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Foi

  • Souffrances et espérance de l’Église en France

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    Du site de l'ECLJ :

    La France a le bonheur et l’honneur de recevoir le Saint Père cette semaine, à Paris, Lourdes et Metz. Pour cette grande occasion, le Centre européen pour le droit et la justice a rédigé un nouveau rapport intitulé «Souffrances et espérance de l’Église en France», que nous publions aujourd’hui.

    Des centaines de milliers d'inscrits aux cérémonies, un engouement fort et large dans la société... Et pourtant, face à cet enthousiasme, certaines voix s'opposent, critiquent cette venue pontificale et invoquent la laïcité et le coût de ce déplacement... 

    C'est précisément cette tension permanente vis-à-vis du catholicisme en France qui est au cœur de notre rapport.

    Après un état des lieux de la pratique religieuse en France, nous présentons les pressions idéologiques, injustices et discriminations «légales» subies par l’Église et les catholiques en France, en particulier dans les domaines religieux, éducatif et sanitaire.

    Nous exposons aussi l’augmentation de la violence à l’encontre des chrétiens, qu’il s’agisse de violences verbales, physiques, ou d’atteintes aux lieux de culte.

    De fait, la «France catholique» reste victime d’injustices et de violences dans son propre pays.

    Mais le but de ce rapport n’est pas d’enfoncer les catholiques dans une attitude victimaire, et de s’y complaire. Il est au contraire de les aider à changer de mentalité: à se libérer d’un esprit de défaite et de soumission à l’égard du monde, auxquels nous nous sommes trop longtemps habitués, pour défendre les droits et libertés de l’Église et de Dieu dans la société.

    Alors que la société s’effondre sous nos yeux et que la France déchoit chaque année davantage, l’Église retrouve, miraculeusement, au milieu des ruines, une nouvelle vigueur. Ce ne sont pas ces ruines qui attirent les milliers de jeunes gens qui se convertissent, mais le désir de tout restaurer dans le Christ.

    Puisse cet exposé des souffrances et de l’espérance de l’Église en France, associé à l’engouement spectaculaire de la venue du Pape, contribuer à libérer les catholiques et à ouvrir les yeux des Français.

    Couverture Rapport

    Les catholiques français se sont habitués à vivre avec une souffrance latente, un sentiment de précarité politique, d’ostracisation, presque de honte. Les catholiques sont non seulement devenus minoritaires au sein de la société française mais, plus grave encore, ils sont à présent incompris. La population, dans son immense majorité, a perdu le sens des réalités essentielles de la foi chrétienne...

    Les catholiques, en revanche, gardent espoir, animés par la foi, l’espérance et la charité, riches de l’immense patrimoine de la chrétienté...

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  • Aucune réponse à la demande d'audience papale du pèlerinage Ad Petri Sedem

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    D'Edward Pentin sur substack :

    Aucune réponse à la demande d'audience papale du pèlerinage Ad Petri Sedem

    Neuf mois après que les organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem ont sollicité une audience, le Vatican a refusé une messe pontificale à Saint-Pierre et aucune rencontre papale n'a été annoncée.

    Des pèlerins se dirigent en procession vers la basilique Saint-Pierre lors du pèlerinage Ad Petri Sedem de l'année dernière à Rome, le 25 octobre 2025 (Photo : Edward Pentin)

    Le pape Léon XIV rate-t-il une occasion de panser les plaies des catholiques traditionnels en ne rencontrant pas un large groupe représentatif d'entre eux le mois prochain ?

    Le Saint-Père n'a jusqu'à présent pas répondu à la demande d'audience papale formulée par les responsables d'un pèlerinage catholique traditionnel annuel à Rome, bien que cette demande ait été faite il y a neuf mois et que le pape ait déclaré l'année dernière qu'il souhaitait rencontrer de tels groupes.

    Les organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem (au Siège de Pierre) du 23 au 25 octobre, composés en grande partie de laïcs, avaient sollicité une audience papale dans une lettre signée par deux membres laïcs de l'organisation et remise personnellement par l'évêque Athanasius Schneider lors de sa rencontre avec le pape Léon au Vatican en décembre dernier.

    Dans la même lettre, ils ont également demandé l'autorisation de célébrer une messe pontificale à l'autel de la Chaire de la basilique Saint-Pierre, comme cela s'est produit plusieurs années auparavant, et lors du pèlerinage de l'année dernière qui a eu lieu pendant l'année jubilaire et qui a été célébré par le cardinal Raymond Burke.

    Le pèlerinage est organisé par Coetus Internationalis , une association regroupant 33 associations catholiques traditionnelles du monde entier. L'année dernière, environ 3 000 fidèles ont participé à ce rassemblement annuel de trois jours.

    Après plusieurs demandes de réponse définitive, le Secrétariat d'État a refusé, le 7 août, l'autorisation de célébrer la messe pontificale en la basilique Saint-Pierre. Celle-ci aura lieu en la basilique Sainte-Marie-Majeure le 24 octobre, et sera célébrée par Mgr Athanase Schneider.

    Les organisateurs ont exprimé leur « profonde gratitude » au cardinal Rolandas Makrickas, archiprêtre de Sainte-Marie-Majeure, pour avoir accordé l'autorisation de célébrer la messe.

    Aucune raison officielle n'a été donnée quant à la décision du Vatican. Les pèlerins se rendront néanmoins en procession dans la basilique Saint-Pierre ce jour-là pour vénérer les reliques de l'apôtre Pierre et observer un moment de prière.

    Mais voilà qu'il n'y a pas eu de réponse à la demande d'audience papale, alors qu'aucun engagement papal n'a été annoncé publiquement pendant le pèlerinage, à l'exception de l'angélus du pape le 25 octobre.

    Ce silence surprend particulièrement les catholiques traditionnels, étant donné la volonté déclarée du Saint-Père d'en savoir plus sur eux.

    Dans une interview accordée à la journaliste du Vatican Elise Ann Allen et publiée il y a un an, le pape Léon XIV a déclaré n'avoir pas encore eu l'occasion de « s'entretenir véritablement avec un groupe de personnes qui défendent le rite tridentin ». Il a ajouté : « Une occasion se présentera bientôt, et je suis certain que d'autres se présenteront. » Il a ensuite suggéré que la question pourrait devoir être abordée dans le cadre d'un processus synodal : « C'est une question sur laquelle nous devrons, je pense, peut-être aussi, nous asseoir et discuter lors d'une synodalité. »

    Les observateurs voient dans l'absence d'audience papale une contradiction avec son soutien manifeste à la synodalité, le souhait exprimé par le pape d'écouter tous les fidèles, et notent son ouverture à de nombreux autres groupes qu'il reçoit régulièrement en audience privée.

    Au cours du mois écoulé, le Saint-Père a reçu des représentants d'une grande variété d'organisations, notamment des participants à la réunion « Fratelli tutti : Dialogue socio-environnemental Nord-Sud » (12 septembre) ; les Adorateurs perpétuels du Saint-Sacrement de la Fédération du Saint-Esprit (5 septembre) ; une délégation du Oriel College de l'Université d'Oxford (4 septembre) ; une délégation américaine de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (28 août) ; et des évêques de l'Église luthérienne de Norvège (26 août).

    En février, Léon XIV a reçu les membres de Pro Petri Sede, une association laïque, explicitement « à l’occasion de votre pèlerinage à Rome ». Il a souligné que ses membres effectuent régulièrement ce pèlerinage tous les trois ans pour rencontrer le Successeur de Pierre. Il a également rencontré régulièrement des groupes de pèlerins à la fin de ses audiences générales hebdomadaires – une possibilité qui n’est pas offerte aux organisateurs du pèlerinage Ad Petri Sedem .

    Au sein des milieux traditionalistes, certains constatent une tendance à exclure les catholiques traditionalistes de l'accès au Saint-Père. Ils s'inquiètent également du maintien, voire du renforcement dans certains diocèses, des restrictions imposées au vetus ordo – Toronto en étant le dernier exemple .

    Faute d'occasion de rencontrer le Pape, ils s'interrogent sur la manière dont il pourra mieux connaître les fidèles laïcs traditionalistes et leurs préoccupations bien réelles, alors qu'il lui manque la chance de rencontrer un groupe représentatif d'entre eux. Le Pape, se demandent-ils, n'écoute-t-il pas que les cardinaux, les évêques et autres personnes hostiles au rite romain traditionnel, et entend-il ainsi rarement un point de vue équilibré ? Le Pape et le Saint-Siège, en réalité, ne tiennent-ils compte que des opinions du clergé, contrairement aux objectifs de l'ère post-conciliaire qui était censée donner davantage la parole aux laïcs ?

    De plus, ils se demandent si le pape ignore peut-être les résultats d'un sondage mené par le Vatican auprès des évêques, sondage sur lequel se serait fondé le décret Traditionis Custodes du pape François de 2021 , restreignant le rite romain traditionnel. Ce sondage a révélé que la plupart des évêques étaient en réalité favorables au maintien du Summorum Pontificum, le décret de Benoît XVI libéralisant le vetus ordo.

    Pour les catholiques traditionnels qui ont seulement demandé à rencontrer et à entendre le Successeur de Pierre, le silence du Pape risque d'aggraver des blessures qu'une audience aurait pu commencer à panser.

    Conjuguée aux restrictions persistantes, cette situation leur rend difficile de déceler une réelle préoccupation pastorale et laisse plutôt penser qu'une porte se ferme discrètement.

  • 25e dimanche "ordinaire" : les travailleurs de la onzième heure

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    A5558.jpgRembrandt : les travailleurs de le onzième heure

    http://www.homelies.fr/homelie,ferie,2880.html

    Le maître du domaine sort au petit jour pour embaucher des ouvriers à sa vigne. Il propose un salaire, généreux pour l’époque, de un denier d’argent pour la journée. Voilà pour la mise en situation. Viennent ensuite deux mouvements dans le récit, d’ampleurs égales. Tout d’abord l’embauche successive d’autres ouvriers. L’information pourrait n’être qu’une anecdote, mais un suspens est créé à cause de la négociation du salaire. Nous ne savons pas combien ils seront payés : « je vous donnerai ce qui est juste » dit seulement le maître. Quel est le salaire juste ?

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  • Salus populi ego sum (introit du 25e dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus Introït
    Ps 30,7-8  
    SALUS pópuli ego sum, dicit Dóminus: de quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos: et ero illórum Dóminus in perpétuum. Ps. 77, 1 Atténdite, pópule meus, legem meam: inclináte aurem vestram in verba oris mei. V/. Glória Patri. Moi Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur ; en quelque tribulation qu’ils crient vers Moi, Je les exaucerai, et Je serai leur Seigneur pour toujours. Ps.Mon peuple, soyez attentif à ma loi, prêtez l’oreille aux paroles de ma bouche. V/. Gloire au Père.
  • Allez vous aussi à ma vigne (25e dimanche du T.O.)

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    Lors de l'Angelus du dimanche 21 septembre 2008, à Castelgandolfo, Benoît XVI a commenté l'évangile de ce jour sur les ouvriers de la dernière heure :

    ... dans l'Evangile d'aujourd'hui (cf. Mt 20, 1-16a), Jésus raconte précisément la parabole du patron de la vigne qui appelle des ouvriers à travailler dans sa vigne, à différentes heures du jour. Le soir venu, il donne à tous le même salaire, une pièce d'argent, suscitant les protestations des ouvriers de la première heure. Il est clair que cette pièce d'argent représente la vie éternelle, don que Dieu réserve à tous. Et ceux qui sont considérés les "derniers", s'ils l'acceptent, deviennent même les "premiers", alors que les "premiers" peuvent risquer de devenir les "derniers". Un premier message de cette parabole est que le patron ne tolère pas, d'une certaine manière, l'inactivité:  il veut que tous soient engagés dans sa vigne. Et, en réalité, le fait d'être appelés est déjà la première récompense:  pouvoir travailler dans la vigne du Seigneur, se mettre à son service, collaborer à son œuvre, constitue en soi une récompense inestimable, qui compense toutes les peines. Mais seul celui qui aime le Seigneur et son Royaume le comprend; celui qui travaille en revanche uniquement pour son salaire, ne comprendra jamais la valeur de ce trésor inestimable.

    C'est saint Matthieu, apôtre et évangéliste - dont c'est d'ailleurs aujourd'hui la fête liturgique -, qui raconte la parabole. Il me plaît de souligner que Matthieu a personnellement fait cette expérience (cf. Mt 9, 9). Avant que Jésus l'appelle, il exerçait en effet le métier de publicain et était par conséquent considéré comme un pécheur, exclu de la "vigne du Seigneur". Mais tout change quand Jésus, en passant près de sa table des impôts, le regarde et lui dit:  "Suis-moi". Matthieu se leva et le suivit. Le publicain se transforma immédiatement en disciple du Christ. Il était le "dernier" et se retrouva le "premier", grâce à la logique de Dieu qui, - heureusement pour nous! - est différente de celle du monde. "Vos pensées ne sont pas mes pensées - dit le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe - et mes voies ne sont pas vos voies" (Is 55, 8). Saint Paul, dont nous célébrons une année jubilaire particulière, a lui aussi connu la joie de se sentir appeler par le Seigneur à travailler dans sa vigne. Et quel travail il a accompli! Mais, comme il le confesse lui-même, c'est la grâce de Dieu qui a agi en lui, cette grâce qui a transformé le persécuteur de l'Eglise en apôtre des nations. Au point de lui faire dire:  "Pour moi, certes, la Vie, c'est le Christ, et mourir représente un gain". Mais il ajoute immédiatement:  "Cependant, si la vie dans cette chair doit me permettre encore un fructueux travail, j'hésite à faire un choix" (Ph 1, 21-22). Paul a bien compris que travailler pour le Seigneur est déjà sur cette terre, une récompense.

    La Vierge Marie, que j'ai eu la joie de vénérer à Lourdes il y a une semaine, est le sarment parfait de la vigne du Seigneur. En Elle a germé le fruit béni de l'amour divin:  Jésus, notre Sauveur. Qu'Elle nous aide à toujours répondre avec joie à l'appel du Seigneur, et à trouver notre bonheur dans le fait de pouvoir travailler généreusement pour le Royaume des cieux.

  • Les ouvriers de la onzième heure (25e dimanche du temps ordinaire)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. 
    Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. 
    Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. 
    Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” 
    Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. 
    Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” 
    Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.” 
    Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.” 
    Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. 
    Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. 
    En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 
    “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” 
    Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? 
    Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : 
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?” 
    C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

    Les ouvriers de la onzième heure, homélie du Père Simon Noël osb (source)

    Lambert Jacobsz, mort en 1637

    La parabole que nous venons d'entendre est une parabole plutôt déroutante, car le Seigneur nous semble ne pas être juste selon nos catégories humaines habituelles. Si un ouvrier travaille pour moi deux heures et un autre seulement une heure, je paierai le premier deux fois plus que le second.

    Il est évident que cette parabole n'est pas à prendre au pied de la lettre et cela nous invite à en rechercher le sens spirituel.

    Les différentes heures du jour dont on nous parle représentent les âges de la vie ou les différentes périodes de l'histoire religieuse de l'humanité. Certains sont chrétiens et servent Dieu depuis leur plus tendre enfance. D'autres se convertissent dans leur jeunesse, ou leur âge mûr ou enfin sur le tard. Certains même ne se convertissent qu'au moment de la mort. Tous recevront la même récompense. Le denier que le maître de la vigne paie à tous ceux qui ont travaillé pour lui symbolise la récompense éternelle du paradis, accordée à tous ceux qui meurent en état de grâce, quel que soit le moment où ils se sont convertis. Le paradis est un don de la miséricorde divine. Personne de toute manière n'y a droit et Dieu n'est pas injuste en traitant tous les sauvés avec une identique miséricorde. Mais la justice de Dieu sera quand même satisfaite. Car Dieu donnera un degré de bonheur éternel en proportion de nos mérites. Prenons une comparaison. Si on demande à des gens de venir avec un verre, pour qu'on le remplisse d'eau fraîche, ceux qui viennent avec de grands verres recevront plus d'eau que ceux qui viennent avec des verres de moindre contenance. Il en sera de même, quand nous entrerons dans la vie éternelle et que le Seigneur nous dira : Entre dans la joie de ton maître. Selon la grandeur de notre cœur, ou de notre capacité d'amour, nous recevrons une vie et une joie plus ou moins grandes. Voici ce que disait à ce sujet le curé d'Ars : Il faut bien savoir et se persuader que Dieu n'opère dans nos âmes que selon le degré de nos opérations, de nos désirs, de nos actes intérieurs produits à cette fin. Un vase prend de l'eau à une fontaine selon sa capacité.

    Par contre tous les saints, les petits comme les grands, connaîtront un bonheur parfait, à la mesure de leur degré d'amour et de sainteté. Cela doit donc nous inciter à nous sanctifier de plus en plus tout au long de notre vie, à croître sans cesse dans l'amour. Et cela n'a rien à voir avec le moment de notre conversion. Un âme qui se convertit à la dernière heure peut mourir avec une telle perfection de contrition et d'amour qu'elle aura un ciel plus beau que celle qui aura servi Dieu toute se vie mais dans la tiédeur et la médiocrité.

    Il y a donc le mérite de l'homme. Certes personne ne mérite le ciel. Je le rappelle c'est un don gratuit de la divine miséricorde. Ce qui est premier c'est toujours la grâce de Dieu. Mais il y faut la collaboration libre de l'homme et c'est en cela que consiste le mérite. Une préface que l'on dit à la messe des saints le dit à merveille : Lorsque tu couronnes les mérites, tu couronnes tes propres dons.
     
    Les premiers seront les derniers et les derniers premiers. Un autre sens de la parabole, c'est que à tous les âges de l'histoire le salut et la conversion sont possibles. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, nous dit saint Paul. Divers peuples sont entrés les uns après les autres dans le salut de Dieu. Le peuple juif a été le premier appelé, mais, selon beaucoup de commentateurs, il sera finalement le dernier à reconnaître en Jésus, le Messie de Dieu et le seul Sauveur. Et lorsqu'il le fera en tant que peuple, alors le monde sera prêt pour le retour en gloire de Notre-Seigneur, qui viendra rendre à chacun le salaire promis. 
  • La puissance évangélisatrice de Rome

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    De Jayd Henricks sur le CWR :

    La puissance évangélisatrice de Rome

    La technologie a transformé la manière dont chacun, y compris l’Église, entre en relation avec le monde, et certains catholiques excellent remarquablement dans l’évangélisation en ligne. Le Vatican, en revanche, n’en fait pas partie.

    18 septembre 2026

    Au cours des siècles passés, les grands missionnaires de l’Église — dont beaucoup sont aujourd’hui canonisés — se rendaient aux confins du monde pour y porter le Christ à ceux que l’Église appelait autrefois les païens. Les dangers n’avaient rien d’exagéré. Il fallait des mois pour traverser les océans, avec un risque bien réel de naufrage, de maladie et de famine, risques qui étaient toujours possibles, voire probables. Et lorsqu’un missionnaire parvenait jusqu’à sa destination, la perspective d’un martyre atroce n’était jamais très éloignée. Survivre ne garantissait nullement le succès. Il fallait d’abord passer des années à apprendre une langue étrangère et à s’adapter à une culture inconnue ; ce n’est qu’une fois la confiance gagnée que l’œuvre d’évangélisation pouvait véritablement commencer.

    Les résultats furent contrastés. Saint François Xavier aurait baptisé des centaines de milliers de personnes, mais les pays qu’il évangélisa demeurèrent en grande partie non chrétiens. Les martyrs de l’Amérique du Nord ne connurent presque aucun fruit immédiat ; pourtant, leur sang devint une semence féconde pour des convertis ultérieurs tels que sainte Kateri Tekakwitha — des exceptions importantes, mais rares. Ailleurs, notamment dans une grande partie de l’Afrique, la foi finit par s’enraciner et devint la religion dominante des populations. Le Mexique et l’Amérique du Sud la reçurent eux aussi en masse, même si nous voyons aujourd’hui la sécularisation éroder ce qui avait été conquis.

    Ce qui poussait des hommes et des femmes à tout abandonner pour évangéliser un peuple étranger, c’était la conviction que la foi au Christ n’était pas un chemin parmi d’autres, mais le chemin nécessaire, qui valait tous les sacrifices. Le salut d’une seule âme justifiait le renoncement au confort terrestre, voire à la vie elle-même. Pour ces missionnaires, risquer tout pour avoir une chance de gagner une seule âme au Christ comptait parmi les vocations les plus élevées qu’une personne puisse recevoir.

    L’Église d’aujourd’hui, cependant, agit trop rarement comme si elle partageait cette conviction. Il y a peu d’urgence à conduire les non-chrétiens au Christ, et à peine davantage à catéchiser ceux qui sont déjà baptisés. Des prêtres suivis par des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes enseignent de plus en plus que la loi morale est négociable, ou que la conversion au Christ constitue certes un bel idéal, mais guère une nécessité. Il ne fait aucun doute que d’autres continuent à poursuivre héroïquement l’évangélisation, parfois au prix de véritables risques personnels, y compris à travers les médias modernes. Les « pères Walter Ciszek » de notre époque ne sont généralement pas présents sur les réseaux sociaux, mais ils existent, et nous ferions bien de nous en souvenir. L’Église, quelles que soient les habitudes concrètes de ses membres, demeure par nature une Église évangélisatrice, et elle devrait agir comme telle avec davantage de constance.

    La technologie a transformé la manière dont chacun, y compris l’Église, entre en relation avec le monde, et certains catholiques excellent remarquablement dans l’évangélisation en ligne. Le Vatican, en revanche, n’en fait pas partie. Depuis Jean-Paul II, le Saint-Siège n’a plus disposé d’une voix véritablement puissante, mondiale et évangélisatrice. La nouvelle préfète pour la communication du Vatican, Montse Alvarado, dispose d’une formidable occasion d’aligner les efforts médiatiques du Vatican sur la mission évangélisatrice de l’Église. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’une nouvelle stratégie médiatique du Vatican pour le XXIe siècle. Cela demandera un travail considérable, mais une possibilité beaucoup plus simple et évidente se trouve sous nos yeux, une possibilité que l’Église néglige depuis très longtemps.

    Rome est constamment l’une des villes les plus visitées au monde, et l’année dernière l’a démontré de manière éclatante : les responsables du Vatican et de Rome estiment qu’environ 33,5 millions de pèlerins et de visiteurs ont traversé la ville au cours du seul Jubilé de 2025, un record pour une année — soit plus de 90 000 personnes par jour. À la différence des siècles passés, lorsque les grands missionnaires se rendaient aux confins de la terre à la recherche des âmes, au péril de leur vie, ce sont désormais des millions d’âmes qui arrivent d’elles-mêmes à la porte du Vatican. Imaginons que le Saint-Siège prenne cela au sérieux : non pas seulement comme une source de revenus grâce aux billets des Musées du Vatican, mais comme une occasion permanente d’enseigner et d’évangéliser. Ce ne serait pas difficile et cela permettrait peut-être à l’Église de remplir sa mission davantage que presque tout ce que fait aujourd’hui le Vatican.

    Si j’étais pape — exercice d’imagination comparable au fameux « si j’étais Spider-Man » — je ferais de cette question une priorité absolue : je confierais à une communauté religieuse la mission de former des historiens de l’Église et de l’art qui proposeraient ensuite des visites gratuites des principales églises et des grands sites historiques de Rome. Il faudrait plusieurs années pour former convenablement ces guides, mais certainement pas des décennies, comme c’est si souvent le cas pour les grandes initiatives.

    Ce n’est pas une utopie. Les parcs nationaux forment des gardes forestiers afin qu’ils proposent gratuitement aux visiteurs des visites historiques et pédagogiques, à des personnes qui n’avaient pas demandé de conférence et qui repartent pourtant reconnaissantes de l’avoir reçue. Gettysburg, par exemple, prend vie grâce à l’intervention d’un spécialiste de la guerre de Sécession. Des guides bénévoles accompagnent déjà les visiteurs à Notre-Dame de Paris et à la cathédrale de Canterbury, en expliquant les vitraux et l’architecture sans susciter de controverse. Après tout, c’est l’Église qui a inventé l’idée de communautés religieuses constituées autour d’une mission particulière : prêcher, enseigner ou prendre soin des pauvres. Rien n’empêcherait de créer une nouvelle communauté, ou de réorienter une communauté existante, afin qu’elle remplisse précisément cette mission : former des historiens et des catéchistes dont la vocation serait d’accompagner les pèlerins à travers Rome. La matière ne manque pas : elle est d’une extraordinaire richesse historique et théologique.

    Passez quinze minutes à Saint-Pierre, au Latran, au Panthéon ou dans n’importe lequel des hauts lieux touristiques de Rome, et écoutez les conversations. Le manque de connaissances et de compréhension dont témoignent des millions de visiteurs est profondément attristant. Ils savent qu’ils contemplent quelque chose d’important, mais ils ignorent ce que c’est et pourquoi cela l’est. Ils sont ouverts à une certaine forme d’éclairage, mais on ne leur en donne que des bribes. Plus probablement, ils se contentent de « cocher une case » entre une pizza et une glace, alors que leur curiosité pourrait ouvrir sur tellement davantage ! Ils regardent, mais ne voient pas.

    Je ne leur en fais pas le reproche. Ils savent que Rome est un lieu particulier et ont donc réservé un voyage coûteux dans la Ville éternelle. Malheureusement, la plupart repartent sans avoir véritablement compris ce qu’ils ont vu. Certains font appel à des guides touristiques laïques, mais ces visites sont largement dépourvues de profondeur spirituelle ou de toute véritable appréciation des sacrifices consentis pour faire de Rome le grand sanctuaire de la chrétienté, seulement dépassé par la Terre sainte elle-même.

    Les visiteurs n’apprennent rien du sang des martyrs des Ier, IIe et IIIe siècles, qui furent la semence de l’Église. Ils n’apprennent pas la signification théologique de l’architecture, qui exprime quelque chose de plus sublime que la seule beauté. Ils ne découvrent pas véritablement les saints, car on leur parle souvent davantage des génies artistiques ou des techniques employées dans les chefs-d’œuvre que de l’histoire des personnages représentés. Ils ignorent le scandale lié à la manière dont certains de ces édifices et de ces œuvres d’art ont été financés — un scandale que leurs commanditaires justifiaient précisément par le fait que ces œuvres étaient destinées à rendre sensible le divin. C’est pourtant là l’occasion d’une réflexion honnête sur la manière dont Dieu agit à travers notre faiblesse humaine.

    Ces touristes quittent probablement Rome sans véritablement comprendre ce que sont les clés du Royaume confiées à Pierre, ni la succession ininterrompue de ses successeurs jusqu’au pape Léon XIV aujourd’hui. Il n’est pas excessif de dire que Rome ne peut être comprise indépendamment de la papauté. Si la ville existe sous une forme proche de celle que nous lui connaissons aujourd’hui, c’est en raison de la mission confiée par le Christ à Pierre et du martyre de Pierre sur le lieu même où se dresse aujourd’hui la basilique Saint-Pierre. Combien de visiteurs de Rome comprennent tout cela ? Si Rome ne peut être comprise sans Pierre, pourquoi l’Église n’enseigne-t-elle pas à ceux qui viennent à Rome qui est Pierre, et qui est le Seigneur de Pierre ? Pourquoi n’utilise-t-elle pas les édifices et les œuvres d’art pour évangéliser ?

    Des siècles de sang, de sueur et de larmes ont été investis dans des dizaines de lieux saints, édifiés grâce au travail de pauvres catholiques croyants qui comprenaient l’importance de l’espace sacré et de l’art sacré. Ce trésor matériel et spirituel est aujourd’hui gaspillé par ce qui semble être un péché d’omission, c’est-à-dire le fait de ne pas accomplir le bien que l’on pourrait faire. Une seule âme vaut davantage que toutes les œuvres d’art du Vatican réunies, et pourtant on constate bien peu d’urgence à utiliser ce trésor pour la conversion des âmes.

    Les confessionnaux constituent un témoignage de la vie sacramentelle de l’Église, et ils sont accessibles parce que l’infrastructure existe déjà : il n’y a rien à construire, il suffit de les pourvoir en personnel. Heureusement, de nombreuses églises de Rome offrent chaque jour la confession, dans les confessionnaux traditionnels, visibles de tous — ce qui mériterait d’être imité chaque fois que de nouvelles églises sont construites. Le voyant rouge ou vert placé au-dessus de la « boîte » suscite certainement la curiosité des touristes, mais aucune catéchèse ne vient répondre à cette curiosité. Imaginons un simple dépliant ou un moine en habit présent sur place pour expliquer le sacrement à nos païens contemporains venus en touristes. Je soupçonne que le fruit d’une telle initiative serait éternel pour certains.

    Prenons encore la place Saint-Pierre, où passent chaque jour des dizaines de milliers de touristes largement dépourvus de catéchèse. Des religieux en habit pourraient proposer gratuitement d’expliquer la signification de la façade de la basilique et des saints qui dominent la place, l’histoire du lieu — du martyre de Pierre sous l’empire romain à la conversion de Constantin et à la construction de la basilique primitive, de la contribution de l’Église aux arts et aux sciences au Moyen Âge à la construction de la nouvelle basilique et aux controverses qui l’entourèrent, jusqu’à une présentation honnête du rôle du Saint-Siège durant la Seconde Guerre mondiale, et au-delà.

    Tout cela constitue une matière extraordinairement riche pour les esprits spirituellement curieux qui visitent le Vatican. Les Musées du Vatican eux-mêmes représentent, selon la même logique, une immense occasion manquée. Elizabeth Lev montre depuis des années qu’une visite guidée de la Rome chrétienne peut être substantielle, captivante et véritablement évangélisatrice ; ses visites prouvent qu’il existe à la fois une demande et une matière abondante. Mais ses visites sont payantes et ne touchent que ceux qui savent déjà qu’ils peuvent s’adresser à elle. Pourquoi ne pas reprendre ce qu’elle a déjà démontré comme efficace et en proposer gratuitement une version, par l’intermédiaire d’une communauté religieuse créée précisément à cette fin, aux millions de personnes qui se promènent dans le Vatican ?

    Des visites similaires pourraient être proposées dans les trois autres basiliques majeures, à la Chiesa Nuova, au Gesù, ou même sur des sites tels que le Panthéon et le Colisée — chacun de ces lieux constituant une occasion d’évangéliser le monde au moment même où celui-ci traverse la Ville éternelle.

    Rien de tout cela ne nécessite une approche autoritaire ou pesante. Un touriste présent place Saint-Pierre n’est pas venu écouter un sermon, et le traiter comme un public captif produirait l’effet inverse de celui recherché. Mais il existe un vaste espace entre le silence et la démarche commerciale agressive. Un guide bien formé qui se contente de dire la vérité sur la signification d’un édifice et sur les raisons de sa construction ne fait pas du prosélytisme. Il enseigne, et l’enseignement constitue en lui-même une forme de témoignage.

    Certains craindront que l’institutionnalisation d’une telle démarche ne banalise les lieux, transformant l’espace sacré en une étape touristique supplémentaire accompagnée d’un discours préfabriqué. Mais le risque inverse est précisément celui dans lequel nous vivons aujourd’hui : ces lieux fonctionnent déjà comme des produits de consommation, avec billets d’entrée, photographies et absence d’interprétation, ce qui constitue en soi une forme de banalisation. Expliquer ce que signifie un lieu ne le transforme pas en marchandise ; c’est le laisser muet qui le fait. De courts fascicules pourraient être proposés aux visiteurs, avec l’adresse d’un site Internet bien conçu pour ceux qui souhaiteraient approfondir, avant ou après leur voyage. Les possibilités de créativité sont presque infinies, et le coût, rapporté à ce que l’Église dépense déjà pour entretenir ces édifices, serait faible.

    Plutôt que de risquer leur vie et leur intégrité physique, les missionnaires de l’Église peuvent laisser le monde venir à eux. Trente-trois millions de personnes n’ont pas eu besoin d’être recherchées, poursuivies ou transportées à travers un océan au cours de cette seule année. Elles sont venues d’elles-mêmes, ont payé leur voyage et ont franchi la porte. Le moins que l’Église puisse faire est de les accueillir avec autre chose que le silence. Ce serait un effort digne d’être entrepris en hommage à ceux qui, autrefois, ont donné leur vie pour porter le message de Jésus à toutes les parties du monde.

    Mais, plus important encore, c’est la bonne chose à faire si nous croyons au Credo.

  • Léon XIV fera une halte discrète à la chapelle des Carmes à Paris

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    D' sur le site de France Catholique :

    Léon XIV pèlerin à la chapelle des Carmes

     
     

    Un raccourci saisissant. Le samedi 26 septembre au matin, au cours de son voyage en France, le pape Léon XIV fera une halte discrète à la chapelle des Carmes à Paris. Là, il se recueillera devant les reliques des 115 prêtres martyrs de la Révolution, à proximité de la tombe de Frédéric Ozanam qui, lui, a amplement contribué au renouveau de l’intelligence de la foi.

    Dans cette crypte de l’église, le Pape aura ainsi devant les yeux le pire et le meilleur. Le pire, c’est-à-dire une idéologie – celle initiée par les « Lumières » – qui avait « perverti les esprits et corrompu les mœurs, et rempli avant tout la France de meurtres et de ruines », comme le souligna le décret pontifical de 1926 actant le martyre des victimes de la Révolution, et donc leur béatification.

    Relèvement de la foi

    Le meilleur, c’est la surprenante fécondité de ce même martyre. Car à peine 50 ans après ce sanglant épisode, un brillant intellectuel, Frédéric Ozanam, reprend le flambeau de la foi qui semble alors moribonde. Prenant acte du rationalisme de la Sorbonne, Ozanam crée la première chaire de littérature comparée, et s’attache à y réconcilier foi et raison, en montrant l’apport du christianisme à la civilisation. Mais il veut également nourrir intellectuellement les catholiques, et les rendre fiers de leur histoire. Il lance les fameuses conférences de Carême à Notre-Dame de Paris, qui ont un succès considérable ! Sa vision du combat culturel à mener est claire, et elle est résolument positive ! «J’apprends, écrit-il, à ne pas désespérer de mon siècle en voyant quels périls a traversés cette société chrétienne dont nous sommes des disciples, dont nous saurons au besoin être les soldats.» Et il joint le geste à la parole, devenant un apôtre de la charité et visitant les pauvres du quartier Mouffetard à Paris.

    En sera-t-il de même dans les années à venir, à observer le changement générationnel à l’œuvre chez les catholiques, avec certes une minorité – de celles qui changent le monde – de jeunes qui ont soif, et sont prêts à agir à contre-courant. Ce tournant pour l’Église en France serait-il un des enjeux sous-jacents de la venue de Léon XIV ?

    Pour cela, il faudra retenir une autre leçon d’Ozanam, celle qui lui faisait opposer «l’esprit de jouissance» à «l’esprit de sacrifice». C’est une autre dimension du personnage, méconnue, celle qui lui faisait dire, lui qui fut fauché à 40 ans par la tuberculose : « Je pense souvent à la mort mais non plus pour en avoir peur. (…) Qu’est-ce qu’un jour de moins dans l’avenir, quand l’avenir est éternel?» Ces mots, criants de vérité, sont d’un chrétien qui sait que son âme est immortelle !

    Et c’est la même inspiration qui guidait les martyrs de la Révolution, dont un des tortionnaires ne put s’empêcher de constater le courage : « Je m’abîme d’étonnement, vos prêtres allaient à la mort avec la même joie et la même allégresse que s’ils fussent allés aux noces. »

    Ainsi, lorsque le Pape, poursuivant son pèlerinage en France, se recueillera devant la Sainte Tunique d’Argenteuil au Stade de France, après avoir vénéré la Couronne d’épines à Notre-Dame, il pourra saisir quelque chose de cet esprit français dans ce qu’il a de meilleur, quand il ne se résout pas au défaitisme et au déclin !

  • 19 septembre : il y a 180 ans, à La Salette, la Vierge est apparue à Mélanie et Maximin

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    D'Aleteia.org :

    Il y a 180 ans, le 19 septembre 1846, Marie apparaissait à deux enfants, Mélanie et Maximin, sur la montagne de La Salette. Le véritable "secret" de la Vierge reste un mystère, l'Église ne reconnaissant pas son ton apocalyptique. On y parle de guerres, de tremblements de terre et de démons sur Terre.

    19 septembre 1846, sud-est de la France. Dans les alpages du petit village de La Salette, la Vierge Marie apparaît à deux enfants venus y faire paître leurs vaches : Mélanie Calvat (14 ans) et Maximin Giraud (11 ans). La Vierge est en pleurs, assise sur un gros caillou. Elle est habillée comme les femmes du village : une robe qui descend jusqu’aux pieds, un fichu sur les épaules, une coiffe sur la tête, et un tablier autour de la taille. La coiffe, le fichu et ses pieds sont ornés de guirlandes de roses. Près des roses du fichu, une lourde chaîne. La Vierge porte sur sa poitrine un crucifix avec, de chaque côté, une paire de tenailles et un marteau. Un halo de lumière émane du crucifix.

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  • Des évangélistes qui se contredisent sont-ils fiables ?

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    De Matthieu Lavagna sur 1000 raisons de croire :

    Le critère de dissimilarité renforce la fiabilité des Évangiles

    Vous avez sûrement déjà entendu certains affirmer : « Les évangélistes nous rapportent des versions différentes des mêmes événements ; c’est la preuve qu’ils se contredisent et qu’on ne peut pas leur faire confiance ! » Voilà une objection qu’on lit souvent sur Internet, mais il faut savoir qu’elle n’est pas prise au sérieux chez les universitaires. En effet, parmi les critères d’historicité, les spécialistes du Nouveau Testament utilisent – entre autres – le critère de dissimilarité entre les récits pour attester la fiabilité des textes évangéliques.


    Les raisons d'y croire

    • Le critère de dissimilarité affirme la chose suivante : si divers témoignages d’un même événement s’accordent sur les éléments principaux et divergent sur des éléments secondaires, alors l’événement en question est probablement historiquement vrai (au moins dans les grandes lignes).
    • En effet, lorsque quelqu’un fabrique une histoire de toutes pièces, il évite en général de relater des discours en apparence contradictoires. Au contraire, il prend soin – pour paraître crédible – de s’assurer que les différents témoignages sont identiques.
    • Ce principe rationnel est utilisé dans beaucoup d’autres domaines de la vie quotidienne : les enquêteurs de police et les juges en font usage lorsqu’ils écoutent ce qu’ont à dire les différents témoins d’un même événement. Si tous les témoignages sont absolument identiques en tous points, il y a une suspicion évidente de complot. Au contraire, le fait que les témoins présentent des versions légèrement différentes du même fait atteste de l’indépendance et de la sincérité de la version de chacun. Les témoins en question ne se sont pas concertés pour inventer un récit parfaitement harmonieux.
    • Appliqué aux Évangiles, ce critère de dissimilarité permet de renforcer l’historicité de nombreux passages que certains sceptiques accusent d’être contradictoires. En réalité, le fait que les évangélistes n’aient pas voulu cacher ces « contradictions apparentes » montre bien qu’ils étaient honnêtes dans ce qu’ils rapportaient, et que leur témoignage est historiquement crédible.

    En savoir plus

    Le fait que les textes évangéliques rapportent différentes versions d’un même événement ne suffit pas pour que les historiens du Nouveau Testament les accusent d’être contradictoires et historiquement erronés. En effet, avoir des témoignages différents n’implique pas nécessairement de contradiction, mais une complémentarité d’informations qui racontent globalement un même fait sous différents angles.

    L’accusation à outrance de contradictions, qu’on lit souvent sur Internet, n’impressionne donc pas beaucoup les historiens en ce qui concerne la fiabilité générale du texte. Réfléchissez-y. Il serait tout de même étrange que les quatre récits des Évangiles racontent exactement la même version au détail près. Les enquêteurs de police le savent très bien : si les témoins interrogés livrent rigoureusement le même récit en tous points, il y a une suspicion évidente de complot. En effet, il serait tout à fait suspect de retrouver quatre témoignages absolument identiques, sans omettre aucun détail secondaire. Au contraire, les enquêteurs attendent que les versions données par les individus soient globalement concordantes, car ils savent bien que, lorsque les gens rapportent des témoignages véridiques, il est fréquent qu’ils divergent beaucoup sur les détails secondaires. Cela ne remet pas en cause leur fiabilité générale, maismontre que chacun donne une perspective différente du même événement.

    Prenons l’exemple préféré des sceptiques : la divergence sur les femmes qui découvrent le tombeau vide. Lesquelles sont présentes ? La liste varie quelque peu : selon l’Évangile de Marc, il s’agit de Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé. L’Évangile de Matthieu ne rapporte que Marie de Magdala et « l’autre Marie », sans mentionner Salomé. L’Évangile de Luc, lui, se contente de parler d’un « groupe de femmes ». Enfin, l’Évangile de Jean mentionne Marie de Magdala et la présence plausible d’un autre groupe de femmes (cf. l’usage du « nous » dans Jean 20,2 ).

    Ici, les faits sont rapportés de manière différente mais non contradictoire. L’historien peut en conclure que nous avons plusieurs sources historiques indépendantes qui attestent qu’un groupe de femmes a bien découvert le tombeau vide de Jésus trois jours après la crucifixion. Mais il serait absurde d’en conclure, comme c’est le cas chez certains sceptiques, que la découverte du tombeau vide est une fiction sous prétexte que les récits diffèrent sur des détails secondaires.  En effet, si les évangélistes avaient inventé cette histoire de tombeau vide, ils auraient sûrement pris soin d’harmoniser les différentes versions afin d’en produire une seule. On ne peut donc pas les accuser d’avoir trafiqué un récit de toutes pièces.

    À ce sujet, le théologien Henri Blocher remarque très justement : « Ceux qui accusent les textes de contradictions nous semblent les aborder avec une étrange rigidité. Ils ne seraient contents que si les Évangiles exhibaient dès la première lecture une correspondance parfaite, que si l’harmonie était d’emblée évidente et sans aucune obscurité. Mais c’est là vouloir une Bible tombée du ciel ! Les juges savent bien qu’en général, des témoignages tous véridiques mais indépendants présentent des variations considérables, et qu’il est d’abord difficile de les harmoniser. Cela tient à la différence des points de vue, aux choix des éléments retenus, à l’élasticité des mots. Lorsque des témoins de foi paraissent s’opposer, le juge ne décrète pas aussitôt qu’ils se contredisent : il tente une conciliation plausible de leurs dires. C’est cette attitude sympathique et souple que les évangélistes méritent aussi. Montrer qu’on peut les lire d’une façon qui ne les oppose pas, ce n’est pas faire un effort désespéré et malhonnête pour sauver un texte sacré de l’incohérence ; c’est simplement leur accorder le minimum qu’exige un homme digne de foi » (Henri Blocher, « L’accord des Évangiles et la résurrection », La Bible au microscope, vol. II, Édifac, 2010, p. 81).

    Bien loin d’être un argument contre la fiabilité des Évangiles, la dissimilarité entre les récits (comme pour celui de la Passion de Jésus ou de la découverte du tombeau vide) penche au contraire en faveur de l’authenticité générale du témoignage, écartant toute suspicion d’intention complotiste de la part des évangélistes.

    Matthieu Lavagna, auteur de Soyez rationnel, devenez catholique !


    Aller plus loin

    Jim Warner Wallace, Cold-Case Christianity, David C Cook, 2013.


    En complément

  • L’Église en crise – et comment nous ne devons pas la sauver (Mgr Rob Mutsaerts)

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    De Mgr Rob Mutsaerts sur son blog :

    L’Église en crise – et comment nous ne devons pas la sauver

    Douze points, des vérités un peu gênantes, et une voie catholique pour avancer

    J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise : l’Église catholique est en crise. La bonne : ce n’est pas la première fois. En regardant l’histoire de l’Église, on a même parfois l’impression que la crise est l’une de ses traditions les plus solides. Nous avons connu des papes corrompus, des évêques trop mondains, des hérésies, des schismes, des révolutions, des persécutions et des commissions liturgiques. Et pourtant, nous sommes toujours là.

    C’est d’ailleurs la meilleure preuve que l’Église vient de Dieu. Une organisation purement humaine, gérée comme l’Église l’a parfois été, aurait probablement fait faillite dès le IVe siècle. Mais bon, la situation reste sérieuse. Pas parce que l’Église n’est pas assez populaire. Pas parce que sa « part de marché » baisse. Pas parce qu’elle n’est pas assez adaptée au consommateur moderne.

    La crise est grave parce qu’à l’intérieur de l’Église, on n’est plus très sûr de choses dont elle devrait justement être sûre : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce que le péché ? Qu’est-ce que le mariage ? Qu’est-ce que le sacerdoce ? Qu’est-ce que la liturgie ? Qu’est-ce que l’obéissance ? Que veut dire la miséricorde ? Qu’est-ce que le Christ a vraiment confié à son Église ? Et plus profondément encore : est-ce que nous croyons encore que l’Église a reçu du Christ quelque chose qu’elle n’a pas le droit de changer ? Voilà le cœur du problème.

    1. La première réforme urgente : arrêter de faire comme si tout devait être réformé

    Nous vivons dans une culture où le changement est presque automatiquement vu comme une amélioration. Un téléphone de 2019 est déjà vieux. Un ordinateur de 2012 est antique. Alors on finit par penser qu’une doctrine de 325 a besoin d’une mise à jour logicielle. Mais la Révélation n’est pas un iPhone. Le christianisme n’est pas un produit qui doit sortir un nouveau modèle chaque année. Le rôle de l’Église n’est pas d’inventer sans cesse une nouvelle religion. Son rôle, c’est de recevoir, de garder, d’approfondir et d’annoncer ce qu’elle a reçu du Christ.

    Cela ne veut pas dire que rien ne peut changer. Les méthodes pastorales peuvent évoluer. Les règles disciplinaires aussi. Les façons de gouverner, les formes de liturgie… tout cela peut bouger. Mais la vérité, elle, ne peut pas être vraie aujourd’hui et fausse demain.

    À chaque projet de « renouvellement », un évêque devrait se poser une question toute simple : est-ce que ça aide vraiment mes gens à devenir plus saints ? Pas « est-ce innovant ? », pas « est-ce inclusif ? », pas « est-ce qu’on peut monter un groupe de travail ? ». Juste : est-ce que ça rapproche les gens du Christ, des sacrements et de la vie éternelle ? Ça pourrait déjà raccourcir pas mal de réunions. Et ce serait déjà une petite réforme.

    2. La synodalité : un outil utile, mais une mauvaise mise en scène

    Il n’y a rien d’anti-catholique dans les synodes. L’Église en a toujours connu. Le problème, c’est quand la synodalité devient presque une idéologie. Le christianisme n’a pas commencé par : « Là où deux ou trois sont réunis en cercle de parole, la vérité apparaît toute seule. » Les apôtres ont d’abord reçu une foi. Ensuite seulement, ils ont pu en discuter. L’ordre compte.

    Écouter, c’est bien. Mais les catholiques doivent parfois oser poser la question un peu gênante : écouter qui ? La culture ? Les sondages ? Les groupes de pression ? Nous-mêmes ? Ou le Christ ? Quand le résultat d’un « processus d’écoute » ressemble trait pour trait aux demandes de la culture séculière, on peut au moins se demander si on a vraiment écouté le Saint-Esprit… ou surtout l’esprit du temps.

    Le Saint-Esprit a d’ailleurs une drôle de caractéristique : il parle très souvent en continuité avec ce qu’il a dit pendant les vingt siècles précédents. Un conseil à mes frères évêques : utilisez la synodalité, mais restez évêques. Un évêque n’est pas élu pour être un animateur permanent de groupes. Il est successeur des apôtres. Cela veut dire : enseigner, sanctifier, gouverner… et parfois dire simplement « non, on ne peut pas changer ça ». Le mot « non » a mauvaise presse aujourd’hui. Mais les parents savent bien : celui qui ne dit jamais non n’aime pas vraiment ses enfants.

    3. Remettre de l’ordre entre miséricorde et simple validation

    Personne n’a besoin d’une Église dure et froide. Mais personne n’a non plus besoin d’une Église qui n’ose plus nommer le péché que dans les vieux documents. Le Christ était infiniment miséricordieux. Mais sa miséricorde n’a jamais consisté à faire semblant que la conversion n’était pas nécessaire. Au pécheur, il dit « Viens ». Mais aussi « Suis-moi ». Et suivre, cela veut forcément dire qu’on ne reste pas exactement là où on était.

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  • Soixante ans de Nostra aetate : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

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    D'InfoVaticana :

    Une mémoire sélective : ce que la nouvelle Note vaticane cite et ce qu’elle laisse de côté

    17 septembre 2026

    On a appris depuis longtemps que les documents du Vatican se lisent deux fois : une fois pour le texte et une autre pour les notes, et que c’est souvent la seconde lecture qui compte vraiment. Le document par lequel trois dicastères célèbrent les soixante ans de Nostra aetate récompense cette habitude comme peu d’autres. Il cite ses sources avec générosité et s’arrête, avec la ponctualité d’un horloger, juste avant la phrase où ces sources parlaient de la vérité. Ensuite, il déclare caduque la fermeté que cette vérité soutenait. Et pour finir, il propose comme chemin pastoral une pratique que les mêmes sources excluaient. Trois mouvements, un seul geste.

    Il s’intitule « Un chemin d’espérance », est daté du 16 septembre et porte les signatures des cardinaux Fernández (celui que, nous disaient les enthousiastes, Léon allait foudroyer en quelques heures après l'habemus papam), Koch et Koovakad, à la tête de la Doctrine de la Foi, de l’Unité des chrétiens et du Dialogue interreligieux, avec leurs trois secrétaires. Sous les signatures, deux lignes supplémentaires : « Ex Audientia, 22 juin 2026 » et « Léon PP XIV ». C’est le même schéma avec lequel François a souscrit Fiducia supplicans, et il n’y a aucune raison de l’oublier maintenant que le signataire est un autre. Le Pape a approuvé le texte et en a ordonné la publication, et Donum veritatis enseigne que les documents de la Doctrine de la Foi expressément approuvés par le Pape participent de son magistère ordinaire. La même instruction admet que certains documents magistériels peuvent ne pas être exempts de déficiences. On s’accroche à cette admission. Il faut dire d’emblée ce qu’il ne contient pas, car on n’écrit pas pour le chasseur d’hérésies. Il ne nie rien de façon expresse. Il affirme que le Christ est l’unique Rédempteur, veut un dialogue « libre d’ambiguïtés » qui évite « le relativisme et le syncrétisme » et écarte une grande religion mondiale dans laquelle toutes les croyances seraient mises au même niveau. Il l’écarte, certes, « par respect pour soi-même et pour les autres », ce qui est un motif bien aimable pour rejeter ce que l’on rejetait auparavant parce que c’était faux. Le problème de la Note ne réside pas dans ce qu’elle dit. Il réside dans ce qu’elle fait de ce que d’autres ont dit.

    Elle commence par le Concile lui-même. La Note rappelle que l’Église « ne rejette rien de ce qui, dans ces religions, est vrai et saint » et qu’elle regarde avec estime leurs « manières d’agir et de vivre, les préceptes et les doctrines ». Elle s’arrête là. Nostra aetate ne s’arrêtait pas : elle ajoutait que ces préceptes et doctrines sont considérés avec respect « même s’ils divergent en beaucoup de points de ce qu’elle professe et enseigne », et aussitôt après que l’Église « a le devoir d’annoncer constamment le Christ ». Lorsque la Note revient plus loin sur ce numéro, l’obligation d’annoncer est devenue « l’exigence de fidélité à Jésus-Christ ». Fidélité et annonce ne sont pas synonymes. On peut être fidèle en silence, et le Concile ne demandait pas le silence.

    Avec Paul VI, l’opération est plus fine. La Note loue les cercles concentriques d’Ecclesiam suam, cette géométrie du dialogue qui, selon elle, « s’est révélée programmatique », et renvoie en note au passage où ils sont tracés. Dans ce même passage, en arrivant à ceux qui adorent Dieu dans d’autres religions, Paul VI avertissait qu’il ne fallait pas les regarder comme si toutes étaient équivalentes et déclarait, par loyauté, sa persuasion « que la vraie religion est unique, et que c’est la religion chrétienne ». La Note cite le cercle et saute le centre. C’est comme citer le Credo jusqu’à « créateur du ciel et de la terre » et considérer le reste comme récité.

    Avec Jean-Paul II, la méthode se répète. La Note apporte en note de bas de page l’audience générale du 22 octobre 1986, cinq jours avant Assise, et prend de son numéro 5 une phrase aimable sur des religions qui, après avoir causé des divisions, veulent contribuer à la paix. Elle ne prend pas la phrase immédiatement antérieure, qui rappelait les divergences de fond qui les séparent. Ni le numéro 2, où le Pape affirmait que c’est seulement dans le Christ que les hommes peuvent être sauvés. Ni le 4, où il expliquait pourquoi à Assise il n’y aurait pas de prière commune : on pouvait être présent pendant que les autres priaient, mais on ne peut pas « prier ensemble ». La formule retenue pour la journée fut d’être ensemble pour prier. On garde la distinction, car elle reviendra.

    Dominus Iesus s’en tire encore plus mal. Elle n’apparaît qu’une seule fois, dans une note, sans numéro de paragraphe, comme on mentionne dans un faire-part le parent avec lequel on ne se parlait plus. N’apparaît pas son numéro 22, selon lequel les non-chrétiens peuvent recevoir la grâce divine, mais se trouvent objectivement « dans une situation gravement déficitaire » face à ceux qui possèdent dans l’Église la plénitude des moyens de salut. Jean-Paul II a confirmé cette déclaration « avec une conscience certaine et de son autorité apostolique ». Cette Note porte la formule ordinaire : le Pape l’a approuvée et en a ordonné la publication. Quod non est in actis non est in mundo, disent les canonistes. La Note applique l’aphorisme à ses propres sources.

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