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Foi

  • L’évêque de Ratisbonne met en garde contre l’effondrement de la foi en Allemagne : « Seulement 28 % croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

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    D'InfoVaticana :

    L’évêque de Ratisbonne met en garde contre l’effondrement de la foi en Allemagne : « Seulement 28 % croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

    L'entretien débute par une statistique particulièrement inquiétante : selon un sondage de l'Institut Allensbach cité au cours de la conversation, seuls 28 % des Allemands croient actuellement que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Pour Voderholzer, cette situation révèle un problème plus profond qu'un simple déclin de la pratique religieuse.

    « Cela devrait nous inquiéter beaucoup. »

    L'évêque a directement lié ce déclin de la foi au processus de sécularisation qui touche l'Europe occidentale depuis des décennies.

    « C’est une conséquence de la sécularisation et cela devrait nous préoccuper grandement dans tous les milieux ecclésiaux », a-t-il déclaré.

    Selon lui, l'Église devrait se concentrer avant tout sur la reconquête de la centralité du message chrétien, au lieu de s'enliser dans des débats secondaires.

    « La première et la plus importante chose à faire est de se demander comment remettre au centre de notre prédication ce qui constitue le christianisme », a-t-il déclaré.

    Voderholzer a résumé l’essence de la foi chrétienne en invoquant une formule célèbre de l’évêque Johann Michael Sailer : « Dieu en Christ, le salut du monde pécheur. » Il a expliqué que lorsque cette vérité cesse d’être centrale, toutes les autres expressions du christianisme s’affaiblissent, y compris l’action sociale de l’Église.

    Critiques de la dérive de l'Église allemande

    Au cours de l'entretien, l'évêque de Ratisbonne a laissé entendre une critique explicite de certains courants ecclésiastiques présents en Allemagne. Citant le théologien jésuite Henri de Lubac, il a rappelé comment ce dernier avait mis en garde, des décennies auparavant, contre le danger d'« autodestruction » de l'Église lorsque la sociologie se substitue à la théologie et à la philosophie.

    Voderholzer déplorait que, dans de nombreux milieux ecclésiaux, la proclamation du Christ ait été éclipsée par une approche excessivement horizontale et sociologique.

    « L’action sociale et caritative doit être une conséquence de la proclamation du Christ, et non la remplacer », a-t-il déclaré.

    L’évêque a également dénoncé le fait que l’Église allemande soit perçue par d’autres parties du monde comme une Église obsédée par la remise en question de tout.

    « En Allemagne, nous sommes perçus comme ceux qui problématisent tout et remettent tout en question », a-t-il reconnu.

    Madagascar, la France et le réveil de la jeunesse

    Contrairement à la situation en Allemagne, Voderholzer a souligné la vigueur spirituelle qu'il a récemment constatée à Madagascar, où il a visité des communautés catholiques pleines d'enthousiasme et de joie malgré la pauvreté matérielle.

    « J’ai pu faire l’expérience d’une Église pauvre, mais pleine de joie dans la foi », a-t-il expliqué.

    Selon lui, les célébrations liturgiques massives et la ferveur de milliers de jeunes contrastent avec la lassitude spirituelle qu'il perçoit en Europe.

    L’évêque a toutefois souligné des signes encourageants en Occident. Il a notamment cité la France, l’Angleterre et les États-Unis, où il observe une recherche croissante d’une foi « authentique » et « saine » chez les jeunes générations.

    « De nombreux jeunes ne se contentent plus d’une approche purement sociologique ou horizontale de l’enseignement », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné le regain d'intérêt pour la beauté de la liturgie et a noté qu'en France, certains diocèses sont débordés par le nombre croissant de jeunes adultes demandant le baptême.

    La crise des vocations comme symptôme d'une crise de la foi

    Un autre thème central de l'entretien portait sur l'effondrement des vocations sacerdotales et religieuses en Allemagne. Voderholzer a déclaré être personnellement préoccupé par la situation et a souligné que la pénurie de prêtres n'était pas le problème principal, mais plutôt le symptôme visible d'une crise plus profonde.

    « Le manque de vocations est un symptôme du déclin de la force de la foi », a-t-il expliqué.

    Contrairement aux solutions purement organisationnelles ou structurelles, il a insisté sur le fait que l'Église devait regagner en crédibilité, en substance doctrinale et en confiance en elle.

    « Lorsque l’Église aura retrouvé la substance de sa foi et son estime de soi, les vocations viendront d’elles-mêmes », a-t-il déclaré.

    Éloges du pape Léon XIV

    Voderholzer a également évoqué le pape Léon XIV, se disant « très, très satisfait » de lui. L’évêque a notamment salué les fréquentes références du pape à saint Augustin, y voyant une continuité avec Benoît XVI.

    Il a également souligné avec enthousiasme le style liturgique et l'esthétique du nouveau pape, qui — a-t-il indiqué — se démarquent en partie du style de François.

    « Nous, catholiques, pouvons être fiers d’avoir un pape qui parle clairement aux puissants sans perdre son sang-froid », a-t-il déclaré, faisant également référence aux récentes interventions internationales de Léon XIV.

    Les déclarations de Rudolf Voderholzer mettent une fois de plus en lumière la division interne au sein du catholicisme allemand entre ceux qui estiment que la priorité de l'Église devrait être les réformes structurelles et ceux qui soutiennent que la véritable crise de l'Occident est avant tout une crise de foi, d'identité et de perte du sens surnaturel du christianisme.

  • L'attrait éternel de Rome

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    De sur le CWR :

    De l'attrait éternel de Rome

    Pierre continue de fortifier ses frères à travers la Ville éternelle qui, sanctifiée par son sang, invite les fidèles du monde entier à s'imprégner de ferveur apostolique et de charité vivifiante.

    Statue de saint Pierre devant la basilique Saint-Pierre. (Crédit : Vatican Media)
    Lorsque Pierre prononça le premier sermon de la Pentecôte, il était loin d'imaginer qu'il façonnait un catholicisme – une nouvelle manière de vivre en Christ pour tous – qui deviendrait romain. La vie de Jésus, jusqu'à sa mort salvatrice, n'avait rien de romain. La croix, symbole central du christianisme, était un instrument d'exécution romain.

    Mais le fait que Rome ait fourni la croix qui a racheté l'humanité n'est pas la cause de la vénération intense que les catholiques vouent à la ville, vénération qui a commencé quelques décennies seulement après le premier sermon de Pierre.

    Elle provient plutôt de Pierre lui-même, le roc de l'Église, dont le martyre et la sépulture à Rome ont sanctifié la ville et qui, pendant des siècles, a attiré des pèlerins. Sa présence physique sous la basilique qui porte son nom dégage une aura sacrée, suscite une profonde ferveur religieuse et inspire une espérance pieuse. C'est à cet homme, et à lui seul, que le Fils de Dieu a confié les clés du royaume des Cieux. Si nous le cherchons et le prions humblement, peut-être nous aidera-t-il à y accéder.

    Si Pierre sanctifie Rome, ses compagnons martyrs contribuent à la renommée de la ville. Saint Jérôme écrit que, le dimanche, lui et ses amis se rendaient dans les catacombes « pour visiter les tombeaux des apôtres et des martyrs ». Le poème du Xᵉ siècle « Ô Roma Nobilis » célèbre cette « cité par excellence, rougie par le sang rosé des martyrs ». Des hymnes honorent des martyrs romains en particulier : Agnès, Martine, Cosmos et Damien, dont les ossements, ainsi que ceux de tant d'autres, inspirent la dévotion des croyants qui aspirent à posséder ne serait-ce qu'un peu de la foi de ces saints.

    Pourtant, ce sont Pierre et ses successeurs qui, aujourd'hui encore, constituent l'attrait le plus fascinant de la ville. Oscar Wilde, bien que non catholique (il se convertira sur son lit de mort), a su saisir la sensibilité papale des fidèles dans « Rome non visitée » :

    Un pèlerin venu des mers du Nord –
    Quelle joie pour moi de chercher seul
    le temple merveilleux et le trône
    de celui qui détient les clés redoutables !

    Ô joie de voir avant de mourir
    le seul roi oint de Dieu,
    et d'entendre sonner les trompettes d'argent
    un triomphe à son passage !

    « As-tu vu le pape ? » demande presque systématiquement les gens à un ami de retour de Rome. L’audience papale du mercredi, l’Angélus du dimanche, les grandes fêtes et le discours annuel Urbi et Orbi attirent des foules immenses sur la place Saint-Pierre. À l’exception peut-être de l’Urbi et Orbi, les pèlerins viennent moins pour entendre le pape que pour le voir . Comment expliquer autrement la présence régulière de personnes ne parlant pas italien à ces événements ?

    À l’instar de Thomas au Cénacle, les catholiques aspirent à voir de leurs propres yeux celui qui porte le Grand Manteau, car, dans sa fonction de Pontifex Maximus, il incarne la plénitude de la foi. Il n’est donc pas étonnant qu’après avoir vu le pape en personne, les catholiques aiment se rendre à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs pour admirer, en un seul lieu, les mosaïques représentant saint Pierre et ses 266 successeurs.

    Le pape en exercice n'est pas le seul à susciter la ferveur des pèlerins. Les prédécesseurs du pape Léon XIV, dont les tombeaux sont disséminés dans la ville, font également l'objet d'une profonde dévotion filiale. J'en ai eu la confirmation pendant la Semaine sainte, en voyant l'immense file d'attente pour se recueillir devant le mausolée du pape François dans la basilique Sainte-Marie-Majeure. En matière de visites aux tombeaux papaux, l'argent joue un rôle important : les catholiques souhaitent naturellement voir leur pape, celui qui a dirigé l'Église de leur vivant. C'est pourquoi François, Benoît XVI, Jean-Paul II, Paul VI et Jean XXIII suscitent un intérêt bien plus grand que, par exemple, Benoît XIII (r. 1724-1730, inhumé à Santa Maria sopra Minerva), le pape Paul V (r. 1605-1621, inhumé à Sainte-Marie-Majeure) ou le pape Jean XIII (r. 965-972, inhumé à Saint-Paul-hors-les-Murs).

    Rome et la papauté sont intrinsèquement liées pour des raisons à la fois sacrées et pratiques. L'Église universelle, qui choisit désormais son souverain pontife parmi tous les souverains du monde, oublie que les papes avaient autrefois une existence plus provinciale, régnant sur Rome et sa campagne en tant que père spirituel et roi temporel. Il leur incombait jadis de défendre la ville et ses environs contre les envahisseurs, de subvenir aux besoins des pauvres et de guider le pays en temps d'épidémie.

    Des tensions, voire de l'hostilité, ont parfois existé entre les Romains et le pape, mais il est toujours resté leur pape, leur père, et ils l'aimaient – ​​même lorsqu'il a manqué à son devoir, même lorsqu'il a quitté la ville pour s'installer ailleurs. Dans ces moments douloureux, le sensus fidelium, incarné par sainte Brigitte de Suède et sainte Catherine de Sienne, savait mieux que le pape lui-même que Rome appartient au pape et que le pape appartient à Rome.

    Ce sens perdure aujourd'hui parmi les pèlerins et les catholiques qui ne fouleront jamais le sol de la Ville éternelle. Les médias modernes retransmettent le pape de Rome aux quatre coins du monde en temps réel, afin que, comme les Romains d'autrefois, ils puissent le connaître, l'honorer et être attirés par lui comme par un pasteur et comme par un homme.

    Bien sûr, rien n'enthousiasme et n'unit les catholiques autant que l'élection d'un nouveau pape : la fumée blanche, le son retentissant des cloches, l'afflux massif de fidèles sur la place Saint-Pierre et le faste entourant la révélation de l'identité du nouveau pape sont intimement liés à la ville. Il est impossible d'imaginer un nouveau pape apparaître ailleurs que dans la basilique Saint-Pierre, la plus majestueuse église de la ville et du monde. À cet instant précis, le successeur de saint Pierre se tient au-dessus de Pierre lui-même et donne sa première bénédiction aux fidèles qu'il a reçu la charge de conduire sains et saufs à Dieu.

    Lors de la Cène, Jésus dit à Pierre : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu à moi, affermis tes frères » (Luc 22, 32). Pierre continue d’affermir ses frères par l’intermédiaire de la Ville éternelle qui, sanctifiée par son sang, appelle les fidèles du monde entier à s’imprégner de la ferveur apostolique et de la charité vivifiante. Jésus n’était peut-être pas romain, mais l’influence romaine de son Église en Occident nous conduit au cœur du mystère du discipulat, que Pierre a incarné d’une manière unique.

  • Quatre-vingt martyrs de la guerre civile espagnole et le patriarche maronite Hoyek seront béatifiés

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    Le monument aux martyrs de Santander, le patriarche maronite Elias Hoyek, Constantin Vendrame, un missionnaire salésien en Inde

    Le monument aux martyrs de Santander, le patriarche maronite Elias Hoyek, Constantin Vendrame, un missionnaire salésien en Inde 

    De Benedetta Capelli sur Vatican News :

    80 martyrs de la guerre civile espagnole et le patriarche maronite Hoyek seront béatifiés

    Le Pape a autorisé la promulgation de six décrets du Dicastère pour les Causes des Saints. Les martyrs de Santander et le patriarche libanais Hoyek seront béatifiés. Le missionnaire salésien Costantino Vendrame, le carme déchaussé du Cameroun frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta et le frère laïc capucin frère Nazareno da Pula sont élevés au rang de vénérables

    Fidèles à leur peuple dans la persécution ou l’épreuve. Telle est l’histoire des 80 martyrs de Santander, en Espagne, et du patriarche maronite libanais Elias Hoyek, qui seront prochainement béatifiés. Lors de l’audience d’aujourd’hui, 22 mai, avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, le Pape Léon XIV a autorisé la promulgation des décrets correspondants. Seront désormais vénérables le jeune carme déchaussé camerounais frère Jean-Thierry de l’Enfant-Jésus et de la Passion, la religieuse conceptionniste franciscaine espagnole Mère María Ana Alberdi Echezarreta, ainsi que les Italiens frère Nazareno da Pula, frère capucin, surnommé «le saint des bonbons», et Costantino Vendrame, missionnaire salésien en Inde, «le plus pauvre parmi les pauvres».

    Témoins de la foi pendant la persécution religieuse en Espagne

    C'est dans le contexte de la guerre civile espagnole des années 1930 et de la persécution religieuse qui s'ensuivit que s'inscrit le témoignage de foi et d'amour des Serviteurs de Dieu Francisco Gonzáles de Córdova et de 79 de ses compagnons: certains furent jetés à la mer, les mains et les pieds liés, avec une pierre attachée au corps; d'autres disparurent à bord du navire-prison «Alfonso Pérez»; d'autres encore ont été tués et brûlés; certains sont morts dans une sorte de camp de concentration. Sur les 80, 67 étaient des prêtres, 3 des religieux carmélites, 3 des séminaristes et 7 des laïcs.

    L'histoire de Francisco Gonzáles de Córdova témoigne d'une grande fidélité envers les personnes qu'il accompagnait dans son ministère de prêtre à la paroisse de Santa María del Puerto, à Santoña. Pendant la persécution, il refuse de fuir malgré l'interdiction de célébrer la messe et d'administrer les sacrements. Il est fait prisonnier et emmené sur un navire transformé en prison; dans la cale du navire, il continue à confesser les prisonniers et à réciter le rosaire chaque jour. Lorsqu’il est appelé pour être exécuté, il demande à être le dernier afin de pouvoir absoudre et bénir ses compagnons. Il avait 48 ans.

    Père du Grand Liban

    Le miracle qui conduira à la béatification du patriarche maronite libanais Elias Hoyek remonte à 1965, avec la guérison de l’officier de l’armée Nayef Abou Assi, musulman d’origine druze, atteint d’une «spondylolyse bilatérale» chronique, qui s’est réveillé un jour en parfaite santé après avoir rêvé du patriarche. Né le 4 décembre 1843 à Helta (Liban), Elias Hoyek entre au séminaire à l’âge de 16 ans, se rend à Rome pour étudier la théologie et y est ordonné prêtre en 1870. De retour au Liban, avec Mère Rosalie Nasr, il fonde à Ebrine la Congrégation des Sœurs Maronites de la Sainte Famille, premier institut religieux féminin de vie apostolique au sein de l’Église maronite. Il est élu patriarche d’Antioche des Maronites en 1899 et, pendant trente ans, il s’occupe de la formation du clergé et de la catéchèse des fidèles. Il devient une figure de référence de la société libanaise qui aspirait à l’indépendance vis-à-vis de l’Empire ottoman, nouant des relations avec les autorités et défendant son peuple.

    Au début de la Première Guerre mondiale, il ouvre les portes des couvents et des monastères pour nourrir ceux qui étaient épuisés par le conflit, quelle que soit leur confession religieuse: il est condamné à la déportation par les autorités ottomanes, mais parvient à l'éviter grâce à l'intervention du Pape et de la diplomatie austro-hongroise. En 1920, le nouvel État du Grand Liban voit le jour, auquel il contribue en participant aux négociations avec les autorités de l’Empire ottoman. Il meurt en 1931 à Bkerké. C’était un homme de dialogue, d’une grande charité pastorale, qui vécut dans la pauvreté évangélique, jouissant d’une telle affection et d’une telle estime qu’on le surnommait le «Père du Grand Liban».

    Frère Nazareno de Pula, Carme Déchaux du Cameroun Frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta

    Frère Nazareno de Pula, Carme Déchaux du Cameroun Frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta

    Offrir sa vie pour les vocations

    Le frère carmélite déchaussé camerounais Jean-Thierry de l’Enfant-Jésus et de la Passion, décédé à l’âge de 23 ans à Legnano, en Italie, en 2005 des suites d’un cancer des os au genou, est déclaré vénérable. «Quelle lumière, quelle lumière… Comme Jésus est beau!»: tels furent ses derniers mots avant de mourir. Une vie marquée par une forte dévotion mariale, par la prière constante du Rosaire, une vie animée par le désir d’être un autre Christ pour les autres. Né en 1982, sa vocation naît très tôt, à l’âge de 8-9 ans, grâce à la rencontre avec un missionnaire Oblat de Marie Immaculée au Cameroun. En 2003, il est accueilli dans la famille des Carmes déchaux. L’année suivante, il découvre qu’il est malade et subit l’amputation d’une jambe. Ses confrères le transfèrent en Italie pour qu’il y soit soigné, mais il n’y a plus grand-chose à faire ; la demande de profession religieuse «in articulo mortis» est déposée et, le 8 décembre 2005, Jean-Thierry revêt l’habit du Carmel et prononce ses vœux solennels. Il demande alors qu’on ne prie plus pour sa guérison, mais pour les vocations, pour lesquelles il offre sa vie. Il meurt le 5 janvier 2006.

    Devenir sainte dans la charité

    La douceur et la charité ont marqué la vie de la nouvelle vénérable Mère María Ana Alberdi Echezarreta, religieuse espagnole née au Pays basque en 1912. Orpheline de ses deux parents à l’âge de 7 ans seulement, elle commence très tôt à travailler, mais découvre sa vocation religieuse grâce à sa rencontre avec un prêtre. En 1932, à Madrid, elle revêt l’habit blanc des Sœurs conceptionnistes franciscaines; quatre ans plus tard, elle prononce ses vœux solennels. La guerre civile espagnole éclate alors et elle est contrainte de quitter son monastère, où elle reviendra pour devenir d’abord maîtresse des novices, puis, en 1953, abbesse, réélue à plusieurs reprises lors des chapitres suivants. Une tâche difficile après la guerre et après le Concile Vatican II, à la suite duquel elle travaille à la révision des Constitutions de l’Ordre. Elle guide sa communauté avec sagesse et douceur, insufflant la paix à ceux qu’elle rencontre. En 1998, elle tombe malade d’une affection qui l’entraîne vers la mort. Le but de sa vie a été de devenir sainte en aimant.

    Le plus pauvre parmi les pauvres

    Le salésien Costantino Vendrame est lui aussi déclaré vénérable. Il a passé une grande partie de sa vie parmi les pauvres en Inde, témoignant de l’amour de Dieu toujours avec le sourire, devenant ainsi un grand exemple de charité évangélique. Né dans la province de Trévise en 1893 dans une famille aux valeurs chrétiennes solides, il choisit très jeune la voie du sacerdoce et se confie aux salésiens, exprimant son amour pour la mission. Ordonné prêtre le 15 mars 1924 à Milan, il reçoit le 5 octobre le crucifix missionnaire à Turin, dans la basilique de Marie Auxiliatrice. Il part alors pour l’Inde, d’abord en Assam, puis au Tamil Nadu. Il se fait pauvre parmi les pauvres, parcourt de longues distances à pied pour attirer de nombreuses personnes vers le Christ. Contraint à une interruption forcée pendant la Seconde Guerre mondiale, il est emprisonné avec beaucoup d’autres, mais là encore, il fait preuve d’une force spirituelle qui console et soutient ses compagnons de captivité. Atteint d’une forme grave d’arthrose, il meurt à Dibrugarh, en Inde, le 30 janvier 1957, à la veille de la fête de saint Jean Bosco.

    Le saint des bonbons

    Les bonbons à l'orange et au citron étaient les compagnons de voyage de frère Nazareno da Pula: en les offrant, il recommandait de dire un "Je vous salue Marie" à la Vierge Marie en en mangeant un. C'est pour cette raison qu'il est connu comme le «saint des bonbons»; aujourd'hui encore, ses confrères capucins les distribuent aux fidèles, après les avoir bénis dans sa petite cellule, au sanctuaire dédié à Notre-Dame de la Consolation, voulu par le frère Nazareno lui-même, à Pula, près de Cagliari. Né dans cette petite commune sarde en 1911 au sein d’une famille paysanne nombreuse, Giovanni Zucca fut envoyé en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale et, capturé par les Anglais en Éthiopie en 1941, il fut retenu prisonnier pendant environ 4 ans.

    À son retour, il rencontre Padre Pio de Pietrelcina et lui fait part de son désir de devenir frère et de rester à ses côtés, mais celui-ci l’invite à retourner en Sardaigne pour y poursuivre sa vocation. En 1951, à l’âge de 39 ans, Giovanni demande à entrer comme frère laïc dans l’ordre des Frères Capucins de Sardaigne. Admis au noviciat du couvent de Sanluri, il reçoit l’habit des Capucins et prend le nom de frère Nazareno. Homme de prière, toujours prêt à accomplir les tâches les plus diverses avec humilité, mendiant, cuisinier, jardinier, il s’installe en 1986 dans une petite maison dans la campagne de Pula, où sera érigé quelques années plus tard le sanctuaire dédié à la Vierge Marie. C'est là que repose son corps depuis son décès en 1992, des suites d'un cancer.

  • A Liège : la célébration de la Fête-Dieu autour du jeudi 4 juin 2026

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    Liège Fête-Dieu autour du jeudi 4 juin 2026 (source)

    La Fête-Dieu, fête du Corps et du Sang du Christ, célèbre la présence de Jésus à nos côtés, dans notre quotidien. Il est réellement présent dans le pain et le vin consacrés. Il nous donne vie.

    Abonnez-vous ici à nos lettres d’information.

    Le jeudi de la Fête-Dieu en une minute :

    Programme complet de la Fête-Dieu à Liège

    Dimanche 31 mai

    19h30: projection du Film Sacré-Coeur, au collège saint-Louis
    Accès direct à la billetterie

    Lundi 1 juin

    19h30: projection du Film « Maximilien Kolbe », au collège saint-Louis
    Accès direct à la billetterie

    Mercredi 2 juin

    18h00 : Messe solennelle de la fête de la bienheureuse Eve de Saint-Martin, basilique saint-Martin

    19h00 : inauguration de l’exposition sur la « théologie de la Fête-Dieu par Benoit XVi – Joseph Ratzinger » du jeudi 2 juin au mardi 30 juin à l’église du Saint-Sacrement.

    Mercredi 3 juin

    9h00-17h00 : Journée d’adoration chez les sœurs de Notre-Dame des Anges, Rue E. Vandervelde 67.

    Jeudi 4 juin – Journée de la Fête-Dieu

    9h30  Laudes par la communauté des bénédictines à la basilique Saint-Martin.

    10h00-18h00  Journée d’adoration à Saint-Martin;  De 10h à 12h puis de 14h à 17h à l’église du Saint-Sacrement et de 15h00 à 17h00 à la cathédrale.

    19h00  780ème Eucharistie solennelle de la Fête-Dieu, Basilique Saint-Martin, présidée par le cardinal Fernando Filoni, grand maître de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, en présence de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, Mgr Franco Coppola, nonce apostolique pour la Belgique et le Gd Duché de Luxembourg et Mgr Ihor Rantsia, évêque de l’Eparchie Saint-Volodymyr-le-Grand de Paris pour les Ukrainiens catholiques de France, Suisse et Benelux. D’autres invités de marque seront  également présents, voyez la page de l’évènement.

    20h15 Procession solennelle des peuples du monde « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps, Mt 28 » de Saint-Martin à la cathédrale Saint-Paul, arrêts à Sainte-Croix, Place Saint-Lambert, Opéra, Vinâve d’ile, Cathédrale.

    21h00-24h00 NightFever & 1.000 bougies pour la paix, Cathédrale Saint-Paul.

    Toute la nuit : nuit d’adoration à la cathédrale.

    Vendredi 5 juin

    9h Eucharistie à la cathédrale Saint-Paul, et introduction à la journée d’adoration.

    10h-17h Journée d’adoration, Cathédrale Saint-Paul, animée par le Mouvement Eucharistique Liégeois (MEL).

    12-14h : Adoration du Saint-Sacrement à l’Eglise du Saint-Sacrement.

    Samedi 6 juin

    9-17h : Journée d’adoration en divers endroits du diocèse et dans les sanctuaires du jubilé.

    9h30-12h00 : Colloque sur le Sang du Christ, quelle est la signification du sang dans la Fête du Corps et du Sang du Christ (Fête-Dieu) ? Sanctuaire de sainte Julienne, avec Mgr Delville, et 4 autres intervenants.

    11h-13h : Service au restaurant « Kamiano » d’un repas complet pour les sans-abri. Les personnes intéressées à venir servir le repas peuvent s’annoncer par mail: liege@santegidio.be – Maison Kamiano, rue Jonruelle 8 à Liège

    15h  Sainte Messe en latin à Tancrémont suivie de la Procession de la Fête-Dieu au sanctuaire du Vieux Bon Dieu de Tancrémont. Route de Tancrémont 718, 4860 Theux  (forme extraordinaire)

    18h : Messe grégorienne solennelle de la Fête-Dieu célébrée (en latin) par Mgr Delville, évêque de Liège au Saint-Sacrement. A 19h30 : bénédiction du Saint-Sacrement et vénération de la relique de Sainte Julienne de Cornillon en l’église du Saint-Sacrement.

    Dimanche 7 juin

    Journée de la Fête du Corps et du Sang du Christ partout en Belgique, trouvez vos horaires de messes sur www.egliseinfo.be, le GPS des clochers.

    A la fin des messes dans les Unités Pastorales : diverses processions et bénédictions sur les parvis des églises, prière spéciale pour confier la ville ou la commune.

    9-17h : Messe de la Fête-Dieu et journée d’adoration au Sanctuaire de Sainte-Julienne du Mont-Cornillon avec les sœurs clarisses et le béguinage.

    10h : Eucharistie de la Fête-Dieu, à la cathédrale de Liège

    Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon

    8h00 : messe du dimanche de la Fête-Dieu
    9h00-17h00 : adoration eucharistique, avec les sœurs clarisses
    12h00 : Banquet de la Fête-Dieu
    14h00-17h00 : Fête des Familles et des enfants

    Sanctuaire Notre-Dame de Banneux
    10h30 Messe internationale 
    14h00 Procession du Saint Sacrement dans le Sanctuaire suivie du Salut et la Bénédiction des malades,
    16h00 Messe en français

  • Quand une cathédrale disparaît

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    De Paul Murray sur First Things :

    Quand une cathédrale disparaît

     
    La cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, en Artsakh occupé, aurait été détruite par le régime azerbaïdjanais.
     
    Au cœur de Stepanakert, capitale que les Arméniens considèrent comme le cœur de l'Artsakh, se dressait jadis une cathédrale de calcaire blanc, coiffée d'un dôme et d'un clocher visibles de toute la ville. Elle fut le témoin d'innombrables prières, baptêmes et mariages ; de mères allumant des cierges pour leurs fils au front. Elle témoigna d'une communauté fidèle dont les racines chrétiennes arméniennes sur cette terre remontaient à plusieurs siècles. Lors des bombardements de 2020, des familles se réfugièrent dans ses sous-sols tandis que les obus s'abattaient et récitaient le Notre Père tandis que le sanctuaire tremblait au-dessus d'elles. Aujourd'hui, les images satellites ne montrent plus qu'une cicatrice béante à l'endroit où se dressait jadis la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu. Le dôme a disparu. Le clocher a disparu. La croix a disparu.

    La construction de la cathédrale a débuté en 2006 et elle a été consacrée en 2019 après treize années de travaux. Bien que de construction récente, elle s'inscrit dans l'un des plus anciens territoires chrétiens encore habités. L'Arménie a adopté le christianisme comme religion d'État au début du IVe siècle, avant Rome et les royaumes européens. L'Artsakh fait depuis longtemps partie intégrante de ce patrimoine spirituel. Bien que la cathédrale de Stepanakert soit une structure moderne, elle témoigne de la continuité visible d'une très ancienne présence chrétienne.

    Entre début mars et début avril 2026, l'imagerie satellite et des enquêtes journalistiques ont confirmé la démolition systématique de la cathédrale. Les autorités azerbaïdjanaises ont par la suite reconnu avoir détruit la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu ainsi que l'église Saint-Hakob voisine. La démolition de ces églises fait suite au déplacement de plus de 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh après l'opération militaire azerbaïdjanaise de 2023.

    La démolition a eu lieu quelques jours seulement avant le 24 avril, date à laquelle les Arméniens du monde entier commémorent le génocide arménien. Une cathédrale construite de mémoire récente a été rasée à la veille de ce jour de commémoration d'une catastrophe qui a jadis menacé d'anéantir tout un peuple chrétien.

    Pour de nombreux chrétiens occidentaux, l'Artsakh peut sembler lointain et difficile à situer sur une carte. Mais la destruction de cette cathédrale n'est pas un simple détail régional au sein d'une autre zone frontalière contestée. C'est un événement à portée théologique. Les églises ne sont pas des édifices interchangeables. Elles témoignent de l'enracinement de l'Évangile dans un lieu précis, auprès d'un peuple particulier. Elles attestent que le culte chrétien a perduré à travers les générations et les régimes.

    Lorsqu'une telle église est démolie après le déplacement de ses fidèles, c'est plus qu'un simple édifice qui disparaît : un témoin disparaît.

    L'Église apostolique arménienne compte parmi les plus anciennes communautés chrétiennes ininterrompues au monde. Ses monastères, ses inscriptions et ses liturgies témoignent d'une foi qui a survécu aux empires, aux invasions et aux tentatives d'anéantissement. Au Haut-Karabakh, cette continuité a façonné le paysage et l'imaginaire de ceux qui y priaient. Qu'on aborde la question sous l'angle du droit international, du patrimoine culturel ou de la solidarité chrétienne, les conséquences sont graves. Une présence sacrée, établie depuis des siècles, est en train de disparaître en quelques années seulement.

    L’Épître aux Hébreux exhorte les croyants à se souvenir des personnes emprisonnées comme s’ils l’étaient avec eux. Ce commandement n’a jamais été limité par la géographie. Il s’étend au souvenir des communautés dont les églises sont détruites et dont la présence est menacée, même si elles vivent loin et parlent une autre langue.

    Les pierres de la cathédrale de Stepanakert ne crient peut-être pas, mais elles parlent. Elles nous rappellent que le christianisme n'est pas seulement un ensemble de croyances transmises à travers le temps. C'est aussi une présence qui se transmet à travers les lieux. Les églises d'Arménie appartiennent non seulement aux Arméniens, mais à l'histoire même du christianisme. Lorsque ces lieux disparaissent, c'est toute l'Église qui en souffre.

  • « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

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    De Philippe Darantière, Président Notre-Dame de Chrétienté, sur le site du journal La Croix :

    « La liturgie ancienne ne cherche pas à plaire à l’époque, et c’est pourquoi l’époque y revient »

    À la veille du pèlerinage de Chartres organisé par Notre-Dame-de-Chrétienté, le président de l’association revient sur l’attrait de la jeune génération de catholiques pour la liturgie traditionnelle. Pour Philippe Darantière, dans un monde saturé d’horizontalité, la verticalité des rites ancestraux tranche et libère.

    Écrivant le 18 mars 2026 de la part du pape Léon XIV aux évêques de France réunis à Lourdes, le cardinal Parolin a souligné « la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ». Le fait est là : la liturgie traditionnelle attire, et attire les jeunes. Cette Pentecôte encore, 20 000 personnes vont participer au pèlerinage traditionaliste de Paris à Chartres, avec une moyenne d’âge de 22 ans et une hausse de fréquentation de 8 % en moyenne sur dix ans. Comment comprendre ?

    La première réponse, et la plus commode, est celle de la « sensibilité » : le latin, l’encens, le grégorien, la beauté des ornements. Mais cela existe aussi ailleurs… On dira alors que c’est une affaire d’identité, un besoin de racines, la résistance à un monde liquide qui ne sait plus d’où il vient. Cet argument contient une part de vérité, mais ne suffit pas. Si la liturgie traditionnelle n’était qu’un conservatoire culturel, elle serait un musée, or elle est manifestement vivante. Elle fait passer du culturel au cultuel.

    L’homme s’efface devant le rite

    Voici le premier paradoxe : une liturgie qui, de l’extérieur, semble se dérouler « sans nous » attire profondément. Le prêtre est tourné vers l’Orient, vers le Christ dont il n’est que l’instrument visible. Il n’anime pas, il n’explique pas en temps réel. Les gestes sont ceux qui ont été accomplis invariablement et minutieusement depuis la nuit des temps. L’espace du sanctuaire sépare le sacré du profane. Tout parle d’un autre royaume, celui de Dieu.

    Cette « mise à distance » n’est pas un archaïsme. Elle dit que l’on ne vient pas à la messe d’abord pour soi. On vient parce que l’on a envers Dieu une dette insolvable, que nulle générosité humaine ne saurait acquitter. On vient rendre à Dieu ce qui lui est dû. Et c’est précisément parce qu’on vient pour Dieu que l’on repart enrichi. La vertu de religion, ce devoir de culte envers le Créateur, est inscrite dans chaque geste de cette liturgie. L’homme s’efface devant le rite. Et loin de l’humilier, cet effacement l’élève. Dans une époque saturée d’horizontalité et de retour permanent sur soi, cette verticalité tranche et libère.

    On objecte que cette liturgie serait hermétique. C’est méconnaître son rapport au corps et aux sens. Elle est au contraire extraordinairement incarnée. Les gestes ritualisés, les ornements, le latin, le silence, l’encens, les génuflexions, le chant grégorien : autant de signes concrets qui « ouvrent vers l’invisible », selon Benoît XVI. L’âme ne s’élève pas malgré le corps ; elle s’élève avec lui. Cette pédagogie sacramentelle répond à quelque chose de très profond que, depuis Abel, Noé, Abraham et Moïse, la Bible nous enseigne : l’homme est une créature, la seule de la nature, qui prie, qui offre, qui consacre.

    La marque de la permanence

    Certains ont affirmé que le sacré correspondait à un stade archaïque de l’humanité en voie de dépassement. La réalité du XXIe siècle est plus entêtée : le sacré attire toujours. Non pas malgré la modernité, mais peut-être à cause d’elle : ce que celle-ci essaye de détruire, la liturgie le garde et le redonne.

    Dans un monde où tout change, où chaque institution, même dans l’Église, cherche à « se réinventer », cette liturgie porte la marque de la permanence. Les lectures sont les mêmes depuis des siècles. Le grégorien chante depuis plus d’un millénaire. Le canon romain murmure les mêmes mots qu’au temps de Grégoire le Grand. Et celui qui découvre cette messe pour la première fois comprend d’instinct qu’il entre dans quelque chose qui le dépasse, qui l’a précédé, qui lui survivra : il devient l’espace d’un moment participant d’une liturgie qui nous relie au ciel.

    Cela ne signifie pas que la liturgie serait figée par essence. Elle évolue lentement, organiquement, mais toujours avec cette « infinie délicatesse » dont a témoigné le Concile de Trente, qui eut la sagesse de garder inchangés les rites ayant plus de deux siècles d’histoire. Et c’est cette permanence voulue, assumée, qui lui confère son autorité. La liturgie ne cherche pas à plaire à l’époque. Et c’est pourquoi l’époque y revient.

    Le mystère rendu présent

    Il reste un dernier paradoxe, peut-être le plus décisif. La liturgie traditionnelle est aussi, et peut-être surtout, une expression extraordinairement dense du mystère qu’elle célèbre. La messe, « trésor de la foi », est le mémorial de la Passion du Seigneur, non pas son souvenir mais son renouvellement non sanglant, le sacrifice rédempteur du Christ rendu présent sur l’autel. L’offertoire, la double consécration, les prières du Canon récitées en silence, la communion reçue à genoux : tout cela ne raconte pas la mort et la résurrection du Seigneur, tout cela les actualise.

    La liturgie ancienne est ainsi un catéchisme vécu : elle enseigne non seulement qui est Dieu, mais qui est l’homme face à Dieu. Une anthropologie religieuse que nos contemporains n’ont pas désapprise, même quand ils ont cessé de la formuler. C’est peut-être cela, le secret de son attractivité : elle dit une vérité sur l’homme que l’homme porte en lui sans le savoir.

    Liturgie missionnaire ? Assurément. Et pour un nombre croissant de baptisés et de convertis, elle est devenue la langue maternelle pour parler à Dieu et pour L’écouter. Elle est une richesse de l’Église, trésor de son passé, de son présent et de son avenir. Un trésor que 30 % des pèlerins de Chartres découvrent chaque année pour la première fois. Ce chiffre, à lui seul, montre que la liturgie tridentine célébrée au pèlerinage n’est pas un obstacle à la communion dans l’Église, mais un de ses joyaux.

  • L'éternelle question : « Qui est l’homme ? »

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    De sur The Catholic Thing :

    La question éternelle : « Qui est l’homme ? »


    Saint Irénée, évêque et théologien du IIe siècle, est célèbre pour sa phrase « gloria Dei vivens homo » – « la gloire de Dieu, c’est l’homme pleinement vivant ». L’évêque de Lyon n’a pas non plus inventé cette idée : le psalmiste loue le Créateur d’avoir fait l’homme « un peu inférieur aux anges » (Psaume 8, 5).   Le christianisme oriental a longtemps reconnu que l’œuvre de salut de Dieu était en réalité la déification : faire éclore en l’homme la pleine image et la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 27). 

    La dignité de la personne humaine était si centrale dans le pontificat de saint Jean-Paul II qu'elle était au cœur de son encyclique inaugurale, « Le Rédempteur de l'homme » ( Redemptor hominis ).   Ce pape ne cessait de citer Gaudium et spes (n° 22) selon lequel Jésus-Christ « révèle pleinement l'homme à lui-même ».   Remarquons ce que le Concile dit – et ne dit pas.   Le Concile n'affirme pas que le Christ « révèle pleinement Dieu à l'homme » (bien que cela soit vrai).   Il affirme que Jésus « révèle pleinement l'homme à lui-même ».

    Carl Trueman développe ces idées dans son nouvel ouvrage, * La Profanation de l'Homme : Comment le rejet de Dieu dégrade notre humanité* .  Il soutient que, d'une certaine manière, Nietzsche était en avance sur son temps.   Proclamer la « mort de Dieu » à un monde encore imprégné de spiritualité s'avéra inefficace.   À l'instar du nominalisme, la culture occultait encore l'abîme béant que recèle la « mort de Dieu », dont le principal obstacle est la destruction de l'image et de la ressemblance divines en l'homme. 

    En trois chapitres, Trueman démontre comment l'homme contemporain y parvient dans le domaine du sexe (la révolution sexuelle et l'avortement), de la reproduction artificielle (la FIV et la gestation pour autrui) et de la mort (un ennemi qui, s'il ne peut être arrêté, peut au moins être contraint de se plier aux souhaits de chacun quant au moment et au lieu). 

    L'homme comme image et ressemblance divine est le thème unificateur de l'œuvre de Trueman : si la personne humaine est faite à l'image de Dieu qui est bon, alors les incursions de l'homme dans le péché constituent une défiguration de cette image. 

    Ce constat n'est pas nécessairement nouveau : déjà au Ve siècle, le pape Léon le Grand, dans son premier sermon de Noël, exhortait les chrétiens à « se souvenir de leur dignité » (certes rachetée par la grâce au moyen de l'Incarnation).   Mais Trueman soutient de manière convaincante que les modernes ne se contentent pas de défigurer l'image et la ressemblance divines.   Ils s'emploient plutôt activement, et presque avec plaisir, à « profaner » cette image, à tenter de détruire l'image divine en l'homme en la remplaçant par un dieu humain autonome.

    Il ne s'agit pas seulement d'une question morale : quels péchés commettent les hommes ?   C'est une question anthropologique, celle que posait le psalmiste : « Qui est l'homme ? »

    Le point de départ de Trueman est important pour deux raisons. 

    Premièrement, elle offre un point de départ œcuménique et interreligieux commun.   Juifs et chrétiens peuvent ainsi partager une perspective commune et, fondée sur les Écritures, elle peut atténuer certaines conceptions de la corruption humaine radicale qui prévalaient chez les réformateurs classiques. 

    Deuxièmement, cela s'applique à tous les hommes : tous les êtres humains sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, qu'ils le reconnaissent ou non.   L'homme peut choisir de renier son Dieu ; Dieu, lui, ne renie pas l'humanité.

    D'un autre côté, le Diable a assurément intérêt à nier la vérité sur la personne humaine. Selon   une certaine tradition théologique, sa chute découle de son rejet de la création humaine et de l'Incarnation divine : comment Dieu aurait-il pu créer un être hybride, à la fois corporel et spirituel, et encore moins envisager d'adopter une telle nature ?   Une créature qui participe même à la création par la reproduction sexuée, chose qu'aucun ange ne peut faire. 

    Compte tenu de ces perspectives, faut-il s'étonner que l'atteinte contemporaine à la dignité humaine ait des racines bien plus profondes que le péché « ordinaire » : une fureur infernale qui remet en question l'existence humaine elle-même ?   Est-il alors si surprenant, comme l'a dit la Vierge Marie à Fatima, que le combat final entre Dieu et le mal porte sur le mariage et la sexualité ?

    L'ouvrage de Trueman a été bien accueilli.   En tant que théologien catholique, je m'en réjouis, non pas parce que l'accent mis sur l'image divine en l'homme est novateur, mais parce qu'il confère à ce débat une portée judéo-chrétienne plus large. 

    Ce qui est important et mérite notre attention, c'est son intuition nietzschéenne : l'atteinte contemporaine à la dignité humaine est qualitativement différente car, sous-jacente à tous les problèmes divers énumérés par Trueman, se trouve un fil conducteur : une désacralisation jubilatoire de la personne humaine.

    Saint Jean-Paul II a centré son pontificat sur la question humaine : si le problème patristique était Dieu Un et Trois, le problème des Réformateurs et celui de nous autres modernes est l'homme. 

    Mais comme Karol Wojtyła l'a maintes fois souligné avant son accession au pape, dans ses polémiques avec Kant, le rapport entre le divin et l'humain est un rapport direct, et non inverse. On ne devient pas, comme le supposent Kant (et Nietzsche), plus « humain » de manière autonome en rejetant Dieu et sa loi. Au contraire, plus l'homme se conforme au Dieu à l'image duquel il est créé, plus il accomplit pleinement son humanité. 

    Cette conception est attaquée de toutes parts.   L'attaque frontale émane de la culture moderne qui cherche à créer un homme reniant son « dieu ».   Mais une attaque plus sournoise se manifeste dans certains milieux catholiques traditionalistes qui semblent croire que l'attention portée actuellement par le pape à l'homme et à la dignité humaine compromet d'une manière ou d'une autre un catholicisme théocentrique. 

    Certes, il existe des versions du « catholicisme moderne » qui semblent marginaliser Dieu, mais cela ne correspond guère à la solide anthropologie théologique, fondée sur la tradition et Vatican II, que Jean-Paul II et Benoît XVI ont léguée à l’Église. 

    À Rome, on murmure que la première encyclique du pape Léon XIV paraîtra lundi et qu'elle abordera des questions de société fondamentales telles que l'intelligence artificielle et la paix mondiale. Mais la question essentielle qui les sous-tend (y compris celle de savoir si l'IA peut remplacer l'homme) demeure : « Qui est l'homme pour que vous preniez soin de lui ? » Espérons que notre pape, né aux États-Unis, apportera des réponses pertinentes à cette question.

  • Sainte Rita de Cascia, l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien (22 mai)

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    Du pape Jean-Paul II lors de l'audience du 20 mai 2000 (pèlerinage jubilaire des fidèles de sainte Rita de Cascia et des Chevaliers du Travail) (source) :

    ... Quel est le message que cette sainte nous transmet? Il s'agit d'un message qui transparaît de sa vie:  l'humilité et l'obéissance ont été la voie sur laquelle Rita a marché vers une assimilation toujours plus parfaite au Crucifié. Les stigmates qui brillent sur son front sont la preuve de l'authenticité de sa maturité chrétienne. Sur la Croix avec Jésus elle a, d'une certaine façon, obtenu le diplôme de cet amour, qu'elle avait déjà connu et exprimé de façon héroïque entre les murs de sa maison et en participant à l'histoire de sa ville.

    Suivant la spiritualité de saint Augustin, elle devint une disciple du Crucifié et "experte pour souffrir", elle apprit à comprendre les peines du coeur humain. Rita devint ainsi l'avocate des pauvres et de ceux qui n'ont rien, obtenant pour ceux qui l'ont invoquée dans les situations les plus disparates d'innombrables grâces de consolation et de réconfort.

    Rita de Cascia fut la première femme à être canonisée lors du grand Jubilé du début du XXème siècle, le 24 mai 1900. En décrétant sa Sainteté, mon prédécesseur Léon XIII observa qu'elle plut tant au Christ qu'il voulut la marquer du sceau de sa charité et de sa passion. Un tel privilège lui fut accordé en raison de son humilité singulière, de son détachement intérieur des passions terrestres et de l'admirable esprit de pénitence qui accompagnèrent chaque moment de sa vie (cf. Lett. apos. Umbria gloriosa sanctorum parens, Acta Leonis XX, pp. 152-53).

    J'ai plaisir aujourd'hui, cent ans après sa canonisation, à la reproposer comme signe d'espérance en particulier aux familles. Chères familles chrétiennes, en imitant son exemple, sachez vous aussi trouver dans l'adhésion au Christ la force de porter à terme votre mission au service de la civilisation de l'amour!

    Si nous demandons à sainte Rita quel est le secret de cette extraordinaire oeuvre de renouveau social et spirituel, elle nous répond:  la fidélité à l'amour crucifié. Rita, avec le Christ et comme le Christ, parvient à la Croix toujours et uniquement par amour. Alors, comme elle, nous tournons notre regard et notre coeur vers Jésus mort et ressuscité pour notre salut. C'est lui, notre Rédempteur, qui rend possible, comme il le fit pour cette chère sainte, la mission d'unité et de fidélité qui est propre à la famille, même dans les moments de crise et de difficultés. C'est encore lui qui rend concret l'engagement des chrétiens dans l'édification de la paix, en les aidant à surmonter les conflits et les tensions, malheureusement si fréquents dans la vie quotidienne.

    La sainte de Cascia appartient au grand groupe des femmes chrétiennes qui "ont eu une influence significative sur  la  vie  de  l'Eglise,  ainsi que sur celle de la société" (Mulieris dignitatem, n. 27). Rita a bien interprété le "génie féminin":  elle l'a vécu intensément, tant dans sa maternité physique que spirituelle.

    J'ai rappelé, à l'occasion du sixième centenaire de sa naissance, que sa leçon "se concentre sur ces éléments typiques de spiritualité: l'offre du pardon et l'acceptation de la souffrance, non pas en raison d'une forme de résignation passive [...], mais en vertu de cet amour envers le Christ qui, précisément lors de l'épisode du couronnement, a subi, en même temps que d'autres humiliations, une atroce parodie de sa royauté" (Insegnamenti, V/1 [1982], 874).


    Très chers frères et soeurs, la dévotion à sainte Rita dans le monde est symbolisée par la rose. Il faut espérer que la vie de tous ses fidèles soit également comme la rose cueillie dans le jardin de Roccaporena au cours de l'hiver qui précéda la mort de la sainte. C'est-à-dire qu'il s'agisse d'une vie soutenue par l'amour passionné pour le Seigneur Jésus; une existence capable de répondre à la souffrance et aux épines par le pardon et le don total de soi, pour diffuser partout le bon parfum du Christ (cf. 2 Co 2, 15), à travers l'annonce cohérente et vécue de l'Evangile. Chers fidèles et pèlerins, Rita redonne sa rose à chacun de vous:  en la recevant spirituellement engagez-vous à vivre comme les témoins d'une espérance qui ne déçoit pas, et comme des missionnaires de la vie qui vainc la mort.

    En relation : Sainte Rita de Cascia, celle qui espère contre toute espérance

  • Le Catholicos arménien Aram Ier a proposé à Léon XIV de convoquer un « Concile Vatican III »

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    D'InfoVaticana :

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile du Vatican ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier proposa à Léon XIV de convoquer un « Troisième Concile Vatican II ».

    Le Catholicos arménien Aram Ier a publié le contenu de la rencontre privée qu'il a eue ce lundi avec le pape Léon XIV au Vatican, révélant qu'au cours de cette rencontre, il a soulevé des questions d'une portée énorme pour l'avenir du christianisme, notamment la convocation d'un « Troisième Concile du Vatican ».

    L’information a été officiellement diffusée par l’Église apostolique arménienne de Cilicie à la suite de l’audience du 18 mai. Selon le communiqué, Aram Ier a présenté au pape trois questions qu’il considère « urgentes » pour la vie de l’Église universelle : l’établissement d’une date commune pour Pâques, la création d’une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens et la convocation d’un nouveau concile universel.

    La référence à un « Troisième Concile du Vatican »

    L’aspect le plus frappant du communiqué publié par l’Église catholique arménienne est la référence explicite à la convocation d’un « troisième concile du Vatican », une expression utilisée par l’Église arménienne elle-même dans le communiqué officiel publié à l’issue de la réunion.

    Bien que la déclaration ne précise pas comment un tel concile devrait être structuré ni quelles questions spécifiques il devrait aborder, la simple mention d'un nouveau concile œcuménique rouvre inévitablement le débat sur l'état actuel de l'Église et les tensions doctrinales, liturgiques et pastorales apparues après le concile Vatican II.

    Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a publié aucune clarification spécifique concernant cette proposition faite par Aram Ier.

    Pâques commune et commémoration des martyrs chrétiens

    Outre la question du Concile, le dirigeant arménien a insisté sur la nécessité d'avancer vers une date commune pour la célébration de Pâques entre catholiques et orthodoxes, une aspiration de longue date du mouvement œcuménique.

    Il a également proposé d'instaurer une journée de commémoration pour tous les martyrs chrétiens, soulignant l'importance de renforcer la prise de conscience commune des persécutions subies par les chrétiens dans différentes parties du monde.

    Selon le communiqué arménien, Léon XIV a exprimé sa « compréhension et son soutien » concernant les questions soulevées lors de la conversation.

    L’Artsakh et la situation au Liban

    Les catholiques arméniens ont également profité de cette réunion pour aborder des questions politiques et humanitaires liées au Moyen-Orient et au Caucase.

    Il a notamment défendu le droit des Arméniens d'Artsakh à retourner sur leurs terres en vertu des garanties internationales et a exigé la protection des églises et des monuments historiques arméniens conformément au droit international. Il a également appelé à la libération immédiate des dirigeants arméniens actuellement détenus à Bakou.

    Concernant le Liban, Aram Ier a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté de l'État libanais, a exigé le retrait israélien du sud du pays et a défendu le maintien du cessez-le-feu.

    conversation privée ultérieure

    Le communiqué ajoute qu'à la suite de la réunion officielle, Léon XIV et Aram Ier ont eu une conversation privée supplémentaire au cours de laquelle ils ont échangé leurs points de vue et leurs préoccupations sur ces questions et d'autres questions connexes.

    La publication du contenu intégral de la conversation par l'Académie catholique arménienne a suscité une attention particulière car elle fait référence à un nouveau concile universel, une question qui suscite inévitablement l'intérêt à une époque de vifs débats internes au sein de l'Église catholique.

  • Un nouveau film sur saint Maximilien Kolbe sort sur les écrans

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    D'Anne Van Merris sur zenit.org :

    Maximilien Kolbe (1894–1941) a donné sa vie pour qu'un père de famille vive © sajedistribution.com

    Maximilien Kolbe (1894–1941) a donné sa vie pour qu'un père de famille vive © Sajedistribution.com

    Un film sur saint Maximilien Kolbe sort au cinéma en France « Maximilien Kolbe, une vie donnée » sur les grands écrans

    20 mai 2026

    Ce 20 mai 2026, un nouveau film sur la vie de saint Maximilien Kolbe sort dans les salles de cinéma en France. Ce prêtre franciscain polonais est mort martyr dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir offert volontairement sa vie pour sauver celle d’un père de famille condamné.

    Le film « Maximilien Kolbe, une vie donnée » est réalisé par l’américain Anthony D’Ambrosio et produit par la société Saje distribution. Il relate des dernières semaines de la vie du saint à Auschwitz dans le « bunker de la faim », où il a été enfermé avec neuf autres prisonniers. 

    L’approche de ce long-métrage est assez inédite, car la plupart des récits existants sur le P. Kolbe s’arrêtent avant cette période d’enfermement qui devait l’amener à la mort.

    © sajedistribution.com

    © sajedistribution.com

    Maximilien Kolbe est entré très jeune dans la vie religieuse et a poursuivi ses études à Rome, où il a fondé le mouvement marial « Milice de l’Immaculée ». Il s’est vite distingué par son dévouement spirituel et intellectuel, notamment à travers la création et la diffusion d’un journal catholique, qui a connu un essor considérable en Pologne. Il a également créé le monastère marial de Niepokalanów, l’un des plus grands d’Europe, puis a étendu sa mission au Japon où il a fondé une communauté.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, le P. Kolbe a aidé des réfugiés, y compris de nombreux juifs, avant d’être arrêté par les nazis. Déporté à Auschwitz, il s’est porté volontaire en 1941 pour mourir à la place d’un autre prisonnier, et a été enfermé dans le bunker de la faim. Après trois semaines sans nourriture et sans eau, le prêtre était encore en vie, alors que tous ses compagnons étaient morts. Mais le 14 août 1941, les soldats allemands lui ont injecté une dose létale de phénol. Les codétenus du P. Kolbe sont ainsi morts avec un chant et une prière sur les lèvres, après avoir été soutenus humainement et spirituellement par le prêtre franciscain. Jusqu’à leur dernier souffle, celui-ci les a réconfortés, a été leur confident, leur a donné l’absolution et leur a redonné l’espérance contre toute attente.

    « Aujourd’hui, alors que nous sommes plus isolés, enfermés dans nos propres prisons mentales et en quête d’espoir, l’histoire de saint Kolbe agit comme une lumière qui guide vers la paix et le ciel » a confié Anthony D’Ambrosio à l’occasion de la sortie de son film. « Il était guidé par une vision différente, tournée vers quelque chose de plus profond que le succès ou la victoire terrestre. C’est une fin qui dit que, quelle que soit l’obscurité, l’espoir demeure et l’amour finit toujours par triompher. Dans le monde d’aujourd’hui, je crois que c’est profondément porteur d’espoir ».

    Maximilien Kolbe rappelait lui-même que la sainteté ne consiste pas d’abord à accomplir des choses extraordinaires, mais à unir sa volonté à celle de Dieu. « Si je veux ce que Dieu veut, alors je serai un saint » avait-il dit, évoquant fréquemment l’abandon total à la volonté divine.

    Le P. Kolbe a été béatifié à Rome le 17 octobre 1971 par saint Paul VI et a été canonisé martyr de la foi en 1982 par saint Jean-Paul II. Il est pour le monde actuel un témoignage lumineux de don de soi, de foi et de courage.

    Un film sur saint Maximilien Kolbe sort au cinéma en France | ZENIT - Français

  • Chine : l'accord du Vatican avec Pékin sur les évêques facilite la répression (Human Rights Watch)

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    Du site de Human Rights Watch (rapport du 15 avril 2026):

    Chine : La pression sur les catholiques s'intensifie

    L'accord du Vatican avec Pékin sur les évêques facilite la répression

     
    • Dix ans après le lancement de la campagne de « sinisation » de la religion par le président Xi Jinping, les communautés catholiques de toute la Chine sont confrontées à un contrôle idéologique renforcé, à une surveillance stricte et à des restrictions de voyage. 
    • L’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine sur les évêques a aidé le gouvernement chinois à faire pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu’elles rejoignent l’Église officielle.
    • Le Saint-Siège et les autres gouvernements devraient faire pression sur Pékin pour qu'il mette fin à la persécution des communautés catholiques et respecte le droit à la liberté de religion pour tous les catholiques et les personnes de toutes confessions. 

    (New York) – Les autorités chinoises accentuent la pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu'elles rejoignent l'Église officielle contrôlée par l'État, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces dernières années, le gouvernement chinois a renforcé le contrôle idéologique, la surveillance et les restrictions de déplacement imposées aux quelque 12 millions de catholiques du pays.

    Dans le cadre de la campagne de « sinisation » de la religion lancée par le président Xi Jinping en avril 2016, les lieux de culte et les enseignements religieux sont censés refléter la culture chinoise centrée sur l'ethnie Han et l'idéologie du Parti communiste chinois. L'accord provisoire de 2018 relatif à la nomination des évêques, conclu entre le Saint-Siège et la Chine et mettant fin à un différend de plusieurs décennies sur ce sujet, a facilité la répression des catholiques en Chine. 

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante qui viole leurs libertés religieuses », a déclaré  Yalkun Uluyol , chercheur spécialiste de la Chine à Human Rights Watch. « Le pape Léon XIV devrait réexaminer d’urgence cet accord et faire pression sur Pékin pour qu’il mette fin à la persécution et à l’intimidation des Églises clandestines, du clergé et des fidèles. »

    Le gouvernement chinois interdit l'accès à son territoire aux chercheurs indépendants et sanctionne toute personne s'exprimant auprès de médias étrangers ou d'organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch s'est entretenu avec neuf personnes hors de Chine ayant une connaissance directe de la vie catholique dans le pays, ainsi qu'avec des experts de la liberté religieuse et du catholicisme en Chine. Human Rights Watch a également examiné des documents gouvernementaux et des articles de la presse officielle chinoise.

    Le 7 avril 2026, Human Rights Watch a envoyé un résumé de ses conclusions au gouvernement chinois et au Saint-Siège, sollicitant leurs commentaires. Aucun des deux n'a répondu.

    Le gouvernement chinois restreint depuis longtemps la liberté religieuse des catholiques du pays, qui ne sont autorisés à pratiquer leur culte que dans les églises officielles, sous l'égide de l'Association patriotique catholique chinoise, un organisme gouvernemental. Les communautés catholiques clandestines, qui refusent de prêter allégeance au Parti communiste chinois, sont les plus touchées. Si la persécution religieuse en Chine est un phénomène ancien, le climat de répression s'est considérablement durci depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en novembre 2012. 

    Aux termes de l'accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, Pékin propose des candidats à l'épiscopat, nominations que le pape peut ensuite rejeter. Toutefois, le texte intégral de cet accord n'a jamais été rendu public. Renouvelé à  trois reprises, il est actuellement valable jusqu'en octobre 2028, mais aucun pape n'a exercé son droit de veto, même après que le gouvernement chinois  a violé ses termes en  nommant unilatéralement des évêques. Le pape Léon XIV, en fonction depuis mai 2025, a par ailleurs  approuvé cinq nominations proposées par Pékin.

    Depuis l'accord de 2018, les autorités chinoises ont fait pression sur les communautés catholiques clandestines pour qu'elles rejoignent l'Association patriotique en détenant arbitrairement, en faisant disparaître de force, en torturant et en assignant à résidence des évêques et  des prêtres catholiques clandestins , selon des informations publiées par les médias et des organismes de recherche.

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  • Saint Eugène de Mazenod, un très grand évêque... (21 mai)

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    Saint Eugène de Mazenod  
    Évêque, fondateur de la congrégation des Oblats de Marie Immaculée  
    (1782-1861)

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              CHARLES-JOSEPH-EUGÈNE DE MAZENOD vit le jour dans un monde en pleine et rapide évolution. Né à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, le premier août 1782, il paraissait assuré d'une brillante carrière et d'une certaine aisance de par sa famille qui était de la petite noblesse. Les bouleversements de la révolution française allaient changer cela pour toujours. Eugène n'avait encore que huit ans quand sa famille dut fuir la France en abandonnant ses biens derrière elle. La famille commençait alors un long et pénible exil qui allait durer onze ans.

    Les années en Italie

            La famille de Mazenod, partit en exil en Italie, passant d'une cité à une autre. Le père, qui avait été Président de chambre au Parlement d'Aix, fut contraint de s'adonner au commerce pour faire vivre sa famille. Il se montra si peu habile en affaire qu'au bout de quelques années sa famille était proche de la détresse. Eugène étudia quelque peu au Collège des Nobles à Turin mais l'obligation de partir pour Venise allait marquer pour lui la fin d'une fréquentation scolaire normale;

            Un prêtre, Don Bartolo Zinelli, qui était proche de la famille de Mazenod, entreprit de travailler à la formation du jeune émigré. Don Bartolo donna à Eugène une éducation fondamentale imprégnée du sens de Dieu et du désir d'une vie de piété qui devaient l'accompagner pour toujours malgré les hauts et les bas de son existence.

           Un nouveau déplacement, vers Naples cette fois, engendra une période d'ennui doublée d'un sentiment d'impuissance. La famille changea de nouveau, et cette fois se rendit à Palerme, où grâce à la bonté du Duc et de la Duchesse de Cannizzaro, Eugène goûta pour la première fois à la vie de la noblesse qu'il trouva agréable. Il prit le titre de " Comte de Mazenod ", s'initia aux habitudes de cour et se mit à rêver à un brillant avenir.

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