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Foi

  • Renouveau et Concile : le point de vue d'un juriste

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    De James Kalb sur le CWR :

    Renouveau et Concile : le point de vue d'un juriste

    La situation et les problèmes auxquels était confronté le catholicisme du milieu du XXe siècle étaient sans précédent. Comment aurait-on pu prévoir exactement ce dont il aurait besoin ?

    Le pape Jean XXIII préside la séance d'ouverture du concile Vatican II dans la basilique Saint-Pierre le 11 octobre 1962. (Photo CNS/L'Osservatore Romano)
    Les hommes qui ont discuté et approuvé les documents du concile Vatican II ont également supervisé leur mise en œuvre. La réaction de l'Église au concile fut néanmoins très différente de ce qu'elle avait prévu.

    Pourquoi cela s'est-il produit ?

    Je ne suis ni théologien ni historien, mais juriste. Cela ne m'est généralement pas d'une grande utilité en matière religieuse, mais cela me permet de m'intéresser aux questions institutionnelles et procédurales qui peuvent avoir une incidence profonde sur la vie de l'Église.

    Au moment du Concile, des problèmes se développaient dans le monde et au sein de l'Église, comme la disparition de Dieu de la conscience collective, qui touchaient aux fondements mêmes de notre civilisation autrefois chrétienne. Un renouveau était nécessaire, et nombreux étaient ceux, au sein de l'Église, qui réfléchissaient à sa forme.

    Mais leurs idées étaient-elles vraiment complètes, exactes et compatibles ? Et comment auraient-elles dû être testées et développées ?

    Il est dit que « le vent souffle où il veut… mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va ; il en est de même pour quiconque est né de l’Esprit ». Dès lors, il semble peu probable que le renouveau soit impulsé par un concile œcuménique décidant de nouvelles orientations théologiques et pastorales.

    Les périodes de renouveau passées ne se sont pas déroulées ainsi. En de telles occasions, l'action de la hiérarchie a principalement consisté à clarifier la doctrine, à réprimer les abus, à renforcer la discipline et à affirmer l'autonomie de l'Église face au monde séculier. Lorsque cela s'avérait opportun, elle a également soutenu des mouvements catholiques non initiés par la hiérarchie, tels que la réforme clunisienne, l'essor des ordres mendiants et la profonde spiritualité de la Réforme catholique.

    L'Église a besoin de sa hiérarchie (et les prélats sont parfois des saints), mais lorsqu'ils agissent officiellement et collectivement, leurs fonctions sont généralement moins créatives ou prophétiques que critiques et contraignantes. Ils s'occupent de choses qui peuvent être transformées en discipline et en routine. Ces choses sont très importantes, mais elles ne font pas tout.

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  • Le pape Léon XIV proclame l'année jubilaire franciscaine avec obtention de l'indulgence plénière

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    D'Almudena Martínez-Bordiú (ACI Prensa) sur CNA :

    Le pape Léon XIV proclame l'année jubilaire franciscaine

    12 janvier 2026

    Le pape Léon XIV a proclamé une « Année spéciale de saint François » pour commémorer le 800e anniversaire de la mort du saint. Durant cette période de grâce, qui s'étendra jusqu'en janvier 2027, les fidèles auront la possibilité d'obtenir une indulgence plénière.

    Cette Année jubilaire franciscaine, considérée comme un don pour toute l'Église et une occasion de véritable renouveau spirituel, a été inaugurée le 10 janvier par un décret émis par la Pénitencerie apostolique du Saint-Siège.

    Jusqu'au 10 janvier de l'année prochaine, les fidèles peuvent obtenir cette grâce dans les conditions habituelles — confession sacramentelle, communion et prière aux intentions du pape — en effectuant un pèlerinage dans n'importe quelle église conventuelle franciscaine ou lieu de culte dédié à saint François, partout dans le monde.

    De plus, les personnes âgées, les malades et ceux qui, pour des raisons sérieuses, ne peuvent quitter leur domicile, peuvent obtenir l'indulgence plénière en participant spirituellement aux célébrations du jubilé et en offrant à Dieu leurs prières, leurs peines ou leurs souffrances.

    Dans un monde où « le virtuel prend le pas sur le réel, où les désaccords et la violence sociale font partie du quotidien, et où la paix devient chaque jour plus précaire et plus lointaine, cette Année de Saint François nous incite tous, chacun selon ses possibilités, à imiter le pauvre d’Assise, à nous modeler autant que possible sur le modèle du Christ », stipule le décret.

    Pour l’Ordre des Frères Mineurs, cette période est aussi l’occasion pour les fidèles de devenir « des modèles de sainteté de vie et des témoins constants de la paix ».

    À l’occasion de cet anniversaire, le pape Léon XIV a adressé une lettre aux ministres généraux de la Conférence de la Famille franciscaine dans laquelle il soulignait qu’« en cette époque, marquée par tant de guerres apparemment sans fin, par des divisions internes et sociales qui engendrent méfiance et peur, il continue de parler. Non pas parce qu’il propose des solutions techniques, mais parce que sa vie nous oriente vers la source authentique de la paix. »

    À cet égard, il a souligné que saint François nous rappelle que « la paix avec Dieu, la paix entre les hommes et la paix avec la création sont des dimensions indissociables d’un seul appel à la réconciliation universelle ».

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa, partenaire hispanophone de CNA. Il a été traduit et adapté par CNA.

    Almudena Martínez-Bordiú est correspondante à Rome d'ACI Prensa et d'EWTN.

  • Au baptême, les enfants reçoivent le sens de la vie : la foi (Léon XIV)

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    FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR
    CÉLÉBRATION DE LA MESSE ET BAPTÊME DE QUELQUES ENFANTS

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Chapelle Sixtine
    Dimanche 11 janvier 2026

    Chers frères et sœurs,

    Quand le Seigneur entre dans l’histoire, il vient à la rencontre de la vie de chacun avec un cœur ouvert et humble. Il cherche notre regard par le sien, plein d’amour, et dialogue avec nous en nous révélant le Verbe du salut. Fait homme, le Fils de Dieu réalise pour tous une possibilité surprenante, qui inaugure un temps nouveau et inattendu, même pour les prophètes.

    Jean le Baptiste s’en rend aussitôt compte et demande à Jésus: «C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi!» (Mt 3, 14). Comme une lumière dans les ténèbres, le Seigneur se laisse trouver là où on ne l’attend pas: il est le Saint parmi les pécheurs, qui veut demeurer parmi nous sans garder ses distances, au contraire, en assumant pleinement tout ce qui est humain. «Laisse faire», répond Jésus à Jean, «car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice» (v. 15). Quelle justice? Celle de Dieu, qui, dans le baptême de Jésus, opère notre justification: dans son infinie miséricorde, le Père nous rend justes au moyen de son Christ, l’unique Sauveur de tous. Comment cela se réalise-t-il? Celui qui est baptisé par Jean dans le Jourdain fait de ce geste un signe nouveau de mort et de résurrection, de pardon et de communion. Voilà le sacrement que nous célébrons aujourd’hui pour vos enfants: puisque Dieu les aime, ils deviennent chrétiens, nos frères et sœurs.

    Les enfants, que vous tenez maintenant dans vos bras, sont transformés en créatures nouvelles. De même qu’ils ont reçu la vie de vous, leurs parents, ainsi, à présent, ils reçoivent le sens pour la vivre: la foi. Lorsque nous savons qu’un bien est essentiel, nous le recherchons aussitôt pour ceux que nous aimons. En effet, qui d’entre nous laisserait des nouveau-nés sans vêtements ni nourriture, en attendant qu’ils choisissent, une fois grands, comment s’habiller et quoi manger? Chers amis, si la nourriture et les vêtements sont nécessaires pour vivre, la foi est plus que nécessaire, car avec Dieu la vie trouve le salut.

    Son amour providentiel se manifeste sur la terre à travers vous, mamans et papas, qui demandez la foi pour vos enfants. Certes, viendra le jour où ils deviendront trop lourds pour être portés dans les bras; et viendra aussi le jour où ce seront eux qui vous soutiendront. Que le baptême, qui nous unit dans l’unique famille de l’Eglise, sanctifie en tout temps toutes vos familles, en donnant force et constance à l’affection qui vous unit.

    Les gestes que nous accomplirons d’ici peu en sont de magnifiques témoignages: l’eau des fonts baptismaux est le bain dans l’Esprit, qui purifie de tout péché; la robe blanche est l’habit nouveau que Dieu le Père nous donne pour la fête éternelle de son Royaume; la bougie allumée au moyen du cierge pascal est la lumière du Christ ressuscité, qui éclaire notre chemin. Je vous souhaite de le poursuivre avec joie tout au long de l’année qui vient de commencer et durant toute votre vie, certains que le Seigneur accompagnera toujours vos pas.

  • À Bruxelles, le cardinal Parolin appelle l’Europe à retrouver l'audace chrétienne

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    D'Augustine Asta sur Vatican News :

    Le Cardinal Parolin dans la cathédrale de Bruxelles le 11 janvier. Le Cardinal Parolin dans la cathédrale de Bruxelles le 11 janvier.
    À Bruxelles, le cardinal Parolin appelle l’Europe à retrouver l'audace chrétienne
    À l’occasion des 800 ans de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège et légat pontifical, a présidé dimanche 11 janvier la messe en la fête du baptême du Seigneur. Devant les autorités religieuses et civiles, il a inscrit l’histoire de cet édifice dans une réflexion plus large sur la mission de l’Église et l’avenir spirituel de l’Europe, marquée selon lui par la fragilité, les fractures et la perte de repères.

    Dans une cathédrale chargée de huit siècles d’histoire, où ont pris place des centaines de fidèles, en premier lieu le couple royal de Belgique, le cardinal Parolin a d’emblée rappelé que la foi chrétienne ne se développe pas en dehors du temps, mais «au cœur de l’histoire, dans des lieux concrets et à travers des communautés réelles». Bien avant la construction gothique du XIIIᵉ siècle, une première chapelle dédiée à saint Michel, puis une église romane, avaient déjà marqué l’enracinement du christianisme sur la colline bruxelloise. Cette lente maturation illustre, selon le légat pontifical, la nature même de l’Église: «une réalité qui ne naît pas d’un geste isolé, mais d’une fidélité transmise de génération en génération, dans laquelle chacun reçoit, garde et transmet ce qui lui est confié». «Huit siècles d’histoire ont vu cette cathédrale accompagner la vie chrétienne de la ville et du pays», a-t-il souligné, évoquant une foi capable d’habiter les questions de son temps, non sans discernement ni conversion. 

    Saint Michel et sainte Gudule, figures d’une Église en équilibre

    Les premières fondations de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, saints patrons de la cathédrale belge, remontent en effet à 1226, lorsque Henri II, duc de Brabant, décida de construire une église à son emplacement actuel, situé au carrefour des routes menant vers la France et vers l'Allemagne. Les saints patrons de la cathédrale incarnent, aux yeux du cardinal, une vocation toujours actuelle. Saint Michel rappelle la «vigilance et le discernement», tandis que sainte Gudule témoigne de la «fidélité quotidienne». Ensemble, a-t-il poursuivi, ils dessinent le visage d’une Église appelée à conjuguer vérité et service, fermeté et douceur.

    Le Secrétaire d’État du Saint-Siège, a estimé que cette «histoire aussi longue ne referme pas les yeux sur le passé, mais les ouvre sur l'avenir», invitant à regarder au-delà des murs de la cathédrale, vers Bruxelles et sa dimension européenne.

    Bruxelles et l’Europe à l’épreuve des fractures

    Située au cœur des institutions européennes, Bruxelles symbolise pour le cardinal Parolin une ville née de la «rencontre et de la capacité à concilier les différences». Mais l’Europe ,a-t-il noté à l’inverse, traverse aujourd’hui, selon lui, «une période de fragilité profonde, faite de peurs et de fractures non seulement politiques et sociales, mais aussi intérieures et culturelles».

    Dans ce contexte, le christianisme  «n'offre pas de solutions techniques, mais propose des valeurs, des valeurs humaines essentielles» a-t-il rappelé. Le christianisme, a-t-il poursuivi, «rappelle que la dignité de la personne précède tout calcul, que la justice grandit en incluant et non en séparant, que la paix naît de la reconnaissance de l'autre et non de l'équilibre des peurs». Citant l’appel lancé par saint Jean-Paul II à Compostelle en 1982, le cardinal a aussi invité l’Europe à «ne pas avoir peur de s’ouvrir au Christ» pour sortir de l’incertitude et de la crainte.

    Une Église appelée à ne pas devenir insignifiante

    Évoquant les figures de Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi, artisans de la réconciliation européenne après la guerre, le cardinal Parolin a souligné l’importance de reconstruire non seulement des structures, mais aussi la confiance. Un défi qui concerne également l’Église aujourd’hui. Pour lui, le danger principal n’est pas d’être numériquement minoritaire, mais de devenir insignifiante. «Ce n’est pas la faiblesse numérique qui fragilise le témoignage chrétien, mais la perte de l’audace évangélique», a-t-il averti, rappelant que l’Église est appelée à rester sel, lumière et levain dans l’histoire.

    “L'Église ne se place pas au-dessus de l'histoire et ne se confond pas avec elle, mais elle la traverse comme une présence qui accompagne, discerne et sert. La tradition chrétienne l'a exprimé avec des images simples et fortes. Elle est une maison parce que Dieu y habite. Elle est un corps parce que le Christ continue à vivre et à agir. Elle est un peuple parce que personne ne croit tout seul. Comme le rappelait les Pères. L’Église est sainte par le don qu'elle reçoit et fragile par les limites de ceux qui la composent.”

    Le baptême du Christ, style de la présence chrétienne

    S’appuyant sur les lectures de la fête du baptême du Seigneur, le cardinal a médité sur le Christ qui choisit d’entrer dans les eaux du Jourdain pour partager la condition humaine. Un geste d’abaissement et de proximité qui révèle un style: celui d’une justice marquée par la douceur et d’une présence qui «passe en faisant le bien». Ce style, a-t-il rappelé, concerne directement les baptisés. «Ce n’est pas nous qui édifions l’Église: nous sommes les pierres que le Seigneur utilise», a-t-il insisté.

    “L’Église grandit lorsque les différences deviennent une richesse et que l'amour est le lien qui les maintiennent unies. Dans ce cheminement, notre regard se pose sur Marie que le Concile Vatican deux contemple dans le mystère du Christ et de l'Église. En elle, l'Église apprend que la fécondité ne naît pas de la force des structures, mais de la disponibilité à l'action de Dieu, non pas de la visibilité immédiate, mais de la fidélité patiente.”

    Une prière pour Bruxelles, la Belgique et l’Europe

    Pour finir, le cardinal Parolin a confié à l’intercession de Marie l’Église, la ville de Bruxelles, la Belgique, l’Europe et la communauté des nations. Il a exprimé le souhait que la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule demeure «une maison ouverte et un espace de communion», capable de former des consciences à la justice, à la responsabilité et à l’espérance.

  • Saint Hilaire, défenseur de la foi et premier docteur de l'Eglise latine

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    saint_hilaire_poitiers_m.jpgBenoît XVI a consacré son enseignement à cette grande figure du 4e siècle lors de l'audience générale du 10 octobre 2007 :

    Chers frères et sœurs,

    Aujourd'hui, je voudrais parler d'un grand Père de l'Eglise d'Occident, saint Hilaire de Poitiers, l'une des grandes figures d'Evêques qui ont marqué le IV siècle. Au cours de la confrontation avec les ariens, qui considéraient le Fils de Dieu Jésus comme une créature, certes éminente, mais toutefois uniquement comme une créature, Hilaire a consacré toute sa vie à la défense de la foi dans la divinité de Jésus Christ, Fils de Dieu et Dieu comme le Père, qui l'a engendré de toute éternité.

    Nous ne disposons pas d'informations certaines sur la plus grande partie de la vie d'Hilaire. Les sources antiques disent qu'il naquit à Poitiers, probablement vers l'année 310. Issu d'une famille aisée, il reçut une solide formation littéraire, bien évidente dans ses écrits. Il ne semble pas qu'il ait grandi dans un milieu chrétien. Lui-même nous parle d'un chemin de recherche de la vérité, qui le conduisit peu à peu à la reconnaissance de Dieu créateur et du Dieu incarné, mort pour nous donner la vie éternelle. Baptisé vers 345, il fut élu Evêque de sa ville natale autour de 353-354. Au cours des années suivantes, Hilaire écrivit sa première œuvre, le Commentaire à l'Evangile de Matthieu. Il s'agit du plus ancien commentaire en langue latine qui nous soit parvenu de cet Evangile. En 356, Hilaire assiste comme Evêque au Synode de Béziers, dans le sud de la France, le "synode des faux Apôtres", comme il l'appelle lui-même, car la réunion fut dominée par des Evêques philo-ariens, qui niaient la divinité de Jésus Christ. Ces "faux apôtres" demandèrent à l'empereur Constance la condamnation à l'exil de l'Evêque de Poitiers. Hilaire fut ainsi obligé de quitter la Gaule au cours de l'été 356.

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  • Dans les coulisses du consistoire : comment les cardinaux ont perçu la première réunion de Léon XIV

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    11 janvier 2026

    Dans les coulisses du consistoire : comment les cardinaux ont perçu la première réunion de Léon XIV

    À la suite du consistoire extraordinaire inaugural du pape Léon XIV, qui s'est tenu les 7 et 8 janvier 2026, cet article exclusif présente une série de réflexions sincères et sans filtre des plus hauts prélats de l'Église. Au cours de la semaine dernière, The Catholic Herald a mené des entretiens approfondis avec plusieurs membres du Collège des cardinaux, certains s'exprimant officiellement et d'autres préférant rester anonymes, afin de révéler leurs pensées sincères, leurs idées et leurs points de vue sur les coulisses des débats. Ces témoignages offrent un aperçu rare de ce qui s'est passé et de ce qui pourrait encore se dérouler dans cette ère en pleine évolution du pontificat du pape Léon XIV.

    Ce qui a frappé au premier coup d'œil, c'est le nombre d'absences notables à cette réunion extraordinaire. Sur les quelque 245 membres du Collège des cardinaux, seuls 170 environ, soit environ 70 %, ont participé, malgré l'appel clair du pape à une large consultation sur la gouvernance de l'Église universelle. Parmi les absents figuraient plusieurs personnalités éminentes de tout le spectre ecclésial.

    Parmi les absents figuraient la voix libérale influente du cardinal Christoph Schönborn, archevêque émérite de Vienne, et le cardinal conservateur Willem Eijk, archevêque d'Utrecht. La distance et l'âge ont également joué un rôle évident dans d'autres absences, notamment celles de cardinaux provenant de régions éloignées, comme le cardinal Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo d'Indonésie, ainsi que de personnalités résidant à Rome, comme le cardinal Francis Arinze.

    Du côté de la presse, alors que les cardinaux commençaient à arriver pour l'ouverture du premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIV le 7 janvier, ils se sont lentement infiltrés dans la salle Paul VI. Le cardinal Stephen Chow Sau-yan de Hong Kong a été le premier à s'inscrire et, s'adressant au Catholic Herald, le prélat jésuite chinois a exprimé sa joie d'être présent. « Je me sens bien pour le consistoire », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était « bon de revoir Sa Sainteté ».

    Plus tard, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, est arrivé de l'Augustinianum et s'est entretenu avec le Catholic Herald au sujet de l'ordre du jour. Il a fait remarquer qu'il pensait que « les sujets actuels sont assez modestes pour un jour et demi », en référence aux quatre options de discussion initiales.

    Le thème proposé de la liturgie a suscité un intérêt considérable parmi les cardinaux, et un consensus notable a commencé à émerger au sein du Collège, y compris parmi les membres non conservateurs, qui ont exprimé leur inquiétude croissante face aux abus liturgiques sous diverses formes.

    Le cardinal Pizzaballa a déclaré au Catholic Herald : « Ce sont des problèmes typiques des pays occidentaux. En général, nous [l'Église d'Orient] sommes tellement habitués à différents rites que nous ne voyons aucun problème [avec la messe tridentine]. » Si son point de vue sur la messe traditionnelle en latin a pu déstabiliser certains lecteurs conservateurs, lorsqu'il a été question de synodalité, il a ajouté : « La réforme n'est pas un langage de l'Église. »

    Son Éminence a poursuivi en expliquant : « Dans l'Église, il n'y a pas de réformes. Dans l'Église, nous devons réfléchir à notre mission, à notre vocation, en fonction de l'époque, mais en restant fidèles aux racines et à la mission de l'Église. »

    Alors que le cardinal Pizzaballa se rendait dans la salle Paul VI, le cardinal Frank Leo, archevêque métropolitain de Toronto, s'est arrêté pour s'entretenir avec le Catholic Herald. Au sujet des thèmes attendus du consistoire, il a déclaré : « Eh bien, vous savez, ce sont les thèmes généraux dont nous avons pris connaissance, auxquels nous nous sommes en quelque sorte préparés, mais j'espère que la transmission de la foi, de la foi catholique, l'évangélisation et le renouveau de la foi dans la vie de nos communautés seront au premier plan. »

    Concernant la messe traditionnelle en latin et la question de savoir si elle pourrait figurer à l'ordre du jour, le cardinal Leo a répondu : « Vous savez, nous ne connaissons pas tous les détails de ce dont nous allons discuter, donc peut-être que cela figurera à l'ordre du jour en tant que sous-catégorie. »

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  • Martyre et légitime défense : les deux chemins de la paix prônés par Léon XIV

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Martyre et légitime défense : les deux chemins de la paix prônés par Léon XIV

    Il n’est pas toujours évident de bien comprendre le pape Léon XIV lorsqu’il parle de paix. Dès sa première salutation après son élection, il l’a qualifiée de « désarmée et désarmante » — une formule à la fois poétique et exigeante, difficile à traduire en actes dans les nombreux conflits qui déchirent le monde.

    Mais il l’a aussi qualifiée de « sauvage », dans son message solennel « urbi et orbi » de Noël (photo ci-dessus), en citant le poète israélien Yehuda Amichai (1924 – 2000) dans son anthologie publiée aux États-Unis : « Qu’elle vienne comme les fleurs sauvages, à l’improviste, car le champ en a besoin : une paix sauvage. »

    « Amichai ne croit pas à la paix comme miracle », commente Sara Ferrari, spécialiste d’hébreu à l’Université de Milan. « La vraie paix ne naît pas de l’innocence, mais de la conscience d’être capable du mal. C’est un message profondément biblique. »

    Et Léon n’atténue pas la réalité d’un mal qui envahit la terre. Dans son homélie de Noël — jour où « le Verbe a établi parmi nous sa fragile tente » — il a
    poursuivi sans détour :

    « Et comment ne pas penser aux tentes de Gaza, exposées depuis des semaines à la pluie, au vent et au froid, et à celles de tant d’autres réfugiés et déplacés sur chaque continent, ou aux abris de fortune de milliers de personnes sans-abri dans nos villes ? Fragile est la chair des populations vulnérables, éprouvées par tant de guerres en cours ou terminées, laissant derrière elles des ruines et des blessures ouvertes. Fragiles sont les esprits et les vies des jeunes contraints de prendre les armes, qui, sur le front, ressentent l’absurdité de ce qui leur est demandé et le mensonge dont sont imprégnés les discours grandiloquents de ceux qui les envoient mourir. »

    Il n’est guère étonnant que nombre de ses propos — notamment ceux sur les soldats forcés à se battre sans raison, ou sur la course effrénée aux armements — soient repris et relayés par des mouvements pacifistes, catholiques ou non, pour défendre leurs thèses. Le message du 1er janvier pour la Journée mondiale de la paix, notamment, a fourni un terrain fertile aux pacifistes, dénonçant un réarmement démesuré allant « bien au-delà du principe de légitime défense ».

    Mais c’est justement ce rappel à la « légitime défense » qui inscrit la condamnation des armes par Léon au sein du cadre de la doctrine bimillénaire de l’Église sur la guerre et la paix.

    De la même manière, on ne peut imputer aux soldats ukrainiens — qui, depuis quatre ans, sacrifient héroïquement leur vie pour défendre leur pays et l’Europe — « le mensonge de ceux qui les envoient mourir ». Ce mensonge est en revanche imputable à l’agresseur, la Russie.

    Dans ses discours, le pape évite de nommer explicitement ses cibles. Mais quand il dénonce avec force, dans son homélie des vêpres du 31 décembre, ces « stratégies armées visant à conquérir marchés, territoires, zones d’influence, dissimulées derrière des discours hypocrites, des déclarations idéologiques ou de faux motifs religieux », il ne fait pas référence à l’Ukraine ou à l’Europe mais bien à la Russie et à Vladimir Poutine, le patriarche Cyrille — ainsi qu’au maître de la Maison Blanche.

    Pour dissiper tout malentendu sur le fond de sa pensée, le pape Léon a adopté une forme de communication informelle, presque chaque mardi soir, à son retour à Rome après sa journée de repos à Castel Gandolfo. C’est l’occasion pour lui se de prêter brièvement au jeu des questions et réponses avec les journalistes sur des sujets d’actualité avant de monter en voiture. Il répond en des termes sobres mais clairs, ou parfois par un silence dont il ne manque pas d’expliquer la raison.

    Le 9 décembre, après avoir reçu à Castel Gandolfo le président ukrainien Volodymyr Zelensky, il a déclaré, à propos des enfants ukrainiens déportés en Russie, que le travail du Saint-Siège « se déroulait en coulisses » et « malheureusement très lentement ». Ajoutant : « Je préfère donc ne pas commenter, mais continuer à travailler pour ramener ces enfants dans leurs maisons, à leurs familles. »

    Quant au plan de paix en 28 points proposé par Donald Trump — en concertation évidente avec Poutine —, le pape a répondu qu’il ne l’avait pas lu en entier, mais que : « Malheureusement, je crois que certaines parties de ce que j’ai vu apportent un changement considérable à ce que beaucoup ont considéré être pendant de nombreuses années, une véritable alliance entre l’Europe et les États-Unis. Je pense en effet que le rôle de l’Europe est très important, surtout dans cette affaire. Il n’est pas réaliste de chercher un accord de paix sans inclure l’Europe dans les négociations. La guerre se déroule en Europe, et je pense que l’Europe doit faire partie des garanties de sécurité que l’on recherche aujourd’hui et demain. Malheureusement, tout le monde n’a pas l’air de le comprendre. »

    Il est évident que les « garanties de sécurité » invoquées par Léon pour l’Ukraine et l’Europe reposent largement sur les armes et les armées. Mais le pape rappelle souvent qu’il y a un autre chemin vers la paix — celui qu’il a par exemple rappelé lors de l’Angélus de la fête de saint Étienne, le protomartyr : « Ceux qui croient aujourd’hui en la paix et ont choisi la voie désarmée de Jésus et des martyrs sont souvent ridiculisés, exclus du débat public, et accusés de favoriser les adversaires et les ennemis. »

    Il y a donc, dans la prédication de Léon, une distinction fondamentale entre d’un côté, une paix « désarmée » relevant d’un choix strictement personnel pouvant aller jusqu’au sacrifice de soi, comme l’a fait Jésus sur la croix, face au mépris du monde ; et d’un autre côté une paix « désarmée et désarmante », à travailler dans le monde civil, pour le bien de tous, afin que la force du droit l’emporte sur la force des armes.

    Flavio Felice, président du centre d’études Tocqueville-Acton et professeur d’histoire des doctrines politiques dans plusieurs universités européennes et américaines — dont l’Université pontificale grégorienne —, a mis en lumière cette distinction dans un article publié dans le journal « Il Foglio » du 2 janvier :

    « Le martyre est un acte suprême de la conscience qui engage la personne qui le choisit et dont les conséquences ne peuvent que retomber que sur cette dernière. On ne peut donc pas choisir le martyre pour autrui. Si un frère est attaqué, ne pas le secourir au nom de la paix équivaut simplement à le condamner à la défaite. Il n’y a aucune noblesse dans une telle omission qui ne peut résulter en une paix ‘désarmante’, il s’agit au contraire d’un ordre criminel et funeste, où le bourreau aura triomphé de la victime. »

    En revanche, dans un cadre civil et à la lumière de la doctrine sociale de l’Église, la paix « désarmée et désarmante » dont parle Léon XIV « peut naître aussi de la légitime défense et de la dissuasion, afin que le bourreau ne triomphe pas de la victime, en œuvrant pour un ordre
    institutionnel susceptible de rendre improbable le recours à la guerre et de remplacer la force brute par le droit. »

    Ces considérations du professeur Felice rejoignent celles d’un autre analyste politique renommé, qui, dans l’éditorial du dernier numéro de la revue catholique progressiste « Il Regno » —
    qu’il dirige depuis 2011 —, parvient à cette conclusion :

    « Quand l’annonce chrétienne affirme que la paix est la synthèse de tous les biens messianiques, elle ne nie pas l’histoire ni la réalité. Et quand cette réalité est celle du mal, ce mal doit être combattu par tous les moyens moralement et juridiquement licites. Il y a un droit à la vie, à commencer par soi-même. Il est légitime — et c’est le magistère de l’Église qui l’affirme — de faire respecter ce droit. Et ce droit devient un devoir envers les autres, surtout pour ceux qui ont des responsabilités publiques, comme l’enseigne ‘Gaudium et spes’. Ainsi, la légitime défense, en plus d’être un droit, peut également devenir un devoir grave pour celui qui est institutionnellement responsable de la vie d’autrui. Défendre la vie de populations entières — en raison de leur faiblesse et de leur impuissance — exige de mettre l’agresseur hors
    d’état de nuire, y compris par la force, si nécessaire. Ne pas intervenir, alors qu’on pourrait le faire, constitue une complicité par omission — et donc une faute. Le chrétien ne peut collaborer au mal. C’est ce que nous avons vécu en Europe à cause d’opportunismes, d’omissions et de peurs dans les années 1930. L’odeur était âcre, et la couleur était gris-cendre. »

    Le pape Léon ne se berce pas d’illusions. Mais il ne capitule pas non plus. Il a réaffirmé à plusieurs reprises — y compris lors de son entretien avec les journalistes ce 9 décembre — que « le Saint-Siège est prête à offrir un lieu et des opportunités pour des négociations ». Et quand cette offre n’est pas acceptée — comme ça a été le cas — il répète : « Nous sommes prêts à chercher une solution, une paix durable et juste. »

    Car le Saint-Siège a un rôle particulier à jouer en vue d’une paix « désarmée et désarmante », et Léon n’entend pas y renoncer. « Le Saint-Siège ne se positionne pas comme un acteur géopolitique parmi d’autres, mais comme une conscience critique du système international, une sentinelle dans la nuit qui voit déjà poindre l’aube, qui appelle à la responsabilité, au droit, à la place centrale de la personne », comme l’a souligné l’archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire du Vatican pour les Relations avec les États, dans un entretien à l’agence SIR de la Conférence épiscopale italienne le 1er janvier.

    Mais c’est surtout la vision grandiose du « De civitate Dei » de saint Augustin qui guide Léon XIV : les deux cités qui coexistent dans l’histoire et la conscience de chaque homme : la cité de Dieu, « éternelle, marquée par l’amour inconditionnel de Dieu, auquel est uni l’amour
    du prochain », et la cité terrestre, « centrée sur l’amour égoïste de soi, la soif de pouvoir et la vaine gloire qui conduisent à la destruction ».

    Le pape Léon XIV a largement développé cette distinction dans son discours annuel au corps diplomatique, le 9 janvier. Selon lui, saint Augustin «
     souligne que les chrétiens sont appelés par Dieu à séjourner dans la cité terrestre avec le cœur et l’esprit tournés vers la cité céleste, leur véritable patrie. Mais le chrétien, vivant dans la cité terrestre, n’est pas étranger au monde politique et cherche à appliquer l’éthique chrétienne, inspirée des Écritures, au gouvernement civil. »

    Respect du droit humanitaire même en temps de guerre, vérité des paroles dans les relations entre États, liberté d’expression, liberté de conscience, liberté religieuse en tant que « premier des droits humains », inviolabilité de la vie du sein maternel jusqu’à la mort naturelle : tels sont les fruits de ce regard tourné vers la cité de Dieu, à laquelle « notre époque semble plutôt encline à nier le droit de citoyenneté », a déclaré le pape aux diplomates.

    Sur chacun de ces points et bien d’autres encore, Léon XVI s’est exprimé avec la transparence qui le caractérise. Concernant la persécution des chrétiens — « un sur sept » —, il n’a pas fait preuve de langue de bois devant « la violence djihadiste ». À propos du « court-circuit des droits humains », il a dénoncé la « limitation, au nom de prétendus nouveaux droits », des libertés fondamentales de conscience, de religion « et même de la vie ». Au sujet de la liberté d’expression, il a mis en garde contre « un langage nouveau, à l’odeur orwellienne, qui, dans sa volonté d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent ». Concernant le conflit israélo-palestinien, il a appelé à la paix et la justice pour les deux peuples sur leurs propres terres. Et sur l’Ukraine, il a dénoncé « le fardeau de souffrances infligé à la population civile », avec « la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, de logements », à la suite d’un « acte de force pour violer les frontières d’autrui ».

    Ce discours du 9 janvier du pape Léon mérite d’être lu dans son intégralité dans la mesure où il s’agit presque d’un manifeste de son pontificat. Léon XIV y revisite saint Augustin à la lumière du monde actuel, un monde dans lequel « la guerre est revenue à la mode, et où une ferveur guerrière est en train de se répandre ».

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Pourquoi Jésus reçoit-il le baptême de Jean ? (Jean Chrysostome)

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    « J’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

    Le Christ s’est manifesté à tous non pas au moment de sa naissance mais au moment de son baptême. Jusqu’à ce jour-là, peu le connaissaient ; presque tous ignoraient qu’il existait et qui il était. Jean Baptiste disait : « Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas » (Jn 1,26). Jean lui-même partageait cette ignorance du Christ jusqu’à son baptême : « Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint’ »…

    En effet, quelle est la raison que Jean donne pour ce baptême du Seigneur ? C’était, dit-il, pour le faire connaître à tous. Saint Paul le dit aussi : « Jean donnait un baptême de conversion, disant au peuple de croire en celui qui devait venir après lui » (Ac 19,4). Voici pourquoi Jésus reçoit le baptême de Jean. Aller de maison en maison en présentant le Christ et dire que c’était le Fils de Dieu, voilà qui rendait le témoignage de Jean bien difficile ; le conduire à la synagogue et le désigner comme le Sauveur aurait rendu son témoignage peu crédible. Mais qu’au milieu d’une grande foule rassemblée au bord du Jourdain, Jésus reçoive le témoignage clairement exprimé du haut du ciel, que l’Esprit Saint soit descendu sur lui sous la forme d’une colombe, voilà ce qui confirmait le témoignage de Jean sans aucun doute possible.

    « Moi-même, je ne le connaissais pas » disait Jean. Qui donc te l’a fait connaître ? « C’est celui qui m’a envoyé baptiser ». Et qu’est-ce qu’il t’a dit ? « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et reposer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint ». C’est donc l’Esprit Saint qui révèle à tous celui dont Jean avait proclamé les merveilles, en descendant le désigner, pour ainsi dire, de son aile.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie sur le baptême de Jésus Christ et sur l’Épiphanie

    source

  • Le baptême du Christ au Jourdain inaugure la Croix

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    Fonts baptismaux - collégiale Saint-Barthélemy - Liège - XIIe siècle

    LE BAPTÊME DU CHRIST INAUGURE LA CROIX

    Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL de la paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix)

    (...) la liturgie nous a proposé ce récit du baptême du Christ dans chacun des évangiles et aujourd'hui c'est le texte de Matthieu que nous venons d'entendre qui est le seul à insister sur cette attitude de Jean-Baptiste qui, voyant Jésus venir à lui, au milieu de la foule des pécheurs pour, comme les autres, recevoir ce baptême de pénitence et de repentir, Jean donc, voyant Jésus s'avancer vers lui s'écrie : "Ce n'est pas Toi qui dois être baptisé par moi. Tu n'as pas à venir te décharger de ce péché que tu n'as jamais commis, de ce péché que Tu ne connais pas. C'est bien plutôt moi, ministre du pardon mais pécheur moi-même qui aurait besoin d'être purifié par Toi, le Messie qui vient purifier le fond des cœurs." Et Jean-Baptiste savait bien qu'il avait prêché ce baptême, qu'il avait appelé toutes les foules à venir se plonger dans le Jourdain pour se préparer à la venue du Messie, pour se préparer à cette venue de Jésus qui, Lui seul, pouvait réellement purifier le fond des cœurs.

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  • Le regretté George Pell et ses ennemis, deuxième partie

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    De sur le CWR :

    Le regretté George Pell et ses ennemis, deuxième partie

    Le défunt cardinal Pell a été vilipendé par des médias australiens anti-catholiques et il se pourrait qu'il ait été piégé par des employés avides du Vatican pour l'éliminer.

    Vous pouvez lire la première partie de cette chronique ici .

    En 2014, le pape François, nouvellement élu, décida d'assainir les finances du Vatican. Il nomma le cardinal australien George Pell (1941-2023) premier préfet de son nouveau Secrétariat pour l'Économie. Pell était perçu comme un cardinal pragmatique, rigoureux et intelligent, capable de mobiliser ses pairs et de les inciter à redresser la situation.

    Pell a ordonné des audits, établi des directives et lancé une enquête sur les finances des différents services du Vatican. On pourrait croire qu'une simple tentative d'instaurer la transparence dans les finances du Vatican ne susciterait aucune controverse. Ce serait une erreur.

    Alors même que Pell commençait à mettre au jour des problèmes, une série d'accusations d'abus sexuels sur mineurs ont été portées contre lui en Australie en 2017. Alors qu'il aurait pu rester à Rome et éviter le procès comme  d'autres  l'ont fait, il a choisi de retourner dans son pays natal pour laver son nom.

    La police de Victoria n'a apparemment ménagé aucune dépense pour tenter de dénicher des informations compromettantes sur George Pell — et lui seul — remontant à 2013. Elle a présenté des dizaines de témoins devant le tribunal en 2018, mais ces prétendus témoins n'ont pu fournir que des accusations et des témoignages flous, ce qui explique pourquoi le jury n'a pas pu parvenir à un verdict.

    Leur indécision n'est pas surprenante, car les deux accusations les plus graves portées contre Pell paraissent ridicules à quiconque assiste régulièrement à la messe catholique. Deux garçons ont affirmé que Pell s'était exhibé devant eux après la messe, dans la sacristie de la cathédrale. Mais comment Pell aurait-il pu raisonnablement faire cela, alors qu'il portait ses habits liturgiques ? Pourquoi ne se serait-il pas trouvé à l'extérieur de l'église, comme tous les autres prêtres après la messe du dimanche (y compris Pell lui-même), en train de discuter avec ses paroissiens ? Où étaient les autres prêtres qui accompagnent habituellement l'évêque à la messe ? Et n'aurait-il pas été incroyablement stupide pour un prêtre de s'exhiber dans un lieu public comme la sacristie, où un paroissien pouvait arriver à tout moment pour demander la bénédiction d'un nouveau chapelet ?

    Malgré le caractère absurde des accusations, Pell a été reconnu coupable lors d'un nouveau procès. Condamné à la prison en 2019, il y a passé 404 jours, presque entièrement à l'isolement, privé même du droit de célébrer la messe.

    Mais Pell a fait appel de cette décision devant la Haute Cour d'Australie, et celle-ci a cassé son jugement en 2020. Après sa libération, il a publié ses  journaux de prison  pour financer les frais de sa défense.

    Pell souffrait de problèmes cardiaques depuis 2010, en partie à cause de son travail épuisant et de ses nombreux déplacements. Bien que ces problèmes cardiaques rendaient toute intervention chirurgicale dangereuse, il décida de se faire poser une deuxième prothèse de hanche en raison de douleurs constantes. Il craignait également que la santé déclinante du pape François n'entraîne prochainement un nouveau conclave et « était déterminé à faire entendre sa voix » ¹  alors que les cardinaux se réunissaient en amont. Le décès de Pell fut inattendu car il semblait se porter bien immédiatement après l'opération, mais sa mort fut attribuée à son état cardiaque.

    Avec le recul, il est aisé de constater qu'une série de coïncidences fascinantes s'est produite durant le mandat de Pell comme préfet du Secrétariat à l'Économie. Au moment même où il enquêtait sur des irrégularités financières au Vatican, il fut contraint de quitter Rome et de comparaître devant un tribunal pour des accusations si fragiles qu'elles en sont à peine crédibles. Durant cette même période, plusieurs personnes au sein du Secrétariat d'État, dont un cardinal, furent impliquées dans un système financier de détournement de fonds et d'extorsion, ce qui entraîna leur condamnation  (bien qu'ils aient fait appel) en 2023. Après sa libération, Pell découvrit qu'en 2019 – alors qu'il était lui-même en procès – une personne au Vatican avait transféré 2 millions de dollars à un individu en Australie, apparemment sur ordre de ce même cardinal. En 2021,  Pell demanda publiquement au cardinal de s'expliquer sur l'identité du destinataire de ces 2 millions de dollars et sur les raisons de ce transfert. Le monde attend toujours une réponse convaincante.

    Il est clair que le cardinal George Pell avait de nombreux ennemis. Il a été diffamé par des médias australiens anti-catholiques et il est possible qu'il ait été piégé par des employés du Vatican avides de pouvoir pour l'éliminer. Au fil des ans, des manifestants anti-catholiques (dont certains offensés par ses propos sur l'homosexualité) ont organisé des piquets de grève devant ses messes, l'ont menacé et ont tagué sa cathédrale d'attaques personnelles.

    Nous pouvons éprouver plus de sympathie pour un groupe de personnes qui se sont publiquement opposées à Pell. Les Australiens victimes d'abus sexuels (ou leurs proches) ont peut-être cru, à tort, que la condamnation de Pell leur permettrait de se venger de leurs agresseurs. Bien que les abus sexuels soient notoirement difficiles à prouver de manière concluante, des affaires récentes très médiatisées   ont montré que lorsqu'une victime confronte publiquement les véritables agresseurs, d'autres victimes se sentent souvent libres de témoigner également, révélant ainsi l'existence d'un comportement criminel récurrent, et non d'un incident isolé ou non vérifiable. Aucune autre victime ne s'est manifestée pendant ou après les procès publics intentés à George Pell.

    Mais Dieu connaît la vérité sur George Pell, non seulement sur sa culpabilité ou son innocence concernant ces accusations, mais aussi sur le fait qu'il soit désormais un saint au Ciel.

    On pourrait certes contester la sainteté de Pell, car il se montrait parfois brusque lorsqu'il était attaqué verbalement et s'exprimait avec une franchise qui pouvait heurter la sensibilité de beaucoup. Mais il était aussi disposé à s'excuser, à rectifier ses propos et à reconnaître ses erreurs. Il n'a jamais manifesté d'animosité envers ceux qui l'avaient accusé et condamné à tort, allant même jusqu'à plaisanter avec ses amis en disant qu'être en prison, c'était comme être « en retraite spirituelle » .

    Au lieu de cela, il a obéi au commandement de notre Seigneur : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. »  Ses journaux de prison évoquent également les réflexions d'un prêtre catholique lors d'un moment de solitude paisible avec Jésus-Christ, et non celles d'un homme âgé, coupable et confiné à l'isolement, qui sait qu'il finira probablement ses jours en prison. Cela aurait pu arriver à Pell.

    Si certains saints ont été facilement identifiés comme des hommes et des femmes saints de leur vivant — seuls quelques athées étaient perplexes quant à la sainteté de Mère Teresa de Calcutta, par exemple —, ce n'est pas toujours le cas.

    À la mort de saint Jean de la Croix en 1591, deux prêtres répandirent de diffamation à son sujet à travers l'Espagne, et malheureusement, on les crut. Un siècle plus tard, leurs mensonges furent démentis, ses écrits examinés en détail, des miracles se produisirent par son intercession, et Jean fut canonisé. On pourrait raconter des histoires similaires concernant saint Gérard Majella, la bienheureuse Anne Catherine Emmerich et d'autres saints, ainsi que de nombreux martyrs.

    En mars 2025, un garçon de dix-huit mois est tombé dans une piscine et a cessé de respirer pendant cinquante-deux minutes. Il aurait dû mourir ou, à tout le moins, subir de graves lésions cérébrales, cardiaques ou pulmonaires. Ses parents, qui avaient rencontré le cardinal Pell en 2021, ont prié sans relâche pour son intercession afin de sauver leur enfant pendant cette période où il était, littéralement, en danger de mort. Contre toute attente, le bébé a survécu, a été débranché de l'assistance respiratoire et n'a présenté aucune séquelle.

    Est-ce un miracle ? Dieu accordera-t-il des grâces surnaturelles à ceux qui implorent l’intercession de George Pell, ne serait-ce que pour nous convaincre de l’injustice subie par ce prêtre catholique fidèle et dévoué ? L’avenir nous le dira.

    Quoi qu’il en soit, nous pouvons espérer que ceux qui considéraient George Pell comme leur ennemi réfléchiront à leurs propres erreurs passées, demanderont pardon et prieront pour ceux qui leur ont fait du mal. Car c’est précisément ce que le cardinal George Pell, à l’exemple de Jésus-Christ, a fait pour eux.

    Notes de fin : 

    1  Tess Livingstone,  George Cardinal Pell : Pax Invictis  (San Francisco : Ignatius Press, 2024), 27.

    2  Ibid., 465.

    3  Matthieu 5:44

  • Le huitième centenaire de la cathédrale des saints Michel et Gudule

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    De Bérengère de Portzamparc sur aleteia.org :

    Bruxelles fête les 800 ans de sa cathédrale

    Obraz poglądowy artykułu Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles

    A Bruxelles, l’année 2026 sera ponctuée d'événements religieux et culturels autour de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule qui fête les 800 ans de pose de sa première pierre, en 1226.

    10/01/26

    La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles fête ce dimanche 11 janvier les 800 ans de la pose de sa première pierre. Pour l'occasion, une messe y est célébrée ce jour-là en présence du cardinal Pietro Parolin  qui représentera le Pape. La cathédrale est un lieu emblématique de la vie des Belges et accueille notamment  tous les grands événements royaux. 

    Fêter les 800 ans d’une cathédrale, ce n’est pas rien ! Et c'est pourquoi à Bruxelles, l’année 2026 sera ponctuée d'événements religieux et culturels autour de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule qui fête les 800 ans de pose de sa première pierre, en 1226. 

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Le Noël de l’Agneau de Dieu. Une homélie inédite de Joseph Ratzinger

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Le Noël de l’Agneau de Dieu. Une homélie inédite de Joseph Ratzinger

    Le Noël de Jésus est aussi une « épiphanie », une manifestation de l’union nuptiale entre le Christ et l’Église. Dans la liturgie de la période de Noël, les Mages qui accourent avec leurs dons, le baptême dans le Jourdain de celui qui est l’Agneau de Dieu et l’eau changée en vin des noces de Cana ne font qu’un avec le récit de la nativité.

    Comme dans cette admirable antienne de la liturgie ambrosienne, tirée de la messe de l’Épiphanie :

    « Hodie caelesti Sponso iuncta est Ecclesia, quoniam in Iordane lavit eius crimina. Currunt cum munere Magi ad regales nuptias ; et ex aqua facto vino laetantur convivia. Baptizat miles Regem, servus Dominum suum, Ioannes Salvatorem. Aqua Iordanis stupuit, columba protestatur, paterna vox audita est : Filius meus hic est, in quo bene complacui, ipsum audite ».

    Qui se traduit comme suit en français :

    « Aujourd’hui, l’Église s’est unie à son Époux céleste, car dans le Jourdain il a lavé ses péchés. Les Mages accourent avec leurs dons aux noces royales ; et les convives se réjouissent de l’eau transformée en vin. Le soldat baptise le Roi, le serviteur son Seigneur, Jean le Sauveur. L’eau du Jourdain s’étonne, la colombe témoigne, la voix du Père retentit : Celui-ci est mon Fils, en qui j’ai mis toute ma complaisance, écoutez-le. »

    Il s’agit d’une véritable floraison épiphanique qui converge dans l’identification de Jésus en tant qu’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1,29), et qui se réalise à chaque fois dans l’Eucharistie, justement introduite par les paroles de l’ange dans l’Apocalypse 19,9 : « Heureux les invités au banquet des noces de l’Agneau. »

    Une homélie extraordinaire de Benoît XVI, encore inédite jusqu’à il y a peu, nous révèle le sens profond de cette image de l’Agneau de Dieu — et partant de l’épiphanie de Noël.

    Elle a été prononcée le 19 janvier 2014, un an après sa renonciation au pontificat, au monastère « Mater Ecclesiae » du Vatican, où il s’était retiré. Elle a été publiée dans le deuxième volume de ses homélies inédites de 2005 à 2017, imprimé en ce mois de décembre par la Libreria Editrice Vaticana sous le titre : « Dio è la vera realtà ».

    La messe est celle du deuxième dimanche du temps ordinaire de l’année A, avec les lectures d’Isaïe 49,3.5 – 6, du Psaume 40, de la première lettre aux Corinthiens 1,1 – 3 et de l’évangile de Jean 1,29 – 34.

    La reproduction de cette homélie a été autorisée par l’éditeur, et Settimo Cielo l’offre à ses lecteurs avec ses plus chaleureux vœux de Joyeux Noël.

    Et à bientôt, après l’Épiphanie !

    *

    L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

    par Benoît XVI
    Homélie du deuxième dimanche du Temps ordinaire, année A
    19 janvier 2014

    Chers amis, dans l’Évangile, nous avons écouté le témoignage de Jean-Baptiste sur Jésus. Il indique trois éléments : d’abord, « l’Agneau de Dieu » ; ensuite, « il était avant moi », ce qui indique sa préexistence, autrement dit que ce Jésus, bien qu’arrivé tard dans l’histoire, était depuis toujours, il est le Fils de Dieu ; et troisièmement, que ce Jésus ne se contente pas de prêcher, ni d’inviter à la conversion, mais il donne une vie nouvelle, une nouvelle naissance, il nous donne une nouvelle origine en nous attirant en lui.

    Lire la suite