Le bienheureux Pie IX, pape et docteur de l’Immaculée
SE trouvant un jour en butte à de fortes pressions de la part de gouvernements francs-maçons, le pape Pie IX déclara à l’un de ses proches : « J’ai la Sainte Vierge avec moi, j’irai de l’avant. » Cette confidence en dit long sur la mystérieuse alliance avec l’Immaculée qui fit de son pontificat l’un des plus grands.
Jean-Marie Mastaï est né le 13 mai 1792, à Senigallia, près de Lorette en Italie. Chaque année, toute sa famille participait, le10 décembre, à la veillée de prières pour commémorer la translation de la Santa Casa.

Le Bienheureux Pie IX : 1846-1878.
L’âme de l’enfant fut profondément marquée par la piété de sa mère qui se rendait tôt matin à l’église des Pères servites pour assister à la Messe et prier devant un tableau de Maria Santissima Addolorata. Elle lui enseigna, parmi d’autres sacrifices, à toujours refuser, au cours des repas, les premiers fruits qu’on lui proposait, pour les offrir à la Vierge Marie. Devenu Pape, il confiera : « Voilà une pratique que j’ai apprise sur les genoux de ma mère. J’y suis encore fidèle. » Il conserva précieusement l’image de la Sainte Espérance, reçue lors de sa Première Communion, car elle lui rappelait « la félicité de ce jour béni ».
Au collège Saint-Michel de Volterra, sa dévotion pour l’Immaculée s’affermit. « Dès Nos plus tendres années, écrira-t-il, Nous n’avons rien eu de plus cher, rien de plus précieux que d’honorer la bienheureuse Vierge Marie d’une piété particulière, d’une vénération spéciale et du dévouement le plus intime de notre cœur, et de faire tout ce qui nous paraîtrait pouvoir contribuer à sa plus grande gloire et louange, et à l’extension de son culte. » (Ubi primum)
En 1815, Jean-Marie Mastaï ambitionna d’entrer dans la garde noble reconstituée. Mais il souffrait depuis plusieurs années d’une grave infirmité. Un soir de novembre, le carrosse du cardinal Gregorio Fontana s’arrêta brusquement devant un corps étendu sur le pavé : le prélat s’aperçut avec stupeur qu’il s’agissait du jeune Mastaï, frappé d’une crise d’épilepsie. Quelques semaines plus tard, Jean-Marie, accablé, se rendit en pèlerinage « au sanctuaire de Lorette pour épancher son âme dans le Cœur de Celle qui sera toujours sa force. De ce pèlerinage, date la guérison effective et définitive de sa terrible maladie. » (Pierre Fernessole, Pie IX, Lethielleux, 1960, t. 1, p. 26)
Après ce miracle qui l’avait délivré de son infirmité, il considéra ces longues années d’épreuve comme la marque d’une bienveillante attention de la Divine Providence. Car « cette maladie, en l’écartant de “ la société ” jusqu’à l’âge de vingt-six ans, avait préservé sa jeunesse des périls du monde » (ibid., p. 30).
SAINT PHILIPPE RESSUSCITÉ
Pendant sa préparation au sacerdoce, il prend en charge les orphelins, apprentis ou petits ouvriers, de l’hospice Tata Giovanni. De tout son cœur, qu’il avait si bon, il se penche sur la misère de ces enfants avec une totale abnégation.
Ordonné prêtre le 10 avril 1819, il manifeste un tel zèle en toutes sortes d’œuvres de piété et de charité, qu’on l’appellera bientôt saint Philippe [Néri] ressuscité. Aussi est-ce un déchirement d’avoir à quitter ses chers pauvres pour accomplir une mission pontificale au Chili !
Sacré évêque de Spolète, en avril 1827, il touche les cœurs par sa prédication, intarissable pour exalter les privilèges et la puissance de l’Immaculée Médiatrice. « En fait, tout est glorieux en Marie. Sa conception, sa naissance, sa vie, sa mort, et enfin son tombeau. Dans ce tombeau, elle gît sans corruption, et bientôt elle en sortira triomphante... Fils très aimés, voulons-nous mourir comme la Vierge, sans crainte ? Vivons donc comme la Vierge, ayant le péché en haine et abomination... Souvenez-vous que Marie est, dans le Ciel, la Médiatrice puissante, la miséricordieuse avocate, votre Mère. »





