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Foi - Page 4

  • Sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l'Europe (23 juillet)

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    ste_br10.jpgLors de l'audience générale du mercredi 27 octobre 2010, place Saint-Pierre, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à sainte Brigitte de Suède :

    Chers frères et sœurs,

    En la veille fervente du grand Jubilé de l’An 2000, le vénérable serviteur de Dieu Jean-Paul II proclama sainte Brigitte de Suède co-patronne de toute l’Europe. Ce matin, je voudrais présenter sa figure, son message, et les raisons pour lesquelles cette sainte femme a beaucoup à enseigner — aujourd’hui encore — à l’Eglise et au monde.

    Nous connaissons bien les événements de la vie de sainte Brigitte, car ses pères spirituels rédigèrent sa biographie pour promouvoir son procès de canonisation immédiatement après sa mort, en 1373. Brigitte était née 70 ans auparavant, en 1303, à Finster, en Suède, une nation du nord de l’Europe qui, depuis trois siècles, avait accueilli la foi chrétienne avec le même enthousiasme que celui avec lequel la sainte l’avait reçue de ses parents, des personnes très pieuses, appartenant à de nobles familles proches de la maison régnante.

    Nous pouvons distinguer deux périodes dans la vie de cette sainte.

    La première est caractérisée par son mariage heureux. Son mari s’appelait Ulf et était gouverneur d’un important territoire du royaume de Suède. Le mariage dura vingt-huit ans, jusqu’à la mort d’Ulf. Huit enfants furent issus de ce mariage, dont la deuxième, Karin (Catherine) est vénérée comme sainte. Cela est un signe éloquent de l’engagement éducatif de Brigitte à l’égard de ses enfants. D’ailleurs, sa sagesse pédagogique fut appréciée au point que le roi de Suède, Magnus, l’appela à la cour pour une certaine période, dans le but d’introduire sa jeune épouse, Blanche de Namur, à la culture suédoise.

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  • Saint Jean Cassien, choisi par Dieu pour apporter en Occident l’illumination du monachisme oriental (23 juillet)

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    Du blog du Mesnil Marie :

    Saint Jean Cassien, choisi par Dieu pour apporter en Occident l’illumination du monachisme oriental.

    23 juillet

    Étiquette : saint Jean Cassien - Orthodoxie.com

           Les moines byzantins l’appellent « notre père Cassien, choisi par Dieu pour apporter en Occident l’illumination du monachisme oriental ». Mais,  malheureusement, aujourd’hui en Occident, en dehors des milieux monastiques sérieux, où ses écrits sont toujours étudiés et médités comme des textes de référence, et en dehors de Marseille, où son tombeau et ses reliques sont vénérés à l’abbaye Saint-Victor qu’il a fondée, Saint Jean Cassien n’est pas assez connu, prié et suivi.

       Ce défaut de popularité de Saint Jean Cassien chez les Latins s’explique en partie par les polémiques et controverses sur la grâce qui, à la fin du IVème siècle et au Vème siècle, ont divisé – parfois de manière assez virulente – la Sainte Eglise et – hélas ! – contribué à creuser le fossé entre Rome et Constantinople.
    En évoquant la figure de Saint Prosper d’Aquitaine (cf. ici), nous avons évoqué ces luttes doctrinales, conséquentes aux erreurs répandues par le moine Pélage, que nous ne détaillerons pas davantage ici. Nous dirons seulement que certains disciples de Saint Augustin, tout comme certains disciples de Saint Jean Cassien - lequel, au chapitre XIII de ses conférences, mettait en garde contre certains excès de la doctrine augustinienne, ou plus exactement contre les durcissements de la doctrine du grand Docteur d’Hippone opérés par certains de ses disciples -, par leur manque de nuances et – souvent aussi – d’esprit surnaturel et de charité, n’ont pas toujours œuvré pour quelque chose de constructif ni pour l’apaisement, alors que, cependant, disciples de Saint Augustin et disciples de Saint Jean Cassien (et de Saint Vincent de Lérins) combattaient tous le pélagianisme !

       C’est une tendance en effet de beaucoup de disciples, qui, malgré leur bonne volonté, n’ont pas les mêmes envergure, largeur et profondeur de pensée que celui dont ils se réclament, de bien souvent interpréter et diffuser sans les nuances nécessaires les enseignements du maître sur l’autorité duquel ils se fondent : en ce qui concerne ces controverses sur la grâce, cela se reproduira au XVIIème siècle avec les jansénistes qui prétendaient s’appuyer sur Saint Augustin, et sur d’autres sujets on le constate aussi chez certains thomistes dont la raideur et l’étroitesse d’esprit caricaturent, plus qu’ils ne les servent, les enseignements de l’Aquinate. 

       Saint Jean Cassien, selon l’opinion la plus répandue parce que la plus vraisemblable, naquit vers 360, en Scythie, c’est-à-dire dans la région des bouches du Danube, dans l’actuelle province de Dobrodgea (Roumanie).
    Certains toutefois le feraient naître en Provence et d’autres en Arménie.
    Il était issu d’une famille chrétienne probablement assez aisée, parce qu’il a reçu une excellente éducation classique et parlait bien le grec et le latin.
    Certains savants, remarquant que le nom de Kassianos (latin : Cassianus, et pour nous Cassien) se retrouve assez fréquemment dans l’épigraphie de la région des bouches du Danube, ont suggéré que c’était son nom de baptême, et qu’il y aurait ajouté plus tard celui de Jean, en référence à Saint Jean Chrysostome dont il fut un proche et fervent disciple.

       Assoiffé de perfection, vers l’âge de 20 ans, accompagné de Germain, son ami d’enfance et compatriote (qui l’accompagna une grande partie de sa vie), il se rendit en Terre Sainte et entra dans un monastère à Bethléem.
    Après avoir vécu la vie monastique palestinienne pendant plusieurs années, désireux de mieux connaître les traditions du monachisme primitif sur les lieux mêmes où il avait éclos et s’était développé, toujours accompagné de Germain, vers 390, il fut autorisé à aller visiter les Pères du Désert en Égypte.
    Ils demeurèrent plusieurs années au désert de Scété, fondé par Saint Macaire, allant nu-pieds comme les moines du pays, pauvrement vêtus et vivant du travail de leurs mains. Ils y furent initiés à la vie contemplative et au combat ascétique contre les passions, et ils recueillirent tout l’enseignement de ces Pères du désert, au contact du saint Abbé Moïse, de Saint Paphnuce et d’autres pères renommés : Sérapion, Théonas et Isaac… etc.

       Ces longues années d’ascèse et de contemplation furent des années de luttes spirituelles intenses : expérience personnelle précieuse et irremplaçable grâce à laquelle Saint Jean Cassien, divinement inspiré, a développé une doctrine du combat spirituel qu’il sera ensuite capable de synthétiser et de transmettre.
    Quelques commentateurs de son œuvre affirment qu’il est le premier a avoir défini les huit passions principales : gourmandise, fornication, cupidité, colère, tristesse, acédie, vaine gloire et fierté.

       Mais c’était aussi un temps où, dans l’Eglise d’Alexandrie, les luttes doctrinales autour de l’héritage d’Origène entrainèrent l’expulsion des moines qualifiés d’ « origénistes ».
    Cassien, toujours accompagné de son ami Germain, dut quitter l’Egypte et, vers 399, ils vinrent à Constantinople et se placèrent sous la direction spirituelle du grand et saint archevêque Jean Chrysostome.
    C’est par ce dernier que Jean Cassien fut ordonné diacre au service de l’Eglise constantinopolitaine (très probablement en 400) : il semblerait qu’il y fut commis à la garde du trésor de la cathédrale.
    Fervent disciple et défenseur de Saint Jean Chrysostome, il dut fuir lorsque, en 403, le saint archevêque persécuté fut déposé par un concile impie, et exilé.

       Cassien partit alors pour Rome où il alla plaider la cause de Saint Jean Chrysostome auprès du pape Innocent 1er (mais en vain, parce que ledit pontife n’avait pas vraiment de pouvoir sur les affaires de Constantinople, rendues très compliquées par les ingérences impériales).
    A partir de ce moment, Saint Jean Cassien ne quittera plus l’Occident : c’était providentiel pour le christianisme occidental, puisque Saint Jean Cassien lui apporta les trésors de la spiritualité du désert.

       Il reste à Rome pendant une dizaine d’années, protégé du pape Innocent 1er (+ 12 mars 417) : au cours de ce séjour, il devient ami – et même conseiller – du jeune Léon, futur Saint Léon 1er le Grand (mais qui n’était alors pas encore archidiacre de Rome). Pour certains historiens, c’est à Rome qu’il a été ordonné prêtre, tandis que pour d’autres ce sera seulement à Marseille.

       Car, quittant Rome, Jean vint s’établir à Marseille, où, en 414 ou 415, encouragé par l’évêque du lieu, il fonda deux monastères :
    - un pour les hommes, au-dessus des grottes où étaient conservées les reliques de Saint Lazare le ressuscité, fondateur de la Chrétienté massaliote, et de Saint Victor, martyr ;
    - et un pour les femmes, sous le vocable du Saint-Sauveur.

       En ascète éprouvé et en père plein de sage discernement, Jean Cassien aménagea, pour ses nombreux moines (on rapporte qu’ils furent rapidement 5000 !) et moniales, l’authentique tradition qu’il avait reçue et expérimentée en Orient, tout en tenant compte des conditions propres à la Gaule, de son climat et du caractère de ses habitants.
    C’est ce qui l’amena à rédiger plusieurs ouvrages dans un style clair et persuasif :

    • « Les Institutions Cénobitiques », en douze livres : les quatre premiers décrivent la manière de vivre des moines d’Egypte, l’austérité de leur mise vestimentaire, de leur nourriture et de leurs exercices ascétiques ; mais Saint Jean Cassien en modère la rigueur pour l’adapter à la vie des moines gaulois, car les austérités extraordinaires des moines orientaux n’étaient pas praticables en Occident. Il traite dans les huit derniers livres des huit passions fondamentales, en indique les remèdes, et explique les vertus à leur opposer.
    • « Les Conférences », dans lesquelles il expose, à l’intention des ermites qui vivaient en Provence, et notamment à Lérins, les étapes supérieures du combat pour la pureté du cœur et la contemplation.

        Au siècle suivant, Saint Benoît reprendra et citera dans sa Règle les « Institutions », et stipulera que les « Conférences » soient lues dans tous ses monastères (Règle 42,3), et plus tard encore ses écrits constitueront la nourriture spirituelle, entre autres, d’un Saint Thomas d’Aquin et d’un Saint Ignace de Loyola.

       Saint Jean Cassien a insisté sur l’origine apostolique de la vie monastique, fondée sur la pratique de l’Eglise telle qu’elle nous est présentée dans les Actes des Apôtres. Il affirme la supériorité théorique de la vie érémitique, mais préfère dissuader quiconque n’est pas convenablement formé pour l’entreprendre.

       Il y a un troisième ouvrage important qui a été rédigé par Saint Jean Cassien, mais il ne traite pas de la vie monastique : c’est le « Traité de l’Incarnation contre Nestorius » (De incarnatione Domini contra Nestorium), ouvrage théologique qui lui a été commandé par l’archidiacre du pape Célestin 1er, Léon, futur pape Saint Léon 1er le Grand, qui, plus tard, se servira de ce traité pour écrire son « Tome à Flavien », qui fut applaudi au concile de Chalcédoine.
    Ainsi donc, indirectement, à travers Saint Léon le Grand, c’est Saint Jean Cassien que les Pères du concile de Chalcédoine ont applaudi !
    Saint Jean Cassien, dans ce ouvrage rigoureux a analysé toutes les idées de Nestorius, les a démontées l’une après l’autre de manière méthodique, en s’appuyant sur un « dossier patristique » où il a cité toute une série de Pères contemporains ou antérieurs, prouvant au passage sa large et solide culture théologique et patristique.

       Saint Jean Cassien s’endormit dans la paix de son Seigneur en 435, selon la date la plus communément reçue, ou bien en 440 ou encore 458, selon d’autres historiens. On a des témoignages montrant que dès 470 il était honoré comme un saint, et ce qui subsiste de ses reliques se trouve principalement à l’abbaye Saint-Victor, ainsi que nous l’écrivions en commençant.
    Le Martyrologe des Gaules le mentionne à la date du 23 juillet, tandis que l’Orthodoxie célèbre sa fête le 29 février.

  • Les hommes dont nous avons besoin

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    De Roberto de Mattei sur Corrispondenza Romana :

    Les hommes dont nous avons besoin

    Avant la confusion des structures, il y a la confusion des esprits. C'est la clé pour comprendre le moment historique que nous traversons. La crise qui frappe aujourd'hui le monde catholique n'est pas d'abord une crise organisationnelle ou stratégique : c'est une crise spirituelle et culturelle, qui affecte notre manière même de penser, de juger et de réagir aux événements.

    Pendant des décennies, le progressisme politique et culturel a exercé une domination quasi incontestée sur l'Occident, contrôlant les partis politiques, les principaux médias, les maisons d'édition, le monde universitaire, l'industrie du divertissement et, finalement, une part importante des institutions ecclésiastiques elles-mêmes. Son objectif était d'instaurer un nouvel ordre mondial fondé sur l'abolition des identités naturelles et religieuses, la dissolution de toute autorité traditionnelle et le remplacement de l'ordre chrétien par une nouvelle religion séculière.

    Cette hégémonie semblait, jusqu'à il y a quelques années, quasiment irréversible. Quiconque s'y opposait était marginalisé, censuré, ou tout simplement ignoré. Or, toute construction artificielle porte en elle les germes de sa propre dissolution. Le début du XXIe siècle a marqué l'émergence d'une crise profonde de ce système. Nombreux sont ceux qui attribuent ce changement à la diffusion d'Internet et des réseaux sociaux. Ce serait toutefois une erreur de confondre l'outil et la cause.

    Internet n'a pas créé la réaction ; il l'a simplement révélée au grand jour, la rendant ainsi efficace. La Providence utilise souvent des moyens inattendus pour accomplir ses desseins. Internet a permis de contourner le monopole de l'information, de diffuser des idées censurées, de connecter des personnes jusque-là isolées. Mais la cause véritable et profonde de cette réaction réside dans l'ordre naturel, qui précède toute construction idéologique. Lorsque cet ordre est systématiquement transgressé, la réalité elle-même réagit. La nature humaine possède une force de résistance qu'aucune propagande ne saurait anéantir définitivement. La vérité peut être obscurcie, mais la loi naturelle que Dieu a inscrite au cœur de chaque homme ne peut être complètement effacée.

    Cette capacité de résilience s'est manifestée avec une clarté particulière au cours des vingt-cinq dernières années, notamment dans le monde catholique. Nombre de fidèles ont perçu la perte d'un élément essentiel et ont cherché à retrouver la liturgie traditionnelle, le catéchisme pérenne, la philosophie réaliste, la théologie classique et l'héritage spirituel de l'Église. Mais au moment même où une convergence possible de ces énergies semblait se dessiner, ce que l'on pourrait appeler le dernier soubresaut du processus révolutionnaire s'est produit.

    Ces dernières années, une série d'événements a profondément déstabilisé le monde catholique. La pandémie de 2020-2021 a instauré un climat de peur collective et de méfiance mutuelle. La guerre russo-ukrainienne, qui a éclaté en 2022, a exacerbé la confusion et la polarisation des sentiments. Les événements internes à l'Église, lors de la transition entre le pontificat de François et celui de Léon XIV, ont accentué l'enthousiasme et le découragement, souvent de manière disproportionnée par rapport à la véritable portée des événements. Ce climat psychologique a été instrumentalisé pour empêcher toute réconciliation du monde catholique attaché à la Tradition, engendrant une fragmentation peut-être sans précédent dans l'histoire. 

    L’effet le plus grave de cette situation n’est pas organisationnel, mais intellectuel. Plinio Corrêa de Oliveira, dans Révolution et Contre-révolution , a maintes fois dénoncé l’atrophie de l’intelligence comme l’un des phénomènes caractéristiques du monde moderne ; Marcel De Corte a consacré à ce sujet un ouvrage pénétrant, L’Intelligence en danger de mort . Le développement technologique a accéléré ce processus. L’homme contemporain vit immergé dans un flux constant d’informations, d’images, d’émotions et de controverses. Les réseaux sociaux – Facebook, Instagram, TikTok et les plateformes qui ne cessent d’émerger – ne se contentent pas de transmettre l’information : leur fonctionnement même est conçu pour affaiblir l’exercice de l’intelligence. Ils suscitent des réactions immédiates, privilégiant l’émotion au jugement, la rapidité à la profondeur. Nous ne recherchons plus la vérité, mais la réaction immédiate. 

    Ce phénomène a également touché des milieux se réclamant du traditionalisme et qui, de par leur origine, devraient y être les moins exposés. Il en résulte un paradoxe : posséder des principes doctrinaux solides tout en vivant psychologiquement selon les catégories de la culture révolutionnaire. On passe d’une indignation à l’autre, de l’enthousiasme à la déception, d’une polémique à l’autre, sans conserver la paix intérieure qui seule permet un authentique discernement.

    Les grandes crises de l'Église ont toujours été abordées par des hommes qui étaient, au sens le plus profond du terme, des contemplatifs en action. Saint Athanase, saint Grégoire VII, saint Pie V et saint Pie X n'ont pas été submergés par les événements : ils les ont maîtrisés, car ils savaient les juger à la lumière de principes supérieurs. Leur force puisait dans la prière, la discipline intellectuelle et l'habitude de subordonner les faits aux principes, et non les principes aux faits. Toute authentique restauration commence toujours par une restauration des facultés de l'âme.

    L’étude, la réflexion et la primauté de la contemplation sur l’action sont les conditions indispensables au développement de la vie intérieure et à la formation d’hommes capables de juger correctement les événements de notre temps.

    Dom Jean-Baptiste Chautard, dans son célèbre ouvrage L'Âme de tout apostolat , rappelait que l'hérésie de l'action consiste à substituer l'activité à la vie intérieure. Aujourd'hui, on pourrait ajouter qu'une nouvelle forme d'activisme existe également : l'activisme numérique. Il s'agit d'une agitation constante qui donne l'illusion de l'engagement tout en sapant lentement l'énergie spirituelle. La recherche du sensationnel remplace la fidélité quotidienne ; l'exceptionnel paraît plus attrayant que l'ordinaire. Or, c'est précisément dans la fidélité aux petites choses que se forme le caractère chrétien. Parfois, il faut plus d'héroïsme pour accomplir son devoir quotidien que pour affronter une situation extraordinaire. Comme le remarque Mgr Pier Carlo Landucci, l'humble conscience de sa propre petitesse peut conduire à entrevoir une place modeste dans la gloire des saints ; mais tous sont appelés à une sainteté héroïque, car, comme l'enseigne saint Paul, « telle est la volonté de Dieu, votre sanctification » ( 1 Th 4, 3).

    Enfin, il existe une dernière tentation, particulièrement insidieuse. Face aux difficultés qui se présentent au sein de l'Église, certains sont tentés de chercher refuge à l'extérieur. Combattre à l'extérieur semble plus facile que d'endurer les souffrances causées par les crises internes. Il est plus aisé d'imaginer des communautés parfaites que de demeurer fidèle dans l'épreuve. Mais ce chemin mène inévitablement à une impasse.

    L’Église demeure le Corps mystique du Christ, même lorsqu’elle est frappée par de profondes crises. Ses membres peuvent être infidèles ; ses pasteurs peuvent commettre des erreurs et même semer une grave confusion ; dans certaines circonstances, la résistance peut être légitime, voire nécessaire. Cependant, il n’existe pas de voie authentiquement catholique en dehors des institutions de l’Église, et la restauration ne saurait être obtenue par une opposition constante et permanente à ceux qui exercent légitimement son autorité.

    L'histoire nous enseigne que toutes les grandes restaurations catholiques sont nées d'hommes qui savaient allier une ferme résistance à l'erreur à un amour inébranlable pour l'Église visible et hiérarchisée. 

    C’est pourquoi le combat décisif de notre époque ne consiste pas principalement à faire entendre nos voix, à accuser autrui ou à multiplier les initiatives et les campagnes médiatiques. Il s’agit de reconstruire des individus dotés d’une force intérieure, capables d’étude, de prière, de sacrifice et, surtout, d’équilibre. 

  • La campagne des évêques américains en faveur de la planification familiale naturelle est lancée

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    De Tessa Gervasini sur EWTN News :

    La campagne des évêques américains en faveur de la planification familiale naturelle a débuté

    Les évêques américains ont publié des ressources, notamment des affiches, des notes d'homélie, des fichiers pour les médias sociaux et des idées pour célébrer et promouvoir la planification familiale naturelle.

    Le Programme national de planification familiale du Secrétariat pour les laïcs, le mariage, la vie familiale et la jeunesse de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) publie son affiche pour la Semaine de sensibilisation à la planification familiale naturelle 2026, qui se tiendra du 19 au 25 juillet 2026. | Crédit photo : USCCB

    Le Programme national de planification familiale du Secrétariat pour les laïcs, le mariage, la vie familiale et la jeunesse de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) publie son affiche pour la Semaine de sensibilisation à la planification familiale naturelle 2026, qui se tiendra du 19 au 25 juillet 2026. | Crédit photo : USCCB
     
    20 juillet 2026

    « Conçu par Dieu, guidé par l’amour, ouvert à la vie » est le thème de la campagne de la Semaine de sensibilisation à la planification familiale naturelle (PFN) 2026 de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB).

    La campagne annuelle des évêques sur la planification familiale naturelle, qui se déroule du 19 au 25 juillet, met en lumière le dessein de Dieu pour l'amour conjugal, le don de la vie et l'enseignement de l'Église sur les méthodes de planification familiale naturelle.

    Pour sensibiliser le public à ce sujet, le programme NFP de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) élabore chaque année une affiche accompagnée de documents d'information à afficher dans les paroisses, les hôpitaux, les salles de classe NFP, les centres de préparation au mariage, les cabinets médicaux, les centres de vie familiale et les centres d'aumônerie universitaire.

    En 1981, l'Église catholique aux États-Unis a intensifié ses efforts pour mieux faire connaître et appliquer la planification familiale naturelle et son enseignement. Afin de poursuivre cette mission, la conférence des évêques a mis en place le Programme de planification familiale naturelle.

    Ce programme, qui fait partie du Secrétariat pour les laïcs, le mariage, la vie familiale et la jeunesse de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), met à disposition des diocèses et des organisations des ressources telles que des affiches, des notes d'homélie, des fichiers pour les médias sociaux et des idées pour célébrer et promouvoir la planification familiale naturelle.

    La campagne encourage les paroisses à organiser des séances d'introduction sur la science et l'éthique des méthodes naturelles de planification familiale et à accueillir des retraites pour les couples mariés.

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) suggère également que les paroisses offrent des occasions de prière, notamment des messes, des chapelets, l'adoration eucharistique pour les intentions de mariage et de planification familiale naturelle, et des neuvaines pour renforcer le mariage, telles que celles à sainte Anne, à saint Joachim et à la Vierge Marie sous le vocable de l'Annonciation.

    Les dates de la campagne annuelle mettent en lumière l'anniversaire de l'encyclique du pape Paul VI sur la réglementation des naissances, Humanae Vitae , publiée le 25 juillet 1968.

    planification familiale naturelle

    La méthode NFP invite les couples à coopérer avec le plan de Dieu pour l'amour conjugal, qui, selon la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, « est un "grand mystère", un signe de l'amour entre le Christ et son Église (Éph 5:32) ».

    La méthode d'observation de la fertilité (MOF) repose sur l'observation et la mesure des signes naturels de fertilité d'une femme, tels que sa température basale et ses niveaux d'hormones, afin d'identifier les phases fertiles et infertiles de son cycle menstruel.

    Contrairement aux contraceptifs chimiques ou mécaniques qui suppriment ou bloquent la fertilité, la méthode d'observation de la fertilité (MOF) fonctionne en harmonie avec les rythmes naturels du corps, conformément à l'enseignement de l'Église.

    Comme l'ont déjà déclaré les évêques américains : « La méthode naturelle de planification familiale respecte le pouvoir donné par Dieu d'aimer et de faire naître une nouvelle vie humaine, même lorsque nous ne cherchons pas activement à exercer ce pouvoir. »

    Des recherches publiées ont également révélé que les couples mariés qui pratiquent une méthode de planification familiale naturelle bénéficient d'une meilleure communication, d'une plus grande ouverture à la vie et présentent des taux de divorce plus faibles.

  • Comment réagir quand on vous dit que Jésus avait des frères et sœurs ?

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    De Kathy Schiffer sur le NCR :

    Comment réagir quand on vous dit que Jésus avait des frères et sœurs ?

    Dès les premiers jours qui ont suivi la Résurrection, l'Église a cru que Marie était restée vierge à jamais et que Jésus n'avait pas de frères ni de sœurs biologiques.

    Marie, toujours vierge
    Marie, toujours vierge (photo : Wikimedia Commons)

    « N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Josès, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs sont-elles ici parmi nous ? » — Marc 6,3

    Jésus avait-il des frères et sœurs ? Certains pensent que l’Évangile de Marc semble le suggérer.

    Et pas seulement dans l'Évangile de Marc. Dans Luc 8,19-21, le sujet est de nouveau abordé. Alors que Jésus s'adresse à la foule, quelqu'un lui dit : « Ta mère et tes frères sont dehors et ils aimeraient te voir. » 

    Mais Jésus, au lieu d'inviter le reste de sa famille à entrer, les congédie, profitant de l'occasion pour enseigner la proximité qu'il ressent envers ceux qui gardent sa parole.

    « Qui sont ma mère et mes frères ? » demande- t-il . « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

    * * * * * * *

    Parmi les exégètes protestants, certains citent des versets comme celui-ci comme preuve que Marie a bien eu d'autres enfants avec Joseph après la naissance de Jésus. L'exégète biblique James Tabor les cite sur son blog : Jacques, Josès, Judas et Simon et, selon certains, Marie et Salomé.

    L'Église catholique, cependant, rejette de telles affirmations , qui contredisent son enseignement dogmatique sur la virginité perpétuelle de Marie.

    D’où vient donc cette idée chez les catholiques que Marie n’a jamais eu de relations sexuelles, ni d’autres enfants ? Et pourquoi Joseph aurait-il accepté cet accord ?

    Qui est ton frère ?

    Dans le langage courant, il est fréquent d'appeler quelqu'un son « frère » même en l'absence de lien de sang. Nous, chrétiens, sommes tous « frères en Christ ». Le terme « frère » peut désigner une personne avec laquelle on partage un lien de sang, ou une personne sans lien biologique, mais avec laquelle on entretient une amitié ou une appartenance ethnique.

    Il en va de même dans les Écritures. Le terme grec traduit par « frère » ( adelphos ) peut désigner non seulement les parents par le sang, mais aussi les cousins ​​éloignés ou, plus largement, toute personne avec laquelle on partage un lien spirituel.

    Prenons par exemple Genèse 13:8 : « Abram dit à Lot : « Qu’il n’y ait pas de querelle entre toi et moi, ni entre tes bergers et les miens, car nous sommes frères. »

    Dans ce cas précis, le terme « frère » est utilisé pour décrire Abraham et Lot — qui ne sont pas frères de sang mais plutôt oncle et neveu.

    Et saint Paul, écrivant sa première lettre aux Corinthiens (15:6), décrit les personnes qui ont vu Jésus après sa Résurrection, y compris ses « frères » : « Alors il [Jésus] est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont beaucoup sont encore avec nous, mais quelques-uns sont morts. »

    Tout de même, Paul n'essayait pas de prétendre que Marie avait donné naissance à plus de 500 enfants !

    * * * * * * *

    Mais les évangélistes présentent également d'autres preuves que Jésus était enfant unique.

    Nous savons, grâce aux Évangiles et aux Actes des Apôtres, ainsi qu'à des textes anciens, ce qu'il est advenu des Douze après la Résurrection du Christ. Nous lisons le récit de leurs exploits : la diffusion de l'Évangile en terres étrangères et le martyre qu'ils ont subi plutôt que de renier Jésus, qu'ils reconnaissaient comme le Christ. Nous savons comment ils sont morts et où ils reposent.

    Les Évangiles nous apprennent-ils quoi que ce soit sur les frères de Jésus ? Non, rien du tout.

    Au pied de la Croix se tenaient Marie, la mère de Jésus, les deux autres Marie – Marie de Cléophas et Marie-Madeleine – et l’apôtre Jean. À l’article de la mort, Jésus confia Marie à Jean et lui dit : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit à Jean : « Voici ta mère. » Dès lors, le disciple la prit chez lui (Jean 19, 26-27).

    Si Jésus avait eu d'autres frères et sœurs, n'auraient-ils pas été là avec lui, aux côtés de sa mère ? Et n'auraient-ils pas pris soin d'elle en l'accueillant chez eux ?

    S’il y avait eu un autre parent par le sang qui aurait pu subvenir aux besoins de Marie, pourquoi Jésus l’aurait-il confiée à Jean ?

    Autre indice : les « frères » de Jésus cités dans Jean 2:1 et Actes 1:14 ne sont jamais appelés les enfants de Marie, bien que Jésus lui-même le soit.

    L'autorité enseignante de l'Église

    Il existe cependant une autre raison de croire que Marie n'a pas eu d'autres enfants : le consensus de l'Église primitive et du magistère pérenne.

    Rappelons-nous que Jésus a promis d'envoyer le Saint-Esprit, le Paraclet, pour guider son Église et la préserver de l'erreur. Sans cette promesse du Christ, ses disciples et leurs descendants pourraient s'éloigner toujours plus de la Vérité, s'égarant complètement à cause de faux enseignements et de prophéties erronées. Cependant, nous avons la promesse du Christ d'être toujours avec nous, jusqu'à la fin des temps. Avec la protection de la Seconde Personne de la Sainte Trinité et du Saint-Esprit, nous pouvons être assurés que l'Église préservera fidèlement le message de l'Évangile.

    Dès les premiers jours qui ont suivi la Résurrection, l'Église a cru que Marie était restée vierge à jamais et que Jésus n'avait pas de frères ni de sœurs biologiques.

    Le Protévangile de Jacques , un ouvrage non canonique mais très respecté datant d'environ 150 après J.-C., évoque la virginité consacrée de Marie depuis sa jeunesse. Il explique que saint Joseph, veuf âgé et père de famille, fut choisi comme époux de Marie afin de la protéger et de veiller sur elle, tout en respectant son vœu de virginité.

    Ce point de vue — selon lequel Joseph avait eu des enfants d'un précédent mariage, qui devinrent les demi-frères et sœurs de Jésus — était partagé au IVe siècle par Épiphane, évêque de Salamine. Il est encore adhéré par de nombreux membres de l'Église orthodoxe aujourd'hui.

    Athanase d'Alexandrie, dans ses Quatre Discours contre les Ariens , écrivait en 360 après J.-C. :

    « Que ceux qui nient que le Fils soit issu du Père par nature et propre à son essence nient donc aussi qu’il ait pris la véritable chair humaine de Marie, toujours Vierge. »

    Saint Jérôme, écrivant en 383 après J.-C. au sujet de la virginité perpétuelle de Marie dans un débat avec Helvidius, a dit :

    Vous dites que Marie n'est pas restée vierge. J'affirme plus encore : que Joseph lui-même, par Marie, était vierge, de sorte que d'une union virginale est né un fils vierge.

    Et au siècle suivant, le pape saint Léon Ier prononça un sermon dans lequel il déclara :

    L’origine est différente, mais la nature est la même : elle n’est pas née de l’union avec l’homme, mais de la puissance de Dieu ; car une Vierge a conçu, une Vierge a enfanté, et elle est restée Vierge.

    Aujourd’hui, le Catéchisme de l’Église catholique (501) reconfirme ce même point :

    Jésus est le fils unique de Marie, mais sa maternité spirituelle s'étend à tous les hommes qu'il est venu sauver : « Le Fils qu'elle a enfanté est celui que Dieu a placé comme premier-né parmi de nombreux frères, c'est-à-dire les fidèles à la génération et à la formation desquels elle collabore avec l'amour d'une mère.
  • Cotignac : les sapeurs-pompiers ont réussi à sauver le monastère Saint-Joseph et le sanctuaire Notre-Dame

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    Lu ICI :

    L'incendie dans le Var "s'est approché dangereusement" de trois villages dans la nuit

    "La nuit ne fut pas calme", explique le contrôleur général Éric Grohin, directeur départemental du Sdis du Var. "Le feu a progressé encore toute la nuit et s'est approché assez dangereusement des villages de Cotignac, de Montfort-sur-Argens et de Correns."Les sapeurs-pompiers ont réussi à sauver le monastère Saint-Joseph et le sanctuaire Notre-Dame, situés à proximité des flammes. Le monastère avait été évacué dans l'après-midi hier et les sœurs et l'aumônier ont été mis à l'abri dans le village de Cotignac, a précisé l'évêque de Fréjus-Toulon sur Facebook.

    Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

    et Monastère Saint-Joseph ont été épargnés de justesse.

    Nous remercions les sapeurs pompiers du Sdis83 officiel - Sapeurs-Pompiers du Var et d’ailleurs, et Préfet du Var pour son attention et monsieur le maire de Cotignac.

    Nous prions pour les personnes ayant perdu leur maison, leur vendange à venir…

    Je célébrerai la messe du 15 août sur place en action de grâce aux pieds de Notre-Dame.

    +FT

    Peut être une image de talon de billet et texte

  • Aujourd'hui, on fête sainte Marie-Madeleine

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    images.jpgA la suite de la sortie d'un mauvais fillm (déjà oublié), transposé d'un roman (médiocre) qui a constitué un succès de librairie (inconcevable), le personnage de Marie-Madeleine est devenu l'objet de toutes les affabulations possibles et imaginables, totalement dénuées de fondements historiques mais d'autant plus appréciées par les faiseurs d'opinion qu'elles semblaient mettre à mal l'approche catholique de cette grande sainte.

    Documents sur Marie Madeleine

    Les métamorphoses de Marie-Madeleine (évangiles synoptiques, évangile de St Jean, évangiles gnostiques) par le Père JEAN-MARIE SEVRIN, Franciscain
      http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=187885  
     

    Jésus a-t-il épousé Marie-Madeleine ?    http://www.opusdei.fr/art.php?p=15400    

    Jésus et Marie-Madeleine   http://dominique-le-tourneau.hautetfort.com/archive/2006/02/16/jesus-et-marie-madeleine.html  

    Benoît XVI nous rappelle l'histoire de Marie de Magdala

  • Mais qui était vraiment Marie-Madeleine ? (22 juillet)

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    De KTO :

    Marie-Madeleine

    15/04/2018

    Cette semaine, la Foi prise au mot, en partenariat avec le Monde de la Bible, vous propose de revenir sur l’un des personnages les plus attachants et les plus populaires des évangiles : Marie-Madeleine. Qui est-elle cette femme dont on parle tant ? Marie de Béthanie, assise aux pieds du Seigneur pendant que sa soeur Marthe vaque aux tâches de la maison ? Marie de Magdala qui reconnaît son maître ressuscité au matin de Pâques ? Est-elle aussi la pécheresse qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux ? Universellement célébrée, très à la mode depuis quelque temps, Marie Madeleine fascine et interroge. Pour essayer de percer le mystère nous retrouvons trois invités : Sylvaine Landrivon, théologienne, maître de conférences à l’université catholique de Lyon, Raphaëlle Ziadé, responsable de département des arts byzantins au Petit Palais, et le père Jean Pierre Brice Olivier, prêcheur dominicain.

  • Marie-Madeleine (22 juillet)

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    mariamagdalena01.jpgHomélie du Père Joseph-Marie Verlinde (Famille de Saint-Joseph) (Homelies.frArchive 2008)

    Comme la Bien-aimée du Cantique, Marie-Madeleine cherche « celui que son cœur aime » (1ère lect.) « alors qu’il fait encore sombre ». Mais comment pourrait-elle le chercher si elle ne l’avait pas déjà trouvé ? Son désir témoigne de la présence et de l’action en elle de l’Esprit Saint qui l’attire irrésistiblement vers Jésus. Avec l’intuition sûre de l’amour, elle se rend au rendez-vous de son Seigneur, mais il lui faut du temps pour reconnaître les signes de sa présence. La mise en scène et les dialogues rapportés par Saint Jean sont d’une esquise délicatesse. Marie ne semble même pas s’étonner de voir deux personnages - identifiés à « des Anges vêtus de blanc » - dans l’espace réduit du tombeau. A moins que le caractère saugrenu de cette situation soit une invitation explicite de l’évangéliste à nous élever à une lecture symbolique. Le propitiatoire posé sur l’Arche de l’Alliance n’était-il pas flanqué lui aussi de deux Anges, « l’un à la tête, l’autre aux pieds » ? Ce tombeau vide apparaît tout à coup comme le Temple de Dieu, le lieu où repose sa gloire, où demeure sa présence.

    Ce n’est pas un divin impersonnel qui remplit le tombeau de sa nuée : les « Anges » s’adressent à Marie-Madeleine avec les paroles mêmes que le Ressuscité reprendra quelques instants plus tard. Comme l’étymologie du terme Ange l’indique, ces Etres de lumière sont les messagers, les porte-paroles de Dieu ; ils sont évoqués pour éviter de prononcer le Nom du Seigneur lui-même. Le fait qu’ils prononcent les paroles que reprendra Jésus, sous-entend que celui-ci partage désormais la gloire du « Nom qui surpasse tous les noms » (Ph 2, 9). Il est « le Seigneur », celui devant qui toute créature au ciel et sur la terre fléchit les genoux, et dont toute langue proclame la Seigneurie universelle (cf. Ph 2, 10-11).

    Marie n’en est pas encore là dans son cheminement ; pour le moment, elle cherche encore un cadavre. Aveuglée par la tristesse, elle ne reconnaît pas la présence du Vivant au cœur du tombeau vide dont elle se détourne. Mais le Ressuscité n’est plus lié à un lieu précis ; il n’est plus conditionné ni par l’espace ni par le temps : il est bien réellement présent partout où un cœur le désire ardemment. Marie-Madeleine est littéralement enveloppée de toute part par sa présence qui se fait plus pressante : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Marie ne se trompe pas vraiment en prenant Jésus pour le jardinier : n’est-il pas le nouvel Adam que le Père a établi gardien de cette terre où est planté l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, que sa Résurrection a transformé en Arbre de Vie ? Il faut cependant un appel particulier, personnel de Notre-Seigneur pour la réveiller de sa torpeur et la faire entrer dans le monde nouveau inauguré par la Pâque de celui qu’elle cherche éperdument.

    « Marie » : interpellation empreinte de douceur, mais aussi sans doute supplication de l’amour mêlée d’étonnement : « comment se fait-il que tu ne me reconnaisses pas ? » C’est en prononçant notre nom que Jésus se fait connaître, ce « nom nouveau gravé sur une pierre blanche, que personne ne connaît sauf celui qui la reçoit » (Ap 2, 17). Se retournant une seconde fois, c’est au cœur même du tombeau vide devenu chambre nuptiale, que Marie cherche cette fois à retenir son Seigneur en confessant son amour : « Rabbouni ».

    Pourtant cette rencontre n’est que préfigurative : le temps des noces n’est pas encore venu. Jésus « monte vers son Père et notre Père, vers son Dieu et notre Dieu » pour nous préparer une place dans sa demeure d’éternité. En attendant le face à face, il nous faut comme Marie, et dans la foi, poursuivre notre route et annoncer nous aussi : « J’ai vu le Seigneur ressuscité au fond de mon cœur. Il a pris autorité sur toutes mes morts et transformé mes tombeaux en sanctuaires de sa gloire ; et voilà ce qu’il m’a dit : “Cherchez-moi de tout votre cœur ; je me laisse trouver par les âmes de désir” ».

    « Seigneur arrache de ma poitrine mon cœur de pierre ; cœur lourd, opaque, indifférent, insensible. Et donne-moi un cœur de chair qui “languit de toi comme une terre aride, sans eau” (Ps 62). Accorde-moi de pressentir ta force et ta gloire, afin de réaliser que ton amour éternel vaut mieux que ma pauvre vie mortelle. Je pourrai alors “lever les mains pour te bénir en invoquant ton nom, m’attacher à toi de toute mon âme, et crier de joie à l’ombre de tes ailes” (Ibid.). »

  • 22 juillet : Marie-Madeleine, disciple du Seigneur

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    lippo-memmi_saint-marie-madeleine15.jpgSur Missel.free :

    Marie-Madeleine, ainsi nommée en l'évangile selon saint Luc[1] parmi les femmes qui suivent Jésus depuis la Galilée, se retrouve dans les récits de la Passion et de la Résurrection. Son identité avec Marie de Béthanie et la pécheresse[2] est depuis toujours discutée. Si la chose était de nature à pouvoir être parfaitement éclaircie, elle devrait l'être à présent, puisque tant d'habiles personnages l'ont traitée.

    1° La pécheresse

    Invité chez un pharisien, Jésus, la Sagesse de Dieu[3], accueille les pécheurs. Sa parole révèle la puissance de l'amour et la grâce du pardon à l'homme trop préoccupé de soi et peu conscient de son médiocre amour. L'attitude de Simon se caractérise par une triple inaction, alors que la pécheresse multiplie les gestes de repentir et d'amour qui, loin d'être pour Jésus une cause de scandale, manifestent une profonde contrition ; d'elle-même elle dénoue sa chevelure[4] et vénère les pieds du Maître avec une intense émotion. L'onction des pieds est un geste extraordinaire, signe d'un amour d'une intensité exceptionnelle. Le pharisien doute du caractère prophétique de Jésus qui se laisse toucher par une pécheresse au détriment de sa propre pureté, mais Jésus connaît le cœur de cette pénitente et, délicatesse suprême, il ne lui révèle la connaissance de ses péchés qu'au moment de les lui pardonner.

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  • Liège (Cornillon), 7 août : Fête de sainte Julienne

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  • Histoire : la mort subite de l'Église d'Afrique du Nord

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    La mort subite de l'Église africaine

    20 juillet 2026

    L'effondrement total d'une civilisation est rare. En Occident, une continuité existe entre le passé romain et nos États contemporains, malgré les invasions de groupes « barbares ». Les Francs, ce peuple antique qui s'est installé en Gaule romaine, ont été façonnés par la culture romaine pour devenir le peuple que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Français. Mais qu'en est-il des cas où il n'y a aucune continuité, où une civilisation disparaît complètement et où il ne reste qu'une couche de cendres ? C'est ce qui est arrivé à l'Afrique du Nord romaine, une civilisation florissante, singulière mais pleinement intégrée au vaste monde romain. Le cœur battant de cette civilisation, l'Église africaine, n'a plus de descendant vivant.

    L'Église africaine comptait parmi les plus brillantes intellectuellement du christianisme primitif. On dit que Carthage abritait des chrétiens dans ses rues à l'époque apostolique. Et pour cause : Carthage était un centre névralgique de l'empire d'Occident, peut-être surpassée seulement par Rome en termes de cosmopolitisme. L'Église primitive y trouva un terreau fertile. Carthage nous a donné Tertullien et saint Cyprien, géants intellectuels qui ont contribué à définir l'orthodoxie de l'Église naissante.

    Contrairement à une grande partie de l'empire romain de langue latine, l'Afrique du Nord était marquée par un mélange d'influences culturelles contradictoires. La culture romaine dominante y était toujours présente, tout comme l'ancienne civilisation punique sur laquelle Rome s'était construite quelques siècles auparavant. Saint Augustin d'Hippone illustre parfaitement cette dualité culturelle, avec son père romain, Patricius, et sa mère punique, sainte Monique.

    Augustin fut la figure marquante de l'Église africaine, régnant comme évêque d'Hippone mais exerçant une influence bien au-delà de son diocèse. Par les synodes et les conciles d'Hippone et de Carthage, le canon occidental de la Bible fut adopté et ne fut plus remis en question pendant onze siècles. Les enseignements de l'Église sur le péché originel, la relation entre l'Église et l'État, le monachisme occidental et la morale furent développés par Augustin au sein de l'Église africaine, puis diffusés dans le reste du monde latin.

    À l'époque d'Augustin, l'Afrique du Nord était une civilisation profondément chrétienne. Elle comptait des centaines d'évêchés, de fréquents synodes et un sens aigu de la discipline ecclésiastique. Dans la petite ville de Thagaste, le monachisme occidental naquit sous la règle de saint Augustin. Augustin participa à des dizaines de conciles et entretint une correspondance abondante avec des évêques, des moines, des représentants impériaux et des papes. L'Église africaine était profondément catholique dans sa tradition et sa théologie sacramentelle, mais marquée par un paroissialisme farouche et une rigueur morale.

    La mort d'Augustin en 430, lors du siège d'Hippone par les Vandales, offre une analogie pertinente avec la situation de l'Église africaine au Ve siècle, cernée par ses ennemis et bientôt à la merci des aléas politiques de la région. Les Vandales soumirent la ville par la confiscation des biens de l'Église, l'expulsion du clergé catholique et l'imposition de l'hérésie arienne. Une fois l'Afrique du Nord occupée par les Vandales, les fidèles survivants de l'Église africaine se réfugièrent en Italie et en Gaule méridionale.

    Mais la tyrannie barbare fut de courte durée. Les Vandales, peuple germanique, comprenaient mal l'économie de l'Afrique du Nord et trouvaient la gestion d'un État-nation en territoire étranger bien trop complexe. L'Empire romain d'Orient reprit la région en 533, avec un nombre de victimes limité. Mais le mal était fait. L'Afrique du Nord était largement dépeuplée, et le déclin démographique et la désorganisation économique rendirent la région méconnaissable. Contrairement aux persécutions romaines antérieures, qui avaient souvent renforcé l'identité chrétienne, l'arianisme vandale rongea l'Église africaine de l'intérieur, en s'attaquant à ses dirigeants et à la vitalité de sa vie sacramentelle.

    De plus, les principales controverses théologiques de l'empire, notamment les disputes sur la christologie, se déroulaient principalement dans le monde grec, loin de l'Occident latin. Le christianisme africain devint marginalisé au sein du nouvel Empire romain, où le grec remplaça le latin comme langue officielle en 620. L'Église africaine, liée à la langue latine, ne put participer à la vie intellectuelle de la chrétienté.

    Le coup de grâce fut porté à la fin du VIIe siècle avec l'essor des armées arabes, qui déferlèrent des plaines d'Arabie vers l'Égypte et la Syrie. Les armées du califat conquirent l'Afrique romaine en 647, mais furent repoussées par les Romains, avant de revenir triomphalement en 698. Les Arabes s'emparèrent des institutions de Carthage et de ses environs, satisfaisant ainsi l'ancienne revendication de Caton l'Ancien : « Carthago delenda est ». Carthage, l'antique cité de Didon et d'Hannibal, fut détruite, ainsi que tous ses palais, archives et églises. Les armées arabes établirent leur quartier général dans la ville voisine de Tunis, utilisant les matériaux provenant des ruines de Carthage pour leurs constructions. Malgré sa destruction, Carthage conserva un siège titulaire au sein de l'Église catholique jusqu'en 1964, date à laquelle ce statut fut définitivement supprimé.

    Après l'invasion arabe, il ne subsiste aucune trace de l'Église d'Afrique du Nord. C'est comme si les lumières de toute une civilisation s'étaient éteintes subitement et définitivement. Aucune lettre ne nous est parvenue. On trouve quelques mentions d'un évêque africain exilé à la cour de Charlemagne ou à Rome. Mais le chroniqueur médiéval ne semblait pas juger nécessaire de s'attarder sur le sort de l'Église africaine. Sans réseaux épiscopaux solides, sans monastères ni institutions éducatives, l'Église dépérit. Les conversions à l'islam, souvent sous la pression économique et culturelle, réduisirent inexorablement le nombre de chrétiens. Avec le temps, la culture chrétienne latine disparut complètement, ne laissant que de faibles traces archéologiques.

    Dans certaines anciennes villes romaines d'Afrique du Nord, des stèles latines gravées de bénédictions pour les défunts subsistent, derniers vestiges matériels de l'Église africaine et de la civilisation romano-punique. Les lettres papales sont les derniers textes à éclairer l'état final de l'Afrique romaine à la fin de son règne. Quelques correspondances nous sont parvenues du Xᵉ siècle, et plus significativement du XIᵉ siècle, lorsque des lettres latines furent adressées aux deux derniers évêques connus de Carthage. Elles décrivent une Église en ruine, avec seulement cinq évêques africains après trois siècles d'occupation. Un siècle plus tard, le calife almohade Abd al-Mu'min ordonna aux juifs et aux chrétiens de la région de se convertir sous peine d'exécution. La suite de l'histoire de l'Église africaine demeure perdue.

    L'Église africaine de la fin du XIe siècle a donné naissance à une dernière figure marquante, un médecin que nous connaissons sous le nom de Constantin l'Africain. Réfugié carthaginois devenu moine bénédictin à l'abbaye du Mont-Cassin, en Italie centrale, Constantin aurait introduit en Occident le corpus des textes médicaux arabes et joué un rôle déterminant dans la renaissance de la médecine occidentale en Europe. Bien que son biographe, Pierre le Diacre, le décrive comme un Sarrasin, il est surtout connu pour sa parfaite maîtrise du latin, langue dans laquelle il traduisit l'ensemble de ses œuvres. Il est donc probable que Constantin ait été l'un des derniers représentants de l'Église africaine.

    En définitive, le déclin de l'Église africaine nous confronte à une vérité troublante : la fragilité de la culture et de son partenaire pédagogique, l'Église. Tertullien demandait déjà au IIIe siècle : « Quel rapport y a-t-il entre Athènes et Jérusalem ? » Autrement dit, quel est le lien entre la culture et l'Église ? L'Église africaine a contribué à définir le christianisme occidental et a doté le monde latin de son langage doctrinal, disciplinaire et spirituel. Pourtant, cette même Église africaine qui a si fermement façonné l'Occident chrétien démontre aussi combien la vitalité naturelle de l'Église est intimement liée à la culture, à la langue et aux institutions sociales.

    Le christianisme ne se réduit jamais à la culture, mais il n'existe pas non plus en vase clos. L'Église africaine a prospéré grâce à son ancrage dans un monde dynamique de villes, d'écoles, de réseaux civiques et d'une langue commune, permettant ainsi la diffusion et la transmission de ses enseignements. Lorsque ces structures se sont effondrées, lorsque l'alphabétisation en latin a décliné, la transmission épiscopale est devenue impossible à assurer. Et lorsque la vie chrétienne a été coupée de ses racines sacramentelles et éducatives, l'Église a rencontré le cheval blanc tant attendu de l'Apocalypse. La leçon à en tirer pour notre époque est claire : l'orthodoxie seule n'a pu préserver l'Église africaine. La sainteté héroïque des martyrs n'a pu la sauver. Sans continuité de la vie culturelle et communautaire, la vie de foi deviendra une relique du passé.