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Foi

  • Mgr Varden, après la rencontre sur Amoris Laetitia, plaide pour "l'exil sacramentel" des fidèles en situation irrégulière

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    D'InfoVatticana :

    Mgr Varden, après la rencontre sur Amoris Laetitia, plaide pour "l'exil sacramentel" des fidèles en situation irrégulière

    «C'est reconnu, pas relativisé.»

    Mgr Varden affirme que, d'après son expérience, les communautés catholiques gèrent généralement ces situations avec maturité. Pour les personnes vivant des relations non conventionnelles, soutient-il, il peut être libérateur de se trouver dans un environnement où cette situation est reconnue et non relativisée. Dans ce même environnement, elles sont accueillies avec une amitié chrétienne et peuvent contribuer à la vie communautaire.

    L’évêque cite en exemple de nombreux fidèles qu’il connaît et qui, « dimanche après dimanche », s’approchent pour recevoir une bénédiction au moment de la communion, « sachant qu’ils ne peuvent recevoir le sacrement, mais confiants en la miséricorde de Dieu à l’œuvre dans l’Église ». À ses yeux, cette fidélité fortifie la communauté et témoigne « du réalisme vivant du sacrement et de la vertu d’espérance ». Il conclut : « Un exil sacramentel vécu dans le temps peut préparer un joyeux retour à la maison ».

    Le Christ, écrit Mgr Varden, nous a donné ses « commandements rigoureux » pour nous éduquer et nous libérer de nous-mêmes. Son dessein, nous rappelle-t-il en citant la quatrième prière eucharistique, est que « nous ne vivions plus pour nous-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour nous ». L’objectif que tout homme doit viser, souligne-t-il, est toujours la vie nouvelle et divinisée, « et non une simple affirmation humaine, même si nous en avons tous besoin ».

    Une réunion axée sur la « fragilité »

    La réunion avait pour titre « Dix ans après Amoris Laetitia : Annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui ». Léon XIV l’a convoquée du 7 au 14 octobre avec les présidents des conférences épiscopales et les chefs des Églises orientales, et les participants ont travaillé en utilisant la « conversation dans l’Esprit », la méthode du Synode sur la synodalité.

    La session du lundi 12 a abordé la question des catholiques divorcés et remariés dans le contexte des situations familiales dites « fragiles ». Au cours de cette session, la théologienne Julie Hanlon Rubio a relaté le cas d'une femme âgée atteinte de démence qui refusait l'Eucharistie car son mari avait été remarié. Selon le magazine America , le cardinal Joseph Tobin a déclaré ce jour-là n'avoir entendu parler d'aucune personne souhaitant revenir aux pratiques antérieures à Amoris Laetitia .

    Le compte rendu de la réunion n'a pas été rendu public. Selon le père Giacomo Costa, c'est Léon XIV lui-même qui a demandé une rencontre privée pour examiner les documents et faire une déclaration après son hospitalisation.

    La controverse entourant l'exhortation du pape François s'est concentrée depuis 2016 sur la note 351. L'interprétation des évêques de la région pastorale de Buenos Aires a également joué un rôle, puisqu'ils ont admis l'accès à la Pénitence et à l'Eucharistie dans certains cas après une période de discernement accompagné. Familiaris Consortio , en revanche, a réaffirmé la pratique de ne pas admettre à la communion les catholiques divorcés et remariés.

    Le jour même de l'ouverture, Mgr Varden a publié sur son blog , Coram fratribus , des notes de lecture sur l'exhortation . Parmi elles figure le passage où François avertit que l'Église ne doit en aucun cas renoncer à proposer l'idéal plénier du mariage (n° 307). Dans son nouveau texte, il ne propose pas l'accès aux sacrements. Il décrit plutôt l'abstinence sacramentelle vécue comme un chemin de conversion et d'espérance.

  • Du désordre séculier à l’ordre catholique

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    De David G. Bonagura, Jr sur le Catholic Thing :

    Du désordre séculier à l’ordre catholique

    16 octobre 2026

    Nous sommes arrivés à un moment culturel incroyable. Le tambourinement en apparence irrépressible d'un progrès illimité, qui a longtemps caractérisé la Modernité, a perdu son rythme. Les avancées technologiques et l’ingénierie sociale n’ont pas tenu leur promesse d'une « vie bonne », toujours aussi insaisissable. Au lieu de cela, un changement rapide et sans boussole a généré un mécontentement, une détresse et un désenchantement généralisés. Ce dernier adjectif est d’ailleurs devenu récemment le favori de plus d’un commentateur culturel.

    Les anciens auraient utilisé un mot différent pour décrire l'impasse de notre monde séculier : désordonné. Pour saint Augustin, la paix est le but de toutes les créatures, et la paix, écrit-il dans La Cité de Dieu, est la « tranquillité de l'ordre – et l'ordre est la disposition de choses égales et inégales en un motif qui attribue à chacune sa fonction propre ». Le désordre survient lorsque les facettes de la vie sont décousues, de sorte que les choses inférieures, voire les choses mauvaises, évincent les biens propres à la vie et à la communauté. Lorsque les sociétés exaltent les péchés comme des biens, lorsque la politique devient omniprésente, lorsque la technologie engloutit chaque dimension de l'existence humaine, le désordre règne non pas avec la paix, mais avec l'anxiété, l'angoisse et l'asphyxie.

    Pour les individus, la souffrance est interne. Comme l’écrit Augustin dans ses Confessions, « tout esprit désordonné est son propre châtiment ». Le péché est la cause première du désordre, et le désordre de notre époque découle des violations du Premier Commandement. Le monde séculier parle et agit comme si Dieu n'existait pas. Sans Dieu comme fondement et but de l'ordre, l'homme et sa volonté pécheresse prennent la place de Dieu en tant que bien suprême. La volonté déchue de l'homme est consumée, selon la formule mémorable d'Augustin, par la libido dominandi, la soif de dominer les autres, qui est la source de tous les conflits et de tous les désordres dans cette Cité des Hommes.

    L'unique moyen de corriger notre désordre actuel, en dehors du second avènement du Christ, est de réordonner nos vies et nos sociétés à partir de Dieu. Cela exige, d'abord, que nous reconnaissions Dieu comme notre roi légitime et que nous ouvrions nos cœurs à Sa grâce, qui seule peut détourner nos volontés de la domination des autres pour les orienter vers le service des autres. L'augmentation notable des conversions au catholicisme ces dernières années témoigne du fait que les hommes et les femmes trouvent de plus en plus l'antidote au désordre séculier dans les vérités salvatrices et la grâce divine abritées au sein de la sainte Église catholique.

    Pourtant, cette large cohorte de convertis ne représente qu'une fraction d'une population plus vaste qui, bien que désenchantée par le désordre actuel, n'est pas encline ou pas prête à chercher des remèdes dans la religion, et encore moins dans l'Église. Comment pourrions-nous les convaincre de passer du désordre séculier à l'ordre catholique ?

    Premièrement, nous devons dissiper toute crainte selon laquelle « l'ordre catholique » serait synonyme de tradwives (femmes au foyer traditionnelles), de La Servante écarlate, de gouvernement autoritaire, de théocratie, d'oppression ou d'uniformité sociale. Il n'est rien de tout cela. L'ordre catholique n'est pas un programme politique ni une intervention sociétale. Il s'agit plutôt, pour reprendre les mots du grand historien Christopher Dawson, de l'agencement de « l'ensemble de la vie vers l'unité, non par le déni et la destruction des valeurs humaines naturelles, mais en les mettant en relation vivante avec la vérité spirituelle et la réalité spirituelle ».

    Le but de l'ordre catholique n'est pas l'établissement de structures. Il transcende plutôt les nombreuses structures existantes pour les harmoniser avec les prérogatives divines. Dans le langage de saint Paul, l'ordre catholique vise à « réunir toutes choses dans le Christ », car « si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature ; les choses anciennes sont passées, voici que toutes choses sont devenues nouvelles. » (Éphésiens 1:10 ; 2 Corinthiens 5:17). L'ordre catholique est une manière de vivre qui permet à l'Esprit Saint, qui est intimement proche de nous, de pénétrer tous les aspects de la vie et de les diriger vers la communion avec Dieu. Il aide l'individu à brider sa volonté rebelle et conduit la société à élever le bien commun au-dessus des divisions partisanes.

    Grâce à sa foi inébranlable en Dieu, l'ordre catholique offre un réenchantement, c'est-à-dire une espérance en la rédemption de Dieu qui peut être discernée au sein d'un monde marqué par le mal. En contrepartie, les sécularistes offrent-ils la moindre espérance ? Un monde sans Dieu, qui est le monde Moderne, peut-il procurer la joie, la confiance et la stabilité que promet l'ordre catholique ? Un monde sans Dieu peut-il offrir l'aventure et l'excitation qui découlent du fait de savoir que Dieu est à l'œuvre parmi Son peuple en ce moment même, et qu'Il sanctifie tant de personnes et de lieux qui semblaient, il y a quelques jours à peine, irrémédiablement perdus ?

    Lorsque nous réalisons que le dynamisme de l'amour de Dieu embrase l'ordre catholique, nous comprenons que Ses lois – que les sécularistes redoutent à cause des caricatures de la religion qu'ils ont absorbées – en sont les fondations. Elles sont les poutres de soutien de cet ordre qui empêchent le péché de déclencher le désordre et permettent le bon agencement des parties constitutives de la vie. Lorsque les lois de Dieu sont observées, la grâce circule avec plus d'agilité dans les âmes et produit davantage de fruits de l'Esprit.

    Aux désenchantés, je lance cet appel : n'attendez pas d'avoir un siège dans la fusée d'Elon Musk vers Mars comme billet de sortie pour échapper au désordre mondial – il y aura du désordre là-bas aussi. La réponse aux besoins du monde moderne est cachée sous nos yeux ; il vous suffit d'avoir les yeux de la foi pour la voir. L'ordre catholique harmonisera les éléments décousus ou dysfonctionnels de votre vie avec Dieu, qui enverra Sa grâce pour vous aider à la réordonner. Alors vous vous sentirez à nouveau enchantés, car vous saurez que le monde, malgré tous ses problèmes, n'appartient ni aux puissances, ni aux technologies, ni aux forces du mal, mais à Dieu.

  • « Pourquoi suis-je chrétien ? » (cardinal Gerhard Müller)

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    De kath.net/news :

    « Pourquoi suis-je chrétien ? »

    « Parce que j’ai reconnu dans le Christ la vérité en personne et parce que, dès lors, ma relation à Dieu dans la foi, l’espérance et la charité signifie aussi mon salut et ma rédemption. »

    Conférence prononcée à l’abbaye de Heiligenkreuz. Par le cardinal Gerhard Müller, Rome.

    Rome–Heiligenkreuz (kath.net/pl) — kath.net publie en avant-première, dans son intégralité, la conférence prononcée par le cardinal Gerhard Müller à l’abbaye de Heiligenkreuz le 12 octobre 2026, dans le cadre du pèlerinage annuel de la « Ligue de prière de l’empereur Charles pour la paix entre les peuples ».

    I. Le récit d’un christianisme dépassé

    Ernst Troeltsch (1865-1923), l’un des plus éminents historiens de la culture du début du XXe siècle, ne comprenait pas les Lumières et le processus de déchristianisation progressive ou violente de l’Occident qu’elles avaient déclenché comme un simple progrès des sciences. Il y voyait essentiellement la négation du caractère surnaturel de l’autorévélation historique de Dieu en Jésus-Christ :

    « En tant que première lutte d’ensemble contre la tradition de l’Église et de l’Antiquité, elle est finalement animée d’un sentiment d’autonomie sans précédent et d’un optimisme sans limites. Sortant de l’état de minorité dont elle était elle-même responsable, la raison enfin devenue majeure s’attribue une capacité d’améliorer le monde dont on n’avait jamais soupçonné l’ampleur. À tous ces égards, elle constitue la première opposition globale et de principe à la forme dualiste et surnaturaliste de la religion. »

    (Aufklärung, dans Gesammelte Schriften, IV, Scientia Verlag, Aalen, 1966, p. 338-374, ici p. 339.)

    Pour prendre également ses distances, à titre personnel, avec le christianisme, les Lumières ont fait naître un genre littéraire particulier : « Pourquoi je ne suis plus chrétien ».

    Au-delà du déisme anglais et français, qui réduisait la religion naturelle à l’éthique, tel qu’on le trouve chez John Toland (Christianity Not Mysterious, 1696), Matthew Tindal (Christianity as Old as Creation, 1730) et Voltaire (Dictionnaire philosophique, 1762), le baron d’Holbach défendait un athéisme matérialiste conséquent, auquel se référeront plus tard Feuerbach et Marx. Dans son ouvrage Le Christianisme dévoilé (1761), il entendait démasquer le christianisme comme une imposture sacerdotale et une croyance irréfléchie aux miracles. Il en faisait remonter l’origine à la superstition et à la peur, plutôt qu’à l’autorévélation de Dieu dans l’histoire du salut. Cette entreprise trouva un prolongement dans l’ouvrage presque homonyme du jeune-hégélien Bruno Bauer, intitulé Das entdeckte Christentum (Le Christianisme découvert), publié à Zurich en 1843.

    Le parcours du théologien protestant allemand David Friedrich Strauss (1808-1874) est caractéristique. Avec son ouvrage La Vie de Jésus, examinée de manière critique (1835-1836), il mit en évidence la crise de la foi chrétienne traditionnelle liée à l’apparition de l’exégèse historico-critique.

    Strauss expliquait, quant à lui, l’apparition des récits de miracles du Nouveau Testament par la divinisation du Christ, fruit des légendes que les disciples auraient élaborées spontanément, sans intention délibérée, mais en demeurant prisonniers de leur conception préscientifique du monde. Selon lui, « les mythes néotestamentaires ne sont rien d’autre que des présentations sous forme de récits historiques des idées du christianisme primitif, élaborées par une légende qui compose spontanément, sans intention délibérée ».

    (Das Leben Jesu, kritisch bearbeitet, I, Introduction, § 12, Osiander Verlag, Tübingen, 1835 ; réimpression de 1984, p. 75.)

    Dans son dernier grand ouvrage, L’Ancienne et la Nouvelle Foi (1872), Strauss tire les conséquences désabusées de cette évolution en répondant à la question de savoir si nous sommes encore chrétiens :

    « Si nous ne voulons pas chercher des échappatoires, si nous ne voulons pas tortiller les choses ni jouer sur les mots, si nous voulons laisser le oui être oui et le non être non, bref, si nous voulons parler en hommes honnêtes et sincères, nous devons reconnaître ceci : nous ne sommes plus chrétiens. »

    (Der alte und der neue Glaube, S. Hirzel Verlag, Leipzig, 1872, p. 90.)

    Nietzsche, qui avait proclamé, en se présentant comme « l’Antéchrist », la « malédiction sur le christianisme », le rabaisse au rang de « platonisme pour le “peuple” » (…).

    Le terme « platonisme » désigne ici, métaphoriquement, une conception idéaliste du monde que les sciences naturelles modernes — Galilée, Newton — auraient dépassée : une conception fondée sur des formes essentielles qualitatives des choses, plutôt que sur leur seule mesure quantitative et mathématique, ainsi que sur une métaphysique des réalités et des essences situées au-delà du monde vérifiable par les sens et selon les critères du positivisme.

    Franz Overbeck (1837-1905) parlait de la fin du christianisme — finis Christianismi —, tout comme son ami Friedrich Nietzsche (1844-1900) avait proclamé la « mort de Dieu ».

    Les principaux représentants de la critique de la religion, notamment les jeunes-hégéliens et leurs héritiers anticléricaux, considèrent le « rôle de la religion et de l’Église » comme un vestige étrange et nuisible du passé antique et médiéval. Ils perçoivent la théologie, qui invoque une révélation surnaturelle d’un Dieu personnel, comme « problématique en tant que forme actuelle de l’esprit » (Habermas, I, p. 25).

    Le sociologue et philosophe Hans Joas rapporte le jugement péremptoire qu’un philosophe allemand adressa à son interlocuteur : « Quiconque croit encore aujourd’hui manque d’honnêteté intellectuelle. » Cette remarque n’était nullement destinée à viser personnellement son interlocuteur. Elle reflétait plutôt une conviction largement répandue :

    « Pour beaucoup de nos contemporains, la foi religieuse apparaît si manifestement dépassée — ses prétentions cognitives auraient été réfutées par la science, sa dimension expérientielle ramenée par la psychologie et les neurosciences à son noyau réel, ses fonctions sociales percées à jour — qu’ils ne comprennent plus comment des contemporains raisonnables peuvent encore être disposés à consentir un tel sacrifice de leur intelligence. Il doit donc, pensent-ils, y avoir des intérêts particuliers en jeu, des problèmes psychiques ou, tout simplement, un manque de cohérence dans le raisonnement, un manque d’honnêteté intellectuelle. »

    (Hans Joas, Glaube als Option. Zukunftsmöglichkeiten des Christentums, Fribourg-en-Brisgau, 2012, p. 13.)

    Le philosophe et mathématicien britannique Bertrand Russell (1872-1970) publia en 1927 l’ouvrage qui allait donner son titre à toute cette démarche : Why I Am Not a Christian (Pourquoi je ne suis pas chrétien). Il prolongeait ainsi, avant même que l’expression n’existe, un genre littéraire dont il allait donner une formulation emblématique.

    À une époque plus récente, le médiéviste renommé Kurt Flasch a publiquement fait connaître, en 1992, son renoncement intellectuel au christianisme dans un essai intitulé Warum ich kein Christ bin (Pourquoi je ne suis pas chrétien).

    Sans reprendre littéralement cette formulation, Richard Dawkins, l’une des figures majeures du Nouvel Athéisme, s’inscrit lui aussi dans cette lignée d’auteurs prenant leurs distances avec le christianisme. Son argumentation, moins philosophique et rationnelle que naturaliste et positiviste, s’exprime dans son ouvrage The God Delusion (2007), traduit en français sous le titre Pour en finir avec Dieu. Il y diagnostique dans la foi en l’autorévélation de Dieu en Jésus-Christ une sorte de délire, voire un défaut génétique de la raison d’ordre psychologique et intellectuel.

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  • Mgr Houssiau : une Église réorganisée, mais quel renouveau spirituel ?

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    Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège de 1986 à 2001, est mort ce 13 octobre à l'âge de 101 ans. Nous conservons le souvenir d'un épiscopat en demi-teinte...

    Mgr Houssiau : une Église réorganisée, mais quel renouveau spirituel ?

    L’épiscopat de Mgr Albert Houssiau à Liège, de 1986 à 2001, mérite un jugement plus nuancé que celui d’un évêque qui aurait simplement accompagné le déclin de la chrétienté. Théologien de formation, spécialiste de saint Irénée, professeur de liturgie et de théologie des sacrements à Louvain pendant plus d’un quart de siècle, il avait réfléchi à l’avenir des paroisses bien avant de devenir évêque. Dès 1981, il organisait un colloque consacré à leur rôle ; en 1982, il publiait une étude sur leur approche théologique. Il expliquait lui-même se sentir concerné par le problème d’« une chrétienté déchristianisée ».

    Cette antériorité est essentielle : le Projet 2000 ne fut pas une simple opération administrative destinée à gérer la pénurie de prêtres, mais l’aboutissement d’une réflexion ecclésiologique engagée de longue date. En préparant le regroupement des quelque 530 paroisses du diocèse en unités pastorales, Mgr Houssiau cherchait à repenser la présence de l’Église dans une société où les conditions de la vie chrétienne avaient profondément changé. Il encouragea également le recours à des assistants paroissiaux, majoritairement des femmes, pour permettre aux communautés de poursuivre leur mission malgré la diminution du clergé.

    Il faut reconnaître à cette démarche une réelle lucidité et une capacité d’anticipation. Le Projet 2000 constitue l’héritage institutionnel le plus durable de son épiscopat. Son engagement pastoral ne se limita d’ailleurs pas à la réorganisation des paroisses : les célébrations du 750e anniversaire de la Fête-Dieu, son attention aux demandeurs d’asile ou encore son implication dans la vie de la cité témoignent d’un évêque présent dans son diocèse. Il ordonna par ailleurs une cinquantaine de prêtres en quinze ans, un chiffre qu’il évoquait lui-même avec le sentiment que ses successeurs ne bénéficieraient plus de la même situation.

    Mais la lucidité devant la déchristianisation et l’adaptation des structures à ses conséquences ne disent pas encore si l’on a su y répondre spirituellement. Une Église peut réorganiser ses paroisses, répartir autrement les responsabilités et maintenir une présence territoriale sans pour autant retrouver son élan missionnaire. La question décisive est donc celle des fruits : qu’en fut-il de la transmission de la foi aux jeunes, de la formation doctrinale des fidèles, de la pratique religieuse et du renouvellement des vocations ? Les éléments disponibles ne permettent pas d’y répondre avec suffisamment de précision. Il serait tout aussi injuste d’attribuer à Mgr Houssiau les difficultés ultérieures du diocèse que de considérer la pérennité de ses réformes comme la preuve d’un renouveau spirituel.

    Son héritage apparaît ainsi contrasté, mais pas nécessairement au sens d’un épiscopat manqué. Il fut celui d’un théologien qui avait compris que les structures héritées de la chrétienté ne pouvaient demeurer inchangées et qui s’efforça de préparer leur transformation. Reste à savoir si cette préparation institutionnelle s’est accompagnée d’une stratégie suffisamment affirmée de reconquête spirituelle.

    Le véritable bilan de Mgr Houssiau tient dans cette distinction : il a contribué à préparer l’organisation de l’Église liégeoise pour le XXIe siècle ; il reste à mesurer dans quelle mesure il a contribué à préparer les hommes et les femmes capables d’en transmettre la foi. Ce n’est ni une condamnation ni un hommage sans réserve, mais la question historique et pastorale que son héritage invite à approfondir. Car une Église ne vit pas seulement de paroisses réorganisées : elle vit de la foi qu’elle annonce, des vocations qu’elle suscite et de l’espérance chrétienne qu’elle transmet.

    (avec le concours de l'IA)

  • Sainte Marguerite-Marie, grand témoin de l'Amour divin (16 octobre)

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    marguerite.jpgSur le site du Secrétariat des oeuvres du Sacré Coeur :

    En la fête de Saint-Jean, le 27 décembre 1673, à Paray le Monial, une religieuse du monastère de la Visitation, Marguerite-Marie Alacoque (que l'on fête aujourdhui ndblg) fit la rencontre du Christ et s’est approchée du Cœur de Dieu. "Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son cœur qu’il m’avait toujours tenus cachés jusqu’alors". (Autobiographie n° 53).

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  • Ce que nous enseigne sainte Marguerite-Marie Alacoque

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    De Dawn Beutner sur le CWR :

    Plus qu'une image : Sur les autres leçons de sainte Marguerite-Marie Alacoque

    La religieuse et mystique française ne fut pas la première ni la seule catholique à promouvoir la dévotion au Sacré-Cœur, mais elle est certainement la plus célèbre.

    Détail d'un tableau du XIXe siècle représentant sainte Marguerite-Marie Alacoque. (Image : Wikipedia)
    Chaque statue, tableau, icône, médaille ou autre représentation de sainte Marguerite-Marie Alacoque comporte une représentation du Sacré-Cœur de Jésus. Ce n'est guère surprenant puisque ce sont en grande partie ses visions de Jésus-Christ qui ont fait que la dévotion au Sacré-Cœur s'est répandue dans le monde entier. Mais les révélations de cette religieuse française sont bien plus qu'une simple image. On pourrait dire que Dieu, par l'intermédiaire de Marguerite-Marie, a également fourni aux catholiques une arme de dévotion.

    Marguerite-Marie (1647-1690) est née dans une famille aisée de France, mais son père est décédé alors qu'elle n'avait que huit ans. Quelques années plus tard, elle est devenue alitée en raison d'une grave maladie. Elle a patiemment souffert pendant quatre ans, mais après avoir fait une promesse privée à Notre-Dame de devenir religieuse, elle a été instantanément guérie.

    À ce moment-là, sa famille était tombée dans la pauvreté. Un oncle cupide était devenu le tuteur des biens de son père, et il refusait d'utiliser ces fonds pour aider sa famille. Une sœur autoritaire prit le contrôle du foyer et força Marguerite et sa mère à devenir de simples servantes dans leur propre maison. Quelques années plus tard, les finances de la famille s'améliorèrent lorsqu'un frère fut en âge de se voir confier le contrôle légal des biens.

    L’ambiance familiale s’améliora également et Marguerite, âgée de dix-sept ans, fut encouragée par sa famille à se marier. Le mariage aurait été un moyen évident d’échapper à sa famille dysfonctionnelle et, pendant plusieurs années, elle aimait assister à des bals et à des événements sociaux. Mais, alors qu’elle revenait d’un bal un soir, elle eut une vision de notre Seigneur, couvert de sang et portant les marques de la Passion sur son corps. Il lui reprocha d’avoir oublié sa promesse d’entrer dans la vie religieuse et lui rappela son amour pour elle.

    Profondément émue, Marguerite entra bientôt au couvent de la Visitation à Paray-le-Monial, son frère fournissant la dot requise. Elle devint religieuse professe à l'âge de vingt-cinq ans.

    Marguerite-Marie était l’une de ces âmes enfantines qui apparaissent tout au long de l’histoire de l’Église, des femmes et des hommes qui sont pieux depuis leur enfance et qui promettent à Dieu qu’ils ne lui diront jamais non – et le pensent vraiment. C’est probablement pour cela que Jésus apparaissait à Marguerite depuis son enfance. Elle pensait simplement que cela arrivait à tout le monde. Le fait que Jésus lui soit apparu à plusieurs reprises après qu’elle soit devenue religieuse n’était pas si inhabituel. Ce qui était inhabituel, c’était le contenu de ses messages.

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  • Marguerite Marie, apôtre du Coeur de Jésus (16 octobre)

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    La vie de sainte Marguerite Marie : https://www.collegedesbernardins.fr/mag-digital/sainte-marguerite-marie-le-coeur-de-jesus-et-la-devotion-au-sacre-coeur

    Prière de Marguerite Marie :

    « Jésus-Christ mon Seigneur et mon Dieu... je m'unis à cette offrande divine que vous faites à votre Père ; et je vous consacre tout mon être, vous priant de détruire en moi le péché et de ne pas permettre que je sois séparée de vous éternellement. »

    Le Christ a confié à sainte Marguerite Marie :

    « En réponse à mon empressement à leur faire du bien, les hommes n’ont que froideur et rebut... Toi du moins, console-moi en suppléant à leur ingratitude... Tu communieras tous les premiers vendredis du mois et toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette tristesse si mortelle que j’ai voulu porter au Jardin des Oliviers. »

  • Quel genre de pape fut Pie XII ?

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    De Dawn Beutner sur le CWR :

    Quel genre de pape fut Pie XII ?

    Pie XII eut la tâche peu enviable d’être pape à l’époque où l’un des hommes les plus maléfiques que la terre ait jamais portés tenta de conquérir le monde.

    8 octobre 2026 — Dawn Beutner — Essai, Dossiers, Histoire

    Le pape Pie XII apparaît sur une photographie d’archives du Vatican datée du 15 mars 1949. (Photo d’archives CNS)

    Le monde semble divisé en deux camps au sujet du pape Pie XII.

    Était-il un antisémite indifférent au sort des Juifs, un lâche incapable de prendre des décisions, un dirigeant si coupé des réalités de la Seconde Guerre mondiale qu’il aurait balayé les informations faisant état de la mort de Juifs en les jugeant exagérées ? Ou était-il un diplomate avisé qui sauva des milliers de Juifs de la mort grâce à un réseau clandestin de courageux catholiques, lesquels risquèrent leur vie pour protéger des personnes menacées par le fascisme ? Quelle version se rapproche le plus de la vérité ?

    Heureusement, il est facile de constater que la réalité penche davantage en faveur de la seconde interprétation que de la première. De nombreux auteurs ont réfuté les affirmations erronées¹ formulées à propos du 260ᵉ pape de l’Église. Les ouvrages de Michael Hesemann, The Pope and the Holocaust (Le Pape et l’Holocauste), et de Peter Bartley, Catholics Confronting Hitler (Les catholiques face à Hitler), en apportent une illustration récente. Nous savons que Pie XII se souciait réellement des Juifs, qu’il tenta d’arrêter Hitler par des moyens diplomatiques et qu’il contribua à sauver des vies en encourageant discrètement les catholiques — notamment les évêques, les prêtres et les religieux consacrés — à protéger ceux dont la vie était menacée pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Une question légitime

    Les adversaires de Pie XII ont cependant soulevé une question pertinente : pourquoi le pape n’a-t-il pas condamné plus vigoureusement les agissements d’Adolf Hitler et le nazisme ?

    Avant d’examiner le cas de Pie XII, il importe de replacer les choses dans une perspective historique et de rappeler les relations parfois difficiles que l’Église a entretenues avec les dirigeants politiques au cours des deux derniers millénaires. Même en laissant de côté les trente-deux papes² qui régnèrent avant que l’empereur romain Constantin promulgue son édit de tolérance envers l’Église, nombreux furent les papes confrontés à des souverains injustes, violents et malfaisants.

    La tentative d’assassinat de Jean-Paul II en 1981, vraisemblablement commanditée par des communistes, ne fut pas la première tentative de meurtre visant le chef de l’Église catholique. Si la mort de certains papes n’a éveillé que des soupçons,³ celle d’autres pontifes fut clairement le résultat de manœuvres criminelles.⁴ Il faut reconnaître que certains papes, loin d’être exemplaires en sainteté, périrent en raison des fréquentations dangereuses qu’ils entretenaient⁵ ou parce qu’ils exercèrent leur ministère à une époque particulièrement violente.⁶

    Comme nous le rappellent les documents de Vatican II, le pape, « en tant que Vicaire du Christ et pasteur de toute l’Église […] possède sur celle-ci un pouvoir plénier, suprême et universel ».⁷ Toutefois, les papes ont souvent dépassé le cadre strict de leur mission de pasteurs pour intervenir sur des questions importantes, notamment afin de protéger les innocents. L’un des exemples les plus célèbres de diplomatie pontificale réussie est celui de Léon Ier (440-461), qui convainquit Attila, roi des Huns, de renoncer à marcher sur Rome, à la piller et à en massacrer les habitants. Léon se montra cependant moins heureux quelques années plus tard, lorsque le roi vandale Genséric se présenta aux portes de la Ville.

    Aujourd’hui, l’État de la Cité du Vatican est un minuscule État indépendant. Au fil des siècles, cependant, les papes ont parfois gouverné de vastes territoires, contrôlé les trésors — ou les dettes — de l’Église et conduit des armées au combat. Tout au long de son histoire, l’Église a vu les papes privilégier les démarches diplomatiques, défendre les droits des catholiques et recourir à des arguments moraux et spirituels pour justifier leurs positions. D’une manière générale, les souverains pontifes ont cherché à conserver leur neutralité dans les conflits internationaux.

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  • « Quelque chose d’extraordinaire s’est produit » : Plus d’un million d’enfants ont prié le chapelet

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    « Quelque chose d’extraordinaire s’est produit » : Plus d’un million d’enfants ont prié le chapelet

    09/10/2026

    Plus d’un million d’enfants et de jeunes du monde entier ont prié le chapelet pour la paix et l’unité durant la semaine du 1er au 7 octobre 2026, dans le cadre de la campagne « Un million d’enfants prient le chapelet », promue par l’a fondation pontificale l’Aide à l’Église en Détresse.

    De l’Inde aux centres de détention pour mineurs d’Ukraine, du Brésil au Nigéria, de la Pologne aux Philippines, durant toute cette semaine, plus d’un million d’enfants du monde entier ont prié le chapelet ensemble et ont montré que la paix commence par de petits gestes simple, comme l’union dans la prière.

    Plus d’un million d’enfants et de jeunes du monde entier ont prié le Rosaire pour la paix et l’unité durant la semaine du 1er au 7 octobre 2026, dans le cadre de la campagne « Un million d’enfants prient le chapelet », promue par la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED).

    À la grotte de Lourdes, dans les jardins du Vatican, 1 300 personnes, dont 700 enfants, étaient auprès du pape Léon pour prier le chapelet en cinq langues, offrant cette prière mariale pour la fin de la violence dans le monde. ©AED

    Cette année, l’initiative « Un million d’enfants prient le Rosaire », portée depuis plus de vingt ans par l’AED, s’est déroulée sur une semaine, du 1er au 7 octobre, fête de Notre-Dame du Rosaire. La campagne a débuté de façon exceptionnelle avec la présence du pape Léon XIV aux côté de centaines d’enfants dans les Jardins du Vatican pour commencer à prier le chapelet en union de prière avec des enfants du monde entier.

    « L’édition de cette année d’“Un million d’enfants prient le chapelet” m’a profondément touchée. Une fois encore, nous avons été témoins de quelque chose à la fois simple et extraordinaire : des enfants du monde entier qui confient leur cœur, leurs familles et les besoins de notre monde entre les mains de Dieu à travers le Rosaire », s’est émue Nathalie D’Aqui, coordinatrice de la campagne depuis le siège de l’AED à Königstein im Taunus, en Allemagne.

    « Il est inspirant de voir comment l’AED unit des enfants et des communautés du monde entier dans une même prière pour la paix et l’unité »

    Père Alfred Kizito Ayella, Ouganda.
    Croatie.
    La Ceiba, Honduras.
    Haïti.
    Malawi.

    Tout au long de la campagne, l’AED a reçu de nombreux témoignages des communautés participantes. En Pologne, des enfants se sont rassemblés au palais présidentiel et ont été guidés dans la prière par l’aumônier du président, tandis que des enfants du mouvement scout au Liban ont enregistré des vidéos invitant les jeunes d’autres pays à prier ensemble pour la paix.

    L’AED a également reçu des photographies de prières communautaires venant du Soudan du Sud, du Salvador, du Zimbabwe, de la Pologne et de nombreux autres pays, ainsi que des veillées de nuit organisées au Kerala, en Inde. « Nous croyons profondément à la puissance de la prière des enfants. À travers le Rosaire, nous voulons leur apprendre qu’eux aussi peuvent devenir des artisans de paix et apporter l’espérance autour d’eux », a écrit le père Gefthey Jean, de la paroisse Notre-Dame de la Nativité, dans le diocèse d’Anse-à-Veau et Miragoâne, en Haïti.

    « Merci de partager cette merveilleuse initiative. Il est inspirant de voir comment l’Aide à l’Église en Détresse unit des enfants et des communautés du monde entier dans une même prière pour la paix et l’unité », a déclaré le père Alfred Kizito Ayella, du diocèse de Gulu, en Ouganda.

    Pour certaines paroisses, la possibilité de prier publiquement dans les rues a été perçue comme un souffle d’espérance au milieu de réalités particulièrement difficiles. « Ce fut une expérience de foi, de prière et un témoignage public de communion dans notre ville, en contraste saisissant avec son histoire marquée par le trafic de drogue et les activités de guérilla », a confié un prêtre du Pérou.

    Des villes marquées par la violence au Pérou jusqu’à un centre de détention pour mineurs en Ukraine, le Rosaire est devenu un signe d’espérance là où la paix semble parfois très lointaine. L’AED a notamment reçu des témoignages émouvants de jeunes détenus d’un centre de rééducation de Lviv, qui ont participé à la campagne avec l’aumônerie des prisons pour jeunes de l’Église gréco-catholique ukrainienne.

    « Dans un monde qui peut si facilement se diviser, les enfants nous montrent qu’il est possible de nous rassembler pour quelque chose de plus grand que nous-mêmes »

    Nathalie D’Aqui, coordinatrice de la campagne

    « Dans un monde qui peut si facilement se diviser, les enfants nous montrent qu’il est possible de nous rassembler pour quelque chose de plus grand que nous-mêmes », a écrit Nathalie D’Aqui, citant l’exemple de l’Ukraine, où « le Rosaire est devenu un havre de paix au milieu du chaos qui entoure les enfants ». Ceux-ci ont été encouragés à « prier ensemble chaque jour en famille, car la paix doit d’abord être construite dans nos propres foyers ».

    Nairobi, Kenya.

    Selon la carte interactive disponible sur le site internet de l’AED, où chacun pouvait enregistrer sa participation, plus d’un million d’enfants ont pris part à l’initiative. Il convient toutefois de noter que de nombreux participants ne s’inscrivent pas officiellement ; le nombre indiqué sur la carte doit donc être considéré comme inférieur à la réalité. De plus, des témoignages et des données de participation continuent d’arriver depuis des régions plus isolées, de sorte que le nombre total de participants est encore en augmentation.

    Plus de 55 000 enfants ont prié aux États-Unis et 111 073 au Brésil. Le Nigeria a été le pays africain comptant le plus grand nombre de participants enregistrés, avec 151 600 enfants, tandis que les Philippines arrivaient en tête en Asie avec plus de 220 000 participants. Plus de 6 000 enfants ont également participé en Australie. Comme toujours, la Pologne a montré une forte mobilisation avec au moins 76 000 participants inscrits.

    « L’image d’un enfant tenant un chapelet peut sembler modeste. Mais lorsque des millions d’enfants le font ensemble, quelque chose d’extraordinaire se produit. »

    Nathalie D’Aqui

    « L’image d’un enfant tenant un chapelet peut sembler modeste. Mais lorsque des millions d’enfants le font ensemble, quelque chose d’extraordinaire se produit : ils deviennent une chaîne mondiale de prière ; ils deviennent une école de la foi ; ils deviennent un signe d’unité ; et ils deviennent de petits instruments de paix », a conclu Nathalie D’Aqui. « Nous, les adultes, nous demandons souvent ce que nous pouvons faire pour changer le monde. Peut-être que les enfants nous rappellent une chose très simple : nous pouvons commencer par prier. »

     

  • « Le monde n'a pas d'avenir sans familles fortes » (Léon XIV)

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    SAINTE MESSE LORS DE LA CONCLUSION DE LA RENCONTRE MARQUANT LE 10E ANNIVERSAIRE DE LA PUBLICATION
    DE L'EXHORTATION APOSTOLIQUE AMORIS LAETITIA

    HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    (lue par le cardinal Luis Antonio Tagle, doyen du Collège des cardinaux)

    Place Saint-Pierre, mercredi 14 octobre 2026

     ____________________________________

     Je vais maintenant lire l'homélie préparée par Sa Sainteté le pape Léon XIV.

    « La joie de l’amour vécue par les familles est aussi la joie de l’Église » (Pape François, Exhortation apostolique Amoris Laetitia , 19 mars 2016, p. 1). C’est par ces mots qu’il y a dix ans, le pape François commençait son Exhortation apostolique Amoris Laetitia .

    Aujourd'hui, alors que nous célébrons l'Eucharistie, nous offrons au Seigneur les fruits du travail que nous avons accompli sur ce document, et nous cherchons à en accueillir les richesses et à mettre en pratique ses conseils pastoraux.

    À cet égard, la liturgie d’aujourd’hui nous offre plusieurs pistes de réflexion. Dans la première lecture, nous avons entendu l’« hymne à l’amour » de saint Paul (cf. 1 Co 12, 31-13, 13). Au chapitre 4 de l’Exhortation apostolique, ce même texte sert de base à une riche méditation sur les vertus du mariage chrétien, union « affective, spirituelle et sacrificielle » (n° 120), et icône de l’amour de Dieu (cf. n° 121). En vivant ces valeurs, et avec le secours de la grâce, les époux grandissent ensemble jour après jour à l’image de la Trinité. Chacun mûrit à sa manière, et en même temps, ils se ressemblent de plus en plus par « l’engagement stable de partager et de construire ensemble toute leur vie » (n° 123). Ainsi, la véritable joie de l’amour réside dans un approfondissement progressif de l’union, où l’unicité de chacun s’épanouit par le don de soi et la présence de l’autre.

    De plus, l’Apôtre s’adressait à une communauté riche en dons et charismes (cf. 1 Co 12, 4-11), mais qui avait besoin de mûrir dans l’amour. Il rappelait aux Corinthiens que ceux qui sont dépourvus d’amour, malgré tous les talents qu’ils ont pu recevoir, sont comme « un gong bruyant ou une cymbale qui résonne » (13, 1), comme une voix sans amour, incapable de toucher le cœur, coupée des autres, distante, froide et impénétrable.

    Nous n’avons pas été créés pour vivre ainsi. Le psaume responsorial nous le rappelle en nous appelant le « peuple » et le « troupeau » d’un Dieu dont « la bonté demeure à jamais » et dont la fidélité s’étend « de génération en génération » ( Ps 100, 5). Il est un Seigneur qui aime sans réserve, qui ne cesse de nous chercher, de nous faire confiance et de renouveler son amitié.

    C’est cet amour qu’Amoris Laetitia nous invite à fonder nos familles. C’est ce véritable amour que nous sommes particulièrement appelés à enseigner aux jeunes gens qui se préparent au mariage, en les instruisant sur « l’importance des vertus », parmi lesquelles la chasteté occupe une place de choix, « inestimable pour la croissance authentique de l’amour entre les personnes » (n° 206). Les programmes de préparation au mariage, élaborés avec soin à cette fin dans les paroisses et les zones pastorales, sont louables. Toutefois, ces cours ne suffisent pas à eux seuls ; ils doivent être précédés et soutenus par une éducation à l’amour qui accompagne la croissance de la personne dès l’enfance. À ce propos, le pape François a observé qu’« apprendre à aimer quelqu’un ne se fait pas automatiquement, et cela ne peut s’enseigner dans un atelier juste avant la célébration du mariage » (n° 208). Il a expliqué : « Pour chaque couple, la préparation au mariage commence dès la naissance » ( ibid . ) et tout ce qu’un jeune vit au sein de sa famille devrait contribuer à le rendre capable d’un « engagement total et définitif » ( i bid . ).

    Ainsi, l’amour vécu au sein de la famille – avec ses moments de lutte, ses erreurs et ses échecs, mais aussi avec l’émerveillement de son quotidien imprévisible – devient la première école de l’affection humaine, le premier apprentissage précieux et irremplaçable de la joie d’aimer. C’est pourquoi nous devons reconnaître et soutenir les efforts de tant de familles qui vivent leur vocation et leur mission au quotidien, sans ostentation, mais parfois avec une fidélité héroïque. Elles offrent un témoignage généreux et convaincant des paroles de Jésus entendues dans l’Évangile : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis. Je vous ai établis pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » ​​( Jn 15, 16). Par le témoignage des parents, des enfants, des grands-parents, des jeunes et des personnes âgées, le message de vérité et de plénitude de vie de l’Évangile rayonne dans le monde.

    L’évangéliste Jean nous a transmis l’enseignement simple et clair que Jésus a prononcé à la fin de sa vie terrestre : « Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ( Jn 15, 12). Mettons-le en pratique afin de grandir en tant qu’Église, « famille de familles » ( Amoris Laetitia , n° 87), dans un climat de solidarité et d’entraide qui profitera à tous. Ainsi, les jeunes couples trouveront du réconfort au début de leur vie conjugale ; les parents seront soutenus face aux défis que représentent l’éducation des enfants et la gestion de la vie familiale ; et les personnes âgées seront reconnues et valorisées pour leur rôle de témoins de sagesse et de vertu, même lorsque leurs forces physiques déclinent. Les plus vulnérables, ceux qui traversent des épreuves et des crises, trouveront eux aussi soutien et encouragement, entourés d’affection et protégés des jugements et des préjugés. Rappelons-nous que « aussi blessée que puisse être la famille, elle peut toujours grandir en commençant par l’amour » ( XIVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, Relatio Finalis , 10 ).

    Les valeurs d’ouverture à la vie et de respect de la vie, de la conception à la mort naturelle, s’enracinent également dans cette charité, fondamentale à notre existence et à notre vie commune en tant qu’êtres humains. La famille est la première gardienne de ces valeurs, un phare pour le bien de l’humanité. À cet égard, le pape François a souligné qu’« aucune union temporaire ou fermée à la transmission de la vie ne peut assurer l’avenir de la société » ( Amoris Laetitia , 52). Le monde n’a pas d’avenir sans familles fortes, ouvertes au don des enfants et attentives à leur éducation et à leur épanouissement.

    Je voudrais rappeler une autre invitation importante de Jésus, dans les lectures que nous avons entendues : prier le Père « en mon nom » ( Jn 15, 16). Ces paroles nous rappellent que la famille est un lieu privilégié de prière. Malheureusement, dans de nombreuses régions du monde aujourd’hui, la pratique de la prière en famille – avant les repas, au début et à la fin de la journée, ou lors d’occasions spéciales – s’est perdue.  Amoris Laetitia nous rappelle qu’« il faut aussi souligner l’importance de la spiritualité familiale, de la prière et de la participation à l’Eucharistie dominicale » (n° 223). Elle recommande également aux familles de se réunir « régulièrement pour favoriser leur croissance spirituelle et leur solidarité face aux exigences concrètes de la vie » ( ibid .) . La prière commune et les sacrements jouent un rôle essentiel dans la vie familiale car ils ouvrent les cœurs à l’action de Dieu, permettant aux familles d’atteindre ensemble des dimensions qu’elles ne pourraient jamais atteindre seules. Ils sont en effet une nourriture solide et un remède salutaire. J’exhorte donc vivement chacun à redécouvrir et à encourager ces pratiques.

    Chers frères et sœurs, j'ai moi-même l'honneur de présider cette célébration par mandat spécial de Sa Sainteté le pape Léon XIV , afin de manifester publiquement la communion ecclésiastique qu'il a accordée à Sa Béatitude Paul III Nona, patriarche de Bagdad des Chaldéens, qui participe à cette Eucharistie.

    La communion d'un patriarche avec le successeur de Pierre rappelle une pratique ancienne qui affirmait l'unité de foi et de charité entre une Église patriarcale et le Siège de Rome – et, à cette époque, entre les Églises elles-mêmes. Il ne s'agit donc pas d'une simple formalité, mais d'une réalité vivante qui tire sa raison d'être de la communion eucharistique, source et sommet de l'unité de l'Église dans le Christ.

    Votre Béatitude, votre présence nous aide à mieux comprendre notre identité d’Église, qui est communion dans le Christ Seigneur des Églises de rites et de traditions divers, dans une unité qui s’exprime concrètement avec le Successeur de Pierre. Nous vous assurons de l’affection et des prières de toute l’Église catholique pour les fidèles confiés à votre charge pastorale, qui ont longtemps été mis à l’épreuve mais qui demeurent fermes et souvent héroïques dans leur témoignage de foi en Jésus au milieu de nombreuses adversités.

    Chers frères et sœurs, confions toutes les familles et toute l’Église à la Sainte Famille de Nazareth, reprenant la prière par laquelle le pape François a conclu Amoris Laetitia (n° 325) :

    Sainte Famille de Nazareth,

    accordons à nos familles aussi

    peuvent être des lieux de communion et de prière,

    écoles authentiques de l'Évangile

    et les petites églises domestiques…

    Puisse les familles ne plus jamais vivre une telle situation.

    violence, rejet et division ;

    que tous ceux qui ont été blessés ou scandalisés

    trouver réconfort et guérison…

    nous rendre à nouveau conscients

    du caractère sacré et inviolable de la famille,

    et sa beauté dans le plan de Dieu.

    Jésus, Marie et Joseph,

    Veuillez exaucer notre prière. Amen.

  • Liège (Cornillon), 31 octobre : 18ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints

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    HolyWins 2026, en avant les enfants, fêtons tous les saints !

    18ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints

    Enfants, parents et grands-parents se préparent à fêter la 18è édition d’HolyWins. Ce joyeux évènement a été initié en 2008 en Belgique afin de redonner tout son sens à la lumineuse fête de la Toussaint. Les dernières éditions ont regroupé environ 180 enfants et adultes.

    L’édition 2026 aura lieu le samedi 31 octobre, veille de la Toussaint dès 11h30 au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon à Liège. Des initiatives similaires se multiplient un peu partout. Les enfants sont invités, s’ils le souhaitent, à venir déguisés en saints ou saintes, voire en anges avec leurs grandes ailes blanches.

    Infos et inscriptions sur ce lien :  https://forms.gle/AEktd7y5Nrg2EA6k9

    Une journée pour redécouvrir la sainteté

    Les ados qui organisent la journée se réunissent dès 9h00 tandis que la fête commencera à 11h30 par une joyeuse célébration de la Toussaint. Les participants apportent leur contribution pour le Holy Buffet, repas de midi en mode auberge espagnole.

    A 14h débute le grand jeu à la découverte de belles figures de saintes et de saints. Lors de chaque étape, un mime, un maquillage, une scènette ou un jeu fait découvrir un visage de sainteté aux participants. Le tout mène au saint du jour, à deviner. « Ce sont des ados qui animent les stands pour les enfants durant le grand jeu, c’est très chouette », raconte Camille.

    Après un petit temps de louange et d’adoration adapté aux enfants, l’après-midi se termine par le Holy goûter avec gaufres, crêpes et chocolat chaud !

    Reportage vidéo sur la dernière édition de Holywins :
    Sur Facebook : https://fb.watch/n_ESfjpm8W/
    Sur YouTube : https://youtu.be/gtfdVteIKDs 

    Holywins est une initiative de membres et d’amis de la Communauté de l’Emmanuel.

    A bientôt,

    Pour l’équipe Holywins 2026,
    Contact: Laurence 0496 41 42 19

    Compte Instagram: Holywins_belgium

  • Thérèse d’Avila, blessée au cœur par l'ardeur de l'amour de Dieu

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    De Patrick Sbalchiero sur 1000 raisons de croire :

    Thérèse d’Avila, piquée par le feu d’amour de Dieu (+1582)

    Religieuse carmélite, Thérèse d’Avila (Thérèse de Jésus en religion) est la figure spirituelle espagnole la plus célèbre du XVIe siècle. Favorisée de dons mystiques extrêmement diversifiés, elle mène une vie chrétienne en tous points exemplaire. Elle entreprend, avec une réussite époustouflante et inexplicable sur le plan humain, à la fois la réforme de son ordre à l’échelle de l’Espagne entière et une œuvre intellectuelle de tout premier plan, dans laquelle elle analyse avec une précision psychologique encore jamais atteinte ses propres expériences mystiques. C’est en grande partie grâce à elle que la spiritualité moderne a pu éclore. La papauté l’a élevée pour cela au rang de docteur de l’Église.


    Les raisons d'y croire

    • Thérèse ne fait jamais mention de ses états mystiques, hormis à ses confesseurs et à sa mère supérieure. Pourtant, sa vie mystique est d’une densité extraordinaire (extases, ravissements, visions…). En particulier, Jésus la visite et lui parle.
    • On ne peut soutenir rationnellement que Thérèse était une déséquilibrée. Toute sa vie démontre le contraire : fondation d’une vingtaine de couvents, relations épistolaires avec l’élite politique, sociale et culturelle de son époque, gestion humaine et économique exceptionnelle de ses communautés, écriture d’une œuvre de psychologie religieuse remarquablement intelligente, etc.
    • Ses visions ne pouvaient être non plus des symptômes hallucinatoires ou des indices neurologiques de l’épilepsie. D’une part, l’état d’une victime d’épilepsie est incompatible avec le rythme de travail, très soutenu et permanent, pendant des décennies, que s’impose Thérèse. D’autre part, Thérèse conserve jusqu’à son dernier souffle ses facultés cognitives sans, bien sûr, recevoir le moindre secours des médecins, qui n’auraient de toute manière pas eu les moyens de guérir des lésions ou des tumeurs cérébrales.
    • L’Inquisition de son temps la surveille, non pour des erreurs doctrinales dans ses écrits, mais à cause de la réalité des phénomènes surnaturels qui emplissent sa vie et au sujet desquels le clergé de l’époque est très méfiant.
    • Loin d’être crédule au merveilleux, Thérèse analyse avec détachement ce qui lui arrive. Elle affirme la vérité de ces phénomènes, mais les considère avec justesse comme marginaux dans le cadre de la vie mystique. Thérèse prouve ainsi qu’elle n’est pas avide de sensationnel, mais qu’elle recherche la véritable union à Dieu. Les écrits de Thérèse d’Avila synthétisent et illustrent avec brio la théologie catholique en matière de discernement spirituel.
    • Sa puissance de discernement éclaire aussi le domaine des rapports de l’homme avec le démon. Victime d’attaques dont on ne trouve pas d’origine naturelle, Thérèse réécrit, sans l’avoir étudiée factuellement, toute l’histoire des pièges tendus par le diable à l’encontre des moines et des moniales depuis saint Antoine d’Égypte (milieu du IVe siècle).
    • Au printemps 1560, elle vit la transverbération : son cœur est touché par une « pointe de feu » tenue par un « ange ». Loin d’être une hallucination, cette réalité a pu être attestée. Après sa mort, une autopsie succincte a permis la découverte d’une blessure des tissus du cœur qui est ainsi décrite : « Les lèvres de la plaie sont dures et poêlées, tout comme c’est le cas lorsque le cautère est utilisé. » Une telle lésion ne saurait avoir une cause naturelle.
    • Thérèse, encore jeune carmélite, tombe gravement malade un 15 août, jour de la fête de l’Assomption. C’est seulement quatre jours plus tard qu’elle sort de sa léthargie inexplicable, sauvée par saint Joseph, dont elle répand le culte depuis cette date.
    • Plusieurs témoins fiables ont bel et bien témoigné, et sans hésitation, avoir vu le corps de la sainte suspendu au-dessus du sol, sans aucun appui ni aide matérielle. Au sujet de ces lévitations, Thérèse témoigne : « Je ne sentais plus pour ainsi dire mes pieds toucher le sol » (Vie écrite par elle-même, chapitre 20).
    • Les réformes du Carmel espagnol par Thérèse s’échelonnent de 1562 à 1582. Dans ce laps de temps, la Madre parcourt l’Espagne, non avec des moyens dignes de ce nom, mais dans une carriole, bravant de nombreux dangers (brigandage, éboulements, accidents météorologiques, etc.), surmontant on ne sait comment une santé instable et continuant à accompagner l’ensemble de ses communautés en parallèle.
    • Neuf mois après sa mort, le 4 octobre 1582, une première exhumation a lieu : les vêtements de la sainte sont dégradés mais le corps est découvert incorrompu. Sans explication, le processus naturel de dégradation des tissus n’a pas fait son œuvre.

    En savoir plus

    Tout est extraordinaire et très souvent inexplicable, chez sainte Thérèse d’Avila : une santé fragile dès l’adolescence qui, pourtant, ne l’empêcha pas de réaliser une œuvre matérielle et spirituelle de très grande envergure, des états mystiques et un don d’opérer des miracles qu’elle restitue et explicite avec un sens psychologique exceptionnel et dans un langage parfaitement clair, un discernement spirituel sans faille, des qualités humaines indéniables, qui accroissent d’ailleurs sa renommée parmi ses contemporains... Tout cela fait d’elle, aux côtés de son ami saint Jean de la Croix, un modèle incontournable sur lequel s’appuie l’Église depuis près de quatre siècles et demi en ce qui concerne les étapes de la vie mystique.

    Teresa de Cepeda y Ahumada est née à Avila (Espagne, Castille) le 28 mars 1515, dans une famille pieuse de douze enfants. Son père, Alonso de Cepeda, est d’une « piété austère » (Bernard Sesé), mais il s’opposera au projet de sa fille de prendre l’habit religieux (1535). Beatriz de Ahumada, sa mère, meurt prématurément, occasionnant une tristesse profonde chez la jeune Thérèse. Le grand-père paternel de Thérèse, un marchand de Tolède, était un juif converti à la foi chrétienne (converso).

    La future sainte est élevée dans la foi catholique. Son éducation, parmi les siens et chez les religieuses augustines de Santa Maria de Gracia, est d’un bon niveau. Parvenue à l’adolescence, Thérèse est instruite, vive d’esprit et curieuse de beaucoup de choses. Elle lit des romans de chevalerie et projette, avec son frère Rodrigo, son aîné de quatre ans, d’aller libérer les chrétiens prisonniers des Maures.

    Le 2 novembre 1535, malgré l’absence de soutien paternel, elle entre au couvent des carmélites d’Avila. Elle y fait profession deux ans plus tard, presque jour pour jour. Mais l’exemplarité de sa vie spirituelle va subir un rude choc. En 1538, une maladie la contraint à quitter le monastère. On a beaucoup discuté au sujet de cette pathologie. Quoi qu’il en soit, elle opère une coupure dans l’existence de la jeune femme, qui consacre ses longues heures de repos à la lecture d’ouvrages religieux, comme le troisième Abécédaire de François de Osuna, et d’autres titres remarquables qui vont l’orienter au fil du temps vers une vie intérieure d’une intensité spirituelle incroyable.

    En attendant, elle souffre et ses forces déclinent à vue d’œil. Personne ne sait comment la guérir ou lui apporter un mieux. Dépressive, elle reste de longs moments inactive et comme absente. Un 15 août, on la croit morte : son corps est immobile, ses réactions inexistantes. Comme la coutume le veut, on lui recouvre les yeux avec de la cire. Elle reste quatre jours dans cet état. Puis elle s’éveille brusquement. Ses funérailles étaient prêtes.

    Au carmel d’Avila, la jeune Thérèse est une religieuse humble et obéissante. Elle ne fait jamais état de ses états mystiques, hormis à ses confesseurs et à la mère supérieure. Ses expériences extraordinaires ne perturbent nullement la vie communautaire. Elle est une sœur parmi d’autres sœurs, mais Jésus la visite et lui parle.

    En 1555, une vision du Christ souffrant entraîne chez elle une prise de conscience du relâchement du genre de vie des carmélites. C’est une conversion authentique car, à partir de ce moment, la sainte va travailler jusqu’à sa mort pour réformer son ordre, alors que rien ne laissait prévoir une telle entreprise avant 1555. Le 24 août 1562, le carmel de San José est le premier à revenir à l’observance de la règle primitive. Plus de seize autres suivront jusqu’à sa disparition.

    Devenue proche de saint Jean de la Croix , à qui elle donnera l’impulsion nécessaire pour se lancer à son tour dans la réforme de la branche masculine du Carmel, Thérèse consacre une bonne part de ses journées et de ses nuits à écrire une œuvre magistrale, dont quelques titres sont aujourd’hui encore considérés comme des chefs-d’œuvre : Le Livre des fondations, Le Chemin de perfection, Le Château intérieur, sans oublier une correspondance volumineuse… Thérèse théorise magnifiquement les visions mystiques, dont la répartition tripartite qu’elle retient remonte à saint Augustin  : visions corporelles, imaginatives et intellectuelles.

    Le 25 janvier 1560, elle a pour la première fois une vision du Christ ressuscité. En avril suivant, c’est la transverbération : un ange touche son cœur avec une pointe de feu, occasionnant une intense douleur physique épouvantable, mais aussi l’évidence et la force de l’amour de Dieu.

    Le diable ne l’oublie pas. Elle subit à certains moments des attaques psychologiques, affectives mais aussi corporelles des anges déchus. Elle est régulièrement tourmentée de visions terrifiantes. Mais sa foi, dilatée par la prière, ne faiblit jamais.

    Dieu la rappelle à lui en 1582. Le pape Paul V la béatifie en 1614. Elle est inscrite au catalogue des saints le 12 mars 1622 par Grégoire XV. Saint Paul VI la proclame docteur de l’Église en 1970.

    Patrick Sbalchiero, membre de l’Observatoire international des apparitions et des phénomènes mystiques.


    Au delà

    • Depuis 1627, sainte Thérèse d’Avila est co-patronne de l’Espagne aux côtés de l’ apôtre saint Jacques . Tous les papes, depuis Grégoire XV, qui a canonisé Thérèse, ont voué une admiration sans bornes à la sainte d’Avila. C’est particulièrement le cas depuis le pontificat de saint Pie X (1903-1914), jusqu’au pape François, sans exception. « Véritable maîtresse de vie chrétienne pour les fidèles de chaque temps » pour Benoît XVI (2011), sa réputation n’a cessé de s’étendre et dépasse aujourd’hui les cadres confessionnels.

    Aller plus loin

    Bernard Sesé, « Thérèse d’Avila (sainte), 1515 – 1582 », dans Patrick Sbalchiero (dir.), Dictionnaire des miracles et de l’extraordinaire chrétiens, Paris, Fayard, 2002, p. 804-806.


    En complément

    • Sainte Thérèse d’Avila, Œuvres complètes, édition établie, révisée et annotée par les carmélites de Clamart et Bernard Sesé, Le Cerf, 1995, 2 volumes.
    • Stéphane-Marie Morgain, Le Chemin de perfection de Thérèse de Jésus, collection « Classiques du Christianisme », Le Cerf, 1997.
    • Thérèse d’Avila, Le Livre des miséricordes. Livre de la vie, présentation, introduction et notes par Stéphane-Marie Morgain, collection « Sources du Carmel », Éditions du Carmel, 2023.
    • Emmanuel Renault, Sainte Thérèse d’Avila et l’expérience mystique, collection « Points-Sagesse », Paris, Le Seuil, 2007.
    • Joseph Pérez, Thérèse d’Avila, Paris, Fayard, 2007.
    • Vita Sackville-West, The Eagle and the Dove : St. Teresa of Avila and St. Therese of Lisieux, Quartet Books, 1973 (et réédition chez Macmillian Bello en 2012).
    • Sainte Thérèse d'Avila : un livre d'Arnaud Dumouch