Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Foi

  • Un saint patron des femmes enceintes et des enfants qu'elles portent

    IMPRIMER

    Saint Raymond Nonnat, fêté le 31 août (source)

    Peut être une image de texte

    "Raymond, né à Portel, au diocèse d'Urgel, en Catalogne, en 1204, fut surnommé « Nonnat » (non natus) parce que sa mère mourut avant de lui donner le jour, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes et de l'enfant qu'elles portent. Sa mère était morte d'une grave maladie dont elle se vit attaquée au septième mois de sa grossesse ; les médecins assuraient que l'enfant était mort aussi, et que c'était même sa mort qui avait provoqué celle de sa mère ; le père, néanmoins, ne put jamais se résoudre à la voir conduire en terre sans avoir la connaissance de ce qu'elle portait dans ses entrailles ; un de ses parents, qui le vit dans cette perplexité, eut la hardiesse de tirer un poignard de son sein pour en fendre le côté gauche de la défunte, et l'on vit paraître aussitôt un bel enfant plein de vie, contre toute espérance humaine et au grand étonnement de tous ceux qui étaient présents. Son père était de la noble famille des Sarrois, depuis appelée Segers, alliée aux maisons de Foix et de Cardone. Enfant pieux et studieux, fort dévôt à Vierge Marie, il était bouleversé par la misère physique et morale...

    Entré dans l'Ordre des Mercédaires[1], récemment fondé par Pierre Nolasque[2] pour venir en aide aux chrétiens tombés aux mains des musulmans, Raymond Nonnat fut chargé d'aller à Alger pour racheter ceux que les barbaresques avaient réduits à l'esclavage. Quand il n'eut plus d'argent, il se livra lui-même contre quelques captifs. D'abord traité durement, il obtint ensuite la permission de circuler pour encourager ses compagnons d'infortune et, comme il avait profité de cette relative liberté pour enseigner quelques musulmans qui se convertirent et qu'il baptisa, il aurait été condamné à être empalé si ceux qui lui servaient de caution n'étaient intervenu ; il fut fouetté dans les rues, puis on lui perça les lèvres avec un fer rouge pour y placer un cadenas dont le gouverneur avait la clef.

    Saint Pierre Nolasque finit par rassembler la rançon de Raymond qui, bien qu'il eût voulu rester pour soulager les esclaves chrétiens, obéit à l'ordre de rentrer en Espagne. Peu après, le pape Grégoire IX qui l'appela auprès de lui, le créa cardinal, au titre de Saint-Eustache, sans lui imposer de quitter l'habit de son Ordre. Raymond Nonnat mourut près de Barcelone, avant que d'avoir rejoint le Souverain Pontife. Dès que Raymond Nonnat fut entré dans la maison du comte de Cardone qui était à deux journées de Barcelone, il fut saisi d'une fièvre très-violente, accompagnée de convulsions et de tous les symptômes qui pouvaient être les marques d'une mort prochaine. Il voulut s'y disposer par les moyens ordinaires que l'Eglise présente à tous les fidèles. Mais les religieux de la Merci dépendaient du curé du lieu qui était absent ; il fallut l'attendre pour lui administrer les derniers Sacrements. Alors Raymond, qui craignait de mourir sans être muni du saint Viatique, éleva les yeux au ciel et pria Dieu de ne pas permettre qu'il fût privé de ce bien qu'il désirait avec tant d'ardeur, quoiqu'il s'en reconnût indigne ; et aussitôt il entra, par la porte de la salle où il était couché, en présence du comte, des religieux et de plusieurs autres personnes qui l'assistaient, une belle procession d'hommes inconnus, revêtus d'habits blancs, comme les religieux de la Merci, et tenant chacun un flambeau allumé à la main. Notre-Seigneur les suivait ayant un saint ciboire entre ses mains ; mais la lumière qu'il répandait était si grande, que tous ceux de l'assemblée en furent éblouis : de sorte que personne ne put voir ce qui se passa dans la suite d'une action si miraculeuse qui dura une bonne demi-heure ; après quoi la procession s'en retourna dans le même ordre qu'elle était venue, avec cette différence seulement, qu'en venant, les religieux n'avaient paru que depuis la porte de la chambre jusqu'autour du lit, et, au retour, ils prirent le chemin de la rivière qui arrose le pied du village, et la passèrent à pied sec, marchant sur les eaux comme sur la terre ferme, et disparurent ensuite. Le comte et tous les assistants, qui étaient sortis pour voir la fin de cette merveille, trouvèrent à leur retour le saint cardinal, les genoux en terre, les yeux baignés de larmes, le visage et les mains levés vers le ciel, et comme sortant d'un profond ravissement ; on lui demanda ce qui s'était passé ; mais il ne dit que ce mot de David : « Que le Dieu d'Israël est bon à ceux qui ont le cour droit et innocent[3] ! » Enfin, il avoua qu'il avait reçu le très-auguste Sacrement de nos autels. Ainsi, tous ses désirs étant accomplis, peu de temps après il rendit son esprit à son Créaleur, en prononçant ces paroles du Sauveur expirant sur la croix : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains. »

    Son visage, après sa mort, devint beau et éclatant comme celui de Moïse, quand il descendit de la montagne où il venait de parler avec Dieu ; et, bien que la chaleur de la saison fùt extrême, et qu'elle fût encore augmentée par le grand concours du peuple qui venait de tous côtés, pour honorer ses précieuses dépouilles, son corps néanmoins ne donna jamais aucune marque de corruption ; il répandait au contraire, par toute la salle, une odeur plus suave que le baume et que les parfums les plus précieux, et il se fit même beaucoup de guérisons surnaturelles, en faveur de ceux que la piété y avait amenés et qui avaient le bonheur de le toucher. Cependant il fallut penser au lieu où l'on mettrait en dépôt un si précieux trésor, et il s'éleva à ce sujet un nouveau ditférend entre le comte de Cardonne qui le voulait retenir, et les religieux de la Merci, qui le voulaient emmener dans leur couvent. Pour apaiser leur contestation, on convint que le saint corps serait mis dans une châsse et ensuite chargé sur une mule aveugle qui ne serait guidée que par son propre instinct, et que le lieu où elle s'arrêterait serait choisi pour cette sépulture. Cet accord fut fidèlement exécuté : car la mule, ayant marché quelque temps, alla s'arrêter enfin proche de l'ermitage de Saint-Nicolas où le serviteur de Dieu avait vu naître sa dévotion envers la sainte Vierge et où cette bonne Mère lui avait fait goûter ses faveurs. Jamais il ne fut possible de faire aller plus avant cette bête : elle fit trois fois le tour de l'ermitage, et ensuite elle tomba morte à la porte de la chapelle.


    [1] Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.

    [2] Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d'Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l'ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d'Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l'exemple de sa piété et de sa charité.

    [3] Psaume LXI 1.

    La suite ICI : http://missel.free.fr/Sanctoral/08/31.php

  • Miserere mihi Domine; introit du 22ème dimanche du temps ordinaire

    IMPRIMER

    Introitus

    Miserere mihi Domine,
    quoniam ad te clamavi tota die :
    quia tu Domine suavis ac mitis es,
    et copiosus in misericordia
    omnibus invocantibus te.
     
    Ayez pitié de moi, Seigneur,
    car j’ai lancé vers vous mon appel tout au long du jour :
    car vous, Seigneur, vous êtes doux et bon :
    et abondant en miséricorde
    pour tous ceux qui vous invoquent.
    Ps.  1

    Inclina, Domine, aurem tuam,
    et exaudi me :
    quoniam inops, et pauper sum ego.

    Inclinez l’oreille, Seigneur,
    et exaucez-moi :
    car livré à moi-même, je suis sans ressource et malheureux.

  • Avons-nous banni Dieu ? (22ème dimanche du temps ordinaire)

    IMPRIMER

    En lien avec l'évangile de ce dimanche, l'abbé Gérald Chaput propose cette réflexion sur le site du diocèse de ValleyField  (archive 2011)

    Année A: Dimanche de la 22e semaine ordinaire (litao22d.11) - Matthieu 16, 21-27

    "Qu'est-ce qui est prodigieusement stimulant dans ce texte qui parle de renoncement? Si nous recevons les textes de ce jour avec des yeux tout axés sur une vie facile, la bonne nouvelle de l'Évangile en est plutôt déroutante. Beaucoup ont l'impression qu'adhérer à Jésus, c'est s'inscrire dans un mouvement de vie austère : elle est dure, cette parole! Qui peut l'écouter ? (Jn 6, 60)  

    Pourtant Jésus propose à Pierre qui vient de le reconnaître comme Fils de Dieu, un avenir assuré, une vie réussie, s'il contribue avec son aide, à mettre le monde sens dessus dessous. À ceux qui le reconnaissent et le suivent sur son chemin, Jésus offre un défi époustouflant : remettre le monde à l'endroit. Nos  vies aussi.

    Dans les mots de Paul, Jésus propose à ceux qui veulent faire partie de son équipe, de le suivre, de ne pas prendre pour modèle le monde présent mais de transformer, de renouveler leur façon de pensée (Rm 12, 1). Aux yeux de Jésus, le modèle de société de son temps, de tout temps, tourne autour d'une loi écrite pour les autres. Il y avait détournement vers la facilité. Vers le bas. Vous dites mais ne faites pas.

    Le projet de Jésus à ceux qui le reconnaissent comme Fils de Dieu, le Messie de Dieu, ouvre sur l'instauration d'un monde à l'envers de la manière de vivre de son temps. Dans les mots d'aujourd'hui, il propose un grand projet d'humanisation de l'humain, de l'humanité. De réussir l'humain à la mode de Dieu.

    Mais ce chemin si emballant soit-il, exige que nous abandonnions notre vie propre pour devenir participants de la nature divine (2 Pi 1, 4) Pour nous confier son Évangile, Dieu nous a mis a l'épreuve et continue à le faire (1 Th 2,3). Cette épreuve passe par une manière neuve de vivre qui comporte des exigences, certains diront de renoncement, d'autres d'accomplissement.

    Quand Jésus nous invite à renoncer à nous-mêmes, il ne nous demande pas de renoncer à ce qui est bon en nous, à ce que nous sommes. Image de Dieu, nous, humains, sommes fondamentalement bons, très bons. Dieu vit que cela était bon (Gn).  Pour le suivre, il nous demande de renoncer à ce que nous sommes devenus. À ce que nous avons fait de nous-mêmes par un mauvais usage de notre liberté. Nous avons superposé à notre beauté originelle des comportements moins qu'humains. Déclarer tu es le fils de Dieu, c'est renoncer à vivre entre nous d'une manière non humaine. Pierre a trouvé ce chemin impossible. Il s'est fait traiter d'agir comme Satan. Ce n'est pas humain de nourrir vengeance et rancune, de ne voir que le mauvais dans l'autre, la paille, dit l'Évangile.

    Lire la suite

  • Incontournable, la Croix (22e dimanche du temps ordinaire)

    IMPRIMER
    Du Frère Pavel Syssoev o.p. (Dominicains de Bordeaux)
    Qu’il prenne sa croix et me suive…
    Incontournable, la Croix. Pas d’autre voie pour suivre le Christ. « Tu es le Messie ». Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne. Et, pour la première fois, il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup… Jésus disait cela ouvertement. Ma royauté, je vous défends d’en parler pour instant, mais la Croix, la Croix – parlons-en. Pierre lui barre le passage. Que cela ne t’advienne pas, Seigneur ! Que cela ne nous advienne ! Un cœur généreux, magnanime. Son Maître ne doit pas souffrir. Nous ne devons pas souffrir, car Pierre entrevoit avec justesse que si le Christ établit son Règne par sa mort sur une croix, nous ne pourrons pas y accéder autrement. La réponse de Jésus, nette et tranchée : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».
    A quoi le Christ reconnait-il la marque de Satan ? Au goût de la possession et de la volonté propre. Tout selon mon désir, tout selon ma mesure. La royauté et la loi, l’ordre que j’impose aux éléments, au monde, à mon prochain - tout me sera soumis. Je m’appartiens ! Le monde m’appartient ! Il n’y a pas de place pour la Croix ici. Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.
    Le Christ, lui, ne cherche pas à être comme Dieu. Lui, étant de condition divine, se dépouille avec une générosité sans réserve jusqu’à déposer sa vie. Non pas volonté, mais la tienne ! Par amour du Père, par amour pour nous, il se perd, certes, mais c’est ainsi qu’il nous sauve.
    Celui qui m’aime, qu’il me suive ! Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Il y a quelque chose de vertigineux dans ce « si quelqu’un veut ». Si tu veux être avec moi. Si seulement tu veux marcher à ma suite. Si tu veux être là, où je suis, alors renonce à toi-même. Le prince de ce monde s’impose. Dieu se propose. La toute-puissance de Dieu suscite la liberté de l’homme, la tyrannie usurpatoire du démon le réduit en esclavage.
    Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… C’est à tous que le Christ s’adresse. Aux apôtres, aux disciples, à la foule, et à travers les âges à la multitude que nul ne peut dénombrer. Le salut, et donc la Croix, est pour tous ; non pas pour quelques élus, quelques génies mystiques, mais pour toute âme, car tout toute âme est rachetée par la Croix. Toute existence chrétienne est marquée par la Croix, nulle n’en est privée. Inutile de la chercher, elle s’impose par elle-même. Paradoxalement, la recherche des exploits extraordinaires peut devenir pour nous une fuite de notre croix bien réelle, bien proche, toute banale, et précisément pour cela insupportable. Qu’il prenne sa croix. La sienne propre, l’unique. L’enfant malade, le conjoint difficile à porter, la prière aride, la Cité qui sombre dans la barbarie… Tout proche, tout banal. Ce divin quotidien qui seul peut forger en nous la vie divine.
    Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même… Celui qui veut sauver sa vie la perdra. Que signifie ici sauver sa vie et donc la perdre ? Refuser tout renoncement, s’obstiner à imposer la volonté propre coute que coute à tout ce qui nous entoure. Dicter sa propre loi sans tenir compte de Dieu, du monde, du prochain – voilà le chemin le plus simple pour transformer sa vie et la vie de ses proches en enfer.
    Celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Evangile la sauvera. Il ne suffit pas de perdre sa vie, pour la sauver. Faut-il encore la perdre pour le Christ, et non pas pour un Christ imaginaire, mais pour son Evangile. Il y a dans l’Evangile des choses qui ne sont pas à notre goût, tout comme la Croix répugne à Pierre. N’est-ce pas précisément cela, la conversion : conformer ses pensées à celles de Dieu et non pas réduire la pensée de Dieu à notre bon plaisir ? Une Croix bien lourde. Une Croix salutaire.
    Incontournable, la Croix. Elle semble obstruer la route vers le bonheur. Comment croire qu’elle est la voie de béatitude ?

    Parce que – notre cœur le sait bien - elle seule est digne de confiance. La Croix seule rend l’Evangile crédible. Pourquoi crois-tu cet homme ? Parce qu’il m’a aimé et s’est livré pour moi. Nul autre ne l’a fait. En lui seul je peux mettre toute ma confiance. Mais attention ! Une fois cette confiance accordée, elle bouleversera toute ma vie. Elle devra s’inscrire dans la multitude d’œuvres, d’actes concrets et simples où la volonté de Dieu passera avant la mienne propre. C’est cela, prendre sa croix jour après jour : sans cesse préférer l’amour de Dieu à ses convoitises. Serait-ce dur et pénible ? Il y a du tragique dans toute vie chrétienne, mais le cœur amoureux cherche à suivre celui qu’il aime, il n’est pas là pour marchander le prix. Comme le disait S. Augustin, celui qui aime comprendra ce que je dis. Suivons le Christ, et lui seul. Dans cette suite, la Croix nous séparera de tout ce qui n’est pas lui. Mais surtout elle nous unira à lui comme rien d’autre. 

    fr. Pavel Syssoev, op

  • Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire : le langage de la Croix

    IMPRIMER

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,21-27.

    En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. 
    Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » 
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » 
    Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. 
    Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. 
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? 
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

    LE LANGAGE DE LA CROIX Homélie pour le 22e dimanche du T.O. | fr. Dominique Joseph 

  • "Les chrétiens sont le poil à gratter du monde..."

    IMPRIMER

    Du site de l'archidiocèse de Paris :

    Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe à Saint-Germain l’Auxerrois (Paris 1er)

    Dimanche 30 août 2020

    22e dimanche ordinaire - Année A

    - Jr 20, 7-9 ; Ps 62,2-6.8-9 ; Rm 12,21-27 ; Mt 16,21-27

    Il est difficile d’être chrétien. On nous traite souvent de ringards, de gens dépassés, hors de leur temps parce que nous sommes en décalage avec le monde. De fait, si nous regardons l’histoire, nous avons toujours été en décalage avec le monde.

    Au-delà de la versatilité de l’opinion toujours fluctuante de la majorité, le christianisme s’appuie seulement sur l’évangile, se réfère en permanence au Christ. Le Christ n’est pas une opinion. Le Christ est une personne, une personne divine au-delà du temps et de l’espace. Voilà pourquoi les chrétiens ne peuvent pas être des moutons de Panurge. Ils sont des hommes et des femmes libres.

    Je dirais même que les chrétiens sont le poil à gratter du monde. Ce qu’on appelle en d’autres temps des prophètes, ce que nous sommes vraiment par notre baptême par lequel nous avons été institués prêtres, prophètes et rois.

    Est-ce que cela nous amuse d’être souvent à contre-courant ? Non, car nous ne sommes pas des provocateurs comme certains. A l’instar de Jérémie, nous souffrons de voir nos frères humains s’éloigner de l’évangile du Christ.

    Jérémie nous dit : « Tout le monde se moque de moi ». Mais il explique pourquoi il persiste dans son rôle prophète : « Tu m’as séduit Seigneur et j’ai été séduit. La Parole du Seigneur était comme un feu brûlant dans mon cœur » (Jr 20,7.9).

    C’est donc au nom de cet amour du Seigneur, au nom de notre amour du Christ que nous sommes en décalage.

    Sommes-nous encore chrétiens ? Pour cela il faut répondre à cette interrogation : dis-moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es. Il y a un choix et c’est un choix d’amour. Comme le dit saint Augustin : « La grande affaire de la vie doit être de bien choisir ce que l’on doit aimer ».

    Aimer Jésus, c’est l’écouter nous dire comme à ses disciples dans cet évangile : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

    Aimer, c’est renoncer à soi-même par amour.

    Le temps est venu, je crois, de savoir si nous aimons vraiment Jésus jusqu’au bout, au point d’entrer dans la volonté de Dieu pour changer le monde en commençant par se changer soi-même.

    + Michel Aupetit, archevêque de Paris.

  • Quand Dieu vient dans un monde où le mal a pris ses aises (homélie pour le 22e dimanche du T.O.)

    IMPRIMER

    Si nous cherchons dans les Écritures de la littérature souriante, aujourd’hui n’est pas le bon jour. Mais ces lectures inquiétantes nous apportent finalement une grande lumière et une grande motivation. Dans le combat que Jérémie doit mener (Jr 20,7-9) ou celui que Jésus annonce (Mt 16, 21-27), nous découvrons ce qui se passe quand Dieu vient dans un monde où le mal a pris ses aises, et quand il embauche des hommes dans cette lutte — car par amour il ne veut pas nous laisser en simples spectateurs alors que nos cœurs, notre volonté sont impliqués.

    Pour comprendre l’enjeu, il nous faut d’abord nous poser la question de la nature du mal. Le mal n’est pas un phénomène abstrait, une saleté déposée sur le monde par on ne sait qui. Il est la production d’un cœur. Un cœur fait pour aimer et qui dit : je ne veux pas ! Ce que je veux c’est utiliser, exploiter, tirer à mon avantage, dominer, manipuler, mais je ne veux pas aimer, je ne veux pas servir, je ne veux pas me donner, je ne veux pas écouter. Cette attitude a été inaugurée par celui qu’on appelle diable ou satan, ange merveilleux qui se dresse contre Dieu et tout ce qui lui est cher. Ensuite, nous avons écouté ses insinuations, nous avons choisi nous aussi de prendre ce chemin. Tout cela est devenu l’esprit du monde, d’un monde de mort, c’est-à-dire d’un monde qui a tourné le dos à Celui qui est la source de la vie.

    Quand vient le Fils de Dieu, Celui qui est amour, qui ne veut que la volonté du Père, qui trouve sa gloire à servir l’humanité, à relever le faible, à honorer les petits, il ne peut qu’y avoir un clash avec le monde. Bien plus qu’un clash, un différent retentissant pour un moment… Il s’agit d’un affrontement terrible, la plus grande guerre qui aura jamais lieu dans l’humanité, et qui résume toutes les guerres : le combat de Gethsémani (Mt 26, 36-44), anticipé par tant d’épreuves intérieures du Fils de Dieu.

    Et c’est lui qu gagnera. La croix est le signe de sa victoire. C’est pourquoi elle nous est si chère. Le mal a été défait. Il n’aura pas le dernier mot. Celui qui met sa foi dans le Christ sait où il va : la vie éternelle.

    Nous aimerions tant que le chemin vers la lumière s’ouvre autrement, dans la facilité, dans un humanisme doux, rayonnant, solaire : croître vers la lumière en marchant de petits bonheurs en petits bonheurs. On entend cela souvent. C’est une grave illusion de faire croire que la vie peut se passer ainsi alors que l’humanité est prise dans un tel drame, en butte à la détestation du diable envers tout ce qui est authentiquement humain… une attitude qui engendre tant d’exploitation et de mépris, qui cause la mort intérieure ou extérieure de tant d’innocents !

    Le Christ nous offre de ne pas rester indifférents à tout cela. Si nous ne voulons pas passer à côté de notre vie, si nous voulons être présents à la grande réalité du monde, il n’y a qu’un chemin, celui qu’il donne : renoncer à nous-mêmes, prendre notre croix et suivre le Christ (Mt 16,24). Ce n’est pas triste. C’est grand, c’est fort. Il y a là la grande réponse à la question du sens de notre vie et du salut de l’humanité : « je donnerai ma vie à ta suite, toi notre Sauveur ! » Que chacun de nous, selon l’étape de sa vie, se demande : comment vais-je donner ma vie au Seigneur ? Comment vais-je faire de lui le centre de ma vie ? Ainsi vous serez heureux, votre cœur débordera d’amour, vous éprouverez une grande reconnaissance pour votre propre vie : vous serez vivants !

  • Le Nouveau Testament : l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés

    IMPRIMER

    Les plus anciens manuscrits du Nouveau Testament

    Nous le savons tous : aucun original de la Bible n’a survécu. Ce que nous possédons, ce sont uniquement des copies. Pour le Nouveau Testament, ces copies sont particulièrement nombreuses et, pour certaines d’entre elles, remarquablement anciennes. De quand datent les plus anciens manuscrits ? Voici un panorama plus complet et nuancé.

    Les tout premiers témoins ne sont pas de grands livres reliés, mais de petits fragments de papyrus, découverts principalement en Égypte. Leur datation repose exclusivement sur la paléographie (l’étude comparative des écritures). Il s’agit donc de fourchettes approximatives, parfois discutées par les spécialistes, et non de dates précises.

    Le plus célèbre, et généralement considéré comme le plus ancien, est le Papyrus 52 (ou Papyrus Rylands). C’est un minuscule fragment de la taille d’une carte de crédit, contenant quelques versets du chapitre 18 de l’Évangile selon Jean (18,31-33 et 37-38). On l’a longtemps daté vers l’an 125. Des études plus récentes élargissent prudemment la fourchette à environ 125-175, voire un peu plus tard. Même avec cette nuance, il reste l’un des plus anciens, sinon le plus ancien fragment connu du Nouveau Testament.

    Un peu plus tardif, le Papyrus 90, daté de la fin du IIe siècle (environ 150-200), contient également des portions de l’Évangile selon Jean (18,36-19,7). Contrairement à ce que l’on peut parfois lire, il ne comporte pas de texte de Matthieu.

    Vers l’an 200 apparaissent des manuscrits nettement plus substantiels. Le Papyrus 46 (Chester Beatty II) est un codex qui contenait originellement une grande partie des épîtres de saint Paul ainsi que l’Épître aux Hébreux. Il nous en reste environ 86 feuillets, avec de larges portions de Romains, des deux Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens et Hébreux. Sa datation se situe autour de 200 (souvent 175-225).

    À la même époque, le Papyrus 66 (Bodmer II) offre une large portion de l’Évangile selon Jean : presque complet jusqu’au chapitre 14, puis des passages jusqu’au chapitre 21. On le date généralement du début du IIIe siècle, avec une fourchette allant de 150 à 250.

    D’autres papyri importants complètent ce tableau. Le Papyrus 104 (IIe siècle) conserve un fragment de Matthieu. Le Papyrus 45 (début-milieu du IIIe siècle) contient des portions des quatre Évangiles et des Actes. Le Papyrus 75 (début du IIIe siècle) offre de larges extraits de Luc et de Jean, et se révèle très proche textuellement du célèbre Codex Vaticanus.

    Malgré la richesse de ces fragments, il faut attendre le IVe siècle pour disposer de manuscrits presque complets du Nouveau Testament. Après la légalisation du christianisme par Constantin (édit de Milan, 313), les chrétiens ont pu faire copier de grands codex sur parchemin. Deux d’entre eux se distinguent particulièrement :

    • Le Codex Vaticanus, daté d’environ 325-350, contient presque tout le Nouveau Testament (il manque la fin d’Hébreux, les épîtres pastorales, Philémon et l’Apocalypse).
    • Le Codex Sinaiticus, daté d’environ 330-360, est le plus ancien manuscrit connu contenant l’intégralité du Nouveau Testament. Il renferme également une grande partie de l’Ancien Testament (version grecque de la Septante), ainsi que l’Épître de Barnabas et le Pasteur d’Hermas.

    Trois cent cinquante ans après les événements rapportés dans le Nouveau Testament, c’est à la fois court et long. Court, si l’on compare avec les œuvres des philosophes ou des historiens de l’Antiquité : pour Platon, Aristote ou la Guerre des Gaules de César, les plus anciennes copies complètes datent souvent de huit cents à quatorze cents ans après la rédaction originale. Long, si l’on imagine que le plus ancien récit des apparitions de la Vierge à Beauraing (1932-1933) ne daterait que de 2280 ou 2300.

    Parallèlement à la transmission des textes, la question du canon se pose : quels livres font autorité ? La première liste qui correspond exactement aux vingt-sept livres du Nouveau Testament tel que nous le connaissons apparaît en 367, dans la 39e lettre festale de saint Athanase d’Alexandrie. Cette liste est ensuite confirmée au concile de Rome de 382 sous le pape Damase Ier, puis aux conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397 et 419). Ce n’est toutefois qu’au concile de Trente, en 1546, que l’Église catholique a solennellement défini ce canon (Ancien et Nouveau Testament) comme un dogme, en réaction aux contestations de la Réforme.

    Aujourd’hui, on dénombre plus de 140 papyri du Nouveau Testament, dont une soixantaine antérieurs à l’an 300, et plus de 5 800 manuscrits grecs au total. Cette abondance exceptionnelle, combinée à la relative proximité chronologique des plus anciens témoins, fait du Nouveau Testament l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés.

    (avec l'IA)

  • Décollation de saint Jean-Baptiste (29 août)

    IMPRIMER

    decapitationdesaintjeanbaptiste.jpg

    Décollation de saint Jean-Baptiste par le Caravage (Malte - La Valette - Musée de Saint-Jean)

    "Saint Jean-Baptiste, inspiré par l'Esprit de Dieu, se retira au désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé. Il y vécut, depuis son enfance jusqu'à trente ans, dans la pénitence, la prière et la contemplation. Sa trentième année, il parut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d'où lui est venu le nom de Baptiste ou Baptiseur. Déjà le Sauveur Lui-même avait reçu le baptême des mains de Jean-Baptiste, et celui-ci avait rendu à l'Agneau de Dieu les plus glorieux témoignages.

    Lire la suite

  • 29 août : mémoire du martyre de saint Jean Baptiste

    IMPRIMER

    De_collation_De_Saint_Jean_Baptiste.jpgLe 29 août 2012, le pape Benoît XVI consacrait sa catéchèse au Précurseur :

    Chers frères et sœurs,

    En ce dernier mercredi du mois d’août, nous fêtons la mémoire liturgique du martyre de saint Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus. Dans le calendrier romain, il est l’unique saint dont on célèbre et la naissance, le 24 juin, et la mort venue par le martyre. La fête de ce jour est une mémoire qui remonte à la dédicace d’une crypte de Sébaste, en Samarie, où l’on vénère la tête du saint depuis la moitié du IVème siècle. Ce culte s’est ensuite étendu jusqu’à Jérusalem, dans les Eglises d’orient et à Rome, sous le titre de « Décollation de saint Jean-Baptiste ». Dans le martyrologe romain, on fait allusion à une seconde découverte de la précieuse relique transportée, pour l’occasion, dans l’église de Saint-Silvestre à Campo Marzio, à Rome.

    Ces quelques repères historiques nous aident à comprendre à quel point la vénération de saint Jean-Baptiste est ancienne et profonde. Dans les évangiles, son rôle par rapport à Jésus apparaît très nettement. Saint Luc, en particulier, raconte sa naissance, sa vie dans le désert, sa prédication, et saint Marc nous parle de sa mort dramatique dans l’Evangile d’aujourd’hui. Jean-Baptiste initie sa prédication sous l’empereur Tibère, en 27-28 après Jésus-Christ, et l’invitation très claire qu’il adresse à la foule accourue pour l’écouter est de préparer le chemin pour accueillir le Seigneur, de rendre droits les sentiers tordus de sa propre vie à travers une conversion du cœur radicale (cf. Luc 3, 4). Pourtant le Baptiste ne se limite pas à prêcher la pénitence et la conversion mais, en reconnaissant que Jésus est « l’Agneau de Dieu » venu pour enlever le péché du monde (Jean 1, 29), il a la profonde humilité de montrer en Jésus le véritable Envoyé de Dieu, en se mettant de côté pour que le Christ puisse grandir, être écouté et suivi. Dans un acte ultime, le Baptiste témoigne par son sang de sa fidélité aux commandements de Dieu, sans céder ni reculer, en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Dans ses homélies, saint Bède, moine du IXème siècle, dit ceci : Saint Jean a donné sa vie pour [le Christ], même si on ne lui a pas ordonné de renier Jésus Christ, on lui a ordonné de taire la vérité (cf. Homélies 23 : CCL 122, 354). Et il n’a pas tu la vérité et c’est ainsi qu’il est mort pour le Christ qui est la Vérité. C’est justement par amour de la vérité qu’il ne s’est pas abaissé en se compromettant et qu’il n’a pas eu peur d’adresser des paroles fortes à celui qui s’était éloigné des voies de Dieu.

    Lire la suite

  • La foi religieuse est-elle folie ou sagesse ?

    IMPRIMER

    De  sur le Catholic Thing :

    La foi religieuse est-elle folie ou sagesse ?

    Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?   Pourquoi ce quelque chose possède-t-il l’extraordinaire capacité d’évoluer en cet univers complexe et pourtant ordonné que nous contemplons, un univers si ordonné que la prévisibilité et la science sont possibles ?   Pourquoi même les cellules vivantes les plus simples contiennent-elles une information génétique analogue à des codes informatiques complexes ?

    Ce ne sont pas des questions dénuées de sens. Il n'est pas évident non plus que la seule réponse intelligente à ces questions soit un simple coup de dés. Ou que ce soit ainsi que les choses soient.   Dans tous les domaines de l'activité humaine, nous cherchons des raisons et des causes pour expliquer l'état des choses.   Il est difficile de comprendre pourquoi l'hypothèse sous-jacente à toutes ces réalités extraordinaires ferait passer pour des imbéciles ceux qui la proposent.

    Des slogans philosophiques du genre « L’athéisme est un mythe compris » ou « La religion empêche de penser clairement » ou des références à des « monstres en spaghetti volants » peuvent être amusants, mais ils ne sauraient certainement pas être considérés comme des réflexions intellectuelles profondes.

    Après une vie consacrée à l'érudition et à l'athéisme, le philosophe anglais Anthony Flew en est venu à considérer l'existence de Dieu comme une explication convaincante du réglage fin apparemment miraculeux de l'univers à son origine.

    Alex O'Connor, un podcasteur en ligne contemporain, toujours réfléchi et courtois, bien que toujours incroyant, concède que les démonstrations de Thomas d'Aquin concernant l'existence de Dieu et les preuves de la résurrection du Christ sont beaucoup plus convaincantes qu'il ne le pensait auparavant, et certainement pas à rejeter comme les élucubrations de fous.

    Je me demande souvent comment les athées les plus fervents, si prompts à rejeter la croyance en Dieu et enclins à confondre la foi avec la stupidité ou la superficialité, expliquent des personnalités comme le regretté Père Stanley Jaki, docteur en théologie et en physique, qui parlait sept langues.   Les génies croyants comme Jaki ne sont peut-être pas légion, mais ils sont loin d'être rares et laissent penser que le manque d'intelligence ne saurait constituer une explication valable de la croyance religieuse.

    On ne peut pas non plus rejeter l'idée que la foi en Dieu ne serait qu'une béquille pour les faibles et ceux qui seraient incapables d'affronter les rigueurs de la vie ; vous savez, des gens comme saint Jean-Paul II et Mère Teresa de Calcutta – l'un ayant contribué à la chute de l'empire soviétique, l'autre vivant parmi les plus pauvres des pauvres dans les bidonvilles de l'Inde. De pitoyables faibles, nous demande-t-on, incapables de rivaliser avec les courageux, brillants et robustes athées qui enseignent dans nos universités ou travaillent dans les médias ou à Hollywood.

    Des croyants loin d'être pathétiques : Mère Teresa et Jean-Paul II, 1986 [Source : Ambassade des États-Unis auprès du Saint-Siège]

    Bien sûr, il est vrai que beaucoup de croyants sont des personnes simples, sans diplômes universitaires, et que beaucoup d'autres ont besoin de leur foi pour traverser les épreuves de la vie.   Dans le film « Potins de femmes », il y a une scène poignante où le personnage de Daryl Hannah dit précisément cela à Sally Field, dévastée par la mort de sa fille.   Leur échange ne minimise en rien la tragédie de ce décès. Mais pour faire face à la vie, Field a besoin de croire que Dieu est souverain et qu'après la mort, il y a une vie après la mort.

    Je suis prêtre catholique depuis cinquante ans et j'ai été confronté à des tragédies insoutenables, notamment les funérailles d'une femme et de ses deux nièces, tuées dans un accident de voiture dont elles n'étaient pas responsables. La mère des deux filles avait récemment divorcé.   Elles étaient ses seules enfants. Je conserve encore le ciboire, ce petit récipient en métal servant à apporter la communion aux malades, que cette mère m'a offert, gravé des noms de ses filles qu'elle considérait comme les anges de Dieu. Admettons-le, la foi de cette femme était alors un véritable soutien. J'ai officié à ses funérailles des années plus tard, et je sais qu'elle ne s'en est jamais remise après la perte tragique de ses deux filles adolescentes.   Pourtant, elle a tenu bon jusqu'à la fin, animée par la foi, l'espoir et l'amour. Aurait-elle été plus heureuse sans tout cela ? J'ai connu des centaines, peut-être des milliers de personnes comme elle, confrontées à des chagrins indicibles, certaines à peine capables de s'en sortir, d'autres incroyablement fortes malgré la tragédie, et toutes en grande partie grâce à leur foi.

    Voici donc une question pour tous ceux qui ne croient pas mais ne peuvent savoir qu'il n'y a pas de Dieu : quel genre de personne s'amuse à faire tomber les béquilles de ceux qui ne tiennent debout que grâce à elles ? Et quelle alternative proposez-vous ?

    Vous voulez changer de sujet et parler de fanatiques religieux et de l'histoire des guerres de religion ? La guerre a été une constante tout au long de l'histoire, jusqu'à nos jours. Et récemment, les plus grandes guerres, persécutions et massacres de tous les temps ont été initiés et perpétrés par des régimes athées.

    Existe-t-il de mauvaises personnes religieuses ? Bien sûr. Voire même de mauvaises religions, mais c’est un autre sujet. Cependant, la religion qui enseigne que Dieu est amour ; que tous ceux qui demeurent dans l’amour demeurent en Dieu et Dieu en eux ; qui nous commande d’aimer Dieu et notre prochain avec le plus grand désintéressement et le plus grand sacrifice possibles ; qui affirme que Dieu est Créateur, Rédempteur et Sanctificateur ; et qu’il nous a créés à son image et à sa ressemblance, non pas pour nous voir sombrer dans l’oubli au bout d’une courte vie, mais pour vivre éternellement avec lui dans un autre monde – cette religion n’est ni stupide, ni anti-intellectuelle, ni un simple artifice.

    Les croyants peuvent justifier leur croyance, sans pour autant convaincre tout le monde, mais sans pour autant tomber dans la folie. La folie, en revanche, réside chez ceux qui, incapables d'admettre l'inexistence de Dieu et opposant le désespoir absolu à la foi, persistent à railler les croyants, à les déstabiliser et à prétendre que si seulement chacun était un athée convaincu comme eux, le monde serait meilleur. Tant qu'il y aura des gens comme ça, je continuerai à me sentir très intelligent, et si je me trompe, il y aura toujours beaucoup de gens qui seront contents d'avoir des imbéciles comme moi pour les accompagner dans leur voyage à travers la vie.

  • Où le catholicisme résiste-t-il le mieux en Belgique ?

    IMPRIMER

    Avec l'IA :

    En Flandre (surtout dans certaines zones rurales ou provinciales comme le Limbourg/Hasselt ou historiquement la Campine et le sud des Flandres), le catholicisme a longtemps mieux « résisté » en termes de pratique et d’ancrage institutionnel, mais la situation s’est largement égalisée et la sécularisation est forte partout.

    Données historiques et pratiques

    Les statistiques plus anciennes (années 1980-2000) montraient clairement une pratique plus élevée en Flandre :

    • Pratique dominicale : autour de 14-32 % en Flandre contre 7-21 % en Wallonie (et encore moins à Bruxelles).
    • Baptêmes, mariages religieux et funérailles : systématiquement plus élevés au nord (ex. baptêmes ~68 % en Flandre vs ~54 % en Wallonie vers 2006 ; funérailles ~70 % vs ~50 %).

    Des zones flamandes comme le Limbourg, la Campine anversoise ou certaines parties de la Flandre occidentale/occidentale avaient des taux encore plus élevés (parfois 80 % ou plus dans le passé). L’Église y restait mieux intégrée dans le tissu social (écoles, hôpitaux, mutualités, etc.). En Wallonie, la sécularisation a commencé plus tôt, liée à l’industrialisation et à l’influence socialiste/libérale.

    Situation récente (années 2020)

    La baisse est généralisée : pratique dominicale nationale autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire (environ 173 000 fidèles en 2024, en légère hausse), avec ~50 % d’auto-identification catholique (ou un peu moins selon les sondages).

    • Identification : Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne ~45 % en Wallonie, ~42 % en Flandre et ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations officielles de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
    • Pratique effective : Très basse partout. Les écarts régionaux se sont réduits. Bruxelles bénéficie parfois d’une présence étrangère/immigrée plus dynamique. Les baptêmes d’adultes progressent davantage côté francophone/wallon récemment, signe d’un catholicisme plus « de conviction » qu’institutionnel.
    • Institutions : L’empreinte catholique reste plus forte en Flandre (écoles, hôpitaux : ~75 % des lits hospitaliers vs ~42 % en Wallonie).

    Les diocèses flamands (Bruges, Gand, Anvers, Hasselt) affichent encore des pourcentages de catholiques nominaux élevés dans les statistiques ecclésiastiques anciennes, mais la pratique réelle a chuté partout de façon drastique depuis les années 1960-70.

    En résumé

    Le catholicisme « résiste » le mieux (relativement) en Flandre, particulièrement dans des provinces comme le Limbourg ou des zones rurales/traditionnelles, grâce à un héritage plus durable et à un réseau institutionnel plus dense. Cependant, la sécularisation a largement nivelé les différences : la pratique hebdomadaire est devenue marginale dans tout le pays, et l’auto-identification reste comparable (voire parfois légèrement plus élevée en Wallonie selon certains sondages récents). Bruxelles est le plus sécularisé/pluraliste. Les tendances actuelles montrent plutôt un passage d’un catholicisme culturel/social à un catholicisme de choix personnel, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, baptêmes d’adultes).

    Mais, aujourd'hui, le catholicisme résisterait-il mieux en Wallonie qu'en Flandre ? 

    Non, pas clairement : le catholicisme ne « résiste » pas mieux en Wallonie qu’en Flandre de manière globale aujourd’hui. Les écarts se sont fortement réduits, et la situation dépend des indicateurs. La sécularisation reste massive partout, avec une pratique très faible (autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire).

    Identification et pratique

    • Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne une auto-identification légèrement plus élevée en Wallonie (~45 %) qu’en Flandre (~42 %), contre ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
    • La pratique effective (messe régulière) est très basse dans les deux régions. Les données nationales ne montrent pas d’avantage net wallon ; historiquement, la Flandre était plus pratiquante, et les écarts se sont largement nivelés.
    • Les « débaptisations » (radiations des registres) ont été massives en Flandre après des scandales d’abus (ex. documentaire Godvergeten), avec 98 % des demandes en 2023 provenant de Flandre et de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Cela pèse sur les chiffres flamands.

    Baptêmes d’adultes : un avantage wallon net

    C’est l’indicateur le plus clair d’un dynamisme relatif côté francophone :

    • En 2024 : environ 173 en Wallonie (diocèses de Liège, Namur, Tournai + Brabant wallon) contre ~68 en Flandre pure, plus une part à Bruxelles.
    • En 2025 : ~255 en Wallonie vs ~108 en Flandre (sur 536 au total).
    • En 2026 (prévisions) : encore plus élevé, avec Tournai et Liège particulièrement dynamiques, et Bruxelles aussi fort.

    Cela reflète un passage plus marqué vers un catholicisme de conviction (choix personnel) en Wallonie, où la sécularisation a commencé plus tôt. En Flandre, les baptêmes d’enfants restent proportionnellement un peu plus présents dans certaines zones rurales, donc moins de « nouveaux » adultes.

    Institutions et héritage

    • La Flandre conserve un ancrage institutionnel plus fort (écoles catholiques très présentes, hôpitaux ~75 % des lits vs ~42 % en Wallonie, pèlerinages comme Scherpenheuvel qui attire le plus de fidèles).
    • Les sanctuaires mariaux wallons (Banneux, Beauraing) restent importants, mais le plus fréquenté est flamand.

    Conclusion

    Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le catholicisme résiste mieux en Wallonie. L’identification est comparable (légèrement favorable à la Wallonie dans certains sondages), la pratique ordinaire est faible partout, et l’héritage institutionnel reste plus dense en Flandre. En revanche, la Wallonie (et Bruxelles) montre un regain relatif via les baptêmes d’adultes et un catholicisme plus « choisi » que culturel. La tendance générale reste celle d’un déclin de la pratique institutionnelle dans tout le pays, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, catéchuménat).