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Foi

  • Quand une cathédrale disparaît

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    De Paul Murray sur First Things :

    Quand une cathédrale disparaît

     
    La cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, en Artsakh occupé, aurait été détruite par le régime azerbaïdjanais.
     
    Au cœur de Stepanakert, capitale que les Arméniens considèrent comme le cœur de l'Artsakh, se dressait jadis une cathédrale de calcaire blanc, coiffée d'un dôme et d'un clocher visibles de toute la ville. Elle fut le témoin d'innombrables prières, baptêmes et mariages ; de mères allumant des cierges pour leurs fils au front. Elle témoigna d'une communauté fidèle dont les racines chrétiennes arméniennes sur cette terre remontaient à plusieurs siècles. Lors des bombardements de 2020, des familles se réfugièrent dans ses sous-sols tandis que les obus s'abattaient et récitaient le Notre Père tandis que le sanctuaire tremblait au-dessus d'elles. Aujourd'hui, les images satellites ne montrent plus qu'une cicatrice béante à l'endroit où se dressait jadis la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu. Le dôme a disparu. Le clocher a disparu. La croix a disparu.

    La construction de la cathédrale a débuté en 2006 et elle a été consacrée en 2019 après treize années de travaux. Bien que de construction récente, elle s'inscrit dans l'un des plus anciens territoires chrétiens encore habités. L'Arménie a adopté le christianisme comme religion d'État au début du IVe siècle, avant Rome et les royaumes européens. L'Artsakh fait depuis longtemps partie intégrante de ce patrimoine spirituel. Bien que la cathédrale de Stepanakert soit une structure moderne, elle témoigne de la continuité visible d'une très ancienne présence chrétienne.

    Entre début mars et début avril 2026, l'imagerie satellite et des enquêtes journalistiques ont confirmé la démolition systématique de la cathédrale. Les autorités azerbaïdjanaises ont par la suite reconnu avoir détruit la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu ainsi que l'église Saint-Hakob voisine. La démolition de ces églises fait suite au déplacement de plus de 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh après l'opération militaire azerbaïdjanaise de 2023.

    La démolition a eu lieu quelques jours seulement avant le 24 avril, date à laquelle les Arméniens du monde entier commémorent le génocide arménien. Une cathédrale construite de mémoire récente a été rasée à la veille de ce jour de commémoration d'une catastrophe qui a jadis menacé d'anéantir tout un peuple chrétien.

    Pour de nombreux chrétiens occidentaux, l'Artsakh peut sembler lointain et difficile à situer sur une carte. Mais la destruction de cette cathédrale n'est pas un simple détail régional au sein d'une autre zone frontalière contestée. C'est un événement à portée théologique. Les églises ne sont pas des édifices interchangeables. Elles témoignent de l'enracinement de l'Évangile dans un lieu précis, auprès d'un peuple particulier. Elles attestent que le culte chrétien a perduré à travers les générations et les régimes.

    Lorsqu'une telle église est démolie après le déplacement de ses fidèles, c'est plus qu'un simple édifice qui disparaît : un témoin disparaît.

    L'Église apostolique arménienne compte parmi les plus anciennes communautés chrétiennes ininterrompues au monde. Ses monastères, ses inscriptions et ses liturgies témoignent d'une foi qui a survécu aux empires, aux invasions et aux tentatives d'anéantissement. Au Haut-Karabakh, cette continuité a façonné le paysage et l'imaginaire de ceux qui y priaient. Qu'on aborde la question sous l'angle du droit international, du patrimoine culturel ou de la solidarité chrétienne, les conséquences sont graves. Une présence sacrée, établie depuis des siècles, est en train de disparaître en quelques années seulement.

    L’Épître aux Hébreux exhorte les croyants à se souvenir des personnes emprisonnées comme s’ils l’étaient avec eux. Ce commandement n’a jamais été limité par la géographie. Il s’étend au souvenir des communautés dont les églises sont détruites et dont la présence est menacée, même si elles vivent loin et parlent une autre langue.

    Les pierres de la cathédrale de Stepanakert ne crient peut-être pas, mais elles parlent. Elles nous rappellent que le christianisme n'est pas seulement un ensemble de croyances transmises à travers le temps. C'est aussi une présence qui se transmet à travers les lieux. Les églises d'Arménie appartiennent non seulement aux Arméniens, mais à l'histoire même du christianisme. Lorsque ces lieux disparaissent, c'est toute l'Église qui en souffre.

  • « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

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    De Philippe Darantière, Président Notre-Dame de Chrétienté, sur le site du journal La Croix :

    « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

    À la veille du pèlerinage de Chartres organisé par Notre-Dame-de-Chrétienté, le président de l’association revient sur l’attrait de la jeune génération de catholiques pour la liturgie traditionnelle. Pour Philippe Darantière, dans un monde saturé d’horizontalité, la verticalité des rites ancestraux tranche et libère.

    Écrivant le 18 mars 2026 de la part du pape Léon XIV aux évêques de France réunis à Lourdes, le cardinal Parolin a souligné « la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ». Le fait est là : la liturgie traditionnelle attire, et attire les jeunes. Cette Pentecôte encore, 20 000 personnes vont participer au pèlerinage traditionaliste de Paris à Chartres, avec une moyenne d’âge de 22 ans et une hausse de fréquentation de 8 % en moyenne sur dix ans. Comment comprendre ?

    La première réponse, et la plus commode, est celle de la « sensibilité » : le latin, l’encens, le grégorien, la beauté des ornements. Mais cela existe aussi ailleurs… On dira alors que c’est une affaire d’identité, un besoin de racines, la résistance à un monde liquide qui ne sait plus d’où il vient. Cet argument contient une part de vérité, mais ne suffit pas. Si la liturgie traditionnelle n’était qu’un conservatoire culturel, elle serait un musée, or elle est manifestement vivante. Elle fait passer du culturel au cultuel.

    L’homme s’efface devant le rite

    Voici le premier paradoxe : une liturgie qui, de l’extérieur, semble se dérouler « sans nous » attire profondément. Le prêtre est tourné vers l’Orient, vers le Christ dont il n’est que l’instrument visible. Il n’anime pas, il n’explique pas en temps réel. Les gestes sont ceux qui ont été accomplis invariablement et minutieusement depuis la nuit des temps. L’espace du sanctuaire sépare le sacré du profane. Tout parle d’un autre royaume, celui de Dieu.

    Cette « mise à distance » n’est pas un archaïsme. Elle dit que l’on ne vient pas à la messe d’abord pour soi. On vient parce que l’on a envers Dieu une dette insolvable, que nulle générosité humaine ne saurait acquitter. On vient rendre à Dieu ce qui lui est dû. Et c’est précisément parce qu’on vient pour Dieu que l’on repart enrichi. La vertu de religion, ce devoir de culte envers le Créateur, est inscrite dans chaque geste de cette liturgie. L’homme s’efface devant le rite. Et loin de l’humilier, cet effacement l’élève. Dans une époque saturée d’horizontalité et de retour permanent sur soi, cette verticalité tranche et libère.

    On objecte que cette liturgie serait hermétique. C’est méconnaître son rapport au corps et aux sens. Elle est au contraire extraordinairement incarnée. Les gestes ritualisés, les ornements, le latin, le silence, l’encens, les génuflexions, le chant grégorien : autant de signes concrets qui « ouvrent vers l’invisible », selon Benoît XVI. L’âme ne s’élève pas malgré le corps ; elle s’élève avec lui. Cette pédagogie sacramentelle répond à quelque chose de très profond que, depuis Abel, Noé, Abraham et Moïse, la Bible nous enseigne : l’homme est une créature, la seule de la nature, qui prie, qui offre, qui consacre.

    La marque de la permanence

    Certains ont affirmé que le sacré correspondait à un stade archaïque de l’humanité en voie de dépassement. La réalité du XXIe siècle est plus entêtée : le sacré attire toujours. Non pas malgré la modernité, mais peut-être à cause d’elle : ce que celle-ci essaye de détruire, la liturgie le garde et le redonne.

    Dans un monde où tout change, où chaque institution, même dans l’Église, cherche à « se réinventer », cette liturgie porte la marque de la permanence. Les lectures sont les mêmes depuis des siècles. Le grégorien chante depuis plus d’un millénaire. Le canon romain murmure les mêmes mots qu’au temps de Grégoire le Grand. Et celui qui découvre cette messe pour la première fois comprend d’instinct qu’il entre dans quelque chose qui le dépasse, qui l’a précédé, qui lui survivra : il devient l’espace d’un moment participant d’une liturgie qui nous relie au ciel.

    Cela ne signifie pas que la liturgie serait figée par essence. Elle évolue lentement, organiquement, mais toujours avec cette « infinie délicatesse » dont a témoigné le Concile de Trente, qui eut la sagesse de garder inchangés les rites ayant plus de deux siècles d’histoire. Et c’est cette permanence voulue, assumée, qui lui confère son autorité. La liturgie ne cherche pas à plaire à l’époque. Et c’est pourquoi l’époque y revient.

    Le mystère rendu présent

    Il reste un dernier paradoxe, peut-être le plus décisif. La liturgie traditionnelle est aussi, et peut-être surtout, une expression extraordinairement dense du mystère qu’elle célèbre. La messe, « trésor de la foi », est le mémorial de la Passion du Seigneur, non pas son souvenir mais son renouvellement non sanglant, le sacrifice rédempteur du Christ rendu présent sur l’autel. L’offertoire, la double consécration, les prières du Canon récitées en silence, la communion reçue à genoux : tout cela ne raconte pas la mort et la résurrection du Seigneur, tout cela les actualise.

    La liturgie ancienne est ainsi un catéchisme vécu : elle enseigne non seulement qui est Dieu, mais qui est l’homme face à Dieu. Une anthropologie religieuse que nos contemporains n’ont pas désapprise, même quand ils ont cessé de la formuler. C’est peut-être cela, le secret de son attractivité : elle dit une vérité sur l’homme que l’homme porte en lui sans le savoir.

    Liturgie missionnaire ? Assurément. Et pour un nombre croissant de baptisés et de convertis, elle est devenue la langue maternelle pour parler à Dieu et pour L’écouter. Elle est une richesse de l’Église, trésor de son passé, de son présent et de son avenir. Un trésor que 30 % des pèlerins de Chartres découvrent chaque année pour la première fois. Ce chiffre, à lui seul, montre que la liturgie tridentine célébrée au pèlerinage n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux.

  • L'éternelle question : « Qui est l’homme ? »

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    De sur The Catholic Thing :

    La question éternelle : « Qui est l’homme ? »


    Saint Irénée, évêque et théologien du IIe siècle, est célèbre pour sa phrase « gloria Dei vivens homo » – « la gloire de Dieu, c’est l’homme pleinement vivant ». L’évêque de Lyon n’a pas non plus inventé cette idée : le psalmiste loue le Créateur d’avoir fait l’homme « un peu inférieur aux anges » (Psaume 8, 5).   Le christianisme oriental a longtemps reconnu que l’œuvre de salut de Dieu était en réalité la déification : faire éclore en l’homme la pleine image et la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 27). 

    La dignité de la personne humaine était si centrale dans le pontificat de saint Jean-Paul II qu'elle était au cœur de son encyclique inaugurale, « Le Rédempteur de l'homme » ( Redemptor hominis ).   Ce pape ne cessait de citer Gaudium et spes (n° 22) selon lequel Jésus-Christ « révèle pleinement l'homme à lui-même ».   Remarquons ce que le Concile dit – et ne dit pas.   Le Concile n'affirme pas que le Christ « révèle pleinement Dieu à l'homme » (bien que cela soit vrai).   Il affirme que Jésus « révèle pleinement l'homme à lui-même ».

    Carl Trueman développe ces idées dans son nouvel ouvrage, * La Profanation de l'Homme : Comment le rejet de Dieu dégrade notre humanité* .  Il soutient que, d'une certaine manière, Nietzsche était en avance sur son temps.   Proclamer la « mort de Dieu » à un monde encore imprégné de spiritualité s'avéra inefficace.   À l'instar du nominalisme, la culture occultait encore l'abîme béant que recèle la « mort de Dieu », dont le principal obstacle est la destruction de l'image et de la ressemblance divines en l'homme. 

    En trois chapitres, Trueman démontre comment l'homme contemporain y parvient dans le domaine du sexe (la révolution sexuelle et l'avortement), de la reproduction artificielle (la FIV et la gestation pour autrui) et de la mort (un ennemi qui, s'il ne peut être arrêté, peut au moins être contraint de se plier aux souhaits de chacun quant au moment et au lieu). 

    L'homme comme image et ressemblance divine est le thème unificateur de l'œuvre de Trueman : si la personne humaine est faite à l'image de Dieu qui est bon, alors les incursions de l'homme dans le péché constituent une défiguration de cette image. 

    Ce constat n'est pas nécessairement nouveau : déjà au Ve siècle, le pape Léon le Grand, dans son premier sermon de Noël, exhortait les chrétiens à « se souvenir de leur dignité » (certes rachetée par la grâce au moyen de l'Incarnation).   Mais Trueman soutient de manière convaincante que les modernes ne se contentent pas de défigurer l'image et la ressemblance divines.   Ils s'emploient plutôt activement, et presque avec plaisir, à « profaner » cette image, à tenter de détruire l'image divine en l'homme en la remplaçant par un dieu humain autonome.

    Il ne s'agit pas seulement d'une question morale : quels péchés commettent les hommes ?   C'est une question anthropologique, celle que posait le psalmiste : « Qui est l'homme ? »

    Le point de départ de Trueman est important pour deux raisons. 

    Premièrement, elle offre un point de départ œcuménique et interreligieux commun.   Juifs et chrétiens peuvent ainsi partager une perspective commune et, fondée sur les Écritures, elle peut atténuer certaines conceptions de la corruption humaine radicale qui prévalaient chez les réformateurs classiques. 

    Deuxièmement, cela s'applique à tous les hommes : tous les êtres humains sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, qu'ils le reconnaissent ou non.   L'homme peut choisir de renier son Dieu ; Dieu, lui, ne renie pas l'humanité.

    D'un autre côté, le Diable a assurément intérêt à nier la vérité sur la personne humaine. Selon   une certaine tradition théologique, sa chute découle de son rejet de la création humaine et de l'Incarnation divine : comment Dieu aurait-il pu créer un être hybride, à la fois corporel et spirituel, et encore moins envisager d'adopter une telle nature ?   Une créature qui participe même à la création par la reproduction sexuée, chose qu'aucun ange ne peut faire. 

    Compte tenu de ces perspectives, faut-il s'étonner que l'atteinte contemporaine à la dignité humaine ait des racines bien plus profondes que le péché « ordinaire » : une fureur infernale qui remet en question l'existence humaine elle-même ?   Est-il alors si surprenant, comme l'a dit la Vierge Marie à Fatima, que le combat final entre Dieu et le mal porte sur le mariage et la sexualité ?

    L'ouvrage de Trueman a été bien accueilli.   En tant que théologien catholique, je m'en réjouis, non pas parce que l'accent mis sur l'image divine en l'homme est novateur, mais parce qu'il confère à ce débat une portée judéo-chrétienne plus large. 

    Ce qui est important et mérite notre attention, c'est son intuition nietzschéenne : l'atteinte contemporaine à la dignité humaine est qualitativement différente car, sous-jacente à tous les problèmes divers énumérés par Trueman, se trouve un fil conducteur : une désacralisation jubilatoire de la personne humaine.

    Saint Jean-Paul II a centré son pontificat sur la question humaine : si le problème patristique était Dieu Un et Trois, le problème des Réformateurs et celui de nous autres modernes est l'homme. 

    Mais comme Karol Wojtyła l'a maintes fois souligné avant son accession au pape, dans ses polémiques avec Kant, le rapport entre le divin et l'humain est un rapport direct, et non inverse. On ne devient pas, comme le supposent Kant (et Nietzsche), plus « humain » de manière autonome en rejetant Dieu et sa loi. Au contraire, plus l'homme se conforme au Dieu à l'image duquel il est créé, plus il accomplit pleinement son humanité. 

    Cette conception est attaquée de toutes parts.   L'attaque frontale émane de la culture moderne qui cherche à créer un homme reniant son « dieu ».   Mais une attaque plus sournoise se manifeste dans certains milieux catholiques traditionalistes qui semblent croire que l'attention portée actuellement par le pape à l'homme et à la dignité humaine compromet d'une manière ou d'une autre un catholicisme théocentrique. 

    Certes, il existe des versions du « catholicisme moderne » qui semblent marginaliser Dieu, mais cela ne correspond guère à la solide anthropologie théologique, fondée sur la tradition et Vatican II, que Jean-Paul II et Benoît XVI ont léguée à l’Église. 

    À Rome, on murmure que la première encyclique du pape Léon XIV paraîtra lundi et qu'elle abordera des questions de société fondamentales telles que l'intelligence artificielle et la paix mondiale. Mais la question essentielle qui les sous-tend (y compris celle de savoir si l'IA peut remplacer l'homme) demeure : « Qui est l'homme pour que vous preniez soin de lui ? » Espérons que notre pape, né aux États-Unis, apportera des réponses pertinentes à cette question.

  • Sainte Rita de Cascia, l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien (22 mai)

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    Du pape Jean-Paul II lors de l'audience du 20 mai 2000 (pèlerinage jubilaire des fidèles de sainte Rita de Cascia et des Chevaliers du Travail) (source) :

    ... Quel est le message que cette sainte nous transmet? Il s'agit d'un message qui transparaît de sa vie:  l'humilité et l'obéissance ont été la voie sur laquelle Rita a marché vers une assimilation toujours plus parfaite au Crucifié. Les stigmates qui brillent sur son front sont la preuve de l'authenticité de sa maturité chrétienne. Sur la Croix avec Jésus elle a, d'une certaine façon, obtenu le diplôme de cet amour, qu'elle avait déjà connu et exprimé de façon héroïque entre les murs de sa maison et en participant à l'histoire de sa ville.

    Suivant la spiritualité de saint Augustin, elle devint une disciple du Crucifié et "experte pour souffrir", elle apprit à comprendre les peines du coeur humain. Rita devint ainsi l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien, obtenant pour ceux qui l'ont invoquée dans les situations les plus disparates d'innombrables grâces de consolation et de réconfort.

    Rita de Cascia fut la première femme à être canonisée lors du grand Jubilé du début du XXème siècle, le 24 mai 1900. En décrétant sa Sainteté, mon prédécesseur Léon XIII observa qu'elle plut tant au Christ qu'il voulut la marquer du sceau de sa charité et de sa passion. Un tel privilège lui fut accordé en raison de son humilité singulière, de son détachement intérieur des passions terrestres et de l'admirable esprit de pénitence qui accompagnèrent chaque moment de sa vie (cf. Lett. apos. Umbria gloriosa sanctorum parens, Acta Leonis XX, pp. 152-53).

    J'ai plaisir aujourd'hui, cent ans après sa canonisation, à la reproposer comme signe d'espérance en particulier aux familles. Chères familles chrétiennes, en imitant son exemple, sachez vous aussi trouver dans l'adhésion au Christ la force de porter à terme votre mission au service de la civilisation de l'amour!

    Si nous demandons à sainte Rita quel est le secret de cette extraordinaire oeuvre de renouveau social et spirituel, elle nous répond:  la fidélité à l'amour crucifié. Rita, avec le Christ et comme le Christ, parvient à la Croix toujours et uniquement par amour. Alors, comme elle, nous tournons notre regard et notre coeur vers Jésus mort et ressuscité pour notre salut. C'est lui, notre Rédempteur, qui rend possible, comme il le fit pour cette chère sainte, la mission d'unité et de fidélité qui est propre à la famille, même dans les moments de crise et de difficultés. C'est encore lui qui rend concret l'engagement des chrétiens dans l'édification de la paix, en les aidant à surmonter les conflits et les tensions, malheureusement si fréquents dans la vie quotidienne.

    La sainte de Cascia appartient au grand groupe des femmes chrétiennes qui "ont eu une influence significative sur  la  vie  de  l'Eglise,  ainsi que sur celle de la société" (Mulieris dignitatem, n. 27). Rita a bien interprété le "génie féminin":  elle l'a vécu intensément, tant dans sa maternité physique que spirituelle.

    J'ai rappelé, à l'occasion du sixième centenaire de sa naissance, que sa leçon "se concentre sur ces éléments typiques de spiritualité: l'offre du pardon et l'acceptation de la souffrance, non pas en raison d'une forme de résignation passive [...], mais en vertu de cet amour envers le Christ qui, précisément lors de l'épisode du couronnement, a subi, en même temps que d'autres humiliations, une atroce parodie de sa royauté" (Insegnamenti, V/1 [1982], 874).


    Très chers frères et soeurs, la dévotion à sainte Rita dans le monde est symbolisée par la rose. Il faut espérer que la vie de tous ses fidèles soit également comme la rose cueillie dans le jardin de Roccaporena au cours de l'hiver qui précéda la mort de la sainte. C'est-à-dire qu'il s'agisse d'une vie soutenue par l'amour passionné pour le Seigneur Jésus; une existence capable de répondre à la souffrance et aux épines par le pardon et le don total de soi, pour diffuser partout le bon parfum du Christ (cf. 2 Co 2, 15), à travers l'annonce cohérente et vécue de l'Evangile. Chers fidèles et pèlerins, Rita redonne sa rose à chacun de vous:  en la recevant spirituellement engagez-vous à vivre comme les témoins d'une espérance qui ne déçoit pas, et comme des missionnaires de la vie qui vainc la mort.

    En relation : Sainte Rita de Cascia, celle qui espère contre toute espérance

  • Le Catholicos arménien Aram Ier a proposé à Léon XIV de convoquer un « Concile Vatican III »

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    D'InfoVaticana :

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile du Vatican ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile Vatican II ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier a publié le contenu de la rencontre privée qu'il a eue ce lundi avec le pape Léon XIV au Vatican, révélant qu'au cours de cette rencontre, il a soulevé des questions d'une portée énorme pour l'avenir du christianisme, notamment la convocation d'un « Troisième Concile du Vatican ».

    L’information a été officiellement diffusée par l’Église apostolique arménienne de Cilicie à la suite de l’audience du 18 mai. Selon le communiqué, Aram Ier a présenté au pape trois questions qu’il considère « urgentes » pour la vie de l’Église universelle : l’établissement d’une date commune pour Pâques, la création d’une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens et la convocation d’un nouveau concile universel.

    La référence à un « Troisième Concile du Vatican »

    L’aspect le plus frappant du communiqué publié par l’Église catholique arménienne est la référence explicite à la convocation d’un « troisième concile du Vatican », une expression utilisée par l’Église arménienne elle-même dans le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion.

    Bien que la déclaration ne précise pas comment un tel concile devrait être structuré ni quelles questions spécifiques il devrait aborder, la simple mention d'un nouveau concile œcuménique rouvre inévitablement le débat sur l'état actuel de l'Église et les tensions doctrinales, liturgiques et pastorales apparues après le concile Vatican II.

    Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a publié aucune clarification spécifique concernant cette proposition faite par Aram Ier.

    Pâques commune et commémoration des martyrs chrétiens

    Outre la question du Concile, le dirigeant arménien a insisté sur la nécessité d'avancer vers une date commune pour la célébration de Pâques entre catholiques et orthodoxes, une aspiration de longue date du mouvement œcuménique.

    Il a également proposé d'instaurer une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens, soulignant l'importance de renforcer la prise de conscience commune des persécutions subies par les chrétiens dans différentes parties du monde.

    Selon le communiqué arménien, Léon XIV a exprimé sa « compréhension et son soutien » concernant les questions soulevées lors de la conversation.

    L’Artsakh et la situation au Liban

    Les catholiques arméniens ont également profité de cette réunion pour aborder des questions politiques et humanitaires liées au Moyen-Orient et au Caucase.

    Il a notamment défendu le droit des Arméniens d'Artsakh à retourner sur leurs terres en vertu des garanties internationales et a exigé la protection des églises et des monuments historiques arméniens conformément au droit international. Il a également appelé à la libération immédiate des dirigeants arméniens actuellement détenus à Bakou.

    Concernant le Liban, Aram Ier a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté de l'État libanais, a exigé le retrait israélien du sud du pays et a défendu le maintien du cessez-le-feu.

    conversation privée ultérieure

    Le communiqué ajoute qu'à la suite de la réunion officielle, Léon XIV et Aram Ier ont eu une conversation privée supplémentaire au cours de laquelle ils ont échangé leurs points de vue et leurs préoccupations sur ces questions et d'autres questions connexes.

    La publication du contenu intégral de la conversation par l'Académie catholique arménienne a suscité une attention particulière car elle fait référence à un nouveau concile universel, une question qui suscite inévitablement l'intérêt à une époque de vifs débats internes au sein de l'Église catholique.

  • Un nouveau film sur saint Maximilien Kolbe sort sur les écrans

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    D'Anne Van Merris sur zenit.org :

    Maximilien Kolbe (1894–1941) a donné sa vie pour qu'un père de famille vive © sajedistribution.com

    Maximilien Kolbe (1894–1941) a donné sa vie pour qu'un père de famille vive © Sajedistribution.com

    Un film sur saint Maximilien Kolbe sort au cinéma en France « Maximilien Kolbe, une vie donnée » sur les grands écrans

    20 mai 2026

    Ce 20 mai 2026, un nouveau film sur la vie de saint Maximilien Kolbe sort dans les salles de cinéma en France. Ce prêtre franciscain polonais est mort martyr dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir offert volontairement sa vie pour sauver celle d’un père de famille condamné.

    Le film « Maximilien Kolbe, une vie donnée » est réalisé par l’américain Anthony D’Ambrosio et produit par la société Saje distribution. Il relate des dernières semaines de la vie du saint à Auschwitz dans le « bunker de la faim », où il a été enfermé avec neuf autres prisonniers. 

    L’approche de ce long-métrage est assez inédite, car la plupart des récits existants sur le P. Kolbe s’arrêtent avant cette période d’enfermement qui devait l’amener à la mort.

    © sajedistribution.com

    © sajedistribution.com

    Maximilien Kolbe est entré très jeune dans la vie religieuse et a poursuivi ses études à Rome, où il a fondé le mouvement marial « Milice de l’Immaculée ». Il s’est vite distingué par son dévouement spirituel et intellectuel, notamment à travers la création et la diffusion d’un journal catholique, qui a connu un essor considérable en Pologne. Il a également créé le monastère marial de Niepokalanów, l’un des plus grands d’Europe, puis a étendu sa mission au Japon où il a fondé une communauté.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, le P. Kolbe a aidé des réfugiés, y compris de nombreux juifs, avant d’être arrêté par les nazis. Déporté à Auschwitz, il s’est porté volontaire en 1941 pour mourir à la place d’un autre prisonnier, et a été enfermé dans le bunker de la faim. Après trois semaines sans nourriture et sans eau, le prêtre était encore en vie, alors que tous ses compagnons étaient morts. Mais le 14 août 1941, les soldats allemands lui ont injecté une dose létale de phénol. Les codétenus du P. Kolbe sont ainsi morts avec un chant et une prière sur les lèvres, après avoir été soutenus humainement et spirituellement par le prêtre franciscain. Jusqu’à leur dernier souffle, celui-ci les a réconfortés, a été leur confident, leur a donné l’absolution et leur a redonné l’espérance contre toute attente.

    « Aujourd’hui, alors que nous sommes plus isolés, enfermés dans nos propres prisons mentales et en quête d’espoir, l’histoire de saint Kolbe agit comme une lumière qui guide vers la paix et le ciel » a confié Anthony D’Ambrosio à l’occasion de la sortie de son film. « Il était guidé par une vision différente, tournée vers quelque chose de plus profond que le succès ou la victoire terrestre. C’est une fin qui dit que, quelle que soit l’obscurité, l’espoir demeure et l’amour finit toujours par triompher. Dans le monde d’aujourd’hui, je crois que c’est profondément porteur d’espoir ».

    Maximilien Kolbe rappelait lui-même que la sainteté ne consiste pas d’abord à accomplir des choses extraordinaires, mais à unir sa volonté à celle de Dieu. « Si je veux ce que Dieu veut, alors je serai un saint » avait-il dit, évoquant fréquemment l’abandon total à la volonté divine.

    Le P. Kolbe a été béatifié à Rome le 17 octobre 1971 par saint Paul VI et a été canonisé martyr de la foi en 1982 par saint Jean-Paul II. Il est pour le monde actuel un témoignage lumineux de don de soi, de foi et de courage.

    Un film sur saint Maximilien Kolbe sort au cinéma en France | ZENIT - Français

  • Chine : l'accord du Vatican avec Pékin sur les évêques facilite la répression (Human Rights Watch)

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    Du site de Human Rights Watch (rapport du 15 avril 2026):

    Chine : La pression sur les catholiques s'intensifie

    L'accord du Vatican avec Pékin sur les évêques facilite la répression

     
    • Dix ans après le lancement de la campagne de « sinisation » de la religion par le président Xi Jinping, les communautés catholiques de toute la Chine sont confrontées à un contrôle idéologique renforcé, à une surveillance stricte et à des restrictions de voyage. 
    • L’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine sur les évêques a aidé le gouvernement chinois à faire pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu’elles rejoignent l’Église officielle.
    • Le Saint-Siège et les autres gouvernements devraient faire pression sur Pékin pour qu'il mette fin à la persécution des communautés catholiques et respecte le droit à la liberté de religion pour tous les catholiques et les personnes de toutes confessions. 

    (New York) – Les autorités chinoises accentuent la pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu'elles rejoignent l'Église officielle contrôlée par l'État, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces dernières années, le gouvernement chinois a renforcé le contrôle idéologique, la surveillance et les restrictions de déplacement imposées aux quelque 12 millions de catholiques du pays.

    Dans le cadre de la campagne de « sinisation » de la religion lancée par le président Xi Jinping en avril 2016, les lieux de culte et les enseignements religieux sont censés refléter la culture chinoise centrée sur l'ethnie Han et l'idéologie du Parti communiste chinois. L'accord provisoire de 2018 relatif à la nomination des évêques, conclu entre le Saint-Siège et la Chine et mettant fin à un différend de plusieurs décennies sur ce sujet, a facilité la répression des catholiques en Chine. 

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante qui viole leurs libertés religieuses », a déclaré  Yalkun Uluyol , chercheur spécialiste de la Chine à Human Rights Watch. « Le pape Léon XIV devrait réexaminer d’urgence cet accord et faire pression sur Pékin pour qu’il mette fin à la persécution et à l’intimidation des Églises clandestines, du clergé et des fidèles. »

    Le gouvernement chinois interdit l'accès à son territoire aux chercheurs indépendants et sanctionne toute personne s'exprimant auprès de médias étrangers ou d'organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch s'est entretenu avec neuf personnes hors de Chine ayant une connaissance directe de la vie catholique dans le pays, ainsi qu'avec des experts de la liberté religieuse et du catholicisme en Chine. Human Rights Watch a également examiné des documents gouvernementaux et des articles de la presse officielle chinoise.

    Le 7 avril 2026, Human Rights Watch a envoyé un résumé de ses conclusions au gouvernement chinois et au Saint-Siège, sollicitant leurs commentaires. Aucun des deux n'a répondu.

    Le gouvernement chinois restreint depuis longtemps la liberté religieuse des catholiques du pays, qui ne sont autorisés à pratiquer leur culte que dans les églises officielles, sous l'égide de l'Association patriotique catholique chinoise, un organisme gouvernemental. Les communautés catholiques clandestines, qui refusent de prêter allégeance au Parti communiste chinois, sont les plus touchées. Si la persécution religieuse en Chine est un phénomène ancien, le climat de répression s'est considérablement durci depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en novembre 2012. 

    Aux termes de l'accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, Pékin propose des candidats à l'épiscopat, nominations que le pape peut ensuite rejeter. Toutefois, le texte intégral de cet accord n'a jamais été rendu public. Renouvelé à  trois reprises, il est actuellement valable jusqu'en octobre 2028, mais aucun pape n'a exercé son droit de veto, même après que le gouvernement chinois  a violé ses termes en  nommant unilatéralement des évêques. Le pape Léon XIV, en fonction depuis mai 2025, a par ailleurs  approuvé cinq nominations proposées par Pékin.

    Depuis l'accord de 2018, les autorités chinoises ont fait pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu'elles rejoignent l'Association patriotique en détenant arbitrairement, en faisant disparaître de force, en torturant et en assignant à résidence des évêques et  des prêtres catholiques clandestins , selon des informations publiées par les médias et des organismes de recherche.

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  • Saint Eugène de Mazenod, un très grand évêque... (21 mai)

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    Saint Eugène de Mazenod  
    Évêque, fondateur de la congrégation des Oblats de Marie Immaculée  
    (1782-1861)

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              CHARLES-JOSEPH-EUGÈNE DE MAZENOD vit le jour dans un monde en pleine et rapide évolution. Né à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, le premier août 1782, il paraissait assuré d'une brillante carrière et d'une certaine aisance de par sa famille qui était de la petite noblesse. Les bouleversements de la révolution française allaient changer cela pour toujours. Eugène n'avait encore que huit ans quand sa famille dut fuir la France en abandonnant ses biens derrière elle. La famille commençait alors un long et pénible exil qui allait durer onze ans.

    Les années en Italie

            La famille de Mazenod, partit en exil en Italie, passant d'une cité à une autre. Le père, qui avait été Président de chambre au Parlement d'Aix, fut contraint de s'adonner au commerce pour faire vivre sa famille. Il se montra si peu habile en affaire qu'au bout de quelques années sa famille était proche de la détresse. Eugène étudia quelque peu au Collège des Nobles à Turin mais l'obligation de partir pour Venise allait marquer pour lui la fin d'une fréquentation scolaire normale;

            Un prêtre, Don Bartolo Zinelli, qui était proche de la famille de Mazenod, entreprit de travailler à la formation du jeune émigré. Don Bartolo donna à Eugène une éducation fondamentale imprégnée du sens de Dieu et du désir d'une vie de piété qui devaient l'accompagner pour toujours malgré les hauts et les bas de son existence.

           Un nouveau déplacement, vers Naples cette fois, engendra une période d'ennui doublée d'un sentiment d'impuissance. La famille changea de nouveau, et cette fois se rendit à Palerme, où grâce à la bonté du Duc et de la Duchesse de Cannizzaro, Eugène goûta pour la première fois à la vie de la noblesse qu'il trouva agréable. Il prit le titre de " Comte de Mazenod ", s'initia aux habitudes de cour et se mit à rêver à un brillant avenir.

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  • Vingt-cinq martyrs de la furie anticatholique au Mexique

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    Fêtés aujourd'hui : le P. Christophe Magallanes (1869-1927) et ses 24 compagnons, prêtres et laïcs, martyrs du Mexique; le P. Christophe a été béatifié en 1992.

    Au Mexique, dès 1913, un décret ordonne la fermeture des églises et l'arrestation des prêtres. On interdit de dire "adios" ou "Si Dieu le veut" ("si Dios quiere"), de sonner les cloches, d'apprendre à prier aux enfants; on détruit les églises, expulse les congrégations religieuses, on met hors-la-loi les organisations professionnelles non gouvernementales, l'enregistrement des prêtres est rendu obligatoire. En 1924-1928, le général Plutarco Elias Calles, qui a juré de détruire la foi chrétienne, mène une politique anticléricale et provoque le soulèvement des "Cristeros" qui résistent (1926-1929). Ils affrontent les régiments du pouvoir, qui entrent à cheval dans les églises, profanent le Saint-Sacrement, et se déchaînent. Vingt-deux des martyrs dont on fait mémoire aujourd'hui étaient des prêtres diocésains, comme Christophe Magallanes, et trois d'entre eux étaient des jeunes de l'action catholique. L'un d'eux, Manuel Morales, âgé de 28 ans, était marié et père de trois petits enfants. Avant d'être fusillé, il s'exclama: "Je meurs, mais Dieu ne meurt pas, il aura soin de ma femme et de mes enfants". (source)

    Sur abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/, on approfondit le contexte historique :

    Après le régime autoritaire du général Porfirio Diaz (1876-1911) le Mexique entre dans une période d’instabilité politique, et même de guerre civile (1914-1917), marquée par un caractère anticlérical prononcé jusqu’à la veille de la 2e guerre mondiale. Ainsi dès 1913, un décret ordonne la fermeture des églises et l'arrestation des prêtres. On interdit de dire "adios" ou "Si Dieu le veut" ("si Dios quiere"), de sonner les cloches, d'apprendre à prier aux enfants; on détruit les églises, expulse les congrégations religieuses, on met hors-la-loi les organisations professionnelles non gouvernementales, l'enregistrement des prêtres est rendu obligatoire. En visite au Vatican en 1915, l’archevêque de Guadalajara dit à Benoît XV : « Nous payons les fautes de nos pères – Les cruautés des conquistadores ? demande le pape. Et l’évêque de répondre : Moins ces cruautés que l’erreur d’avoir écarté les indigènes du sacerdoce ». On sait que les ‘Indios’ étaient déconsidérés. Quant au clergé alors en place, il n’est pas toujours à la hauteur. On lui reproche souvent d’être intéressé et dissolu. (Graham Green, dans son roman “La Puissance et la gloire”, dresse le portrait saisissant d’un prêtre à la fois trop humain et plein de foi.) En 1917, une Constitution anticléricale est votée. Elle est d’abord appliquée avec un certain pragmatisme par le général ‘indios’ Obregon, un anticlérical qui agit cependant avec prudence dans les régions où la foi est plus vive.

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  • Le rapport du Synode présente un « changement de paradigme » toxique (Mgr Mutsaerts)

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    De Mgr Mutsaerts (évêque auxiliaire de Bois-le-Duc) sur son blog :

    Le rapport du Synode présente un « changement de paradigme » toxique.

    Le Synode des évêques a mis en place dix groupes d’étude pour le Synode sur la synodalité. Le « groupe d’étude n° 9 » se penche principalement sur la manière dont l’Église peut aborder collectivement des questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées. Le groupe d’étude n° 9 a publié son rapport final le 5 mai dernier. Dans un communiqué de presse publié le même jour, le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, a décrit le rapport du groupe d’étude n° 9 comme un document touchant « au cœur de la vie ecclésiale ». Entre-temps, le Secrétariat général du Synode prend toutefois ses distances par rapport à ce même rapport. Un porte-parole du secrétariat a souligné que « les groupes de travail ont travaillé de manière autonome » et que, par conséquent, « ces rapports ne peuvent être attribués au Secrétariat du Synode ».

    Dans les débats, de nombreux catholiques voient dans ces rapports non seulement un changement d’accent, mais la suggestion d’une modification de la doctrine elle-même, en particulier lorsqu’il est question d’un « changement de paradigme ». La politique identitaire, la révolution sexuelle après les années soixante et le vocabulaire de « l’expérience vécue » dominent aujourd’hui même les discussions ecclésiales.

    L'Église n'est pas opposée au changement. Ce à quoi elle s'est toujours opposée, c'est le culte des nouveautés simplement parce qu'elles sont nouvelles. Il existe aujourd'hui une tendance à assimiler la vérité au mouvement historique. La modernité a inconsciemment accepté l’hypothèse selon laquelle ce qui vient après est nécessairement meilleur. Mais meilleur dans quelle direction ? Chesterton a fait remarquer qu’avant de pouvoir parler de progrès, il faut d’abord savoir où l’on veut aller. Un homme qui marche dans la mauvaise direction ne progresse pas en marchant plus vite.

    C’est pourquoi nous devons nous méfier profondément de l’expression « changement de paradigme » lorsqu’elle implique que la morale chrétienne doit évoluer simplement parce que la société contemporaine a changé. Cela reviendrait en effet à renoncer à la revendication centrale du christianisme : à savoir que la vérité juge l’histoire, et n’est pas jugée par l’histoire. Et pourtant, c’est ce que suggère le rapport du Groupe d’étude 9.

    L'Église a survécu aux empires, aux philosophies et aux modes parce qu'elle était ancrée dans quelque chose qui se situe au-delà de l'histoire. Chaque époque se considérait comme éclairée. Chaque époque a fini par paraître ridicule aux yeux de celle qui lui a succédé. Le rôle de l’Église n’est pas de refléter la civilisation, mais de la remettre en question. S’il n’y a pas de continuité dans la doctrine, il y a rupture. Pourquoi une petite élite d’intellectuels contemporains aurait-elle le droit de passer outre deux mille ans de réflexion chrétienne ?

    Dans les débats ecclésiaux modernes, la pression provient souvent de cadres de pensée psychologiques contemporains, de tendances sociologiques ou d’attentes culturelles autour de l’autonomie et de l’identité. Ceux-ci contiennent certes des idées, mais ils ne sont pas neutres. La doctrine catholique sur la sexualité n’a jamais été fondée uniquement sur des conventions sociales. Elle est issue d’une vision intégrée de la création, du sacrement, de la corporéité, du sacrifice et de la téléologie. Le mariage n’est pas seulement un arrangement juridique ; c’est un symbole cosmique. L'éthique sexuelle ne consiste pas en des règles arbitraires imposées par des ecclésiastiques, mais en des conséquences découlant d'une vision de ce qu'est la personne humaine. Lorsque l'on dissocie l'éthique sexuelle de cette vision métaphysique plus large, c'est finalement la cohérence du christianisme lui-même qui se dissout. Les dogmes s'articulent entre eux comme les voûtes d'une cathédrale. Retirez une seule pierre porteuse, et l’édifice ne s’effondre pas immédiatement, mais des tensions commencent à apparaître partout.

    L'un des grands malentendus concernant l'orthodoxie est de croire que la fermeté doctrinale exclut toute compréhension de la faiblesse humaine. Or, c'est précisément parce que l'Église possède une doctrine solide sur le péché qu'elle éprouve une immense compassion pour la faiblesse humaine. L'idéologie moderne divise souvent l'humanité en oppresseurs et en victimes. Le christianisme divise l’humanité en pécheurs aimés de Dieu. L’amour exige la vérité précisément parce que les hommes ont une destinée éternelle. L’Église ne peut guérir les âmes en leur disant que la réalité morale change sous la pression des émotions ou des courants culturels. Un médecin qui adapte ses diagnostics uniquement pour rassurer ses patients cesse de guérir.

    Chaque culture a tendance à se déséquilibrer. À l’époque païenne, le christianisme défendait la chasteté. À l’époque puritaine, le christianisme défendait la fête. À l’époque matérialiste, le christianisme défendait le mysticisme. À l’époque du chaos, le christianisme défendait l’ordre. Chesterton rejetterait probablement l’idée selon laquelle l’Église doit devenir culturellement « crédible » en s’adaptant aux conceptions contemporaines de la sexualité. L’Église a toujours semblé étrange au monde. Cette étrangeté n’est pas un malheur, mais une réalité essentielle.

    Les premiers chrétiens étaient considérés comme absurdes parce qu'ils rejetaient le divorce, l'infanticide, la débauche sexuelle et la marchandisation du corps. Leur éthique ne correspondait pas aux normes romaines. Le christianisme n'a pas triomphé en s'adaptant, mais en proposant une vision radicalement différente de la dignité humaine.

    Aujourd’hui, le christianisme risque de répéter la même erreur que le protestantisme libéral aux XIXe et XXe siècles. De nombreuses communautés protestantes ont tenté de s’adapter à l’appel intellectuel de la modernité. Mais dès que le christianisme devient le simple écho religieux de l’opinion dominante, il perd son identité. Les gens le sentent et s’en détournent en masse. Une Église qui se contente de répéter le consensus culturel finit par devenir superflue.

    Examinons donc avec méfiance l’expression « changement de paradigme », telle qu’utilisée par le Groupe d’étude 9. Signifie-t-elle : un changement de ton pastoral ? une évolution dans l’application pratique ? une formulation plus profonde d’une vérité immuable ? ou une révision substantielle de la doctrine morale ? La vie intellectuelle moderne cache souvent les révolutions derrière des euphémismes. Si un dogme doit être modifié, il faut dire honnêtement qu’il est modifié. S’il n’est pas modifié, il faut expliquer clairement comment la continuité est préservée. La crédibilité de l’Église en dépend.

    Face à un rapport synodal proposant un « changement de paradigme » dans l’approche de la sexualité par l’Église, la méfiance est de mise. Si ce changement implique davantage de patience pastorale, un accompagnement plus humain, une plus grande humilité, une écoute plus attentive et une meilleure reconnaissance de la souffrance et de la complexité de la vie moderne, alors je l’accueillerais favorablement. Le christianisme sans charité devient cruauté. Mais si ce changement signifie que la vérité révélée est subordonnée aux présupposés culturels contemporains, alors je le rejette fermement. Ce ne serait pas un renouveau, mais une capitulation. L’Église ne survit pas parce qu’elle suit chaque esprit du temps, mais parce qu’elle porte une vérité qui transcende tous les temps. Comme l’a dit Chesterton : la chose la plus radicale que l’Église puisse faire, quel que soit le siècle, n’est pas de changer avec le monde, mais de rester fidèle alors que le monde autour d’elle change.

    +Rob Mutsaerts

    le 19 mai 2026

  • Quand un évêque visite une « paroisse LGBTQ »

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    Du blog de Mgr Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois-Le-Duc (NL) :

    Visiter une « paroisse LGBTQ »

    J'ai récemment célébré une messe de confirmation dans une paroisse de notre diocèse. Un drapeau arc-en-ciel flottait devant l'entrée de l'église. J'ai demandé à l'un des confirmands – nous étions dehors, prêts pour la procession – ce qu'il en pensait. Il n'y a pas prêté beaucoup d'attention, mais aurait préféré voir un drapeau du PSV (club de foot). C'est le genre de paroisse qui se dit inclusive , comme cela est devenu évident après la messe, autour d'un café. « Nous sommes une église LGBTQ+, une église arc-en-ciel. »

    Je pensais commencer par une question simple : que signifie concrètement être inclusif ? Au sens le plus courant, cela signifie n’exclure personne. Une noble aspiration, difficile à rejeter. Mais dès qu’on concrétise cet idéal, dès qu’on l’applique aux croyances, à la morale et aux visions du monde, un problème se pose : on ne peut pas tout embrasser sans aussi rejeter quelque chose.

    Une Église – qu’elle se nomme « Église arc-en-ciel » ou non – n’est par définition pas un bâtiment vide, mais une maison de convictions. Elle professe quelque chose. Elle enseigne quelque chose. Elle dit implicitement, et souvent aussi explicitement : ceci est vrai, et cela ne l’est pas. Dès que l’on fait cela – j’ai l’habitude de le faire –, une frontière se crée, aussi modérée et bienveillante que soit notre attitude.

    L’« Église inclusive » prétend souvent accueillir tout le monde, quels que soient les origines, l’identité ou les convictions. Cela semble noble, presque évangélique. Mais c’est là que le paradoxe s’installe : on accueille tout le monde – à condition qu’ils partagent certaines opinions sur l’identité, la sexualité et la vérité. Quiconque remet cela en question, quiconque s’exprime sur la morale ou l’anthropologie dans une perspective catholique traditionnelle, se rend vite compte que la porte n’est pas aussi grande ouverte qu’on le promettait.

    Ce n’est pas un péché propre aux « églises arc-en-ciel ». Même la paroisse catholique la plus orthodoxe fixe des limites. Là non plus, toutes les convictions ne sont pas les bienvenues. La différence réside toutefois dans l’honnêteté avec laquelle ces limites sont reconnues. L’Église traditionnelle dit : « Voici ce que nous croyons, et si vous le contestez, nous engagerons le dialogue avec vous, mais nous n’abandonnerons pas nos convictions. » L’Église inclusive dit autre chose : « Nous n’excluons personne », alors qu’elle exclut implicitement certaines convictions.  Une ouverture d’esprit, c’est bien, mais la question est : chez qui ou dans quoi tout le monde est-il le bienvenu ? C’est comme si une association disait que tout le monde est le bienvenu chez elle, mais sans qu’on sache vraiment de quel genre d’association il s’agit. L’inclusivité sans contenu est vide de sens.

    Le cœur du problème, c’est qu’aujourd’hui, le terme « inclusif » ne signifie souvent plus « tout le monde est le bienvenu », mais plutôt « tout le monde est le bienvenu à condition d’adhérer à nos principes moraux ». Ce n’est pas de l’inclusion, mais une nouvelle forme d’orthodoxie. Quiconque n’adhère pas à cette orthodoxie est considéré comme un hérétique et exclu. C’est ce qui m’est apparu clairement lors de cette discussion autour d’un café. Si l’on remet prudemment en question leur point de vue et que l’on souhaite réellement engager une discussion – non pas pour provoquer, mais simplement pour aborder la sexualité, la nature humaine, ce que signifie être un homme ou une femme, et ce genre de sujets. J’ai été immédiatement « censuré » parce que mon point de départ ne cadrait pas avec leur « religion arc-en-ciel ». L’inclusion ne s’avère pas être une porte ouverte, mais une porte d’entrée soigneusement gardée.

    La vraie question n’est pas : ces Églises sont-elles inclusives ou exclusives ? La vraie question est : quelle vérité osent-elles reconnaître, et quelles limites osent-elles admettre honnêtement ? Car une communauté qui nie ses limites ne devient pas plus ouverte, mais plus floue, et finalement moins accueillante, précisément pour ceux qui cherchent sincèrement.

    L'homme ne peut vivre sans limites, mais il ne peut pas non plus vivre sans miséricorde. Une Église qui sait préserver ces deux aspects – qui professe la vérité tout en gardant la porte ouverte au pécheur, à celui qui doute et même à celui qui conteste – sera peut-être moins à la mode, mais d'autant plus humaine. La véritable inclusivité ne commence pas par l’abolition des limites, mais par leur reconnaissance honnête et par la volonté – malgré ces limites – d’offrir quand même une place à table à l’autre. Cette paroisse n’était pas disposée à cela, comme on l’a vu par la suite. On avait expressément demandé à un garçon de se retirer et de ne plus participer à la préparation à la confirmation. La raison ? Il trouvait le Vendredi violet tout simplement « n'importe quoi ». Je l'ai formé ailleurs une semaine plus tard. Un garçon qui a des opinions et du caractère. Cela ne cadre apparemment pas avec cette paroisse tolérante, qui n'exclut personne, inclusive, large, ouverte, accessible, hospitalière, généreuse, accueillante, ouverte d'esprit, compréhensive et ouverte d'esprit.

    +Rob Mutsaerts

    le 29 avril 2026 

  • Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

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    De Andrés Henriquez sur CNA :

    Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

    S'adressant à un groupe de jeunes gens sur le point d'être confirmés, le pape Léon XIV les a encouragés à persévérer dans la foi et a souligné que la foi se vit en communauté, et non dans l'isolement.Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

    Le pape Léon XIV rencontre les personnes en attente de confirmation de l'archidiocèse de Gênes (Italie) le samedi 16 mai 2026 au Vatican. | Crédit : Vatican Media
     
    19 mai 2026

    Le pape Léon XIV a déploré que, après leur confirmation, de nombreux jeunes cessent de fréquenter l'église. Il a exhorté ceux qui attendaient la confirmation à accorder une attention particulière à l'un des dons du Saint-Esprit : la persévérance.

    Le pape a rencontré samedi 16 mai les jeunes en attente de confirmation de l'archidiocèse de Gênes, en Italie. Dans un message improvisé, le Saint-Père a déclaré : « L'une des plus grandes joies d'un évêque est de célébrer les confirmations, car c'est véritablement un don du Saint-Esprit. »

    « C’est vraiment magnifique de recevoir ce sacrement, car la plénitude du Saint-Esprit nous donne cet enthousiasme, cette force, cette capacité de suivre Jésus-Christ, de toujours dire « oui » au Seigneur, de ne pas craindre de le suivre avec courage et de vivre notre foi dans un monde qui cherche si souvent à nous éloigner de Jésus », leur a-t-il dit.

    Après avoir rappelé l’importance de la solennité de la Pentecôte — qui sera célébrée le dimanche 24 mai —, le pape a déploré une triste réalité : « Parfois, lorsque l’évêque administre la confirmation, le don du Saint-Esprit, les enfants disparaissent à jamais ! Ils quittent la paroisse. »

    « N’oubliez pas ce que vous avez vécu durant cette période, notamment la joie d’être venus à Rome pour célébrer et prier ensemble. Que cette joie demeure dans vos cœurs tandis que vous continuez d’être de fidèles disciples de Jésus-Christ », a exhorté le pape Léon XIV.

    Il a également invité les jeunes à « persévérer dans la foi, à revenir à la paroisse — il y a tant d’activités, tant d’opportunités — mais surtout dans la vie de foi, car Jésus-Christ veut marcher avec vous, avec chacun d’entre vous et avec vous tous en communauté, ce qui est si important. »

    « Nous ne vivons pas notre foi seuls ; nous la vivons ensemble. Et tisser ces liens d’amitié et de communauté est une manière de vivre avec persévérance en disciples de Jésus », a-t-il ajouté.

    Enfin, il a invité ceux qui allaient être confirmés à faire une promesse au Seigneur : « que vous désiriez sincèrement continuer à être ses amis, ses disciples et ses missionnaires, et que vous désiriez persévérer dans la foi. Sur ces mots, je vous laisse », a-t-il conclu.