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Foi - Page 2

  • Pierre au Verbe d'Or (30 juillet)

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    Fêté aujourd'hui : saint Pierre Chrysologue que Dom Guéranger, dans son Année Liturgique, présente ainsi :

    "Pierre, surnommé Chrysologue, pour l'or de son éloquence, naquit à Forum Cornelii, dans l'Emilie, de parents honnêtes. Dès l'enfance, tournant son esprit vers la religion,il s'attacha à l'Evêque de cette ville,Cornelius, romain, qui le forma rapidement à la science et à la sainteté de la vie, et l'ordonna Diacre. Peu après, l'Archevêque de  Ravenne étant mort,  comme les habitants de cette ville envoyèrent, selon l'usage, à Rome, le successeur qu'ils avaient élu solliciter  du  saint Pape Sixte III la confirmation de cette élection, Cornélius se joignit aux députés de Ravenne, et emmena avec lui  son  diacre. Cependant l'Apôtre saint Pierre  et le Martyr saint Apollinaire apparurent en songe au Pontife romain, ayant au milieu d'eux un jeune lévite, et lui ordonnant de ne pas placer un autre que lui sur le siège archiépiscopal de Ravenne. Le Pontife n'eut pas plus tôt vu Pierre, qu'il reconnut en lui l'élu du Seigneur. Rejetant donc celui qu'on lui présentait, il promut, l'an de Jésus-Christ 433, le jeune lévite au gouvernement de cette Eglise métropolitaine. Les députés de Ravenne, offensés d'abord, ayant appris la vision, se soumirent sans peine à la volonté divine et acceptèrent avec le plus grand respect le nouvel Archevêque.

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  • "Un monde extrêmement vieux et fatigué..." (Pierre Chrysologue, 30 juillet)

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    La citation du jour

    Pierre Chrysologue

    Pour nous, le monde est extrêmement vieux et fatigué. Il a perdu ses forces; il perd ses facultés; les souffrances l’accablent; il crie sa défaillance; il porte tous les symptômes de sa fin… Nous sommes à la remorque d’un monde qui s’enfuit; nous oublions les temps à venir. Nous sommes avides d’actualité, mais nous ne tenons pas compte du jugement qui vient déjà. Nous n’accourons pas à la rencontre du Seigneur qui vient… Convertissons-nous; n’ayons pas peur de ce que le temps se fait court. Son temps à Lui, l’Auteur du temps, ne peut pas être rétréci…

    Saint Pierre Chrysologue, Sermon 167 – De la conversion (chemindamourverslepere.com)

  • La "parole d'or", inspirée et brève...

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    pierre_chrysologue.jpg

    Alors que nombre de nos prédicateurs se croient obligés de pérorer de façon souvent interminable, le Père Bernard Pineau nous dit, à propos du saint du jour :

    "Depuis l'apôtre saint Pierre, nombreux ont été les saints et bienheureux à porter ce nom : on en compte une bonne vingtaine !

    La liturgie catholique fait aujourd'hui mémoire de saint Pierre Chrysologue. Il vécut en Italie au Ve siècle et devint évêque de Ravenne, qui était alors la résidence des empereurs d'Occident. Il fut avant tout un prédicateur très estimé du peuple et beaucoup de ses sermons sont parvenus jusqu'à nous. Sa prédication était cordiale et convaincante, avec comme qualités majeures la simplicité et surtout la brièveté !

    170 de ses homélies nous sont connues. Il fut proclamé docteur de l'Eglise en 1729.
    On l'avait surnommé chrysologue : parole d'or."

    source : http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Saints/Pierre-Chrysologue

  • L'évêque de Lourdes : la visite du pape en septembre fera du sanctuaire un cœur battant pour la défense de la vie

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    L'évêque de Lourdes : La visite du pape en septembre fera du sanctuaire un cœur battant pour la défense de la vie

    L’évêque Jean-Marc Micas revient sur la portée spirituelle de la visite papale en France, à un moment marqué par la légalisation de l’euthanasie et un renouveau de la foi catholique chez les jeunes.

    Suite à la visite très attendue du pape Léon XIV en France plus tard cette année, le sanctuaire marial de Lourdes pourrait occuper une place centrale dans les efforts continus de l'Église pour défendre le caractère sacré de la vie et la dignité des plus vulnérables.

    La visite à Lourdes constituera la deuxième étape du voyage du pape en France, du 25 au 28 septembre, deux mois seulement après l'adoption par le pays de sa loi controversée légalisant l'euthanasie et le suicide assisté. C'est dans ce sanctuaire que le pape devrait aborder cette question sensible, qui a fortement mobilisé l'épiscopat français ces deux dernières années.

    Mgr Jean-Marc Micas de Tarbes et Lourdes
    Mgr Jean-Marc Micas de Tarbes et Lourdes (Photo : Courtney Mares/EWTN News)

    « Comme beaucoup d’autres, j’ai hâte d’entendre ce que le Saint-Père dira à la classe politique », a déclaré Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, au Register. « Je suis convaincu que le Pape transmettra et même renforcera le message que l’Église de France n’a cessé de marteler sur ce sujet. »

    Le voyage de quatre jours du pape Léon XIV marquera sa première visite en France en tant que pontife et la première visite papale dans le pays depuis près de vingt ans. Au programme : les vêpres à la cathédrale Notre-Dame récemment restaurée et une messe en plein air place de la Concorde, sur les Champs-Élysées à Paris, avant une dernière étape à Metz, où repose Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de l'Union européenne. Le 27 septembre sera entièrement consacré à Lourdes et comprendra une procession aux flambeaux devant la grotte de Massabielle, une matinée de prière avec les évêques français et une messe en plein air sur la grande esplanade du sanctuaire.

    Le monde à l'endroit

    Quelques jours avant la légalisation de l'euthanasie en France, Mgr Micas s'était distingué par une lettre percutante, largement relayée, intitulée « Mon cœur pleure ». Il y dénonçait l'idée que l'aide médicale à mourir puisse défendre la dignité de la vie, la qualifiant d'« absurdité anthropologique » et de l'un des « grands mensonges de l'histoire de l'humanité qui ont coûté la vie à des millions de personnes "pour les sauver" ! ». L'adoption de cette loi, selon lui, ne fait que renforcer le devoir pastoral de la hiérarchie catholique dans le pays. « Notre mission d'évêques est aussi de rappeler aux fidèles que l'existence même de cette loi ne signifie pas que tout est permis », affirmait-il, paraphrasant la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens.

    Réaffirmant son espoir que les paroles du pape Léon s'adressent à la conscience du plus grand nombre, il a insisté sur le fait que Lourdes sera l'étape la plus purement spirituelle et pastorale du voyage papal, une étape qui transcende tout agenda politique.

    Le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes marque le lieu des apparitions mariales de 1858 à la jeune paysanne sainte Bernadette Soubirous. Au fil des ans, de nombreuses guérisons ont été attribuées à l'eau de source qui jaillit de la grotte de Massabielle, où eurent lieu les apparitions, faisant de ce lieu un important site de pèlerinage pour les fidèles catholiques, notamment les malades et les personnes handicapées.

    « Lourdes, c’est le monde à l’endroit, comme on aime à le dire », a déclaré Mgr Micas, « ce qui signifie que la pauvreté, la misère, la maladie et le handicap ont le droit d’exister et ne sont pas occultés ; ils font partie intégrante de la réalité de la vie, de la famille humaine. » C’est, a-t-il ajouté, « un magnifique laboratoire d’une humanité épanouie », qui offre déjà « un avant-goût de ce que pourrait être le paradis ». C’est cette même vision – la souffrance et la vulnérabilité comme porteuses de dignité, et non comme des problèmes à résoudre – que Mgr Micas voit s’opposer à la logique de la nouvelle loi.

    L’évêque Micas parle du pape Léon XIII avec une admiration manifeste, évoquant son audience privée avec lui lors d’un pèlerinage diocésain à Rome en juin 2025. « Il est extrêmement attentif. Il avait préparé notre rencontre et m’avait posé des questions précises sur Lourdes, sur le sanctuaire et sur sa mission », se souvient le prélat. Depuis, ajoute-t-il, « le voyage en Afrique puis en Espagne l’ont véritablement révélé au monde entier – et je m’en réjouis sincèrement. »

    En tant que gardien de la grotte de Massabielle, il estime que le pape visitera le sanctuaire comme un simple pèlerin, à l'instar de millions d'autres personnes chaque année, ajoutant que par ses paroles et sa manière d'aller à la rencontre des gens, « il nous encouragera tous, tant dans la foi que dans le témoignage de la foi ».

    Grandir grâce à l'humilité

    Réfléchissant à ce que beaucoup considèrent comme un moment de grâce pour l'Église de France, manifesté par l'essor du nombre de catéchumènes adultes ces dernières années et, plus récemment, par la saturation des séminaires propédeutiques, première étape de la formation des nouvelles vocations, Mgr Micas a confirmé que cette dynamique est clairement visible sur le terrain.

    À Lourdes même, l'évêque a souligné une nette augmentation du nombre de jeunes pèlerins, tout en précisant que l'affluence record de l'année dernière avait peut-être été amplifiée par l'Année jubilaire et en notant qu'il faudrait un peu plus de temps pour confirmer une tendance durable.

    Il perçoit également quelque chose de presque providentiel dans le fait que ce renouveau se déroule en France, pays qui compte plus d'apparitions mariales que tout autre, mais aussi l'un des plus déchristianisés d'Europe – une combinaison qui n'est pas passée inaperçue à Rome, où, selon lui, les autorités considèrent désormais l'Église française « avec beaucoup plus d'intérêt qu'au cours des dernières décennies ».

    Cet intérêt ne semble pas se limiter aux cercles ecclésiastiques. Mi-juillet, la Conférence des évêques de France et les trois diocèses hôtes ont lancé une campagne nationale de levée de fonds pour couvrir les quelque 15 millions d'euros que devrait coûter la visite, suscitant un vif intérêt auprès de donateurs bien au-delà du cercle habituel, une tendance attribuée à la récente encyclique du pape sur l'intelligence artificielle .

    L’évêque Micas a toutefois pris soin de ne pas laisser cet espoir se muer en triomphalisme, surtout après les années douloureuses marquées par une série de scandales au sein de l’Église. « La lutte contre les violences sexuelles et les scandales est un combat de longue haleine », a-t-il déclaré. « Nous n’avons pas encore réglé nos comptes avec le passé. Il nous faut donc rester extrêmement humbles. » Malgré tout, a-t-il ajouté, ce renouveau peut être perçu « comme un encouragement à persévérer sur le chemin de la vérité, le chemin de l’humilité, le chemin de la foi ».

  • Le sanctuaire marial de Medjugorje a été vandalisé

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    Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 juillet 2026, le sanctuaire marial de Medjugorje (Bosnie-Herzégovine) a été vandalisé et partiellement incendié, quelques jours avant le Mladifest (festival international de la jeunesse, 1er-6 août), qui rassemble habituellement plus de 50 000 jeunes.

    Ce que l’on sait des faits

    • La statue principale de la Vierge Marie sur la Colline des Apparitions (Podbrdo) a été maculée de peinture noire (visage, mains, buste). Sur le socle, l’inscription en anglais « Devil in a skirt » (« Diable en jupe ») a été peinte. Des banderoles et graffitis anti-mariaux ont aussi été placés.
    • Les statues de la Vierge à la Croix Bleue ont subi le même traitement (peinture noire + inscriptions comme « Evil » / « ZLO »).
    • Des traces de vandalisme ont aussi été signalées près de Križevac.
    • Une banderole en polonais nommait les six « voyants » et les qualifiait d’« imposteurs » (« To oszusci, mam dowody » – « Ce sont des imposteurs, j’ai des preuves »).
    • Vers 5 h, un incendie a été allumé sur l’autel extérieur (récemment rénové) de l’église Saint-Jacques. Des caméras de surveillance montrent un homme versant un liquide inflammable (probablement de l’essence) avant d’y mettre le feu. L’incendie a été rapidement maîtrisé et n’a pas gagné l’église.

    La police a sécurisé les lieux. Le bureau paroissial de Medjugorje a exprimé sa grande tristesse, remercié ceux qui ont nettoyé et réparé, et invité les fidèles à répondre par la prière, le jeûne et le pardon. Le sanctuaire est resté ouvert ; le programme de prière a repris normalement après nettoyage.

    L’auteur présumé

    Un homme de 31 ans, ressortissant étranger (identifié par de nombreux médias comme le Polonais Bartłomiej Włodzimierz Krakowiak, dit Bartek, né à Varsovie), a été arrêté le 28 juillet dans la zone de Ljubuški / Cerno. La police bosniaque a confirmé l’arrestation d’un ressortissant étranger de 31 ans soupçonné des faits (vandalisme et incendie criminel) ; son identité officielle n’avait pas encore été pleinement confirmée dans les premières communications, mais les médias locaux, polonais, croates et internationaux le nomment largement. Le parquet a demandé sa détention provisoire.

    Éléments biographiques connus (issus de ses propres témoignages publics antérieurs et de reportages) :

    • En 2017 (alors âgé d’environ 22 ans), après un diagnostic de dépression et un passé difficile (famille problématique, alcool, drogues, problèmes judiciaires, séjour en centre éducatif, etc.), il a marché à pied environ 1 300 km de Varsovie à Medjugorje en 57 jours. Il a documenté le pèlerinage sur une page Facebook (« Z buta do Maryi » – « À pied jusqu’à Marie »), suivi par des milliers de personnes, et en a tiré un livre du même titre (2018).
    • Il a donné des témoignages de conversion dans des paroisses et écoles en Pologne et est apparu dans le film documentaire-fiction polonais Powołany 2 (2024).
    • Il est décrit comme marié et père de famille.

    Le motif exact n’est pas encore établi. Les messages laissés (attaques contre la dévotion mariale, contre les voyants et affirmation d’un « Only Jesus ») ont conduit certains observateurs à évoquer une possible radicalisation de type fondamentaliste évangélique ou un rejet de Medjugorje, mais rien n’est confirmé officiellement. Des problèmes de santé mentale passés (dépression) sont mentionnés dans les reportages, sans précision sur son état actuel.

    L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet. Les informations sont basées sur les communiqués de police, le bureau paroissial, Vatican News, Aleteia, La Croix, LifeSiteNews et de nombreux médias locaux et internationaux (situation au 28-29 juillet 2026).

  • "L'Espagne a cessé d'être chrétienne !"

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    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    1936-1939

    Ils prouvent que l’Espagne est toujours chrétienne

    En 1933, le président du conseil espagnol déclare aux Cortès : « L’Espagne a cessé d’être chrétienne ! » Cette phrase se traduit aussitôt par des actes et des décisions politiques : imposition d’une laïcité absolue, interdiction faite aux ordres religieux d’enseigner, se livrer à des activités commerciales ou industrielles alors qu’elles les font vivre, interdiction du crucifix dans les lieux publics, obligation du mariage civil, introduction du divorce, etc. Dès lors, deux conceptions de l’avenir de l’Espagne se font face, prêtes à en découdre. Pendant deux ans, jusqu’à la victoire des nationalistes, les catholiques espagnols entament un épouvantable chemin de croix qui fera au bas mot 7 500 martyrs, et probablement beaucoup plus.


    Les raisons d'y croire

    • Même si, quatre-vingt-dix ans après les événements, les événements de cette période déchaînent toujours des passions politiques violentes et opposées, nous sommes parfaitement documentés sur ce qui s’est passé, tant par la presse internationale que par les témoins des deux bords. À cela s’ajoutent les récits circonstanciés de quelques rescapés, ainsi que par l’importante documentation rassemblée afin d’instruire les causes de béatification des martyres. Nous savons parfaitement ce qui est advenu ; les épisodes de massacres et d’atrocités sont avérés. Nous ne sommes pas dans l’imaginaire.
    • Consciente d’être accusée de s’ingérer dans les conflits politiques espagnols et leurs retombées actuelle, l’Église a pris toutes les précautions, comme elle le fait d’ailleurs toujours, pour que les dossiers retenus n’impliquent pas des personnes connues pour leurs engagements politiques mais seulement des catholiques assassinés exclusivement en haine de la foi.
    • En effet, la volonté d’éradiquer tous les prêtres était patente. Quelques survivants qui ont réussi à s’enfuir ou ont été laissés pour morts dans les fosses communes raconteront qu’on leur a dit qu’ils devaient mourir simplement en raison de leur état clérical. De nombreux témoignages font état de chasses aux prêtres impitoyables, souvent avec des chiens, et des exécutons sans jugement qui suivaient aussitôt les arrestations.
    • D’éducation chrétienne, les bourreaux, comme en Vendée pendant la Terreur, vont souvent s’amuser en mettre en scène dans des versions modernisées les supplices endurés par les martyrs de l’Antiquité. Ainsi verra-t-on des catholiques jetés aux bêtes dans les cages du zoo de Madrid, ou livrés dans l’arène à des taureaux de combat, certains ont été châtrés, énucléés, coupés en morceaux à coups de hache, attachés à l’arrière du tramway, torturés de mille façons plus atroces les unes que les autres. À Santander, on les jette dans le port un bloc de béton aux pieds. Aucun d’entre eux n’a apostasié.
    • Si mourir pour une conviction n'est pas exceptionnel dans l'histoire, ce qui l’est est de pardonner à ses bourreaux avant d'être exécuté. C’est le cas des martyrs d’Espagne qui sont morts sans haine, en renonçant à toute vengeance et en manifestant de la compassion pour ceux qui les tuaient. Ces hommes et ces femmes ordinaires, confrontés à la torture et à une mort imminente, ont trouvé la force non seulement de demeurer fidèles à leur foi, mais encore d’aimer ceux qui les tuent. C’est qu’ils ne puisent pas cette capacité en eux-mêmes, mais dans une grâce reçue du Christ vivant.
    • On peut donner en exemple ce prêtre qui, épargné par les balles du peloton d’exécution, voyant que l’un des soldats adverses a été blessé par erreur, se relève pour lui donner l’absolution.
    • L’on estime la création de nombreuses œuvres catholiques par la suite tel les Cursillos le fruit des persécutions, en vertu de l‘adage indémodable de Tertullien : « Le sang des martyrs est semence de chrétiens. »

    En savoir plus

    L’encyclique Dilectissima nobis de Pie XI du 3 juin provoque un sursaut au sein du peuple espagnol qui n’entend pas se laisser dépouiller de sa foi mais aussi la réaction violente des partis de gauche qui entendent en finir avec le christianisme. Des massacres de prêtres et de religieuses dans les Asturies en juillet 1934 par des groupes anarchistes donnent le ton mais c’est l’assassinat du député monarchiste Calvo Sotelo le 14 juillet 1936 qui met le feu aux poudres.

    La guerre civile espagnole a été impitoyable, d’un côté comme de l’autre. Des exactions ont été commises par les nationalistes. Ces réactions sont inadmissibles d’un point de vue chrétien, comme le dénonçait déjà Bernanos dans Les grands cimetières sous la lune, elles sont cependant compréhensibles.

    Du côté de l’Église espagnole, le nombre de victimes est hallucinant puisque l’on comptabilise 13 évêques, 4 184, prêtres, 2 965 religieux, 283 religieuses, auxquels il faut ajouter un nombre encore indéterminé de laïcs. 7 500 martyrs est une estimation certaine, mais basse. 2 127 ont été aujourd’hui béatifiés, 11 canonisés et 2 000 dossiers sont encore en d’étude.

    Dans leur volonté d’écarter toute influence cléricale sur le peuple, les prêtres les plus engagés dans l’action sociale et caritative ont été particulièrement ciblés : les enseignants, les aumôniers de prisons, d’hôpitaux, de léproseries, d’hospices de vieillards. L’on estime que 40 % du clergé espagnol a été tué en quelques mois, certains diocèses, tel celui de Malaga, approchent 80 ou 90 % de prêtres massacrés.

    Il est manifeste qu’une haine anti-chrétienne quasiment satanique s’est déchaînée contre l’Église espagnole qui, à travers ses membres voulait atteindre le Christ lui-même. La destruction sur la Colline des Anges du monument au Sacré Cœur dont la statue a été fusillée avant d’être dynamitée l’illustre tristement. Le pardon a pourtant été le maître mot des victimes.

    Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.


    Aller plus loin

    Antonio Montero Moreno, Historia de la persecución religiosa en España, 1936-1939, Madrid, Biblioteca de Autores Cristianos (BAC), 1961 (nombreuses rééd.).


    En complément

    • The 498 Spanish Martyrs, Rome Reports : Court documentaire réalisé à l'occasion de la béatification des 498 martyrs en 2007.
    • Un Dios prohibido, 2013 : film historique consacré aux cinquante-et-un martyrs clarétains de Barbastro.
    • Dicastère pour les Causes des Saints, « Causes des martyrs espagnols », Cité du Vatican, https ://www.causesanti.va .

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    Auteur :

    Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.

  • Sainte Marthe

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    Sainte Marthe (source)

    sermon de saint Augustin (CIII sur l'évangile selon saint Luc)

    Marthe et Marie étaient deux soeurs, proches non seulement par la chair mais aussi par la foi ; toutes deux s'étaient attachées au Seigneur, toutes deux servaient d'un même coeur le Seigneur présent dans la chair. Marthe l'accueillit comme on a coutume d'accueillir les voyageurs. Mais elle était la servante qui accueille son Seigneur, la malade son Sauveur, la créature son Créateur. Elle accueillit celui dont elle allait nourrir le corps afin d'être elle-même nourrie par l'Esprit. En effet, le Sei­gneur a voulu prendre la nature de l'esclave et, dans cette nature d'esclave, recevoir des esclaves sa nourriture, non par nécessité, mais par bonté. Car ce fut de la bonté, que de se laisser nourrir. Oui il avait un corps, qui le faisait avoir faim et soif.

    Ainsi donc, le Seigneur fut accueilli comme un hôte, lui qui « est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu, mais tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » Il adopte des esclaves pour en faire des frères, il rachète des captifs pour en faire ses cohéritiers. Mais que personne par­mi vous n'aille dire : « Heureux, ceux qui ont eu le bonheur d'ac­­cueil­lir le Christ dans leur propre maison ! » Ne vous plai­gnez pas, ne protestez pas parce que vous êtes nés à une épo­que où vous ne voyez pas le Seigneur dans sa condition char­nelle : il ne vous a pas privés de cet honneur. « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, dit-il, c'est à moi que vous l'avez fait. »

    D'ailleurs, Marthe, toi qui es bénie pour ton service bien­fai­sant, permets-moi de te le dire : la récompense que tu cher­ches pour ton travail, c'est le repos. Maintenant tu es prise par toutes les activités de ton service, tu cherches à nourrir des corps mor­tels, aussi saints qu'ils soient. Lorsque tu seras venue à la patrie, trou­veras-tu un voyageur a qui offrir l'hospitalité ? un affamé à qui rompre le pain ? un assoiffé a qui donner à boire ? un mala­de à visiter ? un plaideur à réconcilier ? un mort à ensevelir ?

    Dans la patrie, il n'y aura plus tout cela. Alors, qu'y aura-t-il ? Ce que Marie a choisi. Là nous serons nourris, nous n'aurons plus à nourrir les autres. Aussi ce que Marie a choisi trouvera là sa plénitude et sa perfection : de cette table abondante de la parole du Seigneur, elle ne recueillait alors que les miettes. Voulez-vous savoir ce qu'il y aura là-bas ? Le Seigneur le dit lui-même, en parlant de ses serviteurs : « Vraiment, je vous le dis, il les fera mettre à table, et circulera pour les servir. »

    Saint Augustin

  • Sainte Marthe (29 juillet) : une belle homélie de Mgr Léonard

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    C'est ici, dans ce podcast d'une messe célébrée à Beauraing (au début de son épiscopat) que nous transmet aimablement un ami. L'homélie commence un peu avant la 18ème minute (17,50') :

  • Homélie pour la fête de sainte Marthe (29 juillet)

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    ParSA08.JPGDu Père Joseph-Marie Verlinde fsJ sur homelies.fr :

    Marie ne manque pas d’audace : elle reproche ouvertement à Jésus de ne pas être venu plus tôt au chevet de son frère : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Ne formule-t-elle pas à haute voix, ce que tous nous avons pensé un jour ou l’autre devant les événements déconcertants de nos vies ou du monde ? « Si Dieu existait, il n’y aurait pas d’enfants qui meurent de faim ; s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas de raz de marée tuant des milliers de personnes en quelques instants ». Comment concilier la souffrance et la mort avec l’idée d’un Dieu bienveillant ? Serait-il donc impuissant ? Mais alors il n’est pas Dieu. Pire encore : s’il est Tout-Puissant et qu’il n’intervient pas, serait-ce donc qu’il se désintéresse de nous ? A quoi bon dès lors nous tourner vers lui ?

    Depuis que l’homme s’est délibérément coupé de Dieu par le péché, ces reproches ne font que ressurgir à chaque époque. Mais ce faisant, nous oublions un peu vite notre part de responsabilité dans la diffusion du mal dans l’univers : que resterait-il de notre liberté si Dieu se contentait d’annuler les conséquences de nos actions négatives ? Mais notre propos n’est pas de tenter de « justifier » Dieu face au mal, puisque son propre Fils ne s’engage pas dans cette voie.

    La conversation aurait pu en rester là, Marthe tournant les talons après avoir mis Jésus devant sa responsabilité devant la mort de son frère. Elle complète tout au contraire son intervention par une affirmation pleine d’espérance : « Je sais que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas ». Telle est l’attitude que le Seigneur attend de nous : nous ne parviendrons pas à comprendre le mystère du mal à la lumière naturelle de notre raison enténébrée par le péché ; ce n’est qu’à la lumière de la foi que nous pouvons pressentir le projet de Dieu sur notre pauvre humanité égarée. Or la foi consiste précisément à reconnaître en Jésus l’Envoyé de Dieu en qui nous est offert le salut, celui qui ouvre devant nous le chemin qui nous donne à nouveau accès à la vérité et à la vie dont nous nous sommes délibérément éloignés par le péché.

    Se mettant au niveau de son interlocutrice, Jésus commence par l’aider à formuler son espérance conformément au « catéchisme de la synagogue » : « Ton frère ressuscitera ». Marthe approuve et renchérit : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection ». Elle renvoie à un lointain avenir la victoire définitive de la vie sur la mort pour le moment encore triomphante.

    Reprenant l’initiative, Jésus lui annonce solennellement qu’il est en personne, ici et maintenant, l’accomplissement de cette espérance : « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

    Cette dernière question est bien sûr posée à chacun de nous : croyons-nous que par la foi en Jésus, nous participons dès à présent à sa vie de Ressuscité, et que dès lors la mort n’a sur nous plus aucune emprise ? Certes, un jour prochain nous fermerons définitivement les yeux de ce côté-ci du voile ; mais pour les ouvrir instantanément sur l’autre monde, où nous vivrons de la vie même de Dieu. Telle est notre espérance, qui s’enracine dans cette belle confession de foi :

    « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

    Père Joseph-Marie

  • Marthe : de Béthanie à Tarascon (29 juillet)

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    Marthe de Béthanie (d'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau)

    Il est des inconnus célèbres ; Marthe de Béthanie, que l’Église fête le 29 juillet, en fait partie. D’elle, curieusement, l’on se souvient d’abord parce qu’elle s’est attirée le doux reproche de Jésus, alors qu’elle s’activait à préparer le souper pour les disciples et Lui et se plaignait que Marie, sa sœur, assise aux pieds du Maître, la laissât vaquer seule aux préparatifs : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes pour beaucoup de choses … Une seule suffit. Marie a choisi la meilleure place ; elle ne lui sera pas enlevée. » Dès lors, l’hôtesse attentive et zélée, patronne des maîtresses de maison, s’est muée, dans les mémoires, en une activiste trop facile à opposer à sa sœur la contemplative.

    Et pourtant, y prend-on garde ? C’est cette même Marthe qui, peu après, devant le tombeau de Lazare, s’écrie  :

    Seigneur, si Tu avais été là, mon frère ne serait pas mort, mais, même maintenant, je sais que, quoi que Tu demandes à Dieu, Il Te l’accordera. »

    et s’entendant répondre :

    - Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra, et quiconque vit et croit en Moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?»,

    a ce cri d’une foi inébranlable, stupéfiant dans la bouche d’une Juive pieuse :

    « Oui, Seigneur, je crois que Tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir en ce monde ! »,

    affirmation qui arrache à Jésus Son plus écrasant miracle avant Sa propre résurrection.

    La foi de Marthe

    Pourquoi n’est-ce pas de la foi de Marthe que l’on se souvient ? Au point que certains exégètes, dans leur admiration pour Marie et leur mépris pour elle, n’hésitent pas à écrire que la confiance de la pécheresse repentie était plus grande puisqu’elle n’avait pas jugé utile de se rendre au tombeau réclamer un secours dont, d’avance, elle était assurée ? Et d’ailleurs, pourquoi vouloir toujours et à tout prix opposer les deux sœurs, en vérité si profondément complémentaires ? De Marthe, l’évangile ne dira plus rien ; la Tradition prendra le relais.

    En 41, Hérode Agrippa déclenche contre la jeune Église de Jérusalem une persécution sanglante dans laquelle périra l’apôtre Jacques le Majeur, frère de Jean. Pierre lui-même échappera par miracle à la mort, un ange l’ayant fait évader de prison. Dès lors, et suivant le conseil évangélique de « fuir dans une autre ville quand on vous persécute », la communauté chrétienne hiérosalémite se disperse.

    C’est en Provence que l’on retrouve Marie, Marthe, Lazare, Rufus, l’un des fils de Simon de Cyrène, Marie Jacobée et Marie Salomé, débarqués en Camargue, dans le grand port romain qu’étaient alors les Saintes Maries de la Mer.

    Voilà quelques années, il était de bon ton de ricaner en évoquant ce que les beaux esprits qualifiaient de légende pieuse. Or, il y a peu, Mgr Dufour, archevêque d’Aix, me disait, dans l’entretien qu’il m’accordait pour Radio Fidélité Mayenne, qu’il prêtait crédit à cette tradition, certes impossible à appuyer sur des preuves documentaires mais parfaitement en accord avec ce que l’Histoire sait de la première implantation du christianisme en Gaule, par la Provence puis la vallée du Rhône.

    Reste à savoir comment les saintes femmes et les disciples y abordèrent.

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  • L'archevêque Gänswein : « La foi demeure l'étoile qui guide ma vie »

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    De Steffen Zimmermann sur katholisch.de :

    Interview à l'occasion de son 70e anniversaire

    L'archevêque Gänswein : « La foi demeure l'étoile qui guide ma vie »

    Ce jeudi, l'archevêque Georg Gänswein fêtera ses 70 ans. Dans un entretien accordé à katholisch.de, le nonce apostolique dans les pays baltes revient sur les moments marquants de sa vie, notamment sa rencontre avec le pape Benoît XVI (2005-2013) et l'influence qu'il a exercée sur lui. Mgr Gänswein aborde également la situation actuelle dans les pays baltes, la première année du pontificat de Léon XIV et le chemin synodal en Allemagne.

    Question : Excellence, vous aurez 70 ans jeudi. Cet anniversaire marque-t-il un tournant dans votre vie, ou plutôt un cap que vous pouvez aborder avec sérénité ?

    Gänswein : Ce n’est pas un tournant. Je ressens cet anniversaire comme les précédents. J’aborde cette journée avec une sérénité totale.

    Question : En repensant à votre vie jusqu'à présent, à l'occasion de votre anniversaire : y a-t-il des décisions ou des tournants pour lesquels vous êtes particulièrement reconnaissant aujourd'hui ?

    Gänswein : Un tournant décisif a sans aucun doute été ma nomination au sein du personnel de la Curie romaine, un poste que je n’avais pas sollicité. Là s’est opéré un autre changement profond : ma rencontre avec le cardinal Joseph Ratzinger. Depuis lors, sa personne a profondément marqué ma vie, tant par les missions qui en ont découlé que par son influence durant de nombreuses années. Rétrospectivement, c’est là l’élément le plus important. Bien sûr, il y a eu aussi des étapes formatrices auparavant : mes études, ma décision d’entrer dans les ordres, mon ordination, mon ministère pastoral et mon passage à l’université de Munich.

    Question : Y a-t-il quelque chose que vous diriez aujourd'hui : « Je ferais cela différemment » ?

    Gänswein : Je referais exactement les mêmes choix de grandes orientations dans ma vie. Il y a des décisions mineures, prises au sein de ces grandes orientations, que je considère, avec le recul, comme étant erronées ou infructueuses.

    Question : En tant qu’évêque et nonce apostolique, vous êtes tenu de présenter votre démission au pape au plus tard à votre 75e anniversaire. Comment envisagez-vous cette période à venir ?

    Gänswein : C’est avec la même sérénité qu’à l’approche de mon 70e anniversaire que j’envisage l’avenir avec confiance et une foi inébranlable en Dieu. Je ferai mon devoir et le reste viendra à moi.

    Mon métier de rêve est de devenir prêtre.

    — L'archevêque Georg Gänswein

    Question : Y a-t-il une tâche qui vous intéresserait encore ? Ou attendez-vous de voir ce que le Pape vous réserve ?

    Gänswein : J’attends de voir. Bien sûr, certaines missions me plairaient. Mais il faut se rendre à l’évidence : j’ai bientôt 70 ans et je suis nonce apostolique auprès des pays baltes depuis deux ans. Le destin décidera de ce qui est juste en temps voulu.

    Question : On pourrait dire que le poste de nonce auprès des pays baltes n’était pas, au départ, votre emploi de rêve. Comment percevez-vous ce rôle aujourd’hui ? Est-ce davantage un devoir, ou diriez-vous que vous vous êtes désormais pleinement intégré à la vie dans la région baltique ?

    Gänswein : Ma vocation rêvée est le sacerdoce. Ce que je fais aujourd'hui est inimaginable il y a quelques années. Je n'ai choisi aucune de mes affectations. Quand elles se sont présentées, je les ai acceptées. Au début, le défi à Vilnius était effectivement un devoir. Cela a radicalement changé depuis. Je suis heureux ici, je m'y consacre pleinement et je considère cette mission comme mon apostolat. Bien que je ne l'aie pas choisie, les pays baltes sont désormais le lieu où je travaille comme ouvrier dans la vigne du Seigneur.

    Question : Depuis l’ attaque russe contre l’Ukraine, les pays baltes vivent sous une menace bien réelle. Comment percevez-vous l’ambiance et le quotidien dans ces trois pays ?

    Gänswein : En effet, la menace venue de l’Est est une tension atmosphérique constante qui inquiète les gens et, dans certains cas, les opprime profondément. En tant que croyant, prêtre, évêque et nonce apostolique, je m’efforce d’offrir l’espoir. Le danger est bien réel ; il est impossible de le minimiser. Il est donc d’autant plus important d’élargir les perspectives au-delà de la menace et de montrer que, finalement, c’est l’espoir, et non la menace, qui a le dernier mot.

    Question : L’Allemagne est en train d’établir une brigade permanente de la Bundeswehr en Lituanie. Quelle signification attribuez-vous à cette présence, notamment dans un pays qui a été parmi les victimes de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale ?

    Gänswein : Les Lituaniens sont très reconnaissants de cette présence. La construction devrait s'achever dans deux ans. À ce moment-là, environ 5 000 soldats et leurs familles seront stationnés ici, soit un total d'environ 20 000 personnes. C'est un engagement clair en matière de sécurité. Les Allemands sont les bienvenus. Bien sûr, la période de 1941 à 1943 n'a pas été oubliée. Mais heureusement, les relations germano-lituaniennes se sont depuis lors transformées en un partenariat amical et fructueux.

    Question : Quel rôle peuvent jouer l’Église et la diplomatie aujourd’hui, à l’heure où la dissuasion militaire est redevenue un élément central de la sécurité européenne ?

    Gänswein : La diplomatie est synonyme de dialogue. L’essentiel est que ce ne soient ni les bombes ni la violence qui s’expriment, mais les êtres humains qui dialoguent. La diplomatie doit contribuer à prévenir les conflits armés. Et si un conflit éclate, elle doit tout mettre en œuvre pour y mettre fin. C’est une tâche aussi ardue qu’essentielle. Mais plus la violence se fait entendre, plus le travail diplomatique devient nécessaire.

    Question : Vous avez vécu et travaillé aux côtés du pape Benoît XVI pendant de nombreuses années de votre vie sacerdotale . Trouvez-vous parfois pénible que beaucoup de gens vous perçoivent encore avant tout comme son secrétaire particulier ?

    Gänswein : Non, pas du tout – bien au contraire. C’est clair : le visage qui a fait le tour du monde aux côtés du pape Benoît XVI, c’était le mien. Ce n’est pas un fardeau, mais une partie intégrante de ma vie. C’est une expérience qui m’a profondément marquée. Nombreux sont ceux, y compris dans les pays baltes, qui me connaissent comme l’ancien secrétaire de Benoît XVI. Et ce, malgré le fait que treize ans se soient écoulés depuis sa démission et près de quatre ans depuis sa mort. C’est du passé. Et j’espère que la plupart des gens gardent un bon souvenir de cette époque.

    Question : En tant que plus proche confident de Benoît XVI, ressentez-vous une obligation particulière de préserver sa mémoire ? Ou un pape doit-il finalement être laissé à l'héritage de l'histoire ?

    Gänswein : Je me sens obligé de le faire, non par obligation, mais par désir. J'ai été témoin de l'importance et de l'influence considérables de cette figure pour l'Église et pour le monde. C'est pourquoi perpétuer sa mémoire me tient particulièrement à cœur. Je souhaite avant tout contribuer à préserver et à faire rayonner le riche héritage de son pontificat et de son œuvre théologique. C'est essentiel pour moi, et c'est à cela que je m'engage.

    Question : Votre vision de Benoît XVI a-t-elle évolué depuis sa mort ? Avez-vous découvert des aspects de sa personnalité dont vous ignoriez l’existence ?

    Gänswein : Non, fondamentalement, mon point de vue n’a pas changé. Depuis sa mort, j’ai relu nombre de ses œuvres – des textes de son époque de professeur, de cardinal et de pape, notamment les sermons prononcés en tant que pape émérite, qui ont depuis été publiés. Le recul du temps me permet d’appréhender certaines choses avec plus d’objectivité. Les événements marqués par une forte pression ou des critiques acerbes peuvent désormais être mieux compris avec le recul.

    Il est indéniable que certaines difficultés et certains problèmes sont apparus durant le pontificat précédent.

    — L'archevêque Georg Gänswein

    Question : Avec le pape Léon XIV, l'Église a un nouveau pape depuis un peu plus d'un an. Comment décririez-vous son action jusqu'à présent ?

    Gänswein : C’est un homme prudent et sage. Le choix de son nom en dit long sur ses intentions. Il privilégie la collaboration directe avec la Curie romaine et lui témoigne sa confiance. Parallèlement, il reconnaît les tensions et les difficultés internes à l’Église qu’il convient de surmonter. Il prend conscience de cette réalité et s’efforce de panser les plaies existantes avec prudence. Une stratégie claire se dégage de ses décisions en matière de personnel, ainsi que de ses écrits magistériels et de ses déclarations publiques.

    Question : Diriez-vous que cela représente une différence nette par rapport à son prédécesseur François – et que cette nouvelle orientation est bénéfique pour l’Église ?

    Gänswein : Je ne porte aucun jugement sur les deux papes. Il est indéniable que des difficultés et des problèmes sont apparus durant le pontificat précédent. Le pape Léon XIV les perçoit et s’y attaque. Cela montre qu’il voit la réalité en face, qu’il la prend au sérieux et qu’il agit.

    Question : Qu’attendez-vous de lui dans les années à venir ?

    Gänswein : La mission première d’un pape est d’être le témoin principal de Jésus-Christ. C’est là le point crucial. Il doit apporter des réponses convaincantes, fondées sur la foi, aux questions de notre époque. La critique est inévitable, même s’il a jusqu’ici bénéficié d’une approbation quasi unanime. J’espère qu’il restera ferme lorsque la situation se dégradera et que l’opposition se manifestera.

    Question : Prenons l'exemple de l'Allemagne : vous avez vécu de nombreuses années à l'étranger – suivez-vous encore de près l'évolution de l'Église catholique dans votre pays d'origine ?

    Gänswein : Absolument. L’Allemagne est mon pays ; j’y ai mes racines. Je suis de près l’actualité de l’Église et, bien sûr, je maintiens des contacts personnels. Je me sens toujours très lié à l’Église en Allemagne.

    Question : Qu’est-ce qui vous inquiète concernant l’Église en Allemagne – et qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ?

    Gänswein : Ce qui m’inquiète, c’est ce que recouvre l’expression maladroite de « voie synodale ». Les débats stériles sur les structures et autres questions similaires mobilisent des ressources importantes à mauvais escient. En revanche, je trouve de l’espoir dans l’éveil des jeunes qui s’intéressent à leur foi et la pratiquent. J’en suis profondément reconnaissant ; cela me réjouit.

    Question : Le chemin synodal a engendré de nombreuses tensions entre l’Église d’Allemagne et Rome ces dernières années. Comment décririez-vous leurs relations aujourd’hui ?

    Gänswein : Vous avez déjà évoqué le mot crucial : tension. Les tensions autour du Chemin synodal et des différents projets émanant de la communauté catholique persistent et attendent une résolution définitive. C’est un obstacle majeur pour de nombreux catholiques en Allemagne qui souhaitent simplement vivre leur foi.

    Question : Les nouveaux dirigeants – le pape Léon XIV à Rome et le nouveau président de la Conférence des évêques allemands, l’évêque Heiner Wilmer – peuvent-ils contribuer à apaiser les tensions ?

    Gänswein : Je l’espère. Le nouveau président de la Conférence des évêques a fait bonne impression jusqu’à présent. Il ne cherche manifestement pas à imposer son point de vue. Cela pourrait contribuer à apaiser les tensions.

    Question : Enfin : lorsque vous considérez votre anniversaire, votre travail dans la région baltique et les changements survenus dans l’Église et dans le monde, qu’est-ce qui, personnellement, vous soutient dans votre foi et vous donne confiance ?

    Gänswein : Ce qui me soutient, c’est la foi elle-même, quelles que soient mes responsabilités actuelles. Elle me donne espoir, confiance, soutien et, surtout, joie. Malgré toutes les difficultés qui m’entourent, la foi demeure le guide de ma vie. C’est avec cette conviction que j’accueillerai l’avenir, quel qu’il soit.

  • Saint Titus Brandsma : témoin de la vérité, martyr de l'amour

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    Avec, maheureusement, un jour de retard...

    De Donald Jacob Uitvlugt sur le CWR :

    Saint Titus Brandsma : Témoin de la vérité, martyr de l'amour

    « Même si le nouveau paganisme ne veut plus d’amour, nous, forts de notre expérience historique, vaincrons ce paganisme par l’amour... »

    Saint Titus Brandsma, carme néerlandais martyrisé au camp de concentration de Dachau, est représenté sur une photo non datée. Il a été canonisé à Rome le 15 mai 2022. (Photo CNS/avec l'aimable autorisation de l'Institut Titus Brandsma)
    Beaucoup connaissent sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, la carmélite martyre du nazisme, du moins sous son nom d'Edith Stein. Cependant, elle était loin d'être la seule carmélite victime du national-socialisme. Le 27 juillet, les diocèses des Pays-Bas et la famille carmélite célèbrent la fête de saint Titus Brandsma, OCarm, mort à Dachau le 26 juillet 1942, après avoir reçu une injection létale dans le cadre des « expérimentations médicales » menées dans le camp de concentration.

    Saint Titus né Anno Sjoerd Brandsma en 1881 dans une petite ville de Frise, aux Pays-Bas, était l'avant-dernier d'une fratrie de six enfants issus d'une famille d'éleveurs laitiers. Ses parents, et surtout son père, lui transmirent l'amour de la culture et du patrimoine frisons. Plus important encore, ils étaient de fervents catholiques, une pratique rare dans le nord des Pays-Bas, majoritairement calviniste. Cinq de ses six frères et sœurs entrèrent dans les ordres. Anno devint carme à l'adolescence. Signe peut-être de sa proximité avec sa famille, il prit le même nom que son père, Titus, lors de sa profession religieuse.

    Il fut ordonné prêtre en 1905 et obtint un doctorat à l'Université pontificale grégorienne de Rome en 1909. Bien que son diplôme fût en philosophie et qu'il ait enseigné cette discipline, la plupart des écrits de saint Titus traitent de spiritualité, et plus particulièrement de mysticisme. Parmi ces écrits figurent une anthologie de textes de sainte Thérèse d'Avila, qu'il a compilée et traduite en néerlandais, des articles sur des auteurs spirituels néerlandais et des articles sur l'histoire du carmel. On peut considérer ces travaux intellectuels comme s'inscrivant dans le renouveau du catholicisme aux Pays-Bas au début du XXe siècle.

    Symbole de ce renouveau, le père Brandsma fut, en 1923, parmi les membres fondateurs de l'Université catholique de Nimègue, offrant ainsi aux catholiques néerlandais un accès à l'enseignement supérieur qu'ils n'avaient plus connu depuis la Réforme. Il occupa même la fonction de recteur (équivalent, dans le système américain, d'un président ou d'un chancelier) de cette université. Il acquit une renommée proverbiale pour sa disponibilité envers ses étudiants, soucieux autant de leur bien-être spirituel que de leur réussite scolaire. Il voyageait occasionnellement pour donner des conférences, notamment sur la théologie mystique, et effectua notamment une tournée de conférences aux États-Unis et au Canada en 1935.

    Le père Brandsma s'est également investi dans le journalisme catholique entre les deux guerres mondiales. Il a fondé et dirigé pendant de nombreuses années une revue sur la spiritualité et l'histoire carmélites destinée à un large public catholique. Il a travaillé sans relâche à la rédaction d'articles pour des publications catholiques et laïques ; l'institut préparant l'édition des œuvres complètes de saint Titus recense plus de 700 articles publiés de son vivant. En 1935, peu après sa tournée de conférences, il a été nommé conseiller ecclésiastique auprès de l'association des journalistes catholiques néerlandais.

    Ses activités, tant comme journaliste que comme éducateur, allaient lui causer des ennuis. L'Allemagne nazie envahit les Pays-Bas le 10 mai 1940. En moins d'une semaine, l'armée capitule et les nazis prennent le contrôle du pays. Catholique fervent et engagé, le père Brandsma allait tôt ou tard se heurter au régime. Il avait toujours été un ardent défenseur de la paix entre les nations. Il s'intéressait au dialogue œcuménique et soutenait même le mouvement espérantiste comme moyen de communication entre les peuples. Même sous l'occupation nazie, il plaida pour la liberté de la presse et la liberté d'éducation pour les catholiques comme pour les juifs.

    Le 31 décembre 1941, le père Brandsma rencontra l'archevêque d'Utrecht, chef de la Conférence des évêques catholiques des Pays-Bas, et reçut de lui une lettre, probablement rédigée avec son aide. Cette lettre enjoignait les rédacteurs des publications catholiques du pays de refuser de publier toute publicité ou propagande nazie, sous peine de perdre leur appartenance à l'Église catholique. Un tel document ne pouvant être confié à la poste à cette époque, les évêques en confièrent des copies au père Brandsma afin qu'il les remette en main propre. Il avait déjà rencontré quatorze rédacteurs avant que sa mission ne soit divulguée aux nazis, et il fut arrêté le 19 janvier 1942.

    Pendant sept semaines, les nazis le détenèrent dans une prison néerlandaise. Malgré des conditions de détention spartiates, il conservait son bréviaire et trouvait du réconfort dans les prières de l'Église. Interrogé à plusieurs reprises, d'abord avec courtoisie, les nazis cherchaient à en savoir plus sur l'opposition de la hiérarchie catholique néerlandaise au nazisme. Il répondait toujours aux questions en exposant clairement la vérité catholique.

    En mars, les nazis le transférèrent dans une nouvelle prison aux Pays-Bas et l'habillèrent d'un uniforme de soldat usagé, marqué d'un triangle rouge qui le désignait comme prisonnier politique. Bien que toute manifestation extérieure de religion fût interdite dans ce camp, le père Brandsma trouva le moyen de bénir et d'encourager les autres détenus, notamment en organisant une méditation improvisée le Vendredi saint, le 3 avril, où il s'efforça d'aider ses compagnons d'infortune à percevoir un lien entre leur situation et les souffrances du Christ.

    En mai, il fut déporté en Allemagne, d'abord au camp de prisonniers de Clèves, puis à Dachau en juin. Même dans cet enfer, le père Brandsma s'efforçait de garder le moral, encourageant ses compagnons d'infortune, jusqu'à ce que le travail et les conditions de vie inhumaines l'épuisent. Vers la fin du mois, il s'effondra et fut conduit à l'« hôpital » du camp, tristement célèbre pour les expériences médicales pratiquées sur les détenus. Là encore, il pria pour ses geôliers, assurant à l'infirmière qui allait lui administrer l'injection létale qu'il prierait pour elle. Il lui confia son chapelet avant de mourir le 26 juillet. Trois jours plus tard, son corps fut incinéré au crématorium du camp.

    La femme qui avait été sa nourrice se repentit par la suite et témoigna anonymement lors du procès de canonisation de saint Titus. Le pape Jean-Paul II le béatifia le 3 novembre 1985, soulignant notamment dans son homélie que toute sa vie, depuis son enfance dans un foyer catholique aimant jusqu'à sa vie carmélite, marquée par un ardent mélange de contemplation et d'action, l'avait préparé à son ultime témoignage, même au sein d'un camp de concentration nazi. « Au milieu des assauts de la haine, il sut aimer – tous, y compris ses bourreaux : “Eux aussi sont enfants du Dieu bon”, disait-il, “et qui sait s'il reste quelque chose en eux…” » Le pape François le canonisa avec neuf autres saints (dont saint Charles de Foucauld et saint Devasahayam Pillai) le 15 mai 2022.

    Parce qu'il est un saint qui a exercé le journalisme au sens moderne du terme (et non pas seulement un auteur spirituel comme saint François de Sales), certains journalistes catholiques souhaitent que saint Titus Brandsma soit proclamé saint patron des journalistes. Pourtant, je pense que sa vie recèle de nombreux enseignements, même pour un journaliste. Le plus important, peut-être, est d'inviter les chrétiens à vivre une vie harmonieuse. Notre monde, plus encore que celui de saint Titus, tend à la fragmentation. Nous avons tendance à séparer ce qui se passe à l'église le dimanche de ce qui se passe au travail le lundi et de nos loisirs le samedi. Prêtre carme et éducateur, journaliste et martyr, saint Titus remet en question cette tendance. En lui, l'amour de Dieu et l'amour du prochain – même l'amour de ses ennemis – étaient indissociables.

    L'une des deux options pour la Liturgie des Heures carmélites en la fête de saint Titus Brandsma inclut un sermon qu'il a prononcé le 16 juillet 1939, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, à l'occasion d'un pèlerinage national en l'honneur des saints Boniface et Willibrord. Dans ce sermon, il établit de nombreux parallèles entre le paganisme de l'époque de ces saints et le néo-paganisme de son temps. Avant même le début de la Seconde Guerre mondiale, quelle était la réponse de saint Titus aux nazis ? « Notre époque n'est pas celle des tièdes ; ce dont nous avons surtout besoin aujourd'hui, ce ne sont pas les paroles, mais les actes qui les mettent en pratique, qui leur donnent vie. » Nos vies doivent être en accord avec nos convictions. Nous devons vivre d'un véritable amour chrétien, où l'amour de Dieu et l'amour du prochain ne sont que deux expressions d'une même charité.

    Même si le néo-paganisme rejette l'amour, forts de notre expérience historique, nous le vaincrons par l'amour et ne laisserons pas le nôtre s'éteindre. L'amour nous permettra de reconquérir le cœur des païens. La nature transcende les dogmes. Que la théorie rejette et condamne l'amour, le qualifiant de faiblesse, la pratique de la vie en fera toujours une force capable de conquérir les cœurs et de les captiver. « Voyez comme ils s'aiment ! » Ces paroles des païens à propos des premiers chrétiens, les néo-païens doivent les prononcer à notre sujet. Alors, nous triompherons du monde.

    Que saint Titus Brandsma prie pour nous, afin que nous devenions tous de tels apôtres et, si besoin est, des martyrs de l'amour.