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International - Page 240

  • Taïwan ou Pékin ? Le pape aurait fait son choix

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    De Dorian Malovic sur le site du journal La Croix :

    Entre Taïwan et la Chine, le pape François a fait son choix

    Les deux évêques chinois qui ont participé au Synode pour la première fois à Rome ont annoncé mardi 16 octobre avoir invité le pape François à un voyage historique en Chine, au lendemain d’une autre invitation adressée au pape par le vice-président taïwanais.

    L’agenda asiatique du pape François pourrait s’annoncer très chargé en 2019. Si le voyage au Japon est déjà inscrit officiellement dans le calendrier, les invitations au pape se multiplient ces derniers jours. La dernière en date vient des deux évêques chinois qui ont participé pour la première fois à un synode à Rome, Mgr Joseph Guo Jincai et Mgr John Baptist Yang Xiaotin.

    « Pendant notre séjour nous avons invité le pape François à venir en Chine » ont-ils annoncé dans une interview au quotidien de la conférence des évêques d’Italie L’Avvenire mardi 16 octobre. « Nous l’attendons. »

    La veille, le vice-président taïwanais Chen Chien-jen avait lui aussi adressé une invitation au pape François pour qu’il visite Taïwan, une initiative destinée à renforcer les relations avec le Vatican… qui pourrait déjà avoir fait son choix.

    À lire aussi : Le Vatican et la Chine signent un accord sur la nomination des évêques

    Le long rapprochement entre le Vatican et Pékin

    Face à ce « dilemme » diplomatique, c’est toute l’histoire des relations entre le Vatican et la Chine (avant et après 1949) qui remonte à la surface dans un contexte qui a évolué très vite ces derniers mois.

    Au lendemain de l’arrivée des communistes à Pékin en 1949 et de la terrible répression qui a touché les catholiques chinois et les missionnaires étrangers renvoyés chez eux, les relations entre le Chine et le Vatican ont été rompues en 1951, tandis que le Vatican établissait des relations avec la République de Chine à Taïwan. Depuis l’ouverture de la Chine à partir de 1978, les échanges et les liens informels entre Pékin et le Vatican ont connu des périodes fastes et d’autres troublées mais avec l’arrivée du pape François, jésuite, à Rome, et de Xi Jinping à Pékin, les démarches de rapprochement déjà lancées par ses prédécesseurs se sont accélérées.

    À lire aussi : L’accord Vatican-Chine, indispensable mais délicat

    Tout comme Jean-Paul II, le pape Benoît XVI avait rêvé de se rendre en voyage officiel en Chine pour marquer une réconciliation longtemps attendue. Le pape François, héritier d’une longue tradition jésuite présente en Chine depuis le XVIe siècle, n’a jamais caché son souhait de s’y rendre.

    De longues négociations menées ces dernières années entre Pékin et Rome ont enfin débouché le 22 septembre dernier à un accord historique sur la question de la nomination des évêques, pierre angulaire des désaccords avec… la reconnaissance par le Vatican de Taïwan. En réalité cela fait déjà plusieurs années que le Vatican avait fait un geste symbolique à l’égard de Pékin en réduisant sa présence diplomatique à Taïwan au niveau d’un « chargé d’affaires ».

    L’épiscopat taïwanais a déjà intégré, avec regret et tristesse, qu’une réconciliation entre Rome et Pékin se ferait en sacrifiant le lien diplomatique avec Taïpei.

    Une reprise des relations avec Pékin se fera en sacrifiant Taïwan

    Cela semble de plus en plus inéluctable aujourd’hui en dépit de l’invitation taïwanaise adressée au pape le 15 octobre à Rome. Les dirigeants politiques taïwanais se sont déclarés convaincus que la visite de leur vice-président Chen, fervent catholique, à Rome renforcerait les relations avec leur pays qui compte près de 300 000 catholiques et que le Saint-Siège n’abandonnerait pas Taïwan.

    L’annonce par les deux évêques chinois – dont l’un était encore excommunié avant le 22 septembre – qu’une invitation avait été délivrée au pape François n’aura pas manqué de faire trembler la chancellerie taïwanaise…

    Le pape François avait évoqué l’année dernière déjà son souhait de se rendre en Chine tout en précisant qu’il attendait de recevoir une invitation. C’est aujourd’hui chose faite.

    Pour Mgr Guo, « nous avons attendu si longtemps ce moment et désormais il est arrivé » en indiquant qu’avec son confrère ils avaient logé dans la même résidence que le pape et qu’ils lui parlaient « comme des fils à un père ».

    Pour lui, le voyage du pape argentin en Chine est « comme notre présence ici (au Synode). Un temps impossible, aujourd’hui devenu possible ».

  • Quand le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU promeut l'avortement

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    MORTALITÉ MATERNELLE : LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME DE L'ONU MANQUE SON BUT

     de genethique.org

    Le 27 septembre dernier, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté une résolution sur la mortalité maternelle, qui ressemble à une « surenchère sur les politiques défaillantes déjà en place » et ignore que les avancées médicales existent pour prévenir la plupart des causes : « accès aux services obstétricaux et postnatals, aux médicaments et à la nutrition ».

    Sans respect de la souveraineté nationale des pays qui souhaitent restreindre ou interdire l’avortement, la résolution appelle à une « éducation sexuelle complète » et à une « santé sexuelle et reproductive et des droits reproductifs ».

    Si les pays en développement sont particulièrement touchés par la mortalité maternelle, les États-Unis eux-mêmes font face à un taux disproportionné alors que les moyens existent pour que les mères vivent leur grossesse et la naissance de leur enfant en toute sécurité. Ce qui était attendu du Conseil des droits de l’homme était un engagement international en faveur de la mise en œuvre de soins de base qui sauvent des vies, mais la session de trois semaines a été consacrée à la promotion de l'avortement, à l'éducation sexuelle radicale pour les enfants et à d'autres questions controversées.

    Sources: The Daily Signal, Elyssa Koren (12/10/2018)

     

    Un autre comité de l’ONU affirme que les nations ne peuvent pas exclure l’avortement de la «santé reproductive» : 

    NEW YORK, 5 octobre (C-Fam) Un comité de l’ONU a dénoncé les lois de Malte protégeant les enfants de l’avortement comme une violation du droit fondamental à la santé sexuelle et reproductive.

    Le comité des Nations Unies chargé de contrôler le respect de la Convention relative aux droits des personnes handicapées a déclaré que Malte ne pouvait pas exclure l’avortement de l’expression “santé sexuelle et reproductive” comme l’avait fait le pays dans une réserve formelle lors de la ratification du traité.

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  • Inde : plusieurs ONG s’inquiètent des avortements sélectifs contre les filles

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    Du site "Eglises d'Asie" (Missions Etrangères de Paris) :

    Inde : plusieurs ONG s’inquiètent des avortements sélectifs contre les filles

    16/10/2018

    À l’occasion de la Journée internationale des filles, lancée par les Nations unies et organisée le 11 octobre, plusieurs mouvements et ONG ont lancé une campagne contre les avortements massifs de fœtus féminins dans le pays, lors d’un programme organisé le 10 octobre dans la capitale. L’ONG Population research institute rappelle qu’entre 2000 et 2014, l’Inde a enregistré au moins 12,7 millions d’avortements sélectifs basés sur le sexe. Le recensement de 2011 indique également que le nombre de filles âgées de moins de six ans est passé de 78,83 millions en 2001 à 75,84 millions en 2011.

    Des mouvements contre l’avortement et d’autres groupes se sont joints aux efforts du gouvernement qui cherchent à rétablir la proportion des sexes en Inde, biaisée par l’avortement massif de fœtus féminins. Selon l’ONG américaine Population research institute, on comptait en Inde, entre 2000 et 2014, au moins 12,7 millions d’avortements sélectifs basés sur le sexe. La veille de la Journée internationale des filles, lancée par les Nations unies, plusieurs groupes ont donc participé à un programme organisé sur une place publique de la capitale, New Delhi, afin d’insister sur l’importance de protéger les filles. Le 10 octobre, l’ONG chrétienne Alliance Defending Freedom-India, opposée à l’avortement, a organisé un évènement afin de sensibiliser la population sur les problèmes posés par les avortements sélectifs et par les violences domestiques. « Les filles et les garçons ont le même droit à la vie et à la liberté », a soutenu Tehmina Arora, directeur d’ADF India« Notre pays ne peut se permettre de perdre ses petites filles à cause de la discrimination et de la maltraitance. »

    En 2015, Maneka Gandhi, ministre des Femmes et du Développement de l'enfant, a déclaré que les avortements sélectifs sont responsables de « la mort de 2 000 filles par jour » dans le pays. Traditionnellement, les familles hindoues préfèrent souvent avoir des fils plutôt que des filles pour des raisons économiques et religieuses. Les filles sont souvent considérées comme un poids financier parce que les familles doivent trouver de l’argent et des bijoux en dot pour leur mariage. Parmi d’autres facteurs responsables se trouvent également la continuité des lignées familiales ainsi que le rôle des hommes dans les rituels hindous, y compris les prières qui sont dites après la mort d’un homme. Avec l’augmentation des familles nucléaires, certaines femmes subissent plusieurs avortements dans l’objectif d’avoir un garçon, soutient Tehmina Arora.

    Appel à appliquer la loi

    Le recensement de 2011 montre que le nombre de filles âgées de moins de six ans est passé de 78,83 millions en 2001 à 75,84 millions en 2011. Afin d’encourager les familles à avoir des filles, le gouvernement a lancé la campagne « Beti Bachao, Beti Padhao » (« sauvez les filles, éduquez vos filles ») en 2015. Le gouvernement a également lancé d’autres programmes afin d’encourager les familles à accepter les filles. « Le futur de l’Inde est étroitement lié aux vies des filles et des femmes dans le pays », souligne Tehmina Arora. Manoj Kumar, un artiste dont le groupe a présenté un théâtre de rue au cours du programme organisé le 10 octobre, confie que le système patriarcal indien est également responsable de « l’oppression des femmes » et des violences contre elles dans les familles. Bien que l’avortement soit légal en Inde, les diagnostics prénatals dans le but de déterminer le sexe du fœtus ont été interdits en 1994 dans une tentative de renverser la tendance. Tehmina Arora, comme d’autres, soutient que plusieurs établissements de santé à travers le pays utilisent discrètement des échographes afin de déterminer le sexe des fœtus, avant de pratiquer des avortements sans les enregistrer. ADF-India a lancé une campagne en 2016 appelée « Vanishing girls » (« Filles disparues »), appelant à l’application stricte de la loi concernant l’interdiction de ces pratiques.

    (Avec Ucanews, New Delhi)

  • L'imminence d'une nouvelle crise financière globale

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    Du site "Eglises d'Asie" (Missions étrangères de Paris) :

    Une nouvelle crise financière globale se prépare, selon Widodo

    Lors des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se déroulent actuellement à Bali, les entreprises indonésiennes profitent de l’événement pour signer des contrats importants avec des partenaires étrangers. Le président Joko Widodo a déclaré, le 12 octobre, que « les pays en développement souffrent d’une énorme pression de la part du marché ». Il a affirmé que la guerre commerciale, qui s’intensifie entre la Chine et les États-Unis, risque de déclencher une nouvelle crise financière globale.

    Le président indonésien Joko Widodo, lors des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale (GBM) et du Fonds monétaire international (FMI) qui se déroulent actuellement à Nusa Dua (Bali), a partagé son inquiétude à propos d’une possible crise financière, qui pourrait toucher l’économie mondiale à cause de la montée des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Le 12 octobre, en prenant la parole lors d’une session plénière, il a même repris une citation tirée d’une célèbre série télévisée : « L’hiver vient… » (« Winter is coming ») Le président, tout en félicitant les experts et les dirigeants internationaux pour avoir su gérer la crise économique de 2008, leur a également suggéré de rester vigilants durant cette période incertaine. « La guerre commerciale s’intensifie et les innovations technologiques bouleversent les entreprises industrielles, tandis que les pays en développement souffrent d’une pression énorme de la part du marché », a-t-il déclaré.

    Christine Lagarde, directrice générale du FMI, s’est dite « très impressionnée » par les déclarations du président indonésien. De son côté, Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, a également salué les propos de Joko Widodo. Toutefois, si le président s’est attiré les louanges sur la scène internationale, il fait face aux critiques de ses opposants politiques. En réponse à ceux qui se plaignent des « coûts excessifs » qu’a dû assumer le pays pour accueillir le sommet, le gouvernement a rejeté les affirmations l’accusant d’avoir organisé une « fête somptueuse » pour les participants. Bambang P. Soemantri Brodjonegoro, ministre de la planification du développement national, confie que durant le sommet, les entreprises indonésiennes ont signé d’importants contrats avec des partenaires étrangers prêts à investir « d’importantes sommes d’argent » dans le pays.

    Le ministre des entreprises publiques, Rini Soemarno, a proposé plusieurs projets aux investisseurs étrangers, pour une valeur totale de 42,1 milliards de dollars, concernant au moins 21 entreprises nationales en tant que partenaires locaux. Pt Bank Mandiri, la première banque publique indonésienne, a confirmé que 13 millions de dollars ont été investis dans au moins 21 entreprises publiques. Rohan Hafas, secrétaire général de PT Bank Mandiri, a déclaré que « ce sont des investissements directs dont 95 % proviennent d’entreprises étrangères ». Sri Mulyani Indrawati, ministre des Finances, souligne que « les bénéfices que le pays a retirés des rencontres de Bali sont bien plus importants que les dépenses qu’amène un tel évènement »« L’impact positif, conclut-il, n’est pas que financier, mais il concerne aussi l’image de notre pays. »

    (Avec Asianews, Jakarta)

  • L'"affaire Asia Bibi" serait-elle proche de son terme ?

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    Du site de l'hebdomadaire La Vie :

    Quel avenir pour Asia Bibi ?

    Interview Laurence Desjoyaux

    Au Pakistan, l’affaire Asia Bibi touche peut-être à son terme. Alors que le dernier recours de la chrétienne condamnée pour blasphème en 2009 a été examiné lundi 8 octobre par la Cour suprême du Pakistan, des membres du parti politique islamiste ultra-violent Tehreek-e-Labbaik ont manifesté en hurlant le slogan : « Il faut pendre Asia Bibi » et annoncé qu’ils s’en prendraient aux juges si celle-ci était acquittée. Marc Fromager, directeur de l’Aide à l’Église en détresse (AED), revient cette affaire devenue le symbole de la liberté religieuse.

    Vous venez de rencontrer le mari et la fille d’Asia Bibi. Quel est leur état d’esprit ?

    J’ai effectivement rencontré Ashiq, le mari d’Asia Bibi et Eisham, sa fille de 18 ans, ce week-end en Angleterre, où ils étaient invités par l’AED Grande-Bretagne. Cela fait 9 ans qu’ils espèrent voir leur épouse et leur mère libre, et on sent chez eux une grande lassitude. Mais ils accueillent avec espoir ce jugement qui aurait été rendu lundi mais qui est pour l’instant tenu secret... Il est difficile de savoir si cet espoir est dans la continuité de l’espérance qui les fait s’accrocher, envers et contre tout, depuis toutes ces années, ou si cette fois-ci, vraiment, ils estiment qu’une libération rapide est possible. Pour ma part, je crois que le fait que le jugement soit tenu secret est plutôt le signe d’une bonne nouvelle, même si on doit encore attendre quelques jours probablement pour connaître le verdict. Mais comme tout est possible, il se peut aussi que l’affaire soit encore relancée pour un an ou deux...

    Pouvez-nous nous rappeler justement où en est l’« affaire » Asia Bibi aujourd’hui ?

    Asia Bibi est une mère de famille qui a été arrêtée en juin 2009 et condamnée à mort pour blasphème en juin 2010. Cela fait donc depuis plus de huit ans qu’elle est dans le couloir de la mort. Les instances judiciaires du pays font face à de très fortes pressions venant d’une minorité d’islamistes radicaux au Pakistan, si bien que la menace d’une exécution a réellement plané sur elle pendant toutes ces années. Diverses possibilités de recours ont été successivement épuisées, jusqu’au lundi 8 octobre dernier où la cour suprême du Pakistan s’est réunie pour étudier le dernier appel. C’est la dernière étape de la procédure. Le jugement a été gardé secret, ce qui peut signifier deux choses : soit la condamnation est confirmée et Asia Bibi sera pendue dans les jours qui viennent, soit elle est au contraire libérée et les autorités pakistanaises veulent organiser son exfiltration vers l’étranger avant que le jugement ne soit rendu public, afin d’éviter des représailles contre elle ou sa famille.

    Aujourd’hui, signer par exemple des pétitions pour faire pression sur le gouvernement pakistanais est inutile, voire contreproductif.

    Vous le rappeliez, cette affaire dure depuis bientôt dix ans : pourquoi le cas d’Asia Bibi est-il si compliqué à régler ?

    Je pense que le gouvernement pakistanais aimerait beaucoup se débarrasser de cette affaire qui est vraiment une ombre sur l’image du pays, d’autant plus qu’elle a suscité une importante mobilisation internationale. Mais en interne, il y a au Pakistan une minorité d’islamistes radicaux – on a du mal à savoir ce qu’ils représentent exactement – qui souhaite qu’Asia Bibi soit condamnée au nom de cette loi contre le blasphème et qui n’accepterait pas la clémence. Quel que soit le verdict, il y aura de grandes manifestations de la part de cette minorité agissante. Ce seront des manifestations de joie si elle est pendue, c’est terrible à dire, ou bien des manifestations violentes si elle est libérée, avec le risque que la petite communauté chrétienne pakistanaise soit victime de représailles.

    Faut-il une mobilisation internationale autour d’Asia Bibi pour la faire libérer ?

    La question est compliquée. La mobilisation internationale, au début de l’affaire, a probablement sauvé la vie d’Asia Bibi, et l’AED y a largement participé. Mais cette même mobilisation a fait d’elle une icône, ce qui rend sa libération aujourd’hui presque impossible. La stratégie adoptée par la Commission Justice et Paix au Pakistan, l’organe de l’Église catholique qui suit le dossier, a donc été de demander qu’on en parle le moins possible. Cela ne veut pas dire qu’Asia Bibi a été oubliée, bien au contraire. Cette commission s’est chargée d’apporter un soutien financier à sa famille, de financer les avocats, etc. Mais aujourd’hui, signer par exemple des pétitions pour faire pression sur le gouvernement pakistanais est inutile, voire contreproductif. Cette pression est utilisée par les islamistes pour montrer que toute décision autre que la peine de mort serait dictée par les Occidentaux.

    Si Asia Bibi devait être exfiltrée du Pakistan, où serait-elle accueillie ?

    J’imagine que la seule façon pour que cela se passe bien est qu’Asia Bibi soit exilftrée avec sa famille par l’armée pakistanaise vers un pays occidental. J’ai demandé à son mari où ils iraient et il a répondu : « Dieu y pourvoira ». Je pense que lui-même ne le sait pas encore forcément, et surtout que ce lieu refuge devra être tenu secret pendant longtemps, sûrement plusieurs années, car même sortie de sa prison au Pakistan, Asia sera en danger tant elle est devenue un symbole.

  • De l’abbaye de Preuilly à l’abbaye de Fontenay : 900 ans d’histoire cistercienne

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    Pourquoi la transmission historique et spirituelle peut ressourcer notre société et l’Eglise : tel est l’objet du reportage réalisé par KTO sur les 900 ans de l’abbaye de Preuilly dans lequel figure aussi un passage sur les 900 ans de l’abbaye de Fontenay, anniversaire auquel participait un groupe de choristes issu notamment de l’académie de chant grégorien de Belgique (voir vers la 30ème minute de l’émission) :  

    JPSC

  • Synode « des Jeunes » : ne pas dénaturer la foi des africains au contact de l’occident

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    Approfondir sans dénaturer. Interview du cardinal-archevêque de Bangui (Centrafrique) :

    JPSC

  • Dimanche 14 octobre 2018 sur la place Saint-Pierre à Rome : le pape François canonise Paul VI, le pape de Vatican II

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    A mi-parcours du Synode « des jeunes », ce dimanche 14 octobre 2018, sur la place Saint-Pierre à Rome, le pape François va élever sur les autels sept nouveaux saints : Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador (capitale de la république du même nom), icône emblématique des droits de l’homme en Amérique du Sud, assassiné en 1980, Nunzio Sulprizio (un jeune artisan italien exemplaire), Francisco Spinelli et Vincenzo Romano (prêtres italiens ayant dédié leur vie aux pauvres et à l’adoration du Saint-Sacrement), Maria Katharina Kasper  et  Nazaria Ignacia  March Mesa  (deux religieuses, l’une allemande, l’autre espagnole, partageant le même souci de l’aide aux défavorisés) et, last but not least dans la notoriété, le pape Paul VI auquel l’historien Yves Chiron a consacré les lignes qui suivent reproduites sur le site « aleteia » :

    « Dans la tempête qui suivit le concile Vatican II, dans une société de plus en plus sécularisée, le saint pape Paul VI gouverna l’Église avec souplesse, en tenant bon la barre sur la doctrine et la protection de la vie.

    PopePaulVI.jpgLe pape Paul VI, qui fut pape de 1963 à 1978, sera canonisé ce 14 octobre. Il gouverna l’Église dans la période difficile de l’après-concile Vatican II. La première grande décision de son pontificat fut de poursuivre le concile Vatican II que son prédécesseur, Jean XXIII, avait convoqué et qui avait connu une première session en 1962. Il y eut encore trois sessions sous Paul VI et le concile durera jusqu’en décembre 1965. Le Pape, tout en laissant une grande liberté au concile, est intervenu à plusieurs reprises de manière décisive : en imposant une Note qui précisait et limitait la collégialité (la participation des évêques au gouvernement de l’Église universelle) et en enlevant des débats conciliaires certains sujets sensibles (la contraception, le célibat des prêtres, l’organisation du synode des évêques) qu’il se réservait de traiter.

    Des réorientations décisives

    C’est aussi en plein concile, mais de sa propre décision, qu’il a donné de façon solennelle un nouveau titre à la Vierge Marie, en proclamant « Marie, Mère de l’Église ». Les seize constitutions, décrets et déclarations votés par le concile Vatican II ont réorienté de manière décisive l’Église et lui ont ouvert de nouvelles perspectives. La forme la plus visible de cette réorientation fut la réforme liturgique qui fut mise en œuvre après le concile et dont Paul VI a suivi l’élaboration de très près.

    On doit relever aussi que Paul VI a été le premier pape de l’histoire de l’Église à aller à la rencontre des fidèles sur tous les continents. Ce seront successivement les voyages en Terre Sainte et en Inde en 1964, à New York au siège des Nations-unies en 1965, au Portugal en 1967, en Colombie en 1968, à Genève et en Ouganda en 1969, en Asie en 1970.

    Lire aussi :

    Que retenir du pontificat du bienheureux Paul VI ?

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  • Le pape invité en Corée du Nord

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    De Dorian Malovic et Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :

    Kim Jong-un invite le pape François en Corée du Nord

    Le dirigeant nord-coréen a récemment confié au président sud-coréen Moon Jae-in, lui-même catholique, qu’il était prêt à recevoir « avec enthousiasme » le pape François à Pyongyang.

    Cette invitation sera délivrée au pape le 18 octobre au Vatican par Moon Jae-in. Le Vatican « attend l’invitation ».

    Cette surprenante invitation du leader nord-coréen Kim Jong-un au pape François relève d’une habile stratégie diplomatique visant à donner de lui une image « d’homme de paix » à la communauté internationale. Diabolisé depuis son entrée en fonction à Pyongyang, en décembre 2011, à travers ses essais nucléaires, Kim Jong-un a vu progressivement sa réputation de dictateur sanguinaire se métamorphoser en celle d’un dirigeant souriant, ouvert, prêt à dialoguer et à pacifier la péninsule coréenne toujours en guerre. Quoi de plus symbolique qu’une invitation au pape François qui incarne au niveau mondial la paix et le dialogue ?

    Une invitation délivrée par le président sud-coréen

    Une nouvelle fois c’est le président sud-coréen, Moon Jae-in, fervent catholique s’inspirant de la « diplomatie du dialogue » chère au pape François, qui est à l’origine de cette démarche. Durant le troisième sommet intercoréen à Pyongyang, en septembre, le président Moon avait fait venir avec lui Mgr Hyginus Kim Hee-joong, archevêque de Gwangju et président de la Conférence épiscopale coréenne. « Il a fait passer un message de sa part directement à Kim Jong-un durant la rencontre, témoigne à La Croix une personnalité catholique très proche du dossier, et Kim n’a pas eu de réaction négative, bien au contraire. »Selon le porte-parole de la présidence sud-coréenne, « Kim veut faire savoir au pape François son désir de paix ».

    Cette invitation sera délivrée personnellement par le président Moon lors de sa visite au Vatican le 18 octobre. Interrogé, au cours de la conférence de presse présentant les travaux de la première semaine du Synode des jeunes, pour savoir si le pape allait considérer cette invitation, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Greg Burke, a seulement répondu : « Attendons que l’invitation arrive. »

    L’activité religieuse étroitement encadrée

    Il n’existe aucune relation diplomatique entre le Vatican et la Corée du Nord, considérée comme un désert religieux. Le régime est athée et toute activité religieuse, officielle, est étroitement encadrée. On ne connaît pas les statistiques fortement sujettes à caution. « Plusieurs rencontres informelles et discrètes ont eu lieu à Rome entre des représentants nord-coréens et des diplomates du Vatican », explique une source bien informée au Vatican.

    D’ailleurs, dans la sacristie de la seule église catholique de Pyongyang trône une photo du pape Jean-Paul II serrant la main à des Coréens en visite à Rome. Des prêtres et même des évêques sud-coréens se sont rendus dans cette église de Changchun, au cœur de Pyongyang. D’autres liens vigoureux mais très discrets existent également entre les catholiques sud-coréens et les Nord-Coréens à travers de nombreuses initiatives humanitaires sur le terrain. Au début du XXesiècle, Pyongyang était un centre religieux de première importance surnommée « La Jérusalem de l’Asie ».

    En 2017, un diplomate nord-coréen exprimait clairement à l’envoyé spécial de La Croix en Corée du Nord, que « les organisations humanitaires catholiques faisaient du très bon travail en Corée du Nord, elles sont sérieuses, efficaces et nous leur faisons confiance car elles sont plus honnêtes et sincères que d’autres grandes organisations laïques qui nous envoient des espions ». Un prêtre étranger, qui s’est rendu plusieurs fois en mission au Nord, racontait également « qu’ils savent très bien que nous sommes des prêtres, nous parlons religion avec les médecins et ils veulent comprendre, mais bien sûr il est formellement interdit de se lancer dans un quelconque prosélytisme ».

    Dorian Malovic et Nicolas Senèze à Rome

  • Les chrétiens pakistanais aux risques de la loi anti-blasphème

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    Du site d'AED France :

    PAKISTAN : Les chrétiens aux risques de la loi anti-blasphème

    Les chrétiens pakistanais savent qu’ils peuvent être accusés à tout moment de blasphème. Ils dénoncent cette loi qui institue la précarité de la situation des minorités religieuses.

    Le 27 septembre, quelques dizaines de Pakistanais émigrés manifestaient devant le siège des Nations unies à Genève. Ils portaient des banderoles : « Arrêtez de vous en prendre aux chrétiens » et « Abolissez la loi anti-blasphème ! » Il arrive fréquemment qu’un chrétien accusé de blasphème au Pakistan préfère la fuite à un procès, qui peut mener à une condamnation à mort. Profaner le Coran et insulter Mahomet sont deux délits punissables respectivement des peines maximales d’emprisonnement à perpétuité et de la peine de mort.

    « J’ai souvent peur. J’ai peur que l’on accuse mon père, ma mère ou moi-même de blasphème, parce que c’est un moyen facile d’attaquer quelqu’un dans ce pays », témoigne Dolly, Pakistanaise catholique de 11 ans auprès de l’AED. Elle s’interroge dans cet entretien, se demandant pourquoi l’Occident n’aide pas davantage les chrétiens du Pakistan.

    Discriminations quotidiennes

    Dolly décrit une vie marquée par les brimades, et le sentiment diffus d’appartenir à une sous-catégorie de la population. Les musulmans ne veulent pas boire de l’eau du même robinet qu’une chrétienne, ni s’asseoir à côté d’elle, car elle est considérée comme impure. Ils les appellent « cheap », « pas cher » en anglais. Elle confie qu’elle ne peut pas quitter la maison sans la protection d’un adulte, et qu’elle ne joue pas dans la rue sans ses parents : « Les chrétiens ne sont pas en en sécurité au Pakistan, en particulier les jeunes filles, qui sont souvent victimes de viols et d’assassinats ».

    Plusieurs faits divers démontrent qu’aux yeux de certains musulmans, les chrétiennes peuvent être saisies comme un butin, violées, converties de forces : Ainsi, le 22 août, une chrétienne de 18 ans, Binish a été jetée du deuxième étage de la maison, par Taheer, un musulman qui voulait l’épouser et la contraindre de se convertir à l’islam. Tabassum Yousaf, l’avocate la jeune femme rapporte à l’AED que les conversions forcées sont nombreuses au Pakistan, et la majorité ne sont pas connues. « Les chrétiens appartiennent aux couches les plus pauvres de la population, et le plus souvent ils ne connaissent pas leurs droits », explique-t-elle. Elle estime qu’à Karachi, au sud du Pakistan, il y a une trentaine de cas comme celui de Binish chaque année.

    Un courage exemplaire

    Malgré ces difficultés, beaucoup de chrétiennes, comme Kainut, montrent un courage exemplaire. Elle a 20 ans et sa mère, chrétienne, est l’une de ces femmes mariées de force à un homme musulman. Selon la loi islamique, Kainut est considérée elle-même comme musulmane, car fille d’un homme musulman. Mais elle se rend à la messe, lit la Bible… Et demande le baptême. Le prêtre l’avertit que c’est une démarche dangereuse, à la fois pour elle et pour sa famille, mais elle a fini par obtenir gain de cause. Elle a été baptisée malgré l’opposition de la famille de son père, qui voulait la marier, elle aussi, de force, avec un musulman.

    Les chrétiens pakistanais constituent 2% de la population du Pakistan, qui compte 192 millions de personnes. L’immense majorité des habitants, 96,3%, est musulmane.

  • Euthanasie : l'Association Médicale Mondiale résiste aux pressions des Canadiens et des Néerlandais

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    EUTHANASIE : L’ASSOCIATION MÉDICALE MONDIALE RÉSISTE AUX PRESSIONS DES CANADIENS ET DES NÉERLANDAIS

     de genethique.org

    Les associations médicales canadiennes et néerlandaises, toutes deux favorables à l’euthanasie, ont tenté en vain de modifier la position de l’Association médicale mondiale sur le sujet. Leur projet de résolution en faveur de l’euthanasie a été retiré faute de soutien lors de la réunion annuelle de l’AMM.

    Diverses associations locales ont au contraire montré leur opposition à l’euthanasie : pour le Brésil « si le médecin est préparé non seulement à soigner mais aussi à tuer, l’éthique de la pratique médicale et la confiance du patient envers son médecin seront très malmenées ». Les associations médicales de la région Asie-Pacifique (Australie, Nouvelle Zélande, Japon, Chine) et d’Israël, africaines, allemande ont toutes fait connaitre leur opposition à l’euthanasie.

    Source : Bioedge (6/10/2018)

  • Retour nuancé sur l'accord entre la Chine et le Vatican

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    De Rafael Serrano, directeur de l’agence Aceprensa (http://www.aceprensa.com/articles/primer-acuerdo-entre-roma-y-pekin-sobre-el-nombramiento-de-obispos/), traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx sur Didoc.be :

    Premier accord entre Rome et Pékin sur la nomination des évêques

    L’accord provisoire entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois, signé le 22 septembre à Pékin et portant sur la nomination des évêques, est l’aboutissement d’un dialogue long et tortueux. Mais « ce n’est pas la fin d’un processus, a précisé le porte-parole du Vatican, Greg Burke, c’est le début ! »

    Avec cet accord, le Saint-Siège espère mettre fin à la grave anomalie qui déchire la communauté catholique chinoise depuis plus de cinquante ans : l’existence, d’une part, d’évêques nommés de façon illicite à l’initiative du régime, sans autorisation de Rome, et celle, d’autre part, d’évêques légitimes mais non reconnus par le gouvernement, plus ou moins empêchés, selon les époques, d’exercer leur ministère, ou même emprisonnés. La disparition de cette double hiérarchie permettra de guérir petit à petit la division entre les fidèles qui ont accepté le contrôle du parti sur l’Eglise au moyen de l’Association Patriotique de Catholiques Chinois (APCC), ou qui s’y sont simplement résignés, et ceux qui ont refusé de composer avec le régime et célèbrent le culte dans la clandestinité.

    Pour l’instant, la signature de l’accord a produit deux effets. Le jour même, le pape a admis à la pleine communion avec l’Eglise les huit derniers évêques consacrés sans mandat pontifical ; parmi eux, un évêque décédé l’an dernier qui, comme les autres, avait demandé la reconnaissance du Saint-Siège. En même temps, François a érigé un nouveau diocèse, chose qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait pu faire après Pie XII en 1946. Le diocèse récemment créé, celui de Chengdé (Hebei, au nord-est du pays), compte environ 25.000 catholiques sur un total de 3,7 millions d’habitants, avec 12 paroisses et 7 prêtres.

    Signé mais pas public

    Mais on ne sait pas en quoi consiste l’accord lui-même : le gouvernement chinois ou le Saint-Siège choisiront-ils un évêque dans une liste de candidats présentée par l’autre partie ? Le pape aura-t-il un droit de veto sur les personnes désignées par l’APCC ? Ou s’agit-il encore d’une autre formule ? Une note du Vatican précise que l’accord « est en vigueur et contraignant », mais son contenu n’est pas rendu public car il possède un caractère « provisoire et d’une certaine manière expérimental », et reste sujet à « révisions et perfectionnements ».

    On peut supposer que Rome n’aurait pas d’inconvénient à publier les termes de l’accord si Pékin n’y montrait pas d’objections. S’il en est ainsi, une explication de la réserve chinoise peut résider dans le fait que le Ministère des Affaires Etrangères, signataire de l’accord, ne veut pas que l’on sache à quoi il s’engage parce qu’il n’est pas sûr de l’appui final du Parti. Selon une théorie assez répandue, dans l’appareil communiste, il y a une division entre les « modérés », partisans d’une entente avec l’Eglise, et ceux de la « ligne dure », qui ne veulent pas pactiser.

    Un vieux problème

    De toute manière, l’accord survient après trois longues décennies de tentatives de négociation et plusieurs années de conversations. Le problème des évêques non légitimes a commencé peu après la fondation de l’APCC, en 1957 : dès l’année suivante, plus de vingt évêques avaient été consacrés sans autorisation. De son côté, le Saint-Siège a continué de nommer des évêques, qui devaient être consacrés et exercer leur ministère clandestinement, et finissaient souvent par être privés de liberté. Ces difficultés ont poussé le Saint-Siège à accorder aux évêques chinois légitimes, en 1981, le privilège de consacrer d’autres évêques en cas de besoin, sans consulter Rome, ce qui, après-coup, a contribué à augmenter la confusion : il était encore plus difficile pour les fidèles de savoir avec certitude quels étaient les pasteurs en communion avec le pape.

    Profitant d’un assouplissement du communisme sous Deng Xiaoping, Jean-Paul II a entamé un patient processus de rapprochement avec la Chine. Mais il y eut un recul notable en 2000, avec de nouvelles ordinations illicites d’évêques et la réaction indignée du régime à la canonisation de 120 catholiques chinois morts dans la rébellion des boxers (1899-1901) : des martyrs selon l’Eglise, des personnes exécutées pour trahison au service de puissances étrangères selon Pékin.

    L’année suivante, Jean-Paul II a tenté de guérir les blessures par un discours significatif sur Matteo Ricci, dans lequel il demanda pardon pour les erreurs commises dans l’évangélisation de la Chine. Il mentionna en particulier qu’à certaines époques l’Eglise a agi sous la protection de puissances européennes, ce qui la mêla aux intérêts politiques de ces pays et la fit apparaître comme un agent étranger aux yeux de nombreux Chinois.

    Par la suite, la majorité des évêques illicites ont commencé à demander la reconnaissance du Saint-Siège, et bien qu’en 2006 il y eut encore des consécrations sans mandat pontifical, Benoît XVI a pu annoncer qu’après avoir accueilli favorablement les demandes, pratiquement tous les évêques de Chine étaient légitimes. Le pape Ratzinger supprima en outre le privilège d’ordonner des évêques clandestinement. Et il franchit l’une des étapes les plus importantes de ce processus avec sa Lettre aux catholiques chinois, dans laquelle il les encourageait à dépasser les divisions et manifestait la nécessité de chercher un accord juste avec l’autorité civile.

    Après 2007, il y eut une accalmie, avec des nominations accordées par Pékin et Rome, jusqu’en 2010 et 2011, années où le gouvernement serra la vis et où d’autres évêques illicites furent consacrés. Le Saint-Siège a protesté avec énergie, et le processus de rapprochement connut un arrêt. François réussit à renouer le dialogue, qui produit maintenant son premier fruit concret.

    Il ne s’agit sans aucun doute que d’un début, comme dit Burke. En plus de vérifier que l’accord fonctionne, il reste d’autres questions à régler. L’une d’entre elles est de savoir ce qu’on fait de l’APCC, qui ne peut avoir d’autorité sur l’Eglise. Il faudrait aussi constituer une Conférence Episcopale chinoise, car le collège d’évêques constitué par l’APCC ne remplit pas les fonctions correspondantes et n’est pas reconnu par l’Eglise. Il faudrait arriver à des accords sur l’ouverture de lieux de culte, la création de séminaires et leur gouvernement, la sélection des candidats au sacerdoce, etc. Et il faudrait rétablir les relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège.

    Ceux qui ne se sont pas soumis au régime

    Dans tout le processus de rapprochement, il y a un point très délicat : la sensibilité des catholiques qui ne sont pas soumis aux impositions du régime. C’est un point abordé par Benoît XVI dans sa Lettre de 2007. Ces fidèles peuvent voir dans un accord avec Pékin un mépris de leurs souffrances, tandis que l’on récompense ceux qui ont accepté des accommodements avec le régime. On songe en particulier aux évêques légitimes mais non admis par le gouvernement et à qui on demande le sacrifice de faire un pas de côté, ce qui a déjà provoqué la vigoureuse protestation du cardinal Zen, opposé aux négociations. On ne peut pas donner tort non plus à ceux qui font remarquer qu’en réalité, il ne peut y avoir de bon accord avec le régime chinois, qui ne respecte pas la liberté religieuse. Depuis cette année, il a implanté des règles plus dures, et ce mois-ci, il a approuvé de nouvelles restrictions, concrètement dans le domaine de la diffusion de messages religieux par Internet.

    Mais cette posture n’offre pas d’alternative meilleure tant que le régime chinois ne change pas. Refuser tout compromis prolongerait et sans doute accentuerait la division dans l’Eglise ; cela forcerait à choisir entre une « double hiérarchie » et une seule composée d’évêques illicites. C’est pourquoi on peut aussi arguer qu’il est préférable d’avoir un accord qui suppose une avancée plutôt qu’aucun accord. Nous ne saurons s’il en est vraiment ainsi qu’en voyant les fruits du processus qui vient d’être lancé.