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Foi

  • Chine : une importante communauté protestante perd son sanctuaire à la suite d'une opération longuement préparée par les autorités

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    De He Yuyan sur Bitter Winter :

    L'église Yayáng réduite en ruines à Wenzhou

    25 mai 2026

    Une importante communauté protestante perd son sanctuaire à la suite d'une opération longuement préparée par les autorités.

    La police entre dans Yayáng. Photo fournie par des chrétiens locaux.
    La police entre dans Yayáng. Photo fournie par des chrétiens locaux.

    Lorsque « Bitter Winter » a rendu compte en décembre dernier de l’opération policière de cinq jours à Wenzhou, il était déjà clair que l’église Yayáng – également connue localement sous le nom d’église Yazhong – était devenue la cible d’une campagne d’une détermination inhabituelle. À cette époque, des dizaines de fidèles avaient été arrêtés lors de raids coordonnés menés à l’aube les 14 et 15 décembre, le bâtiment de l’église avait été saisi et le quartier environnant était soumis à un niveau de surveillance habituellement réservé aux situations d’urgence politique. Des chrétiens locaux ont déclaré à « Bitter Winter » que les policiers avaient occupé les lieux, bloqué les voies d’accès et interdit aux habitants de parler à des personnes extérieures. L’atmosphère était celle d’un siège qui se resserrait progressivement.

    Ces événements antérieurs, relatés par « Bitter Winter » et cités par la suite par « Le Monde » dans son article et son reportage vidéo (qui cite notre magazine comme source), semblent désormais avoir été le prélude à l’acte final. Ces derniers jours, des informations provenant de chrétiens locaux confirment la démolition de l’église. Des engins de chantier ont été acheminés après des semaines d’accès restreint à la zone, des points de contrôle et des postes de garde étant apparemment positionnés à près d’un kilomètre du site. Des témoins ont décrit des véhicules de chantier pénétrant par des passages contrôlés et commençant à démanteler la structure à plusieurs niveaux, des étages supérieurs vers le bas. Au matin du 19 mai, il ne restait plus rien du sanctuaire orné, si ce n’est un champ de décombres.

    La démolition s'est déroulée dans le même climat d'opacité que les raids de décembre. Les familles des fidèles détenus auraient reçu l'ordre de garder le silence, et ceux qui tentaient de documenter la scène ont été refoulés. Plusieurs autres membres de la congrégation ont été arrêtés pendant la démolition, rejoignant ainsi le groupe déjà détenu depuis l'année précédente. Selon des chrétiens locaux, la croix qui surmontait l'édifice avait été recouverte d'un tissu noir les jours précédant l'arrivée des engins de démolition, un geste que beaucoup ont interprété comme un symbole du sort que les autorités avaient déjà réservé à l'église.

    La destruction de l'église Yayáng marque l'aboutissement d'une campagne que les autorités s'étaient engagées à mener à son terme. Ce qui avait commencé par une opération d'arrestations massives et soudaines a abouti à la disparition physique de l'une des communautés protestantes non enregistrées les plus visibles de Wenzhou. Ce scénario est récurrent dans le Zhejiang, où l'hostilité de longue date des autorités envers les activités chrétiennes indépendantes s'est souvent traduite par des actions architecturales. Toutefois, l'ampleur de l'opération, la durée du confinement et la volonté d'isoler le site du regard du public témoignent d'une détermination accrue à empêcher tout examen.

    Pour les fidèles de l'église Yayáng, la destruction de leur édifice n'est qu'un aspect d'une épreuve bien plus vaste, marquée par des détentions, des interrogatoires et des pressions constantes sur leurs familles. Pour les observateurs de la politique religieuse en Chine, cette démolition rappelle une fois de plus que les campagnes contre les églises non enregistrées continuent de s'intensifier, même lorsque l'attention internationale se tourne brièvement vers le dialogue.


  • Philippe Neri, le saint de la joie (26 mai)

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    21631521.jpgSAINT PHILIPPE NERI (source)

    Le saint de la joie

    La sainteté étonnante de Philippe Neri, ce prêtre italien décédé en 1595, lui a valu de la part de Goethe le titre de « Saint humoristique ». Or ce saint de la joie a vécu à une époque des plus sombres de l’Histoire de l’Église. En effet, il a vécu non seulement durant le terrible schisme qui a engendré en peu de temps au XVIe siècle le protestantisme luthérien et toutes sortes d’autres « réformes » qui ont divisé aujourd’hui les chrétiens issus du catholicisme en plus de 30,000 Églises ou sectes différentes. Non seulement cela, mais il a aussi vécu au temps la réforme de l’Église catholique qui impose une stricte discipline en mettant en place le Saint Office et l’Index des livres proscrits, en resserrant de plus la sévérité de l’Inquisition. Or voilà donc que surgit grâce à l’Esprit ce saint de la joie, des excentricités, des tours pendables et surtout de la foi profonde.

    Saint Philippe Neri jaillit comme une lumière dans la nuit. Il y a aussi au XVIe siècle beaucoup d’autres saints merveilleux comme Thomas More, autre saint de l’humour, et Ignace de Loyola, Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, François Xavier et François de Borgia et je ne sais trop combien d’autres.

    Saint Philippe Neri, lui, est un simple prêtre séculier, originaire de Florence, qui vit durant de longues années presque sans bouger en plein cœur de Rome. Rien de si fantastique si ce n’est qu’il convertit des milliers de gens. Si bien qu’on décerne bientôt à Philippe le titre de « Réformateur de Rome ». L’illustre Henri Bremond en rajoute : « Philippe était l’un des grands créateurs de la Contre-Réforme, peut-être le plus grand de tous, aucun autre n’ayant sans doute travaillé avec autant de succès à modifier le visage de la Ville Éternelle en une époque totalement désespérée ». Cela dérange ses contemporains (les saints dérangent et irritent bien des gens) au point que saint Philippe est jalousé, calomnié et très souvent menacé de diverses condamnations, même par des papes. Mais il ne se décourage jamais tant son amour pour Dieu est immense. Voilà un exemple pour tous ceux que « l'Église fait souffrir » comme on dit souvent. Oui, il arrive trop souvent que ce que l'on appelle « l'Église » nous fasse souffrir. Heureusement les saints persécutés savent demeurer fidèles à l’Église, qui est l’Église des saints comme l’affirmait si bien Georges Bernanos*. C’est vraiment l’Église fondée par Jésus-Christ lui-même comme le découvrent de nos jours de nombreux pasteurs protestants, dans le monde entier, qui écoutent « The Journey Home », ou Le Retour à la Maison », à la télévision ou par l’internet, diffusé par EWTN, fondé par Mother Angelica. Ce sont de magnifiques entrevues menées par un ancien pasteur presbytérien, Marcus Grodi.

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  • Saint Philippe Neri, chantre de la joie et de l'amour : un modèle pour un temps de crise

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    De kath.net/news :

    "Comme saint Philippe Néri en son temps, nous sommes aujourd'hui confrontés à une crise du christianisme"

    27 mai 2022

    Le pape François s'engage courageusement "pour la vie, le mariage et la famille, la dignité de l'être humain en tant qu'homme ou femme". Homélie solennelle à Vérone pour le 400e anniversaire de la canonisation de saint Philippe Neri. Par Gerhard Card. Müller

    Vérone (kath.net) Personne n'a besoin de faire de la publicité pour saint Philippe Neri (1515-1595). Le petit Florentin a réussi à devenir le "deuxième apôtre de Rome" grâce à sa sérénité rayonnante et à son zèle apostolique. C'est un saint sympathique qui n'éveille même pas l'aversion des ennemis invétérés de l'Eglise.

    Pourtant, il n'a pas du tout parlé aux hommes en fonction de leur bouche et flatté leur vanité. Mais il n'a pas non plus heurté les pauvres pécheurs ni offensé les athées imbus d'eux-mêmes. Avec son humour inné, il a su ouvrir les cœurs et faire réfléchir les gens.

    Notre foi en Dieu et l'imitation du Christ ne sont pas de lourds poids qui nous rendent encore plus difficiles le fait de porter le poids de la vie et de supporter tant de souffrances, mais plutôt des ailes qui nous élèvent vers notre dignité et nous rapprochent du but glorieux de la vie.

    Si saint Philippe Neri s'est gravé dans la mémoire de l'Église comme un saint sympathique qui, par le biais des affects, a ouvert les cœurs des hommes à Dieu, il me vient à l'esprit saint Thomas d'Aquin, que notre "Pippo buono" a tant apprécié.

    Dans sa Somme contre les païens, ce maître angélique, Doctor angelicus, évoque les affects et les passions de Dieu et nous éclaire sur les malentendus évidents sur lesquels nous pourrions trébucher.

    En effet, nous avons souvent des problèmes lorsque nous lisons dans les Écritures que Dieu s'est "mis en colère" à cause de l'apostasie de son peuple, qu'il s'est "repenti" d'avoir créé les hommes, qu'il s'est "attristé" à cause des pécheurs perdus.

    Il est clair pour tout croyant qui réfléchit que ces attributs ne peuvent être que métaphoriques, car Dieu "est esprit et vérité" (Jn 4, 24). Il ne faut pas le confondre avec un homme surdimensionné que notre imagination imagine se trouvant dans le ciel comme dans un espace tridimensionnel.

    Au sens propre, métaphysique, il n'y a en Dieu que deux affects qui coïncident avec son essence et qui, dans l'acte de création, débordent directement sur les créatures douées d'esprit et les imprègnent de l'intérieur.

    L'un de ces attributs est l'amour (amor, caritas), qui fonde et soutient toute chose. L'autre qualité est la joie (gaudium, delectatio), que Dieu est dans sa vie trinitaire et dont il nous remplit.

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  • Entretien avec Monseigneur Dominique Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

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    De Niwa Limbu sur Ad Vaticanum :

    Entretien avec Monseigneur Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

    23 mai 2026

    Entretien avec l'évêque Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

    L'ancien évêque de Fréjus-Toulon, Dominique Rey, s'exprime sans détour sur la sécularisation en France, la hausse des baptêmes d'adultes, Traditionis Custodes, la FSSPX, l'évangélisation et explique pourquoi il reste optimiste quant à l'avenir de l'Église en France.

    Dominique Rey a été évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, dans le sud-est de la France, de 2000 à 2025. Nommé par le pape Jean-Paul II, il a servi sous trois pontificats et a supervisé une croissance importante de son diocèse, qu’il a décrit comme « un jardin aux nombreuses fleurs ».

    Cette croissance s'est traduite par une augmentation substantielle de la vie religieuse, avec plus de 50 communautés religieuses désormais installées à Fréjus-Toulon, ainsi qu'un séminaire florissant.

    Membre de la Communauté Emmanuel, Mgr Rey ne serait pas habituellement associé au courant traditionaliste de l'Église. Pourtant, il a fait preuve d'une bienveillance et d'une hospitalité exceptionnelles envers ceux qui sont attachés aux rites les plus anciens. Son ministère se caractérise par une volonté de cultiver différents charismes qui prennent la foi au sérieux et peuvent enrichir l'Église. Dans cet entretien, il nous éclaire sur les motivations de cette démarche et nous livre une analyse particulièrement pertinente de l'Église en France.

    AD : Monseigneur, à une époque où de nombreux médias traditionnels ignorent ou déforment l’enseignement de l’Église, le besoin de médias catholiques indépendants et fidèles, capables d’informer les fidèles sans compromis, se fait de plus en plus sentir. Selon vous, pourquoi la création de nouvelles plateformes médiatiques catholiques est-elle urgente aujourd’hui, et quel rôle jouent-elles dans la défense du dépôt de la foi ?

    +DR : Les médias exercent une influence considérable sur la société. Il est important que les institutions catholiques soient présentes et que des prêtres y contribuent. On observe, par exemple en France et en Europe, une nouvelle génération de catholiques qui développent des plateformes et des podcasts. Parfois libres et indépendants, ils restent néanmoins fidèles à l’enseignement de l’Église. Il est essentiel d’encourager ces initiatives.

    AD : Monseigneur, compte tenu de la profonde sécularisation en Europe et en France, et du nombre important de personnes qui ont quitté l’Église, quelle est votre évaluation de l’urgence de la nouvelle évangélisation telle que développée par le pape Jean-Paul II, et quels sont les éléments essentiels nécessaires pour qu’elle porte du fruit aujourd’hui ?

    +DR : Dans notre contexte européen, marqué par une forte sécularisation et le départ de nombreuses personnes de l’Église, il est essentiel de développer un nouveau sens de l’évangélisation à travers les médias, différentes initiatives et les mouvements charismatiques.

    Parallèlement, il est essentiel de se rappeler que l'évangélisation commence par nous. Les plus grands évangélisateurs du monde furent les saints. C'est la personne totalement transformée par la grâce de Notre Seigneur qui est le premier vecteur d'évangélisation. L'évangélisation est indissociable de la sanctification.

    Deuxièmement, il est essentiel, dans le processus d'évangélisation, de cultiver un esprit de communion. Mon travail a été guidé par un profond sentiment de communion, une communion fondée sur la doctrine catholique, mais qui s'exprime à travers diverses dimensions, sensibilités et spiritualités.

    AD : La Fraternité Saint-Pie-X continue de faire la une des journaux suite à l’annonce de la consécration épiscopale de juillet. Compte tenu des initiatives prises sous les papes Benoît XVI et François, quelle est votre évaluation actuelle de cette annonce et quelles mesures concrètes souhaiteriez-vous voir se concrétiser dans les mois ou les années à venir ?

    +DR : La communion doctrinale est primordiale. Ma position est d’être clair avec la Fraternité sur ce qui est nécessaire, mais aussi de maintenir le dialogue avec elle, non pas sur des questions de foi, mais parce que l’Église se doit d’être ouverte à ses opinions, à son expression de fraternité et à ses projets.

    L'Église doit être disposée à intégrer les traditionalistes en son sein. La position de Benoît XVI a toujours été celle d'une Église ouverte, fidèle à l'ancienne tradition de médiation. Aujourd'hui, cette position est plus importante que jamais.

    AD : Traditionis Custodes et le rescrit qui a suivi ont profondément marqué les communautés attachées à la messe traditionnelle en latin. Plusieurs années plus tard, et alors que le pape Léon XIV rencontre des membres du clergé pro-la messe en latin, quel est votre avis sur la situation actuelle ?

    +DR : Si le pape Léon XIV rencontre ces groupes, je pense que c’est une bonne chose. C’est une excellente initiative qui permet à tous les fidèles de trouver cette expression de leur foi au sein de l’Église. Une nouvelle génération de jeunes est en quête de sacré, de spiritualité et de silence dans la liturgie traditionnelle. Il est essentiel de leur être ouvert et d’accueillir ces nouvelles aspirations.

    AD : Depuis votre retraite du siège de Fréjus-Toulon, vous avez continué à servir l’Église de diverses manières. Comment avez-vous vécu ces années de retraite, tant sur le plan personnel que spirituel ? Pensez-vous que le pape François ait eu raison de vous demander de démissionner ?

    +DR : J’ai accepté par obéissance au Saint-Père. J’ai accepté la décision du Pape, mais pas la raison invoquée. Un an auparavant, il m’avait répété à plusieurs reprises : « Reste dans le diocèse. Nous avons besoin de toi. » Un an plus tard, il m’a demandé de démissionner.

    Ma situation engendre une tentation de révolte, de refus de l'accepter. Ma mission ne s'est pas arrêtée à ma démission du diocèse de Fréjus-Toulon. Je donne de nombreuses conférences et maintiens des liens avec divers charismes au sein de l'Église.

    Je suis en paix car je n'ai d'autre solution que d'accepter la décision de notre Saint-Père et, en même temps, de poursuivre ce à quoi j'ai consacré ma vie : la mission, l'évangélisation, la communion entre les différentes expressions de la foi et le service du Christ jusqu'à ma mort.

    AD : Enfin, Monseigneur, comment évaluez-vous l’état actuel de l’Église en France, et observe-t-on des signes de renouveau malgré la profonde sécularisation du pays ?

    +DR : En France, nous avons connu de nombreuses crises. Mais une caractéristique de l’histoire de la France est qu’après une crise survient un temps de purification. Si l’on considère l’histoire de la France et de l’Église en France, on constate qu’elle a souvent progressé à travers des périodes de crise, suivies de mouvements de renouveau.

    Aujourd'hui, du fait de la sécularisation, beaucoup de personnes n'ont plus aucun contact avec l'Église et sont privées de culture chrétienne. Pourtant, une nouvelle génération aspire au baptême. C'est incroyable ! En dix ans, le nombre de baptêmes d'adultes a augmenté de 160 % en France. Dans chaque paroisse, la demande de découvrir ou de redécouvrir la foi ne cesse de croître. C'est pourquoi je suis plein d'espoir pour l'avenir.

    L’histoire de France est aussi une histoire de patrimoine, et au sein de ce patrimoine se trouve l’Église. Redécouvrir nos racines, nos traditions et notre patrimoine peut nous aider à découvrir un christianisme nouveau. Cela vaut non seulement pour la France, mais pour l’Europe, car la France a souvent été à l’avant-garde de nombreuses transformations sur le continent.

  • Apparitions : le message de la Vierge Marie au Nigéria

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    De Muji Kaiser sur le CWR :

    Le message de la Vierge Marie au Nigéria

    Parmi les nombreux messages de Marie à Aokpe, il y avait un appel à ses enfants à prier, en particulier le Rosaire, à assister fréquemment à la messe et à recevoir régulièrement les sacrements. La Vierge Marie a parlé de la miséricorde de Jésus et a imploré le repentir.

    Christiana Agbo (au centre) à Aokpe, au Nigéria, en 1996. (Image : Capture d'écran d'une vidéo YouTube)
    La persécution des chrétiens qui a actuellement lieu au Nigéria a été prédite par la Vierge Marie lors d'une apparition approuvée par l'Église et dont beaucoup n'ont jamais entendu parler.

    En 1992, la Vierge Marie est apparue à une jeune fille nommée Christiana Agbo à Aokpe, un village reculé de la région du Centre du pays Dans son premier message à Christiana, Marie a dit : « Je viens du Ciel. Je suis le refuge des pécheurs. Je viens du Ciel pour gagner des âmes pour le Christ et offrir un refuge à mes enfants dans mon Cœur Immaculé. Je te demande de prier pour les âmes du Purgatoire, pour le monde et de consoler Jésus. Accepteras-tu ? »

    Christiana répondit « Oui » sans hésiter.

    Christiana, âgée de douze ans, était issue d'une famille catholique fervente et neuvième d'une fratrie de dix enfants. La prière occupait une place centrale dans la vie de la famille Agbo. Aokpe (prononcé ah-OK-peh) était un petit village majoritairement catholique où le rosaire était récité avec dévotion. Malgré leur foi profonde, les habitants d'Aokpe ne pouvaient concevoir que leur minuscule village ait reçu une visite céleste. Aussi, lorsque les visions de Christiana furent rendues publiques, on les attribua à des esprits maléfiques.

    À mesure que la nouvelle des visions de Christiana se répandait, elle dut faire face aux critiques et aux réprimandes publiques du curé, un missionnaire anglais fervent dévot de Marie. Sa famille fut ostracisée par la communauté et les visites sur le lieu des apparitions furent interdites.

    Entre-temps, Christiana continuait de recevoir la visite de la Vierge Marie.

    La mère de Christiana, Regina, savait que sa famille avait toujours été fidèle à Dieu et ne croyait pas que sa fille fût visitée par un esprit malin. Pour s'en assurer, elle conseilla à Christiana de prier le Rosaire avec la Vierge Marie lors de sa prochaine apparition, confiante en son pouvoir contre le mal. Marie apparut de nouveau à Christiana, toujours en octobre, le mois du Rosaire. Christiana décrit la vision comme celle d'une belle femme vêtue d'une robe bleue, un voile bleu brillant lui couvrant la tête, le dos et les épaules. Les mains jointes sur la poitrine, elle tenait un Rosaire. Émerveillée par cette vision, Christiana oublia complètement les instructions de sa mère.

    Christiana ne parlait que très peu l'anglais à cette époque, mais Marie s'adressa à elle dans son dialecte natal, l'idoma, disant : « Je suis la Sainte Mère, je viens du Ciel, je suis le refuge des pécheurs. Le temps de révéler mon nom n'est pas encore venu. Le nom que je révélerai sera puissant. N'aie pas peur. Christiana, où est ton chapelet ? » Christiana courut dans la chambre de ses parents, prit le chapelet de sa mère et retourna vers la Vierge Marie. Ensemble, elles prièrent, Marie ne disant que le Gloire au Père, prononçant les mots de tout son être, comme si Dieu était devant elle.

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  • Le non du pape au transhumanisme; voici ce que contient l'encyclique Magnifica Humanitas

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Le non du pape au transhumanisme. Voici ce que contient l'encyclique.

    La contemplation du Verbe incarné est la seule voie pour vivre positivement à l'ère de l'intelligence artificielle, pour éviter « l'éclipse du sens de ce que signifie être humain ». La Bussola est en mesure d'anticiper le contenu de la première encyclique de Léon XIV, Magnifica Humanitas, qui sera présentée ce 25 mai.

    24/05/2026

    Dans quelques heures, Magnifica Humanitas,  la première encyclique du pontificat de Léon XIV, sera présentée. Le pape a signé le document le 15 mai, date du 135e anniversaire  de l' encyclique Rerum Novarum  de son prédécesseur, Léon XIII. On sait d'ores et déjà que son thème sera la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle.

    Mais que trouverons-nous dans cette encyclique tant attendue ? En voici un aperçu. La thèse du Pape est que  Magnifica Humanitas, face au progrès technique, se trouve à la croisée des chemins entre autosuffisance et solidarité. Le texte présente cette alternative à travers des images bibliques. Le danger d’un pouvoir excessif de l’humanité sur elle-même, concept déjà exploré par Benoît XVI dans son encyclique  Spe Salvi, est ici abordé à la lumière du développement de l’intelligence artificielle et de la numérisation. La solution proposée par Léon XIV pour éviter la déshumanisation induite par l’IA est théologique : le mystère de l’Incarnation.

    L'encyclique donne une continuité et une profondeur aux paroles que le pape nouvellement élu a adressées aux cardinaux, expliquant qu'il avait choisi ce nom pontifical en hommage à  Rerum Novarum  , qui « abordait la question sociale dans le contexte de la première grande révolution industrielle », tandis qu'« aujourd'hui, l'Église offre à tous son héritage de doctrine sociale pour répondre à une autre révolution industrielle et aux développements de l'intelligence artificielle, qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail ».

    La doctrine sociale retrouve une place centrale dans ce document et se présente non comme un décalogue de normes, mais comme une réalité vivante permettant d'entrer en relation avec la société et autrui. C'est une conception que Prevost avait déjà exprimée dans la préface d'un ouvrage de son ami et confrère prêtre John Lydon, paru en 2024.  Magnifica Humanitas  dissipe toute accusation d'ingérence dans la doctrine sociale, affirmant son ancrage dans la contemporanéité tout en la rattachant au Christ et non à un contexte sociologique.

    Le pape souligne le rôle de discernement que joue l'intelligence artificielle, permettant d'orienter les actions à l'ère de la familiarité avec cette technologie. Dans son message pour la Journée mondiale des communications sociales, évoquant les transformations induites par le progrès du numérique, Léon XIV a cité saint Grégoire de Nysse, qui affirmait qu'« être créé à l'image de Dieu signifie que l'homme, dès sa création, est doté d'un caractère royal ».

    Ces thèmes sont récurrents dans cette encyclique, où le Pape défend la dignité inhérente à la personne humaine, voulue, créée et aimée de Dieu. C’est précisément la protection de la dignité humaine qui est présentée comme le critère permettant de distinguer le bien du mal, même dans le domaine du développement technologique. Ce qui préoccupe avant tout le Pape, c’est le risque de manquement moral à la responsabilité lié à l’utilisation de l’intelligence artificielle. C’est pourquoi, dans cette encyclique, il a jugé nécessaire de développer les mises en garde formulées dès la première année de son pontificat.
    Par exemple, dans un message pour la Journée internationale des mathématiques, Léon XIV appelait à ce que l’utilisation des algorithmes respecte le « développement intégral de la personne » et ne fasse pas l’impasse sur « la dimension morale de ces technologies émergentes ».

    Le pape mathématicien critique ceux qui cherchent à transcender l'humanité par la technologie . Au contraire, il prône ce qu'il appelle un « sain sens des proportions » dans un message important adressé aux membres du conseil d'administration de la Fondation de l'Observatoire du Vatican. Les préoccupations du pape portent principalement sur l'impact de l'intelligence artificielle sur les relations et les réseaux sociaux. Ainsi,  Magnifica Humanitas  se refuse à l'appel récent du pape à « s'engager à promouvoir des formes de communication qui respectent toujours la vérité de l'humanité, vers laquelle devrait tendre toute innovation technologique », et à soulever la question du rapport entre cette dernière et la liberté. 

    Il est également clair que le Pape, qui s'est présenté au monde par un éloquent « Que la paix soit avec vous » et qui s'est opposé fermement au président Donald Trump au sujet du conflit iranien, ne pouvait passer sous silence le rôle des nouvelles technologies dans la guerre. La défense du multilatéralisme, fidèle à la position traditionnelle du Saint-Siège, est incontournable à l'heure où ce multilatéralisme semble plus fragilisé que jamais. L'appel à un usage éthique de l'intelligence artificielle, bien que pertinent en général, est d'autant plus pressant lorsqu'il s'agit d'armements.

    En définitive, l'encyclique de Léon XIII n'est pas opposée à l'intelligence artificielle, mais, dans une perspective typiquement augustinienne, vise à l'orienter vers la réalisation du bien commun. À cette fin,  Magnifica Humanitas  réaffirme  les propos du Pape à la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, exprimant son espoir que l'humanité retrouve et renforce sa foi en sa capacité à maîtriser l'évolution de ces technologies. Et il est admirable que Léon XIV, abordant un thème aussi contemporain, juge nécessaire de souligner la nécessité de contempler le Verbe incarné comme seul moyen d'échapper à « l'éclipse du sens de l'humanité », selon ses propres termes.

  • Aujourd'hui : on fête Marie, Mère de l'Eglise

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    (Archive 2018) Du Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon et Primat des Gaules (source) :

    Lundi de Pentecôte 2018, une nouveauté dans la liturgie de l’Église ! Depuis plusieurs années, la question était posée d’instituer une fête de Marie, Mère de l’Église, déjà célébrée en Pologne et en Argentine, le Lundi de Pentecôte. À Rome, la Congrégation pour le Culte divin, sans doute sollicitée depuis longtemps par beaucoup d’églises locales, a annoncé le 3 mars dernier la décision d’étendre cette fête à toute l’Église, un décret qui prend effet en 2018, ce lundi 21 mai. Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin depuis 2014, répond ainsi à un désir depuis longtemps ancré dans l’esprit et le cœur de beaucoup.

    La joie du temps ordinaire. Je me rappelle les lettres que m’avait écrites à ce sujet l’ancienne Mère Abbesse d’Argentan, dans le diocèse de Séez, et son insistance lors d’un passage à l’Abbaye : « Mais pourquoi ne faisons-nous pas cela aussi en France ? » Pourquoi en effet ? Maintenant que la décision est prise, il ne suffit pas de s’en réjouir, il faut aussi comprendre l’histoire et le sens de ce titre donné à Marie, de cette fête dont le cardinal Sarah a décrit l’esprit. 

    Dans l’année liturgique, le temps qui nous conduit vers Pâques et la Pentecôte est extrêmement riche et intense. Après le cheminement exigeant du carême, la Semaine Sainte et le feu de la Passion, vient une cinquantaine (c’est le sens du mot grec Pentecostès) de jours qui n’en font qu’un : « Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie. » Au terme de la cinquantaine pascale, une « solennité d’exultation », l’Esprit-Saint est donné aux Apôtres sous forme de langues de feu. C’est la promesse que Jésus leur avait faite dans les dernières paroles qu’il a prononcées sur terre et qui sont la meilleure catéchèse du sacrement de la confirmation :« Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Act. 1, 8). 

    Aussitôt après, le Lundi de Pentecôte, on « retombe » brusquement, comme on entend dire parfois, dans le temps ordinaire. C’est pourtant quelque chose de très beau pour nous que d’être envoyés en mission pour vivre et répandre l’amour reçu du Seigneur dans le concret de notre vie familiale, professionnelle ou sociale… Il y a une merveille du « temps ordinaire » ; j’ai lu un jour un bel Eloge du Temps ordinaire (Jeannine Marroncle, L’Atelier, 1995), inspiré peut-être de la manière dont Madeleine Delbrêl parle de la sainteté des « gens ordinaires » (La sainteté des gens ordinaires, Nouvelle Cité, 2009). Désormais, l’Église nous invite à entreprendre cette nouvelle étape de l’année liturgique sous le regard et avec la présence maternelle de la Vierge Marie ; c’est simple et réconfortant. L’obéissance à la Parole de Dieu de celle qui s’offre comme « la servante du Seigneur » à l’Annonciation, son attention à tous et dans toutes les circonstances (pensons au repas des noces de Cana où elle est la première à voir qu’« ils n’ont plus de vin »), tout cela nous aide et nous stimule pour rester fidèles à l’Amour de Dieu et réaliser notre vocation de « pierres vivantes » de l’Église.  

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  • Le lundi de la Pentecôte : une place de choix pour "Marie Mère de l'Eglise" dans le calendrier liturgique

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    Lundi de la Pentecôte : le pape offre une place de choix à Marie mère de l'Eglise

    Rédigé par Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements et le cardinal Robert Sarah (archive du  dans Religion (L'Homme Nouveau)

    Institution de la fête de « Marie, Mère de l’Église »

    L'Eglise catholique a toujours accordé une place importante à la Sainte Vierge. Elle déclarait dèjà, en 1964, par l'intermédiaire du Pape Paul VI, la bienheureuse Vierge Marie "Mère de l’Eglise", constatant que “le peuple chrétien tout entier honore toujours et de plus en plus la Mère de Dieu par ce nom très doux”. Une place de plus en plus importante était donnée à ce titre, par différents biais : messe votive, faculté d’ajouter l’invocation de ce titre dans les Litanies Laurétanes... 

    Désormais, par une décision du pape François, le lundi de la Pentecôte la mémoire de Marie Mère de l’Eglise sera obligatoire pour toute l’Eglise de Rite Romain. Vous retrouverez ici le décret sur la célébration de la bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Eglise dans le Calendrier Romain Général ainsi qu'un texte explicatif du Cardinal Robert Sarah. 

    Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

    DECRET sur la célébration de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, dans le Calendrier Romain Général

    La joyeuse vénération dédiée à la Mère de Dieu dans l’Eglise contemporaine, à la lumière de la réflexion sur le mystère du Christ et sur sa propre nature, ne pouvait pas oublier cette figure de Femme (cf. Gal 4, 4), la Vierge Marie, qui est à la fois Mère du Christ et Mère de l’Eglise.

    Ceci était déjà en quelque sorte présent dans la pensée de l’Eglise à partir des paroles prémonitoires de saint Augustin et de saint Léon le Grand. Le premier, en effet, dit que Marie est la mère des membres du Christ, parce qu’elle a coopéré par sa charité à la renaissance des fidèles dans l’Eglise; puis l’autre, quand il dit que la naissance de la Tête est aussi la naissance du Corps, indique que Marie est en même temps mère du Christ, Fils de Dieu, et mère des membres de son Corps mystique, c’est-à-dire de l’Eglise. Ces considérations dérivent de la maternité de Marie et de son intime union à l’œuvre du Rédempteur, qui a culminé à l’heure de la croix.

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  • Pour comprendre la fête de Marie, Mère de l'Église, célébrée le lundi de la Pentecôte

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    De Noémie Bertin sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Comprendre la nouvelle fête de Marie, Mère de l'Église

    MAGAZINE – Sur décision du pape François, une nouvelle mémoire liturgique vient honorer la Vierge le lundi de Pentecôte. Explications.

    La Croix, l'hostie et la Vierge

    « Le vœu est que cette célébration rappelle que, si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités – la Croix, l’hostie et la Vierge. Trois mystères pour structurer, féconder, sanctifier notre vie intérieure et nous conduire vers Jésus. »

    Cardinal Robert Sarah

    Notre-Dame du Suprême Pardon, Reine des Anges, Mère de l’Eucharistie... Les siècles de piété ont honoré la Vierge Marie de centaines de titres. Tirés de l’Écriture, de la Tradition ou de lieux d’apparitions, ces vocables expriment la belle majesté de celle que toutes les générations diront bienheureuse. Le 11 février dernier, Rome est venu inscrire l’un de ces titres dans le calendrier liturgique. La « mémoire obligatoire de la bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église » se célébrera désormais dans le monde entier le lundi de Pentecôte.

    Un décret du pape François, signé par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, l’a solennellement annoncé. Son préfet, le cardinal Robert Sarah, y voit un « progrès réalisé dans la vénération liturgique réservée à la Vierge Marie, suite à une meilleure compréhension de sa présence dans le mystère du Christ et de l’Église ». Désireux de veiller à « la croissance du sens maternel de l’Église », le pape François désire ainsi, selon ses mots, favoriser une « vraie piété mariale ».

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  • Brûlures internes et côtes cassées

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    Du sur The Catholic Thing :

    Brûlures internes et côtes cassées

    Un jour, l'apôtre de Rome se rendit dans ces catacombes la veille de la Pentecôte. Tandis qu'il priait, le Saint-Esprit lui apparut sous la forme d'une sphère de feu qui pénétra dans sa bouche et se déposa dans son cœur. Il sentit son cœur se gonfler. Dès lors, comme plusieurs personnes en témoigneront plus tard, une chaleur mystérieuse mais perceptible, une véritable chaleur, émana de son cœur. Après sa mort, l'autopsie révéla que deux côtes s'étaient brisées, formant une arche pour accueillir le cœur hypertrophié.

    Il est symbolique que la fête de saint Philippe Néri (le mardi 26 mai) soit si proche de la Pentecôte. Son expérience dans les catacombes est en effet un grand enseignement sur la manière dont nous devons accueillir l'Esprit Saint en ce jour. Comme pour tout miracle, sa rencontre avec le Saint-Esprit révèle de façon extraordinaire ce qui devrait être ordinaire pour chaque catholique. Et, pour ne pas considérer l'expérience de saint Philippe comme étrange, rappelons-nous que nous prions souvent pour la même chose : « Viens, Esprit Saint, remplis le cœur de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour. »

    À savoir, des brûlures internes et des côtes cassées.

    Tout d'abord, une révélation. Que l'Esprit Saint réside dans le cœur – centre de l'amour – nous en dit long sur qui Il est et ce qu'Il fait. L'Esprit Saint est l'Amour de Dieu. Il ne s'agit pas d'une simple pieuse formule, mais d'une profonde vérité théologique. L'Esprit Saint n'est pas seulement l'amour venant de Dieu. Il est l'amour de Dieu lui-même – c'est-à-dire l'amour qui réside en Dieu, entre le Père et le Fils, l'amour qui existe de toute éternité. Il est la Personne que saint Jean-Paul II appelait le « Don d'Amour incréé ».

    En tant que Personne qui est Amour, l’Esprit nous est donné afin que nous puissions aimer. Car « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5:5). Tous ses dons et ses grâces nous sont accordés afin que nous soyons parfaits dans l’amour. Tous ses fruits sont, en définitive, les effets de l’amour. Le Saint-Esprit produit la sainteté, qui est la perfection dans l’amour.

    La Vision de saint Philippe Néri par Marco Benefial, 1721 [Musée Fitzwilliam, Université de Cambridge]

    De plus, l’image du feu révèle comment cette Personne accomplit son œuvre d’amour en nous. L’Esprit Saint est comme un feu, un amour qui purifie, illumine et vivifie. Il purifie nos cœurs des amours éphémères qui nous retiennent prisonniers. Il illumine nos cœurs pour que nous connaissions Dieu, que nous nous connaissions nous-mêmes et que nous sachions aimer. Il nous donne la force d’aimer les autres de l’amour même de Dieu.

    Pour ceux qui l'entouraient, la chaleur qui émanait du cœur de saint Philippe manifestait l'amour de Dieu en lui. Une fois encore, cet événement extraordinaire révèle ce qui devrait être la norme. Notre union avec l'Esprit devrait produire en nous une chaleur qui rayonne sur les autres par nos paroles et nos actes. En réalité, le plus étonnant n'est pas que la chaleur de l'Esprit se soit manifestée à travers saint Philippe Néri, mais qu'elle ne soit pas si évidente en nous.

    Deuxièmement, les côtes cassées. Il est important de noter que cette blessure n'a pas entravé la vie de Philippe. Il a mené une vie apostolique active pendant cinquante ans après l'incident. De toute évidence, ce don de l'Esprit s'est accompagné d' une certaine douleur. Mais nous devons la considérer comme la « douce violence » de l'Esprit dont parle saint François de Sales. Ou encore comme une correction salutaire, lorsque nous demandons à l'Esprit, dans la séquence d'aujourd'hui, de « plier le cœur et la volonté obstinés ». 

    En résumé, pour recevoir l'Esprit, il faut que quelque chose en nous se donne. Nous avons souvent tendance à vouloir forcer Dieu à entrer dans nos vies, à le faire agir pour nous. Mais l'Esprit ne s'adapte pas à nos vies terrestres. Il n'est pas, en quelque sorte, fait pour cela. À l'image d'un vent puissant qui apporte un air frais mais qui parfois bouleverse tout, il chamboule certains aspects de nos vies afin de lui laisser plus d'espace pour agir. 

    En réalité, l'Esprit n'a rien de pratique ni de confortable – au sens mondain du terme. Il vient non pour perpétuer nos vies telles qu'elles sont, mais pour habiter en nous et y reproduire la vie du Christ. Cela exige de notre part un changement. En vérité, même le réconfort qu'il apporte dépasse l'entendement du monde ; il ne correspond pas à sa conception du confort. Vivre selon l'Esprit requiert une volonté inconditionnelle de changer. 

    Notre Seigneur nous dit que le Père « ne compte pas son Esprit » (Jean 3, 34). En effet, il n’est pas avare. Mais nous, si. Nous dressons en nous des barrières et des obstacles à la croissance de son amour. Ou bien nous désirons utiliser ses dons de grâce pour nos projets personnels, au lieu de les consacrer à notre propre croissance spirituelle. 

    Pour que cette fête et ce don de l'Esprit soient efficaces, nous devons le laisser nous consumer et nous transformer. Purifier nos cœurs par le feu de son amour et les conduire là où il veut qu'ils soient.

    Le père Paul Scalia est prêtre du diocèse d'Arlington (Virginie), où il exerce les fonctions de vicaire épiscopal pour le clergé et de curé de la paroisse Saint-Jacques de Falls Church. Il est l'auteur de « Que rien ne soit perdu : Réflexions sur la doctrine et la dévotion catholiques » et le directeur de publication de « Sermons en temps de crise : Douze homélies pour éveiller votre âme » .

  • Pentecôte : une conclusion, mais aussi un nouveau commencement

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    Pentecôte : une conclusion, mais aussi un nouveau commencement

    Lorsqu'on évoque les trois solennités de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, Noël est souvent la fête préférée, notamment pour des raisons émotionnelles. Pour d'autres, c'est Pâques qui prime, car ce jour-là, nous commémorons le cœur même de notre foi : notre salut. La Pentecôte est sans doute la fête favorite des membres des mouvements charismatiques, mais pour le croyant lambda, elle aurait du mal à occuper la première place si l'on devait établir un classement de leur importance. Cela tient peut-être aussi au fait que, dans la Sainte Trinité, le Saint-Esprit vient en troisième position, et que, dans notre prière, nous avons tendance à nous adresser d'abord au Père et au Fils. S'il nous est aisé d'imaginer le Père et le Fils sous forme humaine, il est plus difficile de se représenter le Saint-Esprit, généralement figuré par une colombe. En tant qu'êtres humains, nous sommes, après tout, dépendants des représentations visuelles, tout en sachant que toute image de la Divinité n'est qu'une tentative d'exprimer une réalité transcendante qui ne peut être saisie par des images.

    Néanmoins, avec la grande fête de la Pentecôte, la révélation de Dieu à l'humanité trouve son accomplissement. C'est l'accomplissement de la promesse faite par Jésus lui-même à ses Apôtres lors de son départ : « Et le Père vous donnera un autre Consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous : l'Esprit de vérité » (Jean 14, 16). Promesse que Dieu continuera d'être présent auprès de l'humanité d'une autre manière pour poursuivre en nous l'œuvre du salut, par le Consolateur, aussi appelé Paraclet, l'Avocat qui nous assistera et continuera de nous guider vers la Vérité que le Seigneur Jésus nous a apportée.

    Nous pouvons donc accueillir le Saint-Esprit comme la présence agissante de Dieu lui-même dans nos vies. Il vient demeurer en nous d’une manière particulière lors du sacrement du baptême, afin d’y demeurer activement présent. C’est le Saint-Esprit qui poursuit en nous l’œuvre du salut et nous accorde ses dons. Ces dons du Saint-Esprit ont été magnifiquement exprimés par Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « À l’un, l’Esprit donne une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, par le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à d’autres encore, des dons de guérison, le pouvoir d’opérer des miracles, le don de prophétie, le discernement des esprits, la diversité des langues, ou leur interprétation. Tout cela vient d’un seul et même Esprit, qui distribue à chacun ses dons comme il le veut » (1 Corinthiens 12, 8-11).

    À une époque où l'on se concentre presque exclusivement sur ses propres talents et où l'on est convaincu que tout ce que l'on sait et fait est le fruit de ses propres capacités, il est peut-être difficile de reconnaître et d'accepter que ces talents ne nous soient pas uniquement attribués, mais qu'ils soient des dons reçus. C'est toujours l'orgueil qui nous aveugle et limite notre horizon à notre propre personne et à nos propres aptitudes. Ce faisant, nous perdons également conscience de la présence du Saint-Esprit dans nos vies.

    Lors de la dernière veillée pascale, j'ai assisté au baptême de plusieurs adultes. Le simple fait de me souvenir de mon propre baptême a rendu cet événement profondément significatif et a fortifié ma foi en la puissance de l'Esprit Saint à l'œuvre en moi, précisément par le sacrement du baptême. Le fait que de plus en plus de baptêmes d'adultes aient lieu aujourd'hui est effectivement lié à un désir croissant chez les jeunes d'être accueillis dans l'Église, ce qui devrait nous donner des raisons d'être optimistes. Mais il faut aussi considérer cela dans le contexte du fait que de moins en moins d'enfants sont baptisés peu après leur naissance. Maintenant que la foi n'est plus une évidence pour beaucoup, l'idée s'est répandue que l'entrée dans la foi doit être un choix conscient qui ne peut se faire qu'à un âge plus avancé. Mais cela ne prive-t-il pas les enfants de l'action positive de l'Esprit Saint, qui est conférée à une personne précisément au moment du baptême ? Cependant, si l'on considère le baptême comme un simple rite qui n'entre pas du tout en ligne de compte dans l'éducation d'un enfant, on peut effectivement s'interroger sur la pratique du baptême des enfants. Il faut être réceptif à l'action du Saint-Esprit, s'y ouvrir et coopérer positivement. L'action du Saint-Esprit est intimement liée à la puissance de la grâce de Dieu, à laquelle nous ne pouvons que répondre. C'est pourquoi faire baptiser un enfant implique aussi la responsabilité de créer, dans son éducation, l'espace nécessaire pour que le Saint-Esprit puisse déverser sa grâce dans son cœur et, par là même, lui transmettre ses dons.

    La décision de ne pas faire baptiser ses enfants, ainsi que l'indifférence envers la foi qui règne chez beaucoup, s'inscrit dans la conception contemporaine selon laquelle on ne doit rien imposer à celui qui ne peut choisir librement. Toute la campagne menée en Belgique contre la circoncision juive relève de cette conviction, tout en touchant à un principe inhérent à la foi juive. La circoncision n'est pas un simple rituel portant atteinte à l'intégrité physique, comme certains le prétendent, mais elle repose sur des fondements bibliques auxquels les Juifs doivent rester fidèles et qui font partie intégrante de leur identité. Il ne s'agit pas ici de liberté individuelle, mais d'une conviction religieuse qui doit être respectée. Nous sommes face à un double standard : d'un côté, on devient hypersensible à tout ce qui touche aux droits de l'homme et l'on cherche à les étendre encore davantage ; de l'autre, on adopte une attitude désinvolte à l'égard de la liberté de culte et des questions connexes. Bientôt, le droit à l'avortement, tel qu'il est actuellement inscrit dans la Constitution française, primera sur le droit de pratiquer sa religion.

    Mais revenons un instant à notre grande fête de la Pentecôte et célébrons ce jour d'une manière particulière, comme une invitation à vivre plus consciemment la grâce de notre baptême. De même que le Saint-Esprit est la troisième Personne de la Sainte Trinité, parfois oubliée, le sacrement du baptême l'est aussi, pour beaucoup de croyants, réduit à un simple événement historique et, de ce fait, lui aussi tombé dans l'oubli. Autrefois, on demandait encore ici et là si l'on avait été baptisé, mais aujourd'hui, on n'entend plus cette question, par exemple lors d'entretiens d'embauche, même dans les institutions d'inspiration chrétienne. Cela ressemblerait presque à une intrusion dans la vie privée. Encore un symptôme de la façon dont tout ce qui touche à la foi est relégué à la sphère privée. C'est peut-être précisément pourquoi la Pentecôte est le moment idéal pour sortir de cette sphère privée, forts de la puissance que nous pouvons recevoir du Saint-Esprit, pour redonner à la foi toute sa pertinence dans notre société et pour ne pas laisser quiconque tenter de nous faire taire sur ce sujet.

    Nous pouvons prendre exemple ici le pape Léon XIV qui, en ces temps de guerre et de violence, continue de proclamer avec une grande constance le message de paix et de réconciliation, et permet à ce message de résonner librement dans le monde comme un message évangélique. Ce faisant, il montre que la foi ne doit pas être enfermée dans la sacristie, pour reprendre une expression de son prédécesseur. Lorsque je prendrai conscience de la grâce du baptême reçue lors de mon baptême, je créerai également dans ma vie un espace pour que cette grâce baptismale – que l’on pourrait appeler l’œuvre du Saint-Esprit en nous – puisse agir et me donner la force de vivre ma foi plus consciemment et de la proclamer sans crainte. Ce dernier point peut sembler le plus difficile dans la société actuelle, mais le Christ nous en a avertis lorsqu’il a annoncé la venue du Saint-Esprit : « l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point » (Jean 14, 17). Ce que nous observons aujourd’hui en termes de résistance ne doit donc pas nous surprendre, et certainement pas nous décourager ; il ne fait que prendre de nouvelles formes d’expression. Relire les vies des premiers chrétiens peut certainement nous aider à cet égard et même nous encourager à vivre notre foi ouvertement et à la proclamer sans crainte.

    C’est pourquoi la solennité de la Pentecôte, en plus de marquer la fin du temps pascal, est aussi un nouveau commencement : fortifiés par le Paraclet, nous pouvons intégrer activement notre baptême dans nos vies d’une manière renouvelée, et par là aussi dans nos relations avec les autres. Chantons donc : « Viens, Esprit Créateur, descends sur nous ; fais ton entrée parmi nous, Seigneur. »

  • Pentecôte : les sept dons de l’Esprit ou l’Échelle intérieure

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    Les dons du Saint Esprit.jpgPlus de sept siècles avant la naissance de Jésus, le prophète Isaïe parle ainsi du Messie : “Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété ; et l’esprit de crainte du Seigneur le remplira” (Is. 11, 2-3).

    Cette mystérieuse énumération ne s’applique pas seulement au Fils de Dieu incarné, elle propose à notre humanité une voie de sanctification, car nous sommes invités à recevoir les mêmes dons, à gravir les mêmes échelons spirituels pour progresser sur le Chemin, dans la Vérité, vers la Vie. Comme l’écrit Dom Prosper Guéranger dans son Année liturgique (qui a inspiré la substance de ce texte) : “L’humanité de Jésus est le type surnaturel de la nôtre, et ce que l’Esprit-Saint a opéré pour la sanctifier doit en proportion avoir lieu en nous”.

    On vient de le lire, la première liste des dons de l’Esprit est descendante ; Isaïe décrit le Messie comme s’il le voyait d’en haut, commençant par la sagesse et terminant par la crainte. Or, le rédacteur inspiré du livre des Proverbes affirme que “la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse” (Prov. 9, 10), comme s’il contemplait les mêmes dons de l’Esprit d’en bas, depuis le sol de notre nature humaine, là où l’aventure spirituelle commence...

    Posons le pied sur le premier échelon : la crainte de Dieu. Cette crainte n’est en rien de la peur ou de la défiance vis-à-vis de Dieu ; au contraire, elle exprime la situation initiale objective de la créature face au Créateur : la petitesse. Considérant l’infinité de Dieu, l’homme ne peut que reconnaître d’emblée sa propre insuffisance, ses carences, son péché. La vision du sommet d’une très haute montagne, l’infini des mathématiques ou le ciel étoilé peuvent donner une idée du rapport initial qui s’établit entre Dieu et celui qui le découvre. La vertu primordiale pour entamer et poursuivre jusqu’au bout le voyage spirituel est donc l’humilité. Lestée de son orgueil natif, l’homme peut entamer avec confiance son ascension, sûr que Jésus-Christ le précède tout au long du parcours, car s’il a pris notre condition humaine, c’est pour nous entraîner à sa suite. Il a reconnu le parcours, l’a balisé, équipé de relais...

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