Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Foi

  • Le Christ, Médiateur et plénitude de toute la Révélation

    IMPRIMER

    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Salle Paul VI
    Mercredi 21 janvier 2026

    Catéchèse. Les documents du Concile vatican II I. La Constitution dogmatique Dei Verbum 2. Jésus-Christ, révélateur du Père

    Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !

    Nous poursuivons notre catéchèse sur la Constitution dogmatique Dei Verbum du Concile Vatican II, sur la Révélation divine. Nous avons vu que Dieu se révèle dans un dialogue d'alliance, dans lequel il s'adresse à nous comme à des amis. Il s'agit donc d'une connaissance relationnelle, qui ne communique pas seulement des idées, mais partage une histoire et appelle à la communion dans la réciprocité. L'accomplissement de cette révélation se réalise dans une rencontre historique et personnelle où Dieu lui-même se donne à nous, se rendant présent, et nous nous découvrons reconnus dans notre vérité la plus profonde. C'est ce qui s'est produit en Jésus-Christ. Le document dit que la profonde vérité que cette Révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l’homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation (cf. DV, 2).

    Jésus nous révèle le Père en nous impliquant dans sa propre relation avec Lui. Dans le Fils envoyé par Dieu le Père, « les hommes [...] peuvent se présenter au Père dans l'Esprit Saint et sont rendus participants de la nature divine » (ibid.). Nous parvenons donc à la pleine connaissance de Dieu en entrant dans la relation du Fils avec son Père, en vertu de l'action de l'Esprit. L'évangéliste Luc en témoigne par exemple lorsqu'il nous raconte la prière d’action de grâce du Seigneur : « À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : “Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler” » (Lc 10, 21-22).

    Grâce à Jésus, nous connaissons Dieu comme nous sommes connus de Lui (cf. Ga 4, 9 ; 1Co 13, 13). En effet, en Christ, Dieu s'est communiqué à nous et, en même temps, il nous a révélé notre véritable identité de fils, créés à l'image du Verbe. Ce « Verbe éternel illumine tous les hommes » (DV, 4) en leur dévoilant leur vérité dans le regard du Père : « Ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » (Mt 6, 4.6.8), dit Jésus ; et il ajoute que « le Père connaît nos besoins » (cf. Mt 6, 32). Jésus-Christ est le lieu où nous reconnaissons la vérité de Dieu le Père tandis que nous nous découvrons connus de Lui comme des enfants dans le Fils, appelés au même destin de vie pleine. Saint Paul écrit : « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, […] afin que nous recevions l'adoption filiale. Et ce qui prouve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, qui crie : “Abba ! Père !” » (Ga 4, 4-6).

    Enfin, Jésus-Christ est révélateur du Père par sa propre humanité. C'est précisément parce qu'il est le Verbe incarné qui habite parmi les hommes que Jésus nous révèle Dieu par sa propre véritable et intégrale humanité: « C'est pourquoi, dit le Concile, le voir, c’est voir le Père (cf. Jn 14, 9) – qui, par toute sa présence et par la manifestation qu’il fait de lui-même par ses paroles et ses œuvres, par ses signes et ses miracles, et plus particulièrement par sa mort et sa résurrection glorieuse d’entre les morts, par l’envoi enfin de l’Esprit de vérité, achève en l’accomplissant la révélation » (DV, 4). Pour connaître Dieu dans le Christ, nous devons accueillir son humanité intégrale : la vérité de Dieu ne se révèle pas pleinement là où l'on enlève quelque chose à l'humain, tout comme l'intégrité de l'humanité de Jésus ne diminue pas la plénitude du don divin. C'est l'humanité intégrale de Jésus qui nous révèle la vérité du Père (cf. Jn 1, 18).

    Ce ne sont pas seulement la mort et la résurrection de Jésus qui nous sauvent et nous rassemblent, mais sa personne même : le Seigneur qui s'incarne, naît, soigne, enseigne, souffre, meurt, ressuscite et reste parmi nous. Par conséquent, pour honorer la grandeur de l'Incarnation, il ne suffit pas de considérer Jésus comme le canal de transmission de vérités intellectuelles. Si Jésus a un corps réel, la communication de la vérité de Dieu se réalise dans ce corps, avec sa manière propre de percevoir et de ressentir la réalité, avec sa manière d'habiter le monde et de le traverser. Jésus lui-même nous invite à partager son regard sur la réalité : « Regardez les oiseaux du ciel, dit-il, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas plus qu'eux ? » (Mt 6, 26).

    Frères et sœurs, en suivant jusqu'au bout le chemin de Jésus, nous arrivons à la certitude que rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu : « Si Dieu est pour nous, écrit encore saint Paul, qui sera contre nous ? Il n'a pas épargné son propre Fils, [...] comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? » (Rm 8, 31-32). Grâce à Jésus, le chrétien connaît Dieu le Père et s'abandonne à lui avec confiance.

  • Les catholiques demeurent le groupe religieux le plus important en Amérique latine, selon le Pew Research Center

    IMPRIMER

    De Tessa Gervasini pour EWTN News (CWR) :

    Les catholiques demeurent le groupe religieux le plus important en Amérique latine, selon Pew.

    Un rapport du Pew Research Center a révélé que malgré l'augmentation du nombre de personnes sans affiliation religieuse, la croyance en Dieu reste élevée.
     

    Un rapport du Pew Research Center a révélé que les catholiques restent le groupe religieux le plus important en Amérique latine malgré la croissance d'autres confessions.

    Le rapport, intitulé « Le catholicisme a décliné en Amérique latine au cours de la dernière décennie », s’appuie sur une enquête en face à face représentative à l’échelle nationale menée auprès de 6 234 adultes, du 22 janvier au 27 avril 2024, en Argentine, au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique et au Pérou.

    Cette analyse a été réalisée par le Pew Research Center dans le cadre du projet Pew-Templeton Global Religious Futures , qui analyse les changements religieux et leur impact sur les sociétés du monde entier.

    L'étude publiée le 21 janvier a révélé que les adultes latino-américains sont plus religieux que les adultes de nombreux autres pays étudiés par Pew ces dernières années, notamment en Europe où beaucoup d'adultes ont abandonné le christianisme depuis leur enfance.

    Une étude de Pew a analysé l'évolution de la religion chez les adultes en Amérique latine entre 2013 et 2024. Elle a révélé que la probabilité de croire en Dieu est sensiblement la même qu'il y a dix ans. Même parmi ceux qui se déclarent sans appartenance religieuse, la plupart affirment croire en Dieu.

    Parmi les personnes interrogées, 97 % des adultes au Pérou ont déclaré croire en Dieu, 98 % au Brésil, 94 % au Mexique, 97 % en Colombie, 90 % en Argentine et 89 % au Chili.

    La plupart des adultes sont pratiquants, selon un sondage.

    Le catholicisme demeure la religion majoritaire en Amérique latine. En 2024, environ la moitié des Brésiliens (46 %) et des Chiliens (46 %) se déclaraient catholiques, et la majorité des adultes au Pérou (67 %), au Mexique (67 %), en Colombie (60 %) et en Argentine (58 %) partageaient cette affirmation.

    Dans ces pays, la plupart des adultes pratiquent activement leur foi. En 2024, la majorité des adultes au Brésil (76 %), en Colombie (71 %) et au Pérou (58 %) ont déclaré prier « quotidiennement ou plus souvent ».

    Depuis 2013-2014, la population catholique a diminué dans les six pays étudiés. La Colombie a enregistré la plus forte baisse, avec une diminution de 19 points de pourcentage. Le Pérou a connu la plus faible baisse, avec une diminution de 9 points.

    En Amérique latine, les anciens catholiques ont tendance à se déclarer soit sans appartenance religieuse, soit protestants, tandis que les anciens protestants ont tendance à devenir « sans religion ». En 2024, on comptait plus d'adultes sans appartenance religieuse que de protestants en Argentine, au Chili, en Colombie et au Mexique.

    Le rapport souligne que le déclin du catholicisme et la croissance des populations sans affiliation religieuse en Amérique latine s'expliquent notamment par la conversion d'adultes élevés dans la religion catholique mais qui ne s'y reconnaissent plus. Dans les six pays d'Amérique latine étudiés, environ 20 % des adultes interrogés ont déclaré avoir été élevés dans la religion catholique avant de la quitter.

    L’étude a révélé que le Brésil est le seul pays étudié où les anciens catholiques sont plus susceptibles d’être devenus protestants (13 %) que de se déclarer sans appartenance religieuse (7 %). Elle a également constaté qu’au Pérou, le nombre d’anciens catholiques devenus protestants (9 %) et celui des personnes sans appartenance religieuse (7 %) sont à peu près égaux.

    L'étude Pew a également révélé qu'environ la moitié, voire plus, des adultes interrogés au Brésil, en Colombie, au Mexique et au Pérou considèrent la religion comme très importante dans leur vie. La prière est une pratique courante, la majorité des adultes brésiliens, colombiens et péruviens affirmant prier au moins une fois par jour.

    Les catholiques hispaniques aux États-Unis

    À l’instar des changements religieux en Amérique latine, moins d’Hispaniques aux États-Unis s’identifient comme catholiques en 2024 (42 %) qu’il y a dix ans (58 %), selon l’étude sur le paysage religieux 2023-24 du Pew Research Center .

    Aux États-Unis, le nombre d'Hispaniques sans affiliation religieuse a également augmenté depuis 2014, environ un quart d'entre eux se décrivant désormais comme athées, agnostiques ou « sans religion particulière ».

    Aux États-Unis, 40 % des adultes hispaniques considèrent la religion comme très importante et 47 % affirment prier au moins une fois par jour. Une large majorité (83 %) se déclare également croyante, selon un sondage du Pew Center réalisé en 2023.

  • C’est seulement en Jésus-Christ que l’Église peut être le sacrement du salut pour le monde

    IMPRIMER

    De kath.net/news :

    « Le pape Léon XIV place toujours Jésus-Christ au centre de tous ses sermons et discours. »

    22 janvier 2026

    « Car le Fils de Dieu, par sa croix et sa résurrection, est l’unique espérance pour tout homme, dans la vie comme dans la mort. Et c’est seulement en Jésus-Christ que l’Église peut être le sacrement du salut pour le monde. » Prédication du cardinal Gerhard Müller

    Rome (kath.net) kath.net publie l'intégralité du sermon du cardinal Gerhard Ludwig Müller prononcé à l'occasion de la fête de sainte Agnès 2026 dans son église titulaire Sant'Agnese in Agone à Rome et remercie Son Excellence pour l'aimable autorisation de le republier :

    Le pape Léon XIV a toujours placé Jésus-Christ au centre de ses sermons et de ses discours. Car le Fils de Dieu, par sa croix et sa résurrection, est l'unique espérance pour tout homme, dans la vie comme dans la mort. Et c'est seulement en Jésus-Christ que l'Église peut être le sacrement du salut pour le monde. C'est seulement en lui qu'elle acquiert son identité propre, distincte de toutes les doctrines du salut, idéologies, programmes et projets conçus et créés par les hommes. 

    Notre Saint-Père possède non seulement la volonté de défendre la vérité dogmatique, mais aussi le courage de s'exprimer politiquement avec clarté devant les dirigeants du monde. Dans son message de Nouvel An au Corps diplomatique du Saint-Siège, il a déclaré ouvertement que 380 millions de chrétiens dans le monde sont victimes de persécution, de discrimination et de violence. L'organisation humanitaire internationale Portes Ouvertes a calculé que près de 5 000 chrétiens ont été assassinés en 2024. 

    Quand on se penche sur l'histoire des 4 000 dernières années, on constate que le judaïsme et le christianisme ont été persécutés sans relâche. La raison profonde de cette haine féroce envers le peuple de Dieu des Ancien et Nouveau Testaments réside dans l'incapacité des puissants et des sages de ce monde à croire au seul vrai Dieu, Créateur du ciel et de la terre. Car ils aspirent à être Dieu eux-mêmes, à régner sur la vie et la mort, à se complaire dans un culte de la personnalité narcissique. Or, le principe chrétien qui enjoint d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Actes 5, 29) démasque leur prétention à une omniscience et une omnipotence quasi divines comme la ridicule arrogance de simples mortels. Et à l'heure de la chute de tous les tyrans, autocrates et dirigeants, leur véritable nature misérable se révèle. 

    Dès le début, les chrétiens de l'Empire romain furent considérés avec suspicion, mépris et persécutés : que ce soit par la populace païenne ou par les philosophes, pour qui l'incarnation de Dieu et sa mort sanglante sur la croix apparaissaient comme une perversion irrationnelle, contrastant avec leur conception hautement spéculative d'un Dieu pur esprit, sans aucun contact avec la matière et l'humanité terrestre. Leur idéal était la libération de l'âme de la prison du corps, non la résurrection des corps. Enfin, ceux qui détenaient le pouvoir politique absolu ne pouvaient et ne peuvent toujours pas tolérer que les chrétiens limitent le rôle de l'empereur et de l'État au bien-être temporel, tout en reconnaissant en conscience et en foi le Christ seul comme leur Seigneur et Roi. 

    Sainte Agnès, dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire sur le lieu de son martyre, était une jeune fille fragile, à peine âgée de douze ans, qui, malgré toutes les menaces et les tentations, resta fidèle au Christ jusqu'à sa mort violente par décapitation, selon le rite d'immolation des agneaux de l'époque. Ce faisant, elle nous renvoie sans cesse au Christ, immolé sur l'autel de la croix, Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Et combien de milliers de jeunes sont restés fermes face à la persécution, refusant de s'incliner ou de se prosterner devant Baal, l'idole de ce monde (Osée 2, 8-13), « à cause de leur témoignage de Jésus et de la parole de Dieu » (Apocalypse 20, 4). Des êtres misérables s'érigent en sauveurs du monde et se laissent glorifier comme des idoles par les masses trompées. Mais comment mouraient les persécuteurs des chrétiens ? Néron se suicida, l'empereur Valérien tomba aux mains de ses ennemis, et les Parthes, à la honte de l'empire, envoyèrent sa peau écorchée à Rome. Hitler, dans le Führerbunker, gémissait comme un chien battu, incapable de comprendre que son tour était venu, lui qui avait impitoyablement envoyé des millions d'innocents à la mort. Et Staline, athée convaincu, dans sa datcha, tel un charlatan, essaya toutes sortes de remèdes censés lui garantir une immortalité terrestre, celle dont rêvent tous les oligarques et autocrates, la considérant comme une bénédiction irremplaçable pour l'humanité. En réalité, il mourut misérablement dans sa crasse, les yeux emplis de peur, de haine et d'une rage impuissante, avant que le diable ne l'emporte.

    Lire la suite

  • Saint Vincent de Saragosse, diacre et martyr (22 janvier)

    IMPRIMER

    22 Janvier – Saint Vincent de Saragosse, diacre et martyr, † 304 (source)

    VINCENT

    Après saint Fabien, saint Sébastien et sainte Agnès, nous fêtons un quatrième martyr de la persécution de Dioclétien. Celle-ci, qui avait commencé par l’épuration de l’armée (300), frappa ensuite le clergé (303) avant de s’abattre sur les fidèles (304), comme l’avait déjà fait, quarante-cinq ans plus tôt, la persécution de Valérien (258). De même qu’alors le diacre romain Laurent s’était illustré aux côtés du pape Sixte II dans sa confession du Christ, ainsi le fit, sous la grande persécution, le diacre Vincent de Saragosse, qui fut mis à mort à Valence avec son évêque Valère (304 ou 305) après avoir subi la torture. Les deux diacres de Rome et de Saragosse avaient marché l’un et l’autre dans le sillage de leur chef de file saint Étienne, donnant sa pleine valeur au ministère diaconal dans l’Église. Aussi, dès le 4e siècle, les chrétiens de tous pays ont-ils réuni dans un même hommage les trois noms d’Étienne, de Laurent et de Vincent. Le diacre Vincent est à l’Espagne ce que saint Laurent est à Rome et saint Etienne à Jérusalem.

    Vers l’an 303, l’empereur Dioclétien promulguait une loi ordonnant que tous les chefs des Eglises fussent enchaînés et incarcérés. On vit alors un spectacle qui dépasse toute parole : une multitude sans nombre d’hommes jetés dans les prisons autrefois réservées aux brigands, et maintenant tellement remplies d’évêques et de prêtres, qu’il n’y avait plus de places pour les criminels. Un second édit décrétait que tous ceux qui consentiraient à sacrifier aux idoles seraient mis en liberté ; et qu’ils seraient soumis aux plus durs supplices s’ils refusaient.

    La charge de mettre ces édits à exécution en Espagne avait été confiée à un magistrat nommé Dacien. Il exerçait sa fonction avec une atroce férocité. Dans une de ses sanglantes tournées à travers la péninsule, il était arrivé à Saragosse. Cette ville avait pour évêque Valère, vieillard instruit et pieux, mais qu’un défaut de langue empêchait de prêcher ; il se faisait remplacer dans cet office par son diacre Vincent. Celui-ci, né à Huesca d’une famille consulaire, s’était vite signalé par son zèle et son éloquence, et était devenu le bras droit de l’évêque.

    Lire la suite

  • Le pape a reçu les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre

    IMPRIMER

    Audience avec le pape Léon XIV

    Communiqué officiel de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre – Fribourg, le 20 janvier 2026

    Suite à une demande présentée par le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, le pape Léon XIV a reçu le père John Berg en audience privée au Vatican le lundi 19 janvier 2026. Il était accompagné du père Josef Bisig, l'un des fondateurs de la Fraternité, ancien Supérieur général et actuel recteur du séminaire Notre-Dame de Guadalupe à Denton, aux États-Unis.

    Cette rencontre cordiale d'une demi-heure a permis de présenter plus en détail au Saint-Père la fondation et l'histoire de la Fraternité, ainsi que les différentes formes d'apostolat qu'elle propose aux fidèles depuis près de 38 ans. La loi propre et le charisme qui guident la sanctification de ses membres ont été rappelés.

    Cette audience a également permis d'évoquer les malentendus et les obstacles rencontrés par la Fraternité dans certains lieux et de répondre aux questions du Souverain Pontife. À l'issue de cette rencontre, le pape Léon XIV a donné sa bénédiction à tous les membres de la Fraternité.

    La Fraternité Saint-Pierre est reconnaissante au Saint-Père de lui avoir offert cette occasion de le rencontrer et encourage les fidèles à continuer de prier avec ferveur pendant les trente jours de neuvaine de préparation au renouvellement de sa consécration au Cœur Immaculé de Marie le 11 février.

    Source : www.fssp.org

  • Répondre à l'appel de Dieu : la véritable histoire de l'Opus Dei

    IMPRIMER

    De Benedetta Frigerio sur la NBQ :

    Répondre à l'appel de Dieu : la véritable histoire de l'Opus Dei

    Le co-auteur du premier texte historiographique consacré à l'Œuvre fondée par saint Josémaria Escrivá prend la parole à La Bussola, fruit de recherches archivistiques et d'un amour profond pour le charisme. Près d'un siècle de vie et une multitude d'hommes et de femmes engagés à vivre (et à étudier) la foi.

    21/01/2026

    Wikimedia Commons - Auteur : Pablovarela

    « Un message divin et charismatique reste intact si les personnes de l’institution qui le préserve se l’approprient et le diffusent avec soin », explique à Nuova Bussola Quotidiana José Luis González Gullón, prêtre de l’Opus Dei et professeur d’histoire à l’Université pontificale de la Sainte-Croix. Mais comme cela est impossible sans connaître sa propre histoire, il était essentiel que Gullón, avec John F. Coverdale, également prêtre de l'Opus Dei et ancien professeur d'histoire à l'université de Princeton, entreprenne la publication d'un ouvrage historiographique sur l'organisation charismatique fondée par saint Josémaria Escrivá ( Opus Dei. Une histoire, Ares, Milan, 2025), d'autant plus que « les personnes qui faisaient partie de son cercle proche » ne sont plus parmi nous : « Il était important de retracer ces années, si cruciales pour toute institution : jusqu'alors, aucune histoire n'avait été publiée et, en tant qu'historien et prêtre de l'Opus Dei, je m'interrogeais sur le passé de l'Opus Dei. Après de longues recherches dans les archives, je crois avoir trouvé des réponses que je partage avec tous les lecteurs de ce livre. »

    Pour sainte Thérèse de Lisieux, la sainteté résidait dans l'offrande à Dieu de chaque petit geste, tandis qu'Escrivá soulignait que cela était possible pour chacun, même pour les laïcs. On peut se demander comment, dans le rythme effréné de la vie et de la prière d'aujourd'hui, mettre en œuvre un programme tel que celui proposé par le fondateur de l'Opus Dei.

    Saint Josémaria affirmait que, selon le charisme qu'il avait reçu, l'intensité de notre existence n'est pas un obstacle, mais un chemin pour ceux qui se sentent et vivent comme enfants de Dieu. La proposition d'Escrivá d'être contemplatifs de Jésus dans toutes nos activités est assurément surprenante. Il soutenait que non seulement c'est possible, mais aussi une vocation : Dieu nous appelle à être unis à Jésus où que nous vivions, où que nous travaillions, où que nous soyons. C'est le message évangélique que porte l'Opus Dei. Quant aux moyens d'y parvenir, Escrivá expliquait que nous, chrétiens, entretenons, d'une part, une relation avec Dieu par la prière et la réception fréquente des sacrements de l'Eucharistie et de la Pénitence, ainsi que par l'accompagnement spirituel et la formation aux vérités de la vie chrétienne. En revanche, l'accomplissement le plus parfait de nos activités professionnelles, familiales et sociales réside dans la matière par laquelle nous nous sanctifions, nous épanouissons et nous nous donnons aux autres.

    Lire la suite

  • Sainte Agnès (21 janvier), les agneaux et les pallium

    IMPRIMER

    téléchargement.jpg(source)

    Aujourd’hui nous célébrons la mémoire de Sainte Agnès. Adolescente et vierge romaine, Agnès a été martyrisée au temps de la persécution de l'empereur Dèce, au IIIe siècle : une persécution si violente que de nombreux baptisés reniaient leur foi devant la menace de mort.

    Le martyre de sainte Agnès a été rapporté par saint Damase, par saint Ambroise et par Prudence. Elle périt à l'aube du IVe s., en 303 vers l'âge de treize ans.

    La jeune martyre est souvent représentée par un agneau, à cause de son prénom agnès qui rappelle le mot agneau, ou accompagnée d'un agneau blanc, en main la palme du martyre. Elle est une des saintes protectrices des jeunes et on l'invoque pour obtenir la vertu de chasteté.

    A Rome, Agnès est spécialement honorée, en la basilique Sainte-Agnès-hors-les-Murs, qui abrite sa tombe, et a été construite au-dessus des catacombes du même nom.

    A côté de l'église médiévale - une des « sept églises » du pèlerinage de saint Philippe Néri -, on peut encore voir les ruines de l'imposante basilique construite par l’Empereur Constantin.

    L'église romaine de Sainte-Agnès-in-Agone, place Navone, et spécialement dédiée par le diocèse de Rome aux rencontres de jeunes, a été reconstruite sous la direction de Borromini. Elle se dresse à l'emplacement de l'ancien stade de Domitien, au lieu même de son martyr.

    Comme c'est la tradition chaque année en la fête de sainte Agnès, vierge et martyre, le 21 janvier, le pape bénit deux agneaux dont la laine servira à tisser les pallium que le pape remet le 29 juin aux archevêques métropolites nommés dans l'année, en signe de leur communion avec le Successeur de Pierre. Mais aussi en signe de la sollicitude pastorale du bon pasteur qui porte la brebis sur ses épaules.

    La cérémonie a lieu traditionnellement en la chapelle Urbain VIII du palais apostolique. Ces deux petits agneaux sont élevés par les religieuses de San Lorenzo in Panisperna et ils sont présentés au pape par les Chanoines réguliers du Latran qui desservent la basilique Sainte-Agnès-hors-les-Murs.

    Symbole de la brebis perdue, recherchée, sauvée et placée par le Bon Pasteur sur ses épaules, l'agneau est aussi celui du Christ crucifié, selon le titre donné au Christ par saint Jean Baptiste.

    Leur laine sera utilisée par les Bénédictines du monastère romain de Sainte-Cécile pour tisser les palliums de 5 centimètres de large, qui seront ornés de 6 petites croix de soie noire, symbole des plaies du Christ, et de broches d'or gemmé, autrefois utilisées pour fermer le pallium sur le cœur, le dos et l'épaule droite.

    Anciennement, le mot « pallium » désignait un manteau de laine exclusivement attribué au souverain pontife, puis il devint un signe liturgique d'honneur, symbole d'un lien de communion particulier avec le successeur de Pierre pour les évêques à la tête de juridictions métropolitaines.

    Une fois terminés, les palliums sont placés dans une urne de bronze placée dans une niche, juste au dessus de la tombe de l'apôtre, jusqu'au 29 juin, en la solennité des saints Pierre et Paul, saints patrons de l'Église de Rome et colonnes de l’Église.

    Le récit le plus ancien de la remise du pallium par le pape à un évêque est le récit de la remise du pallium à Saint Césaire d'Arles par le pape Symmaque, il y a plus de 1500 ans.

  • Louis XVI, victime d’une conjuration hostile au christianisme catholique

    IMPRIMER

    Le 21 janvier est la date anniversaire de l'exécution du roi Louis XVI.

    Du site "Le rouge et le noir" :

    Abbé Iborra : Louis XVI a été la victime d’une conjuration hostile au christianisme catholique

    archive du 21 janvier 2020

    REQUIEM POUR LOUIS XVI Sermon donné le 20 janvier 2020 en l’église Saint-Roch par l’abbé Éric Iborra

    Une fois de plus, nous venons d’entendre le texte si pathétique du testament de Louis XVI. Testament d’un prince, testament surtout d’un chrétien, conscient d’avoir à paraître bientôt, dans des conditions tragiques, devant son Créateur, son Juge et son Sauveur. Testament auquel devait se référer quelques mois plus tard, devant les cardinaux assemblés en consistoire, une autre victime de la Révolution française, le pape Pie VI : « Ce que Nous ne saurions surtout pas passer sous silence, c’est l’opinion universelle que le Roi a donnée de sa vertu par son testament, écrit de sa main, émané du fond de son âme, imprimé et répandu dans toute l’Europe. Quelle haute idée on y conçoit de sa vertu ! Quel zèle pour la religion catholique ! Quel caractère d’une piété véritable envers Dieu ! (…) Qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? » Celui qui allait devenir confesseur de la foi, à Valence, reconnaissait au roi supplicié place de la Concorde la qualité de martyr. Avec perspicacité, il souligne, je le cite, que « le principal reproche qu’on ait élevé contre lui portait sur l’inaltérable fermeté avec laquelle il refusa d’approuver et de sanctionner le décret de déportation des prêtres et la lettre qu’il écrivit à l’évêque de Clermont pour lui annoncer qu’il était bien résolu de rétablir en France, dès qu’il le pourrait, le culte catholique ». Et le Pape concluait : « Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut martyr ? » Certes, objecte-t-il, il a apposé sa signature à cette Constitution du clergé que lui-même devait ultérieurement condamner. Mais ne l’a-t-il pas fait contraint et forcé, comme il le dit dans son testament, induit peut-être même en erreur par ses conseillers, ajoute le Pape ? Il sait que les accusations portées contre le roi sont fallacieuses et font partie d’un plan destiné à éradiquer la foi en commençant par abattre les piliers sur lesquels elle s’appuie dans la société. « L’indignation redouble encore, écrit-il, de ce que le caractère de ce Prince était naturellement doux et bienfaisant ; que sa clémence, sa patience, son amour pour son peuple furent toujours inaltérables ». Et sur ce point, l’historiographie contemporaine n’a fait que confirmer l’impression qui se dégage à la lecture du testament. Louis de France, comme le bienheureux Charles d’Autriche, a certes été la victime des circonstances historiques, mais plus encore d’une conjuration hostile au christianisme catholique. Pour Pie VI ce moment de faiblesse ne retire rien à la grandeur d’âme de la victime et à son profond attachement à l’Église. C’est pourquoi il invite les cardinaux à assister au service solennel qu’il s’apprête à célébrer pour le repos de l’âme du Roi, ajoutant même que « les prières funèbres peuvent paraître superflues quand il s’agit d’un chrétien qu’on croit avoir mérité la palme du martyre puisque S. Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières ».

    Rassemblés aujourd’hui, comme les cardinaux il y a deux siècles, et dans une église qui comptait sur son territoire des monastères ou des couvents dont les noms évoquent le terrible engrenage d’une Révolution qui dévorait ses enfants – les Feuillants, les Jacobins, par exemple – nous prions donc pour le repos de l’âme du Roi tout en ne pouvant nous empêcher d’espérer qu’il intercède déjà pour nous, quoi qu’il en soit des vicissitudes qu’a connues sa cause de béatification. Cela ne signifie pas pour autant que le Roi ait été en tout exemplaire, comme l’a bien souligné le regretté Pr. Jean de Viguerie. Je ne relèverai qu’un point, qu’il reconnaît lui-même lorsqu’il écrit, avec une pointe de douleur et de regret, « qu’un Roi ne peut faire respecter les lois et faire le bien qui est dans son cœur qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile ». Le drame de Louis XVI, ce fut probablement d’avoir été trop débonnaire, de ne pas avoir suffisamment intégré l’autorité à la bonté. Un Frédéric de Prusse, ce vieux cynique, ne se serait certainement pas fait ravir son trône de cette manière !

    C’est aussi que la conception chrétienne de la royauté établit un lien pour ainsi dire charnel entre le prince et son peuple. Un lien paternel d’un côté, filial de l’autre. Qui d’entre nous ne se sent pas en quelque sorte orphelin, même deux siècles après l’événement ? Qui d’entre nous n’a pas le sentiment qu’un parricide a été commis, parricide dont notre société française n’a pas fini de payer le prix ? Le 21 janvier 1793 a constitué une fracture certainement plus considérable que le 30 janvier 1649 en Angleterre. La preuve, c’est qu’elle est toujours ouverte, alors que nos voisins ont su, semble-t-il, pragmatiquement réduire la leur. Ce qui leur vaut aujourd’hui de vivre réconciliés avec leur passé, ce qui n’est pas le cas chez nous.

    Un peuple réconcilié avec son passé, c’est aussi, vous le savez, un peuple confiant en son avenir. Je n’insiste pas. Je voudrais juste vous faire part de quelques réflexions que je porte depuis mes lointaines études de droit, et que la fréquentation de la philosophie et de la théologie n’a fait que confirmer. À l’occasion de la fête de la S. Famille, je disais que la famille est la seule institution humaine qui trouve son archétype en Dieu. Lorsque la Genèse dit que Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance, qu’il le créa homme et femme, c’est déjà au mystère de la Trinité qu’il est fait allusion. De même que l’amour mutuel du Père et du Fils est ressaisi dans l’unité par le Saint Esprit, de même l’amour mutuel de l’homme et de la femme trouve son unité dans l’enfant qu’ils engendrent. La famille est ainsi à l’image de la Trinité. Elle est aussi, de la sorte, la cellule matricielle de la société, « antérieure à l’Etat » comme l’a souligné à maintes reprises le Magistère. Et la société elle-même, la nation, apparaît comme une famille de familles. Quoi de plus naturel alors qu’une famille normale pour symboliquement la représenter ? Et je dis cela justement au lendemain de la manifestation qui défend la conception traditionnelle de la famille. Il n’y a pas en effet de roi sans famille royale, même quand celle-ci déçoit en certains de ses membres comme on s’en rend compte ces temps-ci en Angleterre. C’est l’hérédité en effet qui donne au roi sa concrétude. En cela le principe royal renoue avec deux dimensions philosophiques que la pensée contemporaine a redécouvertes alors que l’époque moderne les avait occultées : celle de l’enracinement dans le temps et celle de la corporéité. Parce que le roi est un être de chair qui s’enracine dans une histoire, il est mieux à même de toucher l’homme en profondeur, jusque dans sa dimension affective. Le roi est un être concret alors que la république, par exemple, est une réalité abstraite, symbolisée dans la France post-révolutionnaire par un buste de plâtre, une tête sans corps, une idée, encline à ne mobiliser que l’intellect et à donc dégénérer en idéologie. Je ne me risquerai pas plus loin dans ce parallèle. Mais je suis tout de même frappé par le sentiment de responsabilité en même temps que d’affection qu’ont montré les grands rois envers leur peuple, sentiment qui s’exprime sur un mode tragique avec celui qui nous rassemble ce soir. Cela ne rend que plus douloureuse l’ingratitude de ces mêmes peuples et plus mortel le venin de ceux qui prétendent les gouverner. Laissons l’infortuné Pie VI conclure :

    «  Ah, France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi, toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations mais les précède toutes, que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion ! Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! Et cependant tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique. Ah, encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les Lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fut pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner ! (…) Ô jour de triomphe pour Louis XVI à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice ! Nous avons la confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale toujours fragile et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels ! »

  • Quatorze prêtres guillotinés le 21 janvier 1794

    IMPRIMER

    D'Evangile au Quotidien :

    BBX Jean-Baptiste Curpin du Cormier
    et treize compagnons
    Prêtres et martyrs à Laval († 21 janvier 1794)

    Jean-Baptiste Curpin du Cormier et treize compagnons, le 21 janvier 1794, juste un an après Louis XVI, furent guillotinés à Laval puis jetés dans une fosse commune à "La Croix Bataille".

    En Octobre 1792, quatorze prêtres lavallois réfractaires (qui refusaient de prêter serment à la Constitution civile du clergé) sont emprisonnés au couvent de Patience où ils ne bénéficient que de deux heures de visite par mois. Ne sont admis à les voir que les frères et sœurs obligatoirement assistés par le concierge du lieu.

    Le 13 décembre 1793, la guillotine est installée à Laval, place du Blé (actuelle place de la Trémoille) près du Tribunal révolutionnaire.

    À partir du 9 janvier 1794, tous les cultes sont interdits en France. L’église de la Trinité de Laval est transformée en "étable et magasin de fourrage" pour l’armée, puis, plus tard, en Temple de la Raison.
    Le 21 janvier 1794, à 8h30, les quatorze prêtres franchissent le seuil du tribunal où ils vont être jugés par la Commission révolutionnaire. Dix marchent péniblement et quatre sont dans une charrette ; cinq d’entre eux ont plus de 70 ans.

    Entre le 5 janvier et le 2 novembre 1794, en 150 audiences, cette Commission prononcera 328 peines de mort.
    L’accusateur public, Volcler, un ancien prêtre apostat, leur demande une dernière fois de prêter serment. « Aidé de la grâce de Dieu, je ne salirai pas ma vieillesse », lui répond le Père Philippot, 78 ans.
    « Quoi, c'est toi Volcler qui demande ma mort ? Toi que j'ai accueilli dans ma maison, admis à ma table, que j'ai tendrement aimé...», ajoute le père Migoret.
    Ils sont exécutés après avoir été empêchés par leurs gardiens de chanter ensemble un dernier "Salve Regina". Ils seront suivis de 5 vendéens qui comparaissaient eux aussi en tant qu’ennemis de la République.
    Les 4 juges, dont 2 prêtres renégats, qui assistent à l’exécution de la fenêtre d’un immeuble voisin, boivent un verre de vin rouge à chaque tête qui tombe et encouragent la foule à crier avec eux: «Vive la République, à bas la tête des calotins ! ».

    Les corps des 14 prêtres, tout comme les défunts du moment, sont jetés dans une fosse commune, à Avesnières, dans une lande nommée "La Croix Bataille" sur la route d’Entrammes.
    Dès le jour de leur exécution, les prêtres sont vénérés comme des martyrs ; on envoie des enfants tremper des mouchoirs dans leur sang.

    En 1803, un rapport de gendarmerie signale des pèlerinages, allant de 50 à 600 personnes, à "La Croix Bataille", près de la fosse commune où ils ont été ensevelis.

    Le 6 août 1816, suite aux démarches du curé d’Avesnières, les corps des 14 martyrs sont exhumés et déposés dans la chapelle Saint Roch du cimetière paroissial d’Avesnières.

    Le 9 août, ils sont transférés dans le transept sud de l'église d'Avesnières, au pied d'un monument. Une chapelle expiatoire est dressée à "La Croix Bataille" à la mémoire du prince de Talmont et des autres victimes de la Révolution. Le bâtiment est détruit en 1869.

    En 1945, Max Ingrand dessine un vitrail pour la basilique. Les 14 prêtres y sont symbolisés par 14 palmes.

    Le 19 juin 1955, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) béatifie les 14 prêtres ainsi qu’un curé et quatre religieuses également guillotinés en 1794. Les corps sont transférés dans le chœur de la basilique.

    Les quatorze prêtres guillotinés le 21 janvier 1794 :

    - Jean-Baptiste Turpin du Cormier, 64 ans, curé de la Trinité, reconnu comme le responsable, sera exécuté le dernier à la demande de Volcler, l’accusateur public.
    - Six curés : Jacques André, 50 ans, André Dulion, 66 ans, Louis Gastineau, 66 ans, François Migoret-Lamberdière, 65 ans, Julien Moulé, 77 ans et Augustin-Emmanuel Philippot, 77 ans.
    - Quatre aumôniers : Pierre Thomas, 75 ans, chez les Augustines de Château-Gontier, Jean-Marie Gallot, 46 ans, chez les Bénédictines, Joseph Pelé, 74 ans, chez les Clarisses, et Jean-Baptiste Triquerie, 57 ans, diverses maisons franciscaines.
    - Trois hors ministères : René-Louis Ambroise, 74 ans, Julien-François Morin de la Girardière, 64 ans, et François Duchesne, 58 ans.

    Lire également : Des couronnes pour les prêtres martyrs de Laval

  • La seule chose que nous ayons à craindre, c'est une théologie qui n'ose plus croire ce qu'elle a autrefois proclamé

    IMPRIMER

    De Rob Mutsaerts (lien), évêque auxiliaire de Bois-le-Duc (Pays-Bas), sur son blog « Paarse Pepers » :

    Les barbares ne sont pas le problème.

    Hillaire Belloc a écrit ces mots célèbres : il ne craignait pas « les barbares qui frappent aux portes », mais le danger venant de l'intérieur. C'est une déclaration qui peut facilement être mal comprise. Belloc ne voulait pas dire que les menaces extérieures sont inoffensives, mais que les civilisations meurent rarement à cause d'ennemis extérieurs. Elles meurent lorsqu'elles cessent de croire en ce qui nous a autrefois amenés à la foi.

    Je m'adresse maintenant aux théologiens et aux croyants libéraux. Non pas pour les accuser, mais pour les inviter à réfléchir. Car si Belloc avait raison, et s'il s'adressait à nous aujourd'hui, il dirait peut-être : le christianisme en Europe n'est pas seulement menacé par la sécularisation, mais aussi par une théologie qui ne croit plus en ses propres fondements.

    Prenons l'exemple de la situation en Allemagne. Les « barbares » ne sont pas le problème. Le problème vient de l'intérieur. Les évêques allemands ont publié un document (« Segen gibt der Liebe Kraft ») qui fournit des directives pastorales aux prêtres et aux collaborateurs pastoraux pour la bénédiction des couples vivant dans des unions que l'Église qualifie de « désordonnées ». Les bénédictions sont présentées comme un moyen de placer l'amour et l'espoir des personnes sous la bénédiction de Dieu. Les processus synodaux allemands ont déjà adopté des documents qui plaident en faveur d'une révision de la doctrine sur l'homosexualité, d'une place pour la diversité de genre et l'inclusion des personnes transgenres et intersexuées, et de discussions sur le célibat. Tout cela sous le couvert de la pastorale.

    Mais le fait est que, dans la théologie catholique, l'action pastorale ne peut jamais être dissociée de la vérité. L'Église fait la distinction entre l'ordre moral objectif (ce qui est bon ou péché) et la culpabilité subjective (le degré de responsabilité personnelle d'une personne). L'Église peut se montrer indulgente envers la culpabilité, accompagner la formation de la conscience et guider les personnes pas à pas, mais elle ne peut déclarer que quelque chose est moralement bon alors qu'elle l'a toujours considéré comme intrinsèquement désordonné. Lorsqu'une conférence épiscopale bénit des relations qui, selon la doctrine, sont objectivement pécheresses sans appeler clairement à la conversion ou à un changement de vie, la norme morale est en fait révisée, même si cela n'est pas dit formellement. C'est pourquoi Rome a déjà déclaré explicitement en 2021 sous le pape François : « Dieu ne peut bénir le péché. »

    L'Église universelle a toujours fait une distinction cruciale entre l'acte et l'auteur, entre la personne (qui est toujours aimée de Dieu) et ses actions ou son état de vie. Rappelez-vous les célèbres paroles d'Augustin : « Haïssez le péché, aimez le pécheur. » Si vous justifiez le péché, vous accompagnez le pécheur vers l'abîme. C'est tout à fait contraire à la pastorale. Si les situations pécheresses sont systématiquement bénies sans que l'on parle clairement de conversion, de croix, d'ascèse ou de croissance morale, alors le péché est minimisé et réduit à une « imperfection ». Cela peut sembler pastoral, mais là où il n'y a plus de péché, il n'y a plus de raison de se convertir et le sacrifice de Jésus sur la croix est déclaré superflu. Et toute bénédiction est alors dénuée de sens. Et non, ce n'est pas pastoral. L'amour sans vérité est sans amour.

    Les plus grands défis de notre époque – progrès scientifique, pluralisme, diversité religieuse, critique historique – ne sont pas barbares. Ils ne sont pas les ennemis de la foi. Au contraire, ils sont souvent issus d'une civilisation chrétienne qui prenait la vérité tellement au sérieux qu'elle osait l'examiner. Mais que se passe-t-il lorsque les évêques, les prêtres et les théologiens s'efforcent tellement de défendre le christianisme de manière à ce que l'environnement séculier ne soit plus offensé par ses opinions contraires ? N'ont-ils pas alors cessé de défendre le christianisme ? Quand la résurrection de Jésus est réduite à « l'histoire continue » plutôt qu'à la résurrection réelle de Jésus hors du tombeau ; quand Jésus n'est plus le Sauveur, mais surtout un exemple moral ; quand le péché est remplacé par la « fragilité » sans culpabilité, et la grâce par l'affirmation sans conversion ? Il ne reste alors qu'un quasi-christianisme vague, poli et respectable, dans lequel plus rien n'est en jeu et qui ne se distingue en rien des opinions séculières. 

    Le libéralisme part souvent d'une noble motivation : comment rendre la foi chrétienne compréhensible pour l'homme moderne ? Mais si cela conduit à une simple confirmation - lorsque le christianisme s'adapte trop à l'esprit du temps - il perd précisément ce qui le rend pertinent. Et devient donc totalement superflu. On se retrouve d'ailleurs avec de nouveaux dogmes à la place : le dogme de l'autonomie, le dogme de l'authenticité sans vérité et le dogme de l'inclusivité sans distinction. Ce ne sont pas des systèmes de croyances moins stricts, mais ils aboutissent à une vision tragique de l'être humain.

    La théologie libérale met à juste titre l'accent sur la dignité humaine, mais elle a souvent du mal à accepter le péché radical, non pas comme un échec moral, mais comme une distorsion existentielle. La grande tragédie est que lorsque le péché disparaît, le pardon perd également tout son sens. Et sans pardon, la grâce devient un mot vide de sens. Tout comme la bénédiction. Il ne reste alors qu'un christianisme qui ne sauve plus les hommes, mais se contente de les accompagner. Vers l'abîme.

    La question centrale n'est finalement pas « Que signifie le Christ pour moi ? », mais « Qui est le Christ, indépendamment de mon interprétation ? ». Le Christ n'est pas un symbole de valeurs universelles, mais une présence historique, concrète et perturbatrice de Dieu lui-même. Une théologie qui rend le Christ « sûr » pour l'homme moderne le rend méconnaissable pour l'Évangile.

    La question n'est pas de savoir si nous pensons de manière critique, mais où s'arrête notre critique. Peut-être que le véritable défi pour la théologie libérale aujourd'hui est le suivant : 1. Osons-nous croire à nouveau que le christianisme est vrai, et pas seulement précieux ? 2. Osons-nous accepter que l'Évangile nous juge avant de nous libérer ? 3. Osons-nous à nouveau parler de conversion, de sacrifice, de rédemption, sans nous excuser ? Non pas parce que les barbares sont aux portes, mais parce que l'Église risque de se vider.

    Belloc ne craignait pas les barbares aux portes, mais la civilisation qui a oublié son âme. Il ne craignait pas la raison, mais la raison sans foi. Il ne craignait pas la modernité, mais l'homme qui a oublié qu'il a besoin de pardon. La seule chose que nous ayons à craindre, c'est une théologie qui n'ose plus croire ce qu'elle a autrefois proclamé.

  • 20 janvier 1842 : la conversion d'Alphonse Marie Ratisbonne

    IMPRIMER

    La vie d'Alphonse Marie Ratisbonne après sa conversion

    Le 20 janvier 1842, dans l'église romaine de Sant'Andrea delle Fratte, Ratisbonne, qui avait reçu une célèbre apparition de la Vierge Marie, se convertit. Dès lors, sa vie changea radicalement : il devint prêtre et fonda une congrégation.

    20/1/2026

    Une conversion : un homme entre dans une église. Français d'origine juive, il se moque de tous ceux qui croient en la Vierge Marie et en l'Église catholique. Il entre dans cette église et en ressort catholique. Un éclair, un instant qui change sa vie à jamais. Ces quelques lignes pourraient résumer, de manière concise et sans fioritures, l'histoire d'Alphonse Marie Ratisbonne (1814-1884), qui, ce fameux 20 janvier 1842, en entrant dans l'église romaine de Sant'Andrea delle Fratte, changea radicalement sa vie. À jamais. Il rencontra la Vierge Marie. Jusque-là, une histoire que nous connaissons tous un peu. Mais ce jour-là ne fut pas qu'une simple conversion. Quelque chose de plus radical se produisit : le début d'un cheminement spirituel qui le mena à la prêtrise et même à la fondation d'une congrégation. Les fruits de cette apparition furent donc abondants. Mais revenons sur les étapes de ce voyage qui a commencé précisément dans l'église romaine de Sant'Andrea delle Fratte le 20 janvier 1842.

    Il faut se rappeler qu'au moment de l'apparition, Alphonse était fiancé (et sur le point de se marier) à une jeune fille nommée Flore. Elle était juive, cela va de soi. Et c'est à elle qu'il pensa peu après l'apparition de la Vierge. Il commençait à comprendre que le Seigneur l'appelait à autre chose. Flore était déterminée à ne pas suivre le jeune converti : elle ne voulait pas renoncer à sa foi juive. Ainsi, les deux se trouvèrent contraints de rompre leurs fiançailles. C'est à ce moment qu'Alphonse commença une vie de prière plus intense. Le 12 avril 1842, il écrivit ces mots au curé de Notre-Dame des Victoires à Paris : « Les lettres de ma famille m'ont rendu toute liberté ; je consacre cette liberté à Dieu et la lui offre désormais de toute ma vie pour servir l'Église et mes frères sous la protection de Marie. » Le 20 juin 1842, il entra au noviciat jésuite de Toulouse. Son cheminement spirituel se radicalisa progressivement, le menant à son ordination sacerdotale le 24 septembre 1848. Le nom qu'il choisit, en plus de celui d'Alphonse, fut Marie. Le père Alphonse Marie Ratisbonne était né.

    Le père Alphonse Marie passa une dizaine d'années dans la Compagnie de Jésus. Mais avant de prononcer ses vœux perpétuels, il était en proie à un dilemme : devait-il poursuivre sa mission au sein de la Compagnie de Jésus ou chercher à servir le peuple d'Israël d'une manière qui lui restait encore floue ? C'est alors qu'Alponse eut une révélation. Son frère Théodore, lui aussi converti au catholicisme par le baptême en 1827, quinze ans avant la conversion de son frère, avait fondé la Congrégation des Religieuses de Notre-Dame de Sion. Alphonse commença alors à songer à fonder une branche masculine. C'est ainsi que, le 30 décembre 1852 (près de onze ans après l'apparition de Sant'Andrea delle Fratte), il quitta les Jésuites pour mieux discerner la volonté de Dieu.

    Entre-temps, la société sacerdotale « Saint-Pierre » avait été fondée, germe de la Société des Prêtres Missionnaires de Notre-Dame de Sion, approuvée par l’archevêque de Paris en 1855. Mais la capitale française ne suffisait pas à Alphonse : son ambition était plus vaste. Il pensait à la Terre sainte. Cette destination tant désirée : là où Jésus-Christ était né, mort et ressuscité. Et le Seigneur n’attendit pas sa réponse. Toujours en 1855, le père Jules Level, recteur de l’église Saint-Louis-des-Français à Rome, devait se rendre en Terre sainte avec son frère Nestor. Cependant, ce dernier mourut subitement le 4 janvier 1855. C’est alors qu’Alphonse partit à sa place. Le 13 septembre 1855, Alphonse écrivait : « Toute ma vie, j’ai ressenti une irrésistible attirance pour Jérusalem ; mais à partir de ce moment, je me suis senti à jamais cloué, prisonnier, comme enchaîné. » Ainsi en fut-il : dès lors, Alphonse associa son nom à la Terre Sainte. Il convient de rappeler que son œuvre missionnaire s'inscrivait pleinement dans la continuité de celle de son frère aîné, Théodore. En 1856, les premières Sœurs de Notre-Dame de Sion arrivèrent en Terre Sainte. D'où la nécessité de construire le couvent « Ecce Homo » dans la Vieille Ville de Jérusalem. À cette occasion, des fouilles furent entreprises, qui mirent au jour de nombreuses reliques précieuses, datant d'avant et d'après Jésus-Christ. Parallèlement au couvent, un projet de plusieurs écoles pour enfants fut également mis en œuvre : en 1881, près de 200 enfants étaient inscrits à Ecce Homo. Un autre pensionnat fut également fondé, celui d'Ein Karem : en 1883, il accueillait une centaine d'enfants.

    Ce n'est toutefois qu'après la mort de Théodore et d'Alphonse que la société sacerdotale approuvée par l'archevêque de Paris en 1855 devint une véritable congrégation. En 1893, elle prit le nom de Congrégation des Prêtres Missionnaires de Notre-Dame de Sion, puis, après la Seconde Guerre mondiale, celui de Congrégation des Religieuses de Notre-Dame de Sion. Aujourd'hui, elle est présente au Brésil, en Israël et en France.

    La Vierge Mariefille de Sion : la Vierge apparue à Ratisbonne et qui le convertit au christianisme. Sion, un nom qui s’est « présenté » à Ratisbonne non seulement comme une apparition, mais aussi comme un projet de vie.

  • La communion dans la main : un abus passé de l’exception à la règle

    IMPRIMER

    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    La communion dans la main : un abus passé de l’exception à la règle

    L'ouvrage de Scrosati et Bux retrace les origines et la diffusion d'une désobéissance légitime, mais non sans conséquences sur la foi eucharistique. Car notre manière de communiquer exprime (ou, à l'inverse, affaiblit) l'adoration.

    20/1/2026

    En avril 2025, l'évêque Bruno Forte de Chieti a fait la une des journaux (et de La Bussola ) en réprimandant certains fidèles « coupables » de recevoir la communion directement sur la langue (une norme universelle dans l'Église depuis plus d'un millénaire) au lieu de la recevoir dans la main (comme l'exigeaient de nombreux diocèses pendant la pandémie et encore à Chieti). Cet événement providentiel offre l'occasion d'approfondir la question avec l'aide de Luisella Scrosati et de l'évêque Nicola Bux, auteurs de l'ouvrage «  Il cibo dei serafini. Comunione sulla mano sì o no? » (La nourriture des séraphins. Communion dans la main : oui ou non ?) , publié par Omni Die dans la collection « I Libri della Bussola ».

    Initialement réservée à certaines conférences épiscopales, la pratique actuelle de la communion dans la main des fidèles demeure une exception à la norme universelle de la communion sur la langue (norme presque oubliée, surtout après 2020). Comme nous le verrons, il s'agit de l'histoire d'un abus corrigé puis répandu comme une traînée de poudre, mêlant l'accusation d'une innovation malavisée au mythe archéologique d'un retour à la pratique des premiers siècles. En réalité, les Pères de l'Église n'ont pas promu cette pratique, mais l'ont simplement attestée, la seule modalité qu'ils connaissaient, et ce d'ailleurs d'une manière bien différente d'aujourd'hui. Pour cette époque, il serait plus juste de parler non pas de communion dans la main, mais dans la paume, « car les fidèles s'inclinaient profondément et recevaient le pain eucharistique directement dans la paume de leur main droite, comme le confirme également Théodore de Mopsueste ». Même sans évoquer les ablutions et l'usage du linge mentionnés dans les études de Josef Andreas Jungmann, la communion était reçue d'une manière très différente et avec une vénération tout autre que la pratique actuelle qui consiste à « saisir » l'hostie consacrée comme un biscuit, peut-être même sans remarquer les fragments qui pourraient tomber – lesquels font autant partie du Corps du Christ que l'hostie entière !

    La « communion dans les mains », telle qu'elle s'est répandue depuis les années post-conciliaires, n'est nullement un retour aux premiers siècles : « tandis que les Pères s'efforçaient de limiter la dispersion des fragments par rapport au rite en usage, les promoteurs de la nouvelle version ont fait exactement le contraire, introduisant une modification par rapport à un rite qui avait pratiquement éliminé ce risque (...) en parfaite harmonie avec le désir des Pères, par un autre qui non seulement soulève à nouveau les problèmes des premiers siècles, mais qui a aussi introduit des changements pour le pire ». L'usage actuel constitue, à bien des égards, l'exact opposé de ce qui inspirait le rite. Les Pères de l'Église visaient entièrement à éviter la dispersion et la profanation du Corps du Christ. Le problème fut finalement résolu par l'administration de l'Eucharistie directement sur la langue des fidèles, une méthode attestée depuis saint Grégoire le Grand (ainsi que, dès le IXe siècle, par l'usage de la « fine particule », moins sujette à la dispersion que le pain levé). Ce changement offre un exemple limpide de la véritable compréhension de la Tradition et des réformes qui en découlent, car il répondait davantage aux exigences de la réalité sacramentelle et non à des idéologies qui se propagent par des abus, ensuite prétendument « tolérés ».

    Au lendemain du concile Vatican II, qui ne mentionnait aucune réforme de la distribution de la communion, et encore moins préconisait de la donner dans la main, cette pratique s'est implantée dans certaines régions et, curieusement, précisément celles les plus sensibles aux sirènes du soi-disant « catéchisme néerlandais », annonciateur de graves erreurs doctrinales, y compris concernant la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Rome a réaffirmé l'interdiction, mais pour contourner la désobéissance, il a été décidé d'y remédier, uniquement pour ces régions spécifiques. C'est la vaine illusion de vouloir endiguer un phénomène en fixant des limites invariablement bafouées : les concessions se sont multipliées même là où cette pratique n'existait pas, et la communion dans la main s'est répandue quasiment dans le monde entier entre les années 1960 et 1990.

    Par exemple, jusqu'en 1996, l'Argentine était l'un des rares pays à ne pas l'avoir introduite, et lorsque ce fut le cas, l'évêque de San Luis de l'époque, Mgr Juan Rodolfo Laise a pris des mesures pour l'interdire. Une décision « interprétée par beaucoup comme une violation de l'unité de l'épiscopat », mais en réalité approuvée par les dicastères romains qu'il avait consultés. En d'autres termes, la norme universelle était en vigueur dans son diocèse, sans exception (alors qu'ailleurs, c'est devenu la règle). À ce sujet, Mgr Laise mena une étude approfondie (« probablement la première ») qui « approfondit les aspects historiques, canoniques et théologiques de cette méthode de communion et son influence sur la dévotion et la vie spirituelle des fidèles », ainsi que les origines d'une « désobéissance légitime ».

    La suspension des nouveaux indults fut tentée par saint Paul VI, puis par saint Jean-Paul II, tous deux personnellement opposés à cet usage abusif, mais dans les deux cas, les demandes papales restèrent lettre morte. La seconde fut contrecarrée par Mgr Luigi Bettazzi (alors évêque d'Ivrée), qui s'était opposé au pape en 1984 : « Il ne me semble pas juste d'user de votre autorité de cette manière » (c'est-à-dire d'interdire la communion dans la main, qui fut en fait également introduite en Italie cinq ans plus tard). Benoît XVI a tenté de montrer l'exemple en réintroduisant, en 2008, l'administration de la Sainte Communion exclusivement sur la langue, dans la liturgie papale, et de surcroît, la génuflexion. Un signe que le Pape lui-même a qualifié de « point d'exclamation concernant la Présence réelle », comme pour dire : « Il est là, c'est devant Lui que nous nous prosternons. »

    Pourtant, certains objectent : « Ne vaudrait-il pas mieux concentrer nos efforts sur quelque chose de plus substantiel que la manière de recevoir la Communion ? » Une question apparemment raisonnable, motivée par la crainte que l'accent mis sur la forme ne conduise à oublier le fond. Au contraire, nous devons aussi redécouvrir les signes concrets, car précisément « une insistance unilatérale sur l'intériorité (…) a contribué à détruire non seulement les formes extérieures, mais a aussi érodé l'intériorité des chrétiens. » En accomplissant des actes, des gestes et des signes conformes à la foi catholique, ils ont conformé leur foi à ce qu'ils pratiquaient. C’est pourquoi la manière de recevoir le Corps du Christ est également importante, dans la mesure où elle exprime (ou, à l’inverse, affaiblit) la foi et l’adoration envers le Saint-Sacrement. Afin d’éviter de le confondre avec un aliment ordinaire et d’oublier qu’il est « la nourriture des séraphins ».