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Foi - Page 2

  • Le combat chrétien selon saint Augustin, père de l'Eglise (28 août)

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    003.jpgA consulter : http://peresdeleglise.free.fr/Augustin/augustin.htm

    Le combat chrétien

    La couronne de la victoire n'est promise qu'à ceux qui combattent. Dans les divines écritures, nous trouvons continuellement que la couronne nous est promise si nous sommes vainqueurs. Mais pour ne pas abuser des citations, on lit en toutes lettres dans l'apôtre Paul : « J'ai parfait mon oeuvre, j'ai achevé ma course, j'ai conservé la foi, je n'ai plus à attendre que la couronne de justice. »

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  • Augustin, le plus grand des Pères de l'Eglise latine (28 août)

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    Lors de l'audience générale du mercredi 9 janvier 2008, Benoît XVI consacrait sa catéchèse à l'évocation du plus grand Père de l'Eglise latine :

    Chers frères et sœurs,

    Après les grandes festivités de Noël, je voudrais revenir aux méditations sur les Pères de l'Eglise et parler aujourd'hui du plus grand Père de l'Eglise latine, saint Augustin:  homme de passion et de foi, d'une très grande intelligence et d'une sollicitude pastorale inlassable, ce grand saint et docteur de l'Eglise est souvent connu, tout au moins de réputation, par ceux qui ignorent le christianisme ou qui ne le connaissent pas bien, car il a laissé une empreinte très profonde dans la vie culturelle de l'Occident et du monde entier. En raison de son importance particulière, saint Augustin a eu une influence considérable et l'on pourrait affirmer, d'une part, que toutes les routes de la littérature chrétienne latine mènent à Hippone (aujourd'hui Annaba, sur la côte algérienne), le lieu où il était Evêque et, de l'autre, que de cette ville de l'Afrique romaine, dont Augustin fut l'Evêque de 395 jusqu'à sa mort en 430, partent de nombreuses autres routes du christianisme successif et de la culture occidentale elle-même.

    Rarement une civilisation ne rencontra un aussi grand esprit, qui sache en accueillir les valeurs et en exalter la richesse intrinsèque, en inventant des idées et des formes dont la postérité se nourrirait, comme le souligna également Paul VI:  "On peut dire que toute la pensée de l'Antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants" (AAS, 62, 1970, p. 426). Augustin est également le Père de l'Eglise qui a laissé le plus grand nombre d'œuvres. Son biographe Possidius dit qu'il semblait impossible qu'un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie. Nous parlerons de ces diverses œuvres lors d'une prochaine rencontre. Aujourd'hui, nous réserverons notre attention à sa vie, que l'on reconstruit bien à partir de ses écrits, et en particulier des Confessiones, son extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre. Et à juste titre, car ce sont précisément les Confessiones d'Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu'à la modernité. Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du "moi", au mystère de Dieu qui se cache derrière le "moi", est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, pour ainsi dire, un "sommet" spirituel.

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  • Saint Augustin, un homme pleinement accompli (28 août)

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    0828 (1).jpgZenit.org a publié (en 2012) un entretien avec le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan (Traduction d'Hélène Ginabat)

    (ZENIT.org) – Pour le cardinal Angelo Scola, saint Augustin est « un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli ». Il fut aussi, comme saint Ambroise, un courageux avocat « de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité ». Le cardinal Scola, archevêque de Milan, célèbrera l’eucharistie dans la basilique Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or (San Pietro in Ciel d’Oro) à Pavie, en Italie, sur la tombe de saint Augustin, le 28 août 2012, en la mémoire liturgique du saint (cf. Zenit du 24 août 2012).

    A cette occasion, le cardinal Angelo Scola livre une réflexion sur la figure du grand docteur de l’Eglise, dans un entretien avec l’Ordre de saint Augustin.

    Eminence, qui est saint Augustin pour vous ?

    Un génie de l’humanité et un grand saint, c’est-à-dire un homme pleinement accompli. J’ai été impressionné, à ce sujet, par une affirmation de Jacques Maritain que je cite régulièrement aux jeunes, qui sont si souvent obsédés par le problème du succès et de la réalisation de soi : « Il n’existe de personnalité vraiment parfaite que chez les saints. Mais comment cela ? Les saints se sont-ils préoccupés de développer leur personnalité ? Non. Ils l’ont trouvée sans la chercher, parce qu’ils ne la cherchaient pas, mais Dieu seulement » (J. Maritain).

    L’archevêque de Milan se rend sur la tombe de saint Augustin pour y célébrer l’Eucharistie : cette démarche renouvelle le lien particulier entre Ambroise et Augustin. Que peuvent-ils nous dire encore aujourd’hui ?

    Card. Angelo Scola – Ambroise et Augustin ont traversé des décennies troublées entre « l’antique », représenté par l’empire romain désormais exténué et en marche vers un déclin inexorable, et le « nouveau » qui s’annonçait à l’horizon, mais dont on ne voyait pas encore nettement les contours. Ils furent immergés dans une société à bien des égards semblable à la nôtre, secouée par des changements continuels et radicaux, sous la pression de peuples étrangers et serrée dans l’étau de la dépression économique due aux guerres et aux famines.Dans de telles conditions, malgré la diversité profonde de leur histoire et de leur tempérament, Ambroise et Augustin furent des annonciateurs indomptables de l’avènement du Christ pour tout homme, dans l’humble certitude que la proposition chrétienne, lorsqu’elle est librement assumée, est une ressource précieuse pour la construction du bien commun.Ils furent de vaillants défenseurs de la vérité, sans se préoccuper des risques et des difficultés que cela comporte, en ayant conscience que la foi ne mortifie pas la raison, mais l’achève ; et que la morale chrétienne perfectionne la morale naturelle, sans la contredire, en en favorisant la pratique. Si nous empruntons des expressions du débat contemporain, nous pourrions les définir comme deux paladins de la dimension publique de la foi et d’un sain concept de laïcité.

    Quel enseignement peut-on tirer de l’expérience humaine et spirituelle de saint Augustin pour l’Année de la foi ?

    Dans une de ses audiences générales consacrées à saint Augustin, Benoît XVI le cite : « Mais si le monde vieillit, le Christ est éternellement jeune. D'où l'invitation: "Ne refuse pas de rajeunir uni au Christ, qui te dit : Ne crains rien, ta jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle" (Serm. 81, 8) » (Benoît XVI, audience générale du 16 janvier 2008). Augustin est un témoin formidable du Christ qui est contemporain à tout homme, et d’un profond accord entre la foi et la vie.

    En quoi la pensée et l’aventure humaine de saint Augustin sont-elles d’une actualité toujours nouvelle ?

    C’est l’inquietum cor dont il nous parle au début des Confessions. Sa recherche inlassable, qui a fasciné les hommes de tous les temps, est particulièrement précieuse aujourd’hui pour nous qui sommes immergés – et souvent submergés – dans les tourments de ce début de troisième millénaire. Une recherche qui ne s’arrête pas à la dimension horizontale, même si celle-ci est infinie ; mais qui pénètre dans la dimension verticale. C’est le même Augustin qui en décrit la portée quand il affirme, dans un passage des Soliloques : « Je viens de prier Dieu. — Que veux-tu donc savoir? — Tout ce que j'ai demandé.  Résume-le en peu de mots. — Je désire connaître Dieu et l'âme. — Ne désires-tu rien de plus ? — Rien absolument. » (Augustin, Soliloques I, 2, 7).

  • Saint Augustin d'Hippone (28 août) : "Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle..."

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    Du site Pères de l'Eglise.free.fr :

    On connaît bien la vie d'Augustin d'Hippone : très nombreuses sont les biographies qui ont été écrites de lui, facilitées - il faut bien le dire - par ce que lui-même nous a dit de lui à travers Les Confessions, rédigées vraisemblablement entre 397 et 400, oeuvre universellement connue :

    Bien tard, je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t'ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c'est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !
    Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi ;
    elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
    si elles n'existaient pas en toi, n'existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
    tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
    tu as embaumé, j'ai respiré et haletant j'aspire à toi ;
    j'ai goûté, et j'ai faim et j'ai soif ;
    tu m'as touché et je me suis enflammé pour ta paix.[...]
    (Conf. X, xxvii, 38)

    Effectivement, Augustin connaît d'abord une jeunesse dissipée, dispersée entre toutes sortes de plaisirs (Augustin rappellera à maintes reprises son attrait pour les femmes, les honneurs...). Toutefois, il est animé par une grande inquiétude intellectuelle et psychologique, a de nombreuses curiosités philosophiques et linguistiques (il a embrassé la profession de "rhéteur"). Augustin verra dans toute cette période de sa vie en germe déjà une recherche de Dieu qui va d'ailleurs se préciser à travers la lecture des philosophes et son grand intérêt pour les philosophies (Augustin est un grand lecteur de Cicéron, puis il découvre Plotin et les néo-platoniciens...), son souci et son attrait pour la religion et les croyances (comme par exemple le manichéisme qui le tenta un certain temps). Finalement, après avoir rejoint l'Italie, Rome en 383 puis surtout Milan où il va s'installer plus durablement pour des raisons professionnelles (découragement face aux étudiants de Carthage qu'il juge peu intéressants), Augustin découvre la prédication de l'évêque du lieu, Ambroise, qui accepte de répondre à toutes les interrogations d'Augustin au cours de longs entretiens. Bien des événements personnels sont relatés également par Augustin dans les Confessions qui ont certainement contribué à son "retournement". Augustin, catéchumène depuis son enfance (1) va finalement se convertir radicalement et demander le baptême en 387(2).

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  • Traduite dans d’innombrables langues et constamment rééditée : l’Imitation de Jésus-Christ

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    De l'abbé Vincent-Marie Thomas  sur 100.000 raisons de croire :

    L’Imitation de Jésus-Christ

    De l'imitation de Jesus Christ Beuil Sacy Bosse Abraham Gravures religion -  Livre Luxe Book

    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage anonyme, rédigé en latin à la fin du XIVe siècle ou au début du siècle suivant. L’auteur invite son lecteur à délaisser l’agitation du monde pour conformer intérieurement sa vie à celle du Christ. Il expose le seul vrai sens de la vie humaine : puisque la souffrance est inévitable, mieux vaut souffrir en offrant ses peines à Jésus-Christ, et en sa compagnie. Mieux vaut souffrir pour l’amour de Jésus-Christ et avec lui, que sans but. Dans le premier cas, la vie est pénible, mais garde un sens. Dans le second, elle est cruelle et absurde. D’autre part, Dieu comble de biens spirituels celui qui le recherche avec sincérité et honnêteté. Traduit dans d’innombrables langues et constamment réédité depuis les débuts de l’imprimerie, cet ouvrage nourrit la vie spirituelle de générations de chrétiens.


    Les raisons d'y croire

    • L’Imitation de Jésus-Christ remporte un franc succès dès qu’elle est connue : en 1450, on en compte plus de deux cent cinquante manuscrits. La traduction de Pierre Corneille, parue pour la première fois en 1656, connaît deux mille trois éditions. À la fin du XVIIIe siècle, environ deux millions quatre cent mille exemplaires circulent dans le monde. L’un des organisateurs de l’exposition qui s’est tenue à la bibliothèque Mazarine en 2012 – titrée « Un succès de librairie européen : l’Imitatio Christi » –, Yann Sordet, estime que l’ouvrage est « l’un des plus grands succès de librairie que l’Europe ait connus de la fin du Moyen Âge au début de l’ère contemporaine » (catalogue de l’exposition, p. 11).
    • Pourquoi un tel enthousiasme pour ce livre ? Honoré de Balzac résume l’impression générale de tout lecteur : « Il est impossible de ne pas être saisi par l’Imitation, qui est au dogme ce que l’action est à la pensée. Le catholicisme y vibre, s’y meut, s’agite, s’y prend corps à corps avec la vie humaine. Ce livre est un ami sûr. Il parle à toutes les passions, à toutes les difficultés, même mondaines ; il résout toutes les objections, il est plus éloquent que tous les prédicateurs, car sa voix est la vôtre, elle s’élève dans votre cœur, et vous l’entendez par l’âme. C’est enfin l’Évangile traduit, approprié à tous les temps, superposé à toutes les situations » (L’Envers de l’histoire contemporaine, ch. 12).
    • Puisque la souffrance est partout présente autour de chaque homme et que nul ne peut parvenir, durant le cours de ses jours ici-bas, à y échapper, puisque, d’autre part, Jésus-Christ lui-même l’a portée durant sa vie terrestre (il eut faim, soif, froid, comme les autres hommes ; il endura la chaleur du jour et supporta la fatigue ; il souffrit du désintéressement des hommes, du revirement des foules et de la trahison de ses amis), puisque Jésus-Christ éprouva particulièrement l’angoisse de l’âme et la douleur du corps durant sa douloureuse Passion qu’acheva sa terrible mort sur la croix, puisque, d’autre part, Jésus-Christ a prouvé aux hommes, en les sauvant de l’esclavage du péché par sa résurrection, qu’il est tout-puissant et qu’il agit ainsi parce qu’il poursuit chaque homme d’un amour infini, pourquoi ne pas le prendre pour modèle et lui demander son aide ? Mieux vaut souffrir avec lui que sans lui.
    • Sans Jésus-Christ, la vie humaine est un cheminement à l’aveugle, parmi les peines ou les plaisirs vains d’ici-bas. Les plaisirs et les peines sont éphémères : comment bâtir sa vie sur la recherche assidue des premiers et la fuite volontaire des secondes ? De plus, la mort mettra un terme définitif à la capacité de l’homme à les éprouver. Plaisirs et peines sont donc vains en eux-mêmes, et les prendre pour fin et guide des actions humaines est une règle à courte vue. Mais il en va autrement s’ils sont goûtés non comme une fin, mais comme des moyens qui conduisent à Dieu : le plaisir inhérent aux bonnes actions et la souffrance offerte en union avec la croix du Christ leur donnent un sens parce qu’ils acquièrent ainsi une valeur d’éternité.

    En savoir plus

    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage composé de quatre parties (qu’on appelle, selon le sens ancien du mot, « livres »), indépendantes les unes des autres. Les plus anciens manuscrits, datés de 1421 et de 1424, ne contiennent que le premier livre. Des exemplaires comprenant les quatre livres paraissent à partir de 1427. L’auteur en est probablement un chanoine de Saint-Augustin, du monastère du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwol (Zwolle, aux Pays-Bas), Thomas Hemerken, appelé couramment Thomas a Kempis (1379/1380 – 1471), originaire de Kempen, en Rhénanie, d’où ce nom.

    L’idée fondamentale de L’Imitation, héritée de saint Augustin et de saint Bernard, n’est pas originale pour son époque, mais elle heurte violemment l’hédonisme égocentrique et égoïste de notre temps. Rentrer en soi-même pour s’y retrouver soi-même en y découvrant Dieu : Noverim me, noverim Te ! « Que je me connaisse ! Que je vous connaisse, Seigneur ! » (Soliloques, II, 1). Connaître les aspirations profondes de l’âme : connaître la Vérité et aimer le Bien conduit à la connaissance et à l’amour de Dieu. Examiner ensuite les dispositions intimes de sa propre âme, qui soit vont dans le sens de ces attraits intimes, soit au contraire luttent contre eux, permet de prendre la mesure du cap à corriger afin de ne pas manquer le but ultime de la vie : Dieu. C’est ce que l’auteur de L’Imitation appelle « observer avec soin en nous les divers mouvements de la nature et de la grâce » (III, 54). Car « l’humble connaissance de soi-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science... La science la plus haute et la plus utile est celle-ci : se connaître vraiment soi-même et se mépriser [c’est-à-dire ne pas se surestimer]... Apprends à tenir pour rien les choses extérieures et à te donner aux intérieures et tu verras le royaume de Dieu venir en toi » (I, 3 ; I, 2 ; II, 1). Qu’est-ce que le royaume de Dieu sinon sa présence aimante à l’intime de l’âme, par le moyen de la grâce ?

    La première étape du cheminement vers Dieu est donc de parvenir à se connaître soi-même. Tout homme, s’il est honnête envers lui-même, n’est-il pas amené à reconnaître sa grande misère quand il ne se tourne pas vers Dieu ? Les biens d’ici-bas n’engendrent que des déceptions, soit qu’on n’en ait jamais assez, soit qu’on en découvre enfin la vacuité. Les sens portent souvent aux tentations, et de là aux mauvaises actions : la cause ne vient pas tant du corps que de l’âme qui est blessée. « C’est vraiment une grande misère de vivre sur la terre. Plus l’homme veut devenir spirituel, plus la vie présente lui devient amère, car il sent mieux et il voit plus clairement les défauts de la corruption humaine… Car l’homme intérieur est étrangement appesanti en ce monde par les nécessités du corps… Oh ! Qu’elle est grande la fragilité humaine qui est toujours inclinée aux vices. Aujourd’hui, tu confesses tes péchés et demain tu les commets à nouveau… » (I, 22). Comment calmer sa conscience troublée et recouvrer la paix de l’âme ? Par « la véritable contrition et humiliation du cœur » et la confession sacramentelle (III, 52). La mortification des passions est le sûr moyen de conserver cette paix. Les passions s’agitent en effet dans l’âme et produisent l’inconstance du cœur : ce dernier ne parvient pas à demeurer arrêté dans le bien. « Le commencement de toutes les tentations est l’inconstance de l’esprit et le peu de confiance en Dieu. Car, comme un vaisseau sans gouvernail est poussé çà et là par les flots, ainsi l’homme changeant, qui abandonne ses résolutions, est tourmenté par des tentations diverses » (I, 13).

    Que faire alors, sinon se tourner vers Jésus-Christ, duquel vient toute force ? N’a-t-il pas, par sa mort sur la Croix, affranchi les hommes de l’emprise que le démon et le péché ont sur eux ? Or, le Maître, qui est « la voie, la vérité et la vie » ( Jn 14,6 ) invite les hommes à le suivre, c’est-à-dire à mettre en pratique son enseignement et à reproduire dans leur vie quotidienne son exemple. La méditation de la Passion du Christ est une aide puissante pour y parvenir, et le renoncement à toutes choses en est la clé : « Quitte-toi, renonce à toi, dit le Christ à l’homme qui veut marcher à sa suite, et tu jouiras d’une grande paix intérieure. Donne tout pour trouver tout… Demeure uniquement et fermement en moi et tu me posséderas » (III, 37). L’amour du Christ à l’égard de ceux qui veulent l’aimer est en effet fidèle et durable. C’est pourquoi l’auteur de L’Imitation engage son lecteur à « aimer Jésus, l’avoir pour ami, lui qui, lorsque tous les autres nous abandonneront, ne nous laissera pas et ne souffrira pas que nous périssions à l’heure de la mort » (II, 8). Et cette amitié sera alors éternelle.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.

  • La prière de saint Augustin pour le repos de l'âme de sa mère, sainte Monique

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    La prière de saint Augustin pour le repos de l'âme de sa mère, sainte Monique

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    O mon Dieu, je ne laisse pas de pleurer en votre présence pour celle qui vous a si fidèlement servi, pour celle qui, après m'avoir porté dans son sein pour me faire naître à la lumière passagère de ce monde, me porta depuis dans son coeur, afin de me faire renaître à votre lumière éternelle.

    O Dieu de mon coeur, Dieu de miséricorde, quelque sujet que j'aie de me réjouir en vous et de vous rendre grâces de tout le bien que fit ma mère pendant sa vie, je veux laisser à part, quant à présent, toutes ses bonnes oeuvres, et je viens implorer auprès de vous le pardon de ses péchés.

    Exaucez-moi, je vous en conjure, par les mérites de celui qui fut attaché pour nous à une croix, et qui, maintenant assis à votre droite, ne cesse d'intercéder pour nous.

    Je sais que votre servante a pratiqué les oeuvres de miséricorde, et qu'elle a pardonné du fond de son coeur à ceux qui l'avait offensée : pardonnez-lui donc aussi, mon Dieu, les fautes qu'elle a pu commettre envers vous pendant tout le temps qui s'est passé depuis son baptême jusqu'à sa mort. Pardonnez-lui, Seigneur, je vous en supplie ; que votre miséricorde l'emporte sur votre justice, parce que vous êtes fidèle dans vos promesses, et que vous avez promis la miséricorde à ceux qui auront été miséricordieux.

    Je crois que vous avez déjà fait pour mère ce que je vous demande ; et cependant, Seigneur, puissent les prières que je vous offre être agréables à vos yeux. Elle-même nous recommanda de vous les adresser, et de nous souvenir d'elle à l'autel du Seigneur.

    N'oubliez pas, mon Dieu, que celle pour qui je vous prie avait fortement attaché son âme, par les liens d'une foi inébranlable, à cet admirable mystère de notre rédemption. Que rien ne puisse donc l'arracher à la protection de son Dieu ! Que l'ennemi ne réussisse, ni par la ruse, ni par la force, à la séparer de vous ; que son âme repose dans la paix éternelle. Amen.

  • Monique : la sainteté d'une mère

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    On célèbre aujourd'hui la fête de sainte Monique, mère de saint Augustin. Elle occupe une large place dans les Confessions. Nous reproduisons ci-dessous un entretien entre cette mère et son fils sur le bonheur de la vie éternelle (chapitre X):

    A l’approche du jour où elle devait sortir de cette vie, jour que nous ignorions, et connu de vous, il arriva, je crois, par votre disposition secrète, que nous nous trouvions seuls, elle et moi, appuyés contre une fenêtre, d’où la vue s’étendait sur le jardin de la maison où nous étions descendus, au port d’Ostie. C’est là que, loin de la foule, après les fatigues d’une longue route, nous attendions le moment de la traversée.

    Nous étions seuls, conversant avec une ineffable douceur, et dans l’oubli du passé, dévorant l’horizon de l’avenir ( Philip. III, 13), nous cherchions entre nous, en présence de la Vérité que vous êtes, quelle sera pour les saints cette vie éternelle « que l’oeil n’a pas vue, que l’oreille n’a pas entendue, et où n’atteint pas le cœur de l’homme (I Cor. II, 9). » Et nous aspirions des lèvres de l’âme aux sublimes courants de votre fontaine, fontaine de vie qui réside en vous (Ps. XXXV, 10), afin que, pénétrée selon sa mesure de la rosée céleste, notre pensée pût planer dans les hauteurs.

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  • Sainte Monique (27 août)

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    Vie de Sainte Monique, mère de saint Augustin (source)

    Monique fut la mère de Saint Augustin à double titre, puisqu’elle l’enfanta sur la terre et pour le ciel. Sainte Monique naquit en 332, d’une famille où régnaient la piété et la crainte de Dieu. Lorsqu’elle fut en âge d’être mariée ses parents lui firent épouser Patrice, bourgeois de Tagaste, homme d’honneur, mais païen de religion. Elle eut toujours pour lui une soumission parfaite et travaillait de toutes ses forces à le gagner à Jésus-Christ. Le principal moyen qu’elle employait pour le retirer de ses vices était une conduite irréprochable, qu’elle soutenait constamment. Elle supportait ses infidélités avec patience, sans jamais les lui reprocher avec amertume, espérant toujours que Dieu aurait pitié de lui. En général, Patrice était d’un excellent caractère, mais en même temps, il était violent et emporté. Lorsque Monique le voyait en colère, elle observait de ne le contredire, ni par ses actions, ni par ses discours. La fougue étant passée, elle lui parlait avec douceur. Quand des femmes maltraitées par des maris violents ou débauchés venaient lui faire part de leurs peines, elle avait coutume de leur répondre : « Vous ne devez vous en prendre qu’à vous-mêmes et à vos propres paroles. » 

    Son mari embrassa le christianisme un an avant de mourir (371). Il renonça à ses débauches et passa le reste de sa vie dans la pratique de la vertu. Elle gagna aussi sa belle-mère à Jésus-Christ, après l’avoir fait revenir des préventions qu’elle avait conçues contre elle. Elle mettait au nombre de ses principaux devoirs le soin de soulager les pauvres ; elle assistait tous les jours à la Divine Liturgie ; elle allait à l’église le matin et le soir, afin de se trouver à la prière publique et d’entendre la Parole de Dieu. Mais son exactitude à remplir les devoirs de la religion était réglée sur les vrais principes; elle ne l’empêchait point de veiller au soin de sa maison, et surtout à l’éducation de ses enfants. La Sainte avait deux fils, Augustin et Navigius, et une fille dont on ignore le nom.

    Après la mort de son époux, elle passa son veuvage dans la chasteté et l’exercice des œuvres de miséricorde. Elle ne cessait de répandre d’abondantes larmes dans ses prières à Dieu pour son fils, qui avait été séduit par la secte des Manichéens. Elle le suivit pourtant à Milan, où elle l’exhortait souvent à fréquenter saint Ambroise, qui en était évêque. Cédant à ses désirs, il reconnut la vérité de la foi catholique par suite des discours publics et des entretiens particuliers de ce saint docteur, et reçut le baptême de ses mains (387).

    Elle, lui ménagea alors un bon parti, dans l’espérance que le mariage le fixerait et le préserverait du malheur de la rechute. Mais Augustin lui apprit qu’il était résolu de vivre le reste de ses jours dans la continence. Elle le suivit dans une maison de campagne où il alla passer les vacances avec quelques-uns de ses amis. Elle eut part aux entretiens les plus relevés qu’ils eurent ensemble, et y montra un jugement et une pénétration extraordinaires. Saint Augustin nous a conservé plusieurs de ses réflexions, qui décèlent beaucoup d’esprit et de piété.

    Peu après, la mère et le fils, revenant en Afrique, s’arrêtèrent au port d’Ostie, Monique fut prise de la fièvre. Un jour qu’elle perdit connaissance, elle revint à elle en disant : « Où étais-je ?... » Et regardant ceux qui l’entouraient, elle ajouta : « Vous enterrerez ici votre mère. Je vous demande seulement de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur. »

    Cette sainte femme rendit son âme à Dieu en 387, à la cinquante-sixième année de son âge, après neuf jours de maladie, et fut inhumée dans l’église d’Ostie. Plus tard, sous le pontificat de Martin V, ses restes furent transportés à Rome et placés avec honneur dans l’église qui porte le nom de Saint Augustin.

    Au Livre V de ses Confessions, chapitre 12, Saint Augustin, parlant de la mort de sa mère, s’exprime ainsi : 

    « Nous ne pensâmes pas qu’il fût convenable de célébrer ses funérailles par des plaintes, des pleurs et des gémissements, parce que ce n’était point dans la peine qu’elle mourait, et qu’elle ne mourait pas non plus tout entière. C’était en conséquence de sa vie innocente et de sa foi sincère que nous avions raisonnablement cette pensée. Ensuite, j’étais ramené insensiblement à ma première douleur au sujet de cette servante du Seigneur ; je me rappelais sa dévotion envers Dieu, envers nous sa piété, sa tendresse, ses bons avis, dont je me trouvais tout à coup privé; et ce fut pour moi un amer plaisir de pleurer sur elle et pour elle. Si quelqu’un venait à trouver blâmable que, durant quelques instants, j’eusse pleuré ma mère..., ma mère que j’avais vue morte devant mes yeux !… elle qui pendant tant d’années, m’avait tant pleuré pour que je fusse vivant devant les siens !... qu’il ne se rie pas de moi ; mais que plutôt, s’il a quelque charité, il pleure aussi pour mes péchés devant Toi, Seigneur, Qui es le Père de tous les frères de Ton Christ Jésus! »

    Sainte Monique, prie Dieu pour nous et pour les enfants de la terre d'Algérie!

  • Accord controversé Vatican-Chine : comment le Saint-Siège croit apaiser un régime communiste

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    De sur The European Conservative :

    Accord controversé Vatican-Chine : comment le Saint-Siège croit apaiser un régime communiste

    En maintenant l'accord avec le PCC, le Vatican soutient de fait sa distorsion des pratiques religieuses et se rend dangereusement complice de l'escalade des violations des droits de l'homme dans le pays.

    26 août 2026

    Lord David Alton de Liverpool, membre éminent de la Chambre des Lords au Royaume-Uni, a récemment condamné l'accord provisoire de 2018 entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine (RPC) comme un « pacte avec le diable », soulignant sa complicité dans des « violations flagrantes » de la liberté religieuse et la trahison qui en résulte de l'Église clandestine dans le pays.

    « Dans le cas du régime communiste chinois, c’est un pacte avec le diable – un régime qui a commis un génocide contre les musulmans ouïghours et persécute les bouddhistes tibétains, les pratiquants de Falun Gong et les chrétiens chinois », a déclaré Alton . 

    L'accord provisoire entre le Saint-Siège et le Parti communiste chinois (PCC), dont les détails restent confidentiels, concerne une possible intégration avec l'Association patriotique catholique chinoise (APCC), organisation reconnue par l'État. L'APCC a été fondée en 1957 sur ordre de Mao Zedong et est gérée par le Département du travail du Front uni du PCC , dans le but d'aligner le catholicisme sur l'idéologie communiste. Début 1958, Pékin avait illégalement nommé ses premiers évêques sans consulter le Saint-Siège. En juin de la même année, le pape Pie XII publia son encyclique Ad Apostolorum Principis, dans laquelle il dénonçait l'Église « parallèle » de Chine et refusait de reconnaître toute consécration épiscopale effectuée par l'APCC sans l'approbation préalable du Vatican. D'après les informations disponibles, il ressort également que cet accord renforce l'autorité suprême du PCC en matière de nomination des évêques et de création ou de dissolution de diocèses en Chine ; le pape ne fait qu'entériner les décisions du Parti.

    Les catholiques restés fidèles à Rome furent contraints à la clandestinité. Une figure marquante de cette époque fut le cardinal Ignatius Kung Pin-Mei, évêque catholique romain de Shanghai et administrateur apostolique de Suzhou et Nankin . Aujourd'hui encore, ces catholiques forment une Église clandestine, que le Vatican ne reconnaît plus en raison de l'accord provisoire. De nombreux prêtres, religieuses et laïcs continuent de subir l'emprisonnement, la torture et, dans certains cas, même l'exécution, pour avoir refusé de se conformer à l'Église institutionnelle du PCC. 

    Quelles que soient les intentions du Vatican en œuvrant à l'unification des catholiques au sein de l'Accord de paix du Congrès général (APCG), il était évident, au moment de la signature de l'accord, que la Chine, sous la direction du secrétaire général Xi Jinping, agissait de manière extrêmement répressive, notamment en matière de liberté religieuse. Les autorités chinoises répriment systématiquement les droits à la liberté d'expression, d'association, de réunion et de religion, et ciblent les opposants au gouvernement. Le renforcement du contrôle idéologique exercé par le PCC s'accompagne d'une assimilation forcée sévère des Tibétains et des Ouïghours, ainsi que de l'application d'un cadre sécuritaire national rigoureux à Hong Kong. L'impunité règne pour les crimes contre l'humanité commis au Xinjiang, où plusieurs centaines de milliers d'Ouïghours continuent d'être injustement détenus, selon un rapport de Human Rights Watch de 2026. En substance, Xi Jinping vise à siniser tous ses sujets, ce qui revient ni plus ni moins à une subjugation complète – ou plutôt à un endoctrinement – ​​des membres des groupes religieux susmentionnés afin de les aligner sur le programme politique du PCC et sa vision marxiste de la religion.

    Ce n'est pas la première fois que le Vatican cherche à conclure un accord avec un pays communiste. Cela s'est produit pendant la Guerre froide, notamment sous les pontificats de Jean XXIII (1958-1963) et de Paul VI (1963-1978). Dans le cadre de ce qu'on a appelé l'Ostpolitik, Rome a mené une diplomatie avec les régimes communistes tout en fermant les yeux sur les persécutions religieuses internes subies par les catholiques et les autres chrétiens. Parmi ses mesures d'apaisement, le Saint-Siège a consenti à cesser toute dénonciation publique de l'idéologie communiste athée et a laissé chaque gouvernement gérer ses affaires ecclésiastiques. 

    Parallèlement à la violation des accords par les communistes, l'Ostpolitik a permis l'infiltration du Vatican par des services de renseignement communistes, tels que le KGB soviétique, la Stasi est-allemande, la StB tchécoslovaque, la SB polonaise et l'ÁVH hongroise. Les voix dissidentes, comme celle du cardinal József Mindszenty, archevêque-prince d'Esztergom et primat-régent de Hongrie, ont été réprimées ; Mindszenty a été arrêté et torturé sous l'accusation d'« activité subversive ».  

    Le communisme est intrinsèquement mauvais. Outre la promotion d'une idéologie athée, les gouvernements communistes sont responsables de certains des événements les plus meurtriers de l'histoire moderne ; on estime qu'environ 100 millions de personnes ont perdu la vie sous leur autorité au cours du XXe siècle. De plus, l'héritage de cette idéologie se caractérise par la stagnation économique, la répression systématique des libertés fondamentales, des catastrophes environnementales et l'hypocrisie d'une élite dirigeante qui contredit ses propres principes d'une société sans classes. Par ailleurs, un « accord de paix » avec l'Église de Rome a peu de chances de modifier le cadre politique oppressif du PCC.

    Les initiatives entreprises par le gouvernement chinois pour « siniser » les religions vont bien au-delà du simple renforcement de la réglementation ; elles impliquent une reconfiguration des différentes confessions. Cela est particulièrement flagrant dans le catholicisme, qui possède une théologie structurée et systématique promouvant les valeurs occidentales, notamment les droits naturels inaliénables, et, plus inquiétant encore pour les autorités chinoises, contrairement aux autres religions, un chef suprême qui est également chef d’État : le pape. Nombre de fidèles chinois, refusant de se soumettre à la loi chinoise sur la protection de la vie privée (CCPA), continuent d’être détenus. 

    De plus, dans sa volonté de siniser la population chrétienne, le PCC a pris la mesure extrême de produire des éditions de la Bible pour les établissements d'enseignement publics qui modifient les récits des Évangiles, notamment l'épisode où Jésus pardonne à la femme adultère, tel que décrit dans l' Évangile de Jean. Dans cette version sinisée, Jésus la lapide en disant :  « Moi aussi, je suis pécheur. Mais si la loi ne pouvait être appliquée que par des hommes sans tache, la loi serait morte. » 

    Comme Lord Alton l'avait exprimé il y a peu, on aurait pu supposer que la libération des évêques et prêtres catholiques emprisonnés aurait dû être une condition préalable à l'approbation du Vatican quant à la prolongation de cet accord contestable. De plus, le Saint-Siège aurait dû exiger la levée de l'emprisonnement injuste de Jimmy Lai, militant pro-démocratie hongkongais, catholique loyal et profondément dévoué – condamné en février à vingt ans de prison. Le tribunal de Hong Kong a également infligé de lourdes peines à six anciens employés de son journal, désormais fermé, établissant ainsi une nouvelle norme en matière de restrictions à la liberté de la presse dans la ville.

    En maintenant son accord avec le PCC, le Vatican soutient de fait sa perversion des pratiques religieuses et se rend dangereusement complice de l'escalade des violations des droits humains en Chine. Les autorités romaines ont néanmoins la possibilité de se retirer de cet accord. À tout le moins, le Vatican devrait le rendre public, garantir la protection de la liberté religieuse et exhorter Pékin à abandonner les charges retenues contre Jimmy Lai et les autres détenus. Si la communauté catholique en Chine, face à l'Église clandestine, a pu continuer à défendre la justice et les droits humains malgré des décennies d'oppression, Rome peut sans aucun doute faire preuve de la force morale nécessaire pour la soutenir.

    Le père Mario Alexis Portella est prêtre de la cathédrale Santa Maria del Fiore et chancelier émérite de l'archidiocèse de Florence, en Italie. Docteur en droit canonique et en droit civil de l'Université pontificale du Latran à Rome, il est l'auteur de l'ouvrage *Islam : Religion de paix ? La violation des droits naturels et la dissimulation occidentale*  (Westbow Press, 2018).
  • « Les mots qui manquent au Synode sont la repentance et la conversion. » (Mgr Rob Mutsaerts)

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    L’évêque auxiliaire du diocèse de Bois-le-Duc, Mgr Rob Mutsaerts, s’est imposé ces derniers mois comme l’une des figures montantes de l’aile conservatrice de l’Église. Dans un récent entretien avec AdVaticanum, Mgr Mutsaerts partage ses réflexions sur une lettre ouverte qu’il a adressée au pape Léon XIV, son point de vue sur le processus synodal et sa vision de l’Église aux Pays-Bas.

    De Niwa Limbu sur Ad Vaticanum :

    ENTRETIEN EXCLUSIF : L’évêque Rob Mutsaerts déclare : « Les mots qui manquent au Synode sont la repentance et la conversion. »

    22 août 2026

    ENTRETIEN EXCLUSIF : L’évêque Rob Mutsaerts déclare : « Les mots qui manquent au Synode sont la repentance et la conversion. »

     

    L’évêque Rob Mutsaerts est évêque auxiliaire du diocèse de Bois-le-Duc depuis 2010. Son ministère se caractérise par une foi inébranlable dans la proclamation de la vérité, notamment à travers ses critiques du synode sur l’Amazonie de 2019 et ses inquiétudes quant au manque de sagesse évangélique sous-jacente à Traditionis Custodes. Il a également été un fervent défenseur de l’Église.

    L'évêque Rob Mutsaerts est évêque auxiliaire du diocèse de Bois-le-Duc depuis 2010. Son ministère se caractérise par une confiance dans la proclamation de la vérité, notamment à travers sa critique du synode sur l'Amazonie de 2019 et ses inquiétudes quant au manque de sagesse évangélique derrière Traditionis Custodes .

    Il s'est également élevé avec force contre la montée du laïcisme aux Pays-Bas, un pays qui a subi les conséquences les plus néfastes de ce courant. Aux Pays-Bas, la vie des nouveau-nés et des enfants de moins de 12 ans peut être interrompue délibérément, sans leur consentement explicite, dans des circonstances strictement définies. L'euthanasie peut être pratiquée sur les personnes âgées de 12 ans et plus en cas de souffrance psychiatrique. Près de 60 % de la population se déclare sans appartenance religieuse, tandis que l'islam est la religion majeure dont la croissance est la plus rapide : chez les 15-17 ans, le nombre de musulmans (14,2 %) est plus de deux fois supérieur à celui des catholiques (6,9 %). Dans ce contexte, Son Excellence a œuvré sans relâche, rédigeant de nombreux ouvrages spirituels et encourageant les conversions, un travail qui porte ses fruits dans un pays qui a enregistré une augmentation de 40 % des baptêmes d'adultes en 2024.

    Dans cet entretien exclusif, Mgr Mutsaerts partage avec AdVaticanum ses réflexions sur une lettre ouverte qu'il a récemment adressée au pape Léon XIV, son point de vue sur le processus synodal et sa vision de l'Église aux Pays-Bas.

    AV : Dans votre récente lettre ouverte au pape Léon XIV, vous écrivez que juger le processus synodal selon ses propres critères internes (écoute, participation, documents) peut donner lieu à un récit positif, mais que les véritables critères sont une foi plus forte, une proclamation plus claire du Christ, une identité catholique plus profonde, davantage de conversions, une fréquentation plus élevée de la messe dominicale, etc. Pourriez-vous nous expliquer comment vous êtes parvenu à cette liste de critères ?

    +RM : Le dernier canon du Code de droit canonique s’achève sur le principe bien connu selon lequel « le salut des âmes […] doit toujours être la loi suprême dans l’Église » ( salus animarum… suprema semper lex esse debet , can. 1752). Si l’on évalue le processus synodal, la question décisive n’est pas de savoir si les consultations ont été approfondies, si les fidèles se sont sentis écoutés, si les comités ont bien fonctionné ou si des documents ont été produits. La question est plutôt : tout cela a-t-il accru la probabilité que les hommes et les femmes croient en Jésus-Christ, se repentent, reçoivent les sacrements, persévèrent dans la grâce et obtiennent la vie éternelle ? Sur ce point, il existe de sérieuses raisons de critiquer.

    AV : Vous insistez sur le fait que la synodalité ne peut être une fin en soi. Qu’entendez-vous par là, et comment devons-nous comprendre la relation entre les moyens (consultation, participation, structures) et la véritable finalité de la mission de l’Église ?

    +RM : « Marcher ensemble » n’a de sens que si l’Église sait où elle va. La destination n’est pas une participation accrue, mais le Christ ; non pas un dialogue ecclésiastique, mais la sainteté ; non pas l’inclusion comme principe abstrait, mais l’incorporation au Christ et, en définitive, le salut éternel.

    La consultation, la participation, les structures pastorales et les méthodes synodales ont toutes leur place. Dès lors que les moyens prennent le pas sur la fin, il y a eu une inversion de l'ordre établi.

    Il est intéressant de noter que les documents synodaux eux-mêmes reconnaissent à plusieurs reprises que l'évangélisation est la mission de l'Église. Le document continental européen affirme que la tâche de l'Église est de « proclamer l'Évangile » et d'inviter les personnes à la communion, et appelle à un renouveau de l'activité missionnaire en Europe. Le désaccord porte donc moins sur l'intention officielle que sur l'accent mis sur certains aspects, les méthodes employées et les résultats concrets obtenus.

    AV : Dans votre lettre, vous affirmez : « Christus heeft geen discussiegroep opgericht. Hij riep apostelen. Hij gaf hun gezag » (« Le Christ n’a pas fondé de groupe de discussion. Il a appelé des apôtres. Il leur a donné l’autorité »), et vous ajoutez que la foi ne naît pas d’un recensement préalable des croyances par l’Église, suivi de la formulation d’une conviction commune à partir de ces expériences. Comment ce principe s’applique-t-il, selon vous, à la phase de mise en œuvre du processus synodal en cours, qui se poursuit en vue d’une Assemblée ecclésiale à Rome en octobre 2028 ? Où, à votre avis, s’arrête l’écoute authentique et où commence le ministère enseignant des évêques ?

    +RM : Un médecin écoute attentivement son patient, mais l’écoute ne guérit pas. L’Église possède une particularité rare parmi les institutions : elle a reçu une Révélation qu’elle n’a pas inventée et qu’elle ne peut réécrire. Par conséquent, il arrive toujours un moment où l’écoute cède la place à la proclamation de l’Évangile. Les mots qui manquent au Synode sont la repentance et la conversion.

    AV : Existe-t-il une contradiction nécessaire entre synodalité et tradition ? À quoi ressemblerait concrètement une synodalité véritablement orientée vers le salut des âmes ?

    +RM : Il n’y a pas nécessairement contradiction entre synodalité et tradition. Imaginons une Église synodale interrogeant chaque paroisse : Pourquoi vos adolescents baptisés disparaissent-ils ? Pourquoi les confessions se sont-elles effondrées ? Où les jeunes familles assistent-elles à la messe ? Pourquoi ? Où les jeunes adultes demandent-ils le baptême ? Qu’est-ce qui les a amenés au Christ ? Ce serait une synodalité orientée vers le salut des âmes . L’écoute demeurerait, mais nous écouterions en partie parce que nous désirerions ardemment découvrir comment sauver des âmes. Et soudain, tout le processus prendrait un sens.

    AV : Les Pays-Bas sont généralement considérés comme l’une des sociétés les plus sécularisées et libérales du monde occidental. Quelles sont selon vous les racines de cette crise au sein de l’Église néerlandaise ?

    +RM : La réalité néerlandaise offre une perspective édifiante. La situation du catholicisme aux Pays-Bas est extrêmement difficile à présenter comme une réussite pastorale. Les statistiques néerlandaises font état de 3,448 millions de catholiques inscrits en 2024. Or, les statistiques relatives aux sacrements sont encore plus alarmantes. D’un point de vue catholique, cela témoigne d’un échec catastrophique à transmettre la foi d’une génération à l’autre.

    C’est précisément là que le concept de « salus animarum » devient problématique. Si des millions de personnes restent nominalement catholiques, mais qu’une infime proportion seulement rencontre régulièrement le Christ eucharistique ; si les enfants baptisés disparaissent avant la confirmation ; si le mariage catholique devient statistiquement exceptionnel ; alors il est insuffisant d’affirmer que de nouvelles structures consultatives ont été créées.

    AV : Croyez-vous que le Synode sur la synodalité ait contribué au déclin du catholicisme néerlandais ?

    +RM : Le déclin du catholicisme néerlandais a commencé plusieurs décennies avant le synode. Il serait donc historiquement indéfendable d’imputer la sécularisation des Pays-Bas à la synodalité. Le processus synodal n’a pas engendré la crise en Europe occidentale. Mais après plusieurs années, rien ne prouve qu’il ait apporté de solution efficace. Le remède ressemble au mal !

    Lorsque la rhétorique ecclésiastique commence à ressembler étrangement au langage profane, l'Église risque de proposer aux Européens laïcs une version religieuse de quelque chose qu'ils possèdent déjà. Mais nul besoin d'être chrétien pour comprendre que les réunions doivent être inclusives.

    AV : Au-delà des controverses immédiates, qu’est-ce qui vous donne espoir pour l’avenir de l’Église catholique aux Pays-Bas ?

    +RM : Il y a un signe véritablement encourageant que ma critique précédente ne devrait pas occulter. Aux Pays-Bas, le nombre d’adultes admis dans l’Église catholique a augmenté de près de 40 % en 2024 : plus de 500 adultes ont été baptisés et plus de 100 autres sont entrés dans l’Église sans être baptisés, car ils l’étaient déjà. C’est remarquable. Il serait donc trop hâtif d’affirmer simplement : « Il ne se passe rien. » Il se passe clairement quelque chose au sein d’un petit groupe, mais significatif, de personnes en recherche spirituelle.

    Ce phénomène mérite sans doute une attention bien plus grande que celle qu'il reçoit actuellement. La question cruciale est la suivante : quel type de catholicisme attire ces convertis ? Cherchent-ils le christianisme par désir d'avoir plus de comités ? Ou bien ont-ils découvert le Christ, la prière, l'adoration eucharistique, la confession, la rigueur morale catholique, la beauté de la liturgie, la cohérence intellectuelle, la tradition, la communauté et la transcendance ? Il me semble évident que c'est la seconde option qui prévaut.

    Ce qui rend l'augmentation des conversions d'adultes aux Pays-Bas particulièrement intrigante, c'est que des signes similaires de regain d'intérêt pour le christianisme chez les jeunes Européens devraient inciter les évêques à la plus grande vigilance. Le futur catholique ne demande pas à l'Église : « Allez-vous vous conformer davantage à la société dans laquelle je vis déjà ? » Il demande : « Est-ce que tout cela est réellement vrai ? »

    Si un jeune d'une vingtaine d'années entre dans une église parce que la culture contemporaine l'a laissé en manque spirituel, lui proposer une nouvelle discussion sur l'inclusion institutionnelle risque de mal comprendre sa situation. Il aspire peut-être à la métaphysique, à la rédemption, à une vie morale exigeante, à un prêtre qui croit réellement en ce qu'il prêche, à la confession, à l'Eucharistie. Et surtout, au Christ. C'est précisément dans cette perspective que le catholicisme traditionnel peut présenter un avantage en matière d'évangélisation, justement parce qu'il est résolument différent.

    AV : Quelles formes concrètes de sainteté, de conversion et de proclamation vous semblent les plus urgentes dans l’Église aujourd’hui, et comment un changement de cap vers ces priorités modifierait-il la vie pratique des paroisses, des séminaires et des structures diocésaines ?

    +RM : L’évangélisation catholique part traditionnellement du principe qu’un enjeu crucial est en jeu. L’homme est créé pour Dieu. Il est blessé par le péché. Le Christ est mort pour lui. La grâce est réelle. Le péché mortel est réel. Le jugement est réel. Le ciel est réel. L’enfer est réel. Le pardon est réel. L’Eucharistie est réellement le Christ. La confession réconcilie réellement le pécheur avec Dieu. Dès lors que ces vérités sont profondément ancrées dans nos convictions, les priorités pastorales se transforment radicalement. On s’intéresse de près aux confessions, aux baptêmes, aux conversions, aux mariages catholiques, à la fréquentation de la messe, à la dévotion eucharistique, à la catéchèse, à la prière en famille et à la sainteté. Une Église soucieuse du salut cherche inévitablement à savoir si davantage de personnes se confessent. Une administration, quant à elle, soucieuse des procédures, cherche à savoir si davantage de personnes ont participé à la consultation.

    Il existe un critère biblique d'une simplicité remarquable : « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » Appliquons-le sans malice ni préjugés idéologiques. Surtout, les gens sont-ils prêts à devenir saints ? Cette question est bien plus importante que de se demander si les gens ont vécu le processus synodal positivement.

    Niwa Limbu

    Correspondant du Vatican pour Advaticanum

  • Défendre la royauté sociale du Christ

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    De sur le Catholic Thing :

    Défendre la royauté sociale du Christ

    25 août 2026

    Peu de choses sont plus étrangères à l'imaginaire moderne que l'idée d'un roi chrétien. Nous sommes habitués à séparer le sacré du politique, la foi de la vie publique et l'Église de l'organisation de la société. Mais pendant une grande partie de l'histoire du christianisme, ces divisions auraient semblé presque impossibles.

    La fête du roi saint Louis IX de France (25 août) nous offre l'occasion de redécouvrir un joyau de la sagesse médiévale : l'idée que l'autorité politique puisse être véritablement orientée vers le Christ. Saint Louis IX, qui régna sur la France de 1226 à 1270, est considéré par beaucoup comme le plus grand roi du Moyen Âge et le seul véritable roi-saint de France. Son règne demeure un modèle durable de royauté chrétienne, à tel point que les générations suivantes de monarques français étaient censées l'imiter.

    On perçoit dans son règne une compréhension profonde et empreinte de sainteté, selon laquelle sa royauté appartenait au Christ.

    Dans son royaume, aucun État séculier ne se dissimulait sous les apparences religieuses, attendant d'en être séparé. Le royaume lui-même s'organisait autour des sacrements et de la vision de la foi concernant l'homme, la justice, l'autorité, la famille, le culte et le bien commun. Les catégories de « religieux » et de « séculier », qui nous sont si familières, ne structuraient pas la société médiévale.

    À l'inverse, le roi Louis IX gouverna en plaçant le salut des âmes de ses sujets au premier plan. Il gouverna pour la France, acquérant la Couronne d'épines, un fragment important de la Vraie Croix et la Sainte Lance, et commanda la construction de la magnifique Sainte-Chapelle à Paris pour abriter ces reliques. La Couronne d'épines devint le trésor sacré de la monarchie française, placée au cœur de la cour royale : ainsi, sa propre couronne était subordonnée à celle du Christ.

    Que signifie la royauté sociale du Christ ? En tant que catholiques, nous comprenons le Christ comme Prêtre, Prophète et Roi. Sa royauté s’étend sur les individus, les familles, les nations et les peuples. Le pape Pie XI l’a affirmé avec force dans  Quas Primas , son encyclique de 1925 instituant la fête du Christ Roi. Le Christ possède la royauté non seulement en sa divinité, mais aussi en tant qu’homme, ayant reçu du Père « puissance, gloire et royaume ».

    Le pape Pie XI a explicitement lié le salut des individus à l'organisation de la société, affirmant que la royauté du Christ ne saurait se limiter à la sphère privée. À la fin de l'encyclique  Quas Primas , il a exprimé l'espoir que la célébration annuelle du Christ Roi rappellerait aux souverains et aux princes qu'eux aussi doivent honneur et obéissance au Christ, et que l'État se doit de tenir compte des commandements de Dieu et des principes chrétiens dans l'élaboration des lois, l'administration de la justice et l'éducation de la jeunesse.

    Il ne s'agit pas d'un appel à ce que l'État force ses citoyens à se convertir, ni à imposer le catholicisme par la loi. Mais de reconnaître une évidence : les communautés politiques ne peuvent exister sans fondements moraux. Toute société repose sur des conceptions de la nature humaine, de la justice, des droits et devoirs de la famille, et du bien commun.

    Louis IX, dit Saint Louis, Roi de France (1215-1270) par Émile Signol, 1844 [Château de Versailles : source : Wikimedia Commons]

    Le christianisme catholique n'a jamais considéré l'autorité du Christ comme s'arrêtant aux portes de l'église. Pourtant, aujourd'hui, beaucoup se contentent de reléguer la foi à la sphère privée.

    La vie du roi Louis IX témoigne du sérieux avec lequel il assumait sa responsabilité première d'administrer la justice. Et parce que la justice est indissociable de l'amour, le souverain chrétien était appelé non seulement à gérer une bureaucratie, mais aussi à bâtir une société guidée par le bien.

    Sa sainteté était, elle aussi, indissociable de sa royauté.

    Louis était généreux envers les pauvres et les servait personnellement. Il se déguisait en mendiant et quittait le palais pour servir les plus démunis et rencontrer ses sujets. Époux et père dévoué de dix enfants, il prenait à cœur leur éducation dans la foi.

    Dans sa lettre à son fils Philippe III, il déclare : « Mon premier conseil est de tourner tout ton cœur vers Dieu et de l’aimer de toutes tes forces. » Sans cela, « nul ne peut être sauvé ni avoir la moindre valeur ». Ayant lui-même été élevé par une femme chrétienne fervente, saint Louis recommanda à son fils d’éviter le péché mortel, de se confesser fréquemment, d’aimer l’Église, de pratiquer la vertu, de rechercher la justice, d’éviter les guerres inutiles avec les autres chrétiens et de s’abstenir d’imposer un fardeau injuste à ses sujets.

    Pour lui, la sainteté personnelle et la justice du royaume étaient indissociables, et il ne voyait donc d'autre choix que de rechercher l'amour et la vertu. Saint Louis et les autres saints monarques d'Europe nous montrent comment le discernement peut s'appliquer concrètement au leadership, comment un chrétien peut gouverner avec magnanimité, bâtir, légiférer, administrer la justice, fonder une famille, servir les pauvres et rechercher la sainteté, le tout formant une vocation unique. Saint Louis mourut finalement lors de la huitième croisade, consacrant ses dernières années au service de la foi chrétienne qu'il avait défendue toute sa vie.

    Il existe aujourd'hui dans la sphère publique de bons chrétiens qui pressentent une perte, notamment dans la façon dont la politique est progressivement passée du déni de la suprématie spirituelle de l'Église à l'éloignement total des gouvernements de Dieu.

    La vision suffisamment vaste pour unifier ces préoccupations et proposer une solution est celle de la royauté sociale du Christ. Vision suprapolitique, elle transcende la politique tout en l'impliquant directement. Elle ne dépend d'aucun parti, élection, mouvement ou régime. Elle trouve son origine dans la nature même du Christ et peut se mettre en pratique car la royauté du Christ peut façonner concrètement les institutions et les personnes qui les composent.

    Et c’est peut-être là la plus grande leçon du roi Louis IX pour notre époque fracturée : le Christ ne cesse jamais d’être Roi, même si nos dirigeants élus ne le reconnaissent pas. Les chrétiens sont un peuple de miracles. Si nous recherchons une vision capable de renouveler l’âme de l’Europe, nous pourrions commencer par la conviction que le Christ est Roi dans tous les aspects de notre vie.

  • Le pape Léon XIV aux soldats : Il est noble de défendre la souveraineté de votre patrie

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    DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    À LA DÉLÉGATION DE L'ORDINARIAT MILITAIRE POUR LE PORTUGAL
     

    Salle du Consistoire, lundi 24 août 2026

    _____________________________

    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen !

    Que la paix soit avec vous !


    Très Révérende Excellence,
    Mesdames et Messieurs les Autorités,
    Révérends Aumôniers,
    Chers frères et sœurs !

    Vous êtes venus à Rome, et avec vous, en quelque sorte, les autres membres de vos unités. En vous souhaitant la bienvenue, je salue tous les membres – chrétiens et non-chrétiens – de l’Armée de terre, de l’Armée de l’air, de la Marine, de la Garde nationale républicaine et des Forces de sécurité publique du Portugal. En particulier, à la lumière du Christ ressuscité, je me souviens des deux jeunes soldats de l’Armée de terre qui ont perdu la vie vendredi dernier alors qu’ils s’étaient généreusement arrêtés, à l’image du Bon Samaritain, sur le bord de la route pour porter secours. Je les confie au Seigneur, ainsi que leurs familles.

    (...)

    Pour ceux qui croient en Christ, le pèlerinage dans cette ville représente une occasion unique de ressourcement, de reconnaissance de la place centrale de Dieu dans leur vie et de renforcement de leur foi par la prière au tombeau de l’apôtre Pierre. Chaque jour, chacun d’entre vous est investi de la noble mission de défendre la souveraineté de sa patrie et l’état de droit, de garantir la sécurité de ses concitoyens et de les protéger de l’injustice. C’est pourquoi je voudrais vous rappeler cette exhortation de saint Paul : « Fortifiez-vous dans le Seigneur […] Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; revêtez la cuirasse de la justice ; chaussez vos pieds du zèle que donne l’Évangile de paix » ( Éphésiens 6, 10.14-15).

    Soyez forts dans le Seigneur, à l'exemple du centurion qui s'est approché de Jésus à Capharnaüm. Il connaissait bien les valeurs qui guident votre vie : l'obéissance, la discipline, le sacrifice, la loyauté, la camaraderie, le dévouement, la responsabilité et le courage. Ce soldat ressentait aussi le besoin de Dieu ; il savait que l'être humain n'est pas autosuffisant, mais aspire à quelque chose de plus grand, de transcendant. Ayant un serviteur qui souffrait terriblement, il s'est approché de Jésus, qui lui a assuré qu'il irait le guérir. Il lui a répondu : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. Car moi aussi, je suis un homme soumis à l'autorité, et j'ai des soldats sous mes ordres ; et je dis à celui-ci : “Fais ceci”, et il le fait » ( Mt 8, 8-9). Dans cette attitude, nous voyons combien la hiérarchie était importante pour le centurion et comment cette dimension de sa vie quotidienne l'a conduit à interpréter sa relation avec Jésus de Nazareth, qu'il proclame comme son Seigneur, son Dieu. Émerveillé par ces paroles, Jésus dit : « En vérité, je vous le dis, je n’ai trouvé personne en Israël qui ait une telle foi » (v. 10). Bien que ce soldat fût conscient de son autorité, il manifesta devant le Fils de Dieu la force de sa foi et le courage de l’humilité. En effet, les êtres humains, quelles que soient leurs responsabilités, leur puissance ou leur innocence, aspirent toujours à l’infini et ont soif d’éternité. Or, en Jésus-Christ, l’infini et l’éternité sont à notre portée : ils sont un don du Seigneur.

    Excellence Monseigneur, chers aumôniers, l’Église vous confie la croissance spirituelle des militaires et des forces de l’ordre de votre nation. Accueillez chacun, écoutez-les, éclairez-les par la sagesse de la Parole de Dieu, demeurez à leurs côtés, agissant au nom du Christ lors de la célébration des sacrements, et accompagnez-les, sans jamais oublier leurs familles. De ce ministère particulier que vous exercerez naîtront les fruits d’une croissance personnelle dans la pratique de la vie chrétienne et le renforcement de l’ esprit de corps des militaires et des forces de sécurité que vous servez. Merci pour la proximité que, en bons pasteurs, vous offrez à ceux qui accomplissent un service si important, si particulier et si exigeant pour le bien du Portugal et du monde. Votre témoignage d’amour pour l’Église et la patrie est un baume qui réconforte et donne espérance.

    Enfin, je tiens à exprimer à vous tous qui êtes venus ici mon estime, ma reconnaissance et ma gratitude pour le travail que vous accomplissez dans l'Ordinariat. Que Notre-Dame de Fátima vous accompagne dans vos différentes missions, au Portugal comme à l'étranger. Que la joie du Seigneur soit votre force. Que Dieu vous bénisse !

    Merci.

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    L'Osservatore Romano , édition quotidienne, année CLXVI n° 191, lundi 24 août 2026, p. 7.