Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Foi

  • À propos des Allemands, de la FSSPX et des convictions théologiques du pape Léon XIV

    IMPRIMER

    De Larry Chapp sur le Catholic World Report :

    À propos des Allemands, de la FSSPX et des convictions théologiques du pape Léon XIV

    Le désir du pape de voir les eaux s'apaiser va être mis à l'épreuve sur deux fronts — aux deux extrémités du spectre — qui vont le contraindre à prendre des décisions radicales.

    À l'occasion de l'anniversaire de son élection, et après une année de pontificat, on peut affirmer sans exagérer que le pape Léon XIV ferait, comme le disait un ami, un « excellent joueur de poker ». Il reste très discret et prend soin de ne rien laisser transparaître de ses convictions théologiques les plus profondes.

    Pour ma part, je vais être franc : j'apprécie le pape Léon, et je pense qu'il est prudent à l'excès précisément parce qu'il sent que le plus grand besoin actuellement est de calmer les turbulences au sein de l'Église.

    Des tests sur deux fronts

    Mais ce désir d'apaisement va être mis à l'épreuve sur deux fronts avec l'apparition de deux problèmes ecclésiastiques — aux antipodes l'un de l'autre — qui vont obliger Léon à prendre des décisions radicales.

    Tout d'abord, le cardinal Reinhard Marx, en Allemagne, a récemment déclaré que les évêques allemands allaient bénir officiellement les « unions » homosexuelles, leur conférant ainsi une bénédiction liturgique en tant qu'unions à part entière. Malheureusement pour les Allemands, cette décision contrevient aux principes de Fiducia Supplicans d'au moins deux manières (que j'aborderai plus loin). Ce mépris allemand pour Fiducia est grave, indépendamment de l'opinion que l'on porte sur ce principe, car cette initiative marque une sorte d'escalade finale de la « voie synodale » allemande, la hiérarchie ecclésiastique testant la détermination du nouveau pape à contrecarrer une grande partie de son programme.

    Fiducia affirme que les bénédictions des couples en union irrégulière doivent être spontanées et ne jamais être formalisées par une bénédiction liturgique publiée dans un texte liturgique officiel du diocèse. La proposition allemande actuelle contredit frontalement cette règle et risque d'entraîner la promotion de tels événements « liturgiques » et l'organisation de célébrations simulant le mariage pour toutes sortes d'unions, indépendamment de leur statut moral au sein de l'Église. Quiconque pense que nous n'allons pas dans cette direction fait preuve de naïveté ou de déni.

    Les Allemands tentent de contourner l'enseignement de l'Église en affirmant qu'il s'agit de bénédictions d'unions, mais en aucun cas d'une forme de « mariage homosexuel » au sens religieux du terme. Cependant, cette distinction est tellement fallacieuse, compte tenu de la position du catholique allemand moyen sur les questions de sexualité et de genre, que personne ne croit vraiment à autre chose qu'à une tentative de normalisation de l'homosexualité au sein de l'Église.

    Enfin, et c'est le plus évident, la loi Fiducia interdit que ces bénédictions soient utilisées comme une bénédiction pour l'union en tant que telle ; ce qui est béni, ce sont simplement deux individus qui ont demandé une bénédiction afin de mener une vie meilleure et plus chrétienne. Je pense que cette distinction est subtile, comme je l'ai déjà écrit, car elle est susceptible des abus mêmes que les Allemands encouragent actuellement.

    Il va sans dire que, tout comme pour la récente annonce de la FSSPX de défier Rome et d'ordonner de nouveaux évêques en juillet, il s'agit là aussi d'une « crise » délibérément orchestrée. Rien dans la situation allemande ne « justifiait » une telle action. Il n'y a pas de véritable « urgence » : les Allemands ont décidé, pour des raisons qui leur sont propres, que le moment était venu de lancer un défi.

    Motivations différentes

    Il me semble que les deux situations diffèrent par leurs motivations.

    La décision de la FSSPX semble motivée par une impatience exaspérée face à la position inflexible de Rome, qui considère qu'un concile œcuménique et les six pontificats qui lui ont succédé conservent une valeur magistérielle contraignante et normative. La direction de la FSSPX sait que le pape Léon XIV ne changera pas cette réalité, et par conséquent, ses ouvertures au dialogue avec Rome sonnent creux. Conscients de l'impasse en matière de régularisation, ils comprennent clairement les raisons de cette décision. Nous avons un jeune pape qui n'est pas traditionaliste. Il est temps d'avancer.

    Lire la suite

  • Le cardinal Eijk accuse le rapport du Synode (n°9) de semer la confusion doctrinale

    IMPRIMER

    De "Tribune chrétienne" :

    Le cardinal Eijk accuse le rapport du Synode de semer la confusion doctrinale

     
    "Le rapport normalise de fait les relations homosexuelles dans un contexte ecclésial. Il ne s’agit pas simplement d’une déficience technique : c’est une contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique"

    Le cardinal néerlandais Willem Jacobus Eijk hausse le ton contre le rapport final du Groupe d’étude n°9 du Synode sur la synodalité. Dans une tribune publiée le 14 mai 2026 par le National Catholic Register, le prélat néerlandais affirme que ce document ne constitue pas une simple réflexion pastorale, mais une remise en cause profonde de la manière dont l’Église comprend et transmet la vérité morale. « Il ne s’agit pas simplement d’une déficience technique : c’est une contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique », écrit-il.

    Le rapport, élaboré dans le cadre du processus synodal lancé par le pape François, propose une nouvelle méthode de discernement ecclésial centrée sur « l’écoute », « l’expérience vécue » et la « conversation dans l’Esprit ». Les auteurs y affirment que certaines questions traditionnellement qualifiées de « controversées » devraient désormais être considérées comme des « questions émergentes ». Cette évolution terminologique n’est pas anodine. Le document explique vouloir dépasser une logique de « résolution de problèmes » fondée sur « l’application déductive de principes établis de manière immuable et rigide ».Le rapport affirme également que la mission de l’Église « n’est pas de proclamer abstraitement des principes » mais d’entrer dans une dynamique pastorale attentive aux contextes culturels et aux situations humaines concrètes. Pour le cardinal Eijk, c’est précisément là que se situe le danger. Il précise que le texte introduit une opposition artificielle entre doctrine et pastorale, comme si la fidélité à la vérité morale pouvait être assouplie au nom de l’accompagnement des personnes : « Le véritable accompagnement pastoral ne cherche pas de compromis avec la vérité morale », insiste-t-il.

    La partie du rapport consacrée aux personnes ayant des attirances homosexuelles cristallise particulièrement les inquiétudes du cardinal. Le Groupe d’étude n°9 propose en effet d’écouter des témoignages de croyants LGBT afin de discerner les « expériences de bonté » présentes dans leurs parcours et dans certaines communautés chrétiennes. Le document explique que ces récits personnels peuvent permettre d’identifier de « bonnes pratiques » ecclésiales et d’ouvrir de nouveaux chemins de discernement pastoral.

    Mais pour le cardinal Eijk, cette approche crée volontairement une ambiguïté doctrinale. Il reproche au texte de présenter certains témoignages favorables aux relations homosexuelles sans rappeler explicitement l’enseignement moral constant de l’Église : « En mettant ainsi en avant de tels témoignages sans commentaire doctrinal, le rapport normalise de fait les relations homosexuelles dans un contexte ecclésial », affirme-t-il.

    Le cardinal critique aussi la manière dont le rapport évoque Courage International, l’apostolat catholique accompagnant les personnes attirées par le même sexe dans une vie de chasteté conforme à l’enseignement de l’Église. Au-delà des questions LGBT, c’est toute l’orientation théologique du document qui suscite l’inquiétude des défenseurs d’une ligne doctrinale classique. Le rapport revendique explicitement un « changement de paradigme » dans la manière d’interpréter et de transmettre la foi. Il affirme également que « la vérité universelle de l’humain, dans son expression historique, ne peut être déterminée une fois pour toutes ».

    Pour le cardinal Eijk, une telle formulation ouvre la porte à une relativisation progressive de la loi morale naturelle et de l’enseignement catholique sur le mariage, la sexualité et la famille. L’archevêque d’Utrecht rappelle au contraire que certaines normes morales sont absolues et ne dépendent ni des cultures ni des circonstances historiques. Dans la ligne de saint Jean-Paul II et de l’encyclique Veritatis Splendor, il insiste sur le fait que la vérité morale ne peut être reconstruite à partir des expériences subjectives :

    « L’enseignement de l’Église n’est ni obscur ni sujet à révision par des processus synodaux », conclut-il. « C’est la vérité qui nous rend libres. »

    Cette prise de parole du cardinal Eijk illustre les tensions croissantes provoquées par le Synode sur la synodalité au sein de l’Église. Alors que certains y voient une occasion de renouvellement pastoral et d’écoute des périphéries, d’autres redoutent une transformation progressive de la doctrine sous couvert de discernement. À Rome, plusieurs cardinaux et évêques proches des milieux doctrinaux conservateurs devraient désormais faire entendre plus ouvertement leurs réserves sur l’orientation prise par certains groupes de travail synodaux : une nouvelle fracture doctrinale apparaît au grand jour dans l’Église catholique.

  • La carte mondiale du christianisme est en train de se réécrire

    IMPRIMER

    D'Atlantico :

    Fidèles en conversion : catholiques, protestants, néo-athées, la carte mondiale du christianisme est en train de se réécrire

    Une étude du Pew Research Center révèle une accélération des changements d’appartenance religieuse dans de nombreux pays. Tandis que le catholicisme perd des fidèles en Europe et en Amérique latine, les Églises évangéliques progressent dans plusieurs régions du monde, redessinant progressivement la carte mondiale du christianisme.

    Atlantico : Le Pew Research Center vient de publier une étude sur les changements d'appartenance religieuse dans 24 pays. Pouvez-vous nous la présenter : qui l'a réalisée, sur quelle méthode repose-t-elle, et que mesure-t-elle exactement quand elle parle de 'religious switching' ?

    Blandine Pont-Chelini : Ce document est une étude intitulée “Catholicism has lost people to religious switching in many countries, while Protestantism has gained in some”. Elle a été rédigée par Kirsten Lesage, William Miner et Rebecca Leppert, qui sont analystes du Centre.

    Ses résultats sont les suivants : le catholicisme globalement perd davantage de fidèles qu’il n’en gagne dans 21 des 24 pays étudiés. Les anciens catholiques se dirigent souvent soit vers le protestantisme évangélique, soit vers l’absence de religion. Le protestantisme connaît une situation plus contrastée : dans plusieurs pays — notamment en Amérique latine, on va en reparler  — il gagne davantage de fidèles qu’il n’en perd et les sorties du protestantisme vont majoritairement vers la non-affiliation religieuse.

    L’étude repose sur de grandes enquêtes internationales que le Pew a menées en 2024 dans 24 pays, auxquelles s’ajoute pour les États-Unis la vaste enquête Religious Landscape Study 2023-2024. Elle s’inscrit dans le programme de recherche « Pew-Templeton Global Religious Futures », financé notamment par les fondations Pew et Templeton.

    Le cœur méthodologique du document est en effet cette notion de “religious switching”. Pew définit cela comme le fait qu’une personne adulte n’appartienne plus à la religion dans laquelle elle dit avoir été élevée durant son enfance.

    Autrement dit, l’étude compare deux déclarations : la religion d’origine (“religion in which a person says they were raised”), et l’identité religieuse actuelle à l’âge adulte. Le terme est volontairement plus large que « conversion », parce qu’il inclut : les passages d’une religion à une autre, mais aussi la sortie de toute religion (athée, agnostique, “nothing in particular”). L’étude mesure donc principalement la mobilité religieuse déclarée, et non  la pratique religieuse, la foi personnelle, la fréquentation des églises, ou la croyance doctrinale.

    L'étude montre que 26 % des adultes français et espagnols ont quitté le catholicisme, contre seulement 4 % en Pologne. Comment expliquer ces écarts si marqués entre pays de tradition catholique pourtant tous européens ?

    Blandine Pont-Chelini : Tout d’abord il faut remarquer que, malgré les pertes liées aux conversions, les catholiques constituent toujours la majorité de la population dans huit des 24 pays analysés notamment en Europe. Et en effet c’est la Pologne qui compte la plus forte proportion de catholiques (92 %), suivie de l'Italie (69 %). Je dirais que les raisons historiques et sociologiques se conjuguent et qu’elles ne sont pas les mêmes selon les pays.

    En France, le phénomène de sécularisation est ancien maintenant et il est lié à la fois à l’avènement du régime de séparation (1905) – qui a retiré au catholicisme son statut de religion publique quand 98 % des Français étaient baptisés – à la forte tradition « laïque » qui a marqué l’école publique, à la pluralisation grandissante de la population française notamment par l’immigration et enfin à l’affaiblissement de l’Eglise catholique elle-même, dans son encadrement de la population. Danielle Hervieu-Léger parle d’une exculturation catholique pour parler de cette décroissance dont le phénomène de « sortie » est en fait une manifestation. Cela dit la France connaît comme d’autres pays occidentaux un très spectaculaire regain de conversions d’adultes au catholicisme.

    En Espagne, depuis les années 1980, le catholicisme n’est plus une religion d’Etat obligatoire et la liberté de religion est totale. Les Espagnols ont développé de la période du franquisme une forme d’anticléricalisme fort dans leur rapport à l’Eglise, qui s’est transformé en indifférence puis en détachement.

    En Pologne au contraire, le catholicisme est devenu un ferment de résistance à la disparition nationale, à la contrainte politique de la domination communiste. Les Polonais n’ont pas non plus connu une forte immigration, mais plutôt comme les Italiens ont beaucoup émigré. Ils ont une culture nationale plus homogène. Cela dit, ces Polonais qui ne « changent » pas de religion et se déclarent catholiques, ont des taux de pratique qui ont singulièrement baissé depuis les années 1990 et les jeunes générations n’acceptent pas que le parti politique PIS revendique son ‘alliance’ avec l’Eglise catholique dans sa lutte culturelle.

    Contrairement au catholicisme, le protestantisme gagne des fidèles dans plusieurs pays, notamment en Amérique latine — au Brésil, au Pérou, en Colombie. Qu'est-ce que cela nous dit sur la capacité des Églises évangéliques à capter des populations que le catholicisme perd ?

    Blandine Pont-Chelini : Cette étude du Pew  et une autre sur le déclin statistique du catholicisme en Amérique latine  montrent une dynamique très intéressante : le protestantisme évangélique ne progresse pas principalement par croissance démographique « naturelle », mais bien par religious switching. En Amérique latine, entre 2013-2014 et 2024, la part des catholiques est passée de 61 % à 46 % au Brésil (-15 points), de 79 % à 60 % en Colombie (-19 points), de 76 % à 67 % au Pérou (-9 points), de 64 % à 46 % au Chili (-18 points). Dans le même temps, le protestantisme résiste bien, voire progresse légèrement : au Brésil, les protestants passent de 26 % à 29 % de la population ; en Colombie, de 13 % à 15 % ; au Pérou, de 17 % à 18 %.

    Lire la suite

  • Saint Isidore de Madrid a passé sa vie à faire des choses ordinaires d'une manière extraordinaire

    IMPRIMER

    Saint Isidore de Madrid (15 mai)

    Il vécut au Moyen Age et mourut en 1130. Il ne doit pas être confondu avec le plus célèbre saint Isidore de Séville, bien qu'il porte le nom de ce saint.

    Il est le saint patron de Madrid et était un agriculteur qui a vécu une vie conjugale sainte. En effet, sa femme, Maria, est également une sainte canonisée.

    Saint Isidore nous enseigne le chemin ordinaire de la sainteté, même si le sien a été marqué par des événements miraculeux. Il a travaillé dur comme agriculteur et s'est également consacré à la prière, réalisant qu'une vie de prière n'était pas réservée aux prêtres et aux ordres religieux. Lui et Maria ont ouvert leur maison aux autres - en effet, certains des miracles de sa vie sont liés à sa capacité à nourrir plus d'invités qu'ils n'en avaient !

    Saint Isidore a passé sa vie à faire des choses ordinaires d'une manière extraordinaire. Dépouillé des miracles, sa vie était faite de vie domestique quotidienne, version familiale du « Petit Chemin » de la Petite Fleur.

    (P. de Souza sur le National catholic Register)

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X répond aux menaces du Vatican par une profession de foi

    IMPRIMER

    Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV

    Déclaration de Foi catholique adressée à Sa Sainteté le pape Léon XIV par l’abbé Davide Pagliarani Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

    Très Saint-Père,

    Depuis plus de cinquante ans, la Fraternité Saint-Pie X s’efforce d’exposer au Saint-Siège son cas de conscience face aux erreurs qui détruisent la foi et la morale catholiques. Malheureusement, toutes les discussions engagées sont demeurées sans résultat, et toutes les préoccupations exprimées n’ont reçu aucune réponse véritablement satisfaisante. 

    Depuis plus de cinquante ans, la seule solution réellement envisagée par le Saint-Siège semble être celle des sanctions canoniques. À notre grand regret, il nous semble que le droit canonique soit donc utilisé non pour confirmer dans la foi, mais pour en éloigner.

    Par le texte qui suit, la Fraternité Saint-Pie X est heureuse de Vous exprimer filialement et sincèrement, dans les circonstances présentes, son attachement à la foi catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté, ni à l’Église universelle. 

    La Fraternité remet cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Elle nous paraît correspondre au minimum indispensable pour pouvoir être en communion avec l’Église, nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, Vos fils. 

    Nous n’avons pas d’autre désir que celui de vivre et d’être confirmés dans la foi catholique romaine.


    « Ainsi, demeurant fermement enracinés et établis dans la vraie foi catholique, efforcez-vous d’être toujours de dignes ministres du sacrifice divin 
    et de l’Église de Dieu, qui est le Corps du Christ. 

    Car, comme le dit l’Apôtre : “Tout ce qui ne procède pas de la foi est péché 1”, schismatique et en dehors de l’unité de l’Église 2. »


    DÉCLARATION DE FOI CATHOLIQUE

    Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sagesse divine, Verbe incarné,
    qui a voulu une seule religion, qui a rendu l’Ancienne Alliance définitivement caduque, qui a fondé une seule Église, qui a triomphé de Satan, qui a vaincu le monde, qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps et qui reviendra juger les vivants et les morts.

    Lui, Image parfaite du Père, Fils de Dieu fait homme, a été constitué unique Rédempteur et Sauveur du monde par l’Incarnation et par l’offrande volontaire du sacrifice de la Croix. Notre-Seigneur satisfait à la justice divine en versant son très précieux Sang, et c’est dans ce Sang qu’il établit la Nouvelle et Éternelle Alliance, abolissant l’Ancienne. Il est par conséquent l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes et l’unique voie pour parvenir au Père. Seul celui qui le connaît, connaît le Père.

    Par un décret divin, la très sainte Vierge Marie a été associée directement et intimement à toute l’œuvre de la Rédemption ; dès lors, nier cette association — dans les termes reçus de la Tradition — revient à altérer la notion même de Rédemption telle que la Providence divine l’a voulue.

    Il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés. Hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de la foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés.

    Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême comme moyen d’y être incorporé. Cette nécessité concerne l’humanité tout entière sans exception et inclut indistinctement chrétiens, juifs, musulmans, païens et athées.

    Le mandat reçu par les Apôtres, de prêcher l’Évangile à tout homme et de convertir tout homme à la foi catholique, demeure valable jusqu’à la fin des temps et répond à la nécessité la plus absolue et la plus impérieuse qui soit au monde. « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné 3. » Dès lors, renoncer à accomplir ce mandat constitue le plus grave des crimes contre l’humanité.

    L’Église romaine est la seule à posséder simultanément les quatre notes qui caractérisent l’Église fondée par Jésus-Christ : l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité.

    Son unité découle essentiellement de l’adhésion de tous ses membres à l’unique vraie foi, fidèlement conservée, enseignée et transmise par la hiérarchie catholique au cours des siècles.

    La négation d’une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique.

    L’unique voie possible pour rétablir l’unité entre des chrétiens de confessions différentes consiste dans l’appel pressant et charitable adressé aux non-catholiques à professer l’unique vraie foi au sein de l’unique vraie Église.

    En aucune manière l’Église catholique ne peut être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec un faux culte ou une fausse Église.

    Le Pontife romain, Vicaire du Christ, est le seul sujet détenteur de l’autorité suprême sur toute l’Église. C’est lui seul qui confère directement aux autres membres de la hiérarchie catholique la juridiction sur les âmes.

    « Le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une doctrine nouvelle, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi 4. »

    À une foi unique correspond un culte unique, expression suprême, authentique et parfaite de cette même foi.

    La sainte Messe est la perpétuation dans le temps du sacrifice de la Croix, offert pour beaucoup et renouvelé sur l’autel. Bien qu’offert de manière non sanglante, le saint sacrifice de la Messe est essentiellement expiatoire et propitiatoire. Aucun autre culte ne procure l’adoration parfaite. Aucun autre culte qui ne soit pas en relation avec lui n’est agréable à Dieu. Aucun autre moyen n’est suffisant pour la sanctification des âmes.

    Par conséquent, le saint sacrifice de la Messe ne peut en aucune manière être réduit à une simple commémoration, à un repas spirituel, à une assemblée sacrée célébrée par le peuple, à la célébration du mystère pascal sans sacrifice, sans satisfaction de la justice divine, sans expiation des péchés, sans propitiation et sans Croix.

    L’aide apportée aux âmes par les sacrements de l’Église catholique est suffisante en toute circonstance et à toute époque pour permettre aux fidèles de vivre en état de grâce.

    La loi morale contenue dans le Décalogue et perfectionnée dans le Sermon sur la montagne est la seule praticable pour obtenir le salut des âmes. Tout autre code moral — par exemple fondé sur le respect de la création ou sur les droits de la personne humaine — est radicalement insuffisant pour sanctifier et sauver une âme. En aucune manière il ne peut remplacer l’unique vraie loi morale.

    À l’exemple de saint Jean-Baptiste, la vraie charité nous oblige à avertir les pécheurs et à ne jamais renoncer à prendre les moyens nécessaires pour sauver leurs âmes.

    Celui qui mange le Corps de Notre-Seigneur et boit son Sang en état de péché mange et boit sa propre condamnation, et aucune autorité ne peut modifier cette loi contenue dans l’enseignement de saint Paul et dans la Tradition.

    Le péché impur contre-nature est d’une telle gravité qu’il crie toujours et en toute circonstance vengeance devant Dieu, et qu’il est radicalement incompatible avec toute forme d’amour authentique et chrétien. Dès lors, un tel « mode de vie » ne peut en aucune manière être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s’en libérer, et ne peut en aucune manière être béni — formellement ou informellement — par les ministres de l’Église.

    La soumission des institutions et des nations en tant que telles à l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ découle directement de l’Incarnation et de la Rédemption. Dès lors, la laïcité des institutions et des nations constitue une négation implicite de la divinité et de la royauté universelle de Notre-Seigneur.

    La chrétienté n’est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu entre les hommes.

    Ce n’est pas à l’Église de se conformer au monde, mais au monde d’être transformé par l’Église.

    C’est dans cette foi et dans ces principes que nous demandons à être instruits et confirmés par Celui qui a reçu le charisme pour le faire. Avec l’aide de Notre-Seigneur, nous préférons la mort plutôt que d’y renoncer. C’est dans cette foi immuable que nous désirons vivre et mourir, dans l’attente qu’elle cède la place à la vision directe de l’immuable Vérité éternelle.

    Menzingen, le 14 mai 2026,
    en la fête de l’Ascension de Notre-Seigneur

    Davide Pagliarani

     

    • 1 Rm 14, 23.
    • 2 Pontifical Romain, Monition aux ordinands au sous-diaconat.
    • 3 Mc 16, 16.
    • 4 Pastor Aeternus, chap. 4.
  • « La franchise du discours du pape Léon contraste avec la prudence diplomatique traditionnelle du Vatican »

    IMPRIMER

    D'Álvaro Peñas sur The European Conservative :

    « La franchise du discours du pape Léon contraste avec la prudence diplomatique traditionnelle du Vatican », écrit Constance Avenel (ECLJ).

    « L’Union européenne et le Conseil de l’Europe ont mis en place des mécanismes spécifiques pour lutter contre l’antisémitisme et la haine anti-musulmane, alors qu’il n’existe aucun cadre équivalent pour lutter contre la haine anti-chrétienne. »

    Constance Avenel est une avocate et experte française en droits de l'homme qui occupe actuellement le poste de directrice du plaidoyer pour la liberté religieuse au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). 

    Nous avons discuté de la récente visite du pape Léon XIV en Algérie, de la situation des chrétiens au Maghreb et des persécutions et discriminations dont sont victimes les chrétiens dans de nombreuses régions du monde.

    Beaucoup considèrent la récente visite du pape Léon XIV à Alger comme un succès. Êtes-vous d'accord ?

    Absolument. Le pape est un chef d'État, mais avant tout, il est un pasteur, le gardien de son troupeau, et c'est à ce titre qu'il est venu rendre visite à la petite mais très dynamique communauté catholique d'Algérie. Dans un pays où la liberté religieuse est de plus en plus restreinte, le pape a apporté de la joie aux fidèles et un nouvel espoir à son troupeau. Selon plusieurs observateurs sur place, les catholiques étaient « ravis » et la visite a été un « succès total ». Il faut dire que les autorités ont investi massivement dans cet événement : le président Tebboune a personnellement supervisé les préparatifs, et rien n'a été laissé au hasard.    

    En se rendant en Algérie, et notamment sur le site antique d'Hippone où saint Augustin exerça son épiscopat à la fin du IVe siècle, le pape a ravivé le patrimoine chrétien du pays. L'Algérie fut en effet jadis une terre profondément chrétienne, berceau de penseurs de l'Église latine. Dans ce contexte, le ministère de la Culture et des Arts a même consacré la première édition du Symposium sur la pensée afro-américaine à l'héritage de saint Augustin, figure emblématique du dialogue entre l'Afrique et le monde méditerranéen. Cet événement s'est tenu peu après la visite du pape, les 29 et 30 avril à Alger.

    Espérons que cette tendance se poursuive. Si l'on peut se réjouir de cette renaissance officielle de cet héritage chrétien, il ne faut pas oublier que, par cet accueil fastueux réservé au pape, le régime a cherché à restaurer sa légitimité, dans le but de faire oublier ses excès autoritaires des dernières années. 

    Jusqu'à présent, le gouvernement algérien a condamné les critiques formulées par des instances internationales, comme le Parlement européen, à l'encontre de sa politique religieuse, les qualifiant d'« ingérence flagrante ». La visite du pape peut-elle mettre un terme à cette politique, ou une pression internationale accrue est-elle nécessaire ?

    Malheureusement, dans un contexte de restrictions croissantes des libertés publiques en Algérie depuis 2019, il est peu probable que la visite du pape à elle seule entraîne un changement significatif de la politique gouvernementale ou des réformes immédiates en faveur d'une plus grande reconnaissance des chrétiens.

    Au-delà des gestes symboliques et d'un accueil chaleureux, aucune modification institutionnelle concrète ne semble avoir suivi cette visite jusqu'à présent. Les églises n'ont pas rouvert leurs portes, l'Église protestante d'Algérie n'est toujours pas reconnue officiellement comme association religieuse et des questions telles que les restrictions imposées par le Code de la famille ou la fermeture de Caritas n'ont pas été abordées.

    Cela dit, cette visite a permis de mettre en lumière la présence des chrétiens en Algérie et leur diversité. L'archevêque Vesco d'Alger a souligné l'importance des églises protestantes, et une jeune pentecôtiste a partagé son témoignage à Notre-Dame d'Afrique. Le pape a également contribué à une meilleure visibilité de la situation. Bien qu'aucune réforme n'ait été mise en œuvre immédiatement après sa visite, la perspective d'une réforme à long terme est bien réelle. À la fin de sa visite, le pape a déclaré : « Durant nos deux jours en Algérie, nous avons eu une formidable occasion de poursuivre le dialogue et de tisser des liens. » Le pape était conscient de la situation des chrétiens, et en particulier des protestants. Malgré les efforts des autorités algériennes pour écarter l'EPA (Église protestante d'Algérie), ces derniers ont réussi à faire entendre leur voix auprès du pape. 

    Le pape a contribué à inscrire la question des minorités religieuses en Algérie à l'agenda international. Il a ouvert la voie et il appartient désormais à la communauté internationale de s'emparer de cette cause, et au président Tebboune de prendre les mesures nécessaires pour respecter ses obligations internationales en matière de liberté de religion. 

    Lire la suite

  • Déclaration du Cardinal Fernández à propos des ordinations épiscopales annoncées par la FSSPX : un acte schismatique entraînant l'excommunication

    IMPRIMER

    DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

    Déclaration de Son Éminence le Cardinal Víctor Manuel Fernández,
     Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

    Concernant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, nous réitérons ce qui a déjà été communiqué. Les ordinations épiscopales annoncées par cette Fraternité ne disposent pas du mandat papal requis. Cet acte constituerait un acte schismatique (Jean-Paul II Ecclesia Dei , n° 3) et l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense contre Dieu et entraîne l’excommunication prévue par le droit canonique ( ibid ., 5c ; cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs,  Note explicative , 24 août 1996).

    Le Saint-Père continue de prier pour demander au Saint-Esprit d’éclairer les responsables de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X afin qu’ils reconsidèrent la décision extrêmement grave qu’ils ont prise.

    Du Vatican, le 13 mai 2026

    ____________________

    Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège , 13 mai 2026

     

    Dans son substack, Diane Montagna ajoute :

    Dans les commentaires qu'il m'a adressés concernant la déclaration de la DDF d'aujourd'hui, le père Gerald Murray, canoniste et prêtre de l'archidiocèse de New York, a expliqué qu'en vertu du droit canonique, le schisme entraîne l'excommunication automatique.

    Il a déclaré que lors des consécrations épiscopales de 1988, organisées par l'archevêque Marcel Lefebvre, seuls les évêques consécrateurs et les évêques consacrés avaient été excommuniés. « Dans sa déclaration d'aujourd'hui », a-t-il affirmé, « le Saint-Siège reprend les termes de 1988, indiquant que, par définition, quiconque consacre et quiconque est consacré encourra cette peine. »

    Il a toutefois fait remarquer que, faute de définition canonique de l’« adhésion formelle » au schisme, le Saint-Siège devrait d’abord préciser ce que ce terme implique. Si l’« adhésion formelle » suppose assurément « une action concrète », a-t-il déclaré, la question qui demeure est de savoir quelles actions spécifiques le Saint-Siège jugerait suffisantes pour constituer une telle adhésion.

    Le père Murray, dont la thèse de licence de 1995 portait sur le statut canonique des fidèles laïcs associés à feu l'archevêque Lefebvre et à la FSSPX, a poursuivi :

    Le Saint-Siège n'a jamais répondu à la question de l'« adhésion formelle » en 1988, ni statué publiquement sur l'excommunication des prêtres et laïcs associés à la FSSPX. La note explicative de 1996, citée dans la déclaration, indiquait la position du Concile pontifical sur la nature de l'adhésion formelle au schisme de 1988. Toutefois, cela n'a jamais donné lieu à un décret canonique officiel conférant force de loi aux interprétations du Concile.

    Il convient de noter que lorsque les excommunications des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre furent levées par le pape Benoît XVI, les prêtres de la FSSPX ainsi que les religieux et laïcs qui lui sont associés n'ont pas bénéficié d'une levée similaire de la peine d'excommunication. Par conséquent, prêtres et laïcs devront désormais être informés par le Saint-Siège, bien à l'avance, de ce qui constitue une « adhésion formelle », afin qu'ils sachent comment éviter d'encourir cette peine.

    En réalité, ce serait le devoir du Saint-Siège, par charité, de le faire, a déclaré le père Murray. « Si l'on se trouve dans un lieu où la seule possibilité pratique d'assister à la messe, traditionnelle ou non, est une chapelle de la FSSPX, cela constituerait-il une "adhésion formelle" ? » a-t-il demandé. « De même, si l'on assistait à la confirmation de son neveu par un évêque de la FSSPX, non pas par soutien aux consécrations épiscopales mais par loyauté familiale, cela constituerait-il une "adhésion formelle" au schisme ? Autant de questions qui méritent une réponse. »

    La FSSPX, quant à elle, a fait valoir que des circonstances exceptionnelles au sein de l'Église justifient des mesures exceptionnelles pour préserver le sacerdoce traditionnel, la vie sacramentelle et la doctrine. Les partisans des consécrations ont établi un parallèle avec la décision prise en 1988 par Mgr Lefebvre, que le prélat français avait alors défendue comme un « état de nécessité ».

    Les autorités du Vatican ont toutefois toujours rejeté cet argument et soutenu qu'il n'existe aucune nécessité qui puisse justifier des consécrations épiscopales contre la volonté explicite du pape.

    Le supérieur général de la FSSPX, le père Davide Pagliarani, a, à plusieurs reprises, sollicité une audience privée auprès du pape Léon XIV concernant les préoccupations de la Fraternité et les consécrations prévues, mais aucune rencontre n'a encore été accordée.

  • Viri Galilaei : introit du jour de l'Ascension

    IMPRIMER

    Introit de la fête de l'Ascension :

    Viri galilaei, qui admiramini aspicientes in caelum ? Alléluia : Quemádmodum vidístis eum ascendéntem in cælum, ita véniet, alléluia, alléluia, alléluia.

    Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là dans l’étonnement à regarder le ciel ? Alléluia. Comme vous l’avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra. Alléluia, Alléluia, Alléluia.

    Pour écouter le chant de l’Alleluia qui précède la proclamation de l’Evangile du jour, cliquer ici ; pour écouter le chant de communion, cliquer ici.

  • L'Ascension du Seigneur (saint Augustin)

    IMPRIMER

    ascension_giotto-d2391.jpg

    L'Ascension par Giotto

    "Aujourd’hui notre Seigneur Jésus-Christ monte au ciel; que notre cœur y monte avec lui. Écoutons ce que nous dit l’Apôtre: Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut: c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.

    Lui a déjà été élevé au dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter? Et il avait dit aussi: J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance et la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel? 

    Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui.

    Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était déjà là-haut, tout en étant ici-bas; lui-même en témoigne: Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous: il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.

    C’est bien pourquoi saint Paul affirme: Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas: Le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit: De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non pas que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête."

    De saint Augustin, sermon pour l’Ascension, 98, 1-2 (PLS 2, 494-495)

  • L’Ascension du Seigneur : un appel au réveil de notre cœur

    IMPRIMER

    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement (sur son blog) pour ce jour de l'Ascension :

    Appel au réveil du cœur

    Le départ du Christ de la Terre vers son Père pourrait laisser un goût amer aux esprits qui, comme le mien, aiment tout vérifier. Le Christ n’est plus sur la terre. Il n’est plus au tombeau, mais nous ne pourrons plus comme saint Thomas aller voir si nous pouvons mettre notre doigt dans la marque des clous. Nous pourrions avoir un goût de trop peu comme quand on a assisté à un beau spectacle de prestidigitation et qu’ensuite le magicien remballe toutes ses affaires et qu’on ne pourra jamais vérifier s’il y avait un double fond au chapeau. Le Christ est élevé aux cieux, pris dans la nuée — ce sont des signes divins qui parcourent toute la Bible pour nous parler de Dieu, qui dépasse tellement notre réalité, et que saint Luc à son tour utilise dans les Actes des apôtres — et il ne reste de lui que la trace de son passage dans le cœur des apôtres et de tant de croyants. Dans notre cœur aussi…

    Cela pourrait paraître décevant, mais c’est la loi de l’Évangile depuis le début. Tant que nous ne sommes pas à la fin du monde, au moment du retour du Christ dans la gloire, manifeste pour tous, les événements du Christ produisent leur effet à condition d’être accueillis dans un cœur. Toujours, Jésus a préféré ce qui se passe dans le cœur et est invisible pour les yeux. Devant le paralytique amené par quatre hommes, il estime que le plus urgent est de lui donner le pardon de ses péchés. Plusieurs fois il montrera des réticences à réaliser des miracles, voulant plutôt la foi. Et ce n’est pas la maladie ou les malheurs du temps qui le conduiront à la mort, mais les cœurs fermés de ses adversaires.

    L’Ascension du Seigneur est donc un appel au réveil de notre cœur. Allons-nous nous mettre à désirer davantage ? La tentation est grande de nous contenter des morceaux de bonheur que nous parvenons à nous procurer au long de cette vie. Allons-nous oser quitter nos attentes terrestres pour des attentes célestes ? Non pas des attentes chimériques, illusoires, mais une espérance basée sur la promesse du Christ, dont les apôtres ont reçu la mission d’être témoins. Vivre une belle vie d’honnête homme, c’est pas mal, mais c’est si peu devant « la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles » (Ép 1,18). Esprit Saint, toi vers qui nos regards se portent encore davantage en ces 9 jours qui nous séparent de la Pentecôte, toi que nous voulons en nous, fais-nous désirer une vie plus grande que la vie naturelle ! Aide-nous à regarder notre vie appelée à entrer dans la splendeur de l’amour et de la joie où est entrer le Christ, notre berger ! Et aide-nous à poser aujourd’hui des choix en conséquence de cet appel formidable !

    L’évangile selon saint Matthieu (Mt 28,16) ne nous raconte pas l’Ascension, mais, à ce qu’il semble, un épisode intermédiaire où Jésus ressuscité continue la formation de ses disciples, leur « parlant du royaume de Dieu » (Ac 1,3). Ce moment, ce sont les premiers battements de cœur de l’Église. Sa mission est de faire des disciples au Christ, de lui amener des gens de toutes les nations. Elle sera capable de le faire car Jésus est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Et que, parce qu’il a donné sa vie, « tout pouvoir » lui a été « donné au ciel et sur la terre ». Ne nous contentons pas de ceux qui sont déjà chrétiens, car Dieu veut révéler son amour à beaucoup de monde. Jésus notre maître, Jésus le berger de l’Église n’est pas une référence parmi d’autres, mais le seul qui est passé là où il est passé : né parmi nous, mis à mort, relevé d’entre les morts, entré dans la gloire du Père. Il n’y a que lui qui peut donner cela aux hommes. Profitons-en doublement, et ne le gardons pas pour nous !

  • Pour la Fête de l’Ascension

    IMPRIMER

    Bradi Barth 5d223773c9aed634e3b3203943b076ab.jpg

    « Viri Galilaei » de Giovanni Pierluigi Palestrina (1525-1594) pour l’Ascension du Seigneur : " Hommes de Galilée, pourquoi êtes-vous dans la stupeur en regardant le ciel ? Alleluia, : comme vous l’avez-vu monter au ciel, ainsi il reviendra, alleluia, alleluia, alleluia!" 

    "Viri Galilaei, quid admiramini ascipientes in caelum? Alleluia: quemadmodum vidistis eum ascendentem in caelum, ita veniet, alleluia, alleluia, alleluia!" (introït de la messe de l'Ascension, act. 1, 11)

  • Le diable et les « questions émergentes »

    IMPRIMER

    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Le diable et les « questions émergentes »

    Certes, ils ne sont pas les seuls. Une bonne partie des travaux actuels sur les Écritures ressemble au travail d'un avocat cherchant des failles juridiques – au nom des sujets « émergents » habituels : les LGBT, l'ordination des femmes, les concessions suicidaires aux « paradigmes » postmodernes. 

    Une longue lignée de médecins, de martyrs, de confesseurs, de saints, d'adeptes spirituels, de saints et saintes, de simples catholiques et de papes – sans   parler des Apôtres et des Pères de l'Église primitive – n'aurait même pas concédé que de tels sujets étaient « controversés », le domaine même que le groupe d'étude était censé examiner. Et encore moins « émergents ». 

    L'homosexualité, les prêtresses et les « paradigmes » hétérodoxes étaient monnaie courante dans le monde païen des premiers siècles chrétiens. Rien de tout cela n'a fait son apparition dans la vie de l'Église à cette époque. Pour les adeptes du Chemin, c'était tout simplement inacceptable.

    Ce qui rend la manière extravagante dont le récent rapport traite les Écritures et la tradition si manifestement absurde, fruit d'un désir maladroitement « contextualisé » de produire un résultat prédéterminé, qu'il soit conforme à la révélation chrétienne ou même à la réalité vérifiable. 

    Le rapport prétend croire qu'il existe un précédent dans les Écritures pour modifier des croyances antérieures, à l'instar des Apôtres qui ont décidé d'exempter les convertis non juifs de certains préceptes de la loi juive :

    À partir du récit des expériences vécues par les Apôtres – en particulier Pierre et Paul avec Barnabé, dans leur ministère d’évangélisation des païens – relu et éclairé par la Parole de Dieu, le processus de dialogue conduit à un discernement communautaire progressif et approfondi de la question. La décision prise synodalement (« cela a paru bon à l’Esprit Saint et à nous » (Ac 15, 28)) exprime la prise de conscience croissante de l’Église quant à une relation plus mature avec ses racines juives : car, dans cette relation, elle apprend à discerner, par l’interprétation sous la conduite de l’Esprit, ce qui, dans l’expérience vécue, revêt une signification permanente et trouve son accomplissement en Jésus, et ce qui, au contraire, n’a qu’une valeur provisoire.

    Ah oui, plus mûrs . Nous aussi. Cela paraît plausible, à moins d'examiner de plus près cette affirmation et la manière dont elle est manipulée – le mot juste – à des fins bien différentes. 

    Il fut dit aux convertis non-juifs : « Vous vous abstiendrez des aliments sacrifiés aux idoles, du sang, de la viande d'animaux étranglés et de l'immoralité sexuelle. » (15:29) Ainsi, de l'idolâtrie potentielle et de la πορνεια – qui, comme vous le dira tout lexique grec, signifie non seulement la prostitution, mais aussi la fornication et l'impureté.

    Quel que soit le sens qu'on puisse lui donner, ce passage n'autorise pas ce que la tradition juive et la pratique de l'Église primitive considéraient comme une interdiction divine : les relations homosexuelles que le groupe d'étude souhaite voir « émerger » aujourd'hui.   On pourrait penser qu'en deux mille ans d'existence chrétienne, elles auraient émergé depuis longtemps. Or, ce ne fut pas le cas. Et, en toute honnêteté, elles ne peuvent pas émerger aujourd'hui non plus. 

    Derrière tout cela se cache une autre supercherie : l’invocation de « l’expérience vécue » comme guide pour aborder les débats actuels. Certes, l’expérience vécue est, d’une certaine manière, une composante importante de toute vie individuelle. Mais il en va de même pour « l’expérience vécue » accumulée de notre tradition, ou bien nous ne faisons que l’inventer – à notre convenance – au fur et à mesure. 

    Outre son héritage juif, le christianisme primitif a notamment beaucoup appris des philosophies gréco-romaines. Mais comme je l'ai démontré il y a des années dans un long essai , même les grands philosophes de la Grèce antique désapprouvaient les actes homosexuels.  

    Alors pourquoi, aujourd'hui, plus de 2000 ans après le début de « l'expérience vécue » chrétienne (et 1400 ans de la loi mosaïque), les « témoins » LGBT sont-ils si importants qu'ils renversent une tradition morale millénaire et ininterrompue ?

    Il serait peut-être simpliste de voir cela comme une simple capitulation face aux penchants sexuels décadents de notre époque. Mais la simplicité est souvent synonyme de vérité. Comme ici. 

    La décadence est omniprésente dans un monde déchu. Mais l'accepter, voire la célébrer, est rare. Ces papes décadents de la Renaissance, que l'on déplore volontiers, catholiques ou non, possédaient au moins une vertu : ils ne prétendaient pas justifier leurs péchés sexuels par leur expérience personnelle, et encore moins par une compréhension plus mûre et joyeuse de ce que le Saint-Esprit nous appelle à voir et à faire aujourd'hui.

    Une Église qui continue d'encourager les gens à croire que ce qui est impossible à accepter est déjà à moitié accepté leur fait du tort. Elle les conforte dans leur erreur et sème la confusion parmi nous. 

    Il est à noter que ce n'est que plusieurs mois après la déclaration de 2023 du pape François, Fiducia supplicans, sur la bénédiction des couples homosexuels et autres couples en « unions irrégulières », que les évêques allemands ont annoncé leur intention de le faire officiellement. Nous avons appris la semaine dernière qu'en conséquence, une lettre a été envoyée aux évêques allemands en 2024 , les avertissant que de telles bénédictions pourraient être interprétées comme une légitimation d'unions incompatibles avec la doctrine de l'Église.

    Nous avons donc cette chaîne d'événements : un document autorisant les bénédictions homosexuelles, puis une lettre du préfet du Dicastère pour le Culte Divin, le cardinal Fernandez   (qui avait précédemment publié le document), aux évêques allemands indiquant que ces bénédictions ne peuvent être officialisées sans contredire la doctrine de l'Église, et maintenant un rapport d'un groupe d'étude synodal selon lequel un « changement de paradigme » est nécessaire en raison de « l'expérience vécue » [des personnes LGBT].

    Même les non-catholiques disaient autrefois : « Au moins, les catholiques savent ce qu’ils croient. » Est-ce encore le cas ? 

    Seul le pape Léon est en mesure de démêler cette confusion diabolique, qu'il ne peut ignorer.