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Foi

  • Comment l'année de Georges Lemaître à Cambridge a mené au Big Bang

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    De Samuel McKee sur le Catholic Herald :

    Comment l'année de Georges Lemaître à Cambridge a mené au Big Bang


     
    17 janvier 2026

    Il y a un siècle, un Georges Lemaître alors inconnu arrivait en Grande-Bretagne, porteur d'une formidable opportunité. Après avoir étudié la physique mathématique en Belgique et obtenu sa maîtrise, ce domaine n'était pas exploitable hors de son pays natal. Ayant obtenu l'autorisation et le financement nécessaires, il fut admis au St Edmunds College de l'Université de Cambridge pour préparer un doctorat sous la direction du légendaire physicien mathématicien Sir Arthur Eddington.

    Eddington était alors un scientifique de grande renommée, ayant contribué à la célébrité mondiale d'Einstein grâce à sa démonstration phénoménale de la théorie de la relativité du physicien allemand. Il avait photographié l'éclipse de 1919 depuis la minuscule île africaine de Principe. La lumière des étoiles entourant le soleil, déviée par la gravité solaire, est l'une des photos les plus célèbres de l'histoire des sciences. Pour Lemaître, avoir l'opportunité de travailler sous sa direction était un immense privilège, mais il était recommandé par ses pairs et avait déjà publié des travaux de qualité en Belgique. Eddington, lui-quaker, était même suffisamment ouvert d'esprit pour accueillir le prêtre-physicien et était réputé pour sa gentillesse et sa disponibilité envers ses étudiants. Après tout, Eddington avait été parmi les premiers à promouvoir les femmes en astronomie et était un véritable internationaliste.

    À son arrivée, Lemaître fut logé à St Edmunds House, où les archives de son séjour sont encore conservées et précieuses pour l'Université. Il y a rencontré deux autres catholiques afin d'assister à la messe quotidienne. Le Dr Simon Mitton, membre à vie du St Edmunds College de l'Université de Cambridge, catholique fervent, membre de la Royal Astronomical Society et éminent historien de l'astronomie, a retrouvé l'ancien fauteuil de Lemaître, qui porte désormais son nom. Il est conservé à la chapelle catholique du collège en souvenir de son passage.

    Prévu pour un séjour d'un an seulement, Lemaître a poursuivit ses travaux sur l'application des équations d'Einstein au cosmos. Il était l'un des rares, à l'époque, à posséder le savoir-faire mathématique nécessaire pour relever un tel défi. Il ne tarda pas à constater (à l'instar d'Alexandr Friedmann à travers l'Europe) la conclusion surprenante qui découlait essentiellement des équations d'Einstein : l'univers devait avoir émergé d'un état primordial. Cette « singularité » correspondait à un instant précis du passé fini. À la fin de son séjour à Cambridge, Lemaître avait tissé des liens étroits avec Eddington et les deux hommes continuèrent de collaborer.

    Einstein lui-même était notoirement révulsé par l'idée d'un commencement de l'univers. Dans ce qu'il appela plus tard sa « plus grande erreur », il manqua la théorie du Big Bang en introduisant un facteur d'ajustement, permettant ainsi à Lemaître et Friedmann de la résoudre indépendamment. Lorsque Lemaître contacta Einstein pour lui faire part de ses travaux mathématiques, il lança à l'Allemand, sur le ton de la plaisanterie : « On dirait que vous avez inventé un jour sans hier. » Einstein resta sceptique jusqu'à ce que les travaux d'Edwin Hubble à l'observatoire du Mont Wilson, aux États-Unis, sur le décalage vers le rouge de la lumière provenant de galaxies lointaines, prouvent que l'univers était bel et bien en expansion. Il n'était désormais plus possible de truquer les chiffres. L'observation avait bel et bien confirmé la théorie.

    C’est là que la relation que Lemaître avait nouée avec Eddington lors de son année à Cambridge s’avéra extrêmement fructueuse. Tandis qu’Eddington appliquait la relativité à l’astronomie à sa manière, Lemaître prit l’initiative de lui faire part de ses propres découvertes. Ils dialoguèrent pendant des semaines lors d’une traversée transatlantique, au cours de laquelle Lemaître lui révéla ses travaux. Eddington fut stupéfait d’apprendre qu’ils n’avaient pas été publiés lorsque Lemaître lui expliqua qu’ils l’avaient été, en réalité, des années auparavant – dans une obscure revue belge. Eddington s’empressa alors de les faire traduire en anglais et publier dans les actes de la Royal Astronomical Society.

    À peine un an plus tard, le premier symposium consacré à ce qui allait devenir le « Big Bang » était organisé par Sir Fred Hoyle. Einstein, Eddington et Lemaître étaient tous présents, et la physique devait une fois de plus composer avec des découvertes révolutionnaires, marquant une véritable révolution scientifique depuis la Première Guerre mondiale. Après la relativité et la physique quantique, l'univers connaissait désormais un commencement. En 1931, Eddington publia la première explication vulgarisée du Big Bang en langue anglaise dans son ouvrage * The Expanding Universe* . Il y rend un vibrant hommage à Lemaître, tout en exprimant son propre malaise face à l'idée même de « Big Bang ».

    Ce qui suivit fut une véritable révolution miniature, où Lemaître dut composer avec les tentatives de l'Église de concilier son œuvre avec une lecture littérale de la Genèse. Ce ne fut pas toujours chose aisée pour ce prêtre-physicien, qui se sentait le plus heureux auprès de ses étudiants à Louvain. Après la mort d'Eddington en 1944, Lemaître devint le premier récipiendaire de la médaille Eddington en astronomie pour ses travaux.

    Nous pouvons nous réjouir, d'un point de vue historique, qu'il y a un siècle, Monseigneur Georges Lemaître ait rejoint le St Edmunds College de l'Université de Cambridge. Le hasard fit en sorte qu'il côtoie l'astrophysicien le plus influent et le plus ouvert d'esprit de son temps, dont l'aisance et la simplicité, caractéristiques de l'époque britannique, permirent d'établir une excellente collaboration. Nous ne pouvons que spéculer sur ce qu'il en aurait été autrement, mais à l'approche du centenaire de la publication de son article le plus célèbre, il s'agit sans aucun doute d'une victoire pour la science.

  • Le concile Vatican II : une étoile polaire pour l'Église ?

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    De sur le CWR :

    Le concile Vatican II : une étoile polaire pour l'Église ?

    Réflexions sur les récentes remarques du pape Léon XIV concernant la place et l'importance du concile Vatican II.

    Le pape Jean XXIII préside la messe d'ouverture du concile Vatican II. (Image : Lothar Wolleh/Wikipedia)
    Dans son encyclique  Aeterni Patris, qui appelait à un regain d'étude de la philosophie de saint Thomas d'Aquin, le pape Léon XIII comparait la foi à une « étoile amie » pour les philosophes. Par cette métaphore, il entendait que le dogme catholique devait servir de point de repère constant, de sorte que toute thèse philosophique contredisant la foi était nécessairement erronée.

    Le pape Léon XIV a déclaré que le Magistère du Concile Vatican II constitue aujourd'hui l'« étoile qui guide » l'Église. Lors de son audience générale du 7 janvier, il a encouragé les fidèles à lire les documents de Vatican II, affirmant qu'« il est important de se familiariser à nouveau avec le Concile, non pas par le biais de rumeurs ou d'interprétations, mais en relisant ses documents et en réfléchissant à leur contenu ».

    L'encyclique Aeterni Patris connut un grand succès. Elle suscita un regain d'intérêt pour la pensée de saint Thomas d'Aquin et le mouvement néo-thomiste du XXe siècle, qui révéla des figures philosophiques majeures telles que Jacques Maritain et Étienne Gilson. L'exhortation de Léon XIV produira-t-elle des résultats similaires ? Ceux qui imputent les erreurs et les travers des années 1960 et 1970 au Concile lui-même sont peu susceptibles de le croire. Ils adhèrent à la logique douteuse du post hoc ergo propter hoc  (après quoi, donc à cause de quoi).

    Cependant, on ne trouve dans les enseignements spécifiques de Vatican II aucune justification aux mauvaises liturgies, à la doctrine morale déformée, à la dissidence flagrante et aux autres abus qui ont eu lieu après la conclusion du Concile.

    Les progressistes pourraient également contester le projet du pape Léon XIV, car une réflexion sur le contenu de ces documents révèle que le concile n'était pas aussi révolutionnaire qu'on nous l'a fait croire. Certains théologiens, généralement attachés aux doctrines progressistes, lisent ces documents pour comprendre « l'esprit » du concile, estimant que le fond importe moins que la manière dont les choses ont été dites.

    Ainsi, ils préfèrent se concentrer sur ce qui était « non dit » dans ces documents magistériels, mais qui, d'une manière ou d'une autre, s'est néanmoins manifesté. Or, si Vatican II se veut un guide fiable pour l'Église universelle, il est essentiel de privilégier la lettre sur l'esprit, l'objectif sur le subjectif. Chercher à découvrir ce que les documents n'ont pas dit explicitement, mais qu'ils auraient transmis par allusion, ton et style, risque de faire de la théologie une affaire totalement subjective et arbitraire.

    Si les fidèles lisent ces documents pour comprendre le véritable message du Concile, ils seront surpris. Cette affirmation ne signifie pas que les enseignements du Concile soient exempts d'ambiguïtés ou d'autres problèmes. Ratzinger a d'ailleurs critiqué certains passages de Gaudium et Spes, les jugeant « délibérément pélagiens ». Mais, dans l'ensemble, le contenu doctrinal des documents de Vatican II est pleinement conforme à l'Écriture Sainte et aux traditions établies par les Conciles précédents.

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  • Le pape Léon XIV appelle à prier pour la paix en République démocratique du Congo

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    De Victoria Cardiel (ACI Prensa) sur EWTN News :

    Le pape Léon XIV appelle à prier pour la paix en République démocratique du Congo

    Le pape a marqué le début de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens en demandant des prières pour ceux qui souffrent des violences dans ce pays africain.

    18 janvier 2026

    Le pape Léon XIV a exhorté dimanche à prier pour la paix en République démocratique du Congo, alors que les violences dans l'est du pays continuent de forcer des familles à fuir leurs foyers et à franchir les frontières.

    « Nombreux sont ceux qui ont été contraints de fuir leur pays – notamment vers le Burundi – en raison des violences, et ils sont confrontés à une grave crise humanitaire », a déclaré le pape après avoir prié l’Angélus sur la place Saint-Pierre le 18 janvier. « Prions pour que le dialogue en faveur de la réconciliation et de la paix prévale toujours entre les parties en conflit. »

    Léon XIV a également assuré de ses prières les personnes touchées par les graves inondations en Afrique australe.

    Le pape a également marqué le début de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens.

    « Durant ces journées, j’invite toutes les communautés catholiques à approfondir leurs prières pour l’unité pleine et visible de tous les chrétiens », a déclaré Léon, rappelant que « les origines de cette initiative remontent à deux siècles » et notant que le pape Léon XIII « l’a grandement encouragée ».

    Le thème de la célébration de cette année est tiré de la Lettre de saint Paul aux Éphésiens : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation » (4,4). Les prières et les réflexions, a précisé le pape, ont été préparées par « un groupe œcuménique coordonné par le Département des relations inter-Églises de l’Église apostolique arménienne ».

    Dans sa réflexion précédant la prière de l'Angélus, Léon XIV a lié l'appel à la paix et à l'unité à une mise en garde contre ce qu'il a décrit comme une culture des apparences, exhortant les fidèles à suivre l'exemple de saint Jean-Baptiste, qui s'est effacé après avoir conduit les autres vers le Christ.

    L’Évangile du jour (Jn 1, 29-34), a souligné le pape, montre Jean identifiant Jésus comme le Messie : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! » (v. 29). L’humilité de Jean demeure un témoignage nécessaire, a affirmé Léon, car « l’approbation, le consensus et la visibilité sont souvent survalorisés, au point d’influencer les idées, les comportements et même la vie intérieure des individus ».

    « Cela engendre souffrance et division, et donne naissance à des modes de vie et à des relations fragiles, décevantes et emprisonnantes », a déclaré le pape.

    Au lieu de courir après ce qu’il appelait des « substituts au bonheur », Léon XIV a déclaré que les chrétiens devraient se souvenir que « notre joie et notre grandeur ne reposent pas sur des illusions passagères de succès ou de gloire, mais sur la certitude d’être aimés et désirés par notre Père céleste. »

    Léon a souligné que l'amour de Dieu n'est pas une question de spectacle, mais de proximité et de compassion : « L'amour dont parle Jésus est l'amour d'un Dieu qui, aujourd'hui encore, vient parmi nous, non pas pour nous éblouir par des démonstrations spectaculaires, mais pour partager nos luttes et prendre nos fardeaux sur lui. »

    Il a conclu en exhortant les croyants à résister aux distractions et à cultiver la prière et la simplicité : « Ne gaspillons pas notre temps et notre énergie à courir après les apparences », a-t-il déclaré, encourageant les catholiques à prendre chaque jour, si possible, du temps pour le silence et la prière — « pour se retirer dans le désert », afin de rencontrer le Seigneur.

  • Le Mexique commémore le centenaire de la guerre des Cristeros

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    De kath.net/news :

    Le Mexique commémore le centenaire de la guerre des Cristeros

    19 janvier 2026

    Les lois contre l'Église, votées par le président Calles en 1926, ont poussé les croyants à prendre les armes – un grand rassemblement de jeunes et un congrès rappellent un conflit qui n'a guère été abordé jusqu'à présent.

    Il y a près de cent ans, le 14 juin 1926, la « Ley Calles » était promulguée au Mexique. Cet ensemble de lois, édicté par le président Plutarco Elias Calles (1877-1945), restreignait sévèrement la pratique publique du culte et plaçait l'Église sous le contrôle de l'État, engendrant des années d'insécurité généralisée, de persécution et de fortes tensions entre l'État et l'Église. Les croyants opposèrent alors une résistance armée lors d'un conflit qui, selon la Conférence épiscopale nationale, fit 200 000 morts et est entré dans l'histoire sous le nom de « Guerre des Cristeros ». D'après les historiens, les répercussions de ce conflit continuent de façonner la société mexicaine et l'Église jusqu'à nos jours.

    Aujourd'hui, la Ley Calles est considérée comme le fruit d'une stratégie anticléricale de longue haleine menée par l'État mexicain, dont les racines remontent au XIXe siècle. Les réformes libérales et les idéologies laïques, influencées par les modèles européens et les mouvements américains, visaient à limiter l'influence de l'Église catholique. Après la Révolution mexicaine (1910-1920) et l'échec, en 1925, de la création d'une Église d'État catholique distincte au Mexique, indépendante de Rome, le président Calles appliqua avec une sévérité particulière les dispositions constitutionnelles anti-Église déjà en vigueur. Pour une grande partie de la population, majoritairement catholique, cela se traduisit par une profonde intrusion dans leurs pratiques et leur identité religieuses, contribuant à l'escalade du conflit.

    La réglementation de 1926 excluait en grande partie l'Église catholique de la sphère publique. L'instruction religieuse était interdite, de même que les symboles et les processions religieuses. Toutes les autres activités de l'Église furent placées sous le contrôle de l'État, le culte public fut sévèrement restreint et l'Église fut privée de sa personnalité juridique et de ses droits de propriété. Les prêtres étaient tenus de s'enregistrer, devaient être d'origine mexicaine et leur nombre était limité par État. De plus, il leur était interdit de critiquer l'État. Les infractions étaient passibles de lourdes amendes ou d'emprisonnement. En outre, les autorités étatiques étaient habilitées à fermer ou à confisquer les églises, les monastères, les écoles ou les maisons paroissiales.

    Suspension des offices religieux publics :
    En réponse, le 31 juillet 1926, les évêques mexicains suspendirent les messes publiques dans tout le pays. Des appels au boycott des lois et des produits des entreprises liées à l'État se firent entendre, ainsi qu'une large solidarité avec les victimes. Le gouvernement intensifia la répression par des arrestations massives, des expulsions et des actions militaires contre la population civile, ce qui mena à une escalade du conflit : les « Cristeros » — laïcs, populations rurales et communautés villageoises entières — se soulevèrent contre l'intervention de l'État ; des prêtres participèrent également au soulèvement. Leur nom provient du cri « ¡Viva Cristo Rey! » (Vive le Christ Roi !), né lors d'interrogatoires où les prisonniers, contraints de prêter allégeance à l'État, affirmaient leur appartenance religieuse.

    Le gouvernement, militairement et technologiquement supérieur, répliqua par de nombreuses exécutions. Des dizaines de victimes ont par la suite été béatifiées ou canonisées par l'Église catholique, parmi lesquelles des personnalités telles que les prêtres Miguel Agustín Pro et Mateo Elias Nieves Castillo, ainsi que le laïc Anacleto González Flores. Le pape François a canonisé José Sánchez del Río à Rome en 2016. Ce dernier avait rejoint les rebelles et servi comme courrier et messager pour eux ; il fut exécuté à l'âge de 14 ans seulement après avoir subi de terribles tortures.

    Le conflit armé prit officiellement fin en 1929 avec un accord entre le gouvernement mexicain et les évêques, conclu sous d'intenses pressions diplomatiques et grâce à la médiation de l'ambassadeur américain Dwight W. Morrow. Cet accord permit la reprise des offices religieux publics et abrogea de fait les mesures les plus sévères des Ley Calles. Malgré la fin officielle du conflit, les violences et la répression locales, notamment la persécution et le meurtre de Cristeros désarmés, persistèrent pendant des années. Ce n'est qu'avec la réforme législative de 1992 que l'Église catholique au Mexique recouvra la pleine souveraineté.

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  • Il y a vingt-cinq ans : la mort de Gustave Thibon

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    Du blog du Mesnil Marie :

    2021 - 19 janvier - 2026
    25ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon

    1) nouvelle publication : la vidéo "il était une foi" >>>

    http://leblogdumesnil.unblog.fr/2026/01/18/2026-9-gustave-thibon-il-etait-une-foi/

    2) La liste de toutes nos publications concernant Gustave Thibon >>>

    http://leblogdumesnil.unblog.fr/2023/01/18/2023-14-retrospectives-des-publications-de-ce-blogue-relatives-a-gustave-thibon-2008-2023/

  • Omnis terra adoret te, Deus... (Introit pour le 2ème dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus

    Omnis terra adoret te, Deus,
    et psallat tibi;
    psalmum dicat nomini tuo, Altissime..

    Que toute la terre vous adore, Dieu,

    et psalmodie pour vous:
    qu’elle dise un psaume à l’honneur de votre nom, Très-Haut.
    Ps.  1

    Iubilate Deo omnis terra,
    psalmum dicite nomini eius :
    date gloriam laudi eius.

    Jubilez pour Dieu, toute de la terre,
    dites un psaume à l’honneur de son nom:
    rendez gloire à sa louange !

  • Voici l'Agneau de Dieu (2e dimanche du Temps Ordinaire)

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    06-Retable_de_l-Agneau_mystique_-10-.jpg

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,29-34. 
    Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
    c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. 
    Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël. » 
    Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. 
    Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint. '
    Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. » 

    Voici l’Agneau de Dieu (source)

    Homélie du fr. Thierry-Dominique HUMBRECHT o.p., 2dimanche du T.O., année A

     « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Jean le Baptiste l’a dit, en une phrase il a tout dit du message chrétien.

    C’est aussi à notre temps qu’il l’annonce, et notre temps risque de passer à tabac aussi bien celui dont il est question que son porte-parole. Pensez donc : le porte-parole, un prophète qui pointe l’unique Dieu, de préférence aux autres, et qui, en outre, ose dénoncer les unions illégitimes, royales ou non ; cet homme-là n’a pas le droit de diffuser son intransigeance, il mérite la mort, la mort médiatique ou physique, ce qui revient au même. Davantage, est devenu inacceptable l’objet de son message, aujourd’hui comme hier, un Dieu qui s’incarne parce qu’il a des choses à réparer en nous et d’autres à exiger. La religion embourgeoisée en prend un coup, celle qui ne dérange ni l’ordre public ni les familles, où l’on ne touche à rien pour que tout aille bien.

    Pourtant, c’est à cette manifestation qu’il nous faut revenir, comme un résumé de notre foi : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Essayons d’en mesurer la portée, sur Dieu, sur nous, sur notre société. 

    « L’Agneau de Dieu » : nous sommes habitués aux images évangéliques, trop peut-être, elles perdent de leur force. Qui d’entre nous a déjà porté un agneau dans ses bras, un vrai, vivant, cru ? Peut-être personne, ou alors il y a un demi-siècle. Les agneaux nous font sourire, ils sont aussi bêtes que leurs parents, heureusement ils ont un côté mignon. Leur innocence attendrit.

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  • Catéchèses du pape : Léon XIV va-t-il réviser Vatican II dans le sens de la tradition ?

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    De Jeanne Smits sur Réinformation TV :

    Léon Vatican Seigneur Eglise

    Les catéchèses de Léon XIV sur Vatican II, annoncées au Consistoire qui vient d’avoir lieu à Rome, ont commencé mercredi à l’audience générale avec une courte présentation de la Constitution dogmatique Dei Verbum. Sans nul doute, ces présentations par le pape qui entre en quelque sorte dans son pontificat après avoir consacré l’essentiel de ses premiers mois à exécuter ce qui était déjà prévu pour 2025 sous François, vont fortement attirer l’attention car c’est sans doute là que l’on trouvera les propos véritablement programmatiques du « pape Prevost ».

    Pour l’heure, le pape en est resté à des propos introductifs où, ayant cité les paroles de Jésus-Christ : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître », Léon XIV cite son cher saint Augustin :

    « Dans son commentaire sur ce passage du quatrième Evangile, (il) insiste sur la perspective de la grâce, seule capable de nous rendre amis de Dieu dans son Fils (Commentaire sur l’Evangile de Jean, Homélie 86). En effet, une ancienne devise disait “Amicitia aut pares invenit, aut facit”, “l’amitié naît entre égaux, ou rend tels”. Nous, nous ne sommes pas égaux à Dieu, mais Dieu lui-même nous rend semblables à Lui dans son Fils. »

    Léon XIV va-t-il réviser Vatican II dans le sens de la tradition ?

    Pas d’amitié avec Dieu sans grâce, en somme, et – comme le pape le rappelle plus loin – il appartient à l’homme de l’entretenir.

    Le pape poursuit :

    « C’est pourquoi, comme nous pouvons le voir dans toute l’Ecriture, il y a dans l’Alliance un premier moment de distance, dans la mesure où le pacte entre Dieu et l’homme reste toujours asymétrique : Dieu est Dieu et nous sommes des créatures ; mais, avec la venue du Fils dans la chair humaine, l’Alliance s’ouvre à sa fin ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses enfants et nous appelle à devenir semblables à Lui dans notre fragile humanité. Notre ressemblance avec Dieu ne s’obtient donc pas par la transgression et le péché, comme le suggère le serpent à Eve (cf. Gn 3, 5), mais dans la relation avec le Fils fait homme. »

    Léon XIV insiste beaucoup sur le « dialogue avec Dieu » qui est au cœur de Dei Verbum, d’abord dans le jardin de l’Eden, où il est interrompu par le péché. Puis :

    « Dans la Révélation chrétienne, lorsque Dieu, pour venir à notre rencontre, s’incarne dans son Fils, le dialogue qui avait été interrompu est définitivement rétabli : l’Alliance est nouvelle et éternelle, rien ne peut nous séparer de son amour. La Révélation de Dieu a donc le caractère dialogique de l’amitié et, comme dans l’expérience de l’amitié humaine, elle ne supporte pas le mutisme, mais se nourrit de l’échange de paroles vraies. »

    Les premières catéchèses de Léon XIV sur Vatican II évoquent le péché et la grâce

    Il en déduit la nécessité de répondre à Dieu :

    « D’où la nécessité de la prière, dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à cultiver l’amitié avec le Seigneur. Cela se réalise tout d’abord dans la prière liturgique et communautaire, où ce n’est pas nous qui décidons ce que nous voulons entendre de la Parole de Dieu, mais c’est Lui-même qui nous parle à travers l’Eglise ; cela se réalise également dans la prière personnelle, qui se déroule dans l’intimité du cœur et de l’esprit. Le temps consacré à la prière, à la méditation et à la réflexion ne peut manquer dans la journée et la semaine du chrétien. Ce n’est que lorsque nous parlons avec Dieu que nous pouvons aussi parler de Lui. »

    Au-delà de ce conseil de vie chrétienne on notera les propos du pape sur la liturgie : Dieu nous parle d’abord à travers l’Eglise, c’est par elle qu’Il nous atteint… et la liturgie n’est pas un choix personnel et subjectif de l’homme.

    Léon XIV conclut, loin de l’idée que la foi en la parole de Dieu suffit, en montrant que l’homme, lui, peut rompre l’alliance :

    « Notre expérience nous montre que les amitiés peuvent prendre fin à cause d’un geste spectaculaire de rupture, ou d’une série de négligences quotidiennes qui effritent la relation jusqu’à la perdre. Si Jésus nous appelle à être amis, essayons de ne pas laisser cet appel sans réponse. Accueillons-le, prenons soin de cette relation et nous découvrirons que c’est précisément l’amitié avec Dieu qui est notre salut. »

  • Saint Antoine, maître de vie spirituelle (17 janvier)

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    m094704_00-007466_p.jpgHistoire de saint Antoine (Source)

    Antoine, né vers 251 en Haute Egypte, avait dix-huit ans lorsque moururent ses parents, chrétiens à la fortune considérable, qui lui laissaient le soin d'élever sa petite sœur. Observant et pratiquant, il fut un jour vivement frappé par cette invitation de Jésus : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel : viens et suis-moi ! » (Mat, XIX 21). Il obéit, mais fit toutefois une réserve des ressources nécessaires à sa sœur. Bientôt il fut impressionné par une autre parole du Sauveur : « Ne vous mettez pas en peine du lendemain. » (Mat, VI 34). Il se débarrassa de sa réserve, confia sa sœur à une communauté de vierges, et se retira dans une solitude voisine de Qéman, entre Memphis et Arsinoé ; conduit par un vieil ascète, Antoine partagea son temps entre la prière et le travail. Cette demi-retraite ne lui suffit pas longtemps ; quand sa réputation lui amena trop des visiteurs, il se réfugia dans un des anciens tombeaux égyptiens de la montagne où, de temps à autre, un ami lui apportait des provisions. Là commencèrent ses tribulations : le démon lui livrait de furieuses attaques. Un matin l'ami charitable le trouva étendu inanimé sur le sol ; il le rapporta au village où, le croyant mort, on prépara ses funérailles. Antoine reprit ses sens et demanda à être ramené immédiatement dans sa grotte.

    Les assauts du démon continuèrent. Antoine chercha une retraite encore plus profonde, au delà du Nil. Vingt ans, il vécut enfermé dans un château ruiné, toujours aux prises avec Satan.

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  • Le « catholicisme beige » et l’exode des jeunes hommes hors de l’Église

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    D'InfoVaticana :

    Le « catholicisme beige » et l’exode des jeunes hommes hors de l’Église

    Dans de nombreuses paroisses occidentales, un constat se répète : des bancs remplis de femmes et d’enfants, et une absence frappante de jeunes hommes. Pour certains, il s’agit d’un phénomène sociologique inévitable. Pour d’autres, d’une simple question de génération. L’approche de The Remnant est plus directe et, en même temps, plus troublante : si beaucoup d’hommes quittent l’Église, ce n’est pas à cause d’exigences excessives, mais justement parce qu’elles sont absentes ; non pas à cause de sa sévérité, mais à cause de sa clémence.

    L'auteur soutient qu'une partie du catholicisme traditionnel est devenue méconnaissable pour ceux qui recherchent une foi solide, un ordre moral clair et une vie spirituelle indépendante des modes passagères. Et lorsque l'Église se présente comme un catalogue de « bonnes idées » négociables, le résultat, dit-il, est prévisible : les fidèles s'en vont, et ceux qui restent ont tendance à renforcer des dynamiques de plus en plus fragiles, créant ainsi un cercle vicieux.

    Le rejet d’un catholicisme « beige »

    Ce texte découle d'une intuition partagée par de nombreux jeunes : si un homme de la génération Z rejette véritablement le monde – son hédonisme, son relativisme, son idéologie –, il rejettera également le « catholicisme édulcoré » qui lui est proposé comme alternative. Il ne recherche pas un christianisme qui imite le langage de son époque, mais un christianisme qui le contredit.

    L’étiquette que l’auteur emploie pour cette version édulcorée est révélatrice : « catholicisme beige ». Un catholicisme sans aspérités, sans clarté doctrinale, sans discipline, sans esprit de combat spirituel. Un catholicisme qui promet appartenance et bien-être émotionnel, mais qui exige rarement conversion, sacrifice ou obéissance à la vérité.

    Première cause : l'érosion de la vérité immuable

    Selon l'article, la principale raison de ce rejet est l'affaiblissement de la conviction catholique. L'Église, nous rappelle-t-il, a été bâtie sur des martyrs, non sur des négociateurs. L'auteur cite des figures historiques qui ont préféré la mort au compromis avec leur foi, précisément pour souligner le contraste avec un climat ecclésial où la vérité semble « flexible ».

    Lorsque la doctrine est présentée comme révisable et que la morale devient un ensemble de « processus » ou de « directives » sans but précis, le message reçu est dévastateur : il n’y a pas de trésor à préserver, mais un discours adaptable. Or, une personne sérieuse ne risque pas sa vie, sa réputation ni sa famille pour quelque chose qui pourrait être redéfini demain lors d’une nouvelle « séance d’écoute ».

    L'auteur attribue ce phénomène à un mélange de libéralisme doctrinal, de modernisme et d'un œcuménisme mal compris : une dynamique où la clarté est perçue comme de la rigidité et la fermeté comme un manque de charité. Dans ce contexte, celui qui recherche la certitude, une hiérarchie morale et la transcendance conclut qu'on lui propose un produit vide de sens.

    Deuxième cause : la promotion du vice et la tolérance du péché

    La seconde cause : la normalisation du vice au sein de l’Église. L’article soutient que la corruption morale – en particulier au sein du clergé – a été l’une des armes les plus destructrices contre la foi et la masculinité chrétienne.

    Lorsqu'un jeune est témoin de scandales, de confusion sexuelle, de la banalisation de la liturgie et de pasteurs incapables de nommer le péché, il comprend qu'on lui demande d'adhérer à une institution qui ne prend pas sa propre doctrine au sérieux. Et si l'Église ne parvient pas à former des consciences fortes, elle finit par produire des hommes faibles : incapables de résister au monde et, par conséquent, incapables de guider leur famille et la société.

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  • L'Église et Darwin

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    De Casey Chalk sur The Catholic Thing :

    L'Église et Darwin

    L'un des aspects les plus étranges de mon éducation évangélique fut la catéchèse que j'ai reçue sur le créationnisme. En raison d'une interprétation hyper-littéraliste du livre de la Genèse, les églises évangéliques que ma famille fréquentait prêchaient régulièrement sur les erreurs de Darwin, cherchant à fournir aux fidèles des arguments sur les dinosaures, la datation au carbone 14 et divers phénomènes que la théorie de l'évolution peinait à expliquer. Nous étions tous, fervents évangéliques, censés être formés pour parler avec autorité de sujets scientifiques.

    Bien sûr, rares sont ceux qui en seraient réellement capables. L'idée qu'un évangélique ayant appris les sciences à l'église puisse s'opposer à un étudiant en sciences exactes ou à un scientifique professionnel et affirmer que la Terre a en réalité 10 000 ans est absurde. En effet, si les chrétiens critiquent souvent les sceptiques religieux pour diverses présuppositions philosophiques – comme l'inexistence des miracles –, une position anti-évolutionniste fondée sur une interprétation particulière de la Genèse est tout aussi infondée.

    Plus j'en apprenais sur l'histoire controversée de la religion et de la science, plus je me rendais compte que ce conflit résultait en grande partie d'une confusion colossale, souvent entretenue par les athées et les fondamentalistes. La science s'intéresse aux données empiriques, à ce qui peut être observé et testé dans le monde naturel ; la religion, quant à elle, traite de réalités métaphysiques, dont certaines peuvent être déduites et formulées logiquement, mais qui ne peuvent être vérifiées empiriquement. Affirmer que la sélection naturelle réfute l'existence de Dieu revient à affirmer que, parce que le comportement humain est parfois prévisible, le libre arbitre n'existe pas.

    J’ai donc été heureux d’apprendre que l’Église catholique perçoit la théorie de l’évolution non comme un épouvantail maléfique, mais, à l’instar de tout autre aspect de la pensée moderne, comme un élément à considérer à la lumière de la vérité philosophique et d’une juste compréhension de la révélation divine. L’ouvrage « Darwin et la doctrine : la compatibilité de l’évolution et du catholicisme », du professeur de biologie Daniel Keubler, s’inscrit pleinement dans cette tradition catholique impartiale, en analysant avec soin les affirmations philosophiques et métaphysiques. Il écrit : « Au fil des années, je suis passé de la difficulté à concilier l’évolution et le catholicisme à l’exploration de la manière dont une compréhension évolutionniste peut éclairer notre compréhension de la relation de Dieu à sa création. »

    L’Église catholique n’a pas de position officielle sur la science de l’évolution, car sa mission est de déterminer la vérité relative à la révélation divine, et non de statuer sur la validité des différentes théories scientifiques. Lorsqu’elle s’est exprimée sur la science, elle a porté son attention sur ce que saint Jean-Paul II appelait les « théories [pseudo-scientifiques] de l’évolution qui, conformément aux philosophies qui les inspirent, considèrent l’esprit comme émergeant des forces de la matière vivante ou comme un simple épiphénomène de cette matière ».

    Les catholiques sont donc libres d'adopter toute une gamme de positions concernant l'évolution, allant du rejet pur et simple de cette théorie comme incompatible avec la Genèse, à l'acceptation de presque toutes les théories de l'évolution, à l'exception de celles qui contredisent l'enseignement officiel de l'Église, comme l'affirmation selon laquelle la Création peut s'expliquer uniquement par des processus naturels.

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  • La confrontation du cardinal Zen avec la synodalité

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    Du Catholic Herald :

     
    14 janvier 2026

    La confrontation du cardinal Zen avec la synodalité

    Le cardinal Joseph Zen est arrivé cette semaine à Rome pour participer au premier consistoire extraordinaire de cardinaux convoqué par le pape Léon XIV, marquant une rare apparition publique de l'évêque émérite de Hong Kong, âgé de 93 ans, dont la liberté de mouvement a été fortement restreinte depuis son arrestation en vertu de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong.

    Le Saint-Père a reçu le cardinal Zen en audience privée le matin du consistoire, un événement considéré comme symboliquement significatif compte tenu des relations longues et souvent tendues du cardinal avec le pontificat précédent.

    Ce salésien de longue date n'a pu voyager qu'après avoir obtenu l'autorisation des autorités de Hong Kong. Depuis 2022, il est soumis à des restrictions légales suite à son arrestation dans le cadre d'une affaire liée à un fonds humanitaire ayant apporté une aide aux manifestants pro-démocratie. La police l'a inculpé, ainsi que plusieurs autres personnes, de collusion avec des forces étrangères, une accusation qu'il a toujours niée. Il a par la suite été condamné pour une infraction moindre et une écopé d'une amende, tout en restant en liberté sous prudence. Son passeport a été confisqué à plusieurs reprises, puis restitué temporairement par les tribunaux, lui permettant ainsi de voyager de manière strictement limitée, notamment pour assister aux funérailles de Benoît XVI et du pape François.

    L'audience privée avec Léon XIV a précédé un consistoire extraordinaire qui s'est tenu les 7 et 8 janvier, auquel ont participé environ 170 cardinaux. Bien que les membres du Sacré Collège aient été initialement informés que quatre sujets seraient abordés, il leur a été indiqué à leur arrivée que, faute de temps, la discussion se limiterait à deux. Les cardinaux ont choisi le synode et la synodalité, ainsi que la mission de l'Église à la lumière de l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François (2013 ).

    Le cardinal Zen a prononcé une intervention brève mais incisive, critiquant vivement le Synode sur la synodalité, un processus pluriannuel qui s'est déroulé de 2021 à 2024. S'exprimant lors de la séance à huis clos, le cardinal de Hong Kong a abordé la note accompagnant le document final du synode, publié par le pape François, et a remis en question à la fois la méthode et les présupposés théologiques qui sous-tendent le processus.

    « La manipulation systématique du processus est une insulte à la dignité des évêques », a déclaré le cardinal Zen au consistoire, ajoutant que « la référence constante au Saint-Esprit est ridicule et presque blasphématoire ». Il a averti que les appels incessants à l'Esprit risquaient de laisser entendre qu'on pourrait s'attendre à ce qu'il contredise « ce qu'il a inspiré dans la tradition bimillénaire de l'Église ».

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