"Qui fait en sorte qu'à longueur de pages, d'heures d'antenne radio-et-télédiffusées, le même sujet soit traité avec une constance qui donne la nausée? Que le psittacisme le plus monotone y règne? Que les intellectuels y sont tellement asservis qu'ils ne trouvent rien de mieux à faire que de s'épancher urbi et orbi en analyses de café des sports dont le premier supporter venu serait capable? Le jugement tombe sans appel: il s'agit d'un régime totalitaire. Pendant un mois, nos journaux, nos médias, à travers leur monotonie, vont ressembler à ceux de l'ex-RDA: du foot, du foot et encore du foot ; ce qui ne manque pas de rappeler la presse communiste: le parti, le parti, et encore le parti. La Coupe du monde est une singerie de l'univers totalitaire au sein même du monde libre."
Société - Page 726
-
La Coupe du Monde de football, emblématique de l'ère du vide
-
Derrière le vote de l'euthanasie, une mutation anthropologique
"(...) On a présenté le droit de «mourir dans la dignité» comme l'expression d'un droit fondamental enfin reconnu: celui d'en finir librement avec sa propre vie lorsqu'elle devient invivable. La thèse était la suivante: chacun peut donner la conception qu'il veut à l'existence et nul n'est obligé d'assumer la conception sacrée de la vie, de la conception jusqu'à la mort naturelle, avec la part de consentement au «mystère de l'existence» qu'elle implique.
Dans la mesure où les services publics devraient respecter la diversité des croyances, la possibilité de l'euthanasie devrait être offerte à tous, chacun étant libre ou non de s'en prévaloir. On voit jusqu'où peut aller la logique des droits lorsqu'elle se conjugue avec un certain relativisme moral et qu'elle réclame la gratuité des services propres à l'État social. (...)
(...) C'est notre rapport à la dignité humaine qui s'éclaire ici. La modernité l'assimile à l'autonomie: c'est elle qui donnerait sa valeur à l'existence. Inversement, la vieillesse est disqualifiée comme l'âge de la déchéance. Dépendre d'autrui serait avilissant. Plus la perte d'autonomie serait grave, moins la vie vaudrait la peine d'être vécue. Dans une société où la famille a éclaté et où les aînés sont souvent laissés à l'abandon, le vieil âge est présenté sous le signe de l'indignité. La banalisation culturelle de l'euthanasie n'est peut-être pas sans lien avec cette disqualification morale des vieux jours. (...)
Extraits d'un article de Mathieu Bock-Coté relatif au vote de l'"aide médicale à mourir" qui vient de survenir au Québec : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/06/12/31003-20140612ARTFIG00112-comment-le-quebec-a-vote-l-euthanasie-au-nom-des-droits-de-l-homme.php
-
Google, plus fort que Big Brother ?
Pas banale, cette longue lettre ouverte adressée par Mathias Döpfner, le plus grand patron de presse allemand, CEO du groupe de médias Axel Springer SE (qui édite entre autres Bild et Die Welt), au président de Google Eric Schmidt. Le texte a été publié dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. On en trouve une traduction française dans le site de L'Express http://blogs.lexpress.fr/media/2014/05/21/47765/
A côté de considérations sur la concurrence déloyale de Google à l'égard de la presse, qui relèvent de la cuisine interne, il y a des propos sur le contrôle exercé par Google sur la privacy de chacun de nous qui donnent à penser que la prophétie d'Orwell dans 1984 est peut-être en train de se réaliser, avec "seulement" trente ans de retard. Voici deux morceaux choisis:
- " Personne ne connaît mieux ses clients que Google. Même les e-mails privés ou professionnels sont lus par Gmail et peuvent être exploités selon les besoins. Vous-mêmes avez dit en 2010 : « Nous savons où tu es. Nous savons où tu te trouvais. Nous pouvons plus ou moins savoir, ce que tu es en train de penser. » C’est une phrase remarquablement sincère. La question est de savoir si les utilisateurs souhaitent que ces informations lorsqu’elles ne sont pas uniquement utilisées à des fins commerciales – ce qui, certes, comporte de nombreux avantages, mais aussi quelques zones d’ombres qui donnent le frisson – puissent également tomber dans les mains de services secrets, ce qui est déjà en partie le cas ?"
- "Google explore plus d’un demi-milliard d’adresses internet. Google en sait davantage sur chaque citoyen actif dans le monde numérique que George Orwell n’a osé imaginer dans ses visions les plus audacieuses de 1984. Google est assis sur l’ensemble du trésor que représentent les données actuelles de l’humanité comme le géant Fafner dans L’anneau du Nibelung : » Hier lieg’ ich und besitz » (« Ici je me trouve, et possède »)."Dans 1984, les écrans de télévision servaient à surveiller les gens dans tous leurs actes quotidiens. En 2014, les écrans d'ordinateur sont sur le point de remplir la même fonction...
-
Philippe VI d’Espagne sera-t-il un roi catholique ?
Le roi Juan Carlos d’Espagne a annoncé qu’il renonçait au trône. Son fils, le prince des Asturies va lui succéder. Quel avenir pour la monarchie espagnole ? De Josémaria Ballester Esquivas dans l’hebdomadaire « Famille chrétienne » :
« Entre tradition familiale et contraintes constitutionnelles, la marge de manœuvre du nouveau monarque espagnol est étroite.Dans le livre-portait qui lui avait été consacré en 1993 par les journalistes José Apezarena et Carmen Castilla, le prince des Asturies, qui régnera, probablement avant la fin du mois, sous le nom de Philippe VI, répondait par un « oui » ferme lorsqu’on lui avait demandé s’il se considérait comme catholique pratiquant. Il avait alors 25 ans et la réponse était celle que l’on attendait d’un héritier de la Couronne d’Espagne. Depuis, il ne s’est plus exprimé publiquement sur ce sujet. Où en est-il aujourd’hui ? Quelques indices permettent de mieux le cerner.
Une éducation catholique dans une société décléricalisée
Au départ de tout, il y a l’école. Le prince a effectué toute sa scolarité – sauf la dernière année – à l’école Santa Maria de los Rosales, un établissement privé situé dans la banlieue chic de Madrid. Et là premier élément éclairant : c’est une école non confessionnelle, même si l’enseignement de la religion catholique y est dispensé de manière sérieuse.
Le choix de ses parents, qui n’étaient pas encore le roi Juan Carlos et la reine Sophie, s’est expliqué à l’époque par une volonté de combiner les fondamentaux historiques de l’Espagne et de sa monarchie – avec une société en pleine décléricalisation.
Mais les princes espagnols sont élevés de façon ininterrompue en catholiques depuis la conversion du roi wisigoth Récarède au VIIe siècle. Ils ont même reçus du pape Alexandre VI le titre de « très catholiques »depuis l’union d’Isabelle Ire de Castille et Ferdinand d’Aragon (1469). C’est pourquoi tous les sacrements du prince ont été reçus en public, sans en faire toutefois des cérémonies d’État, à l’exception de son mariage. Cette éducation catholique se traduit par ses gestes. Il n’oublie jamais de se signer en entrant dans une église ou de baiser l’anneau d’un évêque, malgré l’énervement que ces gestes produisent dans certains secteurs laïcards de l’opinion espagnole.
-
Liège, 17 juin : "On dirige des hommes, pas des entreprises" avec Jean Stephenne

Liège - MARdi 17 juin
"ON DIRIGE DES HOMMES, PAS DES ENTREPRISES"
Le baron Jean Stephenne est un entrepreneur emblématique à qui l’on doit l’impressionnante croissance de GSK Biologicals en Wallonie, ancien président de l’Union Wallonne des Entreprises. Actuellement, il est président de la Fondation Louvain pour le financement de la recherche, la formation, mobilité internationale, la culture de l’UCL.
Remettre au centre des activités productives l’homme en tant que personne en favorisant son épanouissement dans un milieu amical de collaboration est aussi la clé de réussite d’une entreprise. C’est ce que le pape François demande explicitement dans son Exhortation apostolique : La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a à son origine une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain !

PAR JEAN STEPHENNE
Président de la fondation Louvain, ancien CEO de GlaxoSmithKline et ancien président de l’Union Wallonne des Entreprises.PROGRAMME
Apéritif à 18h00
Exposé suivi du lunch-débat de 18h15 à 20h30Le débat sera modéré par Jacques Zeegers, ancien secrétaire général de l’Association Belge des Banques (ABB) et chargé de cours honoraire à l’Ichec.
La rencontre se tient a la salle des professeurs dans le bâtiment du Rectorat de l’Université de Liège, place du XX août, 7, 1er étage (accès par la grande entrée : parcours fléché).
Participation aux frais : 10 € (à régler sur place); 2 € pour les étudiants
Inscription nécessaire trois jours ouvrables à l’avance (12 juin) :
soit par téléphone : 04 344 10 89
soit par email : info@ethiquesociale.org
soit ci-dessous sur notre nouveau site internet :Plus que cinq jours pour s’inscrire à cette rencontre organisée par l’Union des Etudiants Catholiques avec l’un meilleurs capitaines d’entreprise belges : le baron Jean Stephenne (photo). Le titre sa conférence : « On dirige des hommes, pas des entreprises » donne le ton de sa pensée. Jean Stephenne est né dans une famille d’agriculteurs à Furfooz, près de Dinant. Cliquez ici pour découvrir son parcours exceptionnel :
http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/wallons-marquants/merite/stephenne-jean#.U5Fh0nJ_tA0
-
Pentecôte 2014 à Rome : une rencontre interreligieuse chez le pape François
De notre compatriote Bruno d’Otreppe, sur le site de « La Vie » (extraits) :
Lors de son voyage en Terre sainte, le pape François avait invité les présidents israélien et palestinien à le retrouver dans sa « maison » pour prier pour la paix. Rejoints par le patriarche Bartholomée, ils se retrouveront ce dimanche.
Visuellement la scène sera sans nul doute d'une grande réussite. Dimanche soir, à 19 heures, c'est dans le calme des jardins du Vatican, sous leurs ombrages gorgés de soleil que se retrouveront Mahmoud Abbas, Shimon Peres, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée et le pape François afin de prier pour la paix. (…) L'objectif est de faire une « pause » a précisé le custode de Terre sainte, le Père Pierbattista Pizzaballa, lors de la conférence de presse à Rome. Une pause pour prendre le temps de sentir le « besoin de paix ». Ce « geste fort » pourra avoir un impact dans l'opinion publique a-t-il précisé (…).
Sans liturgie commune, les prières seront bien distinctes en fonction des religions. « Nous ne prierons pas ensemble a encore précisé le custode, nous nous tiendrons ensemble pour prier. »
Dès lors, le déroulement de la soirée a été établi avec précision. Si les deux présidents arriveront avec un quart d'heure d'écart, ils se retrouveront ensemble dans les jardins du Vatican après avoir été reçus par le pape. Ensuite, la rencontre sera structurée par trois moments de prières, chacun dédié à une religion.
Ces trois temps successifs bénéficieront d'ailleurs de la même structure. Une prière célébrant la création divine, un moment de demande de pardon (rappelant que nous sommes tous touchés par le péché), et enfin une invocation à la paix. Chaque religion a choisi des prières issues des textes sacrés ou composées pour l'occasion. C'est après ces trois moments que le pape et les deux présidents prendront la parole, chacun à leur tour, avant d'engager un geste de paix, de planter un olivier et de bénéficier d'un court échange privé (…).
Réf. Abbas, Peres, Bartholomée et François, une prière pour quoi faire ? Ensemble pour prier mais sans prière commune. Pas de syncrétisme. JPSC
Lien permanent Catégories : Actualité, Eglise, Foi, Religions, Société, Spiritualité, Témoignages 3 commentaires -
Quelle famille « chrétienne » pour demain ?
De Sandro Magister sur son site « Chiesa » :
« Les réponses des évêques du Japon et de pays du centre de l’Europe au questionnaire du synode consacré à la famille montrent que les catholiques cèdent à la "pensée unique" dominante. Mais aussi que les pasteurs sont incapables de diriger
ROME, le 6 juin 2014 – Jusqu’à présent, six conférences épiscopales ont rendu publiques les réponses aux 39 questions du questionnaire préparatoire au prochain synode des évêques, convoqué pour traiter le thème de la famille. Ce faisant, elles ont violé la consigne de confidentialité qu’elles avaient reçue.
La conférence des évêques d’Allemagne :
> Pastoral challenges to the family…
La conférence des évêques d’Autriche :
> Fragebogen zur Bischofssynode...
La conférence des évêques de Suisse :
> Consultation sur la pastorale de couple…
La conférence des évêques de Belgique :
> Rapport de synthèse...
La conférence des évêques de France :
> Les défis pastoraux de la famille...
La conférence des évêques du Japon :
> Response to the Secretariat...Comme on peut le constater, cinq de ces conférences sur six appartiennent à cette zone géographique, située au centre de l’Europe, qui a été l’aile marchante des innovations du concile Vatican II mais qui, ultérieurement, a également été la plus touchée par le phénomène de la sécularisation.
Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Eglise, Enseignement - Education, Ethique, Famille, Foi, Médias, Société, Témoignages 0 commentaire -
Pologne : des milliers de médecins signent une déclaration de foi en faveur du respect de la vie (mise à jour)
La "déclaration de foi des médecins et étudiants en médecine" (voir le texte ci-dessous) a recueilli les signatures de plus de 3.000 médecins, et il existe à présent un autre site ou des non-médecins peuvent déclarer qu'ils soutiennent les médecins qui ont signé ce texte.
Monseigneur Hoser, Archevêque de Varsovie-Praga, et médecin lui-même, a encouragé les médecins à signer cette déclaration qui parle, entre autres de la "priorité du droit Divin sur le droit humain" - C'est le testament de Jean-Paul II qui espérait une telle déclaration, surtout de la part du monde médical - a souligné Mgr Hoser à l'Agence Catholique d'Information. Cette initiative du Dr Wanda Półtawska soulève beaucoup de controverses. Sur Facebook, un groupe a surgi "je ne signerai pas la Déclaration de Foi", dans lequel des médecins expriment leur opposition à la loi divine concernant l'éthique de la profession.
Les participants au pèlerinage national des professionnels de la santé à Notre-Dame de Jasna Gora ont déposé "deux panneaux de pierre avec l'engagement des médecins à "être fidèles à leur conscience chrétienne". Cette déclaration a été créée à l'occasion de la canonisation de Jean-Paul II, l'initiative de Madame Wanda Półtawska. Elle se compose de quelques points, dans lesquels les médecins affirment la supériorité de la loi divine sur l'éthique professionnelle. Selon la déclaration, un médecin catholique peut refuser de l'aide à un patient si le geste qu'il doit accomplir est contraire à sa conscience. On peut apposer sa signature sur un site Internet spécialement prévu.
Une partie du milieu médical est indigné à l'idée de signer quelque chose qui, à leur avis, est tout à fait contraire au serment d'Hippocrate. Pour exprimer leur opposition à l'initiative du Dr Wanda Półtawska, certaines personnes ont donc créé un événement Facebook "je ne signerai pas la Déclaration de Foi". Pour le moment, ce groupe ne compte que 860 personnes.
Voici le texte intégral de la "déclaration de foi" des médecins :
1. Je crois en un seul Dieu, Seigneur Universel, qui a créé l'homme et la femme à son image;
2. J'admets que le corps humain et la vie, étant don de Dieu, sont sacrés et inviolables: - le corps est soumis aux lois de la nature, mais la nature a été créée par le Créateur;
- Le moment de la conception humaine et son départ de ce monde dépendent exclusivement de la décision de Dieu.
Si une telle décision est prise par l'homme, il viole non seulement les commandements fondamentaux du Décalogue, en commettant des actes tels que l'avortement, la contraception, l'insémination artificielle, l'euthanasie, et par la fécondation in vitro, il rejette le Créateur lui-même.
3 J'accepte la vérité que le sexe, donné par Dieu à l'être humain, est déterminé biologiquement et est la manière d'exister de la personne humaine. C'est un anoblissement, un privilège, car l'homme a été pourvu d'un organe grâce auxquels les personnes, en étant parent, deviennent des "collaborateurs de Dieu Lui-même dans la création" - la vocation à la paternité-maternité fait partie du plan Divin et seuls ceux qui ont été choisis par Dieu et liés à lui par le saint sacrement du mariage ont le droit d'utiliser ces organes qui constituent le sacré dans le corps humain.
4. Je certifie que le fondement de la dignité et de la liberté du médecin catholique est exclusivement sa conscience éclairée par l'Esprit Saint et par l'enseignement de l'Église, et qu'il a le droit d'agir en accord avec sa conscience et son éthique médicale, qui tient compte du droit à s'opposer à une activité incompatible avec sa conscience.
5. je reconnais la priorité du droit Divin sur le droit humain
- Le besoin actuel de s'opposer aux idéologies antihumaines imposées à la civilisation contemporaine,
- le besoin d'approfondissement continu non seulement du savoir professionnel, mais également du savoir de l'anthropologie chrétienne et de la théologie du corps.
6. J'estime que – sans imposer à personne leurs opinions et croyances – les médecins catholiques ont le droit d'attendre et d'exiger le respect de leurs opinions et la liberté dans l'exercice de leurs activités professionnelles en accord avec leur conscience.
Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Défense de la Vie, Ethique, Europe, Politique, Santé, Société 3 commentaires -
La crise du mariage : des rappels historiques de Francesco Agnoli
Quand Jésus promulgua le mariage chrétien, la situation de la famille était bien pire encore qu'aujourd'hui. Le site « Benoît et moi » a traduit et publié, à cet égard, un excellent article de Francesco Agnoli repris sur « Religion en Libertad ». Extraits :
« Ce que le Christ a enseigné… et enseignerait------
Comment se comporterait Celui qui est infiniment bon et miséricordieux, Jésus Christ, lui-même, s’il venait aujourd’hui ? Changerait-il la doctrine de l’indissolubilité du mariage, en la considérant en adéquation avec notre époque et non respectueuse du grand nombre de divorcés remariés qui existent aujourd’hui ? Introduirait-il des exceptions, de la casuistique, des problématiques différentes comme celles proposées par le cardinal Kasper ? Jésus rendrait-il un peu plus flexible ce laconique et lapidaire commandement qui dit : « Ce que Dieu a uni, l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 8)?
Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Eglise, Ethique, Famille, Foi, Sexualité, Société 0 commentaire -
L'euthanasie, qu'est-ce que j'en pense ?
Communiqué de presse
Soirée Film-débat sur l’euthanasie
« L’Euthanasie, qu’est-ce que j’en pense ? » Une question que plus de 300 personnes sont venues se poser hier soir à l’occasion d’une soirée film-débat qui se déroulait à l’Espace Lumen, Chaussée de Boondael à Bruxelles.
En Belgique, 5 personnes meurent chaque jour à la suite d’une euthanasie (1807 personnes en 2013, soit 27% de plus qu’en 2012), selon le projet de rapport de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie de 2013. Un chiffre en hausse constante depuis que la loi de 2002 dépénalisant l’euthanasie a été adoptée dans le pays. Après avoir augmenté de 25% de 2011 à 2012, le nombre d’euthanasies a bondi de 27% entre 2012 et 2013. Un constat impressionnant accentué par l’extension, il y a quelques semaines, de l’euthanasie aux mineurs, faisant ainsi de la Belgique le seul pays au monde autorisant l’euthanasie des enfants, sans limite d’âge.
Pour nourrir leur réflexion, les participants ont d’abord assisté à la projection du très beau documentaire « Euthanasie, la confusion des sentiments », présenté par son réalisateur Frédéric Jacovlev, qui invite dans ce film à dépasser les clivages idéologiques, les réactions affectives et à réfléchir à ce qui se joue à travers la loi autorisant l’euthanasie en Belgique depuis 2002.
Puis le public a participé à une séance de questions-réponses avec Étienne Montero, doyen de la faculté de droit de Namur et président de l’Institut Européen de Bioéthique ainsi qu’Isabelle de Bock, médecin spécialisé en soins palliatifs. Ces intervenants ont d’abord souligné la souffrance, physique et morale, des personnes réclamant l’euthanasie. Ils ont ensuite posé une question cruciale : la loi actuelle apporte-t-elle une véritable réponse à ces personnes en souffrance ? Répond-t-elle à leurs difficultés ?
Observant l’élargissement implacable des conditions d’accès à l’euthanasie au-delà des balises prévues par le texte de 2002, Étienne Montero s’est inquiété du danger que « l’offre ne crée la demande », notamment auprès des personnes âgées qui sont tentées par ce que l’on appelle encore à demi-mots l’Interruption Volontaire de Vieillesse (IVV). Selon lui, l’euthanasie, lorsqu’elle est légalement proposée par la société, renvoie inéluctablement à chaque personne vulnérable l’idée qu’elle serait socialement inutile. S’appuyant sur son expérience, le Dr Isabelle de Bock a quant à elle pointé la pression sociale qui pesait sur beaucoup de ses patients en soins palliatifs : « Souvent, ils me chuchotent à l’oreille qu’ils sentent bien qu’il faudrait qu’ils demandent l’euthanasie pour ne plus être un poids pour leur famille ».
Les intervenants ont appelé de leurs vœux une société dans laquelle des signaux positifs d’entraide et de solidarité sont adressés aux personnes en souffrance. « Il est indispensable de recréer du tissu social, des relations interpersonnelles », a conclu Étienne Montero, appelant avec le Dr de Bock à un développement des soins palliatifs. Pour finir, Frédéric Jacovlev s’est interrogé sur la place faite aux plus fragiles dans notre société rappelant que, malgré la mort qui s’annonce, ceux-ci restent entièrement dignes d’intérêt et estimables. « La fin de vie a un sens pour les vivants…Une mort qui se vit jusqu’à son terme et qui nous rappelle que nous appartenons encore à la compagnie des hommes »
La soirée était organisée par Le Figuier, un groupe d’information active, pour qui la famille, la vie de sa conception à sa mort naturelle et la dignité humaine sont des fruits à protéger. L’Institut Européen de Bioéthique, l’Institut Thomas More, la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe et l’association Action pour la Famille avaient apporté leur soutien actif à l’évènement.
Contact : Dominique de Richecour euthanasieconference@gmail.com
-
Pologne : 120 Marches pour la Vie
Ce dimanche 1er juin en Pologne, plus de 120 "marches pour la vie" ont été organisées dans les rues des villes, unies par la devise "Famille – communauté – collectivité".Leur but était de manifester la valeur de la vie, à partir de la conception jusqu'à la mort naturelle et ainsi que la dignité de la transmission de la vie. Les marches de cette année ont été également l'occasion de rendre grâce pour la canonisation de Jean-Paul II.
"Nous sommes arrivés à la conclusion que, au lieu de venir de toute la Pologne pour une marche centrale à Varsovie, il est préférable de faire bouger les communautés locales. Au lieu de regarder la marche à la télévision, il vaut mieux l'organiser dans sa propre ville – nous dit Anna Borkowska-Kniołek, porte parole du Centre de Soutien des Initiatives pour la Vie et la Famille, qui coordonne l'organisation des marches dans toute la Pologne. Elle a souligné que ces marches sont l'occasion d'établir des relations, qui pourront se traduire à l'avenir par des actions concrètes pour servir les familles, pour changer la situation dramatique liée à la politique de la famille. Ces contacts sont particulièrement nécessaires dans les petites villes.
"Cette année, les participants ont défilé avec comme devise "la famille citoyenne. Famille - communauté - collectivité" afin de faire remarquer que la famille est l'une des ressources les plus importantes de la communauté et de la collectivité. – Nous voulons rappeler que la collectivité a une influence, notamment sur la culture, l'éducation et la sécurité – dimensions de la vie sociale qui touchent directement les familles".
-
À quoi servent encore les monarchies ?
De Frédéric Rouvillois sur « FigaroVox » :
FigaroVox: Le roi Juan Carlos vient d'abdiquer. L'occasion de revenir sur l'utilité de la monarchie constitutionnelle, jugée souvent comme un archaïsme dans notre monde contemporain. Que ce soit en Belgique, en Espagne, au Danemark, ou aux Pays-Bas, les souverains ne semblent avoir de pouvoir autre que symbolique: ont-ils un poids politique?Frédéric Rouvillois: Il convient tout d'abord de distinguer monarchie constitutionnelle et monarchie parlementaire. Dans les monarchies purement constitutionnelles, le roi conserve l'essentiel du pouvoir: c'est le cas du Prince de Monaco ou du roi du Maroc depuis la Constitution de 2011. En revanche dans les monarchies parlementaires de type européen, selon la formule de Louis-Philippe «le roi règne mais ne gouverne pas», c'est-à-dire qu'il ne s'occupe pas de la gestion quotidienne de l'Etat.
Mais alors, à quoi servent ces monarques?
Il me semble qu'ils répondent à quatre fonctions politiques essentielles.
Une fonction de symbole : ils incarnent la stabilité, la continuité et l'unité d'un régime. Le roi est le père de la Nation, garant de son unité.
Une fonction d'incarnation. Le Prince donne un visage à l'Etat, contribuant ainsi à réchauffer le «plus froid des monstres froids» naguère décrit par Nietzsche. Face au pouvoir sans visages de nos technocraties contemporaines, la royauté parait finalement un pouvoir très humain!
Une fonction de garantie des droits et libertés. Depuis le XVIIIème siècle, il y a un lien profond entre monarchie parlementaire et Etat de droit. On en a eu un exemple frappant au XXème siècle dans le monde arabe où le déclin des libertés et des droits de l'homme a immanquablement suivi le passage de pays monarchiques à un système républicain. Ce fut le cas en Libye, en Tunisie, en Egypte, en Irak, en Afghanistan, où les monarchies tempérées ont laissé place à des Républiques radicales dirigées par d'une main de fer par des dictateurs. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, loin d'incarner l'arbitraire, le roi dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle est bien souvent l'ultime recours pour le citoyen: sous l'Ancien Régime en France, et dans la tradition monarchique en général, il existe un droit de pétition et un droit de grâce dont le roi est le seul garant.
Enfin, il exerce une fonction d'arbitre. C'est d'ailleurs ce rôle de modération et de tempérance que Juan Carlos a joué en 1979. Plus généralement, le roi est là pour appeler au peuple pour trancher quand il y a un conflit entre les pouvoirs.
Finalement, la monarchie constitutionnelle est le régime le plus libéral au sens politique du terme. D'ailleurs en France au XIXème siècle, les libéraux comme Constant ou Tocqueville ne s'y étaient pas trompé et appelaient à la création d'une monarchie parlementaire, plus propre à préserver les libertés individuelles.
Les rois, princes et princesses sont souvent réduits à la peoplisation. Ces régimes politiques sont-ils en train de se réduire à un simple folklore?
La peoplisation touche l'ensemble des politiques, et même la sphère religieuse, avec la peoplisation récente du pape François. Mais les monarques ne sont pas réductibles au papier glacé de Point de vue : si c'étaient le cas, ils auraient été remplacés depuis longtemps par des stars de cinéma. S'il y a une telle persistance et une telle continuité de ces régimes, et un tel consensus au sein des populations, c'est bien qu'ils reposent sur un socle profond.
On accuse souvent les monarchies parlementaires d'avoir un coût élevé pour le contribuable: est-ce une réalité?
Cette accusation est une blague! En effet en termes économiques, les monarchies rapportent bien plus qu'elles ne coûtent! Regardez le mariage de William et Kate, il a coûté plusieurs dizaines de millions de livres…mais en rapporté plusieurs centaines (tourisme, etc..). Sans parler de la principauté de Monaco, qui doit son essor économique à la famille royale…
Quand on voit le prix exorbitant d'une campagne présidentielle (révélé dernièrement par l'affaire Bygmalion), on se dit qu'un roi héréditaire couterait presque moins cher..
Justement, à vous entendre, on a l'impression qu'un régime politique ne pourrait survivre sans monarque. Est-ce le cas de la France également?
Evidemment. Dans l'esprit du Général, la Vème République était conçue comme une «monarchie républicaine», où le Président jouait le rôle d'une «espèce de monarque». Il savait que les régimes où il n'y a pas d'incarnation suprême, type IVème République, sont les plus instables. Le président français est un monarque constitutionnel. L'article 5 de la Constitution de 1958 exprime clairement le rôle d'arbitre que j'évoquais, au dessus des pouvoirs, des partis, en lien direct avec le peuple. Voilà pourquoi la «présidence normale» est une aberration: un roi normal, ça n'existe pas!
Dans ce cadre l'abdication signe-t-elle une forme d'échec politique, ou s'inscrit-elle logiquement dans les institutions?
L'abdication est un «plus» pour la monarchie. Le roi, qui n'est pas soumis aux aléas politiques a une possibilité de renoncement. On l'a vu avec Benoit XVI, chef de la monarchie catholique, on le voit avec Juan Carlos: quand le roi se sent trop faible pour gouverner, quand il sent que rester en place pourrait nuire aux institutions, il peut renoncer à son trône. C'est ce qu'avait fait de Gaulle en 1969, preuve ultime qu'il se considérait bien comme un monarque.
Réf.Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni à quoi servent encore les monarchies ?
Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain. Il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire des idées, notamment L'invention du Progrès, aux origines de la pensée totalitaire (CNRS éditions, 2010), ainsi que des essais sur la politesse, le snobisme et les institutions, et plus récemment Une histoire des best-sellers (Flammarion, 2011). Son dernier livre Crime et utopie, une nouvelle enquête sur le nazisme, a été publié chez Flammarion.
JPSC
