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Histoire - Page 96

  • A la redécouverte de saint Dominique

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    Du site "Canal Académie" (Académies et Institut de France) :

     

     

     

    Saint Dominique de l’ordre des frères prêcheurs

    Entretien avec l’historienne Nicole Bériou, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

    Si saint François d’Assise participe d’un imaginaire familier à la plupart des Européens, son contemporain saint Dominique reste une figure méconnue. Afin de réparer cet injuste oubli, les historiens Nicole Bériou et Bernard Hodel ont récemment publié une somme commentée des témoignages écrits consacrés au fondateur de l’ordre des Prêcheurs, aujourd’hui appelés Dominicains (Saint Dominique de l’ordre des frères prêcheurs, Editions du Cerf, 2019). Au fil des textes traduits du latin et de l’italien ancien, on découvre un homme soucieux d’apporter des réponses originales aux défis de son temps : exacerbation des rivalités religieuses, montée de l’inquiétude spirituelle et morale, tensions sociales, contestation des élites et de l’ordre établi. Si bien que, comme souvent s’agissant des figures médiévales, il nous apparaît tout à la fois lointain et très proche de nous.

    Pour écouter l'entretien : https://www.canalacademie.com/ida12381-Saint-Dominique-de-l-ordre-des-freres-precheurs.html

    Date de mise en ligne : 10 mars 2020

    A la découverte de saint Dominique

    « Exact contemporain de François d’Assise, le castillan Dominique de Caleruega (après 1170-1221) a, comme lui, choisi de vivre la pauvreté volontaire et l’itinérance. Comme lui, il a choisi de dialoguer avec tous ceux et toutes celles qu’il croisait sur sa route. En réponse aux défis de son temps, il a lui aussi fondé un ordre religieux qui a pris forme dans les premières décennies du XIIIe siècle : les Prêcheurs, plus tard appelés Dominicains.

    Silencieux sur lui-même - il ne nous reste que trois de ses lettres -, Dominique a laissé à d’autres le soin de parler de lui. La centaine de témoignages réunis dans ce volume, présentés et annotés, ont été traduits du latin et de l’italien ancien, le plus souvent pour la première fois, afin de rendre accessibles à tous des sources méconnues et insoupçonnées.

    Un livre indispensable, qui s’inscrit dans la commémoration du VIIIe centenaire de la naissance de l’ordre des frères Prêcheurs. »

    Présentation par l’éditeur de Saint Dominique de l’ordre des frères prêcheurs, par Nicole Bériou et Bernard Hodel, Éditions du Cerf, octobre 2019, 1768 p., 40 €.

  • Le "silence de Pie XII" : sus aux fake news

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    De Marina Droujinina sur zenit.org :

    Archives du pontificat de Pie XII : les nombreuses « fake news » seront démantelées

    Le p. Peter Gumpel, relateur de la cause de la béatification, s’exprime

    « Les nombreuses « fake news » seront démantelées autour du prétendu silence de Pie XII autour du drame de la Shoah », affirme l’historien jésuite allemand et relateur de la cause de béatification du pape Pie XII, le p. Peter Gumpel, dans des propos repris par Avvenire en italien du 2 mars 2020. Le jésuite de 96 ans se dit convaincu que l’ouverture des archives du Vatican relatives au pontificat du pape Pie XII confirmera « les nombreux gestes de charité cachée faits par Pacelli en faveur des Juifs » et « surtout, ajoute-t-il, il sera confirmé que rien n’a été caché ».

    Le père Gumpel représente, en un certain sens, le dernier témoin vivant – après la mort en 2014 du postulateur de la cause de Pie XII, le p. Paolo Molinari – de cette génération d’historiens jésuites ayant eu accès, sur mandat de Paul VI, aux Archives secrètes du Vatican. « J’ai eu, raconte-t-il, le même privilège que mes confrères Burkhart Schneider, Robert Graham, Pierre Blet et Angelo Martini, auteurs des fameux 12 volumes d’Actes et documents du Saint-Siège relatif à la Seconde Guerre mondiale, d’avoir accès à tous les documents des Archives secrètes du Vatican. »

    En tant que relateur de la cause de la béatification du pape Pie XII, le p. Gumpel a eu l’occasion de recueillir le témoignage de sœur Pascalina Lehnert (1894-1983), collaboratrice proche du pape Pie XII : elle « m’a confié sous serment », raconte le jésuite, l’existence « d’une lettre de protestation de Pie XII contre la déportation injustifiée des Juifs, qu’il avait brûlée au dernier moment dans la cheminée de la cuisine de l’appartement pontifical ». « ‘C’était un acte de prudence’, avait déclaré la religieuse, pour éviter de nouvelles représailles contre les Juifs par les nazis, poursuit le p. Gumpel : le pape Pie XII est intervenu avec sa prudence diplomatique proverbiale, généralement là où son action pouvait porter ses fruits, comme dans les pays indirectement occupés par les nazis tels la Slovaquie et la Hongrie. »

    Le jésuite explique que le pape Pie XII a fait de nombreux gestes cachés pour sauver les Juifs : « Son secrétaire historique, le père jésuite Robert Leiber, m’a confirmé que le pape avait utilisé une grande partie de sa fortune personnelle pour aider les Juifs, dit le p. Gumpel. La documentation et la thèse du savant juif Sir Martin Gilbert ont démontré … que Pacelli a probablement sauvé plus de 100 000 juifs dans le monde, en payant de sa propre poche de nombreux voyages d’espérance, d’Allemagne au Portugal ou au Brésil. »

    Le prince allemand devenu jésuite salue l’ouverture des archives du pontificat du pape Pie XII et explique que les chercheurs ne trouveront pas de documentation « brûlante »: « Ils ne trouveront rien d’inconfortable et de brûlant, aussi parce que Pie XII, comme toute la Curie romaine de cette époque après le 8 septembre 1943 craignant l’arrivée des Allemands dans la Cité, avait fait cacher et disparaître tous les documents « compromettants » dans lesquels il était possible de retracer tous les sauvetages qui ont eu lieu en faveur des Juifs, en particulier les Juifs romains. »

    « Une grande partie de ce matériel, poursuit-il, a été envoyé aux États-Unis ou à Lisbonne ou envoyé dans des couvents sûrs et des lieux cloîtrés ou détruit. Le reste? Je pense que c’est à l’intérieur du Vatican sous les planchers qui ont été fermés par des maçons experts du Saint-Siège et si bien cachés qu’aujourd’hui nous ne savons même pas où se trouvent ces matériaux. »

  • Et si le Saint-Suaire ne montrait pas le visage d’un défunt mais d’une personne vivante en train de se lever ?

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    Lu sur Aleteia.org :

    Saint-Suaire : et s’il ne s’agissait pas d’un défunt mais d’une personne vivante ?

    04 mars 2020

    Et si le Saint-Suaire ne montrait pas le visage d’un défunt mais d’une personne vivante, en train de se lever ? C’est en tout cas la thèse que défend le docteur Bernardo Hontanilla Calatayud, directeur du service de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique de la clinique universitaire de Navarre (Espagne), dans la revue « Scientia et Fides ».

    On ne compte plus le nombre d’articles et d’enquêtes publiés sur le Saint-Suaire, le fameux linceul qui aurait enveloppé le corps de Jésus-Christ après sa descente de la croix. Si la documentation sur le sujet est assez conséquente, une étude récente publiée par le docteur Bernardo Hontanilla Calatayud, directeur du service de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique de la clinique universitaire de Navarre (Espagne), dans la revue Scientia et Fides mérite que l’on s’y arrête. Sa thèse : la figure qui apparaît dans le linceul ne correspond pas à une personne inerte, comme on le croyait jusqu’à présent, mais à une personne vivante qui se lève.

    Dans cet article, le docteur explique que plusieurs éléments laissent penser que la personne représentée grâce au suaire de Turin était en vie. Si la posture du corps imprimée sur le linceul correspond à la rigidité cadavérique, « la présence de rainures faciales indique que la personne est vivante ». Par conséquent, le suaire de Turin révèle à la fois des signes de vie et de mort de la personne qui a laissé son image imprimée sur le linceul.

    Lire aussi : L’incroyable conversion de la papesse de la mode devant le Saint-Suaire

    « Si le Suaire est un faux, ce serait une œuvre d’art réalisée par un génie ayant des connaissances médicales, médico-légales et une capacité à traiter  l’image remontant au plus tôt au XXᵉ siècle », explique le scientifique. « Si nous suivons le récit des Évangiles, nous observons qu’il existe une symétrie exacte entre les données présentes dans l’image et ce qui est décrit dans les textes, c’est-à-dire à la fois de la mort et de la Résurrection ». Une thèse que d’autres experts ont déjà envisagée en d’autres termes en expliquant que le moment où l’image s’est imprimée sur le tissu correspond à un rayonnement inconnu émis par le corps jusqu’alors recouvert.

    Découvrez aussi le corps de Jésus en 3D réalisé à partir du Saint-Suaire :

     
  • Archives du Vatican : faut-il s'attendre à des révélations retentissantes sur le pontificat de Pie XII ?

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    De  sur le Figaro Vox :

    Archives du Vatican: «Il n’y a pas de secrets cachés sur Pie XII!» estime Jean Sévillia

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - L’historien rappelle que la plupart des documents de l’Église sur la Seconde Guerre mondiale ont déjà été publiés. L’ouverture des archives du Vatican ne conduira pas, selon lui, à des découvertes historiques majeures.

    04.03.2020

    Journaliste, écrivain et historien, Jean Sévillia est chroniqueur au Figaro Magazine et membre du conseil scientifique du Figaro Histoire. Il a récemment dirigé l’ouvrage collectif L’Église en procès. La réponse des historiens(Tallandier/Le Figaro, 2019).


    FIGAROVOX.- Comme le pape François l’avait annoncé il y a un an, le Vatican a ouvert aux historiens l’accès aux archives sur le pontificat de Pie XII. Faut-il s’attendre à des découvertes importantes sur son attitude à l’égard du régime nazi?

    Jean SÉVILLIA.- C’est une controverse historique ancienne, qui remonte notamment à la parution de la pièce de théâtre «Le Vicaire» créée en 1963 par Rolf Hochhuth et critiquant vivement l’action de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que jusqu’à cette date, et notamment à la mort de Pie XII en 1958, la communauté internationale avait loué son pontificat, y compris dans le monde juif.

    La majeure partie des archives a en réalité déjà été explorée.

    Mais il n’y a pas de secrets cachés sur Pie XII! En 1963, le pape Paul VI, voulant faire la lumière sur ce sujet, a fait ouvrir les archives du Vatican et confié à une équipe de quatre historiens ecclésiastiques le soin d’en extraire tous les documents concernant la période de la guerre. Ce qui a donné lieu à la publication d’un travail colossal réalisé entre 1965 et 1982, les Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale, douze volumes de 800 pages chacun, aujourd’hui librement accessibles, par Internet, sur le site du Vatican. L’essentiel des documents concernant la fin du pontificat de Pie XI et celui de Pie XII, pour la période de la guerre, ont ainsi été rendus disponibles. Bien évidemment, en ouvrant la totalité des archives pour lesquelles le classement scientifique n’était pas encore achevé, l’Église permettra certainement d’accéder à tels ou tels documents non encore exploités, mais la majeure partie des archives a en réalité déjà été explorée. Je ne m’attends donc pas à de grandes découvertes sur la période de la guerre. Il y aura du nouveau, en revanche, pour la longue période du pontificat de Pie XII qui court de 1945 à 1958, mais les amateurs de sensationnel ne s’y intéressent pas, car ils n’y voient pas matière à polémique.

    Les adversaires de Pie XII reviennent sans cesse avec les mêmes arguments, mais sans jamais apporter un témoignage nouveau ou un document inconnu qui irait dans le sens de la culpabilité du pape. À l’inverse, du côté de la défense, de nombreuses pièces nouvelles ou des témoignages inédits ont été publiés par les historiens, et tous prouvent que Pie XII a été habité par le drame de la guerre et qu’il a fait ce qui était en son pouvoir pour intervenir en faveur des persécutés.

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  • « L’attention aux Juifs est une constante dans l’action du Vatican » avant et durant la guerre 40-45

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    Pie XII, DR

    Pie XII, DR

    De Marina Droujinina sur zenit.org :

    Archives de Pie XII : « L’attention aux Juifs est une constante dans l’action du Vatican » 

    Le prof. Napolitano parle de la première journée de recherche

    En tant qu’expert du rôle du Saint-Siège pendant les persécutions nazies, le prof. Napolitano a été parmi les premiers historiens à profiter de l’ouverture des fonds d’archives du Saint-Siège relatifs au pontificat de Pie XII (1939 – 1958) qui a eu lieu le 2 mars 2020. Il a confié à Radio Vatican les fruits de la première journée de recherche.

    Le professeur italien affirme qu’il n’y a pas de discontinuité entre le pontificat de Pie XI et celui de Pie XII : « J’ai trouvé une série qui rassemble les actions des deux pontificats sur exactement les mêmes thèmes, dit-il. Nous avons des mesures pour encourager l’émigration, des documents sur la question des visas des pays neutres, toujours pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous avons des documents dans lesquels de nombreux citoyens américains et le gouvernement américain lui-même expriment leur gratitude au Saint-Siège pour ce qu’il a fait pour les Juifs pendant la même période. C’est un matériel d’archives qui prouve l’existence d’un réseau consolidé de relations pour sauver les personnes persécutées, qui traverse deux pontificats. »

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  • Pour Mgr Gallagher, Pie XII va émerger dans toute sa grandeur des archives

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    Ouverture des archives du pontificat de Pie XII, 81 ans après son élection

    De Vatican News :

    Pour Mgr Gallagher, Pie XII va émerger dans toute sa grandeur des archives

    Entretien avec le secrétaire aux Relations avec les États : les documents mis à la disposition des universitaires à partir de ce 2 mars retraceront le grand travail de charité d’Eugenio Pacelli et aussi les tentatives d’entrer en contact avec le bloc soviétique.

    Tout est maintenant prêt pour l'ouverture des Archives du Saint-Siège relatives au pontificat de Pie XII. Parmi les documents qui seront mis à la disposition des chercheurs figurent ceux des Archives historiques de la Section des relations avec les États de la Secrétairerie d'État. Nous en avons parlé avec Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire aux Relations avec les États.

    Avec l'ouverture des archives historiques de la section des relations avec les États, quels types de documents seront consultables ?

    Les Archives historiques de la section des Relations avec les États sont les archives d'une institution encore vivante et d'origine assez récente, c'est-à-dire dont les origines remontent à 1814. Les Archives historiques de la Secrétairerie d'État (section des Relations avec les États) sont physiologiquement liées à l'action de l'institution productrice. Sa physionomie réside précisément dans le développement et l'action de la Secrétairerie d'État à l'échelle internationale, la diplomatie du Pape en défense de la paix et de la justice pour les peuples. Les documents qui ont appartenu à la Sacrée Congrégation pour les Affaires Ecclésiastiques Extraordinaires (AA.EE.SS.) et, après les années 1960, au Conseil pour les Affaires Publiques de l'Église (AA.PP.) sont tous conservés dans notre section. En outre, les sessions de la réunion des cardinaux de la Sacrée Congrégation des AA.EE.SS. sont conservées ; le Fonds Caprano et les documents du cardinal Agostino Casaroli.

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  • Une enquête sur les "recalés de la sainteté"

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    Du site du Figaro Vox () :

    Ils ont raté de peu l’auréole: enquête sur les recalés de la sainteté

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Dans «Presque saints!», le journaliste Jérôme Anciberro propose une stimulante histoire de l’Église catholique, examinée au prisme des canonisations qui n’ont jamais abouti.

    Contrairement à d’autres papes, Pie XII n’a toujours pas été reconnu saint par l’Église.
    Contrairement à d’autres papes, Pie XII n’a toujours pas été reconnu saint par l’Église. Wikimedia Commons - CC

    Jérôme Anciberro est journaliste spécialisé dans les affaires religieuses. Il a été rédacteur en chef de Témoignage chrétien et de La Vie. Il est l’auteur de Presque Saints! (Tallandier, 2020).


    FIGAROVOX.- D’ordinaire, on s’intéresse davantage aux saints plutôt qu’aux personnes qui ont failli l’être… mais qui n’ont finalement pas été «canonisées». D’où vous est venue l’idée de ce livre?

    Jérôme ANCIBERRO.- Les procédures qui conduisent dans l’Église catholique à une béatification ou à une canonisation relèvent d’un contrôle de qualité. Il est donc normal, et d’une certaine façon rassurant pour les catholiques, que certains candidats soient recalés ou que l’étude de leur cas prenne beaucoup de temps. En me penchant sur cette question, ma curiosité a été aiguisée car je n’ai pas vraiment trouvé d’étude générale: à quelques exceptions près, les saints qui «réussissent», c’est-à-dire ceux qui sont dûment béatifiés ou canonisés, prennent toute la place, aussi bien dans les églises que dans les librairies. J’ai donc tenté, à l’aide des travaux de nombreux historiens et spécialistes de la question, une première exploration en choisissant des personnages généralement connus qui ont tous fait l’objet de tentatives assez sérieuses de béatification sans que celles-ci n’aboutissent, de Charlemagne à Pie XII, en passant par Christophe Colomb ou Louis XVI.

    Quelles sont les cases à cocher pour être reconnu saint par l’Église?

    C’est une procédure complexe et qui a évolué au cours de l’histoire. Précision préalable: en bonne théologie catholique, il existe une multitude de saints - c’est-à-dire tout simplement de personnes qui sont au Ciel - dont l’Église n’a pas connaissance. Les saints béatifiés ou canonisés (la béatification est théoriquement une étape vers la canonisation) sont simplement des saints «garantis» par l’Église catholique et pour lesquels elle autorise le culte public.

    Pour chacune des voies d’accès à la béatification ou à la canonisation, les contrôles sont multiples et rigoureux.

    Pour simplifier, il y a trois voies qui permettent de faire avancer une cause en béatification ou en canonisation. D’abord celle du martyre, c’est-à-dire la mort infligée «en haine de la foi» ; ensuite, celle de la pratique des vertus à un degré dit «héroïque» ; enfin, celle de l’offrande volontaire de la vie, c’est-à-dire de la mort acceptée par charité, sans qu’il y ait à proprement parler de persécution, par exemple en soignant des malades contagieux. Pour chacune de ces voies, les contrôles sont multiples et rigoureux. On vérifie aussi les biographies et les éventuels écrits afin de voir si rien n’est incompatible avec la doctrine catholique. Sans compter les fameux miracles, nécessaires pour «sceller» une procédure, dont l’étude est conduite à part, mais dont les martyres sont dispensés, en tout cas dans un premier temps.

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  • L'ouverture des archives du pontificat de Pie XII

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    De sur zenit.org :

    Archives du pontificat de Pie XII : journée d’étude à l’Augustinianum

    Interview du préfet des Archives apostoliques du Vatican

    À quelques jours de l’ouverture des archives du pontificat du pape Pie XII (le 2 mars 2020), les Archives apostoliques du Vatican organisent, ce 21 février, une journée d’étude à l’Institut patristique Augustinianum.

    Dans une interview à Vatican News, Mgr Sergio Pagano, préfet des Archives, explique le but de l’événement : « servir les chercheurs en leur offrant un aperçu des nouveaux fonds et des nouvelles possibilités de recherche, des outils préparés, pour que chacun se mette en route, fasse ses recherches, tire ses conclusions, bien sûr, dans une liberté de recherche maximale. »

    Mgr Pagano explique aussi le déroulement de l’événement : « À cette occasion, les archivistes des Archives du Vatican, mais aussi les archivistes d’autres archives du Saint-Siège, présenteront leur travail de préparation de documents et la possibilité que ces documents offrent concernant de nouvelles recherches ». Plus de 200 personnes, dont les historiens et les chercheurs ainsi qu’un « grand groupe d’universitaires juifs », se sont inscrits pour cette journée.

    La décision d’ouvrir la documentation relative au pontificat de Pie XII à la consultation des chercheurs a été prise par le pape François en mars dernier. En recevant le personnel des Archives secrètes du Vatican – aujourd’hui les Archives apostoliques – le pape a expliqué qu’il avait fait ce choix avec « l’âme sereine et confiante», dans la certitude que la recherche historique pourra évaluer les « moments d’exaltation de ce pape » ainsi que des « moments de graves difficultés, de décisions tourmentées, de prudence humaine et chrétienne ».

    « La question dramatique de la Shoah »

    Nombreux sont les chercheurs qui attendent l’ouverture des archives de Pie XII: « L’attente est compréhensible, affirme Mgr Pagano, car le pontificat du pape Pacelli est très important et crucial. Il se situe à un moment de l’histoire humaine malheureusement dévasté et ensanglanté par le dernier conflit mondial, mais aussi par tout ce qui s’est passé dans ce conflit et immédiatement après sa conclusion. Évidemment, la question dramatique de la Shoah vient immédiatement à l’esprit et les Juifs attendent donc de nombreuses révélations de cette ouverture. »

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  • Les archives concernant le pontificat du pape Pie XII seront ouvertes le 2 mars prochain

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    Lu sur zenit.org (:

    Archives du pontificat de Pie XII : ouverture le 2 mars

    FÉVRIER 18, 2020

    À dix jours de l’ouverture des archives relatives au pontificat du pape Pie XII (2 mars 1939 – 9 octobre 1958), qui aura lieu le 2 mars 2020, une conférence de presse présentant cet événement se tiendra jeudi 20 février 2020, au Bureau de presse du Saint-Siège.

    C’est en mars 2019 que le pape François a annoncé sa décision d’ouvrir les archives concernant le pontificat de Pie XII qui « s’est trouvé à conduire la barque de Pierre à l’un des moments les plus tristes et les plus sombres du XXe siècle », a-t-il souligné.

    La conférence de presse verra la participation du cardinal José Tolentino Calaça de Mendonça, archiviste et bibliothécaire de la Sainte Église Romaine, de Mgr Sergio Pagano, préfet des Archives secrètes du Vatican et du professeur Paolo Vian, vice-préfet. Les Archives apostoliques du Vatican seront aussi présentées par Luca Carboni, Giovanni Coco et Alejandro M. Dieguez.

    D’autres experts sont annoncés au point presse : Mgr Alejandro Cifres Giménez, des Archives de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi; Mgr Luis Manuel Cuña Ramos, des Archives historiques de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, et Johan Ickx, des Archives historiques de la Section des relations avec les États du Secrétariat d’État.

    Trois grands groupes de documents constituent le fonds d’archive du pontificat du pape Pie XII : les représentations pontificales ; la secrétairerie d’État ; les congrégations romaines. En tout, il s’agit de quelque 16 millions de feuillets, plus de 15.000 enveloppes et 2.500 fascicules. Une vingtaine d’archivistes ont collaboré au travail de préparation de la documentation : description des différentes positions (protocoles, fascicules, enveloppes, etc.) ; numérotation des feuillets ; timbrage des feuillets pour des raisons de sécurité ; reliure des fascicules de papiers plus détériorés ou plus délicats. L’inventaire avait commencé en 2006 selon la volonté du pape Benoît XVI.

  • Goulag : un documentaire exceptionnel sur ARTE

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    Documentaire exceptionnel : « Goulag – Une histoire soviétique » (source)

    Disponible au visionnage sur le site d’Arte pour encore deux mois (jusqu’au 10 avril), ce documentaire en trois parties consacré au système répressif et concentrationnaire soviétique est exceptionnel. Exceptionnel, car en dépit de l’ampleur, de la violence et de la durée de cet esclavage contemporain, les réalisations sur le sujet sont rares. Exceptionnel par les images d’archives et la compilation de témoignages qui s’enchaînent de manière chronologique pour effleurer presque intégralement l’histoire du système concentrationnaire rouge. Des goulags des Solovki, en passant par les mines de la Kolyma aux grands projets soviétiques (canaux, routes, chemins de fer etc..), le réalisateur Patrick Rotman nous propose un voyage dans l’enfer de l’Archipel du goulag, selon le titre d’un grand livre de Soljénitsyne. (1ère partie : ici, 2ème partie : ici, troisième partie : ici

    « Avec des témoignages et des archives exceptionnels, cette série documentaire déroule, de 1917 à la fin des années 1950, l’histoire d’un continent encore méconnu : le système concentrationnaire soviétique qui constitua le coeur caché de l’empire. Premier volet : les origines, de 1917 à 1933.

    Acronyme russe formé en 1930 à partir des mots « Administration centrale des camps », le Goulag, phénomène majeur du XXe siècle, demeure pourtant largement méconnu. Créés dès 1918, les camps soviétiques connaissent dans les années 1930, avec la terreur stalinienne, et jusqu’à la mort du tyran en 1953, un développement exponentiel qui fait d’eux le cœur économique et politique caché du régime. Ignoré, puis nié pendant des décennies et rapidement occulté par le pouvoir russe après la chute de l’URSS, ce système concentrationnaire qui a brisé les existences de millions de déportés a été dénoncé et décrit au fil du temps par nombre de ses victimes, aux premiers rangs desquelles l’ancien officier de l’Armée rouge, devenu prix Nobel de littérature, Alexandre Soljenitsyne.

    Mais le secret instauré par l’URSS, l’aveuglement de l’Occident, qui a tardé à reconnaître sa réalité, puis le déni persistant des autorités russes ont longtemps entravé le travail historique nécessaire pour le comprendre dans toutes ses dimensions. Grâce à l’ouverture des archives, écrites mais aussi filmées, et au travail extraordinaire de collecte de témoignages accompli depuis trente ans par l’organisation russe Memorial – que Poutine a mise à l’index dès son arrivée à la tête de l’État –, cette série documentaire déroule pour la première fois en images l’histoire dantesque d’un « archipel« , comme l’écrivait Soljenitsyne, largement oublié et incompris. En compétition au Fipadoc 2020, ce récit à la fois dense et fluide, sobre et plein de souffle, se fonde notamment sur les recherches de l’historien Nicolas Werth, l’un de ses trois coauteurs, spécialiste du régime soviétique. Sa force réside aussi dans sa capacité à tisser itinéraires individuels et destin collectif, par un art combiné du détail et de la synthèse. »

  • Édouard Husson: «La comparaison entre le Brexit et la Réforme anglicane passe à côté de l’essentiel»

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    Libéralisme « athénien » contre « romanité » étatique ? Le cliché date un peu mais il a la vie dure. Lu sur le site « figarovox », sous la plume d’Edouard Husson :

    « Dans un article publié le 10 février dans ces colonnes, Bradford Littlejohn propose une comparaison argumentée entre le Brexit et la Réforme anglicane du XVIe siècle. Il fait l’analogie entre le rejet par le clergé anglais des taxes pontificales et celui, de la contribution britannique à l’UE. Il compare la bureaucratie bruxelloise à celle du Saint-Siège au XVIe siècle. L’article est brillant, donne à réfléchir mais passe un peu vite sur le comportement d’Henri VIII.

    Malgré la rupture avec Rome, l’Angleterre suivit largement la même histoire que le continent européen.

    La rupture avec Rome fut aussi le début d’un comportement de plus en plus despotique du souverain britannique, l’orée d’un siècle et demi d’absolutisme monarchique, de persécutions religieuses, de révolutions, le pays ne retrouvant un équilibre politique qu’à l’occasion de la Glorieuse Révolution de 1688-1689. De fait, durant cette période, l’Angleterre suivit largement, en solitaire, la même histoire que le continent européen. La coupure entre l’Angleterre et le reste de l’Europe ne fut qu’apparente, le continent entrant dans une spirale propre de violence, des guerres de Religion à la Guerre de Trente Ans. Contrairement aux apparences, l’Angleterre, d’Henri VIII à Cromwell, ressembla au continent, en plus brutal. De Shakespeare à Hobbes, on voit les plus grands esprits anglais du temps marqués profondément par la violence de l’histoire insulaire. Aujourd’hui encore le calendrier de l’Église catholique fait une place aussi grande aux martyrs de l’époque élisabéthaine qu’à ceux de la Révolution française ou de la Guerre d’Espagne. Du meurtre de Charles Ier à la dictature de Cromwell, l’Angleterre connut un épisode proto-totalitaire.

    Le Brexit a toutes les caractéristiques d’une nouvelle « Glorieuse Révolution  ».

    Le Brexit est à l’opposé de cette histoire sanglante. Il représente une reconquête par la Grande-Bretagne de libertés fondatrices. Plutôt que de le placer dans la continuité de la monarchie des Tudors, il a toutes les caractéristiques d’une nouvelle «Glorieuse Révolution». Il est un moment éminemment «conservateur» de l’histoire anglaise et britannique, pour laquelle les libertés individuelles et l’équilibre des pouvoirs sont toujours «à l’origine» et risquent, régulièrement, d’être perdus, oubliés, déformés. Ce à quoi nous avons assisté, entre 2016 et 2019, c’est la tentative d’une partie des parlementaires de manigancer avec une partie de la haute fonction publique un échec du Brexit, contre la volonté populaire. Au bout du compte, les diverses protections de la liberté que permettent les institutions britanniques l’ont emporté. Il a été possible aux défenseurs du Brexit de rendre la parole à la souveraineté populaire et de faire aboutir le souhait majoritaire: réenraciner clairement la liberté et la souveraineté dans la nation. Lorsque Boris Johnson est allé conquérir les terres travaillistes du nord de l’Angleterre, il a renoué avec le conservatisme populaire de Benjamin Disraëli, le fondateur du parti conservateur moderne dans les années 1840.

    En quittant le projet fédéraliste européen, les Britanniques ont renoué avec le meilleur de la culture européenne.

    Pour comprendre ce qui se passe avec le Brexit, il faut se défaire de la fascination malsaine de la philosophie politique pour Machiavel, Hobbes et Rousseau, concepteurs des tyrannies modernes. Revenons à la tradition des penseurs de la liberté et de la loi naturelle, d’Aristote à Edmund Burke. En quittant le projet fédéraliste européen, grâce auquel son père fondateur, Jean Monnet, voulait substituer «l’administration des choses au gouvernement des hommes», la Grande-Bretagne a renoué avec l’ambition politique d’une société de liberté, d’une démocratie légitime. Les Britanniques ont renoué avec le meilleur de la culture européenne. Ils sont sortis de l’Union Européenne pour… retrouver le civisme qui animait déjà les Athéniens combattant l’Empire perse ou la République romaine. La Réforme anglicane avait été une séparation du reste de l’Europe pour le pire. Le Brexit sera-t-il, au contraire, l’amorce d’une renaissance politique pour toute l’Europe? Cela dépend de nous: avons-nous encore le goût de la liberté?

    Ref. Édouard Husson: «La comparaison entre le Brexit et la Réforme anglicane passe à côté de l’essentiel»

    Édouard Husson est historien, professeur des universités et directeur de l’Institut Franco-allemand d’Études Européennes à l’Université de Cergy-Pontoise. Il vient de publier Paris-Berlin: la survie de l’Europe(Gallimard, collection Esprit du Monde, 2019).

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  • RDCongo: la Belgique « n’a pas abandonné » ses anciens combattants congolais

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    Quand les anciens coloniaux recadrent les fantaisies anticolonialistes qui prétendent réécrire l’histoire :

    commemoration-forces-congo.jpgLa publication sur le site de La Libre Afrique.be d’une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) consacrée à l’hommage rendu à Kinshasa aux anciens combattants congolais de l’armée belge a suscité des réactions. En cause: l’affirmation selon laquelle la Belgique aurait « jeté comme des torchons sales » ces anciens combattants. C’est faux, assure André de Maere d’Aertrycke, ancien président de l’Union Royale Belge pour les Pays d’Outremer.

    La dépêche de l’AFP, qui évoque également un documentaire sur ces anciens combattants, reprend les propos de deux d’entre eux, nonagénaires, s’indignant de « l’ingratitude » de l’ex-colonisateur, opposé à la France « qui, elle, s’occupe jusqu’aujourd’hui des survivants de la Seconde guerre mondiale originaires de ses ex-colonies et de leurs héritiers ».

    André de Maere d’Aertrycke a réagi à cette publication auprès de la La Libre Afrique.be. Il nous indique que « ce n’est pas la faute de la Belgique si les anciens combattants de la Force publique ne touchent pas leur retraite ». Dans les années 70, « le gouvernement belge a conclu un accord avec le maréchal Mobutu, qui prévoyait l’annulation d’une dette zaïroise en matière de télécoms contre la reprise par le Zaïre du paiement des pensions aux anciens combattants. En 1990, la Belgique a encore versé, en supplément, un fonds de pension au Zaïre ». Apparemment, toutefois, « les anciens combattants n’en ont jamais vu la couleur ».

    L’argent « perdu » sous Mobutu

    Quelques 10.000 Congolais ont participé à la Seconde guerre mondiale au sein de l’armée belge. La question de leurs pensions avait déjà été soulevée en Belgique en 2006. Le ministre de la Défense de l’époque, le socialiste André Flahaut, avait alors expliqué à nos confrères du Soir: « Un gouvernement précédent a versé à Mobutu une somme pour qu’il gère lui-même les pensions. Une somme qui s’est perdue. Après, on a demandé aux autorités congolaises de constituter une liste qui identifie les anciens combattants. Mais cela prend du temps. Une fois que ce sera fait, on avisera de l’opportunité de verser ces pensions »

    Un autre lecteur de La Libre Afrique.be, le médecin colonel en retraite Marc Georges – qui nous indique avoir participé à une mission organisée par la Défense belge au profit des Anciens combattants de Kinshasa » -, souligne pour sa part qu’il ne veut « en aucune manière minimiser l’engagement des deux vétérans » évoqués mais que « la Force publique du Congo belge n’a pas envoyé de troupes combattantes en Birmanie. Elle a cependant envoyé un hôpital de campagne, le « 10th Belgian Congo Casualty Clearing Station », commandé par le Dr Thomas », dont le personnel « n’a jamais participé à aucun combat ».

    Un foyer et des ambulances belges détournés

    Le Dr Georges ajoute que « près de la place de la Victoire, à Kinshasa, les Anciens combattants disposaient d’un foyer, construit par la Belgique avant l’indépendance et mis à leur disposition. Ils en étaient théoriquement les gestionnaires et les profits (organisation d’événements) qu’ils en auraient retiré devaient naturellement leur revenir ». Mais « les Anciens combattants n’ont jamais eu leur mot à dire dans la gestion de cette institution, gestion « reprise » par un (des?) proche du régime ».

    Enfin, le Dr Georges indique que le ministre Flahaut avait donné au gouvernement congolais « deux ambulances Ford Transit et deux Opel Kadett, en parfait ordre de marche, destinées aux Anciens combattants. Là non plus, ces derniers n’en ont jamais vu la couleur. Les ambulances servaient comme véhicules de transport (personnes et marchandises) utilisés par des militaires FARDC, mais jamais pour transporter des malades ou des blessés. Quant aux Opel Kadett, elles servaient de transport de liaison pour les officiers de la garnison ».

    Ref. RDCongo: la Belgique « n’a pas abandonné » ses anciens combattants congolais

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