Spiritualité - Page 157
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Liège: la semaine sainte 2023 à l'église du Saint-Sacrement (Bd d'Avroy, 132)
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Saint Jean Climaque (30 mars)
Benoît XVI a consacré sa catéchèse à Jean Climaque, le mercredi 11 février 2009 :Chers frères et sœurs,
Après vingt catéchèses consacrées à l'Apôtre Paul, je voudrais reprendre aujourd'hui la présentation des grands Ecrivains de l'Eglise d'Orient et d'Occident de l'époque médiévale. Et je propose la figure de Jean, dit Climaque, translittération latine du terme grec klímakos, qui signifie de l'échelle (klímax). Il s'agit du titre de son œuvre principale, dans laquelle il décrit l'ascension de la vie humaine vers Dieu. Il naquit vers 575. Sa vie se déroula donc pendant les années où Byzance, capitale de l'empire romain d'Orient, connut la plus grande crise de son histoire. A l'improviste, le cadre géographique de l'empire se transforma et le torrent des invasions barbares fit s'effondrer toutes ses structures. Seule tint bon la structure de l'Eglise, qui continua pendant ces temps difficiles à exercer son action missionnaire, humaine et socio-culturelle, en particulier à travers le réseau des monastères, dans lesquels œuvraient de grandes personnalités religieuses, comme celle, précisément, de Jean Climaque.
Jean vécut et raconta ses expériences spirituelles dans les montagnes du Sinaï, où Moïse rencontra Dieu et Elie en entendit la voix. On conserve des informations le concernant dans une brève Vita (pg 88, 596-608), écrite par le moine Daniel de Raito: à seize ans, Jean, devenu moine sur le mont Sinaï, y devint le disciple de l'abbé Martirio, un "ancien"; c'est-à-dire un "sage". Vers vingt ans, il choisit de vivre en ermite dans une grotte au pied de la montagne, dans un lieu appelé Tola, à huit kilomètres du monastère de Sainte-Catherine. Mais la solitude ne l'empêcha pas de rencontrer des personnes souhaitant avoir une direction spirituelle, ainsi que de se rendre en visite dans plusieurs monastères à Alexandrie. En effet, sa retraite d'ermite, loin d'être une fuite du monde et de la réalité humaine, déboucha sur un amour ardent pour les autres (Vita 5) et pour Dieu (Vita 7). Après quarante ans de vie érémitique vécue dans l'amour pour Dieu et pour son prochain, des années pendant lesquelles il pleura, il pria, il lutta contre les démons, il fut nommé higoumène du grand monastère du mont Sinaï et revint ainsi à la vie cénobitique, dans un monastère. Mais, quelques années avant sa mort, nostalgique de sa vie d'ermite, il laissa à son frère, moine dans le même monastère, la conduite de la communauté. Il mourut après 650. La vie de Jean se développe entre deux montagnes, le Sinaï et le Thabor, et on peut vraiment dire que de lui rayonna la lumière vue par Moïse sur le Sinaï et contemplée par les trois apôtres sur le Thabor.
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"Retrouver notre culture musicale catholique"
De Maitena Urbistondoy sur le site de l'Homme Nouveau :
Max Guazzini : retrouver notre culture musicale catholique
26 mars 2023Avocat, ancien directeur des programmes de NRJ, ancien président du club du Stade français Paris rugby, Max Guazzini revient à ses premières amours : la musique. Il présente aujourd’hui son album « Les Chants de Jésus » avec le Schola Regina, accompagné de son ami chef de chœur, Philippe Nikolov. Portrait.
“Il faut le moment pour que les cerisiers soient en fleurs, c’est au printemps. D’ailleurs, c’est au printemps que nous avons enregistré.” Dans un café parisien où il a ses habitudes, Max Guazzini nous explique comment son troisième album de chants religieux, “Les chants de Jésus” s’est préparé. Après avoir dirigé les programmes de NRJ, ancien président du Stade français, il est habitué aux projets de grande ampleur. Mais cette fois, les grands moyens sont mobilisés pour un des derniers disques d’art sacré qui mobilisent encore autant de professionnels : “il faut laisser parler son cœur et sa passion”. L’album vient clore une trilogie entamée en 2011 avec une première sortie d’un ensemble de 46 chants grégoriens intitulé “Credo”, suivi en 2015 de “Les Chants de Marie”.
Du haut de ses presque deux mètres, il se penche vers vous curieux de savoir quel chant vous avez préféré parmi les 24 dédiés à Jésus. Puis, il vous raconte l’histoire de chacun d’entre eux. Des morceaux d’histoire religieuse ou populaire qu’on retrouve dans le carnet préparé avec soin avec son ami Philipe Nikolov, chef de chœur et directeur artistique. Max Guazzini insiste sur le travail fourni par son acolyte avec qui il a sélectionné parmi la longue liste possible les œuvres qu’ils ont enregistrées. “On a voulu faire un album pour montrer la richesse des chants liturgiques en allant du Christus Vincit du VIIe siècle au plus récent Anima Christi en passant par celui qu’on appelle chant du Titanic.” Ce dernier est célèbre car la légende veut que le morceau ait été joué pour ceux qui n’avaient pas pu monter dans les canots de sauvetage. Max Guazzini reconnaît que le choix des morceaux a été subjectif, mais se trouve satisfait aujourd’hui car toutes les époques y sont représentées, et tous les styles.
Habitué à programmer la musique pendant plus de vingt ans sur une des premières chaînes de radio de France, Max Guazzini a voulu composer un album diversifié allant du grégorien à des pièces plus modernes avec le défi d’en faire un ensemble harmonieux, “il y a de la place pour différentes formes de musiques et de liturgies aussi…” Élevé dans une école catholique où “tout était en latin” pendant les messes, il a cette familiarité avec le grégorien. Enfant, il fera la consécration au Sacré-Cœur d’où le choix de la couverture de l’album, la représentation “du Christ qui vient de sainte Faustine car nous voulions une image d’un Jésus radieux”.
Après s’être éloigné pendant un temps, il est revenu ces dernières années à la pratique où la musique a une place importante ; “j’aime la belle musique religieuse et une belle liturgie s’accompagne toujours d’une belle musique”. Il reconnaît avoir un faible pour le grégorien comme ce Te lucis ante terminum, hymne des complies qui sera enregistré en une seule prise “absolument parfait, un moment de pureté”. Il espère par ailleurs pouvoir faire découvrir à un public plus large la richesse de la culture musicale catholique. Bien sûr, les œuvres parleront davantage aux fidèles mais “tant mieux si cela peut devenir missionnaire”.
Max Guazzini est assez confiant concernant l’avenir spirituel de la France, “il faut toujours espérer”. Lorsqu’il présente le Lauda Jerusalem de l’album, il évoque la magnifique procession d’entrée de la messe de pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté. Cette longue colonne qui marche jusqu’à Chartres, c’est pour lui une bonne surprise et le signe d’une relève présente chez les jeunes. Il regrette qu’on ait “trop sécularisé certaines choses, notamment dans la liturgie mais les jeunes ont soif d’absolu et ils en reviennent”.
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"Pour l'amour du Pape, pour la paix et l'unité de l'Eglise, pour la liberté de la messe latine traditionnelle"
UNITÉ DE L'ÉGLISE - POUR LA LIBERTÉ DE LA MESSE LATINE TRADITIONNELLE
28 mars 2023

Nous publions ci-dessous le communiqué de presse publié par le Comité de promotion de l'initiative, dont les devises sont les suivantes
POUR L'AMOUR DU PAPE
POUR LA PAIX ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE
POUR LA LIBERTÉ DE LA MESSE LATINE TRADITIONNELLE
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
A partir de ce matin et pendant 15 jours, plusieurs dizaines d'affiches dédiées à la Liturgie traditionnelle seront apposées aux abords du Vatican.
Un comité de promoteurs, participant à titre personnel tout en provenant de différentes réalités catholiques (comme les blogs Messainlatino et Campari & de Maistre, et les associations Coordinamento Nazionale del Summorum Pontificum et Ass. San Michele Arcangelo), a voulu rendre public son profond attachement à la messe traditionnelle au moment où sa disparition semble programmée : par amour pour le pape, afin qu'il soit paternellement ouvert à la compréhension de ces périphéries liturgiques qui ne se sentent plus les bienvenues dans l'Église, parce qu'elles trouvent dans la liturgie traditionnelle l'expression pleine et entière de toute la foi catholique.
"Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste sacré et grand pour nous aussi, et ne peut pas être soudainement complètement interdit ou même jugé nuisible" (Benoît XVI). L'hostilité croissante à l'égard de la liturgie traditionnelle ne trouve de justification ni au niveau théologique, ni au niveau pastoral. Les communautés qui célèbrent selon le Missel de 1962 ne sont pas des rebelles à l'Église ; au contraire, bénies par une croissance constante des fidèles et des vocations sacerdotales, elles constituent un exemple de persévérance inébranlable dans la foi et l'unité catholiques, dans un monde de plus en plus insensible à l'Évangile et dans un tissu ecclésial qui cède de plus en plus à des impulsions de désintégration.
C'est pourquoi l'attitude de rejet avec laquelle leurs propres pasteurs sont contraints de les traiter aujourd'hui n'est pas seulement un motif d'amère douleur, que ces fidèles s'efforcent d'offrir pour la purification de l'Église, mais constitue également une grave injustice, devant laquelle la charité elle-même impose de ne pas se taire : "un silence inopportun laisse dans une fausse condition ceux qui auraient pu l'éviter" (saint Grégoire le Grand).
Dans l'Église d'aujourd'hui, où l'écoute, l'accueil et l'inclusion inspirent toute l'action pastorale, et où l'on veut construire la communion ecclésiale "avec la méthode synodale", ce peuple de simples fidèles, de jeunes familles, de prêtres fervents, a l'espoir confiant que sa voix ne sera pas étouffée, mais accueillie, écoutée et prise en compte comme il se doit. Ceux qui vont à la "messe en latin" ne sont pas des croyants de seconde zone, ni des déviants à rééduquer, ni des boulets à éliminer.
Le Comité des promoteurs
(Toni Brandi, Luigi Casalini, Federico Catani, Guillaume Luyt, Simone Ortolani, Marco Sgroi)prolibertatemissalis@gmail.com
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La confession est en crise parce que le sens du péché a disparu
Une interview du Père Bonino par Nico Spuntoni sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :
"La confession en crise parce que le sens du péché a disparu"
28-03-2023
La préparation de Pâques est le moment idéal non seulement pour se confesser mais aussi pour en redécouvrir le sens. Dans "La Bussola", le père dominicain Serge-Thomas Bonino parle de ce sacrement souvent oublié ou réduit à des bavardages et va à l'essentiel : la miséricorde et la justice de Dieu vont de pair.
Le cardinal Giacomo Biffi a déclaré que la manière la plus efficace pour nous de vivre Pâques est le sacrement de la réconciliation. Ce n'est pas un hasard si Jean situe la transmission par le Christ du pouvoir de pardonner les péchés précisément dans le contexte de Pâques. Aujourd'hui, ce qui est peut-être le sacrement le plus humain semble être devenu, paradoxalement, le moins populaire. C'est pourquoi, pendant le Carême, qui est le temps pénitentiel par excellence, La Nuova Bussola Quotidiana a voulu approfondir l'histoire et les caractéristiques du sacrement de la réconciliation dans un dialogue avec le dominicain Serge-Thomas Bonino, ancien secrétaire général de la Commission théologique internationale et actuellement président de l'Académie pontificale Saint-Thomas d'Aquin ainsi que doyen de la Faculté de philosophie de l'Angelicum.
Père, peut-on dire que le sacrement de pénitence est un sacrement de Pâques ?
Pâques est la source de tous les sacrements en ce sens qu'elle est le mystère de notre rédemption et que cette rédemption nous est appliquée à travers les sacrements.
Le baptême est une participation à la mort et à la résurrection du Christ, l'Eucharistie est la présence même du mystère de la Pâque de Jésus au milieu de nous, tandis que la pénitence est un sacrement qui trouve sa source dans le mystère de la croix et de la résurrection du Christ. La pénitence est en quelque sorte plus liée au mystère de la Passion, car la source de la miséricorde est le cœur ouvert du Christ sur la croix, et c'est donc là que nous trouvons le pardon des péchés. Seul Dieu pardonne les péchés, car le péché, même s'il est commis à l'encontre du prochain ou de soi-même, est toujours une offense à Dieu.
Comment expliquer pleinement la différence entre le péché véniel et le péché mortel ?
Étant donné que tout péché est une offense à Dieu, il existe une différence fondamentale entre le péché mortel et le péché véniel. Le péché au sens propre est le péché mortel, tandis que le péché véniel est une application analogique de la notion de péché. J'utilise cette image pour aider les étudiants à comprendre la différence : le péché véniel, c'est comme lorsque, en route vers un but, on s'arrête un peu mais on continue à avancer dans la bonne direction. En d'autres termes, dans le langage théologique, votre volonté reste fixée sur le but ultime qui est Dieu lui-même. En revanche, il y a péché mortel lorsque l'on change de direction et que l'on en prend une mauvaise. Dans ce cas, le but ultime n'est plus Dieu. Cela correspond à la définition forte de saint Thomas pour qui le péché est "aversio a Deo et conversio ad creaturam", c'est-à-dire qu'il s'agit de tourner le dos à Dieu pour suivre une créature, qui est généralement soi-même.
Faisons un excursus historique sur le sacrement de la pénitence....
Les sacrements sont divisés en sacrements de la loi naturelle, sacrements de la loi ancienne et sacrements chrétiens. Dans l'état de nature, la vertu de pénitence existait, mais il ne s'agissait pas d'un sacrement au sens chrétien du terme. Le roi David a fait pénitence pour son péché et il y a eu des confessions publiques dans l'Ancien Testament, le peuple reconnaissant qu'il avait abandonné Dieu. Mais la confession au sens strict et personnel est un sacrement chrétien. -
Pour les élections en RDC : un mauvais signal concernant la lutte espérée contre l’impunité et la corruption
Lu sur le site web « Afrikarabia » :
Cela y est : Felix Tshisekedi s’offre Bemba (Equateur) et Kamerhe (Sud Kivu). L’hypothèse d’un renouveau aux mains propres, avec Fayulu, Katumbi et Mukwege, va-t-elle s’éloigner encore. Que va faire l’Eglise congolaise pour illustrer les bonnes paroles de la récente tournée du pape François ?
Lu sur le site web « Afrikarabia » :
« Le départ de ministres proches de Moïse Katumbi du gouvernement nécessitait un réaménagement de l’exécutif congolais et la nomination de nouveaux ministres. Depuis 3 mois, le projet était dans l’air. Mais plutôt qu’un simple remaniement technique ou un jeu de chaise musicale, Félix Tshisekedi a préféré frapper un grand coup, avec un remaniement plus large, très stratégique et très politique à l’approche de la présidentielle. Trois surprises composent le nouveau gouvernement Sama Lukonde, qui reste à son poste : la nomination de Jean-Pierre Bemba au ministère de la Défense, celle de Vital Kamerhe à l’Economie et enfin celle d’Antipas Mbusa Nyamwisi à l’Intégration régionale. Trois figures emblématiques de la politique congolaise, longtemps restés en réserve, font donc leur entrée au gouvernement.
Un homme à poigne pour les FARDC
Jean-Pierre Bemba sera en charge de la Défense, alors que l’armée congolaise peine à restaurer la sécurité à l’Est et que le M23 contrôle toujours de vastes territoires au Nord-Kivu. L’ancien seigneur de guerre du MLC, qui avant de se muer en parti politique était un groupe armé, prend donc les commandes d’une armée fantôme, qui n’est plus que l’image d’elle-même. Mal commandée, mal équipée et rongée par la corruption, l’armée doit profondément se réformer. Félix Tshisekedi, qui a échoué à ramener la paix à l’Est après la mise en place de l’état de siège, cherche donc un homme fort pour remettre de l’ordre dans les FARDC.
Un geste vers l’Ouganda
Du temps où Jean-Pierre Bemba était à la tête de sa milice, il avait pour parrain l’Ouganda voisin. Ce qui tombe plutôt bien pour Félix Tshisekedi, qui compte sur Kampala pour lutter contre les ADF, un groupe armé affilié à l’Etat islamique, qui sévit en Ituri. En faisant entrer Bemba au gouvernement, le chef de l’Etat espère donc relancer la collaboration sécuritaire avec l’Ouganda. La nomination de Mbusa Nyamwisi, nommé à l’Intégration régionale, acte également cette volonté de repositionnement de Kinshasa envers son puissant voisin. Félix Tshisekedi avait déjà appelé Kampala à la rescousse pour combattre les ADF, mais sans résultat. Pire, le dernier rapport de l’ONU soupçonnait l’Ouganda d’avoir laissé entrer les rebelles du M23 prendre le contrôle de la ville frontière de Bunagana. Les ex-chefs de guerre, Bemba et Mbusa Nyamwisi (un des fondateurs de la rébellion du RCD) auront donc la délicate mission d’améliorer la coopération ougando-congolaise.
Bemba: la mauvaise réputation
Rappeler deux ex-seigneurs de guerre pour régler l’insécurité endémique qui règne à l’Est du Congo est une veille recette qui n’a jamais restauré la paix dans cette région. D’autant que c’est un étrange signal qu’envoie Kinshasa aux défenseurs des droits humains concernant les nombreux crimes commis dans cette zone en toute impunité depuis bientôt 30 ans. L’ancien chef de guerre, Jean-Pierre Bemba, n’a jamais vraiment eu bonne réputation. Ses propres troupes ont souvent été laissées en déshérence et se sont livrées à de nombreuses exactions au début des années 2000. Jean-Pierre Bemba avait d’ailleurs été condamné à 18 ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes commis par ses miliciens en République centrafricaine, avant d’être acquitté en appel en 2018. On se souvient aussi de la tristement célèbre opération « effacer le tableau », menée par les troupes du MLC et du RCD-N en 2002 en Ituri. Une opération marquée par de nombreuses atrocités contre les civils.
Des nouveaux ministres puissants dans leur province
Le nouveau ministre de l’Intégration régionale, Mbusa Nyamwisi n’a guère meilleure réputation. L’Armée populaire congolaise (APC), la branche militaire du RCD est accusée, en 2000, d’avoir tué 1.500 personnes, principalement de l’ethnie Hema, dans la région de Bunia (Ituri). Sa milice prélèvait également des taxes aux commerçants voulant traverser sa zone de contrôle, selon un rapport de l’ONU de 2002. Les bons rapports entretenus par Mbusa Nyamwisi avec le président ougandais, Yoweri Museveni, et sa forte implantation politique dans la zone de Beni et Bunia, font pourtant de cet ancien rebelle un nouvel allié de poids pour le président Tshisekedi à la veille des élections. Jean-Pierre Bemba, toujours très puissant en Equateur, assure lui aussi le soutien de sa province au président sortant. Et il en va naturellement de même pour Vital Kamerhe, le nouveau ministre de l’Economie, très bien implanté dans le Sud-Kivu.
Kamerhe,l’allié incertain
La nomination du patron de l’UNC à un poste gouvernemental n’est pas une surprise, même si celui-ci lorgnait sur la Primature plutôt qu’un simple poste de vice-Premier ministre. Mais après sa mésaventure judiciaire dans l’affaire de détournement de fonds du « programme des 100 jours« , puis sa condamnation à 20 ans de prison et son blanchiment de dernière minute, on se demandait si Vital Kamerhe était toujours un allié fiable du président Tshisekedi ? Plusieurs contentieux planent en effet entre les deux hommes. L’accord de coalition électorale avec Félix Tshisekedi, signé en 2018, prévoyait que Vital Kamerhe occuperait la Primature en cas de victoire du patron de l’UDPS. Mais le nouveau président ne le nommera qu’au poste de directeur de cabinet. Et puis il y a bien sûr le passage par la case prison, qui reste en travers de la gorge à Vital Kamerhe.
Du neuf avec du vieux
L’arrivée du patron de l’UNC à un poste gouvernemental-clé remet en selle l’ancien président de l’Assemblée nationale. Comme pour Jean-Pierre Bemba, la nomination de Vital Kamerhe dans le nouvel exécutif permet à Félix Tshisekedi de renforcer sa majorité présidentielle, forte de l’UDPS, mais aussi maintenant du MLC et de l’UNC. Le candidat-président s’assure ainsi le soutien de deux poids lourd de la politique tout en les neutralisant pour le scrutin à venir. Le chef de l’Etat en profite également pour contrer un possible front « anti-Tshisekedi » qui est en train de se nouer dans l’opposition autour de Martin Fayulu, Augustin Matata Ponyo et Denis Mukwege. Avec ce remaniement, Félix Tshisekedi a l’air de faire du neuf avec du vieux. Le nouvel exécutif congolais ressemble à un énième partage du pouvoir, qui pourrait être payant pour Tshisekedi en cas de report des élections pour négocier une transition politique. Si le chef de l’Etat apparaît plus fort politiquement, marginalisant un peu plus ses concurrents en affichant une large coalition, ce tour de passe-passe peine à cacher les entailles aux deux principes défendus par le président Tshisekedi depuis des mois : la lutte contre la corruption et la promotion de la justice transitionnelle pour combattre l’impunité. Deux bonnes intentions qui restent des voeux pieux avec les nominations de Jean-Pierre Bemba, Mbusa Nyamwisi et Vital Kamerhe. »
Christophe Rigaud – Afrikarabia
A propos de l'auteur
Journaliste, directeur du site Afrikarabia consacré à l'actualité en République démocratique du Congo (RDC) et en Afrique centrale.
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Une lettre des évêques scandinaves sur la sexualité humaine rappelle les principes fondamentaux de l'anthropologie chrétienne
Une lettre de la Conférence épiscopale de Scandinavie (source) :
Lettre sur la sexualité humaine - 5. Dimanche de Carême 2023
Chers frères et sœurs,
Les quarante jours du Carême rappellent les quarante jours de jeûne du Christ dans le désert. Mais ce n'est pas tout. Dans l'histoire du salut, les périodes de quarante jours marquent des étapes dans l'œuvre de rédemption de Dieu, qui se poursuit encore aujourd'hui. La première intervention de ce type a eu lieu à l'époque de Noé. Après avoir constaté la destruction causée par l'homme, le Seigneur a soumis la terre à un baptême purificateur. La pluie tomba sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Il en résulta un nouveau départ.
Lorsque Noé et les siens sont revenus dans un monde purifié, Dieu a conclu sa première alliance avec toute chair. Il promet qu'un déluge ne détruira plus jamais la terre. Il a demandé à l'humanité de faire preuve de justice, de révérer Dieu, de construire la paix et d'être féconde. Nous sommes appelés à vivre heureux sur terre, à trouver la joie les uns dans les autres. Notre potentiel est merveilleux tant que nous nous rappelons qui nous sommes : Car Dieu a fait l'homme à son image. Nous sommes appelés à réaliser cette image par les choix de vie que nous faisons. Pour ratifier son alliance, Dieu a placé un signe dans le ciel : "Je place mon arc dans la nuée, il sera le signe de l'alliance entre moi et la terre. Quand l'arc sera dans les nuages, je le regarderai et je me souviendrai de l'alliance éternelle entre Dieu et tout être vivant de toute chair qui est sur la terre".
Ce signe d'alliance, l'arc-en-ciel, est revendiqué à notre époque comme le symbole d'un mouvement à la fois politique et culturel. Nous reconnaissons tout ce qu'il y a de noble dans les aspirations de ce mouvement. Dans la mesure où elles parlent de la dignité de tous les êtres humains et de leur désir d'être vus, nous les partageons. L'Église condamne toute forme de discrimination injuste, y compris sur la base du sexe ou de l'orientation. Nous exprimons cependant notre désaccord lorsque le mouvement propose une vision de la nature humaine qui fait abstraction de l'intégrité incarnée de la personne, comme si le sexe physique était accidentel. Et nous protestons lorsqu'une telle vision est imposée aux enfants comme s'il ne s'agissait pas d'une hypothèse audacieuse mais d'une vérité avérée, imposée aux mineurs comme un lourd fardeau d'autodétermination pour lequel ils ne sont pas prêts. C'est curieux : notre société très consciente du corps prend en fait le corps à la légère, refusant de le considérer comme significatif de l'identité, supposant que la seule identité qui compte est celle produite par l'auto-perception subjective, lorsque nous nous construisons à notre propre image.
Lorsque nous professons que Dieu nous a créés à son image, l'image ne se réfère pas seulement à l'âme. Elle est aussi mystérieusement logée dans le corps. Pour nous, chrétiens, le corps est intrinsèque à la personne. Nous croyons en la résurrection du corps. Naturellement, "nous serons tous changés". Nous ne pouvons pas encore imaginer à quoi ressemblera notre corps dans l'éternité. Mais nous croyons, sur la base de la Bible et de la tradition, que l'unité de l'esprit, de l'âme et du corps est faite pour durer éternellement. Dans l'éternité, nous serons reconnaissables tels que nous sommes aujourd'hui, mais les conflits qui empêchent encore l'épanouissement harmonieux de notre vrai moi auront été résolus.
Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis". Saint Paul a dû se battre avec lui-même pour faire cette déclaration de foi. Il en va de même pour nous, assez souvent. Nous sommes conscients de tout ce que nous ne sommes pas ; nous nous concentrons sur les cadeaux que nous n'avons pas reçus, sur l'affection ou l'affirmation qui manquent dans nos vies. Ces choses nous attristent. Nous voulons les compenser. C'est parfois raisonnable. Souvent, c'est futile. Le chemin vers l'acceptation de soi passe par un engagement avec ce qui est réel. La réalité de nos vies englobe nos contradictions et nos blessures. La Bible et la vie des saints montrent que nos blessures peuvent, par la grâce, devenir des sources de guérison pour nous-mêmes et pour les autres.
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26 mars à Lasne : "dimanche autrement autour de Mgr Boleslas Sloskans"
Dimanche autrement autour de Mgr Boleslas Sloskans
Sainte-Gertrude à LasneL’Unité pastorale de Lasne vous propose un Dimanche autrement autour de la figure de
Mgr Boleslas Sloskans
évêque persécuté en URSS à l’époque bolchévique
Le dimanche 26 mars 2023 en l’église Sainte-Gertrude de Lasne
Je n’en veux pas à ceux qui m’ont persécuté… je n’ai pas de haine contre eux :
je les ai toujours considérés comme mes frères.9h30 : film documentaire sur le Vénérable Mgr B. Sloskans
Ce film de 57 min. fait découvrir une figure lumineuse : Mgr Boleslas Sloskans, un évêque selon le cœur de Dieu. Le scénario passionnant progresse avec de nombreuses images d’archives, des textes autobiographiques, de riches interviews, de magnifiques images filmées sur les lieux. Le spectateur entre peu à peu en communion avec un homme transfiguré. Il a souffert, en Union soviétique, pour la liberté de la conscience et de la foi. Tout au long de sa vie, il s’est livré, par amour, pour les frères. Il a vécu les 35 dernières années de sa vie en Belgique. Les catholiques belges l’appelaient le « saint évêque ». Jean-Paul II l’a proclamé vénérable en 2004.
Un évêque selon le cœur de Dieu
10h30 : questions-réponses avec le Père Jerumanis, postulateur de la cause de béatification de Mgr Sloskans, et Madame Rita Briede, vice-postulatrice.
11h : Messe présidée par le Père Jerumanis, suivie du verre de l’amitié.
Venez nombreux écouter ces témoins exceptionnels, co-auteurs du documentaire !
Illustration : Fondation Sloskans, www.sloskans.com, 2018
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Six nouveaux vénérables dont une veuve, mère de quatre enfants
De Vatican News (Tiziana Campisi) :
Une veuve, mère de quatre enfants, parmi les six nouveaux Vénérables
Lors de l'audience qu’il a accordée ce jeudi 23 mars au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour la Cause des saints, le Saint-Père a approuvé les décrets sur les vertus héroïques de cinq femmes - trois religieuses et deux laïques - et d'un prêtre salésien, missionnaire en Équateur.L'Église compte six nouveaux vénérables. Dans la matinée de ce jeudi 23 mars, François a autorisé la promulgation de décrets qui reconnaissent les vertus héroïques d'un prêtre, de trois religieuses et de deux laïques. Il s’agit des serviteurs de Dieu: Carlo Crespi Croci, salésien ; Maria Caterina Flanagan, religieuse de l'Ordre du Très-Saint-Sauveur de Sainte-Brigitte; Léonilde de Saint-Jean-Baptiste, de la congrégation des Sœurs Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie ; Maria do Monte Pereira, de la congrégation des Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur ; Teresa Enríquez de Alvarado, mère de famille ; Maria Domenica Lazzeri, fidèle laïque.
Une mère généreuse et attentionnée
Teresa Enríquez de Alvarado a vécu en Espagne entre les XVe et XVIe siècles. Dès son enfance, elle a été éduquée à une vie de foi. Dame d'honneur d'Isabelle de Castille, elle épouse un ministre de la reine, à la demande de sa famille. Elle devient mère de quatre enfants. En 1503, elle reste veuve. La foi ferme qu'elle possède et l'amour pour Jésus dans l'Eucharistie la conduisent à se détacher des fastes de la cour d'Espagne pour se consacrer à la prière et aux activités caritatives. Elle se retire à Torrijos, près de Tolède, et y mène une vie austère et sìengage pour les moins fortunés. Elle se convertit en mère et éducatrice de jeunes devenus orphelins en raison de la peste et de la famine. Elle soigne les filles, les femmes de la rue et les malades. Elle s'engage à faire revivre le culte du Saint-Sacrement. Elle gère également le patrimoine familial avec intelligence et prudence, l'affectant principalement à des œuvres de charité et à l'édification de lieux de culte. Elle contribue à la naissance de diverses confréries, d'un monastère et de quatre couvents. Elle meurt le 4 mars 1529 et aux derniers temps de sa vite terrestre, son image émerge dans les congrès eucharistiques.
La spiritualité de Don Bosco parmi les peuples de l'Équateur
Missionnaire en Équateur, le père Carlo Crespi Croci, prêtre salésien, est originaire de Legnano, en Italie, où il est né en 1891. Après ses études et son ordination sacerdotale, il part en 1923 pour Cuenca où, pendant 59 ans, il mène des initiatives visant à l'évangélisation et la promotion humaine et chrétienne. Il se fait connaître à la fois pour ses qualités d'évangélisateur - alliées à un authentique témoignage chrétien - et pour sa renommée de scientifique, notamment dans les domaines de la botanique et de l'archéologie. Les pierres angulaires de sa vie spirituelle et missionnaire sont l'Eucharistie et sa consécration à Marie Auxiliatrice, et à son modèle saint Jean Bosco qu'il essaie d'imiter en diffusant la foi surtout parmi les jeunes. Dans les dernières années de sa vie, il se consacre au ministère de la confession, passant même 17 heures par jour au confessionnal. Il est décédé à l'âge de 90 ans.
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25 mars : le pape invite à renouveler l'acte de consécration à la Vierge
D'Hèlène Ginabat sur zenit.org :
Le pape François confie « la cause de la paix à la Reine de la Paix »
Et invite à continuer de prier pour l’Ukraine
François a rappelé la prochaine célébration, ce samedi 25 mars 2023 de la solennité de l’Annonciation : « nos pensées se tournent vers le 25 mars de l’année dernière, lorsque, en union avec tous les évêques du monde, l’Église et l’humanité, en particulier la Russie et l’Ukraine, ont été consacrées au Cœur Immaculé de Marie ».
Le pape argentin, qui a célébré le dixième anniversaire de son pontificat le 13 mars dernier, a invité tous les croyants et toutes les communautés, en particulier les groupes de prière, à « renouveler chaque 25 mars l’acte de consécration à Notre-Dame, afin qu’elle, qui est Mère, nous préserve tous dans l’unité et la paix ».
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Écoutez les saints : La dignité du sacerdoce détruit l'idole de l'égalité
D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :
Écoutez les saints : La dignité du sacerdoce détruit l'idole de l'égalité
Jésus est mort, dit saint Alphonse de Liguori, pour instituer le sacerdoce.
22 mars 2023
La dignité de la prêtrise, estimée tout au long de l'histoire de l'Église comme la plus supérieure des dignités, est aujourd'hui attaquée par un dogme séculier omniprésent d'égalité sociale.
Pourtant, pour les premiers Pères de l'Église et la majeure partie de l'histoire de l'Église, la suprématie de la dignité sacerdotale était incontestablement inégale et plus importante que la dignité de toute autre vocation.
Dans son épître aux chrétiens de Smyrne au IIe siècle, saint Ignace d'Antioche a qualifié la prêtrise de "sommet des dignités", tandis que saint Éphrem le Syrien a décrit la vocation sacerdotale comme "un miracle stupéfiant, grand, immense et infini" dont la dignité "dépasse tout entendement".
Dans Les devoirs et la dignité du prêtre, saint Alphonse de Liguori, du XVIIIe siècle, explique pourquoi l'Église a toujours considéré la dignité du sacerdoce comme primordiale, et en aucun cas égale aux autres vocations, en raison du don étonnant qu'a le prêtre de célébrer le saint sacrifice de la messe.
"L'Église tout entière ne peut rendre à Dieu autant d'honneur ni obtenir autant de grâces qu'un seul prêtre en célébrant une seule messe", écrit-il. Un prêtre, en célébrant la messe, rend un plus grand honneur au Seigneur "que si tous les hommes, en mourant pour Dieu, lui offraient le sacrifice de leur vie", ajoute-t-il.
"Jésus est mort pour instituer le sacerdoce", poursuit saint Alphonse, soulignant qu'il n'était pas nécessaire qu'il "meure pour racheter le monde, car une goutte de son sang, une seule larme ou une prière suffisait à procurer le salut à tous", mais pour instituer le sacerdoce, "la mort de Jésus-Christ a été nécessaire".
Il ajoute : "S'il n'était pas mort, où trouverions-nous la victime que les prêtres de la Nouvelle Loi offrent maintenant, une victime tout à fait sainte et immaculée, capable de rendre à Dieu un honneur digne de lui ?"
Le saint énumère les grands pouvoirs et facultés conférés à un prêtre, depuis la confection de Jésus dans l'Eucharistie et le "pouvoir des clés" jusqu'à la "délivrance des pécheurs de l'enfer" et leur "transformation d'esclaves de Satan en enfants de Dieu". Il souligne également que Dieu lui-même est "obligé de se conformer au jugement de ses prêtres, et de ne pas pardonner ou de pardonner, selon qu'ils refusent ou donnent l'absolution, pourvu que le pénitent en soit capable".
La dignité du prêtre est si grande, écrit saint Alphonse, "qu'il bénit même Jésus-Christ sur l'autel comme une victime à offrir au Père éternel". C'est pour ces fonctions, explique-t-il, que les prêtres sont appelés vicaires du Christ et représentants de Dieu sur terre.
Mais avec le don d'une telle dignité supérieure, on attend beaucoup, et les conséquences d'un péché de la part du prêtre sont d'autant plus grandes.
Saint Alphonse explique comment les vertus d'un prêtre doivent surpasser celles des laïcs. "Les prêtres doivent être saints, car Dieu les a placés dans le monde comme modèles de vertu", dit-il. C'est dans cet esprit qu'il met en garde contre la gravité du péché d'un prêtre, "parce qu'il pèche à la vue de la lumière". Combien serait-il préférable pour un prêtre qui tombe dans le péché "d'avoir été un pauvre paysan sans instruction, qui n'avait jamais connu la loi !
Citant saint Jean Chrysostome, il poursuit : "Le péché auquel le prêtre consent peut être commis par de nombreux séculiers, mais son châtiment sera bien plus sévère parce que son aveuglement sera bien plus grand que le leur."
Et selon saint Jérôme : "Grande est la dignité des prêtres, mais grande aussi est leur perdition, si dans le sacerdoce ils tournent le dos à Dieu."
Peut-être que si la dignité suprême et la responsabilité exaltée du prêtre étaient redécouvertes dans l'Église d'aujourd'hui, tant de nos maux ecclésiastiques contemporains pourraient être guéris.
Edward Pentin a commencé à faire des reportages sur le Pape et le Vatican à Radio Vatican avant de devenir le correspondant à Rome du National Catholic Register d'EWTN. Il a également fait des reportages sur le Saint-Siège et l'Église catholique pour un certain nombre d'autres publications, notamment Newsweek, Newsmax, Zenit, The Catholic Herald et The Holy Land Review, une publication franciscaine spécialisée dans l'Église et le Moyen-Orient. Edward est l'auteur de The Next Pope : The Leading Cardinal Candidates (Sophia Institute Press, 2020) et de The Rigging of a Vatican Synod ? An Investigation into Alleged Manipulation at the Extraordinary Synod on the Family (Ignatius Press, 2015). Suivez-le sur Twitter à @edwardpentin.
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"L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres"
Une dépêche de l'Agence Fides :
Pape François : l'évangélisation est vaine et stérile sans les dons de la sainteté et du témoignage
22 mars 2023
Rome (Agence Fides) - L'annonce de l'Évangile "est plus qu'une simple transmission doctrinale et morale". L'annonce de l'Évangile "est avant tout le témoignage d'une rencontre personnelle avec Jésus-Christ". C'est pourquoi le témoignage du Christ est "le premier moyen d'évangélisation" et "une condition essentielle pour son efficacité". Le Pape François l'a répété lors de l'audience générale d'aujourd'hui, mercredi 22 mars, poursuivant le cycle de catéchèse consacré à la passion d'évangéliser et au zèle apostolique. Cette fois-ci, la chaîne de la nouvelle catéchèse s'est développée autour d'amples et nombreuses citations de l'Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi signée par saint Paul VI le 8 décembre 1975, un texte magistériel défini par le pape François comme la "Magna Carta de l'évangélisation dans le monde contemporain". Il est toujours actuel, comme s'il avait été écrit hier". Les indices et les accents de la nouvelle catéchèse papale ont mis en évidence le caractère toujours plus prophétique des paroles par lesquelles Paul VI, précisément dans Evangelii Nuntiandi, reconnaissait que "l'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres", ou que "s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins".
Le témoignage - a poursuivi l'Évêque de Rome - comprend également la "foi professée" et se manifeste avant tout dans le changement que le Christ lui-même opère chez ses témoins, chez ceux qui lui rendent témoignage précisément dans ce changement. C'est la foi "qui nous transforme, qui transforme nos relations, les critères et les valeurs qui déterminent nos choix". C'est pour cette raison que le témoignage ne se manifeste pas comme une "performance" des témoins, mais représente plutôt une réverbération, un reflet d'un "chemin de sainteté" qui puise à la source sacramentelle du baptême, lui aussi "don de Dieu" et qui "demande à être accueilli et à porter du fruit pour nous et pour les autres", a souligné entre autres l'Évêque de Rome. On ne peut pas évangéliser sans témoigner", répète le Pape François. Il est indispensable d'évangéliser. Le monde a besoin d'évangélisateurs qui lui parlent d'un Dieu qu'ils connaissent et qui leur est familier. Ce n'est pas transmettre une idéologie, une doctrine sur Dieu, c'est Dieu qui devient vie en moi. Le témoignage est indissociable de la cohérence, de ce que l'on croit, de ce que l'on proclame et de ce que l'on vit. Une personne est crédible si elle a une harmonie entre ce qu'elle croit et ce qu'elle vit".
Paul VI, poursuit le Pape François, enseigne que le zèle pour l'évangélisation naît de la sainteté, se nourrit de la prière et surtout de l'amour pour l'Eucharistie. En même temps, l'évangélisation, à son tour, "fait grandir en sainteté ceux qui l'accomplissent". Alors que "sans la sainteté, la parole de l'évangélisateur "n'ouvrira guère son chemin dans le cœur de l'homme de notre temps", et "risque d'être vaine et stérile". La sainteté n'est pas réservée à quelques-uns".L'annonce de l'Évangile", a fait remarquer le Pape François dans la dernière partie de son discours, s'inspirant à nouveau de passages d'Evangelii Nuntiandi, "ne peut jamais être considérée comme une sorte de "patrimoine acquis", une activité exercée et monopolisée par l'Église avec une maîtrise "professionnelle", à travers d'anciennes et de nouvelles stratégies de communication. Les baptisés ont eux aussi constamment besoin d'entendre et de réentendre l'annonce de l'Évangile. L'Église a besoin à tout moment de revenir supplier le Seigneur de la guérir, de la purifier et de la renouveler. Elle - a poursuivi le Pape François en continuant à citer l'Exhortation Evangelii Nuntiandi de Montini - "a besoin d'écouter encore et encore ce qu'elle doit croire, les raisons de son espérance, le nouveau commandement de l'amour". Le Peuple de Dieu, "plongé dans le monde et souvent tenté par les idoles, a toujours besoin d'entendre proclamer les grandes œuvres de Dieu qui l'ont converti au Seigneur, et d'être à nouveau convoqué et réuni par Lui". Cela signifie, en un mot, qu'elle a toujours besoin d'être évangélisée pour garder la fraîcheur, l'élan et la force d'annoncer l'Évangile. Si elle ne s'évangélise pas elle-même, elle reste comme une pièce de musée. L'Église a toujours besoin d'être évangélisée, elle a besoin de prendre l'Évangile, de prier et de sentir la puissance de l'Esprit changer son cœur. Une Église qui évangélise pour évangéliser. L'Église doit aller de l'avant, elle doit grandir continuellement, afin de rester jeune. Une Église qui dialogue avec le monde contemporain mais qui rencontre le Seigneur tous les jours et qui laisse entrer l'Esprit Saint qui est le protagoniste de l'évangélisation. C'est l'Esprit Saint en nous qui nous pousse à l'évangélisation. C'est la vraie liberté des enfants de Dieu".
Le Pape conclut en invitant les fidèles à lire et à relire Evangelii Nuntiandi, qu'il relit lui-même souvent et qu'il qualifie de chef-d'œuvre de saint Paul VI et d'héritage qu'il nous a laissé pour évangéliser.
(Agence Fides 22/3/2023)
