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International - Page 241

  • Nigeria : les responsables chrétiens sonnent l'alarme à propos des violences qui frappent les femmes, les enfants et les personnes âgées

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    De l'agence Fides :

    AFRIQUE/NIGERIA - Alarme des responsables chrétiens à l’égard de la violence frappant en majorité femmes, enfants et personnes âgées

    jeudi, 4 octobre 2018

    Jos (Agence Fides) – Quelques 6.000 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées, provenant de familles d’agriculteurs chrétiens ont été brutalement mutilées et tuées dans le cadre d’incursions nocturnes perpétrées par des éleveurs armés d’ethnie Foulani à compter de janvier de cette année (voir Fides 19/09/2018) : tel est le cri d’alarme lancé par les responsables chrétiens au Nigeria. « Ce qui arrive actuellement dans l’Etat du Plateau et dans d’autres Etats nigérians doit être bloqué immédiatement » affirme l’avertissement lancé par l’Association chrétienne du Nigeria dans l’Etat du Plateau. Dans une note parvenue à Fides, les responsables exhortent le gouvernement nigérian « à bloquer cet épanchement de sang insensé et cruel et à éviter l’état de complète anarchie dans lequel les personnes sont contraintes à se défendre par elles-mêmes ».

    « Nous sommes particulièrement préoccupés suite à la diffusion de l’insécurité dans le pays, alimentée quotidiennement au sein de nos communautés par des agressions et des homicides perpétrés par des éleveurs, des bandits et des terroristes armés malgré les investissements importants réalisés au sein des agences pour la sécurité » affirme l’appel. Il se réfère en cela aux violentes attaques enregistrées dans le cadre des incursions accomplies par des éleveurs d’ethnie Foulani contre des agriculteurs du cru dans les environs de la ville de Jos à la fin du mois de juin, sachant que la majorité de ces agriculteurs étaient chrétiens.

    Bien que nombre soient ceux qui qualifient les homicides de conflit pour les propriétés foncières entre différents groupes et « d’affrontements entre éleveurs et agriculteurs », les responsables relèvent également l’augmentation de la valeur du facteur religieux, dans la mesure où « les communautés de chrétiens sont continuellement attaquées ».

    Selon l’ONG Intersociety, 2.000 agriculteurs chrétiens auraient été tués en 2018 au Nigeria tant par des éleveurs Foulanis que par les radicaux islamistes de Boko Haram. (AP) (Agence Fides 04/10/2018)

  • Comment dit-on dhimmitude en chinois ?

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     Un article du vaticaniste Sandro Magister paru sur « Settimo Cielo » et  traduit par notre confrère « diakonos.be »

    dhimmitude Cina4-300x193.jpg« Au geste du pape François qui, le jour même de la signature de l’accord avec la Chine, levait l’excommunication pesant sur les sept évêques installés d’autorité ces dernières années par le parti communiste sans l’accord du Saint-Siège, les autorités chinoises ont répondu en désignant les deux évêques qui se rendront à Rome pour participer au Synode des Jeunes :

    > Vescovi cinesi potranno prender parte al prossimo sinodo

    C’est une première et il semble que cette décision soit un avant-goût de ce qui nous attend en matière de futures nominations épiscopales, sur base de l’accord stipulé entre les deux parties. Un accord dont le contenu n’a pas été divulgué mais qui n’est visiblement pas équitable.

    Alors que par le passé, d’abord en 1998 et ensuite en 2005, les évêques chinois invités respectivement par Jean-Paul II et par Benoît XVI aux synodes de ces dernières années n’ont jamais obtenu l’autorisation de se rendre à Rome, c’est aujourd’hui le contraire qui se passe. Ce sont les autorités de Pékin qui désignent les évêques à envoyer au synode et Rome n’a pas soulevé la moindre objection.  C’est le haut fonctionnaire chinois Wang Zuo’an, directeur de l’administration d’état pour les affaires religieuses, qui a rendu leur désignation publique.

    Les deux élus sont Jean-Baptiste Yang Xiaoting, évêque de Yan’an-Yulin et Joseph Guo Jincai, évêque de Gengde. Tous deux sont depuis longtemps des exécuteurs dociles de la volonté des autorités chinoises et le second – qui fait partie des sept qui ont été absous de leur excommunication – est également le secrétaire général de la pseudo-conférence épiscopale des évêques chinois dont continuent à ne pouvoir faire partie les évêques soi-disant « clandestins », c’est-à-dire en communion avec Rome mais non reconnus par le régime.

    Aujourd’hui, les évêques « clandestins » sont au nombre de 17, dont 7 ont largement dépassé les 75 ans. Deux d’entre eux sont flanqués, dans leurs diocèses respectifs, de deux évêques nommés par le gouvernement et amnistiés ces derniers jours par le Pape.  Dans le diocèse de Shantou, l’évêque « clandestin » a 87 ans et pourra être facilement remplacé.  Mais dans celui de Xiapu-Mindong, l’évêque « clandestin » Vincent Guo Xijin, 56 ans, devra céder sa place à son concurrent Vincent Zuahn Silu, pour obéir au « sacrifice » qui lui a été demandé par le Vatican depuis l’hiver dernier.  Cela montre encore une fois combien le régime chinois se trouve avantagé en matière de contreparties.

    Settimo Cielo a fourni en février dernier un organigramme détaillé de tous les évêques actuellement présents en Chine – dont l’annuaire pontifical ne cite pas les noms, sauf pour Hong-Kong et Macao – sur base du livre très bien informé du vaticaniste Gianni Cardinale sorti au début de cette année à la Librairie éditrice du Vatican :

    > Evêques chinois illégitimes, officiels, clandestins… ceux que François récompense et les autres

    Il faut cependant ajouter que pour le diocèse de Ningbo, où le dernier évêque reconnu, nommé Hu Xiande, « clandestin », est décédé le 25 septembre 2017, le Saint-Siège s’est bornée à communiquer que « le successeur a pris possession du diocèse » signe qu’il doit y avoir là aussi un nouvel évêque non reconnu par le gouvernement chinois mais dont l’identité n’a cependant pas été révélée.

    Une dernière remarque sur l’étrange affaire ce huitième évêque dont le Pape François a levé l’excommunication le 22 septembre dernier, non pas de son vivant mais après sa mort.

    Dans l’acte papal de révocation de l’excommunication, il est en effet écrit que cet évêque, Antoine Tu Shihua, un franciscain, décédé le 4 janvier 2017, « avait exprimé avant de mourir le désir d’être réconcilié avec le siège apostolique ».

    « L’Osservatore Romano » n’a pas publié la nécrologie de cet évêque, ni celle des autres évêques illégitimes décédés sans s’être réconciliés avec l’Église ni publiquement ni dans leur for interne.

    Il y a donc deux explications possibles à cette absolution « post mortem » récemment accordée par le Pape François.

    Ou bien le Saint-Siège n’a appris son désir de réconciliation que longtemps après sa mort. Ou bien le gouvernement chinois a exigé de Rome sa réhabilitation à titre posthume.  Et qu’il l’a obtenue.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    Ref. Dans la partie avec le Vatican, c’est la Chine qui commande

    JPSC

  • Un spécialiste du christianisme chinois décrypte l'accord Chine-Vatican

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    Du site "Eglises d'Asie" (Agence d'Information des Missions étrangères de Paris) :

    L’accord Chine-Vatican du 22 septembre : un ballon d’essai au gré du vent

    27/09/2018

    En janvier, EDA publiait un dossier sur les échanges Chine-Vatican, intitulé « La longue marche de l’Église vers une entente Chine-Vatican ». Le but est-il enfin atteint ? Un accord provisoire a été signé à Pékin le samedi 22 septembre entre Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États et Son excellence M. Wang Chao, ministre député aux Affaires étrangères de la République populaire de Chine, tous deux à la tête de leurs délégations respectives. Voici l'analyse du père Jean Charbonnier, prêtre des Missions Étrangères de Paris (MEP) et spécialiste du christianisme chinois.

    Une première remarque s’impose sur les modalités de l’accord. Il a été signé à Pékin. À tout seigneur, tout honneur. Le représentant du pouvoir chinois relève du ministère des Affaires étrangères, qui peut traditionnellement se montrer plus libéral au moment même où la politique intérieure renforce sa discipline. L’accord n’implique en aucune façon un changement dans l’application brutale de la nouvelle loi sur les religions en vigueur depuis février dernier. Le gouvernement chinois peut même faire valoir son accord officiel avec Rome pour forcer tous les catholiques à entrer dans le cadre « patriotique » de la politique officielle du Parti. La position des clandestins s’en trouve affaiblie. Cependant, l’accord est annoncé comme une victoire par le cardinal Parolin et le monde entier est invité à s’en réjouir. Ce premier signe d’entente entre Rome et Pékin est sans doute attendu depuis longtemps. Mais est-il si important ? Les médias chinois, pour leur part, y font peu d’échos.

    Que savons-nous de cet accord ?

    Trois éléments sont révélés explicitement :

    1. Les sept évêques illicites nommés sans l’accord de Rome, y compris trois d’entre eux excommuniés, sont réconciliés avec le Saint-Siège après avoir officiellement demandé pardon.

    C’est une victoire pour le gouvernement chinois. C’est un réconfort pour les évêques concernés. C’est un affaiblissement de l’autorité romaine pour les catholiques clandestins qui ne comprennent pas ce revirement du Saint-Siège. Du point de vue de la psychologie chinoise, c’est une perte de la face intolérable et la crainte de sanctions accrues. Si l’on peut comparer le dialogue Vatican-Pékin à un match de football, l’équipe des blancs du pape laisse les rouges de Pékin tirer le premier coup dans le ballon et les laisse même marquer leur premier but.

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  • Chine : vers la fin d’un schisme, à quel prix ?

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    Selon le pape François (le texte de l’accord n’a pas été rendu public), les nominations à venir de tous les évêques chinois « seront faites par le pape », en quoi, prétend-il, elles se distingueraient des pratiques désuètes de l’ancien régime. Mais il faut ici s’entendre sur le sens des mots...

    Les procédures de nomination épiscopale ont beaucoup varié de l’antiquité romaine à nos jours. En France, par exemple, depuis le concordat de 1518 jusqu’à la Révolution, le roi nommait le candidat à l’évêché vacant qui devait ensuite (après examen) recevoir du pape l’investiture canonique octroyant une juridiction sur les fidèles de son diocèse : après quoi seulement le roi pouvait lui donner l’investiture temporelle. Bref, le pape disposait là d’un droit de veto possible à la nomination royale.

    Pekin téléchargement (20).jpgEn Chine, l’Eglise catholique romaine a été interdite par les communistes en 1949. Elle a subsisté depuis sous une forme clandestine tandis que le gouvernement de Pékin a suscité à partir de 1957 une « association de patriotes catholiques chinois » schismatique qui nomme ses évêques parallèlement aux évêques clandestins légitimes, désignés par Rome. Pour résorber ce schisme, le pape François serait, semble-t-il, convenu avec Pékin, entre autres dispositions, d’une procédure négociée (dont les termes n’ont pas été révélés) d’agréation conjointe d’un seul évêque pour chaque diocèse à pourvoir : si elle aboutit, l’acte de nomination comme tel peut alors être formalisé par Rome. Mais que fait-on en cas de blocage ?

    En toute hypothèse, l’esprit de ce « concordat » encore mystérieux est, sans aucun doute, fort loin de l’esprit de l’Eglise libre dans l’Etat libre qui prévaut dans les Etats s’inspirant du libéralisme moderne.

    JPSC

  • L’Afrique où le christianisme refleurit : en Ethiopie

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    ethiopie.jpg

    De Jean-Claude Guillebaud, écrivain et journaliste,  sur le site de « La Vie »

    « Dès l’arrivée en Éthiopie, c’est un choc. Les Éthiopiens ont été christianisés au début du IVe siècle, bien avant nous. Or, ce très ancien christianisme est plus vivant que jamais. J’en témoigne : je connais ce pays depuis novembre 1973, et j’y retourne sans cesse. Grâce à la librairie La Procure, j’y accompagne cette fois une vingtaine de personnes « sur les traces du christianisme éthiopien ».

    Commençons par les détails. Les adolescents et les hommes portent tous aujourd’hui autour du cou une croix tenue par un fil noir, rappel des souffrances du Christ. Les femmes ne sont pas en reste, avec le châle blanc dont elles s’enveloppent, la chamma traditionnelle. Dans chaque bourgade traversée, on entend dès l’aube les chants orthodoxes qui correspondent à nos matines, laudes et prime. Un peu partout, de Lalibela à Bahir Dar, Gondar ou Aksoum, on restaure des monastères. On construit aussi beaucoup d’églises. Elles sont pleines, surtout pour les fêtes religieuses qui scandent le calendrier éthiopien, comme chez nous jadis. Ce jeudi 27 septembre par exemple, c’est le Mesqel ou fête de la Vraie Croix. Des milliers d’Éthiopiens sont dans la rue ou sur les places, autour d’un grand feu. Cette fête célèbre la découverte, en 326, de la croix sur laquelle Jésus-Christ aurait été crucifié. La mère de l’empereur romain Constantin aurait retrouvé cette relique à Jérusalem.

    On sent dans le pays une indéfinissable joie de pratiquer à nouveau sa foi, de chanter, d’être en procession. 

    Pour comprendre l’intensité d’une telle ferveur, il faut se souvenir que l’Éthiopie a vécu une dictature militaire soutenue par l’ex-URSS, de 1974 à 1991. L’Église fut persécutée, nombre de monastères profanés et incendiés. La foi fut non seulement proscrite, mais moquée. L’ « avenir radieux », « les lendemains qui chantent » et autres fadaises promises par le marxisme ne se discutaient pas. J’ajoute que ces années ont été ensanglantées par une terreur rouge qui n’épargna pas les enfants. Le gouvernement militaire du derg (« comité » en amharique) traqua sans pitié les deux partis révolutionnaires qui lui étaient hostiles. À ces violences s’ajoutaient les guerres en cours, celle d’Érythrée au nord, celle de l’Ogaden au sud.

    Aujourd’hui, on sent dans le pays une indéfinissable joie de pratiquer à nouveau sa foi, de chanter, d’être en procession. Les accompagnateurs éthiopiens ne manquent jamais d’inviter les touristes au respect des lieux de culte. Certes, les « laïcs » que nous sommes devenus pourront trouver désuet ce christianisme qui fait son retour en Abyssinie. Mais son ancienneté inspire le respect. Quand on visite à Lalibela ces prodigieuses églises monolithes, creusées dans la roche autour des XIe et XII e siècles, on peut difficilement ne pas être ému. On vient du monde entier pour les voir. Elles sont devenues l’un des épicentres planétaires de notre mémoire chrétienne.

    Le paradoxe est le suivant : alors que les chrétiens d’Éthiopie renouent ainsi avec leur foi millénaire, ils apprivoisent en même temps la modernité. Internet est accessible par le Wi-Fi dans la plus modeste bourgade. Et la télévision est partout. Mais le nouveau danger que l’Éthiopie profonde doit affronter, c’est le tourisme de masse. Ses effets pervers sont connus : avidité, mendicité auprès de ces farandj (« étrangers ») qui, bouleversés par la misère ambiante, donnent parfois 20 € à un enfant, soit la moitié du salaire de son père. Le péril est redoutable. Il nous faut apprendre à aimer l’Éthiopie, mais sans la corrompre. »

    Ref.  En Ethiopie, un christianisme bien vivant

    JPSC

  • Une analyse sérieuse et équilibrée de l’accord entre le Saint-Siège et les autorités chinoises

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    De diakonos.be :

    Un « brin de positivité » dans l’accord sur la Chine. Le commentaire d’un expert

    Le commentaire que nous reproduisons intégralement ci-dessous a été publié lundi 24 septembre sur Asia News, l’agence en ligne de l’Institut pontifical des missions étrangères dirigée par le P. Bernardo Cervellera qui est spécialisée dans les informations sur la Chine et qui publie en quatre langues, dont le chinois.

    Il s’agit à ce jour de l’analyse la plus sérieuse et la plus équilibrée publiée au sujet de l’accord entre le Saint-Siège et les autorités chinoises signé à Pékin le 22 septembre. Un accord qui a été officiellement annoncé le même jour sans pour autant que son contenu n’ait été rendu public :

    > Soumission. L’accord fantôme entre le Saint-Siège et la Chine

    La parole est au directeur d’Asia News.

    *

    L’accord Chine-Vatican : quelques avancées positives, sans oublier les martyrs

    de Bernardo Cervellera

    Deux jours après la signature de cet accord entre la Chine et le Saint-Siège sur la nomination des évêques que beaucoup ont qualifié d’« historique » avec beaucoup d’insistance, essayons de comprendre et d’analyser sa portée. Le communiqué laconique de la salle de presse du Vatican – alors que tous les journalisées étaient occupés ailleurs, avec le voyage du Pape François en Lituanie – a été accueilli à la fois avec un grand optimisme mais aussi avec un profond pessimisme.

    Chez les optimistes, on a usé et abusé de l’adjectif « historique » en oubliant que cet accord est défini comme étant « provisoire », sujet à des « évaluations périodiques » et que le directeur de la salle de presse lui-même a parlé de « début » d’un « processus » et non de son « terme ».

    Pour les pessimistes, il s’agit du « début » d’une remise complète de l’Église chinoise entre les mains de l’État qui, comme c’est déjà le cas, en fera ce qu’il veut, c’est-à-dire un instrument du parti communiste, et ils pointent du doigt le silence sur les souffrances que les catholiques officiels et non officiels endurent depuis 70 ans.

    Comme nous l’avons dit à d’autres occasions, chez Asia News, nous nous considérons ni comme des optimistes ni comme des pessimistes mais comme des réalistes. Et ce réalisme nous permet de voir le positif et le négatif dans cet accord fragile et « provisoire ».

    Le pape et la nomination des évêques

    Cet accord contient en effet une nouveauté : d’une certaine façon – que nous ignorons puisque le texte de l’accord n’a pas été rendu public et qu’il ne le sera pas – le Saint-Siège sera impliqué dans les nominations des évêques. Ce qui signifie, au moins sur papier, la fin de cette Église « indépendante » dont on a tant fait étalage pendant toutes ces années et la reconnaissance que le lien avec le pape est nécessaire même à un évêque chinois pour exercer son ministère.  En vertu de cet accord, il ne sera plus possible de nommer et d’ordonner un évêque sans mandat papal, même si le gouvernement ou l’association patriotique ou le conseil des évêques pourront proposer leur candidat.  Voilà pour la partie optimiste.

    Mais il y a également un revers de la médaille : que se passera-t-il si le candidat proposé par la Chine est refusé par le pape ? Jusqu’à aujourd’hui, on parlait d’un pouvoir de veto temporaire du pontife : c’est-à-dire que le pape devait fournir les motivations de son refus dans les trois mois mais que si le gouvernement estimait ces motivations insuffisantes, il se réservait le droit de nommer et d’ordonner son candidat.  N’ayant pas le texte de l’accord, nous ne savons pas si cette clause a été maintenue et si le pape aura véritablement le dernier mot sur les nominations et les ordinations ou si au contraire son autorité ne sera que purement formelle.

    L’un de mes amis canonistes est certain que le pape disposera d’un pouvoir permanent sur le choix ultime des candidats « parce que l’Église ne peut pas faire autrement ». En tout cas, en l’absence du texte de l’accord, il s’agit de l’un des points qu’il faudra surveiller au cours des prochains mois, étant donné les nominations et les ordinations potentielles qui sont en attente depuis des années.

    L’annulation des excommunications

    L’autre élément positif, c’est l’annulation des excommunications de sept évêques ordonnés sans mandat papal entre 2000 et 2012. Il s’agit d’une bonne nouvelle parce qu’elle contribuera au moins en principe à renforcer l’unité des catholiques chinois.  L’Association patriotique se servait de ces évêques pour diviser l’Église en imposant par la force de la police leur présence aux cérémonies et aux ordinations épiscopales.  On dit que certains d’entre eux ont effectué un chemin de repentance et demandent depuis plusieurs années d’être réconciliés avec Rome.  La levée de l’excommunication ne fait pas partie du « package » de l’accord mais il s’agit d’une décision interne à l’Église, même si – par un jeu politique un peu naïf – l’annonce de la réconciliation a été faite le même jour que celui de l’accord.

    Mais chez les fidèles chinois – qui appartiennent à ce « saint peuple fidèle de Dieu » que le pape nous demande d’écouter – c’est la tristesse et le désarroi parce certains de ces évêques réconciliés sont connus pour avoir des amantes et des enfants et pour être des « collaborateurs ». Ils sont nombreux à se demander si ces évêques réconciliés feront une demande publique de pardon devant le peuple qu’ils ont scandalisé par leur façon d’agir « indépendante ».  Le cardinal Pietro Parolin lui-même, en commentant l’accord, a demandé que l’on pose « des gestes concrets qui aident à dépasser les incompréhensions du passé et même du passé récent ».

    Un accord « pastoral » et « non politique »

    Un autre élément positif de l’accord, c’est son caractère « pastoral » et « non politique ». Et en effet, l’accord a été signé sans que la Chine n’exige comme condition préalable la rupture des rapports diplomatiques avec Taiwan.  Pendant des décennies et même jusqu’à ces dernières années de dialogue à l’époque du Pape François, la Chine revenait sans cesse sur le même refrain : si le Vatican voulait améliorer ses rapports avec Pékin, il devait avant tout interrompre les relations avec Taiwan et ne plus se mêler des affaires internes de la Chine.  Avec cet accord « pastoral », ces deux conditions ont sauté : le Vatican est impliqué dans la nomination des évêques et il n’y a aucune rupture avec Taiwan, pour le plus grand bonheur du ministère des affaires étrangères de l’île et son ambassadeur auprès du Saint-Siège.

    La persécution dont on ne parle pas

    Il y a un autre élément très négatif : ni la nouvelle de l’accord ni les explications n’ont fait la moindre allusion aux persécutions que les catholiques et tous les chrétiens endurent pour le moment. Comme notre agence l’a évoqué à de nombreuses reprises, en Chine, des croix sont brulées et détruites, des églises sont abattues, des fidèles sont arrêtés et les jeunes de moins de 18 ans ont l’interdiction d’assister aux offices et à l’enseignement religieux au nom de la sinisation.  Sans parler des évêques et des prêtres disparus aux mains de la police, des évêques aux arrêts domiciliaires, des évêques non « officiels » considérés comme des criminels et des contrôles en tous genres dans la vie des communautés.  Ajoutons à tout cela les persécutions auxquelles sont soumises les autres communautés religieuses bouddhistes, taoïstes et musulmanes qui sont autant de manifestations du regard négatif que la Chine porte sur les religions et de son projet de les assimiler et de les détruire.

    Cela nous incite à considérer cet accord provisoire comme un résultat étrange, un peu inespéré, provisoire, mais sans avenir, parce qu’il jette un ombre de suspicion sur l’interlocuteur avec lequel le Saint-Siège a décidé de dialoguer. En effet, nous recevons depuis la CHine des commentaires qui se réjouissent de l’accord mais également des réactions de la tristesse parce que les chinois ne font pas confiance à leurs autorités politiques.

    À ce propos, dans une interview remontant à quelques mois, le Pape François François avait déclaré « le dialogue est un risque mais je préfère ce risque à la défaite certaine de ne pas dialoguer ». Il est donc préférable d’entamer le dialogue, même avec un adversaire non fiable, que de rester ferme.  De ce point de vue, l’accord, même s’il est provisoire, représente certainement une nouvelle page.

    Les martyrs lituaniens et chinois

    Reste le silence sur les persécutions. Pendant toutes ces années, le Saint-Siège a passé sous silence sur toutes sortes de persécutions : les meurtres de prêtres, les églises détruites, les arrestations des évêques…  Ce qui a donné à beaucoup l’impression que le dialogue était davantage « politique » que « pastoral ».  Hier encore, à Vilnius, en rappelant les victimes des génocides nazi et communiste, le Pape François a formulé une prière pour demander au Seigneur que nous ne devenions pas « sourds au cri de tous ceux qui continuent aujourd’hui à crier vers le ciel ».  Et c’est justement ce que demandent les catholiques chinois.

    Je me suis demandé comment il était possible que le Saint-Siège ait décidé de rendre publique la signature de cet accord précisément au moment où le Pape François évoquait à Vilnius le grand témoignage des catholiques lituaniens sous le communisme, leur résistance et leur foi sous la torture et le fait qu’ils aient été des germes d’une société plus libre et plus accueillante. À cette époque également, les catholiques discutaient et se divisaient entre la dénonciation et la résistance et l’Ostpolitik du Vatican.  Si on ne considère cet accord que comme quelque chose de négatif, alors la mémoire des martyrs lituaniens pourrait susciter une interprétation des « deux poids deux mesures » à laquelle la diplomatie a souvent recours et les célébrations des martyrs à Vilnius ne serait alors qu’une moquerie des souffrances des chrétiens chinois.

    Mais on voit dans cet accord, même s’il n’est que provisoire, un brin de positivité, alors les célébrations lituaniennes sont un signe d’espérance : le communisme, ce « délire de toute-puissance de ceux qui prétendaient tout contrôler », n’a pas triomphé. Et c’est un signe d’espérance pour la Chine également.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Vatican : Retour à l’Ostpolitik ?

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    Zen_and_Parolin_810_500_75_s_c1.jpgSur le site de France Catholique, la chèvre et le chou font bon ménage. Commentaire publié le 24 septembre par Gérard Leclerc :

    « L’accord conclu entre le Saint-Siège et la Chine communiste est significativement qualifié de provisoire. Il se signale, en effet, par son caractère pragmatique. Nul n’est en mesure de prévoir encore s’il aboutira à une véritable réconciliation des catholiques sur le terrain et débouchera sur des relations diplomatiques normales. Comment présumer déjà d’une communion effective entre «  l’Église patriotique  » officielle et l’Église clandestine fidèle à Rome ? La réaction très vive de l’ancien évêque de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, constitue un sérieux avertissement. Dénonçant une capitulation du Saint-Siège, il est le porte-parole d’une résistance ancrée dans plusieurs décennies de persécution. Comment les «  loups  » d’hier pourraient-ils se transformer en pacifiques partenaires, alors que les signes d’hostilité et les mesures de répression n’ont cessé de se manifester ? Mais l’histoire montre aussi qu’arrive un moment où il faut prendre acte de certaines réalités pour franchir une étape nécessaire.

    N’est-ce pas ce qui s’est passé après la Révolution française, avec le Concordat refusé par une partie de l’Église de France au sortir de la persécution et devant consentir des concessions douloureuses ? On peut alléguer aussi la conciliation accomplie sous Mussolini, et qui permit enfin au Saint-Siège de trouver un régime normal d’exercice. Dans ce cas, il est vrai que les négociations avaient débouché sur des accords qui n’avaient rien de provisoire. Le compromis qui veut que Pékin garde l’initiative des nominations épiscopales, même si cela se fait en concertation avec l’Église, comporte une large part d’incertitude. Il ne pourra prouver sa fiabilité qu’avec l’usage. Et si le Pape était contraint d’utiliser son droit de veto, qui lui est reconnu, on peut craindre qu’une crise ne compromette le processus en cours.

    Ainsi, on en revient sensiblement à l’Ostpolitik pratiquée sous Paul VI à l’initiative de Mgr Casaroli. Le chef de la diplomatie vaticane n’avait rien à voir avec un supposé progressisme. Il ne cherchait qu’à négocier, en situation de faiblesse, avec les régimes communistes pour obtenir le maximum de liberté d’exercice à des Églises locales persécutées. C’était du pur pragmatisme, parfois couronné de certains succès. On sait que l’Ostpolitik fut abandonnée sous Jean-Paul II, mais les conditions politiques avaient radicalement changé. La Chine, en dépit de formidables évolutions intérieures, demeure dominée par un Parti communiste intraitable quant à son autorité et son idéologie. C’est donc un peu la méthode Casaroli qui est reprise par le cardinal secrétaire d’État Parolin. Il s’agit de conduire au mieux une marche difficile vers la concorde. C’est un pari risqué qui devra se concrétiser dans l’aléatoire et non sans une intense mobilisation spirituelle des chrétiens de Chine, en union avec l’Église tout entière. 

    Ref. Retour à l’Ostpolitik ?

    Mais où donc le cardinal-secrétaire d’Etat Parolin aurait-il pu pêcher l’idée que le régime communiste chinois était aujourd’hui en état de faiblesse ? On peut, en outre, douter que  son homologue Casaroli ait posé ce genre de diagnostic au sujet de l’empire soviétique : dans les années 1970, l’idée était plutôt que l’URSS avait encore un bel avenir et que, dès lors, il  valait mieux composer avec elle. C’est probablement ce que pense aussi Parolin au sujet de la Chine contemporaine. La manie du dialogue à tout prix a fait le reste, dans un cas comme dans l’autre.

    Fruit d’un dialogue nébuleux, l’accord entre la Chine et le Saint-Siège est aussi qualifié par eux de provisoire" et "secret", ce qui suscite la méfiance. Le pape serait impliqué dans les nominations d’évêques, mais comment ? Et que se passe-t-il si le candidat proposé par la Chine est refusé par le pape ? Qui a le pouvoir du dernier mot ? Mystère…

    JPSC    

  • Vatican-Chine : un échec diplomatique et ecclésiastique

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    Le 26 février dernier, cet article de George Weigel (traduit par Bérengère Viennot) publié sur Slate analysait déjà de façon tout à fait pertinente la perspective d'un accord entre le Saint-Siège et la Chine communiste tel qu'il vient d'être conclu :

    La stratégie chinoise du pape François est anachronique

    La diplomatie du Vatican avec la Chine et d'autres gouvernements autoritaires est basée sur des fantasmes de puissance datés de plus d'un siècle.

    Ces dernières semaines, de nombreux observateurs sont restés perplexes, voire profondément troublés, devant la perspective d’un accord sur le point d’être conclu entre le Vatican et la République populaire de Chine.

    Cet accord concèderait un rôle considérable au régime communiste chinois dans la nomination d’évêques catholiques en Chine et s’inscrirait dans une démarche visant à rétablir des relations diplomatiques pleines et entières entre Pékin et le Saint-Siège. La possibilité d’un tel accord soulève bon nombre de questions.

    Poursuite obstinée de relations avec la Chine

    Pourquoi le Vatican se fierait-il à un quelconque accord cosigné par une puissance autoritaire, compte tenu de ses précédentes expériences malheureuses avec l’Italie de Mussolini et le Troisième Reich de Hitler, qui ont tous les deux systématiquement violé les concordats qu’ils avaient conclus avec le Saint-Siège?

    Pourquoi les diplomates du Vatican (et peut-être même le pape François lui-même) ont-ils choisi d’ignorer les avertissements venus de l’intérieur de la Chine et du cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong Kong, sur l’impact négatif d’un accord de ce type sur les catholiques chinois restés loyaux à Rome plutôt qu’à l’Association catholique patriotique parrainée par le régime?

    Pourquoi l’Église violerait-elle son propre droit canonique (selon lequel «aucun droit ou privilège d’élection, de nomination, de présentation ou de désignation d’évêque n’est accordé aux autorités civiles») dans le cadre de démarches pour établir des échanges diplomatiques officiels avec un régime qui viole les droits humains de façon quotidienne, et souvent en faisant preuve d’une grande cruauté?

    Qu’est-ce qui peut bien motiver, depuis quarante ans, la poursuite obstinée par les diplomates du Vatican de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Chine?

    Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de faire trois bonds en arrière: d’abord en 1870, puis en 1929 et enfin en 1962.

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  • Signature très contestée d'un accord entre la Chine et le Vatican

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    - De Vatican News :

    - Commentaire de Sandro Magister :

    - La réaction du cardinal Zen :

    Le cardinal Zen appelle à la démission du card. Parolin...  (source)

    Le cardinal Joseph Zen de Hong Kong appelle le secrétaire d’Etat du Vatican à démissionner suite à l’accord imminent du Saint-Siège avec la Chine qui, selon lui, est «une trahison incroyable».

    Le secrétaire d'Etat, Pietro Parolin, considéré comme papabile, était le négociateur en chef de l'accord qui devrait être finalisé lorsqu'une délégation du Vatican se rendra en Chine à la fin du mois, selon AsiaNews.

    Le magazine America a rapporté mardi qu'une source du Vatican a confirmé qu'une délégation de haut niveau du Saint-Siège se rendra dans la capitale chinoise pour la signature et qu'une date a déjà été fixée pour cet événement révolutionnaire.

    Ce que l’on sait de l’accord, évoqué pour la première fois en février 2017, est que Pékin reconnaîtra le pape à la tête de l’Eglise catholique en Chine mais aura le dernier mot pour nommer les évêques, bien que le pape ait un droit de veto.

    Le Vatican a accepté de reconnaître et de consacrer sept «évêques» illégitimes installés par l’Association patriotique catholique contrôlée par les communistes et que le Saint-Siège avait précédemment rejetés.

    Le Vatican a également demandé, dans le cadre de l'accord, que deux évêques de l'église clandestine persécutée se retirent en faveur des «évêques» de l'église patriotique.

    Le cardinal émérite Mgr Zen s'est toujours opposé avec acharnement à ce qui est salué dans certains cercles progressistes comme un accord historique qui rétablit les relations diplomatiques entre Pékin et le Saint-Siège après 70 ans.

    «Ils jettent le troupeau dans la gueule des loups. C’est une trahison incroyable », a déclaré à Reuters l’évêque à la retraite de Hong Kong, âgé de 86 ans, dans une interview publiée jeudi.
    La signature d’un accord avec le régime athée de Pékin sape la crédibilité du pape, a ajouté Zen.

    L'accord intervient alors que le président Xi Jinping s'attaque impitoyablement à la liberté de religion. Pékin a publié le 1er février des règlements interdisant les activités religieuses non autorisées, interdisant aux enfants et aux membres du parti d'entrer dans les églises, des membres du clergé non-inscrits de services religieux et exigeant que «tous les sites religieux soient enregistrés».

    "Les conséquences seront tragiques et durables, non seulement pour l'église en Chine, mais pour toute l'église car cela nuit à la crédibilité", a déclaré Mgr Zen à Reuters, ajoutant que Mgr Parolin, le plus haut diplomate du Vatican, ne semble pas avoir de respect pour la foi catholique.

    «Je ne pense pas qu'il ait la foi. C'est juste un bon diplomate dans un sens très laïque et mondain », a déclaré Mgr Zen.

    "Il devrait démissionner", a-t-il ajouté. «C’est un abandon total… Je n’ai pas d’autres mots."

    La suite en anglais sur Lifesitenews :

    https://www.lifesitenews.com/news/cdl.-zen-calls-for-vatican-secretary-of-state-parolin-to-resign-over-betray

  • Signature très contestée d'un accord entre la Chine et le Vatican

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    - De Vatican News :

    - Commentaire de Sandro Magister :

    - La réaction du cardinal Zen :

    Le cardinal Zen appelle à la démission du card. Parolin...  (source)

    Le cardinal Joseph Zen de Hong Kong appelle le secrétaire d’Etat du Vatican à démissionner suite à l’accord imminent du Saint-Siège avec la Chine qui, selon lui, est «une trahison incroyable».

    Le secrétaire d'Etat, Pietro Parolin, considéré comme papabile, était le négociateur en chef de l'accord qui devrait être finalisé lorsqu'une délégation du Vatican se rendra en Chine à la fin du mois, selon AsiaNews.

    Le magazine America a rapporté mardi qu'une source du Vatican a confirmé qu'une délégation de haut niveau du Saint-Siège se rendra dans la capitale chinoise pour la signature et qu'une date a déjà été fixée pour cet événement révolutionnaire.

    Ce que l’on sait de l’accord, évoqué pour la première fois en février 2017, est que Pékin reconnaîtra le pape à la tête de l’Eglise catholique en Chine mais aura le dernier mot pour nommer les évêques, bien que le pape ait un droit de veto.

    Le Vatican a accepté de reconnaître et de consacrer sept «évêques» illégitimes installés par l’Association patriotique catholique contrôlée par les communistes et que le Saint-Siège avait précédemment rejetés.

    Le Vatican a également demandé, dans le cadre de l'accord, que deux évêques de l'église clandestine persécutée se retirent en faveur des «évêques» de l'église patriotique.

    Le cardinal émérite Mgr Zen s'est toujours opposé avec acharnement à ce qui est salué dans certains cercles progressistes comme un accord historique qui rétablit les relations diplomatiques entre Pékin et le Saint-Siège après 70 ans.

    «Ils jettent le troupeau dans la gueule des loups. C’est une trahison incroyable », a déclaré à Reuters l’évêque à la retraite de Hong Kong, âgé de 86 ans, dans une interview publiée jeudi.
    La signature d’un accord avec le régime athée de Pékin sape la crédibilité du pape, a ajouté Zen.

    L'accord intervient alors que le président Xi Jinping s'attaque impitoyablement à la liberté de religion. Pékin a publié le 1er février des règlements interdisant les activités religieuses non autorisées, interdisant aux enfants et aux membres du parti d'entrer dans les églises, des membres du clergé non-inscrits de services religieux et exigeant que «tous les sites religieux soient enregistrés».

    "Les conséquences seront tragiques et durables, non seulement pour l'église en Chine, mais pour toute l'église car cela nuit à la crédibilité", a déclaré Mgr Zen à Reuters, ajoutant que Mgr Parolin, le plus haut diplomate du Vatican, ne semble pas avoir de respect pour la foi catholique.

    «Je ne pense pas qu'il ait la foi. C'est juste un bon diplomate dans un sens très laïque et mondain », a déclaré Mgr Zen.

    "Il devrait démissionner", a-t-il ajouté. «C’est un abandon total… Je n’ai pas d’autres mots."

    La suite en anglais sur Lifesitenews :

    https://www.lifesitenews.com/news/cdl.-zen-calls-for-vatican-secretary-of-state-parolin-to-resign-over-betray

  • Le Dalaï Lama et les agressions sexuelles dans la communauté bouddhiste

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    Lu sur "Ouest France" :

    Bouddhisme. Le Dalaï Lama « avait connaissance » d’agressions sexuelles

    Des enseignants bouddhistes auraient agressé sexuellement dans les années 1990 des élèves. Le chef spirituel tibétain, le Dalaï Lama a affirmé qu’il était au courant.

    Le Dalaï Lama a affirmé samedi à la télévision publique néerlandaise avoir eu connaissance depuis les années 1990 d’agressions sexuelles présumées commises par des enseignants bouddhistes.

    Le chef spirituel tibétain effectuait une visite de quatre jours aux Pays-Bas où il a rencontré vendredi des victimes d’agressions sexuelles présumées commises par des enseignants bouddhistes. Il répondait ainsi à l’appel de douze d’entre elles qui avaient lancé une pétition afin qu’une réunion soit organisée.

    « Je savais déjà ces choses-là »

    Les auteurs de la pétition lancée lundi souhaitaient rencontrer le Dalaï Lama, en pleine tournée européenne, afin de lui faire part de leurs expériences. « Je savais déjà ces choses là, rien de nouveau », a déclaré le Dalaï Lama samedi soir auprès de la télévision publique néerlandaise NOS.

    Lors d’une conférence de leaders bouddhistes occidentaux en 1993 à Dharamsala, un village dans le nord de l’Inde, « quelqu’un a mentionné un problème d’allégations sexuelles », a-t-il indiqué dans une interview en anglais.

    « Nous avons trouvé refuge dans le bouddhisme avec un esprit et un cœur ouverts, jusqu’à ce que nous soyons violés en son nom », ont dénoncé les victimes dans leur pétition, qui a reçu un millier de signatures.

    « Un tel comportement est intolérable »

    Les personnes qui commettent des agressions sexuelles ne se soucient pas de l’enseignement du Bouddha, a poursuivi le leader spirituel, ajoutant que les coupables présumés devraient avoir « honte ».

    Le Dalaï Lama, 83 ans, a toujours dénoncé un tel comportement irresponsable et contraire à l’éthique, a écrit aux victimes Tseten Samdup Chhoekyapa, membre officiel du bureau du chef spirituel. « Il a recommandé d’avertir les enseignants qu’un tel comportement est intolérable et doit cesser », a-t-il expliqué dans sa lettre en amont de la réunion de vendredi.

    Une nouvelle rencontre est prévue en novembre entre tous les leaders spirituels tibétains à Dharamsala, où « ils devraient parler » des allégations d’agressions sexuelles, a suggéré le Dalaï Lama. « Les leaders religieux devraient être plus attentifs » à cette problématique, a-t-il conclu.

  • "Nous voulons une Hongrie chrétienne et une Europe chrétienne"

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    D'Edward Pentin sur le site du National Catholic Register (notre traduction) :

    Le Ministre hongrois des Affaires Etrangères : Nous voulons une Hongrie chrétienne, une Europe chrétienne

    Dans un entretien avec le registre, Péter Szijjártó explique pourquoi, à son avis, la politique d’immigration de son gouvernement, opposée à l’UE, est nécessaire pour préserver l’héritage chrétien de la Hongrie et de l’Europe.

    Ces dernières années, la Hongrie a été presque seule en Europe à lutter pour conserver son héritage chrétien et à préserver son identité chrétienne face à l’Union européenne qui a tenté de faire le contraire.

    C’est ce que beaucoup considèrent comme une politique d’immigration «rigide», tandis que le gouvernement du pays insiste sur une politique judicieuse d’immigration contrôlée (elle s’oppose à l’immigration illégale et irrégulière et favorise un contrôle strict de ses frontières extérieures).

    Cette semaine, cette politique (avec d’autres) a conduit à un affrontement avec le Parlement européen, qui envisage de prendre des mesures disciplinaires sans précédent contre ce pays pour avoir prétendument violé les valeurs fondamentales de l’UE. Si elles étaient approuvées, ces mesures punitives pourraient inclure la suspension du droit de vote de la Hongrie, bien que cela soit considéré comme peu probable. (La Pologne et l'Italie ont déjà annoncé qu'elles y opposeraient leur veto. ndB)

    Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a qualifié cette initiative de «petite revanche» des politiciens favorables à une politique d'ouverture des frontières en Europe.

    Les évêques de la région semblent soutenir la position de la Hongrie sur la migration: les Conférences épiscopales d’Europe centrale et orientale ont publié un communiqué le 7 septembre dans lequel elles affirment "qu’il n'est pas facile de surmonter les différences mentales et culturelles qui existent entre l'Est et l'Ouest". Ils ont ajouté que, même si les pays ne doivent pas être« indifférents » à l'égard de ceux qui sont « en danger de mort ou de famine », tout doit être fait pour aider leurs pays d’origine à résoudre les problèmes qui provoquent les migrations.

    Le 24 août, Szijjártó s’est entretenu avec le Register de sa politique en matière de préservation de l’héritage et de l’identité chrétienne de la nation et a expliqué que la Hongrie est le seul pays au monde à avoir un service dédié aux chrétiens persécutés. Les évêques hongrois soutiennent l’engagement du gouvernement et, le 5 septembre, ils ont lancé un appel pour aider les chrétiens souffrant de persécution en Afrique et en Asie.

    La Hongrie a beaucoup fait pour aider les chrétiens persécutés: quels sont les plans du gouvernement pour l’avenir à cet égard?

    La Hongrie se sent responsable, en tant que représentant un pays chrétien, d’aider les communautés chrétiennes dans le besoin. C’est pourquoi nous avons créé un secrétariat d’État distinct, doté d’un bureau voué à la surveillance de la situation des communautés chrétiennes persécutées. Nous avons toujours donné directement des ressources financières à ces communautés et nous continuerons à le faire. Tout récemment, nous avons décidé d’accorder un million d’euros à l’Église maronite au Liban pour qu’elle puisse mener des actions de soutien aux familles et nous avons également financé la rénovation de plus de 40 églises chrétiennes au Liban. À l’avenir, nous ferons davantage pour aider ces familles chrétiennes à retourner chez elles, [celles] qui ont dû fuir à cause de Daesh ou d’autres organisations terroristes qui ont pris possession de leurs maisons et de leurs territoires.

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