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Foi

  • Dans les coulisses du consistoire : comment les cardinaux ont perçu la première réunion de Léon XIV

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    11 janvier 2026

    Dans les coulisses du consistoire : comment les cardinaux ont perçu la première réunion de Léon XIV

    À la suite du consistoire extraordinaire inaugural du pape Léon XIV, qui s'est tenu les 7 et 8 janvier 2026, cet article exclusif présente une série de réflexions sincères et sans filtre des plus hauts prélats de l'Église. Au cours de la semaine dernière, The Catholic Herald a mené des entretiens approfondis avec plusieurs membres du Collège des cardinaux, certains s'exprimant officiellement et d'autres préférant rester anonymes, afin de révéler leurs pensées sincères, leurs idées et leurs points de vue sur les coulisses des débats. Ces témoignages offrent un aperçu rare de ce qui s'est passé et de ce qui pourrait encore se dérouler dans cette ère en pleine évolution du pontificat du pape Léon XIV.

    Ce qui a frappé au premier coup d'œil, c'est le nombre d'absences notables à cette réunion extraordinaire. Sur les quelque 245 membres du Collège des cardinaux, seuls 170 environ, soit environ 70 %, ont participé, malgré l'appel clair du pape à une large consultation sur la gouvernance de l'Église universelle. Parmi les absents figuraient plusieurs personnalités éminentes de tout le spectre ecclésial.

    Parmi les absents figuraient la voix libérale influente du cardinal Christoph Schönborn, archevêque émérite de Vienne, et le cardinal conservateur Willem Eijk, archevêque d'Utrecht. La distance et l'âge ont également joué un rôle évident dans d'autres absences, notamment celles de cardinaux provenant de régions éloignées, comme le cardinal Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo d'Indonésie, ainsi que de personnalités résidant à Rome, comme le cardinal Francis Arinze.

    Du côté de la presse, alors que les cardinaux commençaient à arriver pour l'ouverture du premier consistoire extraordinaire du pape Léon XIV le 7 janvier, ils se sont lentement infiltrés dans la salle Paul VI. Le cardinal Stephen Chow Sau-yan de Hong Kong a été le premier à s'inscrire et, s'adressant au Catholic Herald, le prélat jésuite chinois a exprimé sa joie d'être présent. « Je me sens bien pour le consistoire », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était « bon de revoir Sa Sainteté ».

    Plus tard, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, est arrivé de l'Augustinianum et s'est entretenu avec le Catholic Herald au sujet de l'ordre du jour. Il a fait remarquer qu'il pensait que « les sujets actuels sont assez modestes pour un jour et demi », en référence aux quatre options de discussion initiales.

    Le thème proposé de la liturgie a suscité un intérêt considérable parmi les cardinaux, et un consensus notable a commencé à émerger au sein du Collège, y compris parmi les membres non conservateurs, qui ont exprimé leur inquiétude croissante face aux abus liturgiques sous diverses formes.

    Le cardinal Pizzaballa a déclaré au Catholic Herald : « Ce sont des problèmes typiques des pays occidentaux. En général, nous [l'Église d'Orient] sommes tellement habitués à différents rites que nous ne voyons aucun problème [avec la messe tridentine]. » Si son point de vue sur la messe traditionnelle en latin a pu déstabiliser certains lecteurs conservateurs, lorsqu'il a été question de synodalité, il a ajouté : « La réforme n'est pas un langage de l'Église. »

    Son Éminence a poursuivi en expliquant : « Dans l'Église, il n'y a pas de réformes. Dans l'Église, nous devons réfléchir à notre mission, à notre vocation, en fonction de l'époque, mais en restant fidèles aux racines et à la mission de l'Église. »

    Alors que le cardinal Pizzaballa se rendait dans la salle Paul VI, le cardinal Frank Leo, archevêque métropolitain de Toronto, s'est arrêté pour s'entretenir avec le Catholic Herald. Au sujet des thèmes attendus du consistoire, il a déclaré : « Eh bien, vous savez, ce sont les thèmes généraux dont nous avons pris connaissance, auxquels nous nous sommes en quelque sorte préparés, mais j'espère que la transmission de la foi, de la foi catholique, l'évangélisation et le renouveau de la foi dans la vie de nos communautés seront au premier plan. »

    Concernant la messe traditionnelle en latin et la question de savoir si elle pourrait figurer à l'ordre du jour, le cardinal Leo a répondu : « Vous savez, nous ne connaissons pas tous les détails de ce dont nous allons discuter, donc peut-être que cela figurera à l'ordre du jour en tant que sous-catégorie. »

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  • Martyre et légitime défense : les deux chemins de la paix prônés par Léon XIV

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Martyre et légitime défense : les deux chemins de la paix prônés par Léon XIV

    Il n’est pas toujours évident de bien comprendre le pape Léon XIV lorsqu’il parle de paix. Dès sa première salutation après son élection, il l’a qualifiée de « désarmée et désarmante » — une formule à la fois poétique et exigeante, difficile à traduire en actes dans les nombreux conflits qui déchirent le monde.

    Mais il l’a aussi qualifiée de « sauvage », dans son message solennel « urbi et orbi » de Noël (photo ci-dessus), en citant le poète israélien Yehuda Amichai (1924 – 2000) dans son anthologie publiée aux États-Unis : « Qu’elle vienne comme les fleurs sauvages, à l’improviste, car le champ en a besoin : une paix sauvage. »

    « Amichai ne croit pas à la paix comme miracle », commente Sara Ferrari, spécialiste d’hébreu à l’Université de Milan. « La vraie paix ne naît pas de l’innocence, mais de la conscience d’être capable du mal. C’est un message profondément biblique. »

    Et Léon n’atténue pas la réalité d’un mal qui envahit la terre. Dans son homélie de Noël — jour où « le Verbe a établi parmi nous sa fragile tente » — il a
    poursuivi sans détour :

    « Et comment ne pas penser aux tentes de Gaza, exposées depuis des semaines à la pluie, au vent et au froid, et à celles de tant d’autres réfugiés et déplacés sur chaque continent, ou aux abris de fortune de milliers de personnes sans-abri dans nos villes ? Fragile est la chair des populations vulnérables, éprouvées par tant de guerres en cours ou terminées, laissant derrière elles des ruines et des blessures ouvertes. Fragiles sont les esprits et les vies des jeunes contraints de prendre les armes, qui, sur le front, ressentent l’absurdité de ce qui leur est demandé et le mensonge dont sont imprégnés les discours grandiloquents de ceux qui les envoient mourir. »

    Il n’est guère étonnant que nombre de ses propos — notamment ceux sur les soldats forcés à se battre sans raison, ou sur la course effrénée aux armements — soient repris et relayés par des mouvements pacifistes, catholiques ou non, pour défendre leurs thèses. Le message du 1er janvier pour la Journée mondiale de la paix, notamment, a fourni un terrain fertile aux pacifistes, dénonçant un réarmement démesuré allant « bien au-delà du principe de légitime défense ».

    Mais c’est justement ce rappel à la « légitime défense » qui inscrit la condamnation des armes par Léon au sein du cadre de la doctrine bimillénaire de l’Église sur la guerre et la paix.

    De la même manière, on ne peut imputer aux soldats ukrainiens — qui, depuis quatre ans, sacrifient héroïquement leur vie pour défendre leur pays et l’Europe — « le mensonge de ceux qui les envoient mourir ». Ce mensonge est en revanche imputable à l’agresseur, la Russie.

    Dans ses discours, le pape évite de nommer explicitement ses cibles. Mais quand il dénonce avec force, dans son homélie des vêpres du 31 décembre, ces « stratégies armées visant à conquérir marchés, territoires, zones d’influence, dissimulées derrière des discours hypocrites, des déclarations idéologiques ou de faux motifs religieux », il ne fait pas référence à l’Ukraine ou à l’Europe mais bien à la Russie et à Vladimir Poutine, le patriarche Cyrille — ainsi qu’au maître de la Maison Blanche.

    Pour dissiper tout malentendu sur le fond de sa pensée, le pape Léon a adopté une forme de communication informelle, presque chaque mardi soir, à son retour à Rome après sa journée de repos à Castel Gandolfo. C’est l’occasion pour lui se de prêter brièvement au jeu des questions et réponses avec les journalistes sur des sujets d’actualité avant de monter en voiture. Il répond en des termes sobres mais clairs, ou parfois par un silence dont il ne manque pas d’expliquer la raison.

    Le 9 décembre, après avoir reçu à Castel Gandolfo le président ukrainien Volodymyr Zelensky, il a déclaré, à propos des enfants ukrainiens déportés en Russie, que le travail du Saint-Siège « se déroulait en coulisses » et « malheureusement très lentement ». Ajoutant : « Je préfère donc ne pas commenter, mais continuer à travailler pour ramener ces enfants dans leurs maisons, à leurs familles. »

    Quant au plan de paix en 28 points proposé par Donald Trump — en concertation évidente avec Poutine —, le pape a répondu qu’il ne l’avait pas lu en entier, mais que : « Malheureusement, je crois que certaines parties de ce que j’ai vu apportent un changement considérable à ce que beaucoup ont considéré être pendant de nombreuses années, une véritable alliance entre l’Europe et les États-Unis. Je pense en effet que le rôle de l’Europe est très important, surtout dans cette affaire. Il n’est pas réaliste de chercher un accord de paix sans inclure l’Europe dans les négociations. La guerre se déroule en Europe, et je pense que l’Europe doit faire partie des garanties de sécurité que l’on recherche aujourd’hui et demain. Malheureusement, tout le monde n’a pas l’air de le comprendre. »

    Il est évident que les « garanties de sécurité » invoquées par Léon pour l’Ukraine et l’Europe reposent largement sur les armes et les armées. Mais le pape rappelle souvent qu’il y a un autre chemin vers la paix — celui qu’il a par exemple rappelé lors de l’Angélus de la fête de saint Étienne, le protomartyr : « Ceux qui croient aujourd’hui en la paix et ont choisi la voie désarmée de Jésus et des martyrs sont souvent ridiculisés, exclus du débat public, et accusés de favoriser les adversaires et les ennemis. »

    Il y a donc, dans la prédication de Léon, une distinction fondamentale entre d’un côté, une paix « désarmée » relevant d’un choix strictement personnel pouvant aller jusqu’au sacrifice de soi, comme l’a fait Jésus sur la croix, face au mépris du monde ; et d’un autre côté une paix « désarmée et désarmante », à travailler dans le monde civil, pour le bien de tous, afin que la force du droit l’emporte sur la force des armes.

    Flavio Felice, président du centre d’études Tocqueville-Acton et professeur d’histoire des doctrines politiques dans plusieurs universités européennes et américaines — dont l’Université pontificale grégorienne —, a mis en lumière cette distinction dans un article publié dans le journal « Il Foglio » du 2 janvier :

    « Le martyre est un acte suprême de la conscience qui engage la personne qui le choisit et dont les conséquences ne peuvent que retomber que sur cette dernière. On ne peut donc pas choisir le martyre pour autrui. Si un frère est attaqué, ne pas le secourir au nom de la paix équivaut simplement à le condamner à la défaite. Il n’y a aucune noblesse dans une telle omission qui ne peut résulter en une paix ‘désarmante’, il s’agit au contraire d’un ordre criminel et funeste, où le bourreau aura triomphé de la victime. »

    En revanche, dans un cadre civil et à la lumière de la doctrine sociale de l’Église, la paix « désarmée et désarmante » dont parle Léon XIV « peut naître aussi de la légitime défense et de la dissuasion, afin que le bourreau ne triomphe pas de la victime, en œuvrant pour un ordre
    institutionnel susceptible de rendre improbable le recours à la guerre et de remplacer la force brute par le droit. »

    Ces considérations du professeur Felice rejoignent celles d’un autre analyste politique renommé, qui, dans l’éditorial du dernier numéro de la revue catholique progressiste « Il Regno » —
    qu’il dirige depuis 2011 —, parvient à cette conclusion :

    « Quand l’annonce chrétienne affirme que la paix est la synthèse de tous les biens messianiques, elle ne nie pas l’histoire ni la réalité. Et quand cette réalité est celle du mal, ce mal doit être combattu par tous les moyens moralement et juridiquement licites. Il y a un droit à la vie, à commencer par soi-même. Il est légitime — et c’est le magistère de l’Église qui l’affirme — de faire respecter ce droit. Et ce droit devient un devoir envers les autres, surtout pour ceux qui ont des responsabilités publiques, comme l’enseigne ‘Gaudium et spes’. Ainsi, la légitime défense, en plus d’être un droit, peut également devenir un devoir grave pour celui qui est institutionnellement responsable de la vie d’autrui. Défendre la vie de populations entières — en raison de leur faiblesse et de leur impuissance — exige de mettre l’agresseur hors
    d’état de nuire, y compris par la force, si nécessaire. Ne pas intervenir, alors qu’on pourrait le faire, constitue une complicité par omission — et donc une faute. Le chrétien ne peut collaborer au mal. C’est ce que nous avons vécu en Europe à cause d’opportunismes, d’omissions et de peurs dans les années 1930. L’odeur était âcre, et la couleur était gris-cendre. »

    Le pape Léon ne se berce pas d’illusions. Mais il ne capitule pas non plus. Il a réaffirmé à plusieurs reprises — y compris lors de son entretien avec les journalistes ce 9 décembre — que « le Saint-Siège est prête à offrir un lieu et des opportunités pour des négociations ». Et quand cette offre n’est pas acceptée — comme ça a été le cas — il répète : « Nous sommes prêts à chercher une solution, une paix durable et juste. »

    Car le Saint-Siège a un rôle particulier à jouer en vue d’une paix « désarmée et désarmante », et Léon n’entend pas y renoncer. « Le Saint-Siège ne se positionne pas comme un acteur géopolitique parmi d’autres, mais comme une conscience critique du système international, une sentinelle dans la nuit qui voit déjà poindre l’aube, qui appelle à la responsabilité, au droit, à la place centrale de la personne », comme l’a souligné l’archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire du Vatican pour les Relations avec les États, dans un entretien à l’agence SIR de la Conférence épiscopale italienne le 1er janvier.

    Mais c’est surtout la vision grandiose du « De civitate Dei » de saint Augustin qui guide Léon XIV : les deux cités qui coexistent dans l’histoire et la conscience de chaque homme : la cité de Dieu, « éternelle, marquée par l’amour inconditionnel de Dieu, auquel est uni l’amour
    du prochain », et la cité terrestre, « centrée sur l’amour égoïste de soi, la soif de pouvoir et la vaine gloire qui conduisent à la destruction ».

    Le pape Léon XIV a largement développé cette distinction dans son discours annuel au corps diplomatique, le 9 janvier. Selon lui, saint Augustin «
     souligne que les chrétiens sont appelés par Dieu à séjourner dans la cité terrestre avec le cœur et l’esprit tournés vers la cité céleste, leur véritable patrie. Mais le chrétien, vivant dans la cité terrestre, n’est pas étranger au monde politique et cherche à appliquer l’éthique chrétienne, inspirée des Écritures, au gouvernement civil. »

    Respect du droit humanitaire même en temps de guerre, vérité des paroles dans les relations entre États, liberté d’expression, liberté de conscience, liberté religieuse en tant que « premier des droits humains », inviolabilité de la vie du sein maternel jusqu’à la mort naturelle : tels sont les fruits de ce regard tourné vers la cité de Dieu, à laquelle « notre époque semble plutôt encline à nier le droit de citoyenneté », a déclaré le pape aux diplomates.

    Sur chacun de ces points et bien d’autres encore, Léon XVI s’est exprimé avec la transparence qui le caractérise. Concernant la persécution des chrétiens — « un sur sept » —, il n’a pas fait preuve de langue de bois devant « la violence djihadiste ». À propos du « court-circuit des droits humains », il a dénoncé la « limitation, au nom de prétendus nouveaux droits », des libertés fondamentales de conscience, de religion « et même de la vie ». Au sujet de la liberté d’expression, il a mis en garde contre « un langage nouveau, à l’odeur orwellienne, qui, dans sa volonté d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent ». Concernant le conflit israélo-palestinien, il a appelé à la paix et la justice pour les deux peuples sur leurs propres terres. Et sur l’Ukraine, il a dénoncé « le fardeau de souffrances infligé à la population civile », avec « la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, de logements », à la suite d’un « acte de force pour violer les frontières d’autrui ».

    Ce discours du 9 janvier du pape Léon mérite d’être lu dans son intégralité dans la mesure où il s’agit presque d’un manifeste de son pontificat. Léon XIV y revisite saint Augustin à la lumière du monde actuel, un monde dans lequel « la guerre est revenue à la mode, et où une ferveur guerrière est en train de se répandre ».

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Pourquoi Jésus reçoit-il le baptême de Jean ? (Jean Chrysostome)

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    « J’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

    Le Christ s’est manifesté à tous non pas au moment de sa naissance mais au moment de son baptême. Jusqu’à ce jour-là, peu le connaissaient ; presque tous ignoraient qu’il existait et qui il était. Jean Baptiste disait : « Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas » (Jn 1,26). Jean lui-même partageait cette ignorance du Christ jusqu’à son baptême : « Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint’ »…

    En effet, quelle est la raison que Jean donne pour ce baptême du Seigneur ? C’était, dit-il, pour le faire connaître à tous. Saint Paul le dit aussi : « Jean donnait un baptême de conversion, disant au peuple de croire en celui qui devait venir après lui » (Ac 19,4). Voici pourquoi Jésus reçoit le baptême de Jean. Aller de maison en maison en présentant le Christ et dire que c’était le Fils de Dieu, voilà qui rendait le témoignage de Jean bien difficile ; le conduire à la synagogue et le désigner comme le Sauveur aurait rendu son témoignage peu crédible. Mais qu’au milieu d’une grande foule rassemblée au bord du Jourdain, Jésus reçoive le témoignage clairement exprimé du haut du ciel, que l’Esprit Saint soit descendu sur lui sous la forme d’une colombe, voilà ce qui confirmait le témoignage de Jean sans aucun doute possible.

    « Moi-même, je ne le connaissais pas » disait Jean. Qui donc te l’a fait connaître ? « C’est celui qui m’a envoyé baptiser ». Et qu’est-ce qu’il t’a dit ? « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et reposer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint ». C’est donc l’Esprit Saint qui révèle à tous celui dont Jean avait proclamé les merveilles, en descendant le désigner, pour ainsi dire, de son aile.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie sur le baptême de Jésus Christ et sur l’Épiphanie

    source

  • Le baptême du Christ au Jourdain inaugure la Croix

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    Fonts baptismaux - collégiale Saint-Barthélemy - Liège - XIIe siècle

    LE BAPTÊME DU CHRIST INAUGURE LA CROIX

    Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL de la paroisse Saint-Jean-de-Malte (Aix)

    (...) la liturgie nous a proposé ce récit du baptême du Christ dans chacun des évangiles et aujourd'hui c'est le texte de Matthieu que nous venons d'entendre qui est le seul à insister sur cette attitude de Jean-Baptiste qui, voyant Jésus venir à lui, au milieu de la foule des pécheurs pour, comme les autres, recevoir ce baptême de pénitence et de repentir, Jean donc, voyant Jésus s'avancer vers lui s'écrie : "Ce n'est pas Toi qui dois être baptisé par moi. Tu n'as pas à venir te décharger de ce péché que tu n'as jamais commis, de ce péché que Tu ne connais pas. C'est bien plutôt moi, ministre du pardon mais pécheur moi-même qui aurait besoin d'être purifié par Toi, le Messie qui vient purifier le fond des cœurs." Et Jean-Baptiste savait bien qu'il avait prêché ce baptême, qu'il avait appelé toutes les foules à venir se plonger dans le Jourdain pour se préparer à la venue du Messie, pour se préparer à cette venue de Jésus qui, Lui seul, pouvait réellement purifier le fond des cœurs.

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  • Le regretté George Pell et ses ennemis, deuxième partie

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    De sur le CWR :

    Le regretté George Pell et ses ennemis, deuxième partie

    Le défunt cardinal Pell a été vilipendé par des médias australiens anti-catholiques et il se pourrait qu'il ait été piégé par des employés avides du Vatican pour l'éliminer.

    Vous pouvez lire la première partie de cette chronique ici .

    En 2014, le pape François, nouvellement élu, décida d'assainir les finances du Vatican. Il nomma le cardinal australien George Pell (1941-2023) premier préfet de son nouveau Secrétariat pour l'Économie. Pell était perçu comme un cardinal pragmatique, rigoureux et intelligent, capable de mobiliser ses pairs et de les inciter à redresser la situation.

    Pell a ordonné des audits, établi des directives et lancé une enquête sur les finances des différents services du Vatican. On pourrait croire qu'une simple tentative d'instaurer la transparence dans les finances du Vatican ne susciterait aucune controverse. Ce serait une erreur.

    Alors même que Pell commençait à mettre au jour des problèmes, une série d'accusations d'abus sexuels sur mineurs ont été portées contre lui en Australie en 2017. Alors qu'il aurait pu rester à Rome et éviter le procès comme  d'autres  l'ont fait, il a choisi de retourner dans son pays natal pour laver son nom.

    La police de Victoria n'a apparemment ménagé aucune dépense pour tenter de dénicher des informations compromettantes sur George Pell — et lui seul — remontant à 2013. Elle a présenté des dizaines de témoins devant le tribunal en 2018, mais ces prétendus témoins n'ont pu fournir que des accusations et des témoignages flous, ce qui explique pourquoi le jury n'a pas pu parvenir à un verdict.

    Leur indécision n'est pas surprenante, car les deux accusations les plus graves portées contre Pell paraissent ridicules à quiconque assiste régulièrement à la messe catholique. Deux garçons ont affirmé que Pell s'était exhibé devant eux après la messe, dans la sacristie de la cathédrale. Mais comment Pell aurait-il pu raisonnablement faire cela, alors qu'il portait ses habits liturgiques ? Pourquoi ne se serait-il pas trouvé à l'extérieur de l'église, comme tous les autres prêtres après la messe du dimanche (y compris Pell lui-même), en train de discuter avec ses paroissiens ? Où étaient les autres prêtres qui accompagnent habituellement l'évêque à la messe ? Et n'aurait-il pas été incroyablement stupide pour un prêtre de s'exhiber dans un lieu public comme la sacristie, où un paroissien pouvait arriver à tout moment pour demander la bénédiction d'un nouveau chapelet ?

    Malgré le caractère absurde des accusations, Pell a été reconnu coupable lors d'un nouveau procès. Condamné à la prison en 2019, il y a passé 404 jours, presque entièrement à l'isolement, privé même du droit de célébrer la messe.

    Mais Pell a fait appel de cette décision devant la Haute Cour d'Australie, et celle-ci a cassé son jugement en 2020. Après sa libération, il a publié ses  journaux de prison  pour financer les frais de sa défense.

    Pell souffrait de problèmes cardiaques depuis 2010, en partie à cause de son travail épuisant et de ses nombreux déplacements. Bien que ces problèmes cardiaques rendaient toute intervention chirurgicale dangereuse, il décida de se faire poser une deuxième prothèse de hanche en raison de douleurs constantes. Il craignait également que la santé déclinante du pape François n'entraîne prochainement un nouveau conclave et « était déterminé à faire entendre sa voix » ¹  alors que les cardinaux se réunissaient en amont. Le décès de Pell fut inattendu car il semblait se porter bien immédiatement après l'opération, mais sa mort fut attribuée à son état cardiaque.

    Avec le recul, il est aisé de constater qu'une série de coïncidences fascinantes s'est produite durant le mandat de Pell comme préfet du Secrétariat à l'Économie. Au moment même où il enquêtait sur des irrégularités financières au Vatican, il fut contraint de quitter Rome et de comparaître devant un tribunal pour des accusations si fragiles qu'elles en sont à peine crédibles. Durant cette même période, plusieurs personnes au sein du Secrétariat d'État, dont un cardinal, furent impliquées dans un système financier de détournement de fonds et d'extorsion, ce qui entraîna leur condamnation  (bien qu'ils aient fait appel) en 2023. Après sa libération, Pell découvrit qu'en 2019 – alors qu'il était lui-même en procès – une personne au Vatican avait transféré 2 millions de dollars à un individu en Australie, apparemment sur ordre de ce même cardinal. En 2021,  Pell demanda publiquement au cardinal de s'expliquer sur l'identité du destinataire de ces 2 millions de dollars et sur les raisons de ce transfert. Le monde attend toujours une réponse convaincante.

    Il est clair que le cardinal George Pell avait de nombreux ennemis. Il a été diffamé par des médias australiens anti-catholiques et il est possible qu'il ait été piégé par des employés du Vatican avides de pouvoir pour l'éliminer. Au fil des ans, des manifestants anti-catholiques (dont certains offensés par ses propos sur l'homosexualité) ont organisé des piquets de grève devant ses messes, l'ont menacé et ont tagué sa cathédrale d'attaques personnelles.

    Nous pouvons éprouver plus de sympathie pour un groupe de personnes qui se sont publiquement opposées à Pell. Les Australiens victimes d'abus sexuels (ou leurs proches) ont peut-être cru, à tort, que la condamnation de Pell leur permettrait de se venger de leurs agresseurs. Bien que les abus sexuels soient notoirement difficiles à prouver de manière concluante, des affaires récentes très médiatisées   ont montré que lorsqu'une victime confronte publiquement les véritables agresseurs, d'autres victimes se sentent souvent libres de témoigner également, révélant ainsi l'existence d'un comportement criminel récurrent, et non d'un incident isolé ou non vérifiable. Aucune autre victime ne s'est manifestée pendant ou après les procès publics intentés à George Pell.

    Mais Dieu connaît la vérité sur George Pell, non seulement sur sa culpabilité ou son innocence concernant ces accusations, mais aussi sur le fait qu'il soit désormais un saint au Ciel.

    On pourrait certes contester la sainteté de Pell, car il se montrait parfois brusque lorsqu'il était attaqué verbalement et s'exprimait avec une franchise qui pouvait heurter la sensibilité de beaucoup. Mais il était aussi disposé à s'excuser, à rectifier ses propos et à reconnaître ses erreurs. Il n'a jamais manifesté d'animosité envers ceux qui l'avaient accusé et condamné à tort, allant même jusqu'à plaisanter avec ses amis en disant qu'être en prison, c'était comme être « en retraite spirituelle » .

    Au lieu de cela, il a obéi au commandement de notre Seigneur : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. »  Ses journaux de prison évoquent également les réflexions d'un prêtre catholique lors d'un moment de solitude paisible avec Jésus-Christ, et non celles d'un homme âgé, coupable et confiné à l'isolement, qui sait qu'il finira probablement ses jours en prison. Cela aurait pu arriver à Pell.

    Si certains saints ont été facilement identifiés comme des hommes et des femmes saints de leur vivant — seuls quelques athées étaient perplexes quant à la sainteté de Mère Teresa de Calcutta, par exemple —, ce n'est pas toujours le cas.

    À la mort de saint Jean de la Croix en 1591, deux prêtres répandirent de diffamation à son sujet à travers l'Espagne, et malheureusement, on les crut. Un siècle plus tard, leurs mensonges furent démentis, ses écrits examinés en détail, des miracles se produisirent par son intercession, et Jean fut canonisé. On pourrait raconter des histoires similaires concernant saint Gérard Majella, la bienheureuse Anne Catherine Emmerich et d'autres saints, ainsi que de nombreux martyrs.

    En mars 2025, un garçon de dix-huit mois est tombé dans une piscine et a cessé de respirer pendant cinquante-deux minutes. Il aurait dû mourir ou, à tout le moins, subir de graves lésions cérébrales, cardiaques ou pulmonaires. Ses parents, qui avaient rencontré le cardinal Pell en 2021, ont prié sans relâche pour son intercession afin de sauver leur enfant pendant cette période où il était, littéralement, en danger de mort. Contre toute attente, le bébé a survécu, a été débranché de l'assistance respiratoire et n'a présenté aucune séquelle.

    Est-ce un miracle ? Dieu accordera-t-il des grâces surnaturelles à ceux qui implorent l’intercession de George Pell, ne serait-ce que pour nous convaincre de l’injustice subie par ce prêtre catholique fidèle et dévoué ? L’avenir nous le dira.

    Quoi qu’il en soit, nous pouvons espérer que ceux qui considéraient George Pell comme leur ennemi réfléchiront à leurs propres erreurs passées, demanderont pardon et prieront pour ceux qui leur ont fait du mal. Car c’est précisément ce que le cardinal George Pell, à l’exemple de Jésus-Christ, a fait pour eux.

    Notes de fin : 

    1  Tess Livingstone,  George Cardinal Pell : Pax Invictis  (San Francisco : Ignatius Press, 2024), 27.

    2  Ibid., 465.

    3  Matthieu 5:44

  • Le huitième centenaire de la cathédrale des saints Michel et Gudule

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    De Bérengère de Portzamparc sur aleteia.org :

    Bruxelles fête les 800 ans de sa cathédrale

    Obraz poglądowy artykułu Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles

    A Bruxelles, l’année 2026 sera ponctuée d'événements religieux et culturels autour de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule qui fête les 800 ans de pose de sa première pierre, en 1226.

    10/01/26

    La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles fête ce dimanche 11 janvier les 800 ans de la pose de sa première pierre. Pour l'occasion, une messe y est célébrée ce jour-là en présence du cardinal Pietro Parolin  qui représentera le Pape. La cathédrale est un lieu emblématique de la vie des Belges et accueille notamment  tous les grands événements royaux. 

    Fêter les 800 ans d’une cathédrale, ce n’est pas rien ! Et c'est pourquoi à Bruxelles, l’année 2026 sera ponctuée d'événements religieux et culturels autour de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule qui fête les 800 ans de pose de sa première pierre, en 1226. 

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  • Le Noël de l’Agneau de Dieu. Une homélie inédite de Joseph Ratzinger

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Le Noël de l’Agneau de Dieu. Une homélie inédite de Joseph Ratzinger

    Le Noël de Jésus est aussi une « épiphanie », une manifestation de l’union nuptiale entre le Christ et l’Église. Dans la liturgie de la période de Noël, les Mages qui accourent avec leurs dons, le baptême dans le Jourdain de celui qui est l’Agneau de Dieu et l’eau changée en vin des noces de Cana ne font qu’un avec le récit de la nativité.

    Comme dans cette admirable antienne de la liturgie ambrosienne, tirée de la messe de l’Épiphanie :

    « Hodie caelesti Sponso iuncta est Ecclesia, quoniam in Iordane lavit eius crimina. Currunt cum munere Magi ad regales nuptias ; et ex aqua facto vino laetantur convivia. Baptizat miles Regem, servus Dominum suum, Ioannes Salvatorem. Aqua Iordanis stupuit, columba protestatur, paterna vox audita est : Filius meus hic est, in quo bene complacui, ipsum audite ».

    Qui se traduit comme suit en français :

    « Aujourd’hui, l’Église s’est unie à son Époux céleste, car dans le Jourdain il a lavé ses péchés. Les Mages accourent avec leurs dons aux noces royales ; et les convives se réjouissent de l’eau transformée en vin. Le soldat baptise le Roi, le serviteur son Seigneur, Jean le Sauveur. L’eau du Jourdain s’étonne, la colombe témoigne, la voix du Père retentit : Celui-ci est mon Fils, en qui j’ai mis toute ma complaisance, écoutez-le. »

    Il s’agit d’une véritable floraison épiphanique qui converge dans l’identification de Jésus en tant qu’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1,29), et qui se réalise à chaque fois dans l’Eucharistie, justement introduite par les paroles de l’ange dans l’Apocalypse 19,9 : « Heureux les invités au banquet des noces de l’Agneau. »

    Une homélie extraordinaire de Benoît XVI, encore inédite jusqu’à il y a peu, nous révèle le sens profond de cette image de l’Agneau de Dieu — et partant de l’épiphanie de Noël.

    Elle a été prononcée le 19 janvier 2014, un an après sa renonciation au pontificat, au monastère « Mater Ecclesiae » du Vatican, où il s’était retiré. Elle a été publiée dans le deuxième volume de ses homélies inédites de 2005 à 2017, imprimé en ce mois de décembre par la Libreria Editrice Vaticana sous le titre : « Dio è la vera realtà ».

    La messe est celle du deuxième dimanche du temps ordinaire de l’année A, avec les lectures d’Isaïe 49,3.5 – 6, du Psaume 40, de la première lettre aux Corinthiens 1,1 – 3 et de l’évangile de Jean 1,29 – 34.

    La reproduction de cette homélie a été autorisée par l’éditeur, et Settimo Cielo l’offre à ses lecteurs avec ses plus chaleureux vœux de Joyeux Noël.

    Et à bientôt, après l’Épiphanie !

    *

    L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

    par Benoît XVI
    Homélie du deuxième dimanche du Temps ordinaire, année A
    19 janvier 2014

    Chers amis, dans l’Évangile, nous avons écouté le témoignage de Jean-Baptiste sur Jésus. Il indique trois éléments : d’abord, « l’Agneau de Dieu » ; ensuite, « il était avant moi », ce qui indique sa préexistence, autrement dit que ce Jésus, bien qu’arrivé tard dans l’histoire, était depuis toujours, il est le Fils de Dieu ; et troisièmement, que ce Jésus ne se contente pas de prêcher, ni d’inviter à la conversion, mais il donne une vie nouvelle, une nouvelle naissance, il nous donne une nouvelle origine en nous attirant en lui.

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  • Le baptême du Seigneur commenté par Benoît XVI

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    De l'homélie du pape Benoît XVI en la chapelle Sixtine, le 9 janvier 2011 :

    (...) Selon le récit de l'évangéliste Matthieu (3, 13-17), Jésus va de la Galilée au fleuve du Jourdain pour se faire baptiser par Jean; en effet, on accourait de toute la Palestine pour écouter la prédication de ce grand prophète, l'annonce de l'avènement du Royaume de Dieu, et pour recevoir le baptême, c'est-à-dire se soumettre à ce signe de pénitence qui appelait à la conversion du péché. En dépit de son nom de «baptême», il n'avait pas la valeur sacramentelle du rite que nous célébrons aujourd'hui; comme vous le savez, c'est en effet par sa mort et sa résurrection que Jésus institue les sacrements et donne naissance à l'Eglise. Celui qui était conféré par Jean était plutôt un acte pénitentiel, un geste qui invitait à l'humilité devant Dieu, pour un nouveau commencement: en se plongeant dans l'eau, le pénitent reconnaissait avoir péché, implorait de Dieu la purification de ses fautes et était invité à changer ses comportements erronés en mourant pour ainsi dire dans l'eau et en ressuscitant à une vie nouvelle.

    C'est pourquoi, lorsque Jean-Baptiste voit Jésus, qui, dans la file avec les pécheurs, vient se faire baptiser, il est stupéfait; reconnaissant en Lui le Messie, le Saint de Dieu, Celui qui est sans péché, Jean manifeste sa perplexité: lui-même, Jean-Baptiste, aurait voulu se faire baptiser par Jésus. Mais Jésus l'exhorte à ne pas opposer de résistance, à accepter de faire ce geste, pour faire ce qui est nécessaire pour «accomplir parfaitement ce qui est juste». Par cette expression, Jésus montre qu'il est venu dans le monde pour faire la volonté de Celui qui l'a envoyé, pour accomplir tout ce que le Père lui demande; c'est pour obéir au Père qu'il a accepté de se faire homme. Ce geste révèle avant tout qui est Jésus: il est le Fils de Dieu, vrai Dieu comme le Père; il est Celui qui «s'est abaissé» pour se faire l'un de nous; Celui qui s'est fait homme et a accepté de s'humilier jusqu'à la mort de la croix (cf. Ph 2, 7). Le baptême de Jésus, que nous célébrons aujourd'hui, se situe dans cette logique de l'humilité: c'est le geste de celui qui veut se faire en tout l'un de nous et se mettre dans la file avec les pécheurs; Lui, qui est sans péché, se laisse traiter comme un pécheur (cf. 2 Co 5, 21), pour porter sur ses épaules le poids de la faute de l'humanité tout entière. Il est le «Serviteur du Seigneur » dont le prophète Isaïe nous a parlé dans la première lecture (cf. 42, 1). Son humilité est dictée par sa volonté d'établir une communion plénière avec l'humanité, par le désir de réaliser une véritable solidarité avec l'homme et avec sa condition. Le geste de Jésus anticipe la Croix, l'acceptation de la mort pour les péchés de l'homme. Cet acte d'abaissement par lequel Jésus veut se conformer totalement au dessein d'amour du Père, manifeste la pleine harmonie de volonté et d'intention qu'il y a entre les personnes de la Très Sainte Trinité. Par cet acte d'amour, l'Esprit de Dieu se manifeste comme une colombe et vient au-dessus de Lui, et à ce moment-là, l'amour qui unit Jésus au Père est témoigné à ceux qui assistent au baptême par une voix d'en-haut, que tous entendent. Le Père manifeste ouvertement aux hommes la communion profonde qui le lie au Fils: la voix qui résonne d'en-haut atteste que Jésus est obéissant en tout au Père, et que cette obéissance est l'expression de l'amour qui les unit entre eux. C'est pourquoi le Père place sa complaisance en Jésus, parce qu'il reconnaît dans l'action du Fils le désir de suivre en tout sa volonté: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour» (Mt 3, 17). Et cette parole du Père fait allusion aussi, de façon anticipée, à la victoire de la résurrection et nous dit comment nous devons vivre pour plaire au Père, en nous comportant comme Jésus. (...)

  • "Dilexisti iustitiam"; introit grégorien de la messe du dimanche du Baptême du Seigneur

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    Introitus Introït
    Ps. 44, 8 Ps. 44,8
    DILEXÍSTI iustítiam, et odísti iniquitátem: proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo lætítiæ præ consórtibus tuis. (T. P. Allelúia, allelúia.) Ps. ibid., 2 Eructávit cor meum verbum bonum: dico ego ópera mea Regi. ℣. Glória Patri. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité : c’est pourquoi, Dieu, ton Dieu, t' oint d’une huile d’allégresse d’une manière plus excellente que tous tes compagnons. (T.P. Alléluia, alléluia.). Ps. De mon cœur a jailli une bonne parole : c’est au roi que je raconte mes œuvres. ℣. Gloire au Père.
  • « Dieu protège la Bulgarie » : les nouvelles pièces bulgares en euros adressent un message à Bruxelles

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    D'Hélène de Lauzun sur The European Conservative :

    « Dieu protège la Bulgarie » : les nouvelles pièces bulgares en euros adressent un message à Bruxelles

    En rejoignant la zone euro, la Bulgarie choisit de réaffirmer son identité chrétienne.

     
    La pièce bulgare de 2 euros à l'effigie de saint Païssius de Hilendar

    La pièce bulgare de 2 euros à l'effigie de saint Païssius de Hilendar Banque centrale européenne

    Le 1er janvier 2026, la Bulgarie a officiellement rejoint la zone euro, adoptant l'euro comme monnaie légale et abandonnant le lev. Ce changement majeur s'est accompagné d'un choix symbolique fort : sur la face nationale de certaines pièces en euros, le gouvernement bulgare a décidé de faire figurer des saints importants et des symboles religieux ou historiques, affirmant ainsi l'importance de son patrimoine chrétien et culturel.

    Contrairement aux pièces, les billets en euros ne permettent aucune expression nationale ou religieuse, car ils ont été conçus pour être identiques dans tous les pays de la zone euro, avec des motifs architecturaux stylisés et neutres afin d'éviter toute référence politique, religieuse ou nationale. Ce caractère abstrait et impersonnel a souvent été critiqué. La neutralité des billets contraste avec la personnalisation des pièces, qui permettent à chaque pays de la zone euro de mettre en valeur certains aspects de son identité propre.

    La pièce de 2 euros rend hommage à Païssi Hilendarski (Saint Païssius de Hilendar), moine orthodoxe du XVIIIe siècle. Auteur de l'ouvrage fondamental « Histoire slavo-bulgare » , texte qui joua un rôle essentiel dans le renouveau national bulgare sous la domination ottomane, Païssi exhortait ses compatriotes à se souvenir de leur foi, de leur langue et de leur identité nationale. L'avers de la pièce présente son portrait. La tranche est gravée de l'inscription « Dieu, protège la Bulgarie », une devise ancienne du royaume bulgare, qui confère à cette pièce une dimension religieuse et historique unique.

    La pièce bulgare d'un euro est dédiée à saint Jean de Rila. Ce saint, patron de la Bulgarie, est une figure centrale du christianisme bulgare. Né au Xᵉ siècle, Jean de Rila mena une vie d'ermite, profondément marquée par la prière et l'ascétisme, avant de fonder le monastère de Rila , qui devint au fil du temps le principal centre spirituel du pays. Sur la pièce, il est représenté de face, tenant une croix et un rouleau, symbolisant à la fois la foi et l'enseignement spirituel. L'inscription « БЪЛГАРИЯ » (Bulgarie) et le mot « ЕВРО » en caractères cyrilliques soulignent l'identité nationale et linguistique de la Bulgarie dans sa nouvelle monnaie commune.

    Pour les pièces de faible valeur (50, 20, 10, 5, 2 et 1 centime), le motif commun est le Cavalier de Madara. Ce bas-relief monumental, datant du VIIIe siècle et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, représente un cavalier transperçant un lion de sa lance. Bien que ce motif soit, à proprement parler, antérieur à la christianisation de la Bulgarie, il est devenu au fil des siècles un symbole de victoire, de protection et de continuité de l'État bulgare, imprégné de la dimension chrétienne, et s'inscrit dans la mémoire collective.

    Ainsi, par ses choix iconographiques, la Bulgarie a cherché à concilier son appartenance à l'Union européenne et à l'euro avec la préservation de ses racines chrétiennes et historiques. Avec l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro, la croix figurera pour la première fois sur les pièces en euros.

    Le message envoyé par Sofia est clair : la participation au projet collectif européen, souvent perçue comme une garantie de modernité, ne doit pas se faire au détriment des traditions nationales, notamment et surtout lorsqu’elles sont religieuses. L’histoire bulgare, marquée par des siècles de domination ottomane, cherche aujourd’hui à s’appuyer sur son passé chrétien de résistance aux envahisseurs. Espérons que ce message sera bien accueilli à Bruxelles.

  • Le regretté George Pell et ses ennemis, première partie

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    De Dawn Beutner sur le Catholic World Report :

    Le regretté George Pell et ses ennemis, première partie

    Comment, dans les années 1990, l'archevêque Pell est devenu le bouc émissaire public de tous les crimes commis par les prêtres et les évêques catholiques en Australie.

    Le 10 janvier 2023, George Pell, cardinal-prêtre de l'Église catholique et ancien archevêque de Sydney et de Melbourne, est décédé subitement le lendemain d'une opération de la hanche. Il avait 81 ans.

    Il peut paraître étrange qu'un cardinal ait des ennemis, mais il est indéniable que George Pell en avait. La couverture médiatique laïque de sa carrière, avant comme après sa mort, était ponctuée de rappels constants au public qu'il était ce qu'il y a de pire qui soit : un prêtre catholique orthodoxe et conservateur.

    Mais pourquoi ces ennemis autoproclamés, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église, le haïssaient-ils autant ?

    George Pell est né à Ballarat, dans l'État de Victoria, en Australie, en 1941. Son père, ancien champion de boxe poids lourd, était un membre peu pratiquant de l'Église d'Angleterre, tandis que sa mère, fervente catholique, veillait à ce que ses trois enfants assistent à la messe tous les dimanches et récitent le chapelet à la maison. Pendant la majeure partie de la jeunesse de George, ses parents ont tenu un hôtel. Un ancien camarade de classe se souvenait l'avoir vu servir des boissons aux employés du pub de l'hôtel le samedi.

    George a fait ses études dans des écoles catholiques et s'est forgé une réputation d'excellent élève et d'athlète de haut niveau. À dix-huit ans, il avait décidé de devenir médecin et avait signé un contrat pour jouer professionnellement dans la Ligue australienne de football.

    Mais alors, « un petit nuage », un  sentiment persistant d'insatisfaction, le poussa à franchir la porte de l'aumônier de son école. Bien que l'aumônier se soit déjà dit que George avait l'étoffe d'un prêtre, George lui-même n'en était pas si sûr. Le père de George était déçu qu'il veuille renoncer à une carrière sportive, mais il lui dit de prendre sa propre décision.

    George choisit d'entrer au séminaire, où il fit rapidement preuve de qualités de meneur. Certains de ses camarades le trouvaient trop agressif, notamment sur le terrain de football, ce qui n'avait rien d'étonnant pour un athlète entraîné. Mais le personnel du séminaire savait comment tirer profit d'un leader né, qui inspirait le respect et possédait un esprit vif : l'envoyer terminer ses études à l'Université pontificale urbanienne de Rome.

    George fut ordonné prêtre à la basilique Saint-Pierre, obtint une licence en théologie sacrée à Rome et un doctorat en histoire de l'Église à Oxford. Peut-être pour inculquer à ce jeune prêtre brillant un peu d'humilité, il fut d'abord envoyé comme vicaire dans une paroisse isolée, où personne ne s'intéressait à ses nombreux diplômes (voire même n'en avait connaissance). Mais il s'y intégra parfaitement. Pendant les vingt années suivantes, il exerça son ministère comme curé, obtint une maîtrise en éducation, dirigea des instituts d'enseignement catholique, fut rédacteur en chef du journal diocésain et recteur de séminaire.

    Tout cela s'est déroulé dans l'Australie des années 1970 et 1980, à une époque où les dévotions catholiques traditionnelles et les enseignements moraux étaient largement délaissés, tandis que l'expérimentation liturgique et l'éthique situationnelle étaient très en vogue. Cela n'a pas empêché George d'exposer les croyances de l'Église.

    Lorsque George, en tant que recteur, tenta de rétablir quelques pratiques dévotionnelles simples dans son séminaire, comme la prière du chapelet en commun et une fréquentation de la messe plus régulière que le seul dimanche, la réaction de son personnel fut si hostile qu'on aurait cru qu'il prônait le martyre. Il s'attira également les foudres des catholiques libéraux par ses nombreux articles en faveur de la morale catholique traditionnelle.

    Intellectuel, George était davantage historien que théologien. Prédicateur, il n'hésitait pas à aborder des sujets difficiles, allant jusqu'à rappeler aux étudiants, lors d'une messe pour les jeunes, le taux élevé de chlamydiose en Australie² afin de souligner que la luxure n'est pas l'amour. Fait intéressant, il intégrait souvent de la poésie à ses homélies, témoignant ainsi de son amour personnel pour la littérature.

    Mais la caractéristique la plus marquante de ses sermons, discours et écrits était sa volonté de parler franchement des questions de foi et de morale, sans pour autant manifester d'animosité. Cette habitude ne changea pas lorsqu'il devint archevêque de Melbourne en 1996, archevêque de Sydney en 2001, puis cardinal en 2003.

    Malheureusement, la plupart des articles consacrés au mandat de George Pell comme archevêque s'attardent non pas sur ses nombreux accomplissements pour ses archidiocèses, mais sur la question des abus sexuels. Bien qu'un nombre alarmant de prêtres australiens aient été accusés de manière crédible d'abus sexuels sur mineurs – comme c'est le cas partout dans le monde touché par la révolution sexuelle –, rien ne prouve que George Pell puisse être considéré comme l'un d'eux.

    En 1996, six ans avant la crise des abus sexuels survenue aux États-Unis durant le Carême prolongé de 2002, l'archevêque Pell a instauré le « Protocole de Melbourne » afin de répondre aux allégations d'abus sexuels sur mineurs dans son archidiocèse. Si les pratiques qu'il a mises en place ne sont pas considérées comme exhaustives selon les normes actuelles, il convient de rappeler qu'il fut le premier évêque du XXe siècle au monde à s'attaquer de front à ce problème.

    Il est également reproché au jeune père Pell d'avoir été complice, car il exerçait son ministère dans la même paroisse que Gerald Ridsdale, un prêtre australien finalement condamné pour de multiples agressions sexuelles sur mineurs et réduit à l'état laïc. En tant qu'évêque auxiliaire, Pell s'est même présenté au tribunal pour soutenir Ridsdale à une occasion, mais apparemment uniquement par obéissance à son archevêque. Comme rien ne prouve que Pell ait jamais eu connaissance des agissements de Ridsdale durant les douze mois qu'ils ont passés dans la même paroisse, il est raisonnable de supposer que Pell n'était qu'une victime parmi tant d'autres. Après tout, quiconque parvient à impunément abuser d'au moins soixante-cinq enfants doit être un maître de la manipulation. Ridsdale est décédé en 2025 à l'âge de quatre-vingt-dix ans, alors qu'il était toujours en prison.

    Pour toutes ces raisons, de nombreux groupes nourrissaient une vive hostilité envers le cardinal George Pell. Sa volonté de s'attaquer aux cas d'abus sexuels sur mineurs au sein de l'Église en Australie a fait de lui la cible de nombreuses critiques, tandis que d'autres évêques préféraient fermer les yeux. Les médias avaient véhiculé l'idée qu'il était proche d'un prêtre pédophile condamné. Son engagement en faveur de la doctrine morale catholique, allant jusqu'à refuser la communion à des militants homosexuels qui exprimaient leurs convictions pendant la messe, a provoqué de vives protestations.

    Avec l'aide de la presse australienne, Pell est devenu le bouc émissaire public de tous les crimes commis par les prêtres et les évêques catholiques du pays.

    Puis vint l'année 2014, où l'obéissance de Pell au pape entraîna une persécution encore plus grande.

    (La deuxième partie de cet essai sera publiée demain.)

    Notes de fin :

    1  Tess Livingstone,  George Cardinal Pell : Pax Invictis  (San Francisco : Ignatius Press, 2024), p. 83.

    2  George Pell,  Test Everything: Hold Fast to What is Good  (San Francisco: Ignatius Press, 2015), 299.

    3  Tess Livingstone,  George Cardinal Pell : Pax Invictis  (San Francisco : Ignatius Press, 2024), 312.


    Dawn Beutner  est l'éditrice d'un nouvel ouvrage intitulé « Tout est possible : Écrits choisis de Mère Cabrini » (Ignatius Press, 2025). Elle est également l'auteure de « Le Levain des Saints : Apporter le Christ dans un monde déchu » (Ignatius Press, 2023) et de « Saints : Devenir une image du Christ chaque jour de l'année », également publiés chez Ignatius Press. Elle tient un blog à l'adresse dawnbeutner.com et s'engage depuis plus de trente ans dans divers ministères pro-vie.

  • Cinq points clés du premier discours du pape Léon XIV sur l'état du monde

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    D'Edgar Beltran sur le Pillar :

    Cinq points clés du premier discours du pape Léon XIV sur l'état du monde

    Léon XIV a exposé ses priorités diplomatiques pour l'année à venir.

    Ce discours, traditionnellement prononcé en début d'année, est souvent qualifié de discours papal sur « l'état du monde ». Celui de cette année revêtait une importance particulière : c'était la première occasion pour Léon XIV d'esquisser ses priorités diplomatiques et d'indiquer sur quels points il souhaitait poursuivre ou, au contraire, s'éloigner du pape François.

    Qu’a dit Léon dans son discours – et quel éclairage son allocution apporte-t-elle sur ses priorités et son style diplomatiques pour l’année à venir ?

    Venezuela

    La partie du discours qui a sans doute été la plus scrutée concernait le Venezuela, suite à la capture par les États-Unis du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas et aux frappes aériennes contre des cibles militaires dans la ville.

    Dans son Angélus du 4 janvier, le pape a adopté un ton prudent, déclarant que « le bien du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération et nous conduire à surmonter la violence et à emprunter les voies de la justice et de la paix, en sauvegardant la souveraineté du pays, en assurant l'état de droit inscrit dans la Constitution, en respectant les droits humains et civils de chaque personne et de tous. »

    Il a repris ces propos dans son discours aux diplomates, déclarant qu'il renouvelait son « appel au respect de la volonté du peuple vénézuélien et à la sauvegarde des droits humains et civils de tous, afin d'assurer un avenir de stabilité et de concorde.

    Il a cité l'exemple des deux saints vénézuéliens récemment canonisés, saint José Gregorio Hernández et sainte Carmen Rendiles.

    « Puisse leur témoignage inspirer la construction d’une société fondée sur la justice, la vérité, la liberté et la fraternité, et permettre ainsi à la nation de se relever de la grave crise qui la frappe depuis tant d’années », a-t-il déclaré.

    Il est à noter que la version espagnole du discours du pape comprenait un paragraphe supplémentaire qui a été lu par erreur par le traducteur espagnol pendant le discours, mais que le pape n'a pas lu et qui n'apparaissait dans aucune autre version écrite du discours.

    Ce paragraphe désigne le trafic de drogue comme l'une des causes de la crise vénézuélienne.

    « Parmi les causes de cette crise figure sans aucun doute le trafic de drogue, qui est un fléau pour l’humanité et exige l’engagement conjoint de tous les pays pour l’éradiquer et empêcher que des millions de jeunes à travers le monde ne deviennent victimes de la toxicomanie », indique le rapport.

    « Parallèlement à ces efforts, il est indispensable d’investir davantage dans le développement humain, l’éducation et la création d’emplois pour les personnes qui, bien souvent, se retrouvent impliquées dans le monde de la drogue sans le savoir », conclut le texte.

    La mention du Venezuela dans son discours s'inscrit dans la continuité de l'approche mesurée de Leo face à la crise dans le pays, puisqu'il marche sur un fil entre la défense de la paix et du dialogue et le risque de donner l'impression de faire le jeu de Maduro en critiquant ouvertement les attaques menées par les États-Unis.

    Cependant, la mention apparemment effacée du trafic de drogue pourrait être perçue par les observateurs comme une occasion manquée d'attribuer la responsabilité de l'effondrement du Venezuela d'une manière que de nombreux Vénézuéliens — et gouvernements occidentaux — reconnaîtraient aisément.

    Liberté de conscience

    Le pape a consacré plusieurs paragraphes de son discours à la défense de la liberté de conscience et de religion dans le monde entier.

    Tout d'abord, Léon XIV a critiqué ouvertement les restrictions politisées à la liberté d'expression dans les pays occidentaux, affirmant que « la liberté d'expression est garantie précisément par la certitude du langage et le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater à quel point, surtout en Occident, l'espace pour une véritable liberté d'expression se réduit rapidement. »

    « Parallèlement, un nouveau langage de type orwellien se développe qui, dans une tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’alimentent », a-t-il ajouté.

    Il a déclaré que cet « affaiblissement du langage » a contribué à la violation de la liberté de conscience.

    « L’objection de conscience permet aux individus de refuser des obligations légales ou professionnelles qui entrent en conflit avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans leur vie personnelle. Il peut s’agir du refus du service militaire au nom de la non-violence, ou du refus, de la part des médecins et des professionnels de la santé, de pratiquer des actes tels que l’avortement ou l’euthanasie », a-t-il déclaré.

    « La liberté de conscience semble être de plus en plus remise en question par les États, même ceux qui se disent démocratiques et respectueux des droits de l’homme… Une société véritablement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, prévenant les tendances autoritaires et promouvant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social », a-t-il ajouté.

    Le pape a également critiqué les attaques contre la liberté religieuse en Occident.

    « Parallèlement, il ne faut pas oublier une forme subtile de discrimination religieuse à l’encontre des chrétiens, qui se répand même dans les pays où ils sont majoritaires, comme en Europe ou en Amérique. »

    « Là-bas, leur capacité à proclamer les vérités de l’Évangile est parfois restreinte pour des raisons politiques ou idéologiques, notamment lorsqu’ils défendent la dignité des plus faibles, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille », a-t-il déclaré.

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