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Foi

  • La joie de l’amour par Mgr Varden

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    De Mgr Varden sur Coram Fratribus :

    La joie de l’amour

    15 octobre 2026

    Introduction

    En la fête de saint Joseph, cette année, le pape Léon XIV a annoncé son intention de réunir à Rome tous les présidents des conférences épiscopales du monde afin de réfléchir aux effets d’Amoris laetitia, dix ans après sa promulgation.

    Le Saint-Père nous a demandé de réfléchir à la manière dont nous pourrions annoncer plus efficacement l’Évangile aux familles.

    La rencontre, qui a duré une semaine, s’est achevée hier. Un compte rendu sera publié lorsque le Saint-Père se sera remis de sa maladie — nous prions pour que son rétablissement soit rapide et complet. Mais le pape Léon XIV a demandé aux participants de faire sans tarder part de leur expérience à leurs conférences épiscopales et à leurs diocèses.

    Les travaux se sont déroulés selon un cadre organisé autour de cinq grands thèmes. Chacun d’eux a donné matière à une journée entière d’échanges. Voici mes réflexions personnelles sur ces différents thèmes.

    Ces réflexions n’engagent pas l’assemblée, dont chacun pourra découvrir en temps voulu la richesse des travaux. Elles ne sont que la contribution d’une voix singulière, celle d’un second alto dans un orchestre vaste et harmonieusement composé.

    1. Les familles aujourd’hui

    La vie familiale est aujourd’hui soumise à des tensions de toutes sortes : sociologiques, financières et culturelles. Nous en sommes pleinement conscients. Toutes méritent que l’on s’y intéresse.

    La tension la plus persistante est toutefois plus profonde. En un laps de temps remarquablement court, nous avons perdu notre sens collectif de l’humanité. En dehors de certains groupes défendant leurs intérêts particuliers, il est désormais difficile de trouver des mots communs pour dire ce qu’est un être humain. Nous ne nous accordons plus sur ce qui fait une femme, un homme ou un enfant.

    Les transhumanistes technologiques nous projettent dans un avenir où l’homme risque d’être laissé derrière par le « progrès », tant que sa nature n’aura pas été « augmentée ». Ayant abandonné l’idée de rédemption, nous plaçons désormais notre espérance dans les mises à niveau. Nous tenons pour acquis que les paramètres qui valent aujourd’hui ne s’appliqueront plus demain. Dès lors, l’idée même d’un engagement permanent, quel qu’il soit, semble absurde.

    Les alliances et les pactes cèdent la place aux « accords » en politique comme dans le commerce. Il en va de même des relations humaines, de plus en plus considérées comme des transactions pragmatiques : je reste attaché à une chose ou à une personne aussi longtemps que j’en retire un avantage ou du plaisir. Ensuite, je passe à autre chose.

    Dans un tel contexte, la famille, unité fondamentale de la société humaine, ne peut que se désagréger. Il ne semble plus aller de soi que les familles doivent être des unités stables, fondées sur le lien durable d’un homme et d’une femme, unis pour la vie dans l’espérance d’avoir des enfants.

    Un homme et une femme peuvent toujours se mettre ensemble — nous vivons dans un monde libre, après tout. Mais leur union n’est plus considérée comme fondamentalement différente de celle de deux femmes ou de deux hommes, ou de deux personnes qui se définissent comme ayant une identité de genre fluide. Et pourquoi limiter cette unité à deux personnes ? Les revendications en faveur d’une reconnaissance juridique du polyamour se multiplient.

    Nous vivons dans une éclipse métaphysique.

    La foi en Dieu comme Créateur bienveillant s’est largement perdue. Nous ne croyons plus que notre existence ait été voulue. Comment, dès lors, conserver le sentiment que notre vie est un don que nous pouvons, à notre tour, offrir à un autre, voire consacrer à lui ?

    Notre époque est celle d’une profanation née d’un désespoir littéral, d’un monde qui exclut jusqu’à la possibilité même de l’espérance.

    Je constate ces évolutions dans mon environnement social, dans mes correspondances et mes conversations, ainsi qu’au confessionnal.

    J’observe cependant une tendance contraire. Je rencontre beaucoup de jeunes, mais aussi de personnes moins jeunes, qui sont las de ce qui est éphémère. Ils refusent de renoncer à l’espérance. Ils osent penser qu’il pourrait exister une « vérité » sur laquelle bâtir leur vie.

    En encourageant et en soutenant ces personnes, en les aidant à s’épanouir, nous pouvons contribuer au renouveau d’une culture familiale. Après tout, chacun veut être heureux. Or beaucoup ne le sont pas. Sur ce point, les sociologues s’accordent.

    La vue d’une famille qui s’épanouit donnera à d’autres le désir de s’épanouir à leur tour.

    S’épanouir ne signifie pas être constamment dans un état d’euphorie.

    La vie humaine est difficile, quelle que soit la forme qu’elle prend. Je trouve que la plupart des gens en ont une conscience lucide. C’est pourquoi ils peuvent se lasser d’un vocabulaire bien intentionné, mais répétitif, qui parle d’« accompagnement », de « cheminement » et d’« écoute ».

    Ils souhaitent, bien entendu, être accueillis avec attention et respect. Mais ce qu’ils recherchent, c’est une direction, l’indication d’un but, un enseignement sur la manière de bien vivre.

    Dieu s’est fait homme dans ce but : nous montrer en quoi consiste la vie et vers quoi elle tend, nous enseigner, par ses conseils et ses commandements, comment mener une existence bonne et féconde.

    Lorsque le Christ a rencontré la Samaritaine au puits, il ne lui a pas dit : « Asseyons-nous donc, et racontez-moi tout. » Il lui a révélé « tout ce qu’elle avait fait » (cf. Jn 4, 29).

    C’est ce qui lui a permis de commencer une vie nouvelle.

    Nous devons laisser le Christ nous dire qui nous sommes, nous montrer nos mauvais choix, nous faire reconnaître nos fautes et nous orienter vers la fin pour laquelle nous avons été créés.

    Le Christ est notre Sauveur, mais il est bien davantage. Il est aussi l’Image à laquelle nous avons été façonnés, le Modèle originel qui nous révèle à nous-mêmes. Notre action pastorale ne sera efficace que dans la mesure où nous demeurerons dans une obéissance aimante à son égard.

    Nous aurons alors peut-être une chance de réintroduire l’espérance au cœur de la société.

    2. Les jeunes et la découverte du mariage

    Une étude publiée il y a quelques années par l’American College of Pediatricians indiquait que 54 % des adolescents avaient vu de la pornographie avant l’âge de treize ans, et 15 % avant onze ans. Ces chiffres ont certainement augmenté depuis.

    L’usage de la pornographie est relativement généralisé chez les jeunes adultes, hommes et femmes, partout dans le monde. Il a des conséquences considérables sur la manière dont les jeunes vivent leurs relations affectives.

    Lorsqu’on a été hanté depuis l’enfance par un univers de luxure dans lequel le sexe est un objet de consommation, où l’objet du désir est constamment interchangeable — mais toujours physiquement parfait —, où la romance est absente et où aucune règle ne s’impose, franchir le pas vers une relation durable et fidèle avec un être humain concret, faillible et vulnérable, dont l’altérité ne peut être réduite à une abstraction, devient une démarche immense, peut-être insurmontable.

    L’univers pornographique transgresse les limites. Il suggère l’existence de frontières dans le seul but d’attirer le consommateur au-delà d’elles, en lui faisant miroiter des possibilités de puissance sans cesse renouvelées.

    Le modèle classique du garçon qui rencontre une fille a depuis longtemps été dépassé. L’homoérotisme, autrefois associé à la notion d’« orientation » sexuelle, est désormais présenté comme une option accessible à tous et intégré aux divertissements grand public.

    Les tendances à la fluidité du genre expriment des fantasmes qui prennent naissance, souvent dans une souffrance intérieure, sur le marché d’un éros sans entraves : un univers où le désir du moment est intronisé comme un dieu, où la réalité objective cède la place aux formes que l’imagination subjective lui impose et suscite.

    Nous déplorons les séductions du virtuel et de l’irréel, mais cela ne suffit pas. Nous devons tendre une main amicale aux jeunes hommes et aux jeunes femmes pris dans des formes d’irréalité qui exercent sur eux une puissante attraction. Nous devons les tirer de ce bourbier et leur permettre de redécouvrir le monde tel qu’il est.

    Pour y parvenir, nous devons être capables de leur montrer que ce monde réel est meilleur, en fait plus intéressant, et qu’il est davantage à même de les rendre heureux.

    Il y a trois ans, j’ai publié un livre intitulé Chastity (« La chasteté »). Certains m’ont alors tourné en ridicule, principalement des hommes européens d’un certain âge, qui m’assuraient que ce sujet n’intéressait personne.

    J’ai pourtant été frappé de constater, dans un pays après l’autre, que je me retrouvais devant de larges auditoires, composés en grande partie de jeunes gens désireux d’entendre parler de cette vertu presque oubliée, apparemment embarrassante.

    Loin de se laisser séduire par des substituts hypersexualisés aux relations humaines, beaucoup de jeunes en sont las. Ils recherchent l’amitié et un amour stable.

    Je ne prétends pas qu’ils représentent la majorité. Mais ils sont suffisamment nombreux pour témoigner d’une tendance.

    Pour aider les jeunes à découvrir la valeur du mariage, nous devons nous adresser à cette aspiration, en commençant par aider les jeunes femmes et les jeunes hommes à se réconcilier avec eux-mêmes.

    Dans l’un de ses principaux passages sur le mariage, la lettre de saint Paul aux Éphésiens compare les époux à un corps, avant de remarquer : « Jamais personne n’a haï sa propre chair » (Ep 5, 29).

    Or, de nos jours, beaucoup de personnes se haïssent elles-mêmes et se sentent étrangères à leur propre corps.

    Dans une vision séculière, le corps n’est qu’un assemblage de muscles et de tendons que l’on peut réaffecter à d’autres usages. Le message chrétien, remarquable et libérateur, est tout autre : je suis mon corps, et mon corps, tout autant que mon âme, est créé à l’image de Dieu et mérite notre révérence.

    Si nous voulons préparer les jeunes au mariage, nous devons d’abord les aider à découvrir leur identité incarnée d’hommes et de femmes. Mais, avant de chercher à aider les autres, nous devons accomplir nous-mêmes ce travail.

    Il peut être salutairement humiliant de découvrir, même à l’âge adulte, que nous avons encore du chemin à parcourir sur ce point.

    Quel langage peut aider les jeunes à grandir affectivement ?

    Un langage de vérité qui nomme sereinement les choses, sans violence, et sans jamais désespérer de la miséricorde de Dieu. Ce langage reconnaît les blessures sans idéaliser le statut de victime. Il jaillit de la foi en la volonté du Christ de nous sauver.

    Le mariage manifeste le salut. Pour pouvoir s’y engager, il faut d’abord découvrir que l’on peut soi-même être sauvé.

    3. Les premières années de la vie conjugale

    Un couple que je connais m’a raconté une décision qu’il avait prise lorsqu’il avait compris que sa relation devenait sérieuse. Les deux fiancés étaient partis ensemble dans une cabane au milieu des bois pour un long week-end.

    Pendant ce séjour, ils se sont raconté leur vie. Chacun voulait que l’autre connaisse toute son histoire, avec ses lumières et ses ombres, ses réussites et ses échecs.

    S’ils devaient s’engager l’un envers l’autre pour l’avenir, ils voulaient s’assurer qu’aucun obstacle ne surgirait plus tard d’un passé qui n’aurait pas été reconnu ou révélé.

    Une telle démarche est courageuse et sage.

    L’essence de l’amour est de savoir que je peux être moi-même, sans masque, et être néanmoins aimé. Dieu nous aime de cette manière. Apprendre à aimer comme lui, c’est faire de même.

    Le mariage s’épanouira si chacun des époux peut confier à l’autre ce qu’il a de plus intime.

    Au début de la célébration du mariage, le prêtre demande aux futurs époux : « Est-ce de votre plein gré que vous venez vous engager dans le mariage ? »

    La liberté dont dépend la validité du sacrement suppose que les époux sachent avec qui ils se marient. Nombre des difficultés qui surgissent au cours des premières années de la vie conjugale pourraient être évitées si chacun recherchait une transparence honnête avant que l’alliance matrimoniale ne soit ratifiée.

    Les époux sont eux-mêmes les acteurs du sacrement. Ils le célèbrent néanmoins dans l’église, devant la croix.

    Répondre oui à cette question : « Voulez-vous vous aimer et vous respecter tous les jours de votre vie et accueillir avec amour les enfants que Dieu voudra vous donner ? », c’est consentir à prendre part à la croix.

    Tout amour conjugal et parental implique une souffrance. Il transpercera le cœur. Il exigera que l’on donne sa vie pour que d’autres puissent vivre.

    Embrasser lucidement cette réalité dès le commencement, en consentant à prendre part à la croix du Christ qui donne la vie, donnera aux époux la force de porter leurs fardeaux et rendra même les charges les plus lourdes apparemment légères.

    La relation horizontale entre mari et femme, parents et enfants, sera soutenue par un axe vertical solide et fiable.

    J’aime le rite que prévoit la liturgie romaine lorsque le prêtre, après avoir reçu les consentements, enveloppe de son étole les mains jointes des époux et déclare :

    « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. »

    Chaque fois qu’il revêt son étole, le prêtre récite cette belle prière d’habillement :

    « Seigneur, rends-moi l’étole de l’immortalité que j’ai perdue par la faute de nos premiers parents. »

    L’alliance matrimoniale nous laisse entrevoir la gloire dont Adam et Ève étaient revêtus avant la chute. Dans certains rites orientaux, les époux sont couronnés, en reconnaissance de la dignité royale de leur filiation retrouvée.

    Dans notre climat d’hyper-sécularisation, qui idéalise sentimentalement le mariage et considère les enfants selon une logique consumériste — comme des biens dont on peut programmer l’arrivée à un moment commode et que l’on préférerait voir produits selon des caractéristiques déterminées —, cette perspective surnaturelle est précieuse.

    Elle rappelle que le mariage ne concerne pas seulement un homme et une femme. Il les fait entrer dans une communion vivante avec Dieu ; plus encore, il les établit ensemble comme une image, une icône vivante, de la sainte Église de Dieu.

    Savoir que le Christ est constitutivement présent dans leur union les encourage dans le difficile travail qui consiste à abandonner la première personne du singulier au profit de la première personne du pluriel : ne plus dire « je veux », mais « nous voulons » ; non plus « j’ai », mais « nous avons ».

    Cela peut les aider à apprivoiser la puissance brute et la profonde vulnérabilité de la sexualité, en intégrant harmonieusement ses dimensions unitives et procréatives.

    Cela les préparera à recevoir les enfants avec révérence, comme des dons bienveillants de Dieu.

    Un couple marié a besoin d’être soutenu par une communauté. Il est faux de considérer les époux comme autosuffisants, en attendant d’eux qu’ils produisent eux-mêmes toutes les ressources et toute la satisfaction dont ils ont besoin.

    Une telle conception ne fait qu’appliquer l’individualisme séculier à une unité collective qui finira par vaciller sous le poids de cette exigence.

    C’est ici que la communauté catholique et la paroisse peuvent jouer pleinement leur rôle. Elles sont appelées à apporter l’attention, l’aide pratique, l’humour et les conseils empreints de compassion que les grandes familles, aujourd’hui largement disparues, pouvaient autrefois offrir.

    4. Les familles confrontées à des situations complexes

    Nous parlons de la « joie et de la beauté » du mariage. Nous avons raison de le faire. Ces qualités correspondent bien à un idéal.

    Mais nous devons aussi faire preuve de prudence et éviter les lieux communs.

    Il suffit de lire Anna Karénine ou de regarder Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman pour constater qu’un couple peut se rendre mutuellement la vie infernale. Il ne faut pas l’oublier.

    Avant de recevoir l’habit monastique, le postulant lit souvent ce passage du Siracide :

    « Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à l’épreuve. »

    Les fiancés pourraient faire de même. Les épreuves viendront.

    Le pape François a écrit Evangelii gaudium, mais aussi Amoris laetitia. Cette distinction sémantique est intéressante.

    Le sens fondamental de la racine latine laet-, qui nous donne laetus et laetare, est celui du bonheur. Mais, dès le latin classique, cette racine possédait aussi une signification agroécologique : elle évoquait l’épanouissement des plantes et la fertilité du sol.

    Cela est parfaitement cohérent.

    Une végétation « heureuse » pousse dans une terre qui a été travaillée pour devenir nourricière. La racine laet- a ainsi également donné le nom laetamen, qui signifie « engrais ».

    Dans l’Antiquité, l’engrais était essentiellement du fumier, lequel sent mauvais.

    La joie de l’amour suppose un terrain débarrassé de ses pierres, soigneusement labouré et suffisamment enrichi de fumier bien riche.

    En formulant cette idée, il ne s’agit pas de retirer au mariage et à la famille leur joie. Il s’agit d’affirmer que cette joie naît du travail, et que ce travail est difficile, souvent sans gratification apparente.

    La vie monastique et la vie conjugale se présupposent et se reflètent mutuellement. Je crois, et je constate, que les familles peuvent bénéficier de la sagesse et de l’expérience héritées de la vie monastique.

    Les moines vivent selon une règle qui consacre l’alliance de la vie commune et en explicite le but et la finalité.

    Lorsque mari et femme s’accordent sur la finalité de leur famille, ils seront mieux préparés à surmonter les obstacles que s’ils n’ont jamais défini leur union comme une tâche à accomplir.

    Cela vaut tout particulièrement lorsque leur finalité commune est transcendante. Ils laissent alors Dieu agir en eux. Ils voient les difficultés comme des occasions de conversion, comme des invitations à sortir de la cellule poussiéreuse de leur propre moi.

    Les moines et les moniales connaissent bien les luttes inhérentes à leur vocation. Les premiers écrits du monachisme, les Apophtegmes des Pères du désert, abordent de front les combats habituels.

    Ces sentences permettent aux moines de rechercher des moyens de résoudre les difficultés concrètes auxquelles ils sont confrontés, sous des rubriques très pragmatiques telles que « Le détachement », « La patience », « La luxure » ou « La tolérance ».

    La pertinence pratique de ces conseils, quinze siècles plus tard, demeure stupéfiante.

    Il serait très profitable, me semble-t-il, de constituer pour les familles un recueil de sentences spirituelles — des apophtegmes — fondé sur l’expérience et éclairé par la foi. Il montrerait comment affronter les épreuves de manière constructive, à la lumière clarificatrice des commandements du Christ et de la grâce efficace qu’il nous donne.

    Lorsque les choses vont mal, nous rétrécissons notre horizon. Nous ne voyons plus que la souffrance présente, et non le chemin qui pourrait se prolonger au-delà.

    L’une des principales préoccupations pastorales dans de telles situations consiste à rappeler l’horizon plus vaste, afin que ceux qui souffrent puissent découvrir le sens potentiellement fécond de leurs difficultés. Celles-ci peuvent contribuer à réduire l’égoïsme et à purifier l’amour.

    Le mariage, pas moins que la vie monastique, est une école de conversion.

    En ce qui concerne les relations dites « irrégulières », je constate que nos communautés catholiques les accueillent généralement avec maturité et justesse.

    Pour les personnes qui se trouvent dans ces situations, il peut être libérateur d’appartenir à un milieu où leur « irrégularité » est reconnue, et non relativisée, et où elles sont néanmoins accueillies dans une amitié chrétienne qui leur permet de contribuer à la vie de la communauté.

    Je pense à l’exemple de nombreuses personnes fidèles que je connais et qui, dimanche après dimanche, viennent recevoir une bénédiction au moment de la communion. Elles savent qu’elles ne peuvent accéder au sacrement, mais se confient à la miséricorde de Dieu à l’œuvre dans l’Église.

    Leur exemple de fidélité contribue largement à édifier la communauté chrétienne. Il témoigne du réalisme vital du sacrement et de la vertu d’espérance.

    Un exil sacramentel vécu dans la durée peut préparer un retour au foyer dans la joie.

    Le Christ nous a donné ses commandements exigeants pour nous éduquer et nous libérer de nous-mêmes, « afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui qui est mort et ressuscité pour eux » (quatrième prière eucharistique).

    Son dessein est de nous faire grandir jusqu’à la pleine stature de la vie nouvelle, divinisée.

    C’est toujours cette vie que nous devons proposer aux personnes, et non la simple approbation humaine — même si nous avons tous besoin, aussi, d’un peu de reconnaissance.

    5. Les familles, actrices de la mission

    Qu’est-ce qui distingue la vision du monde du chrétien de celle des sécularistes ?

    La conviction que, malgré toutes les vicissitudes de l’histoire, malgré les changements provoqués par l’évolution de la nature et l’ingéniosité humaine, la fidélité de Dieu envers l’humanité, créée à son image, est absolue.

    Quoi qu’il arrive par ailleurs, l’amour de Dieu, définitivement révélé en Jésus-Christ, est sûr. Il est le roc sur lequel peuvent se bâtir une vie et une société.

    Les tempêtes peuvent se lever, les vents souffler et frapper : cette fondation demeure.

    La première mission de la famille consiste à témoigner de cet amour stable.

    C’est pourquoi l’indissolubilité du mariage doit être considérée comme un don et une haute mission, comme une marque de confiance de la part de Dieu (cf. Amoris laetitia, 62).

    En se promettant fidélité jusqu’à la mort, mari et femme rendent présente dans l’histoire la réalité de l’amour de Dieu.

    La nature humaine, blessée par le péché, est marquée par l’égoïsme et la promiscuité : nous recherchons notre propre avantage et n’hésitons pas à le poursuivre dans plusieurs directions à la fois.

    Nous pouvons y trouver quelques sensations fortes, mais nous avons peu de chances d’y découvrir une paix véritable.

    Nous continuons à aspirer à un amour unique, capable de donner son sens à toute une existence. Les chansons populaires de toutes les époques en témoignent, y compris celles de notre époque généralement sans Dieu.

    La famille est donc missionnaire avant tout par sa fidélité.

    Aujourd’hui, alors que tant de structures traditionnelles de cohésion sociale se désagrègent autour de nous, cette mission revêt une importance vitale.

    Une deuxième forme de mission familiale est l’hospitalité.

    De même qu’un monastère ne doit « jamais être dépourvu d’hôtes » (Règle de saint Benoît, 53) — il ne doit pas devenir un club replié sur lui-même, réservé au seul bénéfice de ses membres —, une famille chrétienne ouvre sa porte aux autres.

    « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35).

    En s’engageant dans cet idéal avec sagesse et responsabilité, la famille peut renforcer sa propre cohésion dans un esprit de service et de courtoisie.

    On pose parfois la question suivante : comment les familles peuvent-elles contribuer à la formation des prêtres ?

    Pas principalement en débarquant au séminaire, équipées de présentations PowerPoint sur la vie familiale, mais en invitant des séminaristes, des prêtres — et pourquoi pas des évêques ? — à prendre part à leur vie.

    Le prêtre célibataire fidèle à sa vocation rappelle à la famille sa dimension surnaturelle ; la famille rappelle au prêtre que son célibat est ordonné à la fécondité.

    Il en résulte un enrichissement mutuel et joyeux.

    Il est nécessaire de témoigner de la fécondité.

    Les taux de natalité s’effondrent dans le monde entier. Notre espèce ne se renouvelle plus suffisamment.

    Il y a trente ans, les sociologues s’inquiétaient de la surpopulation et déversaient leur fiel sur l’enseignement catholique concernant la régulation des naissances. Nous constatons aujourd’hui que la tendance inverse prévaut.

    Le désir confiant de donner naissance à des enfants s’affaiblit rapidement sur tous les continents.

    La pastorale catholique de la famille doit désormais se concentrer sur la capacité des familles à dire oui aux enfants.

    Cela exige des mesures concrètes : un logement abordable, des services de garde accessibles et des écoles. Cette mission comporte donc aussi une dimension politique.

    Mais, avant tout, elle touche à la conversion des cœurs.

    Désirer fonder aujourd’hui une famille féconde est un acte à contre-courant, presque comme vouloir être punk dans l’effervescence des années 1970.

    L’Église est appelée à soutenir cette saine révolution, en donnant aux jeunes les moyens de choisir la vie et de s’y engager.

    Naturellement, toute tentative de présenter la famille comme un agent de la mission se heurte à une difficulté d’interprétation des Écritures.

    L’attitude du Christ envers la famille peut en effet être déroutante.

    Il appelle Jacques et Jean à quitter leurs liens familiaux, laissant le pauvre Zébédée perplexe dans sa barque (Mc 1, 19-21).

    Lorsqu’il guérit la belle-mère de Pierre, on peut se demander ce qu’est devenue madame Pierre lorsque Céphas a reçu son appel (Mc 1, 30-31).

    Nous frémissons en entendant ces paroles :

    « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10, 37).

    De telles déclarations ne diminuent pas la valeur de la famille. Elles nous invitent à la considérer à la lumière d’un discipulat radical.

    « Cherchez d’abord le Royaume des cieux ! » (Mt 6, 33).

    Ce principe s’applique également aux familles. Lorsqu’elle le met en pratique, une famille peut manifester ce Royaume d’une manière mystérieuse, mais bien réelle.

    Conclusion : la sainteté dans la vie ordinaire

    Le lendemain de la rencontre romaine, tandis que nous qui avons eu la grâce d’y participer en regardons les travaux avec gratitude, l’Église célèbre, comme la Providence l’a voulu, cette incomparable docteur de l’Église qu’est sainte Thérèse d’Avila.

    L’office des lectures de ce jour nous propose un passage de son Autobiographie, qui commence ainsi :

    Celui en qui le Christ Jésus demeure comme un ami et un noble chef peut tout supporter. Le Christ nous aide, nous fortifie et ne nous abandonne jamais. Il est un véritable ami. Et je vois clairement que, si nous voulons lui plaire et recevoir l’abondance de ses grâces, Dieu désire que celles-ci nous parviennent des mains du Christ, par son humanité très sainte, en laquelle Dieu trouve ses délices.

    Voilà une perspective admirable pour considérer les grâces et les défis de la vie familiale.

    Dans la prière d’ouverture de la messe de cette fête, nous demandons :

    « Allume en nous le désir de la véritable sainteté. »

    Amen !

    Mais un tel appel n’est-il pas trop élevé pour nous, pauvres gens ordinaires ?

    Non, si nous laissons Dieu accomplir en nous son œuvre de rédemption et si nous nous souvenons de la haute signification des actes ordinaires de fidélité quotidienne, par lesquels se traduit et se renouvelle une résolution prise une fois pour toutes : celle d’aimer fidèlement.

    Le dernier mot revient à Tevye et Golde.

    Erik Varden est un moine et évêque norvégien, né en 1974. En 2002, après dix années passées à l’Université de Cambridge, il a rejoint l’abbaye de Mount Saint Bernard, dans la forêt de Charnwood, en Angleterre. Le pape François l’a nommé évêque de Trondheim en 2019.

  • Les saints martyrs jésuites du Canada (19 octobre)

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    " Aujourd'hui, nous commémorons la fête des Martyrs d'Amérique du Nord, un groupe de jésuites et religieux français : Jean de Brébeuf, Isaac Jogues, Jean de Lalande, Antoine Daniel, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Noël Chabanel et frère René Goupil. Il est bon de se souvenir de chacun d'eux par leur nom, pour rappeler qu'ils étaient des hommes comme nous (quoique plus saints et plus héroïques), et non de simples figures historiques lointaines. C'étaient des hommes courageux et dévoués qui ont subi les horreurs les plus indicibles – le feu, la torture, la mutilation – sur le chemin de la mort, alors qu'ils s'efforçaient d'accomplir le commandement du Seigneur de prêcher l'Évangile à toutes les nations. " (source)   

    Saint-Martyrs Canadiens

    Les Saints Martyrs Canadiens (source)

    Canonisés et proclamés par Pie XII: PATRONS DU CANADA

    Brève biographie des Saints Martyrs Canadiens

    Le 27 septembre 1540, le basque Ignace de Loyola avec un groupe d'amis dans le Seigneur fonde l’ordre des Jésuites. En 1625, une mission des Jésuites arrivent d’abord en Acadie puis ils iront sur les rives du St-Laurent. En 1626, les Jésuites installent une mission le long de la rivière St Charles qui se situe près de Québec. Ils construisent leurs habitations et apprennent des langues amérindiennes. Le père Lejeune est alors le directeur de la communauté.

    Le père Jean de Brébeuf aura pour tâche de fonder une mission chez les Hurons-Wendat. Ils habiteront un territoire qu'on nommera la Huronie. Ce territoire est situé sur la péninsule de Penetanguishene, aux abords de la Baie Georgienne dans le comté de Simcoe en Ontario.

    Les Jésuites, ou « Robes-noires » comme les autochtones les nommaient, ont transmis le christianisme aux populations autochtones. Les missionnaires ont converti beaucoup de Hurons. Les Français ont malheureusement apporté la variole et d'autres maladies européennes. Les épidémies ont tué un grand nombre d'autochtones.

    Les Iroquois qui étaient les ennemis des Hurons, considéraient les Jésuites comme des cibles légitimes car ils se posaient en alliés des Hurons, lesquels étaient leurs ennemis. Les missionnaires furent tués lors des guerres entre les Hurons et les Iroquois.

    Saint-Jean-de-Brebeuf

    JEAN DE BRÉBEUF est né le 25 mars 1593 à Condé-sur-Vire en Normandie. En 1617, il entre chez les Jésuites. Ses ennuis de santé lui empêchent cependant d'acquérir une connaissance théologique très étendue. De 1622 à 1625, il sera économe au collège de Rouen.

    Il est un des premiers Jésuites à arriver en Nouvelle-France. Le 19 juin 1625, il arrive donc à Québec.

    Les colons ne font pas très bon ménage avec les Jésuites. Le père Brébeuf s'installe le long de la rivière St-Charles dans un tipi et essaie de vivre la vie des Autochtones pincipalement avec les Montagnais. Il vivra une errance de 5 mois.

    En 1626, il franchit 800 milles en canot vers les villages de la Huronie. Cette route conduit les voyageurs par le St-Laurent et l'Outaouais vers la Baie Georgienne et aux Grands-Lacs. Il existait un pacte de bonne entente entre les Hurons et les Français. Champlain les côtoyait et leur faisait confiance.

    De 1626 à 1629, le père Brébeuf s'établit à Troanché, son premier défit est d'apprendre leur langue. En 1629, il est rappelé d'urgence à Québec et assiste à la prise du poste par les Kirke. En juillet 1629, il repart pour la France où il occupera différents postes. En 1633, il retourne en Huronie et cette fois pour y fonder une mission afin de tenter d'évangéliser les Amérindiens. Le 19 septembre 1634, après réflexion, Jean de Brébeuf fixe sa mission à Ihonatiria (St-Joseph) et commence l'évangélisation des Hurons qui s'avère difficile à cause de leurs moeurs. Deux ans plus tard, c'est une épidémie de petite vérole et de grippes malignes qui les frappent. La petite vérole fait tomber à 12,000 une population de 30,000 âmes. Cette épidémie souleva toute la nation contre le père Brébeuf et ses compagnons. Cette situation rendait odieuse la présence des missionnaires. Le père Brébeuf, sentant son sort vulnérable, écrit un testament dans lequel il annonce un futur massacre.

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  • Ego clamavi (Introit du 29e dimanche du TO)

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    Ego clamavi, quoniam exaudisti me, Deus:
    inclina aurem tuam, et exaudi verba mea:
    custodi me, Domine, ut pupillam oculi:
    sub umbra alarum tuarum protege me.

    Moi, j’ai lancé mon appel, car vous m’avez exaucé, mon Dieu:

    prêtez-moi l’oreille, et exaucez mes paroles:
    gardez-moi, Seigneur, comme la prunelle de l’œil:
    à l’ombre de vos ailes protégez-moi.
    Ps.  1
    Exaudi Domine iustitiam meam:
    intende deprecationem meam.
    Écoutez, Seigneur, ma juste cause:
    soyez attentif à ma supplication.
  • Dimanche des missions : Qui va leur dire ?

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    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement (Tournai) (archive 2013) :

    Qui va leur dire?

    homélie du 29e dimanche, « des missions »

    Le pape François fait des déclarations interpellantes, qui ne laissent pas les médias indifférents. Dernièrement il a dit que le prosélytisme était une bêtise grandeur nature1. Il pourrait y avoir des gens qui en concluraient qu’il ne faut pas parler explicitement de Dieu, du Christ, de notre foi en lui, mais plutôt servir, transformer l’Église en un grand service social. Or, le pape est bien clair : le service fait partie de l’action normale de toute communauté chrétienne et de tout chrétien, mais ce n’est pas à ce service que se résume la mission de l’Église et du baptisé. S’il ne faut pas de prosélytisme, il faut la mission, en faveur de tous ceux qui connaissent mal ou pas du tout l’amour de Dieu que le Christ nous révèle et nous fait vivre. Depuis le moment où il a été élu successeur de Pierre, le pape Bergoglio n’a pas arrêté d’inciter l’Église à « s’ouvrir », à atteindre les hommes jusque dans leurs plus lointaines « périphéries existentielles ». Il ne faut pas persuader, mais il faut annoncer.

    Sommes-nous convaincus que le Christ est pour tous, et que c’est manquer l’essentiel de sa vie que de l’ignorer ? Jadis on parlait du salut de l’âme et on craignait de ne pas être sauvés ou que des gens ne soient pas sauvés. Cela motivait à parler du Christ, mais c’était une motivation piégée, où la peur avait au moins autant d’importance que l’amour, où on répandait l’image d’un Dieu qui finalement demande des comptes et présente la facture de nos bêtises. Aujourd’hui on a tendance à penser que la foi n’est plus quelque chose de fondamental. Elle est un élément facultatif de la vie, un « si tu veux » qui ressemble à la crème fraîche qu’on peut ajouter sur ses fraises « si on veut, si on aime ça »… Nous considérons que le monde se sauve bien tout seul, ou qu’en tous cas les hommes de bonne volonté suffisent. « Qu’est-ce que la foi ajoute ? On n’a tout de même pas besoin d’être croyant pour faire le bien ! » Dieu devient une aide facultative, pour ceux qui ont le goût de la croyance.

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  • Message du Saint-Père Léon XIV pour la 100e Journée Mondiale des Missions

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    MESSAGE DU SAINT-PÉRE LÉON XIV
    POUR LA 100e JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 

    [18 octobre 2026

    ____________

    Un dans le Christ, unis dans la mission

    Chers frères et sœurs !

    Pour la Journée Mondiale des Missions 2026, qui marque le centenaire de cette célébration instituée par Pie XI et si chère à l’Église, j’ai choisi le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ». Après l’Année jubilaire, je souhaite exhorter toute l’Église à poursuivre avec joie et zèle dans l’Esprit Saint le chemin missionnaire, qui exige des cœurs unifiés dans le Christ, des communautés réconciliées et, chez tout le monde, une disponibilité pour collaborer avec générosité et confiance.

    En réfléchissant à notre être un dans le Christ et unis dans la mission, laissons-nous guider et inspirer par la grâce divine, afin de « renouveler en nous le feu de la vocation missionnaire » et d’avancer ensemble dans l’engagement de l’évangélisation, pour « une nouvelle ère missionnaire » dans l’histoire de l’Église (Homélie lors de la messe pour le Jubilé du monde missionnaire et des migrants, 5 octobre 2025).

    1. Un dans le Christ. Disciples-missionnaires unis en Lui et avec les frères et sœurs

    Au centre de la mission se trouve le mystère de l’union avec le Christ. Avant sa Passion, Jésus a prié le Père : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’ils soient un en nous eux aussi » (Jn 17, 21). Ces paroles révèlent le désir le plus profond du Seigneur Jésus et, en même temps, l’identité de l’Église, communauté de ses disciples : être une communion qui naît de la Trinité et qui vit de et dans la Trinité, au service de la fraternité entre tous les êtres humains et de l’harmonie avec toutes les créatures.

    Être chrétien n’est pas avant tout un ensemble de pratiques ou d’idées : c’est une vie en union avec le Christ, dans laquelle nous sommes rendus participants de la relation filiale qu’Il vit avec le Père dans l’Esprit Saint. Cela signifie demeurer dans le Christ comme les sarments en la vigne (cf. Jn 15, 4), immergés dans la vie trinitaire. De cette union jaillit la communion réciproque entre les croyants et naît toute fécondité missionnaire. Oui, « la communion est à la fois source et fruit de la mission », comme l’enseignait saint Jean-Paul II (cf. Exhort. ap. Christifideles laici, 32).

    C’est pourquoi la première responsabilité missionnaire de l’Église est de renouveler et de maintenir vivante l’unité spirituelle et fraternelle entre ses membres. Dans de nombreuses situations, nous assistons à des conflits, des polarisations, des incompréhensions, une méfiance réciproque. Lorsque cela se produit également dans nos communautés, leur témoignage en est affaibli. La mission évangélisatrice que le Christ a confiée aux disciples exige avant tout des cœurs réconciliés et désireux de communion. Dans cette optique, il sera important d’intensifier l’engagement œcuménique avec toutes les Églises chrétiennes, en saisissant également les occasions offertes par la célébration commune du 1700e anniversaire du Concile de Nicée.

    Enfin, et ce n’est pas le moins important, être « un dans le Christ » nous appelle à toujours garder les yeux tournés vers le Seigneur, afin qu’Il soit vraiment au centre de la vie personnelle et communautaire, de toute parole, action, relation interpersonnelle, de sorte que nous puissions dire avec émerveillement : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Cela sera possible par l’écoute constante de sa Parole et par la grâce des sacrements, afin d’être des pierres vivantes de l’Église qui est aujourd’hui appelée à recueillir les demandes fondamentales du Concile Vatican II et du Magistère pontifical qui a suivi, en particulier celui du Pape François. En effet, comme l’affirme saint Paul, « ce n’est pas nous que nous prêchons mais le Christ Seigneur » (2 Co 4, 5). Je répète donc les paroles de saint Paul VI : « Il n’y a pas de véritable évangélisation si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Royaume, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, ne sont pas proclamés » (Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, 22). Ce processus d’évangélisation authentique commence dans le cœur de chaque chrétien pour s’étendre à toute l’humanité.

    Ainsi, plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qu’Il nous confie.

    2. Unis dans la mission. Pour que le monde croie dans le Christ Seigneur

    L’unité des disciples n’est pas une fin en soi : elle est ordonnée à la mission. Jésus l’affirme clairement : « Pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). C’est dans le témoignage d’une communauté réconciliée, fraternelle et solidaire que l’annonce de l’Évangile trouve toute sa force communicative.

    Dans cette perspective, il convient de rappeler la devise du bienheureux Paolo Manna : « Toute l’Église pour la conversion du monde entier ». Celle-ci exprime de manière synthétique l’idéal qui a animé la fondation, en 1916, de l’Union Pontificale Missionnaire. À l’occasion de son 110e anniversaire, je lui adresse ma reconnaissance et ma bénédiction pour son engagement à animer et à former l’esprit missionnaire des prêtres, des personnes consacrées et des fidèles laïcs, en favorisant l’union de toutes les forces évangélisatrices. En effet, aucun baptisé n’est étranger ni indifférent à la mission : tous, chacun selon sa vocation et sa condition de vie, participent à la grande œuvre que le Christ confie à son Église. Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le Pape François, l’annonce de l’Évangile est toujours une action chorale, communautaire, synodale.

    C’est pourquoi être unis dans la mission revient à préserver et à nourrir la spiritualité de communion et de collaboration missionnaire. En grandissant chaque jour dans cette attitude, nous apprenons, avec la grâce divine, à regarder nos frères et sœurs toujours davantage avec les yeux de la foi, à reconnaître avec joie le bien que l’Esprit suscite en chacun, à accueillir la diversité comme une richesse, à porter les fardeaux les uns des autres et à rechercher toujours l’unité qui vient d’En Haut. En effet, nous avons tous ensemble une seule mission provenant d’ « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, partout, et en tous » (Ep 4, 5-6). Cette spiritualité constitue la forme quotidienne du fait d’être disciple missionnaire. Elle nous aide à retrouver une vision universelle de la mission évangélisatrice de l’Église, en dépassant la fragmentation des efforts et les divisions en factions – “de Paul”, “d’Apollos” – entre les disciples du Seigneur unique (cf. 1 Co 1, 10-12).

    L’unité missionnaire ne doit évidemment pas être comprise comme une uniformité, mais comme une convergence des différents charismes vers un même but : rendre visible l’amour du Christ et inviter chacun à Le rencontrer. L’évangélisation se réalise lorsque les communautés locales collaborent entre elles et lorsque les différences culturelles, spirituelles et liturgiques s’expriment pleinement et harmonieusement dans la même foi. J’encourage donc les institutions et les réalités ecclésiales à renforcer le sens de la communion missionnaire ecclésiale et à développer avec créativité les voies concrètes de collaboration entre elles pour et dans la mission.

    À ce propos, je remercie les Œuvres Pontificales Missionnaires pour leur service à la coopération missionnaire, dont j’ai déjà fait l’expérience avec gratitude pendant mon ministère au Pérou. Ces œuvres – Propagation de la Foi, Enfance Missionnaire, Saint Pierre Apôtre et Union Missionnaire – continuent à nourrir et à former la conscience missionnaire des fidèles, petits et grands, et à promouvoir un réseau de prière et de charité qui relie les communautés du monde entier. Il est significatif que la fondatrice de l’Œuvre de la Propagation de la Foi, la bienheureuse Pauline Marie Jaricot, ait conçu il y a deux cents ans le Rosaire vivant, qui rassemble encore aujourd’hui de nombreux fidèles en groupes à distance pour prier pour tous les besoins spirituels et missionnaires. Il convient également de rappeler que c’est précisément sur la proposition de l’Œuvre de la Propagation de la Foi que Pie XI institua en 1926 la célébration de la Journée Mondiale des Missions, dont les offrandes recueillies chaque année sont distribuées par celle-ci, au nom du Pape, pour les divers besoins de la mission de l’Église. Les quatre Œuvres, dans leur ensemble et chacune dans sa spécificité, continuent donc à jouer un rôle précieux pour toute l’Église. Elles sont un signe vivant de l’unité et de la communion missionnaire ecclésiale. J’invite tout le monde à collaborer avec elles dans un esprit de gratitude.

    3. Mission d’amour. Annoncer, vivre et partager l’amour fidèle de Dieu

    Si l’unité est la condition de la mission, l’amour en est la substance. La Bonne Nouvelle que nous sommes envoyés annoncer au monde n’est pas un idéal abstrait : c’est l’Évangile de l’amour fidèle de Dieu, incarné dans le visage et la vie de Jésus-Christ.

    La mission des disciples et de toute l’Église est le prolongement, dans l’Esprit Saint, de celle du Christ : une mission qui naît de l’amour, se vit dans l’amour et conduit à l’amour. À tel point que le Seigneur lui-même, dans sa grande prière au Père avant sa Passion, après avoir invoqué l’unité des disciples, conclut ainsi : « Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que moi aussi, je sois en eux » (Jn 17, 26). Les Apôtres ont ensuite évangélisé, poussés par l’amour du Christ et pour le Christ (cf. 2 Co 5, 14). De la même manière, au cours des siècles, des foules de chrétiens, de martyrs, de confesseurs, de missionnaires ont donné leur vie pour faire connaître cet amour divin au monde. Ainsi, la mission évangélisatrice de l’Église se poursuit sous la conduite de l’Esprit Saint, Esprit d’amour, jusqu’à la fin des temps.

    Je tiens donc à remercier tout particulièrement les missionnaires ad gentes d’aujourd’hui : des personnes qui, comme saint François Xavier, ont quitté leur terre, leur famille et toute forme de sécurité pour annoncer l’Évangile, apportant le Christ et son amour dans des lieux souvent difficiles, pauvres, marqués par des conflits ou culturellement éloignés. Ils continuent à se donner avec joie malgré les adversités et les limites humaines, car ils savent que le Christ lui-même, avec son Évangile, est la plus grande richesse à partager. Par leur persévérance, ils montrent que l’amour de Dieu est plus fort que toute barrière. Le monde a encore besoin de ces courageux témoins du Christ, et les communautés ecclésiales ont encore besoin de nouvelles vocations missionnaires, que nous devons toujours garder à cœur et pour lesquelles nous devons sans cesse prier le Père. Qu’Il nous accorde le don de jeunes et d’adultes prêts à tout quitter pour suivre le Christ sur le chemin de l’évangélisation jusqu’aux extrémités de la terre !

    En admirant les missionnaires, j’adresse un appel particulier à toute l’Église : unissons-nous tous à eux dans la mission évangélisatrice par le témoignage de la vie dans le Christ, la prière et la contribution pour les missions. Souvent, nous le savons, « l’amour n’est pas aimé », comme l’a dit saint François d’Assise, vers qui nous tournons notre regard tout particulièrement 800 ans après son entrée au ciel. Laissons-nous contaminer par son désir de vivre dans l’amour du Seigneur et de le transmettre à nos proches comme à ceux qui sont loin, car, comme il l’affirmait, « il faut beaucoup aimer l’amour de Celui qui nous a tant aimés » (Saint Bonaventure de Bagnoregio, Leggenda maggiore, chap. IX, 1 ; Fonti francescane, 1161). Sentons-nous également stimulés par le zèle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui s’était fixé pour objectif de poursuivre sa mission même après sa mort, déclarant : « Au Ciel, je désirerai la même chose que sur terre : aimer Jésus et le faire aimer » (Lettre au révérend M. Bellière, 24 février 1897).

    Encouragés par ces témoignages, engageons-nous tous à contribuer, chacun selon sa vocation et les dons reçus, à la grande mission évangélisatrice, qui est toujours une œuvre d’amour. Vos prières et votre soutien concret, en particulier à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions, seront d’une grande aide pour apporter l’Évangile de l’amour de Dieu à chacun, en particulier aux plus pauvres et aux plus nécessiteux. Chaque don, même le plus modeste, devient un acte important de communion missionnaire. Je renouvelle donc mes sincères remerciements « pour tout ce que vous ferez pour m’aider à aider les missionnaires partout dans le monde » (Message vidéo pour la Journée Mondiale des Missions 2025). Et afin de favoriser la communion spirituelle, je vous laisse, avec ma bénédiction, cette simple prière :

    Père saint, accorde-nous d’être un dans le Christ, enracinés dans son amour qui unit et renouvelle. Fais que tous les membres de l’Église soient unis dans la mission, dociles à l’Esprit Saint, courageux dans le témoignage de l’Évangile, annonçant et incarnant chaque jour ton amour fidèle pour toute créature.

    Bénis les missionnaires, soutiens-les dans leurs efforts, garde-les dans l’espérance !

    Marie, Reine des missions, accompagne notre œuvre d’évangélisation aux quatre coins de la terre : fais de nous des instruments de paix, et fais que le monde entier reconnaisse dans le Christ la lumière qui sauve. Amen.

    Du Vatican, le 25 janvier 2026, Troisième dimanche du Temps ordinaire, fête de la Conversion de Saint Paul

    LÉON PP. XIV

  • "Les césars changent, Dieu demeure"

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    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à St Germain de l’Auxerrois (source)

    Saint-Germain de l’Auxerrois (1er) - (archive 18 octobre 2020)

    29e dimanche du temps ordinaire – Année A

    - Is 45,1.4-6 ; Ps 95, 1.3-5.7-10 ; 1 Th 1,1-5 ; Mt 22,15-21

    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22,21).

    Cette parole du Christ a traversé l’histoire. Pour beaucoup d’analystes, elle a permis de séparer le temporel du spirituel, ce qui vient des hommes et ce qui vient de Dieu. Les affaires publiques et la chose privée. En réalité, l’histoire nous enseigne que ce n’est pas aussi simple.

    Des gouvernants et des rois ont voulu gérer les affaires de l’Église. Constantin au concile de Nicée, Charlemagne pour résoudre la question épineuse du filioque, l’empereur d’Allemagne Henri IV pour nommer les évêques à la place du Pape, Henri VIII d’Angleterre… A contrario, des hommes d’Église se sont piqués de gouverner les états ou de s’immiscer dans leurs affaires.

    Cette question aujourd’hui se pose particulièrement avec l’extension du salafisme. Certains sondages nous révèlent qu’une majorité de musulmans préfèrent obéir à la charia plutôt qu’aux lois de la République. Et nous alors, les chrétiens ?

    Il y a une tradition portée par saint Paul et saint Pierre dès le début du christianisme. D’un côté, ils demandent le respect de l’autorité, la participation citoyenne et l’obéissance aux lois du pays dans lequel vivent les chrétiens (Rm 13, 1 ; 1Tm 2, 1-2 ; 1P 2, 13-14).

    En même temps, la tradition catholique valorise le primat de la conscience. Saint Pierre écrit : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29). Ainsi les premiers chrétiens ont refusé d’adorer l’empereur de Rome comme un dieu. Ils l’ont payé de leur vie.

    Aujourd’hui encore, il est légitime de faire valoir son droit à l’objection de conscience chaque fois qu’il apparaît une injustice inacceptable. Cette objection est même un devoir. Ainsi s’exprime l’encyclique de saint Jean Paul II L’Évangile de la vie (73). Le 2e procès de Nuremberg a opposé ce principe en réponse aux médecins des camps qui invoquaient leur obéissance aux ordres pour justifier leur attitude. Il n’est pas acceptable de poser un acte contraire à sa conscience, comme pratiquer un avortement pour un médecin qui a intégré le serment d’Hippocrate dans lequel est écrit le respect de toute vie : « Je ne donnerai pas de pessaire abortif ». Alors, que penser ?

    Écoutons Jésus répondre à Pilate qui pense avoir le droit de vie et de mort sur lui : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’était donné d’en haut » (Jn 19, 11). Encore une fois il s’agit du principe de subsidiarité. Dieu permet à un homme de gouverner parce qu’il entre dans ses projets, comme Cyrus le roi de Perse dans la première lecture. Ce dernier doit exercer son rôle pour le bien de tous et doit être respecté. En revanche, s’il outrepasse sa fonction et contrevient au bien commun, ses décisions deviennent invalides. Le bien commun, différent de l’intérêt général qui peut supporter le sacrifice du plus faible, peut être recherché indépendamment d’un lien conscient à Dieu puisqu’il s’agit du bien de chacun, personnellement et ensemble. Les chrétiens, inspirés par l’amour de Dieu, y sont particulièrement sensibles. Ils peuvent et doivent s’engager dans la chose publique (res publica) au service du bien de tous. Mais il convient que jamais ils n’oublient que la source de leur action vient de Dieu qui est Amour. Si nos pièces de monnaie sont à l’effigie de l’un ou l’autre César d’aujourd’hui, nous sommes nous, et pour toujours, à l’effigie de Dieu. Les césars changent, Dieu demeure.

    +Michel Aupetit, archevêque de Paris.

  • Rendre à Dieu ce qui est à Dieu (29e dimanche ordinaire)

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    "Benoît et moi" met en ligne la traduction d'une homélie de l'évêque de Cordoue que nous livrons à votre méditation en ce 29e dimanche "ordinaire"

    (archive 2011)

    Dieu et César
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    Dans l’Évangile de ce dimanche Jésus a établi un principe aux énormes conséquences pour la vie sociale des peuples et des nations, qui sont composées de personnes individuelles. «Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » - Matthieu XXII, 21 – (ndt dans saVersion latine de la Sacra Biblia Vulgata Clementina : Reddite ergo quæ sunt Cæsaris, Cæsari : et quæ sunt Dei, Deo). Il s’agit d’un principe pré-politique d’une importance capitale, également de nos jours. Beaucoup de conflits qui aujourd’hui prennent naissance dans la vie sociale proviennent du non respect de ce principe que le Christ a introduit dans l’histoire et dans la vie des hommes et qui est un principe que se trouve à la portée de la raison humaine.

    Dieu est le créateur de l’univers et il a également doté l’homme de la capacité de vivre dans la société. L’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu est un être social par nature. Et dans la société nous trouvons des personnes de tout type, les uns croyants, les autres non. Les uns ont telle religion, d’autres l’autre. Tout n’est pas égal, de même que tout ne vaut pas la même chose. Nous ne devons pas non plus laisser chacun avec la sienne, dans un relativisme avec l’apparence de la tolérance, qui dévalue tout.

    À cela s’ajoute l’attitude de ceux qui veulent se passer de Dieu et qui sont dérangés par tout ce qui fait référence à Dieu, passant à une attitude qui exclut et parfois attaque tout ce qui est religieux, surtout s’il s’agit de la religion catholique. La vérité doit être recherchée inlassablement et le cœur humain est capable de l’atteindre, principalement quand Dieu est venu à la rencontre de l’homme pour nous la communiquer.

    « Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Le vie humaine a ses lois propres et son autonomie que nous devons tous respecter. Mais de telles lois ont une source propre et leur propre limite. L’autonomie des réalités temporelles signifie que l’autorité civile doit donner des règles à la coexistence de tous les citoyens à travers les organes propres du gouvernement, mais elle doit le faire dans le respect de la loi naturelle et du droit naturel, accessible à toute raison humaine.

    « Le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, un ordre juridique dérivé de la révélation, mais s’en est remis à la nature et à la raison comme véritables sources de droit », rappelait Benoît XVI au Parlement allemand récemment (22.09.2011). C'est pourquoi une grande partie de la matière qui doit être réglée juridiquement a comme critère celui de la majorité, mais sur des questions fondamentales dans lesquelles est en jeu la dignité humaine, le principe de la majorité ne suffit pas. Il est nécessaire d’avoir recours au droit naturel de manière à ce que les lois n’aillent jamais contre l’homme.

    Faire que Dieu gouverne tout c’est ignorer qu’il faut donner à César ce qui est à César. Se passer de Dieu et de toute influence de la religion dans le fonctionnement de la société c’est se fermer à l’influence bénéfique que l’homme reçoit de Dieu à travers la religion. Le monde contemporain a besoin de se rappeler ce principe de l’Évangile, qui est le fondement de la liberté religieuse, de l’autonomie des réalités temporelles et en définitive du droit naturel, accessible à la raison de tous les hommes. Étouffer toute relation avec Dieu sous prétexte de l’autonomie humaine comme le fait la raison positiviste, c’est comme nous enfermer dans un édifice de béton armée sans fenêtres, dans lequel nous nous fabriquons par nous-mêmes le climat et la lumière, sans ne plus vouloir recevoir ces deux choses du grand monde de Dieu. Nous avons besoin d’ouvrir à notre époque les fenêtres à Dieu qui ne supprime pas les droits de César, mais les garantit dans une liberté que l’homme seul pour atteindre quand il a Dieu.

    Recevez mon affection et ma bénédiction.

    + Demetrio Fernández, évêque de Cordoue.

  • L'évangéliste saint Luc (18 octobre)

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    San_Luca_I.jpgD'"Evangile au Quotidien" :

    Saint Luc

    Évangéliste et martyr (Ier siècle)

    Luc, né à Antioche, est une des principales gloires de cette ville. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore même si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée.

    Luc selon le témoignage de saint Paul, à la fin de sa Lettre aux Colossiens « Vous avez la salutation de Luc, le médecin bien-aimé, et de Démas. » (4, 14), était médecin. Personne n'a autant mérité que lui le titre de « porteur de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur » !

    Son œuvre comporte deux parties reliées par Jérusalem : son Évangile en est comme l'ascension depuis Bethléem et Nazareth (l'évangile de l'Enfance), et le témoignage des Actes des Apôtres nous conduit de Jérusalem à Rome. Saint Luc nous a ainsi laissé, avec saint Paul, la plus importante contribution personnelle au Nouveau Testament : il est l'historien de l'Église naissante.

    Ami et compagnon de saint Paul, avec Timothée il sera l'un des amis les plus intimes de l'Apôtre des Nations, spécialement au cours des 2e et 3e missions, à travers l'Asie mineure, la Grèce, la Méditerranée et enfin Rome.

    Saint Luc, en communion étroite avec le témoignage des Apôtres et de l'Église de Jérusalem, se fera, selon l'expression de Dante, « le chantre de la mansuétude du Christ » ! Dans la personne et le visage de Jésus le Sauveur, Luc met d'abord en relief, avec une très vive sensibilité, l'amour qui est tendresse et miséricorde.

    C'est dans son évangile qu'on trouve les récits les plus forts : de l'Agonie de Jésus au Jardin des oliviers, de l'accueil sans limites à tous les pécheurs, à tous les malades d'où qu'ils viennent. On y trouve les paraboles du publicain et du bon Samaritain et le témoignage du bandit qui meurt dans la paix, en croix près de Jésus. Les femmes, dans l'œuvre de saint Luc, ont une place considérable qui correspond parfaitement aux attitudes du Seigneur : l'accueil de la pécheresse, l'hospitalité de Marthe et l'écoute de Marie à Béthanie, les veuves de Naïm et du Temple…et surtout la place faite à Marie, Mère de Jésus. Luc nous en a laissé la plus belle Icône en témoignant : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Luc 2,19)

    Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ? D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait, et la divine Mère aurait consenti à poser devant lui ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : « Ma grâce sera toujours avec cette image. » Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux.

    Les Actes s'achevant brutalement, sans que l'on sache ce qu'il advint de saint Paul toujours détenu à Rome, le lecteur en conclut que saint Luc mourut avant lui. Cependant, Selon Épiphane (Haer. 51), à la mort de Paul, Luc serait revenu évangéliser en Macédoine. Vivant une vie de moine, il serait mort à l'âge de 84 ans.

    Selon d'autres sources, il aurait connu le martyre (crucifiement). Au IVe siècle, sa dépouille aurait été transférée de Patras à l'église des Apôtres de Constantinople, ce qui donna lieu à la dispersion et la vénération de nombreuses reliques du saint (comme celle de sa tête emportée par saint Grégoire jusqu'à Rome) ; en outre, plusieurs icônes de la Vierge étaient considérées comme ayant été peintes par saint Luc, car à sa pratique des langues, du droit et de la médecine il aurait ajouté celle de la peinture.

    Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

    Luc est symbolisé par le taureau, animal de sacrifice, parce que son évangile commence par l'évocation d'un prêtre sacrificateur desservant le Temple de Jérusalem : Zacharie, le père de Jean-Baptiste.

    Pour un approfondissement :
    >>> Livre des Actes des Apôtres
    >>> Évangile selon saint Luc

    Sources principales : lejourduseigneur.com ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

  • Saint Luc (18 octobre), un évangéliste soucieux d'exactitude historique

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    Extraits des Evangiles de Noël du Père René Laurentin (1999) :

    L'historicité de l'Evangile de l'enfance selon Saint Luc

    • L'évangile de l'enfance selon Luc est préfacé par une claire déclaration d'historicité :

    « Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des évènements accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent depuis le commencement témoins oculaires, et sont devenus serviteurs de la Parole, il m'a paru bon, à moi aussi, après m'être rigoureusement informé de tout depuis l'origine, d'en écrire pour toi un récit en bon ordre excellent Théophile, pour que tu saches la certitude des paroles que tu as reçues. »

    Le souci des « témoins oculaires », affirmé par ce Prologue, est patent dans les deux chapitres de l'enfance. Luc se réfère, à 3 reprises, aux témoins qui « gardaient ces paroles évènements » dans leur coeur (Luc 1, 66 ; 2, 19 et 51). Et son Évangile témoigne constamment du souci de s'informer, non seulement auprès des Douze, mais de la famille de Jésus, et des femmes qui l'avaient accompagné comme disciples dans son ministère (Ac 8, 1-3, etc.). Dans les actes des Apôtres (1, 14), il situe en bonne place dans la communauté primitive, ces 2 catégories (femmes et famille) au recoupement desquelles il nomme : « Marie, Mère de Jésus », témoin et source des récits de l'enfance, selon Lc 2, 19 et 51.

    • L'examen attentif des Évangiles de l'enfance manifeste leur souci d'une référence exacte aux faits et évènements. J'ai détaillé ces indices dans les Évangiles de l'enfance. En voici quelques-uns : 

    Luc a écrit le récit de la Visitation en reprenant, pas à pas, des thèmes et termes du transfert de l'Arche d'Alliance selon 2 S 6. Invente-t-il donc ce récit selon ce modèle symbolique ? On a un indice du contraire : « l'arche demeura 3 mois dans la maison d'Obededom », disait le récit-modèle (2 S 6, 11). Luc reprend cette phrase et ce chiffre en 1, 56 pour évaluer le temps que Marie passa dans la maison de Zacharie. Mais il ajoute le mot « environ » qui n'appartient pas au texte source. Cette nuance manifeste le souci de ne pas forcer le rapprochement. 

    Il ne fait pas de Marie une descendante de David, ce qui l'aurait bien arrangé pour étoffer les attaches davidiques du Christ. A partir du IIe siècle, les écrivains chrétiens, animé du même zèle généalogique, n'auront pas la même retenue. Ils feront de Marie une descendante de David, non par information, mais par logique et convenance. Luc est plus rigoureux. Il ne précise pas l'ascendance de Marie. Il lui eut pourtant été facile de l'affirmer avec celle de Joseph (1, 27) : « Tous deux », aurait-il pu dire, comme il dit 2 fois pour le couple Zacharie-Elisabeth. A la différence de cette dernière (1, 5) et de la prophétesse Anne (2, 36), Marie est la seule femme dont il ne précise pas la lignée. 

    Pour que le Christ cumule les traits des 2 Messies de Qumran : « Messie royal issu de David et Messie sacerdotal issu d'Aaron », Luc manifeste les attaches sacerdotales de Jésus : Elisabeth était « descendante d'Aaron (1, 5), et Marie, sa parente » (1, 36), dit-il. Mais il laisse ce lien dans le vague, et ne dit point Marie descendante d'Aaron. 

    René Laurentin, Les évangiles de Noël, Desclée, 1999

  • Saint Luc, évangéliste, patron des médecins, des sculpteurs et des peintres

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    Du blog "Christ Roi" :

    Patron des médecins, des sculpteurs et des peintres.

    Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

    Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin, 1562

    Saint Luc, né à Antioche. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée. (1)

    L'historien des débuts de la vie de l'Église

    Doué d'un caractère ferme et d'une belle intelligence, il fut très habile médecin (Col 4,14), et ne dédaignait pas, dans ses loisirs, de cultiver l'art de la peinture, pour lequel il avait un goût prononcé.

    Il possédait une culture grecque vaste et une connaissance approfondie de la tradition et des observances juives, comme les observances alimentaires (Ac 10), le culte juif synagogal du sabbat à Antioche de Pisidie, composé de la lecture de la Loi et des Prophètes, et d'une parole d’exhortation qui est un commentaire homilétique de l'Écriture (Ac 13, 14-15).

    Dans son Évangile, il exposa avec soin tout ce que Jésus a fait et enseigné, en scribe de la miséricorde du Christ, et, dans les Actes des Apôtres, il se fit l'historien des débuts de la vie de l'Église jusqu'au premier séjour de saint Paul à Rome. (Martyrologe romain)

    On n'a pas connaissance dans l'Antiquité d'un païen aussi fin connaisseur du judaïsme et de la Septante. Une hypothèse récente établit que Luc viendrait de la mouvance des Craignant-Dieu, c'est-à-dire des païens attirés par le judaïsme et vivant dans son orbite. (2)

    La tradition chrétienne le considère comme l'auteur de l'Évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres. (3)

    Pentecôte

    Luc serait sûrement arrivé à l'une des premières charges de la cité, quand il renonça à son brillant avenir pour aller voir, en Judée, ce Jésus qui venait d'inaugurer sa vie publique, et dont le nom, la doctrine, les miracles, faisaient grand bruit dans tous les pays voisins. Il le vit, crut en sa mission divine, et prenant pour lui la parole du Maître : Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suive, il suivit dès lors le Sauveur pas à pas dans ses courses apostoliques ; il fut témoin de sa Passion, de sa Résurrection, de son Ascension, reçut le Saint-Esprit au Cénacle, le jour de la Pentecôte - ou envoi de l'Esprit-Saint sur les Apôtres que Luc affiche comme l'évènement fondateur de la Chrétienté - (Ac 1,13-14), et partit pour évangéliser Antioche, sa patrie.

    Plein d'enthousiasme pour le génie de saint Paul, Luc le prit pour son maître et se joignit à lui pour l'aider dans ses travaux ; il lui fut si fidèle, qu'il l'accompagna dans tous ses voyages et supporta patiemment avec lui fatigues, souffrances et persécutions. 

    Après la mort du grand apôtre, Luc continua son apostolat en Italie, dans les Gaules, la Dalmatie, la Macédoine. Il rédige en Grèce, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, ses deux ouvrages, l'Évangile qui porte son nom et les Actes des Apôtres.

    Son Évangile est surtout précieux par ses récits assez détaillés des mystères de l'Incarnation et de la Nativité du Sauveur, de l'Annonciation et de la Visitation. Les Actes des Apôtres servirent à faire disparaître beaucoup de mensonges qu'on répandait sur le christianisme naissant, et à confirmer les fidèles dans la foi.

    L'Évangile selon Luc + les Actes des Apôtres sont situés de manière habituelle dans les années 80, mais ils pourraient bien être aussi des années 60. L'Évangile selon Marc est situé autour des années 60 après l'avoir été autour des années 70, mais il pourrait bien être des années 50. L'Évangile selon Jean est situé autour des années 90, mais à cause de son caractère mystique et de certaines caractéristiques relevant de la topographie et de la chronologie il pourrait bien être des années 60." (4)

    Les Actes des Apôtres sont la suite de l'Évangile selon Luc. D'un point de vue historien, ils ont été considérés comme rapportant des récits sur l'histoire des origines du christianisme. Leur premier objectif pourrait avoir été de montrer aux disciples de Jésus que le message de Pierre et de Paul est tout aussi légitime que celui de Jacques le Juste si ce n'est plus et de présenter les apôtres Pierre et Paul comme les continuateurs principaux de l'oeuvre de leur maître, le Messie Jésus. (5)

    Cette oeuvre (Évangile selon Luc + Actes des Apôtres) attribuée à Luc, [...] présente l'activité religieuse du mouvement des disciples de Jésus à ses débuts." (6)

    Pour les exégètes, l'auteur "lucanien" expose comment Dieu se détourne d'Israël qui refuse le Messie pour adopter l'universalité du monde gréco-romain, tout en situant l'Église dans l'exacte continuité d'Israël, dans une volonté de tenir ensemble les Judéens qui accueillent Jésus-Messie et les Gréco-Romains "craignant Dieu". (7)

    Simon Claude Mimouni avance l'hypothèse que les élites judéennes disparues de certaines régions de la Diaspora romaine de langue grecque entre 70 et 135, voire après, consécutivement à la destruction du Temple de Jérusalem, "n'ont pas tout simplement adhéré au mouvement chrétien, [...] et n'existant plus désormais que comme chrétiennes. [...] Auquel cas, les Actes des Apôtres, quelques décennies plus tard auraient joué leur rôle auprès des Judéens de la Diaspora romaine." (8)

    Les autorités chrétiennes de la seconde moitié du IIe siècle (150-200) ont intégré l'Évangile selon Luc au corpus des Évangiles, en constituant ainsi le "premier canon dont le document de Muratori pourrait en être le témoin principal." (9)

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    Saint Luc, Évangéliste

    Qui n'a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ?

    Un tableau de la Vierge Marie fut retrouvé à Jérusalem quelques années après sa mort : on considère que saint Luc en est l'auteur. (10)

    D'après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait [Selon la tradition, la représentation de "Notre-Dame du Perpétuel Secours" est tiré de ce premier dessin] ; le travail terminé, la Sainte Vierge l'aurait béni en disant : "Ma grâce sera toujours avec cette image."

    Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. 

    C'est lui qui nous a parlé avec tant de délicatesse de la Mère de Dieu, la toute pure et toujours Vierge Marie dont il nous dit: "Elle méditait toutes ces choses en son cœur", ce qui veut dire qu'avec amour Marie relisait dans sa mémoire les faits et gestes du Seigneur, pour en approfondir toute la signification, comme saint Luc l'a fait en écoutant saint Paul et en nous transmettant cet évangile de la bonté de notre Père du ciel.(11)

    Luc répandit son sang pour la foi, à l'âge de 84 ans, soit dans le Péloponnèse, soit en Bithynie.

    Saint Luc, fêté le 18 octobre, dans Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011. (12)

    Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

    En France, l'Académie de Saint-Luc préfigurait avant la Révolution l'Académie des Beaux-Arts.

    Saint Luc est représenté accompagné ou symbolisé par un taureau. (13)

    Saint Luc, Évangéliste, Patron des médecins (Ier s.)

    "Je m’engage à suivre Luc, Saint Patron des soignants, en montrant par mon attention aux autres que le seul souhait du Sauveur est de nous guérir de notre mal intérieur par Sa Miséricorde pour pouvoir ainsi accéder au Royaume de l’amour éternel qui nous unit au Seigneur !" (Mgr JM LE GALL Twitter)(14)

    Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

    Saint Luc peignant la Madone, Andrea Delitio, 1477

    Sources : (1) l'Évangile au quotidien ; (2) Daniel Marguerat, Le Judaïsme synagogal dans les Actes des Apôtres, dans Les Judaïsmes dans tous leurs états, aux Ier – IIIe siècles (Les Judéens des Synagogues, les chrétiens et les rabbins), Actes du Colloque de Lausanne, 12 – 14 décembre 2012, publiés sous la direction de Claire Clivaz, Simon Claude Mimouni et Bernard Pouderon, Brepols 2015 , p. 182-184 ; (3) Wikipedia ; (4) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 21 ; (5) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid.,, p. 88-90 ; (6) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p.  117 ; (7) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 103 ; (8) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 108 ; (9) Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, ibid., p. 99 ; (10) Priya Hemenway, Saints, Evergreen, Taschen 2007 p. 57 ; (11) Nominis ; (12) Christine Barrely, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 115 ; (13) Marguerite-Marie Thiollier, Dictionnaire des religions, Collection Marabout Université, Saint-Amand 1982, p. 222-223 ; (14) https://twitter.com/mgrjmlegall/status/1582236232255696896?s=20&t=6ZoGcFKqBt-pkUx0w-XwLw

  • Saint Luc et la Vierge Marie

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    Le site "Marie de Nazareth", très bien construit, analyse l'évangile de saint Luc (fêté ce 18 octobre) et la très riche information qu'il contient concernant la Vierge Marie :

    L'Evangile selon saint Luc et la Vierge Marie

    Saint Luc est celui qui parle le plus de la Vierge Marie : sur 152 versets du Nouveau Testament regardant la Vierge de Nazareth,  environ 90 sont en Luc (cliquer sur les liens pour accéder aux textes).

    Evangile selon St Luc

  • Le cardinal Semeraro béatifiera ce samedi à Ibiza vingt prêtres assassinés par haine de la foi en 1936.

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    D'InfoVaticana :

    Semeraro béatifiera ce samedi à Ibiza vingt prêtres assassinés par haine de la foi en 1936.

    Juan Torres et ses dix-neuf compagnons, âgés de 24 à 77 ans, sont décédés entre le 7 août et le 13 septembre 1936 ; dix-sept d’entre eux, au château de Dalt Vila.

    Le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les causes des saints, béatifiera Juan Torres Torres et dix-neuf de ses compagnons ce samedi 17 octobre à 11 h à la cathédrale d'Ibiza. Ces prêtres diocésains ont été assassinés par haine de la foi entre août et septembre 1936 sur le territoire du diocèse d'Ibiza. Le cardinal Semeraro présidera la cérémonie au nom de Léon XIV, qui a autorisé la promulgation du décret reconnaissant leur martyre le 18 juin. Selon le diocèse, il s'agira de la première béatification célébrée aux îles Baléares.

    Le diocèse entame aujourd'hui, vendredi, sa veillée par un pèlerinage sur les lieux de décès des nouveaux bienheureux. Mgr Vincent Ribas présidera une prière à 10h00 au château de Dalt Vila, aujourd'hui transformé en parador (hôtel d'État). Il priera ensuite à Sa Carrossa et à La Savina, sur l'île de Formentera, puis à 19h00 sur la place de l'église Sant Carles. À 20h30, il présidera les vêpres en l'église Santa Eulària. Dimanche 18, une messe d'action de grâce sera célébrée à la cathédrale. Les 24 et 25 octobre, des messes seront célébrées dans toutes les paroisses. Enfin, le 6 novembre, la fête liturgique des nouveaux bienheureux sera célébrée pour la première fois.

    Les vingt prêtres, âgés de 24 à 77 ans, périrent en un peu plus de cinq semaines, entre le 7 août et le 13 septembre 1936. Le premier à mourir fut Juan Torres Torres, qui donna son nom à la cause. Ordonné le 6 juin de cette année-là, il fut tué à La Savina le 7 août, puis son corps jeté à la mer. Il avait 24 ans. Le plus âgé du groupe, José Tur Bennassar, avait été ordonné en 1884 ; un demi-siècle sépare donc les deux ordinations. Le lendemain de la mort de Torres, l’intendant de Sant Carles, Antonio Tur Costa, et son père furent fusillés ; selon le diocèse, son frère fut également tué plus tard à Santa Eulària, simplement parce qu’il était son frère. Dix-sept des vingt furent assassinés au château de Dalt Vila le 13 septembre, date à laquelle le diocèse commémore leur mémoire chaque année.

    Parmi eux, Antonio Roig Guasch, économe de Sant Francesc Xavier à Formentera, fut emmené à Ibiza, contraint d'abjurer sa foi et de blasphémer, et mourut à Sa Carrossa en criant « Vive le Christ Roi ! ». L' évêque Ribas résuma alors la cause en une phrase : « Ils sont morts uniquement pour leur foi . » Trois des futurs bienheureux, Antonio Cardona Vingut, José Ramón Escandell et Mariano Roig Marí, figurent dans les registres de la Confrérie du Saint-Christ du Cimetière, fondée en 1890. Sa présidente, María de las Nieves Jiménez Bonet, déclara au même journal : « C'est une immense joie que trois personnes ayant appartenu à notre confrérie soient béatifiées . »

    La cause a été ouverte par l'évêque Vicente Juan Segura le 23 novembre 2008. La phase diocésaine s'est achevée le 12 juin 2015 et Rome a reconnu sa validité le 27 janvier 2017. Les conseillers historiques ont approuvé la Positio le 28 janvier 2025, les théologiens ont donné leur avis favorable un an plus tard, et les cardinaux et les évêques du Dicastère ont rendu leur jugement le 16 juin 2026, deux jours avant l'approbation du Pape. La procédure a débuté avec vingt et un noms. Le Dicastère a exclu Francisco Planells Tur car, selon le diocèse, les preuves recueillies ne permettaient pas d'atteindre la certitude morale requise. Le diocèse examine également les cas de onze laïcs et d'un groupe de jeunes de l'Action catholique de la paroisse Sant Jordi.

    Cette béatification intervient deux jours après la mise à jour des données du Bureau des causes des saints de la Conférence épiscopale concernant la persécution religieuse des années 1930 : selon El Debate , on compte 2 404 bienheureux, 11 saints et 3 040 cas de béatification encore à l’étude dans les diocèses, soit un total de 5 455, sans compter les cas en cours d’instruction ni ceux dont la cause n’a jamais été officiellement ouverte. Quatre-vingt-dix ans plus tard, ces vingt prêtres seront béatifiés dans la cathédrale du diocèse où ils ont exercé leur ministère, et non à Rome.


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