperçu de quelque chose de plus grand et nous aider à y entrer. Outre l'espérance légitime de la guérison physique, nous avons la mission de témoigner que la véritable espérance ne réside pas seulement dans la santé physique, mais aussi dans ce qui nous ouvre à Dieu. C'est pourquoi, selon la tradition camillienne, l'espérance se communique moins par la parole que par des gestes concrets, à travers trois moyens fondamentaux : la charité comme langage ; puis, par une présence consolatrice, la miséricorde de Dieu devient visible et concrète, essuyant les larmes de ceux qui pleurent la mort d'un être cher ou qui luttent contre la maladie et la solitude. Voir l’Éternel dans le présent : parler de la vie éternelle signifie savoir contempler « le Créateur dans la créature », ce qui apporte confiance et remède non seulement au mal physique, mais aussi au mal spirituel.

    Quelle leçon de saint Camille de Lellis considérez-vous comme la plus pertinente ?

    Je crois que la leçon la plus essentielle que saint Camille nous offre à notre époque se résume en trois piliers : le courage de la tendresse, l’importance du cœur et la redécouverte de la dignité humaine sous toutes ses formes. Dans un système de santé moderne de plus en plus technologique, le témoignage de Camille nous rappelle que sans cœur ni humanité, aucun traitement médical ne peut être complet. La réforme de saint Camille était si radicale pour son temps qu’elle lui valut même d’être expulsé de certains hôpitaux. Ce même radicalisme est d’une actualité brûlante : nous avons un besoin profond de créer des systèmes de santé qui valorisent la personne, en harmonisant l’expertise technique et scientifique et la gestion administrative avec le bien-être intégral du patient. Saint Camille a lutté avec acharnement contre les soins purement mercantiles et superficiels, promouvant des soins fondés sur l’amour, la générosité et un dévouement absolu. En tout temps, le but ultime du camillien demeure la sauvegarde, la protection et la valorisation du caractère sacré de la vie humaine. La pensée de saint Camille de Lellis aujourd'hui évoque la figure du Bon Samaritain. Elle nous rappelle que la grâce de Dieu peut transformer radicalement une vie, devenant un don inlassable et durable pour ceux qui souffrent le plus.

  • Le 14 juillet, c'est la fête de saint Camille de Lellis

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    De Vatican News :

    SAINT CAMILLE DE LELLIS, PRÊTRE, FONDATEUR DES CAMILLIENS (CLERCS RÉGULIERS DES INFIRMES)

    Né à Bucchianico, dans la province de Chieti, le 25 mai 1550 et mort à Rome le 14 juillet 1614, Camille est une figure emblématiquement liée à la croix rouge qu’il obtint du pape Sixte V, le 20 juin 1586, de porter cousue sur son habit religieux. En particulier, comme le souligne en 1620 le Père Sanzio Cicatelli, premier biographe du Saint, « c’est pour trois raisons qu’il plut à notre père que nous portions la Croix sur notre vêtement, comme notre entreprise et symbole. La première, pour faire la distinction par rapport à l’habit de la Compagnie de Jésus. La deuxième pour faire connaître au monde que nous tous marqués de cette empreinte du Christ, nous sommes comme des esclaves vendus et voués au service des malades pauvres. Et la troisième, pour démontrer que celle-ci est religion de croix, c’est-à-dire de la mort, de souffrances et de fatigue, pour que ceux qui voudront suivre ce mode de vie sachent d’avance qu’ils viennent embrasser la croix, se renier eux-mêmes et suivre le Christ jusqu’à la mort».

    Les Serviteurs des Infirmes

    La grâce de Dieu rejoint Camille en 1575. Au cours d’un voyage au couvent de San Giovanni Rotondo, il rencontra un frère qui le prit à part pour lui dire: «Dieu est tout. Le reste n’est rien. Il faut sauver son âme qui ne meurt pas…». Il demanda à devenir capucin, mais à deux reprises, il a été renvoyé du couvent à cause d’une plaie ouverte à la jambe, qu’il a eue lors de ses campagnes militaires. C’est pour cette raison qu’il fut hospitalisé à l’hôpital romain saint Jacques. C’est là qu’il eut cette intuition: «unir la discipline militaire à la charité chrétienne en fondant ‘Les Serviteurs des infirmes’» . Il faut quatre vœux pour en faire partie: obéissance, pauvreté, chasteté, service des malades.

    Un grand réformateur

    Il est considéré comme le plus grand réformateur de la profession d’infirmier et de l’organisation d’assistance dans les hôpitaux. Au-delà des soins au corps, celui qui assiste le malade, selon Camille, devrait prendre aussi en charge l’esprit. Ce qui est radicalement différent par rapport à ce qui se passait dans les hôpitaux de l’époque, où les malades étaient abandonnés à eux-mêmes. Homme éminemment pratique et simple, pas sans culture ni intérêts, il ne rechercha pas, dans son apostolat éducatif, les délicatesses théoriques. Peu de lignes directives étaient suffisantes. Puis un discernement aigu des cœurs dont il fut exceptionnellement doué, et un grand bon sens associé à une douceur paternelle.

    Lire : les derniers jours de la vie terrestre de saint Camille de Lellis