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Spiritualité - Page 92

  • Les proches du roi Baudouin : « Toute sa vie fut un témoignage du Christ vivant »

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    D'Almudena Martínez-Bordiú sur CNA :

    Les proches du roi des Belges Baudouin : « Toute sa vie fut un témoignage du Christ vivant »bouton de partage sharethis

    Vue du Roi Baudouin« Ce à quoi nous devons aspirer, c’est à devenir des saints », se rappellent les proches du défunt roi des Belgique Baudouin. | Crédit photo : avec l’aimable autorisation de la famille de Baudouin

    Après avoir prié en silence sur la tombe du roi Baudouin lors de son récent voyage en Belgique, le pape François a annoncé l'ouverture du procès de béatification du roi, une nouvelle très attendue surtout par ceux qui l'ont connu et ont été témoins d'une vie consacrée à atteindre la sainteté.

    « Il voyait Jésus dans le visage des gens. Il vous regardait comme si vous étiez unique au monde, il vous faisait prendre conscience de votre existence et vous donnait de la dignité », ont-ils déclaré. C'est l'empreinte que le roi Baudouin a laissée sur ceux qu'il a croisés, ne serait-ce qu'un instant. C'est ce que dit l'une des deux proches de Baudouin et de son épouse, Fabiola de Mora y Aragón, qui s'est confiée à ACI Prensa, le partenaire d'information en langue espagnole de CNA, et dont les noms ne seront pas révélés par respect pour la vie privée de la famille.

    Dans l'interview, les proches ont réfléchi sur la façon dont la foi du roi Baudouin l'a aidé à transmettre des valeurs telles que la solidarité, le respect de la dignité humaine et la défense de la vie en toutes circonstances, devenant ainsi une figure unificatrice de la société.

    « Il avait vraiment une relation très forte avec Marie. Il disait qu’il voulait être comme un fœtus dans son ventre, ne rien pouvoir faire sans elle et ne vivre qu’à travers elle, même pas respirer sans elle, être totalement dépendant d’elle. Il l’appelait souvent et l’appelait maman », se souvient un proche du roi Baudouin. Crédit : Avec l’aimable autorisation de la famille Baudouin
    « Il avait vraiment une relation très forte avec Marie. Il disait qu’il voulait être comme un fœtus dans son ventre, ne rien pouvoir faire sans elle et ne vivre qu’à travers elle, même pas respirer sans elle, être totalement dépendant d’elle. Il l’appelait souvent et l’appelait maman », se souvient un proche du roi Baudouin. Crédit : Avec l’aimable autorisation de la famille de Baudouin

    Il a décidé de prendre Marie comme mère

    L'un des moments qui a marqué la vie du monarque fut la perte prématurée de sa mère, Astrid de Suède, dans un accident de voiture alors que Baudouin avait 4 ans.

    C’est alors qu’il décide de « prendre la Vierge pour mère », ce qu’il expliquera lui-même des années plus tard. « À partir de ce moment, Marie l’a probablement protégé d’une manière très spéciale et a guidé sa vie spirituelle », raconte un de ses proches.

    « Il avait vraiment une relation très forte avec Marie. Il disait qu’il voulait être comme un fœtus dans son ventre, ne rien pouvoir faire sans elle et ne vivre qu’à travers elle, même pas respirer sans elle, être totalement dépendant d’elle. Il l’appelait souvent et l’appelait maman », a ajouté le proche.

    Les deux proches ont souligné d'autres événements cruciaux de la vie du roi, notamment pendant son enfance et son adolescence, comme le second mariage de son père et les années d'exil après l'invasion nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. « C'était une période très difficile et c'était difficile de la traverser en tant qu'enfant », ont-ils expliqué.

    Baudouin monte sur le trône à l'âge de 19 ans et le début de son règne est marqué par une crise profonde connue sous le nom de « Question royale » liée à la controverse sur les décisions de son père, Léopold III, pendant la Seconde Guerre mondiale.

    « Il a beaucoup souffert à cause de tout cela, mais je sais que c'est sa foi qui l'a aidé à surmonter cela », a déclaré l'un des proches.

    Son éducation fut fortement influencée par un prêtre dominicain de Suisse qui « eut une grande influence spirituelle » durant sa jeunesse. Il fut également guidé par le cardinal Leo Jozef Suenens, dont la rencontre avec lui à l’automne 1959 le marqua profondément jusqu’au jour de sa mort.

    Le cardinal, avec Veronica O'Brien, missionnaire de la Légion de Marie à laquelle il fut présenté en mars 1960, furent fondamentaux dans la vie spirituelle du roi Baudouin.

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  • L'expressionnisme flamand ou quand le conservatisme se cache dans la modernité

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    De  sur The European Conservative :

    Le conservatisme qui se cache dans la modernité : l'expressionnisme flamand 

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  • Notre-Dame de Paris mérite mieux que son nouveau mobilier

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    De Michael J. Bursch sur le NCR

    Notre-Dame mérite mieux que son nouveau mobilier

    COMMENTAIRE : Au lieu du riche symbolisme envisagé par l’Église, l’autel de Notre-Dame témoigne d’une méconnaissance de la théologie sacramentelle et liturgique.

    L'autel placé au centre de la cathédrale de Notre-Dame
    L'autel placé au centre de la cathédrale Notre-Dame (photo : Guillaume Bardet, Ionna Vautrin et Sylvain Dubuisson / Archidiocèse de Paris)

    Après le tragique incendie de 2019 qui a causé des dommages catastrophiques à la cathédrale Notre-Dame de Paris, un débat intense a eu lieu sur la question de savoir s'il fallait reconstruire la grande église telle qu'elle était ou de manière contemporaine.  

    Le consensus mondial et le gouvernement français étaient de reconstruire le joyau de Paris tel qu'il était. Le mobilier liturgique, en revanche, fut traité différemment, l'archidiocèse de Paris choisissant de faire concevoir un nouveau mobilier plutôt que de le reconstruire tel quel. 

    Le mobilier qui en a résulté, notamment l'autel, les fonts baptismaux, le tabernacle, l'ambon et la chaire de l'évêque, a suscité la controverse. Malgré cela, l'artiste Guillaume Bardet a maintenu que le mobilier était humble et « centré sur l'éternel », conformément à la directive de l'archevêque de Paris selon laquelle ce mobilier devait avoir une « noble simplicité » et respecter « l'esprit de la liturgie catholique, selon les significations et les normes établies à la suite du concile Vatican II ».  

    Cependant, en examinant les écrits du Concile Vatican II et les documents ultérieurs de l'Église, une vision différente de l'espace sacré est décrite, en contraste avec celle créée à Notre-Dame. 

    Bardet affirme que « la grandeur de la cathédrale invite à l’humilité », un sentiment qui se reflète clairement dans son mobilier qui utilise l’abstraction, une extrême simplicité de forme et une finition en bronze brut pour faire semblant de faire référence au bâtiment en pierre qui l’entoure. Bardet a en effet raison de dire que la cathédrale invite à l’humilité : toutes les églises du monde le font en invitant à se présenter devant la présence de Dieu.  

    La question n'est donc pas de savoir s'il faut être humble, mais plutôt de savoir qui ou quoi doit être humble. En examinant les documents de l'Église, il apparaît clairement que les meubles, en premier lieu l'autel, doivent être exaltés, car ils participent de la réalité de la présence du Christ dans l'Eucharistie, dans la Parole et dans ses ministres.  

    L’Église enseigne que « par-dessus tout, l’autel principal doit être placé et construit de telle manière qu’il soit toujours vu comme le signe du Christ lui-même […] auquel la plus grande révérence est due » et que « l’auteur de la sainteté soit lui-même présent » ( Eucharisticum Mysterium ). 

    En revanche, c’est le cœur humain qui doit être humble. Quand on entre dans une église comme Notre-Dame, avec ses dimensions immenses, sa hauteur vertigineuse et ses vitraux impressionnants, chacun peut ressentir une humilité inconsciente du cœur. Le mobilier liturgique devrait contribuer à accroître ce sentiment de pieuse humilité chez quiconque entre dans l’église, et plus encore chez les fidèles qui participent à la liturgie « avec les dispositions appropriées », comme le dit Sacrosanctum Concilium . 

    Au lieu de designs simples et abstraits, la constitution du Concile sur la liturgie sacrée demande que tous les espaces et designs sacrés « s'efforcent d'atteindre la noble beauté ». Le concept de « noble beauté » par opposition à « noble simplicité » est l'un des éléments les plus mal compris de Sacrosanctum Concilium . Le terme « noble simplicité » est souvent utilisé pour prouver que Vatican II a imposé des églises et des meubles abstraits et sans ornements. Ce même terme a été utilisé par l'archidiocèse de Paris pour expliquer le nouveau mobilier.  

    Cependant, dans ce contexte, ce terme ne fait pas référence à l'art et au design. Il désigne plutôt les rites de l'Église, appelant à des révisions pour les rendre plus clairs et plus compréhensibles pour les fidèles, tout en rappelant leur but dans le culte de Dieu.  

    Lorsque les Pères du Concile abordent la question de la conception sacrée quatre chapitres plus loin, on ne trouve nulle part la « noble simplicité » ; on utilise plutôt le terme « noble beauté ». Dans les deux contextes, « noble » signifie une beauté grandiose, impressionnante et excellente dans tous les domaines. C’est l’opposé de la tendance moderne vers l’abstraction et le minimalisme qui se manifeste dans le nouveau mobilier.  

    L’Église ne prescrit pas des « lignes épurées » et un design humble, mais plutôt le contraire. Comme l’écrit le pape Jean-Paul II dans Ecclesia de Eucharistia , « comme la femme qui a oint Jésus à Béthanie, l’Église n’a pas eu peur de l’extravagance, consacrant le meilleur de ses ressources à exprimer son émerveillement et son adoration devant le don insurpassable de l’Eucharistie ». Pour une cathédrale historique, resplendissante de vitraux et de voûtes en pierre, associée à une rénovation de 760 millions de dollars, il est difficile de concilier le nouveau mobilier avec un semblant de « noble beauté ». 

    Enfin, Bardet a raison de dire que le mobilier liturgique doit être « centré sur l’éternel ». L’art et le design sacrés sont censés être transcendants, faire sortir les gens d’eux-mêmes et les amener dans le royaume de Dieu. Cette « surnaturelité » est d’autant plus accomplie que « toutes les choses mises à part pour être utilisées dans le culte divin [sont] vraiment dignes, convenables et belles, signes et symboles du monde surnaturel », selon Sacrosanctum Concilium . L’Église catholique utilise de nombreux signes et symboles pour exprimer que son culte transcende le temps et l’espace, reliant le ciel et la terre.  

    Par exemple, l’autel transcende son identité de « meuble » et se connecte de manière mystique à l’autel du Temple juif, à la table de la Cène, au tombeau du Christ, au corps du Christ et au banquet éternel de la Jérusalem céleste. Comme l’explique le Comité international d’anglais dans le rite de la dédicace d’une église et d’un autel de la liturgie , citant saint Jean Chrysostome, « l’autel, c’est le Christ ».  

    Le nouvel autel de bronze de Notre-Dame tente ce symbolisme transcendantal et est décrit comme symbolisant « une pierre tirée de la terre pour le sacrifice, se préparant comme table fraternelle pour la Sainte Cène ». Bien que cela ait été voulu, la relation entre le symbole et le symbolisé est confuse : cet autel de bronze est censé symboliser la pierre, alors que l'Église demande un autel « en pierre naturelle » qui est censé symboliser le Christ (Instruction générale du Missel romain , 301 ).  

    Au lieu du riche symbolisme envisagé par l'Église, l'autel de Notre-Dame témoigne d'une incompréhension de la théologie sacramentelle et liturgique, ainsi que d'une similitude troublante avec les tables basses profanes également conçues par Bardet. Ce mobilier et d'autres répartis dans la cathédrale ne présentent ni le symbolisme surnaturel ni la dignité et la beauté requises par Sacrosanctum Concilium pour la transcendance .  

    L’Église catholique a une vision liturgique et sacramentelle puissante en ce qui concerne les espaces sacrés. Cette vision est souvent diluée par ce que les gens « pensent » que le Concile Vatican II a dit plutôt que par ses textes réels ou les documents magistériaux qui ont suivi. Une lecture attentive de ces documents révèle une vision de la splendeur centrée sur le Christ et la liturgie et remplie de noble beauté et de transcendance. Cette vision peut et doit être réalisée par les paroisses, les artistes et les architectes du monde entier.  

    Tel que décrit par le Rite de consécration d'une église et d'un autel de l'ICEL comme un « signe de l'Église pèlerine », un « symbole des réalités célestes » et un « temple de Dieu », l'édifice de l'église et son mobilier doivent pointer vers leur fin ultime avec chaque fibre de leur création : la glorification de Dieu et la sanctification de l'homme. 

     

    Michael J. Bursch est un architecte sacré à Washington, DC Après avoir étudié l'architecture et la théologie à l'Université de Notre Dame, il travaille désormais avec le studio d'architecture sacrée de Harrison Design, spécialisé dans la conception d'églises traditionnelles et classiques à travers le pays. 

  • Se consacrer à la Sainte Famille

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    sainte_famille.jpgOn fête aujourd'hui la Sainte Famille, l'occasion rêvée de se consacrer à elle.
     
    Consécration à la Sainte Famille
     
    Auteur : Frère Marc (Fraternité de Tibériade)
     
    Sainte Famille de Nazareth,
    je me consacre à toi
    pour que tu me conduises à la Sainte Trinité.
    En elle, je renouvelle mon alliance d'amour
    et reçois le don de l'Esprit.

    Je me glisse dans votre très Sainte Famille
    pour aimer et enfanter l'Eglise.
    Avec vous, Joseph, Marie et Jésus,
    je désire cultiver la douceur, l'humilité,
    le pardon, la joie du service.
    Découvrir la force de la vie cachée
    et sa fécondité dans la patience du temps.

    Je me consacre à vous,
    pour être enfant de votre famille,
    recevoir Jésus comme frère,
    Toi Marie, comme maman,
    Et toi, Joseph, comme gardien.

    Votre proximité attire l'Esprit Saint.
    Je vous dépose ma famille
    pour qu'elle devienne un atelier de sainteté,
    une petite église domestique,
    un cénacle où le feu de l'Esprit nous embrase tous.

    Qu'une Pentecôte permanente éclaire notre maison
    et transfigure nos épreuves,
    qu'elle enflamme de douce charité notre quartier et notre paroisse.

    Marie, doux feu de charité,
    Joseph, gardien du foyer,
    Jésus, fleuve d'eau vive,
    je me donne à vous.

    Amen

  • La grandeur de la famille (dimanche de la Sainte Famille)

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    La grandeur de la famille

    homélie de la fête de la Sainte-Famille 2018 par l'abbé Christophe Cossement

    Lorsqu’on fait un sondage sur les valeurs des gens, la famille arrive très souvent en tête. Et pourtant, rarement comme de nos jours la famille a été soumise à des épreuves qui la menacent et risquent de la faire couler. Pourquoi alors défendre la famille contre tous les dangers ? Parce que — et c’est ainsi que je résumerai les lectures de ce jour — elle nous permet ni plus ni moins que de devenir quelqu’un, devant les hommes et devant Dieu, un protagoniste de l’avenir, un habitant du ciel.

    La famille est le lieu où on apprend que la vraie vie c’est de s’aimer les uns les autres, comme le Christ nous l’a commandé (1 Jn 3,23). On y est unis dans les bons comme les mauvais moments, comme Marie et Joseph souffrant ensemble dans leur recherche de l’enfant Jésus (Lc 2,48). Dans la famille, on apprend à se donner soi-même, et que le sens de la vie est de se donner. La famille est école d’amour. Et de sacrifice, le sacrifice exigé par l’amour. Dans la famille, on apprend à se consacrer à un autre : les conjoints l’un à l’autre, les parents à leurs enfants, les enfants à leurs parents, et chacun à Dieu. On y apprend à accepter les renoncements imposés par la présence de l’autre, le respect qui lui est dû, ou les renoncements imposés par les épreuves de la vie. Par tout cela, la famille est la « cellule de base de la société »1.

    Par la famille, on peut apprendre à connaître Dieu et découvrir qu’on est son enfant (1 Jn 3,1). Ce n’est pas facile de connaître Dieu dans un monde aseptisé de transcendance comme le nôtre. La famille peut rendre concrète la relation avec Dieu. On peut y apprendre la prière, l’écoute du Saint-Esprit, à vivre dans la présence de Dieu, à tenir compte de lui. C’est une grande chose que de transmettre cela en famille. Quand je célèbre des baptêmes, j’insiste pour que les parents apprennent à leur enfant la prière du Notre Père en même temps que les premiers mots. Quand j’étais enfant, il me semble que nous allions à la messe comme nous allions voir nos grands-parents. Cela ne se discutait pas, cela faisait partie de l’écologie familiale. Dieu était un membre de la famille.

    Les aventures de la sainte Famille au temple nous montrent aussi que la famille est le lieu où on apprend à prendre en compte la vocation de chacun devant Dieu. Chacun compte pour Dieu, chacun est unique. Il y a d’abord la mise en valeur des dons mutuels. Et l’encouragement à se dépasser, à mener le combat spirituel contre le découragement, contre la tendance au dénigrement ou à l’apitoiement sur soi-même. Il faut aussi cultiver la conviction que chacun dans la famille a un avenir immense : il est appelé à servir Dieu et ses frères. C’est bien de rappeler cela aux jeunes. Qu’en cherchant à faire ce qui nous plaît nous puissions voir plus loin et désirer ce qui sert Dieu qui nous aime tant.

    La famille est aussi tout simplement le lieu où chacun vient à la vie. Parfois, c’est pour les époux une attente douloureuse de cette vie qui ne vient pas, comme pour Elcana et Anne. Heureux ceux qui ont l’audace de patienter sans s’engouffrer alors dans toute sorte de techniques médicales très lourdes ! Dieu leur montrera leur fécondité et ils deviendront source de paix, comme le roi Baudouin et la reine Fabiola, comme plusieurs parmi nous.

    Je voudrais terminer cette brève homélie par la prière du pape François à la fin de sa lettre Amoris lætitia :

    Jésus, Marie et Joseph
    en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai, 
    en toute confiance nous nous adressons à vous.

    Sainte Famille de Nazareth,
    fais aussi de nos familles
    un lieu de communion et un cénacle de prière,
    d’authentiques écoles de l’Évangile
    et de petites Églises domestiques.

    Sainte Famille de Nazareth,
    que plus jamais il n’y ait dans les familles
    des scènes de violence, d’isolement et de division ; 
    que celui qui a été blessé ou scandalisé 
    soit, bientôt, consolé et guéri.

    Sainte Famille de Nazareth,
    fais prendre conscience à tous 
    du caractère sacré et inviolable de la famille,
    de sa beauté dans le projet de Dieu.

    Jésus, Marie et Joseph,
    Écoutez, exaucez notre prière
    Amen !

    1 Jean-Paul II, exhortation apostolique Familiaris consortio № 46, reprenant le décret Apostolicam actuositatem № 11 du Concile Vatican II.

  • Prier pour toutes les familles du monde

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    (Zenit.org). Benoît XVI a fait « une prière spéciale pour toutes les familles du monde », lors de l’angélus qu’il a présidé place Saint-Pierre au Vatican, le 30 décembre 2012, en la fête de la sainte Famille. Il a fait observer que la sainte famille était « modèle des valeurs humaines et familiales » et que « la préoccupation de Marie et Joseph pour Jésus est la même que celle de tout parent qui éduque un enfant, qui l’introduit à la vie et à la compréhension de la réalité ».

    Paroles de Benoît XVI avant l’angélus (en italien) :

    Chers frères et sœurs,Aujourd’hui c’est la fête de la Sainte Famille de Nazareth. Dans la liturgie, le passage de l’évangile de Luc nous présente la Vierge Marie et saint Joseph qui, fidèles à la tradition, montent à Jérusalem pour la Pâques avec Jésus âgé de 12 ans. La première fois que Jésus est entré dans le Temple du Seigneur, c'était quarante jours après sa naissance, lorsque ses parents ont offert pour lui « un couple de tourterelles ou deux petites colombes » (Lc 2,24), c’est-à-dire le sacrifice des pauvres. « Luc, dont l’Evangile tout entier est empreint d’une théologie des pauvres et de la pauvreté, nous fait comprendre … que la famille de Jésus était comptée parmi les pauvres d’Israël; il nous fait entendre que c’était justement parmi eux que pouvait mûrir l’accomplissement de la promesse » (L’enfance de Jésus, p. 117). Jésus aujourd’hui est à nouveau dans le temple, mais cette fois-ci il a un rôle différent, qui l’implique en premier lieu. Il accomplit, avec Marie et Joseph, le pèlerinage à Jérusalem selon ce qui est prescrit par la loi (cf. Ex 23,17; 34,23ss), bien qu’il n’ait pas encore atteint l’âge de 13 ans : un signe de la religiosité profonde de la Sainte Famille. Mais lorsque ses parents repartent pour Nazareth, il arrive quelque chose d’inattendu : Jésus, sans rien dire, reste dans la ville. Marie et Joseph le cherchent pendant trois jours et le retrouvent au Temple, en dialogue avec les docteurs de la loi (cf. Lc 2,46-47); et quand ils lui demandent des explications, Jésus répond qu’ils ne doivent pas s’en étonner, car il est à sa place, cette maison est sa maison, auprès du Père, qui est Dieu (cf. L’enfance de Jésus, p. 177). « Il professe, écrit Origène, être dans le temple de son père, ce Père qu’il nous a révélé et duquel il a dit être le Fils » (Homélie sur l’évangile de Luc, 18, 5).

    La préoccupation de Marie et Joseph pour Jésus est la même que celle de tout parent qui éduque un enfant, qui l’introduit à la vie et à la compréhension de la réalité. Par conséquent il est juste aujourd’hui de faire une prière spéciale pour toutes les familles du monde. En imitant la sainte Famille de Nazareth, que les parents se préoccupent sérieusement de la croissance et de l’éducation de leurs enfants, afin qu’ils mûrissent en tant qu’hommes responsables et honnêtes citoyens, sans jamais oublier que la foi est un don précieux à entretenir en ses enfants par l’exemple personnel. Dans le même temps, prions pour que tout enfant soit accueilli comme don de Dieu, et soit soutenu par l’amour d’un père et d’une mère, pour pouvoir grandir comme le Seigneur Jésus « en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.» (Lc 2,52). L’amour, la fidélité et le dévouement de Marie et Joseph sont un exemple pour tous les époux chrétiens, qui ne sont pas les amis ou les maîtres de la vie de leurs enfants, mais les gardiens de ce don incomparable de Dieu.

    Le silence de Joseph, homme juste (cf. Mt 1,19), et l’exemple de Marie, qui gardait toutes choses en son coeur (cf. Lc 2,51), nous font entrer dans le mystère plein de foi et d’humanité de la Sainte Famille. Je souhaite à toutes les familles chrétiennes de vivre en présence de Dieu avec le même amour et la même joie que la famille de Jésus, Marie et Joseph.

    © Libreria Editrice Vaticana - Traduction de Zenit, Anne Kurian

    Lire, à propos de cet Angelus : un-cactus-pour-etre-piquant.html

  • La vie des saints Innocents et leur sort après la mort (vers 6 av JC), par Arnaud Dumouch

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    La vie des saints Innocents et leur sort après la mort (vers 6 av JC) (76 mn) L'histoire de ces enfants tués par Hérode. L'histoire des millions d'enfants morts sans baptême, soit par fausse couche, soit par IVG. Comment reconstituer leur sort après la mort, à l'aide des trois canaux de la foi catholique : Tradition, Ecriture et Magistère. L'hypothèse très solide de leur passage par des limbes provisoires où ces enfants sont préparés à leur entrée libre dans la Vision béatifique.

    SAINTS ET TÉMOINS DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE https://www.youtube.com/playlist?list... Par Arnaud Dumouch, 2012-2019.

    Un site Internet parle en détail de cette question des millions d'enfants avortés : http://visitationpourlavie.free.fr/

    Il donne même l'idée de plusieurs idées de rituels pour demander à Dieu le baptême pour son petit enfant mort. http://visitationpourlavie.free.fr/fichiers/Charte.htm
  • En la fête des Saints Innocents, prier pour toute vie naissante

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    Prière litanique, d’après la prière de Benoit XVI  du 27.11.2010, lors de la Veillée Mondiale de prière pour toute vie naissante (source)

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… réveille en nous le respect pour toute vie humaine naissante. »

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… rends-nous capables de discerner dans le fruit du sein maternel l’œuvre admirable du Créateur. »

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… dispose nos cœurs à l’accueil généreux de tout enfant qui vient à la vie. »

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… bénis les familles, sanctifie l’union des époux, rends fécond leur amour. »

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… accompagne de la lumière de ton Esprit les choix des assemblées législatives, pour que les peuples … reconnaissent et respectent le caractère sacré de la vie, de toute vie humaine. »

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… guide le travail des scientifiques et des médecins, afin que le progrès contribue au bien intégral de la personne et qu’aucun être ne soit supprimé ou ne souffre l’injustice.

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… donne une charité créative aux administrateurs et aux financiers, pour qu’ils sachent … promouvoir des moyens suffisants afin que » les familles puissent accueillir sereinement la Vie.

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… donne-nous une charité créative » pour qu’aucune famille ne tombe dans l’exclusion par manque de moyens financiers.

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… console les époux qui souffrent de l’impossibilité d’avoir des enfants et, dans ta bonté, pourvois ! »

    Seigneur, Toi « la source de la Vie,… éduque-nous tous à prendre soin des enfants orphelins ou abandonnés, afin qu’ils puissent faire l’expérience de la chaleur de ta charité, de la consolation de ton divin Cœur. »

  • Homélie pour la fête des Saints Innocents (28 décembre)

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    duccio9.jpg

    Le massacre des Innocents par Duccio (vers 1300) 

    Du Frère Elie (FsJ) sur homelies.fr :

    La fête des saints Innocents nous ramène à la question de Dieu face à la souffrance et au mal. Pourquoi Dieu n’intervient-il pas pour sauver ces enfants innocents ? Pourquoi laisse-t-il les soldats d’Hérode les assassiner ? Douloureuses interrogations… Comment effectivement ne pas rendre Dieu responsable, même indirectement, de ce massacre ! Comment ne pas voir en lui un Dieu injuste quand il permet à son Fils d’être sauvé alors qu’il ne fait rien pour ces enfants de Bethléem !

    Attention à ne pas trop vite nous faire le juge de quelqu’un qui nous dépasse infiniment par ce qu’il est et par ce qu’il réalise. De plus, poser la question du mal à Dieu comme Créateur et Seigneur du monde, nous le savons bien, conduit à de multiples frustrations et à des conflits dans notre rapport avec Dieu voire même peut nous amener à la négation pure et simple de Dieu. Le mal et la souffrance obscurcissent l’image de Dieu et ce parfois de façon radicale, lorsqu'on est confronté au drame quotidien de tant de souffrances sans qu'il y ait eu faute, et de tant de fautes sans peines adéquates en retour.

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  • La Prière « À mes petits Frères du ciel, les Saints Innocents » de Sainte Thérèse de Lisieux

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    Du site catholique.fr :

    Prière de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

    Voici la Prière « À mes petits Frères du ciel, les Saints Innocents » de Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897), en religion Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus ou de la Sainte-Face, également connue sous le nom de la « petite Thérèse » ; religieuse carmélite proclamée Docteur de l'Église Catholique qui sur son lit de mort à 24 ans le 30 septembre 1897 s’écria : « Oh ! je L’aime ! Mon Dieu ! je Vous aime ! ».

    La Prière de Sainte Thérèse de la Sainte-Face « À mes petits Frères du ciel, les Saints Innocents » :

    « Heureux petits enfants ! Avec quelles tendresses le Roi des cieux vous bénit autrefois, et combla de caresses vos fronts joyeux ! De tous les Innocents vous étiez la figure, et j'entrevois les biens que, dans le ciel, vous donne sans mesure le Roi des rois. Vous avez contemplé les immenses richesses du paradis, avant d'avoir connu nos amères tristesses, chers petits lys ! Ô boutons parfumés, moissonnés dès l'aurore par le Seigneur, le doux soleil d'amour qui sut vous faire éclore, ce fut son Cœur. Quels ineffables soins, quelle tendresse exquise, et quel amour vous prodigue ici-bas notre Mère l'Église, enfants d'un jour ! Dans ses bras maternels vous fûtes en prémices offerts à Dieu. Toute l'éternité vous ferez les délices du beau ciel bleu. Enfants, vous composez le virginal cortège du doux Agneau ; et vous pouvez redire, étonnant privilège ! Un chant nouveau. Vous êtes, sans combats, parvenus à la gloire des conquérants ; le Sauveur a pour vous remporté la victoire, vainqueurs charmants. On ne voit point briller de pierres précieuses dans vos cheveux, seul, le reflet doré de vos boucles soyeuses ravit les cieux. Les trésors des élus, leurs palmes, leurs couronnes, tout est à vous ! Dans la sainte patrie, enfants, vos riches trônes sont leurs genoux. Dans les bras de Marie, après toutes vos fêtes, vous accourez ; sous son voile étoilé cachant vos blondes têtes, vous sommeillez. Charmants petits lutins, votre enfantine audace plaît au Seigneur ; vous osez caresser son adorable Face, quelle faveur ! C'est vous que le Seigneur me donna pour modèle, Saints Innocents ! Je veux être ici-bas votre image fidèle, petits enfants. Ah ! Daignez m'obtenir les vertus de l'enfance ; votre candeur, votre abandon parfait, votre aimable innocence charment mon Cœur. Ainsi soit-il. »

    Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897)

  • Le Jubilé de l'espérance, chaque homme entre par la Porte qui est le Christ

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Avec l'ouverture de la Porte Sainte la veille de Noël dans la Basilique Saint-Pierre, a commencé le 27e Jubilé ordinaire de l'histoire de l'Église. Le pape François exhorte chaque homme et chaque peuple « à avoir le courage de franchir la Porte », qui est un signe du Christ. Hier, la porte de la prison de Rebibbia a également été ouverte.

    27 décembre 2024

    Pape François, ouverture de la Porte Sainte de Saint-Pierre, 24 décembre 2024 (Ap-Vatican Media-LaPresse)

    Le 27e Jubilé ordinaire de l'histoire de l'Église a commencé. La nuit de Noël, François est arrivé en fauteuil roulant devant la Porte Sainte et a frappé trois fois, comme le veut la tradition. Les portes de l'œuvre réalisée par Vico Consorti se sont grandes ouvertes tandis que les cloches de la basilique Saint-Pierre se sont mises à sonner. « C'est la nuit où la porte de l'espérance s'est ouverte sur le monde ; c'est la nuit où Dieu dit à chacun : il y a de l'espérance pour vous aussi", a déclaré Bergoglio dans l'homélie prononcée au cours de la célébration eucharistique.

    Un Jubilé dédié à l’espérance qui intervient neuf ans après celui extraordinaire dédié à la miséricorde. Dans l'homélie, après avoir cité une méditation tirée d'un volume de Don Alessandro Pronzato, le Pape a expliqué que ce temps jubilaire « nous invite à redécouvrir la joie de la rencontre avec le Seigneur, nous appelle au renouveau spirituel et nous engage à la transformation du monde, pour que cela devienne véritablement un temps jubilaire : il devient un pour notre mère la Terre, défigurée par la logique du profit ; le devenir pour les pays les plus pauvres, accablés par des dettes injustes ; vous devenez un pour tous ceux qui sont prisonniers de l'esclavage ancien et nouveau.

    À la fin de la  messe pour la solennité de la naissance du Seigneur , François a amené la statue de l'Enfant devant la crèche de la basilique, accompagné d'un groupe d'enfants de différents continents et vêtus de vêtements traditionnels. Le jour de Noël, le Pontife est apparu depuis la loggia de bénédiction pour le message Urbi et Orbi, accompagné du cardinal protodiacre Dominique Mamberti et de l'ancien délégué spécial de l'Ordre de Malte, le cardinal Silvano Maria Tomasi. Selon les mots de François, une demande de paix pour les scénarios géopolitiques les plus dramatiques : Ukraine, Moyen-Orient, Soudan, Myanmar, Haïti, Venezuela, Colombie et Nicaragua. "En ce Noël, début de l'année jubilaire", a déclaré Bergoglio, "j'invite chaque personne, chaque peuple et chaque nation à avoir le courage de franchir la Porte, à devenir des pèlerins de l'espérance, à faire taire les armes et à surmonter les divisions. " . Une mention spéciale a été accordée à la communauté de Gaza, suivie de la demande de libération des otages israéliens. Le Pontife a également cité le cas de Chypre, où le dernier mur de séparation en Europe reste debout, puis est revenu demander aux États les plus riches d'effacer les dettes des pays les plus pauvres.

    Mais le jour de la fête de Saint Etienne , c'était le moment de l'ouverture de la deuxième Porte Sainte : celle spécialement recherchée par le Pape dans la prison romaine de Rebibbia. Dans Spes non confindit , la bulle annonçant le Jubilé de 2025, François avait demandé des signes concrets d'espérance également envers les prisonniers. Et il a donné l'exemple en choisissant de se rendre dans l'un des pénitenciers de Rome pour ouvrir la seule porte en plus de celles des quatre basiliques papales romaines. Contrairement au réveillon de Noël, Francesco s'est levé hier de son fauteuil roulant pour frapper trois fois puis a franchi le seuil debout. Dans l'homélie de la messe, Bergoglio a déclaré que le chemin de l'espérance mène au pardon et à la liberté. Et il a insisté: «La porte que nous ouvrons dans cette prison est un signe du Christ, notre frère et Rédempteur, qui ouvre notre vie à Dieu, alors que nous commençons ensemble le Jubilé, réfléchissons sur ces deux objectifs: le pardon et la liberté». . François a ensuite reçu des cadeaux d'une délégation de prisonniers et en sortant, en conversation avec les journalistes, il a déclaré que sa présence à Rebibbia était importante « parce qu'il faut penser que beaucoup d'entre eux ne sont pas de gros poissons, mais que les gros poissons ont la ruse de rester dehors et nous devons accompagner les prisonniers.

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  • Lorsque l’Incarnation du Fils de l’homme est rejetée, le rejet de l’homme s’ensuit inévitablement

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    Du Père

    La raison et la réalité de la Nativité

    Finalement, lorsque l’Incarnation du Fils de l’homme est rejetée, le rejet de l’homme s’ensuit inévitablement. C’est cette abolition de l’homme que nous voyons partout autour de nous.

    Détail de "Nativité" (1467-79) de Filippo Lippi [WikiArt.org]
    Note de l'éditeur : Cet essai, publié à l'origine le 24 décembre 2017, était le dernier essai de Noël que le père James V. Schall, SJ a écrit pour CWR ; il est décédé le 17 avril 2018 à l'âge de 91 ans.

    La Nativité du Seigneur suit l’Incarnation du Seigneur lui-même. Cette dernière, à son tour, rappelle l’annonce faite neuf mois auparavant à Marie, si elle l’acceptait, qu’un Fils naîtrait d’elle. Elle l’appellerait Emmanuel, « Dieu avec nous ». Et avant l’Incarnation, nous lisons que des prophètes et des rois désiraient ardemment un Sauveur, désiraient voir Dieu et s’attendaient à ce qu’il vienne à eux d’une manière ou d’une autre.

    Nous faisons tout notre possible pour célébrer Noël, mais nous ne voulons pas reconnaître pourquoi il vaut la peine de le célébrer. C’est presque comme si nous célébrions Noël pour éviter de célébrer ce qu’il représente dans l’histoire du monde. En fait, nous insistons pour célébrer simplement pour célébrer, une aberration s’il en est. Mais nous ne voulons en aucun cas reconnaître qu’un événement du passé est encore présent parmi nous et constitue le fondement de notre célébration. Nous refusons obstinément de reconnaître que ce qui s’est passé s’est produit. Nous craignons que si nous le faisions, cela nous imposerait des exigences que nous ne voudrions pas respecter.

    Il y a quelque chose d’étrange et de curieux dans cet effort minutieux et systématique pour détourner nos yeux et nos esprits du fait central de la Nativité. La Nativité est plus difficile à expliquer que l’Incarnation. Lorsqu’un enfant naît dans ce monde, nous ne pouvons pas nier sa présence. Nous pouvons nous demander, avec le chant de Noël, « Quel est cet enfant ? » C’est une question qui exige une réponse. Ce que l’on prétend de cet enfant transcende même le monde lui-même. « Au commencement était le Verbe » – c’est le Verbe qui a pris chair et a habité parmi nous, au moins pour un temps. Mais   Il a été avec nous assez longtemps pour que nous soyons certains qu’Il ​​a réellement existé dans des lieux de ce monde : Bethléem, Nazareth, la Galilée et Jérusalem.

    Les musulmans sont plus directs. Ils nient tout ce qui est inhabituel ici ; ils font tout leur possible pour interdire toute affirmation de Jésus-Christ, sauf en tant qu’homme bon. Une position similaire a été adoptée dans de nombreuses recherches bibliques modernes. Jésus pouvait être étudié comme un homme normal. Il était un modèle d’homme bon, rien de plus. Ce qu’il disait de lui-même, cependant, ne répondait à aucun de ces deux critères restrictifs.

    En examinant les preuves, les apologistes catholiques tels que G.K. Chesterton et C.S. Lewis disaient que le Christ était soit un fou, soit le Fils de Dieu. Mais il n’y avait aucune preuve réelle qu’il était un fou, sauf dans l’esprit de ceux qui pensent désespérément que ses affirmations doivent être rejetées à tout prix. La thèse du fou est une dernière chance désespérée d’éviter les preuves contraires avec toutes les implications que cela implique si le Christ était en fait Dieu, comme il le prétendait.

    Ceux qui réfléchissent à la Nativité du Seigneur se demandent souvent : « Pourquoi Dieu n’a-t-il pas rendu sa présence en Christ plus incontestable ? Pourquoi la Trinité compliquée comme origine ultime de l’événement de la Nativité ? Dans les temps passés, pourquoi Dieu n’a-t-il pas expliqué plus clairement ce qui se passait afin qu’il n’y ait plus de place pour le doute ? » Il faut noter que la tendance d’une telle pensée est de rejeter la charge de la preuve sur Dieu. Il a eu tort de ne pas avoir anticipé les querelles et les controverses sur qui Il était.   Cela n’a fait que semer la confusion chez les gens en envoyant Son Fils unique dans le monde par une Incarnation et une Nativité, de tous les endroits, en Palestine romaine.

    Dieu ne voit probablement pas d’inconvénient à ce que nous, êtres humains, nous nous demandions pourquoi Il a fait les choses de telle ou telle manière. En fait, la révélation de Dieu à nous a été en partie destinée à nous faire réfléchir correctement à la réalité, y compris à la réalité divine. Si la Divinité est directement ou indirectement décrite comme « trinitaire » dans les récits de la vie du Christ, nous ne sommes pas censés lever les bras au ciel et crier « charabia » ou « blasphème ». Nous sommes plutôt censés nous demander comment cela pourrait être la bonne façon de comprendre ce qu’est Dieu . Si un Platon ou un Aristote peuvent nous aider d’une manière ou d’une autre dans cette entreprise, comme ils le peuvent, tant mieux.

    Dans la célèbre doxologie, le Te Deum , nous lisons que le Christ qui devait naître dans ce monde « n’a pas dédaigné le sein de la Vierge ». Autrement dit, il semble suspect qu’un niveau d’être supérieur puisse s’associer à un niveau inférieur. Et ce serait une inquiétude légitime si ce n’était pas le fait que devenir un être humain n’est pas une mauvaise chose en soi. C’est donc quelque chose que Dieu pourrait faire s’il y avait une raison pour cela. La question devient alors : y avait-il une  raison pour cela ?

    Nous supposons toujours que Dieu a une raison pour les choses qui découlent de sa connaissance et de sa volonté, comme la création elle-même. Nous pouvons donc en déduire que Dieu voulait que le monde existe. Mais il n’était pas obligé de le créer. Il n’a pas non plus créé le cosmos simplement pour le laisser là pendant qu’il profitait de ses levers et couchers de soleil variés et des autres explosions qui semblent parsemer le ciel.   Il a créé le monde afin qu’il puisse exister d’autres êtres dotés de la capacité innée, s’ils y sont invités, de L’aimer face à face, et Lui les aimer – et tous les êtres les uns pour les autres.

    Mais si Dieu veut rendre cette communauté possible, il doit faire en sorte que certains êtres de l’univers soient dotés du libre arbitre. Dieu lui-même ne peut pas créer automatiquement des créatures à son image et les forcer à l’aimer. Reprocher à Dieu d’avoir créé un monde dans lequel le salut de tous, quoi qu’il arrive, est assuré – même contre la volonté des créatures – revient  à souhaiter un monde dans lequel l’amour est impossible. Dieu lui-même est donc limité par la réalité des choses ; c’est-à-dire qu’il ne peut pas se contredire. Ce que Dieu a décidé par sa décision intérieurement trinitaire de poursuivre l’Incarnation et la Nativité, c’est qu’il valait mieux avoir un monde dans lequel le péché et le mal étaient possibles qu’un monde dans lequel il n’y avait pas de véritable liberté.

    Il est possible d’imaginer avec C.S. Lewis une race de créatures rationnelles qui, à leur origine, ont choisi Dieu et ont été confirmées dans leur choix. Qu’une telle race existe, nous ne le savons pas. Ce que nous savons, c’est que notre race, notre espèce, a laissé la possibilité d’accepter ou de rejeter Dieu au niveau de chaque vie humaine. Ce choix fondamental de son propre amour final est ce qui se passe dans la vie de ceux qui vivent dans le monde tel que nous le connaissons. Le Christ, dans une de ses paraboles, a dit qu’il y avait plus de joie au ciel pour quelqu’un qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf qui n’ont pas besoin de se repentir (Lc 15, 7). Cette parabole n’avait pas pour but de critiquer ceux qui obéissaient librement à la loi. Elle montrait simplement combien il est dangereux de rejeter ce qui constitue notre être fondamental dans nos vies réelles.

    La Nativité, cet événement que nous appelons Noël, exige de notre intelligence autant que de nos émotions et de nos sentiments. Tous les ornements et coutumes qui l'entourent et qui sont souvent charmants et captivants ne signifient rien si l'événement central n'est pas ce qu'il prétend être, à savoir la venue dans ce monde du Fils de Dieu selon un plan divin agissant depuis le commencement.

    Nous voyons un monde autour de nous, nous vivons dans un monde qui prend des précautions particulières pour ne pas reconnaître ou comprendre ce qui lui est arrivé lorsque Dieu a habité parmi nous. Des choses se produisent lorsque la vérité est rejetée. Finalement, lorsque l’Incarnation du Fils de l’homme est rejetée, le rejet de l’homme s’ensuit inévitablement. Cette abolition de l’homme est ce que nous voyons tout autour de nous. La raison pour laquelle nous n’admettons pas qu’il s’agit d’un déclin final du bien est que nous refusons d’affirmer ce qui s’est réellement passé à la Nativité.