Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

International - Page 239

  • A propos de l'emploi des langues dans la liturgie

    IMPRIMER

    mag_108_02-page-001.jpgLu dans le magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle" (livraison de l'automne 2018)

    "Que la langue du culte se distingue de celle de la vie courante est un phénomène sinon universel, du moins largement répandu dans beaucoup de liturgies.

    Cela était déjà vrai dans l’Antiquité païenne : à Rome, du temps d’Auguste, des collèges sacerdotaux comme les danseurs saliens ou les frères arvales conservaient pieusement des « carmina » dans une langue devenue archaïque. On ne les chantait pas moins. A la même époque, dans les synagogues juives, la Loi était lue en hébreu, langue alors tombée en désuétude, quitte à être traduite ou expliquée en araméen ou en grec. Jusqu’à un certain point, cela reste encore vrai de nos jours dans l’orthodoxie, avec l’usage du slavon ou du grec ancien et dans le catholicisme occidental avec le latin dont le concile Vatican II pose en principe que, sauf cas particuliers,  l’usage sera conservé dans les rites (constitution « Sacrosanctum Concilium », art. 36. 1).

    Mais pourquoi ? Par tendance, une liturgie est normalement conservatrice. Parce qu’elle est le lieu de la vérité qui ne varie pas. Modifier le rite, a fortiori la langue qui en est le caractère le plus marquant, pose la question du respect du sens, de la fidélité, dans un domaine par hypothèse délicat : celui de l’acte qui, dans le culte chrétien en tout cas, relie à l’absolu de Dieu. C’est une première explication mais, s’agissant du latin, il y en a d’autres, liées au contexte historique et, d’une manière générale, à la culture catholique.

    Des premiers temps à l’époque patristique

    Au fond, dans la liturgie chrétienne, les « distanciements » du langage quotidien ont existé dès l’origine. Lorsque le Christ institue l’Eucharistie au soir du Jeudi Saint, il le fait dans le contexte d’un rite juif, en araméen sans doute mais encadré par des psaumes hébraïques, c’est-à-dire dans une langue morte depuis le retour de l’exil à Babylone (538 av. J.-C.).

    Gagnant l’empire romain, le christianisme célébrera d’abord en grec : parce que celui-ci est  accessible aux nouveaux convertis, alors issus en majorité de la partie orientale de l’empire? Peut-être, mais surtout parce que le grec est, à la mesure du monde hellénistique, la langue de culture universelle susceptible d’exprimer avec exactitude la foi et les raisons de croire, mieux qu’aucun des dialectes de la Romania.  Depuis le IIe siècle avant notre ère, cette langue y exerce en effet une emprise intellectuelle que ne diminue pas l’éclat de la littérature latine dans les siècles suivants : à l’époque de Virgile et de Cicéron, de la bouche des maîtres d’école, les enfants des citoyens de Rome apprennent d’abord le grec. Et, cent ans avant le Christ, à Alexandrie, les savants juifs ont aussi achevé un tour de force : transposer en grec les concepts de la bible hébraïque. C’est la version dite « des Septante », qui ouvre la voie de la fusion ultérieure du message chrétien, de forme originairement sémitique, dans la pensée hellénique.

    Lire la suite

  • L'asile refusé à Asia Bibi au Royaume-Uni ?

    IMPRIMER

    Du site de Valeurs Actuelles :

    Londres aurait refusé l'asile à Asia Bibi par crainte de troubles communautaires

    Persécution. Selon l’Association chrétienne pakistanaise du Royaume-Uni, qui s'efforce d'obtenir l'asile d'Asia Bibi, le gouvernement britannique craint des émeutes en Grande-Bretagne, où vit une importante communauté pakistanaise, s’il propose l’asile à la chrétienne persécutée. 

    Le gouvernement de Theresa May aurait choisi de ne pas proposer l'asile à Asia Bibi. La crainte de troubles sécuritaires et communautaires est la raison invoquée assure l’Association chrétienne pakistanaise du Royaume-Uni au Huffington Post UK, car une importante communauté musulmane pakistanaise est installée au Royaume-Uni. « Le gouvernement britannique craint que le déménagement d’Asia Bibi au Royaume-Uni cause des problèmes de sécurité et des troubles au sein de certaines sections de la communauté, et constitue une menace pour les ambassades britanniques à l’étranger qui pourraient être la cible de terroristes islamistes », a indiqué au site d’information Wilson Chowdhry, le président de l’Association chrétienne pakistanaise britannique, précisant également que deux pays avaient fait des offres d’asile.

    La France prête à l’accueillir selon Le Drian

    Asia Bibi, une ouvrière agricole chrétienne, mère de quatre enfants, a été libérée de prison au Pakistan mercredi 7 novembre après avoir été acquittée pour blasphème. Elle avait passé huit ans dans le couloir de la mort après une dispute avec un groupe de femmes musulmanes en juin 2009 qui lui avaient demandé de ne pas boire de l'eau dans le même verre qu'elles parce qu'elle était chrétienne. La Cour suprême du Pakistan a annulé sa condamnation pour avoir « insulté le prophète Mohammed » la semaine dernière, mais son acquittement a déclenché de violentes émeutes menées par des islamistes. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a indiqué vendredi 9 novembre que la France était prête à l'accueillir et qu'elle oeuvrait à son exfiltration.

  • Asia Bibi a été libérée...

    IMPRIMER

    De Valentine Arama sur le site du Figaro :

    Pakistan : la chrétienne Asia Bibi libérée de prison mais toujours dans le pays

    Pakistan : la chrétienne Asia Bibi libérée de prison mais toujours dans le pays

    Acquittée il y a une semaine après huit ans passés dans les couloirs de la mort pour blasphème, Asia Bibi a finalement été libérée mercredi. Elle reste dans un «endroit sûr» à l'intérieur du pays, où les milieux islamistes représentent toujours une menace pour la vie de cette chrétienne.

    «Elle est toujours au Pakistan», a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Muhammad Faisal, alors que certains médias avaient fait état d'un départ dans la nuit pour l'étranger. La vie d'Asia Bibi est considérée comme en grave danger dans le pays et sa famille avait sollicité ces derniers jours l'aide de plusieurs pays occidentaux pour les accueillir.

    Sa libération a d'ores et déjà provoqué la fureur des nombreux islamistes radicaux qui appellent de longue date à son exécution et ont annoncé une grande manifestation ce jeudi à Karachi, la grande ville du sud du Pakistan. D'autres pourraient suivre vendredi. «#AsiaBibi a quitté la prison et a été transférée dans un endroit sûr! Je remercie les autorités pakistanaises», a tweeté le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ajoutant l'attendre «dès que possible avec son mari et sa famille» à Bruxelles. Selon plusieurs sources aéroportuaires, Asia Bibi, qui était emprisonnée depuis des années dans la ville de Multan (centre) a été évacuée mercredi soir à bord d'un avion à destination d'Islamabad. «Elle a été libérée. On m'a dit qu'elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir», avait auparavant indiqué à l'AFP Me Saif ul-Mulook dans un message à l'AFP.

    L'annonce de la sortie de prison d'Asia Bibi a immédiatement suscité la colère du Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un petit parti radical qui avait bloqué trois jours durant les principaux axes du pays la semaine dernière pour protester contre son acquittement, poussant le gouvernement du premier ministre Imran Khan à signer un accord controversé avec eux. L'exécutif s'était engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement, ce qui lui a valu de nombreuses critiques. Le parti radical va réunir sa direction ce jeudi pour «analyser toute la situation», a indiqué son porte-parole Pir Ijaz Ashrafi à l'AFP. «Je serai clair: nous avons suspendu les manifestations, nous n'y avons pas mis fin», a-t-il dit.

    Requête d'asile

    Le mari d'Asia Bibi avait réclamé samedi l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d'un trop grand danger s'ils restaient au Pakistan. «Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider», a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo. Le mari d'Asia Bibi a également sollicité l'«aide» du premier ministre canadien Justin Trudeau.

    Mercredi, une autre vidéo de Ashiq Masih a été mise en ligne par l'association italienne catholique Aiuto alla chiesa che soffre (Aide à l'Eglise qui souffre), dans laquelle il appelle le gouvernement italien à l'aide pour les faire sortir du Pakistan, où les conditions de vie deviennent selon lui très difficiles. Après ce message, le premier ministre italien Matteo Salvini a tweeté qu'il ferait «tout ce qu'il est humainement possible pour garantir un avenir à cette femme». La France «étudie» de son côté sous quelle forme elle pourrait aider ou accueillir la chrétienne «avec (ses) partenaires européens et internationaux», a déclaré sa secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. La maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite lundi «prête à l'accueillir» avec sa famille dans la capitale française.

    » LIRE AUSSI - L'appel des intellectuels: «Liberté pour Asia Bibi!»

    L'affaire Asia Bibi divise fortement le Pakistan, pays musulman très conservateur où le blasphème est un sujet extrêmement sensible. Des accusations suffisent à provoquer des lynchages. Asia Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d'une cinquantaine d'années et mère de famille, avait été condamnée à mort en 2010 pour blasphème à la suite d'une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d'un verre d'eau. Son cas avait ému la communauté internationale, attirant l'attention des papes Benoît XVI et François. L'une de ses filles a rencontré ce dernier à deux reprises.

  • Asia Bibi : quand Joëlle Milquet ferait mieux de s'abstenir...

    IMPRIMER

    unnamed.jpg

    En fait on ne sait pas ce qui est le pire : le smiley ridicule, l’absence cynique d’empathie, ou l’incapacité de Milquet à considérer le christianisme d’Asia Bibi comme la cause de son enfermement, tout en jugeant inadmissible qu’il puisse être celle de l’offre d’asile… Pathétique.

  • Asia Bibi n'est pas tirée d'affaire; l'espoir de sa libération broyé par la haine

    IMPRIMER

    Comment ne pas voir dans les évènements du Pakistan où la foule crie "pendez-la, pendez-la !" un rappel tragique de ces évènements fondateurs de notre foi où le Juste fut condamné à mort par la foule aveuglée de haine qui vociférait "crucifiez-le, crucifiez-le !". Ainsi, Asia Bibi nous apparaît comme une authentique figure christique qui révèle en même temps le mystère du mal et l'impuissance de ceux qui s'y opposent sans vraiment oser le dénoncer.

    De RFI - Les Voix du Monde :

    Pakistan: la libération d'Asia Bibi remise en question, son avocat fuit le pays

    Le sort de la chrétienne Asia Bibi, en prison depuis 2009 pour blasphème et symbole national de la lutte contre l'intolérance religieuse, reste incertain malgré son acquittement par la Cour suprême. Un accord conclu vendredi entre le gouvernement et les islamistes compromet sa libération. Son avocat, craignant pour sa vie, a quitté le pays ce samedi.

    Alors que la libération d'Asia Bibi semblait imminente, voilà qu'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre le gouvernement et les islamistes vient tout remettre en cause.Les manifestants islamistes radicaux qui bloquaient le pays depuis trois jours ont obtenu que le gouvernement s'engage à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement déposée jeudi dernier à Lahore par un religieux.Non seulement le gouvernement ne s’oppose pas au dépôt d’une requête en révision du jugement, mais en plus, contrairement à ce qui avait d’abord été assuré, la chrétienne ne pourra plus partir si elle le souhaite. Une procédure d’interdiction de quitter le territoire va ainsi être lancée. Et tant pis pour la crédibilité du Premier ministre Imran Khan, qui avait prononcé un discours de fermeté à l'égard des islamistes mercredi soir.

    Cela signifie qu'Asia Bibi, actuellement incarcérée à Multan, dans le centre du pays, devra soit rester en prison soit dans un autre endroit sûr, en attendant que la requête soit examinée, a estimé son avocat, Saif-ul-Malook, interrogé samedi par l'AFP.

    Son avocat quitte le pays

    Maître Saif-ul-Malook a décidé de quitter le pays craignant pour sa vie. « J'ai besoin de rester en vie, car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi », a-t-il expliqué. S'il s'attendait à la réaction violente des extrémistes, il déplore la réaction du gouvernement. « Ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas (faire) appliquer un jugement de la plus haute cour du pays », a-t-il déclaré.Pendant trois jours, les extrémistes ont bloqué les grands axes routiers et contraint les commerces et les écoles à fermer dans les grandes villes du pays.« Le gouvernement n'aurait jamais dû passer un tel accord », a déploré ce samedi Ashiq Masih, le mari d'Asia Bibi, interrogé par la radio allemande Deutsche Welle. « Il est mauvais de créer un précédent consistant à faire pression sur la justice », a-t-il souligné. « La situation actuelle est très dangereuse pour nous. Nous n'avons aucune protection et nous nous cachons, changeant fréquemment de lieu », a-t-il ajouté. Ashiq Masih a demandé au gouvernement de renforcer « la sécurité » de son épouse « en prison ».

    Pour lui, la Cour suprême pakistanaise s'est montrée « très courageuse » mercredi dernier en acquittant Asia Bibi, une mère de famille illettrée d'une cinquantaine d'années, dont le cauchemar avait commencé en 2009 alors qu'elle travaillait aux champs. Invoquant des raisons religieuses, deux femmes musulmanes avaient refusé de partager un verre d'eau avec elle et une querelle avait éclaté. Quelques jours plus tard, ces femmes avaient relaté l'affaire à un imam local qui avait accusé la chrétienne d'avoir « insulté » le prophète de l'islam, ce que celle-ci a toujours nié. Elle a été emprisonnée, condamnée à mort, avant d'être acquittée le 31 octobre par la Cour suprême.

  • L'épreuve endurée par Asia Bibi améliorera-t-elle le sort des chrétiens pakistanais ?

    IMPRIMER

    De Marc fromager sur le site du Figaro Vox :

    Au-delà d'Asia Bibi, tous les chrétiens d'Orient se sentent menacés

    Au-delà d'Asia Bibi, tous les chrétiens d'Orient se sentent menacés

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Asia Bibi a été libérée. Cette chrétienne avait été condamnée à mort au Pakistan pour blasphème. Tout en se réjouissant de cette décision, Marc Fromager espère que l'épreuve endurée par la jeune femme améliorera le sort des chrétiens pakistanais.


    Marc Fromager est directeur de l'AED (Aide à l'Église en Détresse), qui soutient les chrétiens en danger partout dans le monde.


    Comment ne pas se réjouir de la libération d'Asia Bibi, pour laquelle nous étions mobilisés depuis le départ, depuis neuf ans. L'AED (Aide à l'Eglise en Détresse) avait d'abord lancé une pétition en 2009 avec plus de 11 000 signatures, apportées au Quai d'Orsay. Une large mobilisation avait sans doute sauvé Asia Bibi dans un premier temps mais avait ensuite compliqué sa libération. Entre-temps, elle était devenue une icône, voire une victime expiatoire.

    C'est la raison pour laquelle nous avons plus tard cessé de la médiatiser, sur les conseils de l'Église au Pakistan qui souhaitait la faire oublier. Nous n'avons pas cessé de la soutenir pour autant, notamment à travers la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale pakistanaise qui prenait en charge des frais d'avocat et de soutien financier de la famille.

    Pour revenir à sa libération, nous ne pouvons que nous en réjouir. J'étais moi-même il y a deux semaines à Londres avec le mari et une des filles d'Asia Bibi. Ils avaient l'air assez confiants mais évidemment, il fallait attendre que la décision finale soit rendue publique.

    A ce stade, il est important de saluer le courage des juges pakistanais. On sait que le gouvernement pakistanais souhaitait la libération d'Asia Bibi depuis assez longtemps, pour des raisons d'image internationale, mais la menace de désordre majeur a fait traîner ce cas toutes ces années.

    Il faut dire que de nombreuses personnes ont été assassinées ces dernières années pour avoir publiquement pris position contre la loi anti-blasphème. Je pense notamment à Salman Taseer, gouverneur musulman du Punjab qui a été assassiné en 2011 par son garde du corps pour avoir défendu Asia Bibi. Nous ne les oublions pas en ce jour de sa libération.

    On peut imaginer qu'au-delà de la Cour Suprême, le gouvernement pakistanais a donné son feu vert pour l'acquittement et nous l'en félicitons. Il va maintenant falloir faire face, alors que des émeutes ont déjà éclaté dans le pays. Les groupes islamistes mettent à exécution les menaces proférées en amont du jugement. Ils souhaitent, là comme ailleurs, imposer leur loi.

    Au cours des prochains jours, nous serons particulièrement attentifs au sort des communautés chrétiennes, des cibles faciles pour les représailles des groupes extrémistes musulmans.

    Au-delà de la libération d'Asia Bibi, on ne peut que déplorer le sort des minorités religieuses au Pakistan, en particulier les chrétiens, qui représentent à peu près 3% de la population, souvent marginalisés, discriminés, au plus bas de l'échelle sociale, et qui font régulièrement l'objet d'attentats, surtout au moment des grandes fêtes chrétiennes.

    Pour conclure, nous pouvons espérer que cet acquittement fera jurisprudence et que, dorénavant, la justice pakistanaise surveillera de plus près toute éventuelle accusation de blasphème. À terme, nous espérons que très rapidement, la loi anti-blasphème soit supprimée. Il n'est pas question d'encourager le blasphème mais de supprimer une loi inepte qui est le plus souvent instrumentalisée pour simplement régler des problèmes de voisinage.

    Si les chrétiens au Pakistan pouvaient dorénavant être un peu plus respectés, la dramatique épreuve d'Asia Bibi n'aura pas été vaine.

  • La libération d'Asia Bibi ne mettra pas fin à la persécution des chrétiens au Pakistan

    IMPRIMER

    De Jean-Marc Four sur le site de France Inter :

    La libération d'Asia Bibi n'arrêtera pas la persécution des chrétiens au Pakistan

    C’est un événement qu’espéraient tous les militants des droits de l’homme : au Pakistan, la Cour suprême a donc acquitté Asia Bibi, une femme chrétienne injustement accusée de blasphème. Mais cette bonne nouvelle n’est qu'apparente car elle n'arrêtera pas la persécution des chrétiens. C'est "le monde à l'envers".

    La voici cette décision de la Cour Suprême Pakistanaise: 56 pages d’explication, le poids du courage politique.

    Les 3 juges de la Cour Suprême Pakistanaise (leurs noms sont là en haut de la première page), ont donc mis fin à 5 ans de procédure et 8 ans d’emprisonnement.  8 ans pour rien : Asia Bibi est relaxée de toutes les accusations. Elle sera libre dans quelques heures.

    L’affaire remonte à 2010

    Cette femme chrétienne alors âgée de 39 ans (elle en a 47 aujourd’hui) travaille aux champs avec trois musulmanes. Elle boit une gorgée d’eau dans un bol appartenant aux trois autres femmes. Ces dernières ne le supportent pas, elles lui demandent de se convertir à l’Islam. Asia Bibi refuse. Procès pour blasphème, menace de pendaison.

    L’affaire durait donc depuis 8 ans, dans un climat de forte pression politique orchestrée par les partis musulmans extrémistes.

    Décision des juges, qui citent Shakespeare, je lis page 55 : « Asia, ça veut dire pêché en arabe, quelle ironie : elle n’a pas pêché, ce sont les autres qui ont pêché contre elle ».  Les juges estiment que les accusations portées contre Asia Bibi sont confuses et contradictoires. La condamnation de première instance est cassée, l’accusée est libérée.

    Et bien sûr, il faut, avec tous les militants des droits de l’homme, s’en féliciter. Le problème c’est que ça ne va sans doute pas changer grand-chose à la situation générale au Pakistan.

    Une double fatwa contre Asia et contre les juges

    Cette femme va bien retrouver la liberté mais à quel prix !

    Dès l’annonce de la décision des juges, des manifestations de colère ont éclaté dans les grandes villes du Pakistan, Karachi, Lahore, Islamabad, à l’appel d’un parti extrémiste le TLP. Et il faut s’attendre à de sérieux mouvements de foule après-demain pour la grande prière du vendredi.

    Asia Bibi va devoir fuir avec son mari et ses deux filles, probablement à l’étranger : une condamnation à mort des religieux extrémistes pèse sur elle. Comme Salman Rushdie, elle vivra toute sa vie avec cette menace dans son dos.

    Et il en va de même pour les trois juges de la Cour Suprême. Même fatwa religieuse à leur encontre, même appel à les assassiner. Près de 300 policiers ont dû être déployés autour des bâtiments de la Cour ce matin.

    D’ailleurs, la décision des magistrats a en fait été prise il y a 3 semaines. Mais elle n’a pas été divulguée avant aujourd’hui, le temps de préparer la protection des juges.

    Au Pakistan, la loi sur le blasphème est telle que l’on peut être poursuivi pour un oui, pour un non. Et les lynchages sont courants, sans même un procès. Le personnel politique n’ose pas s’attaquer à cette loi obscurantiste. Le seul homme à l’avoir fait, Salman Taseer, a été assassiné en 2011. Même le nouveau premier ministre, Imran Khan, pourtant un laïc éduqué à l’occidentale, ne s’est pas hasardé à critiquer la loi. Il s’est contenté cet après-midi d’appeler à respecter le verdict de la Cour Suprême. C’est bien le moins.

    La persécution des chrétiens s’accroît

    Il est donc dangereux être chrétien au Pakistan.

    Le pays compte 4 millions de chrétiens sur 200 millions d’habitants. Et au fil des ans, les agressions se multiplient. C’est l’un des pires lieux au monde pour les chrétiens.

    Viols, enlèvements, conversions forcées à l’Islam. Attaques contre une église à Quetta l’an dernier, 9 morts. Attaque suicide contre une célébration de Pâques il y a 2 ans, 70 morts. Etc.

    Mais cette dégradation ne concerne pas seulement le Pakistan. Selon l’ONG protestante Open Doors, les chrétiens font désormais l’objet de persécutions dans 50 pays au monde.

    Et la situation empire en de nombreux endroits :

    - En Inde, où le nationalisme hindou fait des ravages ;

    - Et dans la Corne de l’Afrique, en Erythrée, en Somalie, au Soudan, où il n’y a même pas de lieux pour prier.

    L’an dernier, près de 3000 chrétiens auraient été tués dans le monde en raison de leurs convictions religieuses. Et les femmes, comme Asia Bibi, sont les premières cibles de la persécution. Donc oui, la décision des juges Pakistanais est courageuse. Mais c’est un îlot au milieu d’un océan de violence.

  • Asia Bibi acquittée et libre

    IMPRIMER

    A voir sur aleteia.org :

    Sylvain Dorient

    Asia Bibi acquittée, le Pakistan en suspens

    Sylvain Dorient

    Loi anti-blasphème : la jurisprudence Asia Bibi pourrait changer les choses

    Athénaïs Clicquot

    Vidéo : Asia Bibi, une foi indestructible

    ... et sur le site de l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE :

    Innocentée, Asia Bibi est condamnée à l’exil

    L’AED se réjouit de l’acquittement d’Asia Bibi, première femme condamnée à mort au titre de la loi anti-blasphème et emprisonnée depuis 9 ans au Pakistan, mais dépl...

    LIRE L’ARTICLE

    PAKISTAN :

    « À l’annonce de la libération d’Asia Bibi, la vie s’est arrêtée ! »

    Deux prêtres au Pakistan témoignent de la joie et de la crainte mêlées qui accompagnent l’acquittement et l’annonce de la libération d’Asia Bibi. La Cour suprême du Pakis...

    LIRE L’ARTICLE

    PAKISTAN :

    « La famille d’Asia Bibi a dansé de joie »

    Les proches d’Asia Bibi ont décrit aujourd’hui la nouvelle de l’acquittement de celle-ci comme « le moment le plus merveilleux » de leur vie et ont remercié D...

    LIRE L’ARTICLE

  • La complaisance des Nations Unies envers l'Islam

    IMPRIMER

    Lire la suite

  • D'après le cardinal Zen, le pape ne comprend pas la Chine

    IMPRIMER

    Du New York Times (en opinion) traduit sur le site "Forum Catholique" :

    Le pape ne comprend pas la Chine

    Par le Cardinal Joseph Zen Ze-Kiun

    Le cardinal Zen est évêque émérite de Hong Kong.

    Opinion publiée par le New York Times, le 24 octobre 2018

    ''HONG KONG - Le mois dernier, le Vatican a annoncé la conclusion d’un accord provisoire avec le gouvernement chinois sur la nomination d’évêques catholiques. Les partisans de cet accord disent qu'il apporte enfin l'unité après une longue division - entre une Église clandestine fidèle au pape et une Église officielle approuvée par les autorités chinoises - et que, avec cela, le gouvernement chinois a reconnu pour la première fois le pape. En réalité, cet accord constitue une étape majeure dans la destruction de la véritable Église en Chine.

    Je connais l'Église en Chine, je connais les communistes et le Saint-Siège. Je suis un Chinois de Shanghai. J'ai vécu de nombreuses années sur le continent et de nombreuses années à Hong Kong. J'ai enseigné dans des séminaires à travers la Chine - à Shanghai, Xian, Pékin, Wuhan, Shenyang - entre 1989 et 1996.

    Le pape François, un argentin, ne semble pas comprendre les communistes. Très pastoral, il vient d’Amérique du Sud, où des gouvernements historiquement militaires et des riches se sont rassemblés pour opprimer les pauvres. Et qui était là pour défendre les pauvres? Les communistes. Peut-être même quelques jésuites, et le gouvernement appelait ces jésuites des communistes.

    Francis peut avoir une sympathie naturelle pour les communistes parce que pour lui, ce sont les persécutés. Il ne les connaît pas comme les persécuteurs qu’ils deviennent une fois au pouvoir, comme les communistes en Chine.

    Le Saint-Siège et Beijing ont rompu leurs relations dans les années 1950. Des catholiques et d'autres croyants ont été arrêtés et envoyés dans des camps de travail. Je suis retourné en Chine en 1974 pendant la révolution culturelle; la situation était terrible, au-delà de l'imagination. Toute une nation en esclavage. Nous oublions ces choses trop facilement. Nous oublions également que vous ne pouvez jamais avoir un accord vraiment bon avec un régime totalitaire.

    La Chine s’est ouverte, certes, depuis les années 1980, mais même aujourd’hui, tout est encore sous le contrôle du Parti communiste chinois. L’Église officielle en Chine est contrôlée par la soi-disant association patriotique et la conférence des évêques, toutes deux dirigées par le parti.

    De 1985 à 2002, le cardinal Jozef Tomko a été préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples, qui supervise le travail missionnaire de l’Église. C'était un Slovaque qui comprenait le communisme et il était sage.

    Lire la suite

  • Moscou ou Constantinople ? Rome aurait fait son choix...

    IMPRIMER

    De Sandro Magister en traduction sur le site "Diakonos.be" :

    En Orient, c’est la rupture entre Cyrille et Bartholomée. Et le pape penche plutôt pour le premier

    Sur le terrain militaire, le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine se poursuit à bas bruit. Mais sur le terrain religieux, les combats viennent d’atteindre leur paroxysme.  Ce 15 octobre, le patriarcat de Moscou « et de toutes les Russies », avec à sa tête Cyrille, a rompu la communion eucharistique avec le patriarcat de Constantinople dirigé par Bartholomée.

    Cela signifie que les ministres sacrés de l’Église orthodoxe russe ne célébreront plus aucune liturgie commune avec les ministres du patriarcat de Constantinople – auquel Moscou refuse systématiquement le qualificatif d’ « œcuménique » – et que même les simples fidèles russes devront s’abstenir de participer aux sacrements administrés dans les églises du patriarcat byzantin.

    Le motif de la rupture, c’est cette décision de Bartholomée, annoncée le 11 octobre, de créer en Ukraine une Église orthodoxe « autocéphale », c’est-à-dire indépendante, qui ne dépendrait plus de la juridiction du patriarcat de Moscou.

    A vrai dire, il y a aujourd’hui trois Églises orthodoxes en Ukraine. La plus importante, celle dirigée par le métropolite Onuphre, relève précisément de la juridiction du patriarcat de Moscou.  La seconde a été créée en 1995 en tant que patriarcat indépendant par Philarète, un ex haut hiérarque de l’Église Russe, ce qui lui a valu d’être excommunié par Moscou.  Et la troisième, dirigée par le Métropolite Macaire, lui aussi excommunié, s’est auto-proclamée « autocéphale » en 1991 mais n’était jusqu’à présent reconnue par aucune autre Église orthodoxe.

    En fait, le plan de Bartholomée a consisté à unifier ces trois branches et à conférer l’autonomie à une Église orthodoxe ukrainienne reconstituée, dans l’orbite du patriarcat œcuménique de Constantinople. Il a pour cela a levé les excommunications de Philarète et de Macaire.  Il a envoyé en Ukraine, en tant qu’exarques propres – en les faisant venir respectivement des États-Unis et du Canada – les évêques Daniel et Hilarion, et leur a donné la mission de tisser les liens de l’unification.  Il a rétabli à Kiev la stavropégie de Constantinople, autrement dit une juridiction ecclésiale dépendant directement du patriarcat œcuménique.  Et il a déclaré périmé le « lien juridique de la lettre synodale de l’an 1686 », c’est-à-dire le document par lequel le patriarche œcuménique Dionysios IV avait accepté la subordination de la métropole de Kiev au patriarcat de Moscou.

    Constantinople et Moscou ont deux interprétations diamétralement opposées de ce document. Pour Constantinople, cette concession de droits n’était que provisoire et a cessé de produire ses effets depuis bien longtemps.  Pour Moscou, elle était et reste définitive.

    Lire la suite

  • Le monde doit reconnaître le génocide des chrétiens

    IMPRIMER

    Le monde doit reconnaître le génocide des chrétiens

    1.834 personnes ont signé. Aidez-nous à augmenter ce nombre 10.000 signatures.

    By CitizenGO · 15/10/2018

    Le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde. Des chrétiens sont emprisonnés, torturés et même tués.

    Tout cela juste pour leur foi.

    Chaque mois, en moyenne, on dénombre 255 meurtres, 104 enlèvements, 180 femmes violées ou harcelées, 66 églises attaquées et 160 incarcérations sans procès, selon l’organisation Open Doors**.

    L’année dernière, 3 066 chrétiens ont été massacrés, 1 252 ont été kidnappés, 1 020 femmes ont été violées et 793 églises ont été attaquées. Une grande partie d’entre eux étaient des enfants et des jeunes, une cible privilégiée des islamistes pour effrayer la population ***. Les régions d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient sont celles où elles sont le plus punies.

    Que pouvons-nous faire pour eux ?

    Les institutions internationales ignorent la situation actuelle de centaines de millions de personnes menacées d’extermination en raison de leurs convictions religieuses. Il est essentiel de s’assurer que des organisations telles que l’ONU et l’Union européenne reconnaissent officiellement que des chrétiens sont systématiquement persécutés dans le monde depuis des années.

    C’est pourquoi nous demandons à Ahmed Shaheed, rapporteur spécial sur la liberté religieuse à l’ONU, et à Ján Figel, envoyé spécial pour la promotion de la liberté religieuse en dehors de l’Union européenne, de reconnaître officiellement comme génocide, la persécution religieuse perpétrée contre des chrétiens en raison de leur religion.

    Nous aurons l’occasion de rencontrer Ahmed Shaheed à Genève et Ján Figel à Bratislava : à ces deux occasions, nous leur montrerons les signatures recueillies lors de cette campagne et leur demanderons d’admettre l’existence d’un génocide contre les chrétiens.

    Signer la lettre suivante :

    Reconnaissons le génocide des chrétiens

    À l’attention de M. Ahmed Shaheed, rapporteur spécial sur la liberté religieuse à l’ONU et M. Ján Figel, envoyé spécial pour la promotion de la liberté religieuse en dehors de l’UE :

    Des milliers de personnes sont assassinées, torturées et violées chaque année dans le monde uniquement pour leur foi chrétienne. Ce sont en grande partie des enfants et des jeunes, cibles privilégiées de terroristes comme Daech pour effrayer la population.

    Au cours des deux dernières années, la plus grande persécution de tous les temps contre les chrétiens a été enregistrée et les droits de l’homme de millions de personnes sont violés à cause de leur religion.

    Je vous demande de considérer la reconnaissance du génocide chrétien afin que le monde ouvre les yeux sur ce fait, souvent réduit au silence.

    Vous pouvez demander aux Nations Unies et à l’Union européenne de disposer de mécanismes adéquats pour protéger les communautés chrétiennes persécutées dans le monde.

    Merci de votre aide.

    Bien cordialement,

    Salutations,

    [Votre Nom]