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Foi

  • Quel genre de pape fut Pie XII ?

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    De Dawn Beutner sur le CWR :

    Quel genre de pape fut Pie XII ?

    Pie XII eut la tâche peu enviable d’être pape à l’époque où l’un des hommes les plus maléfiques que la terre ait jamais portés tenta de conquérir le monde.

    8 octobre 2026 — Dawn Beutner — Essai, Dossiers, Histoire

    Le pape Pie XII apparaît sur une photographie d’archives du Vatican datée du 15 mars 1949. (Photo d’archives CNS)

    Le monde semble divisé en deux camps au sujet du pape Pie XII.

    Était-il un antisémite indifférent au sort des Juifs, un lâche incapable de prendre des décisions, un dirigeant si coupé des réalités de la Seconde Guerre mondiale qu’il aurait balayé les informations faisant état de la mort de Juifs en les jugeant exagérées ? Ou était-il un diplomate avisé qui sauva des milliers de Juifs de la mort grâce à un réseau clandestin de courageux catholiques, lesquels risquèrent leur vie pour protéger des personnes menacées par le fascisme ? Quelle version se rapproche le plus de la vérité ?

    Heureusement, il est facile de constater que la réalité penche davantage en faveur de la seconde interprétation que de la première. De nombreux auteurs ont réfuté les affirmations erronées¹ formulées à propos du 260ᵉ pape de l’Église. Les ouvrages de Michael Hesemann, The Pope and the Holocaust (Le Pape et l’Holocauste), et de Peter Bartley, Catholics Confronting Hitler (Les catholiques face à Hitler), en apportent une illustration récente. Nous savons que Pie XII se souciait réellement des Juifs, qu’il tenta d’arrêter Hitler par des moyens diplomatiques et qu’il contribua à sauver des vies en encourageant discrètement les catholiques — notamment les évêques, les prêtres et les religieux consacrés — à protéger ceux dont la vie était menacée pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Une question légitime

    Les adversaires de Pie XII ont cependant soulevé une question pertinente : pourquoi le pape n’a-t-il pas condamné plus vigoureusement les agissements d’Adolf Hitler et le nazisme ?

    Avant d’examiner le cas de Pie XII, il importe de replacer les choses dans une perspective historique et de rappeler les relations parfois difficiles que l’Église a entretenues avec les dirigeants politiques au cours des deux derniers millénaires. Même en laissant de côté les trente-deux papes² qui régnèrent avant que l’empereur romain Constantin promulgue son édit de tolérance envers l’Église, nombreux furent les papes confrontés à des souverains injustes, violents et malfaisants.

    La tentative d’assassinat de Jean-Paul II en 1981, vraisemblablement commanditée par des communistes, ne fut pas la première tentative de meurtre visant le chef de l’Église catholique. Si la mort de certains papes n’a éveillé que des soupçons,³ celle d’autres pontifes fut clairement le résultat de manœuvres criminelles.⁴ Il faut reconnaître que certains papes, loin d’être exemplaires en sainteté, périrent en raison des fréquentations dangereuses qu’ils entretenaient⁵ ou parce qu’ils exercèrent leur ministère à une époque particulièrement violente.⁶

    Comme nous le rappellent les documents de Vatican II, le pape, « en tant que Vicaire du Christ et pasteur de toute l’Église […] possède sur celle-ci un pouvoir plénier, suprême et universel ».⁷ Toutefois, les papes ont souvent dépassé le cadre strict de leur mission de pasteurs pour intervenir sur des questions importantes, notamment afin de protéger les innocents. L’un des exemples les plus célèbres de diplomatie pontificale réussie est celui de Léon Ier (440-461), qui convainquit Attila, roi des Huns, de renoncer à marcher sur Rome, à la piller et à en massacrer les habitants. Léon se montra cependant moins heureux quelques années plus tard, lorsque le roi vandale Genséric se présenta aux portes de la Ville.

    Aujourd’hui, l’État de la Cité du Vatican est un minuscule État indépendant. Au fil des siècles, cependant, les papes ont parfois gouverné de vastes territoires, contrôlé les trésors — ou les dettes — de l’Église et conduit des armées au combat. Tout au long de son histoire, l’Église a vu les papes privilégier les démarches diplomatiques, défendre les droits des catholiques et recourir à des arguments moraux et spirituels pour justifier leurs positions. D’une manière générale, les souverains pontifes ont cherché à conserver leur neutralité dans les conflits internationaux.

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  • « Quelque chose d’extraordinaire s’est produit » : Plus d’un million d’enfants ont prié le chapelet

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    « Quelque chose d’extraordinaire s’est produit » : Plus d’un million d’enfants ont prié le chapelet

    09/10/2026

    Plus d’un million d’enfants et de jeunes du monde entier ont prié le chapelet pour la paix et l’unité durant la semaine du 1er au 7 octobre 2026, dans le cadre de la campagne « Un million d’enfants prient le chapelet », promue par l’a fondation pontificale l’Aide à l’Église en Détresse.

    De l’Inde aux centres de détention pour mineurs d’Ukraine, du Brésil au Nigéria, de la Pologne aux Philippines, durant toute cette semaine, plus d’un million d’enfants du monde entier ont prié le chapelet ensemble et ont montré que la paix commence par de petits gestes simple, comme l’union dans la prière.

    Plus d’un million d’enfants et de jeunes du monde entier ont prié le Rosaire pour la paix et l’unité durant la semaine du 1er au 7 octobre 2026, dans le cadre de la campagne « Un million d’enfants prient le chapelet », promue par la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED).

    À la grotte de Lourdes, dans les jardins du Vatican, 1 300 personnes, dont 700 enfants, étaient auprès du pape Léon pour prier le chapelet en cinq langues, offrant cette prière mariale pour la fin de la violence dans le monde. ©AED

    Cette année, l’initiative « Un million d’enfants prient le Rosaire », portée depuis plus de vingt ans par l’AED, s’est déroulée sur une semaine, du 1er au 7 octobre, fête de Notre-Dame du Rosaire. La campagne a débuté de façon exceptionnelle avec la présence du pape Léon XIV aux côté de centaines d’enfants dans les Jardins du Vatican pour commencer à prier le chapelet en union de prière avec des enfants du monde entier.

    « L’édition de cette année d’“Un million d’enfants prient le chapelet” m’a profondément touchée. Une fois encore, nous avons été témoins de quelque chose à la fois simple et extraordinaire : des enfants du monde entier qui confient leur cœur, leurs familles et les besoins de notre monde entre les mains de Dieu à travers le Rosaire », s’est émue Nathalie D’Aqui, coordinatrice de la campagne depuis le siège de l’AED à Königstein im Taunus, en Allemagne.

    « Il est inspirant de voir comment l’AED unit des enfants et des communautés du monde entier dans une même prière pour la paix et l’unité »

    Père Alfred Kizito Ayella, Ouganda.
    Croatie.
    La Ceiba, Honduras.
    Haïti.
    Malawi.

    Tout au long de la campagne, l’AED a reçu de nombreux témoignages des communautés participantes. En Pologne, des enfants se sont rassemblés au palais présidentiel et ont été guidés dans la prière par l’aumônier du président, tandis que des enfants du mouvement scout au Liban ont enregistré des vidéos invitant les jeunes d’autres pays à prier ensemble pour la paix.

    L’AED a également reçu des photographies de prières communautaires venant du Soudan du Sud, du Salvador, du Zimbabwe, de la Pologne et de nombreux autres pays, ainsi que des veillées de nuit organisées au Kerala, en Inde. « Nous croyons profondément à la puissance de la prière des enfants. À travers le Rosaire, nous voulons leur apprendre qu’eux aussi peuvent devenir des artisans de paix et apporter l’espérance autour d’eux », a écrit le père Gefthey Jean, de la paroisse Notre-Dame de la Nativité, dans le diocèse d’Anse-à-Veau et Miragoâne, en Haïti.

    « Merci de partager cette merveilleuse initiative. Il est inspirant de voir comment l’Aide à l’Église en Détresse unit des enfants et des communautés du monde entier dans une même prière pour la paix et l’unité », a déclaré le père Alfred Kizito Ayella, du diocèse de Gulu, en Ouganda.

    Pour certaines paroisses, la possibilité de prier publiquement dans les rues a été perçue comme un souffle d’espérance au milieu de réalités particulièrement difficiles. « Ce fut une expérience de foi, de prière et un témoignage public de communion dans notre ville, en contraste saisissant avec son histoire marquée par le trafic de drogue et les activités de guérilla », a confié un prêtre du Pérou.

    Des villes marquées par la violence au Pérou jusqu’à un centre de détention pour mineurs en Ukraine, le Rosaire est devenu un signe d’espérance là où la paix semble parfois très lointaine. L’AED a notamment reçu des témoignages émouvants de jeunes détenus d’un centre de rééducation de Lviv, qui ont participé à la campagne avec l’aumônerie des prisons pour jeunes de l’Église gréco-catholique ukrainienne.

    « Dans un monde qui peut si facilement se diviser, les enfants nous montrent qu’il est possible de nous rassembler pour quelque chose de plus grand que nous-mêmes »

    Nathalie D’Aqui, coordinatrice de la campagne

    « Dans un monde qui peut si facilement se diviser, les enfants nous montrent qu’il est possible de nous rassembler pour quelque chose de plus grand que nous-mêmes », a écrit Nathalie D’Aqui, citant l’exemple de l’Ukraine, où « le Rosaire est devenu un havre de paix au milieu du chaos qui entoure les enfants ». Ceux-ci ont été encouragés à « prier ensemble chaque jour en famille, car la paix doit d’abord être construite dans nos propres foyers ».

    Nairobi, Kenya.

    Selon la carte interactive disponible sur le site internet de l’AED, où chacun pouvait enregistrer sa participation, plus d’un million d’enfants ont pris part à l’initiative. Il convient toutefois de noter que de nombreux participants ne s’inscrivent pas officiellement ; le nombre indiqué sur la carte doit donc être considéré comme inférieur à la réalité. De plus, des témoignages et des données de participation continuent d’arriver depuis des régions plus isolées, de sorte que le nombre total de participants est encore en augmentation.

    Plus de 55 000 enfants ont prié aux États-Unis et 111 073 au Brésil. Le Nigeria a été le pays africain comptant le plus grand nombre de participants enregistrés, avec 151 600 enfants, tandis que les Philippines arrivaient en tête en Asie avec plus de 220 000 participants. Plus de 6 000 enfants ont également participé en Australie. Comme toujours, la Pologne a montré une forte mobilisation avec au moins 76 000 participants inscrits.

    « L’image d’un enfant tenant un chapelet peut sembler modeste. Mais lorsque des millions d’enfants le font ensemble, quelque chose d’extraordinaire se produit. »

    Nathalie D’Aqui

    « L’image d’un enfant tenant un chapelet peut sembler modeste. Mais lorsque des millions d’enfants le font ensemble, quelque chose d’extraordinaire se produit : ils deviennent une chaîne mondiale de prière ; ils deviennent une école de la foi ; ils deviennent un signe d’unité ; et ils deviennent de petits instruments de paix », a conclu Nathalie D’Aqui. « Nous, les adultes, nous demandons souvent ce que nous pouvons faire pour changer le monde. Peut-être que les enfants nous rappellent une chose très simple : nous pouvons commencer par prier. »

     

  • « Le monde n'a pas d'avenir sans familles fortes » (Léon XIV)

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    SAINTE MESSE LORS DE LA CONCLUSION DE LA RENCONTRE MARQUANT LE 10E ANNIVERSAIRE DE LA PUBLICATION
    DE L'EXHORTATION APOSTOLIQUE AMORIS LAETITIA

    HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    (lue par le cardinal Luis Antonio Tagle, doyen du Collège des cardinaux)

    Place Saint-Pierre, mercredi 14 octobre 2026

     ____________________________________

     Je vais maintenant lire l'homélie préparée par Sa Sainteté le pape Léon XIV.

    « La joie de l’amour vécue par les familles est aussi la joie de l’Église » (Pape François, Exhortation apostolique Amoris Laetitia , 19 mars 2016, p. 1). C’est par ces mots qu’il y a dix ans, le pape François commençait son Exhortation apostolique Amoris Laetitia .

    Aujourd'hui, alors que nous célébrons l'Eucharistie, nous offrons au Seigneur les fruits du travail que nous avons accompli sur ce document, et nous cherchons à en accueillir les richesses et à mettre en pratique ses conseils pastoraux.

    À cet égard, la liturgie d’aujourd’hui nous offre plusieurs pistes de réflexion. Dans la première lecture, nous avons entendu l’« hymne à l’amour » de saint Paul (cf. 1 Co 12, 31-13, 13). Au chapitre 4 de l’Exhortation apostolique, ce même texte sert de base à une riche méditation sur les vertus du mariage chrétien, union « affective, spirituelle et sacrificielle » (n° 120), et icône de l’amour de Dieu (cf. n° 121). En vivant ces valeurs, et avec le secours de la grâce, les époux grandissent ensemble jour après jour à l’image de la Trinité. Chacun mûrit à sa manière, et en même temps, ils se ressemblent de plus en plus par « l’engagement stable de partager et de construire ensemble toute leur vie » (n° 123). Ainsi, la véritable joie de l’amour réside dans un approfondissement progressif de l’union, où l’unicité de chacun s’épanouit par le don de soi et la présence de l’autre.

    De plus, l’Apôtre s’adressait à une communauté riche en dons et charismes (cf. 1 Co 12, 4-11), mais qui avait besoin de mûrir dans l’amour. Il rappelait aux Corinthiens que ceux qui sont dépourvus d’amour, malgré tous les talents qu’ils ont pu recevoir, sont comme « un gong bruyant ou une cymbale qui résonne » (13, 1), comme une voix sans amour, incapable de toucher le cœur, coupée des autres, distante, froide et impénétrable.

    Nous n’avons pas été créés pour vivre ainsi. Le psaume responsorial nous le rappelle en nous appelant le « peuple » et le « troupeau » d’un Dieu dont « la bonté demeure à jamais » et dont la fidélité s’étend « de génération en génération » ( Ps 100, 5). Il est un Seigneur qui aime sans réserve, qui ne cesse de nous chercher, de nous faire confiance et de renouveler son amitié.

    C’est cet amour qu’Amoris Laetitia nous invite à fonder nos familles. C’est ce véritable amour que nous sommes particulièrement appelés à enseigner aux jeunes gens qui se préparent au mariage, en les instruisant sur « l’importance des vertus », parmi lesquelles la chasteté occupe une place de choix, « inestimable pour la croissance authentique de l’amour entre les personnes » (n° 206). Les programmes de préparation au mariage, élaborés avec soin à cette fin dans les paroisses et les zones pastorales, sont louables. Toutefois, ces cours ne suffisent pas à eux seuls ; ils doivent être précédés et soutenus par une éducation à l’amour qui accompagne la croissance de la personne dès l’enfance. À ce propos, le pape François a observé qu’« apprendre à aimer quelqu’un ne se fait pas automatiquement, et cela ne peut s’enseigner dans un atelier juste avant la célébration du mariage » (n° 208). Il a expliqué : « Pour chaque couple, la préparation au mariage commence dès la naissance » ( ibid . ) et tout ce qu’un jeune vit au sein de sa famille devrait contribuer à le rendre capable d’un « engagement total et définitif » ( i bid . ).

    Ainsi, l’amour vécu au sein de la famille – avec ses moments de lutte, ses erreurs et ses échecs, mais aussi avec l’émerveillement de son quotidien imprévisible – devient la première école de l’affection humaine, le premier apprentissage précieux et irremplaçable de la joie d’aimer. C’est pourquoi nous devons reconnaître et soutenir les efforts de tant de familles qui vivent leur vocation et leur mission au quotidien, sans ostentation, mais parfois avec une fidélité héroïque. Elles offrent un témoignage généreux et convaincant des paroles de Jésus entendues dans l’Évangile : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis. Je vous ai établis pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » ​​( Jn 15, 16). Par le témoignage des parents, des enfants, des grands-parents, des jeunes et des personnes âgées, le message de vérité et de plénitude de vie de l’Évangile rayonne dans le monde.

    L’évangéliste Jean nous a transmis l’enseignement simple et clair que Jésus a prononcé à la fin de sa vie terrestre : « Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ( Jn 15, 12). Mettons-le en pratique afin de grandir en tant qu’Église, « famille de familles » ( Amoris Laetitia , n° 87), dans un climat de solidarité et d’entraide qui profitera à tous. Ainsi, les jeunes couples trouveront du réconfort au début de leur vie conjugale ; les parents seront soutenus face aux défis que représentent l’éducation des enfants et la gestion de la vie familiale ; et les personnes âgées seront reconnues et valorisées pour leur rôle de témoins de sagesse et de vertu, même lorsque leurs forces physiques déclinent. Les plus vulnérables, ceux qui traversent des épreuves et des crises, trouveront eux aussi soutien et encouragement, entourés d’affection et protégés des jugements et des préjugés. Rappelons-nous que « aussi blessée que puisse être la famille, elle peut toujours grandir en commençant par l’amour » ( XIVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, Relatio Finalis , 10 ).

    Les valeurs d’ouverture à la vie et de respect de la vie, de la conception à la mort naturelle, s’enracinent également dans cette charité, fondamentale à notre existence et à notre vie commune en tant qu’êtres humains. La famille est la première gardienne de ces valeurs, un phare pour le bien de l’humanité. À cet égard, le pape François a souligné qu’« aucune union temporaire ou fermée à la transmission de la vie ne peut assurer l’avenir de la société » ( Amoris Laetitia , 52). Le monde n’a pas d’avenir sans familles fortes, ouvertes au don des enfants et attentives à leur éducation et à leur épanouissement.

    Je voudrais rappeler une autre invitation importante de Jésus, dans les lectures que nous avons entendues : prier le Père « en mon nom » ( Jn 15, 16). Ces paroles nous rappellent que la famille est un lieu privilégié de prière. Malheureusement, dans de nombreuses régions du monde aujourd’hui, la pratique de la prière en famille – avant les repas, au début et à la fin de la journée, ou lors d’occasions spéciales – s’est perdue.  Amoris Laetitia nous rappelle qu’« il faut aussi souligner l’importance de la spiritualité familiale, de la prière et de la participation à l’Eucharistie dominicale » (n° 223). Elle recommande également aux familles de se réunir « régulièrement pour favoriser leur croissance spirituelle et leur solidarité face aux exigences concrètes de la vie » ( ibid .) . La prière commune et les sacrements jouent un rôle essentiel dans la vie familiale car ils ouvrent les cœurs à l’action de Dieu, permettant aux familles d’atteindre ensemble des dimensions qu’elles ne pourraient jamais atteindre seules. Ils sont en effet une nourriture solide et un remède salutaire. J’exhorte donc vivement chacun à redécouvrir et à encourager ces pratiques.

    Chers frères et sœurs, j'ai moi-même l'honneur de présider cette célébration par mandat spécial de Sa Sainteté le pape Léon XIV , afin de manifester publiquement la communion ecclésiastique qu'il a accordée à Sa Béatitude Paul III Nona, patriarche de Bagdad des Chaldéens, qui participe à cette Eucharistie.

    La communion d'un patriarche avec le successeur de Pierre rappelle une pratique ancienne qui affirmait l'unité de foi et de charité entre une Église patriarcale et le Siège de Rome – et, à cette époque, entre les Églises elles-mêmes. Il ne s'agit donc pas d'une simple formalité, mais d'une réalité vivante qui tire sa raison d'être de la communion eucharistique, source et sommet de l'unité de l'Église dans le Christ.

    Votre Béatitude, votre présence nous aide à mieux comprendre notre identité d’Église, qui est communion dans le Christ Seigneur des Églises de rites et de traditions divers, dans une unité qui s’exprime concrètement avec le Successeur de Pierre. Nous vous assurons de l’affection et des prières de toute l’Église catholique pour les fidèles confiés à votre charge pastorale, qui ont longtemps été mis à l’épreuve mais qui demeurent fermes et souvent héroïques dans leur témoignage de foi en Jésus au milieu de nombreuses adversités.

    Chers frères et sœurs, confions toutes les familles et toute l’Église à la Sainte Famille de Nazareth, reprenant la prière par laquelle le pape François a conclu Amoris Laetitia (n° 325) :

    Sainte Famille de Nazareth,

    accordons à nos familles aussi

    peuvent être des lieux de communion et de prière,

    écoles authentiques de l'Évangile

    et les petites églises domestiques…

    Puisse les familles ne plus jamais vivre une telle situation.

    violence, rejet et division ;

    que tous ceux qui ont été blessés ou scandalisés

    trouver réconfort et guérison…

    nous rendre à nouveau conscients

    du caractère sacré et inviolable de la famille,

    et sa beauté dans le plan de Dieu.

    Jésus, Marie et Joseph,

    Veuillez exaucer notre prière. Amen.

  • Liège (Cornillon), 31 octobre : 18ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints

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    HolyWins 2026, en avant les enfants, fêtons tous les saints !

    18ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints

    Enfants, parents et grands-parents se préparent à fêter la 18è édition d’HolyWins. Ce joyeux évènement a été initié en 2008 en Belgique afin de redonner tout son sens à la lumineuse fête de la Toussaint. Les dernières éditions ont regroupé environ 180 enfants et adultes.

    L’édition 2026 aura lieu le samedi 31 octobre, veille de la Toussaint dès 11h30 au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon à Liège. Des initiatives similaires se multiplient un peu partout. Les enfants sont invités, s’ils le souhaitent, à venir déguisés en saints ou saintes, voire en anges avec leurs grandes ailes blanches.

    Infos et inscriptions sur ce lien :  https://forms.gle/AEktd7y5Nrg2EA6k9

    Une journée pour redécouvrir la sainteté

    Les ados qui organisent la journée se réunissent dès 9h00 tandis que la fête commencera à 11h30 par une joyeuse célébration de la Toussaint. Les participants apportent leur contribution pour le Holy Buffet, repas de midi en mode auberge espagnole.

    A 14h débute le grand jeu à la découverte de belles figures de saintes et de saints. Lors de chaque étape, un mime, un maquillage, une scènette ou un jeu fait découvrir un visage de sainteté aux participants. Le tout mène au saint du jour, à deviner. « Ce sont des ados qui animent les stands pour les enfants durant le grand jeu, c’est très chouette », raconte Camille.

    Après un petit temps de louange et d’adoration adapté aux enfants, l’après-midi se termine par le Holy goûter avec gaufres, crêpes et chocolat chaud !

    Reportage vidéo sur la dernière édition de Holywins :
    Sur Facebook : https://fb.watch/n_ESfjpm8W/
    Sur YouTube : https://youtu.be/gtfdVteIKDs 

    Holywins est une initiative de membres et d’amis de la Communauté de l’Emmanuel.

    A bientôt,

    Pour l’équipe Holywins 2026,
    Contact: Laurence 0496 41 42 19

    Compte Instagram: Holywins_belgium

  • Thérèse d’Avila, blessée au cœur par l'ardeur de l'amour de Dieu

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    De Patrick Sbalchiero sur 1000 raisons de croire :

    Thérèse d’Avila, piquée par le feu d’amour de Dieu (+1582)

    Religieuse carmélite, Thérèse d’Avila (Thérèse de Jésus en religion) est la figure spirituelle espagnole la plus célèbre du XVIe siècle. Favorisée de dons mystiques extrêmement diversifiés, elle mène une vie chrétienne en tous points exemplaire. Elle entreprend, avec une réussite époustouflante et inexplicable sur le plan humain, à la fois la réforme de son ordre à l’échelle de l’Espagne entière et une œuvre intellectuelle de tout premier plan, dans laquelle elle analyse avec une précision psychologique encore jamais atteinte ses propres expériences mystiques. C’est en grande partie grâce à elle que la spiritualité moderne a pu éclore. La papauté l’a élevée pour cela au rang de docteur de l’Église.


    Les raisons d'y croire

    • Thérèse ne fait jamais mention de ses états mystiques, hormis à ses confesseurs et à sa mère supérieure. Pourtant, sa vie mystique est d’une densité extraordinaire (extases, ravissements, visions…). En particulier, Jésus la visite et lui parle.
    • On ne peut soutenir rationnellement que Thérèse était une déséquilibrée. Toute sa vie démontre le contraire : fondation d’une vingtaine de couvents, relations épistolaires avec l’élite politique, sociale et culturelle de son époque, gestion humaine et économique exceptionnelle de ses communautés, écriture d’une œuvre de psychologie religieuse remarquablement intelligente, etc.
    • Ses visions ne pouvaient être non plus des symptômes hallucinatoires ou des indices neurologiques de l’épilepsie. D’une part, l’état d’une victime d’épilepsie est incompatible avec le rythme de travail, très soutenu et permanent, pendant des décennies, que s’impose Thérèse. D’autre part, Thérèse conserve jusqu’à son dernier souffle ses facultés cognitives sans, bien sûr, recevoir le moindre secours des médecins, qui n’auraient de toute manière pas eu les moyens de guérir des lésions ou des tumeurs cérébrales.
    • L’Inquisition de son temps la surveille, non pour des erreurs doctrinales dans ses écrits, mais à cause de la réalité des phénomènes surnaturels qui emplissent sa vie et au sujet desquels le clergé de l’époque est très méfiant.
    • Loin d’être crédule au merveilleux, Thérèse analyse avec détachement ce qui lui arrive. Elle affirme la vérité de ces phénomènes, mais les considère avec justesse comme marginaux dans le cadre de la vie mystique. Thérèse prouve ainsi qu’elle n’est pas avide de sensationnel, mais qu’elle recherche la véritable union à Dieu. Les écrits de Thérèse d’Avila synthétisent et illustrent avec brio la théologie catholique en matière de discernement spirituel.
    • Sa puissance de discernement éclaire aussi le domaine des rapports de l’homme avec le démon. Victime d’attaques dont on ne trouve pas d’origine naturelle, Thérèse réécrit, sans l’avoir étudiée factuellement, toute l’histoire des pièges tendus par le diable à l’encontre des moines et des moniales depuis saint Antoine d’Égypte (milieu du IVe siècle).
    • Au printemps 1560, elle vit la transverbération : son cœur est touché par une « pointe de feu » tenue par un « ange ». Loin d’être une hallucination, cette réalité a pu être attestée. Après sa mort, une autopsie succincte a permis la découverte d’une blessure des tissus du cœur qui est ainsi décrite : « Les lèvres de la plaie sont dures et poêlées, tout comme c’est le cas lorsque le cautère est utilisé. » Une telle lésion ne saurait avoir une cause naturelle.
    • Thérèse, encore jeune carmélite, tombe gravement malade un 15 août, jour de la fête de l’Assomption. C’est seulement quatre jours plus tard qu’elle sort de sa léthargie inexplicable, sauvée par saint Joseph, dont elle répand le culte depuis cette date.
    • Plusieurs témoins fiables ont bel et bien témoigné, et sans hésitation, avoir vu le corps de la sainte suspendu au-dessus du sol, sans aucun appui ni aide matérielle. Au sujet de ces lévitations, Thérèse témoigne : « Je ne sentais plus pour ainsi dire mes pieds toucher le sol » (Vie écrite par elle-même, chapitre 20).
    • Les réformes du Carmel espagnol par Thérèse s’échelonnent de 1562 à 1582. Dans ce laps de temps, la Madre parcourt l’Espagne, non avec des moyens dignes de ce nom, mais dans une carriole, bravant de nombreux dangers (brigandage, éboulements, accidents météorologiques, etc.), surmontant on ne sait comment une santé instable et continuant à accompagner l’ensemble de ses communautés en parallèle.
    • Neuf mois après sa mort, le 4 octobre 1582, une première exhumation a lieu : les vêtements de la sainte sont dégradés mais le corps est découvert incorrompu. Sans explication, le processus naturel de dégradation des tissus n’a pas fait son œuvre.

    En savoir plus

    Tout est extraordinaire et très souvent inexplicable, chez sainte Thérèse d’Avila : une santé fragile dès l’adolescence qui, pourtant, ne l’empêcha pas de réaliser une œuvre matérielle et spirituelle de très grande envergure, des états mystiques et un don d’opérer des miracles qu’elle restitue et explicite avec un sens psychologique exceptionnel et dans un langage parfaitement clair, un discernement spirituel sans faille, des qualités humaines indéniables, qui accroissent d’ailleurs sa renommée parmi ses contemporains... Tout cela fait d’elle, aux côtés de son ami saint Jean de la Croix, un modèle incontournable sur lequel s’appuie l’Église depuis près de quatre siècles et demi en ce qui concerne les étapes de la vie mystique.

    Teresa de Cepeda y Ahumada est née à Avila (Espagne, Castille) le 28 mars 1515, dans une famille pieuse de douze enfants. Son père, Alonso de Cepeda, est d’une « piété austère » (Bernard Sesé), mais il s’opposera au projet de sa fille de prendre l’habit religieux (1535). Beatriz de Ahumada, sa mère, meurt prématurément, occasionnant une tristesse profonde chez la jeune Thérèse. Le grand-père paternel de Thérèse, un marchand de Tolède, était un juif converti à la foi chrétienne (converso).

    La future sainte est élevée dans la foi catholique. Son éducation, parmi les siens et chez les religieuses augustines de Santa Maria de Gracia, est d’un bon niveau. Parvenue à l’adolescence, Thérèse est instruite, vive d’esprit et curieuse de beaucoup de choses. Elle lit des romans de chevalerie et projette, avec son frère Rodrigo, son aîné de quatre ans, d’aller libérer les chrétiens prisonniers des Maures.

    Le 2 novembre 1535, malgré l’absence de soutien paternel, elle entre au couvent des carmélites d’Avila. Elle y fait profession deux ans plus tard, presque jour pour jour. Mais l’exemplarité de sa vie spirituelle va subir un rude choc. En 1538, une maladie la contraint à quitter le monastère. On a beaucoup discuté au sujet de cette pathologie. Quoi qu’il en soit, elle opère une coupure dans l’existence de la jeune femme, qui consacre ses longues heures de repos à la lecture d’ouvrages religieux, comme le troisième Abécédaire de François de Osuna, et d’autres titres remarquables qui vont l’orienter au fil du temps vers une vie intérieure d’une intensité spirituelle incroyable.

    En attendant, elle souffre et ses forces déclinent à vue d’œil. Personne ne sait comment la guérir ou lui apporter un mieux. Dépressive, elle reste de longs moments inactive et comme absente. Un 15 août, on la croit morte : son corps est immobile, ses réactions inexistantes. Comme la coutume le veut, on lui recouvre les yeux avec de la cire. Elle reste quatre jours dans cet état. Puis elle s’éveille brusquement. Ses funérailles étaient prêtes.

    Au carmel d’Avila, la jeune Thérèse est une religieuse humble et obéissante. Elle ne fait jamais état de ses états mystiques, hormis à ses confesseurs et à la mère supérieure. Ses expériences extraordinaires ne perturbent nullement la vie communautaire. Elle est une sœur parmi d’autres sœurs, mais Jésus la visite et lui parle.

    En 1555, une vision du Christ souffrant entraîne chez elle une prise de conscience du relâchement du genre de vie des carmélites. C’est une conversion authentique car, à partir de ce moment, la sainte va travailler jusqu’à sa mort pour réformer son ordre, alors que rien ne laissait prévoir une telle entreprise avant 1555. Le 24 août 1562, le carmel de San José est le premier à revenir à l’observance de la règle primitive. Plus de seize autres suivront jusqu’à sa disparition.

    Devenue proche de saint Jean de la Croix , à qui elle donnera l’impulsion nécessaire pour se lancer à son tour dans la réforme de la branche masculine du Carmel, Thérèse consacre une bonne part de ses journées et de ses nuits à écrire une œuvre magistrale, dont quelques titres sont aujourd’hui encore considérés comme des chefs-d’œuvre : Le Livre des fondations, Le Chemin de perfection, Le Château intérieur, sans oublier une correspondance volumineuse… Thérèse théorise magnifiquement les visions mystiques, dont la répartition tripartite qu’elle retient remonte à saint Augustin  : visions corporelles, imaginatives et intellectuelles.

    Le 25 janvier 1560, elle a pour la première fois une vision du Christ ressuscité. En avril suivant, c’est la transverbération : un ange touche son cœur avec une pointe de feu, occasionnant une intense douleur physique épouvantable, mais aussi l’évidence et la force de l’amour de Dieu.

    Le diable ne l’oublie pas. Elle subit à certains moments des attaques psychologiques, affectives mais aussi corporelles des anges déchus. Elle est régulièrement tourmentée de visions terrifiantes. Mais sa foi, dilatée par la prière, ne faiblit jamais.

    Dieu la rappelle à lui en 1582. Le pape Paul V la béatifie en 1614. Elle est inscrite au catalogue des saints le 12 mars 1622 par Grégoire XV. Saint Paul VI la proclame docteur de l’Église en 1970.

    Patrick Sbalchiero, membre de l’Observatoire international des apparitions et des phénomènes mystiques.


    Au delà

    • Depuis 1627, sainte Thérèse d’Avila est co-patronne de l’Espagne aux côtés de l’ apôtre saint Jacques . Tous les papes, depuis Grégoire XV, qui a canonisé Thérèse, ont voué une admiration sans bornes à la sainte d’Avila. C’est particulièrement le cas depuis le pontificat de saint Pie X (1903-1914), jusqu’au pape François, sans exception. « Véritable maîtresse de vie chrétienne pour les fidèles de chaque temps » pour Benoît XVI (2011), sa réputation n’a cessé de s’étendre et dépasse aujourd’hui les cadres confessionnels.

    Aller plus loin

    Bernard Sesé, « Thérèse d’Avila (sainte), 1515 – 1582 », dans Patrick Sbalchiero (dir.), Dictionnaire des miracles et de l’extraordinaire chrétiens, Paris, Fayard, 2002, p. 804-806.


    En complément

    • Sainte Thérèse d’Avila, Œuvres complètes, édition établie, révisée et annotée par les carmélites de Clamart et Bernard Sesé, Le Cerf, 1995, 2 volumes.
    • Stéphane-Marie Morgain, Le Chemin de perfection de Thérèse de Jésus, collection « Classiques du Christianisme », Le Cerf, 1997.
    • Thérèse d’Avila, Le Livre des miséricordes. Livre de la vie, présentation, introduction et notes par Stéphane-Marie Morgain, collection « Sources du Carmel », Éditions du Carmel, 2023.
    • Emmanuel Renault, Sainte Thérèse d’Avila et l’expérience mystique, collection « Points-Sagesse », Paris, Le Seuil, 2007.
    • Joseph Pérez, Thérèse d’Avila, Paris, Fayard, 2007.
    • Vita Sackville-West, The Eagle and the Dove : St. Teresa of Avila and St. Therese of Lisieux, Quartet Books, 1973 (et réédition chez Macmillian Bello en 2012).
    • Sainte Thérèse d'Avila : un livre d'Arnaud Dumouch
  • Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe... (Thérèse d'Avila)

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    De sainte Thérèse d'Avila :

    Nada te turbe, nada te espante;
    Quien a Dios tiene, nada le falta.
    Nada te turbe, nada te espante:
    Sólo Dios basta

    Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe,

    Dieu ne change pas, la patience obtient tout.

    Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit.

    Elève ta pensée, monte au ciel, ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble.

    Suis Jésus Christ d’un grand cœur, et quoi qu’il arrive, que rien ne t’épouvante.

    Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n’a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas.

    Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n’y a pas d’amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l’âme : celui qui croit et espère obtient tout.

    Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien.

    Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l’on vient à tout perdre, Dieu seul suffit.

  • Sainte Thérèse d'Avila (15 octobre)

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    Saint Teresa Of Avila Her Life And Legacy | Madrid Experience

    Lors de l'audience générale du mercredi 2 février 2011, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à la grande mystique d'Avila :

    Chers frères et sœurs,

    Au cours des catéchèses que j’ai voulu consacrer aux Pères de l’Eglise et aux grandes figures de théologiens et de femmes du Moyen-âge, j’ai eu l’occasion de m’arrêter également sur certains saints et saintes qui ont été proclamés docteurs de l’Eglise en raison de leur éminente doctrine. Aujourd’hui, je voudrais commencer une brève série de rencontres pour compléter la présentation des docteurs de l’Eglise. Et je commence par une sainte qui représente l’un des sommets de la spiritualité chrétienne de tous les temps: sainte Thérèse d’Avila (de Jésus).

    Elle naît à Avila, en Espagne, en 1515, sous le nom de Teresa de Ahumada. Dans son autobiographie, elle mentionne elle-même certains détails de son enfance: la naissance de «parents vertueux et craignant Dieu», au sein d’une famille nombreuse, avec neuf frères et trois sœurs. Encore enfant, alors qu’elle n’avait pas encore 9 ans, elle a l’occasion de lire les vies de certains martyrs, qui lui inspirent le désir du martyre, si bien qu’elle improvise une brève fugue de chez elle pour mourir martyre et monter au Ciel (cf.Vie, 1, 4): «Je veux voir Dieu» déclare la petite fille à ses parents. Quelques années plus tard, Thérèse parlera de ses lectures d’enfance, et affirmera y avoir découvert la vérité, qu’elle résume dans deux principes fondamentaux: d’un côté, «le fait que tout ce qui appartient au monde ici bas passe» et de l’autre, que seul Dieu est «pour toujours, toujours, toujours», un thème qui revient dans la très célèbre poésie «Que rien ne te trouble,/ que rien ne t’effraie;/ tout passe. Dieu ne change pas:/ la patience obtient tout;/ celui qui possède Dieu/ ne manque de rien/ Dieu seul suffit!». Orpheline de mère à l’âge de 12 ans, elle demande à la Très Sainte Vierge de lui servir de mère (cf. Vie, 1, 7).

    Si, au cours de son adolescence, la lecture de livres profanes l’avait conduite aux distractions d’une vie dans le monde, l’expérience comme élève des moniales augustiniennes de Sainte-Marie-des-Grâces d’Avila, ainsi que la lecture de livres spirituels, en particulier des classiques de la spiritualité franciscaine, lui enseignent le recueillement et la prière. A l’âge de 20 ans, elle entre au monastère carmélite de l’Incarnation, toujours à Avila; dans sa vie religieuse, elle prend le nom de Thérèse de Jésus. Trois ans plus tard, elle tombe gravement malade, au point de rester quatre jours dans le coma, apparemment morte (cf. Vie, 5, 9). Même dans la lutte contre ses maladies, la sainte voit le combat contre les faiblesses et les résistances à l’appel de Dieu: «Je désirais vivre — écrit-elle — car je le sentais, ce n'était pas vivre que de me débattre ainsi contre une espèce de mort; mais nul n'était là pour me donner la vie, et il n'était pas en mon pouvoir de la prendre. Celui qui pouvait seul me la donner avait raison de ne pas me secourir; il m'avait tant de fois ramenée à lui, et je l'avais toujours abandonné» (Vie, 8, 2) En 1543, sa famille s’éloigne: son père meurt et tous ses frères émigrent l’un après l’autre en Amérique. Au cours du carême 1554, à l’âge de 39 ans, Thérèse atteint le sommet de sa lutte contre ses faiblesses. La découverte fortuite de la statue d’«un Christ couvert de plaies» marque profondément sa vie (cf. Vie, 9). La sainte, qui à cette époque trouvait un profond écho dans les Confessions de saint Augustin, décrit ainsi le jour décisif de son expérience mystique: «Le sentiment de la présence de Dieu me saisissait alors tout à coup. Il m'était absolument impossible de douter qu'il ne fût au dedans de moi, ou que je ne fusse toute abîmée en lui» (Vie, 10, 1).

    Lire la suite

  • Je suis vôtre

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    Prière d'offrande de sainte Thérèse d'Avila (fêtée ce jour)

    Souveraine Majesté, Éternelle Sagesse,
    Bonté douce à mon âme,
    Dieu, mon Seigneur,
    Qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ?
    Je suis vôtre puisque vous m'avez créée,
    Vôtre, puisque vous m'avez rachetée,
    Vôtre, puisque vous m'avez supportée,
    Vôtre, puisque vous m'avez appelée,
    Vôtre, puisque vous m'avez attendue,
    Vôtre, puisque je ne me suis pas perdue..
    Voici mon cœur, Je le remets entre vos mains

    Voici mon corps, ma vie, mon âme,
    Ma tendresse et mon amour…
    Si vous me voulez dans la joie,
    Par amour pour vous je veux me réjouir
    Si vous me commandez des travaux,
    Je veux mourir à l'ouvrage.
    Dites-moi seulement où, comment et quand.
    Parlez, ô doux Amour, parlez.
    Je suis vôtre, pour vous je suis née,
    Que voulez-vous faire de moi ?

    Source : http://missel.free.fr/Sanctoral/10/15.php

  • L'avertissement prophétique de Vladimir S. Soloviev

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    Voici la traduction intégrale en français de la célèbre méditation du cardinal Giacomo Biffi, prononcée le 27 février 2007 devant le pape Benoît XVI et la Curie romaine lors des exercices spirituels du Carême. [1]


    L'avertissement prophétique de Vladimir S. Soloviev

    Par le Cardinal Giacomo Biffi (2007) [1]

    À la fin du XIXe siècle, la mentalité la plus répandue prévoyait pour le siècle qui était sur le point de commencer un avenir de progrès, de prospérité et de paix. Déjà Victor Hugo, vers la fin du XIXe siècle, avait prophétisé : « Ce siècle est grand, le prochain siècle sera heureux ».

    1. Soloviev ne se laisse pas contaminer par une telle candeur laïciste, et dans son dernier ouvrage, Les Trois Dialogues et le récit de l'Antéchrist, daté de Pâques 1900, quelques mois avant sa mort, il prévoit que le XXe siècle sera marqué par de grandes guerres, de grandes révolutions sanglantes, de grandes luttes civiles. À la fin du siècle, les peuples européens – convaincus des graves préjudices causés par leur rivalité – donneront naissance, dit-il, aux États-Unis d'Europe.

    « Mais… les problèmes de la vie et de la mort, du destin ultime du monde et de l'homme, rendus plus imbriqués et compliqués par une avalanche de recherches et de nouvelles découvertes dans le domaine physiologique et psychologique, resteront comme autrefois sans solution. Un seul résultat important voit le jour, mais d'un caractère négatif : l'échec complet du matérialisme théorique ».

    Toutefois, cela ne comportera ni l'expansion ni le renforcement de la foi. Au contraire, l'incrédulité fera rage. Si bien qu'à la fin se profilera pour la civilisation européenne une situation que nous pourrions qualifier de vide. Dans ce vide, justement, on voit émerger et s'affirmer la présence et l'action de l'Antéchrist.

    2. Soloviev décrit l'Antéchrist comme un spiritualiste éclairé, ascète et philanthrope d'une grande modération et désintéressement, dont le célèbre ouvrage sur la paix universelle séduit par son humanisme. Cependant, il rejette le moralisme du Christ qui divise les hommes, refuse son unicité et nie sa résurrection.

    3. L'Antéchrist incarne des qualités séduisantes de pacifisme, d'écologisme et d'œcuménisme :

    • I. Le Pacifisme : Il promet la paix universelle en s'estimant supérieur au Christ qui a apporté la division. Soloviev critique par ailleurs la non-violence absolue qui mène souvent à la capitulation face à l'injustice.
    • II. L'Écologisme : Il se montre grand philanthrope, végétarien et protecteur des animaux.
    • III. L'Œcuménisme : Il réunit les confessions chrétiennes en satisfaisant les aspirations de chacun, obtenant l'adhésion des masses, tandis qu'un petit reste fidèle réalise l'œcuménisme eschatologique de la vérité.

    4. L'avertissement consiste à ne pas réduire le christianisme à de simples valeurs mondaines acceptables mais privées du scandale de la croix et de la résurrection. Comme le soulignait Don Divo Barsotti, le Christ ne saurait être réduit à un prétexte pour des projets mondains.

    5. Si les valeurs relatives (solidarité, paix, dialogue) peuvent être un premier pas vers le Christ, leur absolutisation au détriment du fait salvatif conduit, pour le chrétien, au péché d'apostasie et à la complicité avec l'Antéchrist.

    6. En conclusion, évacuer le Christ vivant pour n'en garder que des slogans ou des notions vides mène au désespoir, la plénitude de l'homme résidant exclusivement dans la personne concrète du Christ.

    La réaction du pape Benoît XVI à cette prédication percutante du cardinal Giacomo Biffi a été profondément positive et approbatrice, s'inscrivant dans une parfaite convergence théologique.

    À la fin de cette semaine d'exercices spirituels, le 3 mars 2007, Benoît XVI a adressé ses remerciements officiels au cardinal Biffi à travers une lettre officielle du Saint-Siège et un discours de conclusion. Sa réaction s'articule autour de plusieurs éléments clés :

    1. Des remerciements appuyés pour le courage du propos

    Benoît XVI a chaleureusement remercié le cardinal Biffi pour le réalisme, la profondeur et l’audace de ses méditations. Le pape a salué son style direct, soulignant que ses réflexions avaient aidé la Curie romaine à se recentrer sur l'essentiel. Il a affirmé que les enseignements du cardinal avaient offert un « examen de conscience » nécessaire pour l'Église.

    2. Une totale convergence sur la figure de l'Antéchrist

    Cette prédication faisait directement écho aux propres convictions théologiques de Joseph Ratzinger. Dans son livre majeur, Jésus de Nazareth (publié précisément au printemps 2007), Benoît XVI développe une pensée identique à celle de Soloviev et de Biffi lorsqu'il commente les tentations du Christ au désert. Le pape y écrit que la pire tentation est celle qui utilise le langage de la théologie et de l'aide humanitaire pour écarter la foi et la Croix, transformant le christianisme en un simple projet d'amélioration du monde.

    3. La mise en garde contre un « christianisme sans Christ »

    Benoît XVI a validé le cœur théologique du message de Biffi : le danger mortel pour l'Église de céder au relativisme et à la tentation de se faire applaudir par le monde en remplaçant la vérité de la Résurrection par des slogans purement horizontaux (paix universelle, écologie, dialogue désincarné).

    4. Un contraste avec les réactions médiatiques

    Alors que la presse internationale et certains milieux progressistes s'étaient montrés stupéfaits ou agacés de voir l'écologisme ou le pacifisme associés à des « armes de l'Antéchrist », Benoît XVI a totalement soutenu son prédicateur, confirmant la pertinence prophétique de Vladimir Soloviev pour notre époque. [1, 2, 3]

  • Le jour où le Soleil dansa (1917) (1000 raisons de croire)

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    D'Yves de Lassus sur 1000 raisons de croire :

    Le jour où le Soleil dansa (1917)

    Ce samedi 13 octobre 1917, à Fatima, petit village perdu dans la campagne à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne, le temps est maussade : le ciel est complètement couvert et il pleut de façon continue depuis le début de la matinée. Pourtant, à la Cova da Iria, un champ situé à quatre kilomètres du village, une foule considérable d’environ 70 000 personnes est massée, attendant depuis quelques heures de voir un miracle dont elle ne sait rien, mais annoncé depuis trois mois par trois petits bergers affirmant avoir vu plusieurs fois la Sainte Vierge en ce même lieu. Au cours de la matinée, rien ne se passe : la foule attend, immobile et trempée. Enfin, vers 13 h 30, à l’heure de la culmination du soleil ce jour-là, toutes les personnes présentes observent un phénomène exceptionnel : pendant une dizaine de minutes, elles voient le soleil tourner sur lui-même, lancer des rayons de lumière de toutes les couleurs, puis se rapprocher de la terre en zigzaguant, faisant croire qu’il allait l’écraser.

    Ce phénomène céleste défie toutes les lois de la nature. Il faut remonter aux temps apostoliques pour en trouver un analogue. De mémoire d’homme, avant celui de Fatima, on n’en recense que trois : le déluge, l'arrêt du soleil pendant la bataille de Josué contre les Amorrhéens à Gabaon et les ténèbres du Vendredi Saint.


    Les raisons d'y croire

    • Le lieu, la date et l’heure du miracle ont été annoncés trois mois à l’avance, le 13 juillet 1917, par trois petits bergers.
    • Sur place, le phénomène solaire extraordinaire a été vu par environ 70 000 personnes, dont au moins un tiers étaient initialement venus pour se moquer de la religion, persuadés qu’il ne se passerait rien. Pourtant, a posteriori, il a été impossible de trouver ne serait-ce qu’une personne affirmant n’avoir rien vu.
    • Les photos montrent bien que tous les témoins regardent un même point très haut dans le ciel. Étrangement, ils ont pu fixer le soleil pendant une dizaine de minutes sans être éblouis.

    Ce ne peut pas être une supercherie :

    • On voit mal comment il serait possible de mettre sur pied un artifice aussi formidable. Les pouvoirs en place n’ont jamais pu prouver qu’il y avait eu supercherie, alors qu’ils avaient tous les moyens pour enquêter : police, justice, presse …
    • Personne, ni les voyants, ni les membres de leur famille, n’a tiré un quelconque bénéfice de l’événement, et on ne voit aucun motif pour lequel ils auraient monté cette histoire.
    • Ce ne peut pas être une hallucination collective :
    • On n’a jamais observé d’hallucination collective simultanée sur des milliers de personnes.
    • Une hallucination collective suppose au préalable une longue mise sous stress, ce qui ne fut pas le cas à Fatima. Les photos montrent une foule calme et paisible, regardant dans la même direction, loin d’unequelconque hystérie.
    • Un tiers des personnes sur place, incroyantes, étaient convaincues qu’elles ne verraient rien d’ordre miraculeux, mais elles virent malgré elles : le phénomène n’est donc pas le fruit d’une autopersuasion.
    • Personne en tout cas ne s’attendait à quoi que ce soit lié au soleil : on pensait plutôt à un événement d’un autre type (fin de la guerre par exemple) et beaucoup, voyant l’heure de midi passée, étaient persuadés qu’il ne se passerait rien.
    • Après la danse du soleil, les 70 000 personnes, trempées jusqu’aux os, constatèrent que leurs vêtements étaient complètement secs – phénomène impossible à attribuer à une hallucination.
    • De nombreuses personnes, éloignées de Fatima de plusieurs dizaines de kilomètres, observèrent le même phénomène, ce qui met à mal aussi bien l’hypothèse d’une hallucination collective que celle d’une supercherie.

    Ce ne peut pas être un phénomène météorologique naturel :

    • Un phénomène météo peut créer des jeux de lumière, comme pour un arc-en-ciel, mais ne peut pas provoquer de mouvements désordonnés du soleil, ni des changements de couleur uniformes sur tout l’environnement.
    • Ce fut un phénomène très local, ce qui rend sa prévision précise trois mois à l’avance très improbable, voire impossible.

    Ce ne peut pas être un phénomène physiologique :

    • Certains ont voulu expliquer le phénomène par le phosphénisme (persistance rétinienne d’une image survenant après la fixation d'une source lumineuse ponctuelle). Mais il n’y eut pas d’exposition au soleil avant le phénomène puisque le ciel était resté couvert toute la matinée.
    • Un phénomène de phosphénisme n’aurait d’ailleurs pas déclenché, exactement au même instant, les mêmes réactions sur des milliers de personnes, dont certaines situées à plusieurs kilomètres de là.

    Ce miracle du soleil, unique dans l’histoire, ne s’est jamais produit auparavant et ne s’est jamais reproduit depuis. Il ne s’agit pas d’un phénomène naturel ou humain. Tout indique une intervention divine, comme l’avait en effet annoncé l’apparition de la Sainte Vierge aux trois bergers.


    En savoir plus

    Le contexte historique.

    Après l’assassinat du roi Charles 1er en 1908, puis l’expulsion de son successeur Manuel II en 1910, un régime républicain, profondément anticlérical, fut instauré, qui entreprit de violentes persécutions contre l’Église.

    Le 13 mai 1917, trois petits bergers, Lucie dos Santos (dix ans), François Marto (neuf ans) et sa sœur Jacinthe (sept ans) affirment à leurs parents avoir vu la Sainte Vierge au-dessus d’un petit chêne vert à la Cova da Iria, ajoutant qu’elle a promis de revenir le 13 des cinq prochains mois. Après l’apparition du 13 juillet, les trois petits voyants annoncent que la Sainte Vierge fera un miracle le 13 octobre à midi, en ce même lieu, et que tout le monde pourra le voir. Ils le confirment après les apparitions du 19 août et du 13 septembre.

    La journée du 13 octobre.

    Depuis la veille, 70 000 personnes, de toutes conditions et de toutes classes sociales, des croyants comme des incroyants, convergent vers la Cova da Iria. Parmi elles, des journalistes et un photographe. Nombreux sont venus, absolument convaincus qu’il ne se passera rien, mais curieux de voir comment se terminera le canular. C’est une affluence record dans toute l'histoire des apparitions, affluence d'autant plus exceptionnelle qu'à l'époque, les moyens de communication et de transport étaient beaucoup moins développés qu’aujourd’hui.

    Depuis tôt le matin, le ciel est couvert et il pleut continuellement. Tout le monde est trempé jusqu’aux os. Vers 13 heures, comme il ne s’est toujours rien passé, la curiosité commence à s’émousser, et les anticléricaux crient à la supercherie. Peu après, les petits voyants voient la Sainte Vierge. À la fin de l’apparition, Lucie s’écrie : « Elle s’en va. », puis : « Regardez le soleil. » Il est environ 13 h 30, ce qui correspond à midi à l’heure solaire, c’est-à-dire le moment où le soleil culmine (l’heure légale est en avance de deux heures – le Portugal ayant adopté l’heure en vigueur en Europe). D’après la compilation des déclarations unanimes de tous les témoins interrogés, voici ce qui se passe ensuite.

    La danse du soleil.

    La pluie s’arrête subitement. Les nuages se déchirent et le soleil commence à percer l’épaisse couche nuageuse. Le ciel se dégage presque complètement, prenant une teinte gris perle, le soleil se détachant sur un ciel parfaitement pur. Les nuages restants semblent passer derrière lui sans le voiler, donnant l’impression qu’il s’est rapproché à la hauteur des nuages.

    Le soleil prend une couleur s’apparentant à celle de l’argent mat, mais plus claire et plus riche, avec des nuances semblables à l’orient d’une perle. Il ressemble à un disque taillé dans de la nacre, avec un contour très net. Tout le monde peut le fixer sans être ébloui. Sa lumière ne fait pas mal aux yeux. Il semble avoir pâli comme s’il était derrière un voile. Mais il n’y a pas de brume, et le disque d’argent ne paraît ni voilé ni brouillé. Malgré cela, il reste lumineux et l’on voit tout très clairement, contrairement à ce qui se passe lors d’une éclipse.

    Après quelques instants, le soleil se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, projetant dans toutes les directions des gerbes de lumièrede toutes les couleurs, comme ferait une roue de feu d’artifice. À un moment, il s'arrête quelques instants, puis reprend sa danse de lumière de manière encore plus éblouissante. Il s'arrête à nouveau pour recommencer une troisième fois son fantastique feu d'artifice, qu'aucun artificier n'aurait pu imaginer.

    Pendant tout le phénomène, tout prend successivement les mêmes couleurs que le soleil, comme si sa lumière arrivait à travers les vitraux d’une immense cathédrale. Le firmament, les nuages, la terre, les arbres, les rochers, les visages, les vêtements des petits voyants et de la foule silencieuse apparaissent successivement teintés de bleu, de jaune, de rouge, de violet... Tout a la même couleur, quelle que soit la direction dans laquelle on regardait. Lorsque la lumière passe au jaune, les gens paraissent laids et disgracieux, comme atteints par la jaunisse. Cette lumière colorée se répand de façon parfaitement uniforme jusqu’à l’infini, sur les chênes verts, sur les pierres, sur toute la campagne environnante.

    Soudain, tout en conservant son mouvement rapide de rotation, le soleil paraît se détacher du ciel, et, comme une roue de feu, s’avance vers la terre en zigzaguant, dégageant une forte chaleur, comme s’il allait tomber sur la foule et l’écraser. Un cri de frayeur sort de toutes les poitrines. Enfin, après avoir ainsi dansé et tremblé quelques instants, le soleil reprend sa place dans le ciel. Le phénomène a duré dix minutes.

    Des faits inexplicables.

    Tous les témoins ont dévrit le phénomène de façon identique, et il a été impossible de trouver ne serait-ce qu’une personne affirmant n’avoir rien vu. Le phénomène a été vu également par de nombreuses personnes situées dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres de Fatima, en particulier par les habitants du village d’Albiturel, situé à une dizaine de kilomètres, ainsi que par le poète Alfonso Lopez Vieira qui se trouvait dans sa résidence de São Pedro de Muel, au bord de l’océan, à quarante kilomètres de là. Les jours suivants, de nombreux journaux rapportèrent l’événement.

    Autre fait surprenant : après la danse du soleil, tous les témoins constatèrent que leurs vêtements étaient secs !

    Jusqu’à présent, aucune explication naturelle n’a été trouvée. De plus, le phénomène est unique dans l’histoire. Il ne s’est jamais produit avant et ne s’est jamais reproduit depuis.

    La marque d’une intervention divine.

    Cette danse du soleil n’a donc aucune explication naturelle. Comment trois petits bergers sans instruction ont-ils pu prévoir trois mois à l’avance le lieu, la date et l’heure d’un tel phénomène, non seulement unique dans l’histoire, mais qui défie les lois de la nature ? Certains ont avancé que le phénomène était dû à des « esprits » qui auraient prévenu les enfants. Mais pourquoi des « esprits », et dans quel but ? La seule véritable explication est qu’une personne céleste, dotée d’un pouvoir considérable, a prévenu les enfants et qu’au jour dit, elle a déclenché ce phénomène. Cette personne, c’est la Sainte Vierge, qui a authentifié sa venue par un miracle extraordinaire. Aucune apparition n’a été authentifiée d’une façon aussi extraordinaire. Ce miracle exceptionnel est non seulement la marque irréfutable d’une intervention divine, mais aussi le signe de l’importance du message délivré par Notre Dame : Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur immaculé de Marie.

    Yves de Lassus, animateur du site Cap Fatima et président de l’ Action Familiale et Scolaire .


    Aller plus loin

    Le chapitre 20 « Fatima, illusion, supercherie ou miracle », pages 449 à 488, dans le livre de Michel-Yves Boloré et Oliver Bonnassies, Dieu, la science, les preuves, Guy Trédaniel éditeur, 2021.


    En complément

    • Les Mémoires de sœur Lucie, Secretariado dos Pastorinhos, 2001.
    • Chanoine Barthas, Il était trois petits enfants, Résiac, 1997.
    • Les trois livres du frère Michel de la Sainte Trinité Toute la vérité sur Fatima, Contre-réforme catholique édition, 1986.
    • Le site de Cap Fatima : https ://fatima100.fr .
    • Joseph de Belfont, Mystères et vérités cachées du troisième secret de Fatima, NEL, 2016.
  • 13 octobre 1917 : "Je suis Notre-Dame du Rosaire"

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    SAMEDI 13 OCTOBRE 1917 :
    « Je suis Notre-Dame du Rosaire »

    « Le 13 octobre, raconte le père de Jacinthe et François, après beaucoup d'efforts, et après avoir été arrêtés souvent en chemin, nous parvînmes enfin à la Cova da Iria.

    « La foule était si serrée qu'on ne pouvait la traverser. Alors, un chauffeur prit dans ses bras ma Jacinthe et, à force de bourrades, s'ouvrit un passage jusqu'aux poteaux où pendaient les lanternes, en criant :

    – Laissez passer les petits qui ont vu Notre-Dame !

    « Je me mis à leur suite. Jacinthe, en me voyant au milieu de tant de gens, se mit à crier, effrayée :

    – N'étouffez pas mon Papa ! N'étouffez pas mon Papa !

    « L'homme qui portait Jacinthe la mit enfin à terre, près du chêne-vert. Mais là aussi, la foule était dense, et la petite pleurait. Alors Lucie et François la mirent entre eux.

    « Mon Olimpia était par là, d'un autre côté, je ne sais où. Mais ma commère Maria Rosa réussit à se mettre tout près de nous. Poussé par la foule, je me trouvai un peu écarté à un certain moment, et je remarquai un homme de mauvaise mine, qui appuya un bâton sur mon épaule. Je pensai en moi-même :

    – Cela pourrait être le commencement du désordre !

    « La foule faisait des remous, d'un côté et de l'autre. Mais au moment de l'Apparition, tout le monde se tut et resta tranquille. »

    Quant à Antonio, qui avait réussi à faire passer sa femme à travers la foule, il se trouva éloigné de Lucie par ces mêmes remous, et sa fille ne le revit plus jusqu'à ce qu'elle le retrouve le soir, au sein de la famille.

    Il était à peu près 1 heure de l'après-midi, heure légale, et il continuait à pleuvoir.

    « Nous étions parvenus à la Cova da Iria, près du chêne-vert, raconte Lucie, quand je me sentis poussée par un mouvement intérieur, et demandai à la foule de fermer les parapluies pour réciter le chapelet. »

    Du haut de la route, abrités dans leurs voitures, tous ceux qui n'avaient pas eu le courage de s'aventurer dans le bourbier argileux de la Cova assistèrent alors à un spectacle stupéfiant :

    « À un moment donné, nota l'un d'eux, cette masse confuse et compacte fenna les parapluies, se découvrant ainsi dans un geste qui devait être d'humilité ou de respect, mais qui me laissa surpris et plein d'admiration, car la pluie, avec obstination, mouillait toujours les têtes, détrempait et inondait tout. »

    Cependant, quelques minutes avant le miracle, il cessa de pleuvoir. Le soleil perça victorieusement l'épaisse couche de nuages qui le cachait jusque-là, et brilla intensément.

    À l'heure des montres, il était presque 13 h 30, c'est-à-dire environ midi à l'heure solaire. En effet, pour adopter l'heure des belligérants, le gouvernement portugais avait alors imposé au pays une heure légale qui avançait de quatre-vingt-dix minutes sur l'heure solaire.

    Tout à coup, les trois enfants virent l'éclair, et Lucie s'écria :

    « Silence ! Silence ! Notre-Dame va venir ! Notre-Dame va venir ! »

    Maria Rosa, qui avait réussi à rester là, toute proche, n'oublia pas de donner à son enfant un conseil maternel :

    « Regarde bien, ma fille. Prends garde de ne pas te tromper ! »

    Mais Notre-Dame apparaissait déjà au-dessus du chêne-vert, posant ses pieds sur les rubans de soie et les fleurs, pieusement disposés la veille par la fidèle Maria Carreira.

    Alors, le visage de Lucie devint de plus en plus beau et prit une teinte rose ; ses lèvres s'amincirent. Jacinthe, dans un geste de sainte impatience, donna un coup de coude à sa cousine et lui dit :

    « Parle, Lucie, Notre-Dame est déjà là ! »

    Lucie revint à elle-même, respira deux fois profondément, comme quelqu'un qui n'avait plus le souffle, et commença son entretien, d'une politesse toujours aussi exquise, avec Notre-Dame.

    « Que veut de moi Votre Grâce ?

    – Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux.

    – J'avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir quelques malades et de convertir quelques pécheurs, etc.

    – Les uns oui, les autres non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon pour leurs péchés.

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  • Le 13 octobre 1917, à Fatima

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    Lu ICI :

    Le 13 octobre 1917, soit 33 ans, jour pour jour, après la vision de Leon XIII, fut pour Fatima la journée décisive. C’était le jour annoncé à Lucie, Jacinta et François, par la Dame qu’ils étaient les seuls à voir, que non seulement un miracle allait avoir lieu mais qu’elle allait dévoiler qui elle était et ce qu’elle voulait.

    RAPPEL : Le 13 octobre 1884, LEON XIII qui venait de célébrer la Sainte Messe dans la chapelle vaticane, resta alors immobile pendant 10 minutes. Puis, il se précipita vers ses bureaux, livide, pour composer aussitôt une prière à saint Michel Archange, avec instruction qu’elle soit récitée partout après chaque Messe basse. Plus tard, le Pape donnera son témoignage racontant (en résumé) qu’il entendit satan et Jésus avant d’avoir une vision terrifiante de l’enfer : « j’ai vu la terre comme enveloppée de ténèbres et d’un abîme, j’ai vu sortir légion de démons qui se répandaient sur le monde pour détruire les œuvres de l’Eglise et s’attaquer à l’Eglise elle-même que je vis réduite à l’extrémité. Alors, saint Michel apparut et refoula les mauvais esprits dans l’abîme. Puis, j’ai vu saint Michel Archange intervenir non à ce moment, mais bien plus tard, quand les personnes multiplieraient leurs prières ferventes envers l’Archange. »

    Le matin même du 13 octobre, le grand journal libre penseur de Lisbonne, « O Seculo », publiait sous la signature de son rédacteur en chef, Avelino d’Almeida, un article ironique sur les apparitions de Fatima, où il ne voyait que superstition et supercherie, tout en reconnaissant que le clergé y gardait une attitude correcte : correcte « au moins en apparence », ajoutait-il malicieusement !

    Mais aucune de ces manœuvres d’intimidation et de moquerie n’eut de prise sur la foule : dès la veille, toutes les routes, tous les chemins de Fatima étaient déjà encombrés de voitures, de bicyclettes et d’une foule immense de pèlerins qui allaient passer la nuit dehors, sur le lieu d’apparitions, et qui marchaient en récitant le chapelet et en chantant des cantiques. La journée du samedi 13 octobre commençait pourtant mal : le temps était pluvieux, triste et froid. Mais cela n’arrêta nullement la foule qui affluait de partout. Il n’y manquait même pas les représentants des grands journaux et leurs photographes. 

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