Le programme complet de la visite du pape Léon XIV en France et à l’UNESCO
Homélie du Saint-Père
Lundi 28 septembre
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Le programme complet de la visite du pape Léon XIV en France et à l’UNESCO
Lundi 28 septembre
De Diego López Marina et Edy Rodríguez Morel sur EWTN News :
D'après un chercheur péruvien, c'est une grave erreur de penser que « la foi catholique a été imposée aux Incas »

Le chercheur et auteur péruvien Rafael Aíta affirme que l'une des croyances les plus répandues concernant l'évangélisation du Pérou est aussi l'une des plus erronées : la croyance que le catholicisme a été imposé de force aux Incas.
La période de domination inca au Pérou s'est étendue de 1200 à 1532, tandis que la domination espagnole a commencé en 1532 et s'est terminée en 1821, année de la déclaration d'indépendance du pays.
Dans une interview accordée à « EWTN Noticias », le journal télévisé en langue espagnole de la chaîne, l'auteur du nouveau livre « Les Incas catholiques » a affirmé que la conversion de nombreux membres de la noblesse inca était un processus bien plus complexe, marqué par le dialogue et la découverte d'un terrain d'entente entre leurs croyances et le christianisme.
« Je crois que la plus grande erreur, même parmi nous, catholiques, est de penser que notre foi nous a été imposée », a affirmé Aíta.
« Les chiffres ne collent pas, car une poignée d’Espagnols ne peut convaincre des milliers, voire des centaines de milliers de personnes », a indiqué Aíta. « Ce que nous constatons dans ce processus historique, c’est une série de convergences qui s’apparentent davantage à la négociation qu’à l’imposition », a-t-il expliqué.
Selon Aíta, également connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Capitán Perú (Capitaine Pérou), la rencontre avec le christianisme a suscité l'intérêt des panacas (les clans familiaux de la noblesse inca), qui ont trouvé des similitudes entre certains aspects de leur vision du monde et le message chrétien.
« Les premiers à se convertir furent les Incas. Je ne parle pas seulement d'Atahualpa, dont beaucoup disent qu'il fut baptisé pour éviter de mourir brûlé vif. Après lui, d'autres Incas demandèrent volontairement le baptême », a-t-il déclaré.
L'historien a également mis en lumière un épisode peu connu de l'histoire péruvienne : la fondation de la première paroisse à Cusco.
« La paroisse San Cristóbal a été fondée par un Inca, fils de Huayna Capac. Elle n'a pas été fondée par un Espagnol, ni même par un prêtre. C'est un Inca qui a fondé la première chapelle, laquelle est devenue par la suite la première paroisse de Cusco », a souligné Aíta.
Il a raconté que son intérêt pour une réévaluation de l'histoire du Pérou avait commencé lors de sa première visite au Machu Picchu. « C'est là que j'ai réalisé qu'il y avait bien plus à découvrir que ce qu'on m'avait enseigné en cours », s'est-il souvenu.
De retour à Cusco, Aíta a commencé à lire des historiens tels que María Rostworowski, José Antonio del Busto et Donato Amado.
« J’ai découvert toute une histoire qui, malheureusement, n’est pas enseignée. Si leurs écrits parvenaient aux écoles, cela ne changerait pas seulement l’histoire du Pérou ; cela changerait aussi notre façon de voir notre pays », a affirmé Aíta.
Corpus Christi et les Incas catholiques
Un exemple frappant présenté par Aíta dans « Les Incas catholiques » est l’ensemble des peintures traditionnelles du Corpus Christi conservées au palais de l’archevêque de Cusco.
Aíta expliqua que l'un de ces tableaux représente le porte-étendard royal inca marchant derrière l'ostensoir contenant l'Eucharistie. Au lieu de porter le gland impérial traditionnel sur la tête, un serviteur le porte devant lui sur un coussin.
« Il place la couronne inca aux pieds de Jésus-Christ, qui est le Soleil eucharistique », a-t-il expliqué.
« Les Incas vénéraient le soleil, mais grâce à l’Évangile, ils ont découvert que le vrai Soleil est Jésus-Christ. Pour eux, la fête du Saint-Sacrement accomplissait pleinement l’ancienne fête du Soleil, car le Soleil était désormais présent parmi eux », a-t-il ajouté.
Par conséquent, il a noté que la solennité de la Fête-Dieu était devenue l'une des fêtes religieuses les plus importantes de Cusco et qu'elle continue d'attirer une participation publique massive jusqu'à ce jour.
L'historien a souligné que son ouvrage comprend des documents, des peintures et d'autres preuves historiques qui démontrent la présence d'une noblesse inca ayant pleinement embrassé la foi catholique.
Parmi ceux-ci, il a cité le portrait de Marcos Inca, membre de la lignée royale Lloque Yupanqui, représenté portant les symboles de la noblesse inca ainsi que l'inscription « Inca, chevalier catholique par la grâce de Dieu ».
Selon Aíta, ces éléments permettent d'expliquer pourquoi le catholicisme reste profondément enraciné au Pérou.
« La foi demeure si importante au Pérou aujourd’hui encore, car elle fait partie intégrante de notre culture et n’a pas été imposée. Si elle l’avait été, nous aurions changé après le départ des Espagnols. Or, les Espagnols sont partis, et nous avons continué, peut-être même plus catholiques qu’eux », a-t-il conclu.
Saint Dominique
KTO (archive 07/02/2016)
À l’occasion du huitième centenaire de l’ordre dominicain, fondé en 1216, La Foi prise au mot proposait de découvrir ou de redécouvrir la belle figure de son fondateur, Saint Dominique. Qui fut-il ce Dominique de Guzmán, né vers 1170 en Espagne, dans un tout petit village de Castille, et mort le 6 août 1221 à Bologne ? Quelle fut sa vie ? Comment parvint-il à fonder un ordre qui compte aujourd’hui 6500 frères, 4000 moniales, 35 000 soeurs réunies en 150 congrégations et 60 000 membres laïcs regroupés en multiples fraternités ? Quelle est son image aujourd’hui ? La Foi prise au mot recevait deux dominicains, Frère Philippe Jeannin et Frère Renaud Silly, pour répondre à toutes ces questions et revenir sur le parcours florissant de St Dominique.
Lors de l'audience générale du mercredi 3 février 2010, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à saint Dominique Guzman :
Chers frères et sœurs,
La semaine dernière, j'ai présenté la figure lumineuse de François d'Assise et aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un autre saint qui, à la même époque, a apporté une contribution fondamentale au renouveau de l'Eglise de son temps. Il s'agit de saint Dominique, le fondateur de l'Ordre des prêcheurs, connus également sous le nom de Frères dominicains.
Son successeur à la tête de l'Ordre, le bienheureux Jourdain de Saxe, offre un portrait complet de saint Dominique dans le texte d'une célèbre prière: « Enflammé par le zèle de Dieu et par l'ardeur surnaturelle, par ta charité sans fin et la ferveur de ton esprit véhément, tu t'es consacré tout entier par le vœu de la pauvreté perpétuelle à l'observance apostolique et à la prédication évangélique ». C'est précisément ce trait fondamental du témoignage de Dominique qui est souligné: il parlait toujours avec Dieu et de Dieu. Dans la vie des saints, l'amour pour le Seigneur et pour le prochain, la recherche de la gloire de Dieu et du salut des âmes vont toujours de pair.
Dominique est né en Espagne, à Caleruega, aux alentours de 1170. Il appartenait à une noble famille de la Vieille Castille et, soutenu par un oncle prêtre, il fut formé dans une célèbre école de Palencia. Il se distingua immédiatement par son intérêt pour l'étude de l'Ecriture Sainte et par son amour envers les pauvres, au point de vendre ses livres, qui à l'époque représentaient un bien d'une grande valeur, pour venir en aide, grâce à l'argent qu'il en tira, aux victimes d'une famine.
Voici la présentation qui nous est faite du fondateur des dominicains par Luc-Henri Gihoul sur leur site belge : (http://www.dominicains.be/)
Pourquoi nous est-il moins familier et moins connu que St. François d’Assise, son contemporain et son ami ? C’est que St. Dominique, plus peut-être qu’aucun autre saint, apparaît inséparable de son œuvre, c’est-à-dire de l’Ordre qu’il a fondé. Il en résulte qu’à un regard superficiel, sa physionomie peut paraître moins attrayante que celles d’autres saints. On aurait tendance à oublier l’architecte en admirant le monument ! Sa sainteté est celle de l’homme et de l’œuvre mais, à l’origine, St. Dominique c’est son œuvre même. C’est pourquoi il mérite le titre que lui donne la piété filiale de ses fils : « Notre Père St. Dominique. » Comment naquit l’âme apostolique de Dominique ? Il s’identifie tellement à sa mission qu’avant l’inauguration de celle-ci, nous n’avons presque rien à dire de lui. Oui, comme notre Seigneur lui-même, il apparaît soudain au Moyen-Age, après une longue vie cachée, environ 35 ans. Mais nous savons que c’est dans le silence que s’est façonnée son âme. Dans cette obscurité, nous percevons quelques anecdotes qui révèlent déjà le cœur de cet apôtre.
Portrait de St Dominique (source : missel.free)
Le culte qui s'était spontanément développé, à Bologne, autour du corps de Dominique (mort le 6 août 1221), grandit encore lors de la translation (23-24 mai 1233) où l'on sentit un parfum surnaturel et où l'on vit de nombreux miracles. Les autorités de Bologne obtinrent de l'ouverture de son procès de canonisation où l'on entendit trois cents témoins (Bologne, Prouille et Pamiers). Saint Dominique fut canonisé par Grégoire IX le 3 juillet 1234. Le portrait qui suit est tiré des actes de canonisation.
Dominique avait une telle intégrité morale, il était emporté par un tel élan de ferveur qu'on découvrait en lui de façon évidente un chef-d'œuvre de noblesse et de grâce. Il régnait en lui une parfaite égalité d'esprit, sauf quand il était bouleversé de compassion et de miséricorde. Et puisque le cœur en joie se reflète dans la gaîté du visage, il manifestait au dehors l'équilibre paisible de sa vie intérieure par l'amabilité et la sérénité de ses traits.
En toute circonstance, par ses paroles et sa conduite, il se montrait un homme évangélique. Pendant la journée, avec ses frères ou ses compagnons, personne n'était plus simple et plus joyeux. Pendant la nuit, personne n'était plus adonné à toutes sortes de veilles et de prières. Il ne parlait guère qu'avec Dieu, dans l'oraison, ou de Dieu, et il exhortait ses frères à en faire autant.
Il adressa fréquemment à Dieu cette demande particulière : qu'il daignât lui accorder une vraie charité, capable de rechercher et d'obtenir le salut des hommes ; il estimait qu'il serait véritablement un membre du Christ, s'il se dépensait avant tout, totalement et de toutes ses forces, à gagner des âmes, de même que le Seigneur Jésus, Sauveur de tous, s'est offert sans réserve pour notre salut. Et c'est pour cette œuvre que, selon le dessein prémédité par la Providence, il institua l'Ordre des Frère Prêcheurs.
Il exhortait souvent les frères de cet Ordre, de vive voix et par lettres, à étudier sans cesse le Nouveau et l'Ancien Testament. Il portait toujours sur lui l'évangile de saint Matthieu et les lettres de saint Paul, et il les étudiait tellement qu'il les savait à peu près par cœur.
Il fut désigné deux ou trois fois pour l'épiscopat et il refusa toujours, préférant vivre dans la pauvreté avec ses frères, plutôt que d'avoir un évêché. Il garda intacte jusqu'à la fin la délicatesse d'une chasteté absolue. Il désirait être flagellé, coupé en morceaux, et mourir pour la foi du Christ. Le pape Grégoire IX a dit de lui : Je l'ai connu comme un homme qui suivait parfaitement la règle des Apôtres, et je ne doute pas qu'il soit au ciel associé à leur gloire.
Voir aussi : une très belle évocation par une soeur dominicaine de Chalais
D'Ermes Dovico sur la NBQ :
Saint Sixte II, le martyre d'un pape et de ses compagnons
Aujourd'hui, nous célébrons la mémoire liturgique de saint Sixte II et de ses compagnons, martyrisés en 258 lors des persécutions de Valérien pour avoir refusé d'abjurer le Christ et d'offrir des sacrifices aux dieux païens. Nous lisons également la lettre de saint Cyprien et l'histoire de saint Jean Bosco.
Pape et martyr : une association fréquente aux premiers siècles du christianisme. Sixte II, saint pape et martyr, est par exemple l'un des saints célébrés aujourd'hui. Il retourna à la maison du Père après moins d'un an de pontificat, précisément le 6 août 258, jour où il subit le martyre sous l'empereur Valérien. Le même jour, selon le Liber Pontificalis , six des sept diacres de Sixte II furent martyrisés : Agapitus et Felicissimus, Januarius, Magnus, Vincent et Étienne. La mémoire liturgique de ces six diacres, inscrite au calendrier romain général, est liée à celle de Sixte II et est célébrée aujourd'hui, le 7 août, au lendemain de leur martyre (elle ne coïncide donc pas avec la fête de la Transfiguration du Seigneur). Le 10 août de cette même année, le dernier diacre de l'Église de Rome encore vivant, et de loin le plus célèbre des sept, saint Laurent, supérieur du même collège de diacres, reçut la palme du martyre.
Si ces traits essentiels sont effectivement inclus dans le Martyrologe romain (qui, outre celui du Pape, ne cite que les noms d’Agapitus et de Félicissime, mais parle néanmoins de quatre autres « diacres » martyrisés le 6 août), il faut dire que les sources ne s’accordent pas sur certains éléments, notamment sur les circonstances du martyre (pour une analyse critique, on peut consulter l’article rédigé par Francesco Scorza Barcellona et que Treccani, dans son Encyclopédie des papes, consacre à Sixte II).
La plus ancienne source conservée est une lettre de saint Cyprien de Carthage (210-258), adressée à Successus, évêque d'Abbir Germaniciana. Ce document revêt une importance capitale, car il fut rédigé quelques jours après le martyre de Sixte II et de ses compagnons. Saint Cyprien y rapporte le retour de Rome de plusieurs hommes qu'il avait envoyés dans la Ville éternelle « afin qu'ils puissent s'enquérir de la vérité et nous la rapporter ». À quelle vérité faisait-il référence ? Plus précisément, au nouvel édit de Valérien contre les chrétiens, le second en l'espace d'un an. Dans le premier, en août 257, l'empereur avait interdit les rassemblements chrétiens, exigeant des évêques et des prêtres qu'ils abjurent leur foi sous peine d'exil. Le second édit, en 258, durcissait les mesures jusqu'à exiger la peine de mort pour les chrétiens qui refusaient d'abjurer. Saint Cyprien lui-même allait bientôt être victime de cette nouvelle persécution contre la foi, le 14 septembre 258. Dans cette lettre, écrite peu avant son martyre, il rapportait : « Valérien a envoyé un rescrit au Sénat dans lequel il a décidé que les évêques, les prêtres et les diacres soient immédiatement punis ( incontinenti animadvertantur ) ; que les sénateurs, les hommes de haut rang et les chevaliers romains perdent leur dignité et soient également privés de leurs biens ; et si, une fois privés de leurs biens, ils persistent à se déclarer chrétiens, ils doivent également perdre la tête ; que les matrones soient privées de leurs biens et envoyées en exil. » Etc.
Poursuivant sa lettre, l'évêque de Carthage rapportait le martyre du pape : « Sixte a été martyrisé au cimetière le huitième jour des Ides d'août [c'est-à-dire le 6 août, ndlr ], avec quatre diacres. » Il est possible qu'en plus de ces quatre diacres martyrisés avec le pape et mentionnés par saint Cyprien, deux autres diacres aient également subi le martyre le même jour. Comme mentionné précédemment, parmi les diverses lectures, hagiographies et interprétations de l'événement, figure l'hypothèse retenue dans le Martyrologe, qui relate le 7 août : « Mémoire de saint Sixte II, pape, et de ses compagnons. Martyrs. Le pape Sixte, alors qu'il célébrait la messe et expliquait la loi divine aux fidèles, fut arrêté par des soldats et décapité sur-le-champ, conformément à l'édit de l'empereur Valérien, le 6 août. Quatre diacres subirent également le martyre avec lui et furent inhumés avec le pontife à Rome, au cimetière Saint-Calixte, sur la voie Appienne. Ce même jour, ses diacres, saints Agapit et Félicissime, furent également martyrisés au cimetière de Prétexte, où ils furent également inhumés. »
Parmi les hagiographies du pape dont on se souvient aujourd'hui, celle de saint Jean Bosco mérite une mention particulière : Le Pontificat de saint Sixte II et les Gloires de saint Laurent le Martyr , publiée en 1860 par le fondateur des Salésiens. Ce texte, qui fait partie de la série de biographies des papes écrites par Don Bosco, présente le futur Sixte II comme un Grec de naissance (comme le décrit le Liber Pontificalis ), fils de Gentils et philosophe (cette dernière qualification a été contestée car elle est liée à un ouvrage, les Sententiae Sexti , un temps attribué à Sixte II mais plus tard jugé apocryphe par le Decretum Gelasianum ). Sixte, en quête de vérité, se serait converti puis serait arrivé à Rome, où il aurait fait de « grands progrès en doctrine et en vertu », au point d'acquérir une grande renommée auprès de tout le clergé romain. Un jour, sur le chemin du retour d'un concile à Tolède auquel il avait été envoyé par le pape, il fit halte dans ce qui est aujourd'hui Saragosse. Là, l'évêque Valère lui parla des vertus d'un jeune ecclésiastique nommé Lorenzo. Sixte fut tellement impressionné qu'il voulut le rencontrer et l'emmener avec lui à Rome.
Après le martyre du pape Étienne Ier , le clergé choisit comme successeur au trône de Pierre le saint que nous célébrons aujourd'hui, prenant ainsi le nom de Sixte II. Le nouveau pontife, poussé par Denys d'Alexandrie, dut faire face à l'hérésie de Sabellius et à la question du baptême administré par les hérétiques, qui, sous le pontificat précédent, avait engendré des tensions entre le Saint-Siège et certaines Églises africaines et asiatiques. Par ailleurs, la persécution qui avait causé la mort de son prédécesseur s'intensifia, suite au second édit de Valérien. Don Bosco, se référant à une version qui semble différente de celle figurant actuellement dans le Martyrologe, rapporte que saint Sixte II reçut l'ordre de se présenter, avec le clergé, devant l'empereur. Avant de se rendre auprès de Valérien, le pape souhaita s'adresser ainsi à ses prêtres et diacres : « Mes frères et compagnons, le temps de la persécution est de retour ; nous devons être mis à l'épreuve. Mais n'ayez pas peur, ne soyez pas terrifiés par les maux qui nous menacent. Souvenons-nous de l'exemple des saints martyrs qui nous ont précédés. Leur courage leur a permis d'endurer toutes sortes de tourments pour obtenir la palme du martyre et la vie éternelle. Notre Seigneur Jésus-Christ, avant tout, nous en a donné un exemple éclatant ; il a souffert la Passion la plus douloureuse pour nous donner le courage de souffrir. »
Peu après, poursuit Don Bosco, des gardes arrivèrent et ligotèrent le pape et les diacres Agapitus et Félicissime, avant de les conduire devant l'empereur. Ce dernier tenta à plusieurs reprises, et avec insistance, de persuader Sixte II d'offrir un sacrifice aux divinités païennes, mais en vain. Même la prison ne put briser le pontife qui, de fait, avec ses compagnons de martyre, avertit les bourreaux (dont Valérien) de leur sort éternel. Finalement, Sixte fut conduit dans une catacombe près du temple de Mars et y fut décapité.
D'après les écrits de Don Bosco , saint Laurent fut arrêté le 6 août, après avoir exécuté l'ordre que lui avait donné Sixte II de distribuer les biens de l'Église aux pauvres. Quatre jours plus tard, il connut le « triomphe le plus glorieux » et, par conséquent, le « martyre le plus douloureux » que le pontife, consolant Laurent qui souhaitait partager son sort, avait prophétisé.

Du site "1000 raisons de croire" :
La terre de Cardena de souvient du martyr des 200 moines
L’Espagne des IX et Xe siècles est en pleine expansion mahométane. Les razzias des troupes musulmanes d’Abd al-Rahman III, au service du tout nouveau califat de Cordoue, font rage et détruisent tout sur leur passage. C’est dans ce contexte que le monastère Saint-Pierre de Cardena, proche de Burgos, immense et florissant avec ses quelque deux cents moines, est ciblé. Si les historiens ne s’accordent pas sur l’année du massacre, ils confirment tous que le martyre eut bien lieu, un 6 août, dans le courant du IXe ou début Xe siècle. L’atrocité des faits marque considérablement les esprits, autant que le courage du père abbé, Étienne, qui, par son exemple de foi, procure aux autres moines le courage de rester fidèles jusqu’au bout. Un miracle surprenant s’ensuit : chaque année, au jour anniversaire, le sol du cloître où sont morts les martyrs se recouvre mystérieusement de sang frais, qui disparaît le lendemain. La reconnaissance de ce miracle, ainsi que la canonisation des moines par le pape Clément VIII en 1603, s’accompagne de la diffusion de leur culte et de leurs reliques dans toute l’Espagne. Aujourd’hui, des moines trappistes font rayonner ce lieu et sont témoins du retour à la foi de nombreux fidèles par leur intercession.
Les raisons d'y croire

Henri et de Frescinde, habitants du village de Rétine, près de Liège, moururent en 1197, laissant deux orphelines : Agnès (née en 1191) et Julienne (née en 1192). Les deux fillettes furent placées au couvent des augustines hospitalières du Mont-Cornillon, nouvelle fondation où les religieuses, très fidèles à leur vœu de pauvreté, soignaient des lépreux et des malades. Situé aux portes de Liège, le monastère du Mont-Cornillon comprenait une communauté masculine et une communauté féminine ; la communauté féminine avait une prieure mais le prieur de la communauté masculine lui était supérieur. Sous l'autorité de la sœur Sapience qui les instruisit de la doctrine chrétienne et leur raconta la vie des saints, Agnès et Julienne demeuraient dans une métairie qui dépendait du couvent. Julienne, enthousiasmée par la vie religieuse, encore qu'elle eut un grand attrait pour la solitude, apprit par cœur le psautier et se livra à de si grandes austérités que la sœur Sapience dut la ramener à la modération, lui apprenant, qu'aux yeux du Seigneur, la pratique de l'obéissance vaut mieux que le sacrifice.
De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 17 novembre 2010 (source) :
Sainte Julienne de Cornillon
Chers frères et chères sœurs,
Ce matin également, je voudrais vous présenter une figure féminine, peu connue, à laquelle l’Eglise doit toutefois une grande reconnaissance, non seulement en raison de sa sainteté de vie, mais également parce qu’à travers sa grande ferveur, elle a contribué à l’institution de l’une des solennités liturgiques les plus importantes de l’année, celle du Corpus Domini. Il s’agit de sainte Julienne de Cornillon, également connue sous le nom de sainte Julienne de Liège. Nous possédons quelques informations sur sa vie, en particulier à travers une biographie, probablement écrite par un ecclésiastique qui lui était contemporain, dans laquelle sont recueillis divers témoignages de personnes qui eurent une connaissance directe de la sainte.
Julienne naquit entre 1191 et 1192 près de Liège, en Belgique. Il est important de souligner ce lieu, car à cette époque, le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. Avant Julienne, d’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême du sacrement de l’Eucharistie et, toujours à Liège, il existait des groupes féminins généreusement consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Guidées par des prêtres exemplaires, elles vivaient ensemble, se consacrant à la prière et aux œuvres de charité.
Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne, avec sa sœur Agnès, fut confiée aux soins des sœurs augustiniennes du couvent-léproserie du Mont-Cornillon. Elle fut éduquée surtout par une religieuse prénommée Sapience, qui suivit sa maturation spirituelle, jusqu’à ce que Julienne elle-même reçoive l’habit religieux et devienne elle aussi moniale augustinienne. Elle acquit une culture considérable, au point de lire les œuvres des Pères de l’Eglise en latin, en particulier saint Augustin, et saint Bernard. Outre sa vive intelligence, Julienne faisait preuve, dès le début, d’une propension particulière pour la contemplation; elle possédait un sens profond de la présence du Christ, dont elle faisait l’expérience en vivant de façon particulièrement intense le sacrement de l’Eucharistie et s’arrêtant souvent pour méditer sur les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20).
A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.
D'Edward Pentin sur le NCR :
La physique quantique et le mystère de la création divine
Le physicien et professeur catholique Vincenzo Tamma explique comment la mécanique quantique révèle l'intelligibilité de la nature, renvoie au Créateur et ouvre de nouvelles voies pour un dialogue interdisciplinaire entre science, philosophie et théologie.

LONDRES — La physique quantique, ou mécanique quantique, émerge rapidement non seulement comme un moyen de développer de nouvelles technologies, mais aussi comme une méthode scientifique pouvant aider l'humanité à mieux comprendre la vérité sur la création, révélant le mystère de son Créateur.
Dans cet entretien accordé au Register le 31 juillet en marge de la conférence « Une journée avec Marie » à Londres, le professeur catholique Vincenzo Tamma explique ce qu'est la mécanique quantique, comment elle se rapporte à l'action divine et comment elle peut être un outil utile dans le dialogue entre la science et la théologie.
« La mécanique quantique aide les croyants à réfléchir à la manière dont Dieu a créé le monde, car elle décrit le fonctionnement de la nature au niveau le plus profond », explique le professeur Tamma, directeur fondateur du Pôle de science et de technologie quantiques de l'Université de Portsmouth au Royaume-Uni. « Elle offre les connaissances épistémologiques et ontologiques les plus fondamentales sur la nature, sur la façon dont Dieu l'a voulue et ordonnée. »
Afin de maximiser son potentiel dans ce domaine, il appelle à la redécouverte d'une conception interdisciplinaire de l'université, telle que proposée par saint John Henry Newman, afin d'approfondir le croisement entre la théologie catholique, la philosophie et la science quantique et d'éduquer le grand public.
Professeur Tamma, qu'est-ce que la physique quantique en quelques mots ?
La physique quantique décrit les lois de la réalité à l'échelle microscopique. C'est, en quelque sorte, la science des constituants fondamentaux de l'univers, tels que les atomes, les électrons et les photons. Selon la physique quantique, ces éléments ne se comportent pas comme des objets ordinaires ; ils peuvent être observés de manière probabiliste, c'est-à-dire que l'on ne peut prédire que les probabilités d'un résultat de mesure, et non le résultat exact.
En termes simples, elle nous offre une compréhension de la nature à son niveau le plus fondamental. Elle explique pourquoi des particules minuscules peuvent sembler être à plusieurs endroits simultanément, pourquoi la lumière peut se comporter à la fois comme une onde et comme une particule, et pourquoi les particules peuvent être liées entre elles de différentes manières malgré la distance. De plus, la physique quantique n'est pas qu'une simple théorie sur les fondements de l'univers ; elle sous-tend également de nouvelles technologies comme les ordinateurs quantiques, les capteurs ultra-précis et les communications sécurisées. Toutes ces technologies reposent désormais sur les principes fondamentaux de la mécanique quantique, ce qui nous permet non seulement de comprendre l'univers dans sa nature fondamentale, mais aussi de développer de nouvelles technologies.
Comment cela peut-il nous aider à comprendre la vérité de la création ?
La mécanique quantique aide les croyants à réfléchir à la création du monde par Dieu, car elle décrit le fonctionnement de la nature au niveau le plus profond. Elle offre les intuitions épistémologiques et ontologiques les plus fondamentales sur la nature, telle que Dieu l'a voulue et ordonnée. En ce sens, les lois de la physique – et en particulier les lois quantiques – font partie du « livre de la nature », et Dieu est celui qui les a données. Comme l'a dit saint Augustin, le livre de la nature et le livre de l'Apocalypse sont deux manières complémentaires de connaître Dieu. Ils ne constituent pas un seul et même livre, et il ne faut pas les confondre, mais ils nous aident ensemble à comprendre Dieu.
VISITE PASTORALE DU PAPE LÉON XIV
À SANTA MARIA DEGLI ANGELI – ASSISE
MESSE AVEC LES JEUNES PARTICIPANT AU « GO! FRANCISAN YOUTH MEETING 2026 »
HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
Basilique papale Sainte-Marie-des-Anges à la Portiuncule (Assise)
Transfiguration du Seigneur - Jeudi 6 août 2026
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très chers jeunes !
La fête de la Transfiguration, que nous célébrons aujourd’hui, est un mystère de lumière qui nous aide à approfondir notre rencontre, si joyeuse, mais aussi pleine d’interrogations sur le présent et l’avenir. Nous trouvons dans le récit évangélique le contraste entre la lumière et l’ombre, le silence et les paroles, l’émerveillement et l’incompréhension. Nous sommes à Assise, une ville vers laquelle affluent depuis des siècles de nombreux pèlerins – nous aussi aujourd’hui – car ici, tout murmure que notre vie peut changer de forme, laisser jaillir la lumière, réparer le monde. C’est ici qu’a commencé la transfiguration de François, de Claire, puis de milliers d’autres jeunes : ils ont accueilli l’Évangile sine glossa – nous dirions : sans concession – et la vie de Jésus a recommencé en eux.
Nous sommes ici pour comprendre où mène l’histoire et où nous allons nous-mêmes. Dans l’Évangile, nous voyons qu’il est possible de trouver un sens, d’entrevoir un chemin. Comme Pierre, Jacques et Jean, nous sommes un peu mis à l’écart et Jésus est avec nous. C’est cela qui compte : sa présence. Sur la montagne, les apôtres contemplent Jésus qui se tourne vers son propre avenir. Sur ce point, il y avait eu un malentendu entre eux. Six jours auparavant, Pierre avait reproché au Maître de parler ouvertement de la croix (cf. Mt 16, 21-26) : il s’attendait à la gloire pour le Messie, et peut-être aussi pour lui-même, sans tenir compte des résistances et des risques, mais surtout sans se demander ce qu’est la gloire. À présent, dans la Transfiguration de Jésus, c’est Dieu lui-même qui se révèle dans sa gloire, qui prend l’aspect d’une nuée qui protège et qui enveloppe. Il désigne le Fils, Il invite à l’écouter. C’est en le suivant ensemble que l’on découvre le chemin de la vie. Sa beauté revêt un aspect nouveau, une intensité sans précédent, à tel point que Pierre voudrait arrêter le temps et prolonger cette vision. Généreusement, il propose de construire trois tentes, afin que se poursuive la conversation entre Jésus, Moïse et Élie. Or, c’est dans cette conversation qu’il faut entrer. On ne peut pas se contenter d’en être de simples spectateurs. Nous sommes en effet appelés à lire les Écritures avec le Maître, à interpréter notre époque et à prendre des décisions, en suivant son chemin. Nous sommes ici pour vaincre la résignation et la peur, pour dissiper les doutes qui nous retiennent, nous aussi, comme ils retenaient les apôtres. Jésus nous appelle à dialoguer avec son histoire, pour écrire de nouvelles pages d’histoire.
Alors que nous entendons dire que « son visage resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Mt 17, 2), nous pensons au matin de Pâques, lorsqu’un ange du Seigneur roula la pierre qui fermait le sépulcre et annonça la résurrection. « Son aspect était comme un éclair et son vêtement blanc comme la neige » (Mt 28, 3). C’est la lumière d’un nouveau jour, vers lequel nous sommes tournés, alors qu’autour de nous, et parfois en nous, règnent encore les ténèbres. Nous en voyons l’aurore dans les saints canonisés, comme saint François et sainte Claire, et dans une myriade de frères et sœurs qui répondent au mal par le bien. Nous ne sommes pas seuls ! Ces derniers jours, vous en avez fait l’expérience : vous vous êtes rencontrés et écoutés, passant du brouhaha des voix qui se superposent et s’opposent à l’art de la conversation. Aujourd’hui, nous contemplons Jésus qui est transfiguré précisément dans la conversation avec le Père, avec ceux qui l’ont précédé, Moïse et Élie, et avec ses contemporains, les disciples.
L’Église existe pour nous entraîner dans cette dynamique d’écoute et de décision, où l’on comprend pour qui vivre et comment vivre. C’est la communauté où l’on apprend à discerner la voix de Dieu, qui ne coïncide jamais simplement avec nos opinions, et à oser cette obéissance à l’Esprit Saint qui a rendu audacieux et créatifs tous ceux qui ont accepté de suivre Jésus : nous nous défigurons en nous séparant de Lui et des autres ; nous nous transfigurons, au contraire, dans les liens qui nourrissent et appellent à la vie. La spiritualité franciscaine, dans laquelle vous avez été formés, est l’une des plus soucieuses de restaurer les relations fondamentales avec Dieu et avec toutes ses créatures : une harmonie à préserver et à cultiver, aujourd’hui plus que jamais.
En ce sens, au début de ma première Encyclique, j’ai écrit que « chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. Là où l’humanité court le danger de perdre son visage, nous, chrétiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair, sachant que “le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné”. Cette magnifique humanité devient en Jésus-Christ le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie vers la plénitude » (Magnifica humanitas, n. 1).
Chers amis, la raison pour laquelle saint François, huit cents ans après sa mort, continue de nous attirer réside dans la magnifique humanité qui l’a conduit à abandonner les voies déjà tracées, afin d’en ouvrir une nouvelle, plus conforme au chemin de Jésus. Même dans une ville, chrétienne depuis des siècles comme Assise, cela a semblé révolutionnaire. « Le choix de Claire fut encore plus impressionnant: une jeune fille qui voulait être comme François, qui voulait vivre, en femme, libre comme ces frères ! » (Audience jubilaire, 4 octobre 2025). C’est là l’énergie du christianisme, celle de ses débuts et de ses multiples renouveaux.
Eh bien, chers jeunes : aujourd’hui, l’Europe et le monde entier cherchent en vous de nouveaux saints : osez croire en la parole de l’Évangile, devenez des êtres humains dotés de la liberté de Jésus-Christ, embrassez la sœur pauvreté ! Le titre de votre rencontre – Go! – est une mission, un envoi sur des chemins dont nous n’avons pas de carte, car ils s’ouvrent en écoutant le cœur, en obéissant à l’Esprit, en suivant le Ressuscité là où il a voulu nous précéder. Go! Allez ! Ou mieux encore : allons-y ! Let’s go ! Aux marges, là où l’injustice et l’arrogance de quelques-uns bafouent la dignité et les rêves de beaucoup, de trop nombreux fils et filles de Dieu. Le Pape François, s’inspirant du Poverello d’Assise, nous a mis en garde contre la tentation « d’être des chrétiens qui se maintiennent à une prudente distance des plaies du Seigneur. Pourtant, Jésus veut que nous touchions la misère humaine, la chair souffrante des autres. Il attend que nous renoncions à chercher ces abris personnels ou communautaires qui nous permettent de nous garder distants du cœur des drames humains » (François, Evangelii gaudium, n. 270).
Il est possible de ne pas être compris, même par ses proches, comme ce fut le cas pour saint François. Pourtant, se soustraire à la culture du pouvoir et abattre les murs qui séparent les êtres humains les uns des autres, ce n’est jamais trahir la famille, la cité, la tradition, mais les libérer de leurs fantasmes, des ennemis inventés par la peur et l’ignorance, de la violence avec laquelle on voudrait imposer son petit ordre à une réalité qui nous dépasse de toutes parts. Faire confiance à Dieu, c’est retrouver, comme François et Claire, un monde de frères et de sœurs à apprécier et à servir, et non à exploiter et à dominer. Non pas un monde à défendre, mais à embrasser.
Consacrez-vous, chers jeunes, à la civilisation de l’amour, dont vous avez découvert les prémices dans de nombreux exemples de gratuité, et qui transfigure – à l’image du Christ – d’innombrables artisans de paix qui, aujourd’hui encore, s’engagent au service de la vie dans les contextes les plus tragiques de la mort. Unissez les meilleures énergies de votre magnifique humanité – les études, les compétences, le travail, les amitiés, l’amour, la prière – en concrétisant de différentes manières la vision de François. J’imagine que vous avez à cœur la prière qui lui est souvent attribuée, un texte du siècle dernier :
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix :
là où règne la haine, que j’apporte l’amour,
là où règne l’offense, que j’apporte le pardon,
là où règne la discorde, que j’apporte l’union,
là où règne l’erreur, que j’apporte la vérité,
là où règne le doute, que j’apporte la foi,
là où règne le désespoir, que j’apporte l’espoir,
là où règnent les ténèbres, que j’apporte la lumière,
là où règne la tristesse, que j’apporte la joie.
Voilà « où » aller ! Va ! Mais voici surtout « comment » y aller :
Seigneur, fais que je ne cherche pas tant
à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer
Car c’est en donnant que l’on reçoit,
c’est en s’oubliant soi-même que l’on se retrouve,
c’est en pardonnant que l’on est pardonné,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la vie éternelle.
Chers amis, puissent ces journées passées à Assise rester gravées dans votre mémoire et que votre retour chez vous, dans les différents pays d’Europe où vous vous rendrez, soit à l’image de la descente de Pierre, Jacques et Jean depuis la haute montagne de la Transfiguration. Un retour méditatif, ouvert sur l’avenir, engagé aux côtés de Jésus-Christ. Lui vous fait confiance, compte sur vous, reste toujours avec vous.